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Monde
arabe - Iraq |
Al Tuwaïtha, 7 juin 1981 : l'aviation israélienne détruit le réacteur nucléaire iraquien
Original : http://www.peacereporter.net/dettaglio_articolo.php?idc=0&idart=5515
En France, la cession de technologies à la puissance émergente
du Moyen-Orient donna lieu, à défaut d'autre chose,
à un certain débat politique, mais en Italie - peut-être
en raison de l'implication profonde des plus grandes entreprises
privées et aussi de ce qu'on appelait alors les « participations
étatiques » - ce fait reçut extrêmement
peu d'attention de la part des médias. En réalité,
la première attaque contre le réacteur « Osirak
» - une contraction du nom de l'usine jumelle « Osiris
» (divinité représentant la mort, chez les Egyptiens
de l'Antiquité) construite en France et de celui du pays
acquéreur - avait été tentée par les
Iraniens : le 30 septembre 1980, soit à peine neuf jours
après le déclenchement de la guerre, deux chasseurs
bombardiers Phantom avaient lancé des missiles contre l'installation. Durant les guerres de 1991 et de 2003, les USA sont retournés à Al-Tuwaïtha, en lui conférant ainsi la primauté d'installation nucléaire la plus bombardée de l'histoire.
Le raid israélien fut un exemple de prouesse technique et de mépris absolu pour les règles internationales. Le Premier ministre Menachem Begin, tout le gouvernement et l'état-major militaire étaient convaincus que la survie d' Israël dépendait de la destruction du potentiel nucléaire des Iraquiens, et ils n'eurent aucun scrupule. L'opposition interne, incarnée par les travaillistes, au début favorables à une voie négociée, finit par se contenter de prendre acte des résultats de l'action militaire menée. Au niveau international, l'ONU et la diplomatie élevèrent les plus hautes protestations ; le Conseil de sécurité approuva, avec le soutien ouvert des USA, la résolution 487, qui stigmatisait l'action israélienne. La Charte des Nations unies, ne comporte de fait en aucun cas l'acte de guerre comme première option et elle relègue la réaction armée à l'intérieur d'un processus convenu avec l'Onu elle-même ou comme légitime défense en présence d'une agression armée directe, réelle et en cours. A l'époque, personne ne pensait pouvoir considérer licite une quelconque « légitime défense préventive », telle que les diplomates israéliens l'avaient inventée et définie. Un quart de siècle plus tard, la « légitime défense préventive » est devenue, tout au moins pour beaucoup de diplomaties, une option possible pour la réalisation de ses propres objectifs. Ainsi, aujourd'hui, l¹interruption par le recours à la force armée du programme iranien est considérée comme un acte légitime.
L'escalade nucléaire dans l'ensemble du Moyen-Orient est due à la non-prise de position claire, au niveau international, sur la détention par Israël de la dissuasion nucléaire, ainsi que par la recherche épuisante et tout aussi souterraine, par l'Arabie saoudite, d'un arsenal qui lui soit propre, et comportant au minimum des missiles. L'Occident est toujours disposé à faire des affaires sous l'égide du principe ami/ennemi. C'est ce qui s'est produit dans le cas des nouveaux sous-marins israéliens. Le gouvernement rouge/vert de Gerhard Schröder avait bloqué la vente des sous-marins à la marine israélienne, dans l'attente de l'éclaircissement de trois points fondamentaux : où les navires seraient-ils démantelés, qui les aurait payés et, surtout, pourquoi étaient exigées une série de modifications techniques au projet allemand originel, qui faisaient penser à la possibilité que, depuis ces sous-marins, auraient pu être lancés des missiles de croisière à tête nucléaire ? Dans la pire des hypothèses, ces sous-marins auraient été déployés dans le Golfe persique - grâce à la collaboration de quelque marine « amie », parmi les nombreuses flottes qui grouillent actuellement dans ces parages -, leur paiement n'aurait été que partiellement à la charge de Tel Aviv, et les modifications auraient concerné précisément la possibilité d¹embarquement de missiles « Popeye » capables de transporter une tête nucléaire de puissance moyenne. A Berlin, le gouvernement a changé ; la vente a eu lieu,
les modifications « suspectes » seront apportées
en Allemagne, et pour partie en Israël, le paiement s'effectuera
au moyen d'une répartition en trois versements de chacun
400 millions d'Euro : un à la charge d'Israël, un payé
par les USA et le troisième à la charge du gouvernement
allemand lui-même. Quand on entend parler, non sans désinvolture, de « légitime défense préventive », non content de marquer son désaccord quant à la légitimité plus ou moins grande des actions engagées, on devrait méditer sur qui a « cultivé » l'escalade, en ramenant à la maison d'immenses commissions, des pots-de-vin conséquents et en contribuant à jeter dans le trou sans fond de la guerre des ressources qui seraient tellement utiles au monde... |
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