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Monde arabe - Liban

18/08/06 - Les pertes humaines et les dégâts matériels de la guerre d’agression israélienne contre le Liban


Voici le bilan publié par Al Alam, la chaîne de télévision iranienne de langue arabe.

Israël

Militaires tués 430

Avions 2

Chars Merkava 130

Voitures blindées 48

Hélicoptères 5

Navires & vedettes 3

Liban

Enfants tués 433

Femmes tuées 378

Unités d’habitation 9300

Immeubles d’habitation : 226

Ponts et routes 163

Mosquées et bibliothèques 48


Source : http://alalam.ir/site/lobnan/indexarabic.htm/

 

Traduit de l'arabe par Ahmed Manaï, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft : elle est libre de reproduction, à condition d'en respecter l'intégrité et de mentionner ses sources et auteurs.

18/08/06 - Le guide suprême iranien félicite Nasrallah de sa "victoire pour l'Islam"

 

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a félicité jeudi le chef
du Hezbollah libanais Hassan Nasrallah pour "la victoire de la résistance
islamique, qui est une victoire pour l'islam".

Cette "victoire" a "brisé l'image fausse de la grandeur de l'armée
sioniste", a dit la plus haute autorité de la République islamique dans ce
message à cheikh Nasrallah, lu à la télévision nationale.

Selon l'ayatollah, le parti chiite libanais a "imposé sa supériorité
militaire au régime sioniste et établi (sa) suprématie spirituelle sur la
région et le monde", après plus d'un mois de combats au Liban contre l'armée
israélienne.

L'ayatollah Khamenei a encore assuré que les forces du Hezbollah avaient
"ridiculisé le mythe de l'invincibilité de l'armée sioniste et démontré sa
vulnérabilité".

Car selon lui, ce "jihad courageux a prouvé une fois de plus que les armes
modernes et meurtrières sont inefficaces face à la foi, la patience et la
dévotion".

La télévision n'a pas précisé quand et sous quelle forme ce message avait
été délivré à Sayyed Nasrallah.

L'ayatollah Khamenei a aussi mis en garde le parti chiite contre les efforts
de "l'ennemi pour couper" son "bras puissant et efficace", c'est-à-dire ses
forces.

La résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'Onu qui a débouché sur une
cessation des hostilités lundi prévoit que "seul l'Etat libanais sera
autorisé à détenir des armes et à exercer son autorité au Liban".

Pour sa part le chef du Hezbollah a refusé de désarmer "de façon hâtive".

Selon l'ayatollah Khamenei, "l'ennemi", c'est-à-dire les USA et
Israël, essaie "aussi de créer un désaccord entre les hommes politiques
(libanais)" au sujet du Hezbollah.

A Beyrouth, le chef druze Walid Joumblatt, un des piliers de la majorité
parlementaire anti-syrienne, a appelé jeudi le parti de Nasrallah à
respecter l'accord d'armistice conclu entre le Liban et Israël en 1949, et
l'accord de Taëf (1989), qui stipule le démantèlement de toutes les milices
libanaises et la remise de leurs armes.

"Tout le monde doit se méfier, et avec l'aide de Dieu, vous arriverez à
neutraliser ces complots et à obtenir une deuxième victoire", a ajouté
l'ayatollah Khamenei, à l'adresse du Hezbollah.
Source : AFP, 17 août 2006


18/08/06 - L'armée libanaise entre en fanfare dans la « caserne de la honte » à Marjayoun presque désert

 

Au son des cuivres et du tambour, un jeune sergent libanais a hissé jeudi à 09H41 le drapeau rouge et blanc sur la caserne de Marjayoun, qui a vu défiler tous les belligérants dans le sud
du Liban depuis près de quarante ans.

"Les forces israéliennes avaient oublié que notre armée était soutenue par
son peuple et par la résistance", a lancé solennellement le général Charles
Chikhani, commandant de la 10ème brigade d'infanterie.

"Votre présence ici est la victoire du peuple et vous allez vous déployer
dans la région pour assurer la sécurité des citoyens", a-t-il déclaré.

Casqué, martial, face à ses hommes disposés en "U" dans la cour de la
caserne, occupée il y a encore quelques jours par les soldats israéliens
lors de ses combats contre le Hezbollah, il a salué les "martyrs qui ont
versé leur sang pour leur patrie".

Au même moment, son prédécesseur à la tête de cette caserne, le général de
police Adnane Daoud, qui dirigeait une unité de liaison de 350 militaires et
gendarmes libanais, était interrogé par sa hiérarchie à Beyrouth en raison
d'une photo le montrant en train de boire le thé en rigolant avec des
soldats de l'Etat hébreu.

La caserne porte les stigmates de l'incursion israélienne du jeudi 10 août.
Les empreintes des chenilles sont visibles sur le goudron, la barrière
métallique est défoncée et l'armurerie a été détruite par Tsahal avant son
départ.

Jeudi à 02H00, le général Chikhani a pris la tête du convoi qui est parti de
Fayadiyeh, près de Beyrouth, et a roulé toute la nuit pour arriver dans la
matinée à Marjayoun.

Des transports de troupe, des canons, des lance-roquettes, des jeeps, des
camions convoyant des matelas, des lits, des casemates et des armoires, arbo
rant tous le drapeau libanais, ont traversé des villages détruits, comme
celui de Debbine, qui jouxte Marjayoun.

L'officier supérieur est ému et souriant. "Je suis très heureux et fier.
C'est un très beau jour. C'est la première fois depuis près de 40 ans que
l'armée libanaise va protéger sa frontière", assure le général Chikhani.

Car cette caserne construite dans les années 1920 par les Français en a vu
de toutes les couleurs.

En 1975, au début de la guerre civile, l'armée libanaise se disloque.

Une fraction, qui s'intitule "L'Armée du Liban arabe", dirigée par Ahmad
Khatib et appuyée par les Palestiniens, s'empare du baraquement avant d'en
être chassée par le général chrétien Antoine Barakat.

Un commandant libanais, Saad Haddad, créée au printemps 1976 une milice
pro-israélienne, l'Armée du Liban libre. Après l'invasion israélienne de
1978, il fait de la caserne de Marjayoun son quartier général.

En mai 1980, cette force prend le nom d'Armée du Liban sud. En 1982, l'armée
israélienne s'y installe quelque temps puis en 1984, après la mort de Saad
Haddad, c'est le général Antoine Lahad qui prend la tête de cette milice. Il
sera contraint de partir avec les Israéliens en 2000.

La ville chrétienne de Marjayoun était encore déserte jeudi car la majorité
de ses habitants chrétiens ne sont pas encore revenus.

Mais en face de la caserne, Hana Chames, 55 ans, propriétaire du bistrot
Chadi, offre gracieusement du café et de l'eau aux militaires. "Je suis très
content car l'armée c'est la nation", dit-il avant d'ajouter, malicieux:
"peut-être que les affaires vont reprendre".

Selon un officier de la Force intérimaire des Nations unies au Liban
(Finul), l'armée israélienne devait quitter ses positions dans ce secteur
jeudi et l'armée libanaise se déployer ensuite.
Source : AFP, 17 août 2006

 

18/08/06 - La France en terre hostile


par Joseph Samaha, Assafir, Beyrouth, 16 août 2006
Original : http://www.alintiqad.com/


Traduit de l'arabe par Ahmed Manaï, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft : elle est libre de reproduction, à condition d'en respecter l'intégrité et de mentionner ses sources et auteurs.

L'auteur est rédacteur en chef du quotidien arabophone Asafir, édité à Beyrouth.

Peut-être que les responsables français devraient se poser cette question : est-ce que notre pays est dans une position politique qui lui permet de jouer un rôle primordial au Sud-Liban ?
D’un point de vue libanais, la réponse à cette question est non. Cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas de larges secteurs politiques, populaires et officiels, qui n’espèrent ce rôle. Cela veut dire simplement que les conditions de l’exécution d’un tel rôle, dans un sud très sensible, ne sont pas encore réunies.
Le plus curieux est que les déclarations officielles françaises, dénotent que Paris se pose les deux questions suivantes : la première concerne le partage des rôles entre tous les pays susceptibles de participer à la force internationale et la seconde concerne la nature de la mission dont serait investie cette force.
Les deux questions sont en fait en dehors du sujet essentiel. Ainsi la distribution des tâches, quelque soit la manière dont elle se sera faite, n’empêchera pas que les forces françaises, si elles venaient à y participer, en seraient la pierre angulaire, en l’absence des Anglo-usaméricains et des hésitations des Allemands, tiraillés entre ce qu’autorise leur histoire et ce qu’elle n’autorise pas.
Quant à la nature de la mission, c’est une question qui touche à la conformité ou non de la mission dont serait investie la force internationale, avec la politique française vis-à-vis du Liban et de ses crises. Et c’est là le problème, parce que la France n’est absolument pas dans la position de celui qui peut jouer un rôle constructif dans la région s’étendant du Litani à la ligne bleue. Pour être plus circonspect, disons qu’elle n’est pas actuellement dans cette position.
Depuis deux ans, la France est partie intégrante du problème et non pas de sa solution.
Quand le président Jacques Chirac se vante à Saint-Pétersbourg, quelques jours après le début de l’agression israélienne, d’être le véritable père de la résolution 1559, il ne fait que se définir comme une partie du Liban se dressant contre une autre. La résolution en question a conduit en effet le Liban dans la zone des tempêtes et, même si elle a permis de « mettre fin » à la présence militaire syrienne au Liban, conduisant à une victoire par défaut, elle est loin de mettre le pays sur la voie du salut. Tous ceux qui se remémorent les événements des deux dernières années peuvent s’en rendre compte.
La résolution 1559 est un des signes de l’alignement de la France sur la politique globale des USAau Moyen-Orient. Cela signifie que Paris a accepté de partager le travail avec la Grande-Bretagne pour que chacun des deux anciens pays colonialistes rende service au nouveau maître colonialiste. Aucune autre justification ne peut convaincre. Dire que ces deux questions ne s’imbriquent pas l’une dans l’autre, c’est faillir à l’analyse politique et stratégique sérieuse.
Bien plus. On peut estimer que la conduite britannique en Iraq et celle de la France au Liban, ne sont pas seulement conformes à la ligne usaméricaine, mais à une certaine ligne usaméricaine spécifique, qui adopte totalement l’expansionnisme israélien sous divers motifs (Tzivi Lipni a rappelé que l’agression israélienne n’a d’autre objectif que d’exécuter une décision française).
Une première lecture des positions françaises depuis le début de l’agression barbare israélienne, permet de révéler aisément leur grande similitude sinon leur conformité avec la politique usaméricaine (et israélienne). Après sa rencontre avec le président Bush le 16 juillet 2006, là a veille du sommet de St Pétersbourg, Chirac est sorti pour dire : « Je suis très content parce que nos approches des problèmes sont les mêmes », ajoutant que « concernant le Liban, j’adhère totalement à l’idée exprimée par le président Bush sur la nécessité d’appliquer la résolution 1559 et, il faut pour cela dissuader les forces qui menacent la paix, la stabilité et la souveraineté du Liban ». Le lendemain, il appela à une libération inconditionnelle des deux soldats israéliens prisonniers et dénonça « les roquettes qui…agressent Israël », accusant le Hezbollah de se soumettre à des ordres non-libanais. Le Hezbollah « est une force qui frappe la stabilité du Liban » déclara-t-il, répétant les déclarations de Ehud Olmert, Amir Peretz et ce que claironne toute une fanfare libanaise.
Quand les projets de résolution avaient commencé à parvenir au Conseil de Sécurité, simultanément de Paris et Washington, ils étaient très proches des demandes israéliennes, y compris dans l’aspect concernant ce qu’enduraient les Libanais.
Alors qu’il soit clair, que c’est le piétinement de l’avancée des troupes israéliennes d’agression qui a poussé Paris à certaines révisions. Il n’est plus exigé de moduler totalement les positions libanaises pour servir les visées israéliennes, mais simplement d’introduire un peu de souplesse dans la politique israélienne pour protéger le gouvernement libanais. Mais la suspicion demeure. On a prétendu que la France prend ses distances pour conserver ses chances d’avoir un rôle dans le sud.
Maintenant que les opérations militaires se sont arrêtées, que commencent les préparatifs en vue de faire venir les forces internationales et que les clivages libanais sur la manière d’interpréter la résolution 1701 apparaissent au grand jour, c’est l’heure de vérité qui approche.
Toute décision française concernant une présence de ses troupes dans le sud, doit être conçue d’une manière foncièrement différente d’une participation à une réunion à Kornet Chawane* ou ailleurs.
Les troupes françaises ne seront pas accueillies comme des troupes de libération ou de maintien de la paix. Elles seront accueillies comme l’instrument venu compléter l’œuvre dans laquelle a échoué Israël. C’est la stricte vérité. C’est la réalité.
La terre du Sud est aujourd’hui hostile à une présence française qui sera animée principalement par la politique française de ces deux dernières années. Si la France veut se donner un rôle réellement positif, elle connaît la voie qui y mène et l’adresse libanaise à laquelle elle doit s’adresser.

*Kornet Chawane est une localité libanaise du Mont-Liban ou se sont tenues les assises de la direction chrétienne, en grande majorité maronite, avec un représentant du patriarcat maronite, pour constituer une opposition au président libanais Emile Lahoud, maronite mais patriote;
Kornet Chawane a regroupé tous les anciens chefs de guerre (Gemayel, etc.......) et les veuves des chefs de guerre assassinés ou emprisonnés (Sétrida Geagea, Nayla Mouawad etc.) et s'est allié à Hariri quand il a commencé à se détacher de la Syrie (NDT).


18/08/06 - Védrine prévient des "risques" d'un engagement militaire français au Liban

 

Hubert Védrine, ancien ministre socialiste des Affaires étrangères, prévient
des "risques" d'un engagement militaire français au Liban et rappelle la
nécessité d'un dialogue avec la Syrie et le Hamas, dans une interview au
Figaro de jeudi.

M. Védrine estime "honorable et méritoire de la part du président de la
République d'avoir manifesté la disponibilité de la France" de s'engager
militairement au Liban, mais il "faut traiter ce dossier avec énormément de
précautions, car il y a beaucoup de risques", dit-il.

Selon lui, "les liens qui unissent la France à une partie des Libanais" ne
sont "pas suffisants pour fonder à eux seuls un engagement militaire de
cette nature, surtout qu'aucune des causes du conflit n'a été résolue".

L'ancien ministre de Lionel Jospin estime que "pour retrouver un vrai rôle
d'influence dans la région, il est impossible de faire l'impasse sur la
Syrie, comme sur toute force qui compte".

"Je connais les sentiments du président de la République à ce sujet et je
les comprends, mais si l'on veut être efficace, il faut être prêt, dans la
mesure où c'est utile, à parler avec tous les acteurs, surtout si l'on veut
être le pays leader de la force multinationale", souligne M. Védrine.

Il faut aussi, selon lui, "revenir sur le boycottage du Hamas, qui rend
notre message démocratique inaudible, il faut parler avec le gouvernement
Hamas, il faut rétablir l'aide internationale".

"La conception américaine de la guerre contre le terrorisme ne laisse aucune
place à une approche politique des questions cas par cas. Elle est
contre-productive car elle unifie la vague de fond islamiste
anti-occidentale", estime en outre l'ancien ministre, pour qui l'Europe doit
"s'affranchir" de cette politique.
Source : AFP, 16 août 2006


18/08/06 - Le fils Hariri s'en prend au fils Assad et à son régime

 

Le chef de la majorité parlementaire libanaise anti-syrienne Saad Hariri
s'en est vivement pris jeudi au président syrien Bachar al-Assad et à son
régime, l'accusant d'"infliger au Liban de nouvelles blessures, après celles
des bombardements israéliens".

"Après 34 jours de bombardements israéliens", le maître du palais des
+mouhajirine+ (le palais présidentiel syrien) a décidé de nous bombarder
avec des obus d'une autre nature", a-t-il lancé en allusion au dernier
discours de Bachar al-Assad qui avait accusé mardi la majorité parlementaire
libanaise de servir les intérêts d'Israël.

Dans son discours, le président Assad a rendu hommage au Hezbollah et lancé
une attaque en règle contre Israël, les Etats-Unis et la majorité
anti-syrienne au Liban.

"Son discours est ingrat envers les Arabes, et constitue un incitation aux
troubles intérieurs au Liban", a lancé Saad Hariri, chef de cette majorité.

A travers ses propos, Bachar al-Assad a "nui à sa position, à la Syrie et au
Liban", a-t-il ajouté. "Il essaie de s'arroger la victoire des Libanais",
a-t-il indiqué.

Dans son discours, le fils de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri
assassiné en 2005, n'a pas prononcé le nom du président syrien, mais son
auditoire le huait à chaque fois qu'il était évoqué.

Saad Hariri a de nouveau accusé le régime syrien du meurtre de son père.
"Ceux qui ont tué Rafic Hariri ont peur (...) Ceux qui ont commis ce crime
lancent maintenant des appels à la sédition au Liban", a-t-il dit.

"Ce régime (syrien) utilise le sang des fils de Cana, de Gaza et de Bagdad",
a-t-il ajouté.

Le bombardement israélien du village libanais de Cana le 30 juillet par
l'aviation israélienne avait provoqué la mort de 28 civils dont 16 enfants.

Les déclarations du président syrien ont été mal accueillies à Beyrouth, y
compris par le Hezbollah et des proches de Damas.

"Le Hezbollah n'adopte pas les propos d'Assad relatifs au Mouvement du 14
mars", la majorité parlementaire antisyrienne, a déclaré à la presse Hussein
Hajj Hassan, député du parti chiite. Il a ajouté que cette majorité n'était
"pas un agent stipendié d'Israël ni de l'Amérique".
Source : AFP, 17 août 2006


18/08/06 - Acharnement thérapeutique : tentatives désespérées pour sauver une « Autorité » moribonde

 

par Abd al-Bârî 'Atwân, Al-Quds al-Arabiyy, 17 août 2006
Traduit de l'arabe par Marcel Charbonnier, membre de Tlaxcala, le réseau de
traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es Cette traduction est en Copyleft : elle est libre de reproduction, à condition d’en respecter l’intégrité et de mentionner ses sources et auteurs.

Le rédacteur en chef palestinien du quotidien arabe de Londre tire à boulets rouges contre Mahmoud Abbas et Imaïl Haniyeh qui, selon lui fnt comme s’il n’y avait pas de guerre au Liban. Pour lui, la seule solution est l’ autodissolution de l’Autorité palestinienne, qui n’est de toute façon plus qu’une réalité virtuelle.

Les équilibres politiques et militaires au Moyen-Orient, des changements que la plupart des
instances tant régionales que mondiales étudient de manière approfondie,
afin d'en retirer les enseignements, et de tracer des stratégies futures sur
la base de leurs impacts. La plupart des instances régionales et mondiales ?
Oui. Sauf la partie palestinienne officielle, qui se comporte encore comme s
'il n'y avait pas eu la guerre au Liban, comme si Israël n'avait pas été
vaincu, et comme si le processus dit « de paix » suivait son petit bonhomme
de chemin, conformément au scénario prévu.

Il est paradoxal qu'au moment où tout le monde parle du retour en grâce de
la culture de la résistance, et de la déconfiture de la culture des
solutions de paix imposées et obéissant aux seuls critères israéliens, les
dirigeants palestiniens viennent nous donner des nouvelles au sujet d'on ne
sait trop quelles « consultations officielles » en vue de la formation d'un
gouvernement d'union nationale, entre le président de l'Autorité, Mahmûd
'Abbâs, et le Premier ministre Ismâ'îl Haniyyéh, sur la base de l'ainsi dit
« document des prisonniers ».

Nous pensions que les massacres perpétrés quotidiennement par les forces
israéliennes dans la bande de Gaza, ainsi que les opérations de piraterie qu
'elles pratiquent, comme l'enlèvement du Président du Conseil législatif et
de plus du quart des députés, ainsi que de neuf ministres, avaient eu pour
effet de rouler le parchemin dudit document, de la même manière qu'ils
avaient eu pour effet de remiser au rayon des accessoires ces fictions que
sont la présidence du conseil des ministres, et celle de l'Autorité
palestinienne. Mais il semble que nous nous trompions totalement, et qu'il y
a bien des responsables palestiniens qui continuent à s'accrocher aux
apparences de fonctions illusoires, qui n'existent nulle part ailleurs que
dans leur seule imagination.

Comment peut-on parler de gouvernement d'unité nationale, sur la base d'un
processus de paix mort et enterré depuis belle lurette, dont le décès a été
annoncé officiellement par les ministres arabes des Affaires étrangères lors
de leur réunion en urgence, au Caire, au début de la crise provoquée par l'
agression israélienne contre le Liban ?

Qui se souvient encore de ce fameux « document des prisonniers », ce projet
de dissensions palestiniennes, qui faillit provoquer une guerre civile, qui n’a pu être épargnée aux Palestiniens que par l'opération-suicide audacieuse qui aboutit à la capture d'un soldat
israélien, près du point de passage frontalier (avec l'Egypte) de Karm Sâlim ?

Nous ne blâmerons pas le président 'Abbâs de tenter de ressusciter ce
document défunt et largement dépassé par les événements. Non. En revanche,
nous en blâmerons le Premier ministre Ismâ'îl Haniyyéh, qui est tombé dans
un piège d'un tel acabit, tendu par la petite troupe d'Oslo, qui veut
revenir sous les feux de la rampe quels qu'en soient les moyens, par la
mauvaise porte, et au pire moment !

Ainsi, Monsieur Haniyyéh, voici quelques jours de cela, exigeait la
dissolution de l'Autorité palestinienne, étant donné qu'elle avait perdu sa
crédibilité et sa raison d'être, après l'enlèvement du président du Conseil
législatif palestinien, le Dr. 'Azîz Al Duwaïk. Et voici ce même Monsieur
Haniyyéh, qui revient aujourd'hui sur cette prise de position honorable, et
qui tombe dans le piège de gens qui veulent s'accrocher au tender d'une
négociation en état de mort clinique, simplement pour rester sous les
projecteurs, qui vont jusqu'à semer le doute sur la victoire de la
Résistance au Liban et qui lient le peuple palestinien et sa [noble] cause à
l'ancien ordre mondial, l'ordre des Bush, Olmert et autres Blair, cet ordre
obsolète qui a connu une défaite écrasante et infamante, que lui ont
infligée les Résistants au Liban.

Oui, bien sûr, à un gouvernement d'union nationale. Mais sur la base de la
Résistance. Et non sur la base de formes de règlement vermoulues, qui
reflètent une soumission totale aux diktats israéliens, et qui font du
peuple palestinien un peuple qui mendie les solutions et l'assistance
économique.

Et puis, où est-il, ce gouvernement, incapable de faire ouvrir un point de
passage et de protéger ses ministres contre les enlèvements, et les enfants
du peuple palestinien contre l'assassinat, par dizaines, au cours de
bombardements israéliens disproportionnés, avec la bénédiction usaméricaine,
et dans un silence arabe plus que suspect ?

Il faut qu'effectivement commencent les consultations inter-palestiniennes,
non pas afin de former un gouvernement d'union nationale, mais tout
simplement en vue de proclamer la dissolution de l'Autorité palestinienne,
comme première mesure de solidarité avec la Résistance libanaise, et comme
première prise en compte des nouvelles donnes imposées par la pugnacité de
cette Résistance dans ses combats pour l'honneur et la dignité au Sud Liban.

Parler d'un gouvernement palestinien d'union nationale, cela revient à salir
les victoires de la Résistance libanaise, et cela revient aussi à redonner
une considération mal placée à un processus politique dont le président Bush
voudrait faire croire non seulement qu'il existe encore, mais qu'il
fonctionne avec succès, et que ce sont (à ses dires), des « extrémistes
comme les hommes du Hezbollah et leurs dirigeants », qui voudraient le
détruire.

Nous sommes étonnés de voir d'aucuns évoquer un tel gouvernement, alors même
que neuf ministres sont derrière les barreaux, et que le président du
Conseil législatif, censé être le deuxième en importance dans la pyramide
hiérarchique de l'Autorité palestinienne, et pressenti pour en remplacer le
président au cas où celui-ci viendrait à disparaître, est actuellement
hospitalisé en raison des tortures subies dans les geôles de l'occupation,
après son enlèvement dans des circonstances insultantes et humiliantes.

Le peuple palestinien réclame des dirigeants qui soient de niveau avec
Sayyed Hasan Nasrallâh, qui dirige le mouvement de la
Résistance libanaise d'une manière effective et décisive, qui n'a peur ni de
l'Amérique ni d'Israël, et qui a une volonté de fer, qui ne faiblit pas, qui
ne craint pas la mort, la recherchant, au contraire, car il y voit le
parangon du sacrifice, le summum de ses aspirations et le plus rapide des
chemins vers la demeure éternelle.

Monsieur Mahmûd Abbâs, président de l'Autorité palestinienne, vit encore à l
'époque de l'homme des cavernes. Il a une manière de penser qui remonte à
trente ans en arrière, et il refuse d'intégrer, ou même d'admettre, qu'il y
a, au Liban, des gens qui ont infligé une déculottée historique à l’Êtat
juif et à son armée, invincible jusqu'à la semaine dernière, si bien que les
jours de son pote Ehud Olmert, ainsi que ceux de son parti (Kadima) sont
désormais comptés et que commencent à se faire entendre les exigences qu'il
soit renversé, et les critiques à l'encontre de son gouvernement, en raison
de son incapacité [à gérer la guerre].

Le dirigeant qui réussit, c'est celui qui s'attache à son peuple, qui sait
lire l'abécédaire de ses réactions et la réalité de ses sentiments. Eh bien,
les Palestiniens sont comme l'immense majorité des Arabes et des musulmans :
ils vivent, ces jours-ci, les plus beaux jours de leur vie, quand ils voient
les « fosses communes » où gisent, éventrés, les tanks israéliens Merkava,
fierté des industries d'armement israéliennes, et les funérailles de soldats
israéliens se succédant, par dizaines, tandis que s'allongent les files de
ceux qui veulent quitter le navire israélien en train de couler, devant les
ambassades des USA et des pays européens, à la recherche du salut et
dans l'espoir d'élever leurs enfants dans des sociétés jouissant de la
sécurité et de la stabilité.

La victoire de la Résistance islamique dans le Sud Liban a englobé tout ce
qui l'a précédée, et elle a créé une nouvelle réalité, mettant fin à une
période de brutalité arrogante israélo-usaméricaine, suscitant une situation
de tri, entre ceux qui sont louables, car adeptes de la Résistance, et ceux
qui sont abjects, car adeptes du refuge dans une paix américano-israélienne
frelatée.

Encore une fois, nous en appelons à la dissolution de l'Autorité
palestinienne, et à replacer la cause palestinienne dans son véritable
palais, celui de la Résistance. L'ampleur du mensonge est désormais claire,
et la gravité du danger qu'il représente, en servant l'occupation et en l'
exonérant de ses responsabilités. Toute tentative de ressusciter cette
Autorité qui n'est plus qu'os blanchis, serait une insulte au peuple
palestinien, et aussi une insulte à la victoire de la Résistance au Liban.

C'est en effet la Résistance libanaise, qui a imposé des amendements à la
décision du Conseil de sécurité de l'Onu, et qui a contraint l'Amérique et
Israël à retirer leur honteux projet de résolution, pour la première fois de
toute l'histoire de l'organisation internationale. Quant à la Résistance
palestinienne, c'est elle qui imposera un nouveau processus de paix, fondé
sur la justice et sur l'égalité, et sur le recouvrement des droits spoliés
[du peuple palestinien].

 

18/08/06 – Hasbara à Hollywood : des stars fustigent Nasrallah

 

par Yitzhak Benhorin, Ynetnews.com [site ouèbe du quotidien israélien Yediot Aharonot], 17 août
2006


Original : http://www.ynetnews.com/Ext/Comp/ArticleLayout/CdaArticlePrintPreview/1,2506,L-3292279,00.html


Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft : elle est libre de reproduction, à condition d'en respecter l'intégrité et de mentionner ses sources et auteurs.


[Bien entendu : rien d'étonnant à cela. Le secteur industriel du cinetoche
et de la télé est depuis fort longtemps la première source de propagande
anti-arabe et sioniste, en plus d'être le principal propagateur de bien d'
autres stéréotypes racistes. C'est aussi une des principales sources de
financement pour le parti démocrate !. Note de Jeff Blankfort]


[A ce jour, quelque 84 stars du cinéma et d'acteurs [au sens non-artistique
du terme, NDT] de l'industrie du cinéma ont signé une déclaration / pétition
condamnant les activités du Hezbollah et du Hamas au Moyen-Orient.]

Washington - Des responsables de l'industrie cinématographique, à Hollywood,
et des stars de premier plan ont signé une déclaration condamnant le Hamas
et le Hezbollah en raison de leurs activités terroristes au Moyen-Orient, de
la guerre au Liban et du mal fait à des innocents.

Ce sont ainsi pas moins de 84 personnalités du cinéma qui ont signé cette
déclaration, qui a été publiée dans les quotidiens Hollywood Reporter, Los
Angeles Times et Variety.

Parmi les signataires : Sylvester Stallone, James Woods, Bruce Willis, le
metteur en scène Ridley Scott, la tenniswoman Serena Williams, Nicole
Kidman, Michael Douglas, Dennis Hopper, William Hurt, Josh Malina, Kelly
Preston, Danny DeVito, Don Johnson, et le magnat des médias Rupert Murdoch.

Le consulat d'Israël à Los Angeles s'active, depuis le début des combats,
dans le but d'amener les stars d'Hollywood à soutenir Israël. Durant la
guerre, le consul général, Ehud Danoch, a lancé une mission visant à
recruter des soutiens pour Israël, à Hollywood. L'équipe [qui en est
chargée] était composée de metteurs en scène et de producteurs israéliens
basés à Hollywood : Arnon Milchan, David Matalon, Avi Arad, Danny Dimbort et
Avi Lerner


« Arrêter la terreur, à n'importe quel prix »

La déclaration indiquait notamment que si le terrorisme [qui sévit] dans le
monde entier n'est pas arrêté, le chaos règnera et des innocents
continueront à mourir [de mort non naturelle., NDT]. La déclaration en
appelait à ce qu'il soit mis fin à la terreur [sauf dans les films d'
Hollywood, NDT], à tout prix.

Le consul général Danoch poursuit ses activités de hasbara [= de
relations publiques-propagande, NDT] : ainsi, mercredi soir, il a briefé les dirigeants de
l'agence William Morris sur les derniers événements au Liban.

L'acteur Adam Sandler a assisté à l'un des nombreux briefings prodigués par
le consul général israélien à Los Angeles la semaine passée. A la fin de ce
briefing, Sandler a annoncé qu'il ferait personnellement un don de 100 000
dollars US pour les enfants du Nord et du Sud [sic : comprenez ce que vous
voudrez., NDT] ainsi que de 400 jeux Playstation achetés par ses soins, qui
seront transférés au ministère [israélien] des Affaires étrangères, à
Jérusalem [tiens, ce ministère ne se trouve pas dans la capitale ? NDT] dans
les prochains jours.

 

17/08/06 – Le le général Adnane Daoud avait offert le thé dans la caserne de Marjayoun aux envahisseurs : il est en prison


Le ministre de l'Intérieur par intérim a décidé mercredi de "convoquer et
d'arrêter immédiatement" le général Adnane Daoud, qui était chargé de la
caserne de Marjayoun, au Liban sud, lors de son occupation, le 10 août, par
l'armée israélienne.

La décision du ministre Ahmad Fatfat (que le blogger arabo-américain asad abukhalil n’appele plus que « le ministre du ping-pong, NDLR Quibla) a été prise après la diffusion par deux
chaînes privées libanaises d'un film pris ce jour-là par la télévision
israélienne, précise un communiqué du ministère de l'Intérieur.

Le film montre notamment le général Adnane Daoud, buvant le thé dans son
bureau, détendu, recevant des militaires israéliens.

Le général Daoud commande une unité mixte de 1.500 soldats et gendarmes
libanais, chargée de la sécurité au Liban sud depuis le retrait israélien en
mai 2000 et qui relève du ministère de l'Intérieur.

L'armée israélienne est entrée le 10 août dans la caserne et la force mixte
a été évacuée le lendemain par l'intermédiaire de la Force intérimaire des
Nations unies (Finul).

M. Fatfat a chargé l'inspection centrale des Forces de sécurité intérieures
(FSI) d'enquêter sur cette affaire et demandé que les copies diffusées par
les deux stations lui soient remises le plus tôt possible, précise le
ministère.
Source : AFP, 17 août 2006



17/08/06 - Le massacre des innocents : Quarante-deux corps de victimes des bombardements israéliens sortis des décombres depuis lundi à Beyrouth


Les corps de 38 civils, dont 11 enfants au moins, et de quatre combattants du Hezbollah ont, depuis lundi, été retirés des décombres dus aux bombardements israéliens au Liban, selon un bilan obtenu mardi par l’AFP, alors que les opérations de déblaiement se poursuivaient.
Treize corps ont été retirés lundi des décombres de huit immeubles de 10 étages, à Roueiss, un quartier de la banlieue sud de Beyrouth, réduits en un amas de ruines en moins de deux minutes dimanche, a indiqué à l’AFP un responsable des équipes de secours.
Parmi eux figuraient sept enfants et un nourrisson, une femme enceinte et un couple, a précisé ce responsable.
Il a rappelé que 10 corps avaient déjà été dégagés dimanche sur ce site et a estimé à une quarantaine le nombre de disparus sous les décombres. Par ailleurs, 25 personnes blessées ont été hospitalisées.
Source : AFP, 16 août 2006

 

17/08/06 - Un désert de cadavres pris au piège témoigne de l’échec d’Israël


par Robert Fisk , The Independent, 15 août 2006
Ils en ont fait un désert et ils appellent cela la paix. Srifa - ou ce qui fut autrefois le village de Srifa - est un lieu de gravats, de chats affamés, de cadavres pris au piège dans les maisons qui ont été ratatinées comme des crêpes. Mais c’est aussi un lieu de victoire pour le Hezbollah, dont les combattants marchaient hier dans les décombres en ayant l’air de héros conquérants. Alors, qui doit-on condamner pour ce désert ? La milice chiite qui a provoqué cette guerre ou l’aviation et l’infanterie israéliennes qui ont ravagé le sud-Liban et tué un si grand nombre de ses habitants ?
Il n’y avait aucun doute de ce que le moukhtar [le chef de village] pensait. Tandis que trois hommes du Hezbollah - l’un blessé au bras, les autres transportant deux chargeurs de munitions et un émetteur-récepteur - nous croisaient au milieu des piles de béton fracassé, Hussein Kamel el-Din leur cria : "Salut, les héros !" Ensuite il se tourna vers moi. "Savez-vous pourquoi ils sont en colère ? Parce que Dieu ne leur a pas donné l’occasion de mourir".
Lire la suite sur
http://questionscritiques.free.fr/edito/Independent/Robert_Fisk/guerre_du_Liban_echec_d_Israel_150806.htm

 

17/08/06 - Entre Washington et Paris, c’est la franche rigolade : le porte-parole de Bush plaisante du rabibochage franco-usaméricain

 

Le porte-parole de la Maison Blanche Tony Snow a plaisanté mercredi de sa
propre plaidoirie en faveur de la France dans le règlement du conflit au
Liban, admettant qu'elle aurait paru improbable il n'y a pas si longtemps.

M. Snow a contesté devant la presse que la France traînait les pieds pour
s'engager dans la nouvelle Force intérimaire des Nations unies (Finul) qui
doit se déployer au Liban.

"Je ne partage pas cette présentation des choses", a dit M. Snow, invoquant
le temps nécessaire à la concertation et à la mise sur pied de la force en
question.

"Vous me faites prendre la défense des Français. C'est une nouvelle de
portée internationale", s'est amusé M. Snow, suscitant les rires de son
auditoire.

M. Snow était encore au début de l'année un journaliste vedette de la
radio-télévision Fox, très virulente à l'encontre de la France quand cette
dernière s'opposait à la guerre en Irak en 2003.

Sans être parfaites, les relations se sont depuis considérablement
améliorées. La collaboration sur les affaires libanaises y a fortement
contribué.

En septembre 2004, les Etats-Unis et la France ont présenté la résolution
1559 adoptée par le Conseil de sécurité de l'Onu appelant au rétablissement
de la souveraineté libanaise, au retrait des troupes syriennes et au
démantèlement des milices.

Coopérant étroitement, ils ont élaboré le projet servant à la résolution
1701 adoptée le 11 août et destinée à mettre fin à la guerre au Liban.

M. Snow s'est exprimé avant que le ministre française de la Défense Michèle
Alliot-Marie affirme que la France était prête à assurer jusqu'en février le
commandement d'une Finul élargie.
Source : AFP, 16 août 2006


17/08/06 - Les caciques de la « communauté juive » indignés que le ministre italien des Affaires étrangères Masimo d’Alema rencontre le Hizbullah


La communauté juive d'Italie s'est indignée mercredi de ce que le chef de la
diplomatie italienne Massimo d'Alema ait rencontré lundi à Beyrouth des
représentants du Hezbollah et n'ait pas dénoncé cette organisation comme
"ennemie de la paix".

Riccardo Pacifici, porte-parole et vice-président de la communauté juive de
Rome, reproche particulièrement au ministre italien des Affaires étrangères
de s'être rendu dans les rues de quartiers bombardés de Beyrouth bras
dessus-bras dessous avec Hussein Hadji Hassan, un député du Hezbollah, comme
le montraient mardi les photos de la presse italienne.

"Les juifs considèrent non seulement avec appréhension mais avec indignation
les déclarations au Moyen-Orient de D'Alema qui n'a jamais mis en évidence
que l'ennemi des peuples épris de paix, de liberté et de démocratie est
Nasrallah", a déclaré M. Pacifici.

"Le ministre d'Alema continue au fil des interviews à donner des conseils
aux +amis israéliens+. Avec de telles déclarations Israël n'a plus besoin
d'autres ennemis", a ajouté le porte-parole de la communauté juive, qui en a
appelé "aux forces démocratiques du gouvernement(...) pour que soient
respectées l'amitié et les relations avec un Etat ami comme Israël".

La communauté juive italienneest estimée à moins de 30.000 personnes.

Source : AFP, 16 août 2006

 

17/08/06 – Ça, c’est un peu fort de café !

 

Israël a critiqué jeudi le transfert par le Costa-Rica de son ambassade de
Jérusalem à Tel Aviv en affirmant que cette décision "pourrait être
interprétée comme une reddition face au terrorisme".

"Le gouvernement israélien exprime ses regrets et sa déception à la suite de
cette décision qui dans les circonstances actuelles peut être interprétée
comme une reddition face au terrorisme", a indiqué un communiqué du
ministère des Affaires étrangères.

"Jérusalem réunifiée est la capitale éternelle d'Israël et rien ne pourra
porter atteinte à notre détermination à maintenir cette position", a ajouté
le communiqué.

Le gouvernement costa-ricain a décidé de transférer son ambassade en Israël
de Jérusalem à Tel Aviv, ont indiqué mercredi des parlementaires à San José.

Le président Oscar Arias devrait annoncer officiellement cette décision
jeudi. L'ambassade du Costa Rica siégeait à Jérusalem depuis 1982.

La plupart des pays étrangers ont leur ambassade à Tel Aviv. Seuls le Costa
Rica et le Salvador avaient une ambassade à Jérusalem.

Israël considère Jérusalem comme sa "capitale indivisible" y compris la
partie orientale annexée après la guerre israélo-arabe de juin 1967. Cette
position est contestée par les Palestiniens, qui veulent faire de Jérusalem
la capitale de leur futur Etat, et par la communauté internationale.
Source : AFP, 17 août 2006
NDLR Quibla : il faut préciser que le Costa Rica est le seul pays du monde à ne pas avoir d’armée. De quoi le rendre impopulaire à Tel Aviv


17/08/06 – Il n’y a pas de petits bénéfices : Olmert et son épouse bientôt interrogés sur un achat d'appartement

 

Le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, et son épouse Aliza vont être interrogés par le contrôleur de l'Etat à propos d'une remise de 500.000 dollars, dont le couple aurait bénéficié lors
de l'achat d'un appartement, a rapporté jeudi le quotidien Haaretz.

Le contrôleur, Micha Lindenstrauss, a l'intention d'examiner les raisons
pour lesquelles le Premier ministre aurait bénéficié d'un rabais
"exorbitant" sur l'achat de son nouvel appartement à Jérusalem.

Selon le journal, des proches de M. Olmert auraient aidé l'entrepreneur, qui
a vendu puis rénové ce logement, à obtenir ensuite des permis de construire
dans le même bâtiment considéré comme un "site historique", ce qui lui
aurait permis de doubler la superficie totale des logements.

Le Haaretz précise que M. Olmert a acquis cet appartement en octobre 2004
pour une somme de 1,2 million dollars. Selon le bureau du contrôleur, sa
valeur réelle sur le marché était en fait de 1,6 à 1,8 million de dollars.

Dans un communiqué, le bureau du Premier ministre a démenti avoir été
contacté. "Il est difficile de croire que le bureau du contrôleur de l'Etat
a approché les médias avant le Premier ministre", souligne le communiqué.

Le contrôleur a pour sa part confirmé dans un communiqué qu'une "procédure
de vérification concernant l'achat de l'appartement du Premier ministre a
été entamée il y a quelques mois".

"Cette procédure de vérification n'est pas achevée. Nous poursuivons la
collecte des témoignages et documents", a ajouté le contrôleur qui a par
ailleurs indiqué qu'aucune convocation n'a "pour le moment été adressée au
Premier ministre".

Le 1er mars, le contrôleur de l'Etat d'Israël avait clos une autre affaire
d'irrégularité présumée dans une transaction immobilière dans laquelle était
impliquée M. Olmert.

L'affaire portait sur la maison où résidait M. Olmert, en location, à
Jérusalem-ouest avant d'emmménager dans son nouvel appartement.

M. Olmert avait vendu en 2004 à un homme d'affaires américain la maison
qu'il possédait à Jérusalem pour environ 2,7 millions de dollars. Il a
continué cependant d'y résider moyennant un loyer mensuel de 2.500 dollars
en attendant que soit prête la nouvelle maison qu'il a achetée.

Une partie des médias avait estimé que ce loyer était très inférieur au prix
du marché.
Source : AFP, 17 août 2006

 

16/08/06 - Le Directeur général de l’UNESCO lance une « alerte patrimoine » pour le Proche-Orient

 

Les bombardements isaréliens ont aussi affecté des sites archéologiques inscrits au patrimoine de l’humanité à Baalbeck (temple de Bacchus/Dionysios) et à Tyr.
Le Directeur général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura, a lancé le 11 août 2006 une alerte pour la protection du patrimoine au Proche-Orient. Voici le texte intégral de sa déclaration :
« Le site de Tyr est à nouveau menacé.
Par deux fois déjà, l'UNESCO a dû lancer un appel pressant aux belligérants pour que les hostilités qui se déroulaient sur le territoire du Liban préservent ce site et ses environs - partie intégrante du patrimoine millénaire de l'humanité - de l'anéantissement total que tous redoutaient.
Cet appel, il me faut le reprendre à nouveau et l'élargir aux autres sites du patrimoine culturel et historique de la région, qui sont eux aussi gravement menacés.
Certes, ma compassion va d'abord aux hommes et aux femmes, aux enfants surtout, qui connaissent le martyre du feu, des bombardements et de la désespérance. Mais comment ne pas aussi songer à l'immense responsabilité qui nous incombe envers des sites comme Tyr, Baalbek, Byblos, Anjar, la Vallée sainte et forêt des cèdres de Dieu, au Liban, et la Vieille ville d'Acre en Israël ? Autant de noms qui font frémir l'imagination, symboles de la rencontre des religions et des cultures, et que chacun reconnaît comme son patrimoine commun.
C'est pourquoi, conformément aux dispositions de la Convention de La Haye pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé (1954), en vertu également de la Convention du patrimoine mondial culturel et naturel (1972) - deux conventions dont Israël et le Liban sont signataires -, je demande solennellement que toutes les mesures nécessaires soient prises pour sauvegarder et protéger ces biens culturels d'une valeur inestimable. Il nous faut aujourd'hui nous assurer de leur survie pour qu'ils puissent être transmis aux générations futures, de la même façon que nous les avons reçus des générations précédentes.
Par la suite, et dès que la situation le permettra, l'UNESCO se tiendra naturellement prête à intervenir afin de dresser un état des lieux et de déployer son expertise pour mener les interventions nécessaires à leur réhabilitation. »
Biens du Patrimoine mondial
? Anjar http://whc.unesco.org/fr/list/293/
? Baalbek http://whc.unesco.org/fr/list/294
? Byblos http://whc.unesco.org/fr/list/295
? Ouadi Qadisha ou Vallée sainte et forêt des cèdres de Dieu (Horsh Arz el-Rab) http://whc.unesco.org/fr/list/850/
? Tyr http://whc.unesco.org/fr/list/299
? Vieille ville d’Acre http://whc.unesco.org/fr/list/1042/

Source : http://whc.unesco.org/fr/actualites/276/

16/08/06 - Israël remorque à la maison les restes des 60 tanks détruits par la Résistance, qui auront droit à des funérailles nationales


Les forces israéliennes ont commencé mardi à
retirer du sud Liban une cinquantaine de blindés endommagés lors des combats
avec le Hezbollah, étape indispensable au déploiement de l'armée libanaise
dans la région, a indiqué à Beyrouth une source militaire de haut-rang.

La date de ce déploiement, techniquement réalisable à partir de jeudi, reste
suspendue à une réunion du gouvernement libanais pour examiner cette
question, a déclaré cette source à l'AFP, sous couvert de l'anonymat.

Les forces israéliennes "sont en train de remorquer entre 50 et 60 chars et
véhicules blindés vers Israël", a-t-elle indiqué.

"Certains véhicules sont des épaves et l'opération pourrait durer jusqu'à
demain (mercredi) après-midi", a-t-elle ajouté.

"Nous pourrions entamer notre déploiement à partir de jeudi mais aucune date
n'a encore été fixée, puisqu'il revient au gouvernement de se réunir pour en
décider", a poursuivi ce responsable.

Aucune date n'a encore été arrêtée pour la réunion du conseil des ministres,
initialement prévue dimanche, pour définir les modalités du déploiement de
l'armée libanaise dans le sud du pays.

Un peu plus tôt, une source militaire avait annoncé que les 15.000 soldats
libanais entameraient leur déploiement dans le sud au moment où les forces
israéliennes s'en retireraient, conformément à la résolution de l'Onu
adoptée en fin de semaine dernière.
Source : AFP, 16 août 2006

 

16/08/06 - La résistance du Hezbollah renforce les Palestiniens prônant la lutte armée


En tenant tête à l'armée israélienne pendant 34 jours au Liban, le Hezbollah a conforté les partisans
de la résistance armée contre Israël chez les Palestiniens au détriment du
camp prônant la négociation, estiment des analystes.

Comme ailleurs dans le monde arabe, la plupart des Palestiniens en
Cisjordanie et dans la bande de Gaza considèrent que le Hezbollah et son
chef Hassan Nasrallah ont remporté une "victoire" contre Israël.

"Ce qui s'est passé au Liban a renforcé la conviction des peuples arabes que
la résistance est plus efficace que les négociations avec Israël", souligne
l'analyste et ancien ministre Ghassan Al-Khatib, directeur du centre
d'études Jerusalem Media and Communication Centre (JMCC).

Il estime que les mouvements palestiniens s'étaient déjà inspirés du
Hezbollah en recourant aux attaques armées pendant l'Intifada qui a éclaté
en septembre 2000, quelques mois après le retrait de l'armée israélienne
après 18 ans d'occupation du Liban-sud, où la milice chiite fut le fer de
lance de la résistance libanaise.

"L'issue de la guerre au Liban et la ténacité du Hezbollah ont affaibli le
courant arabe favorable aux négociations et fait monter la côte de la
résistance", ajoute M. Khatib

"A mon avis, l'issue de la guerre au Liban ne laisse plus aucune chance à la
négociation telle qu'elle était menée auparavant", poursuit-il.

Abondant dans le même sens, l'ancien député indépendant Azmi Chouaïbi estime
que la lutte acharnée du Hezbollah et les pertes infligées à l'armée
israélienne auront "un impact positif sur l'idéologie de résistance
palestinienne".

Selon lui, le combat livré par le Hezbollah a aussi mis en évidence les
"erreurs" commises par les groupes armés palestiniens dans leur lutte contre
l'occupation israélienne.

"Le Hezbollah a mis en relief les erreurs de la résistance palestinienne et
cela va amener les Palestiniens à examiner les moyens de la renforcer", en
s'inspirant de l'exemple du parti chiite, dit-il.

Pour l'analyste Ali Jarbawi, doyen de la faculté du droit à l'université de
Bir Zeit en Cisjordanie, les Palestiniens, dont le président Mahmoud Abbas
prône un accord négocié avec Israël en vue de l'établissement d'un Etat
indépendant, ont observé avec envie la résistance du Hezbollah.

Il relève toutefois la "disproportion" entre les armes du Hezbollah et
celles des groupes palestiniens, qui mènent leurs attaques à l'aide de
roquettes artisanales ou en envoyant des kamikazes commettre des attentats
suicide.

"L'idéologie de résistance" se retrouve d'autant plus renforcée par les
"exploits" du Hezbollah que des années de négociations ont peu avancé les
Palestiniens sur la voie de l'Etat auquel ils aspirent, souligne M. Jarbawi.

"Toutes ces années de négociations n'ont rien donné, ni aux Palestiniens ni
aux Arabes", note-il.

Le conflit au Liban a éclipsé l'offensive meurtrière menée par Israël dans
la bande de Gaza depuis le 28 juin après l'enlèvement d'un soldat israélien
par trois groupes armés palestiniens dans une attaque à la lisière du
territoire palestinien.

Pour Mahmoud Al-Ramahi, cadre et député du mouvement islamiste Hamas,
"l'échec" d'Israël au Liban devrait infléchir son opposition à toute
négociation avec les ravisseurs du soldat en vue d'un échange de
prisonniers.

Israël "est à présent ouvert à la négociation à propos du soldat détenu car
sa défaite au Liban l'a fait renoncer à recourir à la force pour obtenir sa
libération", affirme M. Ramahi.

L'offensive israélienne avait été lancé le 12 juillet après l'enlèvement par
le Hezbollah de deux soldats israéliens. Ils sont toujours aux mains de la
milice chiite.
Source : AFP, 16 août 2006

 

16/08/06 - Douleur et colère aux funérailles du fils de l'écrivain David Grossman


La douleur et la colère ont marqué mardi, à Jérusalem, les funérailles du
soldat Uri Grossman, fils de David Grossman, l'un des plus grands écrivains
israéliens, tué au Liban.

Le quotidien israélien Yediot Aharonot a publié mercredi sur une pleine page
l'oraison funèbre de David Grossman, l'une des grandes voix du camp de la
paix en Israël, sur la tombe de son fils, dans le carré militaire du
cimetière du mont Herzel.

"Je ne dirai rien maintenant sur la guerre dans laquelle tu as été tué.
Nous, notre famille, nous avons déjà perdu cette guerre. L'Etat d'Israël va
faire maintenant son examen de conscience. Quant à nous, nous nous
replierons sur notre douleur, enveloppé de l'immense amour que nous
ressentons de la part de tant de gens que, pour la plupart, nous ne
connaissons pas", a dit l'écrivain.

Le sergent-chef Uri Grossman, commandant d'un char Merkava, aurait eu 21 ans
dans deux semaines. Il a été tué par un tir de missile anti-char dans la
nuit du 12 au 13 août, dans l'est du Liban sud, lors des combats les plus
meurtriers menés par l'armée israélienne contre le Hezbollah depuis le début
du conflit, le 12 juillet. Ces combats survenus moins de 48 heures avant la
trêve, entrée en vigueur lundi à 05H00 GMT, ont fait 24 tués dans les rangs
israéliens.
Source : AFP, 16 août 2006

 

16/08/06 - Israël accuse Assad de s'aligner sur "les éléments extrémistes"


Israël a accusé mercredi le président syrien Bachar al-Assad de s'aligner
sur les "éléments extrémistes" au Moyen-Orient, après un discours prononcé
la veille dans lequel il avait tenu des propos très durs envers l'Etat
hébreu et défendu le Hezbollah.

"Par ce discours, la Syrie a montré que son choix stratégique consiste à
s'aligner totalement sur les éléments extrémistes", a déclaré à l'AFP le
porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Mark Regev.

Selon lui, ce "camp extrémiste" regroupe l'Iran, le Hezbollah chiite
libanais, et les deux mouvements islamistes palestiniens, le Hamas (à la
tête du gouvernement palestinien) et le Jihad islamique.

"Aussi longtemps que la Syrie fait partie de cet axe, toute personne
raisonnable ne pourra la considérer comme une partie du camp de la paix", a
ajouté le porte-parole.

La ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni a pour sa part estimé que
les déclarations du président syrien "traduisaient sa nervosité".

Selon elle, l'offensive israélienne au Liban a donné une nouvelle impulsion
à la résolution 1559 du Conseil de sécurité, appelant au désarmement des
milices, et pourrait contribuer à mettre fin aux "visées d'hégémonie
syrienne" au Liban.

Mme Livni a fait ces déclarations à la presse avant de partir durant la nuit
de mardi à mercredi à New York pour rencontrer le secrétaire général de
l'Onu Kofi Annan.

Prenant une position en porte à faux vis-à-vis de la majorité du
gouvernement, le ministre israélien de la Défense Amir Peretz a affirmé en
revanche mardi la nécessité pour Israël de préparer "les conditions d'un
dialogue avec la Syrie".

Les négociations avec la Syrie, qui portent essentiellement sur l'exigence
syrienne de restitution du plateau du Golan, conquis durant la guerre de
juin 1967 et annexé par Israël en 1981, sont suspendues depuis janvier 2000.

Elles butent sur le refus d'Israël d'évacuer l'intégralité de ce plateau
stratégique, ce qu'exige la Syrie.

En 2000, le gouvernement travailliste israélien dirigé par Ehud Barak avait
envisagé toutefois un retrait de la quasi-totalité du Golan, hormis une
bande étroite de terre longeant la rive orientale du lac de Tibériade, le
principal réservoir d'eau douce d'Israël.

Mardi, le président syrien a affirmé ne pas s'attendre à "une paix
prochaine" avec Israël, qu'il a qualifié d'"ennemi" haï.

L'Etat hébreu, "comme je l'ai dit, ne veut pas la paix. La paix impose à
Israël de restituer les territoires occupés à leurs propriétaires et de
rétablir leurs droits", a ajouté M. Assad.

"La résistance (du Hezbollah) au Liban a brisé la légende de l'armée
invincible (...) Le combattant arabe est de plus en plus déterminé", a
affirmé le chef de l'Etat syrien.

"Alors que s'éloignent les chances de paix, il faut songer à d'autres
options", a-t-il poursuivi.

Le discours du président syrien a été perçu comme menaçant par les grands
quotidiens israéliens.

"Assad ôte le cran de sûreté dans un discours guerrier", titrait mercredi le
journal Yediot Aharonot, alors que le quotidien Maariv jugeait ce discours
"sans précédent par sa dureté".
Source : AFP, 16 août 2006


16/08/06 – La guerre a fait fuir les touristes d’Isrël : le cessez-le-feu les fera-t-il revenir ? Pas sûr

 

Le paradis du tourisme israélien espère se relever rapidement de la guerre
Trois jours après le dernier tir de roquette du Hezbollah contre Tibériade, Avi Gozlan espère que son bateau
voguera avec son plein de touristes sur le lac qui s'étend au pied de la ville.

Mais après la trêve qui a mis fin lundi à un mois d'hostilités entre Israël
et la milice chiite libanaise, le littoral généralement bondé de touristes
en cette saison reste désespérement vide.

"Les gens sont encore sous le choc de la guerre et attendent de voir si le
cessez-le-feu tient vraiment", affirme M. Gozlan en repeignant son bateau,
qui est resté à quai durant ce conflit d'un mois.

"L'an dernier à la même époque, j'avais des dizaines de touristes à bord
tous les jours. Mais les katiouchas ont tout fait sauter", dit-il.

Durement frappée par ces roquettes, Tibériade est devenue une ville fantôme,
désertée par les touristes israéliens et étrangers.

"Pour nous, le recul est fulgurant. La croissance de toutes ces dernières
années s'est arrêtée net le 15 juillet lorsque la première katioucha a
explosé", affirme Shlomi Koren, directeur de l'Hôtel Caesar.

"Habituellement, juillet et août constituent un pic, et nos pertes sont
inimaginables", ajoute-t-il.

Selon les estimations officielles, les pertes de revenus touristiques de la
région nord d'Israël frôleraient les 10 millions de dollars par jour (7,8
millions d'euros) depuis le déclenchement de la guerre le 12 juillet.

"Les gens sont traumatisés et ne sortent toujours pas. Ils ne croient pas au
cessez-le-feu, et n'ont pas le coeur aux vacances", affirme Itzik David, un
bijoutier, l'unique commerçant ouvert sur le littoral.

"Les gens de Tel-Aviv, Jérusalem et du centre du pays devraient venir ici
par solidarité (...) Si (le chef du Hezbollah Hassan) Nasrallah -- que Dieu
le maudisse -- voit que la vie reprend, il comprendra que personne ne peut
nous vaincre", poursuit-il.

La plupart des gens sont toutefois optimistes pour l'avenir, et espèrent
surmonter les épreuves endurées.

"Nous nous occupons déjà des réservations pour septembre et octobre, car
beaucoup de gens du centre du pays veulent passer ici la période de fêtes
suivant le Nouvel an" du calendrier juif, explique M. Koren.

"Je suis optimiste. Les affaires vont reprendre, et le gouvernement nous a
octroyé une aide financière qui nous permettra de payer les salaires dus aux
employés pour la période de guerre", ajoute-t-il.

Le gouvernement israélien a déboursé des millions de dollars pour aider les
petites entreprises de la région nord.

"Il faudra du temps avant que les affaires redémarrent, mais l'expérience du
passé nous a montré que cela ne devrait pas être trop long", a déclaré à
l'AFP le porte-parole du ministère du Tourisme, Jonathan Pulik.

"Nous avons dégagé un budget de deux millions de shekels (450.000 dollars)
pour une campagne de promotion du tourisme dans le nord du pays", a-t-il
indiqué.

L'une des idées envisagées pour attirer les visiteurs consisterait à
organiser des tours sur les sites dévastés par plus de 4.000 roquettes et
missiles que le Hezbollah a tirés contre la région nord d'Israël.

Ori Alon, directrice de marketing pour le complexe touristique du kibboutz
Gonen, à quelques kilomètres au sud de la ville de Kiryat Chmona, cible
privilégiée du Hezbollah, estime que ce projet pourrait marcher à court
terme.

"Les gens sont curieux de voir la guerre et son impact, dit-elle. Ils ont
tous regardé les images à la télévision, mais veulent voir les choses
eux-mêmes et rencontrer les habitants de la région".

Source : AFP, 16 août 2006

 

16/08/06 - Des caricatures sur l'holocauste des juifs s'exposent à Téhéran

 

Par Farhad Pouladi, AFP, 16 août 2006


Le poster montre trois casques allemands de la deuxième guerre mondiale, dont un porte l'étoile de David: bienvenue à
l'exposition du concours international de caricatures sur l'holocauste des juifs dans la deuxième guerre mondiale, dans la capitale iranienne.

"Nous avons ouvert cette exposition pour trouver où était la limite de la
liberté d'expression chez les Occidentaux", a déclaré Massoud Shojai,
directeur de l'association Iran Caricature, co-organisatrice de l'évènement,
en l'inaugurant lundi.

Une foule d'étudiants en art avait été conviée, sur invitation, et les
visiteurs ordinaires y avaient été attirés par des annonces à la télévision.

Le concours a été lancé en février en réponse à la publication de
caricatures du prophète Mahomet dans des journaux européens.

Elles avaient provoqué de violentes manifestations dans plusieurs pays
musulmans, dont des attaques d'ambassades occidentales en Iran.

Les autorités iraniennes s'étaient indignées à l'époque qu'il soit possible
de caricaturer le prophète, mais pas de mettre en doute l'holocauste des
juifs pendant la deuxième guerre mondiale.

"Ils peuvent écrire ce qu'ils veulent sur le prophète, mais si quelqu'un
exprime des doutes sur l'holocauste, il est puni d'une amende ou envoyé en
prison", a dit M. Shojai en ouvrant l'exposition, prévue pour durer un mois
et située dans le musée d'art contemporain palestinien.

"Nous sommes préoccupés par les véritables holocaustes prenant place autour
de nous", a ajouté M. Shojai, en jugeant les compte-rendu historiques sur ce
dernier "exagérés".

Les dirigeants iraniens ont répété à de nombreuses reprises que le seul
véritable "holocauste" qui compte serait celui des Palestiniens.

Les plus de 200 caricatures exposées ont été sélectionnées sur un total
d'environ 1.100, envoyées de quelque 60 pays, a expliqué M. Shojai, à la
suite d'un concours lancé en février par Iran Caricature et le quotidien
conservateur Hamshahri.

De nombreux dessins reprennent le stéréotype du juif au nez crochu, si
courant dans les caricatures antisémites de la presse nazie.

Plus proche du sujet, une caricature représente une croix gammée se
transformant en étoile de David barbelée étranglant des Palestiniens, ou
Adolf Hitler exhortant l'actuelle direction d'Israël à procéder à un
holocauste.

Un jury de cinq caricaturistes iraniens "fameux", selon M. Shojai, désignera
les trois "meilleurs" dessins, qui seront récompensés par des sommes de
12.000, 8.000 et 5.000 dollars.

L'Iran est l'ennemi juré d'Israël et les thèses révisionnistes sur
l'authenticité ou l'ampleur de l'holocauste y trouvent un écho certain.

Un visiteur de l'exposition, se présentant sous son seul prénom de Hossein,
fonctionnaire, déplore "le trop grand nombre de caricatures, dont beaucoup
sont hors sujet".

Mais au sujet de l'holocauste des juifs, il estime que "cette question est
exagérée".

Le président iranien ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad a multiplié les
déclarations à ce sujet depuis son élection l'été dernier.

Il a qualifié notamment l'holocauste de "mythe" dont les pays européens se
seraient servis selon lui pour justifier la création de l'Etat d'Israël sur
la terre des Palestiniens.

M. Shojai, un diplômé d'art graphique âgé de 43 ans, reprend cette
argumentation en expliquant que "bien que nous ne nions pas que des juifs
aient été tués lors de la (deuxième) guerre (mondiale), pourquoi les
Palestiniens devraient-ils en payer le prix?".
Source : AFP, 16 août 2006

 

17/08/06 - Où l’on voit qu’il est primordial de savoir tirer les leçons de ses erreurs

 

par Charles Glass, Palestine Chronicle, 25 août 2006 http://www.palestinechronicle.com/story-08150642800.htm

 

Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft : elle est libre de reproduction, à conditio n d ‘en respecter l’intégrité et de mentionner ses sources et auteurs.

 

[Le vice-secrétaire général et cofondateur du Hizbullah, Naim Qassem, a décrit d’une manière fascinante, quand bien même serait-elle partisane, la création et l’ascension de cette formation.]

 

Dans ses mémoires, intitulées 'Un Rêve pas si fou que ça' [Not So Wild a Dream], le célèbre correspondant de la CBS Eric Sevareid s'est souvenu d' avoir assisté à l'exécution de collaborateurs des nazis dans la ville de Grenoble, qui venait d'être libérée, en 1944.

Quand le panier à salade arriva et que les six condamnés à mort allaient en émerger, un cri effrayant, horrible s'éleva de la foule. Les six hommes, jeunes, marchèrent d'un pas ferme vers les poteaux d'exécution en fer et, tandis qu'on leur liait les mains par derrière, ils tenaient haute leur tête dénudée, un ou deux les yeux fermés, les autres fixant les nuages bas, au-delà de l'alignement des immeubles et de la foule. Puis il y eut le bruit glaçant et métallique des sécurités des fusils, puis la rafale, nette et déchirante. Les six hommes jeunes glissèrent lentement à genoux, leur tête retombant de côté. Un officier courut avec une hâte frénétique de l'un à l' autre, leur donnant le coup de grâce avec son revolver, et on put voir une des victimes qui ouvrait la bouche, comme pour dire quelque chose à l' exécuteur. Quand le dernier coup fut tiré, le cri sauvage, terrible, s'éleva à nouveau de la foule. Des mères tenant leur bébé dans les bras s'élancèrent pour reluquer les corps de près, des petits garçons courraient de l'un à l' autre pour leur cracher dessus. La foule se dispersa, hommes et femmes riant et conversant bruyamment. Barbare ?

Ce genre d'événement s'insère dans ce que les Français appellent l' puration - la purification ou la purge de la France, après quatre années d' occupation allemande. Le nombre des Français, hommes et femmes, tués par la Résistance ou par des tribunaux d'opérette est généralement évalué à dix mille. Camus qualifia ceci de « justice humaine, avec tout ce qu'elle comporte de défauts ». Les forces américaines qui libérèrent la France ont toléré les règlements de comptes locaux à l'encontre de ceux qui avaient collaboré avec un occupant brutal. Des milliers de Français, encouragés par un gouvernement installé à Vichy - un gouvernement qu'ils pensaient, pour certains d'entre eux, légitime - avaient collaboré avec l'occupant. Beaucoup, comme les membres de la Milice, un gang fasciste armé par Vichy, poussèrent cette collaboration jusqu'à tuer des Français. Dès que les sponsors étrangers de Vichy se retirèrent et que le gouvernement de Vichy fut mis à bas, commencèrent les tueries. Il y eut des règlements de comptes, avec la même violence, dans d'autres provinces de l'ancien Troisième Reich - des pays qu'à l'instar de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis, nous considérons appartenir au monde civilisé.

De 1978 à 2000, Israël a occupé des parties du Liban, depuis leur frontière commune jusqu'à Beyrouth, vers le Nord, puis il se retira progressivement. Afin d'alléger le fardeau pesant sur ses propres troupes, les Israéliens créèrent une sorte de Milice : l'Armée du Liban Sud [ALS]. Celle-ci, recrutée localement, fut placée initialement sous les ordres du major Saad Haddad, déserteur de l'armée libanaise en 1976 avec quelques centaines d' hommes, puis sous ceux du général Antoine Lahad. Tous deux étaient chrétiens, et leurs hommes - armés, entraînés, nourris et habillés par Israël - étaient principalement des musulmans chiites originaires du Sud. Près d'un tiers de l'effectif de ces troupes, qui atteignirent jusqu'à près de 10 000 hommes, étaient des chrétiens. Certains s'étaient enrôlés parce qu 'ils ne supportaient plus la présence des Palestiniens au Sud Liban. D' autres l'avaient fait parce qu'ils avaient besoin d'argent : la région a toujours été la plus pauvre du pays. L'ALS avait une réputation - non surfaite - de cruauté, confirmée lors de la découverte de ses chambres de torture, à Khiam, après le retrait israélien en 2000, ainsi que d'un taux particulièrement élevé de désertions.

Israël s'étant retiré de Beyrouth, le point limite, au Nord, atteint par ses troupes lors de son invasion de 1982, son morceau de Liban se rétrécit de plus en plus. Après s'être emparé de 3 560 kilomètres carrés, soit près d'un tiers du Liban, comportant près de 800 villages et villes, Israël se retrouva, en 1985, avec seulement 500 kilomètres carrés, et 61 villages, pour la plupart vidés de leurs habitants. Le Hizbullah, qui dirigea la résistance qui avait contraint les Israéliens à abandonner l'essentiel du terrain conquis, exigea la restitution inconditionnelle de tout le territoire libanais. L'armée israélienne plaça l'ALS entre le Hizbullah et elle-même afin que cette ALS paie à sa place le prix qu'Israël avait décrété qu'il n'avait pas les moyens de l'acquitter. Le Hizbullah kidnappa des hommes de l'ALS, et l'ALS et les Israéliens enlevèrent des Chiites. Les deux cotés s'entretuèrent, tuèrent beaucoup de civils, et des dettes de sang furent ainsi créées. Le 17 mai 1999, les Israéliens élirent Ehud Barak sur ses promesses qu'il éliminerait les conséquences de l'aventure de Sharon au Liban, qui avait à l'époque causé environ un millier de morts chez eux.

Barak annonça qu'Israël se retirerait dans l'ordre, en juillet 2000, pour peu que le Liban accepte certaines conditions. Le gouvernement libanais, sur injonction du Hizbullah, rejeta ces conditions, et exigea un retrait israélien total, conformément aux résolutions 425 et 426 adoptées par l'Onu en 1978. Barak abandonna le Liban deux mois avant la date fixée, inopinément et sans avertissement, le 20 mai 2000. Ses clients de l'ALS et d'autres Libanais qui collaboraient avec l'occupant depuis plus de vingt-deux ans furent pris au dépourvu. Quelques-uns d'entre eux s'enfuirent en Israël, mais la plupart restèrent là où ils se trouvaient. Les personnels de l'Onu lancèrent des appels urgents afin d'éviter qu'ils ne se fassent massacrer par le Hizbullah. Le Hizbullah fit son entrée au Sud Liban, et il n'y eut aucun règlement de comptes.

Le vice secrétaire général et cofondateur du Hizbullah, le Sheikh Naim Qassem, a écrit un résumé fascinant, quand bien même est-il partisan, de la création et de l'ascension du Hizbullah. Sa version des événements de 2000 est toutefois étayé sur des témoignages visuels de Libanais appartenant à d' autres confessions - y compris de gens qui étaient persuadés qu'ils allaient y rester - et à l'Onu. « Inutile de cacher que certains jeunes combattants, ainsi que certains habitants de la région, avaient un désir de vengeance - en particulier ceux qui savaient ce que les collaborateurs et leurs familles avaient fait subir aux mujahidin et à leurs proches dans les villages occupés », écrit Qassem dans son ouvrage : Le Hizbullah : l'histoire vécue de l'intérieur. « Les dirigeants de la Résistance ont émis un avertissement très ferme interdisant toute exaction de ce type et jurant de faire rendre des comptes à tous ceux qui en commettraient, quelles que fussent les justifications. » Le Hizbullah a saisi des armes israéliennes, qu'il utilise aujourd'hui contre Israël, et il a remis les miliciens de l'ALS au gouvernement libanais, sans en assassiner aucun. Barbarie ?

Naïm Qassem a qualifié la libération du Sud Liban de « plus grande et plus importante victoire sur Israël depuis le début de son occupation de la Palestine, cinquante ans auparavant - c'est une libération qui a été réalisée par le pays le plus faible qui soit, par une résistance opérant avec des moyens des plus rudimentaires, et ne disposant d'aucun arsenal puissant. » Mais ce qui a impressionné la plupart des Libanais, au moins autant que la victoire remporté par le Hizbullah sur Israël, ce fut le fait que ce mouvement de résistance ne liquida pas les collaborateurs - il s' agissait là d'une victoire sur le tribalisme, cette plaie qui a toujours divisé la société libanaise, depuis sa fondation même. Les chrétiens appartenant à l'armée libanaise que je connaissais reconnurent qu'à la place du Hizbullah, ils auraient commis des atrocités. Le Hizbullah a sans doute joué un rôle politique au Liban, mais il a refusé de jouer aux petits jeux de la politique libanaise. Ce qu'il a recherché au Sud Liban, ce n'est pas la revanche, mais les voix des électeurs. Entre sa fondation, en 1982, et sa victoire de 2000, le Hizbullah était devenu - tout autant qu'une force armée - un parti politique sophistiqué et efficient. Il a mis au rebut sa rhétorique des débuts, prônant une république islamique libanaise, et il a de plus en plus évoqué des Libanais chrétiens, des Libanais musulmans et des Libanais druzes vivant en harmonie. Quand il a présenté des candidats aux élections législatives, certains d'entre eux, sur les listes électorales, étaient des chrétiens ; il a remporté quatorze sièges.

Comme les autres ennemis d'Israël, le Hizbullah a recours aux armes du pauvre - voitures piégées, embuscades, volées occasionnelles de roquettes et attentats suicides. La différence, c'est qu'il utilise ces armes du pauvre intelligemment, en conjonction avec un programme politique sans aucune compromission. Contre mille morts laissés par Israël sur son terrain d' opérations libanais, leHizbullah a perdu 1 276 « martyrs ». C'est la plus proche des parités, dans les pertes avec Israël, jamais encore atteinte par aucune formation arabe. L'OLP perdait habituellement des centaines de commandos, face à des pertes israéliennes se comptant en dizaines, et le Hamas a vu la plupart de ses dirigeants assassinés et des milliers de ses cadres capturés pour un résultat quasi nul. La principale conquête du Hizbullah (peut-être est-ce paradoxal, pour un parti religieux dirigé par des hommes en turbans ?), c'est qu'il appartient à la modernité. Il filme en vidéo ses embuscades où tombent des convois militaires israéliens, et il diffuse le jour même. Il a capturé des soldats israéliens et il a contraint Israël à libérer des centaines de prisonniers pour pouvoir les récupérer. Il a eu recours à des rochers factices en carton pâte, qui ont explosé au passage de patrouilles israéliennes. Il a fait voler des drones au-dessus d' Israël pour prendre des clichés de reconnaissance du terrain - comme les Israéliens le faisaient au Liban ! Il a depuis longtemps créé un site ouèbe exempt des fanfaronnades arabes traditionnelles et regorgeant de faits concrets. Si, en 1948, les Israéliens avaient eu affaire à un ennemi tel le Hizbullah, l'issue de leur « guerre d'indépendance » [sic !] aurait été différent. Israël, dont les militaires respectent le Hizbullah, en a parfaitement conscience.

C'est la raison pour laquelle, après avoir échoué à éliminer le Hizbullah quand il occupait le Liban, Israël essaie de le détruire aujourd'hui. Aux yeux d'Israël, le péché impardonnable du Hizbullah, c'est son succès militaire. Israël peut bien portraiturer le Hizbullah comme le bras armé de la Syrie et de l'Iran, la base de son soutien est libanaise. De plus, le Hizbullah fait une chose que la Syrie et l'Iran ne font pas : il se bat pour les Palestiniens. Le 12 juillet, le Hizbullah a attaqué une unité de l'armée israélienne, capturant deux soldats [et en éliminant 8 autres. ndt]. Il a dit qu'il ne négocierait pas directement pour les échanger contre des prisonniers libanais et palestiniens détenus en Israël, comme il l'avait fait par le passé. Il a fait savoir que cette attaque avait pour objectif de soutenir les Palestiniens assiégés à Gaza après la capture d'un autre militaire israélien, une semaine auparavant. La totalité du monde arabe était resté silencieuse alors qu'Israël réoccupait les colonies de Gaza et bombardaient ce territoire. La réponse apportée par le Hizbullah a humilié les régimes arabes (qui ont condamné pour la plupart son action) au moins autant qu'elle a humilié Israël. Personne n'aurait pourtant dû être surpris. Le Hizbullah a une longue tradition de soutien aux Palestiniens. Beaucoup, parmi ses premiers combattants, ont été formés par l'OLP, dans les années 1970, à l'époque où les Chiites n'avaient pas de milice en propre. Le Hizbullah s'est exposé à la colère de la Syrie, en 1986, en s'alliant à la cause palestinienne. Sa capture, le mois dernier, de deux soldats israéliens, a envoyé à Israël le message qu'il ne pouvait plus continuer à assiéger et à attaquer les Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie sans devoir faire face à une réaction.

A cette occasion, Israël, qui considère les sévices qu'il inflige aux Palestiniens soumis à son occupation comme une affaire intérieure, dans laquelle ni l'Onu, ni les pays arabes, n'ont le moindre droit de « s' immiscer », a calibré sa réponse d'une manière telle qu'il était impossible qu'il vainquît. Au lieu de passer un marché pépère avec le Hizbullah afin d' obtenir la libération de ses militaires, Israël a lancé un assaut total contre le Liban. Des rapports indiquent qu'Israël a d'ores et déjà balancé sur le Liban un tonnage de bombes dépassant celui de l'invasion sharonienne de 1982. L'objectif proclamé était de contraindre un nombre significatif de