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Monde arabe - Iraq
 
 

L'Empire tortionnaire

 

Au secours ! Lettre d'Iraq de la poétesse et auteure palestinienne Sarra Rached


Juin 2006
Traduit de l'arabe par Ahmed Manaï, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.

Je n'ai jamais pensé un jour écrire la lettre et l'appel suivants adressés à l'organisation Ecrivains Sans Frontières. Mais quand tout s'effondre autour de nous et que l'on s'aperçoit que personne, dans le monde des vivants, n'est en mesure d'entendre nos plaintes et même nos cris, on se met à frapper à toutes les portes. Juste pour se donner l'impression de refuser que la mort ne nous gagne pas chaque jour un peu plus.

Nous sommes une famille palestinienne et nous détenons des documents égyptiens. Mes frères et moi sommes nés au Koweït que nous avons dû quitter à la suite de la guerre du Golfe. Notre père pensait bien faire en nous amenant en Iraq où nous espérions trouver de meilleures conditions de vie. C'est dans ce pays,que nous avons donc vécu à partir de 1992 dans les conditions de l'embargo qui lui a a été imposé,.

Après l'occupation usaméricaine de l'Iraq, les conditions de vie y sont devenues insupportables, pour les Iraquiens d'abord mais aussi et surtout pour les réfugiés palestiniens, notamment au cours des derniers mois. Tout le monde est au courant des violences quotidiennes, des voitures piégées, des enlèvements, des liquidations physiques sur fond ethnique et confessionnel. Les Palestiniens comme les Iraquiens sont devenus la cible de ces actes et de nombreux Iraquiens sont contraints de quitter leur pays pour chercher la sécurité ailleurs.

Nous autres Palestiniens, détenteurs de documents égyptiens, sommes dans l'incapacité de quitter l'Iraq. Aucun pays arabe ou autre n'accepte de nous recevoir sur son sol et même le gouvernement égyptien n'y consentirait que pour les femmes et les enfants.

Aussi nous avons continué à essayer de survivre sur place, dans un pays devenu une grande prison avec la peur et la terreur en plus. Nous n'avons jamais pensé que cela deviendrait à ce point insupportable !

Mon père est mort il y a deux ans à la frontière iraquo-jordanienne en essayant vainement de pénétrer en Jordanie où il possède des biens. La Jordanie lui refusait l'entrée de son territoire parce qu'il avait des documents égyptiens. Il y a deux mois, mon frère a été arrêté par la Garde nationale iraquienne parce que le hasard a voulu qu'ils se soit trouvé pas très loin du lieu d'une explosion mais c'était surtout parce qu'il était Palestinien. Il s'en est tiré au bout de deux semaines de tortures indescriptibles !

Jusque-là on pouvait penser que la situation pouvait encore être acceptable, malgré ses horreurs. Mais voilà que notre frère a été enlevé devant nos yeux et assassiné, le plus simplement du monde, sans motif ! Il est difficile dans ces conditions de se donner l'illusion de pouvoir continuer à vivre ici. J'ai la vive impression que nous sommes des morts vivants en Iraq. On nous dénie toute dignité, toute humanité. Quand les Iraquiens ne se sentent pas en sécurité, ils peuvent partir ailleurs, on les laisse aller facilement dans le pays de leur choix, arabe ou autre. Pas nous !

Ma famille se compose de notre mère, directrice d'école qui a formé des générations durant de nombreuses années, et de mes frères et soeurs :
Amer Rached : Etudiant ingénieur en magistère (Maîtrise des systèmes électroniques).
Mohamed Rached : Etudiant en 3ème année d'ingénierie en mécanique.
Sarra Rached : Etudiante en 2ème année : Maîtrise des systèmes électroniques.
Puis Soundess et Balsam Rached : moins de 18 ans.
En plus de mes neveux, dont le père vient d'être assassiné, et de leur mère.
Nous comptions partir en Egypte mais son gouvernement n'autorise pas l'entrée de mes frères sur son territoire. Il n'est pas question de les laisser ici, en Iraq, dans les conditions connues par tous et que nous essayons de fuir.
Le gouvernement syrien a pris récemment la décision d'autoriser l'entrée sur son territoire des réfugiés palestiniens d'Iraq et nous avons tant espéré de cette décision. Mais cette décision ne leur donne d'autre choix que celui de rejoindre le camp des réfugiés d'Alhaska, dans les pires conditions.
Je ne demande pour moi et ma famille qu'une seule chose : qu'un pays quelconque, arabe ou autre, nous autorise à rentrer et vivre sur son territoire. Nous ne serons aux crochets ni de la société qui nous accueille ni de personne. Notre famille est suffisamment éduquée et formée pour participer de plein pied à la vie de la société qui nous reçoit et lui donner plus qu'on n'en reçoit.
Aidez-moi à transmettre mon appel à n'importe quel responsable, dans n'importe quel département ou ambassade, de n'importe quel pays. Je n'ai jamais sollicité qu'on m'aide à publier mes poèmes et mes écrits, mais s'il vous plaît, aidez-moi à diffuser ou faire diffuser cet appel, sur n'importe quel journal ou site Internet.
Je suis au bord de la folie et j'y vais tout droit, chaque jour un peu plus.
Merci !


Sarra Rached

 

Dhoulouya est tombée aux mains des occupants : Oum Khedir a tenu sa promesse


par Mafkarat Al Islam, 6 juin 2006. Original : http://www.islammemo.cc/news/one_news.asp?IDnews=113217


Traduit de l'arabe par Ahmed Manaï, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.

Les forces usaméricaines ont achevé d'occuper la totalité de la ville de Dhoulouya, à 97 km au nord de Bagdad, aujourd'hui 6 juin 2006, ainsi que les villages environnants, au bout de deux semaines d'un blocus total.
Le correspondant de Mafkarat Al Islam indique que les troupes d'occupation sont rentrées cet après-midi dans les derniers quartiers de la ville et notamment aux environs de la poste, accompagnées des supplétifs peshmergas kurde, et ce au terme de combats inégaux au cours desquels les résistants et la population ont perdu une soixantaine d'hommes.
Notre correspondant précise que les femmes et les enfants se trouvent maintenant à la merci des soldats de l'occupation qui opèrent des fouilles dans toutes les maisons.
Notre correspondant, qui a réussi à échapper miraculeusement au blocus et quitter la ville, précise aussi qu'une centaine d'habitants ont été jusqu'ici arrêtés et que l'occupant dispose de toute latitude pour faire ce qu'il veut des gens, en l'absence des journalistes qui ont tous quitté la ville.
Une femme, Al Hajja Oum Khedir, s'est faite exploser aujourd'hui à 19 heures, à l'entrée des soldats usaméricains dans sa maison et l'on ignore les pertes que ceux-ci ont subies.
Notre correspondant indique que les sunnites iraquiens récitent, dans leurs messages sur portables, des incantations invoquant Allah et Le priant de sauvegarder leurs s¦urs de Doulouya des atteintes de la soldatesque usaméricaine et de défaire leurs ennemis.
On se rappelle que les Cheikhs de Dhoulouya avaient lancé un appel aux oulémas musulmans d'accourir à leur secours après les menaces des soldats usaméricains de violer les femmes de la ville. Leur appel n'a pas trouvé d'écho auprès de ces prétendus oulémas musulmans, ce qui ne fait qu'élargir le fossé avec eux.

 

 

Soumise à un blocus criminel, la ville de Dhoulouya résiste
Eau coupée, nourriture et médicaments bloqués : 11 femmes enceintes sont mortes


par la rédaction de http://quibla.net, 5 juin 2006


Alors que les crimes de guerre commis par l'US Army à Haditha et à Ishaqi font la une des grands médias mondiaux, un silence total règne sur la situation dans la ville de Dhoulouya, assiègée par des forces militaires usaméricaines depuis deux semaines. Selon nos informations, la situation y est très grave. L'US Army est en train d'y commettre un nouveau crime de guerre, en violation des Conventions de Genève.
Dhoulouya (ou Ad Duluiyah ou encore Thoulouiya) est une petite ville de 50 000 habitants située sur les rives du Tigre à 97 km au nord de Bagdad, dans la province de Salah Eddine, entre Tikrit et Samarra. Cette ville peuplée presque exclusivement d'Arabes sunnites est un foyer de résistance patriotique depuis le déclenchement de l'occupation usaméricaine en février 2003. Lors d'une opération de grande envergure menée en juin 2003 par la 4ème Division d'infanterie et du détachement "Cheval de fer" (Ironhorse) de l'US Army dans le cadre de l'Opération Péninsule, 400 résistants avaient été capturés. Depuis, la petite ville poursuit sa résistance, sous la conduite d'un conseil de cheikhs tribaux.
Depuis le 20 mai, la ville est en état de siège : les forces usaméricaines ont établi un blocus et tentent de grignoter le territoire urbain.
Le 30 mai, une délégation de dix cheikhs tribaux a rencontré le commandant du Corps de Marines qui assiègent la ville, le capitaine Feel (ou Phil), pour lui demander de lever le blocus, au moins pour la nourriture et les médicaments. Voici le dialogue hallucinant qui a eu lieu :

Le capitaine : « Sauvages d'Arabes, je vous laisse un jour pour nous livrer ceux qui tuent nos soldats. Si vous ne le faites pas, je donnerai l'ordre à mes soldats de violer toutes les femmes, à commencer par les vôtres.»
Les cheikhs : « Nos femmes seront munies de ceintures explosives et elles attendront vos soldats demain. »

Selon le service d'information de la résistance iraquienne Mafkarat Al Islam (Islam Memo)* qui rapporte ces informations, recueillies auprès du Cheikh Jassem Al Azzaoui, plus de 18 femmes se sont portées volontaires au cas où l'occupant tenterait de mettre ses menaces à exécution.
Dans l'après-midi du 30 mai, l'aviation usaméricaine a lâché des bombes incendiaires sur quinze barques de pêche et de transport sur le Tigre ainsi que sur les vergers et palmeraies proches de la ville.

 

Désormais, l'eau courante a été coupée à Dhoulouya.
À la porte ouest de la ville un convoi de dizaines de camions et de voitures chargés de produits alimentaires et pharmaceutiques envoyés par le Croissant rouge iraquien, une organisation humanitaire émiratie et des habitants de Fellouja, de Bagdad, Tikrit, Samarra et Mossoul, est bloqué. Les forces d'occupation ont interdit à la caravane de rentrer dans la ville et lui ont ordonné de rebrousser chemin.
Le 31 mai, un cheikh de la ville a informé Mafkarat Al Islam de ce que l'occupant a interdit le transfert de 19 femmes enceintes pour accoucher à la maternité hors de la ville, ce qui a entraîné la mort de 11 d'entre elles.
La même source a confirmé que les troupes usaméricaines n'ont pas encore réussi à pénétrer d'une manière effective dans la ville mais qu'elles continuent à progresser lentement tous les jours.
« Ils avancent chaque jour un petit peu avec un grand renfort de chars et de blindés et avec un appui de l'aviation. Il y a des escarmouches entre deux forces déséquilibrées. Au cours des 5 premiers jours, les combattants iraquiens ont réussi à tuer et blesser plus de 30 soldats usaméricains, détruit 6 blindés et mis hors de combat 5 autres. Ces chiffres sont ceux qui ont comptabilisés directement par les combattants et il faut y ajouter les pertes occasionnées par les tirs de mortier et les fusées.»
A propos des négociations, le même Cheikh indique que « les Usaméricains veulent qu'on leur livre les combattants et nous leur avons répondu que cela signifierait qu'on leur livrerait notre honneur et cela ne peut se passer que sur nos corps et ceux des habitants de la ville ».
Le Cheikh qui a parlé à Mafkarat Al Islam a lancé un appel aux agences de la presse internationale et arabe à venir dans cette ville: « Nous les habitants et dirigeants de cette ville, avons la charge de veiller à la sécurité et au bien-être de la population Nous avons besoin que les médias viennent transmettre au monde la tragédie de notre ville ».
Le Cheikh a aussi lancé un appel aux savants de l'Oumma pour qu'ils disent juste un mot pour dénoncer ce qui se passe en Iraq et cette guerre contre les sunnites, avant qu'un jour ne vienne où il n'y aura plus un seul d'entre eux. Il a émis l'espoir que son appel parvienne « aux savants vivants, conscients des causes de l'Oumma et non pas aux morts ».

* Mafkarat Al Islam (Islam Memo) diffuse des informations quotidiennes en arabe sur la résistance iraquienne, émanant de tous les courants de cette résistance. Depuis avril 2004, les rapports quotidiens sont traduits en anglais par Mohamed Abou Nasr et diffusés sous le titre "Iraqi Resistance Reports" sur le site Free Arab Voice. Il s'agit de la source la plus riche et la plus fiable d'informations sur la résistance iraquienne. Ce n'est donc pas un hasard si le Département d'État US, dans un texte publié le 8 avril 2005, a qualifié Islam Memo d' "agent majeur de désinformation" et Mohamed Abou Nasr de "communiste". [Voir A Trio of Disinformers: Islam Memo, Muhammad Abu Nasr, and Jihad Unspun - Obscure Web sites play major role in disinformation, sur

 

http://usinfo.state.gov/media/Archive/2005/Apr/08-205989.html].

 

On peut lire les rapports de Mafkarat Al Islam/Islam Memo)
en arabe sur http://nosra.islammemo.cc/
en anglais sur http://www.freearabvoice.org
en espagnol sur http://www.iraq-war.ru [URL du rapport du 30 mai 2006 : http://www.iraq-war.ru/article/90104]

 

 

05/06/06 - Ce n'est pas seulement Haditha ou Ishaqi, c'est tout l'Iraq qui est un immense My Lai !


par la rédaction de http://quibla.net, 5 juin 2006
Les forces usaméricaines "ne respectent pas le peuple iraquien...Ils les écrasent avec leurs véhicules et les tuent sur une simple soupçon ou sur une simple intuition"
Le massacre d'Haditha "comme vous les savez, n'est pas le seul massacre. Il y en a des tas".
"Nous tenons de plus d'une source que la tuerie d'Ichaqi a eu lieu dans des circonstances discutables. Plusieurs enfants ont été tués. Ce rapport n'est pas équitable pour les Iraquiens et les enfants qui ont été tués. Nous exigerons des excuses et des indemnités pour les victimes."
La première phrase est de Nouri Kamal Al Malki, "Premier ministre" du "gouvernement" de Bagdad, la seconde de son adjoint Salam Al Zoubaye, la troisième de Adnan al Kazimi, collaborateur d'Al Malki.
Al Malki a même déclaré que son "gouvernement" allait se siasir du dossier judiciaire de ces crimes de guerre. On se demande à quoi cela servira, puisque le "gouvernement" de Bagdad ne dispose d'aucun pouvoir pour poursuivre des militaires usaméricains.
Mais qu'attendent donc ces messieurs pour quitter leurs palais et leurs fauteuils dorés et prendre le maquis ?
Ainsi donc, ça a pris du temps, mais ça y est : l'Amérique a son double My Lai iraquien.
Le premier massacre de 24 civils désarmés, dont certains dormaient encore, a eu lieu le 19 novembre 2005 à Haditha dans la province d'Al Anbar. La presse a commencé à en parler en mars 2006 [quibla.net a en a fait état le 22 mars 2006, sur la foi d'un article de The Independent, de Londres), mais c'est seulement 200 jours après les faits que les grands médias usaméricains se sont emparés de ce qui est devenu une "affaire".
Le second massacre de civils tout aussi désarmés a eu lieu à Ishaqui, dans le district d'Abou Sifa, près de Balad, à 95 km au nord de Bagdad, le 15 mars 2006.
Hadatha et Ishaqi seront-ils le My Lai iraquien des USA ?
Comme pour My Lai, le commandement sera épargné par la justice militaire, mais l'opinion usaméricaine risque à cette occasion de basculer définitivement et résolument dans le camp des opposants à la guerre. Encore faut-il qu'elle soit capable d'ouvrir grands les yeux et de se rendre compte qu'Haditha et Ishaqi, comme Abou Ghraïb, Falloujah, Tell-Afar, ne sont que des détails d'un gigantesque My Lai qui se déroule en Iraq depuis plus de 3 ans.

05/06/06 - Le précédent de My Lai : « Actes isolés » et impunité militaire
Le 29 mars 1971, une cour martiale usaméricaine déclare le lieutenant Calley principal et unique coupable du massacre de Mi Lay, dans lequel sa compagnie a assassiné, trois ans auparavant, plus de 500 civils vietnamiens sans défense.
Des centaines de personnes furent regroupées dans un fossé et mitraillées, les enfants blessés tentant de sortir du fossé étant abattus. Une trentaine de femmes qui sortaient d'un abri les mains en l'air, sont abattues avec leurs bébés. Loin d'être une crise de folie meurtrière s'emparant de soldats sadiques, l'opération est menée de manière systématique et ordonnée, étalée sur plusieurs heures. L'armée ne cessera d'insister sur la responsabilité individuelle des soldats afin de se dédouaner. Calley, lui, affirme avoir reçu l'ordre de « nettoyer le village sans prendre de gants ». Aucun des autres participants au massacre ne sera inquiété.
Unique condamné du procès, Calley écope de la prison à vie, mais sera relaché trois jours après le verdict, sur ordre du président Nixon. Il sera gracié en catimini, en 1974.
Source : http://www.anti-imperialism.net/lai/texte.phtml?section=BX&object_id=23652

 


05/06/06 - Lettre ouverte à Louise Arbour, Haut commissaire aux droits humains des Nations unies


par Mohamed T. Al Daraji, directeur de l'Observatoire des droits humains en Iraq [ Monitoring of Human Rights in Iraq - MHRI ], 3 juin 2006
Traduit de l'anglais par fausto Giudice, membre de Tlaxcala, le résau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). cette traduction est en Copyleft.
Excellence,
Le monde entier a été témoin des crimes de l'occupation usaméricano-britannique de notre pays l'Iraq. La plus récente confession des Usaméricains a concerné le meurtre de sang-froid de 24 civils à Haditha le samedi 19 novembre 2005. Après une interview télé que nous avons donné à la BBC le 29 mai 2006, cette chaîne a révélé un des crimes commis à Ishaqi, l'assassinat de 11 civils le 17 mars 2006 par les troupes usaméricaines. Parmi les victimes, il y aavait cinq enfants et quatre femmes. Pour votre information, c'est nous qui avons dénoncé ce crime, ainsi qu'un autre, advenu le 10 avril 2006 lorsque les troupes usaméricaines ont assassiné un couple, laissant orphelins ses enfants, Aïcha, une fillette de 3 ans et Haider, âgé de seulement 40 jours.
Excellence,
Les troupes usaméricaines nient aujourd'hui avoir commis une quelconque erreur dans le cas du premier crime d'Ishaqi, suite à une enquête interne qui a été tout sauf une procédure d'enquête honorable. C'est pourquoi nous nous adressons à vous, en accord avec le point 4 de la Résolution n°184 de 1993, adoptée par l'Assemblée générale des Nations unies, qui vous donne autorité pour créer une commission internationale d'enquête sur ce genre de crimes et de violations, qui entrent dans la catégorie des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité.
Excellence,
Notre peuple demande votre aide pour que nous soient restitués nos droits humains, en premier lieu le droit à la vie, une fois abolies les lois usaméricaines. Nous désirons aussi votre aide pour faire abroger les résolutions de l'Autorité d'occupation, lesquelles empêchent la poursuite par des tribunbaux iraquiens, en application de lois iraquiennes, de violations commises par des soldats et citoyens de pays occupants et à faire transférer, en accord avec la législation internationale, la souveraineté et l'autorité au peuple iraquien.
Meilleures salutations.
Source: http://www.mhrinet.org
Contact: muhtaq72@yahoo.com, mhrinet2005@yahoocom

 

 



05/06/06 - Imène Hassen, 10 ans, survivante de Haditha : « Ils ont tué ma famille puis ils sont venus nous dire sorry' ! »


par Islam on line, 27 mai 2006. Original : http://www.islamonline.net/Arabic/news/2006-05/27/article04.shtml/
Traduit de l'arabe par Ahmed Manaï, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.

« Tous ceux qui étaient à la maison ont été tués par les Américains, à part mon frère Abderrahmane et moiNous avions très peur et nous nous sommes cachés sous le matelas, sans essayer de bouger durant deux heures d'affilée. Les membres de ma famille ne sont pas morts tout de suite nous les avons entendus gémir pendant longtemps, jusqu'à ce qu'ils rendent l'âme. »
C'est par ces paroles pleines de tristesse, que l'enfant Imène Hassen, 10 ans, raconte comment les soldats usaméricains ont défoncé leur maison à Haditha (220 km au nord de Bagdad) le 19 novembre 2005 et tué 15 membres de sa famille, parmi les 24 civils tués. Ils étaient fous de rage, après la mort d'un des leurs, par l'explosion d'une bombe placée au bord de la route et ayant atteint leur véhicule militaire.
L'agence Reuters a rapporté le 27 mai 2006 les propos d'un responsable militaire usaméricain : « L'enquête poursuivie actuellement à propos de ce qui s'est passé à Haditha, pourrait conduire à lancer des accusations pénales contre un certain nombre de marines, entre autres le meurtre ».

Les détails de l'affaire

Imène raconte au journal Britannique The Times les détails de l'offensive menée contre sa famille : cela s'est passé aux environs de 7 heures du matin quand elle était encore en chemise de nuit et se préparait à aller à l'école. Son père faisait sa prière dans une chambre voisine et ses grands-parents étaient encore au lit.
A ce moment précis, ils ont entendu le bruit d'une explosion qui s'est révélé être celui d'une bombe placée sur le bord de la route ayant explosé au passage d'un véhicule militaire usaméricain et conduit à la mort de son chauffeur. La famille a entendu par la suite des tirs d'armes mais elle n'a pas quitté la maison.
Quinze minutes environ après l'explosion de leur véhicule, les Marines pénétrèrent dans la maison pour ce qui apparaissait être la recherche de combattants. Ils commencèrent à hurler au visage de son père puis lancèrent une grenade dans la chambre où dormaient ses grands-parents et commencèrent à tirer dans la salle à manger où étaient réunis la plupart des membres de la famille.
Imène ajoute : « J'ai vu ma mère atteinte d'éclats de la grenade, ma tante prendre un enfant et s'enfuir hors de la maison, alors que mon oncle Rachid descendait du premier étage avant de s'enfuir hors de la maison en voyant ce qui s'y passait. Mais les Marines l'ont pourchassé et l'ont abattu.
Tous ceux qui étaient à la maison ont été tués par les américains, à part mon frère Abderrahmane et moi. Les membres de ma famille ne sont pas morts tout de suite nous les avons entendus gémir pendant longtemps, jusqu'à ce qu'ils rendent l'âme. »

Abou Mohamed, l'oncle de Imène, l'interrompt pour ajouter « nous n'avons pas eu assez de temps pour honorer nos morts en leur assurant une sépulture digne. Nous avons enterré trois personnes par tombe, ce qui fait cinq tombes pour l'ensemble de la famille. Nous avons enterré chaque homme avec sa femme et son enfant ». Il ajoute qu'une unité de l'armée usaméricaine est venue assister à l'enterrement « non sans avoir placé au préalable des snipers tout autour ».

Mohamed Abed, le cousin de Imène, raconte quant à lui : «Les Usaméricains sont venus deux mois après le massacre pour prendre des photos des lieux et payer 2500 $ en compensation pour chaque mort ».

Imène, qui a reçu un éclat à la jambe elle aussi, termine en disant : « Je ne pardonnerai pas aux troupes usaméricaines. Je les déteste, elles sont venus nous tuer puis nous dire sorry', désolés ».

La version usaméricaine
Les troupes usaméricaines quant à elles ont commencé par déclarer que ce qui s'est passé à Haditha est tout simplement un nouvel incident sanglant. Le porte-parole militaire usaméricain, Jeffreys Paul a déclaré que « 15 civils iraquiens ont été tués alors qu'une bombe posée sur le bord de la route de Haditha explosait ». Par la suite, les troupes usaméricaines ont estimé que les civils iraquiens ont été tués au cours d'un échange de tirs entre marines et combattants iraquiens.
Mais le Times britannique a révélé qu'un journaliste stagiaire iraquien lui a transmis un film vidéo montrant les cadavres de gens tués, ainsi que des éclats de grenades et des douilles de balles à l'intérieur de la maison d'Imène, en plus de nombreuses taches de sang sur les murs de la maison. Il n'y a aucune trace d'impacts de tirs en dehors de la maison. Les médecins avaient déclaré que la plupart des victimes ont été tuées par des balles tirés à bout portant à la tête ou à la poitrine ».
Le député démocrate usaméricain John Marta, officier de réserve de l'infanterie de marine a déclaré la semaine passée : « il n'y a pas eu d'échanges de tirsNos troupes ont exagéré dans leur riposte par suite des pressions qu'elles subissent et ont ainsi tué des civils innocents de sang-froid ».

Les accusations
Le Los Angeles Times a révélé qu'il était probable que les enquêteurs lancent des accusations comprenant le meurtre, le meurtre par négligence pénale, négligence du devoir et présentation de faux rapport.
Le journal ajoute : « Les enquêteurs militaires ont conclu que 12 soldats des Marines ont tué d'une manière injustifiée, des civils désarmés, dont des femmes et des enfants, à la suite de la mort de l'un de leurs collègues dans l'explosion d'une bombe plantée sur le bord de la route.
Quant au journal The Times, citant des responsables militaires et d'autres du Pentagone au courant de l'enquête, il déclare : « Cet incident est peut être le plus grave de l'indiscipline des troupes terrestres usaméricaines en Iraq, y compris le scandale des tortures de Abou Ghraïb ».
Ce scandale constituera peut-être un autre affront au président Bush qui avait qualifié le scandale de la torture des détenus iraquiens dans la prison de Abou Ghraïb de « plus grande faute » de l'Amérique et reconnu que c'était son discours belliqueux à l'encontre des combattants sunnites et son usage de paroles dures et de défi en 2003 qui avaient peut-être « envoyé le mauvais message ».

 

 


05/06/06 - Novembre 2005 : Les troupes d'occupation tuent une famille entière


par Islam on line, 21 novembre 2005. Original : http://www.islamonline.net/Arabic/news/2005-11/21/article10.shtml
Traduit de l'arabe par Ahmed Manaï, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.

Les troupes d'occupation usaméricaines ont tué ce lundi 21 novembre 2005 cinq civils d'une même famille dont 3 enfants de un à 3 ans, et blessé deux femmes et un autre enfant, en tirant sur la voiture familiale qui les transportait.
L'agence Reuters a rapporté les propos d'un survivant : « La famille allait de Balad, à 80 km au nord de Bagdad, à Bâakouba toute proche, pour assister à un enterrement, quand elle fut prise sous le feu d'une force usaméricaine qui s'était rapprochée d'elle ».
Le jeune Ahmed Kamel Assoumra, 22 ans, qui conduisait la voiture familiale, raconte « J'ai été surpris par les véhicules militaires usaméricains devant moi et dont les soldats ont commencé à tirer sur nous de toute parts. J'ai arrêté la voiture sur le bord de la route, mais ils ont continué à tirer. J'ai vu les membres de ma famille se faire tuer un à un avant que la voiture prenne feu. J'ai extrait les cadavres de la voiture ».

La police iraquienne a déclaré pour sa part : « Les troupes usaméricaines ont confisqué l'épave de la voiture quelque temps après.»

C'étaient tous des enfants
La chaîne Reuters a montré des images de deux enfants tués à la morgue de Bâakouba alors que des membres de la famille embrassaient le cadavre d'une autre victime placée sur un chariot. Et alors qu'un ouvrier de la morgue transportait le cadavre d'un enfant au frigo, quelqu'un de la famille s'écrie : « Ce sont tous des enfants, ce ne sont pas des terroristes, regardez les enfants.. ». Un témoin dont le sang coulait d'une blessure à la tête déclare : « Nous avons eu l'impression qu'on nous tirait dessus par devant et par derrière » .

Une version différente
De leur côté les troupes usaméricaines ont reconnu les tirs d'armes mais ont donné une autre version des faits, déclarant qu'il y a eu trois morts et deux blessés. Le porte-parole militaire le Major Stephen Warren a déclaré qu des soldats usaméricains ont établi un barrage provisoire pour permettre aux véhicules militaires de sortir de l'autoroute et de se diriger sur une base militaire toute proche, quand la voiture en question s'est approchée. Celle-ci n'a pas ralenti et des tirs de semonce ont été tirés. Mais la voiture a continué sa route sans obtempérer et c'est ainsi que les soldats lui ont tiré dessus ».
Les Iraquiens accusent souvent les troupes usaméricaines de tirer sur les voitures civiles aux barrages et points de contrôle.
Les troupes usaméricaines répondent qu'elles « font tout leur possible pour éviter de tirer sur les civils «, bien qu'elles aient reconnu auparavant avoir tué des civils par inadvertance aux points de contrôle.
Dans une tentative d'éviter les tirs « sauvages », les Iraquiens ont appris à se garer sur les bords de route quand des véhicules militaires s'approchaient d'eux, pour ne pas perdre la vie ou être gravement blessé par ces troupes.

 

 

 

05/06/06 - Le massacre qui éclabousse l'armée américaine


par Dominique Raizon, RFI, 30 mai 2006

 

A l'heure où le Pentagone termine son enquête sur la tuerie de vingt-quatre civils à Haditha (ouest de Bagdad) des membres du Congrès américain accusent la hiérarchie militaire d'avoir étouffé la vérité. Le 19 novembre 2005, un soldat de l'US navy (marine américaine) et 15 civils irakiens sont tués par l'explosion d'une bombe dissimulée en bordure de route. La version établie le lendemain par un communiqué de l'armée américaine confirme la mort d'un jeune caporal et mentionne des affrontements qui auraient opposé des insurgés aux militaires américains. Les témoignages recueillis par le Time et le Washington Post auprès de témoins oculaires, ainsi qu'une vidéo réalisée par un étudiant en journalisme, font état d'un massacre qui serait « potentiellement la plus grave violation du droit de la guerre par les forces américaines en trois ans de conflit », d'après le Washington Post. Plusieurs marines américains pourraient être inculpés.

La tuerie de vingt quatre civils irakiens à Haditha (ouest de Bagdad), en novembre dernier, a conduit le Pentagone à mener deux enquêtes parallèles (l'une criminelle, l'autre administrative) pour répondre à deux questions essentielles : d'une part, qui a ouvert le feu sur des civils -de très jeunes enfants, des femmes et des personnes âgées-, et d'autre part qui, en haut lieu, a décidé qu'il valait mieux ne pas en parler ? Selon la version initiale et officielle de la tragédie, diffusée dans un communiqué le 20 novembre, au lendemain des faits, une bombe dissimulée en bord de route à Haditha aurait causé la mort d'un marine et de quinze Irakiens, puis entraîné des affrontements et des représailles meurtrières. Mais, en mars dernier, une vidéo remise à la presse (Time) par l'organisation irakienne de défense des droits de l'homme Hammurabi, enregistrée par un étudiant irakien en journalisme, montre des victimes du raid sanglant dont certaines sont en pyjama. Plusieurs journaux américains relayent les révélations qui font émerger un double scandale apparentant les exactions à un crime de guerre, maquillé de surcroît par la hiérarchie militaire. Le Pentagone serait sur le point de confirmer le pire massacre perpétré en Irak par ses propres troupes : d'après le Washington Post, « des marines pourraient être inculpés de meurtre, manquement au devoir et faux témoignage ».
« J'ai regardé à travers les rideaux. Ils sont entrés de force chez nos voisins et j'ai entendu plein de coups de feu. J'ai cru que notre maison serait la suivante », se souvient un homme de 47 ans, refusant de livrer son identité de crainte de représailles. Safa Younis, adolescente de 12 ans, seule rescapée d'une famille de huit personnes, raconte : « Les Américains sont entrés et ils ont jeté une grenade dans la salle de bains. Ils ont tué mon père dans la cuisine. Puis ils nous ont tiré dessus. J'ai fait semblant d'être morte ». Time dénonce une « tuerie sauvage » à Haditha, le Washington Post révèle que les cadavres ont été enterrés dans le « cimetière des martyrs ». L'hécatombe touche femmes, jeunes enfants et personnes âgées qui non seulement n'ont pas été protégées des violences de guerre, mais qui auraient même été « froidement assassinées à bout portant », d'après les témoignages des témoins oculaires rescapés et voisins du drame.

« Je n'excuserai pas le meurtre et c'est ce qui s'est passé »
Catégorique, John Murtha, membre démocrate de la Chambre des représentants, lui-même un ancien marine couvert de décorations -défenseur passionné de la cause des militaires américains et partisan du retrait des troupes d'Irak- a déclaré : « Je n'excuserai pas le meurtre, et c'est ce qui s'est passé ». Selon ses déclarations sur la chaîne de télévision ABC, « il n'y a aucun doute sur le fait que les militaires ont tenté d'étouffer l'affaire. Il y a eu une enquête sur les tueries juste après les faits. D'abord, ils ont dit que les Irakiens avaient été tués par des explosifs. Le lendemain, une équipe d'enquêteurs va sur place. Puis rien ne se passe, plus personne n'en entend parler, on ne dit rien à personne. Jusqu'en mars, quand Time Magazine a révélé l'information, personne ne se rendait compte de ce qui se passait ». Le quotidien Libération évoque des « compensations de 2500 dollars » qui auraient été proposées par la suite aux familles des victimes, « une preuve supplémentaire, pour John Murtha, que des officiers haut placés étaient au courant ». Et John Murtha de s'interroger : « Quand le chef d'état-major interarmées [le général Peter Pace] a-t-il été mis au courant ?A-t-il ordonné d'étouffer l'affaire ? Qui a ordonné d'étouffer l'affaire ? ».
Les raisons qui auraient conduit la hiérarchie à couvrir les exactions sont aisées à cerner : la mission d'assistance de l'ONU en Irak (Manui) indique dans un rapport qui couvre la période du 1er mars au 30 avril 2006 que depuis l'attaque du 22 février contre le mausolée d'Al Askari à Samarra, les meurtres interethniques, les intimidations et les menaces sont devenus l'une des formes les plus caractéristiques des violations des droits de l'Homme() . Des centaines de civils sont tués ou blessés chaque semaine, des dizaines de corps portant des signes de torture et d'exécution font surface chaque jour autour de Bagdad et ailleurs en Irak ». Cette nouvelle bavure, si elle était confirmée, ne ferait qu'allonger la liste.

Le massacre d'Haditha : un « My Lai irakien »
Si cette bavure devait se confirmer elle entraînerait, d'après John Murtha , un effet encore plus ravageur pour l'image des Etats-Unis dans le monde que le scandale [des sévices exercés sur les détenus] de la prison irakienne d'Abou Ghraïb ». Par ailleurs, Sami Aoun, chercheur et politologue de l'Université de Sherbrooke (Canada), souligne que de telles exactions, si elles étaient confirmées par l'enquête, pourraient être de nature à « alimenter l'hostilité des Irakiens contre les troupes militaires sur leur territoire », ce qui se dessine déjà dans les témoignages des rescapés comme Abou Hasan, qui déclare : « Maintenant, quand je vois encore des snipers américains sur les toits des habitations, je change de direction ».
Faisant référence au massacre commis en 1968 au Vietnam -qui fit 500 victimes parmi les civils vietnamiens-, Marc Garlasco, de l'organisation humanitaire Human Rights Watch évoque déjà un « My Lai irakien », même si le bilan n'est pas aussi lourd. Le général Pace a tenu à souligner que si les accusations se vérifiaient, il s'agirait de militaires ayant eu un comportement contraire aux « 99,9% d'entre eux qui font leur travail exactement comme les Américains l'attendent d'eux ». Alors que l'enquête arrive à son terme, le commandant des marines, le général Michael Hagee est parti en Irak pour rappeler aux soldats que « leur mission consistait aussi à protéger la vie des non-combattants ».
Selon la presse américaine, Al-Qaïda aurait fait des copies de ces images pour les envoyer dans des mosquées en Syrie, Jordanie et Arabie saoudite à des fins de propagande, utilisant le massacre de femmes et d'enfants pour recruter de nouveaux combattants.
Source : http://www.rfi.fr/actufr/articles/077/article_44062.asp

 

30/05/06 - Le militant pacifiste Brian Haw délogé de Westminster après 5 ans de sit-in


Presque cinq après l'arrivée de Brian Haw sur Parliament Square, devant le parlement de Westminster, la police britannique est intervenue sans ménagement pour déloger ce militant pacifiste jusqu'au-boutiste.
Arrivé le 2 juin 2001 Brian Haw était venu manifester contre les sanctions de l'ONU visant l'Irak.
Et il n'est jamais parti, fabriquant peu à peu un campement de fortune.
Brian Haw est devenu incontournable avec ses slogans contre le "sinistre" Blair et l"l'idiot" Bush .
Haw a finalement été victime d'une loi votée à la va-vite par la chambre des Communes. Un texte obligeant tout manifestant à indiquer la durée prévisible de sa manifestation...
Brian Haw avait réchappé à cette loi jusque là: la Haute cour de Londres l'avait estimé inapplicable à son affaire, en vertu du principe de non rétroactivité. Ce texte ayant été voté après le début de sa manifestation, il ne pouvait pas lui être opposé, avait affirmé le tribunal le 29 juillet 2005.
Mais la cour d'appel de Londres ne l'a pas entendu ainsi et le 8 mai elle a donné raison au gouvernement britannique.
Selon "la loi Haw", il est désormais interdit de manifester sans autorisation à moins d'un mile (1,6 km) du parlement et les manifestations autorisées ne doivent pas mobiliser plus de 20 personnes ni occuper plus de 3 mètres carrés...
Malgré plusieurs agressions violentes (nez cassé), Brian Haw n'avait jamais cédé.
Et le coup de grâce pourrait lui être porté le 30 mai, lorsqu'il comparaîtra devant le tribunal londonien de Bow Street pour violation de la loi sur les manifestations.
Source : AFP, 23 mai 2006

27/05/06 - Les déserteurs britanniques risquent désormais la prison à vie


Au terme d'une nouvelle loi adoptée à la quasi-unanimité et en catimini par le Parlement britannique, les déserteurs de l'armée britannique risquent désormais d'être condamnés à la réclusion à perpétuité. Le député travailliste John McDonnell, un des rares à avoir voté contre la loi, a qualifié cette nouvelle loi d'"inhumaine et barbare".
Le nombre des déserteurs de l'armée britannique n'a fait qu'augmenter depuis cinq ans : il est passé de 86 en 2001 à 118 en 2002, 135 en 2003, 230 en 2004 et 383 en 2005.
Source : http://tinyurl.com/g22dl

 

«Arrêtez ces crimes contre l'humanité perpétrés par les escadrons de la mort »


Appel urgent de l'association islamique internationale des droits de l'homme en Irak (IHRAS)
Bagdad, Iraq, 17 mai 2006


Au Secrétaire général de Nations Unies
Au Président et membres du Conseil de sécurité
Aux Monarques et Présidents des pays arabes et musulmans et du monde
Au Comité international de la Croix rouge et du Croissant rouge
Aux organisations internationales et associations des droits humains

Arrêtez les opérations d'épuration ethnique, les interpellations, les tortures, les massacres, les liquidations, les enlèvements, les expulsions collectives et le génocide perpétrés par la brigade BADR et les milices qui lui sont rattachées.
Arrêtez ces crimes contre l'humanité perpétrés par les escadrons de la mort contre le peuple iraquien et notamment les Arabes sunnites et tous les chiites hostiles à ces crimes.
Inscrivez la brigade BADR, dirigée par Hédi Al AMRI et les milices alliées, toutes chapeautées par le ministre de l'intérieur iraquien, Bayane Jabr Soulag, dans la liste des organisations terroristes et appliquez-leur les lois internationales.
Nous réclamons de la communauté internationale qu'elle prenne toutes les mesures nécessaires pour demander des comptes, poursuivre et juger les responsables de ces crimes, conformément à la législation internationale.
Actuellement, chaque jour, plus de cent personnes, arabes et musulmans sunnites, des civils désarmés, sont interpellées publiquement à la sortie des mosquées ou enlevées chez elles par les forces du ministère de l'intérieur iraquien, sur la base de leur identité. Elles sont liquidées après avoir subi les tortures les plus barbares et leurs cadavres profanés et dépecés sont retrouvés quelques jours plus tard.
La tragédie des Arabes sunnites en Iraq constitue à n'en pas douter un crime contre l'humanité.
La milice Badr et les milices alliées opèrent à partir de quartiers généraux tenus secrets, mais leurs actions sont couvertes et protégées par le ministère de l'intérieur, dirigé par Bayane Jabr Soulag, ainsi que par les divers centres des forces de sécurité. Pour perpétrer leurs crimes, ces milices comptent sur le soutien logistique et les informations livrées par les divers services du ministère de l'intérieur.
Ces milices entreprennent de vastes campagnes d'intimidation, notamment par des lettres anonymes et des tracts, s'adressant autant aux chiites qu'aux sunnites, pour les contraindre à quitter leurs maisons et leurs quartiers et parvenir ainsi à une séparation entre les groupes confessionnels. Leur objectif et de rallumer le feu de la guerre civile afin d'ouvrir la voie à la partition de l'Iraq, à la constitution de zones d'influence et à permettre enfin à l'Iran de prendre pied dans le Machrek arabe.
L'intégration de la milice Badr et des milices alliées dans l'armée et la police, leur a donné la couverture officielle qui leur a permis d'opérer en toute impunité et sans aucun contrôle.
Ces milices ont assassiné les meilleurs universitaires, médecins, religieux, écrivains, officiers supérieurs et pilotes iraquiens qui avaient participé à la guerre contre l'Iran, étant de notoriété publique que la milice Badr est sur le plan confessionnel entièrement inféodée à l'Iran et qu'elle coordonne son action avec les services de sécurité iraniens.
Nous vous invitons à agir pour l'application de:
1) La Convention sur la prévention et la punition du crime du génocide.
2) Convention sur la non- application des limitations statutaires aux crimes de guerre et aux crimes contre l'humanité.
3) Principes de coopération internationale dans la détection, l'arrestation, l'extradition et la punition des personnes coupables des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité.
Nous devons signaler que les forces américaines d'occupation, qui agissent sous couvert des Nations Unies, ont failli à leurs obligations légales. Celles-ci leur imposent de prendre toutes les mesures indispensables afin de protéger les civils sans armes et de les défendre contre les agressions barbares qu'ils subissent de la part de milices, usant de tenues, d'armes, de véhicules et de locaux du ministère de l'intérieur. Ces agressions et ces massacres sont perpétrés au quotidien, notamment à Bagdad, contre la population arabe sunnite et contre ceux des chiites hostiles à leurs plans.
Plus grave, les forces américaines d'occupation n'accordent aucune importance à ces massacres de civils innocents, perpétrés par les milices dépendantes du ministre de l'intérieur et même les encouragent en s'abstenant d'intervenir pour arrêter ou tuer ces agresseurs. Cela constitue un encouragement à ces milices pour continuer leurs crimes, assassiner, torturer, menacer et expulser les Iraquiens afin de changer la réalité géographique du pays et permettre ainsi aux occupants américains d'échapper au bourbier dans lequel ils se sont engagés dans leur guerre contre le terrorisme.
Nous affirmons que les forces américaines d'occupation en Irak ont prouvé leur irrespect pour :
1) La Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en période de guerre.
2) Le Protocole additionnel aux conventions de Genève du 12 août 1949, et concernant la protection des victimes des conflits armés internationaux et non internationaux (protocole I et II)
En lançant cet appel, nous espérons que la communauté internationale et l'ensemble des organisations des droits humains, interviennent auprès de l'administration américaine, afin de :
1) Arrêter les opérations de génocide et d'épuration ethnique perpétrées par la milice BADR contre les sunnites et les chiites, dans le but de faire monter les tensions interconfessionnelles et contre les arabes sunnites.
2) Arrêter tous les responsables impliqués dans ces massacres et ces opérations d'épuration ethnique et particulièrement le ministre de l'intérieur Bayane Jabr Soulag et le responsable de la milice Badr, Hédi Al Amri.
3) Nous invitons les Nations unies à envoyer des experts et des inspecteurs afin de visiter les prisons iraquiennes et d'enquêter, d'une manière indépendante, sur la terreur, les tortures et les horreurs pratiquées dans ces prisons à l'encontre des détenus iraquiens surtout de la part des miliciens armés de Badr et de ses alliés et qui semblent tout à fait inédits.

Nous rappelons enfin le paragraphe 90 du protocole additionnel II, de la convention de Genève et la nécessité d'enquêter sur les allégations d'abus et de torture.
C'est le devoir moral et légal de la communauté internationale de faire tout ce qui est en son pouvoir pour protéger les droits des Iraquiens en mettant un terme aux abus et en poursuivant les responsables.

Association islamique internationale des droits de l'homme en Irak
(IHRAS)- Bagdad, Iraq.

 

Contre la guerre, retrait immédiat des troupes italiennes !


Ci-dessous trois textes contre les guerres en Irak et Afghanistan : une pétition de praticiens travaillant sur le terrain (parlamentodipace@gmail.com ), et deux textes de Stefano Chiarini : sur l'utilisation de nouvelles armes (laser et micro-ondes) (voir aussi sur le site de Rainews24, www.rainews24.it l'article http://www.rainews24.it/ran24/inchieste/guerre_stellari_iraq.asp et en particulier l'impressionnant vidéo du test des effets de l'arme à micro-ondes Active Denial System sur des mannnequins, ainsi que l'article Armes à énergie directe,
http://www.rainews24.it/ran24/inchieste/documenti/ARMI_ENERGIA_ DIRETTA.pdf )
Et l'analyse de Chiarini sur ce qui s'annonce (confirmé hier par les décalarations habiles de Romano Prodi) comme retrait "à l'italienne" des troupes engagées en Irak. Sur l'Afghanistan, par contre, pas d'hypocrisie : Prodi n'en a pas parlé du tout. On peut signer la pétition, les pacifistes italiens ont besoin de notre soutien, avant le vote du budget de refinancement de l'occupation italienne en Irak et en Afghanistan.
Marie-Ange Patrizio
On peut se rappeler que D'Alema, le nouveau ministre des Affaires Etrangères, était premier ministre du gouvernement qui a engagé l'Italie dans la guerre humanitaire de l'Otan en Yougoslavie : 68 jours de bombardements sur la Serbie, les avions partant des bases américaines du nord de l'Italie, dont Aviano : des bombardiers qui passent en continu toutes les nuits, ça laisse un souvenir dans les villages, même si les bombes tombent plus loin)(depuis ils ont trouvé des armes plus discrètes, allez sur les sites). "Quarante milliards de dollars de dommages que personne n'a payés, 5000 victimes civiles, deux mille morts parmi lequels beaucoup de femmes et d'enfants. Et aucun criminel de guerre (non serbe) à la barre". Et un génocide en cours sur les populations serbes du Kosovo. Et la Serbie comme camp de 200.000 réfugiés... Les monastères orthodoxes (mais un peu orientaux quand même) qui continuent à bruler, on en parlera une autre fois. Elle progresse la démocratie... (avec la science)(et les droits de l'homme, et des femmes, bien sûr). Italiani brava gente.

 

 

Contre la guerre tout de suite : militaires hors d’Irak


Luigi Ciotti
Tonio Dell’Olio
Gino Strada
Alex Zanotelli*

Onorevoli** députées et députés, onorevoli sénatrices et sénateurs,
Cet appel, rédigé au moment tragique où les victimes des deux théâtres de guerre en Irak et en Afghanistan revenaient en Italie pour recevoir des funérailles d’état, arrive aussi au moment où le nouveau parlement de la République vient à peine de commencer ses travaux. Nous voudrions que ce soit un nouveau début ou, mieux, un tournant. Un tournant décisif en politique extérieure avec des choix courageux pour une véritable politique de désarmement, afin de mettre en acte, par des choix concrets, l’article 11 de la Constitution. Puisque, selon l’article 11, il n’est pas possible d’utiliser la guerre comme moyen de résoudre les crises internationales, le premier choix qui s’impose, que nous demandons au nouveau gouvernement, est celui d’interrompre les missions militaires dans les zones de guerre et de retirer les troupes italiennes d’Irak et d’Afghanistan.
La seule vérité de la guerre est ses victimes.

Malheureusement nombre d’entre nous ne se rendent compte de cette vérité que lorsque les victimes sont des soldats italiens, et nous avons du mal à réaliser cette même vérité quand, ces victimes, nous ne les voyons pas, quand elles sont « autres », même si nous avons su de façon indirecte que des milliers de personnes ont été assassinées à Falludja et à Ramadi, torturées à Abou Ghraib, bombardées dans les villages afghans ou ont sauté et ont été mutilées par les cluster bomb en Afghanistan comme en Irak.

Mais s’il est vrai que la seule vérité de la guerre ce sont ses victimes , s’il est vrai qu’au nom de cette vérité des milliers de gens sont descendues dans la rue avec le drapeau arc-en-ciel dans notre pays, en y réclamant une politique de paix, alors nous vous demandons, faisant appel à la liberté de conscience et au respect de l’article 11 de notre Constitution, de mettre fin à la présence militaire italienne en Irak et en Afghanistan, en décidant de ne pas voter le nouveau budget de ces missions de guerre.

Les missions de paix doivent tendre à la pacification et à la reconstruction, et pour cela devraient être sans armes, à notre avis, sans armées, fondées sur la coopération avec les autres peuples, sur la diplomatie, sur le dialogue et la solidarité. Tout le système d’intervention doit être repensé à l’enseigne d’une nouvelle politique extérieure. Mais dans l’immédiat, pour sauver des vies humaines, pour interrompre la spirale de mort, pour opérer une pression internationale qui provoque la fin des occupations militaires, nous demandons que le Parlement italien donne un signe fort de discontinuité, immédiatement et sans ambiguïté. Que notre salut soit avec les paroles de Gandhi : « il n’y a pas de route qui conduise à la paix, la paix est la route ».
*Premiers signataires
Toutes les personnes et associations qui se sentent impliquées pour la paix et la défense de l’article 11 de la Constitution, afin de donner une visibilité au peuple de la paix, peuvent adhérer à cet appel en écrivant à :
parlamentodipace@gmail.com

Edition de dimanche 14 mai 2006 de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/14-Maggio-2006/art6.html
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

** onorevole (honorable) est le titre réservé en Italie aux élus des deux Chambres, sénat et parlement

Luigi Ciotti, prêtre, fondateur de l’association anti-mafia Libera, voir :
http://www.humanite.presse.fr/journal/2004-12-28/2004-12-28-453710
Tonio Dell’Olio, Pax Christi,
Gino Strada, chirurgien, fondateur de Emergency, Ong italienne qui opère en particulier pour le domaine médical et chirurgical dans des zones en guerre, et dans les camps de réfugiés, voir leur site :
http://www.emergency.it/index2.php
Alex Zanotelli, prêtre, auteur de « Avec ceux qui n’ont rien », voir aussi :
http://www.tni.org/news/george-news.htm

Ces quatre personnes sont très engagées dans le mouvement contre la guerre, en Italie.
Les notes sont de la traductrice.


Irak, polygone d’armes au laser


STEFANO CHIARINI
« Sur les corps de certaines victimes de la bataille de l’aéroport de Bagdad, en 2003, j’ai vu des choses étranges et inexplicables, comme le fait que trois passagers d’une voiture avaient le visage brûlé et sans yeux, mais leurs corps ne montraient pas de blessures de ce genre, ni aucune trace de projectiles ». Par ces paroles, Mahjid al Ghazali, premier violon de l’orchestre de Bagdad, évoquait ses soupçons, au lendemain de la seconde guerre du Golfe, au cinéaste étasunien Patrick Dillon : sur l’expérimentation possible en Irak de nouvelles armes à énergie « non cinétique » mais directe (laser) et à micro-ondes. Des armes « invisibles » qui lancent des électrons très vite et très loin. Version moderne et tragiquement fonctionnelle du fameux « rayon de la mort » proposé, inutilement, aux Usa, en 1942, par le physicien Nicola Tesla.

Le musicien irakien Mahjid al Ghazali, qui est assez renommé, est un des témoins oculaires ; c’est à partir de ses paroles que Sigfrido Ranucci et Maurizio Torrealta dévident l’enquête sur les nouvelles armes expérimentées en Irak et en Afghanistan, mais que nous pourrions rapidement voir aussi à l’œuvre au cœur de l’Occident. L’émission, présentée hier à la Fédération Nationale de la Presse à Rome, par les auteurs et Roberto Morrione, directeur de RaiNews24, sera transmise aujourd’hui, jeudi, à 7h36, sur RaiTre aussi, et de nouveau à 13h06 ; elle est consultable en ligne, en italien, anglais et arabe, sur le site www.rainews24 . Une enquête « de présomption », a déclaré Roberto Morrione, mais qui s’appuie sur des indices, témoignages et éléments de faits, assez solides et concrets. Le violoniste irakien, retrouvé récemment à Amman par l’équipe de RaiNews24, a de fait évoqué encore trois autres indices importants : un autobus touché près de l’aéroport se serait « recroquevillé sur lui-même comme un vêtement mouillé en se réduisant aux dimensions d’un minibus » ; les soldats étasuniens dans certaines zones de l’aéroport – comme cela allait arriver à Falludja deux ans plus tard – auraient « ratissé » le terrain en l’emmenant à bord de grands camions ; les corps de victimes étaient comme rapetissés et déshydratés. Ranucci et Torrealta ont ensuite trouvé un autre témoignage intéressant, de plusieurs médecins de l’hôpital de Hilla, à 100 kilomètres au sud de Bagdad, enregistré en vidéo par Geert Van Morteer, un médecin volontaire en Irak. Saad al Falluji, l’un des médecins interrogés, raconte comment, pendant la guerre de 2003, est arrivé un jour aux urgences un petit bus, à peine touché, dans lequel une vingtaine de passagers avaient été comme mis en pièces mais on ne savait pas par quoi. Aucun des survivants n’avaient entendu d’explosion, il n’y avait pas de balles, ni éclats ou fragments de ce genre sur leurs corps. Devant ces témoignages, les auteurs de l’enquête ont demandé à interroger les sociétés productrices des systèmes d’armes au laser et à micro-ondes, mais le Pentagone a opposé un refus catégorique. Pourtant à la veille de la guerre, le secrétaire à la défense Rumsfeld et le général Meyers, surtout, avaient à moitié admis, dans des déclarations, leur disposition à expérimenter des armes de ce type. En réalité, l’existence d’armes au laser n’est pas une nouveauté et a été prouvée par les images de nombreux tests relatifs au « Thel », sigle de « Tactical High Energy Laser » - projet américano-israélien- qui montrent certains missiles et ogives de mortier touchés et détruits par un rayon invisible.

Le passage de l’expérimentation en laboratoire à celle sur les champs de bataille d’armes à énergie directe semble confirmé par les milieux militaires étasuniens eux-mêmes, selon lesquels un dispositif laser appelé « Zeus » monté sur des Humvee, une sorte de jeep, aurait été employé en Afghanistan pour nettoyer à distance des champs de mines.

En outre selon deux sites accrédités d’informations militaires, le « Defence Tech » et le « Defence Daily », trois véhicules semblables au moins ont été utilisés en Irak. L’enquête, enfin, s’occupe d’une autre arme particulière, à micro-ondes cette fois, appelée « Active Denial System », plus connue comme « Rayon de la douleur ». Le système d’arme, monté lui aussi sur un véhicule, a la capacité d’activer, à travers un rayon à micro-ondes, les récepteurs de la douleur dans les zones blessées, en provoquant une douleur folle pendant quelques secondes. L’arme est présentée comme « non létale », si bien que son utilisation en a été pensée pour le contrôle de l’ordre public à l’intérieur des villes occidentales, mais elle pourrait en réalité provoquer des blessures graves et des séquelles permanentes et, par ses caractéristiques, pourrait être utilisée pour torturer, et tuer aussi. Selon la revue militaire «Defence Industry Daily », trois modèles de cette arme, montés sur des véhicules, auraient été commandés, pour 31 millions de dollars, par le général de brigade James Huggings, chef du staff de la Force Multinationale en Irak ; il aurait aussi requis l’approbation pour 14 autres exemplaires. Toujours pour le bien des irakiens et de la démocratie.

Edition de jeudi 18 mai 2006 de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/18-Maggio-2006/art56.html
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 

Irak, le retrait à l’italienne


STEFANO CHIARINI
Malgré le changement de gouvernement, l’Italie restera-t-elle peut-être en Irak aux côtés des troupes d’occupation américaines, avec un contingent de 600 hommes environ, pour « protéger » la reconstruction du pays et conduire l’entraînement des milices du gouvernement fantoche irakien ? Le ministre de la défense Martino (du gouvernement Berlusconi, ndt) qui s’est envolé hier matin (16 mai, ndt) pour Nassiriya pour dire « au revoir » aux troupes italiennes en Mésopotamie, en semble convaincu, de même que le commandement italien et l’Administration américaine elle-même. Arrivé dans la matinée sur la base italienne de « Antica Babilonia », Martino, dans sa dernière déclaration de ministre de la Défense, a confirmé le projet destiné à « couvrir » de notre drapeau le « protectorat » étasunien sur la Mésopotamie : réduction de 2600 à 1600 hommes d’ici le mois de juin et, à la fin de l’année, passage de « Antica Babilonia » à « Nuova Babilonia », laissant environ 600 hommes à Nassiriya. Devraient aussi rester en Irak les militaires italiens présents aux côtés du Commandement Britannique de la division multinationale (zone sud-est), du commandement Multinational des Forces de l’Otan et un noyau de volontaires de la Croix-Rouge italienne. Le ministre Martino a été très clair hier : « J’entends rassurer une fois de plus les autorités irakiennes : nous ne partons pas, nous ne fuyons pas, nous ne nous retirons pas. C’est seulement la nature de notre mission qui change : jusqu’à présent elle a surtout été militaire, à partir du début de l’année prochaine elle sera surtout civile ». En ajoutant ensuite, de façon polémique, « si le nouveau gouvernement veut bien continuer à honorer les engagements qui ont été pris ».

En d’autres termes, aucune solution de continuité entre les deux missions. Un simple changement de peau. La « nouvelle » mission italienne tournera autour d’un mélange mortel de « civil et militaire », prenant la tête du « Team de reconstruction Provincial » de Nassiriya, bâti sur le modèle des organismes analogues mis sur pied en Afghanistan par l’Otan. Les Prt sont en réalité le contraire de ce que raconte leur justification officielle. Il ne s’agit pas de troupes laissées pour protéger les « civils » mais plutôt d’un instrument qui garantit l’insertion de la structure militaire dans la zone des opérations en essayant de leur donner une légitimité et de réduire au minimum les frictions avec la population et la société locales. C’est une structure mixte avec des composantes civiles et militaires mais à l’intérieur d’un projet qui est toujours celui de l’occupation militaire conduite par les Usa, et de soutien aux gouvernements et au gouverneurs fantoches locaux, qui, sans les forces d’occupation, ne pourraient pas poursuivre leurs trafics illégaux, voire criminels. A commencer par le gouverneur de Nassiriya, Aziz al Ogheli, qui, évidemment, demande tous les jours à grands cris que nous soldats continuent à risquer leur vie pour protéger ses activités clientélistes (si ce n’est pire) et celles du Sciri, le Parti, pro-iranien, de la révolution islamique en Irak, auquel il se réfère.

Outre l’absence de toute analyse critique sur la faillite de notre présence à Nassiriya –au-delà du comportement généreux de nos soldats – on est frappés en plus de la hâte avec laquelle le gouvernement sortant et le haut commandement de l’état-major ont procédé à la création de cette nouvelle mission, avant la formation du gouvernement Prodi. Le team provincial pour la reconstruction de Nassiriya commencera à œuvrer dans les premiers jours de juin et sera pleinement opérationnel dès la moitié du mois prochain. A la tête de la nouvelle structure, il y aura un fonctionnaire du ministère des affaires étrangères italien (nouveau ministre Massimo d’Alema, qui avait engagé l’Italie dans la « guerre humanitaire » de l’Otan en Yougoslavie, ndt), avec deux adjoints, un officier italien et un « civil » étasunien. Comment il sera possible de mener ce travail, étant donnés les échecs précédents et dans une situation par ailleurs plus détériorée en matière de sécurité, et avec une composante militaire réduite à 600 hommes seulement, on ne le sait pas. La seule certitude est qu’on mettra en danger inutilement les vies de nombre de nos concitoyens civils et militaires. Pour rendre appétissante à l’Unione la pomme empoisonnée laissée à Nassiriya, on a placé à la tête de cette opération suicide un vigoureux fonctionnaire du ministère des affaires étrangères, Ugo Troiano, connu pour son rôle positif de « maire » de Kosovo Polje. Le projet de laisser une partie de nos soldats en Irak, n’aura cependant pas la vie facile dans le nouveau gouvernement : après la prise de position radicale du Pdci, qui a demandé un retrait immédiat des troupes, ça a été hier le tour du vert Paolo Cento et du groupe sénatorial de Rifondazione comunista au sénat, qui a adhéré à l’appel lancé dans les colonnes de il manifesto par Don Luigi Ciotti, Tonio Dell’Olio, Gino Strada et Alex Zanotelli : pour le retrait des troupes italiennes d’Irak et d’Afghanistan, et pour l’interruption de toute mission italienne dans les zones de guerre (voir article joint, et parlamentodipace@gmail.com pour signer la pétition, ndt).

Edition de mercredi 17 mai de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/17-Maggio-2006/art46.html
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 

 

16/05/06- Interview de Cheikh Hareth Al Dhari, secrétaire général de l'Association des oulémas musulmans


par Yad Dlimi, Service Quds Press, Bagdad, 6 mai 2006


Traduit de l"arabe par Ahmed Manaï, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.



Le Cheikh Hareth Al Dhari, Secrétaire Général de l"Association des oulémas musulmans d"Iraq (sunnite), déclare que son association ne compte nullement sur le processus politique actuel pour faire sortir le pays de sa crise. Cette opération se passant sous l"occupation, elle est sans effet comme en témoignent les résultats des trois dernières années.

A propos du chiffre exact des pertes usaméricaines, le S.G. de l"association des oulémas déclare qu"il est plusieurs fois supérieur au chiffre officiel. Quant aux victimes iraquiennes depuis le début de l"occupation, leur nombre est de 200 000, selon lui, et non pas 35 000 comme le prétendent les usaméricains. Selon lui le nombre des prisonniers et de détenus dans les prisons et les divers centres de détention serait de 70 000.

Le Cheikh Al Dhari déclare d"autre part, que son association a une vocation purement religieuse de conseil, d"éducation et d"orientation, qu"elle ne dispose d"aucune ramification politique et qu"elle s"interdit de ce fait d"intervenir dans le jeu politique, que ce soit sous l"occupation ou après.

Il ajoute qu"il n"y a actuellement d"autre salut pour l"Iraq que de construire une armée nationale disposant du soutien populaire, ne dépendant d"aucune milice partisane et n"ayant d"autre allégeance qu"à l"Iraq. Il refuse par la même occasion toute intervention de troupes arabes pour remplacer les troupes d"occupation, affirmant que la résistance iraquienne est en progression constante depuis 3 ans d"occupation et que sa légitimité découle en droite ligne de la présence de l"occupant.


Voici le texte de l"interview :

Quds press : Au bout de trois ans d"occupation usaméricaine de l"Iraq, comment voyez-vous la situation du pays et vers quoi croyez-vous que les choses s"orientent ?


Al Dhari : Au cours des trois dernières années d"occupation usaméricaine, l"Iraq a atteint le sommet d"une véritable tragédie. Si cela devrait continuer ainsi, nous allons vers un destin plus sombre : l"inconnu. Ce que confirment par ailleurs toutes les données sur le terrain. Rien de ce qui se fait n"est en mesure de donner le moindre espoir pour un règlement dans un proche avenir : l"action politique est irresponsable et ses retombées sont hésitantes, ce qui renforce l"idée que l"Iraq va vers l"inconnu !


Quds press : Certains politiques estiment que votre organisation se contente de critiquer et ne prend pas la peine de proposer des solutions alternatives. Avez-vous des solutions alternatives pour sauver l"Iraq de la crise dont vous parlez ?


Al Dhari : Nous ne critiquons pas dans l"absolu mais nous critiquons ceux qui le méritent pour leurs faits et gestes, ceux qui ont soutenu l"occupation et qui ont servi ses plans d"administration du pays sous les appellations les plus diverses : à commencer par le conseil du gouvernement, puis le gouvernement intérimaire et le gouvernement provisoire élu. Tous ceux qui ont le sens de la justice et un minimum de conscience politique se rendent compte des effets désastreux des politiques de ces diverses instances. L"occupation a la haute main sur le pays et n"a d"autre souci que le problème de la sécurité qu"elle traite avec la seule force armée. Les citoyens iraquiens sont l"objet d"agressions permanentes d"une rare brutalité, planifiées et improvisées qui font des dizaines sinon des centaines de morts tous les jours. Cette situation dure depuis trois ans et se trouve actuellement en progression constante. Le problème économique est totalement ignoré, balayé par tous les vents, ballotté entre les mains des occupants et de leurs semblables. Ainsi le pétrole iraquien est l"objet d"un pillage systématique et ses royalties détournées, ce que confirme un responsable usaméricain qui déclare que « la corruption gangrène le pétrole et l"ensemble de l"économie iraquienne ». Témoignage tardif certes ! Au plan social, le peuple est écrasé par la misère, manque des moyens les plus rudimentaires de la vie. Les frontières de l"Iraq sont largement ouvertes à tous les vents, violées par les mafias du crime, de la drogue et autres.

La première préoccupation des gouvernements successifs est la gestion du dossier de la sécurité que leur ont confié les occupants puis celui des intérêts personnels de leurs membres, de leurs partis respectifs et des clans dont ils sont issus, sans autre considération pour les besoins des gens et de leurs conditions humaines. Bien plus grave, certains clans dans ces gouvernements pratiquent la politique du « après moi le déluge », une politique sectaire, d"exclusion et même de liquidation physique, de purification confessionnelle et de bannissement individuel et collectif. Ce qui se passe au quotidien en Iraq aujourd"hui en est la meilleure preuve.


Quds press : Quel est exactement votre position face à ces nombreuses crises ?


Al Dhari : Face à ce qui se passe sur la scène iraquienne, face à la peur, à la terreur, aux assassinats ciblés, aux liquidations physiques, aux arrestations perpétrées par l"occupant et ses sbires locaux, l"association des oulémas, ne peut, de par son statut d"organisme de conseil et d"orientation, que dénoncer ces crimes, ces atteintes graves aux droits les plus élémentaires de l"homme -qui sont le droit à la vie, à la sécurité et à une existence digne- ces dérapages et ces dérives. Nous le faisons avec la sérénité requise en appelant toutes les parties concernées à se réveiller, à reprendre leurs esprits et à mettre fin à leurs agissements criminels.


Quds press : Comment réagissent-ils et avez-vous fait des propositions pratiques ?


Al Dhari : Nos conseils et nos appels sont malheureusement mal reçus, souvent considérés comme irréalistes et nous-mêmes taxés parfois de terroristes. Nous avons présenté pourtant dès la première année de l"occupation un plan de sortie de crise, consistant à transférer la responsabilité de l"administration de l"Iraq à l"ONU et au retrait des troupes d"occupation, à charge pour l"organisation internationale de constituer un gouvernement national iraquien indépendant, composé de compétences nationales. Puis au bout d"une certaine période, l"organisation d"élections libres et transparentes sous contrôle des Nations Unies et d"autres partenaires indépendants, devant déboucher sur une assemblée nationale qui se charge de doter le pays d"une constitution. De cette assemblée ou même en dehors d"elle, selon les dispositions de la constitution il se constituerait un gouvernement national, représentant tous les Iraquiens, fondé sur la citoyenneté et non pas sur l"ethnisme et le confessionnalisme qui caractérisent les gouvernements nés sous l"occupation.


Quds press : C"est ce que vous aviez proposé auparavant, mais quelles sont vos propositions actuelles ?


Al Dhari : Nous étions les premiers à faire ces propositions que nous avions transmises au secrétaire général adjoint de l"ONU, Lakhdar Ibrahimi. Les choses ont changé actuellement et en fonction de la nouvelle donne, nous avons proposé un plan qui pourrait faire baisser les tensions et ouvrir la voie à une accalmie et plus tard à une normalisation. Notre plan consiste tout simplement à constituer une armée nationale iraquienne, représentative de toutes les composantes de la société iraquienne et qui n"a d"autre allégeance que pour l"Iraq, et non pas comme c"est le cas aujourd"hui, de simples ramifications armées des partis et clans qui le démolissent à vue d"¦il.


Quds press : Ne croyez-vous pas que les négociations politiques actuelles pour constituer le nouveau gouvernement, sont de nature à faire baisser la tension dans le pays ?


Al Dhari : Ce processus n"aide pas à faire baisser la tension, loin de là. Les choses continuent dans la même voie et pour preuve, la croissance des arrestations, des enlèvements et des assassinats. Nous ne constatons aucun souci pour les intérêts nationaux et les souffrances des citoyens dans ces marchandages politiques. Les intérêts des groupes et des individus sont par contre dominants. En plus toutes les figures politiques marquantes au niveau de l"Etat et du gouvernement ont fait partie des trois premiers gouvernements qui ont fait tant de mal à l"Iraq et à son peuple, sans oublier que la plupart de ces hommes politiques manquent d"envergure et de personnalité et se trouvent en deçà des niveaux requis pour ces hautes responsabilités.


Quds press : Le président iraquien, Jalel Talabani a parlé il y a quelques jours de rencontres fructueuses avec certains groupes armés en Iraq. Ceci peut-il contribuer à faire baisser les tensions ?


Al Dhari : Nous avons entendu les déclarations du président de la République parlant de rencontres avec les représentants de nombreux groupes de résistance, mais nous ignorons s"ils représentent des groupes de résistance influents ou non, s"ils sont les véritables représentants de ces groupes comme ils disent et disposent ainsi du pouvoir de signer des accords permettant de faire baisser les tensions. Ceci dit, de nombreux groupes de résistance et parmi les plus influents, ont déclaré ne pas avoir participé à ces rencontres.


Quds press : Il y a actuellement de nombreuses forces politiques sunnites dans le nouveau gouvernement. Laquelle soutenez-vous ?


Al Dhari : Nous ne soutenons aucune force dans ce processus politique parce que nous ne croyons pas à son utilité pour sortir l"Iraq de la situation actuelle.


Quds press : Combien de temps allez-vous encore demeurer en dehors du processus politique ?


Al Dhari : Nous le resterons indéfiniment, tant que durera l"occupation et après. Mais cela ne signifie pas que nous ne suivons pas tout. Nous continuons cependant à dispenser à ceux qui veulent nous entendre, les conseils que nous jugeons dans l"intérêt de notre peuple et de notre nation.


Quds press : Des statistiques usaméricaines ont révélé récemment qu"il y a eu 35 000 Iraquiens et près de 2 400 soldats usaméricains morts depuis le début de l"occupation. Avez-vous un commentaire ?


Al Dhari : Ces statistiques ne sont pas précises. Nos propres informations indiquent qu"il y a eu 200 000 morts iraquiens depuis l"occupation usaméricaine. Le journal médical britannique The Lancet, avait annoncé le chiffre de près de 100 000 morts iraquiens, il y a tout juste 8 mois. Les pertes réelles usaméricaines sont beaucoup plus importantes que ne le disent les chiffres officiels. Le chiffre indiqué représente à peine le quart des soldats usaméricains tués.

Quds press : De nombreuses sources politiques arabes et autres ont émis l"idée de faire remplacer les troupes usaméricaines par des forces arabes. Croyez-vous que l"idée soit acceptable pour une solution raisonnable de la crise iraquienne ?


Al Dhari : L"idée n"est pas viable. Elle ne sert ni l"Iraq ni les troupes en question parce que la situation a beaucoup évolué et a rendu cette proposition caduque. Le meilleur moyen de traiter le problème iraquien aujourd"hui, est comme je l"ai dit, de constituer rapidement une armée nationale iraquienne, soutenue par le peuple et n"ayant d"autre allégeance qu"à l"Iraq et non pas aux milices partisanes.


Quds press : Certains estiment que l"Iraq subit actuellement plus une occupation iranienne que usaméricaine. Comment voyez-vous la position de l"Iran en Iraq ?


Al Dhari : Il y a actuellement en Iraq une occupation, celle des USA, de la Grande-Bretagne et de leurs alliés. L"intervention n"est pas le fait d"un seul pays mais de plusieurs, certains intervenant plus que d"autres, d"une manière trop flagrante avec des services et des forces de sécurité, ce qui en fait un acteur important sur la scène iraquienne. Cette situation est connue de tous ceux qui s"intéressent au fait iraquien. L"occupation comme l"intervention, d"un commun accord ou non, participent à la destruction de l"Iraq et à porter préjudice à son peuple.


Quds press : A combien vous estimez le nombre de détenus iraquiens dans les prisons usaméricaines et iraquiennes ?


Al Dhari : Il y a près de 70 000 détenus iraquiens, répartis dans les prisons des forces usaméricaines et iraquiennes. Ainsi, il y en a près de 37 000 dans les prisons du gouvernement, 16 000 dans les prisons usaméricaines et près de 16 000 dans les prisons d"Irbil, Dohouk, Sousa, Suleymania et autres dans le nord de l"Iraq. Tous ces détenus subissent les pires tortures et survivent dans des conditions inhumaines. La majeure partie d"entre eux sont des innocents, arrêtés sur dénonciation calomnieuse ou sur des bases confessionnelles.


Quds press : Après trois ans d"occupation, comment voyez-vous la résistance iraquienne ?


Al Dhari : Nous constatons que la résistance continue, que son rendement est en croissance et que ses effectifs sont en nette progression si l"on tient compte des nouveaux noms de groupes qui apparaissent. Pour toutes ces raisons, je crois que la résistance continuera tant que durera l"occupation, les deux étant intimement liées.


Quds press : Auriez-vous des informations sur l"appartenance identitaire et culturelle des combattants et comment les classer idéologiquement ?


Al Dhari : La résistance en Iraq est toute et avant tout une résistance nationale. Elle comprend des islamistes qui sont les plus nombreux, des nationalistes, des indépendants et Grâce à Dieu, il y en a, à ce que l"on dit, de plus en plus de chrétiens.


Quds press : Quels sont les rapports de l"association des oulémas avec les groupes de résistance ?


Al Dhari : Nos rapports sont des rapports de bienveillance et d"appui de principe sans autre implication.


Quds press : Vous avez visité de nombreux pays arabes et rencontré leurs dirigeants. Comptez-vous sur un rôle arabe pour régler le problème iraquien ?


Al Dhari : Nous ne comptons sur aucun rôle politique arabe et nous estimons que les tentatives d"organiser des conférences pour les Iraquiens sont insuffisantes pour régler le problème. Il est indispensable que les Arabes cherchent d"autres moyens pour agir sur la situation en Irak, s"ils veulent vraiment avoir une présence réelle et une influence déterminante sur l"équation iraquienne.

 

 

 

16/05/06- La « mère de toutes les ambassades »

 

Stéfano Chiarini, Il manifesto, 4 mai 2006.

 

Traduit de l'italien par Marie-Ange Patrizio

 

Une véritable citadelle fortifiée, plus grande que l'état du Vatican, et « plus sûre que le Pentagone » est en train de surgir à Bagdad, jour après jour, sur les rives du Tige, dans la « zone verte » où se trouvent les palais de Saddam Hussein, grâce au travail de plus de 900 ouvriers et bâtisseurs venant des pays les plus pauvres d'Asie. Il s'agit de la nouvelle ambassade US d'un milliard de dollars, mê