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Monde arabe - Syrie
 
 

05/06/06 - Une "opération terroriste déjouée" en plein centre de Damas


L'opération "terroriste" déjouée vendredi 2 juin par les autorités syriennes en plein centre de Damas, dernière d'une série d'attaques, fait resurgir le spectre des combats entre le pouvoir et les Frères musulmans qui ont ensanglanté le pays au début des années 1980 [euphémisme pour parler du massacre de 20 000 musulmans dans la ville de Hamma en 1980, NDLR Quibla]. La Confrérie des Fréres musulmans est interdite en Syrie depuis cette époque.

Selon le ministére syrien de l'Intérieur, "quatre membres d'un groupe terroriste ont été tués, et quatre autres capturés" lors d'accrochages vendredi avec les forces de l'ordre.

Les assaillants ont mené, selon les autorités, une "opération terroriste" prés du siége de la radio-télévision d'Etat, trés protégé et situé sur la Place des Omeyyades où se trouvent plusieurs édifices publics.

Selon la télévision, "les armes proviennent d'un pays voisin".

Toujours selon la télévision, "les premiers interrogatoires ont révélé que les terroristes font partie de la mouvance takfiriste", un courant salafiste qui prône la violence contre les "croisés" occidentaux et les régimes arabes laïcs "hérétiques".

Pour l'écrivain et politologue syrien, Akram al-Bounni, "la mouvance religieuse est alimentée par l'autoritarisme (..) Le régime bloque l'ouverture politique. L'interdiction des activités des militants démocrates et laïcs, comme en témoignent les récentes arrestations et la tolérance envers les activités religieuses encourageront le développement des courants extrémistes", explique-t-il.

Le régime se veut de plus en plus en phase avec l'islam modéré. Dans les vieux souks de Damas, des versets du Coran ornent désormais les ruelles, même en dehors des périodes des fêtes religieuses.

Bien que marginale, la mouvance salafiste syrienne semble être apparue au lendemain de l'invasion américaine en Irak en avril 2003.

En mai 2003, un Syrien présenté comme un "islamiste" avait tué un membre des services de renseignement dans la ville de Homs.

Quelques jours plus tard, une quarantaine d'étudiants étaient arrêtés dans la ville côtiére de Lattaquié. Libérés aprés trois semaines d'incarcération, ils seront identifiés comme des membres de la mouvance islamiste "les Créateurs de la vie", courant apparu en Egypte en 2003.

Dirigé par le prédicateur égyptien Amr Khaled, un véritable "télévangéliste islamiste", le courant a acquis une audience considérable dans les milieux universitaires syriens et arabes, et au sein de la bourgeoisie urbaine.

Le groupe le plus redouté par les autorités, le Jound el-Cham (Les soldats du Levant) préconise la "guerre sainte contre les croisés et leurs mercenaires arabes".

En avril 2004, un commando avait tiré contre un ancien bâtiment vide de l'ONU en plein Damas, semant une véritable panique.

Plus récemment, des accrochages se sont soldés par la mort et l'arrestation de dizaines d'intégristes syriens et arabes dans le nord du pays.

Des analystes mettent en garde contre l'émergence d'un véritable mouvement intégriste en Syrie. Ainsi, le politologue Mohammad Chahrour estimait, dans le journal libanais As-Safir, que "le plus grand danger qui menace la Syrie aujourd'hui est la répression des libertés" et que l'islamisation de la société pourrait dans l'avenir, en l'absence de démocratie, amener les islamistes comme dans les années 1970 et 1980, à recourir aux armes.
Source : AFP, 3 juin 2006

 

 

"Ici, tu es en Syrie, tu n'as aucun droit, oublie ton passeport !" - Les déboires dun Franco-Libanais, tombé entre les pattes des Moukhabarat syriens

 


Charles Farhat ne dort plus. Ou si peu. Il avale de puissants médicaments, se fait soigner le dos et les genoux dans un service de traumatologie et attend que les ecchymoses sur ses phalanges disparaissent. Il essaie aussi de lutter contre d'embarrassantes pertes de mémoire. Ce Franco-Libanais de 42 ans a cru sa fin proche, en septembre 2005. Il a été détenu pendant dix jours dans une geôle syrienne, après un contrôle à la frontière.
Les conditions de son arrestation, les violences répétées et les conditions de détention épouvantables l'ont conduit à porter plainte à son retour en France. Après une première tentative, en décembre, restée sans réponse de la part de la justice, il a déposé une plainte avec constitution de partie civile, le 10 avril, auprès du doyen des juges d'instruction du tribunal de Nanterre. Le parquet dit, pour l'heure, ne pas en avoir été informé.
Chaque année, Charles Farhat quitte la France - où il vit depuis dix-sept ans et a eu quatre enfants - pour retourner dans son pays d'origine. Il rend visite à sa mère à Jarjouh, à quelques dizaines de kilomètres de Beyrouth. Le 5 septembre 2005, convaincu par ses deux neveux, il décide d'organiser une expédition touristique en Syrie pour découvrir Damas.
A la frontière, les deux jeunes passent sans difficulté. En revanche, le passeport français de M. Farhat suscite l'intérêt des douaniers. L'un d'eux revient vers lui avec une fiche rouge : elle comporte son nom, mais une tout autre date de naissance. "Un général est ensuite arrivé vers moi, raconte-t-il. Il m'a dit : "Viens Farhat, on va discuter.""
Interrogé pendant plusieurs heures, il parvient à prévenir par une fenêtre ses neveux, qui alertent aussitôt la famille et l'ambassade de France à Beyrouth. Il passe aussi quelques appels depuis son portable, avant qu'un policier n'entre dans la pièce et confisque le téléphone, en l'insultant et en le giflant. "Ici, tu es en Syrie, tu n'as aucun droit, oublie ton passeport !", lui aurait crié le fonctionnaire. En fin de journée, M. Farhat est emmené au centre 235, à Damas, une prison connue pour sa dureté.
A l'arrivée, les coups pleuvent. M. Farhat marche en claudiquant, en raison d'un pied cassé trois mois plus tôt. Un des gardes s'en aperçoit : il concentre ses impacts sur l'endroit douloureux, puis le frappe avec un câble électrique.
L'interrogatoire qui suit porte, une nouvelle fois, sur ses visites en Syrie - où il n'était pourtant jamais venu auparavant - et sur l'obtention de la nationalité française. Puis M. Farhat est laissé dans un couloir. Là, on lui dit qu'il sera vite relâché. Il y côtoie d'autres prisonniers. "Il y avait plein de gens qui pleuraient et criaient, souligne-t-il. Ils étaient menottés, tête baissée. J'entendais aussi le crachotement de l'électricité, en provenance d'une pièce." Un homme brûlé, le visage ensanglanté, tombe sur lui.
M. Farhat est à nouveau frappé, puis conduit au sous-sol. Il se retrouve dans un cachot de quelques mètres carrés, avec autres 46 personnes. "Certains étaient là depuis quatre-cinq ans, sans savoir pourquoi, précise-t-il. Ils me demandaient des nouvelles de l'extérieur. Ma tête tournait."
Pour dormir, il faut se relayer. Certains doivent rester debout. Chaque jour, des prisonniers sont extraits pour des interrogatoires. M. Farhat se souvient, en particulier, d'un chauffeur de taxi, enfermé depuis plusieurs mois. Il était torturé avec des pinces électriques accrochées dans le dos, au sexe ou aux pieds. "Il sentait le barbecue..." Un jour, un enfant de 4 ans est incarcéré avec son père. Il lui redonne un peu d'espoir : "Il est venu vers moi, on a un peu joué."
Le 15 septembre, on rend à M. Farhat son passeport, on lui confirme qu'aucune charge ne pèse sur ses épaules. Il peut rentrer au Liban, mais ne devrait pas trop s'épancher sur son expérience syrienne, lui conseille-t-on.
Il fait pourtant le contraire, dès son retour en France, en sollicitant le conseil de Me Patrick Baudouin, de la Fédération internationale pour les droits de l'homme (FIDH) et de la Ligue des droits de l'homme (LDH). Ensemble, ils demandent l'ouverture d'une information judiciaire et la fin du silence observé par le Quai d'Orsay dans cette affaire. L'ambassade de France à Damas a seulement indiqué avoir tenté, en vain, d'obtenir des éclaircissements.
Le 2 novembre, Roland Muzeau, sénateur communiste des Hauts-de-Seine, a interpellé par courrier le ministre des affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, en soulignant le préjudice moral, physique et professionnel subi par M. Farhat. Le sénateur s'étonnait aussi de la "façon de procéder" du ministère, qui n'a ni répondu aux courriers de la victime ni accusé réception de ceux-ci. "Les ambassades à Beyrouth et Damas ont été immédiatement prévenues du sort de M. Farhat, rappelle Me Baudouin. Ce cas emblématique des traitements subis dans les geôles syriennes mériterait un peu plus d'attention."
Source : Piotr Smolar, Le Monde du 23 avril 2006

Mort du poète Mohammed Al Maghout

 

L'écrivain et poète syrien Mohammed Al Maghout, 72 ans, considéré comme le pionnier de la poésie arabe contemporaine et décédé lundi à Damas, a été inhumé mercredi dans son village natal de Salamya, à 210 km au nord de la capitale syrienne.

Son corps a été transporté dans une ambulance depuis un hôpital de Damas où il reposait vers son village. Le drapeau syrien enveloppait le cercueil.

De nombreuses personnalités ont assisté à une cérémonie en hommage au poète à Damas, dont les ministres de l'Information Mohsen Bilal et de la Culture Riad Naassan ainsi que des députés, des artistes et des écrivains.

Mohammed Al Maghout était également dramaturge, auteur d'un grand nombre de pièces de théâtre et de scénarios de films ("Le rapport", "La frontière") et critique littéraire.

Homme mélancolique, les titres de ses oeuvres poétiques sont révélateurs: "Tristesse au clair de lune" (1959), "La chambre au million de murs" (1960) ou encore "La joie n'est pas mon métier" (1970).

Pour le théâtre, il a notamment écrit "La ferme d'octobre", "A ta santé, ma patrie", "Les coquelicots" et "La balançoire".

Ecrivain de l'absurde, ses écrits sont à la fois tragiques, pleins d'humour et de dérision.

Selon le quotidien Al Hayat, "il est mort dans un fauteuil, un mégot de cigarette à la main droite et à la main gauche le téléphone", victime d'une crise cardiaque.

Né en 1934 à Salamya, dans le gouvernorat de Hama, il avait entamé des études d'agronomie avant d'y renoncer, proclamant que sa spécialité était "l'étude des insectes humains et non des insectes".

Installé en 1948 à Damas, il fut emprisonné en 1955 pour sa brève appartenance au Parti syrien national et social (PSNS - partisan de la Grande Syrie).

Plus tard, il raconte comment, "adolescent pauvre", il a choisi le PSNS "car le local était proche de ma maison et était chauffé, alors que celui du parti Baas ne l'était pas et était situé plus loin". Source : AFP, 5 avril 2005

 

 

L’avocat syrien Haytham El Maleh, membre fondateur de Justitia Universalis, reçoit la médaille néerlandaise Geuzenpenning (Médaille des Gueux)


par Justitia Universalis, La Haye, 23 mars 2006
L'avocat syrien Haitham El Maleh combat depuis plus de cinquante ans pour les droits humains en Syrie. Ce qui lui a valu entre autres sept ans de prison. Agé aujourd'hui de 75 ans, il est actuellement sous la menace d'un nouveau procès.
Notre ami El Maleh vient de se voir décerner la médaille néerlandaise Geuzenpenning pour son « courageux engagement pour les droits de l'Homme ».
La médaille "Geuzenpenning" est attribuée chaque année par la fondation Geuzenverzet à une personne ou organisation « qui s'est particulièrement engagée pour la démocratie ou contre la dictature, la discrimination et le racisme. » Cette distinction a été entre autres décernée à la fondation Anne Frank et au président tchèque Václav Havel.
M. El Maleh ne cesse de dénoncer la détention arbitraire de centaines de citoyens syriens (dont des enfants) et la torture dont ils sont l'objet par les services de sécurité qui disposent d'une carte blanche depuis l'état d'urgence de 1963.
M. El Maleh est actuellement accusé d'avoir critiqué ouvertement le système judiciaire syrien ; il risque à son tour de retourner en prison.
Il fait actuellement l'objet d'une interdiction de sortie du territoire syrien depuis qu'il avait plaidé, il y a trois ans, pour la levée de l'état d'urgence en Syrie. « L'attention internationale est importante mais tant que mes concitoyens ne peuvent pas circuler librement, tant qu'ils sont torturés pour leurs idées et tant que l'état d'urgence reste en vigueur, il n'y a aucun espoir pour les droits de l'Homme, encore moins pour la démocratie. » a-t-il déclaré à la presse néerlandaise.
Malgré son âge et le harcèlement du régime syrien, Haytham El Maleh n'a pas l'intention de jeter l'éponge : « mon association [Human Rights Association in Syria (HRAS) ] est passée en cinq ans de 35 à 180 militants. Ce qui donne de l'espoir. Je ne prendrai jamais ma retraite. J'aime me battre pour cette cause ».

 

 

Discours du M. Bernat Bot, ministre néerlandais des Affaires Etrangères


Mesdames, Messieurs,
Est-ce vraiment le printemps de Damas qui s'annonce ou simplement une période de redoux dans la rigueur de l'hiver ? C'est là toute la question.
C'est un grand honneur pour moi de pouvoir remettre cette année la Médaille des Gueux à Monsieur Haitham Maleh, au nom de la Fondation Résistance des Gueux 1940-1945. L'engagement de Monsieur Maleh, qui n'a cessé d'œuvrer en faveur d'une justice indépendante, s'inscrit parfaitement dans la tradition de la Résistance des Gueux – nom qui évoque ces dissidents hollandais du seizième siècle luttant contre la domination espagnole.
Depuis la Deuxième Guerre mondiale, la Résistance des Gueux est associée à Vlaardingen. Pendant les périodes les plus sombres, les Gueux ont défendu la liberté de parole, payant souvent cette audace de leur vie. Leur courage est un exemple pour chacun de nous. C'est pourquoi leur voix résonne encore aujourd'hui. Non seulement aux Pays-Bas, mais partout où des hommes s'engagent pour la liberté des autres.
Avant de vous parler des mérites de Monsieur Maleh, je tiens à saluer son fils, Mohammed Anas Maleh. Je me réjouis que vous vous soyez joint à nous aujourd'hui pour recevoir la Médaille des Gueux au nom de votre père, ce qui exprime la confiance et la fierté d'un père pour son fils.
J'aurais souhaité aujourd'hui, près de quarante ans après sa première visite aux Pays-Bas, pouvoir saluer Haitham Maleh en personne. Les autorités syriennes n'ont cependant pas voulu mettre fin à l'interdiction de sortie du territoire dont il est frappé depuis trois ans. Le gouvernement néerlandais, la présidence autrichienne de l'Union européenne et même le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme n'ont pas ménagé leurs efforts pour faire fléchir les autorités syriennes. Malheureusement sans succès.
Monsieur Maleh n'est cependant pas tout à fait absent aujourd'hui. Monsieur, nous savons que vous nous entendez. Et nous savons que vous suivez la cérémonie en direct par internet. Nous sommes nombreux, ici, à vous avoir vu vendredi dernier à la télévision néerlandaise. Certes, le monde actuel est un village global, le téléphone, la télévision et Internet ayant fait disparaître les frontières. Pourtant nous souhaitons vraiment pouvoir vous voir en personne bientôt.
Cher Monsieur, Mesdames, Messieurs,
Dans leurs contacts avec la Syrie comme avec les autres pays, les Pays-Bas et l'Union européenne rappellent sans relâche l'importance de la liberté de presse, de la liberté de réunion, des droits des minorités et de la liberté des organisations de la société civile, et, d'une façon plus générale, de pouvoirs publics soucieux du respect des règles et susceptibles d'y être contraints, si nécessaire, par une justice indépendante. Dans ce domaine, les bonnes et les mauvaises nouvelles se succèdent à un rythme accéléré. Ainsi, le Centre de formation pour la société civile, créé fin février à Damas grâce au financement de la Commission européenne, vient de fermer ses portes sur ordre des autorités syriennes. Ailleurs, des prisonniers sont libérés tandis que d'autres personnes sont incarcérées sans procès équitable.
Lorsque le président actuel est entré en fonctions, certains ont parlé du printemps de Damas. Comme je l'ai déjà dit, il serait tragique de devoir constater que ce printemps n'a été qu'une brève période de redoux dans la rigueur de l'hiver. Mais, fort heureusement, l'Union européenne ne se décourage pas facilement. Aussi poursuivons-nous le dialogue avec la Syrie sur une base de respect mais aussi de clarté et de fermeté.
Mesdames, Messieurs,
Vous et moi sommes rassemblés ici en tant que gardiens de la liberté de parole. qui, ces derniers temps, a fait couler beaucoup d'encre. La liberté d'_expression serait menacée en Europe, ou servirait, au contraire, à offenser les autres en raison de leurs convictions religieuses. Je me suis constamment efforcé d'adopter et de promouvoir une position nuancée à ce sujet, lors de ma visite en Arabie Saoudite et au Qatar notamment. En fait, nous souscrivons, en Europe, à l'adage attribué à Voltaire : « Je désapprouve ce que vous dites, mais je défendrai jusqu'à la mort votre droit de le dire ».
Mais nous souscrivons également à la célèbre Règle d'or, inspirée, pour les chrétiens, du discours de Jésus sur la montagne, et qui dit : « Ne fais pas à autrui ce que tu n'aimerais pas que l'on te fasse ». Traite les autres comme tu voudrais être traité toi-même.
La Convention européenne des droits de l'homme indique clairement que la liberté d'_expression ne peut être restreinte que par la loi et que ces restrictions doivent être justifiées par « les besoins d'une société démocratique. » Tel est le cas pour les interdictions portant sur la diffamation, la discrimination ou l'appel à la violence. Et dans les cas particuliers où il y a conflit entre la liberté d'_expression et ces interdictions, c'est à la justice, et non aux gouvernements, qu'il revient d'établir la priorité entre ces deux principes. La loi protège l'individu contre les restrictions de sa liberté par les pouvoirs publics et donne aussi un cadre permettant de punir l'usage inacceptable de la liberté d'_expression d'un individu contre un autre.
À l'heure où notre monde se rétrécit de plus en plus, nous devons investir dans le respect et la compréhension mutuels, notamment dans le domaine des droits de l'homme. Une erreur très répandue consiste à croire que les droits universels de l'homme ne s'adressent qu'aux Occidentaux. Pourtant tous les pays membres de l'ONU ont souscrit à la déclaration universelle des droits de l'homme. La plupart des conventions des droits de l'homme, que les pays sont libres de signer ou non, se fondent sur cette déclaration.
L'universalité des droits de l'homme est aussi corroborée par le fait que toutes les civilisations, quels que soient le lieu et l'époque, ont professé des idées comparables sur les droits de l'homme.
Ainsi, le code d'Hammurabi, roi de Babylone, qui date d'environ 1752 avant Jésus-Christ – il y a donc 3 758 ans – énonce des dispositions étonnamment modernes sur la révocation des juges partiaux et la lutte contre les violences faites aux femmes. Le code imposait la protection des « pauvres, veuves, orphelins et opprimés». Le philosophe chinois Mo Zi qui – il y a quelque 2 400 ans –, soulignait, quant à lui, l'importance du devoir accompli, du don de soi et du respect des autres « non pas seulement pour les membres du clan ou de la famille, mais dans tout l'univers ». Et plus récemment, pensons aux droits et libertés que l'empire ottoman accordait à ses sujets, chrétiens et juifs inclus : le droit à la vie, l'immunité contre l'arbitraire de l'État, une justice indépendante, l'interdiction de la torture, la liberté d'_expression, le droit à la vie privée et la liberté de voyager.
Même si Haitam Maleh a dû parfois se sentir très seul dans les épreuves qu'il a subies, il n'est pas seul. Hier comme aujourd'hui, beaucoup soutiennent sa cause, dans son pays également. L'Association des droits de l'homme qu'il a fondée en Syrie compte actuellement 150 membres. Et votre présence ici est la preuve qu'aux Pays-Bas aussi il est soutenu dans son combat.
C'est un combat non violent. Maleh a choisi le Coran pour guide. Pour lui, le prophète Mohammed a laissé un message d'équité qui prône la défense des pauvres et des opprimés. Ce qui ne veut pas dire qu'il recule devant le danger. Au risque de sa vie, il a accepté d'être médiateur dans les confrontations entre les forces de l'ordre et les citoyens kurdes, dans le quartier de Dummar à Damas.
Aujourd'hui, nous rendons aussi hommage à un homme qui a passé sept ans en prison. C'est là qu'en assemblant des milliers de débris de verre, il a fabriqué des textes qui ornent maintenant les murs de son bureau. Dans l'un d'entre eux, emprunté au Coran, Moïse s'exclame : « Seigneur, grâce aux bienfaits dont tu m'as comblé, jamais je ne soutiendrai les criminels » [1].
Voilà plus de quarante années que Haitham Maleh mène, dans cette Syrie qui lui est chère, une action contre les abus induits par la loi sur l'état d'urgence. Cette loi, entrée en vigueur en 1963, l'est toujours à l'heure actuelle. Elle donne une immense liberté d'action aux services secrets syriens, et il n'est pas rare que des personnes disparaissent, pour des années, derrière les barreaux sans procès équitable. Maleh n'hésite pas à dénoncer les fautes du régime et à manifester son opposition. Il s'appuie sur le code civil pour exiger des autorités un procès équitable pour les opposants politiques et les criminels de droit commun.
À une Néerlandaise qui lui demandait récemment ce qu'il faudrait en Syrie pour permettre des réformes, Monsieur Maleh a répondu : « La pluie lave la poussière et la saleté, fait germer les plantes, mais tombe toujours de haut en bas ». Il a raison : ce n'est pas une révolution, mais une politique de réformes qui changera la situation durablement. Il faudra que les dirigeants actuels prennent conscience que ces changements sont indispensables si la Syrie veut conserver les valeurs auxquelles elle est attachée.
C'est dans un esprit de profond respect pour le courage, la tolérance et la persévérance d'Haitham Maleh que je voudrais maintenant passer à la remise de la Médaille des Gueux 2006.
[1] Sourate 28.17
Source : Justitia Universalis, P.O. Box 17110, 2502 CC The Hague - The Netherlands
Tel. +31 30 236 93 86, Fax +31 30 230 45 11. Courriel : juniversalis@gmail.com
Site web : <http://www.justitia-universalis.net>

 

 

Qui des 25 sera le Ahmed Chalabi syrien ?

 

Des représentants de plusieurs composantes de l'opposition syrienne, dont un ancien vice-président, étaient réunis jeudi à Bruxelles afin de créer un "front uni" pour renverser le régime du président syrien Bachar al-Assad, a-t-on appris auprès des participants.

L'ancien vice-président syrien Abdelhalim Khaddam, qui vit en exil à Paris depuis sa démission de ses fonctions en juin, ainsi que le chef des Frères musulmans Ali Asr Eddine el-Bayanouni, participent à la réunion, selon un collabortateur de M. Khaddam joint par l'AFP.

Des représentants libéraux, kurdes et nationalistes sont également présents, soit 25 personnes, a-t-il ajouté.

M. Khaddam, 73 ans, a quitté la Syrie après avoir dénoncé les autorités syriennes, qui, en retour, l'ont accusé de "haute trahison" et ouvert une procédure judiciaire à son encontre.

"L'objectif est d'obtenir un changement de régime et d'introduire une vraie démocratie en Syrie, à l'occidentale", a expliqué jeudi le collaborateur de M. Khaddam.

Pour y parvenir, le futur front de l'opposition compte utiliser des moyens "100% syriens et civils". "Il n'y aura pas de demande d'aide étrangère et pas d'intervention de l'armée syrienne", a ajouté ce responsable.

Le front va "inviter tous les Syriens" à le rejoindre et "cela va grandir comme une boule de neige dans les prochains mois", selon la même source.

Les participants à la réunion de Bruxelles doivent en principe élire leur chef, qui devrait être présenté lors d'une conférence de presse prévue dans la capitale belge vendredi à 13H00 (12H00 GMT). Source : AFP, 16 mars 20069

 

 

La Syrie décide de faire toutes ses transactions en Euro


Ce fut une des motivations pour les USA à envahir l'Iraq : la décision de ce pays de faire toutes ses transactions en Euro et non plus en dollars une fois l'embargo levé. L'Iran est en train de passer à l'Euro pour ses ventes de pétrole. Et voici que la Syrie s'y met à son tour. Désormais, Damas fera toutes ses transactions en Euro et non plus en billets verts. Vu de Washington, c'est une véritable déclaration de guerre, même si le montant des transactions effectuées par la Syrie est très modeste : en 2004, le pays a importé pour 6,7 milliards de $ de biens et en a exporté pour 5,4 milliards. La production pétrolière quotidienne est de 400 000 barils par jour. Selon un économiste, la décision syrienne est une sorte d'action préventive pour empêcher un gel de ses avoirs en dollars en cas d'escalade des mesures d'embargo prises contre la Syrie par les USA. En 2004, Waddington a en effet interdit certaines exportations vers la Syrie, a coupé les liens avec la Banque commerciale de Syrie et a gelé les avoirs de Syriens censés être liés au terrorisme.
L'utilisation de dollars pour acheter le pétrole a conduit à une situation où il y a plus de dollars à l'extérieur des USA qu'à l'intérieur, la réserve fédérale US imprimant des billets à la en veux tu-en voilà, vendus contre devises étrangères aux pays en ayant besoin pour acheter du pétrole. C'est donc une source d'enrichissement pour les USA qui ne leur coûte que le prix de l'impression des billets et leur rapporte des devises étrangères. Plus les USA impriment de dollars, plus ils se dévaluent. Mais si tous les pays du monde essayaient soudain d'acheter des biens US pour les dollars qu'ils détiennent, la valeur des billets verts remonterait vertigineusement. Actuellement, même si sa valeur a chuté de 40% sous la présidence Bush, le dollar reste fortement surévalué. Chaque fois qu'un pays décide de passer du dollar à l'Euro pour ses transactions, la valeur du dollar baisse et celle de l'Euro augmente.
Source : Reuters, 14 février 2006

 

 

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