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Dialogue islamo-chrétien |
27/09/06 - Communiqué du Groupe d'Amitié Islamo-Chrétienne à propos de la conférence du pape à Ratisbonne
Lettre ouverte au pape Benoît XVI
Je commence par un simple reproche, en tant que collègue,
portant comme vous, le titre de professeur émérite,
- c'est sur ce niveau que se tient cette lettre, et en tant que musulmane,
ayant reçu sa part d'indignation, d'amertume et de douleur,
comme les musulmans du monde entier, de ce que contenait votre conférence
à Ratisbonne, en Allemagne, sous le titre de : Le journal "La Croix" du 17/9/2006 assure que cette conférence a été longuement préparée, et qu'un grand nombre de vos proches l'ont lu attentivement comme cela se passe avec tous les textes publics au moins. Ce même journal affirme que depuis le lundi 9/11, "et alors que le pape n'avait pas encore prononcé sa conférence, les journaux italiens parlaient déjà de Benoît XVI et l'Islam" !! Ce qui prouve le lien entre cette conférence, à cette date précise, et la comédie montée du onze septembre ! Car ce qui est dorénavant acquis comme fait accompli, malgré les grandes dissimulations, que ceux qui la fomentèrent sont des dirigeants américains très hauts placés. La conférence visait donc clairement à faire le lien entre l'Islam, le terrorisme et le mal. Autrement dit : c'est une attitude bien préméditée. Votre réponse et votre expression d'être "attristé", à cause des réactions soulevées par votre conférence, est ce qu'on appelle : une excuse pire qu'un délit, car un chercheur académique lorsqu'il cherche une citation, il le fait pour l'une des deux raisons : soit pour prouver ce qu'il avance dans son texte, soit pour la critiquer. Il n'existe pas dans le domaine académique le fait de dire d'une citation choisie qu'elle "n'exprime pas mes idées", comme vous l'avez fait, car c'est l'écrivain qui choisit les citations. Cette prétendue excuse, en un temps où toute la conférence, tous vos écrits précédents et surtout votre première encyclique, prouvent que vous désigniez vos dits. Ce qui vous place au niveau de ces chercheurs qui mettent leurs propres idées sur la bouche d'autrui de crainte que les réactions ne leur tombent sur la tête… C'est une attitude académique que l'on qualifie de couardise,- ce qui n'est point digne des charges que vous portez. Même la déclaration annoncée par le bureau d'information du Vatican, le samedi 16/9/2006, dans laquelle il est fait mention du décret du document "Nostra Aetate", promulguée par le Concile oecuménique Vatican II, en 1965, là aussi c'est une excuse pire qu'un délit, qui met à nu une attitude tortueuse, pour ne pas dire double face du Vatican. Celui qui fait le lien entre les minutes des procès verbaux de la formulation de ce texte et le texte final, ne peut s'empêcher d'être pris d'écoeurement, tellement ceux qui étaient chargés de l'écrire s'ingénièrent à éloigner les arabes et les musulmans de la descendance d'Ismaël, le fils aîné d'Abraham, pour dire qu'ils le prennent seulement comme exemple ! De même, ils firent tout leur possible pour éliminer le fait que Dieu parla aux musulmans par l'intermédiaire du prophète Mohammad. La référence que je cite est une des publications du Vatican ayant pour titre : L'Église et les religions non chrétiennes, et les procès verbaux qu'elle renferme concernant ce texte sont une vraie honte. Ce qui démontre à quel point vous tenez ferme à cette attitude, qui manque de probité à l'égard de l'Islam, afin de ne pas le reconnaître comme religion monothéiste. De toute façon, que vous le reconnaissiez ou pas, l'Islam est là, il est reconnu de par le monde comme étant la troisième révélation monothéiste, révélée pour l'humanité. Le fait de le nier ne porte atteinte qu'à votre probité. Il n'est pas lieu, ici, de relever tous les points que vous avez abordé dans votre conférence et qui dépassent la vingtaine, et je me limite à ce qui concerne l'Islam. Ce sont deux principaux points : votre description d'Allah, dans la "doctrine musulmane", que sa transcendance totale est une chose incompréhensible et ne s'accorde point avec la raison ou la logique, que l'on ne peut point comprendre, que sa volonté n'a aucun rapport avec n'importe lequel de vos critères logiques, pas même le critère du raisonnable; et que le prophète Mohammad (Bénédictions et salut sur lui) n'a apporté que tout ce qui est mal et inhumain, à savoir le fait d'imposer ce qu'il a prêché par l'épée ! Je commence d'abord par préciser que l'Islam n'est pas une "doctrine", comme vous l'avez décrit, mais une Religion monothéiste intégrale, englobant tous les piliers, stable et inébranlable, et surtout extrêmement logique et raisonnable en sa clarté. C'est ce qui attire les gens vers lui. Le fait d'ignorer cette simple vérité ne porte atteinte qu'à votre propre personne et révèle à quel point votre attitude manque de probité scientifique et objective, - deux qualificatifs auxquels vous semblez pourtant tenir ! Il n'est pas question de vous parler ici de l'Islam, que vous pourrez étudier si vous le voulez, mais je vous parlerai de la Bible, dans laquelle vous trouvez qu'elle s'accorde avec la raison et la logique, contrairement au Qur'ân, que vous avez éliminé de la comparaison, disant un peu plus loin, que la violence ne s'accorde point avec la nature de Dieu et son esprit, que Dieu n'aime pas le sang et les comportements contraires à la raison et à la nature de Dieu ! Là je ne peux que vous demander à propos de tout ce que renferme l'ancien testament, où le Dieu Yahvé demande à ses adeptes d'éliminer tous les villages, de les incendier, et d'exterminer hommes, femmes et enfants au fil de l'épée, sans oublier d'emporter l'or et l'argent… Et ailleurs, leur demander de torturer les habitants, de les couper en pièces et de les brûler dans les fours à briques… Est-ce cela ce qui s'accorde avec la foi et la raison, à votre avis ?! Est-ce là des textes dénudés de mal et de choses inhumaines ?! Est-ce là la tolérance que vous approuvez et voulez imposer à tout le monde ?! Ce que le lecteur trouve dans le texte d'Ezéchiel, lorsque le Dieu Yahvé lui ordonne de manger du pain avec "de la merde dessus", et lorsque le prophète Ezéchiel se plaint, Il lui ordonne d' "y ajouter de la bouse" !! C'est ce que vous trouvez aller de paire avec la foi et la raison ?! J'aurai vraiment honte de citer le dévergondage inouï qui se trouve soit dans ce même texte (Ola et sa sœur) ou ailleurs, malgré le fait que le texte varie ou est "allégé" d'une édition à l'autre! Les différentes éditions existent toujours. Quant au christianisme, auquel vous êtes à la plus haute place, je commence par vous demander à propos de la déification de Jésus au premier concile de Nicée, en 325, malgré le nombre de versets dans lesquels Jésus ne cesse de marquer la différence entre lui et Dieu : "Le Seigneur notre Dieu est l'unique Seigneur" (Marc 12 : 29), "Pourquoi m'appelles-tu bon, Nul n'est bon que Dieu seul" (Mt 19 : 16), "Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu" (Jean 20 :17), "C'est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, et à Lui seul tu rendras un culte" ( Mt 4 : 10) ( à propos l'ancien texte disait : et à Lui seul tu te prosterneras !) . Nombreux sont les versets dans lesquels Jésus dit qu'il est un être humain : "…moi, un homme qui vous ai dit la vérité, que j'ai entendu de Dieu" (Jean 8 : 40). Alors que d'autres versets disent : "et les foules disaient : "C'est le prophète Jésus, de Nazareth en Galilée" (Mt 21 : 11), "…un grand prophète s'est levé parmi nous" (Luc 7 : 16) … et malgré toutes ces preuves qui se trouvent encore dans le texte, ou qui n'ont pas encore été "rectifiés", l'Institution ecclésiastique déifia Jésus comme : "Vrai Dieu de vrai Dieu, engendré non pas crée, consubstantiel au Père" , ensuite il a été promu au titre de Dieu, seul et unique. Est-ce que toutes ces falsifications s'accordent, à votre avis, avec la raison et la logique, - malgré le fait qu'elles donnèrent lieu à la séparation des églises et à des tueries parmi les adeptes et leurs dirigeants ?! Au premier concile de Constantinople on a ajouté que le Saint Esprit est consubstantiel au Père, ce qui provoqua d'autres séparations entres les églises. Au concile d'Ephèse, en 431, Marie a été promue "Mère de Dieu", ce qui donna lieu à d'autres disputes… Au concile de Chalcédoine, en 451, l'église imposa deux natures à Jésus… Et toute une suite de dogmes et de décrets desquels Jésus n'a mentionné ou n'a connu un traître mot! C'est ce que vous appelez s'accorder avec la foi et la raison ?! D'après tous les documents disponibles sur le marché, le dogme de la Trinité n'a été accepté par les différentes églises qu'après fortes batailles, de sortes que le concile de Florence, en 1439, expliqua le sens aux Jacobins, pour l'imposer définitivement, disant : que la relation seule est celle qui différencie entre les personnes, mais que les trois personnes constituent un seul Dieu et non pas trois, car ils sont de la même substance, de la même nature, de la même divinité, de la même grandeur, de la même éternité, et que tous les trois sont un, puisque la relation entre eux ne représente aucune contradiction! Et à ceux qui n'admettent pas cette clarté, l'église répond : " C'est un mystère" !... Est-ce ce genre de logique que vous trouvez conforme à la raisonnable raison ?! Vous considérez que la Bible,- les textes de l'ancien testament, basés sur la traduction dite " la septante", les quatre évangiles et les autres livres qui constituent le nouveau testament,- est le Livre par excellence, inspiré par Dieu, puisqu'il renferme la foi évangélique à laquelle vous avez recours le long de votre conférence, après avoir éliminé le texte illogique du Qur'ân. Pourtant, il est bien connu, historiquement parlant, que c'est saint Jérôme qui a rédigé cette Bible, sur l'ordre du pape Damase, après avoir amalgamé plus d'une cinquantaine d'évangiles qui étaient en circulation à cette époque. Une fois le travail terminé, saint Jérôme écrit une introduction au nouveau testament, en guise de lettre, adressée au pape Damase, dans laquelle il dit : AU PAPE DAMASE, SUR LA RÉVISION DU TEXTE DES QUATRE ÉVANGILES. Telle est, hélas, la pure réalité d'un texte que vous considérez sacré ayant Dieu comme auteur! Je me contente de cette partie car le reste de la lettre concerne la mise en page et la classification. Et dire que cela s'est passé au quatrième siècle finissant. Ce qui veut dire, que jusqu'à cette date, les évangiles n'étaient pas encore choisis ni codifiés. Inutile d'ajouter que les querelles parmi les églises durèrent des siècles avant l'adoption de ces écrits. Ce n'est que lorsque l'église catholique, apostolique et romaine l'imposa au concile de Trente, en 1547, disant que "Dieu est le vrai auteur", que le texte a été admis, et Dieu sait à quel prix. Puis, le premier concile vaticanais, réuni entre 1869 et 1870 déclara que la Bible, ancien et nouveau testament, "étaient écrits sous l'intuition du Saint Esprit, que Dieu était l'auteur, et que l'église les a reçu ainsi… " !! Quant au concile Vatican II, réuni après environ quatre-vingt dix ans, au cours desquels nombres de travaux et d'études discréditèrent définitivement la véracité de tous ces textes, ci qui imposa au concile de déclarer, à propos des livres de la Bible, disant : "Ces livres, bien qu'ils renferment de l'incomplet et du caduc, sont malgré cela des témoins d'une vraie science de pédagogie divine"… !! Inutile d'ajouter est-ce cela ce que vous trouvez compréhensible et conforme à la raison?! Là je ne manquerai pas de mentionner le fameux "Jesus Seminar", qui eut lieu aux États-Unis d'Amérique, en 1992, et auquel assistèrent quelque 200 professeurs et spécialistes en théologie, pour conclure que : 82 % des paroles attribuées à Jésus, il ne les a point prononcées mais elles ont étaient dites par les écrivains des évangiles, que la mort et la résurrection de Jésus eurent lieu dans l'endroit et de la façon voulus par ces écrivains… (p. 24 de l'introduction). A noter que ce que déplorent le plus ces spécialistes, c'est l'ignorance quasi complète des croyants par rapport à leur livre sacré,- ignorance qui atteint le niveau d'analphabétisme, comme l'assure Robert Funk, président du séminaire. Y a-t-il lieu d'ajouter un commentaire à propos de ce que vous considérez comme source de raison, de logique et d'inspiration !! Vous dites dans votre illustre conférence que le prophète Muhammad (Bénédictions et salut sur lui) n'a rien apporté que tout ce qui est mal et inhumain, comme le fait d'imposer ce qu'il a prêché par l'épée… J'espère que vous n'ignorez point que c'est le pape Urbain II qui proclama les croisades au nom de Dieu, au concile de Clermont, disant que : " c'est Dieu qui le veut", et qu'il nomma tous ceux qui y participèrent "les soldat du Christ", leur imposa de marquer une croix sur leur vêtements et leurs équipements, leur a promis la dispense de leur péchés, les exempta des impôts et les combla de biens… Le chroniqueur connu sous le nom de L'Anonyme et qui accompagnait la première croisade décrit comment "les habitants de la ville (Jérusalem) ont été tués, massacrés vivants, au fil de l'épée, jusqu'au temple de Salomon. Une boucherie sans pareille eu lieu de sorte que nos soldats pataugeaient dans le sang jusqu'au chevilles", puis il ajoute : peut-être ce qui a mené à la réussite de cette attaque et autres c'est la divisions qui se trouvait alors parmi les musulmans. Et durant la famine qui dura pendant le siège à saint Jean d'Acre, les croisés faisaient bouillir les adultes musulmans dans les marmites pour les manger ou fixaient les enfants sur des broches et les dévoraient grillés… Est-ce cela ce qui se place, à vos yeux, sous l'appellatif des œuvres humaines et de l'expansion sans avoir recours à l'épée ?! Nul n'ignore comment l'Inquisition compléta ou accompagna ces travaux le long des siècles, connus sous le nom des Ténèbres, qui durèrent presque mille ans, au cours desquels il était défendu aux adeptes de lire leur Bible ou de s'instruire, exception faite pour les membres du corps ecclésiastique… Il est d'ailleurs connu que les croisades n'étaient point lancées seulement contre les musulmans, en terre sainte, mais se sont répandues jusqu'en Espagne pour aider à l'éradication de l'Islam, et se propagèrent en Europe, au sud est de la France pour éradiquer les Cathares, les Bogomiles et les Vaudois, car ils refusaient la déification de Jésus-Christ…Comme elles se propagèrent partout en Europe et dans le monde pour imposer le christianisme… Que dire des atrocités commises par l'inquisition, qui se trouvent en abondance dans les références historiques et scientifiques ? C'est bien le pape Grégoire IX qui admet, en 1224 le supplice du feu pour les hérétiques, et en 1224, la Bulle Ad extirpanda du pape Innocent IV, instaure la torture dans la procédure de l'Inquisition, à ne citer que brûler les gens vif, arracher les yeux ou la langue après les avoir torturé ou enduire leurs pieds d'huile et les places sur le feu après les avoir attaché pour ne pas bouger… Ce que le père Bartholomé de Las Casas raconte sur le comportement sauvage des missionnaires, des ecclésiastiques et de leurs soldats, pendant l'invasion des Amériques, dépasse l'imagination par ses abominables barbaries et horreurs … Il n'a été permis de publier son Journal (en trois gros volumes) qu'à la fin du vingtième siècle ! Il n'est pas lieu ici de parler des guerres des religions entre chrétiens, comme la guerre de cinquante ans, la guerre de cent ans, les boucheries particulières comme la sainte Barthélemy… Ni de décrire en détails comment le christianisme se propagea par l'épée en Europe et ailleurs. Si on arrive à cerner le nombre de ceux qui furent massacrés au nom de l'église catholique apostolique et romaine le nombre atteindra des dizaines de millions d'innocents, le tout étant référencié ! Ce genre de comportement sous quelle raisonnable rubrique le placez-vous ? Ou bien peut-être le béniriez-vous en tant que faisant partie de l'innocence et de la tolérance chrétiennes !! Révérend professeur et chercheur, ce qui précède, et beaucoup plus, fait partie de l'histoire vécue, prouvée historiquement et scientifiquement. Je n'ai cité que des bribes, hélas ! Vous dites dans le troisième paragraphe de votre conférence que Dieu n'aime pas le sang. Et pourtant, vous insistez toujours à imposer ce dogme qui force les adeptes de boire Son sang et de manger Sa chaire, sous forme d'Eucharistie! L'adepte qui ne croit pas vraiment et foncièrement qu'il boit le sang du Christ et mange Sa chaire est maudit par l'église… Il est claire que de tout temps ce dogme répugnait à un nombre grandissant d'adeptes, et les luttes acharnées abondent, à ne citer que Jean Wyclif, que le concile de Constance a condamné en 1418, car il insistait sur le fait que le pain et le vin ne se transforment point, et que le Christ ne se trouve jamais vraiment dans cette Eucharistie. Le concile condamna tous ses écrits, l'accusa d'hérétique, et après sa mort le concile ordonna d'ouvrir sa tombe et de jeter ses os loin des cimetières de l'église (Les Conciles oecuméniques, t. II, p. 859). Puis le concile de Latran introduit ce dogme dans le Symbole de la foi! La toute dernière tentative effectuée pour imposer l'idée de boire le sang du Christ et de manger Sa chaire est l'année que Jean-Paul II consacra en octobre 2004 et qui se termina par le synode, tenu du 2 au 23 octobre 2005, auquel assistèrent 256 évêques, de 118 pays, ayant pour titre : "L'Eucharistie dans la vie et le message actuel de l'église". C'est vous-même qui avez présidé à ce synode à cause du décès de Jean-Paul II. La date du 23 octobre a été choisie pour la clôture de ce rassemblement pour le faire concorder avec la date de la "Journée mondiale de l'évangélisation"… Ce qui révèle que ce dogme représente un obstacle dans les travaux d'évangélisation que vous entreprenez et que vous vous efforcez de voir comment le fixer ! Il est clair que le fait de vouloir installer ce dogme, avec une telle ténacité, n'est qu'une sorte de justification pour la continuité de l'existence de la classe des prêtres qui, eux seuls, possèdent le pouvoir de transformer le vin et le pain en vrai sang et vraie chaire par les formules de leurs prières, qu'eux seuls connaissent, autrement point de salut pour les adeptes !… On ne peut qu'être étonné de ce que vous considérez logique et raisonnable et que chaque raison trouve logique et raisonnable comme vous le dites ! C'est peut-être cela ce qui a poussé Émile Zola à dire dans un de ses romans que "la civilisation humaine ne progressera point à moins que la dernière pierre de la dernière église ne tombe sur la tête du dernier prêtre" ! Je passe au concile Vatican II et ses décrets, en 1965, qui
représente une déviation sans précédent
des textes et des instructions du Nouveau Testament. Ce qui représente
une grande part des problèmes auxquels fait face le monde actuellement.
Car malgré le fait d'avoir accusé les juifs du meurtre
déicide, pendant presque 2000 ans, dans chaque messe du dimanche,
dans toutes les églises du monde, et malgré la présence
de plus d'une centaine de versets qui les accusent directement et
sans ambiguïté, ce concile a décrété,
entre autres, les points suivants : Je ne vous demanderai point d'évaluer ce genre de décrets par rapport à la raison ou à la logique, voire du point de vue du mal et de l'inhumain, ils n'ont pas besoin d'être évalués, puisqu'ils crient les doubles face et le manque de probité, mais j'ajouterai plutôt que le pape Jean-Paul II avait promis de changer 70 versets du texte du Nouveau Testament, afin qu'il s'accorde avec toutes les concessions que vous avez offert aux Sionistes. A vrai dire je ne sais s'il a eu le temps de le faire avant sa mort, ou s'il vous incombera à vous de tenir cette promesse ! De tous les décrets ci haut mentionnés, je ne citerai
sur cette hérésie du dialogue interreligieux, que quelques
exemples, d'après les textes vaticanais, donnés aux
adeptes pour mener à bien ce fameux dialogue : Il suffit de ces quelques exemples pour montrer à quel point ces textes sont écoeurants et pour vous demander : est-ce que ce genre de comportement malhonnête et inhumain est ce que vous considérez logique et raisonnable ?! Il serait peut-être là bien à propos de signaler votre première encyclique, intitulée : Deus caritas est Il n'est pas question d'aborder, ici, le contenu en détails, car je lui en ai consacré un article à l'époque, intitulé :"Concessions sur la mélodie de l'amour" ! Mais uns des principaux points à relever est que vous considérez seuls les Juifs et les Chrétiens qui adorent le vrai Dieu, ensuite vous faite le lien entre l'Islam, la vengeance, la haine et la violence au nom d'Allah, disant que l'église catholique seule est celle qui doit diriger le monde. A quoi s'ajoute un nombre répugnant de concessions présentées aux Sionistes. Ce qui prouve que les citations mentionnées dans votre conférence n'étaient point dues au hasard, mais que vous les avez choisi avec préméditation puisqu'elles représentent votre pensée perpétuelle. En terminant cette lettre ouverte, je ne peux que vous poser une question : le Vatican insiste à répéter que sa mission est de christianiser le monde, et il déploie, en fait, toutes les possibilités, par tous les moyens, ouvertement ou en louvoyant, afin de parvenir à ses buts. Bien plus, il ne cesse de déployer tous ses efforts pour l'unification des églises pour les employer dans sa guerre d'évangélisation du monde. Cette attitude a été imposée à tous les adeptes, à cause de leur baptême, disant que c'est le seul moyen pour faire face à la montée de l'Islam. De même, un nombre de lois redoutables a été promulgué aux États-Unis afin de faciliter cette mascarade, sans tenir compte que c'est cela exactement ce qui fomente les dissensions, provoque la violence pour se défendre et défendre sa propre foi. Là je ne peux m'empêcher de vous demander : qu'entendez-vous faire avec ce petit état confessionnel discriminatoire, que le Vatican a aidé à sa fixation, injustement et en portant atteinte à autrui, en arrachant la terre à ses propriétaires pour l'accorder à des gens qui n'en ont aucun droit, selon vos textes sacrés ? Bien plus, que pense faire le Vatican avec ce petit état raciste, la formation duquel représente une déviation flagrante de sa religion et de ses instructions, - à savoir qu'il existe des études théologiques qui prouvent qu'ils n'ont aucun droit à cette terre, à ne citer que la thèse du père Landouzie ? Je n'ironise point en vous demandant avec amertume : Allez-vous christianiser les Juifs, Révérend père, ou bien c'est de Vatican qui va être judaïsé ?! Votre injuste prétention n'est-elle pas de christianiser le monde ?! Celui qui porte à sa charge le poids d'une histoire ensanglantée,
et toute cette tradition basée sur la contrefaçon et
la falsification, et qui commet cette gaffe provocatrice en blasphémant
l'Islam et les musulmans, avec une telle préméditation,
il ne doit pas seulement s'excuser, mais il se doit de démissionner
de ses fonctions. C'est la moindre des choses à faire, s'il
y avait une quelconque probité scientifique ou religieuse.
Lettre au Dr Zeinab Abdelaziz
Votre adresse à Ratzinger, alias Benoît XVI, m'a proprement
désespérée. Je ne vais pas entrer dans vos considérations exégétiques,
qui ne Je vous fais part, en revanche de mes valeurs : Amicalement,
On se calme !
Mais toute cette affaire, orchestrée, survient précisément,
et bien sûr par hasard, au moment où le Patriarche et
les évêques des Églises locales de Jérusalem
viennent de faire une très importante déclaration dénonçant
avec une rare fermeté le «sionisme chrétien»
des fondamentalistes protestants, qui soutiennent la politique impériale
américaine de Bush. Il faut apprendre à déjouer les pièges et les
manœuvres de l'ennemi, et garder son sang-froid. Ce que Benoît XVI a vraiment dit
Tout cela me revint en mémoire récemment à la lecture de l'édition publiée par le professeur Theodore Khoury (Münster) d'une partie du dialogue que le docte empereur byzantin Manuel II Paléologue, peut-être au cours de ses quartiers d'hiver en 1391 à Ankara, entretint avec un Persan cultivé sur le christianisme et l'islam et sur la vérité de chacun d'eux. L'on présume que l'Empereur lui-même annota ce dialogue au cours du siège de Constantinople entre 1394 et 1402; ainsi s'explique le fait que ses raisonnements soient rapportés de manière beaucoup plus détaillées que ceux de son interlocuteur persan. Le dialogue porte sur toute l'étendue de la dimension des structures de la foi contenues dans la Bible et dans le Coran et s'arrête notamment sur l'image de Dieu et de l'homme, mais nécessairement aussi toujours à nouveau sur la relation entre — comme on le disait — les trois « Lois » ou trois « ordres de vie »: l'Ancien Testament — le Nouveau Testament — le Coran. Je n'entends pas parler à présent de cela dans cette leçon ; je voudrais seulement aborder un argument — assez marginal dans la structure de l'ensemble du dialogue — qui, dans le contexte du thème « foi et raison », m'a fasciné et servira de point de départ à mes réflexions sur ce thème. Dans le septième entretien (dialexis — controverse) édité par le professeur Khoury, l'empereur aborde le thème du djihad, de la guerre sainte. Assurément l'empereur savait que dans la sourate 2, 256 on peut lire: « Nulle contrainte en religion ! ». C'est l'une des sourates de la période initiale, disent les spécialistes, lorsque Mahomet lui-même n'avait encore aucun pouvoir et était menacé. Mais naturellement l'empereur connaissait aussi les dispositions, développées par la suite et fixées dans le Coran, à propos de la guerre sainte. Sans s'arrêter sur les détails, tels que la différence de traitement entre ceux qui possèdent le « Livre » et les « incrédules », l'empereur, avec une rudesse assez surprenante qui nous étonne, s'adresse à son interlocuteur simplement avec la question centrale sur la relation entre religion et violence en général, en disant: « Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau, et tu y trouveras seulement des choses mauvaises et inhumaines, comme son mandat de diffuser par l'épée la foi qu'il prêchait ». L'empereur, après s'être prononcé de manière si peu amène, explique ensuite minutieusement les raisons pour lesquelles la diffusion de la foi à travers la violence est une chose déraisonnable. La violence est en opposition avec la nature de Dieu et la nature de l'âme. « Dieu n'apprécie pas le sang — dit-il —, ne pas agir selon la raison , “sun logô”, est contraire à la nature de Dieu. La foi est le fruit de l'âme, non du corps. Celui, par conséquent, qui veut conduire quelqu'un à la foi a besoin de la capacité de bien parler et de raisonner correctement, et non de la violence et de la menace... Pour convaincre une âme raisonnable, il n'est pas besoin de disposer ni de son bras, ni d'instrument pour frapper ni de quelque autre moyen que ce soit avec lequel on pourrait menacer une personne de mort...». L'affirmation décisive dans cette argumentation contre la conversion au moyen de la violence est : ne pas agir selon la raison est contraire à la nature de Dieu. L’éditeur Théodore Khoury commente : pour l'empereur, un Byzantin qui a grandi dans la philosophie grecque, cette affirmation est évidente. Pour la doctrine musulmane, en revanche, Dieu est absolument transcendant. Sa volonté n'est liée à aucune de nos catégories, fût-ce celle du raisonnable. Dans ce contexte, Khoury cite une œuvre du célèbre islamologue français R. Arnaldez, qui explique que Ibn Hazn va jusqu'à déclarer que Dieu ne serait pas même lié par sa propre parole et que rien ne l'obligerait à nous révéler la vérité. Si cela était sa volonté, l'homme devrait même pratiquer l'idolâtrie. Ici s'ouvre, dans la compréhension de Dieu et donc de la réalisation concrète de la religion, un dilemme qui aujourd'hui nous met au défi de manière très directe. La conviction qu'agir contre la raison serait en contradiction avec la nature de Dieu, est-elle seulement une manière de penser grecque ou vaut-elle toujours et en soi ? Je pense qu'ici se manifeste la profonde concordance entre ce qui est grec dans le meilleur sens du terme et ce qu'est la foi en Dieu sur le fondement de la Bible. En modifiant le premier verset du Livre de la Genèse, le premier verset de toute l'Ecriture Sainte, Jean a débuté le prologue de son Evangile par les paroles: « Au commencement était le logos ». Tel est exactement le mot qu'utilise l'empereur: Dieu agit « sun logô », avec logos. Logos signifie à la fois raison et parole — une raison qui est créatrice et capable de se transmettre mais, précisément, en tant que raison. Jean nous a ainsi fait le don de la parole ultime sur le concept biblique de Dieu, la parole dans laquelle toutes les voies souvent difficiles et tortueuses de la foi biblique aboutissent, trouvent leur synthèse. Au commencement était le logos, et le logos est Dieu, nous dit l'Evangéliste. La rencontre entre le message biblique et la pensée grecque n'était pas un simple hasard. La vision de saint Paul, devant lequel s'étaient fermées les routes de l'Asie et qui, en rêve, vit un Macédonien et entendit son appel: «Passe en Macédoine, viens à notre secours!» (cf. Ac 16, 6-10) — cette vision peut être interprétée comme un « raccourci » de la nécessité intrinsèque d'un rapprochement entre la foi biblique et la manière grecque de s'interroger. » « Il suffit. Cessons de nous en prendre au Pape de l'Église catholique romaine » : appel d'un archevêque palestinien
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