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1 decembre 2006 - Couriel : redactionquibla@yahoo.fr

Monde arabe - Tunisie
 
 

 

COLLECTIF DE LA COMMUNAUTE TUNISIENNE EN EUROPE
1, rue Cassini, 75014 Paris ; Tél. : 01 43 29 68 98 ; e-mail: mondher.sfar@club-internet.fr

Urgent :

L’opposant tunisien Mounir Silini a fui la Bosnie
pour ne pas subir le sort de Badreddine Ferchichi
– Il a tenté de rejoindre l’Angleterre pour y demande l’asile politique, mais la police des frontières l’a arrêté à Paris à la Gare du Nord et un arrêté de reconduite à la frontière a été pris à son encontre par le Préfet de Paris.


Mounir Silini est une des victimes de l’Accord de Dayton qui vise l’expulsion de la Bosnie des résistants d’origine afro-asiatique. Le Consulat tunisien en Bosnie lui a refusé le renouvellement de son passeport. De plus M. Silini a appris qu’il est sous le coup d’un jugement en Tunisie de quatre ans de prison au titre de la loi antiterroriste.

Mounir Silini, Sergent Chef dans l’Armée tunisienne, a démissionné en 1989, lors de la vague répressive contre Ennahda. Il est parti en Italie où il a participé à des manifestations contre le régime tunisien, ce qui a valu l’expulsion de Abdennacer Nait Liman par les autorités italiennes, avec son cortège de tortures et de simulacres de jugements. Silini a alors dû partir en Bosnie, et c’était vers la fin de la guerre où il s’est activé dans des associations humanitaires. Il s’est marié à une Bosniaque et il a eu cinq enfants. Après l’expulsion de Badreddine Ferchichi en Tunisie, il est devenu clair que si Silini se présentait aux autorités bosniaques, il subirait le même sort que celui-ci. C’est alors qu’il a quitté clandestinement la Bosnie pour chercher l’asile en Angleterre, mais il a été arrêté à Paris au moment où il prenait le train pour Londres. Il a été conduit au Centre de rétention de Vincennes avec un ARF préfectoral.
Aujourd’hui même, le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la demande faite par M. Silini pour annuler l’arrêté de reconduite à la frontière en ce qui concerne le pays de destination et pour l’annulation de la mention abusive du Préfet prétendant que « l’intéressé n’allègue pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne des droits de l’homme en cas de retour dans son pays d’origine (ou dans son pays de résidence habituelle où il est effectivement réadmissible) ».

M. Mounir Silini lance un appel urgent aux personnes de bonne volonté et surtout aux associations humanitaires pour l’aider dans ses démarches visant à annuler la décision préfectorale de reconduite à la frontière et à s’opposer à son expulsion en Tunisie.

Vous pouvez joindre M. Silini aux cabines téléphoniques suivantes :
- 01 45 18 59 70
- 01 45 18 12 40
- 01 45 18 02 50
et préciser chambre 44.

Paris, le jeudi 30 novembre 2006

Le Président
Mondher Sfar
0660065998

 

 

06/09/06 - Confessions d’un dictateur


Par Omar Khayyâm, 3 septembre 2006


http://omarkhayyam.blogsome.com


"Sophie se rappela soudain que sa grand-mère avait dit quelque chose du même genre le jour où elle avait appris par le médecin qu’elle était gravement malade. ‘Ce n’est que maintenant que je me rends compte à quel point la vie est belle’, avait-elle dit." (Jostein Gaarder; Le monde de Sophie)

Je m’appelle Zine el-Abidine Ben Ali. J’ai aujourd’hui, le 3 septembre 2006, exactement soixante-dix ans. Je suis le dictateur d’un petit pays d’Afrique qui s’appelle la Tunisie et je gouverne cette contrée sans partage depuis 1987. Jusqu’en 2003, je n’ai jamais eu de sérieux problèmes de santé. Mon médecin personnel, qui me côtoie plus assidûment que ma propre femme, n’a rien vu venir. Soudain, les médecins m’annoncent une très mauvaise nouvelle : je suis atteint d’un cancer des glandes séminales avec métastases. Les médecins se voulaient rassurants, mais je sais que qu’il ne me reste plus que quelques années à vivre. Que vais-je faire de ma vie ?
Aujourd’hui j’ai tout simplement décidé de présenter ma démission et de quitter toutes mes charges officielles. Avec cette mort qui m’attend au tournant, ma vie a acquis une qualité rare et précieuse. C’est pourquoi j’ai décidé de changer de vie. Je veux me libérer du stress du pouvoir, du fastidieux protocole et surtout de ces hypocrites qui m’entourent jour et nuit.
Dès aujourd’hui je me consacrerai entièrement à ma famille et surtout à mes petits-enfants. Je m’occuperai de mes plantes et de mes fleurs et je redécouvrirai les plaisirs du jardinage. Je viens d’adopter quelques chiots et chatons orphelins, à qui je donnerai à manger et à boire. Je trouve un grand plaisir à nourrir non seulement mes pigeons, mais aussi les oiseaux sauvages. Ah ! Qu’elle est belle la vie en dehors de mon bunker de Carthage ! J’étais, en quelque sorte, prisonnier du béton. Maintenant je me re-plonge dans la nature, je fais le plein d’air frais et la nuit je contemple les étoiles pendant des heures et des heures.
1987-2006, dix-neuf ans perdus pour rien ! Je n’ai jamais eu une vraie vie. Je suis devenu un automate, un esclave des formalités et du protocole et l’amour du pouvoir m’a tellement aveuglé que j’ai oublié la substance même de la vie : l’amour. Je pense maintenant surtout à maman. Il y a dix-huit ans, maman est morte à l’hôpital Farhat Hachad de Sousse. Je n’ai pas eu le temps de rester à son chevet, de l’accompagner dans sa souffrance, ni même de partager le deuil avec ma famille.
Je pense aussi à mon frère Moncef, mort dans des conditions tragiques. Je n’ai pas fait son deuil, car je n’avais pas le temps. J’étais toujours l’Absent numéro un lors de ces tristes occasions où ma famille avait besoin d’amour et de sympathie. J’étais un drogué de pouvoir, la drogue la plus dure que j’aie jamais consommée !
Je me rends compte maintenant de la futilité des richesses, de la démesure de l’orgueil humain. Ces palais que j’ai construits, vont-ils m’accompagner dans l’au-delà ? Et mes cheveux vont-ils rester noirs pour l’éternité ? Je ne peux que m’esclaffer en pensant aux rires éclatants des petits vers, qui dévoreront mon corps, lorsqu’ils verront cette chevelure plus noire que la nuit. Oh, mon Dieu ! Que je suis ridicule ! J’étais aveugle et cette maladie m’a guéri de ma cécité. J’étais drogué et le cancer m’a guéri de mon addiction.
Je découvre aussi un autre plaisir que j’ai oublié pendant des décennies : la lecture. Plus jamais sans mon livre ! Pendant mes longues randonnées à la campagne du Kef et de Béja, j’ai toujours comme unique compagnon un livre de poésie ou de méditations. Je n’ai jamais dévoré autant de livres que pendant ce temps bref qui me reste à vivre. En lisant « l’étranger » de Camus, je suis tombé sur cette phrase, que seuls les gens qui se trouvent dans ma situation peuvent comprendre : « Si près de la mort, maman devait s’y sentir libérée et était prête à tout revivre »
Ma femme Leila n’a jamais compris le sens de ma décision. Ses capacités mentales ne lui permettent pas de comprendre. Elle voulait que je m’accroche au pouvoir, que je continue à gouverner comme si rien n’était. Elle n’a jamais espéré, même dans ses rêves, détenir autant de richesses et autant de pouvoir. Ma démission a déjoué ses plans, anéanti ses espoirs, dévoilé ses faiblesses. Sa petite cervelle ne pouvait admettre que l’ancien Zine soit mort et enterré et qu’un autre Zine puisse renaître.
Lorsqu’une fois elle m’a vu en train de lire « Etre ou avoir » d’Erich Fromm, elle, qui n’a jamais lu un seul livre de toute sa vie, a arraché le livre de ma main et m’a dit en criant comme une hystérique : « Tu nous as tous ruinés, sale égoïste ! » Je me suis contenté de répondre, sans perdre mon sang froid : « Etre ou ne pas être, c’est ça la question. »

 

06/09/06 - Imed Trabelsi sera-t-il extradé en France?

Pas de complaisance pour le voleur du bateau de plaisance
Par Omar Khayyâm, 5 septembre 2006
http://omarkhayyam.blogsome.com



Leïla Trabelsi, vue par le site bakchich.info

TUNIS (TNA) - Imed Trabelsi, le neveu de Leïla Trabelsi, l’épouse du président tunisien Zine Ben Ali, a été encore une fois interrogé par le doyen des juges d’instruction au Palais de Justice de Tunis aujourd’hui à 10 heures du matin. L’interrogatoire a duré plus de trois heures. A sa sortie du Palais de Justice, le présumé coupable Imed Trabelsi, menottes aux poignets, escorté par une dizaine de policiers, s’est contenté de dire devant les caméras avant que les flics ne le poussent dans le panier à salade: "J’ai confiance en la justice de mon pays!". Rappelons aux lecteurs que le neveu de la "Présidente" est impliqué dans le vol du yacht du banquier français Bruno Roger, PDG de la banque Lazard Frères. Princess, c’est le nom de ce yacht qui vaut plus d’un million d’euros, a disparu début mai 2006 du port de Bonifacio en Corse pour refaire surface au port de plaisance de Sidi Bou Saïd en Tunisie.
L’embarquation est saisie le 26 mai. Le jour même, tard la nuit, des officiers et des policiers de la Brigade Financière de Bouchoucha, munis d’un mandat d’arrêt et de perquisition, frappent à la porte d’Imed, l’arrêtent et le défèrent devant le parquet de Tunis. Ses avocats, qui avaient demandé au juge d’instruction d’accorder la liberté provisoire à leur client, ont été deboutés vu la gravité de l’affaire.
Dès que l’affaire a commencé à être hyper-médiatisée, surtout par la presse "people" de Tunis, le porte-parole de la Présidence a rappelé aux médias que la stricte séparation des pouvoirs en Tunisie et la pleine indépendance de la Justice l’empêchent de commenter ce "fait divers presque banal". Interrogé par un journaliste sur la possibilité d’extradition d’Imed en France, le porte-parole du Palais de Carthage a déclaré que "les autorités francaises n’ont formulé jusqu’à date aucune demande d’extradition". Mais il a précisé que "le Président ne badine pas avec la justice". Il a rappelé aux journalistes qui ont la mémoire courte que "Lorsqu’en 1992 la justice française a lancé un mandat d’arrêt international contre Moncef Ben Ali, le propre frère du Président, ce dernier n’a pas hésité une seule seconde avant de livrer le coupable aux autorites françaises."
Selons des juristes interrogés à Tunis, les juges français sont encore dans l’attente des résultats de l’enquête judiciaire tunisienne. Dès que l’affaire est bouclée au Palais de Justice de Tunis, les magistrats de Paris se pronceront sur la demande d’extradition du présumé coupable. "Le fait qu’Imed ait été en possession d’un bien volé est indiscutable", a confié l’un des ces juristes, " mais était-il oui non impliqué dans la préparation et l’exécution de l’opération de vol, perpétré sur le sol français?". Si oui, Imed risque de connaître le triste sort de Moncef Ben Ali: Un voyage aller sans retour dans l’enfer carcéral de l’Hexagone.
(Reportage exclusif de la TNA)
5 septembre 2006


30/06/06 - Un texte satirique embarrasse les autorités tunisiennes


par Taïeb Moalla, Alternatives (juillet 2006)


Les régimes autoritaires n'ont aucun sens de l'humour. Si cette vérité de La Palice avait besoin d'une illustration, le pouvoir tunisien vient tout juste de la fournir.
L'histoire commence en mai 2002. Omar Khayyâm - le pseudonyme d'un tunisien vivant à Montréal ­ sévit dans le cyberespace. Sa spécialité ? Des textes satiriques de « politique fiction » dans lesquels il laisse libre cours à son imagination avec, pour unique but, de tourner en ridicule les caciques du pouvoir en place.
C'est ainsi que « le badge du prieur » fait son apparition sur la Toile. Omar Khayyâm tient son (faux) scoop : Tunis vient de lancer un plan ministériel visant à « éviter l'anarchie et [à] rationaliser la visite des mosquées ». Chaque Tunisien est désormais dans l'obligation de « remplir une demande de carte de prieur ». Les imams doivent « s'assurer que tous les prieurs [soient] badgés ». La police des frontières n'a pas oublié les touristes musulmans qui recevront des « cartes spéciales valables pour toutes les mosquées tunisiennes », ajoute Omar Khayyâm.
Le papier - que les Tunisiens s'échangent rapidement sous le manteau - fait les délices des lecteurs. Même si l'information qu'il contient est inventée de toutes pièces, beaucoup ont apprécié la dénonciation originale des mesures draconiennes imposées aux pratiquants depuis le début des années 1990. Dans sa lutte contre l'islam politique, le pouvoir tunisien a, en effet, limité les heures d'ouverture des mosquées, fait une chasse impitoyable aux « barbus » et traqué les femmes portant le foulard islamique, apparenté à un « habit confessionnel ».
L'article, qui fait boule-de-neige, est repris dans plusieurs sites Internet et forums de discussion arabophones. Le dernier exemple en date étant le journal jordanien Al Wasat qui a vilipendé, le 15 avril 2006, le gouvernement tunisien sans même prendre la peine de vérifier l'information.
Cette mauvaise publicité a tellement déplu aux autorités qu'un démenti gouvernemental a été envoyé à l'agence de presse Reuters, le 18 mai dernier, soit quatre ans après la publication de l'article ! « Il s'agit de tentatives désespérées de certains regroupements [] qui visent à porter atteinte à l'image de la Tunisie », indique le communiqué. Notons que cette mise au point (non signée) s'adressait uniquement à la communication externe. Aucun media tunisien, pas même les journaux gouvernementaux, n'ayant jugé bon de la reprendre. Dès lors, plusieurs éditorialistes de la presse aux ordres stigmatisent les « malades qui essayent de semer le désarroi chez le peuple tunisien ».
Des libertés en recul
Au delà de ce fait anecdotique, la situation des libertés publiques en Tunisie ne cesse de se dégrader.
À la fin mai, un membre de la section suisse d'Amnestie Internationale a été expulsé manu militari du pays. Son crime ? Avoir montré sa solidarité avec les militants tunisiens. Aussi, le bras de fer entre les autorités et la Ligue tunisienne des droits de l'Homme (LTDH) - la plus ancienne association du genre dans le monde arabe et en Afrique ­ n'est pas prêt de se terminer. La police a eu recours à la force pour empêcher l'organisation de tenir son congrès.
Le 15 juin, le Parlement européen a demandé à Tunis de fournir « des explications » quant à l'interdiction du congrès de la LTDH. « La situation des droits et des libertés en Tunisie reste préoccupante (et) les démarches entreprises jusqu'à présent par le Conseil (européen) et la Commission (européenne) ont clairement montré leurs limites », estiment les eurodéputés.

 

 

16/06/06 - Mort de Tarek Ayari suite aux mauvais traitements infligés par le chef du poste de police de la Cité Ennour (Tunis)


par lOMCT, Genève, 14 juin 2006. Courriel : omct@omct.org
Cas TUN 140606
Mauvais traitement / Mort
Le Secrétariat international de lOrganisation mondiale contre la torture (OMCT) requiert votre intervention dans la situation suivante en Tunisie.
Brève description des faits :
Le Secrétariat international de lOMCT a été informé, par une source fiable, de la mort de M. Tarek Ayari (24 ans, petit commerçant), le 11 mars 2006, suite au coup de manche de pioche qui lui a été asséné à la tête par M. Bechir Rahali (dit Fella), chef du poste de police de la Cité Ennour, El Ouardia IV, Tunis.
Selon cette source, dans le cadre dune rafle opérée par les services de police du commissariat de la Cité Ennour, M. Tarek Ayari a été pris en chasse, en voiture, par le chef de poste M. Bechir Rahali (dit Fella). Une fois à sa hauteur, M. Bechir Rahali (dit Fella) sest arrêté, est descendu de son véhicule, et a porté un coup de manche de pioche à la tête de M. Tarek Ayari. Celui-ci sest effondré sur le sol. Selon cette même source, le chef du poste de police lui aurait dérobé ses chaussures et son téléphone portable, puis laurait abandonné sans secours.

Selon les informations en notre possession, M. Tarek Ayari a été conduit à lhôpital Habib Thameur par son frère, qui avait été alerté. Inconscient, il a été placé sous assistance respiratoire. Selon les proches qui ont pu le voir, il avait un hématome à lépaule, une blessure au genou ainsi quau niveau de la main droite, et un ongle arraché au gros orteil. M. Tarek Ayari est décédé le 11 mars 2006 vers 19h45. Vers 2h30-3h00 du matin, la police sest rendue au domicile de ses parents pour leur annoncer son décès.

Son corps a été transféré par la police de lhôpital Habib Thameur à lhôpital Charles Nicole pour y être autopsié. Ses parents ont pu récupérer sa dépouille le 13 mars 2006. Lenterrement de M. Tarek Ayari a eu lieu le jour même sous forte surveillance policière.

LOMCT demande aux autorités tunisiennes de garantir une enquête indépendante, exhaustive et impartiale sur les circonstances de la mort de M. Tarek Ayari, didentifier les responsables, et le cas échéant de les traduire en justice, et de garantir une réparation adéquate à la famille du défunt.


Actions requises :


Nous vous prions de bien vouloir écrire aux autorités de la Tunisie, leur demandant :

i. de garantir une enquête indépendante, exhaustive et impartiale sur les circonstances de la mort de M. Tarek Ayari, didentifier les responsables, et le cas échéant de les traduire devant un tribunal civil indépendant, compétent et impartial et de leur appliquer les sanctions pénales, civiles et/ou administratives prévues par la loi;

ii. de garantir une réparation adéquate à la famille de M. Tarek Ayari;

iii. de garantir le respect des droits de lhomme et des libertés fondamentales dans tout le pays selon les lois nationales et les normes internationales, et notamment la Convention internationale contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, ratifiée par la Tunisie le 23 septembre 1988.

Adresses :

M. Zine el-Abidine Ben Ali, Président de la République, Palais de Carthage, 2016 Carthage, Tunisie, Fax: +216 71 744 721 ou +216 71 731 009

M. Mohamed Ghannouchi, Premier Ministre, La Kasbah, 1008 Tunis, Tunisie, Fax: +216 71 562 378

M. Rafik Haj Kacem, Ministère de lIntérieur et du Développement local, Avenue Habib Bourguiba, 1001 Tunis, Tunisie, Fax: ++ 216 71 340 888; Email : mint@ministeres.tn

M. Kamel Morjane, Ministère de la Défense Nationale, Avenue Bab Mnara, La Kasbah, 1008 Tunis, Tunisie, Fax: +216 71 561 804

M. Bechir Tekkari, Ministère de la Justice et des Droits de lhomme, 57, Boulevard Bab Benat, 1006 Tunis, Tunisie, Fax : +216 71 568 106 ; Email : mju@ministeres.tn

M. Bechir Rahali (dit Fella), chef du poste de police de la Cité Ennour, El Ouardia IV, Tunis

Ambassadeur, S.E M. Samir Labidi, Mission permanente de la Tunisie auprès de lOffice des Nations Unies à Genève, 58 Rue Moillebeau, Case postale 272, 1211 Genève 19, Suisse, Fax : +41 22 734 06 63 ; Email : mission.tunisia@ties.itu.int

Ambassadeur de la Tunisie à Bruxelles, avenue de Tervueren, 278, 1150 Woluwe-Saint-Pierre, Belgique, Tel : + 32 2 771 73 95 ; Fax : + 32 2 771 94 33 ; Email : amb.detunisie@brutele.be

 

***

Genève, le 14 juin 2006

Veuillez nous informer de toute action entreprise en citant le code de cet appel dans votre réponse.

 

 

02/06/06 - Paris "regrette les incidents" de ce week-end à Tunis


La France a lundi "regretté les incidents" survenus à Tunis où la Ligue tunisienne des droits de lhomme a été empêchée samedi de tenir son congrès, soulignant que cette association avait "un rôle important à jouer" en Tunisie. "Nous suivons avec attention, en liaison avec nos partenaires de lUnion européenne, lévolution de la situation de la Ligue tunisienne des droits de lhomme dont nous estimons quelle a, comme les autres associations tunisiennes légalement reconnues, un rôle important à jouer pour la promotion et la défense des droits de lhomme", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Mattéi. "Sans nous prononcer sur le contexte juridique de la tenue du congrès de la LTDH, nous regrettons les incidents qui se sont produits à cette occasion", a ajouté le porte-parole du Quai dOrsay, en rappelant que "la France considère que les droits de lhomme sont un élément de son dialogue bilatéral avec la Tunisie". Plongée dans une crise politico-judiciaire, la LTDH a affirmé dimanche sa "détermination" à tenir un congrès interdit par la justice à la demande dune partie de ses membres. Paris "appuie la politique de réformes économiques que conduit la Tunisie et ses nécessaires prolongements dans les domaines des droits de lhomme et de lEtat de droit", a dit M. Mattéi. Linterdiction du congrès, dont la presse tunisienne na pas fait état, est intervenue alors que douze avocats du Conseil national de lordre déclenchaient une grève de la faim pour dénoncer des "atteintes à lindépendance" de leur profession.
Source : AFP, 29 mai 2006

 

 

01/01/06 - La société civile tunisienne sous état de siège : Interdiction du congrès de la LTDH par la violence


par le CNLT, Tunis, 27 mai 2006
Le régime de Ben Ali s’illustre par une nouvelle vague de répression à l’encontre des défenseurs des droits de l’Homme, en molestant militants et observateurs internationaux venus participer au Congrès de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme. La FIDH, la Ligue des droits de l’Homme (France), la Plateforme civile euro-méditerranéenne et le Réseau euro-méditerranéen pour les droits de l’Homme (REMDH) et le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT) appellent à la suspension de l’Accord d’association qui lie l’Union européenne et la Tunisie. (FIDH) « C’est une journée noire pour la Tunisie, marquée par un niveau de répression sans précédent a l’occasion du congrès de la ligue, visant, dans un climat d’hystérie, tant les militantes et les militants, que les observateurs internationaux invités par la ligue » a déclaré Mokhtar Trifi, Président de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme.

La Ligue tunisienne des droits de l’Homme, dont le congrès devait se tenir aujourd’hui à Tunis a été assiégée par les forces de police en civil. Des barrières ont clôt l’accès au siège de la ligue. Les délégués au congrès, en provenance de toutes les régions de Tunisie ont été empêchés de prendre le train ou renvoyés voire raccompagnés chez eux, manu militari.

Des membres du Comité directeur de la LTDH ont été sauvagement agressés par des policiers en civil en nombre, accompagnés manifestement d’hommes de main. Crachats, coups de poings, gifles, insultes, empoignades, font partie du lot qui leur a été réservé. Mme Souhayr Belhassen, Vice présidente de la LTDH et également vice présidente de la FIDH a été arrêtée alors qu’elle raccompagnait des observateurs en voiture à leur hôtel, des policiers en civil ont ouvert la porte de sa voiture, l’ont giflée et insultée.

Plusieurs observateurs internationaux, présents sur les lieux pour observer le déroulement du congrès et assurer une protection internationale ont également été molestés. Ainsi du Président de l’Organisation marocaine des droits de l’Homme et d’un représentant de l’Association marocaine pour les droits humains. La Présidente de la Sous-commission des droits de l’Homme du Parlement européen, la députée Hélène Flautre a été insultée, son téléphone portable lui a été confisqué puis restitué. Le Sénateur français Robert Brett a eu ses lunettes volées. A l’instar des observateurs internationaux présents (FIDH, LDH, Plateforme civile euro-méditerranéenne, REMDH, CRLDHT, syndicat des avocats de France (SAF), Syndicat de la Magistrature (SM), des parlementaires européens et français, notamment), les représentants des ambassades de Belgique, du Royaume Uni et des Etats-Unis, de la délégation de la Commission européenne à Tunis, ont été interdits d’accéder au siège de la LTDH.

Pour Michel Tubiana, observateur mandaté par la FIDH et la LDH, « Ce climat particulièrement tendu est symptomatique d’un État qui perd la raison, marqué par une violence aussi grotesque qu’impuissante. Il traduit une perte de sang froid évidente des autorités ». Il a également relevé « le silence atterrant de la France, non représentée par des observateurs, ce qui confirme pour le moins une duplicité coupable entre les gouvernements des deux pays, et ce au plus haut niveau ». Il a également relevé l’absence marquante de la Présidence de l’Union européenne.

Dans ses conditions, la FIDH, la LDH, la Plateforme civile euro-méditerranéenne, le REMDH et le CRLDHT s’interrogent sur le contenu d’un partenariat euro-méditerranéen qui tolère de tels agissements de la part d’un régime ayant signé un Accord d’association avec l’Union européenne. Les organisations appellent en conséquence à la suspension de l’Accord d’association entre l’Union européenne et la Tunisie, en vertu de l’article 2 de cet accord. Elles tiendront une conférence de presse réunissant l’ensemble des organisations et parlementaires présents mardi 30 mai à 14 heures, au siège de la FIDH à Paris.
Source : http://www.fidh.org/article.php3?id_article=3357

 

 

30/05/06 - Libérez Hichem Manaï ! Procès le samedi 3 juin 2006 à Tunis


par le Collectif de la Communauté Tunisienne en Europe, Pazris, 29 mai 2006
Hichem Manaï est le symbole de la Tunisie martyre, de la jeunesse martyre,
des parents martyrs.
« Il a été arrêté alors quil jouait au football avec ses camarades au stade du quartier », disait sa famille dans un courageux communiqué le 25 mai 2005 quelques jours après lacte barbare. Jeunes et vieux, hommes et femmes, sportifs ou menfoutistes, personne ne peut échapper au terrorisme dEtat érigé en méthode de gouvernement. On vous cueille partout, pour tout et pour rien. A partir de là la machine se met en branle : torture, aveux, inculpation, procès, condamnation, le tour des prisons tunisiennes, question de punir les familles, puis, à la sortie : la grande prison, avec le contrôle administratif pendant quelques années, suivi du contrôle policier pour la vie.
Tout le monde croit que cela narrive quaux autres, jusquau jour où lon est frappé à son tour de la malédiction benalienne.
Et si lon se solidarise avec Hichem, on pourra alors sans doute mettre en échec la malédiction la plus cruelle qui soit.
Téléphone de Béchir Manaï, père de Hichem : 216 22 471 727
Téléphone de Me Anouar Kousri, son avocat : 216 72 436 534 ; et le 216 98 441 165
Source : mondher.sfar@club-internet.fr

 

Alerte générale... MP3 au Kef ! 4 mois de prison ferme pour avoir écouté une chanson


par Me Néjib Hosni, 25 & 26 avril 2006
25 avril 2006 - Un groupe de jeunes élèves de la ville du Kef (nord-ouest de la Tunisie), en majorité écrasante des mineurs de moins de dix-huit ans, séchangeraient paraît-il, sur internet, CD, MP3, une chanson rap pleine de critiques, dironie, insultes de la police, pour son omniprésence, ses atteintes aux droits et libertés, ses agressions... aucune critique du pouvoir ou de ses détenteurs, aucune critique de Ben Ali ou de sa famille, Tous ces jeunes ont été arrêtés... menottes à la main pour des mineurs !! Les familles qui sont venues très nombreuses à la cour du Kef, ont été mises à la porte du tribunal de première instance, non par la police mais par Faouzi Ben Amara, le procureur de la "République de la police" lui-même : "je nai pas un café ici, allez-vous en" et dire quelle venaient prendre un café à la santé de leurs enfants. Il paraît que ces jeunes ont été traduits devant le juge dinstruction. Ceux de moins de dix-huit ans qui constituaient, paraît-il, la majorité du groupe, ont été déférés devant le juge des enfants. On ne sait pas leur sort, ils parait quils ont été remis à leurs parents. Les majeurs ont été déférés devant la chambre correctionnelle du Tribunal de Première Instance. Ils sont au nombre de quatre, lun a écopé de quatre mois, les trois autres trois mois de prison ferme. Ils ont interjeté appel. Ils sont à la prison du Kef. Aucun avocat na eu connaissance du dossier. La cour a siégé le vendredi, avant-dernier, alors que les journées daudience sont le mardi et le jeudi. Jen appelle à tous pour soutenir ces jeunes. Ils comparaîtront en appel en principe le mardi (prochain ou daprès). Si vous les soutenez... Le Kef serait très reconnaissant.
26 avril - Précisions et rectification en ce qui concerne les jeunes majeurs du Kef :
En première instance, Abdelhamid Labidi a été condamné à quatre mois demprisonnement ferme avec exécution immédiate. Il est à la prison du Kef. Mohammed Aïdi a été condamné à trois mois demprisonnement ferme avec exécution immédiate. Il est à la prison du Kef. Zyad Hannachi a été condamné à trois mois demprisonnement ferme avec exécution immédiate. il est à la prison du Kef. Mohammed Ouannafi a été condamné à trois mois demprisonnement avec sursis.
Source http://www.reveiltunisien.org

 

 

L'axe Tunis-Damas se renforce


La Tunisie et la Syrie ont signé vendredi deux conventions, la première relative à "lextradition des criminels" et la deuxième portant sur la coopération judiciaire en matière pénale, a rapporté lagence de presse tunisienne TAP sans fournir de précision sur le teneur de ces conventions.

Celles-ci font partie de quelque 13 accords de coopération ayant sanctionné la visite officielle que vient deffectuer en Tunisie le président du conseil des ministres syrien, Mohamed Naji Al-Otri. Ces accords portent notamment sur la coopération dans le domaine de la recherche scientifique, linformation, lenseignement supérieur, la promotion de la femme, les textiles et la propriété industrielle.

Damas avait déjà livré lan dernier à Tunis une vingtaine dextrémistes tunisiens arrêtés en Syrie.

Au cours de son séjour, le responsable syrien a co-présidé avec son homologue tunisien Mohamed Ghannouchi les travaux de 7ème session de la haute commission mixte tuniso-syrienne.
Source : AP, 21 avril 2006

 

Jeunes du Kef : peines confirmées en appel

 

Les jeunes majeurs originaires du Kef qui avaient été arrêtés dans le cadre d’une rafle incluant de nombreux mineurs et avaient été condamnés en première instance pour avoir échangé par CD et MP3 des morceaux de rap insultant la police avaient interjeté appel de leurs condamnations (se reporter à l’article de Néjib Hosni : le mp3 des jeunes du Kef). Hier, mardi 2 mai, la chambre correctionnelle de la Cour d’Appel du Kef a rendu son verdict dans cette affaire en confirmant les peines prononcées en première instance. C’est ainsi qu’Abdelhamid Labidi a été condamné à quatre mois d’emprisonnement ferme. Il est à la prison du Kef. Quant à Mohammed Aïdi et Zyad Hannachi, ils ont été condamnés à trois mois d’emprisonnement ferme. Ils sont à la prison du Kef.

Source : http://www.reveiltunisien.org, 3 mai 2006

 

Zeineb et les flics


par Dr Moncef Marzouki, www.cprtunisie.net. Traduit de l'arabe par Taïeb Moalla, tmoalla@yahoo.com

Il y a quelques années, la télévision égyptienne a diffusé un feuilleton intitulé « Zeineb et le trône », qui a tranché avec ce style de productions. Les téléspectateurs du monde arabe se sont passionnés pour cette ¦uvre qui évoquait - pour une fois ­ la persécution et les souffrances découlant d'un régime politique censé apporter les solutions et qui s'est révélé, en fin de compte, porteur de problèmes.

Me voilà rêvant d'un film tunisien (le jour où la liberté triomphera) qui aurait pour titre : « Zeineb et les flics ». Zeineb serait l'héroïne et le film raconterait une partie des souffrances de notre peuple affligé, depuis vingt ans, par un régime perfide.

Zeineb est une femme du peuple. Les lumières ne se sont pas attardées sur elle. Aucun comité de soutien national ou international n'a été créé pour la soutenir. Elle n'a remporté aucun prix de droits de l'Homme et n'a observé aucune grève de la faim pour que l'on s'intéresse à son cas. Pourtant, cette modeste, généreuse, accueillante et bonne femme résume , à elle seule, toute la tragédie tunisienne.

Hier, je lui ai téléphoné pour avoir des nouvelles de son mari - notre professeur à tous et grand militant ­ Ali Ben Salem. Il venait d'être admis d'urgence à l'hôpital. Au téléphone, Lella Zeinab a pleuré. Elle m'a raconté la façon avec laquelle la police politique a serré l'étau autour du Cheikh malade. Elle m'a décrit les hordes de policiers qui le suivaient, tel son ombre, dans ses moindres déplacements (il s'agit d'une méthode ingénieuse du technicien en chef Mohamed Ali Ganzoui, apprise directement chez le dictateur). Elle m'a décrit son état physique et psychologique, lui qui était traqué par des gens qui se rapprochent plus des bandits de grand chemins qu'à de fonctionnaires de l'État. Malgré les larmes qui coulaient silencieusement sur mes joues, j'ai explosé de rire. Tandis que Lella Zeineb racontaient ceci à travers ses plaintes :

« Peux-tu croire ce que m'a dit un des policiers alors que l'homme est toujours sur son lit d'hôpital ? Il m'a fait remarquer qu'il avait juste à faire repentance ».

Ali ben Salem, toi qui es peut-être au dernier virage de ta vie, devrait te repentir de tous tes pêchés ! Repentance pour avoir adhéré, à 16 ans, à la résistance militaire pour libérer la Tunisie de l'occupation. Repentance de t'être levé devant la tyrannie de Bourguiba et d'avoir passé 11 ans de ta vie derrière ses barreaux. Repentance de t'être inscrit dans la mouvance démocratique et celle des droits de l'Homme, dans les années 1980. Repentance d'avoir co-fondé le Conseil national pour les libertés. Repentance d'avoir transformé ta demeure de Bizerte en une maison des droits de l'Homme. Il ne te reste plus qu'à rattraper le temps perdu, qu'à prendre ta carte au sein du Parti des « affaires », qu'à payer ­ le sourire aux lèvres - la taxe du « 26-26 » pour éviter de verser les impôts à l'État officiel, ou ce qu'il en reste. Tu devrais faire partie d'une des bandes criminelles et ainsi obtenir un juteux permis d'import-export. Tu serais bien inspiré de chanter les louanges de la nouvelle ère. Tu dois devenir un salaud, un menteur, un trafiquant, un faussaire ou un voleur. Tu dois faire partie des Tunisiens dont les valeurs sont les suivantes : Évite de toucher à ma tête et frappe qui tu veux, le peureux arrive toujours à se sauver, embrasse le chien sur la bouche jusqu'à ce que tu finisses de faire affaire avec lui, le mari de maman est mon papa. Arrête ton extrémisme, « Amm » Ali!

Lella Zeineb a poursuivi : « Ils nous ont affamé. Nous en sommes pratiquement à vivre d'eau et de pain. Ils ne nous ont même pas permis de louer une partie de notre logement. Les éventuels locataires sont convoqués par la police ».

La technique d'affamer est celle utilisée par le ministère de la torture contre tous les opposants. Pour résumer, Lella Zeineb est encerclée par Ganzoui, Ben Ali et le chef de la police secrète de Bizerte. Ils veulent l'affamer, l'humilier et lui faire peur. Elle est surtout encerclée par les Tunisiens adeptes du : Évite de toucher à ma tête et frappe qui tu veux, le peureux arrive toujours à se sauver, embrasse le chien sur la bouche jusqu'à ce que tu finisses de faire affaire avec lui, le mari de maman est mon papa. Arrête ton extrémisme, « Amm » Ali!

Le seul espoir pour Zeineb et pour la Tunisie, ce sont les Tunisiens remplis des valeurs de l'arabité et de l'Islam. Soutenez-là, vous qui êtes épris des principes [de justice] d'Omar Al Farouk, [du poète] d'Al Moutanabbi et d'Abul Kacem El Chebbi.

En attendant que les vents de la révolution démocratique et pacifique ne soufflent ­ seul rempart pour arrêter ce cauchemar et éviter sa répétition sous la forme d'un 7 novembre bis -, ne laissez pas Lella Zeineb aux loups. Elle a besoin de votre soutien. Ainsi, le message se rendra à « Amm » Ali qui lutte contre la mort. Il saura que, tout comme lui, nous ne laisserons jamais tomber Zeineb.

À propos de « Amm » Ali, il doit savoir que je le boycotterai à vie, s'il avait dans l'idée de nous quitter maintenant. Nous avons tellement besoin de la présence de celui qui est le trait d'union entre trois générations éprises du pays. Puisse Dieu guérir cet homme exceptionnel. Qu'il nous revienne en santé pour voir cette aube dont il a tant rêvé quand il était dans la maison des fantômes.

Le numéro de téléphone est le : 72 435.440. S'il est coupé, l'adresse est le : 75, rue Farhat Hached, Bizerte.

S'ils censurent vos lettres ­ ce qui est pratiquement certain ­ qu'ils lisent ce que vous allez écrire. S'il vous est impossible d'apporter un quelconque soutien moral ou financier, souvenez-vous au moins que Zeineb est encerclée, insultée affamée et terrorisée. Elle attend ses libérateurs. Il ne reste plus de place qu'à la détermination et à l'endurance.

 

 

 

Le journaliste Mohammed Abbou met fin à sa grève de faim; les membres de l'IFEX-TMG constatent que le gouvernement ne respecte pas ses engagements suite à la deuxième phase du SMSI


par Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires (AMARC), Arabic Network for Human Rights Information (HRinfo), World Press Freedom Committee (WPFC), 24 avril 2006
Le gouvernement tunisien ne respecte pas ses engagements suite à la deuxième phase du SMSI
Près de cinq mois se sont écoulés depuis la tenue du Sommet mondial sur la société de l'information à Tunis en novembre 2005. Les atteintes aux libertés individuelles persistent en Tunisie, et ce malgré l'engagement des autorités de ce pays à garantir la liberté d'_expression à ses citoyens, comme le prévoient les conventions et traités internationaux dont la Tunisie est signataire.
Une mission du Groupe d'observation de la Tunisie (TMG, Tunisia Monitoring Group), formé au sein de l'Échange international de la liberté d'_expression (IFEX) et réunissant trois organisations non gouvernementales, a rencontré du 18 au 22 avril 2006 plusieurs représentants du gouvernement et membres de la société civile tunisienne dans le but de leur exprimer certaines inquiétudes. La mission visait à vérifier l'état des libertés de la presse, d'_expression et d'association, et à aborder plusieurs enjeux liés aux droits de la personne. D'ailleurs, les membres de la mission publieront sous peu un rapport de suivi à ce sujet.
"Depuis le SMSI, la liberté d'_expression reste fortement réprimée en Tunisie. Le gouvernement tunisien a non seulement été incapable d'améliorer la situation de manière significative, mais il applique de nouvelles restrictions aux défenseurs des droits de la personne, aux juges et à certains journalistes indépendants" indique Francesco Diasio, de l'Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires (AMARC). Même si le journaliste Hamdi Jebali a été libéré, comme l'ont aussi été les jeunes internautes de Zarzis, ces personnes sont encore soumises à un harcèlement constant et se voient refuser le droit de travailler.
Alors que l'on note désormais une couverture équilibrée des enjeux locaux dans certains journaux à faible tirage - ce qui en soi constitue un fait sans précédent - on a constaté en revanche que la couverture des événements proposée par la presse officielle à grand tirage demeure biaisée. Les journalistes que nous avons interviewés affirmaient ainsi que l'autocensure, résultat de l'intimidation et des pressions exercées par les autorités, est encore très répandue.
Les organisations - même celles qui jouissent d'une reconnaissance officielle - subissent le harcèlement de policiers en civil, un fait dont les membres de la mission ont été directement témoins à plusieurs reprises. On empêche souvent les activistes de l'opposition de se rendre à des réunions et rencontres. Par ailleurs, ces activistes ont dit faire l'objet d'une surveillance constante, leurs modes de communication et leurs sites Web étant invariablement contrôlés et/ou bloqués.
La mission s'est fait refuser une rencontre avec le prisonnier d'opinion Mohammed Abbou - incarcéré pour avoir publié ses opinions dans l'Internet. Des officiels du gouvernement ont indiqué à la mission que la visite prévue à Abbou était illégale. Cependant, des membres de la mission du TMG ont accompagné l'épouse d'Abbou, Samia Abbou, lors de son voyage hebdomadaire à El-Kef, à 170 km au sud-ouest de la capitale, Tunis. Après trois heures de route, Madame Abbou a pu passer quinze minutes en compagnie de son mari, alors que ses visites précédentes étaient limitées à deux minutes. Elle a également été harcelée à répétition pour avoir dénoncé l'emprisonnement de son époux. Mohammed Abbou, quant à lui, a mis un terme à la grève de la faim qu'il avait entamée le 11 mars pour protester contre ses conditions de détention, malgré le harcèlement dont il fait l'objet du fond de sa cellule, et malgré l'absence du moindre matelas sur lequel dormir.
Les représentants du gouvernement tunisien ont déclaré à maintes reprises que M. Abbou et plusieurs autres représentent une "menace à l'ordre public", mais la mission s'inquiète du caractère arbitraire de l'emprisonnement d'activistes de l'opposition que les autorités jugent menaçants.
"Les circonstances de ces arrestations soulèvent de sérieuses questions quant à l'intégrité du gouvernement tunisien", selon Sally Sami, coordinatrice de programme de l'organisation Arabic Network for Human Rights Information (HRinfo), basée au Caire.
Au cours d'une rencontre avec un officiel du gouvernement tunisien, Mark Bench, directeur exécutif du World Press Freedom Committee (WPFC), basé à Washington, a demandé au nom de la mission la libération immédiate d'Abbou, ainsi que des excuses officielles pour les mauvais traitements qu'il a subis.
La mission a également pris note du harcèlement croissant d'avocats et de juges faisant preuve d'indépendance vis-à-vis du pouvoir exécutif. "Un tel harcèlement est inacceptable, compte tenu du fait que la démocratie repose avant tout sur un pouvoir judiciaire indépendant" ajoute Diasio.
Les résultats de la cinquième mission de l'IFEX TMG depuis janvier 2005 seront bientôt publiés dans un rapport complet, disponible en ligne dans le site Web de l'IFEX. Deux rapports antérieurs du TMG peuvent être consultés à http://campaigns.ifex.org/tmg (anglais), http://campaigns.ifex.org/fr_index.html (français) et http://hrinfo.net/ifex/wsis (arabe).

Les membres du TMG sont:
Arabic Human Rights Information Network (HRinfo), Égypte
ARTICLE 19, Royaume-Uni
Journalistes canadiens pour la liberté d'_expression (CJFE), Canada
Egyptian Organization for Human Rights (EOHR), Égypte
Index on Censorship, Royaume-Uni
Fédération internationale des journalistes (FIJ), Belgique
Fédération internationale des associations de bibliothécaires et d'institutions (IFLA),
Pays-Bas
International Publishers' Association (IPA), Suisse
Journaliste en danger (JED), République démocratique du Congo
Media Institute of Southern Africa (MISA), Namibie
PEN - Norvège, Norvège
Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires (AMARC), Canada
Association mondiale des journaux (AMJ), France
World Press Freedom Committee (WPFC), États-Unis
Comité des écrivains emprisonnés de PEN International (WiPC) , Royaume-Uni

Actions recommandées:
- Écrire à Bechir Tekari, ministre de la Justice et des Droits de l'Homme, pour réclamer la libération de Mohammed Abbou et des autres Tunisiens emprisonnés pour avoir exprimé pacifiquement leurs opinions, à l'adresse mju@ministeres.tn , en transmettant une copie des lettres à l'adresse netwo@intercom.tn
Pour tout renseignement complémentaire, veuillez contacter Francesco Diasio, AMARC, en Italie, tél : +39 06 8632 8312, courrier électronique: fdiasio@amisnet.org, Internet: http://campaigns.ifex.org/fr_index.html.
L'AMARC est responsable de toute information contenue dans cette mise à jour. En citant cette information, prière de bien vouloir l'attribuer à l'AMARC.
DIFFUSÉ(E) PAR LE SECRÉTARIAT DU RÉSEAU IFEX, L'ÉCHANGE INTERNATIONAL DE LA LIBERTÉ D'_EXPRESSION, 555, rue Richmond Ouest, Bureau 1101, B.P. 407, Toronto (Ontario) M5V 3B1 Canada, tél: +1 416 515 9622 téléc: +1 416 515 7879, courrier électronique: alerts@ifex.org , boîte générale: ifex@ifex.org, site Internet: http://www.ifex.org/

 

 

Report au 17 mai du procès du complice présumé dans l'attentat de Djerba


Le procès de Belgacem Nawar, l'unique inculpé dans l'attentat du 11 avril 2002 contre la synagogue de Djerba, île du sud tunisien, a été renvoyé au 17 mai prochain, a-t-on appris mercredi soir auprès de son avocat Me Samir Ben Amor.

Complice présumé dans cet attentat, l'accusé a comparu en état d'arrestation dans la journée devant la quatrième chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis.

Peu après l'ouverture de l'audience, le tribunal a décidé le renvoi du procès à la demande de la défense.

Revendiquée par un dirigeant de l'organisation terroriste Al Qaïda d'Oussama Ben Laden, l'opération avait causé la mort de 21 personnes dont 14 Allemands, cinq Tunisiens et deux Français.

Arrêté dans les jours qui ont suivi l'attentat, Belgacem Nawar, 45 ans, est accusé d'avoir prêté assistance à son neveu, Nizar Nawar, le kamikaze mort carbonisé dans l'explosion du camion-citerne qui avait explosé devant la synagogue de la Ghriba, à Djerba. Soudeur de son état, il l'aurait aidé à installer la citerne sur le véhicule utilisé dans l'opération.

Les chefs d'inculpation retenus contre lui, notamment pour "participation à une organisation de malfaiteurs en vue de préparer et de commettre une agression et à la détention et à la fabrication de matières explosives" lui font encourir la peine capitale. AP
Source : AP, 27 avril 2006