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Monde arabe - Liban
 

28/07/06 - Lettre de Beyrouth : Nous allons bien, et vous?


par Roger Assaf, Issam Bou Khaled, Kamal Chayya, Rawya El Chab, Zeina Saab De Melero, Said Serhan, Fadi el Far, Tarek Atoui, Hagop Der Ghougassian, Abdo Nawar, Hanane Hajj Ali, Abder Rahman Awad, Zeinab Assaf, de la troupe de théâtre SHAMS *, Beyrouth, 21 juillet 2006


Merci à tous ceux qui nous ont envoyé des messages de fraternité, des pensées, des expressions touchantes ou véhémentes de leur solidarité.

Que dire quand les mots sont kidnappés et ne servent plus la pensée mais la force?
Que dire quand les tribuns, les nôtres, les vôtres, les autres, s'approprient le langage pour marchander le prix de la guerre et de la paix à des tarifs prohibitifs?
Que dire quand le pape et la chancelière allemande s'achètent une bonne conscience avec un culot sans retenue?
Que dire quand la France a peur d'être juste pour ne pas être taxée d'"antisémitisme"?
Que dire quand les Etats arabes mendient les "bons points" auprès de l'Occident et jouent "les animaux malades de la peste" en criant "haro" sur le baudet chiite?
Que dire quand les centaines de civils massacrés par l'armée israélienne et les dizaines de milliers de familles de réfugiés dont les villages ont été rasés, les quartiers résidentiels pilonnés, deviennent pour les (ir)responsables Arabes les victimes (sic) d'un complot syro-iranien?
Que dire quand la Syrie et l'Iran deviennent cyniquement les négociateurs d'une paix dont ils espèrent tirer profit?
Que dire quand la tragédie d'une population livrée à une armée surpuissante, criminelle, dotée d'une puissance de destruction massive colossale et libérée de toute restriction éthique, est traitée dans le langage officiel et médiatique de "crise du Proche-Orient"???

Voici des bribes d'informations, des balbutiements hébétés, des cris modérés par la pudeur:

1 ­ la "vidange" du Liban-Sud


L'armée israélienne est en train d'effectuer la "vidange du
Liban-Sud", cette zone occupée par Israël en 1982 et évacuée en
2000 est destinée à devenir dans les tractations prochaines, une
des cartes à jouer dans les négociations qui se préparent.
Méthode: terroriser la population et les obliger à partir par tous les
moyens: les lâchers de tracts par les avions étant devenus désuets,
les israéliens téléphonent directement aux habitants à leur domicile,
leur intiment l'ordre de fuir les bombardements + bombardements
effectifs de plus en plus effrayants et, comme cela commence à se
savoir, avec un arsenal prohibé (gaz toxiques, fragmentation,
clusterbombs) + tout récemment utilisation des mégabombes de 3
tonnes qui réduisent en quelques secondes un village entier à
néant.
L'exode (épisode devenu banal dans les guerres modernes)
s'effectue sur des routes sporadiquement bombardées, des
itinéraires de plus en plus compliqués par la destruction des ponts et
des voies principales + canonnage des camions de ravitaillement
Résultats escomptés: faire peser sur la population libanaise tout le
poids de bientôt un million de réfugiés (un peu moins que le tiers de
la population totale du Liban) sans logements, sans revenus, au
ravitaillement aléatoire en eau, en nourriture, en médicaments et en
produits sanitaires, sans compter les blessés, les mutilés, les
orphelins, les malades, les traumatisés dans l'espoir de susciter les
rancoeurs et les colères contre le hezbollah et surtout de déclencher
une guerre civile (larvée) entre sunnites et chiites, musulmans et
chrétiens

2 - le "scandale" libanais


Un pays comme le Liban, en temps de paix, est un "scandale"
intolérable qui contredit et dénonce, du simple fait qu'il existe, tous
les autres régimes politiques du Proche-Orient, et principalement son
voisin israélien, qui partage avec lui (ou lui dispute) le rôle de
représentant de la "civilisation occidentale", mais d'une façon
radicalement opposée.
Voici un extrait d'un article écrit en 2001, que la Revue "Autrement"
(diffusée par les Editions du Seuil) a refusé de publier dans son
numéro spécial sur Beyrouth (No 127 ­ septembre 2001) sans doute
parce qu'il dénonçait la complicité objective des Etats arabes et
d'Israël dans le projet de destruction de l'exemple libanais:

" Depuis l'éviction du Mandat français, Beyrouth est devenue le lieu
focal des résistances locales et régionales, le seul espace arabe où
les causes démocratiques, libertaires, nationales ou sociales,
peuvent s'exprimer et donner au monde les images transmissibles
d'une humanité réfractaire.
L'ambiguïté et la contradiction sont au rendez-vous, certes, mais
l'enjeu est beaucoup plus important que le politique, il est culturel.
Plus qu'une capitale (économique ou politique), Beyrouth est une
Cité, un lieu de convergence et d'expression, un lieu de
théâtralisation des utopies, capable de générer le tissu social vivant
dont la société civile a besoin.

Assiégée en 1982 par l'armée de Sharon, la résistance de Beyrouth
a admirablement illustré l'infériorité de la puissance militaire face à
l'énergie d'une population qui s'identifie à sa ville. Trahie par les
chefs et devenue objet de tractations et de marchandages, Beyrouth
fut livrée à l'ennemi Quelques semaines plus tard, la paix
israélienne s'abattait sur Beyrouth. Les 1400 victimes de Sabra et
Chatila accédaient à la célébrité, ensevelies avec tous les honneurs
médiatiques dus à leur nombre, prodigués hâtivement par un monde
à la mémoire courte"

3 ­ APPEL AUX ESPRITS LIBRES
SI VOUS CROYEZ A LA COMMUNION DES ESPRITS, PENSEZ AVEC
NOUS, IMAGINEZ AVEC NOUS, PROCLAMEZ AVEC NOUS,
L'INTERNATIONALE DE L'HOMME, LE DROIT DE CHAQUE HOMME
D'ETRE POUR TOUS LES AUTRES HOMMES L'EXPRESSION INTEGRALE
DE L'HUMANITE ENTIERE

LIBEREZ L'ESPRIT

CONCRETEMENT: LIBEREZ L'EUROPE DE LA CHAPE DE L'
"ANTISEMITISME", FAITES APPEL AUX NOMBREUX JUIFS QUI
REFUSENT DE PROJETER LEUR IDENTITE SUR LES ATROCITES
COMMISES PAR ISRAEL

NE PERMETTEZ PAS QUE LES ENFANTS D'ISRAEL GRANDISSENT DANS
LA HAINE, L'HYSTERIE ETHNOCENTRISTE ET LA MISERE ETHIQUE ET
ESTHETIQUE DES ARMES ET DE LA GLORIOLE MILITAIRE (cf le
document photographique)

NE PERMETTEZ PAS QUE LES ENFANTS DE PALESTINE ET DU LIBAN
GRANDISSENT DANS LE DESIR DE REVANCHE, DE VENGEANCE, ET LE
DESIR DE RECUPERER PAR LA VIOLENCE LES MIETTES D'UNE DIGNITE
QUI LEUR A ETE REFUSEE

AIDEZ-NOUS A EMPECHER LA BARBARIE ISRAELIENNE DE SEMER
DANS NOS RANGS LES GERMES DES KAMIKAZES LIBANAIS DE LA
PROCHAINE SAISON

LA PAIX EST UNE ABSTRACTION DONT LES TERMES SONT DICTES PAR
LES PUISSANTS. L'HOMME EN PAIX PAR CONTRE EST UNE REALITE
VECUE PAR CEUX QUI CHOISISSENT LIBREMENT D'ETRE EN PAIX
AVEC LES AUTRES HOMMES (MEME EN PRISON, MEME SOUS LES
BOMBES, MEME EN TEMPS DE GUERRE)

PRIONS ENSEMBLE (IL N'Y A PAS D'HOMME QUI NE SACHE PRIER, IL Y
A TOUJOURS UNE DESTINATION POUR TOUTES LES PRIERES DES
HOMMES) POUR QUE TRIOMPHE (NON, PAS DE MOT MILITAIRE) POUR
QUE VIVE ET SURVIVE L'HOMME DE L'HOMME, CELUI DE
L'ECCLESIASTE ET DE PLATON, DE BOUDDHA ET DE ZARATHOUSTRA,
DE SAINT JEAN ET D'IBN ARABI, DE MONTAIGNE ET DE THEODORE
MONOD, DE CAMUS ET DE GANDHI

NOUS VIVONS AUJOURD'HUI DE LA SURVIE DE LEUR ESPRIT



* Le mot arabe " SHAMS " qui signifie " soleil " est composé de trois lettres : Sh , M , S , qui sont les initiales des mots arabes Shabab ( = Jeunes ), Masrah ( = Théâtre ), Sinamâ ( = Cinéma )
SHAMS est une Association Culturelle Libanaise indépendante créée en janvier 1999 par de jeunes artistes libanais réunis autour du metteur en scène Roger Assaf. Son objet est la production et l'animation d'activités artistiques diverses (englobant les arts dramatiques : théâtre, mime, danse, chant...et audiovisuels : vidéo, cinéma, spectacles multimédias...) et d'offrir aux jeunes talents et aux jeunes créateurs la possibilité de travailler et de développer leur savoir et leur savoir-faire.
Shams réalise un travail de recherche tant sur l'esthétique et l'écriture, que sur les questions de production et de diffusion. À la tête du théâtre de Beyrouth depuis deux ans, et disposant d'un lieu de travail dans la ville, ils sont plusieurs à créer des ¦uvres théâtrales et chorégraphiques, à animer des stages et des rencontres et de nombreuses manifestations. Shams a donné naissance à une seconde coopérative d'artistes qui se consacre à la création et production audio-visuelle.

 

 

28/07/06 - Anne Frank est morte à Beyrouth


par José Steinsleger, La Jornada, Mexico, 26 juillet 2006
Original : http://www.jornada.unam.mx/2006/07/26/026a2pol.php


Traduit de l'espagnol par Gérard Jugant, membre de Tlaxcala, le résau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft : elle est libre de toute reproduction, à condition de respecter son intégrité et de mentionner son auteur et sa source.

 

Sur la tête de plusieurs missiles de l'armée israélienne, deux petites filles peignent la phrase : "Avec amour, pour les enfants arabes". La série photographique montre un bébé libanais enseveli dans les décombres et une petite fille libanaise qui semble se reposer dans un pré. Elle a les yeux ouverts mais elle est morte. Posant devant un drapeau de l'Organisation des Nations Unies (sic, ONU), un homme relève son petit corps exsangue. La touffe de cheveux tombe de la tête pendante.
Les petites filles juives sont belles. L'une d'elles présente une ressemblance notable avec ma fille lorsqu'elle avait son âge. Quand ma fille avait cet âge, l'armée juive dans le sud du Liban donna carte blanche au massacre perpétré par les milices chrétiennes de centaines d'enfants, de personnes âgées et de femmes, réfugiés palestiniens dans les camps de Sabra et Chatila (1982).
L'année suivante, Hollywood décerna l'Oscar du meilleur documentaire à Génocide. Celui des juifs sous les nazis... (il y en a eu d'autres ?). La fille de ma fille a tout juste deux ans. Peut-être un jour se demandera t-elle pourquoi Israël a rayé le Liban de la carte, comme il fit avec la Palestine l'année de naissance de son grand-père.
Le président de l'Iran, Mahmoud Ahmadinejad, a déclaré qu'Israël devait être rayé de la carte. La France, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l'Allemagne ont condamné ses propos. Israël a réclamé l'expulsion de l'Iran de l'ONU. Pourquoi se taisent-ils maintenant ? La semaine dernière, une délégation de l'ONU, envoyée au Liban, présenta un rapport devant le "Conseil de Sécurité" (sic). Mais avant, comme il se doit, Condoleeza le contrôla. Et ensuite, comme il se doit, le nazi John Bolton (ambassadeur de Washington à l'ONU) parla d'une force multinationale au Liban : "... éventuellement autorisée par l'ONU (sic), mais pas une force de Casques Bleus de l'ONU...".
Ehoud Olmert, Premier ministre d'Israël, a expliqué il y a un mois les causes du "nouveau désordre" : "Tuer des civils palestiniens est justifiable ; ce qui est immoral c'est d'attaquer Israël... Il n'y a pas d'équivalence morale entre ceux-ci et les attaques contre Israël" (La Jornada, 23-06-06).
Reprenons l'histoire. Quand le grand-père était encore en culottes courtes, ayant l'âge des petites peintres de missiles, des garçons de l'école le traitèrent dédaigneusement de "juif". L'horloger du quartier le consola :
- Ne les crois pas. Tu n'es pas juif. Tu es goy.
Goy ? Le crucifix bénissait l'alcôve de ses parents. Mais la famille n'était visible ni à la messe ni à la synagogue, et on ne lui avait pas coupé le zizi. Le grand-père s'en alla demander à son papa : "Que suis-je ?". Le père lui répondit : "Quand tu seras plus grand, tu pourras décider. Pour le moment, tu dois étudier. J'ai choisi ta mère".
Enfin, au ciné du quartier, le grand-père pensa avoir découvert ce que signifie le mot "goy". Dans Le procès de Nuremberg (Stanley Kramer, 1961), un des procureurs du Tribunal expliquait que les lois raciales des nazis mesuraient le degré d'appartenance au peuple juif par la composition raciale des ascendants de chacun. "Pareil que les juifs !", pensa t-il.
En rentrant à la maison, il s'arrêta pour converser avec l'horloger, lequel sans retirer la loupe clouée à l'oeil, releva la tête :
- C'est pas pareil. Nous sommes différents.
- Et moi, qui suis-je ? insista le grand-père.
Prudent, l'horloger observa :
- Demande-le à ton papa.
Troublé, le grand-père s'en alla voir un autre ami.
- Turco ! Je viens de voir un film...
- Un moment, cousin ! Je m'appelle Moustafa.
- Et pourquoi tout le monde t'appelle turco ?
- Ils m'appellent turco parce que je viens de ce pays, Liban et Syrie, qui appartenait à l'empire turc. En réalité je suis Palestinien.
- Comment ?
- Oui. La Palestine était occupée par les Turcs. Puis il y a eu l'occupation des Anglais, enfin celles des juifs, qui l'appellent aujourd'hui Israël.
- Dis-moi encore, turco ! Chrétien, arabe ou juif ?
- Ah... ça. Ecoute : sans généraliser ni offenser quiconque, ce sont tous des fils de pute.
- Et pourquoi sont-ils des fils de pute ?
- Demande-le à ton papa.
Le soir le grand-père se mit au lit, ouvrit le Journal d'Anne Frank (cadeau de son père) et s'endormit après avoir lu :
"Je suis jeune et je possède encore beaucoup de qualités enfermées en moi (...). Beaucoup de choses m'ont été données à la naissance : une heureuse nature, beaucoup de gaieté et de force. Chaque jour, je sens que je me développe intérieurement, je sens l'approche de la libération, la beauté de la nature, la bonté des gens de mon entourage (...) Pourquoi serais-je donc désespérée ? (3 mai 1944).
L'année dernière à Amsterdam, se reposant après la visite de la maison d'Anne Frank transformée en shopping, le grand-père s'assit sur un banc au bord du canal et lut dans le Journal : "Il m'est absolument impossible de tout construire sur une base de mort, de misère et de confusion. En attendant, je dois garder bien haut mes idéaux, peut-être que dans les temps futurs ils pourront être mis en pratique" (15 juillet 1944).
Anne Frank a été dévorée par les poux dans le camp de Bergen-Belsen. Ces mêmes poux qui dévorent les Anna de Bagdad, Kaboul, Palestine et Beyrouth. Les poux disent que là-bas tous veulent s'entretuer, qu'il n'y a pas de lutte entre oppresseurs et opprimés.
Anne Frank... ma fille : quels vents sont en train de faire disparaître les fondements et bases éthiques de ta religion ?




28/07/06 - La guerre du Liban, une phase d'un grand projet israélo-américain


par Abdallah NIASSE, Wal Fadjri, Dakar, juillet 2006. Courriel de l'auteur : abniass2006@yahoo.fr

 

Les heures difficiles que vit le Liban ne peuvent que révolter toute personne en qui vibre une quelconque fibre d'humanisme. Les images des destructions apocalyptiques dues aux bombardements de l'armée israélienne montrent toute la haine que voue l'Etat hébreu à son voisin.
Violant de façon flagrante les conventions de Genève, Israël commet délibérément des crimes. En effet, ces conventions assimilent les destructions intentionnelles des infrastructures civiles, le bombardement de digues, d'hôpitaux, d'ambulances, et les massacres intentionnels d'innocents citoyens à des crimes contre l'Humanité. Parrains de l'apartheid hier et des dictatures les plus sanglantes tout récemment, les Etats-Unis, fidèles à eux-mêmes, s'opposent à tout cessez-le-feu. Peu importent les centaines d'enfants et de femmes fauchés par les bombes qui pleuvent sur le Liban.
L'actuelle agression n'est que la phase n° 3 d'un complot savamment ourdi dont l'objectif final n'est que la réalisation du Grand Moyen-Orient si cher à Mr. Bush. La phase N°1 a été l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafick Hariri dont on a fait porter le chapeau à la Syrie afin de dresser les populations libanaises et mondiales contre elle. L'Occident, emmené par les Etats-Unis et la France qui cherche à se faire pardonner son attitude lors de la guerre d'Irak, a fait adopter une résolution contre Damas afin qu'il se retire du Liban. Si Assad avait refusé d'obtempérer, cela aurait été l'occasion rêvée de faire d'une pierre deux coups. Les troupes syriennes seraient alors attaquées au Liban, en Syrie même et le régime renversé par une coalition occidentale forte des résolutions onusiennes. Et le compte du Hezbollah aurait été réglé par la même occasion. Heureusement que la Syrie n'est pas tombée dans le piège.
La phase n° 2 a été le retrait de la Syrie du Liban. Ce retrait a plus ou moins désarmé le Pays des Cèdres et isolé le Hezbollah d'un précieux soutien. Sans aucune arme anti-aérienne digne de ce nom car étant toutes retirées avec les troupes syriennes, le Liban est devenu très vulnérable et coupé du seul pays qui pouvait lui apporter un soutien contre Israël. La capture et non l'enlèvement des deux soldats de Tsahal a été le prétexte rêvé pour parachever la mise à genoux du Liban. En tentant de ramener ce pays au rang des pays les plus pauvres du monde, Israël et ses parrains espèrent dresser la population et l'actuel gouvernement contre le mouvement dirigé par Nasrallah.
Le Liban pacifié et dans le giron américain comme l'Egypte et la Jordanie qui ont déserté le champ de la résistance, la Syrie sera alors totalement isolée et encerclée. L'on passera alors aux phases suivantes du plan américano-israélien qui concerneront la Syrie et l'Iran. Et comme avec le scénario irakien, on tentera d'isoler ces deux pays au plan international en s'appuyant sur des résolutions sur commande de l'Onu. Et comme en Irak avec les armes de destruction massive, l''Axe du mensonge' nous fera encore avaler des couleuvres sur le nucléaire iranien et qui sait encore quelles autres balivernes. Au finish, le Grand Moyen-Orient deviendra réalité si un grain de sable imprévu ne grippe pas la machine.
Les plans de sortie de crise que nous entendons çà et là ne sont que des appels à la soumission lancés au Liban et à la Palestine, deux pays dont des milliers de leurs fils enlevés par Israël croupissent dans les prisons de l'Etat hébreu sans que personne en Occident ou au Conseil de Sécurité ne s'émeuve. Les Sénégalais, peuple épris de paix mais aussi de justice, se sentent solidaires du peuple frère du Liban qui a une forte communauté chez nous et dont beaucoup sont d'authentiques citoyens du Pays de la Téranga.
Source : http://www.walf.sn/contributions/suite.php?rub=8&id_art=30456

 

25/07/06 - Israël contre Hezbollah

 

par Rana El-Khatib, peacepalestine.blogspot.com, 15 juillet 2006.

 

Original : http://peacepalestine.blogspot.com/2006/07/rana-el-khatib-hezbollah-vs-israel.html .
Versión española . http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=788&lg=es¿

 

Traduit par Gérard Jugant, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique ((www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft : elle est libre de toute reproduction, à condition de respecter son intégrité et de mentionner son auteur et sa source.

 

Rana El-Khatib, auteur palestinienne-libanaise, vit à Beyrouth. Son e-mail est : brandedpoetry@yahoo.fr

 

Israël est déterminé à alimenter les braises de la tension qui règne dans la région. Les Israéliens ont pris pour cibles trois pistes d'atterrissage de l'Aéroport International du Liban - par deux fois, la seconde pour rebombarder une des pistes que les Libanais avaient remis en état. Ils ont bombardé plusieurs ponts et plusieurs quartiers d'habitation chiites, les qualifiant de bastions du Hezbollah. Ils ont bombardé plusieurs points principaux d'entrée et de sortie du Liban, y inclus la principale artère menant en Syrie. Leurs avions et leurs navires de guerre ont ravagé certains quartiers d'habitation. Les grondements et les nuages de fumée qui s'en suivent, qui rappellent les jours sombres de la guerre, portent avec eux la promesse d'une escalade. Ce sont plus de 50 civils qui ont été tués, sans compter les nombreux blessés, et semble t-il, le pire est à venir.

Il était difficile de prévoir exactement il y a encore quelques jours ce qu'il adviendrait sur ou autour de la Ligne Bleue [1]. Ceux qui veulent croire Israël veulent ceci, et ceux qui veulent croire le Hezbollah, veulent cela. Mais le résultat reste le même - des deux pays, c'est le Liban qui risque fort de souffrir des plus graves conséquences - à la fois par la perte d'innocentes vies humaines et en subissant une charge financière qui ne cessera de croître tant que cette situation durera. Israël a supporté une situation et la rendue bien pire qu'elle ne devrait être. Pour deux soldats, Israël est en train de frapper le coeur du Liban, le ramenant aux pires moments de sa guerre civile barbare.

Nous savons bien qu'Israël n'a pas besoin d'envoyer le moindre soldat sur le sol libanais pour faire du Liban un enfer sur la terre. Il a suffisamment de puissance de feu, par air et par mer, pour étouffer et en partie ensevelir le Liban sous son poids. Nos centrales électriques et notre aéroport ne sont qu'un début. Israël peut les détruire et le fera - comme il l'a fait dans le passé et comme il a fait pour deux des principales pistes d'atterrissage de notre nouvel aéroport construit dans une pathétique tentative de ressusciter notre industrie touristique. Cette fois, ce sont les conteneurs de carburant qui ont été détruits. Même si nous avons de l'électricité, il est possible que nous n'ayons plus de carburant pour longtemps.

La situation d'ensemble soulève la question suivante : l'action militaire du Hezbollah, la garde de deux soldats israéliens dans lespoir d'un échange avec six combattants libanais, avec en plus les près de 10.000 Palestiniens injustement détenus en Israël, vaut-elle la peine si nous sommes sur le point de perdre les vies, au bout du compte, de plusieurs centaines de civils innocents ? Il y a longtemps que le Hezbollah a cessé d'avoir peur de la puissance et de la brutalité, à l'échelle régionale, d'Israël.

C'est nous les simples mortels - ceux d'entre nous qui préféreraient laisser tomber Israël et espérer quil en fera de même - qui sommes ébranlés à la pensée d'Israël canonnant impitoyablement notre espace et larguant des bombes là où nous sommes recroquevillés. C'est nous dont les gorges sont sèches et qui cherchons notre respiration au moindre rugissement au-dessus de nous. Cest nous simples mortels qui implorons pour la paix - même si ce que nous avons, en temps de paix n'est pas la paix idéale. Peut-être bien que nous nous contenterions de juste l'absence de guerre, parce que même dans une soi-disant paix, nous vivons dans un état dintranquillité. Israël est au-dessus de la loi, et à ce jour na jamais été tenu pour responsable de sa longue liste datrocités. Israël est aussi le maître des dérapages contrôlés. Il peut envahir, bombarder un pays, le ramenant à l'âge de pierre, tuer des milliers de personnes et encore paraître être la victime. Nous, dans le monde arabe, avons encore à maîtriser l'art d'être suffisamment unis pour raconter notre histoire, avant même de pouvoir dire qu'elle tourne en notre faveur. Nous sommes comme l'éléphant dans la porcelaine chinoise.

Nous voyons ce qu'Israël est en train de faire à Gaza. Après la capture par des combattants palestiniens d'un soldat israélien, le caporal Gilad Shalit, Israël y est allé de sa diatribe. Avec un complet mépris pour le Droit International, plusieurs avions israéliens ont profané l'espace aérien syrien, pas seulement au-dessus de la frontière, mais au-dessus de la tête du président Bachar El Assad. Il a ensuite procédé à l'arrestation de 60 dirigeants du Hamas dont beaucoup sont des ministres de l'Autorité Palestinienne et des membres élus du Parlement palestinien. Il a par ailleurs détruit la seule centrale électrique, qui alimente en eau et en électricité la moitié des 1,4 millions d'habitants de Gaza. Il a ravagé des quartiers entiers de Gaza, bombardé des ponts essentiels, endommagé les canalisations et les réservoirs d'eau et forcé un millier de personnes à fuir leur domicile. Et dépassant les bornes, il a multiplié les vols aériens de ses F16 made in USA qui percent les tympans, sèment la panique, provoquent des booms supersoniques, empêchant les gens de dormir. En somme, les Palestiniens détiennent un soldat israélien pendant qu'Israël détient dans ses prisons presque 10.000 Palestiniens dont beaucoup sont des civils détenus illégalement, beaucoup torturés, Israël ayant carte blanche pour faire ce quil a fait et continue de faire aux Palestiniens. Cette parodie de justice n'est comprise ni par les Palestiniens, ni par le Hezbollah.

Maintenant, c'est le tour du Liban. Alors que le tourisme repartait, après l2arrêt provoqué par l'assassinat de lex-Premier Ministre libanais Rafic Hariri en 2005, Israël met fin à nos espoirs - une fois de plus. Au Liban, soit nous continuons à agir comme une épine dans la botte oppressive d'Israël, et nous souffrirons toujours autant des conséquences de ces actions, soit nous essayons de nous centrer sur notre Liban ressuscitant et sur notre place sur la scène internationale. Cette dernière option semble pouvoir épargner plus de vies innocentes mais alors nous existons dans un inquiétant état de calme. La précédente met fin à limpasse, mais à quel prix ? Nous ne sommes pas de taille face à Israël, la Vache Sacrée du monde. Elle est au-dessus des lois ; ses actions échappent au radar de la moralité. Et quand le radar de la moralité la détecte, il y a toujours le grand frère dIsraël, les Etats-Unis, pour venir lui apporter une immorale défense devant les Nations Unies.

La question du Liban doit être résolue avant quelle ne nous emporte tous, y compris les observateurs en costume-cravate qui pontifient sur le droit dIsraël dassurer sa propre défense, alors quils alimentent larrogance et la puissance dIsraël, fournissant la clé qui perpétue la violence et linjustice dans la région. Dans lintérim, il semble que le Liban et la Palestine sont destinés à exister perpétuellement dans les limbes du purgatoire et de loubli tandis quIsraël continue à se faire les muscles et à les tester sur notre sol.

Note

[1] Pour mémoire, cette Ligne Bleue a été définie par l'ONU comme frontière entre le Liban et Israël faute d'un accord entre les deux Etats sur le tracé de leur frontière commune (NDT).

 

 

25/07/06 - Bint Jbeil continue à résister

 

Après avoir pris le contrôle de la colline stratégique de Maroun el-Rass dimanche, les forces d’invasion sionistes se casent les dents sur le village fortifié de Bint Jbeil, où les combattants du Hezbollah offrent une résistance inattendue. Les sionistes ont perdu un hélicoptère et de nombreux tanks et gardent une discrétion extrême sur leurs pertes humaines. Voici le récit des dernières 48 heures de combats dans le sud-Liban.

 

25/07/06 - Un hélicoptère israélien s’écrase non loin de Maroun el-Rass, de l’autre côté de la frontière

 

L’armée israélienne continue de pilonner le Liban-Sud et poursuit son incursion à Bint Jbeil Dix personnes, dont sept civils parmi lesquels deux enfants, ont été tuées hier et 42 blessées, dans les bombardements israéliens. Ces décès portent à 373 le nombre de personnes tuées au treizième jour de l’offensive israélienne au Liban.

Les corps sans vie de Zeinab Mwannès, 9 ans, de son frère Mohammad, 11 ans, et de leur oncle ont été retirés des décombres à Halloussiyé, au nord de Tyr, où trois immeubles ont été bombardés par l’aviation israélienne.

Au moins neuf civils ont été blessés dans ce pilonnage et plusieurs personnes sont encore ensevelies sous les décombres, selon des habitants.

Dans la nuit de dimanche à lundi, une personne a été tuée dans un raid ayant visé ce même village. Deux autres personnes ont été tuées et trois blessées dans la destruction de leur maison à Moalliyé, au sud de Tyr.

Dans le camp de Rachidiyé, caza de Tyr, un homme a été tué dans un bombardement. Cinq autres réfugiés palestiniens, dont un bébé, ont été blessés. Six secouristes de la Croix-Rouge libanaise ont été blessés par les éclats d’un missile sur la route reliant Tyr à Cana. Quatre habitants de Chihine, dans ce même secteur, ont été blessés dans un raid aérien. Quatre personnes de Hinniyé, au sud de Tyr, ont été blessées par les éclats d’un missile.

Plus à l’est, six civils ont été blessés à Doueir, quatre à Harouf et un autre à Nabatiyé. Les bombardements sur cette région ont détruit une usine de marbre à Kfar Remmane et un centre du Hezbollah à Toul.

À Baalbeck, le corps d’un gendarme libanais a été dégagé des décombres d’un quartier de la ville, bombardé ces derniers jours, selon la police. Au total, 373 personnes, dont 326 civils et 27 militaires et gendarmes libanais, ont péri en treize jours de bombardements israéliens au Liban. Durant cette période, 786 civils et 81 soldats et policiers libanais ont été blessés, ainsi que deux soldats de l’ONU, selon un décompte partiel établi de sources policières et hospitalières.

De son côté, le Hezbollah a annoncé la mort de 19 de ses combattants, et son allié chiite Amal, celle d’un de ses cadres.

Aucun bilan des victimes civiles de la banlieue sud n’est disponible. Cette zone a été encore une fois pilonnée, hier en soirée, par l’aviation israélienne. Les combats à la frontière Par ailleurs, les échanges de tirs se sont poursuivis hier en soirée à la frontière libano-israélienne, où deux soldats israéliens ont été tués dans de violents affrontements avec des combattants du Hezbollah, selon al-Jazira.

Dix-sept soldats israéliens ont également été blessés dans ces affrontements près de Maroun el-Rass et de Bint Jbeil, chef-lieu de caza.

Israël n’a pas commenté les informations d’al-Jazira sur les deux morts, mais une porte-parole de l’armée israélienne a fait état d’une dizaine de blessés dans ses rangs, dont un commandant de bataillon d’infanterie d’élite du grade de lieutenant-colonel. Les chars et les transports de troupes israéliens ont fait mouvement depuis Maroun el-Rass, aux mains des troupes de l’État hébreu depuis dimanche. Ils ont progressé sur la route menant à Bint Jbeil (3 km plus au nord), place forte du Hezbollah.

Cette avancée a été accueillie par des tirs d’armes automatiques et de roquettes antichars. Des unités des régiments d’infanterie d’élite Golani et parachutistes appuyés par des unités d’un régiment blindé et l’aviation participent aux combats dans ce secteur, a indiqué le général israélien Moshe Kaplinsky, chef d’état-major adjoint.

« Le Hezbollah mène à Bint Jbeil une bataille défensive. Nous attaquons (...), ce qui donne à nos forces une partie de l’avantage », a-t-il ajouté. Dans un communiqué, le Hezbollah a affirmé « avoir détruit quatre chars israéliens » durant ces « combats acharnés qui ont fait des victimes dans les rangs de l’adversaire ».

La radio militaire israélienne a annoncé que les soldats israéliens avaient pénétré dans les faubourgs de Bint Jbeil.

Mais selon le porte-parole de la Finul, Milos Strugar, « ils (les Israéliens) ne sont pas dans Bint Jbeil, autant qu’on puisse voir. Ils sont sur la route. Ils n’ont pas tellement progressé ». « Les forces israéliennes ont avancé au nord de Maroun el-Rass en direction de Bint Jbeil. Il y a eu de violents combats le matin et l’après-midi », a-t-il dit. Des échanges de tirs sporadiques ont eu lieu en soirée, a-t-il ajouté.

Dans le même temps, des sources de service de sécurité libanais ont fait état d’affrontements meurtriers en milieu de journée à Maroun el-Rass, après que le Hezbollah eut tenté une opération de contournement. Un char, touché par une roquette, était en flammes, a-t-on ajouté.

Des affrontements s’y déroulaient en soirée, selon un communiqué du Hezbollah. « L’ennemi tente en vain de retirer ses blessés du champ de bataille et nos moujahidine font de nouvelles victimes dans ses rangs », a affirmé la formation chiite.

L’aviation israélienne a pilonné des positions du Hezbollah à Rachaya d’où ont été aussitôt tirées une trentaine de roquettes sur le nord d’Israël, a indiqué la police libanaise.

Des chasseurs-bombardiers israéliens ont mené douze raids successifs contre trois positions du Hezbollah dans le Arqoub. Moins de trois minutes après les dernières frappes, une salve de 30 roquettes a été tirée en direction d’Israël à partir de l’une de ses positions dans le Arqoub.

Cette position du Hezbollah a été prise à six reprises pour cible par les appareils israéliens, a affirmé la police.

En Galilée

Dans le nord d’Israël, deux militaires israéliens ont été tués lorsqu’un hélicoptère de combat de type Apache s’est écrasé près de la frontière avec le Liban, a annoncé une porte-parole militaire israélienne.

Selon la porte-parole, l’appareil ne s’est pas écrasé après avoir heurté une ligne électrique à haute tension comme avaient indiqué auparavant des sources de sécurité. « L’appareil a heurté cette ligne électrique en tombant », a ajouté la porte-parole. Interrogée sur les raisons de cette chute, la porte-parole a indiqué qu’une commission militaire allait enquêter et « qu’aucune hypothèse n’est exclue a priori, y compris le tir d’une roquette en provenance du Liban ».

Selon la porte-parole, aucun tir du Liban n’a toutefois été repéré au moment de l’accident qui a pu se produire à cause d’un « incident technique ou d’une erreur humaine ».

L’hélicoptère s’est écrasé près du kibboutz Yiron, proche de la localité d’Avivim, non loin de Maroun el-Rass au Liban.

Le Hezbollah a affirmé avoir abattu un hélicoptère israélien à proximité de la frontière libano-israélienne, selon al-Manar. La Résistance islamique a poursuivi son pilonnage de la Galilée. Une salve d’une vingtaine de roquettes s’est abattue, en fin d’après-midi, sur le nord d’Israël, faisant au moins un blessé léger dans la station balnéaire de Nahariya. « Les secteurs touchés sont ceux de Shlomi et Zarit, proches de la frontière, et Nahariya, Haïfa, Kiryat Chmona et Saint-Jean-d’Acre », a affirmé une porte-parole de l’armée, précisant qu’une personne avait été légèrement blessée à Nahariya. Plus tôt, des roquettes tirées par le parti chiite Hezbollah à partir du Liban-Sud ont aussi explosé à Safad, sans faire de blessés, selon une source médicale. Le président israélien Moshe Katzav se trouvait en visite à Kiryat Chmona lors du bombardement de cette localité.

Source : L’Orient-Le Jour, 25 juillet 2006

 

 

 

25/07/06 - Rome se prépare à accueillir demain quelque 250 personnes pour la conférence internationale sur le Liban

 

Blair espère qu’un plan de paix pourrait être finalisé dans les prochains jours Rome se préparait hier à la hâte pour la conférence ministérielle du « groupe de contact » sur le Liban, qui se tiendra demain dans la capitale italienne, avec la participation des ministres et hauts responsables de 18 pays ou organisations internationales. Cette conférence devrait réunir environ 250 personnes, qui se rassembleront à la Farnesina, le siège du ministère italien des Affaires étrangères.

On connaît déjà quelques noms : Kofi Annan, le secrétaire général de l’ONU ; Condoleezza Rice, la secrétaire d’État US (qui sera accueillie à Rome dans la résidence de l’ambassadeur américain, où un « piano a été installé pour qu’elle puisse se détendre en jouant, si elle a un moment de libre », écrit le quotidien romain Il Messaggero, citant des sources de sécurité de l’ambassade) ; ainsi que les chefs de la diplomatie allemande et russe. Franz Walter Steinmeier, qui a achevé dimanche une visite de deux jours au P-O, s’entretiendra d’ailleurs par téléphone, au plus tard demain, avec son homologue américaine. Le porte-parole du ministère allemand des AE, Martin Jüger, a indiqué que la stabilisation du Proche-Orient doit s’inscrire dans un « cadrage politique » dans lequel le gouvernement Siniora ne soit pas affaibli, ajoutant que la Syrie devait être associée à une solution diplomatique à la crise. Quant à Sergueï Lavrov, il a déclaré, cité par l’agence ITAR-Tass, que les participants à la réunion de demain discuteront notamment d’un « cessez-le-feu » dans la région et de la « libération des otages et prisonniers de guerre ». L’une des « questions les plus aiguës » portera sur l’éventuel déploiement d’une force internationale au Liban, a ajouté le chef de la diplomatie russe, en notant qu’il « reste beaucoup de points à éclaircir : comment (cette force) sera formée, qui enverra un contingent et quel sera son mandat. Nous partons du principe qu’il est nécessaire d’avoir un accord des pays concernés et la garantie d’un mandat du Conseil de sécurité des Nations unies pour toute opération », a réitéré Sergueï Lavrov.

En attendant, le Premier ministre britannique, Tony Blair, a exprimé hier l’espoir qu’un plan de paix pourrait être finalisé dans les prochains jours pour permettre un cessez-le-feu au Liban, mettant un terme à ce qu’il a qualifié de « catastrophe » pour ce pays. Insistant sur les « énormes efforts diplomatiques » de ces derniers jours, il a déclaré : « Nous travaillons très dur pour mettre en place un plan qui permette une cessation immédiate des hostilités. Mais cela doit cesser des deux côtés », a-t-il ajouté, à l’occasion de la visite à Londres de son homologue irakien, Nouri al-Maliki. « Je le dis depuis des années et je vais le répéter : tant que nous ne nous attaquons pas au problème israélo-palestinien et ne le résolvons pas, et tant que nous ne soutenons pas les gens dans la région qui se dressent pour la démocratie (...) alors ceux comme le Hezbollah et leurs sponsors (...) gagneront », a-t-il déclaré, sachant que le PM britannique s’est à nouveau gardé hier de demander un cessez-le-feu immédiat au Liban. Même son de cloche pour son homologue danois, Per Stig Moeller, qui a jugé qu’un arrêt des hostilités au Liban ne résoudrait pas le problème de fond au P-O, appelant le Hezbollah et le Hamas à désarmer et reconnaître Israël. Signalons en outre que le secrétaire d’État britannique aux Affaires étrangères, Kim Howells, a affirmé hier à Amman qu’il y a de « grandes suspicions » autour du rôle de la Syrie au Liban.

La force internationale

Quoi qu’il en soit, les couloirs diplomatiques bruissent depuis plus de 24 heures, et le principal sujet de l’heure reste l’envoi de troupes internationales au Liban.

Paris a ainsi considéré hier comme un « signe d’ouverture » les derniers propos du PM israélien, Ehud Olmert, sur une éventuelle force internationale au Liban, mais a estimé qu’il était « prématuré » d’en évoquer la composition. « Cette éventuelle mise en place sera évoquée lors de la réunion de Rome ; elle doit être discutée dans le cadre des Nations unies, et elle suppose un cessez-le-feu préalable et l’accord des parties », a ainsi souligné le porte-parole du Quai d’Orsay, Jean-Baptiste Mattéi. Madrid, aussi, soutiendrait le déploiement d’une force internationale à la frontière libano-israélienne, « à condition qu’elle reçoive l’aval du Conseil de sécurité de l’ONU », a indiqué hier le chef de la diplomatie espagnole, Miguel Angel Moratinos. Quant à Berlin, elle a affirmé, par la voix du ministre allemand délégué aux AE, Gernot Erler, qu’une telle force de protection « ne peut être qu’une partie d’une solution plus large, et ne peut être possible qu’avec l’accord des forces concernées, y compris le Liban ».

Il n’empêche qu’au sein de l’Union européenne, les avis divergent, surtout sur la composition de la force. « Je ne suis pas sûr que ce sera simple d’obtenir un consensus pour que des militaires européens prennent véritablement part à une opération de démantèlement du Hezbollah. Une force internationale de stabilisation me paraît beaucoup plus indiquée », a ainsi déclaré le commissaire européen au Développement, Louis Michel. Quant au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, il a estimé « nécessaire » cette présence internationale, « parce qu’il n’y a aucune confiance entre les parties belligérantes. Seule une force internationale peut garantir les conditions minimales pour la paix. Personnellement, j’apprécierais que cette force soit essentiellement européenne et que les membres de l’Union soient prêts pour y participer une fois qu’elle aura été approuvée par les Nations unies », a-t-il ajouté, sachant que le haut représentant pour la politique extérieure de l’UE, Javier Solana, a réitéré l’engagement de l’Union à participer à une force de paix (lire par ailleurs).

Il reste que la proposition israélienne d’envoyer au Liban une force issue de l’OTAN poserait d’énormes problèmes pour l’alliance militaire occidentale, qui a déjà fort à faire avec sa mission afghane. L’idée lancée par Amir Peretz dimanche a reçu un accueil prudent au siège de l’OTAN à Bruxelles et elle n’a fait l’objet d’aucune discussion formelle.

Source : L’Orient-Le Jour, 25 juillet 2006

 

25/07/06 - Un médecin belge : les Israéliens utilisent des armes chimiques

 

Bruxelles, 20.7.2006:– Les militaires Israéliens se servent d’armes chimiques au cours des bombardements, a affirmé jeudi un professeur belgo-libanais lors d’une conférence de presse à Bruxelles.

La conférence de presse était organisée par le secrétaire de l’archevêque de Tripoli, Monseigneur Jean Abboud. Le professeur belge d’origine libanaise, Bachir Cham, dirige un l’hôpital [le Southern Medical Center] au [sud du] Liban.

«Les corps n’ont pas une apparence normale. Après une explosion il n’y a pas de traces de perte de sang ou d’hématomes», a dit le Docteur Cham par téléphone mobile de Beyrouth. «Les cheveux et souvent la barbe et la moustache restaient intactes. Je n’ai pas trouvé de traces de vague de pression causée par une explosion. La couleur de la peau était noire comme celle d’une chaussure, mais la peau n’était ni carbonisée ni brûlée».

Huit corps ressemblant à des momies avaient été amenés à l’hôpital lundi. Nous les avons photographiés. Les corps de deux enfants ne montraient aucune indication de blessure causée par une explosion. J’ai l’impression qu’un produit toxique a pénétré le corps par la peau. La mort suit avec une certitude de 100% », à déclaré le professeur.

Un cardiologue, Mohammad Farran, a dit que des lettres avaient été envoyées aux Nations unies et à l’Union européenne, attirant leur attention sur des témoignages d’utilisation d’armes chimiques par Israël au Liban.

Entre temps, des activistes arabes, libanais et belges ont protesté, pour le quatrième jour consécutif, devant le siège de l’Union européenne à Bruxelles à propos des attaques israéliennes contre le Liban. Des pancartes tenues par les manifestants avaient: «Israël commet délibérément aujourd’hui un crime contre le Liban» et «Arrêtez le terrorisme israélien». Source : Expatica News. Traduction Alexandre MOUMBARIS

 

 

25/07/06 - Washington accélère la livraison d'une commande de bombes à Israël

 

Les Etats-Unis ont accéléré, à la demande d'Israël, la livraison d'une commande de bombes à guidage de précision à ce pays, au moment où l'Etat hébreu a entamé son offensive militaire contre les installations du Hezbollah au Liban, a déclaré un responsable américain.

Ce responsable, s'exprimant sous couvert de l'anonymat, a précisé que ces livraisons entraient dans le cadre d'un contrat de vente d'armes conclu en 2005.

Cette livraison "soit a déjà été faite, soit est en cours", a déclaré ce responsable à l'AFP.

Il s'est refusé à fournir des détails sur le contenu et l'importance de la livraison, mais il a confirmé qu'elle comprenait des bombes à guidage de précision. Citant des responsables américains ayant requis l'anonymat, le journal The New York Times a rapporté samedi que Washington avait pris la décision d'accélerer la livraison sans trop de débat au sein de l'administration Bush.

La Maison Blanche s'est refusée à fournir une réaction à cette information. Le journal a estimé que cette révélation risquait d'irriter les gouvernements arabes et d'autres pays car "cela donne l'impression que les Etats-Unis aident la campagne de bombardements israéliens d'une manière qui peut être comparée aux efforts de l'Iran pour armer et approvisionner le Hezbollah".

Selon les sources interrogées par le quotidien, les munitions envoyées par Washington font partie d'une vente d'armes de plusieurs millions de dollars conclue l'an dernier avec Israël. Mais la demande d'Israël d'accélerer la livraison de bombes à guidage laser est considérée comme "inhabituelle par certains responsables militaires et pourrait indiquer qu'Israël a encore une longue liste de cibles qu'il veut bombarder au Liban", a ajouté le New York Times.

Source : AFP, 22 juillet 2006

 

Solidarité avec le Liban résistant

 

25/07/06 - Le FPLP salue et admire le peuple combattant du Liban

 

Déclaration du Bureau Politique du Front Populaire pour la Libération de la Palestine sur l'escalade de l'agression sioniste contre le territoire du Liban et de la Palestine, 17 juillet 2006 La fermeté et la résistance épiques - l'épopée de Ghazza et d'Al-Karama - continuent sur la terre de la Palestine et du Liban. Les peuples libanais et palestinien écrivent une page de gloire dans l'histoire de la Nation Arabe et de la communauté Islamique du monde et dans l'histoire de toute l'humanité. Au moment de l'impuissance, de la connivence et de la soumission des régimes officiels arabes, mis en évidence par les résultats des réunions des ministres des Affaires Etrangères arabes, les chevaliers du Hezbollah et les chevaliers de la Palestine continuent leur défi héroïque à la machine terroriste de guerre israélienne dans la défense non seulement de la Palestine et du Liban, mais dans la défense de la Nation Arabe toute entière, de ses générations et enfants futurs. Dans l'ombre de cette guerre génocidaire qui est menée par l'entité sioniste contre les pays et les peuples libanais et palestiniens, le Bureau Politique du Front Populaire pour la Libération de la Palestine déclare ce qui suit : Premièrement. Le peuple combattant du Liban, ses forces vitales et sa résistance héroïque sous la direction du Hezbollah militant, avec son Excellence Sayyid Hasan Nasrallah, image de fierté d'honneur et de défi, à leur tête, écrivent aujourd'hui une épopée qui s'inscrira dans l'histoire et aura l'effet le plus profond sur le présent et sur l'avenir de la région entière. Cette épopée marque le commencement de la fondation, de la formation et de la construction d'une nouvelle étape dans l'histoire du conflit arabo-sioniste. Les mains héroïques qui ont lancé les missiles de résistance sur les villes d'Haifa, d'Akka, de Safad, de Tabariya et de Nahariya ont infligé des douzaines de tués et de blessés dans les rangs des forces sionistes. Ces mains réaffirment le respect pour l'idée de lutte contre cette entité rapace avec laquelle il ne peut y avoir aucune coexistence après qu'il soit devenu clair pour chacun combien sont faux et inutiles les appels à la paix et les négociations avec les gangs de meurtriers et de criminels qui ne comprennent que la langue des armes et de la résistance. Les frappes des villes palestiniennes par les missiles envoyés par l' héroïque résistance libanaise ont créé et continueront à créer un nouvel équilibre de terreur qui aura l'effet le plus profond sur l'ennemi sioniste, psychologiquement, politiquement, économiquement, militairement et sur leur moral. Ceux qui occupent la terre de la Palestine se rendront compte que la poursuite de leur occupation leur reviendra à un énorme coût. L'escalade des frappes sur la terre de la Palestine par la Résistance palestinienne et libanaise a une grande signification historique et aura les effets et les ramifications les plus profonds pour l'avenir de l'entité sioniste criminelle. Deuxièmement. Les méprisables résultats de la réunion des ministres des Affaires Etrangères arabes ont été un coup de poignard porté à la résistance en Palestine et au Liban et ont montré de nouveau à quelles profondeurs de décrépitude, de connivence et de soumission quelques dirigeants arabes ont sombré en se conformant aux dictats de l'administration américaine, poursuivant une politique qui est en contradiction totale avec les intérêts de leurs peuples et les intérêts suprêmes de la Nation arabe. L'incapacité des ministres des Affaires Etrangères arabes à prendre une position claire en appui à la résistance et à prendre des mesures pratiques pour arrêter l'agression sioniste contre le Liban et la Palestine démontre à quelle mesure les régimes officiels arabes sont tombés en ruines et s'effondrent. Troisièmement. Le Bureau Politique du Front Populaire pour la Libération de la Palestine appelle les masses arabes et leurs forces populaires vitales, il appelle les syndicats et fédérations à prendre leur responsabilité et à faire leur devoir pour la défense du Liban et de la Palestine et à s'exprimer dans des manifestations et par toutes formes d'activité populaire pour faire pression sur les gouvernements arabes et apporter toutes formes de soutien et d'aide aux peuples libanais et palestinien et à leurs mouvements de résistance héroïques en défi du plan de américano-sioniste pour la région.

Quatrièmement. Les coups de la résistance héroïque au Liban et en Palestine ont placé l'entité sioniste dans un dilemme profond et ont créé de nouvelles équations. En conséquence Israël essaye d'exporter sa crise en essayant de fuir en avant et de rendre la Syrie et la République Islamique d'Iran responsable de ce qui se passe, bien que tous ceux qui de près ou de loin soient bien conscients que ce qui se passe est un plan américano-israélien ayant pour objectif de soumettre la région, une tentative de la mettre en totalité sous leur contrôle. C'est ce qui explique l'intensification et l'escalade de la pression sur la fermeté de la Syrie et de l'Iran, qui constitue une barrière puissante face à des plans aussi hostiles.

Le Front Populaire pour la Libération de la Palestine présente ses salutations et exprime son admiration pour les combattants du Hezbollah résistant et au peuple ferme du Liban. Il déclare qu'il se tient à leur côté avec toute son énergie dans la confrontation avec l'ennemi brutal, barbare et il réaffirme son serment de continuer la lutte et la résistance jusqu'à ce que tous les objectifs pour lesquels les légions de martyrs se sont sacrifiées aient été atteints. Salut au peuple du Liban et à sa résistance héroïque! Salut au peuple de la Palestine et à sa fermeté légendaire! Liberté pour les prisonniers et détenus dans les cachots de l'occupation! Gloire aux martyrs! La victoire appartient aux peuples dans la bataille pour la liberté!

Source : www.antiimperialista.org/index.php?option=com_content&task=view&id=4598&Item .
Traduit de l'arabe en anglais par Muhammad Abu Nasr et de l’anglais en français par AC

24/07/06 - Une journaliste tuée au cours d’un bombardement à Tyr ; les relais de transmission, cible des raids aériens

 

La colline stratégique de Maroun al-Rass aux mains des forces israéliennes L’attaque meurtrière lancée par l’armée israélienne s’est poursuivie au cours du week-end, rasant sur son passage maisons, usines et centres de culte, tuant plusieurs citoyens et blessant au moins une trentaine d’autres.

Fait particulièrement marquant sur le terrain au cours de ce second week-end sanglant, la chute de la localité de Maroun al-Rass aux mains des forces israéliennes, après de violents combats qui se sont soldés par une quarantaine de morts des deux côtés. Maroun al-Rass, une bourgade stratégique située à 900 mètres d’altitude, contrôle les abords des régions de Nabatiyé et Tyr ainsi que 25 villages et localités tenus par le Hezbollah. Même importance stratégique du côté israélien, puisque cette localité donne également sur de nombreux villages limitrophes.

Les deux journées de samedi et dimanche ont été également marquées par des frappes ponctuelles et ciblées contre un « complexe de télécommunications », et plusieurs relais de transmission, qui ont fait deux victimes parmi nos confrères. Après la guerre des ponts et les frappes contre les camions, voilà que commence une bataille d’un nouveau genre, ciblant désormais les journalistes et les installations de télécommunications.

Dans les faits, Israël a intensifié ses bombardements sur une grande partie du territoire, notamment au Liban-Sud, dans la Békaa et encore et toujours sur la banlieue sud, ou ce qui en reste.

 

Chute de Maroun al-Rass

Maroun al-Rass est tombée aux mains des soldats israéliens vers 14h30, hier, alors que les habitants de cette région limitrophe d’Israël vivaient dans la hantise d’une opération terrestre israélienne. Selon le ministre israélien de la Justice, Haïm Ramon, l’objectif de cette opération est de repousser les miliciens du Hezbollah à 20 km au nord de la frontière israélienne pour les « déraciner » de cette région. « Maroun al-Rass est sur une hauteur dominant la moitié du Liban, à 911 mètres d’altitude », a déclaré à la radio publique l’ancien commandant en second du corps d’armée déployé au Liban pendant l’occupation israélienne, Shaoul Kamissa.

« Tenir cette position donne à l’armée israélienne une capacité de contrôle et de dissuasion sur une zone très importante », a-t-il assuré.

Des combats violents ont opposé ces derniers jours des unités d’infanterie d’élite de l’armée israélienne aux combattants du Hezbollah pour le contrôle de ce village.

Quatre militaires ont été tués dans ces combats au nord de la localité israélienne d’Avivim. L’armée israélienne a, par ailleurs, affirmé vendredi être en possession des corps de 13 combattants du Hezbollah également tués lors de ces affrontements.

Cette activité militaire fait craindre aux habitants une opération de grande envergure semblable à celle de l’été 1982, qui avait pour objectif de déloger du Liban les combattants palestiniens de Yasser Arafat. Par ailleurs, deux civils ont été tués et 29 blessés dimanche dans des raids aériens et des tirs de l’artillerie israéliens au Liban, selon un bilan de la police.

Quatre ambulanciers, qui évacuaient un blessé, ont été blessés par un missile air-sol qui a visé leur véhicule se dirigeant vers Tyr. Douze civils ont été en outre blessés hier matin dans des raids sur quatre villages de l’est de Tyr. Par ailleurs, un civil a été tué et un autre blessé dans le bombardement d’une usine de tissage à Manara, au sud-est de Baalbeck. Une usine de maisons préfabriquées et trois autres manufactures ont été détruites à Taanayel, à 40 km au sud de Baalbeck.

À Nabi Chît, à une vingtaine de km au sud de Baalbeck, la maison de Fayez Chakar, membre de la branche libanaise du parti Baas au pouvoir en Syrie, a été partiellement détruite. Le père du responsable « baassiste » a été grièvement blessé.

À Saïda, quatre civils ont été blessés par des éclats d’obus dans un raid aérien, le premier contre cette ville côtière depuis le début de l’offensive israélienne, le 12 juillet. Un bâtiment abritant un centre religieux du Hezbollah, vide lors du raid, a été détruit, selon la police.

De nombreux raids avaient auparavant visé la périphérie de Saïda, détruisant notamment le pont sur la rivière Awali, voie d’accès à l’autoroute menant à Beyrouth.

Dans la Békaa, des bases relevant du FPLP-CG ont en outre été la cible de l’aviation israélienne ainsi que les localités de Kfarzabad et Faour.

L’aviation israélienne a poursuivi dans la nuit le bombardement de routes au Liban-Sud, notamment dans la région de Tyr, et la route Jezzine-Kfarhouné, qui relie l’est du Liban à la montagne du Chouf. Un membre de la Finul tué Notons qu’un observateur des Nations unies, de nationalité italienne, est décédé des suites de ses blessures causées par des tirs du Hezbollah sur une position de l’ONU dans le village libanais de Maroun al-Rass.

« Selon les premières informations, le tir en provenance du Hezbollah a eu lieu lors d’un échange de tirs » avec l’armée israélienne a annoncé un porte-parole de l’ONU.

Les médias ont également été mis à rude épreuve. Hier, une photographe de presse libanaise indépendante, Layal Nagib, 23 ans, a été tuée dans un raid aérien dans la région de Tyr. La jeune Libanaise a été tuée par l’explosion d’un missile qui s’est abattu à côté de sa voiture. Elle se trouvait sur la route entre Cana et Siddiqine, au sud-est de Tyr, a déclaré à l’AFP le chauffeur du taxi qui l’accompagnait. Layal Nagib est la première journaliste en mission tuée au Liban depuis le déclenchement, le 12 juillet, de l’offensive israélienne. Elle était membre de l’équipe d’un magazine libanais al-Jarass (« La cloche ») et travaillait également de façon indépendante avec d’autres médias.

Les forces israéliennes ont également détruit, samedi, des relais de transmission utilisés par la chaîne Télé Liban (officielle) et plusieurs autres chaînes de télévision, dont la LBCI, la Future TV, al-Manar et des radios.

Un employé de la LBCI a été tué et un autre blessé à Fatka, durant ce raid.

Les tirs ont aussi visé un relais de télécommunications à Terbol (Liban-Nord). Signalons que l’organisation Reporters sans frontières s’est déclarée « indignée par la décision de l’armée israélienne de frapper des installations de télécommunications privant de fait des millions de Libanais d’informations ». Au total, onze personnes au moins ont été tuées hier et 56 blessées dans les tirs israéliens, portant à 361 le bilan partiel des victimes depuis le début de l’offensive.

Source : L’Orient-Le Jour, 24 juillet 2006