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![]() quibla.net le quotidien online francophone et multilingue pour les Musulmans libres et actifs et leurs alliés ! Des documents de référence sur tous les dossiers chauds ! 7 ème année - 16 fevrier 2008 - Courriel : redactionquibla@yahoo.fr |
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Islam-Occident |
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Un monde sans
Islam
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ET
SI PAS D’ISLAM, ALORS QUOI ?
Depuis les premiers jours du
Moyen-Orient au sens large, l’Islam a visiblement façonné les normes
culturelles voire même les préférences politiques de ses disciples.
Comment pouvons-nous alors séparer l’islam du Moyen-Orient ? Il
s’avère que ce n’est pas très difficile à imaginer.
Commençons par l’aspect ethnique.
Sans l’Islam, le visage de la région va rester complexe et conflictueux.
Les groupes dominants au Moyen-Orient -- Arabes, Perses, Turcs, Kurdes,
Juifs, voire Berbères et Pachtounes – continueraient à dominer la scène
politique. Prenez les Perses par exemple : bien avant l’Islam,
les grands empires persans se sont étendus jusqu’aux portes d’Athènes
et étaient les rivaux perpétuels de quiconque habitait l’Anatolie. Des
peuples sémites contestant cette hégémonie ont combattu les Perses à
travers le Croissant fertile jusqu’en Irak. Et puis il y a les forces
puissantes des diverses tribus et commerçants arabes se répandant et
migrant dans d’autres régions sémites du Moyen-Orient avant l’Islam.
Les Mongols auraient tout de même envahi et détruit les civilisations
de l’Asie centrale et beaucoup du Moyen-Orient au 13e siècle.
Les Turcs aurait quand même conquis l’Anatolie, les Balkans jusqu’aux
portes de Vienne et une grande partie du Moyen-Orient. Ces luttes --
pour le pouvoir, le territoire, l’influence et le commerce – existaient
bien avant l’arrivée de l’Islam.
Il est pourtant trop arbitraire
d’exclure complètement la religion de l’équation. Si en fait l’Islam
n’a jamais émergé, la majeure partie du Moyen-Orient serait restée essentiellement
chrétienne avec ses diverses sectes comme cela était le cas à l’aube
de l’Islam. En dehors de quelques Zoroastriens et d’un petit nombre
de Juifs, aucune autre religion majeure n’était présente.
Mais l’harmonie avec l’Occident
aurait-elle régné si le Moyen-Orient était resté chrétien ? C’est
aller trop loin. Cela supposerait que le monde européen médiéval impatient
et expansif n’aurait pas projeté son pouvoir et son hégémonie à ses
voisins d’Orient, à la recherche d’espaces économiques et géopolitiques
où prendre pied. Après tout, qu’étaient les Croisades sinon une aventure
occidentale motivée essentiellement par des besoins politiques, sociaux
et économiques ? L’étendard du christianisme était à peine plus
qu’un symbole fort, un cri mobilisateur pour sanctifier les besoins
bien plus profanes d’ Européens puissants. En effet, la religion particulière
des autochtones ne figurait jamais en tête des causes de l’expansion
impériale de l’Occident à travers la planète. L’Europe a pu parler d’une
manière édifiante de porter « les valeurs chrétiennes aux autochtones »,
mais l’objectif évident était d’établir des avant-postes coloniaux comme
sources de richesse pour la métropole et des bases pour l’expansion
du pouvoir occidental.
Ainsi il est improbable que les
habitants chrétiens du Moyen Orient auraient
bien accueilli le déferlement des flottes européennes et leurs marchands
soutenus par les fusils occidentaux. L’impérialisme aurait prospéré
dans le mosaïque ethnique complexe de la région, matière première
du vieux jeu « diviser pour régner ». Et les Européens auraient
toujours installé les mêmes dirigeants locaux malléables pour satisfaire
leurs besoins.
Avançons maintenant à l’époque
du pétrole au Moyen-Orient. Les États du Moyen-Orient, même s’ils avaient
été chrétiens, aurait-ils dit amen à
l’établissement des protectorats européens sur leur région ? Certainement
pas ! L’Occident aurait toujours construit et contrôlé les mêmes
points d’étranglement comme le canal du Suez. Ce n’était pas l’Islam
qui a fait que les États du Moyen Orient ont résisté vigoureusement
au projet colonial qui a redessiné les frontières de manière draconienne
selon les préférences géopolitiques européennes. Et ces États chrétiens
du Moyen Orient n’auraient pas non plus bien accueilli les sociétés
pétrolières occidentales et impériales, soutenues par leurs vice-rois,
diplomates, agents de renseignements et armées européens, pas plus que
ce qu’ont fait les Musulmans. Regardez la longue histoire des réactions
des Latinoaméricains à la domination des Usaméricains
sur leur pétrole, leur économie et leur politique. Le Moyen-Orient serait
toujours aussi motivé pour créer des mouvements nationalistes anticoloniaux
pour arracher le contrôle sur leurs terres, leurs marchés, leur souveraineté
et leur destin à la mainmise étrangère – tout comme les luttes anticoloniales
dans l’Inde hindoue,
Et les Français se seraient certainement
tout aussi volontiers répandus sur une Algérie chrétienne pour s’emparer
des ses riches terres agricoles et établir une colonie. Les Italiens
n’ont non plus laissé la chrétienté éthiopienne les empêcher de transformer
l’Éthiopie en une colonie administrée durement. Bref, il n’y a pas aucune
raison de croire que la réaction moyen-orientale à l’épreuve coloniale
européenne aurait été significativement différente celle qui a eu effectivement
lieu sous l’Islam.
Mais peut-être le Moyen-Orient
aurait-il été plus démocratique sans l’Islam ? L’histoire des dictatures
en Europe elle-même n’est pas rassurante sur ce point. L’Espagne et
le Portugal ont mis fin à leurs violentes dictatures seulement en milieu
des années 1970.
Et puis il y a
Mais des Chrétiens du Moyen-Orient
auraient certainement été mieux prédisposés, pour des raisons religieuses,
envers l’Occident ? N’aurions-nous pas évité tous ces conflits
religieux ? De fait, le monde chrétien lui-même a été déchiré par
des hérésies dès les premiers siècles de pouvoir chrétien, des hérésies
qui étaient devenues les seuls véhicules des oppositions politiques
au pouvoir romain ou byzantin. Loin d’unir sous la religion, les guerres
religieuses de l’Occident cachaient toujours des luttes plus profondes,
ethniques, stratégiques, politiques, économiques et culturelles pour
la domination.
En vérité cette référence à un
« Moyen-Orient chrétien » cache elle-même une méchante animosité.
Sans l’Islam, les peuples du Moyen-Orient seraient restés comme ils
étaient à la naissance de l’Islam, la plupart des disciples du christianisme
orthodoxe oriental. Mais il est facile d’oublier que l’une des controverses
historiques les plus durables, les plus virulentes et âpres fut celle
entre l’église catholique à Rome et la chrétienté orthodoxe orientale
à Constantinople – une rancune qui persiste de nos jours. Les Chrétiens
orthodoxes orientaux n’ont jamais oublié ou pardonné le sac de Constantinople
la chrétienne par les croisés occidentaux en 1204. Presque 800 ans plus
tard, en 1999, le pape Jean Paul II chercha à faire quelques petits
pas pour cicatriser la plaie lors de la première visite d’un pape catholique
au monde orthodoxe en mille ans. C’était un début, mais le schisme entre
l’Orient et l’Occident dans un Moyen-Orient chrétien aurait ressemblé
à ce qu’il est aujourd’hui. Prenez
La culture de l’Église orthodoxe
diffère nettement de l’esprit occidental de l’après-siècle des lumières,
qui insiste sur la laïcité, le capitalisme et la primauté de l’individu.
Elle a encore des peurs résiduelles à propos de l’Occident similaires
sous bien des aspects aux incertitudes des Musulmans d’aujourd’hui :
la crainte du prosélytisme missionnaire occidental, la perception de
la religion comme un vecteur clé pour la protection et la préservation
de leurs propres communautés et culture, et une suspicion vis-à-vis
de caractère « corrompu » et impérial de l’Occident. D’ailleurs,
dans un Moyen-Orient qui serait chrétien orthodoxe, Moscou jouirait
d’une influence spéciale, même aujourd’hui, comme le dernier centre
important de l’Orthodoxie orientale. Le monde orthodoxe serait resté
une arène géopolitique clé pour la rivalité Orient-Occident dans la
guerre froide. Après tout, Samuel Huntington, a inclus le monde chrétien
orthodoxe parmi les nombreuses civilisations impliquées dans un choc
culturel avec l’Occident.
Aujourd’hui, l’occupation US
de l’Irak ne serait mieux accueillie pas les Irakiens s’ils étaient
tous chrétiens. Les USA n’ont pas renversé Saddam Hussein, un chef profondément
laïque et nationaliste, parce qu’il était musulman. D’autres peuples
arabes auraient quand même soutenu les Arabes irakiens dans leur traumatisme
de l’occupation. Nulle part les gens ne se réjouissent de l’occupation
et de la tuerie de leurs concitoyens par des troupes étrangères. D’ailleurs,
des groupes menacés par de telles forces externes s’efforcent toujours
de trouver des idéologies appropriées pour glorifier leur lutte de résistance.
La religion est l’une de ces idéologies.
Voilà donc le portrait d’un « monde
sans Islam » putatif. C’est un Moyen-Orient dominé par le christianisme
orthodoxe oriental - une église historiquement et psychologiquement
méfiante à l’égard de, voire hostile à, l’Occident. Même déchiré par
d’importantes différences ethniques, voire confessionnelles, ce Moyen-Orient
possède un sens aigu de conscience historique et de griefs contre l’Occident.
Il a été envahi à plusieurs reprises par des armés impérialistes occidentales ;
ses ressources pillées ; ses frontières redessinées par des oukases
occidentaux en conformité avec les divers intérêts de l’Occident ;
et des régimes y sont installés qui sont accommodants aux diktats
occidentaux.
Ceci ne présente pas une image
vraiment réconfortante et pacifique.
SOUS
L’ÉTENDARD DU PROPHÈTE
Evidemment, il est absurde de prétendre que l’existence
de l’Islam n’a pas eu d’impact indépendant sur le Moyen-Orient ou sur
les relations Orient-Occident. L’Islam a fourni une force unificatrice
d’un haut niveau à travers une vaste région. Comme foi universelle,
il a créé une vaste civilisation qui partage des principes communs de
philosophie, d’art et de société ; une vision de la vie morale ;
un sens de la justice, de la jurisprudence et de la bonne gouvernance
– le tout dans une culture raffinée profondément enracinée. Comme culture
et force morale, l’Islam a aidé à combler les différences ethniques
entre les divers peuples musulmans, les encourageant à se sentir partie
d’un vaste projet civilisationnel musulman
dépassant leurs particularités. Rien que cela donne à ce projet un poids
important. L’Islam a également affecté la géographie politique :
S’il n’y avait pas eu d’Islam, les pays musulmans de l’Asie du Sud et
du Sud-est – notamment le Pakistan, le Bangladesh,
La civilisation islamique fournissait
un idéal commun auquel tous les Musulmans pouvaient faire appel au nom
de la résistance contre l’intrusion occidentale. Même si cet appel a
échoué à arrêter la marée impériale occidentale, il a créé une mémoire
culturelle d’un destin commun partagé qui n’a pas disparu. Les Européens
ont pu diviser et conquérir beaucoup de peuples africains, asiatiques
et latinoaméricains qui sont tombés séparément
devant la puissance occidentale. Une résistance transnationale unie
entre ces peuples était difficile à réaliser en l’absence d’un quelconque
symbole ethnique ou culturel commun de résistance.
Dans un monde sans Islam, l’impérialisme
occidental aurait trouvé la tâche de diviser, conquérir et dominer le
Moyen-Orient et l’Asie, bien plus facile. Il ne serait pas resté de
mémoire culturelle collective d’humiliation et de défaite à travers
une vaste région. Cela est la raison principale qui explique pourquoi
les USA sont en train de se casser les dents sur le monde musulman.
Aujourd’hui, les intercommunications globales et les images satellitaires
partagées ont créé une forte auto-conscience parmi les Musulmans et
un sentiment qu’une culture islamique partagée est assiégée par l’Empire
occidental. Ce siège ne concerne pas la modernité ; il concerne
la quête occidentale incessante de domination de l’espace stratégique,
des ressources et même de la culture du monde musulman - l’offensive
pour créer un Moyen Orient « pro-américain ». Malheureusement,
les USA supposent naïvement que l’islam est le seul obstacle sur ce
chemin.
Mais quid du terrorisme - la
question la plus urgente que l’Occident associe aujourd’hui presque
immédiatement avec l’Islam? Pour le dire de manière abrupte, le 11/9,
aurait-il eu lieu sans l’Islam ? Si les griefs du Moyen-Orient,
enracinés dans des années de colère émotionnelle et politique contre
les actions et la politique US, avaient été enveloppés sous une autre
bannière, est-ce que les choses auraient été très différentes ?
Encore une fois, il est important de rappeler avec quelle facilité la
religion peut être invoquée même quand d’autres griefs de longue date
sont en jeu. Le 11 septembre 2001 n’était pas le début de l’histoire.
Pour les pirates de l’air d’Al Qaïda, l’Islam jouait le rôle d’une loupe
au soleil, rassemblant ces griefs collectifs répandus et partagés, et
les concentrant dans un rayon intense, un moment de clarté dans l’action
contre l’envahisseur étranger.
Dans la focalisation de l’Occident
sur le terrorisme au nom de l’Islam, les mémoires sont courtes. Les
guérillas juives utilisaient le terrorisme contre les Britanniques en
Palestine. Les Tamils hindous sri-lankais des « Tigres » ont
inventé l’art du gilet piégé et pendant plus d’une décennie ils
ont occupé le premier rang dans le recours aux attentats-suicides, dont
l’assassinat du Premier ministre indien Rajiv Gandhi. Des terroristes
grecs ont effectué des opérations d’assassinat contre des responsables
US à Athènes. Le terrorisme organisé sikh a tué Indira Gandhi, semé
le chaos en Inde, instauré une base extérieure au Canada et abattu un
vol d’Air India au-dessus de l’Atlantique.
Les terroristes macédoniens étaient craints tout à travers tous les
Balkans à la veille de la première guerre mondiale. Des douzaines d’assassinats
majeurs à la fin du 19e et au début du
20e siècles ont été exécutés par des « anarchistes »
européens et américains semant une peur collective. La l’Armée de
Même l’histoire récente de l’activité
terroriste n’est pas très différente. Selon Europol, 498 attaques terroristes
ont eu lieu dans l’Union Européenne en 2006. Parmi elles, 424 ont été
perpétrées par des groupes séparatistes, 55 par des extrémistes de gauche
et 18 par divers autres terroristes. Seulement un attentat a été commis
par des islamistes. Pour être complet, il y avait un nombre d’attentats
déjoués dans une communauté musulmane hautement surveillée. Mais ces
chiffres révèlent le large éventail idéologique des terroristes potentiels
dans le monde.
Est-il dès lors très difficile
d’imaginer des Arabes - chrétiens ou musulmans -, en colère contre Israël
ou les invasions, les renversements et les interventions perpétuelles
de l’impérialisme, recourant à des actes similaires de terrorisme et
de guérilla ? La question pourrait être plutôt : pourquoi
ceci n’a-t-il pas eu lieu plus tôt ? Dans la mesure où les groupes
radicaux articulent des griefs dans notre monde globalisé, pourquoi
ne devrions-nous pas nous attendre à ce qu’ils portent leur lutte au
cœur de l’Occident ?
Si l’Islam haït la modernité,
pourquoi a-t-il attendu jusqu’au le 11/9 pour lancer son assaut ?
Et pourquoi des penseurs islamiques majeurs au début du 20e
siècle parlèrent-ils du besoin d’adopter la modernité tout en protégeant
la culture islamique ? La cause d’Oussama Ben Laden dans ses premiers
jours ne concernait pas la modernité du tout : il parlait de
Et même si l’Islam comme vecteur
de résistance n’avait jamais existé, le marxisme l’a fait. C’est une
idéologie qui a engendré un nombre incalculable de mouvements terroristes,
de guérilla et de libération nationale. Il a façonné l’ETA basque, les
FARC en Colombie, le Sentier lumineux au Pérou, et
Les gens qui résistent à des
oppresseurs étrangers cherchent des bannières pour propager et glorifier
la cause de leur lutte. La lutte des classes internationale pour la
justice fournit un bon élément mobilisateur. Le nationalisme est encore
mieux. Mais la religion fournit le meilleur de tous, en faisant appel
aux plus hautes puissances pour défendre sa cause. Et partout, la religion
peut en plus servir pour renforcer l’ethnicité et le nationalisme alors
même qu’elle les transcende - notamment quand l’ennemi est d’une religion
différente. Dans de tels cas, la religion cesse d’être la source première
des affrontements et confrontations mais bien plus leur véhicule. La
bannière du moment peut disparaître mais les griefs demeurent.
Nous vivons une époque
où le terrorisme est l’outil de choix du faible. Il entrave déjà la
puissance sans précédent des armées US en Irak, Afghanistan et ailleurs.
Et c’est ainsi que Ben Laden dans beaucoup de sociétés non-musulmanes
fut appelé le « nouveau Che Guevara ». Ce n’est rien moins
que l’attrait d’une résistance réussie contre le pouvoir américain dominant, lorsque le faible
contre-attaque. Un attrait qui transcende l’Islam ou la culture moyen-orientale.
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Mais les questions demeurent,
si l’Islam n’existait pas, le monde serait-il plus pacifique ?
Devant ces tensions entre l’Orient et l’Occident, l’Islam ajoute incontestablement
un élément supplémentaire émotionnel, une couche supplémentaire de complications
dans la recherche des solutions. L’Islam n’est pas la cause de tels
problèmes. Cela peut paraître raffiné de chercher des passages dans
le Coran qui semblent expliquer « pourquoi ils nous haïssent ».
Mais cela passe aveuglement à côté de la nature du phénomène. Quelle
idée confortable que d’identifier l’Islam comme la source « du
problème » ; c’est certainement bien plus facile que d’explorer
l’impact de l’empreinte globale massive de l’unique superpuissance du
monde.
Un monde sans Islam verrait toujours
la plupart des tenaces rivalités meurtrières dont les guerres et les
malheurs dominent la scène géopolitique. Si ce n’était pas la religion,
tous ces groupes auraient trouvé d’autres bannières sous lesquelles
exprimer leur nationalisme et leur quête d’indépendance. Bien sûr, l’histoire
n’aurait pas suivi exactement le même chemin. Mais au fond, le conflit
entre l’Orient et l’Occident concerne toujours les grandes questions
historiques et géopolitiques de l’histoire humaine : l’ethnicité,
le nationalisme, l’ambition, l’avidité, les ressources, les chefs locaux,
le terroir, le gain financier, le pouvoir, les interventions et la haine
des outsiders,
des envahisseurs et des impérialistes. Confronté à des questions intemporelles
comme celles-ci, comment le pouvoir de la religion pourrait-il n’être
pas invoqué ?
Souvenons-nous aussi que pratiquement
toutes les principales horreurs du 20e siècle vinrent presque
exclusivement des régimes strictement laïques : Léopold II de Belgique
au Congo, Hitler, Mussolini, Lénine et Staline, Mao et Pol Pot. C’étaient
les Européens qui ont imposé leurs « guerres mondiales » par
deux fois au reste du monde - deux conflits mondiaux dévastateurs sans
aucun équivalent, même lointain, dans l’histoire islamique.
Certains aujourd’hui pourraient
souhaiter un « monde sans Islam » dans lequel ces problèmes
seraient censés n’être jamais apparus. Mais, en vérité, les conflits,
les rivalités et les crises d’un tel monde pourraient ne pas apparaître
si différents que ça de ceux que nous connaissons aujourd’hui.
Source
: http://www.foreignpolicy.com (réservé aux abonnés); accès libre
: http://www.muslimbridges.org/content/view/861/37/
L’auteur
Graham
E. FULLER
Graham E. Fuller est actuellement écrivain et
analyste indépendant, chargé de cours et consultant sur les "Muslim World affairs" (affaires
mondiales liées à l'Islam) et professeur adjoint d'histoire à
Diplomé de l' Université Harvard
en études russes et moyen-orientales, il a travaillé pendant 20 ans
à
En 1988 Fuller quitte le service
et entre à
Parmi ses études pour
Il est l'auteur des livres suivants :
Parmi ses articles publiés :
Beaucoup
d'autres articles de lui sont parus sur Orbis, Current History, Middle East Insight, The Middle East
Journal, Mediterranean Quarterly. Il publie régulièrement des tribunes libres sur le New York Times, le Washington
Post, le Los Angeles Times et le Christian Science Monitor. Il apparaît
régulièrement sur les chaînes ABC, CNN, PBS et Fox Television
News et livre des commentaires à la BBC, Voice of America
et autres stations de radio.
Polyglotte, Graham E. Fuller
est l'auteur du manuel populaire How
to Learn a Foreign Language (Comment
apprendre une langue étrangère).
IA
est un ami et Fausto Giudice un membre de Tlaxcala, le réseau
de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est
libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en
mentionner l’auteur, le traducteur, le réviseur et la source.
URL de cet
article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=4546&lg=fr
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