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Monde arabe - Liban
 

Lettre ouverte à M. Nicolas Sarkozy Ministre d'État, ministre de l'Intérieur

( Vendredi, 21 juillet 2006 )

Monsieur le Ministre,

Vous n'avez eu de cesse depuis votre engagement dans la
pré-campagne présidentielle à vous présenter comme un homme
nouveau, répudiant des pratiques du passé largement contributives, selon vous, du discrédit de la classe politique en France.

Sur le plan international, vous vous étés présenté lors de votre
émission sur TF1, dimanche 16 juillet 2006, à l'occasion du lancement de votre ouvrage d'été, comme un ami d'Israël.

Nous en prenons très volontiers acte de vos démarches et prises de position.
Toutefois, en tant que citoyens français, nous vous serions infiniment gré de nous apporter les précisions suivantes sur des sujets qui posent problème à tous ceux qui comme vous sont soucieux de la bonne gouvernance de la France :

Alors que l'armée israélienne a commencé à mobiliser, vendredi 23 juillet, ses réservistes pour la poursuite de ses opérations contre le Liban, comment envisagez-vous de concilier les engagements de votre conseiller pour les affaires des sans papiers, M. Arno Klarsfeld, et ses obligations militaires en sa qualité de réserviste de l'armée israélienne ?

Concilier ses obligations militaires vis à vis d'Israël et ses fonctions auprès d'un membre du gouvernement français ?

Pensez-vous que M. Klarsfeld pourra continuer à conseiller utilement son ministre depuis le sud Liban, entre deux roquettes, et mener de pair ses activités militaires au Liban démoli par cette même armée israélienne?

Le Conseil d'État , conseiller juridique du gouvernement français, a-t-il été saisi pour qu'il se prononce sur le caractère juridique de cette situation qui, de fait, entraîne la France dans une situation de guerre, via Israël, contre des pays tiers ( aujourd'hui le Liban et la Palestine ), demain probablement d'autres.

Aussi, dans le domaine de la régularisation des "sans papiers", vous avez exigé comme préalable à leur régularisation qu'ils rompent tout lien avec leur pays d'origine. Toutefois, dans le même temps, vous embauchez un français de souche qui, plutôt que de servir le drapeau de son pays, effectue son service militaire dans un pays étranger, en l'occurrence Israël, non en exerçant une option de nationalité mais en demandant sa naturalisation.

Considérez vous que cette dualité de situation juridique à des postes de responsabilité politique serait sans préjudice sur la visibilité et la crédibilité de la diplomatie française dans la zone ?

Monsieur le Ministre,

Nous vous remercions de toute l'attention que vous porterez à nos interrogations légitimes, espérant vivement que vous contribuerez par la pertinence de la haute idée que vous vous faites de la France, notre pays commun, à dissiper nos troubles et à nous montrer le chemin de la cohérence intellectuelle et morale au service de la collectivité nationale.

Très respectueusement.

1 - René Naba, Journaliste-écrivain
Dernier ouvrage paru "Aux origines de la tragédie arabe" ( Éditions Bachari, juin 2006 Paris )
Auteur notamment "Du bougnoule au sauvageon, voyage dans l'imaginaire français" ( Harmattan 2002 )
" Rafic Hariri, un homme d'affaires premier ministre " ( Harmattan 2000 ).

2 - Al Faraby, Ecrivain
"Quand on a peur, on perd la vue" ( Ed. La société des écrivains,
ISBN 2-7480-2364-1 )

27/06/06 - « Washington déstabilise le Liban » : entretien avec cheikh Naïm Qassem, secrétaire adjoint du Hezbollah


par STEFANO CHIARINI, il manifesto, 18 juin 206.

Traduit de litalien par Marie-Ange Patrizio

 

« L'Europe devrait réfléchir au dernier message de Zarqawi, qui sadresse non plus aux Irakiens mais aux habitants de toute l'aire du Bilad as-Shams, de l'Irak à la Syrie, et de la Palestine à la Jordanie, car il est porteur d'un projet pour un nouveau Moyen-Orient, théoriquement opposé mais qui, en réalité, sintrique et converge avec celui des USA, de « destruction créative » des États de la région ; si bien que les deux camps, prenant appui sur la terreur et la peur, finissent par se renforcer mutuellement aux dépens de nos peuples. Face à cette situation dramatique, l'Europe devrait choisir entre le chaos provoqué par ces théories du choc des civilisations, qui se nourrissent du refus de l'Autre, des occupations, des menaces d'interventions militaires, d'affrontements ethniques et confessionnels et, au contraire, la politique, le dialogue, le respect et l'autodétermination des peuples, à commencer par celle du peuple palestinien ».
Le cheikh Naïm Qassem, secrétaire adjoint du Hezbollah, nous reçoit dans le salon de son bureau du quartier de Haret Reik, une des places fortes du mouvement dans la banlieue dégradée au sud de la capitale. Les mesures de sécurité sont exceptionnelles. Toute une zone du quartier, d'énormes immeubles de banlieue reliés entre eux par une ramification dense de câbles électriques, est fermée par un grand portail pouvant résister à des camions suicides. Des miliciens en treillis noir et béret rouge en surveillent les entrées. Nous nous trouvons dans lancienne « ceinture de la pauvreté et de la peur », à la périphérie sud de Beyrouth, des quartiers autrefois connus pour leur misère et, surtout à l'étranger, pour les enlèvements de citoyens occidentaux. Aujourd'hui la misère y est toujours, même si elle a beaucoup régressé, mais la peur, heureusement, est un souvenir du passé. Le climat est détendu, les filles semblent s'habiller comme elles veulent, avec le voile ou pas, et toute la zone, à cause des championnats du monde, est très colorée par des drapeaux de l'Italie et, en moindre mesure, de l'Allemagne et du Brésil. Hezbollah et Palestiniens, avec les façades de leurs immeubles recouvertes d'immenses drapeaux tricolores qui ondoient lentement sous la brise de la mer toute proche, soutiennent aujourd'hui encore l'Italie, comme en 1982. Et voudraient que l'Italie et l'Europe défendent, à nouveau, les droits et la souveraineté de leur peuple.
Qassem, comme toujours élégant dans sa tunique traditionnelle, élégance sobre renforcée par ce respect dont sont dotés souvent les hommes de religion, nous déclare : « Le soutien non critique à Israël et à ses projets doccupation et de répression, ou cette façon de souffler sur le feu daffrontements ethniques ou religieux pour déstabiliser ce pays ou un autre, les thèses du choc des civilisations, le siège contre la Syrie et lIran, la tentative dutiliser les résolutions de lOnu pour imposer la volonté US à nos peuples, parler de démocratie sans reconnaître le gouvernement légitime du Hamas, tout cela naboutit à rien dautre que favoriser le chaos et apporter de leau aux thèses de Al Qaïda. L'Europe doit se rendre compte que sans justice il ne pourra pas y avoir de paix dans la région, et que les plans des USA sont incompatibles avec la justice et, donc, avec la paix ».

Comment jugez-vous la politique étasunienne au Moyen-Orient ?

Washington a trois objectifs : contrôler le pétrole, faire qu'Israël reste la seule puissance régionale acceptée et légitimée par tous aux dépens des Palestiniens et, enfin, obtenir une sorte de mandat sur les gouvernements de la région. A commencer par le nôtre. Il suffit de voir comment Washington interfère dans la souveraineté libanaise, jusque dans les moindres détails : le Conseil de Sécurité aveugle sur les violations israéliennes- sest occupé de plus en plus souvent de nous ces dernières années, avec au moins neuf résolutions, pour nous imposer le désarmement de la résistance islamique (rés. 0559), et le type de rapport que nous devons avoir avec notre voisin syrien (rés. 0680). Bush parle de démocratie, délections, de partis, de presse libre, et on est en train de déstabiliser un pays comme le Liban qui, dune certaine manière, jouit de ces droits depuis 1943, et a toujours été un espace de liberté dans tout le monde arabe.

Ne pensez-vous pas que ces politiques, soutenues par certains secteurs du gouvernement libanais, peuvent dangereusement aggraver les contrastes confessionnels ?

Sans aucun doute, et cest pour ça que, nous, nous accordons la plus grande importance au dialogue entre communautés, fois et partis. Au Liban, aucune secte, orientation politique, ou région ne peut imaginer gouverner sans ou contre les autres. Sil y a une certaine stabilité au Liban, on la doit à cette politique de dialogue que le Hezbollah promeut avec le soutien des deux tiers du pays au moins. Aujourdhui, nous avons à nos côtés le mouvement de Michel Aoun, soutenu par 70 % de la communauté chrétienne, de nombreux autres dirigeants chrétiens, laïcs ou druzes, et une bonne partie de la communauté sunnite. Majorité, cependant, qui ne se reflète pas au parlement et au gouvernement, à cause de la loi électorale et des circonstances particulières dans lesquelles se sont déroulées les élections (les premières après la mort de Hariri, NDR). Doù limpasse actuelle de la situation, pour sortir de laquelle, au lieu dune crise à laveugle, qui serait très dangereuse, nous demandons une ouverture du gouvernement au mouvement dAoun. Une véritable unité nationale.

Un des points principaux de désaccord avec les USA, et pas seulement avec eux, est la demande de désarmement de la résistance libanaise...

Le Liban a toujours été menacé et attaqué par Israël, depuis 1948, et il a été occupé de 1978 à 2000 sans que personne ne fasse respecter la résolution 425 de lOnu sur le retrait israélien. Si Israël a quitté une grande partie de notre territoire, on le doit à la résistance. Et si le Liban nest pas touché à nouveau, on le devra à la dissuasion que nous sommes arrivés à créer sur la frontière. Personne ne peut nous enlever le droit de nous défendre et de libérer la zone encore occupée des fermes de Sheba, et personne ne veut ou ne peut garantir quIsraël ne nous attaquera plus. La résistance pourra, oui, uvrer aux côtés de larmée régulière mais pour le moment, on ne parle pas de désarmement.


 

27/06/06 - Quand le Mossad trame au Pays des Cèdres


par STEFANO CHIARINI, il manifesto, 17 juin 2006.

Traduit de litalien par Marie-Ange Patrizio


Une Mercedes grise réduite à un amas de tôle bien en vue au quartier général des services secrets militaires dans la banlieue de Sidon. Cest ce qui reste de l'explosion qui, le 26 mai dernier, a tué Mahmoud Majzoub, chef militaire du Jihad Islamique au Liban, et son frère Nidal, lui aussi militant de l'organisation. La voiture, garée devant chez eux, a explosé dès que les deux militants palestiniens sont sortis de la maison pour aller travailler. Une charge ni trop forte ni trop faible, pratiquement parfaite. Le meurtre des deux frères a secoué profondément les habitants de Sidon proches depuis toujours de la cause palestinienne, pour laquelle ils ont payé le prix fort (2000 victimes dans les bombardements de 1982) et les rues de la ville ont vu ces jours-ci défiler d'imposantes manifestations unitaires. Par milliers, Libanais et réfugiés palestiniens du camp voisin de Aïn El Heloueh (90.000 habitants) ont répondu à un appel à manifester lancé par les mouvements nationalistes arabes et nassériens (sunnites), traditionnellement hégémoniques en ville, les mouvements chiites du Hezbollah et de Hamal, divers groupes palestiniens et, avec la solidarité, même, du Mouvement patriotique libre de lex-général chrétien maronite Michel Aoun.
En pratique, le nouvel axe de la coalition interconfessionnelle (avec le représentant maronite prosyrien Souleyman Frangié et le sunnite de Tripoli Omar Karamé qui soppose : à un nouveau mandat colonial sur le Liban des USA et de la France, au désarmement de la résistance palestinienne et libanaise et à une rupture des rapports avec Damas, programme qui avait été avancé par la majorité du gouvernement dunité nationale dont font partie le premier ministre Fouad Siniora, la Hariri Inc sunnite, les Forces phalangistes de Samir Geagea, protagoniste du massacre de Sabra et Chatila et le leader druze Walid Jumblatt. Cette fois cependant, la demande de justice des habitants de Sidon semble avoir été en partie satisfaite et les forces de sécurité libanaises ont découvert, pour la première fois, un réseau sophistiqué qui aurait accompli des dizaines dattentats pour le compte des services secrets israéliens.
Le chef du groupe serait un citoyen druze de lex-zone occupée par Israël, ex-fonctionnaire des forces de sécurité libanaises, ex-officier dans les milices pro israéliennes du sud Liban du général Lahad, ainsi que petit-fils dun représentant du Parti Socialiste progressiste de Walid Jumblatt. Mahmoud Rafeh, suspect numéro un, aurait avoué être responsable de quatre attentats dans lesquels ont été tués, outre Mahmoud et Nidal Majzoub, les représentants du Hezbollah Ali Hassan Dieb, (Abra 16 VIII 1999) et Ali Saleh (Beyrouth sud, 2 VII 2003) et le Palestinien Jihad Jibril.
La base des opérations aurait été une villa du centre-sud libanais de Hasbaya appartenant à Mahmoud Rafeh, où les enquêteurs ont trouvé, dans le garage, des appareils de communication sophistiqués, des communications interceptées avec leurs documents chiffrés, les dossiers sur deux représentants du Jihad tués, des faux papiers, et des uniformes militaires. Parmi les membres du groupe identifiés et maintenant recherchés, il y aurait aussi un militant palestinien du camp de Aïn El Heloueh, Hussein Kattab, déjà arrêté parce quil était suspecté dêtre compromis dans lassassinat de Jihad Jibril, puis remis en liberté à la suite dune intervention de certains cheiks islamistes sunnites.
Mahmoud Rafeh aurait été recruté par le Mossad en 1994, sur proposition de Alameddine Badaoui, responsable des services de la milice pro-israélienne du Sud Liban, en fuite en Israël. La découverte du groupe des agents qui travaillaient pour les services secrets israéliens est en train davoir de profondes répercussions politiques sur la scène libanaise. Le parti chiite Hezbollah, et les autres mouvements dopposition à laxe pro-USA, commentant lépisode, ont rappelé combien Israël constitue encore une menace pour le Liban et, en conséquence la nécessité de ne pas désarmer la résistance, et de ne pas « exclure de la liste des suspects des homicides et des attentats qui ont eu lieu au Liban » les services de Tel Aviv. Une référence claire aussi à la possibilité dune implication israélienne dans lattentat contre lex-Premier ministre Rafic Hariri, tué le jour de la Saint Valentin en 2005.

 

 

20/06/06 - Un "serial killer" israélien au Liban :, des commandos israéliens et des techniques de la mort


par Marie Nassif Debs, 16 juin 2006, Courriel : <mariedebs@dm.net.lb>
Depuis neuf jours, la "surprise de l'aube" préparée et exécutée, depuis plus de sept ans, par Israël contre des Libanais et des Palestiniens, nous fait, plutôt, découvrir des surprises en série, à tel point que le Conseil des ministres libanais a pris la décision de saisir le Conseil de sécurité des Nations Unies et peut-être même le tribunal international que l'ONU va constituer pour suivre les meurtres perpétrés contre Rafic Hariri et d'autres personnalités durant l'année 2005.
Les nouvelles surprises sont :
D'abord, la présence de plusieurs réseaux d'espionnage israéliens, dont l'un est dirigé par le Palestinien Hassan Khattab, membre du "Front de libération de la Palestine-direction générale" (dirigé par Ahmad Gibril dont le fils, Jihad, fut tué à Beyrouth, il y a de cela quelques années).
Ensuite, l'exécution de certaines opérations par de femmes et d'hommes israéliens appartenant au Mossad venus au Liban grâce à des passeports arabes ou européens.
Enfin (jusqu'à ce jour), le rôle suspect d'une firme de produits pharmaceutiques jordanienne (Pharmia) dans laquelle travaillait Hassan Khattab et dont les locaux près de l'AIB (Aéroport international de Beyrouth) furent investi hier par les FSI qui y ont découvert des "documents".
Toutes ces découvertes ont été proclamées par le ministre libanais de la défense dans une conférence de presse tenue hier. Cette conférence fut retardée de deux heures à cause de tentatives américaines visant à l'interdire : l'ambassadeur américain a Beyrouth, Geffry Filtmann, soutenu par le représentant de l'ONU au Liban G. Pederson, ont fait de nombreux contacts et des visites dans lesquelles ils ont insisté sur le "rôle" qu'aurait pu jouer le Hezbollah dans la découverte des réseaux israéliens. Ces contacts furent suivis par une visite inopinée des deux ambassadeurs, ainsi que de l'ambassadeur de Grande Bretagne, au bureau du ministre de la défense où ils ont discuté pendant deux heures, retardant ainsi, mais sans pouvoir l'arrêter, la conférence de presse du ministre.
Dans cette conférence de presse, le ministre libanais de la défense a parlé de "techniques de pointe" utilisées, même à partir des airs ; il a évoqué des "commandos israéliens venus par mer au Liban" et "des malles noires que ces commandos ont délivrées" à leurs agents libanais et palestiniens. Il a aussi nié tout rôle du Hezbollah dans la découverte du réseau israélien.

 

05/06/06 - Colére à Beyrouth aprés une émission satirique contre Cheikh Hassan Nasrallah, le dirigeant du Hezbollah


Plusieurs milliers de manifestants, rendus furieux par une émission télévisée tournant en dérision le dirigeant du Hezbollah, sont descendus jeudi soir dans les rues du sud de Beyrouth, brûlant des pneus et bloquant plusieurs axes routiers, dont l'autoroute vers l'aéroport international.
La police ne signalait pas de victimes. Les incidents ont débuté peu aprés une émission satirique de la chaîne de télévision libanaise privée LBC, au cours de laquelle un acteur parodiait Cheikh Hassan Nasrallah.
Les manifestants arboraient des portraits du chef du mouvement et scandaient des slogans de soutien. La police n'est pas intervenue mais selon des responsables des services de sécurité, des soldats ont été déployés le long de l'ancienne ligne de démarcation au sud du Beyrouth pour éviter tout incident.
Le Hezbollah a diffusé une déclaration sur sa chaîne de télévision, Al-Manar, affirmant que l'émission satirique a "insulté le symbole de la résistance et son chef". Le mouvement a toutefois appelé ses partisans au calme, leur demandant de "mettre un terme à leur action". Cheikh Nasrallah a par la suite appelé Al-Manar, appellant les manifestants à "rentrer chez eux".
Source : AFP, 2 juin 2006

 

25/05/06 - Assassinat de Rafic Hariri : des indices passés sous silence


Les Etats-Unis et Israël pourraient être impliqués dans l'assassinat de Rafic Hariri.

C'est ce qu'affirme le journaliste allemand Jürgen Cain Külbel dans un livre qui vient de paraître outre-Rhin (*) sous le titre « Mordakte Hariri. Unterdrückte Spuren im Libanon » (Dossier de l'assassinat d'Hariri. Des indices passés sous silence au Liban).

L'auteur reproche à la Commission d'enquête de lONU d'avoir accusé aussitôt la Syrie, sans envisager d'autres pistes possibles, notamment celles menant à Tel Aviv : selon un expert suisse, le système de brouillage dont disposait Rafic Hariri pour empêcher l'activation de bombes à distance a failli. Or, il, ne pouvait être neutralisé que par la société qui l'avait conçu et elle est? israélienne et a été fondée par d'anciens agents du Mossad.

Jürgen Cain Külbel rappelle par ailleurs que Rafic Hariri avait refusé la construction dune base américaine dans le nord du Liban et que son nom figurait sur la liste des hommes à abattre diffusée sur Internet par le « Comité pour un Liban Libre », basé aux Etats-Unis et financé par les néo conservateurs.

Enfin, l'auteur signale l'existence d'un rapport de la CIA datant de 1957 qui proposait aux Britanniques de renverser le pouvoir syrien en faisant croire que Damas était à lorigine de complots et de sabotages dans les pays voisins. Comment se fait-il, aujourdhui, que les personnes ayant témoigné contre les services secrets syriens soient devenues brusquement millionnaires, et que lon n'ait pas retrouvé la trace ADN du kamikaze ayant soi-disant participé à l'attentat ?

(*) http://www.amazon.de/exec/obidos/ASIN/3897068605/303-6048466-4487413

 

 

Pas de preuves contre la Syrie : Interview de Jürgen Cain Kübel, par Jürgen Elsässer


Jürgen Cain Kübel a étudié la criminologie en Allemagne et a travaillé dans cette branche pendant quinze ans.

Question. Votre ouvrage publié dernièrement traité dune affaire d'assassinat au Liban. Qu'y a-t-il de si important, dans cette affaire ?
Réponse. Des tueurs inconnus ont fait sauter l'escorte de véhicules de l'ancien Premier ministre libanais Rafik Hariri à Beyrouth, le 14 février 2005. Ça été le début dune déstabilisation à grande échelle de tout le Liban ce qu'on a appelé la « révolution des cèdres » et, depuis, de menaces incessantes proférées par les États-Unis et leurs alliés à l'adresse de la Syrie voisine. Un changement de régime à Damas a même figuré durant quelque temps à lagenda des néo-conservateurs de Washington.

Q. Mais une commission des Nations unies chargée d'établir les faits a prouvé que cétait bien le gouvernement syrien qui a tout fait pour se débarrasser de l'odieux Hariri, non ?
R. Le blâme à l'encontre de la Syrie est venu du gouvernement Bush bien avant que le cadavre ait été complètement refroidi. La commission de l'ONU chargée d'établir les faits la confirmé. L'affaire est très glauque. Il ny a pas de preuves de la filière syrienne. Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, pouvait difficilement sauver sa propre position, au début 2003. Son fils était vilainement impliqué dans le scandale « pétrole contre nourriture » c'était à propos de tractations tournant autour du pétrole irakien et entachées de corruption. Bien sûr, Annan sétait exposé au chantage, de la sorte, et il s'est donc aligné sur les Américains comme un petit chien-chien obéissant : il a installé à la hâte sa commission onusienne à Beyrouth afin d'élucider l'assassinat. Il a inculqué le suivi de la « piste syrienne » et la piste syrienne uniquement dans les têtes de ses enquêteurs. Détail piquant, Carla del Ponte, le procureur en chef du procès contre Slobodan Milosevic à La Haye, a proposé de mettre son ami, le fameux procureur allemand Detlev Mehlis, à la tête de la commission de lONU. C'est Mehlis qui a fait le sale boulot cétait exactement l'homme quil fallait pour cela et a façonné deux vagues rapports dans lesquels des témoins achetés, soumis au chantage voire torturés en vue des poursuites contre les Syriens ont pu s'exprimer. Plus tard, quand ces témoins sont revenus sur leurs témoignages, Mehlis sest retrouvé bien ridicule, avec ses gros mensonges, face à l'opinion publique. L'affaire ne la nullement blessé : le 29 mars, Mehlis a reçu la Croix fédérale du Mérite, et de première classe encore, des mains du président fédéral de l'Allemagne, Horst Köhler, « pour ses mérites et services rendus dans la guerre contre les terroristes violents opérant à l'échelle internationale ».

Q. Quelles sont vos découvertes les plus intéressante, à propos de l'assassinat ?
R. La plus intéressante, cest celle-ci : les émetteurs de brouillage du convoi de Hariri ont complètement lâché, durant l'assassinat. Sans cette panne, l'assassinat n'aurait pu réussir parce que l'électronique est capable dempêcher les ignitions à distance par GSM. La panne est dautant plus remarquable que les appareils étaient actifs avant et pendant l'assassinat et l'un deux l'était même après aussi. Les gens qui ont fourni l'appareillage venaient d'une firme israélienne. Jai pu établir ce fait sans lombre d'un doute, bien qu'il ne soit pas mentionné dans le rapport de la commission des Nations unies. Jai parlé avec lun des propriétaires de la firme qui a fourni les appareils de toute façon, c'était un ancien membre des services secrets de l'armée israélienne.

Q. Et les hommes derrière l'affaire ?
R. Il y a tout un marécage de néo-conservateurs américains, de gens de l'extrême droite israélienne et de politicards libanais en exil qui, depuis des années, travaillent à un renversement de Beyrouth. Jai pu parler à certains d'entre eux personnellement. Le fait marquant de mes investigations a été une interview du chef de la « Commission américaine pour un Liban libre » (USCFL), Ziad K. Abdelnour, qui vit aux États-Unis. La commission avait placé Hariri sur la liste des hommes à abattre et Abdelnour a travaillé avec des gens de l'administration américaine et nombre de néo-conservateurs notoires. Il est un proche allié de Richard Perle et de Daniel Pipes, l'homme qui hait les Arabes. Abdelnour joue le même rôle contre la Syrie qu'Ahmed Chalabi contre l'Irak : payé par les États-Unis pour inventer des prétextes de guerre.

Original : http://www.jungewelt.de/2006/04-11/046.php
Source de la version française : http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2006-05-03%2006:35:08&log=invites

 

Mandat d'amener syrien à l'encontre de Walid Joumblatt

 

Le ministre libanais des Télécommunications, Marwan Hamadé, a confirmé lundi l'existence de mandats d'amener, lancés par la justice syrienne, à l'encontre du chef druze de la majorité parlementaire antisyrienne, Walid Joumblatt, et de lui-même.

M. Hamadé a ajouté que ces mandats constituaient une "menace". "Il y a eu des mandats d'amener délivrés par le tribunal pénal syrien de première instance à l'encontre de Walid Joumblatt, de moi-même et du journaliste Farès Khachan", a affirmé M. Hamadé devant la presse.

Un avocat syrien avait déclaré le 20 février à l'AFP à Damas que le tribunal militaire syrien avait lancé une action judiciaire contre M. Joumblatt, accusé "d'inciter l'administration américaine à occuper la Syrie" et de "diffamation" contre Damas, que M. Joumblatt avait rendu responsable d'attentats à l'explosifs et d'assassinats perpétrés au Liban.

MM. Joumblatt et Hamadé font partie de la majorité parlementaire antisyrienne, qui fait assumer à la Syrie la responsabilité de l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri (février 2005) ainsi que de la série de crimes perpétrés contre des hommes politiques et des journalistes antisyriens.

M. Hamadé, qui avait échappé à un attentat à l'explosif en octobre 2004, a précisé qu'il n'avait pas été informé officiellement de ces mandats d'amener "car la justice libanaise les a renvoyés à l'expéditeur".

"Ces méthodes constituent des menaces contre notre sécurité après tout ce qui s'est passé", a-t-il ajouté.

Il a indiqué qu'il allait mettre ces informations à la disposition de la Commission internationale d'enquête de l'Onu dans l'affaire Rafic Hariri.

M. Hamadé a par ailleurs dénoncé "l'attaque" qu'a lancée la revue syrienne Al-Iqtissadiya, alors que le Premier ministre libanais Fouad Siniora prépare sa prochaine visite à Damas afin de tenter d'améliorer les relations entre les deux pays au plus bas depuis le départ des troupes syriennes du Liban en avril 2005.

L'hebdomadaire syrien a demandé à M. Siniora de "sanctionner" les hommes politiques libanais qui ont porté atteinte à la Syrie en l'accusant de l'assassinat de Rafic Hariri.

"Pour instaurer des relations privilégiées entre les deux pays, (...) il faudrait sanctionner tous ceux qui ont participé à la campagne hystérique visant à porter atteinte à l'image de la Syrie en tentant de l'accuser de l'assassinat de Rafic Hariri", écrit le journal, dans son dernier numéro paru dimanche.

Il est nécessaire de "sanctionner les politiciens libanais qui ont profité de l'assassinat pour (...) appeler à renverser le régime" syrien dans une allusion à M. Joumblatt. Source : AFP, 3 avril 2006

 

 

Création d'un tribunal pour l'assassinat de Hariri, une première


Le feu vert de l'Onu à la création d'un tribunal à caractère international pour juger les responsables de l'assassinat de Rafic Hariri, qui constitue "une première", répond à une demande unanime des Libanais qui a été consacrée par la conférence nationale de dialogue.
Le juriste et professeur de droit à l'Université libanaise Sami Salhab a indiqué que c'était la première fois qu'un tribunal spécial sera créé pour un crime qualifié de "terroriste" par l'Onu, "alors que les tribunaux spéciaux créés pour les crimes au Sierra Leone, au Rwanda ou au Cambodge ont jugé des crimes de guerre ou contre l'humanité".
Dans une résolution adoptée à l'unanimité, le Conseil de sécurité a chargé mercredi le secrétaire général, Kofi Annan, de négocier un accord avec le gouvernement libanais visant à créer un tribunal international pour juger les inculpés de l'assassinat de l'ex Premier ministre Rafic Hariri en février 2005.
Le Conseil s'est fondé sur les conclusions du conseiller juridique de l'Onu, Nicolas Michel, dépêché à Beyrouth en janvier.
Le gouvernement libanais avait demandé officiellement la création d'un tribunal "à caractère international". Cette demande qui avait fait un temps l'objet de divergences au sein du cabinet avait été ensuite entérinée à l'unanimité par les principaux dirigeants libanais réunis au sein de la conférence de dialogue national.
Le ministre libanais de la Justice, Charles Rizk, a déclaré jeudi que le Liban se félicitait de cette décision "qui reflète les relations excellentes entre le Liban et l'Onu". "Nous pouvons aller très vite (...) La réputation de lenteur de l'Onu se trouve démentie dans notre cas. Nous avons travaillé au pas de course, car le Liban a hâte de voir la formation d'un tel tribunal dont nous sommes prêts à garantir le financement", a indiqué M. Rizk.
Le siège et la composition du tribunal doivent encore être décidés avec l'Onu.
Pour M. Salhab, c'est la nature du crime et l'évolution de l'enquête qui ont amené à la formation d'une telle instance à caractère international.
"Par la résolution 1595, qui a qualifié l'assassinat de Rafic Hariri de crime terroriste et qui a créé une commission d'enquête internationale, la communauté internationale a marqué une volonté sans précédent de sanctionner la pratique de l'assassinat politique", a estimé cet expert.
D'autre part, selon lui, la création d'un tribunal international "confirme ce que l'enquête a déjà montré, à savoir que ce crime avait des implications régionales sinon internationales, et n'implique pas que des Libanais".
La création du tribunal qui devrait être formé d'une majorité de magistrats étrangers avec une participation libanaise résoudra les problèmes de compétence juridique, même s'il sera basé sur le droit libanais, à l'exception de l'application de la peine de mort, a-t-il ajouté.
Jusqu'à présent 12 Libanais ont été arrêtés dans ce crime, notamment quatre généraux.
Un témoin, Mohammad As-Sadiq, a été arrêté en France puis récemment relâché, alors que les témoins syriens l'ont été à Vienne.
Dans deux rapports d'étape, l'ancien chef de la commission d'enquête, l'Allemand Detlev Mehlis, avait conclu à des "preuves convergentes" de l'implication des services de renseignement syriens et libanais.
Dans son premier rapport il y a deux semaines, le chef de la commission d'enquête Serge Brammertz, qui doit rencontrer en avril le président syrien Bachar al-Assad, a fait état de progrès dans la coopération de Damas.
Source : www.aloufok.net avec agences de presse, 30 mars 2006

 

Seconde missive de Samir AL KINTAR au député WALID JOUMBLATT


Source : Assafir, Beyrouth, 21 janvier 2005.
Traduit de l’arabe par Ahmed Manï, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (transtlaxcala@yahoo;com). Cette ttaduction est en Copyleft.

Le prisonnier Samir AL KINTAR a envoyé une seconde missive à Walid Joumblatt par l’intermédiaire de son avocat qui lui a rendu visite hier, 20 janvier 2005, à la prison de Haddarim en Israël. Cette lettre est une suite de celle qu’il lui a envoyée il y a deux semaines [ > http://quibla.net/mda2006/liban2006.htm].

À la lumière du communiqué publié par la famille du détenu Samir Al KINTAR, je me dois de rappeler ce qui suit :
1) Je respecte l’allégeance de certains membres de ma famille à Walid Joumblatt. C’est là leur conviction, elle n’est pas la mienne.
2) Celui qui respecte les choix fondamentaux est mon frère et mon compagnon de route et mon allégeance n’a jamais été et ne le sera jamais qu’aux choix fondamentaux, qui sont l’arabisme, l’unité et la démocratie du Liban, de même que la poursuite de sa lutte contre le projet sioniste dans la région, son maintien comme le cœur battant de l’arabisme et le refus de le transformer en partie de la présence américano- sioniste pour frapper la résistance au Liban et dans la profondeur arabe résistante représentée aujourd’hui par la Syrie, la résistance palestinienne et celle du peuple iraquien..
3) J’estime qu’il est du devoir du gouvernement libanais de porter l’affaire des prisonniers sur toutes les scènes internationales, de même qu’il est de son devoir de soutenir la résistance qui déploie des efforts considérables pour me faire libérer à la première occasion. Aussi, je réclame que le gouvernement libanais déclare en urgence que la résistance libanaise n’est pas une milice.
4) Chaque frère et chaque camarade au Liban et ailleurs, en accord avec les choix fondamentaux que je viens de rappeler, est mon porte-parole et me représente pour chaque mot qu’il prononce.
5) Quand je réitère mon appel à revenir à l’attachement aux principes du martyr Kamal JOUMBLATT et à son passé militant, c’est pour confirmer aussi que les armes de la résistance du Hezbollah et son chef, son éminence Hassan NASRALLAH, constituent une ligne rouge et que tout propos visant à les accuser de trahison, me touche directement et je le considère comme un poignard dans le cœur.
6) Je refuse les opérations d’assassinats criminels qui se sont produites au Liban et je l’ai bien exprimé dans mes lettres de condoléances aux familles des martyrs. J’exige de connaître la vérité sur les assassinats de ces martyrs et à leur tête le grand martyr Rafic EL HARIRI. En même temps, je refuse que la recherche de la vérité soit instrumentalisée pour attaquer les acquis de la résistance libanaise, ses martyrs et les sacrifices de ses résistants.
Je refuse aussi que la recherche de la vérité se fasse en poignardant la Syrie dans le dos, surtout en l’absence de preuves concrètes de son implication dans ce crime abominable ainsi que d’autres crimes.
7) Je déclare mon soutien à tous les cadres qui refusent l’américanisation et la sionisation du Liban et de toute la région et je m’engage à participer aux activités de tous ces cadres à travers mon frère Bessam AL KINTAR.
8) Je voudrais affirmer que je n’ai jamais cherché à quitter le navire dans un acte de salut personnel.et que je ne le ferai jamais. Au contraire, je me suis engagé et je m’engage à demeurer dans le navire de la liberté, de l’honneur et de la dignité. De même que je m’engage à tout faire, avec mes frères et mes camarades, pour empêcher que le navire ne coule, quelque soit le prix à payer.
9) L’allégeance à la patrie passe par l’allégeance aux choix nationaux fondamentaux sur lesquels il ne peut y avoir aucune surenchère, quelque soit les sacrifices consentis.

 

"Je refuse toute parole remettant en cause la résistance"- Samir Kintar écrit à Walid Joumblatt


Samir Kintar, prisonnier de guerre libanais en Israël depuis 1979, vient d'écrire au leader du Parti socialiste populaire, Walid Joumblatt, depuis sa prison de Haddarim, en Palestine occupée :
En quittant les côtes de Sour, ce soir du 22 avril 1979, je me remémorais le fil des événements ayant marqué mon enfance et ma tendre jeunesse. Je m'en suis souvenu, en cet instant précis et crucial, au moment même où tout individu devait être en pleine possession de ses capacités psychologiques et morales. Kamal Joumblatt, dans sa stature élevée, était présent dans mon esprit, s'adressant à ceux qui ne portaient pas la chemise : "La vie est une victoire pour ceux qui possèdent une force intérieure, et non pour les faibles".

Cette parole fut présente à mon esprit dans tous les moments difficiles et amers, lorsque le clapotis des vagues a failli faire couler le canot pneumatique qui me transportait, avec mes camarades, vers la terre chérie de la Palestine, lorsque la cohorte des sionistes rancuniers m'ont encerclé, alors que je n'avais plus la capacité de bouger, ayant été touché de cinq balles dans tout le corps, et qu'ils se sont mis à me supplicier, sur le sol de la bataille, lorsque l'instructeur a éteint ses cigarettes sur ma main, dans les caves de la torture de la prison de Sarafand, lorsque je fus isolé, l'an dernier, dans la prison de Jalameh, pendant huit jours, sans nourriture, et que la faim rongeait mon corps. Ces paroles furent ma provision ultime, ce dont je suis fier et m'enorgueillis. Aujour'hui, je suis assis, triste, dans ma cellule de la prison de Haddarim. J'aperçois à la télévision le fils de cet homme remarquable qui a dit un jour : "les armes sont la parure des hommes, la victoire, ô mes camarades, est inéluctable". Je le vois, debout, en train de prononcer un discours à quelques mètres du lieu où gît Kamal Jumblatt.

Walid Kamal Jumblatt, il m'est pénible, et cela me rend triste de t'entendre, de te voir, tendu, faire des déclarations qui n'ont à voir ni avec ton passé militant, ni avec l'histoire politique enracinée de cette famille qui a subi malheurs sur malheurs, depuis des siècles, mais qui est restée la forteresse de la résistance et de la ténacité face aux envahisseurs.

Walid Kamal Joumblatt, je, soussigné, Samir Kintar, élève de l'école de Kamal Joumblatt et de Jamal Abdel Nasser, fils de la montagne de l'arabisme, de laquelle ont germé les défenseurs des citadelles, je déclare que toute parole remettant en cause les armes de la résistance et les frères du Hezbollah, me poignardent au plus profond et laissent une blessure béante qui ne se cicatrisera que lorsque tu reviendras à ta place naturelle, Walid Joumblatt, petit-fils de Shakib Arslan, fils de Kamal Joumblatt et descendant de la montagne qui ne peut être que celle de la résistance.

J'espère que cet appel trouvera une réponse rapide et qu'il ne sera jamais considéré comme une accusation de trahison ou de supercherie. Ce qui m'a poussé à écrire, c'est mon ardent désir de voir le jour de ma liberté et de mon accueil sur le sol de ma Patrie et dans mon village. Voir les envahisseurs de l'Iraq retourner de là où ils sont venus, et non à m'attendre, à l'aéroport, pour me conduire à la prison de Guantanamo.
Source : http://www.aloufok.net/

 

 

Détenus libanais en Israël : les familles remettent un mémorandum à Jack Straw


Source : http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=2753/.
Traduit de l’arabe par Ahmed Manaï, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (transtlaxcala@yahoo.com). Cette traduction est en Copyleft

 

Les familles des détenus dans les prisons israéliennes et des disparus, Samir El Kantar, Yahia Sakkaf et Nessim Nasr, ont rencontré le ministre britannique des Affaires étrangères Jack Straw au cours de sa visite au chef du gouvernement Fouad Siniora au palais du gouvernement et lui ont remis un mémorandum expliquant la situation des prisonniers et des disparus libanais dans les prisons israéliennes. Elles lui ont demandé d’agir en urgence auprès des autorités d’occupation pour la libération des prisonniers et des détenus.
Le ministre britannique a attaché un grand intérêt à l’affaire et a tenu à s’informer sur la situation de chacun des membres de ces familles, de leur nombre et de leur statut, promettant de poser le problème au gouvernement israélien et de faire parvenir la réponse Israélienne aux familles par l’intermédiaire de l’ambassadeur britannique à Beyrouth.
Le mémorandum des familles était adressé adressé à Straw en ces termes : nous espérons qu’en embrassant votre fille unique, vous vous souviendrez que nous sommes privées d’embrasser nos enfants prisonniers et disparus, depuis plus d’un quart de siècle et que nos chers enfants sont eux-mêmes empêchés de marcher à la lumière du soleil, que la seule musique qu’ils écoutent est celle des grincements des portes des geôles que le gardien ouvre une fois par jour pour leur apporter leur mauvaise pitance.
La liste des prisonniers :
Samir El Kantar : dans trois mois, il entamera sa 28ème année de détention, en exécution d’une série de jugements iniques qui l’ont condamné à 542 ans et demi, c'est-à-dire à la prison à vie.
Yahia Sakkaf, incarcéré depuis 3 ans et demi dans une prison secrète inaccessible à la Croix rouge et dont Israël nie l’incarcération.
Nessim Nasr, détenu depuis le 3 avril 2002.
Mohamed Feran qui a disparu dans les eaux territoriales libanaises au mois d’octobre 2005. Les autorités militaires israéliennes sont muettes sur son sort.
Israël garde aussi le silence sur la situation de dizaines de disparus libanais, plus de 250, ainsi que sur les dépouilles mortelles, plus de 50. Actuellement, le sort de nos chers détenus et disparus passe par une période de grand doute et de profonde inquiétude, suite particulièrement aux déclarations du Premier ministre Ariel Sharon sur le refus de libérer quelque prisonnier ou disparu que ce soit, ce qui montre clairement qu’Israël veut les garder en otages à des fins de chantage. C’est pour cette raison que nous estimons que le fait de lier le sort des prisonniers libanais avec celui des disparus israéliens au Liban, tels que Ron Arad, Yohanna Katz, Zacharia Paumel et Tesfi Feldmann est quelque chose d’inhumain, d’immoral et de totalement inacceptable.
Nous avons la conviction que le maintien de la question des prisonniers libanais dans l’état actuel est la cause des récents affrontements, les plus violents depuis le retrait israélien en 2000, entre la résistance libanaise et l’ennemi israélien au sud Liban. le 21 novembre 2005.
Sachant l’intérêt exceptionnel que la communauté internationale et le gouvernement britannique tout particulièrement portent à notre Liban bien aimé, nous souhaitons attirer votre attention sur le fait que nous espérons beaucoup que le gouvernement de votre pays fasse des pas concrets en vue de donner au dossier des prisonniers libanais dans les prisons israéliennes une fin heureuse.
Puisque vous avez suffisamment d’influence et de puissance, nous vous suggérons d’aller directement en Israël à la fin de votre visite à Beyrouth pour demander à Ariel Sharon de vous livrer les prisonniers libanais et de nous les ramener à Beyrouth par le même avion. S’il refuse, rappelez-lui que son entêtement à ne pas les libérer, constitue une poursuite des violations israéliennes des principes du droit international relatifs à la protection des droits de l’homme tels que contenus dans la Déclaration universelle des droits humains. Ainsi que les graves violations des principes du droit international humanitaire, contenus dans la Convention de Genève et se rapportant à la protection des civils en temps de guerre, datée du 12 août 1949 et les deux protocoles additifs de 1977.
Nous vous suggérons aussi de lui rappeler la résolution des Nations unies 40/161 A, en date du 16 décembre 1985, qui demande à Israël de libérer tous les citoyens arabes détenus arbitrairement suite à leur lutte pour leur droit et la libération de leur pays de l’occupation.
Il importe de vous informer par ce mémorandum, que nous considérons la résistance libanaise comme étant la force unique qui reste et qui est capable de nous faire ramener nos enfants détenus et prisonniers en Israël et que la campagne internationale menée pour le désarmement de la résistance au sud-Liban va mettre les prisonniers libanais en grave péril parce qu’elle soutient Israël dans sa détermination à les laisser en prison jusqu’à la mort.
Nous souhaitons que très prochainement les efforts en vue de faire exécuter les décisions du Conseil de sécurité concernant les territoires arabes occupés, y compris la résolution 242 de 1967, aboutiront. Ainsi que la résolution 338 de 1973 et surtout la résolution 425 de 1978, qui recommande de mettre fin à toutes les causes du conflit entre le Liban et Israël dont celles qui résultent du maintien de citoyens libanais dans les prisons israéliennes. Ainsi que la résolution 426 de 1978 qui demande aux Nations Unies de contrôler l’exécution intégrale et complète de la résolution 425.
Nous demandons au gouvernement israélien de libérer immédiatement les autres citoyens libanais détenus dans les prisons israéliennes et maintenus dans un état d’otages dans des desseins de chantage. Ainsi que de faire la vérité sur le sort des disparus libanais qui ont été faits prisonniers ainsi que de rendre les dépouilles des morts et ceci en exécution de la Convention de Genève, des recommandations des Nations unies et des injonctions du droit international à ce propos.