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Océan Indien


"Visas obstétricaux" et cartes d'identité biométrique pour les Comoriens : propositions pour lutter contre l'immigration clandestine à Mayotte


Une mission parlementaire sur l'immigration à Mayotte réclame un "état civil fiable" et une coopération accrue avec les Comores, en créant des "visas obstétricaux" pour lutter contre un recours abusif au droit du sol dans l'île française, dans un rapport publié jeudi.
"Les problèmes d'immigration à Mayotte sont spécifiques, du fait de son histoire et ne peuvent pas être traités par des mesures relevant de la simple application du droit du sol ou comme des problèmes d'immigration en métropole",
a déclaré à la presse le député René Dosière (PS), président de la mission qui s'est rendue dans l'île française de l'Océan Indien du 12 au 17 décembre.
En septembre, le ministre de l'Outre-mer François Baroin avait évoqué, à propos de l'immigration clandestine à Mayotte, une possible remise en question du "droit du sol", le principe qui permet à une personne née sur le territoire français de bénéficier de la nationalité française.
L'immigration clandestine est un problème aigu à Mayotte, où débarquent chaque jour des clandestins des îles voisines de l'Union des Comores, en quête d'un emploi, de soins médicaux ou d'une maternité pour accoucher d'un enfant qui
pourra éventuellement faire jouer le "droit du sol".
La mission a constaté "une importante confusion dans la tenue des registres d'état civil", longtemps tenus par les "cadis" (magistrats musulmans) ce qui crée "un contexte favorable à de nombreuses fraudes", avec notamment la célébration de mariages coutumiers en l'absence d'officiers d'état-civil.
Pour instaurer un état civil fiable, le rapport propose de "confier
provisoirement à des fonctionnaires de l'Etat la gestion quotidienne de
l'état-civil mahorais" et de "mettre en place, dans un délai de cinq ans, des cartes nationales d'identité biométriques pour toute la population de Mayotte".
Il suggère aussi de transformer "le rôle des cadis en médiateurs de
proximité", rémunérés par le Conseil général.
Pour "diminuer durablement des flux d'immigration clandestine" des Comores, la mission préconise que la France "assure la construction d'une maternité moderne sur l'île d'Anjouan", une des trois îles des Comores, et "finance la mise en place aux Comores de titres d'identité biométriques"
Elle évoque aussi l'idée de mettre en place, "sur l'ensemble du territoire national, des +visas obstétricaux+ qui permettraient à une femme étrangère de venir accoucher à Mayotte en s'engageant au retour".
La mission souligne que le nombre de naissances à Mayotte a augmenté de 50%
en dix ans, à 7.676 naissances en 2004, dont les deux tiers sont le fait de femmes en situation irrégulière.
"90% des clandestins sont des Comoriens", précise le rapport en rappelant qu'Anjouan n'est qu'à 70 km de Mayotte.
Il relève également "le nombre d'actes de reconnaissance de paternité
permettant aux enfants d'acquérir immédiatement la nationalité française", qui "est passé de 882 en 2001 à 4.146 en 2005".
Ce rapport d'étape devrait servir aux travaux du comité interministériel du 9 février sur l'immigration. Le rapport final sera publié le 8 mars.
Source : AFP, 2 février 2006