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8 - Un seul monde |
Un rapport de GRAIN établit que l'industrie avicole mondiale est à l'origine de la crise de la grippe aviaireLes petits élevages avicoles et les oiseaux sauvages sont injustement rendus responsables de la grippe aviaire qui affecte actuellement plusieurs parties du monde. Un nouveau rapport de GRAIN montre comment l'industrie avicole multinationale est à l'origine du problème et devrait être au centre des actions menées pour maîtriser le virus. L'expansion de la production avicole industrielle et des réseaux commerciaux ont créé les conditions idéales à l'apparition et à la transmission de virus mortels comme la souche H5N1 de la grippe aviaire. Une fois qu'ils ont pénétré dans les élevages industriels surpeuplés, les virus peuvent rapidement devenir mortels et se développer. L'air vicié par la charge virale est transporté sur des kilomètres à partir des fermes infectées, pendant que les réseaux d'échanges commerciaux intégrés répandent la maladie par les nombreux transports d'oiseaux vivants, de poussins d'un jour, de viande, de plumes, d'¦ufs à couver, d'¦ufs, de fumier de volaille et d'alimentation animale. « Tout le monde se focalise sur les oiseaux migrateurs et les poulets de basse-cour comme étant le problème, » indique Devlin Kuyek de GRAIN. « Mais ils ne sont pas les vecteurs effectifs de la forme fortement pathogène de la grippe aviaire. Le virus les tue, mais il est peu probable que ce soit eux qui le propagent. » Par exemple, en Malaisie, le taux de mortalité par le H5N1 chez les poulets des villages est seulement de 5%, indiquant que le virus a du mal à se propager dans les petits élevages de poulets. Les manifestations de H5N1 au Laos, qui est entouré par des pays infectés, se sont seulement produites dans quelques fermes industrielles du pays, qui sont fournies par des établissements d'incubation Thai. Les seuls cas de grippe aviaire dans la volaille de basse-cour, qui couvre plus de 90% de la production du Laos, se sont produits à côté des fermes industrielles. Les gouvernements des pays de l'Union Européenne ont répondu à la découverte des cygnes, des oies et des canards morts infectés avec des mesures sévères obligeant à l'enfermement des volailles. Maintenant, ils sont bien embêtés car la première et seule manifestation significative de contamination de volaille domestique s'est déclarée dans un gros élevage industriel de dindes en France, où les 11 000 volatiles étaient confinés, totalement séparés des oiseaux sauvages. « Il apparaît de plus en plus évident, comme on l'a vu aux Pays-Bas en 2003, au Japon en 2004, en Egypte en 2006, que la grippe aviaire mortelle se déclare dans les grosses fermes industrielles et qu'ensuite elle se propage, » explique Kuyek. Le cas de contamination nigérienne qui s'est déclaré au début de l'année a commencé par une seule ferme industrielle, appartenant à un membre du Conseil des Ministres, éloignée des axes principaux de déplacements des oiseaux migrateurs mais elle était connue pour importer des oeufs à couver hors réglementation. En Inde, les autorités locales indiquent que le virus H5N1 est apparu et s'est répandu à partir d'une ferme industrielle appartenant à la plus grande compagnie avicole du pays, les couvoirs Venkateshwara. La question cruciale est de savoir pourquoi les gouvernements et les agences internationales, comme l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), ne font rien pour enquêter sur la manière dont les fermes industrielles et leurs sous-produits, tels que l'alimentation animale et le fumier, propagent le virus. Au lieu de cela, ils se servent de la crise comme une occasion d'industrialiser davantage le secteur avicole. Les initiatives se multiplient pour interdire la volaille en plein air, pour évincer les petits producteurs et pour réapprovisionner les fermes avec des poulets génétiquement modifiés. Le réseau de complicités avec une industrie prise dans une série de dénis et de dissimulations semble total. « Les agriculteurs perdent leurs moyens d'existence, les poulets locaux sont éliminés et quelques experts déclarent que nous sommes à l'aube d'une épidémie humaine qui pourrait tuer des millions de personnes, » conclut Kuyek. « Quand les gouvernements réaliseront-ils que pour protéger la volaille et les personnes contre la grippe aviaire, ils doivent les protéger contre l'industrie avicole mondiale ? » 1. Le rapport entier, « Qui est le dindon de la farce ? Le rôle central de l'industrie avicole dans la crise de la grippe aviaire », est disponible sur le site http://www.grain.org/briefings/?id=195 2. La fiente de poulet et la litière des sols des élevages industriels de volaille sont des ingrédients courants de l'alimentation animale. Source : Nouveautés de GRAIN, 2 mars 2006 GRAIN est une organisation non gouvernementale internationale (ONG) dont le but est de promouvoir la gestion et l'utilisation durables de la biodiversité agricole fondées sur le contrôle exercé par les populations sur les ressources génétiques et les connaissances locales. Contact: Devlin Kuyek, GRAIN, à Montréal, Tél: +1 514 2737314, Email: devlin (at) grain.org Web: http://www.grain.org Le président de la Commission de l'Union africaine : "Non à l'immigration choisie !"Le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Alpha Oumar Konaré, a fermement dénoncé l'attitude unilatérale de certains pays en ayant recours à des politiques migratoires unilatérales en adoptant l'immigration sélective en déclarant à ce propos: «De façon unilatérale, on décide de piller, de pomper les pays africains de leurs cerveaux. Chaque année, plus de 25 000 diplômés, dans tous les domaines, quittent l'Afrique.» Un continent qui, selon lui, est « victime d'une traite des cerveaux» pénalisant ses efforts de développement. En effet, ils sont plus de 4 millions d'Africains diplômés installés en Europe et presque autant dans le reste du monde. La Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) indique que chaque diplômé accueilli équivalait à une économie minimale de 184 000 dollars. Alpha Oumar Konaré comparera cette traite des cerveaux à celle des esclaves africains aux XVIIe et XVIIIe siècles. S'indignant, il s'est exclamé : «Ceci est inacceptable et extrêmement grave !» Le président de la commission de l'UA note que l'Afrique doit verser 4 milliards de dollars annuellement pour faire venir des expatriés. Il a appelé à un débat en «s'asseyant autour d'une même table avec nos partenaires (pays développés) pour discuter de ce problème ». Pour ce qui est des sites de transit, Alpha Oumar Konaré a invité les pays développés à ne plus traiter la question de l'immigration uniquement sous l'angle sécuritaire. «On ne peut pas acculer les pays africains à jouer les gendarmes et à être les gardiens des autres. Cela n'est pas possible », a-t-il affirmé en substance. Et d'ajouter : «Dire que les pays de transit en Afrique du Nord doivent être ceux où les candidats à l'immigration doivent être bloqués et parqués n'est pas acceptable. Cela ne doit pas se faire et n'arrivera jamais.» Il conclut en encouragent la lutte contre les passeurs et les marchands de sommeil, qui ont quasiment pignon sur rue. Source : Le Soir d d'Algérie, 4 avril 2006
Banque mondiale : bas les masques !
Neuf mois après l'annonce tonitruante des huit pays les plus industrialisés (G8) à Londres, la Banque mondiale vient seulement de dévoiler les modalités de l'annulation des créances qu'elle détient envers 17 pays pauvres et très endettés (PPTE). L'accord, qualifié d' « historique » par le président de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, concerne 13 pays d'Afrique et 4 d'Amérique latine . Au 1er juillet 2006, la dette de ces 17 pays envers la Banque mondiale devrait être annulée. La Banque mondiale avance le chiffre total de 37 milliards de dollars, répartis sur 40 ans. Mais contrairement aux proclamations de la Banque mondiale, il n'y a là rien de nouveau. Cette décision se contente de concrétiser tardivement la décision prise par le G8 l'année passée. De plus, au cours des dix dernières années, la Banque mondiale n'a dépensé que 2,6 milliards de dollars pour réduire la dette de ces 17 pays alors qu'elle possède plus de 38 milliards de dollars de capitaux propres. Elle est donc très loin d'avoir fait un effort financier significatif, ce qui ne l'empêche pas de proclamer année après année une générosité infondée et usurpée. Lancée en 1996, l'initiative PPTE devait régler définitivement le problème de la dette de 42 pays très pauvres et très endettés. Mais cette initiative a tourné au fiasco : leur dette est passée de 218 à 205 milliards de dollars, soit une baisse de 6% seulement entre 1996 et 2003 . Bien que la plupart des pays aient appliqué les recettes économiques draconiennes exigées par le FMI et la Banque mondiale, le fardeau de la dette est toujours bien présent. Pourquoi continuer à faire confiance à ceux qui ont déjà échoué et qui veulent renouveler les mêmes erreurs ? Pour la Banque mondiale, la dette est un outil de domination très apprécié. En effet, pour décrocher cette annulation, les 17 pays concernés ont dû achever les étapes de l'initiative PPTE et réaliser pendant au moins 4 ans un véritable parcours du combattant néolibéral : réduction drastique des budgets sociaux, privatisations massives, ouverture des marchés, libéralisation de l'économie pour le plus grand profit des sociétés multinationales et des investisseurs internationaux. Mais ce sont autant de coups très durs portés aux conditions de vie des populations pauvres. Tous ces pays ont donc déjà payé très cher, en terme de souffrances humaines, le droit d'être éligibles. La décision de la Banque mondiale est à la fois inadaptée et inadmissible. Inadaptée car elle ne concerne qu'un petit nombre de pays (17, représentant moins de 5% de la population des 165 pays dits « en développement ») ; inadmissible car elle renforce la domination que les créanciers imposent à la planète entière par l'intermédiaire de la dette. Le docteur Banque mondiale fait mine de prescrire des stratégies de réduction de la pauvreté (en fait, de maigres sommes saupoudrées sur de rares projets sociaux) tout en cachant les graves effets secondaires : dans des pays où plus de 40 % du budget sert à rembourser la dette, il interdit aux gouvernements de recruter et de former suffisamment d'enseignants, d'aides-soignants, de médecins, etc., au nom de sacro-saints principes comme la réduction de la fonction publique et l'équilibre budgétaire. Enfin, cette annonce laisse de nombreuses questions en suspens : quelle est la date butoir pour le calcul de l'annulation : fin 2004 comme au FMI ou fin 2003 comme le bruit court, ce qui réduirait la portée de l'accord ? la Mauritanie, qui est pour l'instant exclue de la liste, sera-t-elle réintégrée ? qu'en est-il de nombreux pays très pauvres oubliés par l'initiative PPTE - comme Haïti, l'Erythrée ou le Népal - qui aujourd'hui n'ont droit à aucun allégement de dette ? des conditionnalités supplémentaires prouvant la docilité économique du pays concerné ne sont-elles pas discrètement ajoutées par la Banque mondiale ? La démarche de la Banque mondiale, et plus généralement les mesures prises par l'ensemble des créanciers, ne sont que des leurres permettant de détourner l'attention de l'opinion publique. Les revendications essentielles demeurent l'annulation de la dette extérieure publique de tous les pays en développement et l'abandon définitif des politiques d'ajustement structurel. Cette dette ponctionne les richesses des pays du Sud pour les envoyer vers de riches créanciers, ravage des régions entières, répand la misère et la corruption. Cette dette est illégitime, et, pour une large part, odieuse. Son annulation totale et inconditionnelle n'est pas négociable.
Les ONG européennes dénoncent le gonflement des chiffres de l’aide aux pays pauvres par la Coordination Sud - Urgence, solidarité, développement, Paris, 4 avril 2006 A l’occasion de la publication des chiffres de l’aide publique au développement (APD) de 2005 par le Comité au développement de l’OCDE, une coalition d’organisations représentant des centaines d’ONG européennes dénonce le gonflement des chiffres de l’APD par les pays européens. Les ONG européennes avancent la preuve qu’un total de 12,5 milliards de dollars de l’aide officielle de l’UE est constitué, non pas d’argent supplémentaire destiné à la réduction de la pauvreté, mais d’annulation de la dette et de la comptabilisation de « l’accueil des réfugiés » ou du coût des étudiants étrangers dans les universités européennes. La France occupe le premier rang du classement des pays européens gonflant leur APD. Dans un récent rapport, Coordination SUD démontre que le montant de l’APD « artificielle » de la France s’élève à 3,9 milliards € pour 2005, soit 49 % de son niveau officiel. L’APD française en 2005 contient ainsi 2,5 milliards € d’annulations de dettes, dont 1,6 milliard € pour l’annulation de créances générée par la garantie des exportations des entreprises françaises vers le Nigeria et l’Irak. L’APD française est également constituée d’agrégats statistiques d’APD « artificielle » à hauteur de 1,4 milliard € (coût des étudiants étrangers, « accueil des réfugiés », crédits vers les Territoires d’Outre-Mer). « Malgré l’augmentation des statistiques officiels, la contribution « réelle » de la France au financement du développement n’a que très peu augmentée, depuis 2002 » estime Régis Mabilais, chargé de mission à Coordination SUD. « La France est en effet le pays européen qui gonfle le plus ses statistiques d’APD, devant l’Allemagne et le Royaume-Uni » poursuit-il. Un an après l’engagement historique de l’UE d’atteindre les 0,7% du RNB consacré à l’APD, Coordination SUD et ses partenaires européens dénoncent le gonflement statistique de l’APD. « Nous demandons aux pays riches de réviser les modalités de comptabilisation de l’APD et de tenir leurs engagements à dégager de nouvelles ressources pour financer les Objectifs du Millénaire pour le développement, par une augmentation de leur APD « réelle » » conclut Régis Mabilais. * Pour consulter les rapports : - Rapport de Coordination SUD, « L’APD française et la politique de coopération au développement : Etats des lieux, analyses et propositions », nov. 2005 – réactualisation février 2006 : - Une synthèse du rapport des ONG européennes sur l’APD de l’UE est disponible au secrétariat de Coordination SUD. La version intégrale intitulée « EU Aid : Genuine leadership or Misleading Figures » sera, quant à elle, disponible courant avril. Rappel : L’année passée, les gouvernements européens avaient pris l’engagement historique d’augmenter leur aide en faveur des pays les plus pauvres. Ils se sont mis d’accord pour atteindre l’objectif fixé par l’ONU il y a plus de trente ans : attribuer 0,7% de leur Revenu national brut (RNB) à la lutte contre l’extrême pauvreté d’ici à 2015. La France s’était engagée, dès 2002, à atteindre cet objectif d’ici 2012. Source : Coordination SUD – Le collectif français des associations de solidarité internationale 14, Passage Dubail 75 010 Paris - Tel. : +33 1 44 72 93 72 - Fax. : +33 1 44 72 93 73 - Site web : www.coordinationsud.org La Commission des droits de l'homme de l'ONU laisse place au Conseil des droits de l'homme
"UN ORGANE PUISSANT" RESTREINDRE L'ACCÈS AU CONSEIL 400 millions d'enfants réclament de l'eau pour leur survieL'absence d'eau ou d'installations sanitaires adéquates tue un enfant toutes les 15 secondes dans le monde et affecte la scolarité des autres, leur laissant peu de chance de sortir de la misère, prévient l'Unicef à la veille de la Journée mondiale de l'eau. "Les enfants paient le plus chèrement l'absence d'hygiène" rappelle l'organisation des Nations unies pour l'enfance qui estime qu'ils sont 400 millions dans cette situation, selon un communiqué publié mardi à Mexico, où s'achève le 22 mars le 4e Forum mondial de l'eau. "Les diarrhées ordinaires affectent les moins de 5 ans plus que toute autre maladie, tuant chaque jour 4.500 enfants (...) Les maladies liées à l'eau sapent leur énergie et leurs capacités d'apprentissage", poursuit l'Unicef. Chaque jour, explique-t-elle, de nombreux enfants des pays en développement manquent l'école parce qu'ils sont malades et les jeunes filles pubères cessent de la fréquenter en l'absence d'installations sanitaires adéquates. "Dans ces conditions, les enfants ont peu de chance d'échapper à la misère. Le sous-développement chronique est inévitable", ajoute l'Unicef. Source : UNICEF, 21 mars 2006
Forum de l'eau: les gouvernements doivent se mobiliser "plus fortement"Le Conseil mondial de l'eau a appelé mardi les gouvernements à se "mobiliser plus fortement" pour l'eau, dont l'absence ou la mauvaise qualité "tue dix fois plus que toutes les guerres", à l'ouverture de la session ministérielle du Forum mondial à Mexico. "L'absence d'eau ou sa mauvaise qualité tue dix fois plus que toutes les guerres réunies", a rappelé le président du CME Loïc Fauchon aux quelque 140 délégations présentes, dont 70 sont emmenées par leur ministre de l'Eau ou de l'Environnement. Enumérant les obstacles à surmonter pour une distribution équitable de l'eau, il a insisté sur "la gestion incohérente et la priorité donnée à d'autres secteurs", tout autant que sur la "difficulté d'alimenter des mégacités tentaculaires et incontrôlables, la déforestation, la pollution des sols ou le dérèglement du climat". "Affirmons le droit à l'eau sans ambiguïté, comme un élément essentiel de la dignité humaine", a-t-il également lancé en notant que le "sujet, passionnel, est toujours sensible" et qu'un rapport du Conseil publié pendant le forum visait à "clarifier" cette notion. Le ministre mexicain de l'Environnement qui ouvrait la session, Jose Luis Tamargo, a réclamé des "investissements massifs, nationaux et internationaux" en faveur de l'eau et des infrastructures de traitement et d'évacuation. Mais pour Loïc Fauchon, "la communauté internationale devra payer les infrastructures des 50 ou 60 pays les plus démunis : il faut en finir avec les calculs mathématiques et les plans de restructuration inhumains" qui font peser une lourde charge sur les populations. Tous deux ont enfin insisté sur la nécessaire "décentralisation" et la "bonne gestion" de l'eau qui passe notamment par l'association des collectivités locales aux programmes et à la maintenance. La session ministérielle constitue la dernière partie du 4e Forum mondial de l'eau qui s'achève mercredi, avec la célébration de la Journée mondiale de l'eau. Pendant la semaine écoulée, le forum a accueilli 13.000 participants, 202 sessions thématiques et 378 conférences, dont pour la première fois celle de parlementaires du monde entier, a indiqué M. Tamargo. Source : UNICEF, 21 mars 2006
Brésil: ouverture de la conférence mondiale sur la biodiversitéDes représentants de quelque 180 pays ont ouvert lundi à Curitiba, dans le sud du Brésil, la Conférence de la Convention de l'ONU sur la Biodiversité pour discuter de la destruction des ressources de la planète et des décisions à prendre pour y remédier. La ministre brésilienne de l'Environnement, Marina Silva, a ouvert les débats en alertant que l'on a "bien peu avancé" depuis le premier Sommet de la Terre, en 1992 à Rio de Janeiro, qui s'etait fixé comme objectif d'obtenir d'ici 2010 une réduction significative de la destruction de l'environnement et des espèces. "Au cours des dernières années, non seulement il n'y a pas eu de signes importants de réduction de la perte de la biodiversité mais les indicateurs disponibles montrent qu'il y a eu une dégradation croissante", a déclaré Mme Silva qui préside la conférence. "Détermination et volonté politique sont nécessaires pour transformer en actions les engagements assumés dans le cadre de cette Convention", a-t-elle affirmé. Un autre débat important sera celui sur les peuples indigènes qui veulent protéger leur savoir traditionnel, comme celui des plantes médicinales, et en retirer les avantages commerciaux qui actuellement bénéficient à la seule industrie pharmaceutique. La Conférence de Curitiba, est la huitième des pays membres de la Convention de l'ONU adoptée en 1992 à Rio qui avait réuni une centaine de chefs d'Etat et de gouvernement dans le but de signer des accords internationaux de défense de l'environnement. L'établissement d'un système d'accès et de distribution équitable des richesses biologiques est l'un des thèmes en suspens et il est considéré comme un facteur décisif pour atteindre l'objectif de la Convention d'arriver à réduire la destruction des ressources naturelles et des espèces d'ici 2010. Source : UNICEF, 20 mars 2006 Écrire «l’histoire du travail»: l’Organisation internationale du traval (OIT) adopte une nouvelle convention maritime consolidée
BIT en ligne: Comment caractériseriez-vous la nouvelle convention?
Cleopatra Doumbia-Henry: Nous montrons la voie en développant une approche novatrice, intégrée, pour veiller à ce que ce secteur d’activités avance uni et pour assurer un travail décent à tous les marins d’où qu’ils viennent et quelle que soit la provenance du navire sur lequel ils travaillent. Les mandants de l’OIT ont reconnu que des conditions de travail médiocres et une marine de qualité ne pouvaient aller de pair. Nous avons instauré un socle socioéconomique à la concurrence mondiale dans le secteur maritime. Cette concurrence va perdurer mais elle sera fondée sur des règles communes justes et bien établies pour une concurrence loyale et sur la coopération pour les appliquer.
BIT en ligne: Quels éléments clés de cette convention vont affecter la vie des marins et celle des armateurs?
Cleopatra Doumbia-Henry: La nouvelle convention est destinée à atteindre davantage de respect de la part des affréteurs et des propriétaires de navires et à renforcer la mise en vigueur des normes à travers des mécanismes à tous les niveaux, y compris des dispositions relatives aux procédures de dépôt de plainte accessibles aux marins, la supervision par les armateurs et les capitaines des conditions à bord de leurs navires, la juridiction et le contrôle des Etats du pavillon sur leurs bateaux et les inspections des navires étrangers par l’Etat du port. La convention établit les exigences minimales pour les marins qui travaillent sur un navire et contient des dispositions sur les conditions d’emploi, l’hébergement, les équipements de loisirs, la restauration, la protection sanitaire, les soins médicaux, le bien-être et la sécurité sociale.
BIT en ligne: En quoi ces nouvelles dispositions diffèrent-elles de celles contenues dans la multitude de conventions relatives au secteur maritime qui existent déjà?
Cleopatra Doumbia-Henry: Plusieurs nouvelles caractéristiques concernent l’OIT. La structure générale de la nouvelle convention diffère de celle des conventions traditionnelles de l’OIT. Elle se compose de dispositions fondamentales, c’est-à-dire les Articles et Règles, suivies par un Code en deux parties, divisé en cinq titres, dont l’un est dédié au respect et à la mise en application. Les Règles et le Code, qui contient les Normes et les Principes directeurs, sont regroupés sous cinq titres: Titre 1: Conditions minimales requises pour le travail des gens de mer à bord d’un navire; Titre 2: Conditions d’emploi; Titre 3: Logement, loisirs, alimentation et service de table; Titre 4: Protection de la santé, soins médicaux, bien-être et sécurité sociale; et Titre 5: Respect et mise en application des dispositions. Il y a aussi une note explicative pour mieux aider les Membres à appliquer la convention. Autres innovations, les procédures d’amendement et le système de certification des navires.
BIT en ligne: Pourquoi ce secteur est-il si important?
Cleopatra Doumbia-Henry: Le secteur maritime est fortement mondialisé. Quatre-vingt-dix pour cent du commerce mondial s’effectue par voie maritime. La hausse vertigineuse du volume du commerce mondial au cours des cinquante dernières années n’a pas seulement eu lieu en raison de l’abaissement des barrières douanières ou de meilleures télécommunications et infrastructures, elle est aussi le résultat direct de la hausse massive de la productivité dans l’industrie maritime. La vitesse à laquelle les biens sont acheminés partout dans le monde a énormément augmenté et le coût a baissé de façon exponentielle. Sans les armateurs et les marins, il n’y aurait pas de mondialisation telle que nous connaissons aujourd’hui.
BIT en ligne: Comment la convention équilibre-t-elle le besoin de protection des marins avec le besoin de flexibilité du marché du travail maritime?
Cleopatra Doumbia-Henry: Le texte de la convention est allé aussi loin que possible en établissant de claires définitions des droits, tout en laissant la latitude nécessaire au niveau national pour l’octroi de ces droits dans la transparence, la concertation et la responsabilisation. La convention va s’adapter aux nouveaux besoins du secteur, à mesure qu’il évolue. Elle va apporter la garantie d’une application universelle et des mesures de mise en application et va assurer un domaine d’action de référence pour le monde entier.
BIT en ligne: L’adoption de la nouvelle convention est l’apogée de cinq années de dialogue social international…
Cleopatra Doumbia-Henry: C’est très important. Le tripartisme et le dialogue social sont des outils clés pour aller au-delà des impasses politiques et idéologiques. Ils peuvent réconcilier les pressions pour la productivité et la compétitivité avec le développement durable et l’amélioration des conditions de vie pour tous. Dans le secteur maritime, nous avons montré comment cela pouvait être fait. La convention du travail maritime 2006 montre que le tripartisme peut apporter des réponses constructives aux défis de ce secteur mondialisé et à la mondialisation de façon plus générale.
BIT en ligne: La nouvelle convention montre-t-elle la voie pour faire face à la mondialisation?
Cleopatra Doumbia-Henry: Oui, vous avez raison. Un grand nombre des défis que le secteur maritime doit relever – et le cadre dans lequel il agit – sont aussi ceux auxquels font face d’autres secteurs d’activité. Partout, les gouvernements essaient de gérer et développer les économies nationales et des secteurs spécifiques, tout en répondant aux demandes d’ajustement de la libéralisation financière et commerciale. Les entreprises elles-mêmes luttent pour réussir, croître et survivre face à l’intensification de la concurrence sur le marché local, régional et mondial. Et les travailleurs ont souvent le sentiment qu’ils écopent de ces tensions. Dans la quête de solutions, il est devenu de plus en plus évident qu’il ne peut y avoir de succès durable avec des solutions purement nationales à des problèmes mondiaux.
BIT en ligne: La convention est aussi un bon exemple de coopération au sein du système multilatéral?
Cleopatra Doumbia-Henry: Le tout premier article de la convention exige des membres qu’ils coopèrent entre eux pour qu’elle soit effectivement appliquée et mise en œuvre. Cela signifie la coopération entre pays et entre organisations internationales et autres organisations intergouvernementales, ainsi qu’avec les nombreuses organisations non gouvernementales intéressées. Cela signifie aussi laisser le champ libre à la coopération entre eux et les partenaires sociaux. Cette convention est en prise avec l’évolution du système multilatéral. Elle correspond au fort mouvement vers une meilleure intégration du travail parmi les organisations du système. Elle a été conçue de manière à ce que les éléments pertinents se coordonnent bien avec les systèmes existants de l’Organisation maritime internationale (OMI). C’est ce qui a guidé la longue coopération entre l’OIT et l’OMI et qui s’est prolongé dans le développement de la convention du travail maritime. Une telle collaboration s’étend aussi aux problèmes quotidiens très pratiques des marins. Par exemple, le Secrétaire général de l’OMI Efthimios Mitropoulos et le Directeur général du BIT Juan Somavia ont récemment écrit conjointement aux Etats du pavillon au sujet de nombreux cas d’abandons pour obtenir leur intervention d’urgence pour résoudre ces questions.
BIT en ligne: Quels sont les prochains défis?
Cleopatra Doumbia-Henry: Ce n’est pas la fin; en fait, c’est tout juste le début. Nous travaillerons dur pour que la convention ne reste pas lettre morte. Le texte a maintenant réuni un large consensus. La ratification et l’application sont les prochains défis. Les perspectives de ratification ont été parties intégrantes de nos discussions, et les préoccupations exprimées ont été traitées dans le développement de l’instrument. Nous pouvons donc raisonnablement espérer une ratification rapide. Mais nous ne tenons pas cela pour acquis. Les mandants de l’OIT et le Bureau international du Travail doivent maintenant se faire les avocats de la ratification auprès des parlementaires, des ministres concernés, de tous ceux qui appartiennent au monde maritime. De même, nous devons reconnaître qu’il existe aujourd’hui différentes capacités de mise en œuvre. De solides partenariats seront nécessaires, ainsi que le financement de programmes de coopération technique là où c’est nécessaire. Pour répondre, nous prévoyons de construire un important programme de coopération technique.
BIT en ligne: En quoi la nouvelle convention va-t-elle affecter l’édiction des normes de l’OIT en général?
Cleopatra Doumbia-Henry: La convention du travail maritime cherche à assurer la pertinence des normes de l’OIT dans cette période de mondialisation de la production et du travail. Ce que nous avons fait pour le secteur maritime pourrait aussi donner l’élan et l’appui nécessaires pour élaborer des approches similaires, novatrices et équilibrées dans d’autres domaines et pour le système d’édiction de normes de l’OIT en général. Il y a de nombreux éléments et d’importantes innovations qui peuvent être utilisés plus largement, par exemple la procédure d’amendement et le processus d’élaboration lui-même. |