Huit immigrés
clandestins périssent dans un naufrage près de Mayotte
Les cadavres de huit Comoriens, trois hommes et cinq femmes, qui tentaient
d'entrer clandestinement à Mayotte et dont l'embarcation a chaviré,
ont été retrouvés par le patrouilleur français
"La Boudeuse", a annoncé mardi la Marine nationale.
En outre, six personnes sont portées disparues dans le naufrage
d'une autre embarcation, un "kwassa-kwassa" (barque traditionnelle
légère).
Ces deux accidents illustrent le problème de l'immigration clandestine
à
Mayotte, collectivité d'outre-mer française qui apparaît
comme un eldorado pour les autres îles plus pauvres de l'archipel
des Comores.
Malgré les radars mis en place dans le lagon et les mesures dissuasives
prises par le gouvernement, beaucoup de Comoriens venus notamment d'Anjouan,
continuent à tenter leur chance.
Les marins de La Boudeuse ont indiqué avoir récupéré
un survivant, un jeune homme de 15 ans. Son état ne permettait
pas mardi soir de l'interroger. La Boudeuse devait poursuivre dans la
nuit de mardi à mercredi des recherches en vue de retrouver d'autres
éventuels survivants.
Une autre vedette de la marine nationale française à Mayotte,
le Dharuba, en patrouille dans le secteur nord de l'île, a retrouvé
mardi vers 14 heures un kwassa-kwassa retourné, à la dérive,
à 8 milles nautiques au-delà de la barrière de
corail. Onze personnes y étaient accrochées.
D'après les témoignages recueillis auprès des rescapés
par les marins, le
bateau transportait également des clandestins anjouanais souhaitant
gagner Mayotte. Il se serait retourné lundi soir et six personnes
sont portées disparues.
Source : AFP, 21 février 2006
Said Mohamed Djohar ne pourra plus témoigner
au procès de Bob Denard : il vient de mourir
Me Saïd Larifou, avocat de Said Mohamed Djohar, président
défunt des Comores de 1990 à 1995 avant d'être renversé
par des mercenaires commandés par Bob Denard et actuellement
jugés en France pour ce coup, a réclamé samedi
un procès devant la Cour internationale de justice.
Lors d'une conférence de presse samedi à Moroni, l'avocat
franco-comorien, qui représente la partie civile au procès
de Paris, a estimé qu'"il ne fallait pas s'attendre à
un miracle judiciaire avec ce procès".
"Les Comores n'ont pas les moyens de mener des investigations complexes.
Or, il s'agit bien de crimes contre l'Etat comorien. Il faut aller devant
la Cour internationale de justice", a martelé Me Larifou.
Le procès de Bob Denard et de 26 autres prévenus accusés
de tentative de coup d'Etat aux Comores en 1995, s'est ouvert le 18
février à Paris.
Dans la nuit du 27 au 28 septembre 1995, Bob Denard avait débarqué
sur les côtes comoriennes et s'était emparé du pouvoir,
faisant prisonnier le président Djohar. M. Denard et son équipe
avaient installé un comité militaire de transition qui
avait remis le pouvoir à deux opposants.
Le 4 octobre 1995, en vertu d'accords liant la France et les Comores,
les troupes françaises avaient libéré le président
et mis fin au putsch.
Les 27 accusés du procès sont poursuivis pour "association
de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime".
Selon Me Larifou, les plus grands crimes de Bob Denard seront passés
sous silence au cours de ce procès, a-t-il déclaré
lors du point de presse.
L'avocat a en outre estimé que la mort de l'ancien président
Djohar était "handicapante" pour la recherche de la
vérité.
La famille de M. Djohar a annoncé jeudi son décès
par mort naturelle dans la ville de Mitsamiouli, au nord de Moroni.
M. Djohar "aurait dû faire une déposition écrite
jeudi" pour le procès de Paris, a regretté l'avocat
lors du point de presse.
Source : AFP, 25 février 2006
Procès Denard : anciens et nouveaux "
corsaires de la République "
par Survie et Agir Ici, le 22 février 2006
Se déroule actuellement - du 20 février au 15 mars 2006
- le procès du mercenaire Bob Denard (qui n'y assistera pas pour
cause d'Alzheimer) et de vingt-six autres prévenus pour leur
" tentative de coup d'État " aux Comores en 1995.
La France, qui était alors intervenue et avait chassé
les mercenaires, avait toutefois validé la prise du pouvoir par
l'opposant Mohamed Taki et envoyé le président destitué
Saïd Mohamed Djohar en exil forcé à la Réunion.
Cette opération a toutes les allures d'un véritable coup
d'État perpétré par la France. La collusion entre
Bob Denard et les dirigeants français n'est d'ailleurs plus à
démontrer, puisque reconnue lors des précédents
procès de celui qui est désormais surnommé le "
corsaire de la République ".
Qu'attendre donc de ce procès, sinon un brouillage des cartes,
afin de détourner l'opinion publique d'un interventionnisme de
type néo-colonial toujours d'actualité, allant à
l'encontre des droits des peuples à disposer d'eux mêmes
et dont les vrais commanditaires ne sont jamais poursuivis ?
Nous assistons en effet, avec ce procès, à la tentative
de faire passer le " mercenariat de papa " - celui des barbouzes
et aventuriers de la génération Denard - comme relevant
d'une époque désormais révolue, dont on devrait
discrètement tourner la page.
Nos associations rappellent qu'au contraire, le mercenariat est actuellement
en pleine expansion et que ce type de procès médiatisé
permet de dissimuler l'émergence d'un phénomène
majeur avec la professionnalisation de ce secteur au travers des Sociétés
militaires privées (SMP).
Bob Denard et sa Garde présidentielle comorienne ont été
des précurseurs des nouvelles SMP francophones qui ont aujourd'hui
pignon sur rue et qui agissent bien souvent, officieusement, dans le
prolongement de la politique étrangère de la France, loin
de tout contrôle démocratique.
Face à ce danger pour le droit international et la démocratie,
en France et à l'étranger, nos associations rappellent
:
- la nécessité de renforcer le dispositif de répression
du mercenariat en intégrant dans la loi du 3 avril 2003 des dispositions
relatives à un contrôle strict des sociétés
militaires privées,
- la nécessité de lutter contre les paradis fiscaux, espace
de non droit pourvoyeur d'impunité pour les organisateurs d'opérations
militaires officieuses (1),
- la nécessité d'un contrôle parlementaire permanent
sur les opérations militaires extérieures de la France.
(1) L'enquête a permis de déterminer que, pour le coup
d'État de 1995 aux Comores, Denard a créé deux
sociétés domiciliées à Genève, afin
d'acheter un bateau en Norvège, immatriculé au Panama.
L'opération aurait d'ailleurs été financée
avec l'intention de créer aux Comores une zone franche et un
système bancaire off shore pour blanchir l'argent.
Pour en savoir plus :
Xavier Renou, La privatisation de la violence. Mercenaires et sociétés
militaires privées au service du marché, Dossier noir
n° 21, Survie-Agir Ici,éditions Agone, 2006.
Contacts presse :
Olivier Thimonier olivier.thimonier@survie-france.org Tél : 01
44 61 03 25
Laetitia Guidi lguidi@agirici.org Tél : 01 56 98 24 46
Association Survie, 210, rue St Martin, 75010 Paris, Tél : 01
44 61 03 25, Fax : 01 44 61 03 20, Courriel : contact@survie-france.org,
Site web <http://www.survie-france.org>
La France débloque un petits million
d'euros pour les élections comoriennes
À petit pays, petit budget. La France financera, à hauteur
d'un million d'euros l'organisation de la prochaine élection
présidentielle aux Comores dont le "bon déroulement"
est "fondamental" pour l'archipel et ses partenaires, selon
un communiqué officiel publié samedi à Moroni.
Cette somme a été remise vendredi au Programme des Nations
unies pour le développement (Pnud), indiqué un communiqué
conjoint de la France et du Pnud. "Le bon déroulement de
cette élection - dans des conditions de transparence et de liberté
et de démocratie irréprochables - est une condition fondamentale"
pour que le pays "continue de consolider la réconciliation
nationale et de renforcer la confiance retrouvée" de ses
partenaires, insiste le texte. L'élection présidentielle
est prévue en mai. En avril, des primaires seront organisées
sur l'île d'Anjouan pour choisir trois personnalités anjouanaises
qui se présenteront ensuite aux électeurs des trois îles
de l'archipel, Grande Comore, Anjouan et Mohéli. Selon le principe
de la présidence tournante entre les îles, inscrit dans
la Constitution adoptée en 2001, le prochain président
doit être issu de l'île d'Anjouan. L'actuel chef de l'État,
le colonel Azali Assoumani, originaire de la Grande Comore et arrivé
au pouvoir en 1999 par la force avant d'être élu en 2002,
ne peut donc se représenter. Il a affirmé à plusieurs
reprises sa volonté de quitter le pouvoir, mais ses adversaires
l'accusent de manœuvrer pour prolonger son mandat. L'Union des
Comores est un archipel de l'océan Indien d'environ 600.000 habitants,
ancienne colonie française, puis Territoire d'Outre-Mer (TOM)
qui, depuis son indépendance en 1975, a connu une vingtaine de
coups d'Etat ou tentatives, dont quatre réussis. Source : AFP,
18 février 2006
Le procès du coup d’Etat aux Comores
se tiendra sans Bob Denard
Le "procès Bob Denard" se tiendra sans Bob Denard.
L’ex-mercenaire et 26 autres hommes seront jugés à
partir de lundi par le tribunal correctionnel de Paris pour une tentative
de coup d’Etat aux Comores en 1995. Souffrant de la maladie d’Alzheimer,
le "chef", âgé de 76 ans, est dispensé
de se présenter aux audiences.
Dans la nuit du 26 au 27 septembre 1995, une trentaine de mercenaires
français, dirigés par Bob Denard, ont débarqué
aux Comores à bord de quatre canots pour renverser le président
Saïd Djohar et installer Mohamed Taki et Saïd-Ali Kemal au
pouvoir.
Le groupe "Alpha" commandé par Dominique Malacrino,
surnommé "Commandant Marques", a investi le camp militaire
de Kandani. Le groupe "Bravo", sous la houlette de Jean-Paul
Guerrier, alias "Siam", a libéré des prisonniers
politiques à Kandani et neutralisé l’armurerie,
tandis que le groupe "Charly" dirigé par Jean-Marie
Dessalles, alias "Jean-Pierre", a investi le palais présidentiel
et capturé le président. Bob Denard, ou "groupe Delta",
restait en retrait.
Les mercenaires ont ensuite installé un comité militaire
de transition et remis le pouvoir à Mohamed Taki et Saïd-Ali
Kemal. Le 4 octobre, les forces françaises sont intervenues pour
libérer le président Djohar. Les mercenaires se sont rendus.
Mohamed Taki a finalement été élu président
de la République le 16 mars 1996.
L’enquête a permis de déterminer que Bob Denard
avait créé deux sociétés domiciliées
à Genève pour acheter le bateau "Le Vulcain"
ayant permis de transporter les mercenaires sur place et pour acheter
du matériel.
Il a expliqué aux enquêteurs qu’il était
impliqué aux Comores depuis 1977 -où il avait notamment
participé avec les services français à l’installation
au pouvoir d’Ahmed Abdallah- et avait agi par "engagement
moral" vis-à-vis des Comoriens victimes d’élections
truquées et de détournements de fonds de la famille Djohar.
Des commissions rogatoires aux Comores ont par ailleurs permis d’établir
que Saïd-Ali Kemal avait été l’un des commanditaires
de ce coup d’Etat. Mais, selon l’accusation, Robert Denard
avait aussi des motifs plus personnels notamment la libération
des prisonniers politiques et la récupération de ses biens
immobiliers aux Comores.
Les mis en examen ont aussi assuré avoir été couverts
par les services de renseignement français, ce qui n’a
pas pu être vérifié. Il est cependant "peu
vraisemblable", selon l’enquête, que "les différents
services français aient totalement ignoré le projet de
Robert Denard".
Par ailleurs, les investigations ont permis d’évaluer
le coût de cette opération à environ 1,5 million
d’euros, dont le financement n’a jamais pu être totalement
mis à la lumière. Il apparaissait cependant que "l’opération
de Bob Denard avait été financée avec l’intention
de créer aux Comores une zone franche et un système bancaire
’off-shore’" pour blanchir de l’argent.
Les 27 hommes sont poursuivis pour "association de malfaiteurs".
Ils risquent dix ans d’emprisonnement. Le procès doit durer
jusqu’au 15 mars à raison de trois audiences par semaine,
les lundi, mardi et mercredi après-midis.
Ancien quartier-maître de la Marine nationale et colonel dans
l’armée congolaise, Robert Denard, et son lieutenant Dominique
Malacrino, ont été acquittés le 17 mai 1999 par
la cour d’assises de Paris de l’assassinat du président
comorien Ahmed Abdallah, tué de cinq balles dans la nuit du 26
au 27 novembre 1989 dans son bureau du palais présidentiel de
Moroni.
Source : AP, 20 février 2006
Comores - Fiche pays
Nom officiel : Union des Comores
Indépendance : 6 juillet 1975

L'archipel des Comores est constitué de quatre îles
situés à l'entrée Nord du canal du Mozambique
: Ngazidja (Grande Comore), capitale Moroni, Nzwani (Anjouan),
capitale Moutsamoudou, Mwali (Mohéli), capitale Fomboni
et Maoré (Mayotte), chef-lieu Mamoudzou.
Régime politique : Assoumani AZALI est Président
de la République et chef du gouvernement. Venu au pouvoir
par un coup d'État en 1999, il a été élu
le 14 avril 2002. La nouvelle Constitution stipule que la Présidence
doit tourner entre présidents des trois îles tous
les quatre ans. Une seule chambre parlementaire comprend 33 députés,
dont 15 sont élus par les assemblées régionales
de chaque île et 18 au suffrage universel.
Mayotte : prenant prétexte du résultat du référendum
de décembre 1974, où la majorité de la population
de l'île avait voté pour son maintien sous tutelle
française, la France annexe Mayotte, qui est déclarée
collectivité territoriale en décembre 1976, puis
collectivité départementale d'outre-mer en 2001.
Cette annnexion a été condamnée par l'ONU
et l'OUA. Mayotte bat un record français : c'est sur son
territoire que se trouve le plus grand bidonville de France, à
Kawéni.
Superficie : 2 170 km2
Population : 671 000 hab.
Âge moyen : 18,61 ans
Taux de croissance de la population : 2,91%
Taux de naissances : 37,52/1000
Taux de mortalité : 8,4/1000
Devise : franc comorien (KMF) [1 Euro = 491.9677 KMF]
Langues : français et arabe (langues officielles), shikomoro
(proche du swahili)
Religions : musulmans sunnites (98%), catholiques (2%)
Pour en savoir plus : http://www.comores-online.com/accueil.htm
[voir notamment le portail de la presse comorienne]. |
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