Nadia McCaffrey, mère
de la « victime 848 » en Irak, raconte
par
Inge Van de Merlen, http://agircontrelaguerre.free.fr,
août 2005
Il m'a téléphoné d'Irak : « Je ne sais pas
ce que nous fabriquons ici, m'man ! »
Comment Patrick s'est-il retrouvé en Irak ?
Nadia McCaffrey. Avant que mon fils ne soit envoyé en Irak, il
dirigeait une entreprise en Californie. Mais il avait été
tellement choqué par les attentats du 11 septembre 2001 que,
le lendemain, il décidait de s'engager dans la Garde nationale.
Ce corps a pour mission d'intervenir dans toutes les catastrophes et
situations de crise possibles sur le territoire américain. Patrick
s'est engagé comme militaire de week-end dans une unité
qui assure le soutien technique des formes armées et intervient
en cas de crise.
Il voulait se rendre utile afin d'aider les civils
au cas où une nouvelle catastrophe devait frapper l'Amérique.
Mais il ne s'était jamais attendu à se retrouver dans
une zone de guerre à l'étranger. Depuis la Seconde Guerre
mondiale, son unité n'a plus été engagée
à l'étranger. Quelques jours après le 11 septembre,
Bush a toutefois modifié la législation en douce. C'est
ainsi que Patrick est devenu le premier soldat du 579e Bataillon de
Génie de la Garde nationale à perdre la vie en Irak. Aujourd'hui,
il est enregistré officiellement comme « victime 848 ».
Ce n'est que peu de temps avant son départ qu'il
s'est rendu compte qu'il avait de fortes chances d'être engagé
en Irak. Avant cela, il espérait se voir confier des tâches
de sécurité dans une centrale nucléaire de l'Utah.
Quelle a été sa réaction quand il a appris qu'il
allait être engagé en Irak ?
Nadia McCaffrey. Il est devenu très sombre. Alors que Patrick
a toujours été quelqu'un de très gai. En fait,
il rigolait tout le temps. Après la nouvelle, son rire a disparu.
Il me l'a annoncée un jour qu'il était seul avec moi.
Il ne voulait pas y aller, disait-il, mais il n'avait pas le choix,
l'accord avait été signé. Même si le gouvernement
avait modifié la loi, il restait en service. Dans la période
qui a précédé son départ, il espérait
quand même pouvoir réaliser de bonnes choses en Irak et
aider les gens. Je lui ai demandé ce qu'il ferait si, par autodéfense
ou pour protéger quelqu'un, il était forcé de prendre
la vie d'un autre être humain. Il n'a jamais pu me répondre
à cette question.
Tout récemment, nous avons reçu de nouvelles
informations sur les circonstances précises de sa mort. Lors
de l'attaque, alors qu'il était déjà blessé,
il s'est encore jeté comme bouclier sur le soldat qui a été
tué en même temps que lui. Une enquête plus fouillée
a révélé que Patrick n'avait pas eu le temps de
riposter, comme on l'avait d'abord prétendu. Au cours de l'incident,
on avait entendu des détonations de M16. Patrick en portait un,
mais les enquêteurs ont établi par la suite que les coups
de feu provenaient d'un troisième soldat qui a survécu
à l'attaque. Il avait tiré en l'air pour appeler à
l'aide.
Comment avez-vous réagi, quand vous avez su qu'il serait incorporé
en Irak ?
Nadia McCaffrey. En moi-même, j'avais comme un pressentiment.
Comme une mère peut en avoir. J'étais sans voix, je ne
pouvais tout bonnement rien dire. Je ne voulais pas le vexer, non plus,
je voulais le respecter. Mais, toute ma vie, j'ai été
une pacifiste et Patrick le savait.
Le fait de savoir que votre fils allait être envoyé à
la guerre a-t-il modifié votre vision de la guerre ?
Nadia McCaffrey. Non. Toute ma vie, j'ai condamné la guerre,
celle du Vietnam aussi. Je suis née en France en 1945, peu après
la Seconde Guerre mondiale. J'ai donc encore connu ses séquelles.
Pendant la guerre, mes grands-parents ont aidé des juifs à
se cacher et à s'échapper. Je me souviens encore d'une
image, quand j'avais trois ans. Près de chez nous habitait une
femme qui ne parlait pas français et qui ne pouvait aller nulle
part. Elle s'occupait de moi et aidait dans le ménage. Elle cuisait
toujours du pain dans un grand four en pierre. Un beau jour, elle est
partie. C'était une réfugiée juive de Pologne.
Une fois qu'une guerre se termine officiellement, elle
est encore loin d'être finie. En réalité, après
1945, la guerre s'est poursuivie. Tout était détruit,
les familles dispersées. Après une guerre, la vie ne reprend
pas son cours comme si rien ne s'était passé. Généralement,
les Américains ne s'en sont pas aperçus. Depuis la guerre
de Sécession, au 19e siècle, ils n'ont plus jamais vécu
une guerre sur leur propre territoire. Les Américains ne peuvent
comprendre ce que signifie une guerre, en réalité.
Que vous a dit Patrick de la guerre en Irak ? Quelles étaient
ses impressions ?
Nadia McCaffrey. Il exécrait la guerre. Il n'a eu besoin que
d'une semaine pour comprendre à quel point cette guerre reposait
sur des mensonges. Il me téléphonait chaque jour et me
disait : « Je n'ai aucune idée de ce que nous fabriquons
ici, m'man. Nous n'aidons personne, ici, on ne construit rien. Les Irakiens
ne veulent absolument pas de nous ici, ils veulent qu'on quitte leur
pays. » Patrick avait très vite compris ce que signifie
la guerre, dans la réalité. Il voyait les choses comme
elles étaient.
Comment prenait-il la situation ?
Nadia McCaffrey. C'était très difficile pour lui. Patrick
n'avait rien d'un militaire, ce n'était pas sa nature. Il prenait
toujours la défense des faibles, des gens fragiles de la société.
Après avoir reconnu la véritable nature de cette guerre,
il voulait profiter au mieux de sa présence en Irak. C'est pourquoi
il s'adressait aux enfants irakiens. Il essayait de les aider. Patrick
a toujours beaucoup aimé les enfants. Il nous demandait souvent
d'envoyer des paquets de bonbons et de jouets pour les petits Irakiens
et il collectait les surplus de nourriture et de rations d'eau des soldats
pour les distribuer aux gosses. En fait, il était interdit aux
soldats de faire des cadeaux aux gosses, mais Patrick le faisait quand
même.
Pour les autres soldats aussi, il était une
sorte de refuge, de figure du père, surtout pour les plus jeunes.
Par exemple, quand un des soldats ramassait un mauvais rapport, Patrick
était là pour le défendre. C'est ainsi que, durant
son séjour en Irak, il intervenait comme protecteur des autres
soldats et des enfants irakiens. Ceux qui connaissaient Patrick le reconnaîtront
bien là. Il savait s'y prendre avec tact avec les gens, parce
qu'il aimait les gens. Il savait qu'il pouvait faire la différence.
Quelle influence ses témoignages ont-ils eu sur votre vision
de la guerre ?
Nadia McCaffrey. Ma répulsion pour la guerre est devenue encore
bien plus forte, bien plus intense. J'ai espéré très
fort que cette guerre allait se terminer.
Comment avez-vous réagi en apprenant la mort de votre fils ?
Nadia McCaffrey. Ma vie s'est arrêtée. J'ai arrêté
tout ce que je faisais avant sa mort. Je suis la fondatrice d'une asbl,
« Changing the Face of Life » (Changer le visage de la vie).
Pendant 20 ans, j'ai été volontaire pour aider des patients
en phase terminale et leur famille. En Dans la région de San
Francisco-Bay, j'ai formé plus de mille bénévoles
dans l'accompagnement de personnes mourantes. Quand j'ai appris la mort
de Patrick, je suis tout de suite devenue militante contre la guerre.
Maintenant, je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour mettre un terme
à cette guerre. Quand le cercueil de Patrick est arrivé
à Sacramento, j'ai averti les médias. Le gouvernement
avait strictement interdit la présence des médias lors
du rapatriement des soldats morts, mais je les ai invités à
être témoins du retour de mon fils. C'est ainsi que je
suis devenue la mère qui a défié le gouvernement
Bush. L'Amérique ne peut ni ne doit plus nier la guerre en Irak
et ses conséquences. J'ai également éprouvé
une forte pulsion à me rendre moi-même en Irak. Je voulais
retrouver l'endroit où Patrick avait été tué.
J'avais un sentiment très fort qui me disait de faire quelque
chose absolument.
De quelle manière la mort de Patrick a-t-elle influencé
votre attitude vis-à-vis du gouvernement Bush ?
Nadia McCaffrey. Je n'ai jamais été républicaine,
je suis démocrate. Mais je ne reconnais même pas ce gouvernement
comme étant républicain. Ce gouvernement ne représente
rien de ce que signifie vraiment l'Amérique, car l'Amérique
a des valeurs bien plus élevées. Mais l'Amérique
d'aujourd'hui est maintenue dans les ténèbres. Les gens
ne sont pas informés, ils sont isolés et contrôlés
via la peur. Cela ne cadre pas avec notre constitution qui, en son temps,
a été rédigée par le peuple et pour le peuple.
Le gouvernement Bush ne respecte plus nos droits constitutionnels. Le
« Patriot Act », en vertu duquel, désormais, les
gens peuvent être arrêtés pour une durée indéterminée,
sans raison et sans autre forme de procès, en est un bel exemple.
Quelles sont vos motivations les plus profondes pour militer au sein
du mouvement contre la guerre ?
Nadia McCaffrey. Aussi bien la mort de Patrick que la guerre elle-même
m'y poussent. Déjà que j'ai toujours été
hostile à toute guerre. Mais, avec celle-ci, je le suis devenue
encore plus. Je ne m'arrêterai plus, plus jamais. Je crois aussi
que le chemin pour arrêter la guerre passe d'une personne à
l'autre et de mère à mère, et pas via les gouvernements.
Ce sont surtout les mères qui ont une tâche importante
dans la lutte contre la guerre. Ce dont nous avons besoin, c'est d'une
alliance au niveau mondial contre la guerre. Nous, les gens, nous devons
unir pleinement nos forces. Pour moi, les droits de l'homme sont la
toute première priorité.
Pour vous, que signifie concrètement le militantisme contre la
guerre ?
Nadia McCaffrey. Je sors de chez moi et je ne cesse de prendre la parole
en public. Ce faisant, j'essaye de toucher les gens. Je parle des horreurs
infernales qu'entraîne la guerre. La guerre doit avoir un visage.
J'indique aux gens comment ils peuvent faire la différence, devenir
une voix. C'est nous, le peuple, qui sommes le gouvernement ! En parlant
de façon si intensive, je touche vraiment beaucoup de médias.
Quand Patrick est revenu, son histoire a fait le tour du monde. On peut
retrouver l'histoire de sa vie dans deux livres. C'est son message en
faveur de la paix, de l'amour du prochain, de la sollicitude mutuelle,
des valeurs familiales, du patriotisme, du courage, de la force et de
la justice pour tous.
Je parle de mon fils, croyez-moi. Et je ne m'arrêterai
pas avant d'avoir rendu mon dernier souffle. Pour l'instant, un prof
de l'université de Berkeley écrit un bouquin sur Patrick
et sur moi-même. Les gens me disent que je m'y prends d'une tout
autre manière avec la mort de mon fils que les autres parents
des soldats morts. Pour l'instant, je suis occupée à fonder
une organisation d'aide aux femmes et aux enfants des territoires en
guerre et occupés du Moyen-Orient. J'essaie avant tout de me
servir de ma tragédie personnelle de façon positive, constructive.
Avez-vous un message pour les Européens ? Quelle est, selon vous,
la chose la plus importante dans leur participation à la lutte
contre la guerre ?
Nadia McCaffrey. Les protestations doivent être encore bien plus
fortes et bien plus bruyantes. Le peuple américain a besoin des
Européens. Tout le monde devrait comprendre que c'est notre avenir
à tous qui est en jeu. Il ne s'agit pas uniquement des Irakiens.
La guerre ne se limite pas qu'à l'Irak ou au Moyen-Orient. En
fin de compte, c'est nous tous, qu'elle va toucher.
Mener une guerre injste, ça
rend zinzin
Cauchemars, difficultés de réinsertion dans la société
civile sont certains des traumatismes vécus par les soldats au
retour d'un conflit. Mais, dans certains cas extrêmes, c'est le
passage à l'acte. Aux Etats-Unis, après leur rapatriement
d'Irak, deux anciens combattants ont ainsi ouvert le feu sur des passants
cet été.
A Las Vegas, Matthew Sepi, 20 ans, était sorti le 31 juillet
pour acheter une bière, mais il avait dissimulé un fusil
sous son imperméable. Il a abattu une femme de 47 ans et blessé
son compagnon âgé de 26 ans, affirmant avoir agi en état
de légitime défense. A Lawrence, dans le Massachusetts,
Daniel Cotnoir, 33 ans, a pour sa part tiré sur des fêtards
qui faisaient trop de bruit au pied de son immeuble, le 13 août,
blessant deux d'entre eux.
Selon le chirurgien en chef de l'armée, 30% des soldats américains
examinés ont commencé à souffrir de troubles psychologiques
après leur retour. Une étude de la revue "New England
Journal of Medicine" révèle que près d'un
militaire sur six présente des symptômes liés au
stress. Sepi et Cotnoir avaient apparemment tous deux demandé
de l'aide.
Après avoir rejoint l'armée en mai 2002, Matthew Sepi,
un Indien de la tribu des Navajos, était parti pour l'Irak en
avril 2003. Membre d'une compagnie de Fort Carson, dans le Colorado,
il était souvent en première ligne sur le terrain, où
il a participé à des raids et mené des contrôles
routiers.
A son retour aux Etats-Unis en mai, Sepi s'est rendu à Las Vegas,
où il a difficilement trouvé du travail comme ouvrier.
"Il était nerveux", avoue sa soeur Julie. "S'il
y avait du bruit, il faisait le tour de la maison pour s'assurer que
chaque pièce était sécurisée. Un jour où
je me trouvais avec lui, j'ai claqué une porte et il était
mort de trouille." Sa mère a précisé que son
fils avait demandé de l'aide, avant d'être placé
sur une liste d'attente.
De son côté, Daniel Cotnoir était chargé
dans l'armée d'embaumer les corps parfois déchiquetés
des soldats victimes de la guerre. Il est rentré en octobre dernier
à Lawrence, où il a retrouvé sa femme et ses deux
filles. Il travaillait depuis dans l'entreprise familiale de pompes
funèbres. Selon ses proches, il semblait plus calme qu'auparavant,
mais toujours aussi serviable. En réalité, il souffrait
de cauchemars, de tremblements et de sueurs froides. En novembre, il
avait confié au "Boston Globe" qu'il se sentait "agité,
un peu nerveux".
Après ces deux affaires, un nombre important de suicides et le
cambriolage d'une banque par des vétérans de la guerre
d'Irak, certains plaident pour que les anciens combattants bénéficient
d'une aide accrue. Martin Meehan, élu du Massachusetts au Congrès,
a déposé une loi dont l'objectif est de contraindre chaque
vétéran rapatrié à subir un examen psychologique
et physique approfondi. Il réclame également une hausse
des fonds destinés à les soigner.
La nature de cette guerre est notamment une des causes du traumatisme.
Car lorsqu'ils rencontrent un civil, ils ignorent s'il s'agit d'un ennemi.
"C'est une chose de s'accroupir dans une zone, mais c'en est une
autre de se déplacer chaque jour dans un nouveau secteur non
sécurisé", explique le sergent Robert Davis, membre
d'une unité chargée d'apporter un soutien psychologique
aux soldats.
Aujourd'hui, Daniel Cotnoir suit une évaluation psychiatrique
en attendant sa comparution devant un tribunal de Lawrence, le 2 septembre.
Matthew Sepi est dans une prison du Nevada. Il comparaîtra le
26 août.
Source : AP, 22 août 2005
Joan Baez chante près
du ranch de Bush à Crawford
Les opposants à la guerre en Irak qui campent près du
ranch texan de George Bush ont reçu dimanche le soutien de Joan
Baez, figure symbolique du mouvement pacifiste des années 60.
"Lors de ma première manifestation (contre la guerre au
Vietnam), nous étions dix. Ceci est énorme", a expliqué
la chanteuse folk aux proches de soldats morts en Irak avant le concert
gratuit qu'elle devait donner dans la soirée devant un millier
de personnes dans un champ de Crawford (Texas).
Non loin de là, les opposants à la guerre campaient toujours
et poursuivaient le mouvement de protestation initié début
août par Cindy Sheehan, une Californienne de 48 ans, dont le fils
de 24 ans a été tué cinq jours seulement après
son arrivée à Bagdad, l'année dernière.
Après une absence de quelques jours pour rejoindre le chevet
de sa mère, Cindy Sheehan devrait être de retour dans les
prochains jours à Crawford, où George Bush est en vacances
jusqu'au 3 septembre.
Ce week-end, de nouveaux partisans du président américain
ont rejoint le camp monté par les pro-Bush en réaction.
Dimanche après-midi, plus de 150 personnes avaient visité
la grande tente ornée de bannières "Dieu bénisse
notre président!" et "Dieu bénisse nos soldats"
et d'une silhouette en carton de taille réelle de George Bush.
"Quand nous avons vu ceci, nous nous sommes dit "Dieu merci,
vous êtes là"", a raconté Frances Lee,
venue de Géorgie avec une voisine pour affirmer leur soutien
au président américain.
Source : AP, 22 août 2005
Une chaîne de télévision
US refuse un spot contre la guerre de Cindy Sheehan
Deux jours avant la visite de George Bush à Salt Lake City, une
chaîne de télévision de l'Etat a refusé de
diffuser un spot anti-guerre de la mère d'un soldat mort en Irak.
Le spot a commencé à passer sur les autres chaînes
de l'Utah samedi mais Jemina Keller, responsable des ventes d'espace
commercial de KTVX, filiale du réseau national ABC, a expliqué
dans un courriel que ce film constituait "une publicité
déplacée pour Salt Lake City".
George Bush doit se rendre dans la ville lundi pour prononcer un discours
à l'occasion du rassemblement national des Anciens combattants
des guerres à l'étranger. Le président américain
a recueilli près de 70% des suffrages à l'automne dernier
dans l'Utah, l'un des Etats les plus conservateurs au nord de la "Ceinture
de la bible" des Etats très religieux du Sud.
Dans le spot, la mère du soldat, Cindy Sheehan, 48 ans, accuse
George Bush de mentir aux Américains au sujet des programmes
irakiens d'armes de destruction massive, dont la preuve de l'existence
n'a jamais été apportée malgré de nombreuses
inspections des Nations unies et des Etats-Unis, et des liens entre
l'Irak de Saddam Hussein et Al-Qaïda.
"J'aime mon pays. Mais combien des gens que nous aimons doivent-ils
encore mourir dans cette guerre insensée?", interroge Cindy
Sheehan, qui a campé pendant deux semaines près du ranche
texan du président à Crawford mais a interrompu sa protestation
jeudi en raison de l'hospitalisation de sa mère. "Je sais
que vous ne pouvez pas ramener Casey. Mais il est temps d'admettre les
erreurs et de rappeler les troupes maintenant", lance-t-elle, en
demandant un entretien avec le chef de la Maison Blanche.
Le fils de cette femme originaire de Californie, Casey, mécanicien
dans l'armée, est mort à l'âge de 24 ans en 2004,
cinq jours seulement après son arrivée à Bagdad.
La campagne "publicitaire" a été réalisée
pour l'organisation pacifiste Gold Star Families for Peace. KTVX explique
dans un communiqué publié samedi soir que les responsables
locaux ont trouvé le spot potentiellement trop "choquant"
pour l'Utah, "qui a fourni plus que sa part de soldats combattant
et subi des pertes de vies significative dans cette guerre d'Irak".
Une autre chaîne, KSL, filiale de NBC appartenant à l'Eglise
de Jésus-Christ des saints des derniers jours, a en revanche
diffusé le spot sans hésitation, selon le vice-président
des ventes, Mark Wiest. "Plus largement, la question est de savoir
si en supprimant le message nous faisons ce qui est bien en vertu du
Premier amendement (de la Constitution sur la liberté d'_expression)
et dans une société démocratique ouverte",
estime-t-il.
Source : AP, 21 août 2005
Pistolets électriques
et chiens contre des opposants à la guerre à Pittsburgh
La police de Pittsburgh (nord-est) a dispersé samedi une manifestation
non autorisée d'une cinquantaine de personnes protestant contre
la guerre en Irak, blessant deux femmes qui ont été hospitalisée,
selon les organisateurs du rassemblement.
L'un d'eux, David Meieran, a accusé la police d'avoir employé
"une force inadaptée et excessive" dans son intervention.
Le sergent Clint Winkler, de garde, a déclaré que l'une
des femmes qui refusait de partir avait été neutralisée
au pistolet électrique et qu'une autre également récalcitrante
avait été mordue à la jambe par un chien policier.
Toutes deux ainsi qu'un homme ont été arrêtées.
Source : AP, 21 août 2005
Le soldat
Enesto Guerra n'aura pas 20 ans
Le
soldat Ernesto Rodolfo Guerra avait 19 ans. Il aurait du avoir 20
ans en octobre prochain. Il a trouvé la mort dans le désert
près de Bagdad, au sein de la 43ème brigade du 3ème
bataillon d'infanterie, basée au Camp Fort Stewart, en Géorgie,
où il avait passé 7 mois à s'entraîner
avant de partir pour son dernier voyage en Iraq. Jeudi 18 août,
Ernesto a été enterré dans son village natal
du Mexique, San Francisco del Rincon, dans l'État de Guanajato,
en présence d'une grande partie de la population locale.
Sa mère Maria Valadez n'a eu qu'un
cri : « Arrêtez la guerre » et a annoncé
son intention de rejoindre Cindy Sheehan, la mère du soldat
mort en Iraq qui a lancé une action de protestation près
du ranch de Bush à Crawford, au Texas.
Source : La Jornada, 19 août 2005.
Le combat de Cindy Sheehan, qui a perdu un fils
en Iraq
Cindy Sheehan, la mère d'un soldat américain tué
en Irak en 2004, a annoncé jeudi qu'elle suspendait son mouvement
de protestation près du ranch texan de George W. Bush, pour se
rendre à Los Angeles où sa mère a été
hospitalisée suite à une attaque cérébrale.
Cindy Sheehan a déclaré aux journalistes qu'elle venait
d'être prévenue et se rendait immédiatement au chevet
de sa mère. "Je reviendrai dès que possible, si c'est
possible", a-t-elle ajouté. Après avoir embrassé
certains de ses partisans, elle a pris place avec sa soeur Deedee Miller
à bord d'une fourgonnette qui a pris la direction de l'aéroport
de Waco, distant d'une trentaine de kilomètres.
Mme Sheehan a précisé que le campement installé
près du ranch de George W. Bush reste en place. Cindy Sheehan,
48 ans, originaire de Californie, veut réclamer des comptes au
président sur la façon dont la guerre en Irak est menée,
lui demander pourquoi son fils Casey, mécanicien dans l'armée,
a été tué à l'âge de 24 ans, cinq
jours seulement après son arrivée à Bagdad.
Mme Sheehan s'est décidée à agir quelques jours
après avoir entendu le chef de la Maison-Blanche justifier une
nouvelle fois la guerre en Irak. Depuis, plus d'une centaine de sympathisants
sont venus la rejoindre près du ranch de Crawford.
Cindy Sheehan, qui souhaite rencontrer le président Bush, ne
s'attend pas à ce qu'il la reçoive dans son ranch de Crawford.
Mais si jamais elle a l'occasion de le voir en tête-à-tête,
elle lui demandera s'il a encouragé ses deux filles à
s'engager dans l'armée. "Je veux qu'il cesse d'utiliser
la mort de mon fils pour justifier des morts supplémentaires.
La seule façon pour lui d'honorer la mort de mon fils est de
ramener les soldats à la maison".
Cindy Sheehan, Californienne qui a perdu son fils en Irak et campe devant
le ranch texan de George Bush pour tenter de le convaincre de rapatrier
les GI's, est stupéfaite par la sympathie que suscite sa cause.
Avec l'appui de plusieurs mouvements pacifistes, Sheehan bivouaque depuis
une dizaine de jours dans le "Camp Casey", baptisé
en l'honneur de son fils de 24 ans. Elle est devenue la coqueluche des
médias américains et a fait affluer des centaines de manifestants
à Crawford, bourgade habituellement paisible de 705 habitants.
"Nous, au Camp Casey, qui sommes restés dehors à
transpirer et à se faire mordre par les insectes (...) sommes
stupéfaits et éperdus d'amour et de gratitude devant ces
manifestations de soutiens venues de tout le pays", a déclaré
la Californienne de 48 ans à des journalistes.
A l'appel des organisations de gauche MoveOn.org, "True Majority"
et "Democraty for America", plus de 1.500 manifestations silencieuses
aux chandelles se sont par ailleurs tenues mercredi soir, de Washington
DC à Chicago.
"Un grand nombre de personnes ne peuvent venir ici (...) donc c'est
une manière pour eux de montrer leur soutien là où
ils vivent", a commenté Cindy Sheehan, qui s'apprête
à lever le camp pour s'installer plus près du ranch présidentiel,
sur le terrain mis à sa disposition par un sympathisant local.
Une carte des Etats-Unis, dessinée sur la toile de la tente,
montre qu'une majorité des visiteurs vient de Californie mais
révèle aussi des provenances plus lointaines - Ecosse,
Autriche, Japon, Turquie, Allemagne, Australie, Colombie, Costa Rica
et Paraguay.
George Bush a exprimé sa "compassion" pour les familles
des soldats tués au combat et a affirmé qu'il "pleurait
à chaque disparition". Il a cependant fait savoir la semaine
dernière qu'il n'entendait pas recevoir Cindy Sheehan, ni rappeler
les forces américaines présentes en Irak.
Source : Reuters, 18 août 2005 et AP, 19 août 2005
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