20/06/06 - Procès de 26 paysans du
village de Sarando
26 paysans dont 6 femmes du village de Sarando et leur avocat, accusés
de diffamation, coups et blessures et dégradations, pour avoir
brûlé
les bulldozers venus les déloger et accusé la police
de les avoir
torturés en janvier 2005, sont jugés par la Haute cour
de Sûreté de
l'Etat à Damanhour, ce dimanche 18 juin 2006.
Depuis 1997, la loi de "libération des baux" autorise
les propriétaires
à augmenter les fermages comme bon leur semble. Non satisfaits
d'exploiter les fermiers ou de les contraindre à abandonner
la terre,
les grands propriétaires s'attaquent aussi aux petits propriétaires,
bénéficiaires de la réforme agraire.
L'administration publique des terres de la réforme agraire,
de
connivence avec les grands propriétaires, refuse de fournir
aux paysans
leurs titres de propriété, et les tribunaux font expulser
les paysans
des parcelles qu'ils cultivent depuis 40 ans.
Quand les paysans possèdent leurs titres, comme à Sarando,
les
propriétaires les attaquent avec des bulldozers et des bandes
armées,
détruisent leurs maisons, la police torture les paysans, leurs
épouses
et enfants pour les faire renoncer à leurs droits. Parmi les
victimes,
Nafissa al-Marakby, 38 ans, meurt le 15 mars 2005, après avoir
été
torturée par Mohamed Amar chef de la police à Damahour.
Sa famille
renonce sous les menaces au procès qu'elle avait intenté.
Aujourd'hui, le parquet poursuit 26 paysans qui résistent
à leurs
agresseurs ainsi que leur avocat, Mohamed Abdel Aziz, devant des
tribunaux d'exception. L'officier responsable de la séquestration
des
paysans et de la mort de Nafissa, désormais plaignant contre
les
paysans et leur avocat, est toujours en mesure de faire arrêter
et
torturer les paysans qui s'opposent à lui et aux grands propriétaires
terriens.
Le 21 mai dernier, dans la région de Dekernes, la police dans
une
violence extrême expulsait de leur terre des petits paysans
pourtant
propriétaires de plein droit. Alors qu'ils manifestaient pacifiquement,
25 d'entre eux, un activiste et 5 journalistes (2 français,
1 suisse, 1
belge et 1 égyptien) ont été arrêtés
après avoir été tabassés.
Relachés, ils ont dans l'attente d'un nouveau procès.
Le 6 juin, celui de Shahinda était une nouvelle fois ajourné.
Il
devrait avoir lieu le 25 juillet prochain.
En Egypte, chaque procès devient une journée de mobilisation
des
comités villageois de la coordination paysanne et des organisations
de
la société civile qui les soutiennent. Nous voudrions
que ces
manifestations de solidarité sur place puissent être
relayées par une
campagne internationale de protestation.
*Rejoignez-nous envoyant vos protestations contre ce procès
inique et
la répression que subissent les paysans égyptiens aux
ambassades
d'Egypte de vos pays, aux Ministères de l'intérieur
et l'agriculture.
Merci d'envoyer une copie de votre envoi au Comité populaire
égyptien de solidarité avec les paysans bénéficiaires
de la réforme agraire : <mailto:egyptianpeasantsolidarity@gawab.com>
Ministère de l'agriculture
1 Nady El Sayd Street - Dokki - Giza
Tel: (202) 3373388 - 3372866
Fax: (202) 7498128
Ministère de l'intérieur
25 Rehan Street, Cairo
Tel: 202 7957500
Fax: 202 5792031
Source : Comité populaire égyptien de solidarité
avec les paysans bénéficiaires de la réforme
agraire, juin 2006
05/06/06 - La police égyptienne tue
trois "suspects des attentats de Dahab", ce qui porte à
10 le nombre de suspects qu'il n'y aura pas besoin de juger...
La police égyptienne a tué trois hommes soupçonnés
d'implication dans les attentats commis en avril à Dahab, dans
le Sinaï, a annoncé le ministére de l'Intérieur
dans un communiqué relayé par l'agence officielle de
presse Mena.
Ces trois frères sont morts dans une fusillade avec des policiers
qui assiégeaient leur cache dans les faubourgs d'El Arich,
dans le nord du Sinaï, ajoute le ministére, selon lequel
un quatriéme frère est décédé dans
les attentats.
Ces morts portent à 10 le nombre de suspects des attaques de
Dahab tués par la police dans sa traque des auteurs présumés
de ces attentats à la bombe, qui ont fait 20 morts. C'est ce
qu'on appelle la justice à la Moubarak.
Les autorités égyptiennes imputent ces attentats à
une fantomatique "organisation de bédouins islamistes",
qui n'a toutefois jamais émis la moindre revendication.
Source : Reuters, 3 juin 2006
Faute d'attraper les Bédouins poseurs
de bombes, la police égyptienne kidnappe le du directeur d'Al
Jazeera au Caire
Le Comité arabe pour la défense des journalistes (CADJ)
a accusé jeudi les autorités égyptiennes d'avoir
"enlevé" le directeur du bureau d'Al Jazeera au Caire,
Hussein Abdel Ghani, et a réclammé sa libération
immédiate.
"La manière dont les services de sécurité
égyptiens ont pris notre collègue Hussein Abdel Ghani
prouve qu'il s'agit d'un enlèvement en violation des principes
de base des droits de l'Homme", affirme le comité dans
un communiqué dont l'AFP a obtenu une copie.
"Nous dénonçons cette mesure et appelons le gouvernement
égyptien à libérer immédiatement notre
collègue (...) arrêté pendant l'exercice de sa
profession", ajoute le comité qui regroupe plusieurs journalistes
d'Al Jazeera.
Le comité réclamme que la personne responsable de son
arrestation "rende compte de son acte". Il demande également
que des "excuses soient présentées à Hussein
Abdel Ghani et aux journalistes égyptiens" et que la "protection
des correspondants, qui risquent leur vie pour divulguer la vérité,
soit assurée".
M. Ghani arrêté mercredi à Dahab (sud du Sinai)
par les services de sécurité puis transféré
au Caire est accusé de diffusion d'"informations erronées
de nature à nuire la réputation du pays", selon
la chaîne.
Al Jazeera avait annoncé, mercredi, une attaque contre des
policiers à Belbeis (nord-est du Caire) avant de diffuser plus
tard un démenti officiel.
Deux attentats suicide ont été perpétrés
mercredi dans le nord du Sinaï, dont l'un au passage de membres
de la Force multinationale et Observateurs (FMO), sans faire de victimes,
deux jours après un triple attentat meurtrier qui a fait 18
morts à Dahab.
Source : AFP, 27 avril 2006
L'Egypte durcit le ton contre les réfugiés
soudanais
par Tangi Salaün , Le Figaro, 5 janvier 2006
Après la mort de 27 personnes [NDLR Quibla
: 60 morts selon nos sources] la semaine dernière dans
une intervention policière, Le Caire annonce l'expulsion de
650 demandeurs d'asile.
EN ANNONÇANT hier l'expulsion imminente de 650 réfugiés
soudanais, l'Egypte a confirmé qu'elle entendait utiliser jusqu'au
bout la manière forte pour résoudre le problème
des demandeurs d'asile. Dans la nuit de jeudi à vendredi, 27
Soudanais, dont de nombreux enfants, avaient trouvé la mort
dans une bousculade après une intervention brutale de la police
égyptienne. Les forces de l'ordre entendaient déloger
plusieurs milliers de personnes qui campaient depuis trois mois devant
le bureau cairote du Haut Commissariat pour les réfugiés
(HCR), dans le quartier résidentiel et commerçant de
Mohandessine, sur la rive ouest du Nil.
Les Soudanais étaient rassemblés en ce lieu symbolique
dans l'espoir de faire pression sur l'organisme des Nations unies
pour qu'il reconsidère sa décision de geler certaines
procédures de relocalisation dans des pays occidentaux. Beaucoup
de réfugiés du Sud-Soudan ne font en effet que transiter
par l'Egypte, parfois pendant plusieurs années, touchant des
pensions onusiennes en attendant d'obtenir l'asile politique dans
des pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie. L'Egypte
hébergerait ainsi près d'un million de Soudanais.
Racisme
Mais, depuis les accords de paix signés entre le gouvernement
soudanais et la rébellion sudiste il y a un an, les réfugiés
craignent de devoir rentrer au Soudan contre leur gré, malgré
la poursuite des violences, notamment au Darfour, ou d'être
contraints de rester en Egypte, où ils se disent victimes de
racisme et de mauvais traitements. Le HCR a en effet rejeté
ces derniers mois de nombreuses demandes d'asile. Il a proposé
de fournir davantage d'aide aux réfugiés soudanais,
mais il a expliqué ne plus être en mesure de les installer
dans des pays tiers.
C'est cette situation qui a poussé des centaines d'entre eux,
pour la plupart chrétiens du Sud-Soudan, à s'installer
dans des conditions sanitaires plus que précaires dans un petit
parc situé devant la mosquée Moustapha Mahmoud, l'un
des principaux lieux de prière des musulmans du Caire, notamment
pendant l'Aïd-el-Kebir, qui sera fêté lundi prochain.
Un événement qui a peut-être pesé dans
la décision des autorités égyptiennes. «Nous
avons été patients assez longtemps», se justifiait
hier un officiel égyptien sous couvert d'anonymat.
La semaine dernière, après trois mois de tergiversations,
plusieurs milliers de policiers anti-émeute ont cerné
le parc en pleine nuit. Les forces de l'ordre ont dispersé
les manifestants à coups de canon à eau et de matraque.
Plus de 2 000 Soudanais ont été arrêtés
et transférés dans des camps en dehors du Caire. Les
autorités égyptiennes ont justifié leur action
par le «refus d'obtempérer» et la «réaction
violente» des réfugiés. Les Nations unies ont
de leur côté dénoncé un «usage excessif
et sans justification de la force».
Inquiétude du HCR
Hier, le HCR s'est également inquiété de l'expulsion
annoncée de 650 réfugiés arrêtés
la semaine dernière, en appelant les autorités égyptiennes
«à ne pas expulser ces personnes et à permettre
au HCR d'accéder aux camps où ils sont détenus»,
afin de pouvoir vérifier leur statut. Selon le gouvernement
égyptien, il s'agirait «d'immigrants illégaux
ou de réfugiés qui ont violé les règles
de sécurité». Mais, selon les organisations égyptiennes
des droits de l'homme, la plupart de ces personnes auraient perdu
leurs papiers pendant l'évacuation de leur campement de fortune.
Pour les ONG, ces expulsions sont donc «en contradiction avec
le principe de non-rapatriement forcé de la convention de Genève
de 1951», qui régit le statut international des réfugiés,
et «une violation flagrante du droit international». Hier,
les autorités égyptiennes ne semblaient cependant pas
prêtes à fléchir.
25 réfugiés soudanais, dont
sept enfants, assassinés en pleine capitale par la police égyptienne
sur ordre de l'Union européenne et des Nations Unies, sous
les yeux du Haut Commissariat aux réfugiés : après
Mohamed VI à Sebta et Melilla, Hosni Moubarak gagne ses galons
de garde-frontière de l'Europe "démocratique"
Ils
étaient installés dans un campement de tentes devant
le siège du Haut commissariat aux réfugiés des
Nations Unies depuis 3 mois. Ils étaient plus de 2 000 soudanais,
qui demandaient au HCR de leur permettre d'obtenir l'asile en Europe.
Ils s'étaient heurtés à un "niet" clair
du HCR et de l'Union européenne. vendredi, 4 000 policiers
ont donc attaqué le campement avec des canons à eau
et des matraques. Les Soudanais ont été embarqués
de force dans des bus et parqués dans un camp militaire au
sud du Caire. Bilan : 25 morts, dont sept enfants.
"Ces morts sont une terrible tragédie que rien ne justifie",
a affirmé le secrétaire général de l'Onu,
Kofi Annan, tandis que le haut commissaire pour les réfugiés,
Antonio Guterres, a jugé "une telle violence sans justification".
Washington s'est dit attristé par ces décès,
alors que le gouvernement soudanais, par la voix de son vice-ministre
des Affaires étrangères, Ali Ahmed Kerti, déplorait
la mort "sans nécessité" des demandeurs d'asile.
Le ministère égyptien des Affaires étrangères
a critiqué Guterres pour ses "jugements hâtifs",
faisant porter au HCR la responsabilité de demandes d'intervention
contre les squatters.
Le HCR avait rejeté des demandes d'asile de la majorité
de ces Soudanais, estimant qu'il s'agissait de migrants économiques
désireux de trouver du travail en Occident et non de réfugiés
fuyant les conflits au Soudan.
Alors que les députés nouvellement élus des frères
musulmans critiquaient vivement le gouvcernement Moubarak pour ce
massacre, 200 militants du mouvement Kefaya ont manifesté samedi
sur la place où avaient eu lieu les violences meutrières
de la police.