Karakouz algéro-libyen sur fond de
rivalité franco-US après l'Appel de Tombouctou de Kadhafi
On a très mal pris, à Alger, l'Appel
lancé à Tombouctou par Kadhafi aux tribus du sahara
à constituer un "Grand Sahara". Cet appel, lancé en
présence de cinq chefs d'État africains et de nombreux
invités, dont le leader de la Nation of Islam usaméricaine
Louis Farrakhan, est-il simplement une nouvelle lubie du fantasque
colonel ? Il semble qu'il s'agisse en fait du recyclage d'un vieux
projet du 2ème Bureau français, qui, vers la fin de
la guerre d'indépendance algérienne, avait envisagé
la création d'une République du Sahara pour permettre
à la France de garder le contrôle sur les réserves
de pétrole et d'uranium. Le colonel, avec le discret soutien
français, semble donc vouloir damer le pion aux USA, qui sont
en grandes manoeuvres dans toute la zone sahélo-saharienne,
et comptent désormais l'Algérie parmi leurs grands alliés
régionaux, aux côtés du Maroc et du Mali. On a
d'autrant plus mal pris, à Alger l'Appel de Tombouctou qu'au
même moment, le ministre des Affaires étrangères
se trouvait en visite officielle à Washington. Si le gouvernement
algérien a gardé le silence, la presse à ses
ordres ne s'est pas privée de commentaires. Le plus burlesque
est celui de l'Amenokal (chef traditionnel) de Tamanrasset, qui est
en même temps député du RND, le parti du Premier
ministre Ouyahia. Un vrai personnage de karakouz (théâtre
traditionnel de marionnettes d'origine turque), du moins tel qu'il
est mis en scène par le quotidien El Watan (NDLR Quibla).
L'Amenokal des Touareg répond au colonel
El Kadhafi : « Je refuse toute intervention étrangère
»
par Cherfaoui Zine , El Watan (avec APS), 15 avril 2006
L'invitation adressée aux grandes tribus du désert,
lundi dernier, à partir de Tombouctou (nord du Mali), par le
guide de la Révolution libyenne, Mouammar El Kadhafi, pour
bâtir « un grand Sahara » restera sans aucun doute
dans les annales de l'histoire. Cela non pas pour le succès
qu'elle connaît.
En ce sens, c'est plutôt le contraire qui s'est produit. Les
historiens et les chroniqueurs de presse se souviendront surtout de
la célérité avec laquelle celle-ci a été
enterrée.
Et ainsi qu'il fallait s'y attendre, le rejet le plus résolu
et le plus franc au projet du colonel El Kadhafi est venu de l'Amenokal
des Touareg, en personne. Sollicité, durant le week-end, à
Tamanrasset où il vit avec sa famille, pour avoir son opinion
sur l'idée du colonel El Kadhafi de convaincre les grandes
tribus du désert (dont celle des Touareg) de « reconstituer
le Grand Sahara », à travers la signature d'un pacte,
le « responsable du Har », Ahmed Edaber, n'a pas eu besoin
de réfléchir pour donner sa réponse. D'une voix
sûre et tranchante, le regard foudroyant et le doigt pointé
vers le ciel, l'Amenokal des Touareg a tenu à se faire définitivement
comprendre : « Que les étrangers ne comptent pas sur
moi pour remettre en cause le serment prêté par l'Amenokal
Bey, au moment où le colonialisme français cherchait
à diviser le Sahara, de veiller à garder l'Algérie
une et indivisible. » « C'est ma position et ce sera ma
position », a-t-il fermement déclaré. Par conséquent,
a-t-il souligné, « en ma qualité de responsable
du Hoggar, j'interdis à un quelconque Président et à
n'importe qui d'autre de venir discuter avec moi sans avoir eu au
préalable l'autorisation de mon président Abdelaziz
Bouteflika ». Et de préciser encore : « Je ne parlerai
à un étranger que si le président Bouteflika
me le demandait. » Assurant qu'il n'accordait aucune importance
à l'annonce faite par le Guide de la Révolution libyenne,
Ahmed Edaber a insisté sur l'idée, par ailleurs, qu'il
s'opposera « à l'intervention des étrangers par
Aïn Guezzam ou par le Sahara ». « Seul un Algérien
a le droit de rentrer par Aïn Guezzam », a-t-il poursuivi.
Profitant de l'opportunité, le guide des Touareg a appelé
« les jeunes Algériens à honorer le sang versé
par les chouhada et à ne pas oublier les immenses sacrifices
consentis par les moudjahidine pour que vive une Algérie une
et indivisible ». A ce propos, il rappellera la résistance
farouche opposée par l'Amenokal Bey Ag Akhamoukh, à
la fin des années 1950, au projet de la France de diviser le
Sahara algérien. « Je reste plus que jamais fidèle
au principe, défendu par l'Amenokal Bey, de l'indivisibilité
du territoire. Je refuse toute intervention étrangère
à partir du Sahara », a-t-il martelé une nouvelle
fois avec force. Et de conclure : « Mon pays est l'Algérie
et restera l'Algérie. Je suis au service de l'Algérie.
»
Message d'El Kadhafi à Bouteflika
Le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika,
a reçu un message adressé par le Guide de la Révolution
libyenne, le colonel Maâmar El Kadhafi, alors qu'il traversait
l'espace aérien algérien, en provenance du Mali pour
regagner Tripoli. « Alors que nous traversons de nouveau l'espace
aérien de l'Algérie frère pour regagner (la Libye),
nous vous adressons nos salutations et nos souhaits de santé,
de bonheur et de succès », écrit le colonel El
Kadhafi dans son message.
Edaber, nouvel amenokal des Touareg -
Le nouvel amenokal des tribus touareg, Edaber Ahmed Ben Mohamed, 59
ans, a été installé, vendredi dernier, lors d'une
cérémonie qui s'est déroulée à
Tamanrasset, à 2000 km au sud d'Alger en remplacement de Hadj
Moussa Akhamoukh, qui était sénateur RND, décédé
en décembre 2005, a indiqué l'APS.
Au cours de cette cérémonie tenue conformément
aux us et m¦urs des tribus touareg, il a été
procédé à la lecture du communiqué final
de la dernière réunion des chefs de tribus sanctionnant
une série de rencontres consultatives à partir desquelles
il a été procédé à la désignation,
à l'unanimité, de Edaber Ahmed Ben Mohamed, également
député RND. Edaber Ahmed Ben Mohamed a appelé,
après son installation, tous les Touareg à contribuer
à « ¦uvrer pour le développement de l'Algérie
», a rapporté l'APS. « Ma première mission
est de représenter les tribus devant l'administration »,
nous a indiqué hier le nouvel amenokal. La commission d'installation
a précisé, en marge de la cérémonie, que
deux candidatures avaient été présentées
à cette fonction, en l'occurrence celles de Edaber Ahmed Ben
Mohamed et du fils de l'amenokal défunt, Akhamoukh Mohamed.
Adlène Meddi, El Watan,5 mars 2006 :
Les sept confédérations touarègues
Traditionnellement, il existe sept confédérations touarègues
:
1. Ahaggar (Algérie, Niger)
2. Ajjer (Libye, Algérie)
3. Aïr (Niger)
4. Azawagh (Niger, Mali)
5. Adghagh (Mali)
6. Tadamakkat (Mali)
7. Oudalan (Burkina-Faso)
Organisation
Durant des siècles, ces confédérations avaient
chacune un chef, nommé amenokal. Il avait à charge la
protection de tribus et gérait les conflits entre elles (les
zones de pâturage, le contrôle du commerce caravanier,
etc.).
Chaque confédération était composée de
plusieurs tribus et, en général, subdivisée en
plusieurs castes :
les guerriers, appelés : imouhagh, imoushagh, imajighen, selon
les régions.
les religieux : ineslmen
les vassaux : imghad
les artisans : inadhan
les serviteurs : eklan
Aujourd'hui
Actuellement, cette organisation en castes tend à disparaître
au profit d'une structure sociale moins rigide où la seule
référence est l'identité touarègue (temoust).
Source : http://www.temoust.org
Elle exhibe le vieux traité d'amitié
américano-algérien : quand Condoleezza Rice nargue Paris
par v, El Watan, 15 avril 2006
Moins d'une semaine après l'échec du ministre français
des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, de réanimer
le projet du traité d'amitié devant être signé
avec l'Algérie, Condoleezza Rice exhibe devant les caméras
l'autre traité d'amitié paraphé voilà
plus de deux siècles (1795) entre la régence turque
d'Alger et les autorités américaines.
Loin d'être une simple coquetterie politique, ce geste symbolique
de la secrétaire d'Etat des USA, qui remettait mercredi 12
avril une copie de ce fameux traité à son homologue
algérien Mohamed Bedjaoui, est quelque part un pied de nez
à la France qui, elle, peine à convaincre Alger. Nous
avons réussi il y a longtemps là où vous venez
d'échouer, semble suggérer ce message de Condoleezza
Rice, qui s'adresse à la France. C'est qu'aux yeux des Américains,
il n'y avait pas meilleure façon de clore une visite officielle
du ministre algérien des AE quelques jours seulement après
la fin en queue de poisson de M. Douste-Blazy à Alger.
Le souci de Washington de narguer diplomatiquement Paris est évident.
Que France 3 évoque dans son journal de jeudi soir le crochet
américain de Bedjaoui et qu'elle remette au goût du jour
la question de l'impunité liée à l'application
de la charte pour la réconciliation pour faire pression sur
Alger est tout à fait attendu. Sans doute, sevrées de
la froideur de l'Algérie par rapport au paraphe « ici
et maintenant » du traité, les autorités françaises,
par doses homéopathiques, entament une campagne médiatique,
qui ne plairait pas forcément à Alger. Une espèce
de guerre psychologique qui, espèrent-il, ferait revenir l'Algérie
à de meilleurs sentiments. Cela étant dit, s'il est
vrai que la France et l'Algérie, de par l'histoire et la géographie,
ne peuvent se tourner indéfiniment le dos, il est tout aussi
vrai que l'Algérie, financièrement à l'aise,
voudrait se payer une cure d'opposition à la France chez l'Oncle
Sam, ne serait-ce que pour pousser Paris à balayer devant sa
porte.
En l'occurrence, les questions de la libre circulation des biens et
des personnes, le lourd passif colonial et le soutien de Paris à
Rabat dans l'affaire du Sahara-Occidental ne sont pas de nature à
détendre l'atmosphère entre les deux pays, mais surtout
à rassurer Alger sur les futures intentions de Paris.
Le rapprochement stratégique de l'Algérie avec les USA,
bien qu'il cadre parfaitement avec l'option multilatérale de
partenariat qu'elle a adoptée, n'est pas une manière
de suggérer à la France de revoir sa copie. Cela irrite
sans doute, et au plus haut point, Paris qui s'accroche à ce
qu'elle considère comme une « chasse gardée ».
« J'ai tiré comme conclusion de ce voyage qu'il aura
été tout à fait fructueux, et qu'il permet d'entrevoir
encore de belles perspectives, notamment sur les plans économique,
diplomatique, sécuritaire, militaire et politique ».
Cette déclaration de Mohamed Bedjaoui, de retour de Washington,
fera certainement les choux gras de la presse hexagonale si friande
dès qu'il s'agit de l'Algérie. D'autant plus que le
ministre des AE a mis l'accent sur la prise de conscience des Américains
de la nécessité pour les opérateurs économiques
d'identifier les niches d'opportunité en Algérie pour
diversifier les échanges bilatéraux et leur donner plus
d'étendue, mais aussi de durée et de pérennité.
Le chassé-croisé diplomatique entre Alger et Washington
est donc loin de relever du tourisme politique, mais dénote
d'une réelle volonté de resserrer les liens autour des
intérêts profitables aux deux pays. La preuve ? Condoleezza
Rice et Mohamed Bedjaoui se sont accordés sur la nécessité
« d'élargir la concertation en lui donnant surtout un
socle juridique et ouvrir la coopération bilatérale
à l'ensemble des secteurs où les deux pays possèdent
des complémentarités avérées dans l'optique
d'un intérêt mutuellement bénéfique ».
La volonté de l'Algérie de s'émanciper diplomatiquement
de la mainmise française constitue la pierre angulaire de la
politique étrangère de Bouteflika, qui privilégie
désormais l'approche pragmatique à celle historique.
Lutte contre la contrebande et la criminalité
: la Gendarmerie ratisse l'est du pays
par Mustapha Rachidiou , El Watan, 15 avril 2006
Sous le regard aigu du colonel Ayoub, président de la cellule
de communication au commandement de la Gendarmerie nationale, ces
opérations ont permis à la presse nationale de constater
de visu les fléaux sociaux qui gangrènent l'est du pays,
bien que de moindre ampleur qu'à l'Ouest.
Le périple a commencé à la gare d'Alger en ce
mercredi 5 avril. Il est 20h45 et le train rapide s'ébranle
pour rejoindre Annaba. Nous prenons place à côté
des éléments de la gendarmerie, dans le dernier wagon
en compagnie de la police des trains, relevant de la SNTF. Les aboiements
d'un chien berger sniffeur provoquent la curiosité des présents.
A chaque escale du train, des éléments de la police
des trains guettent le moindre geste dans les arrêts. A Réghaïa,
l'effectif se renforce par un groupe d'intervention et de réserve
(GIR). A 22h environ, la fouille commence. Les gendarmes et la police
des trains passent au peigne fin les wagons. Toute personne suspecte
est soumise au contrôle. Seul le wagon familial est épargné
par cette inspection. Heureusement, aucun malfaiteur n'était
à bord du train cette nuit-là. Mourad, 30 ans, est un
habitué du train. Il avoue que la situation s'est sensiblement
améliorée. « Ce n'est plus comme les années
1990 où prendre un train relève d'une mission dangereuse
», dit-il. Nabil, lui, trouve le prix du ticket exorbitant et
se plaint également des conditions d'hygiène dans les
wagons. Par ailleurs, le chef de la police des trains, tenue modeste
qui nous rappelle la police communale, déplore le manque de
moyens pour ses éléments comparativement à la
Gendarmerie nationale. « Nous travaillons dans des conditions
difficiles. On veut des talkies-walkies, des tenues neuves et des
moyens de lutte conséquents », dira-t-il, non sans regret.
Parfois, ces policiers font face à des situations si difficiles
qu'ils s'exposent à des dangers réels. Certains voyageurs
sont des malades mentaux et ne font qu'aller et revenir dans les trains.
D'autres s'adonnent à des boissons alcoolisées et portent
des armes blanches. Certains encore sont des chômeurs et ne
paient pas les frais du voyage. C'est dire que la maîtrise de
la contrebande qui s'étale notamment durant la nuit est tributaire
d'une coopération avec la gendarmerie. Ainsi, les patrouilles
de la gendarmerie sont appelées à devenir régulières.
A 2h, notre voyage se termine à Sétif et le travail
de la gendarmerie ne fait que commencer.
Prostitution à Sétif
Après une préparation minutieuse durant la matinée
de jeudi, le groupement de la gendarmerie a réussi, vers 17h,
un véritable assaut sur un hangar qui échappe, au demeurant,
à tout ¦il anodin. Plongé dans une large ferme
et clôturé par des parpaings, ce lieu est transformé
en un « cabaret à ciel ouvert » : consommation
des boissons alcoolisées et prostitution en toute clandestinité.
La gendarmerie a quadrillé les lieux et pénétré
la forteresse des malfaiteurs. La capture a été importante.
Une centaine d'hommes en état d'ivresse avec, pour certains,
port d'armes blanches et 11 jeunes femmes prostituées, toutes
des récidivistes. Djamila, 23 ans, tenue légère
et peau raidie raconte : « Je suis universitaire et j'ai décroché
un contrat dans une société. Une fois le contrat expiré,
toutes les portes m'ont été fermées. Pour pouvoir
faire vivre ma famille, j'étais contrainte de vendre mon corps.
Que voulez-vous, je n'ai aucun choix. » Le même motif
revient comme un refrain dans la bouche des jeunes filles : les mauvaises
conditions sociales. Selon le chef de l'opération, le responsable
de ce hangar a obtenu une autorisation pour vendre des boissons alcoolisées
en gros alors qu'il les vend en détail en rassemblant des jeunes
prostituées sur les lieux. Ainsi, après examen de la
situation, la gendarmerie saisira le wali pour un arrêté
de fermeture.
Agressions à Batna et à Biskra
A notre arrivée à Batna, samedi après-midi,
le groupement de la gendarmerie, appuyé par des éléments
de la Sûreté nationale, a mobilisé l'ensemble
de ses forces pour quadriller le centre-ville, notamment les deux
gares routières, qui constituent un lit pour la criminalité
et la contrebande. Dans la nouvelle gare routière, la police
judiciaire et la brigade ne laissent aucun fourgon échapper
au contrôle. Après 10 minutes d'inspection, un gendarme
a mis la main sur un jeune adolescent avec une plaque de drogue et
une arme blanche. Le jeune avoue qu'il est étudiant universitaire.
A l'ancienne gare routière, un autre jeune homme a été
intercepté avec une bombe lacrymogène. Il a, aussitôt,
été arrêté. Selon les dires du lieutenant-colonel,
Zakaria, chef du groupement de wilaya, le fait saillant à Batna
est l'agression contre les personnes avec 7 crimes et 252 délits
durant le 1er trimestre 2006. 30 personnes ont été incarcérées
et 307 mises en liberté provisoire. Sur un autre registre,
et pour la même période, Batna a enregistré 167
accidents de la circulation avec 17 morts. Il a été
procédé à 365 retraits de permis de conduire
et 7062 amendes forfaitaires. Cependant, avoue le lieutenant-colonel,
78,47 % n'ont pas été payées et elles doivent
être prises en charge par la justice. La dernière halte
de la gendarmerie a été la porte du Sahara, Biskra,
où, après une patrouille inopinée, 2 personnes
qui vendaient des boissons alcoolisées à l'intérieur
de leur maison ont été arrêtées la veille
du Mawlid Ennabaoui. 377 canettes de bière et 50 bouteilles
de vin ont été saisies. La brigade de la sécurité
routière a saisi 25 motos qui ont été mises en
fourrière. Dans la même journée du lundi, 12 personnes
arrêtées ont été relaxées suite
aux instructions du procureur. Le crime contre les personnes constitue,
là aussi, la priorité de la gendarmerie avec 7 crimes
et 136 délits pour le 1er trimestre 2006. Durant cette échéance,
7,454 kg de kif traité et 670 psychotropes ont été
saisis. S'agissant de la circulation routière, 19 morts et
166 blessés sont à déplorer pour le 1er trimestre
2006. Un bilan qui reste similaire à celui de 2005. Cette semaine,
qui coïncide avec la fête du Mawlid, a permis la récupération
par la gendarmerie d'une grande quantité de produits pyrotechniques
dans les trois wilayas. Selon les déclarations du colonel Ayoub,
ces trois wilayas restent relativement à l'abri des malfaiteurs
comparativement à Oran ou Annaba.
Traité d'amitié entre l'Algérie
et la France : La presse parisienne explique les raisons du blocage
L'échec de la relance du projet du traité d'amitié
entre l'Algérie et la France, qui devait être signé
en 2005, à l'issue de la visite, cette semaine en Algérie,
du chef de la diplomatie française, Philippe Douste-Blazy,
était largement commenté par les quotidiens français
parus hier.
Ils se sont étalés sur les raisons ayant conduit à
l'échec du ministre français des Affaires étrangères
dans sa mission à Alger. Une mission consistant à promouvoir
« le partenariat d'exception » entre les deux pays et
à faire relancer les discussions en vue de la signature de
ce traité. « Bloqué », « en panne
» et « ajourné » sont les qualificatifs utilisés
par Le Monde, Libération, Le Figaro et l'Humanité pour
évoquer l'impasse caractérisant les pourparlers entre
Alger et Paris sur ce sujet. Les raisons évoquées sont
multiples : la loi du 23 février 2005 glorifiant le passé
colonial français, la question des harkis, le problème
des visas et le différend sur le conflit du Sahara-Occidental.
« Le traité d'amitié n'est pas pour demain »
titre Libération. Citant les déclarations des ministres
algériens et français, le journal a conclu que «
le traité d'amitié est totalement bloqué ».
Dans son édition du 10 avril, le même journal avait prédit
l'ajournement de ce traité jusqu'à la présidentielle
de 2007 en France. « Le traité d'amitié est en
fait totalement bloqué et tout indique que, sauf miracle, il
le restera jusqu'à la présidentielle de 2007 »,
précise le rédacteur de l'article. En sus des raisons
précitées, Libération explique également
le gel de ce traité par le « manque d'empressement français
à livrer directement du matériel militaire sophistiqué
à l'Algérie pendant la guerre civile ». Ceci avant
de conclure que l'Algérie, connaissant une embellie financière,
« fait monter les enchères » en sachant que la
France « ne veut pas rater sa part du marché algérien
et rester à la traîne » au moment où les
grandes puissances se bousculent au portillon. Pour Le Figaro, «
le traité d'amitié vient de subir un nouveau revers
». Ce quotidien proche de la droite française estime
que les explications avancées par Mohamed Bedjaoui, ministre
des Affaires étrangères algérien, s'apparentent
à « un renoncement » à la signature de ce
pacte. M. Douste-Blazy, selon le journaliste, a « entretenu
la flamme pour tenter de remettre sur rails un projet mis à
mal en France comme en Algérie par des péripéties
de politique intérieure ». Les deux pays, a-t-il souligné,
ont les pires difficultés à purger le passé,
notamment les questions de l'occupation française et les harkis.
« Alger garde durablement ses distances avec Paris »,
souligne Le Figaro. Les exigences posées par le président
Bouteflika, concernant la simplification des procédures de
visa octroyées et l'approfondissement du travail de mémoire
témoignent « du manque flagrant d'enthousiasme des responsables
algériens ». Même conclusion chez Le Monde, pour
qui l'enthousiasme né de la visite d'Etat de Jacques Chirac
en Algérie, en mars 2003, « semble bel et bien retombé
». La question des visas, selon Le Monde, est « au centre
de la crispation actuelle entre les deux capitales ».
Source : http://www.elwatan.com/2006-04-12/2006-04-12-40332, 12 avril
2006
Algérie-USA : Bedjaoui à Washington
Mohamed Bedjaoui, ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères,
entreprend, à partir d'aujourd'hui, une visite officielle aux
Etats-Unis d'Amérique, a indiqué hier un communiqué
de son département ministériel.
Cette visite, au cours de laquelle M. Bedjaoui rencontrera notamment
la secrétaire d'Etat, Condoleezza Rice, sera une occasion d'approfondir
le dialogue et élargir la concertation pour instaurer une plus
grande coopération et un partenariat mutuellement bénéfique
entre l'Algérie et les Etats-Unis, relèvent des experts
à Washington. La visite de M. Bedjaoui, qui se situe dans le
prolongement des visites de nombreuses personnalités politiques
américaines à Alger ces derniers mois, devra permettre
notamment aux deux ministres des Affaires étrangères
d'aborder une multitude de thèmes politiques se rapportant
non seulement aux relations bilatérales, mais également
à la situation qui prévaut sur la scène internationale.
Le chef de la diplomatie algérienne devrait également
expliquer à ses différents interlocuteurs la volonté
des autorités algériennes de mener à terme le
processus des réformes politiques et économiques. Les
nombreux messages échangés entre les présidents
Abdelaziz Bouteflika et George W. Bush, et leurs différentes
rencontres, notamment lors de la visite officielle du chef de l'Etat
aux Etats-Unis, en juillet 2001, confirment, si besoin est, la volonté
des deux hauts dirigeants de continuer à ¦uvrer au développement
des relations algéro-américaines, à leur approfondissement
et à leur ouverture à tous les domaines de coopération
et d'échanges.
Source : http://www.elwatan.com/2006-04-12/2006-04-12-40333, 12 avril
2006
Rappelés pour combattre le terrorisme
: les réservistes de Mila délaissés
par v, El Watan, 12 avril 2006
Est édifiante, à ce titre, l'émergence d'une
catégorie de victimes du terrorisme qui a décidé
de briser les murs du silence pour crier à la face des autorités
(civiles et militaires) son exclusion et sa mise en quarantaine en
ces moments euphoriques de réconciliation nationale.
Il s'agit de centaines de jeunes réservistes de la wilaya de
Mila rappelés dans le cadre de la lutte antiterroriste entre
les années 1995 et 1999. Ces derniers, du moins pour ceux qui
auront survécu à la nébuleuse terroriste, se
sont constitués en association de wilaya pour la réintégration
des jeunes du service militaire, communément appelée
MOB (abréviation de mobilisation) afin de mieux se faire entendre
et faire valoir leurs droits à la réinsertion sociale
tant promise. De près d'un millier d'adhérents, à
sa création en novembre 2002, les effectifs du MOB, dont le
siège est basé à Oued Athmenia, sont passés
à 1200 éléments dont 10 à 15% ont laissé
leur vie lors des combats sanglants et des opérations de ratissage
et 80% sont des cas sociaux avérés, affirme le président
de l'association, Bourahla Bendaoud. « Un père de 4 enfants,
originaire de Mila, s'est vu attribuer une pension de... 7000 DA,
après avoir perdu les deux yeux dans une embuscade »,
enchaîne à son tour le trésorier du MOB, Mouloud
Kassah Laouar. Vers la fin 1999 (année de la reddition et de
l'amnistie), ils étaient, contre toute attente, des centaines
à perdre leurs emplois. Pis encore, beaucoup d'entre eux sont
revenus avec des séquelles physiques et une fragilité
psychologique (traumatismes psychiques, dépressions nerveuses,
invalidité ou impotence, etc.).
Les oubliés de la tragédie nationale
Le choix du poste à occuper porté sur les fiches de
v¦ux par les réservistes avant leur départ pour
le maquis ne serait qu'un prisme déformant, selon les membres
de cette association, en dépit d'une instruction particulière
émanant du commandement de la 5e Région militaire recommandant
aux walis d'alors leur prise en charge en priorité, en matière
d'emploi notamment. Les oubliés de la tragédie nationale
de la wilaya de Mila rappelés pour protéger les populations
des communes et des douars isolés sont restés sur le
carreau et la majorité de cette catégorie vit dans le
dénuement total. Ils n'ont pourtant pas rechigné devant
l'appel du devoir national et nombreux sont ceux qui ont payé
le prix fort de leur engagement pour la patrie. Mais voilà
qu'à la faveur de la paix retrouvée, « toutes
les promesses d'un statut social décent se sont volatilisées
», résume le président de l'association MOB. Et
de marteler : « Il y a des familles qui comptent deux, voire
trois éléments rappelés et certains membres de
l'association se sont vu même refuser des demandes pour faire
partie de la garde communale. Nous avons tout au plus réussi
à dégoter une quinzaine d'emplois au niveau du barrage
réservoir de Oued Athmenia, mais est-ce une fin en soi lorsque
le besoin d'un travail se fait sentir pour près d'un millier
d'adhérents ? » Toutes les démarches entreprises
auprès de l'ex-wali de Mila, tout comme les correspondances
adressées aux autorités militaires compétentes,
seraient restées lettre morte, ajoutent nos interlocuteurs.
Source : http://www.elwatan.com/2006-04-12/2006-04-12-40321
Candidature de l'Algérie au Conseil
des droits de l'Homme des Nations unies
L'Algérie a décidé de présenter sa candidature
aux élections pour la constituion du Conseil des Drots de l'Homme
des Nations unies, qui auront lieu le 9 mai prochain. Lire le lettre
de la Mission permanente de l'Algérie à l'ONU au président
de l'Assemblée générale :
http://www.algeria-watch.de/pdf/pdf_fr/presentation_candidature_dz.pdf
Ubu roi d'Alger : la candidature de l'Algérie
aux élections du Conseil des Droits de l'Homme
par Justitia Universalis, La Haye, 8 avril 2006
Après avoir décrété, dans l'indifférence
de la population, la mise en ¦uvre de la « Charte de
paix et de réconciliation » garantissant l'impunité
aux criminels encore au pouvoir, en retraite et/ou convertis aux affaires,
Charte encouragée par l'ignominieuse déclaration du
président du Parlement européen qui n'a pas eu
le courage de répondre à la lettre que lui a adressé
la Coordination Nationale des Familles de Disparus le régime
algérien vient de franchir un nouveau pas dans l'arrogance
et l'absurde en se posant comme exemple d'un Etat de droit.
L'Algérie et le droit international
A lire les motivations d'ordre juridique de la demande de cette candidature,
on croirait volontiers que l'Algérie « a toujours inscrit
dans ses priorités la promotion des droits de l'Homme ».Qui
dit mieux ? N'est-ce pas l'Algérie qui, une décennie
après l'annulation des premières élections libres
de son histoire, peut afficher un bilan à faire pâlir
de jalousie Pinochet et Videla réunis ? 150 000 à 250
000 morts, des milliers de disparus, sans oublier des dizaines de
milliers de traumatisés à vie que sont les familles
de disparus, les torturés et les violés. Et que dire
de l'instauration des cours spéciales inspirées du régime
de Vichy ? Les victimes se reconnaîtront-elles dans cet Etat
? Elles viennent justement, par cet oukase, se voir fermer toute possibilité
de recours à la justice et, les familles de disparus, «
conviées à venir chercher le certificat de décès
» sont sommées de se taire, sous peine de poursuites
pénales.
Est-ce bien en Algérie que l'on a installé une Commission
« indépendante » de promotion des droits de l'Homme
qui, en cinq ans d'existence, n'a pas été capable
ou n'a pas eu la volonté d'enquêter sur un seul
un cas de disparition forcée ? Qui plus est, son président,
M. Ksentini, n'hésite pas à affirmer que le crime de
disparition est prescriptible ? Un piteux exemple de la prétendue
« adhésion aux instruments juridiques internationaux
en matière de droits de l'homme [qui] a permis [à l'Algérie]
de poursuivre graduellement la mise à niveau de sa législation
nationale par rapport aux standards internationaux. »
La presse algérienne
On veut bien admettre que, depuis la fin des années quatre-vingts,
« la presse se distingue par sa variété, sa richesse
et la liberté de son ton » mais force est de constater
que les tribunaux jugeant et emprisonnant les journalistes ne désemplissent
pas. Les affaires les plus récentes datent de ce mois d'avril
même. Oui, en Algérie, on peut être journaliste,
à condition d'être au moins révérencieux,
ou mieux encore, un « chien de garde ». Après avoir
des années durant, comme M. Benchicou, directeur du défunt
quotidien Le Matin, l'a affirmé lui-même, « pris
la défense [de l'armée] en de nombreuses circonstances,
notamment dans le débat du « qui tue qui » et qui,
(enfin !) pris de doutes, assène que « la hiérarchie
militaire ne doit plus compter sur nous pour transmettre ses messages
». Ce journaliste « repenti » se trouve aujourd'hui
écroué pour crime de lèse-majesté(s).
Vous avez dit liberté de la presse ?
Le quotidien des Algériens
On veut bien applaudir une Algérie qui, « dès
son indépendance », s'est attelée « pour
assurer à ses citoyens l'exercice de leurs droits fondamentaux
[Š] ce qui lui a permis de réaliser des progrès
considérables, de réduire notablement la pauvreté
[Š]. » La réalité veut, hélas !, que
malgré une réserve officielle de devises dépassant
les 55 milliards de dollars, le quotidien d'une grande partie de la
population (dont 14 millions de personnes vivent en-dessous du seuil
de pauvreté) est plus que difficile, sinon insoutenable. Manifestations
et émeutes se banalisent à travers le pays en raison
du chômage endémique qui affecte surtout les jeunes,
sans compter l'absence de logements, des privations d'eau, d'électricitéŠ
Réponse de « l'Etat de droit » : envoyer la police
anti-émeutes. Et qui dire de la situation de la femme qui n'a
cessé de se dégrader durant ces dix dernières
années (paupérisation, prostitution, régression
de la scolarisation des filles) ? Bel exemple de progrès social
!
Ainsi, la présence dans le Conseil des Droits d'Homme d'un
pays comme l'Algérie - qui, il faut le rappeler, il n'y a pas
si longtemps, s'opposait activement au projet de Convention internationale
sur les disparitions forcées, et où l'état d'urgence
est toujours en vigueur - viendrait certainement entacher la mutation
et la crédibilité de cette importante instance des Nations-Unies.
Le rejet de la candidature de l'Algérie serait, au contraire,
un message d'espoir pour les victimes et les défenseurs des
droits de l'Homme.
Source : http://www.justitia-universalis.net/
L'axe Alger-Marseille se porte bien
Le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin (UMP), a fait savoir vendredi
qu'il accompagnerait le ministre des Affaires étrangères,
Philippe Douste-Blazy, dans son voyage officiel à Alger les
9 et 10 avril "en raison des relations particulièrement
privilégiées" entre les deux villes. La délégation
sera reçue par le président algérien, Abdelaziz
Bouteflika, et le ministre des Affaires étrangères,
Mohamed Bedjaoui. Parmi les visites prévues, selon un communiqué
de M. Gaudin, la délégation déposera une gerbe
au cimetière du Mont d'Or, un des quatre sites funéraires
pour lesquels Marseille engage des fonds en faveur de leur réhabilitation.
Deux nouveaux cimetières algériens bénéficieront
de cette aide marseillaise cette année. Depuis 25 ans, Marseille
et Alger ont développé de nombreux échanges dans
les domaines de la gestion des risques, l'eau et la protection du
patrimoine et Marseille a apporté de l'aide à l'Algérie
lors du séisme qui a frappé ce pays en 2003, a rappelé
M. Gaudin. "Cette coopération sera amenée à
s'intensifier dans les mois à venir avec la participation de
Marseille à la restauration de la basilique Notre-Dame d'Afrique,
symbole des relations entre les deux rives du bassin méditerranéen",
a indiqué le communiqué. En novembre, M. Gaudin conduira
une mission à Alger pour développer les relations "dans
des domaines aussi variés que l'économie, l'environnement,
la santé, la culture ou le sport". Le maire de Marseille
et vice-président du Sénat rencontrera également
l'un de ses homologues de la Haute Assemblée, ainsi que Chérif
Rahamani, ministre de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement,
qui était en mars à Marseille.
Source : AFP, 7 avril 2006
Rachid Allouache, délégué
des archs : "C'est le RCD qui a assassiné mon frère
Hakim"
Entretien réalisé par Kaci Bali, La Dépêche
de Kabylie, 6 avril 2006
L'assassinat de Hakim Allouache à Fréha, dans sa librairie
par un incendie criminel survenu à la veille du scrutin présidentiel
de 2004, reste un acte énigmatique tant que la justice, détentrice
de preuves, n'aura pas fait la lumière, toute la lumière,
sur le mobile de cet abject crime.
Rachid Allouache, délégué des archs et frère
de la victime, qui demeure déterminé sur la quête
de la vérité sur l'assassinat de son jeune frère,
nous livre dans cet entretien les contours de l'affaire que seul la
justice aura à élucider.
La Dépêche de Kabylie : Deux ans se sont écoulés
depuis l'assassinat de votre frère Hakim. Peut-on savoir où
en est l'affaire au niveau des tribunaux ?
Rachid Allouache : En effet, aujourd'hui nous commémorons
le triste anniversaire du meurtre perpétré contre mon
frère Hakim survenu des suites de l'incendie qui avait ravagé
notre magasin au centre ville de Fréha un certain 7 avril 2004,
soit 24h avant le jour du scrutin présidentiel. Pour revenir
à votre question, je vous informe que la cour suprême
a confirmé, il y a une dizaine de jours de cela, la décision
de la chambre d'accusation qui allait enrôler l'affaire devant
le tribunal criminel prés la cour de Tizi-ouzou. Cela fait
une année depuis que les avocats des deux accusés ont
interjeté l'appel au niveau de la cour suprême pour contester
la décision de la chambre d'accusation. Maintenant nous sommes
dans l'espoir de voir cette même chambre enrôler le dossier
durant la prochaine session criminelle.
Les deux accusés, B.K et S.S, demeurent toujours en détention
à la maison d'arrêt de Tizi-ouzou depuis leur arrestation
au lendemain du meurtre.
Qu'est-ce qui vous dit que ces deux accusés étaient
les auteurs de l'incendie de votre magasin familial ayant conduit
à la mort de votre frère ?
L'accusation portée contre ces deux prévenus n'est
pas inventée. Ils ont été identifiés par
des témoins ayant apporté leur déposition au
commissariat de police d'Azazga au lendemain de l'assassinat de mon
frère. Ils sont six à constituer la pléthore
des témoins qui sont déjà entendus par le juge
instructeur prés le tribunal d'Azazga, en charge du dossier.
Il faut savoir que l'un des six témoins n'est autre que le
militant qui assurait la permanence au siège communal du RCD
cette nuit-là. Ma conviction est d'autant plus sûre que
le nommé B.K m'avait déjà menacé de mort
dix jours avant de commettre son acte contre mon frère. D'ailleurs,
il n'a pas hésité à avouer cette menace devant
le juge d'instruction. B.K m'a dit clairement et en ces termes : «Qu'as-tu
contre mon oncle, si tu prononces encore son nom, je te tuerais».
C'était d'ailleurs devant des témoins qu'il m'avait
proféré ses menaces. Son oncle, c'est le Dr Said Sadi
qui était à l'époque candidat aux élections
présidentielles et contre lequel nous avons mené une
campagne anti-vote. A ma question de savoir pourquoi il voulait s'en
prendre à moi, il m'a répondu : «Tu dénigres
trop mon oncle, candidat aux élections présidentielles,
et ça, je ne peux l'admettre», et d'ajouter : «Je
suis venu spécialement d'Espagne pour faire le nettoyage».
Moins de 48h après, un militant du RCD, dont je tais toujours
le nom, m'a alerté sur les intentions de cet individu qui traînait
avec une liste de quatre noms de délégués du
mouvement citoyen qu'il voulait abattre, et dont je faisais partie.
Sur le coup, j'ai alerté les trois autres délégués
pour qu'ils fassent attention à leur sécurité
physique, et depuis, j'ai fui la région jusqu'au jour où
je fus contacté par téléphone, aux environs de
4h du matin, pour m'annoncer la triste nouvelle sur mon frère.
J'ai regagné sur-le-champ la ville de Fréha où
j'ai constaté le triste sort qui était arrivé
à mon frère Hakim.
Sur le coup, je n'avais aucune idée sur l'identité des
auteurs de l'incendie et de la mort de Hakim. Ce n'est qu'après
mon déplacement au commissariat d'Azazga pour savoir où
en était les premières investigations que je sus que
six personnes s'étaient présentées à la
police pour apporter leurs témoignages, mais sans réussir
à avoir leur identité auprès des policiers. Et
à la veille de l'enterrement de mon frère, j'ai eu connaissance
de l'identité des témoins et celle des auteurs du forfait.
C'est à ce moment que je commençai à voir clair
sur l'un des deux présumés auteurs de l'incendie ayant
conduit à la mort de mon frère puisque c'était
lui-même qui m'avait menacé de mort devant notre magasin.
C'est à partir de ces témoignages que la police d'Azazga
a procédé à l'arrestation des deux individus
et qui ont été présents lors de la reconstitution
des faits et qui a eu lieu sur les lieux du crime sur demande du juge
instructeur. Je vous informe que ce sont les preuves matérielles,
décelées par la police scientifique, qui ont aidé
les magistrats à confirmer les deux personnes en tant qu'auteurs
du crime. Il reste maintenant au tribunal criminel de Tizi-ouzou de
statuer définitivement sur leur cas.
On a beaucoup parlé de l'implication des dirigeants du RCD
dans cette affaire. Selon vous, quel intérêt peut avoir
ce parti dans l'exécution d'un tel acte à la veille
d'une échéance électorale, sachant que son leader
s'était porté candidat ?
Je dois rappeler, comme tout le monde le sait d'ailleurs, que les
deux prévenus font partie de la famille du président
de ce parti, l'un est son neveu et l'autre est son cousin. L'autre
élément qui me fait dire que ce parti n'est pas étranger
à l'acte odieux qui a coûté la vie à mon
jeune frère est l'acharnement du chef de ce parti contre les
délégués du mouvement citoyen. Vous allez bien
sûr me demander le rapport entre les discours incendiaires de
ce chef et l'assassinat de Hakim. La réponse est toute simple
: les exécutants du crime pensaient m'atteindre en assassinant
mon frère. Durant toute la campagne électorale, le chef
de ce parti a multiplié des déclarations incendiaires
contre les membres du mouvement citoyen lors de ses meetings, y compris
sur les plateaux de la chaîne BRTV.
Il faut revenir en arrière pour comprendre la man¦uvre
diabolique de certains hommes politiques dont fait partie le chef
du RCD. L'exécution de leur plan a débuté en
2003 avec l'arrestation des délégués du mouvement
citoyen sous les ordres de Benflis qui occupait alors le poste de
chef de gouvernement. C'est à cette époque-là
que les deux personnes ont pris la décision de participer aux
présidentielles de 2004. Mais leurs candidatures risquaient
de buter sur la fronde de la Kabylie suite à notre stratégie
de rejet de toutes les consultations électorales tant que la
plate-forme d'El K'seur n'était pas satisfaite. Alors, il aura
fallu à Benflis et à son poulain, Sadi, qui aurait négocié
sa part des élections, de phagocyter le mouvement citoyen en
jetant d'abord ses membres les plus actifs dans les prisons ‹
plan exécuté par Benflis ‹ et imposer une nouvelle
ligne pour la structure des Archs par ce qui était appelé
les "perspectives politiques" que les délégués
proches de la formation de Saïd Sadi tentaient d'imposer. Le
but était bien sûr d'anéantir les voix appelant
au rejet des élections au sein du mouvement citoyen et imposer
à celui-ci une conduite contraire aux résolutions des
conclaves précédents.
Ces deux personnes ont été parrainées par certains
hauts responsables au sein des hautes sphères de décisions
du pays et qui étaient par la suite éjectés de
leurs postes au lendemain des élections présidentielles.
Ayant constaté leur incapacité à tirailler le
Mouvement citoyen de l'intérieur de la structure des archs,
leur second plan était d'assassiner les délégués
actifs et provoquer ainsi un autre soulèvement en Kabylie et
avoir les arguments pour demander l'arrêt du processus électoral.
Certains journalistes, qui n'ont pas cautionné la conduite
politique de ces deux personnes, ont subi des intimidations et ont
été menacés de mort.
Toutes ces man¦uvres ne visaient qu'une seule chose : barrer
la route au président candidat lors des élections d'avril
2004 et obtenir les commandes du pays avec ou sans les urnes. Mais,
comme tout le monde le sait, les résultats des élections
étaient chaotiques pour ces deux artisans des plans machiavéliques
et assoiffées de pouvoir. Il ne faut pas omettre que la région
de Kabylie, sciemment organisée comme matrice de bouillonnement
politique, intervient ‹ bon gré, mal gré ‹
dans le réglage des luttes politiques du sommet à chaque
fois que l'Algérie négocie un virage. En ce sens, il
aurait fallu toujours un sponsor politique à certains dirigeants
du pays afin de peaufiner une démarche man¦uvrière
de la région pour ainsi assouvir les appétits démesurés
de certains dirigeants politiques qui se sont simulés en démocrates
invétérés. Pour revenir au simulacre de campagne
électorale ayant eu lieu aux présidentielles de 2004,
surtout en Kabylie, cela renseigne sur la nature tyrannique par laquelle
l'affirmation se voulait à n'importe quel prix. C'est d'ailleurs
la seule région où la concentration des enjeux politiques
et stratégiques ‹ qui furent mis en branle par les divers
acteurs mêlés à l'effervescence électorale
dont les prises de positions et les objectifs assignés ‹
diffèrent d'un acteur à un autre, jusqu'à pousser
au comportement d'excès, source de violence par essence.
Zerhouni et l'application de la Charte : "Les
Patriotes ne seront pas abandonnés"
par Ali Boukhlef, La Dépêche de Kabylie,
9 avril 2006
Le ministre, qui n'a pas donné plus de détails, a
levé ainsi une partie des doutes qui ont envahi cette frange
de la société qui a préféré prendre
les armes pour défendre la République.
Les Patriotes ne seront pas abandonnés. C'est Noureddine-Yazid
Zerhouni, ministre de l'Intérieur, qui l'a affirmé hier
à Alger, en marge de la visite du travail effectuée
par le président de la République dans l'Algérois.
Le ministre de l'Intérieur, interrogé sur l'inquiétude
des Patriotes sur leur sort, d'autant plus que la Charte pour la paix
ne prévoit aucune disposition les concernant, a répondu
que "nous n'allons pas abandonner les Patriotes. Nous sommes
en train d'étudier une manière adéquate de nous
occuper d'eux". Le ministre, qui n'a pas donné plus de
détails, a levé ainsi une partie des doutes qui ont
envahi cette tranche de la société qui a préféré
prendre les armes pour défendre la République.
Sur un autre chapitre, Zerhouni a indiqué que le gouvernement
est en train d'étudier la manière avec laquelle seront
indemnisées les personnes touchées par les dispositions
de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. S'il
ne précise pas l'origine des fonds qui seront alloués
à cette catégorie, le ministre de l'intérieur
n'a pas exclu "par exemple" le recours à une loi
de finances complémentaire. De son côté, Tayeb
Belaïz, ministre de la Justice, a déclaré que près
de 200 personnes se sont présentées à la cellule
d'écoute installée au sein de son département
pour traiter les dossiers des concernés par les dispositions
de la Charte. Le Garde des sceaux a également indiqué
que le nombre des personnes libérées a atteint, pour
le moment 2025, alors qu'il avait avancé le chiffre de 2500
au départ de l'opération.
Ceci dit, trois des personnes libérées, des anciens
chefs terroristes, sont de nouveau emprisonnées. Tayeb Belaïz
a confirmé ainsi une information donnée la semaine précédente
par la presse nationale. Il a expliqué que les juges qui ont
décidé de les libérer "se sont trompés".
Il s'agirait, selon des informations concordantes, de terroristes
condamnés, pour des actes commis dans d'autres pays, que l'Algérie
ne peut extrader puisqu'il s'agit de nationaux, mais qu'elle ne peut
pas libérer avant leur jugement.
Contrairement aux informations données par le chargé
des affaires de l'ambassade d'Algérie à Londres, les
négociations entre les autorités algériennes
et britanniques concernant les Traités d'extradition ne boitent
pas.
Tayeb Belaiz, qui avance tout de même que les propos du diplomate
algérien auraient été tenus sans que ce dernier
ne soit au courant des pourparlers, a confirmé que quatre accords
ont déjà été signés entre les deux
pays la semaine précédente, sans donner les noms des
personnes concernées.
Il espère même que d'autres contrats suivront "bientôt".
Il s'agit notamment de l'extradition de Abdelmoumène Khalifa,
le patron du groupe éponyme, sur lequel "un accord sera
signé prochainement". Autrement dit, le golden boy algérien
sera remis à la justice algérienne pour être jugé.
« Les Hommes debout sont devenus encombrants
»
Ils réclament un statut, du travail et la reconnaissance de
leur sacrifice : 6 000 Patriotes interpellent Bouteflika
par Samia Lokmane, Liberté, 5 avril 2006
Ils appellent leurs compagnons des autres wilayas à se joindre
à cette action, programmée pour le début du mois
de mai. L'ensemble des effectifs s'élève à 80
000 éléments.
Ils sont les sacrifiés de la réconciliation nationale.
Des parias. Les Patriotes en sont convaincus. "Les gens ont peur
de nous approcher comme si nous étions les vrais terroristes.
On nous traite de fous, de drogués, de tueurs. Certains croupissent
en prison. D'autres sont estropiés. Le reste mendie de quoi
nourrir femmes et enfants. Nous n'avons jamais pris les armes pour
gagner notre vie, mais avec le risque de la perdre. Il est dit que
le terrorisme est fini, pourtant des Patriotes meurent toujours dans
des embuscades et des ratissages. En retour, leurs familles sont jetées
à la rue. Les veuves doivent savoir manier la serpillière
pour donner du pain aux orphelinsŠ" Abandonnés au
milieu du gué, désemparés, ils ne savent pas
quelle direction prendre pour trouver le chemin du salut. Toutes les
portes leur sont fermées. "J'ai appris qu'un bureau a
été ouvert à la mairie pour le recensement des
victimes de la tragédie nationale. Après avoir appris
que je n'étais pas au maquis, les agents m'ont refoulé.
Aujourd'hui, il faut avoir été terroriste pour prétendre
à des droits", relate un Patriote de Boufarik avec beaucoup
d'amertume. Il prenait part hier matin à une réunion
inédite qui a rassemblé plus de 200 résistants
de La Mitidja au siège du détachement de Boufarik, baptisé
au nom du défunt Mohamed Sellami, figure emblématique
de la résistance à Haouch Gros. "Ils en ont gros
sur le c¦ur", observe Mohamed Louzli, un des responsables
de l'association. Autour de la table où il est assis, en qualité
de modérateur, ses compagnons d'armes se bousculent pour prendre
la parole.
Leur objectif à tous étant d'alerter les pouvoirs publics
et l'opinion sur leur pitoyable sort. La proposition d'une marche
en direction de la capitale, plus précisément vers le
siège de la présidence de la République est accueillie
par des ovations. Fort d'un effectif de 6 000 hommes (dont 1 470 opérationnels),
les Patriotes de La Mitidja lancent un appel à tous leurs camarades
du territoire national (plus de 80 000) afin de se joindre à
cette action, programmée pour le début du mois prochain.
Pour sa part, M. Louzli préconise l'envoi d'une lettre au président
Abdelaziz Bouteflika et d'une autre à Me Farouk Ksentini, président
de la Commission nationale consultative de défense et de promotion
des droits de l'Homme (Cncdpdh). "Nous avons déjà
écrit à Ksentini. Il n'y a pas de raison pour que tout
le monde soit indemnisé sauf nous", réplique l'un
de ses compagnons.
Dans la cour de ce cantonnement, implanté au milieu d'une cité
populaire, du nom exotique de Dallas, les esprits s'échauffent.
"La situation est en ébullition", note Boualem Zebich,
chef de la coordination de Blida.
De Meftah à Oued Djer en passant par Larbaâ, Soumaâ,
Ouled Chebel, Houach GrosŠ, tous ces hauts lieux de la résistance
populaire au terrorisme, des gars sont venus. Les yeux rougis par
de longues années de veille dans les maquis, les visages brûlés
par le soleil, l'habit modeste, ils portent sur leur corps et dans
leur regard, les stigmates de leur détresse. Plein de remords,
un vieux maquisard se reproche d'avoir conduit sur les chemins escarpés
de la résistance des jeunes. "Certains avaient 17 ans.
Aujourd'hui, ils sont trentenaires, mariés avec des enfants,
mais sans nul moyen de subsistance", regrette-t-il. Salim est
l'illustration de ce gâchis. En 1995, il intégrait un
détachement de Patriotes, comme son frère aîné.
À cause d'eux, la maison familiale a été bombardée
par les terroristes. Sans toit, son vieux père et sa fratrie
résident dans un gourbi niché sur les berges d'un oued.
"Mon frère a perdu l'usage de son ¦il et de son
oreille", confie-t-il avant d'éclater en sanglots. Assis
à quelques pas de lui, son aîné acquiesce par
un long soupir.
Dans la foule, des hommes, debout sur des béquilles ou appuyés
sur des cannes, forment le contingent des blessés dont nul
ne reconnaît le préjudice. "Il nous faut un statut.
Que chaque catégorie de Patriotes soit prise en charge. On
doit trouver du travail aux plus jeunes, indemniser les plus âgés,
octroyer une pension aux familles de martyrs", égrène
un Patriote. Refusant de parler de politique, les résistants
en font à leur manière. "Dans la charte, nous sommes
mis au même rang que les terroristes. Le Président dit
que personne ne sera poursuivi. Comme si nous avions des choses à
nous reprocher. Le pire est que les terroristes sont récompensés,
pas nous", s'indigne l'un d'eux. Les Patriotes encore en activité
assurent qu'ils n'ont pas reçu leur traitement depuis quatre
mois. "Je n'ai même plus d'argent pour acheter mes médicaments",
se plaint le chef des Patriotes de Soumaâ. Ses pieds sont gangrenés
à cause des nuits glaciales qu'il a passées dans les
fourrés. "En 1994, des officiels se sont succédé
ici pour nous combler de promesses. Maintenant, ils nous ont oubliés.
Avec notre sang, nous avons libéré cette terre où
ils viennent se promener en jogging et cueillir des oranges dans ses
vergers", tonne M. Louzli. Il arrive aussi aux Patriotes de croiser
des terroristes relâchés de prison et des repentis qui
les toisent du regard, avec défi et arrogance. "L'adjoint
au maire de Larbaâ avait été impliqué dans
une affaire terroriste. Libéré, il a repris du service
à l'APC où il se charge d'enregistrer à l'état
civil, les enfants nés au maquis", raconte quelqu'un.
Il avoue qu'il rase les murs depuis que les anciens terroristes de
son quartier sont revenus. Sous la houlette de leur ancien "émir"
Kertali, ils règnent en maîtres. "Ils ont accaparé
tous les magasins du nouveau marché", révèle
le Patriote de Larbaâ.
Encore en activité, il affirme qu'il a refusé de reprendre
du service faute de moyens et de rétribution. "Qu'adviendra-t-il
de nous ?" s'interrogent tour à tour ses compagnons.
Autrefois des héros, les Hommes debout sont devenus encombrants.
Même les sociétés de gardiennage et la garde communale
qui les avaient embauchés, n'hésitent plus à
les mettre dehors sous prétexte qu'ils n'ont pas le niveau
scolaire suffisant. "Quant nous avions pris les armes, personne
ne nous avait demandé si nous sortions de l'université",
ironise un résistant de la première heure.
Sécurité et lutte antiterroriste
au Maghreb et dans le Sahel : L'Algérie au coeur de la stratégie
américaine
par Fayçal OUKACI, L'_Expression, 05 avril
2006
Alger sera amenée à contrôler ses frontières
limitrophes à la bande du Sahel tout en gardant un oeil grand
ouvert sur la Méditerranée.
La Maison-Blanche vient de rendre public un document de politique
étrangère intitulé «La stratégie
nationale en matière de sécurité», en soulignant
que désormais «l'Afrique revêt une importance géostratégique
croissante» pour les États-Unis. Ce document indique
que la sécurité des États-Unis dépend
en partie des partenariats avec les pays africains relatifs à
des programmes de sécurité.
Ces programmes visent à prévenir des attentats terroristes
tels que ceux qui ont frappé les ambassades des États-Unis
à Nairobi (Kenya) et à Dar-Es-Salam (Tanzanie) en août
1998 et qui ont causé la mort de plus de 250 Africains. Le
document dit que «les Etats-Unis sont résolus à
coopérer avec les États africains en vue de renforcer
leurs moyens nationaux et les moyens de l'Union africaine, d'appuyer
les transformations après un conflit, de consolider les transitions
démocratiques et d'améliorer le maintien de la paix
et les interventions en cas de catastrophe».
Une haute responsable du ministère de la Défense, Mme
Theresa Whelan, a fait état du soutien croissant des milieux
politiques pour une telle aide, lors d'un séminaire organisé
en décembre 2005. «L'Afrique, a-t-elle dit alors, occupe
dans l'ordre des priorités des États-Unis une place
beaucoup plus élevée que ces 10 à 15 dernières
années. En fait, l'attention que les États-Unis, l'Union
européenne, le groupe des Huit et maintenant l'Otan accordent
à l'Afrique est sans précédent et continue de
s'accroître.»
la traque au gspc
Alors que le ministère de la Défense estime que quelque
25% des 400 combattants étrangers faits prisonniers parmi les
insurgés en Irak sont d'origine africaine, les partenariats
en matière de sécurité deviennent de plus en
plus importants.
En Afrique, indique le document sur la stratégie nationale
en matière de sécurité, «la lutte contre
l'extrémisme islamique militant» a lieu dans le cadre
de nouveaux partenariats tels que l'Initiative mondiale en faveur
des opérations de paix que le G8 a lancée en 2004 en
vue de former des soldats africains au maintien de la paix.
D'autres programmes de coopération comprennent celui qui fait
suite à l'Initiative pansahélienne, programme de formation
militaire remontant à 2002 et intéressant le Mali, la
Mauritanie, le Niger et le Tchad qui a permis en 2005 de s'opposer
avec succès à un groupe d'extrémistes musulmans.
L'Initiative pansahélienne a été élargie
pour devenir un nouveau partenariat de formation appelé l'Initiative
transsaharienne de lutte contre le terrorisme (Trans - Sahara Counterterrorism
Initiative ou Tsci) à laquelle participent également
l'Algérie, le Maroc, le Nigeria, le Sénégal et
la Tunisie. Il est question que la Libye y participe également
plus tard.
La Tsci, a-t-il dit aux membres de la commission, est un partenariat
très utile en matière de sécurité avec
les pays africains, car elle «contribue à renforcer les
moyens régionaux de lutte contre le terrorisme, à renforcer
la coopération entre les forces de sécurité africaines
et à l'institutionnaliser, à encourager la bonne gouvernance,
à favoriser le développement et la formation, enfin
à consolider nos relations bilatérales avec chacun des
Etats participants».
Les Etats-Unis avaient en fait commencé à s'intéresser
à la région sahélo-saharienne au lendemain de
la guerre engagée aux Etats-Unis et la dispersion des cadres
d'Al Qaîda et de ses sympathisants un peu partout dans le monde.
La présence du Yéménite Imad Abdewahed Alouane
en Algérie (il avait été abattu à Batna
en 2002) via le Sahel puis l'acheminement des 14 touristes kidnappés
par le Gspc d'Algérie vers le Mali, avaient fini par conforter
les experts militaires américains que cette bande du Sahel,
longue de plusieurs milliers de kilomètres et qui va de la
Mauritanie au Tchad à la Somalie en passant par le Mali et
le Niger, finira par constituer une «rampe de lancement»
pour les futurs groupes armés.
La capture des islamistes africains menés par Amari Saïfi
dans la zone de guerre du Tibesti a fini par faire croire définitivement
que la bande du Sahel, déjà infestée de groupes
rebelles, d'opposants armés, de Touareg sécessionnistes
et de contrebandiers constitués en bandes mafieuses, risque
de se voir encore encombrée d'islamistes qui se retrouveraient
aux portes de l'Europe dès qu'ils passeraient les frontières
nord.
Le plan Pan-Sahel Initiative (PSI) américain avait été
exposé comme un vaste programme, dont l'objectif est d'endiguer
toute menace terroriste venant du Sahel. Près de 120 millions
de dollars ont été débloqués à
cet effet, en plus d'experts militaires et d'équipements sophistiqués
pour le repérage, la reconnaissance, la détection et
éventuellement l'attaque aérienne.
Pour Washington, toutes les bandes islamistes de la région
ne peuvent qu'être alliées à Al Qaîda, et
doivent de ce fait, être traquées sans répit et
démantelées. Cependant, les Etats-Unis ne peuvent s'engager
longtemps sur plusieurs fronts ni engager leurs troupes déjà
très éprouvées dans des guerres d'usure, et tout
aussi aléatoires qui plus est. D'où tout l'intérêt
porté aujourd'hui à l'Algérie qui possède
déjà sur place hommes et logistique militaire. Un autre
programme de formation qui donne de bons résultats est l'Acota
(African Contingency Operations Training and Assistance), dont l'objectif
est d'améliorer le professionnalisme des militaires africains
et de perfectionner leurs connaissances en matière de maintien
de la paix.
Priorité à la formation
Un des programmes de partenariat entre le ministère de la Défense
et l'Afrique les plus novateurs est le Centre africain d'études
stratégiques, implanté à Alger, comme preuve
du leadership algérien en matière de lutte antiterroriste,
(Africa Center for Strategic Studies ou Acss).
Créé en 1999, l'Acss a fourni une formation à
quelque 2000 officiers et hauts responsables chargés de la
défense en Afrique tant sur place dans le continent africain
qu'à son siège à Washington.
L'intérêt économique et financier des opérations
militaires américaines n'étant jamais loin, il y a lieu
de préciser que les échanges commerciaux entre l'Algérie
et les Etats-Unis ont atteint 11,515 milliards de dollars en 2005
poursuivant ainsi leur renforcement et leur dynamisation, selon les
dernières statistiques du Bureau du commerce extérieur
du ministère américain du Commerce.
En 2004, ce chiffre n'était que de 7 milliards de dollars contre
5 milliards de dollars en 2003. Les exportations algériennes
vers le marché américain ont atteint, lors de l'année
2005, quelque 10,354 milliards de dollars, constituées, dans
leur majorité, d'hydrocarbures, de matières premières,
de produits pétrochimiques et de quelques produits agricoles
et manufacturés.
Les importations algériennes du marché américain,
un total de 150 produits, ont enregistré un montant global
de 1,160 milliard de dollars. Tant et si bien qu'au plan d'une stratégie
globale, Washington ne connaît pas de demi-mesure, et se lance
dans des opérations qui «globalisent» tout sur
leur passage.
PT : L’ennemi juré des privatisations
par Mustapha Rachidiou , El Watan, 6 avril
Depuis sa création en 1989, le Parti des travailleurs (PT)
mène une bataille implacable sur le front social en s’opposant
avec rigueur aux privatisations, tout en défendant les intérêts
de la classe ouvrière, de la jeunesse et de la gent féminine.
Sur le volet politique, le parti de Louisa Hanoune, intronisée
depuis le premier congrès de juin 1990, a annoncé la
couleur en plaidant pour une assemblée constituante souveraine.
Une revendication qu’il partage, presque, avec le FFS. Le PT
se dit, également, contre l’exclusion politique et pour
l’ouverture d’un débat national sur les questions
stratégiques du pays. Lors des premières élections
législatives pluralistes, en juin 1991, le PT a refusé
d’y prendre part à cause de la violence qui avait opposé
les militants du FIS dissous aux autorités.
Le PT avait été contre l’arrêt du processus
électoral et l’instauration de l’état d’urgence.
L’impasse politique dans laquelle avait été plongée
l’Algérie a contraint le PT de participer au contrat
de Rome fin 1994 sous le motif qu’« il n’y avait
eu aucune possibilité de se réunir à Alger ».
Selon M. Tazibt, député PT, le parti voulait «
donner le maximum de chances politiques pour que la paix revienne
en Algérie ». Quel regard porte, actuellement, le PT
sur la réunion de Sant’Egidio ? « C’était
extrêmement positif pour l’avenir du pays. Aucun participant
ne cherchait le pouvoir, mais tous voulaient la paix », analyse
un fondateur du PT. La première bataille électorale
menée par le PT ont été les législatives
de 1997 où il avait glané 4 sièges à l’APN.
Le parcours du PT a été marqué, aussi, par l’organisation,
en 1998, de la conférence nationale pour la paix. Durant la
crise de Kabylie, éclatée en avril 2001, le PT n’a
eu de cesse d’alerter les autorités du pays sur le risque
de la régionalisation et de la dislocation de la nation. «
On a même entendu un député européen parler
de peuple kabyle », argue M. Tazibt. Sur le plan organique,
le PT a tenu, en plus d’un nombre important de conférences,
cinq congrès, dont le dernier remonte au 15 octobre 2003. Devant
830 délégués venus de 44 wilayas, Mme Hanoune
prédit : « Nous considérons que les ordonnances
dictées par l’OMC menacent la République dans
son unité et sa continuité et dans son contenu social.
Elles confisquent la souveraineté de la décision et
exposent les salariés algériens à l’exploitation
sauvage et notre production nationale à la liquidation. »
Selon les derniers chiffres, le PT compte, aujourd’hui, 21 députés,
140 élus APW, 15 élus APC et quelque 50 000 adhérents.
Les responsables du PT semblent, également, acquis pour la
participation aux élections législatives de 2007. «
Ce sera pour nous une occasion d’exprimer nos positions et rencontrer
la base », explique M. Tazibt.
Première femme arabe présidentiable
L’expérience de Mme Hanoune, lors de l’élection
présidentielle du 8 avril 2004, constitue une première
dans le monde arabe. Elle a, non seulement, réussi le cap des
75 000 signatures exigées par le Conseil constitutionnel, mais
elle a brillé, également, lors de ses déplacements
durant la campagne électorale. Sous le slogan « Algérie,
unie, libre et souveraine avec ses deux composantes linguistiques
arabe et tamazight », Mme Hanoune a focalisé, dans ses
discours, sur la souveraineté et l’unité de la
nation. Elle a proposé, également, une revalorisation
du SNMG à 25 000 DA, l’abrogation pure et simple du code
de la famille et l’officialisation de tamazight. La dame de
fer algérienne a été créditée d’un
score qui ne répondait guère aux efforts déployés
par les militants du PT. Quelques jours après, des rumeurs
circulaient à Alger selon lesquelles le PT intégrerait
l’Exécutif. D’un revers de la main, Mme Hanoune,
dans un entretien paru dans El Watan le 29 avril 2004, balaie tout
: « Comment peut-on entrer dans un gouvernement lorsqu’on
a des désaccords de fond avec sa politique et que l’on
est considéré comme minoritaire vu le score que l’on
nous a attribué lors de l’élection présidentielle
? » Mme Hanoune a saisi l’occasion pour rappeler le chef
du gouvernement à l’ordre : « En votant pour Bouteflika,
la population n’a pas voté pour la privatisation, ni
pour la régionalisation, ni pour les zones franches, mais pour
un changement radical allant dans le sens de son aspiration et pour
le règlement définitif des problèmes, notamment
le chômage et le logement. » Aucun aspect social n’échappe
aux critiques acerbes de Mme Hanoune : le dossier de la Fonction publique
tel qu’il a été conçu par la commission
mixte « doit être retiré ». Pour elle, ce
dossier « nous prend à la gorge », il est «
mortel » pour les 1,5 million de fonctionnaires et consacre
la « précarité » de l’emploi pour
la jeunesse. Les cris d’alarme s’élèvent
au rythme qu’emprunte le processus des privatisations. En septembre
2004, Mme Hanoune annonce : « Notre pays est confronté
à un véritable rouleau compresseur le poussant vers
l’effondrement, sinon comment explique-t-on toute cette cascade
de réformes en cours de préparation. » Pressentant
de nouveaux dangers, la SG du PT dira : « La loi de Chakib Khelil
portant dénationalisation des hydrocarbures, bloquée,
vient d’être réintroduite. Ainsi, Sonatrach disparaîtrait
d’elle-même, et ce serait la mort programmée du
pays. » Dès la promulgation de la loi sur les hydrocarbures
par le Conseil des ministres en décembre 2005, Louisa Hanoune
a, aussitôt, appelé à son retrait « immédiat
». Pour le PT, qui s’appuie sur l’exemple de l’Argentine,
du Brésil, du Soudan et de la Somalie, cette loi est un prélude
qui mettra fin à la souveraineté nationale. Le parti
des prolétaires relève que l’application de cette
loi va faire perdre à l’Etat 75% de ses recettes. Le
PT s’inquiète, également, du désengagement
de l’Etat, de la régionalisation de la santé et
de l’enseignement supérieur par l’introduction
du LMD et la dislocation nationale. « Si on poursuit cette politique,
alerte Louisa Hanoune, l’Algérie plongera dans des crises
similaires à celles du Zaïre et de la Côte d’Ivoire
», en jugeant que « l’heure est grave ». Arguments
à l’appui, elle souligne que « tous les secteurs
protégés expressément par l’article 17
de la Constitution sont menacés de privatisation au profit
des multinationales appelées frauduleusement » investisseurs
étrangers, « sous couvert de partenariat ». Et
de s’interroger : « Peut-on accepter que des pans entiers
de la production nationale soient liquidés sous les orientations
de l’OMC, de la Banque mondiale et du FMI ? » S’attaquant
frontalement à M. Temmar, ministre de la Participation et de
la Promotion des investissements, Mme Hanoune lâche : «
Nous sommes en état d’alerte générale.
La privatisation des entreprises publiques mènera inévitablement
vers la décomposition. L’Algérie ne doit pas servir
de laboratoire pour les pays étrangers. » Elle avance
un constat alarmant : « 1500 entreprises publiques ont été
vendues. Conséquence : 1 200 000 travailleurs licenciés.
1200 autres entreprises sont proposées à la vente, sans
aucune consultation. » L’accord d’association avec
l’UE « fera de l’Algérie une zone hors la
loi » et va engendrer une perte de 65 000 postes d’emploi
sans parler des répercussions catastrophiques sur le tissu
économique national. Louisa Hanoune ne compte pas en céder
les rênes, en soulignant que la mondialisation n’est pas
inéluctable. C’est tout un combat.
Congrès extraordinaire aujourd’hui
« Le Parti des travailleurs a, dès 1991, choisi le camp
de la paix », résume M. Tazibt la position du PT par
rapport à la mise en œuvre de la charte pour la paix et
la réconciliation nationale. Cependant, rétorque-t-il,
la question des disparus « reste posée, notamment dans
son volet vérité ». Le PT souhaite, en outre,
que le peuple s’exprime pleinement à travers les médias
et les institutions. Toutefois, juge-t-on au parti de Louisa Hanoune,
« ce n’est pas le moment de soulever la question de la
responsabilité, car il y en a des responsabilités ».
Le débat sur la vérité sur les disparitions ne
doit pas prendre des proportions de règlement de comptes, précise
M. Tazibt. De son côté, Mme Hanoune souligne : «
Certes, les Algériens peuvent tourner résolument la
page, mais à la condition de procéder au règlement
de leurs problèmes, notamment la réparation des préjudices
envers les familles des disparus. » Depuis une semaine, le siège
du PT, situé à Belfort, à El Harrach, connaît
un rythme accéléré pour préparer le congrès
extraordinaire du parti, prévu pour aujourd’hui à
Alger. Selon les membres du secrétariat national, ce rendez-vous
aura à débattre des conséquences graves engendrées
par la loi sur les hydrocarbures et la privatisation des entreprises.
Les participants veulent également tirer la sonnette d’alarme
sur la fragilité du pouvoir d’achat et la tendance haussière
du chômage. Les indicateurs sociaux sont « très
critiques », qualifie M. Tazibt, député PT, en
relevant la prolifération de l’emploi précaire
au sein de la jeunesse. « Des jeunes diplômés ne
peuvent plus accéder à des postes permanents. Il n’y
a pas de débouchés sérieux. Les prix des produits
alimentaires s’envolent alors que les salaires ne bougent pas.
La réalité de tous les jours ramène la contradiction
au discours officiel », souligne un fondateur du parti, qui
se réfère aux émeutes qui éclatent un
peu partout. Fidèle à la ligne du parti, nos interlocuteurs
soulignent que « les injonctions de tout bord ont réduit
la souveraineté nationale à sa plus simple _expression
». Le PT veut réaffirmer, en outre, sa position qui consiste
en l’annulation sans conditions de la dette extérieure
de toute l’Afrique. « L’Algérie a déboursé
118 millions de dollars depuis 1997. Des sommes qui auraient dû
être consacrées aux secteurs de la santé et de
l’éducation », illustre M. Tazibt, qui appelle
le gouvernement à mettre en place une « véritable
» politique sociale. Notre interlocuteur souligne que cette
régression sociale a comme conséquence directe la régression
de la démocratie. En un mot, résume M. Tazibt, «
le pays va à la dérive ». Comme contrepartie,
le PT propose un plan national de développement dans lequel
l’argent public va au peuple. « Créer de l’emploi,
préserver les terres agricoles en évitant la concession,
développer le secteur des travaux publics, de la sidérurgie,
de la métallurgie, des télécoms et de la SNTF
» sont les vecteurs principaux de ce plan. Le PT se dit solidaire
avec tous les travailleurs grévistes comme le secteur de l’agroalimentaire,
le textile, la santé, le Cnes et l’éducation.
Source : http://www.elwatan.com/2006-04-06/2006-04-06-39891
Diario de Campaña de las Familias de
Desaparecidos
Boletín de la Coordinadora Nacional de las Familias de Desaparecidos
en Argelia
N° 0 - 2006
Presentación
Presentamos el primer número de nuestro "Journal de marche
des familles de disparus". Esta primera publicación nace
en un momento crucial para las victimas de la tragedia vivida por
nuestro país hace más de diez años y especialmente
por las familias a las que representamos.
En efecto, tras el referéndum del 28 de septiembre de 2005
que ratificaba la "Carta por la paz y la reconciliación
nacional", acaba de publicarse el decreto de aplicación.
Citemos, por ejemplo, un fragmento del capítulo seis:
"El capítulo seis expone las medidas de reconocimiento
de la Nación hacia los artífices de la salvaguarda de
la República argelina democrática y popular. En este
sentido, se establece que:
1 Los referidos han demostrado su patriotismo;
2 No se podrá emprender persecución alguna, a
título individual o colectivo, contra miembros de las fuerzas
de defensa y de seguridad de la República, de cualquier rango,
por acciones emprendidas cuyo fin fuera la protección de personas
y bienes, la salvaguarda de la nación y la preservación
de las instituciones. Toda denuncia o demanda contra ellos será
inadmisible.
3 Y que finalmente se penalizará o sancionará
cualquier declaración, escrito o acto que utilice o instrumentalice
las heridas de la tragedia nacional para atacar a las instituciones,
debilitar el Estado o manchar la honorabilidad de sus agentes que
le han servido dignamente, o para empañar la imagen de Argelia
en el ámbito internacional".
Para nosotros, las familias de los desaparecidos, es un paso atrás
muy importante en el plano del derecho:
-el artículo 2 exculpa a los responsables de los crímenes
cometidos y nos cierra en el futuro las puertas de la justicia.
- el artículo 3 nos impedirá expresarnos, ya que se
penalizará cualquier declaración que hagamos. Del mismo
modo, se verán afectadas todas las personas y/u organizaciones
que nos ayudan a defender nuestros derechos en cuanto a la verdad
y la justicia.
A las instituciones internacionales: ONU, Unión Africana, Unión
Europea.
Les exhortamos a pronunciarse claramente sobre el contenido de estos
textos y a recordar al Estado argelino el respeto de sus compromisos
en materia de derecho internacional y especialmente de la libertad
de las personas, en particular las victimas, sus familias y los militantes
de derechos humanos, para poder expresarse libremente y defender sus
derechos en relación con la verdad, la reparación y
la justicia.
Esperamos que nuestras acciones y nuestra lucha no tropiecen con el
silencio de la comunidad internacional frente a este enorme paso atrás
que solo se beneficia a la impunidad. Esto sería como torturar
por segunda vez a los torturados, hacer desaparecer de nuevo a los
desaparecidos y asesinar otra vez a los asesinados, hipotecando así
el futuro de nuestros hijos que no podrán olvidar esta inmensa
injusticia... En efecto, nos tememos que esta injusticia podría
ser una verdadera bomba de relojería, ya que al proteger la
impunidad de los autores de los crímenes, estos no dudarán
en volver a cometerlos si, por desgracia, los jóvenes que crezcan
en el rencor y la amargura, solo tuvieran una meta: la venganza.
Dado que el derecho nacional nos ha sido vetado, la única esperanza
que nos queda es el derecho internacional. Esperamos que la comunidad
internacional nos apoye en nuestras acciones encaminadas a crear las
condiciones para una justicia internacional, la única que nos
ayudara a pasar la dolorosa página que atraviesa nuestro país.
Leer aqui Diario de Campaña_CNFD_nr.0.pdf
À Alger, le retour du "Grand Inquisiteur"
- Interview d'Ali Benhadj
propos recueillis par Jean-Pierre Tuquoi (Alger, envoyé
spécial), Le Monde, 3 avril 2006.
Officiellement Ali Benhadj n'a pas le droit de s'exprimer dans la
presse. Cofondateur du Front islamique du salut (FIS) algérien,
dont il fut le numéro deux, celui que l'on a surnommé
le"Grand Inquisiteur" ne peut plus faire de politique. En
accordant un entretien au Monde, Ali Benhadj, 49 ans, sait qu'il risque
d'être remis en prison, où il a déjà passé
dix-huit ans.
Vous incarniez le FIS triomphant du début des années
1990. Vous voici libre mais surveillé de près. Quel
regard portez-vous sur le régime actuel ?
Le pouvoir est illégitime depuis le coup d'Etat de 1992. Le
pluralisme politique n'existe pas et n'a jamais existé en Algérie.
Comment prétendre le contraire, quand le choix du chef de l'Etat
est décidé par les patrons de l'armée? Si vous
ne me croyez pas, je vous renvoie aux Mémoires de l'ancien
patron de l'armée, le général Khaled Nezzar,
ou aux propos tenus tout récemment par l'ex-président
Ben Bella. Ce sont les militaires qui dirigent ce pays, et la présidence
de la République n'est qu'une annexe du ministère de
la défense.
On parle pourtant de réconciliation nationale. Des ordonnances
qui en définissent les modalités ont été
publiées. Qu'en pensez-vous ?
Comment ose-t-on parler de réconciliation nationale alors que
nous vivons depuis quatorze ans sous le régime de l'état
d'urgence ? Une réconciliation véritable doit se négocier
entre toutes les parties concernées : l'armée, les partis,
la société civile. En Algérie, elle est imposée
par les responsables du coup d'Etat [de janvier 1992] et eux seuls.
Les bourreaux se présentent comme des victimesŠ C'est
le monde à l'envers.
Nous avons des frères qui ont été torturés
en prison. Ils connaissent les noms de leurs bourreaux. La charte
leur interdit de porter plainte. Elle nous interdit aussi de faire
de la politique. Mais faire de la politique est un droit inscrit dans
la Constitution. Personne ni le président, ni les décideurs
militaires ne peut m'interdire de faire de la politique! Le
chef de l'Etat a prêté serment sur le Coran de respecter
et de garantir la Constitution, qu'il est le premier à violer.
La charte sur la réconciliation n'a aucune légitimité
constitutionnelle.
Mais le principe de la réconciliation a été
massivement approuvé par référendum.
Les consultations sont truquées. Lors du référendum,
seuls les proches du système ont eu accès à la
télévision et il n'y a pas eu de débat. C'était
à prendre ou à laisser. La charte nous a été
imposée. Le pouvoir méprise et trahit les Algériens.
En 1991, le peuple a voté pour le FIS. Pourquoi les militaires
n'ont-ils pas respecté son choix ? Est-ce que le peuple qui
nous a choisis n'était pas le peuple algérien ? Etait-il
mineur ou majeur ? Si l'armée avait respecté la volonté
populaire, croyez-moi, l'Algérie n'aurait pas connu de tragédie
nationale.
Depuis, l'Algérie a changé : les bachelières
sont plus nombreuses que les bacheliers, l'emploi des femmes progresseŠ
Votre discours est-il d'actualité ?
Les changements ne nous effraient pas. Qu'on nous laisse présenter
notre projet de société, que les autres forces politiques
fassent de même et laissons le peuple choisir et décider
de son avenir. C'est à lui que doit revenir le dernier mot.
Il peut un jour nous refuser et une autre fois nous choisir. Mais
s'il nous choisit, personne ne peut nous enlever ce droit par la force.
Vous pensez qu'un scrutin honnête vous donnerait la victoire
?
J'en suis convaincu. Et si, la fois suivante, nous perdons, nous quitterons
le pouvoir sans violence.
On parle de plus de 150 000 morts en Algérie depuis 1992.
Vous sentez-vous responsable de cette tragédie ?
Si je réponds que oui, je me mens à moi-même;
si je dis que non, je me place en position défensive. Je ne
me reconnais dans aucune de ces alternatives. Je suis d'accord pour
que la justice algérienne fasse la lumière sur la tragédie
algérienne et qu'elle établisse les responsabilités
des uns et des autres. Mais il faut que ce soit une justice impartiale,
honnête. On en est loin. Même le président Bouteflika
a admis qu'elle était malade et corrompue. Je suis également
d'accord pour aller témoigner devant une commission d'enquête
internationale qui ferait la lumière sur les événements
depuis 1991. Mais que les putschistes fassent de même.
Quel est votre projet de société ?
Je me bats pour un Etat algérien islamique, donc gouverné
selon le Livre le Coran , et l'enseignement du Prophète
la Sunna et de ses compagnons, en conformité avec
les principes du 1er novembre 1954, à la base de la lutte pour
l'indépendance. Tout se tient. Comme nous sommes un peuple
musulman, il ne peut pas y avoir de contradiction comme en Occident.
Le Coran est la référence suprême mais le peuple
décide.
Vous invoquez la religion mais la société s'est laïcisée
depuis quinze ans.
Ce sont les circonstances et la guerre de ces quinze dernières
années qui ont fait qu'une tranche de la population a dévié
du principe de l'islam. Elle n'en reste pas moins profondément
musulmane. L'éducation et la culture doivent aller dans ce
sens.
On vient de célébrer le 10e anniversaire de l'enlèvement
des moines de Tibéhirine. Vous seriez d'accord pour que des
religieux retournent au monastère ?
(Il réfléchit). Les gens du Livre les chrétiens
et les juifs , dans la société musulmane, peuvent
pratiquer leur religion. Mais nous sommes contre ceux d'entre eux
qui, profitant de la faiblesse des ignorants, se transforment en combattants
et viennent convertir des musulmans. Ceux-là interviennent
dans les affaires du pays. Ce sont des espions, des agents secrets.
Il y a des gens du Livre qui sont intervenus dans la crise algérienne.
Ils ont pris parti. Ils n'auraient pas dû. Dans un Etat islamique,
les juifs et les chrétiens auraient des représentants
à l'Assemblée au titre du droit des minorités
pour défendre les intérêts de leur communauté.
Une partie de l'opinion a été choquée de vous
voir accueillir un ancien émir du Groupe islamique armé
(GIA), Abdelhaq Layada, à sa sortie de prison.
Layada a été incarcéré dès 1993.
Il n'y avait pas eu de dépassement jusqu'à cette époque.
La suite est obscure. Je dirai simplement que le pouvoir bafoue les
droits de l'homme, et le peuple a le droit de le combattre. Dans ce
combat, il peut y avoir des dépassements. Vous en avez connu
lors de la Révolution française.
L'affaire Mourad M'Hmamed
Accusé de porter atteinte à l'intérêt national,
le journaliste d'El Khabar sous contrôle judiciaire et ses trois
amis emprisonnés
par M. Iouanoughane, El Khabar, 2 avril 2006
Le juge d'instruction près la cour de Sidi-M'hamed, à
Alger, a ordonné, hier, de mettre le journaliste d'El Khabar
Mourad M'hamed sous contrôle judiciaire pour "publication
d'informations susceptibles de porter atteinte à l'intérêt
nationale". Mourad M'hamed a été auditionné