www.quibla.net

   
Le quotidien online des Musulmans libres et actifs et leurs alliés
Histoire
 

Dossier Quibla


Les juifs, l'esclavage des Noirs et la traite négrière


Une polémique est née en France l'année dernière, suite à des déclarations de l'humouriste Dieudonné sur le rôle des juifs dans la traite négrière et l'esclavage. Les étude que nous publions aujourd'hui établissent le rôle central joué par les juifs portugais, devenus hollandais, dans l'instauration du système de plantations de canne à sucre aux Caraïbes. C'est d'ailleurs un juif qui a introduit la culture de la canne à sucre sur le "Nouveau Continent". L'importance prise par les planteurs, commerçants et banquiers juifs dans le trafic triangulaire entre l'Europe, le Nouveau Monde et l'Afrique amena ainsi Colbert à leur interdire, dans son Code Noir, de s'établir aux Antilles, ce qui ne les empêcha pas de poursuivre leurs activités lucratives à partir des ports français, en particulier Bordeaux, Nantes et La Rochelle. Au-delà des polémiques, les historiens ont encore du pain sur la planche pour éclairer cette page obscure de l'histoire. Sans préjugés et sans oeillères. En attendant une étude scientifique exhaustive, voici des premiers éléments qui méritent d'être connus et demandent à être approfondis.

 

À lire :
> L'esclavage selon le Lévitique
> Les Belges s'y mettent à leur tour ...
> Cuba : son histoire, l’« Or blanc », l’esclavagisme et…
> Distorsions de l'histoire et contre-vérités par Alain Coutte
> Les marchands d'esclaves et l'Holocauste «négrier»
> L'esclavagisme des Africains par les Juifs vu par un important rabbin : laissons lui la parole, par Alain Coutte
> David Gradis, négrier français dans le négoce d'esclaves vers le Nouveau Monde, fondateur d'une dynastie par Alain Coutte

 

 

L'esclavage selon le Lévitique


« 44. C'est des nations qui vous entourent que tu prendras ton esclave et ta servante qui t'appartiendront, c'est d'elles que vous achèterez l'esclave et la servante.
45. Vous pourrez aussi en acheter des enfants des étrangers qui demeureront chez toi, et de leurs familles qu'ils engendreront dans votre pays ; et ils seront votre propriété.
46. Vous les laisserez en héritage à vos enfants après vous, comme une propriété ; vous les garderez comme esclaves à perpétuité. Mais à l'égard de vos frères, les enfants d'Israël, aucun de vous ne dominera avec dureté sur son frère. »
(Lévitique 25, 44-46)
Le Lévitique est un des cinq livres du pentateuque ou Torah. Il doit son nom au terme lévite, prêtre hébreu, lui-même issu de la tribu de Lévi. Ce livre comprend 27 chapitres, qui relatent l'exposé à Moïse des lois et des rites de Dieu. Les chapitres 1 à 10 définissent les rites, les chapitres 11 à 16 traitent de la pureté physique et les chapitres 17 à 26 de la pureté morale.
Source : « http://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9vitique »

 

Les Belges s'y mettent à leur tour ...


Pléthore de mémoire: quand l'Etat se mêle d'histoire..
Source : www.lalibre.be, 25 janvier 2006

L'histoire a la cote. L'engouement du public et les convoitises du monde politique sont indéniables. Ministres fédéraux et régionaux, députés et sénateurs multiplient les initiatives à portée historique, invoquant le plus souvent un « devoir de mémoire ». En témoignent pour ne citer que quelques exemples récents l'enquête initiée par le Sénat à propos de la responsabilité des autorités belges dans la persécution des juifs, les commissions parlementaires pour établir les responsabilités belges dans le meurtre de Patrice Lumumba ou pour établir les causes de la disparition de la Sabena, les débats parlementaires sur le génocide arménien et la pénalisation de sa négation, les plans du gouvernement flamand pour un « musée, centre d'archives et d'études sur les violations des droits de l'homme » à Malines, le financement belge d'un futur musée de l'Europe à Bruxelles ou encore le programme « Écoles pour la démocratie », organisant le voyage à Auschwitz en avion militaire pour des centaines de collégiens belges à la fin de ce mois. Largement de quoi combler le bonheur des historiens belges, donc ?

Les historiens que nous sommes ne rejettent pas tout concours dans ces initiatives. Ce serait faire preuve d'un purisme scientifique au mépris de la demande sociale. Nous sommes nombreux à nous engager dans des projets à la demande du monde politique et nous assumons pleinement les responsabilités qui découlent de notre statut de chercheurs et d'enseignants rémunérés sur des fonds publics. Pourtant, cet engouement nous laisse quelquefois sceptiques, il peut même à d'autres moments nous inquiéter, parce qu'au-delà des effets médiatiques manifestement visés, il n'apporte pas de souffle nouveau à la recherche historique et tend surtout à construire une obligation de mémoire. Quel doit être le rôle des pouvoirs publics dans la « transmission de la mémoire du passé » tel que l'invoquent des projets en cours ?

Premièrement, la commémoration, qui organise le souvenir dans un but politique, est une action tout à fait légitime d'un État, d'une région ou d'une commune. Seulement, elle ne peut être confondue avec la promotion de la recherche historique, qui est une discipline critique et indépendante des usages politiques du souvenir. S'il y a bien un lien entre mémoire et histoire, les deux démarches obéissent à des exigences différentes. La mémoire ne donne pas accès à la connaissance, elle mobilise le passé dans un projet politique ou civique au présent. L'histoire, elle, revendique un statut de scientificité. L'histoire n'est pas au service du politique, elle n'est pas émotion. Elle n'accepte aucun dogme et peut être dérangeante. Si l'histoire tient compte de la mémoire, elle ne s'y réduit certainement pas. Plutôt que le devoir de mémoire tant invoqué, nous aimerions voir plus souvent invoquer le devoir d'histoire et de savoir. Les initiatives récentes visant à diversifier les expériences historiques commémorées dans ce pays, afin de mettre nos politiques de mémoire en phase avec la diversité de la société belge sont louables. Gardons-nous pourtant de toute pensée magique croyant transformer des écoliers en citoyens tolérants et antiracistes le temps d'un aller-retour à Auschwitz. Cette démarche, utile et méritoire, n'a de valeur qu'ancrée dans un savoir historique qui dépasse l'émotion née du choc des horreurs. Non, l'histoire n'est pas un nouveau catéchisme de la multiculturalité, capable de combattre l'extrême droite et la xénophobie, de promouvoir la démocratie, l'idée européenne ou la solidarité mondiale. Une mémoire exclusivement « négative », faite de l'énumération des Grandes Tragédies de l'Histoire, contribue peu au développement d'une réflexion critique et elle peut même cultiver un sentiment d'autosatisfaction morale d'un présent rédimé face à un passé d'horreurs et de brutalités.

Appartient-il au parlement et au gouvernement d'élaborer une nomenclature des catastrophes dans un inventaire toujours plus exhaustif, partant du génocide des juifs en passant par les tsiganes, les arméniens, les victimes du colonialisme, du génocide rwandais, du conflit en Bosnie ou au Darfour ? Comme l'historien français Henry Rousso l'a écrit récemment, dans une histoire criminelle de l'humanité, de plus en plus « l'État se retrouve en même temps source du crime et source de rédemption ». Faut-il multiplier les actes de repentance et de pardon ­quelquefois d'ailleurs pour se donner bonne conscience pour expliquer le comportement de l'administration sous l'occupation, l'Inquisition, la traite des noirs, la conduite des troupes allemandes en août 1914, les procès de Moscou, l'extermination des amérindiens voire encore l'exploitation des enfants par le capitalisme naissant ou les massacres des troupes romaines en Gaule ? Une judiciarisation croissante du débat historique constitue une atteinte à la liberté d'_expression et de la recherche et elle porte en elle des effets pervers qui ne bénéficient qu'aux menteurs et fomenteurs de haine.

Les historiens sont bien entendu les derniers à se plaindre quand l'État fait preuve d'ouverture, d'autocritique et de transparence dans les enquêtes commanditées pour faire la lumière sur un passé trouble. Ces enquêtes ont indéniablement contribué à une meilleure connaissance de ces drames et à identifier de façon incontestable les responsabilités politiques au-delà de la polémique et du soupçon. Il est bon que les historiens soient appelés comme experts, si nécessaire, à condition que cela ne produise pas une nouvelle histoire officielle et que les archives soient accessibles à l'ensemble de la communauté scientifique. Pourtant, la démarche qui consiste à accorder un accès exclusif à des chercheurs triés sur le volet, pour ensuite aussitôt refermer les archives aux autres chercheurs est fondamentalement problématique pour une discipline qui tient sa scientificité du contrôle contradictoire des sources, de la critique et du débat sur les interprétations. Quand la recherche sur commande se généralise, elle comporte aussi un grave danger pour les équilibres thématiques dans une toute petite communauté d'historiens comme en Belgique, car des pans entiers de la recherche qui ne correspondent pas aux priorités politiques du moment risquent d'être abandonnés. Victimes de phénomènes de mode, les historiens pourraient y perdre une des principales libertés dont ils disposent, celle de poser leurs propres questions au passé. N'oublions pas, tout de même, qu'il n'y a point eu besoin de commissions parlementaires pour élucider des questions brûlantes de l'histoire politique belge récente, comme en témoignent les travaux sur Léopold III ou sur l'assassinat de Julien Lahaut.

En conclusion, nous ne demandons pas aux autorités politiques d'en faire plus qu'il n'en faut, mais de remplir leurs missions essentielles pour permettre aux historiens de faire leur travail. Comment comprendre que le monde politique s'empresse de prendre de nombreuses initiatives historiques à haute charge symbolique, mais que la loi sur les archives, inchangée depuis 1955, est honteusement anachronique par rapport à nos partenaires européens. Plutôt que d'envisager la multiplication des commissions il serait plus urgent que les responsables politiques permettent l'accès aux archives à tous les chercheurs, en donnant les moyens nécessaires aux institutions chargées de les identifier, de les classer et de les inventorier. L'accès accordé dans le cadre des commissions d'enquête doit devenir la règle, et non l'exception. Si l'histoire importe tant, pourquoi ne pas mettre notre législation en conformité avec celle d'une démocratie moderne, raccourcir les délais de consultation de 100 ans à 30 voire 20 ans et veiller à la conservation de notre patrimoine archivistique. Nous ne pouvons d'ailleurs que soutenir les démarches des archives de l'Etat et d'autres institutions d'archives allant dans ce sens.

De même il serait urgent de revoir la loi sur la protection de la vie privée, législation qui a toute son utilité pour des documents et fichiers relatifs à des individus vivants, mais qui gêne considérablement les recherches historiques et les paralyserait totalement si elle était appliquée toujours et partout. Le sursaut pour la sauvegarde de toutes nos mémoires mondiales, nationales, régionales ou locales, nous ne l'attendons pas des grandes déclarations, des nouvelles initiatives législatives pour codifier l'histoire ou d'ambitieux programmes éducatifs, mais bien d'une politique efficace de transparence, d'accès aux archives et de respect pour l'autonomie et la liberté des chercheurs. Ne nous trompons pas de priorités : c'est bien dans ces domaines-là que les politiques doivent assumer leurs responsabilités.

 

Liste des signataires:

José Gotovitch, professeur de l'Université ULB, Guy Vanthemsche, hoogleraar VUB, Jean-Pierre Nandrin, professeur FUSL et ULB, Pieter Lagrou, chargé de cours ULB, Kenneth Bertrams, chercheur FNRS/ULB, Valérie Piette, chargée de cours ULB et FUSL , Jean-Marie Duvosquel, professeur ULB, Hervé Hasquin, professeur ULB, Eliane Gubin, professeure ULB, Jan Art, hoogleraar UG, Balace Francis, Professeur ULg, Herman Balthasar, emeritus hoogleraar UG, Els Witte, hoogleraar VUB, Didier Viviers, professeur ULB, Bruno Bernard, chargé de cours ULB, Michel Dumoulin, professeur UCL, Franz Bierlaire, professeur ULg, Claire Billen, Professeur ULB, Marc Boone, hoogleraar UG, Eric Bousmar, professeur FUSL, Marie-Thérèse Charlier, professeur ULB, Luc Courtois, chargé de cours UCL, Antton De Baets, hoogleraar Univ. Groningen, Raf De Bondt, hoogleraar KUL, George Declercq, Hoogleraar VUB, Jean Puissant, professeur ULB, Thérèse De Hemptine, hoogleraar UG, Jan De Maeyer, hoogleraar KUL, Machteld De Metsenaere, hoogleraar VUB, Gita Deneckere, hoogleraar UG, Guy Zelis, professeur UCL, Hilde De Ridder-Symoens, hoogleraar UG, Bruno De Wever, hoogleraar UG, Michel de Waha, professeur ULB, Paul Wynants, professeur FUNDP, Claude Desama, professeur extraordinaire ULg, Brigitte D'Hainaut-Zveny, chargée de cours ULB, Alain Dierkens, professeur ULB, Michele Galand, chargée de cours ULB, Helmut Gaus, hoogleraar UG, Lieve Gevers, hoogleraar KUL, Dirk Herbaut, hoogleraar UG, Serge Jaumain, professeur ULB, Ginette Kurgan, professeur de l'université ULB, Emiel Lamberts, hoogleraar KUL, Rina Lis, Hoogleraar VUB, George Martyn, Hoogleraar UG, Anne Morelli, professeure ULB, Philippe Moureaux, professeur hon. ULB, Carmélia Opsomer, professeur ULg, Isabelle Parmentier, chargée de cours FUNDP, Patrick Pasture, hoogleraar KUL, Xavier Rousseaux, professeur UCL, Jean-Marie Sansterre, professeur ULB, Jean-Philippe Schreiber, chargé de cours ULB, Hugo Soly, hoogleraar VUB, Jacques Stiennon, professeur ém. ULg, Axel Tixhon, chargé de cours FUNDP, Jo Tollebeek, hoogleraar KUL, Nathalie Tousignant, professeure FUSL, Eric Vanhaute, hoogleraar UG, Hermlan Van Goethem, hoogleraar UA, Leen Van Molle, hoogleraar KUL, Luis Vos, hoogleraar KUL, Marnix Beyen, docent UA, Eric Buyst, hoogleraar KUL, Dirk Luyten, werleider SOMA, gastdocent UG, Véronique Pouillard, chargée de recherches FNRS/ULB, Céline Vanderpelen, chargée de recherche FNRS/ULB, Daniël Vangroenweghe, docent UG, Monique Weiss, chercheure qualifiée FNRS/ULB, Kaat Wils, docent KUL, Gie Van den Berghe, gastodocent UG, Philippe Destatte, dir. Inst. J. Destree, prof. UMH, Wouter Steenhaut, directeur amsab, Harald Deceulaer, archivaris ARA, Rik Opsommer, stadarchivaris Ieper, Rolande Depoortere, chef de travaux Archives de l'Etat, Didier Devriese, archiviste de l'ULB, Noel Geinaert, archivaris stad Brugge, Catherine Henin, attachée scientifique AGR, Nicole Haesenne-Peremans, dr. hist Conservateur ULG, Madeleine Jacquemin, attachée scientifique AGR, Chantal Kesteloot, chef de travaux CEGES, Fabrice Maerten, chef de travaux CEGES, Griet Marchal, archivaris (o.r.) ARA, Dirk Martin, werleider SOMA, René Plisnier, Directeur Bibliothèque UMH, Flore Plisnier, attachée AGR, Isabelle Sirjacobs, attachée scientifique AGR, Pierre-Alain Tallier, chef de service AGR, Michel Trigalet, archiviste AGR, Paule Verbruggen, archivaris Amasab, Juul Verheslt, archivaris (o.r.)ARA, Martine Vermandere, Amsab, Alexis WILKIN, Aspirant FNRS-ULg, Geneviève Warland, assistante UCL, Sophie Vrielinck, Amasab, Etienne Verhoeyen, medewerker SOMA, Gil Bartholeyns, doctorant ULB/EHESS Paris, Lamya Ben Djaffar, resp. archives Carhop, Bruno Benvido, doctorand ULB, Luis Angel Bernardo Y Garcia, attaché archives de l'Etat, Benoît Beyer de Ryke, Assistant ULB, Alain Collignon, 1er assistant CEGES, Bruno De Baenst, assistent UG, Gauthier de Villers, chef.Sn. Hist. temps Présent MRAC, Virginie Devillez, première assistante ULB, Marc D'Hoore, Assistant Bibliothèque Royale, Irène Di Jorio, post-doctorante ULB, Denis Diagre, coll. scientif. ULB, Ann Diels, KBR, Anette Felix, Attac. Hon. CNHS, Pierre-M. Gason, coll. scientif. ULg, Florence Gillet, chercheuse CEGES, Thomas Glesener, assistant ULg, Catherine Jacques, assistante ULB, Lissia Jeurissen, chercheuse CEDEM Ulg., David Kusman, chercheur ULB, Catherine Lanneau, assistante ULg, Julie Marck, FNRS/ULB, Natacha Massar, chercheuse ULB, Lisbeth Nys, assistent KUL, Luc Peiren, amsab, Caroline Sägesser, chercheuse CRISP, Jacob SCHMUTZ, dr. ULB, maître conf. Paris IV, Kurt Vandaele, postdoc. UG,Gerd De coster, archivaris SOMA, Jacques Wynants, président Soc. verviéroise d'Histoire, Bregt Vermeulen, student geschiedenis UG, Jean-Marie Caprasse, Histoire collective Rossignol, Gorik Goris, lector KUL, Els Conix, lector KUL, leraar SO, Hannelore Coulembier, leraar SO, Joris De Bremme, leraar SO, Odette Decombele, leerkrachten gesch., Stephane Demeter, Monuments et Sites Bxl, Sophie De Zutter, licentiaat UG, Bart Hellinck, licentiaat geschie., Aurèle Looman, licentiaat geschie. UG, Ruben Missine, licentiaat geschie. UG, Jack Phlipps, leraar SO, Hendrick Pinxten,licentiaat geschie. UG, Guy Putzeys, lector KUL, Koen Schoutteten, licentiaat geschie., Jeroen Van den Borre, archeoloog, Geert Vandercruys, Leraar SO.

 


Cuba : son histoire, l’« Or blanc », l’esclavagisme et…

 

[Extrait du « Nouveau Monde » - Sortie le 10 février 2006]
par Alain COUTTE, 23 janvier 2006

L’histoire nous définit assez mal le rôle des Juifs à Cuba jusqu’au 19° siècle pour la simple et bonne raison que sous l’inquisition espagnole (1492-1778) et portugaise (1536-1821), la plupart étaient obligés de cacher leur religion et que par ailleurs il est parfois bien difficile, faute de source historique écrite, de savoir des siècles après, si un Christophe Colomb, tel espagnol ou portugais était un « marrane » ou un « conversos » (Juif vivant sa foi de manière cachée).
Les points sur lesquels nous avons aujourd’hui des certitudes, furent :
1- que le financement, en tout cas du premier voyage de Christophe Colomb, fut effectué par des capitaux juifs, dont une avance de 17 000 ducats de Luis de Santangelo qui était un marrane, ce qui créa une controverse des historiens qu’il l’était lui aussi, mais sans pouvoir y apporter une quelconque preuve ;
2- qu’il emmena au moins sept marranes vers le nouveau monde :
. Luis de Torres, l’interprète, sur la caravelle Santa Maria,
. Juan de Cabrera sur la Pinta,
. Rodrigo de Triana sur la Nina
. Alonzo de la Calle,
. Gabriel Sanchez,
. Marco, le médecin,
. Bemal, le scientifique.
Le seul point qui pourrait faire croire que Colomb n’était pas Juif provient du fait que Gabriel Sanchez complota avec les autres marranes pour convaincre Colomb de capturer 500 Amérindiens et les vendre comme esclaves à Séville, en Espagne, ce qui fut fait, un léger détail en moins … Colomb ne reçut pas un seul centime du profit de cette vente …
Colomb fut par ailleurs la victime d’un autre complot fomenté par Bemal. Il fut donc trahi par les sept marranes en lesquels il avait confiance et qu’il avait aidé à fuir l’Inquisition espagnole.
Cette épisode des Amérindiens revendus comme esclave par les sept marranes fut ironiquement le début de l’esclavagisme dans le Nouveau Monde.
Donc, de deux choses l’une :
- ou bien Colomb était un « Goy » et il était normal qu’il se fasse « Léser » avec un grand « B »,
- ou bien ils étaient tous du « Sentier » !
Lire la suite à :
http://www.mercure5s5i.com/lenouveaumonde/index.html


Distorsions de l'histoire et contre-vérités

 

Réponse au Nouvel Observateur

par Alain Coutte, 7 mars 2005
Cette semaine, dans un encart intitulé «La vérité sur l'esclavage», Le Nouvel Observateur nous déforme l'histoire et la remodèle dans le sens des «Lobbies qui n'existent pas», probablement pour s'attirer les bonnes grâces publicitaires de ses sponsors...

1- Laissons la parole à l'accusé

Dans l'article ci-dessous, le Nouvel Observateur nous relate, dans un article signé Laurent Lemire :
http://www.nouvelobs.com/dossiers/p2104/a263983.html

 

Semaine du jeudi 3 mars 2005 - n°2104 - Dossier

 

42 millions de déportés - La vérité sur la traite des Noirs

 

Les marchands juifs participent-ils à la traite atlantique ?
Faux. Et la meilleure preuve qu'il s'agit là d'une élucubration sans réalité historique figure dans le Code noir, promulgué en 1685 par Louis XIV. Le premier article de ce texte qui réglemente l'esclavage aux Antilles, en Guyane et en Louisiane exclut formellement les juifs des territoires concernés: «Enjoignons à tous nos officiers de chasser hors de nos îles tous les juifs qui y ont établi leur résidence, auxquels, comme ennemis déclarés du nom chrétien, nous commandons d'en sortir dans trois mois, à compter du jour de la publication des présentes, à peine de confiscation de corps et de biens. » A La Rochelle, Nantes et Bordeaux, de grandes familles protestantes ont en revanche prospéré grâce au commerce triangulaire.

2- La preuve de la falsification historique

[Extraits de 6.000 ans de Mythes - Des Patriarches aux sionistes - Auteur Alain COUTTE - Editeur : Euro-Minorités - ISBN : 2-916069-03-8 - Sortie : 2ème quinzaine de Mars 2005]

15ème - 19ème siècle

Qui sont les négriers qui amènent les esclaves noirs en Amérique du 15ème au 19ème siècle ?

L'information ci-dessous se trouve documentée dans les 4 volumes de Elizabeth Donnan. Ils peuvent être trouvés à la Librairie Nationale de Washington (National Library Washington, D.C.) et à la Librairie de l'Institut Technologique de Carnegie à Pittsburg (Carnegie Institute of Technology Library, Pittsburgh, PA.)

Nom du navire - Propriétaires

Abigail - Aaron Lopez, Moses Levy et Jacob Franks
Crown - Isaac Levy and Natham Simpson
Nassau - Moses Levy
Four Sisters - Moses Levy
Anne and Eliza - Justus Bosch et John Adams
Prudent Betty - Henry Cruger et Jacob Phoenix
Hester - Mordecai et Davdi Gomez
Elizabeth - Mordecai et Davdi Gomez
Antigua - Natham Marston et Abram Lyell
Betsy - William De Woolf
Polly - James De Woolf
White Horse - Jan de Sweevts
Expedition - John et Jacob Roosevelt
Charlotte - Moses et Sam Levy; Jacob Franks
Caracoa - Moses et Sam Levy


Les marchands d'esclaves et l'Holocauste «négrier»

 

1- Les oubliés de l'histoire


Les Noirs sont toujours les oubliés de l'histoire, car personne ne s'intéresse à eux. Normal, ils ne possèdent pas encore de «lobbies qui n'existent pas», suffisamment puissants pour négocier directement de leurs réparations légitimes auprès des Etats concernés. Alors que l'«industrie mémorielle» se rappelle à nos bons souvenirs quasiment tous les jours de l'année 2005, jour du 60ème anniversaire de la chute du régime nazi, qui coïncide parfaitement avec les 6 branches de l'étoile de David et le chiffre des «6 millions» de «victimes», personne ne se rappelle des Noirs qui sont bien plus nombreux à disparaître de l'esclavagisme qui dure plusieurs siècles. Deux poids, deux mesures, selon que vous êtes puissant et que vous avez le contrôle des médias et des institutions financières ou que vous êtes un «Nègre» misérable auquel on vous refuse - tel l'humoriste Dieudonné -, de faire un film sur le Code Noir [j'emploie d'autant plus volontiers ce terme qu'étant né au Sénégal - j'y compte encore de très nombreux amis d'enfance et qu'une partie de mon coeur y est resté -, ce mot me permettant de réveiller les consciences endormies et d'insister sur ce vocable insultant qu'emploie les Nazis et certains colonisateurs]. A ce sujet, l'association «Euro-Minorités» que je préside, étudie actuellement les aspects juridiques avec différents avocats pour voir comment il est possible d'obtenir une réparation, symbolique et morale - car il est hors de question de s'abaisser au même niveau que d'autres, qui font payer en argent sonnant et trébuchant le nombre des cadavres -, pour cet infâme épisode de notre histoire.

 

2- Les «Négriers»

Les «Négriers» sont étroitement liés à l'un des plus grands génocides de l'humanité qui concerne l'esclavagisme : le génocide des Noirs. Tout comme il est vain de faire un décompte morbide de la seconde guerre mondiale, il est tout aussi inutile d'en faire un en ce qui concerne le nombre de victimes de ce tragique épisode, laissons les morts reposer en paix et ne les tuons pas une seconde fois. Un certain nombre de marchands participent directement à toutes les étapes de ce génocide : dans le choix des «produits», le transport dans leurs «galères» spécialement aménagées et qui n'ont rien à envier aux camps de concentration nazis [...], la gestions des «marchés aux enchères» de leurs «produits», ainsi qu'à leur achat pour l'utilisation à des fins personnelles. Des recherches entreprises par un certain nombre d'historiens de confession juive prouvent aujourd'hui que ces «négociants» sont impliqués de manière totalement disproportionnée - compte tenu de l'importance de leur groupe ethnique -, par rapport aux autres groupes qui en font également commerce. L'immense fortune de ces marchands, ainsi que ceux qui font de l'esclavagisme leur commerce, est obtenue par la «traite des Noirs», du fait de leur couleur de peau, ce qui est aujourd'hui considéré comme un acte violemment raciste. On peut se poser en effet la question «pourquoi les Noirs» ? La raison en est fort simple. Au début de l'invasion de l'Amérique du Sud, les Indiens sont initialement pris comme esclaves. Mais ils se rebellent, ce qui évidemment pas bon pour les affaires, et meurent lorsqu'ils sont détenus, hors de leur environnement. C'est alors que les commerçants, jamais à court d'inspiration, voient dans les Noirs d'Afrique un excellent «produit», docile et robuste [les théories de Darwin s'appliquent durant le transport et il ne reste que les meilleurs à l'arrivée...].

 

2.1- Retour Historique

Mais on retrouve des traces de l'esclavagisme par les «Négriers» juifs qui en sont les précurseurs, déjà à la fin du 6ème siècle. Lady Magnus écrit qu'au Moyen-âge, les principaux acheteurs d'esclaves se trouvent parmi les Juifs. Elle écrit «A l'époque du pape Grégoire le Grand, [590-604], les Juifs deviennent les plus grands négociants dans ce genre de trafic» [source : Lady Magnus, Esquisses d'histoire juive, Outlines of Jewish History, revues par M. Friedlander Philadelphie : Jewish Publication Society of Amenca, 1890, p. 107 ; Jewish Encyclopaedia, New York & London : Funk and Wagnalls Company, 1905 -1916), vol. 11, p. 402]. L'auteur juif (et sioniste) Julius Brutzkus indique «déjà au 10ème siècle, les Juifs possèdent des mines de sel à Nuremberg. Ils font du négoce d'armes et exploitent les trésors des églises. Mais leur grande spécialité est... l'esclavagisme». L'encyclopédie juive indique «les premiers Juifs que rencontrent les Polonais sont certainement des négociants, probablement des marchands d'esclaves, appelés au 12ème siècle les Holekhei Rusyah (Voyageurs vers la Russie) ». Enfin, Israël Abrahams note qu'au 12ème siècle «les Juifs espagnols [Marranes] doivent leur fortune au négoce d'esclaves». Mais Henry L. Feingold note qu'en 1460, lorsque les Juifs deviennent les Maîtres des sciences nautiques au Portugal, l'Etat ibérique importe entre 700 et 800 esclaves par an [source : Henry L. Feingold, Le Sionisme en Amérique : L'expérience juive du temps des colonies jusqu'à ce jour - Zion in America : The Jewish Experience from Colonial Times to the Present (New York: Twayne Publishing, Inc., 1974), pp. 42-3]. Le succès de ces marchands médiévaux est accru par leurs talents linguistiques. Ils parlent l'arabe, le persan, le romain, le français, l'espagnol et le slave. Par ailleurs, ils possèdent une vue des affaires toujours en avance sur leur époque qu'il faut leur reconnaître.. Marcus Arkin, l'auteur des Aspects de l'économique historique juive - Aspects of Jewish Economic History (Jewish Publication Society of America, 1975, pp. 44-5), nous révèle que les négociants juifs, dans certaines pays européens «ont un monopole du commerce international», tant et si bien que les termes «Juif» et «marchand» apparaissent comme des synonymes dans les documents carolingiens, ce que confirme également Lady Magnus dans son livre, p. 152.

 

2.2- Christophe Colomb ouvre la voie

Le 2 août 1492, plus de 300.000 Juifs sont expulsés d'Espagne, mettant également fin à leurs cinq siècles d'implication dans l'esclavagisme dans cette région. En fait, les documents historiques prouvent que certains d'entre eux amassent des fortunes considérables avec des esclaves chrétiens et occupent des postes de premier plan dans la hiérarchie espagnole. Les circonstances économiques les réunifient au sein d'une coalition de ravisseurs d'esclaves. Peu de temps après l'expulsion des Juifs d'Espagne, Christophe Colomb, dont le nom est en réalité Cristobol Colon, embarque un groupe de réfugiés juifs avec lui vers le nouveau monde (source : Max J. Kohler, Luis De Santangel and Columbus, PAJHS, vol. 10 (1902), p. 162). Dans son journal, Colomb lui-même attire l'attention sur la coïncidence de ce premier voyage avec l'expulsion des Juifs d'Espagne dans le passage suivant : «Après avoir expulsé les Juifs de son Empire, son Altesse, le même mois de janvier m'ordonne de voguer vers les dits territoires des Indes». La reine Isabelle signe le décret quasiment le même jour que Colomb commence son voyage. George Cohen, parmi les nombreux historiens juifs, précise que de nombreux Juifs fortunés financent l'expédition de Colomb. L'histoire des bijoux d'Isabelle n'est fondée sur aucun fait, mais relève plus du mythe destiné à glorifier la reine.

Trois marranes participent financièrement à cette aventure : - Luis de Santagel (ou Santangelo) [le premier décret royal pour exporter du grain et des chevaux vers l'Amérique est accordé à Luis de Santangel qui est reconnu comme étant le fondateur des plus grandes industries américaines (source : Cecil Roth, L'histoire des Marranes - History of the Marranos, Jewish Publication Society of America, 1932, pp. 272-73)]. L'historien Kohler, dans son livre «Colomb», p. 159, nous cite une anecdote croustillante : «c'est un fait historique qu'un jour Ferdinand V, souhaitant de l'argent, s'arrête à la maison de Santangelo à Calatayud, pour y obtenir une somme considérable». «A cette époque, ni Ferdinand, ni Isabelle, n'ont à leur disposition suffisamment d'argent pour armer une flotte» (p. 75). - Gabriel Sanchez, également cité par Kohler dans son livre ci-dessus, p. 160, nous indique «c'est un négociant aisé». - Le trésorier royal et son assistant Juan Cabrero influencent la reine Isabelle pour les aider à financer le voyage de Colomb. Cabrero et Santangel investissent 17.000 Ducats [soit certainement plus que 150.000 Euros de nos jours]. De même qu'Alfonso de la Caballeria et Diego de Deza fournissent également des fonds. Abraham Ben Samuel Zacuto fournit, quant à lui, les équipements d'astronomie et de navigation et Isaac Abravanel l'assiste. Six Juifs en vue accompagnent Colomb dans son périple, parmi lesquels on retrouve : Mastre Bernal, un scientifique ; Marco, a chirurgien ; Roderigo Sanchez, un inspecteur ; Luis de Torres, un interprète ; et Alfonso de la Calle comme marin. Torres s'installe à Cuba et il devient celui qui introduit le tabac en Europe, exporté de ses vastes plantations. La relation entre les Juifs et la découverte de l'Amérique n'est pas une coïncidence fortuite. L'expédition de 1492 n'est que le résultat d'une entreprise essentiellement juive ou marrane.

 

2.3- Colomb est-il un marchand d'esclaves ?

Sir Arthur Helps écrit que dans ses lettres, Colomb parle «de ses habitudes de pratiquer la traite d'esclaves». En 1498, ses cinq navires ramènent 600 Indiens en Espagne comme esclaves. 200 sont donnés aux capitaines des navires et 400 sont vendus. Colomb emploie également la main-d'oeuvre des esclaves avant même de s'embarquer vers le nouveau monde. Il participe à la création d'une colonie à San Jorge El Mina, située au Ghana, en Afrique de l'ouest. Au nouveau monde, Colomb force les Indiens en esclavage pour trouver de l'or qui est son objectif. Il n'en ramène que l'équivalent de 6 millions d'Euros en 20 ans, au prix de la vie d'un million et demi d'Indiens, soit très exactement 4 Euros par vie humaine ! Que Christophe Colomb soit Juif ou pas, comme le proclame de nombreux historiens juifs, il n'en demeure pas moins que ses expéditions sont financées par des investisseurs juifs. Les joyaux de la reine Isabelle ne sont qu'un mythe, mais les Marranes sont bien réels !

 

3- L'esclavagisme des colonies d'Amérique du Sud et des Caraïbes

Les négociants d'esclaves juifs fournissent des Noirs par dizaines de milliers vers les plantations d'Amérique du sud et des Caraïbes. On ne retrouve plus aujourd'hui de trace écrite de protestation contre ce comportement. C'est alors une affaire purement commerciale dans laquelle la religion n'intervient nullement. Daniel M. Swetschinski estime que la part des négociants juifs dans les affaires internationales est alors disproportionnée. Ils représentent 75% des affaires mercantiles alors qu'ils ne constituent que 10% de la population. Cette domination du marché des esclaves les met en position d'équilibre avec les autres communautés. Les planteurs de sucre au Brésil utilisent abondamment cette main d'oeuvre d'esclaves d'Indiens et de Noirs, fournie par les négociants juifs. Dans les années 1600, les plantations qui constituent la majeure partie du réservoir d'esclaves avec quasiment 10.000 Africains et l'exportation du sucre raffiné est dans les mains des négociants juifs. La compagnie hollandaise d'Inde de l'ouest est créée en 1621 dans le seul but de gagner de l'argent. Les Juifs investissent massivement dans l'entreprise qui se destine à toute forme de commerce, y compris l'esclavagisme. Les dirigeants hollandais, en faisant la promotion du développement économique, encouragent ainsi les Juifs à émigrer [très astucieux...] et la Hollande devient très rapidement le centre du pouvoir et de la fortune juive. Marcus Arkin écrit «depuis le développement des industries dans lesquels les Juifs investissent : tailleurs de diamants, sucre, soie, textiles, le mélange du tabac, denrées alimentaires,...) sont dépendantes des colonies, il n'est nullement surprenant que de retrouver les Juifs d'Amsterdam concernés par le commerce vers l'Asie et le nouveau monde. Au 18ème siècle, environ un quart des participations dans les compagnies internationales hollandaises sont détenues par des Juifs et son déclin amène ensuite la ruine de la plupart des familles aisées». Le chercheur juif Arnold Wiznitzer est beaucoup plus explicite concernant l'implication des Juifs au Brésil : «A part leur position importante dans l'industrie sucrière, ils dominent le négoce des esclaves. De 1636 à 1645, un total de 23.163 Nègres [dans le texte] arrivent d'Afrique et sont vendus pour 6.714.423 Florins [soit environ 290 Florins par individu, tel est le prix de la vie humaine d'un Noir à l'époque...], Les acheteurs, lors des ventes aux enchères étaient tous Juifs et du fait de ce manque de compétition dans le négoce d'esclaves, ils étaient achetés à vil prix. Par ailleurs, il n'existait pas non plus de compétition pour l'achat des esclaves qui étaient payés à crédit jusqu'à la prochaine saison de vente du sucre. Si les enchères avaient lieu un jour de fête juive, elles étaient automatiquement reportées. » Moshe Kahan déclare sans ménagements qu'en 1653-1658, «les négociants Juifs-Marranes possédaient le contrôle du commerce espagnol et portugais, donc détenaient quasiment le contrôle du commerce levantin...avaient d'importantes sommes d'argent à leur disposition». Seymour B. Liebman dans le New World Jewry (Nouveau Monde Juif), indique clairement que «les navires n'appartiennent pas seulement aux Juifs, mais sont commandés par des capitaines juifs avec des équipages composés de Juifs».

 

4- L'esclavagisme aux Etats-Unis

L'esclavagisme aux Etats-Unis commence avec la conquête du nouveau monde. Les navires effectuent alors un triangle entre l'Europe, l'Afrique et les Amériques. Ils vendent des produits manufacturés en Afrique, prennent des esclaves à destination du Brésil, des Caraïbes ou des Etats-Unis et reviennent en Europe avec du sucre et d'autres matières premières. C'est l'art de l'optimisation des investissements dans lequel on peut rendre hommage au génie créatif en affaires des Juifs. Durant quasiment 4 siècles des millions d'Africains sont «exportés» vers les Amériques. Durant le 18ème siècle, les Juifs participent activement dans le négoce d'esclaves. Certains Juifs contrôlent même les marchés où sont fixés les prix, telle une denrée ! Mais on assiste également à des histoires émouvantes de romantisme. C'est ainsi que Aaron Levy, le fondateur de Aaronsburg en Pennsylvanie, achète Rachel, une esclave noire, dans le milieu des années 1780 et l'emmène à Philadelphie. Il la libère, l'éduque et l'épouse. Elle repose désormais dans le cimetière Mikve Israël, à proximité de la tombe de Hayim Salomon, le financier de la Révolution américaine (cf 1776).

En 1793, Eli Whitney invente le fil à coton et c'est l'envol des plantations de cette matière première consommatrice de main d'oeuvre, plus particulièrement d'esclaves bon marché qui fait exploser le marché. L'un des nombreuses études effectuées par Ira Rosenwaike, publiée par l'American Jewish Historical Society (Société d'histoire juive américaine), montre que 75% des Juifs du sud des Etats-Unis possèdent des esclaves noirs [avant l'élection de Lincoln], alors que seuls 36% des Blancs en ont.

Le Rabbin Isaac Meyer Wise, l'un des champions de la réforme libérale juive et le plus actif de tous les Rabbins aux Etats-Unis au 19ème siècle, soutient activement l'esclavagisme des Noirs, appelle Abraham Lincoln un «imbécile» et argumente que les Noirs sont des «bêtes accablantes» [Rappelons que Lincoln est l'un des rares présidents américains qui n'est pas élu avec les voix des Juifs, car il s'oppose à l'esclavagisme et lorsqu'il est élu en 1860, il l'abolit immédiatement, ce qui déclenche la guerre de sécession].

En 1896, un éditorial dans le Jewish South de Richmond, en Virginie, argumente que les «Nègres [dans le texte] sont intellectuellement, moralement et physiquement une race inférieure - un fait que personne ne peut dénier» et, lors de la mort du sénateur [Juif] du Maryland, Isador Rayner, un journaliste noir écrit que Rayner «évoque auprès de ses voisins de couleur les terreurs des pogroms».

Lorsque le B'nai B'rith et l'ADL (Ligue anti-diffamation) - organisme contrôlé par les «lobbies qui n'existent pas», l'équivalent de la LICRA (Ligue Internationale contre le racisme et l´antisémitisme) en France - publient leur pamphlet, en 1976, intitulé «Les Juifs américains : leur histoire», sur les 13 pionniers juifs américains, 10 d'entre eux sont liés au négoce de l'esclavagisme... [comme quoi, plus vous êtes esclavagiste, raciste et antisémite et mieux il est préférable d'adhérer à ce genre d'organisation pour vous donner bonne conscience...] Du reste, les quotidiens suivants : The San Francisco Chronicle, The San Francisco Examiner, The Los Angeles Times et d'autres encore, révèlent depuis de nombreuses années qu'aux Etats-Unis, l'ADL pratique l'espionnage et constitue des dossiers sur 950 organisations et 10.000 individus dont la plupart sont des groupes de Noirs, y compris la célèbre NAACP (National Association for the Advancement of Coloured People ou Association nationale pour l'avancement des personnes de couleur), fondée en 1909 par des groupes de militants multiraciaux. Le Général israélien Moshe Dayan ne dit-il, voici quelques années, pas que les forces militaires américaines se dégradent parce qu'elles sont composées de Noirs «avec peu d'intelligence et aucune éducation». Il insiste alors pour que les Etats-Unis recrutent «du sang neuf et de meilleurs cerveaux».

Il est considéré comme un héros dans son pays !

Lorsqu'on leur relate ces faits, certains contradicteurs argumentent sur des points qui prêtent volontiers à sourire. En voici deux :
- le premier, que les négociants juifs sont contraints par les Chrétiens de devenir des marchands d'esclaves et effectuer le «sale boulot» pour leur compte ;
- le second, que sans ces marchands, le nombre de victimes, en particulier de la faim, serait encore plus catastrophique ! J'en oublie un dernier, qui correspond à celui qu'ils utilisent en dernier ressort, lorsqu'ils ne trouvent plus d'arguments solides : c'est faire preuve d'antisémitisme que de relater ces faits, car ils ne sont pas représentatifs de la religion juive [nous sommes bien d'accord sur ce point, il ne faut pas généraliser] et ils ne sont pas les seuls à faire ce genre de commerce [nous sommes également bien d'accord sur ce point aussi, ce qui n'exonèrent pas les autres !]. Il n'en demeure pas moins que le mot magique «antisémitisme» est lâché, celui qui fait taire tous les journalistes et ramènent dans le rang de la «pensée unique» tous les Présidents et membres des gouvernements.

Est-ce de la diffamation que de dénoncer ce génocide afin qu'il ne se
renouvelle plus ?
Non ! C'est une définition.
Source : www .mercure5s5i.com/lenouveaumonde/article.php?art=353

 

L'esclavagisme des Africains par les Juifs vu par un important rabbin : laissons lui la parole


par Alain Coutte, 17 janvier 2005. Source http://www.mercure5s5i.com/lenouveaumonde/index.html
L'auteur est entrepreneur et écrivain dans les Bouches du Rhones.

 

Selon le Rabbin Marc Lee Raphael [1] [in Jews and Judaism in the United States a Documentary History (New York: Behrman House, Inc., Pub, 1983), pp. 14, 23-25.] :
« Les Juifs prirent une part très importante dans le négoce de l'esclavagisme hollandais ; en effet, les « par la Loi » des congrégations de Recife et de Maurice (1648) incluaient une « imposta » (taxe juive) de cinq « soldos » pour chaque esclave noir acheté par un Juif brésilien dans les colonies des Indes Occidentales (Nouveau Monde). Les enchères d'esclaves étaient reculées si elles tombaient un jour férié juif. A Curaçao, au XVIIème siècle, mais aussi dans les colonies britanniques des Barbade et de la Jamaïque au XVIIIème siècle, les négociants juifs jouèrent un rôle très important dans le négoce de l'esclavagisme.
De fait, dans toutes les colonies des Amériques, qu'elles soient française (Martinique), Britannique ou Hollandaise, les négociants juifs jouaient un rôle prépondérant.
Ce fut cependant moins le cas dans les territoires d'Amérique du Nord [ce qui ne les empêcha pas d'être les plus grands propriétaires d'esclaves comme nous le montre les tableaux ci-dessous..], durant le XVIIIème siècle dans lequel les Juifs participèrent au commerce triangulaire qui amenait les esclaves d'Afrique de l'Ouest, les échangeaient contre de la molasse [nous verrons plus loin qui étaient les propriétaires des plantations et usines de canne à sucre..] qui était acheminée en Angleterre qui, en retour, était convertie en rhum destiné à l'Afrique [ne vous étonnez pas que le rhum se vend aussi bien au Nigeria, par exemple, pays qui a certainement le plus souffert de l'esclavagisme avec les Ibos déportés par centaines de milliers, puisque c'était une colonie britannique].
Isaac Da Costa de Charleston dans les années 1750, David Franks de Philadelphie dans les années 1760 et Aaron Lopez de Newport à la fin des années 1760 et début 1770 dominèrent le négoce de l'esclavagisme sur le continent américain
[voici qui va faire plaisir à Marek Poznanski qui me traitait « d'antisémite pervers », le 13 mars 2005, sur le site d'Africamaat, source : http://www.africamaat.com/affiche_forum.php3?id_article=223, alors que je venais de publier un article rectifiant les mensonges de la « propagande sioniste » du Nouvel Observateur qui, comme les initiés le savent, est un média « crypto-sioniste », tout comme Libération et Le Monde qui sont à la solde des « Lobbies qui n'existent pas » qui leur dictent leur ligne éditoriale en échange de publicité qui les fait vivre, induisant non seulement en erreur leurs lecteurs payants, mais construisant également des mythes.. ils sont déjà tellement nombreux ! Du reste, le « belge » Poznanski devrait être prochainement convoqué au tribunal pour s'expliquer..].
Le Dr. Raphael poursuit son développement sur le rôle central des Juifs dans le commerce du Nouveau Monde et le négoce de l'esclavagisme. (pp. 23-25)

Le négoce inter-pays : Curaçao, 1656, au XVIIème et XVIIIème siècle.

Au 16ème siècle, exilés de leur « terre natale » espagnole [les parenthèses sont de moi car, les sionistes en particulier, ne vous diront jamais qu'ils sont « Français de confession juive », mais des « Juifs français ou de France » qui est le « code » par lequel vous pouvez les reconnaître facilement..] et soucieux d'échapper à l'Inquisition, les Juifs portugais et espagnols partirent vers la Hollande qui les accueillit à bras ouverts pour leurs talents [Nda : c'est ainsi qu'Amsterdam et Rotterdam sont encore aujourd'hui les premières centres d'affaires juifs, devant Tel-Aviv.., abritant de nombreuses activités de négoce et de diamants, pour n'en citer que quelques unes, mais aussi de prostitution..]
Alors qu'ils prospéraient à Amsterdam, ils devinrent le centre d'un univers juif et acquirent le statut des autres Juifs émancipés de l'Ouest durant plus d'un siècle et s'établirent, durant le XVIème et XVIIème siècle, dans les colonies hollandaises et britanniques du Nouveau Monde qui comprenaient Curaçao, le Surinam, Recife, New Asmterdam (New York), mais aussi la Barbade, la Jamaïque, ainsi que les villes de Newport et Savannah. Dans ces avant-postes, les Juifs, avec leurs siècles d'expérience mercantile et leurs réseaux d'amis et de familles dispersés dans le monde fournissaient des rapports très importants, jouèrent un rôle très important dans le capitalisme marchand [Nda : puis ils expérimentèrent le bolchevisme, pour finalement revenir à leur première passion], la révolution commerciale qui en découla, l'expansion territoriale qui se développa dans le Nouveau Monde et battirent les économies des colonies. Les liens des Juifs des Caraïbes leur fournissait l'opportunité de prétendre à une influence disproportionnée dans le commerce du Nouveau Monde du XVIIème et XVIIIème siècle, et leur permit, en surpassant leurs coreligionnaires plus au Nord d'apprécier leur position que les Juifs d'Amérique du Nord n'atteignirent que bien après [du reste, aujourd'hui Ha'aretz, le célèbre quotidien israélien, parle même du 51ème Etat de l'union, ce qui en dit long..].
Des groupes de Juifs commencèrent à arriver au Surinam au milieu du XVIIème siècle, après que les Portugais contrôlèrent de nouveau le Nord du Brésil. En 1694, vingt sept ans après que les Britanniques avaient restitués le Surinam aux Hollandais, il y avait environ 100 familles juives et cinquante Juifs célibataires, soit environ 570 personnes. Ils possédaient plus de 40 domaines et 9 000 esclaves (sic !), firent don de 25 905 livres pour la construction d'un hôpital et participèrent activement au négoce avec Newport [on reste toujours en famille..] et d'autres ports coloniaux. En 1 730, les Juifs possédaient 115 plantations et avait un quasi-monopole sur les exportations de sucre qui exportait 21,680 millions de livres (environ 12 000 tonnes) de sucre vers l'Europe et le Nouveau Monde durant cette année là
[A noter que le négoce international de sucre, cacao, céréales, oléagineux et de quasiment toutes les matières premières sont encore aujourd'hui entre les mains de sociétés, généralement familiales, appartenant quasiment toutes à des Juifs Séfarades : Sucden, Dreyfus, Bunge y Born, Noga, Frahuil à Marseille, aujourd'hui liquidée,..]
Le négoce des esclaves était une composante importante de la vie économique du Surinam qui était un point central dans le commerce triangulaire. Aussi bien les Juifs d'Amérique du Nord que ceux des Caraïbes jouèrent un « rôle clé » dans ce commerce : les enregistrements des ventes d'esclaves en 1707 révélèrent que les dix plus gros acheteurs juifs dépensèrent plus de 25% de leur volume d'affaire.
La vie économique juive, aussi bien dans les « Indes Occidentales » (Caraïbes) que dans les colonies d'Amérique du Nord, consistaient essentiellement en des communautés mercantiles avec des injustices flagrantes dans la distribution des richesses. La plupart des Juifs étaient des commerçants, des intermédiaires ou des marchands sans importance [l'équivalent des Grecs ou des Libano-syriens en Afrique], encouragés par les autorités hollandaises.
A Curaçao, par exemple, la vie économique des Juifs commença après la victoire des Portugais en 1654.
[Pendant que les Européens se faisaient la guerre, ils étaient ennemis de personne et amis de tout le monde, faisant des affaires avec qui le voulait.. peu leur importait de quelle nationalité ou religion ils étaient, preuve de leur souplesse et sens des affaires. Du reste, en passant, les sionistes firent aussi des affaires avec les Nazis avec lesquels ils collaborèrent.. mais c'est encore une toute autre histoire !]
En 1656, la communauté juive fonda une congrégation et, au début des années 1670, fit venir son premier Rabbin [signe d'enracinement] dans l'île. Curaçao, avec son grand port naturel, était une escale obligée vers les autres îles des Caraïbes et, par conséquence, située géographiquement dans des conditions optimale pour réaliser des affaires. Les Juifs reçurent des patentes favorables contenant de généreux privilèges économiques accordés par la « Compagnie hollandaise des Indes Occidentales » [dont ils étaient, cela dit en passant, les actionnaires les plus importants..] qui était la plus importante société de négoce hollandaise au service de la couronne.
La vie économique de la communauté juive de Curaçao tournait essentiellement autour des plantations et du commerce de sucre, l'importation de biens manufacturés et une implication importante dans le commerce des esclaves. En l'espace d'une décennie après leur arrivée, les Juifs possédaient 80% des plantations de Curaçao. Leur force résidait dans leurs relations d'affaires avec l'Europe de l'Ouest, ainsi que le contrôle des navires utilisés dans ce commerce [qui les rendait totalement indépendants].
Tandis que les Juifs participaient à un négoce actif avec les colonies françaises et anglaises dans les Caraïbes, leur principal marché était cependant les colonies espagnoles du Venezuela et de Colombie
[l'Inquisition espagnole nous a mis un « coup de pied au c.. », mais c'est pas grave, nous ne sommes pas rancuniers, pourvu qu'il y ai des affaires à traiter et de l'argent à gagner..]
Les taxes existantes nous donnent un aperçu de leur domination dans les affaires [on peut même parler de « monopole » ou d'« oligopoles » bien organisés, comme c'est du reste encore le cas aujourd'hui dans les matières premières. C'est une constante..]. Sur les dis huit Juifs les plus riches des listes de taxation des années 1702 à 1707, neuf [la moitié], possédait au moins un navire en propre ou une participation.
En 1721, une lettre adressée à la communauté juive d'Amsterdam, prétendait que « quasiment tout le transport maritime était dans les mains des Juifs » [heureusement que ce n'est pas moi qui le dit, sinon je serai immédiatement taxé d'antisémitisme et je ferai l'objet de procès de 40 associations différentes, dont le MRAP et SOS Racisme.. Ouf !! ].
Enfin, un enregistrement intéressant, à partir d'une correspondance de 1656, concernait le négoce inter-Amériques impliquait un commerçant juif et les îles de Barbade et Curaçao. Il nous rappelle que les voyages commerciaux n'étaient pas planifiés comme à l'heure actuelle et que les capitaines juifs des navires de commerce qui avaient des capacités extraordinaires, en particulier de souplesse, agissait aussi comme agents commerciaux et décidaient eux-même où vendre leur cargaison et à quel prix, ainsi que la nature de la marchandise à ramener en retour.

[1] Source :
http://www.blacksandjews.com/MarcLeeRaphael.html#anchor196437
Le Rabbin Raphael fut rédacteur en chef, durant 10 ans, du célèbre « American Jewish History ». Il vaut toujours mieux prendre des sources d'historiens ou chercheurs juifs ou israéliens pour s'éviter un procès pour antisémitisme.. Cela arrive si vite, même par mégarde ! Par ailleurs, ce sont les meilleures car elles sont fiables à 99,99%.
J'espère qu'un jour, un Rabbin se penchera sérieusement, et surtout avec la même honnêteté que le Rabbin Raphael, sur les évènements de la seconde guerre mondiale et, ce jour là, enfin, nous pourrons publier la vérité qui nous est actuellement interdite sous peine d'être très sévèrement sanctionné de « négationniste », ce qui équivaut, dans une blague que les Juifs se racontent entre eux, à la définition d'un « antisémite » : « celui qui négocie le prix d'un costume » !




La cas de David Gradis, négrier français dans le négoce d'esclaves vers le Nouveau Monde, fondateur d'une dynastie


par Alain Coutte, 17 janvier 2005. Source : http://www.mercure5s5i.com/lenouveaumonde/article.php?art=734

 

Les Français, tout comme les autres puissances européennes, s'efforcèrent de conquérir certains territoires dans les Caraïbes. Leurs possessions comprenaient la Martinique, la Guadeloupe, ainsi que Haïti qui comprend la moitié de l'île ou est situé Saint Domingue.
Il existait à la Martinique une ancienne population juive, assez importante numériquement ; en revanche, il n'y avait pas de colonies juives notables dans ce qui est aujourd'hui connu sous le nom d'Haïti.
La Guadeloupe, tout comme la Martinique, furent occupées en 1635 par les Français puis devinrent propriétés de la Couronne en 1674.
Dans l'intervalle, en 1654, arrivèrent en Martinique à bord de bateaux hollandais sept ou huit familles d'européens de confession juive accompagnés d'Africains déportés et réduits en esclavage alors qu'ils se trouvaient au Brésil.
Chassés du Brésil par les Portugais, les Hollandais partirent avec leurs esclaves vers les Caraïbes. Ces Hollandais, protestants et juifs, installèrent une sucrerie et montrèrent aux autres colons européens catholiques les techniques pour le blanchiment et la mise en forme du sucre.
Lors de l´arrivée du Brésil des Juifs hollandais à la Martinique et à la Guadeloupe, le Père du Tertre nous raconte :
«... un navire de 1 400 tonneaux fit voile vers nos isles et aborda à la Martinique (1654). Les chefs vinrent faire la révérence à M. du Parquet et le supplièrent en même temps d´agréer qu´ils habitassent dans son isle, aux mesmes conditions et redevances que les habitants François, M. du Parquet y estant tout disposé, mais les RRPP Jésuites lui ayant remonstré qu´il n´y avait rien de plus contraire aux intentions du Roi, il se résolut avec bien de la peine de le refuser... »
[Du Tertre, pp. 460-461.]
A la Guadeloupe :
«... M. Hoüel les ayant fort bien reçus, leur accorda leur demande avec beaucoup de joie. Deux autres grands navires vinrent mouiller la nuit suivante... Le même jour, deux autres grands navires abordèrent.»
[Du Tertre, pp. 462-463.]
Et à la Martinique :
«... Peu de temps après, un grand navire arriva (du Brésil) rempli de Juifs, le tout faisant 300. M. le Parquet reçut ceux-cy à bras ouverts !»
[Du Tertre, pp. 463-464.]
Ils apportèrent leur savoir-faire en matière de production agricole sucrière qui remplaça peu à peu celle du tabac. En 1661, il y avait 71 moulins à sucre à la Guadeloupe, et un peu moins à la Martinique. En 1671, on comptait à la Martinique 111 moulins avec 6 582 ouvriers, et en 1675, il y avait 172 moulins. [Pierre Pruchon (ed.) Histoire des Antilles et de la Guyanne (Toulouse, 1982), pp. 93-94.]
[Les Juifs séfarades aimaient les activités relatives au sucre, principalement parce que c'était une « commodity » (matière première) avec un cours volatile. Il était donc très facile de pouvoir, si nécessaire, « habiller » les contrats en modifiant les dates selon les cours pour faire apparaître des profits ou des pertes.
Exemple :
Je possède une entreprise de négoce à Rotterdam et une entreprise de production de sucre à Pointe-à-Pitre. Or, il s'avère que l'usine martiniquaise génère tellement de profit que je dois payer des impôts à l'Etat français. Rien de plus simple : il me suffit de prendre le cours le plus bas de l'année et dater tous mes contrats de ce jour pour que mon entreprise de négoce aux Pays-Bas récupère tous les profits en Hollande où ils sont moins taxés.. Et ceci n'est qu'un schéma fort simple. Il existe aussi des « offshore companies » qui elles ne paient aucun impôt et par lesquelles passent très souvent la plupart de ces contrats. Ou encore des sociétés « amies » avec lesquelles on peu aussi « bricoler » des contrats. Ce commerce génère des milliards d'Euros qui intéresse énormément les banquiers grâce au jeu des commissions et sont prêts à se prostituer pour travailler avec ces entreprise de négoce jusqu'au jour où.. il y a un dépôt de bilan brutal et elles perdent [ou plutôt le contribuable français..] des sommes vertigineuses.
Pour avoir exercé l'activité de « trader » durant des années, je peux témoigner que toutes les entreprises de négoce international qui possèdent des filiales dans le monde entier pratiquent cette méthode, il suffit de prendre le bottin, elles figurent en bonnes pages... Il suffirait qu'un inspecteur des impôts soit un peu plus malin que la moyenne pour récupérer des milliards d'Euros qui échappent à l'impôt. Mais c'est encore une toute autre histoire..]
En 1656, quelques uns d'entre eux (en majorité ceux de religion juive, car les protestants se retirèrent de la Martinique) se fixèrent à Saint Pierre où ils se lancèrent dans le commerce.
En 1664, il y avait en Martinique 22 personnes constituant des familles d'hollandais de religion juive commerçants, négociants de marchandises du commerce triangulaire, donc aussi propriétaires d'esclaves.
En 1670, il y avait 15 ou 16 familles de religion juive originaires de Hollande, et de France (Bordeaux) présentes en Martinique.
En 1680, y avait 21 familles, soit 81 personnes de religion juive installés majoritairement à Saint Pierre.
En 1683, 23 familles juives représentant un peu plus de 90 personnes habitaient la Martinique. Cette présence d'esclavagistes de religion juive intervenant en Martinique dans le commerce triangulaire, la déportation d'africains, et possédant aussi des esclaves et plantations fut problématique pour les autres colons européens de religion catholique.
Même si les Français ne pratiquèrent pas une Inquisition à grande échelle comme les Espagnols et les Portugais, ils étaient cependant catholiques, et un certain nombre de leurs immigrants étaient aussi des clercs catholiques, qui jouaient le rôle de missionnaires. Comme dans le cas des colonies britanniques, les commerçants français établis en Martinique, et, dans le cas d'espèce, les prêtres jésuites surtout, prirent ombrage du succès des Juifs dans le négoce fort lucratif de l'esclavagisme et exigèrent que des lois discriminatoires soient édictées à leur encontre. C'est ainsi que les jésuites se plaignirent au roi de France qui ordonna l'expulsion des Juifs : ordre enregistré au conseil souverain le 2 mai 1684.
Ces faits furent à l'origine directe de la logique du premier article du code noir de Colbert de mars 1685, qui confirmait [Extraits du Code Noir] :
« Art. 1- .. se faisant, enjoignons à tous nos officiers de chasser de nos dites îles tous les Juifs qui y ont établi leur résidence, auxquels, comme aux ennemis déclarés du nom chrétien, nous commandons d'en sortir dans trois mois à compter du jour de la publication des présentes, à peine de confiscation de corps et de biens.
.. »
Apparemment, les Juifs, ainsi que le gouvernement colonial, ignorèrent cette Loi et l'article 1, et continuèrent à s'installer en Martinique pour y prospérer, bien que certains partirent s'établir à Curaçao, et que l´activité sucrière fut transférée aux Français. La Révolution française mit un terme à toutes les mesures législatives discriminatoires envers les Juifs.
Ils contribuèrent cependant au « commerce du bois d'ébène » (esclaves africains), en tant que courtiers (intermédiaires) des compagnies de négriers européens, les navires négriers hollandais étant d'ailleurs en cette période les principaux fournisseurs en déportés d'Afrique vers la Martinique.

La dynastie Gradis
C'est en 1685, sous le règne de Louis XIV que Diego Gradis, issu d´une vieille famille portugaise installée à Bordeaux au XVIème siècle, créa une Maison de Commerce de toiles. Dix ans plus tard, il la transmit à son fils David. C´est à cette époque que commença à prospérer le commerce avec les colonies.
La vie de David Gradis (1665-1751) illustre bien l'histoire des Juifs dans les colonies françaises. En dépit d'une intolérance religieuse officielle, les affaires des Juifs de Martinique étaient prospères. En 1722, David Gradis lança une affaire commerciale à Saint-Pierre. Il eut suffisamment de succès pour ouvrir une succursale à Saint Domingue, en 1724. La famille Gradis devint si puissante que le gouvernement colonial était incapable de la bannir de l'île, en dépit de la loi française. Comme fréquemment à cette époque, leur système commercial consistait en un échange triangulaire entre l'Europe, la Caraïbe et l'Amérique du Nord. Les intérêts des Gradis comportaient le commerce avec Bordeaux - deuxième port esclavagiste français, dans lequel le « roi David » avait son siège social et coordonnait ses activités -, où les bateaux étaient chargés de salaisons et d'alcool qu'ils ramenaient vers les ports caribéens et américains, en faisant un détour discret vers l'île de Gorée dans laquelle il faisait la pluie et le beau temps avec des fonctionnaires rémunérés directement par lui...
En 1711, David Gradis (1665-1751) abandonna le négoce des toiles et acheta, en 1711, son premier navire, le « TIGRE », suivi dans les décennies suivantes d´une longue lignée de vaisseaux armés au commerce. La Maison expédia aux Antilles des vins, des eaux de vie, des farines, du lard, du b¦uf salé d´Irlande. Elle en rapporta, entre-autres denrées, des sucres blancs et bruts.
Puis il se lança dans le commerce avec les Antilles et réussit grâce à cet Eldorado. Il devient un « bourgeois de Bordeaux » ; il posséda aux Antilles deux maisons de commerce.
En 1722, David Gradis commença une affaire de négoce à Saint-Pierre, en Martinique, gérée par un neveu. Suite à son développement, il créa une autre entreprise à Saint-Domingue en 1724, dirigée par son beau-frère. Ils devinrent si puissants que le gouvernement colonial ne pu les expulser de la Martinique, malgré le Code noir et autorisèrent même son fils Abraham à devenir propriétaire terrien.
Les banquiers Cottin, Banquet et Mallet soutenaient massivement les négriers David et son fils Abraham Gradis. C'est en partie grâce à ce soutien que ces derniers pouvaient occuper Gorée en 1748, la notoire île d'esclaves située au large de Dakar.
Lorsque David décéda en 1751, son fils, Abraham, s´attacha avec succès à poursuivre l'¦uvre de son père et accrut encore la richesse ainsi que le pouvoir de la famille. Abraham Gradis devint alors le plus important négociant de Bordeaux, et leur entreprise franco-antillaise, l´une des plus prospères. Il était devenu si influent qu'il était exempté des discriminations qui pesaient sur tous les autres Juifs. Il était ainsi autorisé à posséder des terres malgré l'interdiction qui lui en était faite par le Code noir.
Abraham Gradis devint si riche, surtout grâce au commerce avec les Antilles, qu'en 1756, pendant la longue guerre de sept ans qui opposa la France à l´Angleterre, à partir de 1756, la Maison assura le ravitaillement du Canada. Pour avoir consenti aux rois Louis XV et Louis XVI d´importants crédits, elle se vit accorder, en récompense, des privilèges exceptionnels.
Plus tard, dans les années 1764-1770, on fera encore appel à lui pour approvisionner les colonies et pour introduire aux îles, l´or dont elles avaient besoin pour développer leur commerce.
L´influence de ce personnage, qui doit tout aux Antilles, était si grande, les services qu´il avait rendus à la monarchie si précieux, qu´on n´hésita pas en 1779, pour le récompenser, à lui accorder « les droits des Français », distinction qui n´était jamais accordée à cette époque aux Juifs.
Quand il décéda à son tour, en 1780, sa fortune était évaluée à 8 millions de livres, soit environ la moitié du montant des exportations de la Martinique vers la France à cette époque.
Longtemps après sa mort, Abraham Gradis resta dans la mémoire des Bordelais qui parlaient toujours du « fameux juif Gradis, le roi de Bordeaux ».
De 1786 à 1792, 50% des navires négriers furent armés à Bordeaux. Les armateurs se nommaient Nairac, Cabarrus, Balguerie, Baour, Gradis, attirés par la richesse de Nantes mais aussi par la forte prime attribuée pour chaque noir introduit dans le Nouveau Monde.
En 1789, durement touchée par la Révolution de 1789, la Maison Gradis parvint néanmoins à se reprendre avec le transport et le négoce du sucre de la Martinique. A la fin du XVIIème siècle, elle était chargée, en tant que commissionnaire, de la vente des sucres produits par plusieurs usines.
Les négociants juifs concentrèrent leurs efforts sur le commerce du sucre, et non sur sa production. Citons pour exemple l´île hollandaise de Saint-Eustache - dont la majorité des habitants étaient des Juifs et qui, en 1779, exportèrent environ 12 000 tonnes de sucre, bien qu´elle en ait seulement produit 300, le solde venant des autres pays d´Amérique.
[J. Hartog, History of St. Eustatius (Aruba 1976), p. 39.]
En 1914, pendant la première guerre mondiale, les régions productrices de sucre étant envahies par les allemands, le gouvernement confia à la Maison Gradis le mandat d´assurer (jusqu´en 1920) le ravitaillement sucrier de la France.
En 1945, la seconde guerre mondiale l´obligea à se mettre en sommeil. Fidèle à ses traditions commerciales avec l´Outre-Mer, les relations avec les Antilles reprennent en 1945. Aujourd'hui, la « Maison Gradis » s'est transformée en une société anonyme honorable dont voici les détails :
SFCO
(Société Française pour le Commerce avec l'Outre-Mer)
S.A. au Capital de 2.380.000 Euros
242, rue de Rivoli
75001 Paris - France
Tél : +33 (0)1 42 60 38 04
Fax : +33 (0)1 40 15 96 14
Telex : (33 1) 210 658 GRADIFI F
Email : gradis@henokiens.com
Elle est aujourd´hui dirigée par Henri GRADIS, Président Directeur Général, descendant direct du fondateur Diégo GRADIS.

Les Hénokiens
Fait plus étonnant, cette société fait partie du club très privilégié des « Hénokiens » qui est une association d´Entreprises Familiales et Bicentenaires, fondée en 1981, cercle très fermé qui ne compte que 35 entreprises dans le monde, dont 14 italiennes, 10 françaises, 4 allemandes, 1 espagnole, 1 hollandaise, 1 irlandaise du Nord, 3 japonaises et 1 belge, avec « des chefs d´entreprise, des managers de choc, des dirigeants pas comme les autres » pour reprendre leurs termes.
[En 1981, l´idée de créer une association d´entreprises familiales au moins bicentenaires, vint au Président Directeur Général de Marie Brizard, descendant de la créatrice (en 1755) de la première anisette. Il décida de la placer sous le signe d´Hénoch.
Hénoch (ou Enoch) est l´un des grands patriarches de la Bible. Fils de Caïn et père de Mathusalem, il vécut avant le déluge et quand il disparut, à 365 ans (encore un mythe de plus.. mais bon, on a l'habitude..), il ne mourut pas mais fut élevé dans les cieux.
Après un an de recherches, Gérard Glotin, PDG de Marie Brizard (aidé par 164 chambres de commerces et par 25 attachés commerciaux d´ambassade) retrouva 74 sociétés et en sélectionna une trentaine.
La première rencontre eu lieu à Bordeaux en 1981. Depuis les Hénokiens (ils sont 32 en 2003) se réunissent tous les ans dans un pays différent à l´occasion de l´Assemblée Générale. En 2000 la Hollande était le pays d´accueil, en 2001 l´Italie et l´Allemagne en 2002.
Les critères pour appartenir à l´Association des Hénokiens sont la longévité de la firme - 200 ans d´âge au moins - sa pérennité - majorité détenue par les descendants du fondateur et direction effective assurée par l´un d´entre eux - et sa bonne santé financière. Le tout sur fond de modernité.
Les objectifs de l´association, sont le développement de ses membres à travers le monde, autour d´une philosophie commune : la valeur du concept de l´entreprise familiale, alternative aux multinationales.
Il ne s´agit pas d´une confrérie, les secteurs d´activité des entreprises membres de l´association étant en effet très diversifiés : artisanat, édition, industrie, service, commerce...
Ce n´est pas non plus un club d´affaires (certaines firmes peuvent être concurrentes) les Hénokiens n´échangent pas de services, ils n´échangent que des idées.
Chacune de ces firmes a une passionnante saga. Comme dans « Les Grandes familles » (de Maurice Druon) ou « La famille Boussardel » (de Philippe Hériat) on trouve, à chaque époque, des personnages et des aventures industrielles dignes d´inspirer la littérature, la télévision et le cinéma, grand amateur de dynasties.
Mais, s´ils ont des ancêtres légendaires, les Hénokiens, en pleine réalité économique, dirigent leurs entreprises entre modernisme et tradition. Entre savoir-faire transmis et innovations, voire diversification. Avec talent.
Ne pas s´endormir sur ses lauriers, faire toujours mieux que les génération précédentes, telle est la règle de ces descendants qui ne cessent de monter. Mais la puissance d´une entreprise n´est pas un critère pour devenir Hénokiens, on privilégie, en effet, la solidité.
C´est ainsi que l´on trouve des entreprises de tailles très différentes, des noms célèbres et d´autres moins connus du grand public.]
Aujourd´hui, les industries sucrières à Panama et au Salvador sont aux mains des Juifs séfarades. Au début du XXème siècle, les Juifs séfarades à Cuba étaient actifs dans le domaine du sucre. La compagnie française « Sucre et Denrées » qui est l'un des acteurs majeurs du négoce international du sucre et du cacao, fut fondée par Maurice VARSANO qui inspira le célèbre film « Le sucre » et passa la main à son fils Serge en 1980.