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Monde arabe - Mauritanie - 2005
 
 

05/06/06 - Coup de filet dans les "milieux islamistes"


Les services de sécurité mauritaniens ont interpellé plusieurs dizaines de membres et de partisans présumés du GSPC, "groupe rebelle islamiste lié à Al Qaïda" inventé par les services secrets algériens (DRS). ces hommes auraient préparé des attentats, a-t-on appris vendredi 2 juin de source proche des services de sécurité mauritaniens.
Les arrestations sont intervenues lors d'une chasse à l'homme lancée pour retrouver trois membres présumés du Groupe salafiste pour la prédication et le combat, basé en Algérie, qui s'étaient échappés d'une prison de Nouakchott, la capitale mauritanienne, le 27 avril.
Au moins deux des personnes arrêtées sont soupçonnées d'avoir tué 15 soldats mauritaniens lors d'une attaque menée en juin 2005 contre un poste militaire isolé, tandis qu'un autre est accusé d'appartenance à une cellule d'Al Qaïda à Barcelone, ajoute-t-on de même source.
Le journal mauritanien El Alam rapporte vendredi que trois personnes arrêtées cette semaine ont avoué avoir collaboré avec le GSPC, et l'un d'eux a dit avoir participé aux attentats du 11 mars 2004 dans les gares madrilénes, ainsi qu'aux attentats de l'été 1998 contre les ambassades des Etats-Unis au Kenya et en Tanzanie.
"Les trois Mauritaniens ont avoué qu'ils étaient sous les ordres de Mokhtar Belmokhtar (un membre éminent du GSPC), et que l'un d'eux avait pris part aux attentats de Madrid et à l'attentat contre l'ambassade des Etats-Unis à Nairobi", écrit El Alam.
Source : Reuters, 2 juin 2006

 

 

Nouadhibou chef-lieu de l'émigration sauvage


Bienvenue à "Kandahar", en Mauritanie. "Kandahar" n'est pas ici le fief des talibans, mais le surnom d'un morceau de désert grand comme un mouchoir de poche, qu'aucune carte ne recense, qu'aucune route goudronnée ne traverse, un no man's land quelque part entre deux frontières en pointillé, celle qui sépare la Mauritanie et le Sahara occidental, occupé par les Marocains.
A Kandahar, il n'y a rien. Pas de maisons d'habitation, mais un décor lunaire, un soleil d'enfer, et un marché de véhicules d'occasion venus de la lointaine Europe où valsent les plaques d'immatriculation. A quelques centaines de mètres de là, il y a aussi un minuscule poste-frontière mauritanien en dur, peinturluré d'un vert criard.
A l'ombre des murs du bâtiment, accroupis ou allongés les uns contre les autres, 81 Sénégalais attendent depuis quelques heures, ce samedi 18 mars en fin de journée. Le plus jeune a 17 ans et le plus âgé 56 ans. Ce sont des émigrés clandestins que la marine marocaine a récupérés, six jours auparavant, à quelques centaines de kilomètres plus au nord, au large des côtes du Sahara occidental. A court de carburant, leur pirogue dérivait, après avoir essuyé une tempête qui leur avait fait dépasser les îles Canaries, leur objectif, sans qu'ils le sachent.
Lire la suite à http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3230,36-753437,0.html

 

Familles des 21 islamistes détenus : Elles déplorent un manque de soutien


par Khalilou Diagana, Nouakchott Info, 8 mars 2006
La célèbre salle des droits de l'Homme du siège du FONADH a abrité mardi 07 mars, vers dix huit heures, une conférence de presse organisée par les familles et épouses des 21 islamistes détenus depuis un peu plus de six mois. Le choix de cette veille du 08 mars, symbole international du combat des femmes n'est pas fortuit. En effet, les épouses, s¦urs et femmes des 21 islamistes n'ont cessé, depuis l'incarcération des leurs de battre le pavé pour demander leur libération...
La salle des droits de l'homme du FONADH n'a pas pus contenir les représentants des partis politiques, de la société civile et les nombreux militants des droits de l'Hommes qui ont fait le déplacement. C'est pourquoi, la conférence de presse a vite tourné au meeting, tellement il y avait du monde. Dans son intervention Lenad Mint Zarrouk, porte-parole des familles et épouses " des prisonniers d'opinion islamistes " a déploré le manque de soutien des partis politiques et de la société civile et des avocats.
Elle a ensuite rendu un hommage appuyé au président de SOS Esclave, Boubacar Ould Messaoud qui " est l'un des rares à avoir soutenu avec constance et détermination les familles des 21 islamistes ".
Mint Zerrouk a aussi déploré l'attitude des mauritaniens qui battent le pavé, brûlent des pneus et lancent des pierres pour dénoncer les injustices subis par les Palestiniens ou autres et qui ferment en même temps les yeux devant ce qui se passe dans leur pays. Madame Lenad a interpellé le ministre de la justice qui, selon elle, était avocat des 21 islamistes avant la transition " ne semble pas agir pour plus de diligence dans le traitement de leur dossier ".
Durant cette conférence de presse, il a été distribué un communiqué dans lequel les familles des islamistes, font état de la manière brutale dont elles ont été chassées, la semaine dernière, des abords de la présidence, au moment où elles réclamaient la libération de leurs fils, époux ou frères. Il est écrit dans la déclaration que " ces actes barbares sévissent au moment où le pays connaît une litanie en faveur de la justice et de la démocratie ". Les familles des islamistes ont demandé " à tous les mauritaniens de dénoncer l'injustice qui est le lot de leurs maris, frères et fils en détention. "
Les 21 islamistes, présumés salafistes, sont les seuls détenus à ne pas avoir bénéficié du vent de clémence d'après trois août. Leur détention préventive, de l'avis de beaucoup, s'apparente de plus en plus à une détention illégale. Cette détention est d'autant plus curieuse qu'ils avaient bénéficié d'une liberté provisoire, confirmée par la cour d'appel. Récemment, certains avocats ont dénoncé l'influence extérieure exercée sur les autorités dans le traitement de ce dossier. Certains vont même jusqu'à évoquer une sorte de Guantanamo locale sans jugement et sans libération.
Au sujet de la collaboration entre la Mauritanie et les Etats Unis en matière de lutte contre le terrorisme, certains observateurs pensent qu'on n'est pas encore à la transition. A en croire des informations du New York Times, relayées par le site Al Akhbar, Mohamed Ould Sellahi, un des mauritaniens pensionnaire de la très controversée prison de Guantanamo, aurait déclaré avoir été remis aux américains par les autorités d'avant trois août.
Toujours selon le New York Times, cité par Al Akhbar, Sellahi, aurait déclaré avoir été conduit par les Américains en Jordanie puis en Afghanistan et avoir subi des tortures physiques et morales pour avouer des relations supposées avec Al Qaida d'Oussama Ben Laden. Mohamed Ould Sellahi est toujours détenu à Guantanamo. C'est pourquoi, on se demande comment il a pu parler au New York Times. C'est d'autant plus bizarre que l'autorisation donnée au représentant de l'union Européenne pour visiter Guantanamo était assortie de l'interdiction de parler aux prisonniers. Notons enfin qu'il existe un comité national pour la libération des mauritaniens de Guantanamo.

 


Immigration clandestine : La Mauritanie, nouvelle porte vers l'Europe ?


par Olivia Marsaud, Radio France Internationale , 8 mars 2006
Ce week-end, deux naufrages d'embarcations clandestines, parties des côtes mauritaniennes à destination des Canaries, ont fait plus de 40 morts. Ils mettent en lumière un phénomène récent : depuis plusieurs mois, les immigrés subsahariens qui souhaitent rejoindre l'Europe se massent dans la ville de Nouadhibou, au nord-ouest de la Mauritanie. Ils seraient plus de 10000 candidats au départ.
Week-end macabre au large des côtes mauritaniennes. Une embarcation, partie de Nouadhibou (extrême nord-ouest du pays) vers les îles Canaries, avec 45 clandestins subsahariens à son bord, a fait naufrage à cause d'une panne de moteur. Vingt-deux personnes se sont noyées, les autres ont été repêchées par les autorités mauritaniennes. Un peu plus haut, à hauteur de Dakhla, dans le sud du Sahara occidental, une embarcation partie de Mauritanie et qui transportait 43 migrants s'est brisée en deux après avoir été heurtée par un navire marocain. Vingt-trois personnes se sont noyées, les autres ont été secourues par l'équipage du bateau.
Selon le Croissant-Rouge mauritanien, les immigrés qui faisaient partie des deux voyages mortels venaient du Mali, de Guinée-Bissau, de Gambie, de Côte d'Ivoire, du Nigeria et de Mauritanie pour l'un d'entre eux. Les rescapés se trouvent actuellement dans les locaux de la police de Nouadhibou, la capitale économique mauritanienne devenue depuis quelques mois une ville de départ convoitée pour les candidats africains à l'exil en Europe.
Les rescapés sont en ce moment interrogés par les autorités et pris en charge par le Croissant-Rouge mauritanien. « Nous apportons une aide humanitaire », explique Mustapha Taher, qui fait partie de l'organisation. « Nous avons une stratégie palliative, avec l'aide des Croix-Rouge espagnole et française : nous assistons les migrants sur le plan nutritionnel et médical. Mardi, le gouvernement et la police nous ont demandé de leur fournir des médicaments, de la nourriture, de l'eau et des vêtements et c'est ce que nous faisons. »

40% des bateaux font naufrage
Un rapport de la police espagnole évalue à plus de 10 000 le nombre de candidats africains à l'émigration vers l'Europe actuellement massés en Mauritanie et au Sahara occidental. Mardi, le préfet des Canaries a affirmé, sur la radio espagnole Cadena Ser, que les filières d'émigration clandestine d'Afrique vers les Canaries partaient désormais de Mauritanie plutôt que des côtes du Sahara occidental. Selon le coordinateur du Croissant-Rouge mauritanien, Ahmedou Ould Haye, « entre novembre 2005 et aujourd'hui, 1 200 à 1 300 personnes ont perdu la vie en mer en essayant d'atteindre les Canaries ». Il estime qu'entre 700 et 800 personnes tentent la traversée chaque jour et que 40% des bateaux qui prennent la mer font naufrage. « Le voyage est pré-financé par des réseaux bien implantés, aussi bien en Mauritanie que dans les pays subsahariens et européens de destination », précise-t-il.
Repoussés des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla (Nord du Maroc), dissuadés par le renforcement des contrôles hispano-marocains dans le détroit de Gibraltar, les émigrants africains tentent de plus en plus de gagner l'archipel des Canaries à partir de la Mauritanie. « C'est un phénomène qui va en s'accroissant », corrobore Mustapha Taher. « On dénombre une majorité d'hommes, de tous les âges, mais il y a aussi des femmes et des enfants. Ils passent par le désert et nombreux sont ceux qui y meurent de soif. On retrouve des corps de façon très régulière. Ils meurent sur terre ou sur mer en prenant des risques énormes. Ils viennent chez nous car la Mauritanie est le maillon faible de la région. C'est un pays aux frontières ouvertes, mal surveillées, peu peuplé et qui n'a pas de gros moyens de contrôle et de supervision. Depuis des mois, nous sommes chaque jour confrontés à ce problème. Notre comité local à Nouadhibou est débordé. » L'autre raison qui attire les Africains à Nouadhibou serait le prix de la traversée. En effet, selon un responsable mauritanien cité par l'AFP, « la filière saharienne terrestre coûtait au clandestin entre 1 700 et 3 400 euros alors que celle de l'Atlantique, via Nouadhibou, lui revient à 500 euros seulement » ou 1 000 euros selon d'autres sources.

A bord des cayucos
Les Canaries sont la seconde porte d'entrée de l'immigration clandestine par voie maritime en Espagne, après le détroit de Gibraltar. L'île de Fuerteventura étant sous la haute surveillance d'un système de radars et caméras, les migrants partant de Mauritanie se rabattent désormais sur Tenerife ou Gran Canaria. Les voyages sont plus longs et plus périlleux. Du coup, les passeurs ont mis à l'eau un nouveau mode de transport : les cayucos. Il y a dix ans, était apparu le terme espagnol de patera pour désigner la petite barque de pêcheur en bois utilisée pour transporter une vingtaine de personnes. Le cayuco est plus robuste, en fibre de verre, mesure de 14 à 18 mètres de long, est doté de deux moteurs, d'une douzaine de bidons de combustible et peut « accueillir » 50 à 70 personnesŠ
« Plus de 45 organisations de passeurs font tourner depuis 5 ans ce commerce illégal de personnes en Mauritanie, au Maroc et au Sahara occidental », explique Juan Manuel Pardellas, correspondant du grand quotidien espagnol El Pais à Tenerife. « Ce sont des anciens contrebandiers qui ont trouvé plus rentable que la contrebande de tabac puisqu'ils font payer le passage 1 000 euros par tête. En cheville avec quelques militaires, ils font passer des dizaines de personnes chaque jour par les portes du mur militaire construit dans le Sahara par le Maroc. Depuis septembre dernier, ceux qui font la traversée sont des pêcheurs sénégalais et mauritaniens habitués à naviguer dans une mer difficile. »

Le programme « Sea Horse »
Le journaliste indique que les immigrants sont sélectionnés à Nouadhibou. Ils doivent payer en monnaie sénégalaise ou mauritanienne et détruire tous leurs papiers. Puis commence le voyage de deux jours qui compte plusieurs escales, parfois pour changer d'embarcation et tromper la vigilance des gardes-côtes. Inquiète de la montée en puissance de ces filières, l'Union européenne va lancer un programme de lutte dont la mise en ¦uvre a été confiée à l'Espagne. Dans ce cadre, le ministre de l'Intérieur espagnol, José Antonio Alonso, a présenté la semaine dernière à Madrid le projet « Sea Horse », destiné à « renforcer la coopération entre les pays d'origine, de transit et de destination » de l'immigration clandestine. Il doit démarrer cette année et s'étaler sur trois ans. Il prévoit le lancement de patrouilles mixtes avec les gardes-côtes mauritaniens et marocains. Fuerteventura accueillera aussi des officiers de liaison marocains et mauritaniens et les officiers directement concernés seront formés.
En attendant, les cayucos ne chôment pas. Mercredi, une troisième embarcation, qui dérivait depuis trois jours au large de Nouadhibou et avait lancé un appel de détresse, a été interceptée avec ses 40 immigrants. Sains et saufs cette fois-ci.

 


L'ancien ministre du Pétrole rejette les accusations portées à son encontre


Les avocats de la défense de l'ancien ministre mauritanien du Pétrole, Zeidane Ould H'Meida ont remis aux journaliste, au cours d'un point de presse lundi à Nouakchott, un document dans lequel leur client, incarcéré depuis plus d'un mois pour "crimes économiques" rejette toutes les accusations formulées contre sa personne par la justice et les autorités mauritaniennes.
M. Ould H'Meida, qui se déclare "désireux d'éclairer l'opinion nationale et internationale", soutient que toutes les modifications introduites dans l'avenant 1 de la zone B (qui renferme le puits pétrolier Chinguitti dont l'exploitation a débuté vendredi dernier) ont consacré l'adaptation à la phase d'exploitation du contrat initial de partage de production pétrolière (CPP), qui avait été essentiellement conçu pour la phase exploration.
Pour l'ancien ministre et sa défense "le gisement Chinguitti n'est pas affecté par un quelconque changement au niveau des chiffres : au niveau de la fiscalité (25%) et du partage de production, ce qui fait que les impôts, les déficits reportés et les charges déductibles sont restés les mêmes après cet avenant.
Les risques d'atteinte à l'équilibre de l'écosystème marin sont également réfutés par l'ancien ministre.
Pour ce qui concerne les autres avenants portant sur des zones non encore objets d'exploitation, Zeidane Ould H'Meida souligne qu'ils portent sur "une extension de la première période d'exploration et n'appellent pas de commentaires particuliers".
Quant à la transmission des documents au secrétaire général du gouvernement en vue de leur vote à l'Assemblée nationale, l'ancien ministre affirme avoir également suivi la voie régulière en envoyant par courrier, 35 exemplaires réceptionnés contre une décharge pour s'insurger contre l'infraction de faux et usage de faux.
S'exprimant à l'occasion de cette rencontre avec la presse, le coordinateur du collectif des avocats de l'ancien ministre, Ahmed Salem Ould Bouhoubeyni a déclaré que son client ne doit pas servir de bouc émissaire pour payer à la place de tous les acteurs de l'ancien régime qui auraient commis des fautes de gestion.
On rappelle que M. Zeidane Ould H'Meida est accusé d'avoir signé quatre avenants à un contrat de partage de production pétrolière entre l'État mauritanien et la compagnie australienne Woodside "dans une opacité totale au détriment des intérêts stratégiques du pays".
Source : PANAPRESS, 27 février 2006

 

 

Le pétrole a commencé à couler : le premier baril de pétrole produit le 24 février


L'exploitation du champ pétrolier Chinguitti, situé à 65 kilomètres au large de Nouakchott, la capitale administrative mauritanienne débute ce vendredi, a appris la PANA de sources autorisées.

La Société mauritanienne des hydrocarbures (SMH) indique que la production journalière devrait atteindre un rythme de 75.000 barils par jour.

L'exploitation du puits de pétrole de chinguitti est assurée suivant des techniques modernes, "avec un réseau d'équipement sous marin en amont d'une unité de production, de stockage et de déchargement (FPSO Berge Hélène).

Sa capacité de stockage est de 1.600.000 barils indique un communiqué de la Société mauritanienne des hydrocarbures .

Les réserves du puit Chinguitti sont estimées à 123 millions de barils et devraient être exploitées de 8 à 10 ans, selon des experts. L' exploitation du pétrole offshore mauritanien au champ Chinguiti démarre sur un fond de litige opposant l'Etat à son partenaire Woodside.

Le différent entre les deux parties porte sur 4 avenants venus compléter un Contrat de partage de production pétrolière (CPP) que dénoncent les nouvelles autorités mauritaniennes Nouakchott.

L'ancien ministre du Pétrole, Zeidane Ould H'Meida, qui a signé ces avenants a été arrêté le 16janvier dernier et placé en détention préventive le 23 janvier pour "crime économique".
Source : PANAPRESS, 24 février 2006

 

 

Installation d'un comité pour assurer la transparence des nouveaux revenus pétroliers


Deux jours avant que le premier baril de pétrole ne jaillisse des champs mauritaniens, le gouvernement de transition a mis en place un comité chargé d'assurer la transparence des recettes générées par l'exploitation du pétrole et des ressources minérales et de veiller à ce qu'elles soient affectées au bien de la population.
« Le temps est venu .. pour que le citoyen mauritanien puisse tirer profit de l'exploitation des richesses nationales sur la base des principes d'égalité et d'équité », a déclaré le Premier ministre mauritanien mercredi à la cérémonie d'installation du Comité national de l'initiative pour la transparence des industries extractives qui a eu lieu dans la capitale Nouakchott.
L'exploitation du brut mauritanien a débuté vendredi, alors que la communauté internationale attend de voir sur la Mauritanie réussira ce que tant d'autres ont raté, à savoir affecter une partie de la manne pétrolière aux programmes de réduction de la pauvreté et à l'amélioration des conditions de vie du plus grand nombre.
Dans son discours d'ouverture, le Premier ministre, Sidi Mohamed Ould Boubacar, s'est exprimé en ces mots: « Le gouvernement entend prendre les dispositions appropriées pour prévenir une telle dérive [le détournement des ressources] et pour garantir que les revenus tirés des industries extractives puissent avoir une contribution appropriée au développement économique et à la réduction de la pauvreté ».
Outre ses nouveaux champs pétrolifères, la Mauritanie dispose d'abondantes ressources minérales telles que le fer, le cuivre et des eaux poissonneuses, mais cette opulence ne s'est pas traduite par l'amélioration des conditions de vie de sa population.
L'installation du comité fait suite à l'adhésion de la Mauritanie, en septembre dernier, à l'initiative de transparence des industries extractives ­ un mécanisme international destiné à améliorer la transparence et la bonne gestion des ressources naturelles - adoptée en 2001 en Afrique du Sud. Selon plusieurs analystes, cet engagement, maintes fois réitéré par la junte, est un signe encourageant, encore faut-il qu'il y ait des mécanismes de mise en ¦uvre au plan national.
Depuis son accession au pouvoir, à la suite du coup d'Etat sans effusion de sang d'août 2005, la junte a affirmé à plusieurs reprises qu'elle allait ouvrir une nouvelle ère de transparence et de démocratie dans la gestion des affaires publiques.
Le comité comprend des représentants du gouvernement, d'entreprises extractives et de la société civile, notamment de la presse, des syndicats et des ONG. Tout en se félicitant du processus, de nombreux observateurs ont déploré dans un premier temps la faible représentation de la société civile. Jeudi, après avoir interpellé le gouvernement, deux représentants supplémentaires de la société civile, dont un membre d'une coalition d'ONG locales, aurait rejoint le comité.
L'exploitation du champ de pétrole offshore de Chinguetti, situé dans l'océan Atlantique, à quelque 70 km au large de Nouakchott, a débuté vendredi et devrait produire 75 000 barils par jour. Des recherches sont encore en cours et les experts prédisent une production bien supérieure dans les années à venir.
Les pétrodollars pourraient bénéficier à la population de la Mauritanie, pays sahélien pauvre dont plus de la moitié des 2,9 millions d'habitants vit de l'agriculture et de l'élevage.
Si la manne pétrolière mauritanienne contribue à l'amélioration des conditions de vie de la population, elle créera un précédent dans la région. La région pétrolifère du sud du Nigeria est l'une des plus pauvres du pays et le gouvernement du Tchad ­ nouveau pays africain producteur d'or noir - s'est approprié un fonds créé avec les revenus du pétrole et soutenu par la Banque mondiale.
Ce fonds était destiné aux plus démunis et aux générations futures. Dans les autres pays non plus, notamment l'Angola et la Guinée Equatoriale, le pétrole ne semble pas avoir davantage profité à la majorité.
A travers l'installation de ce comité, le gouvernement entend démontrer une nouvelle fois son attachement à la bonne gouvernance. Cependant, de nombreux analystes craignent que dès qu'elle commencera à toucher les revenus de l'exportation pétrolière, la junte ne s'accroche au pouvoir et ne trahisse sa promesse de le restituer à un gouvernement civil élu d'ici le mois de mars 2007.
Source : IRIN, 24 février 2006

 


La production du pétrole démarrera le 17 février


La production de pétrole mauritanien, extrait du champ "Chinguetti" au large de Nouakchott par la société australienne Woodside, doit débuter le 17 février prochain, a annoncé jeudi à l'AFP le directeur de la Société mauritanienne des hydrocarbures (SMH), Aboubekrine Ould Merouani.
M. Merouani a précisé qu'à partir de cette date, seront accumulés les stocks nécessaires à la commercialisation du pétrole, dont les premiers barils seront exportés dès la mi-mars.
En 2006, la Mauritanie devrait exporter 18,4 millions de barils de son
pétrole, pour une production quotidienne de 75.000 barils, selon des sources officielles qui situent les recettes attendues par le gouvernement pour la même année à 200 millions de dollars.
La Mauritanie a décidé mercredi de confier à la compagnie pétrolière suisse Vitol la commercialisation de son pétrole brut et le "pooling" (enlèvement et livraison) aux sociétés australienne Hardman et britanniques Premier Oil et British Gas.
De sources officielles, on indique que le programme de production du bloc offshore de "Chinguetti", situé au large de Nouakchott, se poursuivra en dépit du contentieux opposant le gouvernement à Woodside à propos d'avenants au contrat de partage de la production liant les deux parties.
Le signataire de ces avenants, l'ancien ministre du pétrole Zeidane Ould
Hmeida est en prison depuis mi-janvier et est inculpé de "crime économique" après avoir signé ces avenants qui spolieraient l'Etat de tous ses droits, selon des sources gouvernementales.
Source : AFP, 2 février 2006

 


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