Lettre ouverte à M. Nicolas Sarkozy
Ministre d'État, ministre de l'Intérieur
( Vendredi, 21 juillet 2006 ) Monsieur
le Ministre,
Vous n'avez eu de cesse depuis votre engagement dans la
pré-campagne présidentielle à vous présenter
comme un homme
nouveau, répudiant des pratiques du passé largement contributives,
selon vous, du discrédit de la classe politique en France.
Sur le plan international, vous vous étés présenté
lors de votre émission sur TF1, dimanche 16 juillet 2006, à
l'occasion du lancement de votre ouvrage d'été, comme un
ami d'Israël.
Nous en prenons très volontiers acte de vos démarches et
prises de position.
Toutefois, en tant que citoyens français, nous vous serions infiniment
gré de nous apporter les précisions suivantes sur des sujets
qui posent problème à tous ceux qui comme vous sont soucieux
de la bonne gouvernance de la France :
Alors que l'armée israélienne a commencé à
mobiliser, vendredi 23 juillet, ses réservistes pour la poursuite
de ses opérations contre le Liban, comment envisagez-vous de concilier
les engagements de votre conseiller pour les affaires des sans papiers,
M. Arno Klarsfeld, et ses obligations militaires en sa
qualité de réserviste de l'armée israélienne
?
Concilier ses obligations militaires vis à vis d'Israël et
ses fonctions auprès d'un membre du gouvernement français
?
Pensez-vous que M. Klarsfeld pourra continuer à
conseiller utilement son ministre depuis le sud Liban, entre deux roquettes,
et mener de pair ses activités militaires au Liban démoli
par cette même armée israélienne?
Le Conseil d'État , conseiller juridique du gouvernement français,
a-t-il été saisi pour qu'il se prononce sur le caractère
juridique de cette situation qui, de fait, entraîne la France dans
une situation de guerre, via Israël, contre des pays tiers ( aujourd'hui
le Liban et la Palestine ), demain probablement d'autres.
Aussi, dans le domaine de la régularisation des "sans papiers",
vous avez exigé comme préalable à leur régularisation
qu'ils rompent tout lien avec leur pays d'origine. Toutefois, dans le
même temps, vous embauchez un français de souche qui, plutôt
que de servir le drapeau de son pays, effectue son service militaire dans
un pays étranger, en l'occurrence Israël, non en exerçant
une option de nationalité mais en demandant sa naturalisation.
Considérez vous que cette dualité de situation juridique
à des postes de responsabilité politique serait sans préjudice
sur la visibilité et la crédibilité de la diplomatie
française dans la zone ?
Monsieur le Ministre,
Nous vous remercions de toute l'attention que vous porterez à nos
interrogations légitimes, espérant vivement que vous contribuerez
par la pertinence de la haute idée que vous vous faites de la France,
notre pays commun, à dissiper nos troubles et à nous montrer
le chemin de la cohérence intellectuelle et morale au service de
la collectivité nationale.
Très respectueusement.
1 - René Naba, Journaliste-écrivain
Dernier ouvrage paru "Aux origines de la tragédie arabe"
( Éditions Bachari, juin 2006 Paris )
Auteur notamment "Du bougnoule au sauvageon, voyage dans l'imaginaire
français" ( Harmattan 2002 ) " Rafic Hariri, un homme
d'affaires premier ministre " ( Harmattan 2000 ).
2 - Al Faraby, Ecrivain "Quand on a peur, on perd la vue"
( Ed. La société des écrivains,
ISBN 2-7480-2364-1 )
27/06/06 - « Washington déstabilise
le Liban » : entretien avec cheikh Naïm Qassem, secrétaire
adjoint du Hezbollah
par STEFANO CHIARINI, il manifesto, 18 juin 206.
Traduit de litalien par Marie-Ange Patrizio
« L'Europe devrait réfléchir au
dernier message de Zarqawi, qui sadresse non plus aux Irakiens mais
aux habitants de toute l'aire du Bilad as-Shams, de l'Irak à
la Syrie, et de la Palestine à la Jordanie, car il est porteur
d'un projet pour un nouveau Moyen-Orient, théoriquement opposé
mais qui, en réalité, sintrique et converge avec celui
des USA, de « destruction créative » des États
de la région ; si bien que les deux camps, prenant appui sur
la terreur et la peur, finissent par se renforcer mutuellement aux dépens
de nos peuples. Face à cette situation dramatique, l'Europe devrait
choisir entre le chaos provoqué par ces théories du choc
des civilisations, qui se nourrissent du refus de l'Autre, des occupations,
des menaces d'interventions militaires, d'affrontements ethniques et
confessionnels et, au contraire, la politique, le dialogue, le respect
et l'autodétermination des peuples, à commencer par celle
du peuple palestinien ».
Le cheikh Naïm Qassem, secrétaire adjoint du Hezbollah,
nous reçoit dans le salon de son bureau du quartier de Haret
Reik, une des places fortes du mouvement dans la banlieue dégradée
au sud de la capitale. Les mesures de sécurité sont exceptionnelles.
Toute une zone du quartier, d'énormes immeubles de banlieue reliés
entre eux par une ramification dense de câbles électriques,
est fermée par un grand portail pouvant résister à
des camions suicides. Des miliciens en treillis noir et béret
rouge en surveillent les entrées. Nous nous trouvons dans lancienne
« ceinture de la pauvreté et de la peur », à
la périphérie sud de Beyrouth, des quartiers autrefois
connus pour leur misère et, surtout à l'étranger,
pour les enlèvements de citoyens occidentaux. Aujourd'hui la
misère y est toujours, même si elle a beaucoup régressé,
mais la peur, heureusement, est un souvenir du passé. Le climat
est détendu, les filles semblent s'habiller comme elles veulent,
avec le voile ou pas, et toute la zone, à cause des championnats
du monde, est très colorée par des drapeaux de l'Italie
et, en moindre mesure, de l'Allemagne et du Brésil. Hezbollah
et Palestiniens, avec les façades de leurs immeubles recouvertes
d'immenses drapeaux tricolores qui ondoient lentement sous la brise
de la mer toute proche, soutiennent aujourd'hui encore l'Italie, comme
en 1982. Et voudraient que l'Italie et l'Europe défendent, à
nouveau, les droits et la souveraineté de leur peuple.
Qassem, comme toujours élégant dans sa tunique traditionnelle,
élégance sobre renforcée par ce respect dont sont
dotés souvent les hommes de religion, nous déclare : «
Le soutien non critique à Israël et à ses projets
doccupation et de répression, ou cette façon de souffler
sur le feu daffrontements ethniques ou religieux pour déstabiliser
ce pays ou un autre, les thèses du choc des civilisations, le
siège contre la Syrie et lIran, la tentative dutiliser les résolutions
de lOnu pour imposer la volonté US à nos peuples, parler
de démocratie sans reconnaître le gouvernement légitime
du Hamas, tout cela naboutit à rien dautre que favoriser le chaos
et apporter de leau aux thèses de Al Qaïda. L'Europe doit
se rendre compte que sans justice il ne pourra pas y avoir de paix dans
la région, et que les plans des USA sont incompatibles avec la
justice et, donc, avec la paix ».
Comment jugez-vous la politique étasunienne
au Moyen-Orient ?
Washington a trois objectifs : contrôler le pétrole,
faire qu'Israël reste la seule puissance régionale acceptée
et légitimée par tous aux dépens des Palestiniens
et, enfin, obtenir une sorte de mandat sur les gouvernements de la région.
A commencer par le nôtre. Il suffit de voir comment Washington
interfère dans la souveraineté libanaise, jusque dans
les moindres détails : le Conseil de Sécurité aveugle
sur les violations israéliennes- sest occupé de plus en
plus souvent de nous ces dernières années, avec au moins
neuf résolutions, pour nous imposer le désarmement de
la résistance islamique (rés. 0559), et le type de rapport
que nous devons avoir avec notre voisin syrien (rés. 0680). Bush
parle de démocratie, délections, de partis, de presse
libre, et on est en train de déstabiliser un pays comme le Liban
qui, dune certaine manière, jouit de ces droits depuis 1943,
et a toujours été un espace de liberté dans tout
le monde arabe.
Ne pensez-vous pas que ces politiques, soutenues par
certains secteurs du gouvernement libanais, peuvent dangereusement aggraver
les contrastes confessionnels ?
Sans aucun doute, et cest pour ça que, nous,
nous accordons la plus grande importance au dialogue entre communautés,
fois et partis. Au Liban, aucune secte, orientation politique, ou région
ne peut imaginer gouverner sans ou contre les autres. Sil y a une certaine
stabilité au Liban, on la doit à cette politique de dialogue
que le Hezbollah promeut avec le soutien des deux tiers du pays au moins.
Aujourdhui, nous avons à nos côtés le mouvement
de Michel Aoun, soutenu par 70 % de la communauté chrétienne,
de nombreux autres dirigeants chrétiens, laïcs ou druzes,
et une bonne partie de la communauté sunnite. Majorité,
cependant, qui ne se reflète pas au parlement et au gouvernement,
à cause de la loi électorale et des circonstances particulières
dans lesquelles se sont déroulées les élections
(les premières après la mort de Hariri, NDR). Doù
limpasse actuelle de la situation, pour sortir de laquelle, au lieu
dune crise à laveugle, qui serait très dangereuse, nous
demandons une ouverture du gouvernement au mouvement dAoun. Une véritable
unité nationale.
Un des points principaux de désaccord avec les
USA, et pas seulement avec eux, est la demande de désarmement
de la résistance libanaise...
Le Liban a toujours été menacé
et attaqué par Israël, depuis 1948, et il a été
occupé de 1978 à 2000 sans que personne ne fasse respecter
la résolution 425 de lOnu sur le retrait israélien. Si
Israël a quitté une grande partie de notre territoire, on
le doit à la résistance. Et si le Liban nest pas touché
à nouveau, on le devra à la dissuasion que nous sommes
arrivés à créer sur la frontière. Personne
ne peut nous enlever le droit de nous défendre et de libérer
la zone encore occupée des fermes de Sheba, et personne ne veut
ou ne peut garantir quIsraël ne nous attaquera plus. La résistance
pourra, oui, uvrer aux côtés de larmée régulière
mais pour le moment, on ne parle pas de désarmement.
27/06/06 - Quand le Mossad trame
au Pays des Cèdres
par STEFANO CHIARINI, il manifesto, 17 juin 2006.
Traduit de litalien par Marie-Ange Patrizio
Une Mercedes grise réduite à un amas de tôle bien
en vue au quartier général des services secrets militaires
dans la banlieue de Sidon. Cest ce qui reste de l'explosion qui, le
26 mai dernier, a tué Mahmoud Majzoub, chef militaire du Jihad
Islamique au Liban, et son frère Nidal, lui aussi militant de
l'organisation. La voiture, garée devant chez eux, a explosé
dès que les deux militants palestiniens sont sortis de la maison
pour aller travailler. Une charge ni trop forte ni trop faible, pratiquement
parfaite. Le meurtre des deux frères a secoué profondément
les habitants de Sidon proches depuis toujours de la cause palestinienne,
pour laquelle ils ont payé le prix fort (2000 victimes dans les
bombardements de 1982) et les rues de la ville ont vu ces jours-ci défiler
d'imposantes manifestations unitaires. Par milliers, Libanais et réfugiés
palestiniens du camp voisin de Aïn El Heloueh (90.000 habitants)
ont répondu à un appel à manifester lancé
par les mouvements nationalistes arabes et nassériens (sunnites),
traditionnellement hégémoniques en ville, les mouvements
chiites du Hezbollah et de Hamal, divers groupes palestiniens et, avec
la solidarité, même, du Mouvement patriotique libre de
lex-général chrétien maronite Michel Aoun.
En pratique, le nouvel axe de la coalition interconfessionnelle (avec
le représentant maronite prosyrien Souleyman Frangié et
le sunnite de Tripoli Omar Karamé qui soppose : à un nouveau
mandat colonial sur le Liban des USA et de la France, au désarmement
de la résistance palestinienne et libanaise et à une rupture
des rapports avec Damas, programme qui avait été avancé
par la majorité du gouvernement dunité nationale dont
font partie le premier ministre Fouad Siniora, la Hariri Inc sunnite,
les Forces phalangistes de Samir Geagea, protagoniste du massacre de
Sabra et Chatila et le leader druze Walid Jumblatt. Cette fois cependant,
la demande de justice des habitants de Sidon semble avoir été
en partie satisfaite et les forces de sécurité libanaises
ont découvert, pour la première fois, un réseau
sophistiqué qui aurait accompli des dizaines dattentats pour
le compte des services secrets israéliens.
Le chef du groupe serait un citoyen druze de lex-zone occupée
par Israël, ex-fonctionnaire des forces de sécurité
libanaises, ex-officier dans les milices pro israéliennes du
sud Liban du général Lahad, ainsi que petit-fils dun représentant
du Parti Socialiste progressiste de Walid Jumblatt. Mahmoud Rafeh, suspect
numéro un, aurait avoué être responsable de quatre
attentats dans lesquels ont été tués, outre Mahmoud
et Nidal Majzoub, les représentants du Hezbollah Ali Hassan Dieb,
(Abra 16 VIII 1999) et Ali Saleh (Beyrouth sud, 2 VII 2003) et le Palestinien
Jihad Jibril.
La base des opérations aurait été une villa du
centre-sud libanais de Hasbaya appartenant à Mahmoud Rafeh, où
les enquêteurs ont trouvé, dans le garage, des appareils
de communication sophistiqués, des communications interceptées
avec leurs documents chiffrés, les dossiers sur deux représentants
du Jihad tués, des faux papiers, et des uniformes militaires.
Parmi les membres du groupe identifiés et maintenant recherchés,
il y aurait aussi un militant palestinien du camp de Aïn El Heloueh,
Hussein Kattab, déjà arrêté parce quil était
suspecté dêtre compromis dans lassassinat de Jihad Jibril,
puis remis en liberté à la suite dune intervention de
certains cheiks islamistes sunnites.
Mahmoud Rafeh aurait été recruté par le Mossad
en 1994, sur proposition de Alameddine Badaoui, responsable des services
de la milice pro-israélienne du Sud Liban, en fuite en Israël.
La découverte du groupe des agents qui travaillaient pour les
services secrets israéliens est en train davoir de profondes
répercussions politiques sur la scène libanaise. Le parti
chiite Hezbollah, et les autres mouvements dopposition à laxe
pro-USA, commentant lépisode, ont rappelé combien Israël
constitue encore une menace pour le Liban et, en conséquence
la nécessité de ne pas désarmer la résistance,
et de ne pas « exclure de la liste des suspects des homicides
et des attentats qui ont eu lieu au Liban » les services de Tel
Aviv. Une référence claire aussi à la possibilité
dune implication israélienne dans lattentat contre lex-Premier
ministre Rafic Hariri, tué le jour de la Saint Valentin en 2005.
20/06/06 - Un "serial killer" israélien
au Liban :, des commandos israéliens et des techniques de la
mort
par Marie Nassif Debs, 16 juin 2006, Courriel : <mariedebs@dm.net.lb>
Depuis neuf jours, la "surprise de l'aube" préparée
et exécutée, depuis plus de sept ans, par Israël
contre des Libanais et des Palestiniens, nous fait, plutôt, découvrir
des surprises en série, à tel point que le Conseil des
ministres libanais a pris la décision de saisir le Conseil de
sécurité des Nations Unies et peut-être même
le tribunal international que l'ONU va constituer pour suivre les meurtres
perpétrés contre Rafic Hariri et d'autres personnalités
durant l'année 2005.
Les nouvelles surprises sont :
D'abord, la présence de plusieurs réseaux d'espionnage
israéliens, dont l'un est dirigé par le Palestinien Hassan
Khattab, membre du "Front de libération de la Palestine-direction
générale" (dirigé par Ahmad Gibril dont le
fils, Jihad, fut tué à Beyrouth, il y a de cela quelques
années).
Ensuite, l'exécution de certaines opérations par de femmes
et d'hommes israéliens appartenant au Mossad venus au Liban grâce
à des passeports arabes ou européens.
Enfin (jusqu'à ce jour), le rôle suspect d'une firme de
produits pharmaceutiques jordanienne (Pharmia) dans laquelle travaillait
Hassan Khattab et dont les locaux près de l'AIB (Aéroport
international de Beyrouth) furent investi hier par les FSI qui y ont
découvert des "documents".
Toutes ces découvertes ont été proclamées
par le ministre libanais de la défense dans une conférence
de presse tenue hier. Cette conférence fut retardée de
deux heures à cause de tentatives américaines visant à
l'interdire : l'ambassadeur américain a Beyrouth, Geffry Filtmann,
soutenu par le représentant de l'ONU au Liban G. Pederson, ont
fait de nombreux contacts et des visites dans lesquelles ils ont insisté
sur le "rôle" qu'aurait pu jouer le Hezbollah dans la
découverte des réseaux israéliens. Ces contacts
furent suivis par une visite inopinée des deux ambassadeurs,
ainsi que de l'ambassadeur de Grande Bretagne, au bureau du ministre
de la défense où ils ont discuté pendant deux heures,
retardant ainsi, mais sans pouvoir l'arrêter, la conférence
de presse du ministre.
Dans cette conférence de presse, le ministre libanais de la défense
a parlé de "techniques de pointe" utilisées,
même à partir des airs ; il a évoqué des
"commandos israéliens venus par mer au Liban" et "des
malles noires que ces commandos ont délivrées" à
leurs agents libanais et palestiniens. Il a aussi nié tout rôle
du Hezbollah dans la découverte du réseau israélien.
05/06/06 - Colére à Beyrouth aprés
une émission satirique contre Cheikh Hassan Nasrallah, le dirigeant
du Hezbollah
Plusieurs milliers de manifestants, rendus furieux par une émission
télévisée tournant en dérision le dirigeant
du Hezbollah, sont descendus jeudi soir dans les rues du sud de Beyrouth,
brûlant des pneus et bloquant plusieurs axes routiers, dont l'autoroute
vers l'aéroport international.
La police ne signalait pas de victimes. Les incidents ont débuté
peu aprés une émission satirique de la chaîne de
télévision libanaise privée LBC, au cours de laquelle
un acteur parodiait Cheikh Hassan Nasrallah.
Les manifestants arboraient des portraits du chef du mouvement et scandaient
des slogans de soutien. La police n'est pas intervenue mais selon des
responsables des services de sécurité, des soldats ont
été déployés le long de l'ancienne ligne
de démarcation au sud du Beyrouth pour éviter tout incident.
Le Hezbollah a diffusé une déclaration sur sa chaîne
de télévision, Al-Manar, affirmant que l'émission
satirique a "insulté le symbole de la résistance
et son chef". Le mouvement a toutefois appelé ses partisans
au calme, leur demandant de "mettre un terme à leur action".
Cheikh Nasrallah a par la suite appelé Al-Manar, appellant les
manifestants à "rentrer chez eux".
Source : AFP, 2 juin 2006
25/05/06 - Assassinat de Rafic Hariri : des
indices passés sous silence
Les Etats-Unis et Israël pourraient être impliqués
dans l'assassinat de Rafic Hariri.
C'est ce qu'affirme le journaliste allemand Jürgen Cain Külbel
dans un livre qui vient de paraître outre-Rhin (*) sous le titre
« Mordakte Hariri. Unterdrückte Spuren im Libanon »
(Dossier de l'assassinat d'Hariri. Des indices passés sous silence
au Liban).
L'auteur reproche à la Commission d'enquête de lONU d'avoir
accusé aussitôt la Syrie, sans envisager d'autres pistes
possibles, notamment celles menant à Tel Aviv : selon un expert
suisse, le système de brouillage dont disposait Rafic Hariri
pour empêcher l'activation de bombes à distance a failli.
Or, il, ne pouvait être neutralisé que par la société
qui l'avait conçu et elle est? israélienne et a été
fondée par d'anciens agents du Mossad.
Jürgen Cain Külbel rappelle par ailleurs que Rafic Hariri
avait refusé la construction dune base américaine dans
le nord du Liban et que son nom figurait sur la liste des hommes à
abattre diffusée sur Internet par le « Comité pour
un Liban Libre », basé aux Etats-Unis et financé
par les néo conservateurs.
Enfin, l'auteur signale l'existence d'un rapport de la CIA datant de
1957 qui proposait aux Britanniques de renverser le pouvoir syrien en
faisant croire que Damas était à lorigine de complots
et de sabotages dans les pays voisins. Comment se fait-il, aujourdhui,
que les personnes ayant témoigné contre les services secrets
syriens soient devenues brusquement millionnaires, et que lon n'ait
pas retrouvé la trace ADN du kamikaze ayant soi-disant participé
à l'attentat ?
(*) http://www.amazon.de/exec/obidos/ASIN/3897068605/303-6048466-4487413
Pas de preuves contre la Syrie : Interview de
Jürgen Cain Kübel, par Jürgen Elsässer
Jürgen Cain Kübel a étudié la criminologie en
Allemagne et a travaillé dans cette branche pendant quinze ans.
Question. Votre ouvrage publié dernièrement traité
dune affaire d'assassinat au Liban. Qu'y a-t-il de si important, dans
cette affaire ?
Réponse. Des tueurs inconnus ont fait sauter l'escorte de véhicules
de l'ancien Premier ministre libanais Rafik Hariri à Beyrouth,
le 14 février 2005. Ça été le début
dune déstabilisation à grande échelle de tout le
Liban ce qu'on a appelé la « révolution des cèdres
» et, depuis, de menaces incessantes proférées par
les États-Unis et leurs alliés à l'adresse de la
Syrie voisine. Un changement de régime à Damas a même
figuré durant quelque temps à lagenda des néo-conservateurs
de Washington.
Q. Mais une commission des Nations unies chargée d'établir
les faits a prouvé que cétait bien le gouvernement syrien
qui a tout fait pour se débarrasser de l'odieux Hariri, non ?
R. Le blâme à l'encontre de la Syrie est venu du gouvernement
Bush bien avant que le cadavre ait été complètement
refroidi. La commission de l'ONU chargée d'établir les
faits la confirmé. L'affaire est très glauque. Il ny a
pas de preuves de la filière syrienne. Le secrétaire général
des Nations unies, Kofi Annan, pouvait difficilement sauver sa propre
position, au début 2003. Son fils était vilainement impliqué
dans le scandale « pétrole contre nourriture » c'était
à propos de tractations tournant autour du pétrole irakien
et entachées de corruption. Bien sûr, Annan sétait
exposé au chantage, de la sorte, et il s'est donc aligné
sur les Américains comme un petit chien-chien obéissant
: il a installé à la hâte sa commission onusienne
à Beyrouth afin d'élucider l'assassinat. Il a inculqué
le suivi de la « piste syrienne » et la piste syrienne uniquement
dans les têtes de ses enquêteurs. Détail piquant,
Carla del Ponte, le procureur en chef du procès contre Slobodan
Milosevic à La Haye, a proposé de mettre son ami, le fameux
procureur allemand Detlev Mehlis, à la tête de la commission
de lONU. C'est Mehlis qui a fait le sale boulot cétait exactement
l'homme quil fallait pour cela et a façonné deux vagues
rapports dans lesquels des témoins achetés, soumis au
chantage voire torturés en vue des poursuites contre les Syriens
ont pu s'exprimer. Plus tard, quand ces témoins sont revenus
sur leurs témoignages, Mehlis sest retrouvé bien ridicule,
avec ses gros mensonges, face à l'opinion publique. L'affaire
ne la nullement blessé : le 29 mars, Mehlis a reçu la
Croix fédérale du Mérite, et de première
classe encore, des mains du président fédéral de
l'Allemagne, Horst Köhler, « pour ses mérites et services
rendus dans la guerre contre les terroristes violents opérant
à l'échelle internationale ».
Q. Quelles sont vos découvertes les plus intéressante,
à propos de l'assassinat ?
R. La plus intéressante, cest celle-ci : les émetteurs
de brouillage du convoi de Hariri ont complètement lâché,
durant l'assassinat. Sans cette panne, l'assassinat n'aurait pu réussir
parce que l'électronique est capable dempêcher les ignitions
à distance par GSM. La panne est dautant plus remarquable que
les appareils étaient actifs avant et pendant l'assassinat et
l'un deux l'était même après aussi. Les gens qui
ont fourni l'appareillage venaient d'une firme israélienne. Jai
pu établir ce fait sans lombre d'un doute, bien qu'il ne soit
pas mentionné dans le rapport de la commission des Nations unies.
Jai parlé avec lun des propriétaires de la firme qui a
fourni les appareils de toute façon, c'était un ancien
membre des services secrets de l'armée israélienne.
Q. Et les hommes derrière l'affaire ?
R. Il y a tout un marécage de néo-conservateurs américains,
de gens de l'extrême droite israélienne et de politicards
libanais en exil qui, depuis des années, travaillent à
un renversement de Beyrouth. Jai pu parler à certains d'entre
eux personnellement. Le fait marquant de mes investigations a été
une interview du chef de la « Commission américaine pour
un Liban libre » (USCFL), Ziad K. Abdelnour, qui vit aux États-Unis.
La commission avait placé Hariri sur la liste des hommes à
abattre et Abdelnour a travaillé avec des gens de l'administration
américaine et nombre de néo-conservateurs notoires. Il
est un proche allié de Richard Perle et de Daniel Pipes, l'homme
qui hait les Arabes. Abdelnour joue le même rôle contre
la Syrie qu'Ahmed Chalabi contre l'Irak : payé par les États-Unis
pour inventer des prétextes de guerre.
Original : http://www.jungewelt.de/2006/04-11/046.php
Source de la version française : http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2006-05-03%2006:35:08&log=invites
Mandat d'amener syrien à
l'encontre de Walid Joumblatt
Le ministre libanais des Télécommunications,
Marwan Hamadé, a confirmé lundi l'existence de mandats
d'amener, lancés par la justice syrienne, à l'encontre
du chef druze de la majorité parlementaire antisyrienne, Walid
Joumblatt, et de lui-même.
M. Hamadé a ajouté que ces mandats constituaient
une "menace". "Il y a eu des mandats d'amener délivrés
par le tribunal pénal syrien de première instance à
l'encontre de Walid Joumblatt, de moi-même et du journaliste Farès
Khachan", a affirmé M. Hamadé devant la presse.
Un avocat syrien avait déclaré le 20
février à l'AFP à Damas que le tribunal militaire
syrien avait lancé une action judiciaire contre M. Joumblatt,
accusé "d'inciter l'administration américaine à
occuper la Syrie" et de "diffamation" contre Damas, que
M. Joumblatt avait rendu responsable d'attentats à l'explosifs
et d'assassinats perpétrés au Liban.
MM. Joumblatt et Hamadé font partie de la majorité
parlementaire antisyrienne, qui fait assumer à la Syrie la responsabilité
de l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri (février
2005) ainsi que de la série de crimes perpétrés
contre des hommes politiques et des journalistes antisyriens.
M. Hamadé, qui avait échappé à
un attentat à l'explosif en octobre 2004, a précisé
qu'il n'avait pas été informé officiellement de
ces mandats d'amener "car la justice libanaise les a renvoyés
à l'expéditeur".
"Ces méthodes constituent des menaces contre
notre sécurité après tout ce qui s'est passé",
a-t-il ajouté.
Il a indiqué qu'il allait mettre ces informations
à la disposition de la Commission internationale d'enquête
de l'Onu dans l'affaire Rafic Hariri.
M. Hamadé a par ailleurs dénoncé
"l'attaque" qu'a lancée la revue syrienne Al-Iqtissadiya,
alors que le Premier ministre libanais Fouad Siniora prépare
sa prochaine visite à Damas afin de tenter d'améliorer
les relations entre les deux pays au plus bas depuis le départ
des troupes syriennes du Liban en avril 2005.
L'hebdomadaire syrien a demandé à M.
Siniora de "sanctionner" les hommes politiques libanais qui
ont porté atteinte à la Syrie en l'accusant de l'assassinat
de Rafic Hariri.
"Pour instaurer des relations privilégiées
entre les deux pays, (...) il faudrait sanctionner tous ceux qui ont
participé à la campagne hystérique visant à
porter atteinte à l'image de la Syrie en tentant de l'accuser
de l'assassinat de Rafic Hariri", écrit le journal, dans
son dernier numéro paru dimanche.
Il est nécessaire de "sanctionner les politiciens
libanais qui ont profité de l'assassinat pour (...) appeler à
renverser le régime" syrien dans une allusion à M.
Joumblatt. Source : AFP, 3 avril 2006
Création d'un tribunal pour l'assassinat
de Hariri, une première
Le feu vert de l'Onu à la création d'un tribunal à
caractère international pour juger les responsables de l'assassinat
de Rafic Hariri, qui constitue "une première", répond
à une demande unanime des Libanais qui a été consacrée
par la conférence nationale de dialogue.
Le juriste et professeur de droit à l'Université libanaise
Sami Salhab a indiqué que c'était la première fois
qu'un tribunal spécial sera créé pour un crime
qualifié de "terroriste" par l'Onu, "alors que
les tribunaux spéciaux créés pour les crimes au
Sierra Leone, au Rwanda ou au Cambodge ont jugé des crimes de
guerre ou contre l'humanité".
Dans une résolution adoptée à l'unanimité,
le Conseil de sécurité a chargé mercredi le secrétaire
général, Kofi Annan, de négocier un accord avec
le gouvernement libanais visant à créer un tribunal international
pour juger les inculpés de l'assassinat de l'ex Premier ministre
Rafic Hariri en février 2005.
Le Conseil s'est fondé sur les conclusions du conseiller juridique
de l'Onu, Nicolas Michel, dépêché à Beyrouth
en janvier.
Le gouvernement libanais avait demandé officiellement la création
d'un tribunal "à caractère international". Cette
demande qui avait fait un temps l'objet de divergences au sein du cabinet
avait été ensuite entérinée à l'unanimité
par les principaux dirigeants libanais réunis au sein de la conférence
de dialogue national.
Le ministre libanais de la Justice, Charles Rizk, a déclaré
jeudi que le Liban se félicitait de cette décision "qui
reflète les relations excellentes entre le Liban et l'Onu".
"Nous pouvons aller très vite (...) La réputation
de lenteur de l'Onu se trouve démentie dans notre cas. Nous avons
travaillé au pas de course, car le Liban a hâte de voir
la formation d'un tel tribunal dont nous sommes prêts à
garantir le financement", a indiqué M. Rizk.
Le siège et la composition du tribunal doivent encore être
décidés avec l'Onu.
Pour M. Salhab, c'est la nature du crime et l'évolution de l'enquête
qui ont amené à la formation d'une telle instance à
caractère international.
"Par la résolution 1595, qui a qualifié l'assassinat
de Rafic Hariri de crime terroriste et qui a créé une
commission d'enquête internationale, la communauté internationale
a marqué une volonté sans précédent de sanctionner
la pratique de l'assassinat politique", a estimé cet expert.
D'autre part, selon lui, la création d'un tribunal international
"confirme ce que l'enquête a déjà montré,
à savoir que ce crime avait des implications régionales
sinon internationales, et n'implique pas que des Libanais".
La création du tribunal qui devrait être formé d'une
majorité de magistrats étrangers avec une participation
libanaise résoudra les problèmes de compétence
juridique, même s'il sera basé sur le droit libanais, à
l'exception de l'application de la peine de mort, a-t-il ajouté.
Jusqu'à présent 12 Libanais ont été arrêtés
dans ce crime, notamment quatre généraux.
Un témoin, Mohammad As-Sadiq, a été arrêté
en France puis récemment relâché, alors que les
témoins syriens l'ont été à Vienne.
Dans deux rapports d'étape, l'ancien chef de la commission d'enquête,
l'Allemand Detlev Mehlis, avait conclu à des "preuves convergentes"
de l'implication des services de renseignement syriens et libanais.
Dans son premier rapport il y a deux semaines, le chef de la commission
d'enquête Serge Brammertz, qui doit rencontrer en avril le président
syrien Bachar al-Assad, a fait état de progrès dans la
coopération de Damas.
Source : www.aloufok.net avec agences de presse, 30 mars 2006
Seconde missive de Samir AL KINTAR au député
WALID JOUMBLATT
Source : Assafir, Beyrouth, 21 janvier 2005.
Traduit de l’arabe par Ahmed Manï, membre de Tlaxcala, le
réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (transtlaxcala@yahoo;com).
Cette ttaduction est en Copyleft.
Le prisonnier Samir AL KINTAR a envoyé une seconde missive à
Walid Joumblatt par l’intermédiaire de son avocat qui lui
a rendu visite hier, 20 janvier 2005, à la prison de Haddarim
en Israël. Cette lettre est une suite de celle qu’il lui
a envoyée il y a deux semaines [ > http://quibla.net/mda2006/liban2006.htm].
À la lumière du communiqué publié par la
famille du détenu Samir Al KINTAR, je me dois de rappeler ce
qui suit :
1) Je respecte l’allégeance de certains membres de ma famille
à Walid Joumblatt. C’est là leur conviction, elle
n’est pas la mienne.
2) Celui qui respecte les choix fondamentaux est mon frère et
mon compagnon de route et mon allégeance n’a jamais été
et ne le sera jamais qu’aux choix fondamentaux, qui sont l’arabisme,
l’unité et la démocratie du Liban, de même
que la poursuite de sa lutte contre le projet sioniste dans la région,
son maintien comme le cœur battant de l’arabisme et le refus
de le transformer en partie de la présence américano-
sioniste pour frapper la résistance au Liban et dans la profondeur
arabe résistante représentée aujourd’hui
par la Syrie, la résistance palestinienne et celle du peuple
iraquien..
3) J’estime qu’il est du devoir du gouvernement libanais
de porter l’affaire des prisonniers sur toutes les scènes
internationales, de même qu’il est de son devoir de soutenir
la résistance qui déploie des efforts considérables
pour me faire libérer à la première occasion. Aussi,
je réclame que le gouvernement libanais déclare en urgence
que la résistance libanaise n’est pas une milice.
4) Chaque frère et chaque camarade au Liban et ailleurs, en accord
avec les choix fondamentaux que je viens de rappeler, est mon porte-parole
et me représente pour chaque mot qu’il prononce.
5) Quand je réitère mon appel à revenir à
l’attachement aux principes du martyr Kamal JOUMBLATT et à
son passé militant, c’est pour confirmer aussi que les
armes de la résistance du Hezbollah et son chef, son éminence
Hassan NASRALLAH, constituent une ligne rouge et que tout propos visant
à les accuser de trahison, me touche directement et je le considère
comme un poignard dans le cœur.
6) Je refuse les opérations d’assassinats criminels qui
se sont produites au Liban et je l’ai bien exprimé dans
mes lettres de condoléances aux familles des martyrs. J’exige
de connaître la vérité sur les assassinats de ces
martyrs et à leur tête le grand martyr Rafic EL HARIRI.
En même temps, je refuse que la recherche de la vérité
soit instrumentalisée pour attaquer les acquis de la résistance
libanaise, ses martyrs et les sacrifices de ses résistants.
Je refuse aussi que la recherche de la vérité se fasse
en poignardant la Syrie dans le dos, surtout en l’absence de preuves
concrètes de son implication dans ce crime abominable ainsi que
d’autres crimes.
7) Je déclare mon soutien à tous les cadres qui refusent
l’américanisation et la sionisation du Liban et de toute
la région et je m’engage à participer aux activités
de tous ces cadres à travers mon frère Bessam AL KINTAR.
8) Je voudrais affirmer que je n’ai jamais cherché à
quitter le navire dans un acte de salut personnel.et que je ne le ferai
jamais. Au contraire, je me suis engagé et je m’engage
à demeurer dans le navire de la liberté, de l’honneur
et de la dignité. De même que je m’engage à
tout faire, avec mes frères et mes camarades, pour empêcher
que le navire ne coule, quelque soit le prix à payer.
9) L’allégeance à la patrie passe par l’allégeance
aux choix nationaux fondamentaux sur lesquels il ne peut y avoir aucune
surenchère, quelque soit les sacrifices consentis.
"Je refuse toute parole remettant en cause
la résistance"- Samir Kintar écrit à Walid
Joumblatt
Samir Kintar, prisonnier de guerre libanais en Israël depuis 1979,
vient d'écrire au leader du Parti socialiste populaire, Walid
Joumblatt, depuis sa prison de Haddarim, en Palestine occupée
:
En quittant les côtes de Sour, ce soir du 22 avril 1979, je me
remémorais le fil des événements ayant marqué
mon enfance et ma tendre jeunesse. Je m'en suis souvenu, en cet instant
précis et crucial, au moment même où tout individu
devait être en pleine possession de ses capacités psychologiques
et morales. Kamal Joumblatt, dans sa stature élevée, était
présent dans mon esprit, s'adressant à ceux qui ne portaient
pas la chemise : "La vie est une victoire pour ceux qui possèdent
une force intérieure, et non pour les faibles".
Cette parole fut présente à mon esprit dans tous les
moments difficiles et amers, lorsque le clapotis des vagues a failli
faire couler le canot pneumatique qui me transportait, avec mes camarades,
vers la terre chérie de la Palestine, lorsque la cohorte des
sionistes rancuniers m'ont encerclé, alors que je n'avais plus
la capacité de bouger, ayant été touché
de cinq balles dans tout le corps, et qu'ils se sont mis à me
supplicier, sur le sol de la bataille, lorsque l'instructeur a éteint
ses cigarettes sur ma main, dans les caves de la torture de la prison
de Sarafand, lorsque je fus isolé, l'an dernier, dans la prison
de Jalameh, pendant huit jours, sans nourriture, et que la faim rongeait
mon corps. Ces paroles furent ma provision ultime, ce dont je suis fier
et m'enorgueillis. Aujour'hui, je suis assis, triste, dans ma cellule
de la prison de Haddarim. J'aperçois à la télévision
le fils de cet homme remarquable qui a dit un jour : "les armes
sont la parure des hommes, la victoire, ô mes camarades, est inéluctable".
Je le vois, debout, en train de prononcer un discours à quelques
mètres du lieu où gît Kamal Jumblatt.
Walid Kamal Jumblatt, il m'est pénible, et cela me rend triste
de t'entendre, de te voir, tendu, faire des déclarations qui
n'ont à voir ni avec ton passé militant, ni avec l'histoire
politique enracinée de cette famille qui a subi malheurs sur
malheurs, depuis des siècles, mais qui est restée la forteresse
de la résistance et de la ténacité face aux envahisseurs.
Walid Kamal Joumblatt, je, soussigné, Samir Kintar, élève
de l'école de Kamal Joumblatt et de Jamal Abdel Nasser, fils
de la montagne de l'arabisme, de laquelle ont germé les défenseurs
des citadelles, je déclare que toute parole remettant en cause
les armes de la résistance et les frères du Hezbollah,
me poignardent au plus profond et laissent une blessure béante
qui ne se cicatrisera que lorsque tu reviendras à ta place naturelle,
Walid Joumblatt, petit-fils de Shakib Arslan, fils de Kamal Joumblatt
et descendant de la montagne qui ne peut être que celle de la
résistance.
J'espère que cet appel trouvera une réponse rapide et
qu'il ne sera jamais considéré comme une accusation de
trahison ou de supercherie. Ce qui m'a poussé à écrire,
c'est mon ardent désir de voir le jour de ma liberté et
de mon accueil sur le sol de ma Patrie et dans mon village. Voir les
envahisseurs de l'Iraq retourner de là où ils sont venus,
et non à m'attendre, à l'aéroport, pour me conduire
à la prison de Guantanamo.
Source : http://www.aloufok.net/
Détenus libanais en Israël : les
familles remettent un mémorandum à Jack Straw
Source : http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=2753/.
Traduit de l’arabe par Ahmed Manaï, membre de
Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité
linguistique (transtlaxcala@yahoo.com). Cette traduction est en Copyleft
Les familles des détenus dans les prisons israéliennes
et des disparus, Samir El Kantar, Yahia Sakkaf et Nessim Nasr, ont rencontré
le ministre britannique des Affaires étrangères Jack Straw
au cours de sa visite au chef du gouvernement Fouad Siniora au palais
du gouvernement et lui ont remis un mémorandum expliquant la
situation des prisonniers et des disparus libanais dans les prisons
israéliennes. Elles lui ont demandé d’agir en urgence
auprès des autorités d’occupation pour la libération
des prisonniers et des détenus.
Le ministre britannique a attaché un grand intérêt
à l’affaire et a tenu à s’informer sur la
situation de chacun des membres de ces familles, de leur nombre et de
leur statut, promettant de poser le problème au gouvernement
israélien et de faire parvenir la réponse Israélienne
aux familles par l’intermédiaire de l’ambassadeur
britannique à Beyrouth.
Le mémorandum des familles était adressé adressé
à Straw en ces termes : nous espérons qu’en embrassant
votre fille unique, vous vous souviendrez que nous sommes privées
d’embrasser nos enfants prisonniers et disparus, depuis plus d’un
quart de siècle et que nos chers enfants sont eux-mêmes
empêchés de marcher à la lumière du soleil,
que la seule musique qu’ils écoutent est celle des grincements
des portes des geôles que le gardien ouvre une fois par jour pour
leur apporter leur mauvaise pitance.
La liste des prisonniers :
Samir El Kantar : dans trois mois, il entamera sa 28ème année
de détention, en exécution d’une série de
jugements iniques qui l’ont condamné à 542 ans et
demi, c'est-à-dire à la prison à vie.
Yahia Sakkaf, incarcéré depuis 3 ans et demi dans une
prison secrète inaccessible à la Croix rouge et dont Israël
nie l’incarcération.
Nessim Nasr, détenu depuis le 3 avril 2002.
Mohamed Feran qui a disparu dans les eaux territoriales libanaises au
mois d’octobre 2005. Les autorités militaires israéliennes
sont muettes sur son sort.
Israël garde aussi le silence sur la situation de dizaines de disparus
libanais, plus de 250, ainsi que sur les dépouilles mortelles,
plus de 50. Actuellement, le sort de nos chers détenus et disparus
passe par une période de grand doute et de profonde inquiétude,
suite particulièrement aux déclarations du Premier ministre
Ariel Sharon sur le refus de libérer quelque prisonnier ou disparu
que ce soit, ce qui montre clairement qu’Israël veut les
garder en otages à des fins de chantage. C’est pour cette
raison que nous estimons que le fait de lier le sort des prisonniers
libanais avec celui des disparus israéliens au Liban, tels que
Ron Arad, Yohanna Katz, Zacharia Paumel et Tesfi Feldmann est quelque
chose d’inhumain, d’immoral et de totalement inacceptable.
Nous avons la conviction que le maintien de la question des prisonniers
libanais dans l’état actuel est la cause des récents
affrontements, les plus violents depuis le retrait israélien
en 2000, entre la résistance libanaise et l’ennemi israélien
au sud Liban. le 21 novembre 2005.
Sachant l’intérêt exceptionnel que la communauté
internationale et le gouvernement britannique tout particulièrement
portent à notre Liban bien aimé, nous souhaitons attirer
votre attention sur le fait que nous espérons beaucoup que le
gouvernement de votre pays fasse des pas concrets en vue de donner au
dossier des prisonniers libanais dans les prisons israéliennes
une fin heureuse.
Puisque vous avez suffisamment d’influence et de puissance, nous
vous suggérons d’aller directement en Israël à
la fin de votre visite à Beyrouth pour demander à Ariel
Sharon de vous livrer les prisonniers libanais et de nous les ramener
à Beyrouth par le même avion. S’il refuse, rappelez-lui
que son entêtement à ne pas les libérer, constitue
une poursuite des violations israéliennes des principes du droit
international relatifs à la protection des droits de l’homme
tels que contenus dans la Déclaration universelle des droits
humains. Ainsi que les graves violations des principes du droit international
humanitaire, contenus dans la Convention de Genève et se rapportant
à la protection des civils en temps de guerre, datée du
12 août 1949 et les deux protocoles additifs de 1977.
Nous vous suggérons aussi de lui rappeler la résolution
des Nations unies 40/161 A, en date du 16 décembre 1985, qui
demande à Israël de libérer tous les citoyens arabes
détenus arbitrairement suite à leur lutte pour leur droit
et la libération de leur pays de l’occupation.
Il importe de vous informer par ce mémorandum, que nous considérons
la résistance libanaise comme étant la force unique qui
reste et qui est capable de nous faire ramener nos enfants détenus
et prisonniers en Israël et que la campagne internationale menée
pour le désarmement de la résistance au sud-Liban va mettre
les prisonniers libanais en grave péril parce qu’elle soutient
Israël dans sa détermination à les laisser en prison
jusqu’à la mort.
Nous souhaitons que très prochainement les efforts en vue de
faire exécuter les décisions du Conseil de sécurité
concernant les territoires arabes occupés, y compris la résolution
242 de 1967, aboutiront. Ainsi que la résolution 338 de 1973
et surtout la résolution 425 de 1978, qui recommande de mettre
fin à toutes les causes du conflit entre le Liban et Israël
dont celles qui résultent du maintien de citoyens libanais dans
les prisons israéliennes. Ainsi que la résolution 426
de 1978 qui demande aux Nations Unies de contrôler l’exécution
intégrale et complète de la résolution 425.
Nous demandons au gouvernement israélien de libérer immédiatement
les autres citoyens libanais détenus dans les prisons israéliennes
et maintenus dans un état d’otages dans des desseins de
chantage. Ainsi que de faire la vérité sur le sort des
disparus libanais qui ont été faits prisonniers ainsi
que de rendre les dépouilles des morts et ceci en exécution
de la Convention de Genève, des recommandations des Nations unies
et des injonctions du droit international à ce propos.
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