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Monde arabe - Iraq
 
 

L'Empire tortionnaire

 

Nadia McCaffrey, mère de la « victime 848 » en Irak, raconte


par Inge Van de Merlen, http://agircontrelaguerre.free.fr, août 2005


Il m'a téléphoné d'Irak : « Je ne sais pas ce que nous fabriquons ici, m'man ! »


Comment Patrick s'est-il retrouvé en Irak ?


Nadia McCaffrey. Avant que mon fils ne soit envoyé en Irak, il dirigeait une entreprise en Californie. Mais il avait été tellement choqué par les attentats du 11 septembre 2001 que, le lendemain, il décidait de s'engager dans la Garde nationale. Ce corps a pour mission d'intervenir dans toutes les catastrophes et situations de crise possibles sur le territoire américain. Patrick s'est engagé comme militaire de week-end dans une unité qui assure le soutien technique des formes armées et intervient en cas de crise.

Il voulait se rendre utile afin d'aider les civils au cas où une nouvelle catastrophe devait frapper l'Amérique. Mais il ne s'était jamais attendu à se retrouver dans une zone de guerre à l'étranger. Depuis la Seconde Guerre mondiale, son unité n'a plus été engagée à l'étranger. Quelques jours après le 11 septembre, Bush a toutefois modifié la législation en douce. C'est ainsi que Patrick est devenu le premier soldat du 579e Bataillon de Génie de la Garde nationale à perdre la vie en Irak. Aujourd'hui, il est enregistré officiellement comme « victime 848 ».

Ce n'est que peu de temps avant son départ qu'il s'est rendu compte qu'il avait de fortes chances d'être engagé en Irak. Avant cela, il espérait se voir confier des tâches de sécurité dans une centrale nucléaire de l'Utah.


Quelle a été sa réaction quand il a appris qu'il allait être engagé en Irak ?


Nadia McCaffrey. Il est devenu très sombre. Alors que Patrick a toujours été quelqu'un de très gai. En fait, il rigolait tout le temps. Après la nouvelle, son rire a disparu. Il me l'a annoncée un jour qu'il était seul avec moi. Il ne voulait pas y aller, disait-il, mais il n'avait pas le choix, l'accord avait été signé. Même si le gouvernement avait modifié la loi, il restait en service. Dans la période qui a précédé son départ, il espérait quand même pouvoir réaliser de bonnes choses en Irak et aider les gens. Je lui ai demandé ce qu'il ferait si, par autodéfense ou pour protéger quelqu'un, il était forcé de prendre la vie d'un autre être humain. Il n'a jamais pu me répondre à cette question.

Tout récemment, nous avons reçu de nouvelles informations sur les circonstances précises de sa mort. Lors de l'attaque, alors qu'il était déjà blessé, il s'est encore jeté comme bouclier sur le soldat qui a été tué en même temps que lui. Une enquête plus fouillée a révélé que Patrick n'avait pas eu le temps de riposter, comme on l'avait d'abord prétendu. Au cours de l'incident, on avait entendu des détonations de M16. Patrick en portait un, mais les enquêteurs ont établi par la suite que les coups de feu provenaient d'un troisième soldat qui a survécu à l'attaque. Il avait tiré en l'air pour appeler à l'aide.


Comment avez-vous réagi, quand vous avez su qu'il serait incorporé en Irak ?


Nadia McCaffrey. En moi-même, j'avais comme un pressentiment. Comme une mère peut en avoir. J'étais sans voix, je ne pouvais tout bonnement rien dire. Je ne voulais pas le vexer, non plus, je voulais le respecter. Mais, toute ma vie, j'ai été une pacifiste et Patrick le savait.


Le fait de savoir que votre fils allait être envoyé à la guerre a-t-il modifié votre vision de la guerre ?


Nadia McCaffrey. Non. Toute ma vie, j'ai condamné la guerre, celle du Vietnam aussi. Je suis née en France en 1945, peu après la Seconde Guerre mondiale. J'ai donc encore connu ses séquelles. Pendant la guerre, mes grands-parents ont aidé des juifs à se cacher et à s'échapper. Je me souviens encore d'une image, quand j'avais trois ans. Près de chez nous habitait une femme qui ne parlait pas français et qui ne pouvait aller nulle part. Elle s'occupait de moi et aidait dans le ménage. Elle cuisait toujours du pain dans un grand four en pierre. Un beau jour, elle est partie. C'était une réfugiée juive de Pologne.

Une fois qu'une guerre se termine officiellement, elle est encore loin d'être finie. En réalité, après 1945, la guerre s'est poursuivie. Tout était détruit, les familles dispersées. Après une guerre, la vie ne reprend pas son cours comme si rien ne s'était passé. Généralement, les Américains ne s'en sont pas aperçus. Depuis la guerre de Sécession, au 19e siècle, ils n'ont plus jamais vécu une guerre sur leur propre territoire. Les Américains ne peuvent comprendre ce que signifie une guerre, en réalité.


Que vous a dit Patrick de la guerre en Irak ? Quelles étaient ses impressions ?


Nadia McCaffrey. Il exécrait la guerre. Il n'a eu besoin que d'une semaine pour comprendre à quel point cette guerre reposait sur des mensonges. Il me téléphonait chaque jour et me disait : « Je n'ai aucune idée de ce que nous fabriquons ici, m'man. Nous n'aidons personne, ici, on ne construit rien. Les Irakiens ne veulent absolument pas de nous ici, ils veulent qu'on quitte leur pays. » Patrick avait très vite compris ce que signifie la guerre, dans la réalité. Il voyait les choses comme elles étaient.


Comment prenait-il la situation ?


Nadia McCaffrey. C'était très difficile pour lui. Patrick n'avait rien d'un militaire, ce n'était pas sa nature. Il prenait toujours la défense des faibles, des gens fragiles de la société. Après avoir reconnu la véritable nature de cette guerre, il voulait profiter au mieux de sa présence en Irak. C'est pourquoi il s'adressait aux enfants irakiens. Il essayait de les aider. Patrick a toujours beaucoup aimé les enfants. Il nous demandait souvent d'envoyer des paquets de bonbons et de jouets pour les petits Irakiens et il collectait les surplus de nourriture et de rations d'eau des soldats pour les distribuer aux gosses. En fait, il était interdit aux soldats de faire des cadeaux aux gosses, mais Patrick le faisait quand même.

Pour les autres soldats aussi, il était une sorte de refuge, de figure du père, surtout pour les plus jeunes. Par exemple, quand un des soldats ramassait un mauvais rapport, Patrick était là pour le défendre. C'est ainsi que, durant son séjour en Irak, il intervenait comme protecteur des autres soldats et des enfants irakiens. Ceux qui connaissaient Patrick le reconnaîtront bien là. Il savait s'y prendre avec tact avec les gens, parce qu'il aimait les gens. Il savait qu'il pouvait faire la différence.


Quelle influence ses témoignages ont-ils eu sur votre vision de la guerre ?


Nadia McCaffrey. Ma répulsion pour la guerre est devenue encore bien plus forte, bien plus intense. J'ai espéré très fort que cette guerre allait se terminer.


Comment avez-vous réagi en apprenant la mort de votre fils ?


Nadia McCaffrey. Ma vie s'est arrêtée. J'ai arrêté tout ce que je faisais avant sa mort. Je suis la fondatrice d'une asbl, « Changing the Face of Life » (Changer le visage de la vie). Pendant 20 ans, j'ai été volontaire pour aider des patients en phase terminale et leur famille. En Dans la région de San Francisco-Bay, j'ai formé plus de mille bénévoles dans l'accompagnement de personnes mourantes. Quand j'ai appris la mort de Patrick, je suis tout de suite devenue militante contre la guerre. Maintenant, je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour mettre un terme à cette guerre. Quand le cercueil de Patrick est arrivé à Sacramento, j'ai averti les médias. Le gouvernement avait strictement interdit la présence des médias lors du rapatriement des soldats morts, mais je les ai invités à être témoins du retour de mon fils. C'est ainsi que je suis devenue la mère qui a défié le gouvernement Bush. L'Amérique ne peut ni ne doit plus nier la guerre en Irak et ses conséquences. J'ai également éprouvé une forte pulsion à me rendre moi-même en Irak. Je voulais retrouver l'endroit où Patrick avait été tué. J'avais un sentiment très fort qui me disait de faire quelque chose absolument.


De quelle manière la mort de Patrick a-t-elle influencé votre attitude vis-à-vis du gouvernement Bush ?


Nadia McCaffrey. Je n'ai jamais été républicaine, je suis démocrate. Mais je ne reconnais même pas ce gouvernement comme étant républicain. Ce gouvernement ne représente rien de ce que signifie vraiment l'Amérique, car l'Amérique a des valeurs bien plus élevées. Mais l'Amérique d'aujourd'hui est maintenue dans les ténèbres. Les gens ne sont pas informés, ils sont isolés et contrôlés via la peur. Cela ne cadre pas avec notre constitution qui, en son temps, a été rédigée par le peuple et pour le peuple. Le gouvernement Bush ne respecte plus nos droits constitutionnels. Le « Patriot Act », en vertu duquel, désormais, les gens peuvent être arrêtés pour une durée indéterminée, sans raison et sans autre forme de procès, en est un bel exemple.


Quelles sont vos motivations les plus profondes pour militer au sein du mouvement contre la guerre ?


Nadia McCaffrey. Aussi bien la mort de Patrick que la guerre elle-même m'y poussent. Déjà que j'ai toujours été hostile à toute guerre. Mais, avec celle-ci, je le suis devenue encore plus. Je ne m'arrêterai plus, plus jamais. Je crois aussi que le chemin pour arrêter la guerre passe d'une personne à l'autre et de mère à mère, et pas via les gouvernements. Ce sont surtout les mères qui ont une tâche importante dans la lutte contre la guerre. Ce dont nous avons besoin, c'est d'une alliance au niveau mondial contre la guerre. Nous, les gens, nous devons unir pleinement nos forces. Pour moi, les droits de l'homme sont la toute première priorité.


Pour vous, que signifie concrètement le militantisme contre la guerre ?


Nadia McCaffrey. Je sors de chez moi et je ne cesse de prendre la parole en public. Ce faisant, j'essaye de toucher les gens. Je parle des horreurs infernales qu'entraîne la guerre. La guerre doit avoir un visage. J'indique aux gens comment ils peuvent faire la différence, devenir une voix. C'est nous, le peuple, qui sommes le gouvernement ! En parlant de façon si intensive, je touche vraiment beaucoup de médias. Quand Patrick est revenu, son histoire a fait le tour du monde. On peut retrouver l'histoire de sa vie dans deux livres. C'est son message en faveur de la paix, de l'amour du prochain, de la sollicitude mutuelle, des valeurs familiales, du patriotisme, du courage, de la force et de la justice pour tous.

Je parle de mon fils, croyez-moi. Et je ne m'arrêterai pas avant d'avoir rendu mon dernier souffle. Pour l'instant, un prof de l'université de Berkeley écrit un bouquin sur Patrick et sur moi-même. Les gens me disent que je m'y prends d'une tout autre manière avec la mort de mon fils que les autres parents des soldats morts. Pour l'instant, je suis occupée à fonder une organisation d'aide aux femmes et aux enfants des territoires en guerre et occupés du Moyen-Orient. J'essaie avant tout de me servir de ma tragédie personnelle de façon positive, constructive.


Avez-vous un message pour les Européens ? Quelle est, selon vous, la chose la plus importante dans leur participation à la lutte contre la guerre ?


Nadia McCaffrey. Les protestations doivent être encore bien plus fortes et bien plus bruyantes. Le peuple américain a besoin des Européens. Tout le monde devrait comprendre que c'est notre avenir à tous qui est en jeu. Il ne s'agit pas uniquement des Irakiens. La guerre ne se limite pas qu'à l'Irak ou au Moyen-Orient. En fin de compte, c'est nous tous, qu'elle va toucher.

 

Mener une guerre injste, ça rend zinzin


Cauchemars, difficultés de réinsertion dans la société civile sont certains des traumatismes vécus par les soldats au retour d'un conflit. Mais, dans certains cas extrêmes, c'est le passage à l'acte. Aux Etats-Unis, après leur rapatriement d'Irak, deux anciens combattants ont ainsi ouvert le feu sur des passants cet été.
A Las Vegas, Matthew Sepi, 20 ans, était sorti le 31 juillet pour acheter une bière, mais il avait dissimulé un fusil sous son imperméable. Il a abattu une femme de 47 ans et blessé son compagnon âgé de 26 ans, affirmant avoir agi en état de légitime défense. A Lawrence, dans le Massachusetts, Daniel Cotnoir, 33 ans, a pour sa part tiré sur des fêtards qui faisaient trop de bruit au pied de son immeuble, le 13 août, blessant deux d'entre eux.
Selon le chirurgien en chef de l'armée, 30% des soldats américains examinés ont commencé à souffrir de troubles psychologiques après leur retour. Une étude de la revue "New England Journal of Medicine" révèle que près d'un militaire sur six présente des symptômes liés au stress. Sepi et Cotnoir avaient apparemment tous deux demandé de l'aide.
Après avoir rejoint l'armée en mai 2002, Matthew Sepi, un Indien de la tribu des Navajos, était parti pour l'Irak en avril 2003. Membre d'une compagnie de Fort Carson, dans le Colorado, il était souvent en première ligne sur le terrain, où il a participé à des raids et mené des contrôles routiers.
A son retour aux Etats-Unis en mai, Sepi s'est rendu à Las Vegas, où il a difficilement trouvé du travail comme ouvrier. "Il était nerveux", avoue sa soeur Julie. "S'il y avait du bruit, il faisait le tour de la maison pour s'assurer que chaque pièce était sécurisée. Un jour où je me trouvais avec lui, j'ai claqué une porte et il était mort de trouille." Sa mère a précisé que son fils avait demandé de l'aide, avant d'être placé sur une liste d'attente.
De son côté, Daniel Cotnoir était chargé dans l'armée d'embaumer les corps parfois déchiquetés des soldats victimes de la guerre. Il est rentré en octobre dernier à Lawrence, où il a retrouvé sa femme et ses deux filles. Il travaillait depuis dans l'entreprise familiale de pompes funèbres. Selon ses proches, il semblait plus calme qu'auparavant, mais toujours aussi serviable. En réalité, il souffrait de cauchemars, de tremblements et de sueurs froides. En novembre, il avait confié au "Boston Globe" qu'il se sentait "agité, un peu nerveux".
Après ces deux affaires, un nombre important de suicides et le cambriolage d'une banque par des vétérans de la guerre d'Irak, certains plaident pour que les anciens combattants bénéficient d'une aide accrue. Martin Meehan, élu du Massachusetts au Congrès, a déposé une loi dont l'objectif est de contraindre chaque vétéran rapatrié à subir un examen psychologique et physique approfondi. Il réclame également une hausse des fonds destinés à les soigner.
La nature de cette guerre est notamment une des causes du traumatisme. Car lorsqu'ils rencontrent un civil, ils ignorent s'il s'agit d'un ennemi. "C'est une chose de s'accroupir dans une zone, mais c'en est une autre de se déplacer chaque jour dans un nouveau secteur non sécurisé", explique le sergent Robert Davis, membre d'une unité chargée d'apporter un soutien psychologique aux soldats.
Aujourd'hui, Daniel Cotnoir suit une évaluation psychiatrique en attendant sa comparution devant un tribunal de Lawrence, le 2 septembre. Matthew Sepi est dans une prison du Nevada. Il comparaîtra le 26 août.
Source : AP, 22 août 2005

 

Joan Baez chante près du ranch de Bush à Crawford


Les opposants à la guerre en Irak qui campent près du ranch texan de George Bush ont reçu dimanche le soutien de Joan Baez, figure symbolique du mouvement pacifiste des années 60.
"Lors de ma première manifestation (contre la guerre au Vietnam), nous étions dix. Ceci est énorme", a expliqué la chanteuse folk aux proches de soldats morts en Irak avant le concert gratuit qu'elle devait donner dans la soirée devant un millier de personnes dans un champ de Crawford (Texas).
Non loin de là, les opposants à la guerre campaient toujours et poursuivaient le mouvement de protestation initié début août par Cindy Sheehan, une Californienne de 48 ans, dont le fils de 24 ans a été tué cinq jours seulement après son arrivée à Bagdad, l'année dernière.
Après une absence de quelques jours pour rejoindre le chevet de sa mère, Cindy Sheehan devrait être de retour dans les prochains jours à Crawford, où George Bush est en vacances jusqu'au 3 septembre.
Ce week-end, de nouveaux partisans du président américain ont rejoint le camp monté par les pro-Bush en réaction. Dimanche après-midi, plus de 150 personnes avaient visité la grande tente ornée de bannières "Dieu bénisse notre président!" et "Dieu bénisse nos soldats" et d'une silhouette en carton de taille réelle de George Bush.
"Quand nous avons vu ceci, nous nous sommes dit "Dieu merci, vous êtes là"", a raconté Frances Lee, venue de Géorgie avec une voisine pour affirmer leur soutien au président américain.
Source : AP, 22 août 2005

 

Une chaîne de télévision US refuse un spot contre la guerre de Cindy Sheehan


Deux jours avant la visite de George Bush à Salt Lake City, une chaîne de télévision de l'Etat a refusé de diffuser un spot anti-guerre de la mère d'un soldat mort en Irak.
Le spot a commencé à passer sur les autres chaînes de l'Utah samedi mais Jemina Keller, responsable des ventes d'espace commercial de KTVX, filiale du réseau national ABC, a expliqué dans un courriel que ce film constituait "une publicité déplacée pour Salt Lake City".
George Bush doit se rendre dans la ville lundi pour prononcer un discours à l'occasion du rassemblement national des Anciens combattants des guerres à l'étranger. Le président américain a recueilli près de 70% des suffrages à l'automne dernier dans l'Utah, l'un des Etats les plus conservateurs au nord de la "Ceinture de la bible" des Etats très religieux du Sud.
Dans le spot, la mère du soldat, Cindy Sheehan, 48 ans, accuse George Bush de mentir aux Américains au sujet des programmes irakiens d'armes de destruction massive, dont la preuve de l'existence n'a jamais été apportée malgré de nombreuses inspections des Nations unies et des Etats-Unis, et des liens entre l'Irak de Saddam Hussein et Al-Qaïda.
"J'aime mon pays. Mais combien des gens que nous aimons doivent-ils encore mourir dans cette guerre insensée?", interroge Cindy Sheehan, qui a campé pendant deux semaines près du ranche texan du président à Crawford mais a interrompu sa protestation jeudi en raison de l'hospitalisation de sa mère. "Je sais que vous ne pouvez pas ramener Casey. Mais il est temps d'admettre les erreurs et de rappeler les troupes maintenant", lance-t-elle, en demandant un entretien avec le chef de la Maison Blanche.
Le fils de cette femme originaire de Californie, Casey, mécanicien dans l'armée, est mort à l'âge de 24 ans en 2004, cinq jours seulement après son arrivée à Bagdad.
La campagne "publicitaire" a été réalisée pour l'organisation pacifiste Gold Star Families for Peace. KTVX explique dans un communiqué publié samedi soir que les responsables locaux ont trouvé le spot potentiellement trop "choquant" pour l'Utah, "qui a fourni plus que sa part de soldats combattant et subi des pertes de vies significative dans cette guerre d'Irak".
Une autre chaîne, KSL, filiale de NBC appartenant à l'Eglise de Jésus-Christ des saints des derniers jours, a en revanche diffusé le spot sans hésitation, selon le vice-président des ventes, Mark Wiest. "Plus largement, la question est de savoir si en supprimant le message nous faisons ce qui est bien en vertu du Premier amendement (de la Constitution sur la liberté d'_expression) et dans une société démocratique ouverte", estime-t-il.
Source : AP, 21 août 2005

 

Pistolets électriques et chiens contre des opposants à la guerre à Pittsburgh


La police de Pittsburgh (nord-est) a dispersé samedi une manifestation non autorisée d'une cinquantaine de personnes protestant contre la guerre en Irak, blessant deux femmes qui ont été hospitalisée, selon les organisateurs du rassemblement.
L'un d'eux, David Meieran, a accusé la police d'avoir employé "une force inadaptée et excessive" dans son intervention.
Le sergent Clint Winkler, de garde, a déclaré que l'une des femmes qui refusait de partir avait été neutralisée au pistolet électrique et qu'une autre également récalcitrante avait été mordue à la jambe par un chien policier. Toutes deux ainsi qu'un homme ont été arrêtées.
Source : AP, 21 août 2005

 

Le soldat Enesto Guerra n'aura pas 20 ans

 

Le soldat Ernesto Rodolfo Guerra avait 19 ans. Il aurait du avoir 20 ans en octobre prochain. Il a trouvé la mort dans le désert près de Bagdad, au sein de la 43ème brigade du 3ème bataillon d'infanterie, basée au Camp Fort Stewart, en Géorgie, où il avait passé 7 mois à s'entraîner avant de partir pour son dernier voyage en Iraq. Jeudi 18 août, Ernesto a été enterré dans son village natal du Mexique, San Francisco del Rincon, dans l'État de Guanajato, en présence d'une grande partie de la population locale.

 

Sa mère Maria Valadez n'a eu qu'un cri : « Arrêtez la guerre » et a annoncé son intention de rejoindre Cindy Sheehan, la mère du soldat mort en Iraq qui a lancé une action de protestation près du ranch de Bush à Crawford, au Texas.
Source : La Jornada, 19 août 2005.

 

 

Le combat de Cindy Sheehan, qui a perdu un fils en Iraq


Cindy Sheehan, la mère d'un soldat américain tué en Irak en 2004, a annoncé jeudi qu'elle suspendait son mouvement de protestation près du ranch texan de George W. Bush, pour se rendre à Los Angeles où sa mère a été hospitalisée suite à une attaque cérébrale.
Cindy Sheehan a déclaré aux journalistes qu'elle venait d'être prévenue et se rendait immédiatement au chevet de sa mère. "Je reviendrai dès que possible, si c'est possible", a-t-elle ajouté. Après avoir embrassé certains de ses partisans, elle a pris place avec sa soeur Deedee Miller à bord d'une fourgonnette qui a pris la direction de l'aéroport de Waco, distant d'une trentaine de kilomètres.
Mme Sheehan a précisé que le campement installé près du ranch de George W. Bush reste en place. Cindy Sheehan, 48 ans, originaire de Californie, veut réclamer des comptes au président sur la façon dont la guerre en Irak est menée, lui demander pourquoi son fils Casey, mécanicien dans l'armée, a été tué à l'âge de 24 ans, cinq jours seulement après son arrivée à Bagdad.
Mme Sheehan s'est décidée à agir quelques jours après avoir entendu le chef de la Maison-Blanche justifier une nouvelle fois la guerre en Irak. Depuis, plus d'une centaine de sympathisants sont venus la rejoindre près du ranch de Crawford.
Cindy Sheehan, qui souhaite rencontrer le président Bush, ne s'attend pas à ce qu'il la reçoive dans son ranch de Crawford. Mais si jamais elle a l'occasion de le voir en tête-à-tête, elle lui demandera s'il a encouragé ses deux filles à s'engager dans l'armée. "Je veux qu'il cesse d'utiliser la mort de mon fils pour justifier des morts supplémentaires. La seule façon pour lui d'honorer la mort de mon fils est de ramener les soldats à la maison".
Cindy Sheehan, Californienne qui a perdu son fils en Irak et campe devant le ranch texan de George Bush pour tenter de le convaincre de rapatrier les GI's, est stupéfaite par la sympathie que suscite sa cause.
Avec l'appui de plusieurs mouvements pacifistes, Sheehan bivouaque depuis une dizaine de jours dans le "Camp Casey", baptisé en l'honneur de son fils de 24 ans. Elle est devenue la coqueluche des médias américains et a fait affluer des centaines de manifestants à Crawford, bourgade habituellement paisible de 705 habitants.
"Nous, au Camp Casey, qui sommes restés dehors à transpirer et à se faire mordre par les insectes (...) sommes stupéfaits et éperdus d'amour et de gratitude devant ces manifestations de soutiens venues de tout le pays", a déclaré la Californienne de 48 ans à des journalistes.
A l'appel des organisations de gauche MoveOn.org, "True Majority" et "Democraty for America", plus de 1.500 manifestations silencieuses aux chandelles se sont par ailleurs tenues mercredi soir, de Washington DC à Chicago.
"Un grand nombre de personnes ne peuvent venir ici (...) donc c'est une manière pour eux de montrer leur soutien là où ils vivent", a commenté Cindy Sheehan, qui s'apprête à lever le camp pour s'installer plus près du ranch présidentiel, sur le terrain mis à sa disposition par un sympathisant local.
Une carte des Etats-Unis, dessinée sur la toile de la tente, montre qu'une majorité des visiteurs vient de Californie mais révèle aussi des provenances plus lointaines - Ecosse, Autriche, Japon, Turquie, Allemagne, Australie, Colombie, Costa Rica et Paraguay.
George Bush a exprimé sa "compassion" pour les familles des soldats tués au combat et a affirmé qu'il "pleurait à chaque disparition". Il a cependant fait savoir la semaine dernière qu'il n'entendait pas recevoir Cindy Sheehan, ni rappeler les forces américaines présentes en Irak.
Source : Reuters, 18 août 2005 et AP, 19 août 2005