Au secours ! Lettre d'Iraq de la poétesse
et auteure palestinienne Sarra Rached
Juin 2006
Traduit de l'arabe par Ahmed Manaï, membre de Tlaxcala,
le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique
(www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.
Je n'ai jamais pensé un jour écrire la lettre et l'appel
suivants adressés à l'organisation Ecrivains Sans
Frontières. Mais quand tout s'effondre autour de nous et
que l'on s'aperçoit que personne, dans le monde des vivants,
n'est en mesure d'entendre nos plaintes et même nos cris,
on se met à frapper à toutes les portes. Juste pour
se donner l'impression de refuser que la mort ne nous gagne pas
chaque jour un peu plus.
Nous sommes une famille palestinienne et nous détenons des
documents égyptiens. Mes frères et moi sommes nés
au Koweït que nous avons dû quitter à la suite
de la guerre du Golfe. Notre père pensait bien faire en nous
amenant en Iraq où nous espérions trouver de meilleures
conditions de vie. C'est dans ce pays,que nous avons donc vécu
à partir de 1992 dans les conditions de l'embargo qui lui
a a été imposé,.
Après l'occupation usaméricaine de l'Iraq, les conditions
de vie y sont devenues insupportables, pour les Iraquiens d'abord
mais aussi et surtout pour les réfugiés palestiniens,
notamment au cours des derniers mois. Tout le monde est au courant
des violences quotidiennes, des voitures piégées,
des enlèvements, des liquidations physiques sur fond ethnique
et confessionnel. Les Palestiniens comme les Iraquiens sont devenus
la cible de ces actes et de nombreux Iraquiens sont contraints de
quitter leur pays pour chercher la sécurité ailleurs.
Nous autres Palestiniens, détenteurs de documents égyptiens,
sommes dans l'incapacité de quitter l'Iraq. Aucun pays arabe
ou autre n'accepte de nous recevoir sur son sol et même le
gouvernement égyptien n'y consentirait que pour les femmes
et les enfants.
Aussi nous avons continué à essayer de survivre sur
place, dans un pays devenu une grande prison avec la peur et la
terreur en plus. Nous n'avons jamais pensé que cela deviendrait
à ce point insupportable !
Mon père est mort il y a deux ans à la frontière
iraquo-jordanienne en essayant vainement de pénétrer
en Jordanie où il possède des biens. La Jordanie lui
refusait l'entrée de son territoire parce qu'il avait des
documents égyptiens. Il y a deux mois, mon frère a
été arrêté par la Garde nationale iraquienne
parce que le hasard a voulu qu'ils se soit trouvé pas très
loin du lieu d'une explosion mais c'était surtout parce qu'il
était Palestinien. Il s'en est tiré au bout de deux
semaines de tortures indescriptibles !
Jusque-là on pouvait penser que la situation pouvait encore
être acceptable, malgré ses horreurs. Mais voilà
que notre frère a été enlevé devant
nos yeux et assassiné, le plus simplement du monde, sans
motif ! Il est difficile dans ces conditions de se donner l'illusion
de pouvoir continuer à vivre ici. J'ai la vive impression
que nous sommes des morts vivants en Iraq. On nous dénie
toute dignité, toute humanité. Quand les Iraquiens
ne se sentent pas en sécurité, ils peuvent partir
ailleurs, on les laisse aller facilement dans le pays de leur choix,
arabe ou autre. Pas nous !
Ma famille se compose de notre mère, directrice d'école
qui a formé des générations durant de nombreuses
années, et de mes frères et soeurs :
Amer Rached : Etudiant ingénieur en magistère (Maîtrise
des systèmes électroniques).
Mohamed Rached : Etudiant en 3ème année d'ingénierie
en mécanique.
Sarra Rached : Etudiante en 2ème année : Maîtrise
des systèmes électroniques.
Puis Soundess et Balsam Rached : moins de 18 ans.
En plus de mes neveux, dont le père vient d'être assassiné,
et de leur mère.
Nous comptions partir en Egypte mais son gouvernement n'autorise
pas l'entrée de mes frères sur son territoire. Il
n'est pas question de les laisser ici, en Iraq, dans les conditions
connues par tous et que nous essayons de fuir.
Le gouvernement syrien a pris récemment la décision
d'autoriser l'entrée sur son territoire des réfugiés
palestiniens d'Iraq et nous avons tant espéré de cette
décision. Mais cette décision ne leur donne d'autre
choix que celui de rejoindre le camp des réfugiés
d'Alhaska, dans les pires conditions.
Je ne demande pour moi et ma famille qu'une seule chose : qu'un
pays quelconque, arabe ou autre, nous autorise à rentrer
et vivre sur son territoire. Nous ne serons aux crochets ni de la
société qui nous accueille ni de personne. Notre famille
est suffisamment éduquée et formée pour participer
de plein pied à la vie de la société qui nous
reçoit et lui donner plus qu'on n'en reçoit.
Aidez-moi à transmettre mon appel à n'importe quel
responsable, dans n'importe quel département ou ambassade,
de n'importe quel pays. Je n'ai jamais sollicité qu'on m'aide
à publier mes poèmes et mes écrits, mais s'il
vous plaît, aidez-moi à diffuser ou faire diffuser
cet appel, sur n'importe quel journal ou site Internet.
Je suis au bord de la folie et j'y vais tout droit, chaque jour
un peu plus.
Merci !
Sarra Rached
Dhoulouya est tombée aux mains des
occupants : Oum Khedir a tenu sa promesse
par Mafkarat Al Islam, 6 juin 2006. Original : http://www.islammemo.cc/news/one_news.asp?IDnews=113217
Traduit de l'arabe par Ahmed Manaï, membre de Tlaxcala,
le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique
(www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.
Les forces usaméricaines ont achevé d'occuper la
totalité de la ville de Dhoulouya, à 97 km au nord
de Bagdad, aujourd'hui 6 juin 2006, ainsi que les villages environnants,
au bout de deux semaines d'un blocus total.
Le correspondant de Mafkarat Al Islam indique que les troupes d'occupation
sont rentrées cet après-midi dans les derniers quartiers
de la ville et notamment aux environs de la poste, accompagnées
des supplétifs peshmergas kurde, et ce au terme de combats
inégaux au cours desquels les résistants et la population
ont perdu une soixantaine d'hommes.
Notre correspondant précise que les femmes et les enfants
se trouvent maintenant à la merci des soldats de l'occupation
qui opèrent des fouilles dans toutes les maisons.
Notre correspondant, qui a réussi à échapper
miraculeusement au blocus et quitter la ville, précise aussi
qu'une centaine d'habitants ont été jusqu'ici arrêtés
et que l'occupant dispose de toute latitude pour faire ce qu'il
veut des gens, en l'absence des journalistes qui ont tous quitté
la ville.
Une femme, Al Hajja Oum Khedir, s'est faite exploser aujourd'hui
à 19 heures, à l'entrée des soldats usaméricains
dans sa maison et l'on ignore les pertes que ceux-ci ont subies.
Notre correspondant indique que les sunnites iraquiens récitent,
dans leurs messages sur portables, des incantations invoquant Allah
et Le priant de sauvegarder leurs s¦urs de Doulouya des atteintes
de la soldatesque usaméricaine et de défaire leurs
ennemis.
On se rappelle que les Cheikhs de Dhoulouya avaient lancé
un appel aux oulémas musulmans d'accourir à leur secours
après les menaces des soldats usaméricains de violer
les femmes de la ville. Leur appel n'a pas trouvé d'écho
auprès de ces prétendus oulémas musulmans,
ce qui ne fait qu'élargir le fossé avec eux.
Soumise à un blocus criminel, la
ville de Dhoulouya résiste
Eau coupée, nourriture et médicaments bloqués
: 11 femmes enceintes sont mortes
par la rédaction de http://quibla.net,
5 juin 2006
Alors que les crimes de guerre commis par l'US Army à Haditha
et à Ishaqi font la une des grands médias mondiaux,
un silence total règne sur la situation dans la ville de
Dhoulouya, assiègée par des forces militaires usaméricaines
depuis deux semaines. Selon nos informations, la situation y est
très grave. L'US Army est en train d'y commettre un nouveau
crime de guerre, en violation des Conventions de Genève.
Dhoulouya (ou Ad Duluiyah ou encore Thoulouiya) est une petite ville
de 50 000 habitants située sur les rives du Tigre à
97 km au nord de Bagdad, dans la province de Salah Eddine, entre
Tikrit et Samarra. Cette ville peuplée presque exclusivement
d'Arabes sunnites est un foyer de résistance patriotique
depuis le déclenchement de l'occupation usaméricaine
en février 2003. Lors d'une opération de grande envergure
menée en juin 2003 par la 4ème Division d'infanterie
et du détachement "Cheval de fer" (Ironhorse) de
l'US Army dans le cadre de l'Opération Péninsule,
400 résistants avaient été capturés.
Depuis, la petite ville poursuit sa résistance, sous la conduite
d'un conseil de cheikhs tribaux.
Depuis le 20 mai, la ville est en état de siège :
les forces usaméricaines ont établi un blocus et tentent
de grignoter le territoire urbain.
Le 30 mai, une délégation de dix cheikhs tribaux a
rencontré le commandant du Corps de Marines qui assiègent
la ville, le capitaine Feel (ou Phil), pour lui demander de lever
le blocus, au moins pour la nourriture et les médicaments.
Voici le dialogue hallucinant qui a eu lieu :
Le capitaine : « Sauvages d'Arabes, je vous laisse un jour
pour nous livrer ceux qui tuent nos soldats. Si vous ne le faites
pas, je donnerai l'ordre à mes soldats de violer toutes les
femmes, à commencer par les vôtres.»
Les cheikhs : « Nos femmes seront munies de ceintures explosives
et elles attendront vos soldats demain. »
Selon le service d'information de la résistance iraquienne
Mafkarat Al Islam (Islam Memo)* qui rapporte ces informations, recueillies
auprès du Cheikh Jassem Al Azzaoui, plus de 18 femmes se
sont portées volontaires au cas où l'occupant tenterait
de mettre ses menaces à exécution.
Dans l'après-midi du 30 mai, l'aviation usaméricaine
a lâché des bombes incendiaires sur quinze barques
de pêche et de transport sur le Tigre ainsi que sur les vergers
et palmeraies proches de la ville.
Désormais, l'eau courante a été coupée
à Dhoulouya.
À la porte ouest de la ville un convoi de dizaines de camions
et de voitures chargés de produits alimentaires et pharmaceutiques
envoyés par le Croissant rouge iraquien, une organisation
humanitaire émiratie et des habitants de Fellouja, de Bagdad,
Tikrit, Samarra et Mossoul, est bloqué. Les forces d'occupation
ont interdit à la caravane de rentrer dans la ville et lui
ont ordonné de rebrousser chemin.
Le 31 mai, un cheikh de la ville a informé Mafkarat Al Islam
de ce que l'occupant a interdit le transfert de 19 femmes enceintes
pour accoucher à la maternité hors de la ville, ce
qui a entraîné la mort de 11 d'entre elles.
La même source a confirmé que les troupes usaméricaines
n'ont pas encore réussi à pénétrer d'une
manière effective dans la ville mais qu'elles continuent
à progresser lentement tous les jours.
« Ils avancent chaque jour un petit peu avec un grand renfort
de chars et de blindés et avec un appui de l'aviation. Il
y a des escarmouches entre deux forces déséquilibrées.
Au cours des 5 premiers jours, les combattants iraquiens ont réussi
à tuer et blesser plus de 30 soldats usaméricains,
détruit 6 blindés et mis hors de combat 5 autres.
Ces chiffres sont ceux qui ont comptabilisés directement
par les combattants et il faut y ajouter les pertes occasionnées
par les tirs de mortier et les fusées.»
A propos des négociations, le même Cheikh indique que
« les Usaméricains veulent qu'on leur livre les combattants
et nous leur avons répondu que cela signifierait qu'on leur
livrerait notre honneur et cela ne peut se passer que sur nos corps
et ceux des habitants de la ville ».
Le Cheikh qui a parlé à Mafkarat Al Islam a lancé
un appel aux agences de la presse internationale et arabe à
venir dans cette ville: « Nous les habitants et dirigeants
de cette ville, avons la charge de veiller à la sécurité
et au bien-être de la population Nous avons besoin que les
médias viennent transmettre au monde la tragédie de
notre ville ».
Le Cheikh a aussi lancé un appel aux savants de l'Oumma pour
qu'ils disent juste un mot pour dénoncer ce qui se passe
en Iraq et cette guerre contre les sunnites, avant qu'un jour ne
vienne où il n'y aura plus un seul d'entre eux. Il a émis
l'espoir que son appel parvienne « aux savants vivants, conscients
des causes de l'Oumma et non pas aux morts ».
* Mafkarat Al Islam (Islam Memo) diffuse des informations quotidiennes
en arabe sur la résistance iraquienne, émanant de
tous les courants de cette résistance. Depuis avril 2004,
les rapports quotidiens sont traduits en anglais par Mohamed Abou
Nasr et diffusés sous le titre "Iraqi Resistance Reports"
sur le site Free Arab Voice. Il s'agit de la source la plus riche
et la plus fiable d'informations sur la résistance iraquienne.
Ce n'est donc pas un hasard si le Département d'État
US, dans un texte publié le 8 avril 2005, a qualifié
Islam Memo d' "agent majeur de désinformation"
et Mohamed Abou Nasr de "communiste". [Voir A Trio of
Disinformers: Islam Memo, Muhammad Abu Nasr, and Jihad Unspun -
Obscure Web sites play major role in disinformation, sur
http://usinfo.state.gov/media/Archive/2005/Apr/08-205989.html].
On peut lire les rapports de Mafkarat Al Islam/Islam Memo)
en arabe sur http://nosra.islammemo.cc/
en anglais sur http://www.freearabvoice.org
en espagnol sur http://www.iraq-war.ru
[URL du rapport du 30 mai 2006 : http://www.iraq-war.ru/article/90104]
05/06/06 - Ce n'est pas seulement Haditha
ou Ishaqi, c'est tout l'Iraq qui est un immense My Lai !
par la rédaction de http://quibla.net, 5 juin 2006
Les forces usaméricaines "ne respectent pas le peuple
iraquien...Ils les écrasent avec leurs véhicules et
les tuent sur une simple soupçon ou sur une simple intuition"
Le massacre d'Haditha "comme vous les savez, n'est pas le seul
massacre. Il y en a des tas".
"Nous tenons de plus d'une source que la tuerie d'Ichaqi a
eu lieu dans des circonstances discutables. Plusieurs enfants ont
été tués. Ce rapport n'est pas équitable
pour les Iraquiens et les enfants qui ont été tués.
Nous exigerons des excuses et des indemnités pour les victimes."
La première phrase est de Nouri Kamal Al Malki, "Premier
ministre" du "gouvernement" de Bagdad, la seconde
de son adjoint Salam Al Zoubaye, la troisième de Adnan al
Kazimi, collaborateur d'Al Malki.
Al Malki a même déclaré que son "gouvernement"
allait se siasir du dossier judiciaire de ces crimes de guerre.
On se demande à quoi cela servira, puisque le "gouvernement"
de Bagdad ne dispose d'aucun pouvoir pour poursuivre des militaires
usaméricains.
Mais qu'attendent donc ces messieurs pour quitter leurs palais et
leurs fauteuils dorés et prendre le maquis ?
Ainsi donc, ça a pris du temps, mais ça y est : l'Amérique
a son double My Lai iraquien.
Le premier massacre de 24 civils désarmés, dont certains
dormaient encore, a eu lieu le 19 novembre 2005 à Haditha
dans la province d'Al Anbar. La presse a commencé à
en parler en mars 2006 [quibla.net a en a fait état le 22
mars 2006, sur la foi d'un article de The Independent, de Londres),
mais c'est seulement 200 jours après les faits que les grands
médias usaméricains se sont emparés de ce qui
est devenu une "affaire".
Le second massacre de civils tout aussi désarmés a
eu lieu à Ishaqui, dans le district d'Abou Sifa, près
de Balad, à 95 km au nord de Bagdad, le 15 mars 2006.
Hadatha et Ishaqi seront-ils le My Lai iraquien des USA ?
Comme pour My Lai, le commandement sera épargné par
la justice militaire, mais l'opinion usaméricaine risque
à cette occasion de basculer définitivement et résolument
dans le camp des opposants à la guerre. Encore faut-il qu'elle
soit capable d'ouvrir grands les yeux et de se rendre compte qu'Haditha
et Ishaqi, comme Abou Ghraïb, Falloujah, Tell-Afar, ne sont
que des détails d'un gigantesque My Lai qui se déroule
en Iraq depuis plus de 3 ans.
05/06/06 - Le précédent de My Lai : « Actes
isolés » et impunité militaire
Le 29 mars 1971, une cour martiale usaméricaine déclare
le lieutenant Calley principal et unique coupable du massacre de
Mi Lay, dans lequel sa compagnie a assassiné, trois ans auparavant,
plus de 500 civils vietnamiens sans défense.
Des centaines de personnes furent regroupées dans un fossé
et mitraillées, les enfants blessés tentant de sortir
du fossé étant abattus. Une trentaine de femmes qui
sortaient d'un abri les mains en l'air, sont abattues avec leurs
bébés. Loin d'être une crise de folie meurtrière
s'emparant de soldats sadiques, l'opération est menée
de manière systématique et ordonnée, étalée
sur plusieurs heures. L'armée ne cessera d'insister sur la
responsabilité individuelle des soldats afin de se dédouaner.
Calley, lui, affirme avoir reçu l'ordre de « nettoyer
le village sans prendre de gants ». Aucun des autres participants
au massacre ne sera inquiété.
Unique condamné du procès, Calley écope de
la prison à vie, mais sera relaché trois jours après
le verdict, sur ordre du président Nixon. Il sera gracié
en catimini, en 1974.
Source : http://www.anti-imperialism.net/lai/texte.phtml?section=BX&object_id=23652
05/06/06 - Lettre ouverte à Louise
Arbour, Haut commissaire aux droits humains des Nations unies
par Mohamed T. Al Daraji, directeur de l'Observatoire des droits
humains en Iraq [ Monitoring of Human Rights in Iraq - MHRI ], 3
juin 2006
Traduit de l'anglais par fausto Giudice, membre de Tlaxcala, le
résau de traducteurs pour la diversité linguistique
(www.tlaxcala.es). cette traduction est en Copyleft.
Excellence,
Le monde entier a été témoin des crimes de
l'occupation usaméricano-britannique de notre pays l'Iraq.
La plus récente confession des Usaméricains a concerné
le meurtre de sang-froid de 24 civils à Haditha le samedi
19 novembre 2005. Après une interview télé
que nous avons donné à la BBC le 29 mai 2006, cette
chaîne a révélé un des crimes commis
à Ishaqi, l'assassinat de 11 civils le 17 mars 2006 par les
troupes usaméricaines. Parmi les victimes, il y aavait cinq
enfants et quatre femmes. Pour votre information, c'est nous qui
avons dénoncé ce crime, ainsi qu'un autre, advenu
le 10 avril 2006 lorsque les troupes usaméricaines ont assassiné
un couple, laissant orphelins ses enfants, Aïcha, une fillette
de 3 ans et Haider, âgé de seulement 40 jours.
Excellence,
Les troupes usaméricaines nient aujourd'hui avoir commis
une quelconque erreur dans le cas du premier crime d'Ishaqi, suite
à une enquête interne qui a été tout
sauf une procédure d'enquête honorable. C'est pourquoi
nous nous adressons à vous, en accord avec le point 4 de
la Résolution n°184 de 1993, adoptée par l'Assemblée
générale des Nations unies, qui vous donne autorité
pour créer une commission internationale d'enquête
sur ce genre de crimes et de violations, qui entrent dans la catégorie
des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité.
Excellence,
Notre peuple demande votre aide pour que nous soient restitués
nos droits humains, en premier lieu le droit à la vie, une
fois abolies les lois usaméricaines. Nous désirons
aussi votre aide pour faire abroger les résolutions de l'Autorité
d'occupation, lesquelles empêchent la poursuite par des tribunbaux
iraquiens, en application de lois iraquiennes, de violations commises
par des soldats et citoyens de pays occupants et à faire
transférer, en accord avec la législation internationale,
la souveraineté et l'autorité au peuple iraquien.
Meilleures salutations.
Source: http://www.mhrinet.org
Contact: muhtaq72@yahoo.com, mhrinet2005@yahoocom
05/06/06
- Imène Hassen, 10 ans, survivante
de Haditha : « Ils ont tué ma famille puis ils sont
venus nous dire sorry' ! »
par Islam on line, 27 mai 2006. Original : http://www.islamonline.net/Arabic/news/2006-05/27/article04.shtml/
Traduit de l'arabe par Ahmed Manaï, membre de Tlaxcala, le
réseau de traducteurs pour la diversité linguistique
(www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.
« Tous ceux qui étaient à la maison ont été
tués par les Américains, à part mon frère
Abderrahmane et moiNous avions très peur et nous nous sommes
cachés sous le matelas, sans essayer de bouger durant deux
heures d'affilée. Les membres de ma famille ne sont pas morts
tout de suite nous les avons entendus gémir pendant longtemps,
jusqu'à ce qu'ils rendent l'âme. »
C'est par ces paroles pleines de tristesse, que l'enfant Imène
Hassen, 10 ans, raconte comment les soldats usaméricains
ont défoncé leur maison à Haditha (220 km au
nord de Bagdad) le 19 novembre 2005 et tué 15 membres de
sa famille, parmi les 24 civils tués. Ils étaient
fous de rage, après la mort d'un des leurs, par l'explosion
d'une bombe placée au bord de la route et ayant atteint leur
véhicule militaire.
L'agence Reuters a rapporté le 27 mai 2006 les propos d'un
responsable militaire usaméricain : « L'enquête
poursuivie actuellement à propos de ce qui s'est passé
à Haditha, pourrait conduire à lancer des accusations
pénales contre un certain nombre de marines, entre autres
le meurtre ».
Les détails de l'affaire
Imène raconte au journal Britannique The Times les détails
de l'offensive menée contre sa famille : cela s'est passé
aux environs de 7 heures du matin quand elle était encore
en chemise de nuit et se préparait à aller à
l'école. Son père faisait sa prière dans une
chambre voisine et ses grands-parents étaient encore au lit.
A ce moment précis, ils ont entendu le bruit d'une explosion
qui s'est révélé être celui d'une bombe
placée sur le bord de la route ayant explosé au passage
d'un véhicule militaire usaméricain et conduit à
la mort de son chauffeur. La famille a entendu par la suite des
tirs d'armes mais elle n'a pas quitté la maison.
Quinze minutes environ après l'explosion de leur véhicule,
les Marines pénétrèrent dans la maison pour
ce qui apparaissait être la recherche de combattants. Ils
commencèrent à hurler au visage de son père
puis lancèrent une grenade dans la chambre où dormaient
ses grands-parents et commencèrent à tirer dans la
salle à manger où étaient réunis la
plupart des membres de la famille.
Imène ajoute : « J'ai vu ma mère atteinte d'éclats
de la grenade, ma tante prendre un enfant et s'enfuir hors de la
maison, alors que mon oncle Rachid descendait du premier étage
avant de s'enfuir hors de la maison en voyant ce qui s'y passait.
Mais les Marines l'ont pourchassé et l'ont abattu.
Tous ceux qui étaient à la maison ont été
tués par les américains, à part mon frère
Abderrahmane et moi. Les membres de ma famille ne sont pas morts
tout de suite nous les avons entendus gémir pendant longtemps,
jusqu'à ce qu'ils rendent l'âme. »
Abou Mohamed, l'oncle de Imène, l'interrompt pour ajouter
« nous n'avons pas eu assez de temps pour honorer nos morts
en leur assurant une sépulture digne. Nous avons enterré
trois personnes par tombe, ce qui fait cinq tombes pour l'ensemble
de la famille. Nous avons enterré chaque homme avec sa femme
et son enfant ». Il ajoute qu'une unité de l'armée
usaméricaine est venue assister à l'enterrement «
non sans avoir placé au préalable des snipers tout
autour ».
Mohamed Abed, le cousin de Imène, raconte quant à
lui : «Les Usaméricains sont venus deux mois après
le massacre pour prendre des photos des lieux et payer 2500 $ en
compensation pour chaque mort ».
Imène, qui a reçu un éclat à la jambe
elle aussi, termine en disant : « Je ne pardonnerai pas aux
troupes usaméricaines. Je les déteste, elles sont
venus nous tuer puis nous dire sorry', désolés ».
La version usaméricaine
Les troupes usaméricaines quant à elles ont commencé
par déclarer que ce qui s'est passé à Haditha
est tout simplement un nouvel incident sanglant. Le porte-parole
militaire usaméricain, Jeffreys Paul a déclaré
que « 15 civils iraquiens ont été tués
alors qu'une bombe posée sur le bord de la route de Haditha
explosait ». Par la suite, les troupes usaméricaines
ont estimé que les civils iraquiens ont été
tués au cours d'un échange de tirs entre marines et
combattants iraquiens.
Mais le Times britannique a révélé qu'un journaliste
stagiaire iraquien lui a transmis un film vidéo montrant
les cadavres de gens tués, ainsi que des éclats de
grenades et des douilles de balles à l'intérieur de
la maison d'Imène, en plus de nombreuses taches de sang sur
les murs de la maison. Il n'y a aucune trace d'impacts de tirs en
dehors de la maison. Les médecins avaient déclaré
que la plupart des victimes ont été tuées par
des balles tirés à bout portant à la tête
ou à la poitrine ».
Le député démocrate usaméricain John
Marta, officier de réserve de l'infanterie de marine a déclaré
la semaine passée : « il n'y a pas eu d'échanges
de tirsNos troupes ont exagéré dans leur riposte par
suite des pressions qu'elles subissent et ont ainsi tué des
civils innocents de sang-froid ».
Les accusations
Le Los Angeles Times a révélé qu'il était
probable que les enquêteurs lancent des accusations comprenant
le meurtre, le meurtre par négligence pénale, négligence
du devoir et présentation de faux rapport.
Le journal ajoute : « Les enquêteurs militaires ont
conclu que 12 soldats des Marines ont tué d'une manière
injustifiée, des civils désarmés, dont des
femmes et des enfants, à la suite de la mort de l'un de leurs
collègues dans l'explosion d'une bombe plantée sur
le bord de la route.
Quant au journal The Times, citant des responsables militaires et
d'autres du Pentagone au courant de l'enquête, il déclare
: « Cet incident est peut être le plus grave de l'indiscipline
des troupes terrestres usaméricaines en Iraq, y compris le
scandale des tortures de Abou Ghraïb ».
Ce scandale constituera peut-être un autre affront au président
Bush qui avait qualifié le scandale de la torture des détenus
iraquiens dans la prison de Abou Ghraïb de « plus grande
faute » de l'Amérique et reconnu que c'était
son discours belliqueux à l'encontre des combattants sunnites
et son usage de paroles dures et de défi en 2003 qui avaient
peut-être « envoyé le mauvais message ».
05/06/06 - Novembre 2005 : Les troupes d'occupation
tuent une famille entière
par Islam on line, 21 novembre 2005. Original : http://www.islamonline.net/Arabic/news/2005-11/21/article10.shtml
Traduit de l'arabe par Ahmed Manaï, membre de Tlaxcala, le
réseau de traducteurs pour la diversité linguistique
(www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.
Les troupes d'occupation usaméricaines ont tué ce
lundi 21 novembre 2005 cinq civils d'une même famille dont
3 enfants de un à 3 ans, et blessé deux femmes et
un autre enfant, en tirant sur la voiture familiale qui les transportait.
L'agence Reuters a rapporté les propos d'un survivant : «
La famille allait de Balad, à 80 km au nord de Bagdad, à
Bâakouba toute proche, pour assister à un enterrement,
quand elle fut prise sous le feu d'une force usaméricaine
qui s'était rapprochée d'elle ».
Le jeune Ahmed Kamel Assoumra, 22 ans, qui conduisait la voiture
familiale, raconte « J'ai été surpris par les
véhicules militaires usaméricains devant moi et dont
les soldats ont commencé à tirer sur nous de toute
parts. J'ai arrêté la voiture sur le bord de la route,
mais ils ont continué à tirer. J'ai vu les membres
de ma famille se faire tuer un à un avant que la voiture
prenne feu. J'ai extrait les cadavres de la voiture ».
La police iraquienne a déclaré pour sa part : «
Les troupes usaméricaines ont confisqué l'épave
de la voiture quelque temps après.»
C'étaient tous des enfants
La chaîne Reuters a montré des images de deux enfants
tués à la morgue de Bâakouba alors que des membres
de la famille embrassaient le cadavre d'une autre victime placée
sur un chariot. Et alors qu'un ouvrier de la morgue transportait
le cadavre d'un enfant au frigo, quelqu'un de la famille s'écrie
: « Ce sont tous des enfants, ce ne sont pas des terroristes,
regardez les enfants.. ». Un témoin dont le sang coulait
d'une blessure à la tête déclare : « Nous
avons eu l'impression qu'on nous tirait dessus par devant et par
derrière » .
Une version différente
De leur côté les troupes usaméricaines ont reconnu
les tirs d'armes mais ont donné une autre version des faits,
déclarant qu'il y a eu trois morts et deux blessés.
Le porte-parole militaire le Major Stephen Warren a déclaré
qu des soldats usaméricains ont établi un barrage
provisoire pour permettre aux véhicules militaires de sortir
de l'autoroute et de se diriger sur une base militaire toute proche,
quand la voiture en question s'est approchée. Celle-ci n'a
pas ralenti et des tirs de semonce ont été tirés.
Mais la voiture a continué sa route sans obtempérer
et c'est ainsi que les soldats lui ont tiré dessus ».
Les Iraquiens accusent souvent les troupes usaméricaines
de tirer sur les voitures civiles aux barrages et points de contrôle.
Les troupes usaméricaines répondent qu'elles «
font tout leur possible pour éviter de tirer sur les civils
«, bien qu'elles aient reconnu auparavant avoir tué
des civils par inadvertance aux points de contrôle.
Dans une tentative d'éviter les tirs « sauvages »,
les Iraquiens ont appris à se garer sur les bords de route
quand des véhicules militaires s'approchaient d'eux, pour
ne pas perdre la vie ou être gravement blessé par ces
troupes.
05/06/06 - Le massacre qui éclabousse
l'armée américaine
par Dominique Raizon, RFI, 30 mai 2006
A l'heure où le Pentagone termine son enquête sur
la tuerie de vingt-quatre civils à Haditha (ouest de Bagdad)
des membres du Congrès américain accusent la hiérarchie
militaire d'avoir étouffé la vérité.
Le 19 novembre 2005, un soldat de l'US navy (marine américaine)
et 15 civils irakiens sont tués par l'explosion d'une bombe
dissimulée en bordure de route. La version établie
le lendemain par un communiqué de l'armée américaine
confirme la mort d'un jeune caporal et mentionne des affrontements
qui auraient opposé des insurgés aux militaires américains.
Les témoignages recueillis par le Time et le Washington Post
auprès de témoins oculaires, ainsi qu'une vidéo
réalisée par un étudiant en journalisme, font
état d'un massacre qui serait « potentiellement la
plus grave violation du droit de la guerre par les forces américaines
en trois ans de conflit », d'après le Washington Post.
Plusieurs marines américains pourraient être inculpés.
La tuerie de vingt quatre civils irakiens à Haditha (ouest
de Bagdad), en novembre dernier, a conduit le Pentagone à
mener deux enquêtes parallèles (l'une criminelle, l'autre
administrative) pour répondre à deux questions essentielles
: d'une part, qui a ouvert le feu sur des civils -de très
jeunes enfants, des femmes et des personnes âgées-,
et d'autre part qui, en haut lieu, a décidé qu'il
valait mieux ne pas en parler ? Selon la version initiale et officielle
de la tragédie, diffusée dans un communiqué
le 20 novembre, au lendemain des faits, une bombe dissimulée
en bord de route à Haditha aurait causé la mort d'un
marine et de quinze Irakiens, puis entraîné des affrontements
et des représailles meurtrières. Mais, en mars dernier,
une vidéo remise à la presse (Time) par l'organisation
irakienne de défense des droits de l'homme Hammurabi, enregistrée
par un étudiant irakien en journalisme, montre des victimes
du raid sanglant dont certaines sont en pyjama. Plusieurs journaux
américains relayent les révélations qui font
émerger un double scandale apparentant les exactions à
un crime de guerre, maquillé de surcroît par la hiérarchie
militaire. Le Pentagone serait sur le point de confirmer le pire
massacre perpétré en Irak par ses propres troupes
: d'après le Washington Post, « des marines pourraient
être inculpés de meurtre, manquement au devoir et faux
témoignage ».
« J'ai regardé à travers les rideaux. Ils sont
entrés de force chez nos voisins et j'ai entendu plein de
coups de feu. J'ai cru que notre maison serait la suivante »,
se souvient un homme de 47 ans, refusant de livrer son identité
de crainte de représailles. Safa Younis, adolescente de 12
ans, seule rescapée d'une famille de huit personnes, raconte
: « Les Américains sont entrés et ils ont jeté
une grenade dans la salle de bains. Ils ont tué mon père
dans la cuisine. Puis ils nous ont tiré dessus. J'ai fait
semblant d'être morte ». Time dénonce une «
tuerie sauvage » à Haditha, le Washington Post révèle
que les cadavres ont été enterrés dans le «
cimetière des martyrs ». L'hécatombe touche
femmes, jeunes enfants et personnes âgées qui non seulement
n'ont pas été protégées des violences
de guerre, mais qui auraient même été «
froidement assassinées à bout portant », d'après
les témoignages des témoins oculaires rescapés
et voisins du drame.
« Je n'excuserai pas le meurtre et c'est ce qui s'est passé
»
Catégorique, John Murtha, membre démocrate de la Chambre
des représentants, lui-même un ancien marine couvert
de décorations -défenseur passionné de la cause
des militaires américains et partisan du retrait des troupes
d'Irak- a déclaré : « Je n'excuserai pas le
meurtre, et c'est ce qui s'est passé ». Selon ses déclarations
sur la chaîne de télévision ABC, « il
n'y a aucun doute sur le fait que les militaires ont tenté
d'étouffer l'affaire. Il y a eu une enquête sur les
tueries juste après les faits. D'abord, ils ont dit que les
Irakiens avaient été tués par des explosifs.
Le lendemain, une équipe d'enquêteurs va sur place.
Puis rien ne se passe, plus personne n'en entend parler, on ne dit
rien à personne. Jusqu'en mars, quand Time Magazine a révélé
l'information, personne ne se rendait compte de ce qui se passait
». Le quotidien Libération évoque des «
compensations de 2500 dollars » qui auraient été
proposées par la suite aux familles des victimes, «
une preuve supplémentaire, pour John Murtha, que des officiers
haut placés étaient au courant ». Et John Murtha
de s'interroger : « Quand le chef d'état-major interarmées
[le général Peter Pace] a-t-il été mis
au courant ?A-t-il ordonné d'étouffer l'affaire ?
Qui a ordonné d'étouffer l'affaire ? ».
Les raisons qui auraient conduit la hiérarchie à couvrir
les exactions sont aisées à cerner : la mission d'assistance
de l'ONU en Irak (Manui) indique dans un rapport qui couvre la période
du 1er mars au 30 avril 2006 que depuis l'attaque du 22 février
contre le mausolée d'Al Askari à Samarra, les meurtres
interethniques, les intimidations et les menaces sont devenus l'une
des formes les plus caractéristiques des violations des droits
de l'Homme() . Des centaines de civils sont tués ou blessés
chaque semaine, des dizaines de corps portant des signes de torture
et d'exécution font surface chaque jour autour de Bagdad
et ailleurs en Irak ». Cette nouvelle bavure, si elle était
confirmée, ne ferait qu'allonger la liste.
Le massacre d'Haditha : un « My Lai irakien »
Si cette bavure devait se confirmer elle entraînerait, d'après
John Murtha , un effet encore plus ravageur pour l'image des Etats-Unis
dans le monde que le scandale [des sévices exercés
sur les détenus] de la prison irakienne d'Abou Ghraïb
». Par ailleurs, Sami Aoun, chercheur et politologue de l'Université
de Sherbrooke (Canada), souligne que de telles exactions, si elles
étaient confirmées par l'enquête, pourraient
être de nature à « alimenter l'hostilité
des Irakiens contre les troupes militaires sur leur territoire »,
ce qui se dessine déjà dans les témoignages
des rescapés comme Abou Hasan, qui déclare : «
Maintenant, quand je vois encore des snipers américains sur
les toits des habitations, je change de direction ».
Faisant référence au massacre commis en 1968 au Vietnam
-qui fit 500 victimes parmi les civils vietnamiens-, Marc Garlasco,
de l'organisation humanitaire Human Rights Watch évoque déjà
un « My Lai irakien », même si le bilan n'est
pas aussi lourd. Le général Pace a tenu à souligner
que si les accusations se vérifiaient, il s'agirait de militaires
ayant eu un comportement contraire aux « 99,9% d'entre eux
qui font leur travail exactement comme les Américains l'attendent
d'eux ». Alors que l'enquête arrive à son terme,
le commandant des marines, le général Michael Hagee
est parti en Irak pour rappeler aux soldats que « leur mission
consistait aussi à protéger la vie des non-combattants
».
Selon la presse américaine, Al-Qaïda aurait fait des
copies de ces images pour les envoyer dans des mosquées en
Syrie, Jordanie et Arabie saoudite à des fins de propagande,
utilisant le massacre de femmes et d'enfants pour recruter de nouveaux
combattants.
Source : http://www.rfi.fr/actufr/articles/077/article_44062.asp
30/05/06 - Le militant pacifiste Brian Haw
délogé de Westminster après 5 ans de sit-in
Presque cinq après l'arrivée de Brian Haw sur Parliament
Square, devant le parlement de Westminster, la police britannique
est intervenue sans ménagement pour déloger ce militant
pacifiste jusqu'au-boutiste.
Arrivé le 2 juin 2001 Brian Haw était venu manifester
contre les sanctions de l'ONU visant l'Irak.
Et il n'est jamais parti, fabriquant peu à peu un campement
de fortune.
Brian Haw est devenu incontournable avec ses slogans contre le "sinistre"
Blair et l"l'idiot" Bush .
Haw a finalement été victime d'une loi votée
à la va-vite par la chambre des Communes. Un texte obligeant
tout manifestant à indiquer la durée prévisible
de sa manifestation...
Brian Haw avait réchappé à cette loi jusque
là: la Haute cour de Londres l'avait estimé inapplicable
à son affaire, en vertu du principe de non rétroactivité.
Ce texte ayant été voté après le début
de sa manifestation, il ne pouvait pas lui être opposé,
avait affirmé le tribunal le 29 juillet 2005.
Mais la cour d'appel de Londres ne l'a pas entendu ainsi et le 8
mai elle a donné raison au gouvernement britannique.
Selon "la loi Haw", il est désormais interdit de
manifester sans autorisation à moins d'un mile (1,6 km) du
parlement et les manifestations autorisées ne doivent pas
mobiliser plus de 20 personnes ni occuper plus de 3 mètres
carrés...
Malgré plusieurs agressions violentes (nez cassé),
Brian Haw n'avait jamais cédé.
Et le coup de grâce pourrait lui être porté le
30 mai, lorsqu'il comparaîtra devant le tribunal londonien
de Bow Street pour violation de la loi sur les manifestations.
Source : AFP, 23 mai 2006
27/05/06 - Les déserteurs britanniques
risquent désormais la prison à vie
Au terme d'une nouvelle loi adoptée à la quasi-unanimité
et en catimini par le Parlement britannique, les déserteurs
de l'armée britannique risquent désormais d'être
condamnés à la réclusion à perpétuité.
Le député travailliste John McDonnell, un des rares
à avoir voté contre la loi, a qualifié cette
nouvelle loi d'"inhumaine et barbare".
Le nombre des déserteurs de l'armée britannique n'a
fait qu'augmenter depuis cinq ans : il est passé de 86 en
2001 à 118 en 2002, 135 en 2003, 230 en 2004 et 383 en 2005.
Source : http://tinyurl.com/g22dl
«Arrêtez ces crimes contre l'humanité
perpétrés par les escadrons de la mort »
Appel urgent de l'association islamique internationale des droits
de l'homme en Irak (IHRAS)
Bagdad, Iraq, 17 mai 2006
Au Secrétaire général de Nations Unies
Au Président et membres du Conseil de sécurité
Aux Monarques et Présidents des pays arabes et musulmans
et du monde
Au Comité international de la Croix rouge et du Croissant
rouge
Aux organisations internationales et associations des droits humains
Arrêtez les opérations d'épuration ethnique,
les interpellations, les tortures, les massacres, les liquidations,
les enlèvements, les expulsions collectives et le génocide
perpétrés par la brigade BADR et les milices qui lui
sont rattachées.
Arrêtez ces crimes contre l'humanité perpétrés
par les escadrons de la mort contre le peuple iraquien et notamment
les Arabes sunnites et tous les chiites hostiles à ces crimes.
Inscrivez la brigade BADR, dirigée par Hédi Al AMRI
et les milices alliées, toutes chapeautées par le
ministre de l'intérieur iraquien, Bayane Jabr Soulag, dans
la liste des organisations terroristes et appliquez-leur les lois
internationales.
Nous réclamons de la communauté internationale qu'elle
prenne toutes les mesures nécessaires pour demander des comptes,
poursuivre et juger les responsables de ces crimes, conformément
à la législation internationale.
Actuellement, chaque jour, plus de cent personnes, arabes et musulmans
sunnites, des civils désarmés, sont interpellées
publiquement à la sortie des mosquées ou enlevées
chez elles par les forces du ministère de l'intérieur
iraquien, sur la base de leur identité. Elles sont liquidées
après avoir subi les tortures les plus barbares et leurs
cadavres profanés et dépecés sont retrouvés
quelques jours plus tard.
La tragédie des Arabes sunnites en Iraq constitue à
n'en pas douter un crime contre l'humanité.
La milice Badr et les milices alliées opèrent à
partir de quartiers généraux tenus secrets, mais leurs
actions sont couvertes et protégées par le ministère
de l'intérieur, dirigé par Bayane Jabr Soulag, ainsi
que par les divers centres des forces de sécurité.
Pour perpétrer leurs crimes, ces milices comptent sur le
soutien logistique et les informations livrées par les divers
services du ministère de l'intérieur.
Ces milices entreprennent de vastes campagnes d'intimidation, notamment
par des lettres anonymes et des tracts, s'adressant autant aux chiites
qu'aux sunnites, pour les contraindre à quitter leurs maisons
et leurs quartiers et parvenir ainsi à une séparation
entre les groupes confessionnels. Leur objectif et de rallumer le
feu de la guerre civile afin d'ouvrir la voie à la partition
de l'Iraq, à la constitution de zones d'influence et à
permettre enfin à l'Iran de prendre pied dans le Machrek
arabe.
L'intégration de la milice Badr et des milices alliées
dans l'armée et la police, leur a donné la couverture
officielle qui leur a permis d'opérer en toute impunité
et sans aucun contrôle.
Ces milices ont assassiné les meilleurs universitaires, médecins,
religieux, écrivains, officiers supérieurs et pilotes
iraquiens qui avaient participé à la guerre contre
l'Iran, étant de notoriété publique que la
milice Badr est sur le plan confessionnel entièrement inféodée
à l'Iran et qu'elle coordonne son action avec les services
de sécurité iraniens.
Nous vous invitons à agir pour l'application de:
1) La Convention sur la prévention et la punition du crime
du génocide.
2) Convention sur la non- application des limitations statutaires
aux crimes de guerre et aux crimes contre l'humanité.
3) Principes de coopération internationale dans la détection,
l'arrestation, l'extradition et la punition des personnes coupables
des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité.
Nous devons signaler que les forces américaines d'occupation,
qui agissent sous couvert des Nations Unies, ont failli à
leurs obligations légales. Celles-ci leur imposent de prendre
toutes les mesures indispensables afin de protéger les civils
sans armes et de les défendre contre les agressions barbares
qu'ils subissent de la part de milices, usant de tenues, d'armes,
de véhicules et de locaux du ministère de l'intérieur.
Ces agressions et ces massacres sont perpétrés au
quotidien, notamment à Bagdad, contre la population arabe
sunnite et contre ceux des chiites hostiles à leurs plans.
Plus grave, les forces américaines d'occupation n'accordent
aucune importance à ces massacres de civils innocents, perpétrés
par les milices dépendantes du ministre de l'intérieur
et même les encouragent en s'abstenant d'intervenir pour arrêter
ou tuer ces agresseurs. Cela constitue un encouragement à
ces milices pour continuer leurs crimes, assassiner, torturer, menacer
et expulser les Iraquiens afin de changer la réalité
géographique du pays et permettre ainsi aux occupants américains
d'échapper au bourbier dans lequel ils se sont engagés
dans leur guerre contre le terrorisme.
Nous affirmons que les forces américaines d'occupation en
Irak ont prouvé leur irrespect pour :
1) La Convention de Genève relative à la protection
des personnes civiles en période de guerre.
2) Le Protocole additionnel aux conventions de Genève du
12 août 1949, et concernant la protection des victimes des
conflits armés internationaux et non internationaux (protocole
I et II)
En lançant cet appel, nous espérons que la communauté
internationale et l'ensemble des organisations des droits humains,
interviennent auprès de l'administration américaine,
afin de :
1) Arrêter les opérations de génocide et d'épuration
ethnique perpétrées par la milice BADR contre les
sunnites et les chiites, dans le but de faire monter les tensions
interconfessionnelles et contre les arabes sunnites.
2) Arrêter tous les responsables impliqués dans ces
massacres et ces opérations d'épuration ethnique et
particulièrement le ministre de l'intérieur Bayane
Jabr Soulag et le responsable de la milice Badr, Hédi Al
Amri.
3) Nous invitons les Nations unies à envoyer des experts
et des inspecteurs afin de visiter les prisons iraquiennes et d'enquêter,
d'une manière indépendante, sur la terreur, les tortures
et les horreurs pratiquées dans ces prisons à l'encontre
des détenus iraquiens surtout de la part des miliciens armés
de Badr et de ses alliés et qui semblent tout à fait
inédits.
Nous rappelons enfin le paragraphe 90 du protocole additionnel II,
de la convention de Genève et la nécessité
d'enquêter sur les allégations d'abus et de torture.
C'est le devoir moral et légal de la communauté internationale
de faire tout ce qui est en son pouvoir pour protéger les
droits des Iraquiens en mettant un terme aux abus et en poursuivant
les responsables.
Association islamique internationale des droits de l'homme
en Irak
(IHRAS)- Bagdad, Iraq.
Contre la guerre, retrait immédiat
des troupes italiennes !
Ci-dessous trois textes contre les guerres en Irak et Afghanistan
: une pétition de praticiens travaillant sur le terrain (parlamentodipace@gmail.com
), et deux textes de Stefano Chiarini : sur l'utilisation de nouvelles
armes (laser et micro-ondes) (voir aussi sur le site de Rainews24,
www.rainews24.it l'article http://www.rainews24.it/ran24/inchieste/guerre_stellari_iraq.asp
et en particulier l'impressionnant vidéo du test des effets
de l'arme à micro-ondes Active Denial System sur des mannnequins,
ainsi que l'article Armes à énergie directe,
http://www.rainews24.it/ran24/inchieste/documenti/ARMI_ENERGIA_
DIRETTA.pdf )
Et l'analyse de Chiarini sur ce qui s'annonce (confirmé hier
par les décalarations habiles de Romano Prodi) comme retrait
"à l'italienne" des troupes engagées en
Irak. Sur l'Afghanistan, par contre, pas d'hypocrisie : Prodi n'en
a pas parlé du tout. On peut signer la pétition, les
pacifistes italiens ont besoin de notre soutien, avant le vote du
budget de refinancement de l'occupation italienne en Irak et en
Afghanistan.
Marie-Ange Patrizio
On peut se rappeler que D'Alema, le nouveau ministre des Affaires
Etrangères, était premier ministre du gouvernement
qui a engagé l'Italie dans la guerre humanitaire de l'Otan
en Yougoslavie : 68 jours de bombardements sur la Serbie, les avions
partant des bases américaines du nord de l'Italie, dont Aviano
: des bombardiers qui passent en continu toutes les nuits, ça
laisse un souvenir dans les villages, même si les bombes tombent
plus loin)(depuis ils ont trouvé des armes plus discrètes,
allez sur les sites). "Quarante milliards de dollars de dommages
que personne n'a payés, 5000 victimes civiles, deux mille
morts parmi lequels beaucoup de femmes et d'enfants. Et aucun criminel
de guerre (non serbe) à la barre". Et un génocide
en cours sur les populations serbes du Kosovo. Et la Serbie comme
camp de 200.000 réfugiés... Les monastères
orthodoxes (mais un peu orientaux quand même) qui continuent
à bruler, on en parlera une autre fois. Elle progresse la
démocratie... (avec la science)(et les droits de l'homme,
et des femmes, bien sûr). Italiani brava gente.
Contre la guerre tout de suite : militaires
hors d’Irak
Luigi Ciotti
Tonio Dell’Olio
Gino Strada
Alex Zanotelli*
Onorevoli** députées et députés, onorevoli
sénatrices et sénateurs,
Cet appel, rédigé au moment tragique où les
victimes des deux théâtres de guerre en Irak et en
Afghanistan revenaient en Italie pour recevoir des funérailles
d’état, arrive aussi au moment où le nouveau
parlement de la République vient à peine de commencer
ses travaux. Nous voudrions que ce soit un nouveau début
ou, mieux, un tournant. Un tournant décisif en politique
extérieure avec des choix courageux pour une véritable
politique de désarmement, afin de mettre en acte, par des
choix concrets, l’article 11 de la Constitution. Puisque,
selon l’article 11, il n’est pas possible d’utiliser
la guerre comme moyen de résoudre les crises internationales,
le premier choix qui s’impose, que nous demandons au nouveau
gouvernement, est celui d’interrompre les missions militaires
dans les zones de guerre et de retirer les troupes italiennes d’Irak
et d’Afghanistan.
La seule vérité de la guerre est ses victimes.
Malheureusement nombre d’entre nous ne se rendent compte
de cette vérité que lorsque les victimes sont des
soldats italiens, et nous avons du mal à réaliser
cette même vérité quand, ces victimes, nous
ne les voyons pas, quand elles sont « autres », même
si nous avons su de façon indirecte que des milliers de personnes
ont été assassinées à Falludja et à
Ramadi, torturées à Abou Ghraib, bombardées
dans les villages afghans ou ont sauté et ont été
mutilées par les cluster bomb en Afghanistan comme en Irak.
Mais s’il est vrai que la seule vérité de la
guerre ce sont ses victimes , s’il est vrai qu’au nom
de cette vérité des milliers de gens sont descendues
dans la rue avec le drapeau arc-en-ciel dans notre pays, en y réclamant
une politique de paix, alors nous vous demandons, faisant appel
à la liberté de conscience et au respect de l’article
11 de notre Constitution, de mettre fin à la présence
militaire italienne en Irak et en Afghanistan, en décidant
de ne pas voter le nouveau budget de ces missions de guerre.
Les missions de paix doivent tendre à la pacification et
à la reconstruction, et pour cela devraient être sans
armes, à notre avis, sans armées, fondées sur
la coopération avec les autres peuples, sur la diplomatie,
sur le dialogue et la solidarité. Tout le système
d’intervention doit être repensé à l’enseigne
d’une nouvelle politique extérieure. Mais dans l’immédiat,
pour sauver des vies humaines, pour interrompre la spirale de mort,
pour opérer une pression internationale qui provoque la fin
des occupations militaires, nous demandons que le Parlement italien
donne un signe fort de discontinuité, immédiatement
et sans ambiguïté. Que notre salut soit avec les paroles
de Gandhi : « il n’y a pas de route qui conduise à
la paix, la paix est la route ».
*Premiers signataires
Toutes les personnes et associations qui se sentent impliquées
pour la paix et la défense de l’article 11 de la Constitution,
afin de donner une visibilité au peuple de la paix, peuvent
adhérer à cet appel en écrivant à :
parlamentodipace@gmail.com
Edition de dimanche 14 mai 2006 de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/14-Maggio-2006/art6.html
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
** onorevole (honorable) est le titre réservé en
Italie aux élus des deux Chambres, sénat et parlement
Luigi Ciotti, prêtre, fondateur de l’association anti-mafia
Libera, voir :
http://www.humanite.presse.fr/journal/2004-12-28/2004-12-28-453710
Tonio Dell’Olio, Pax Christi,
Gino Strada, chirurgien, fondateur de Emergency, Ong italienne qui
opère en particulier pour le domaine médical et chirurgical
dans des zones en guerre, et dans les camps de réfugiés,
voir leur site :
http://www.emergency.it/index2.php
Alex Zanotelli, prêtre, auteur de « Avec ceux qui n’ont
rien », voir aussi :
http://www.tni.org/news/george-news.htm
Ces quatre personnes sont très engagées dans le mouvement
contre la guerre, en Italie.
Les notes sont de la traductrice.
Irak, polygone d’armes au laser
STEFANO CHIARINI
« Sur les corps de certaines victimes de la bataille de l’aéroport
de Bagdad, en 2003, j’ai vu des choses étranges et
inexplicables, comme le fait que trois passagers d’une voiture
avaient le visage brûlé et sans yeux, mais leurs corps
ne montraient pas de blessures de ce genre, ni aucune trace de projectiles
». Par ces paroles, Mahjid al Ghazali, premier violon de l’orchestre
de Bagdad, évoquait ses soupçons, au lendemain de
la seconde guerre du Golfe, au cinéaste étasunien
Patrick Dillon : sur l’expérimentation possible en
Irak de nouvelles armes à énergie « non cinétique
» mais directe (laser) et à micro-ondes. Des armes
« invisibles » qui lancent des électrons très
vite et très loin. Version moderne et tragiquement fonctionnelle
du fameux « rayon de la mort » proposé, inutilement,
aux Usa, en 1942, par le physicien Nicola Tesla.
Le musicien irakien Mahjid al Ghazali, qui est assez renommé,
est un des témoins oculaires ; c’est à partir
de ses paroles que Sigfrido Ranucci et Maurizio Torrealta dévident
l’enquête sur les nouvelles armes expérimentées
en Irak et en Afghanistan, mais que nous pourrions rapidement voir
aussi à l’œuvre au cœur de l’Occident.
L’émission, présentée hier à la
Fédération Nationale de la Presse à Rome, par
les auteurs et Roberto Morrione, directeur de RaiNews24, sera transmise
aujourd’hui, jeudi, à 7h36, sur RaiTre aussi, et de
nouveau à 13h06 ; elle est consultable en ligne, en italien,
anglais et arabe, sur le site www.rainews24 . Une enquête
« de présomption », a déclaré Roberto
Morrione, mais qui s’appuie sur des indices, témoignages
et éléments de faits, assez solides et concrets. Le
violoniste irakien, retrouvé récemment à Amman
par l’équipe de RaiNews24, a de fait évoqué
encore trois autres indices importants : un autobus touché
près de l’aéroport se serait « recroquevillé
sur lui-même comme un vêtement mouillé en se
réduisant aux dimensions d’un minibus » ; les
soldats étasuniens dans certaines zones de l’aéroport
– comme cela allait arriver à Falludja deux ans plus
tard – auraient « ratissé » le terrain
en l’emmenant à bord de grands camions ; les corps
de victimes étaient comme rapetissés et déshydratés.
Ranucci et Torrealta ont ensuite trouvé un autre témoignage
intéressant, de plusieurs médecins de l’hôpital
de Hilla, à 100 kilomètres au sud de Bagdad, enregistré
en vidéo par Geert Van Morteer, un médecin volontaire
en Irak. Saad al Falluji, l’un des médecins interrogés,
raconte comment, pendant la guerre de 2003, est arrivé un
jour aux urgences un petit bus, à peine touché, dans
lequel une vingtaine de passagers avaient été comme
mis en pièces mais on ne savait pas par quoi. Aucun des survivants
n’avaient entendu d’explosion, il n’y avait pas
de balles, ni éclats ou fragments de ce genre sur leurs corps.
Devant ces témoignages, les auteurs de l’enquête
ont demandé à interroger les sociétés
productrices des systèmes d’armes au laser et à
micro-ondes, mais le Pentagone a opposé un refus catégorique.
Pourtant à la veille de la guerre, le secrétaire à
la défense Rumsfeld et le général Meyers, surtout,
avaient à moitié admis, dans des déclarations,
leur disposition à expérimenter des armes de ce type.
En réalité, l’existence d’armes au laser
n’est pas une nouveauté et a été prouvée
par les images de nombreux tests relatifs au « Thel »,
sigle de « Tactical High Energy Laser » - projet américano-israélien-
qui montrent certains missiles et ogives de mortier touchés
et détruits par un rayon invisible.
Le passage de l’expérimentation en laboratoire à
celle sur les champs de bataille d’armes à énergie
directe semble confirmé par les milieux militaires étasuniens
eux-mêmes, selon lesquels un dispositif laser appelé
« Zeus » monté sur des Humvee, une sorte de jeep,
aurait été employé en Afghanistan pour nettoyer
à distance des champs de mines.
En outre selon deux sites accrédités d’informations
militaires, le « Defence Tech » et le « Defence
Daily », trois véhicules semblables au moins ont été
utilisés en Irak. L’enquête, enfin, s’occupe
d’une autre arme particulière, à micro-ondes
cette fois, appelée « Active Denial System »,
plus connue comme « Rayon de la douleur ». Le système
d’arme, monté lui aussi sur un véhicule, a la
capacité d’activer, à travers un rayon à
micro-ondes, les récepteurs de la douleur dans les zones
blessées, en provoquant une douleur folle pendant quelques
secondes. L’arme est présentée comme «
non létale », si bien que son utilisation en a été
pensée pour le contrôle de l’ordre public à
l’intérieur des villes occidentales, mais elle pourrait
en réalité provoquer des blessures graves et des séquelles
permanentes et, par ses caractéristiques, pourrait être
utilisée pour torturer, et tuer aussi. Selon la revue militaire
«Defence Industry Daily », trois modèles de cette
arme, montés sur des véhicules, auraient été
commandés, pour 31 millions de dollars, par le général
de brigade James Huggings, chef du staff de la Force Multinationale
en Irak ; il aurait aussi requis l’approbation pour 14 autres
exemplaires. Toujours pour le bien des irakiens et de la démocratie.
Edition de jeudi 18 mai 2006 de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/18-Maggio-2006/art56.html
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
Irak, le retrait à l’italienne
STEFANO CHIARINI
Malgré le changement de gouvernement, l’Italie restera-t-elle
peut-être en Irak aux côtés des troupes d’occupation
américaines, avec un contingent de 600 hommes environ, pour
« protéger » la reconstruction du pays et conduire
l’entraînement des milices du gouvernement fantoche
irakien ? Le ministre de la défense Martino (du gouvernement
Berlusconi, ndt) qui s’est envolé hier matin (16 mai,
ndt) pour Nassiriya pour dire « au revoir » aux troupes
italiennes en Mésopotamie, en semble convaincu, de même
que le commandement italien et l’Administration américaine
elle-même. Arrivé dans la matinée sur la base
italienne de « Antica Babilonia », Martino, dans sa
dernière déclaration de ministre de la Défense,
a confirmé le projet destiné à « couvrir
» de notre drapeau le « protectorat » étasunien
sur la Mésopotamie : réduction de 2600 à 1600
hommes d’ici le mois de juin et, à la fin de l’année,
passage de « Antica Babilonia » à « Nuova
Babilonia », laissant environ 600 hommes à Nassiriya.
Devraient aussi rester en Irak les militaires italiens présents
aux côtés du Commandement Britannique de la division
multinationale (zone sud-est), du commandement Multinational des
Forces de l’Otan et un noyau de volontaires de la Croix-Rouge
italienne. Le ministre Martino a été très clair
hier : « J’entends rassurer une fois de plus les autorités
irakiennes : nous ne partons pas, nous ne fuyons pas, nous ne nous
retirons pas. C’est seulement la nature de notre mission qui
change : jusqu’à présent elle a surtout été
militaire, à partir du début de l’année
prochaine elle sera surtout civile ». En ajoutant ensuite,
de façon polémique, « si le nouveau gouvernement
veut bien continuer à honorer les engagements qui ont été
pris ».
En d’autres termes, aucune solution de continuité
entre les deux missions. Un simple changement de peau. La «
nouvelle » mission italienne tournera autour d’un mélange
mortel de « civil et militaire », prenant la tête
du « Team de reconstruction Provincial » de Nassiriya,
bâti sur le modèle des organismes analogues mis sur
pied en Afghanistan par l’Otan. Les Prt sont en réalité
le contraire de ce que raconte leur justification officielle. Il
ne s’agit pas de troupes laissées pour protéger
les « civils » mais plutôt d’un instrument
qui garantit l’insertion de la structure militaire dans la
zone des opérations en essayant de leur donner une légitimité
et de réduire au minimum les frictions avec la population
et la société locales. C’est une structure mixte
avec des composantes civiles et militaires mais à l’intérieur
d’un projet qui est toujours celui de l’occupation militaire
conduite par les Usa, et de soutien aux gouvernements et au gouverneurs
fantoches locaux, qui, sans les forces d’occupation, ne pourraient
pas poursuivre leurs trafics illégaux, voire criminels. A
commencer par le gouverneur de Nassiriya, Aziz al Ogheli, qui, évidemment,
demande tous les jours à grands cris que nous soldats continuent
à risquer leur vie pour protéger ses activités
clientélistes (si ce n’est pire) et celles du Sciri,
le Parti, pro-iranien, de la révolution islamique en Irak,
auquel il se réfère.
Outre l’absence de toute analyse critique sur la faillite
de notre présence à Nassiriya –au-delà
du comportement généreux de nos soldats – on
est frappés en plus de la hâte avec laquelle le gouvernement
sortant et le haut commandement de l’état-major ont
procédé à la création de cette nouvelle
mission, avant la formation du gouvernement Prodi. Le team provincial
pour la reconstruction de Nassiriya commencera à œuvrer
dans les premiers jours de juin et sera pleinement opérationnel
dès la moitié du mois prochain. A la tête de
la nouvelle structure, il y aura un fonctionnaire du ministère
des affaires étrangères italien (nouveau ministre
Massimo d’Alema, qui avait engagé l’Italie dans
la « guerre humanitaire » de l’Otan en Yougoslavie,
ndt), avec deux adjoints, un officier italien et un « civil
» étasunien. Comment il sera possible de mener ce travail,
étant donnés les échecs précédents
et dans une situation par ailleurs plus détériorée
en matière de sécurité, et avec une composante
militaire réduite à 600 hommes seulement, on ne le
sait pas. La seule certitude est qu’on mettra en danger inutilement
les vies de nombre de nos concitoyens civils et militaires. Pour
rendre appétissante à l’Unione la pomme empoisonnée
laissée à Nassiriya, on a placé à la
tête de cette opération suicide un vigoureux fonctionnaire
du ministère des affaires étrangères, Ugo Troiano,
connu pour son rôle positif de « maire » de Kosovo
Polje. Le projet de laisser une partie de nos soldats en Irak, n’aura
cependant pas la vie facile dans le nouveau gouvernement : après
la prise de position radicale du Pdci, qui a demandé un retrait
immédiat des troupes, ça a été hier
le tour du vert Paolo Cento et du groupe sénatorial de Rifondazione
comunista au sénat, qui a adhéré à l’appel
lancé dans les colonnes de il manifesto par Don Luigi Ciotti,
Tonio Dell’Olio, Gino Strada et Alex Zanotelli : pour le retrait
des troupes italiennes d’Irak et d’Afghanistan, et pour
l’interruption de toute mission italienne dans les zones de
guerre (voir article joint, et parlamentodipace@gmail.com pour signer
la pétition, ndt).
Edition de mercredi 17 mai de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/17-Maggio-2006/art46.html
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
16/05/06- Interview de Cheikh Hareth Al
Dhari, secrétaire général de l'Association
des oulémas musulmans
par Yad Dlimi, Service Quds Press, Bagdad, 6 mai
2006
Traduit de l"arabe par Ahmed Manaï, membre
de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité
linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.
Le Cheikh Hareth Al Dhari, Secrétaire Général
de l"Association des oulémas musulmans d"Iraq (sunnite),
déclare que son association ne compte nullement sur le processus
politique actuel pour faire sortir le pays de sa crise. Cette opération
se passant sous l"occupation, elle est sans effet comme en
témoignent les résultats des trois dernières
années.
A propos du chiffre exact des pertes usaméricaines, le S.G.
de l"association des oulémas déclare qu"il
est plusieurs fois supérieur au chiffre officiel. Quant aux
victimes iraquiennes depuis le début de l"occupation,
leur nombre est de 200 000, selon lui, et non pas 35 000 comme le
prétendent les usaméricains. Selon lui le nombre des
prisonniers et de détenus dans les prisons et les divers
centres de détention serait de 70 000.
Le Cheikh Al Dhari déclare d"autre part, que son association
a une vocation purement religieuse de conseil, d"éducation
et d"orientation, qu"elle ne dispose d"aucune ramification
politique et qu"elle s"interdit de ce fait d"intervenir
dans le jeu politique, que ce soit sous l"occupation ou après.
Il ajoute qu"il n"y a actuellement d"autre salut
pour l"Iraq que de construire une armée nationale disposant
du soutien populaire, ne dépendant d"aucune milice partisane
et n"ayant d"autre allégeance qu"à
l"Iraq. Il refuse par la même occasion toute intervention
de troupes arabes pour remplacer les troupes d"occupation,
affirmant que la résistance iraquienne est en progression
constante depuis 3 ans d"occupation et que sa légitimité
découle en droite ligne de la présence de l"occupant.
Voici le texte de l"interview :
Quds press : Au bout de trois ans d"occupation usaméricaine
de l"Iraq, comment voyez-vous la situation du pays et vers
quoi croyez-vous que les choses s"orientent ?
Al Dhari : Au cours des trois dernières années d"occupation
usaméricaine, l"Iraq a atteint le sommet d"une
véritable tragédie. Si cela devrait continuer ainsi,
nous allons vers un destin plus sombre : l"inconnu. Ce que
confirment par ailleurs toutes les données sur le terrain.
Rien de ce qui se fait n"est en mesure de donner le moindre
espoir pour un règlement dans un proche avenir : l"action
politique est irresponsable et ses retombées sont hésitantes,
ce qui renforce l"idée que l"Iraq va vers l"inconnu
!
Quds press : Certains politiques estiment que votre organisation
se contente de critiquer et ne prend pas la peine de proposer des
solutions alternatives. Avez-vous des solutions alternatives pour
sauver l"Iraq de la crise dont vous parlez ?
Al Dhari : Nous ne critiquons pas dans l"absolu mais nous critiquons
ceux qui le méritent pour leurs faits et gestes, ceux qui
ont soutenu l"occupation et qui ont servi ses plans d"administration
du pays sous les appellations les plus diverses : à commencer
par le conseil du gouvernement, puis le gouvernement intérimaire
et le gouvernement provisoire élu. Tous ceux qui ont le sens
de la justice et un minimum de conscience politique se rendent compte
des effets désastreux des politiques de ces diverses instances.
L"occupation a la haute main sur le pays et n"a d"autre
souci que le problème de la sécurité qu"elle
traite avec la seule force armée. Les citoyens iraquiens
sont l"objet d"agressions permanentes d"une rare
brutalité, planifiées et improvisées qui font
des dizaines sinon des centaines de morts tous les jours. Cette
situation dure depuis trois ans et se trouve actuellement en progression
constante. Le problème économique est totalement ignoré,
balayé par tous les vents, ballotté entre les mains
des occupants et de leurs semblables. Ainsi le pétrole iraquien
est l"objet d"un pillage systématique et ses royalties
détournées, ce que confirme un responsable usaméricain
qui déclare que « la corruption gangrène le
pétrole et l"ensemble de l"économie iraquienne
». Témoignage tardif certes ! Au plan social, le peuple
est écrasé par la misère, manque des moyens
les plus rudimentaires de la vie. Les frontières de l"Iraq
sont largement ouvertes à tous les vents, violées
par les mafias du crime, de la drogue et autres.
La première préoccupation des gouvernements successifs
est la gestion du dossier de la sécurité que leur
ont confié les occupants puis celui des intérêts
personnels de leurs membres, de leurs partis respectifs et des clans
dont ils sont issus, sans autre considération pour les besoins
des gens et de leurs conditions humaines. Bien plus grave, certains
clans dans ces gouvernements pratiquent la politique du «
après moi le déluge », une politique sectaire,
d"exclusion et même de liquidation physique, de purification
confessionnelle et de bannissement individuel et collectif. Ce qui
se passe au quotidien en Iraq aujourd"hui en est la meilleure
preuve.
Quds press : Quel est exactement votre position face à ces
nombreuses crises ?
Al Dhari : Face à ce qui se passe sur la scène iraquienne,
face à la peur, à la terreur, aux assassinats ciblés,
aux liquidations physiques, aux arrestations perpétrées
par l"occupant et ses sbires locaux, l"association des
oulémas, ne peut, de par son statut d"organisme de conseil
et d"orientation, que dénoncer ces crimes, ces atteintes
graves aux droits les plus élémentaires de l"homme
-qui sont le droit à la vie, à la sécurité
et à une existence digne- ces dérapages et ces dérives.
Nous le faisons avec la sérénité requise en
appelant toutes les parties concernées à se réveiller,
à reprendre leurs esprits et à mettre fin à
leurs agissements criminels.
Quds press : Comment réagissent-ils et avez-vous fait des
propositions pratiques ?
Al Dhari : Nos conseils et nos appels sont malheureusement mal reçus,
souvent considérés comme irréalistes et nous-mêmes
taxés parfois de terroristes. Nous avons présenté
pourtant dès la première année de l"occupation
un plan de sortie de crise, consistant à transférer
la responsabilité de l"administration de l"Iraq
à l"ONU et au retrait des troupes d"occupation,
à charge pour l"organisation internationale de constituer
un gouvernement national iraquien indépendant, composé
de compétences nationales. Puis au bout d"une certaine
période, l"organisation d"élections libres
et transparentes sous contrôle des Nations Unies et d"autres
partenaires indépendants, devant déboucher sur une
assemblée nationale qui se charge de doter le pays d"une
constitution. De cette assemblée ou même en dehors
d"elle, selon les dispositions de la constitution il se constituerait
un gouvernement national, représentant tous les Iraquiens,
fondé sur la citoyenneté et non pas sur l"ethnisme
et le confessionnalisme qui caractérisent les gouvernements
nés sous l"occupation.
Quds press : C"est ce que vous aviez proposé auparavant,
mais quelles sont vos propositions actuelles ?
Al Dhari : Nous étions les premiers à faire ces propositions
que nous avions transmises au secrétaire général
adjoint de l"ONU, Lakhdar Ibrahimi. Les choses ont changé
actuellement et en fonction de la nouvelle donne, nous avons proposé
un plan qui pourrait faire baisser les tensions et ouvrir la voie
à une accalmie et plus tard à une normalisation. Notre
plan consiste tout simplement à constituer une armée
nationale iraquienne, représentative de toutes les composantes
de la société iraquienne et qui n"a d"autre
allégeance que pour l"Iraq, et non pas comme c"est
le cas aujourd"hui, de simples ramifications armées
des partis et clans qui le démolissent à vue d"¦il.
Quds press : Ne croyez-vous pas que les négociations politiques
actuelles pour constituer le nouveau gouvernement, sont de nature
à faire baisser la tension dans le pays ?
Al Dhari : Ce processus n"aide pas à faire baisser la
tension, loin de là. Les choses continuent dans la même
voie et pour preuve, la croissance des arrestations, des enlèvements
et des assassinats. Nous ne constatons aucun souci pour les intérêts
nationaux et les souffrances des citoyens dans ces marchandages
politiques. Les intérêts des groupes et des individus
sont par contre dominants. En plus toutes les figures politiques
marquantes au niveau de l"Etat et du gouvernement ont fait
partie des trois premiers gouvernements qui ont fait tant de mal
à l"Iraq et à son peuple, sans oublier que la
plupart de ces hommes politiques manquent d"envergure et de
personnalité et se trouvent en deçà des niveaux
requis pour ces hautes responsabilités.
Quds press : Le président iraquien, Jalel Talabani a parlé
il y a quelques jours de rencontres fructueuses avec certains groupes
armés en Iraq. Ceci peut-il contribuer à faire baisser
les tensions ?
Al Dhari : Nous avons entendu les déclarations du président
de la République parlant de rencontres avec les représentants
de nombreux groupes de résistance, mais nous ignorons s"ils
représentent des groupes de résistance influents ou
non, s"ils sont les véritables représentants
de ces groupes comme ils disent et disposent ainsi du pouvoir de
signer des accords permettant de faire baisser les tensions. Ceci
dit, de nombreux groupes de résistance et parmi les plus
influents, ont déclaré ne pas avoir participé
à ces rencontres.
Quds press : Il y a actuellement de nombreuses forces politiques
sunnites dans le nouveau gouvernement. Laquelle soutenez-vous ?
Al Dhari : Nous ne soutenons aucune force dans ce processus politique
parce que nous ne croyons pas à son utilité pour sortir
l"Iraq de la situation actuelle.
Quds press : Combien de temps allez-vous encore demeurer en dehors
du processus politique ?
Al Dhari : Nous le resterons indéfiniment, tant que durera
l"occupation et après. Mais cela ne signifie pas que
nous ne suivons pas tout. Nous continuons cependant à dispenser
à ceux qui veulent nous entendre, les conseils que nous jugeons
dans l"intérêt de notre peuple et de notre nation.
Quds press : Des statistiques usaméricaines ont révélé
récemment qu"il y a eu 35 000 Iraquiens et près
de 2 400 soldats usaméricains morts depuis le début
de l"occupation. Avez-vous un commentaire ?
Al Dhari : Ces statistiques ne sont pas précises. Nos propres
informations indiquent qu"il y a eu 200 000 morts iraquiens
depuis l"occupation usaméricaine. Le journal médical
britannique The Lancet, avait annoncé le chiffre de près
de 100 000 morts iraquiens, il y a tout juste 8 mois. Les pertes
réelles usaméricaines sont beaucoup plus importantes
que ne le disent les chiffres officiels. Le chiffre indiqué
représente à peine le quart des soldats usaméricains
tués.
Quds press : De nombreuses sources politiques arabes et autres ont
émis l"idée de faire remplacer les troupes usaméricaines
par des forces arabes. Croyez-vous que l"idée soit acceptable
pour une solution raisonnable de la crise iraquienne ?
Al Dhari : L"idée n"est pas viable. Elle ne sert
ni l"Iraq ni les troupes en question parce que la situation
a beaucoup évolué et a rendu cette proposition caduque.
Le meilleur moyen de traiter le problème iraquien aujourd"hui,
est comme je l"ai dit, de constituer rapidement une armée
nationale iraquienne, soutenue par le peuple et n"ayant d"autre
allégeance qu"à l"Iraq et non pas aux milices
partisanes.
Quds press : Certains estiment que l"Iraq subit actuellement
plus une occupation iranienne que usaméricaine. Comment voyez-vous
la position de l"Iran en Iraq ?
Al Dhari : Il y a actuellement en Iraq une occupation, celle des
USA, de la Grande-Bretagne et de leurs alliés. L"intervention
n"est pas le fait d"un seul pays mais de plusieurs, certains
intervenant plus que d"autres, d"une manière trop
flagrante avec des services et des forces de sécurité,
ce qui en fait un acteur important sur la scène iraquienne.
Cette situation est connue de tous ceux qui s"intéressent
au fait iraquien. L"occupation comme l"intervention, d"un
commun accord ou non, participent à la destruction de l"Iraq
et à porter préjudice à son peuple.
Quds press : A combien vous estimez le nombre de détenus
iraquiens dans les prisons usaméricaines et iraquiennes ?
Al Dhari : Il y a près de 70 000 détenus iraquiens,
répartis dans les prisons des forces usaméricaines
et iraquiennes. Ainsi, il y en a près de 37 000 dans les
prisons du gouvernement, 16 000 dans les prisons usaméricaines
et près de 16 000 dans les prisons d"Irbil, Dohouk,
Sousa, Suleymania et autres dans le nord de l"Iraq. Tous ces
détenus subissent les pires tortures et survivent dans des
conditions inhumaines. La majeure partie d"entre eux sont des
innocents, arrêtés sur dénonciation calomnieuse
ou sur des bases confessionnelles.
Quds press : Après trois ans d"occupation, comment voyez-vous
la résistance iraquienne ?
Al Dhari : Nous constatons que la résistance continue, que
son rendement est en croissance et que ses effectifs sont en nette
progression si l"on tient compte des nouveaux noms de groupes
qui apparaissent. Pour toutes ces raisons, je crois que la résistance
continuera tant que durera l"occupation, les deux étant
intimement liées.
Quds press : Auriez-vous des informations sur l"appartenance
identitaire et culturelle des combattants et comment les classer
idéologiquement ?
Al Dhari : La résistance en Iraq est toute et avant tout
une résistance nationale. Elle comprend des islamistes qui
sont les plus nombreux, des nationalistes, des indépendants
et Grâce à Dieu, il y en a, à ce que l"on
dit, de plus en plus de chrétiens.
Quds press : Quels sont les rapports de l"association des oulémas
avec les groupes de résistance ?
Al Dhari : Nos rapports sont des rapports de bienveillance et d"appui
de principe sans autre implication.
Quds press : Vous avez visité de nombreux pays arabes et
rencontré leurs dirigeants. Comptez-vous sur un rôle
arabe pour régler le problème iraquien ?
Al Dhari : Nous ne comptons sur aucun rôle politique arabe
et nous estimons que les tentatives d"organiser des conférences
pour les Iraquiens sont insuffisantes pour régler le problème.
Il est indispensable que les Arabes cherchent d"autres moyens
pour agir sur la situation en Irak, s"ils veulent vraiment
avoir une présence réelle et une influence déterminante
sur l"équation iraquienne.
16/05/06- La « mère de toutes
les ambassades »
Stéfano Chiarini, Il manifesto, 4 mai
2006.
Traduit de l'italien par Marie-Ange Patrizio
Une véritable citadelle fortifiée, plus grande que
l'état du Vatican, et « plus sûre que le Pentagone
» est en train de surgir à Bagdad, jour après
jour, sur les rives du Tige, dans la « zone verte »
où se trouvent les palais de Saddam Hussein, grâce
au travail de plus de 900 ouvriers et bâtisseurs venant des
pays les plus pauvres d'Asie. Il s'agit de la nouvelle ambassade
US d'un milliard de dollars, mê