L’évêque de Cordoue refuse d'ouvrir
la mosquée-cathédrale aux musulmans
L'évêque
de Cordoue (Andalousie), Mgr Juan José Asenjo, a décidé de refuser d'ouvrir
sa cathédrale, une ancienne mosquée, aux prières des musulmans, selon
la presse espagnole de jeudi. L'évêque andalou a ainsi réagi à une demande
exprimée de longue date par la communauté musulmane espagnole, et récemment
réitérée dans une lettre adressée au pape Benoît XVI, à savoir que la Grande Mosquée de Cordoue devienne un lieu de prière
oecuménique. L'évêque s'oppose au partage de la mosquée-cathédrale,
considérant que cette situation "génèrerait de la confusion parmi
les fidèles" et qu'elle ne "contribuerait pas à une cohabitation
pacifique entre les croyants", écrit le quotidien ABC. "Nous,
chrétiens de Cordoue, souhaitons vivre en paix avec les croyants d'autres
religions, mais nous ne souhaitons pas être soumis à des pressions continues
qui ne contribuent pas à la concorde", a expliqué l'évêché, cité
par ABC. L'évêque a aussi tenu à préciser que l'édifice, chef-d'oeuvre
de l'architecture omeyyade (785-987), convertie en cathédrale en 1236
pendant la Reconquête chrétienne,
avait été construite sur les ruines d'une basilique wisigothe, selon
El Pais. En réponse à ce refus, Mansur Escudero, président de la Junte islamique espagnole,
organisation qui représente les musulmans d'Espagne, s'est agenouillé
le matin du jeudi 28 décembre pour réciter la prière du Dohr devant
la mosquée-cathédrale (voir photo), espérant ainsi "attendrir le
coeur de l'évêque de Cordoue", a annoncé l'agence Europa Press.
"En réalité, musulmans et chrétiens prient le même dieu, qui est
unique", a-t-il expliqué et, "prier ensemble" permettrait
une "plus grande entente entre les deux religions".
En savoir plus
La Grande Mosquée de Cordoue
D’après
wikipedia.org
La Grande Mosquée de Cordoue (aujourd'hui cathédrale)
est un des monuments
majeurs de l'Islam.
C'est avec l'Alhambra
de Grenade le plus prestigieux témoin de la présence
musulmane en Espagne du VIIIe
au XVe siècle.
Lorsque les Musulmans
s'établirent à Cordoue,
ils commencèrent par exiger que les Chrétiens
partagent, pour leur culte, l'église St Vincent. Leur nombre s'accroissant de
façon importante, l'émir
Abderrahmane Ier voulut faire construire une mosquée :
il racheta leur part aux Chrétiens, fit démolir l'église et entreprit
la construction de la
Grande Mosquée, non loin du Guadalquivir.
Elle fut agrandie trois fois de suite par ses successeurs, pour finir
par couvrir 23 000 m2 et devenir ainsi la plus grande mosquée du monde après La Mecque.
Elle se présente aujourd'hui sous la forme d'un vaste quadrilatère d'environ
180 m de long sur 130 m de large, comptant 19
nefs et plus de 850 colonnes surmontées par des chapiteaux différents.
L'édifice initial, commencé en 785 par Abderrahmane Ier
comprenait une cour carrée, le patio de los naranjos ou cour des orangers entourée
d'un mur d'enceinte et sur laquelle s'ouvrait complètement la salle de prière, de forme rectangulaire, composée
de 11 nefs, chacunes ayant 12 travées, disposées face à la cour. Ces
nefs étaient séparées par de fines colonnes de marbre provenant d'édifices
romains
ou wisigoths. Accolé au mur d'enceinte à l'opposé
de la salle de prière, se trouve le minaret.
Hisham Ier fit réaliser plusieurs aménagements intérieurs ( des galeries
destinées aux femmes qui venaient prier et un bassin d'ablutions). La
longueur des travées fut à peu près doublée par Abderrahmane II
en 848 et allongée une
dernière fois par Al Hakam II en 961.
À chaque fois, le mihrab,
placé au fond de l'allée principale dut être reconstruit. L'actuel,
monté avec l'aide d'artistes byzantins,
est une énorme coupole monolithique en marbre blanc superbement décorée.
En 987, Al Mansour
voulut augmenter encore la surface de la salle, mais la proximité du
fleuve empêcha de poursuivre l'allongement des 11 travées initiales
dans la même direction : on ajouta donc vers l'est, sur toute la
longueur de l'édifice, 8 travées supplémentaires qui en doublèrent presque
la surface et mirent le mirhab dans une position excentrée.
La mosquée possédait alors plus de 600 colonnes
en marbre,
prises sur des monuments antiques de toutes provenances, sur lesquelles
reposent des arcades doubles en brique et pierre blanche (superposées
l'une à l'autre avec un espacement intermédiaire) qui permettent d'avoir
un plafond haut, et donnent à l'édifice une impression de légèreté.
Lorsque Cordoue fut prise par les chrétiens en 1236, ceux-ci en firent leur
cathédrale.
Ils murèrent l'ouverture entre la cour et la salle de prière, ne conservant
qu'une porte d'entrée (Puerta de las Palmas). Ils abattirent quelques
rangs de colonnes pour dégager la place de la Chapelle Royale décorée de stucs
mudéjars.
Ils divisèrent également la dernière travée à d'Al Mansour, à l'est,
pour y délimiter des chapelles.
Mais au XVIe siècle, les chanoines
du chapitre décidèrent de doter leur cité d'un édifice beaucoup plus
somptueux et dans le goût du jour. Ils firent démolir une partie importante
du centre de l'édifice pour y monter une cathédrale qui apparaît comme
incrustée dans la mosquée, rompant les perspectives de la forêt de colonnes.
Ce monument est, pris isolément, une merveille alliant les styles gothique, Renaissance et baroque
et magnifiquement décorée, mais on peut regretter --- comme Charles Quint
le fit --- qu'on ait partiellement défiguré l'exceptionnel édifice construit
par les musulmans.
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