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Histoire
 

Dossier “Liberté pour l’histoire”

 

Claude Lanzmann : solidarité, oui ! Comparaison, non !

 

Au nom d'une «Liberté pour l'histoire», on ne peut pas mêler les événements historiques

Universalité des victimes

 

par Claude LANZMANN, Libération, 10 janvier 2006

 

L'auteur, rélisateur du film-fleuve Shoah, est directeur des «Temps modernes»

 

Présentation de Libération : Dans son éditorial de la revue les Temps modernes (édition novembre-décembre 2005/janvier 2006) qui sort cette semaine, le directeur Claude Lanzmann prend position dans le débat en cours sur la «concurrence des mémoires» suscitée par l'amendement législatif concernant les aspects «positifs» de la colonisation mais aussi par la création d'un Conseil représentatif des associations noires (Cran). Il prend ses distances, dans un large extrait de ce texte que nous publions, avec la pétition «Liberté pour l'histoire», qui à son sens fait l'erreur d'amalgamer des événements historiques de nature différente au point de conduire à la remise en cause de la loi Gayssot, qui est pourtant «une garantie et une protection pour toutes les victimes». Selon l'auteur, réalisateur du film Shoah, l'évocation rétrospective de Frantz Fanon, au travers de plusieurs articles de ce numéro de la revue, doit permettre de comprendre en quoi l'universalité de la souffrance des victimes ne signifie pas que tous les événements soient équivalents au trébuchet de l'histoire. Dans ce même numéro, le dernier livre d'Alain Badiou qui réfute le «nom» de Juif fait l'objet de critiques de la part de Jean-Claude Milner et Eric Marty.

 

Que la Shoah ait été historicisée par les Juifs au point où elle l'a été, qu'elle continue de l'être, cela tient à mille causes, mais d'abord à ceci qu'elle a été l'événement du XXe siècle, le plus central peut-être, l'événement de notre présent, un événement qui n'a pas trouvé sa fin. Contrairement aux vieilles rumeurs qu'on ressuscite, les Juifs ne sont pas «malins». Si s'est créé ces jours-ci un Conseil représentatif des associations noires calqué sur le modèle du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) ou encore si un regroupement d'Africains et d'Antillais se donne le nom de Devoirs de mémoires, cela ne fera pas que cet autre crime contre l'humanité, l'esclavage, malgré toute son horreur et la haine qu'il inspire, doive entrer en «concurrence» avec la Shoah. La notion de «concurrence des victimes», reprise comme une antienne par certaines publications, est abjecte. La traite, en dépit de la souffrance, des humiliations et des morts sans nombre que le mépris de la vie humaine a entraînées, par exemple au Congo belge, n'avait pas pour visée l'extermination : les négriers avaient besoin de la force de travail des esclaves et de sa reproduction. Une des erreurs fatales des «conseils juifs» en Europe de l'Est fut de croire que les nazis épargneraient les Juifs parce qu'ils ne pourraient se passer de leur travail et de leurs compétences : ils auront besoin, pensaient-ils, de fourreurs, de bottiers, de dentistes... A Vilna, tous les dentistes étaient juifs, tous furent tués dès le premier jour, et les rages de dents de la soldatesque allemande sont encore dans les esprits lithuaniens.

Avec l'ensemble d'articles consacrés à Frantz Fanon, il est question aussi de mémoires : celle de l'esclavage précisément, de la colonisation, de la guerre d'Algérie, de Sartre et des Juifs encore. C'est à partir des Réflexions sur la question juive de Sartre que Fanon a pris la conscience la plus aiguë de sa condition de Noir. Et je conseille la lecture du texte dans lequel Jean Améry, auteur de Par-delà le crime et le châtiment, Juif autrichien survivant d'Auschwitz, raconte sa découverte bouleversée de Peau noire, masques blancs, le premier livre de Fanon, qu'il comprend de part en part à partir de sa propre expérience. Il ne s'agissait pas alors de «concurrence», mais de solidarité et même d'universalité. Car il y a, c'est ma conviction, une universalité des victimes comme des bourreaux elles se ressemblent toutes, ils se ressemblent tous. Cela ne veut nullement dire qu'il faille comparer les événements de l'histoire. A cet égard, on ne peut qu'être surpris par la publication d'un manifeste intitulé «Liberté pour l'histoire», signé par un aréopage d'historiens de renom, qui ajoute à la confusion là où on serait en droit d'attendre, de leur part, clarté et distinction. Le «manifeste» nous assène d'abord doctement que l'histoire n'est ni une religion, ni une morale, ni un objet juridique, etc., qu'elle peut et doit être «dérangeante» et qu'aucun interdit ne peut limiter la libre carrière de l'historien chercheur. Il demande ensuite l'abrogation de la récente loi sur les bienfaits de la colonisation requête à laquelle on souscrit volontiers , mais aussi et de proche en proche de toutes celles votées préalablement par le Parlement, concernant l'esclavage, le génocide arménien, et jusqu'à la première d'entre elles, la loi originaire, la loi Gayssot, qui sanctionne le négationnisme. Comment ne pas voir que la loi Gayssot diffère par nature de celle qui exalte la colonisation et en quoi son abolition serait une régression infiniment grave ? Aujourd'hui l'ouverture et la générosité d'hommes comme Fanon et Améry qui ont vécu dans leur chair de colonisé ou de déporté les souffrances dont ils parlent ont fait place au repli communautariste de leurs petits-enfants ou arrière-arrière-petits-enfants. La force universalisante de pareils esprits permettrait pourtant de comprendre que la loi Gayssot, qui porte sur le désastre le plus paradigmatiquement antihumain du XXe siècle, est aussi une garantie et une protection pour toutes les victimes. Cela éviterait la «guerre des mémoires» et la fameuse «concurrence». La loi Gayssot n'est pas une limitation de la liberté de l'historien, mais se déduit au contraire de la rigueur propre à sa discipline : elle n'est rien d'autre que le rappel de l'obligation de vérité. Plus encore, je n'hésiterais pas à dire que c'est elle qui rend indéfendable et inepte la loi sur les bienfaits de la colonisation : il est absolument contraire à l'universalité de l'humain que l'ex-colonisateur fasse de son propre chef le bilan du passé, se décerne des bons points et décrète avoir fait du bien aux peuples à qui il a peut-être apporté écoles, chemins de fer, structures administratives, vaccins, une langue même, mais que par ailleurs il a brimés, humiliés, méprisés, exploités, torturés. Il s'agit là d'une disposition à la Orwell, qui réécrit l'histoire en fonction des intérêts du pouvoir. La loi Gayssot, c'est tout autre chose, car le négationnisme n'est pas, comme on veut nous le faire croire, le fait de quelques illuminés inoffensifs qu'on pourrait facilement museler en déléguant aux historiens «sérieux», pour reprendre un mot de madame Chandernagor, le soin de dire le vrai. Le négationnisme fut le moteur et l'arme du crime nazi, qui effaçait ses propres traces à l'instant et au coeur même de son accomplissement. En un sens, le crime parfait a été accompli et ceux qui disent qu'il n'a pas eu lieu sont les héritiers directs des tueurs. La loi Gayssot n'opprime personne, n'exerce nulle contrainte, elle défend des valeurs consubstantielles à la démocratie. On ne trouve pas, grâce à elle, les ordures négationnistes aux étals de nos librairies, dans les colonnes de nos journaux et sur nos écrans de télévision. On se demande de quel coeur certains des signataires du manifeste accepteraient pareille situation. Qu'est-ce que cette angélique liberté des historiens ? Pourquoi cette sacralisation enivrée de leur discipline ? Ils sont, quel que soit leur talent, des hommes comme les autres, en proie à la passion, au préjugé, au mensonge, à l'ignorance. Si nobles que soient les intentions du manifeste, il n'en cautionne pas moins, de fait, les propos «dérangeants» de la secrétaire perpétuelle de l'Académie française, historienne de son état ; il n'en fait pas moins, objectivement, le jeu de Le Pen et des réviso-négationnistes qui concluent toutes leurs diatribes par un : «Qu'on laisse les historiens en débattre.» Le 15 décembre, un grand quotidien titrait : «Quand le FN enrôle de force les historiens sous sa bannière». Non, le FN n'a pas eu à user de la force, ils se sont ingénument livrés eux-mêmes, pieds et poings liés. On a du mal à croire que certains des signataires, par ailleurs dignes d'admiration, ne se tiennent pas pour abusés. Source : http://www.liberation.fr/page.php?Article=350126

 

Lettre ouverte à Libération et M. Claude Lanzmann

 

par « Un "nègre blanc", père de deux descendants d'esclaves»

 

Mesdames, Messieurs les journalistes,

Monsieur Lanzmann,

Nous savons toutes et tous que "Libération" est un quotidien inféodé aux ordres de la dernière idéologie raciste et véritablement antisémite dans l'histoire de l'humanité dans le sens "stricto-sensu" du terme, à savoir les Sémites, qui comprennent, entre autres peuples, les Palestiniens que les sionistes détruisent systématiquement dans ce qui sera considéré dans quelques années comme "LE génocide du 20° et 21° siècle", tout comme Sharon qui aura désormais loisir de se repentir sur sa chaise roulante de ses crimes contre les véritables sémites. Que Monsieur Lanzmann qui est l'auteur d'un film truffé d'âneries plus grosses les unes que les autres, veuille "récupérer" les descendants des esclaves au sein d'une organisation "Zio-Esclavagiste" est une honte.

Que Monsieur Lanzmann écrive que le génocide des 10 millions de Congolais n'en était pas un, est passible des tribunaux pour négationnisme, au même titre que dire qu'il n'y pas eu de génocide européen (et pas seulement des Juifs, car ils furent nombreux à en être vctimes !)

Monsieur Lanzmann, nous ne vous permettront pas continuer à nier les génocides des Africains, vous êtes la honte de l'humanité. Peut-être souhaitez-vous encore vous faire financer un film par vos amis sionistes qui vérrouillent les décisions du CNC ? Nous vous l'interdiront au nom de NOS impôts qui alimentent directement les caisses de "l'industrie mémorielle".

Profil bas, M. Lanzmann, vous nous avez assez "gavé" avec votre film de 6 heures qui sature annuellement nos écrans : nous n'avons pas besoin de vous pour nous dire qu'il y a eu "60 millions de vrais morts" durant la seconde guerre mondiale et pas seulement "6 millions de victimes (dont vous nous avez jamais donné publiquement la définition et qu'il a fallu que j'aille chercher dans une fondation américaine de la Shoah car les centres Wiezenthal et Yad Vashem m'ont fait des réponses de "Normands")", ce qui est déjà la définition même du négationnisme du génocide européen que ce parler de ce chiffre qui ramène la souffrance européenne à celle d'une seule et unique communauté !

En conclusion M. Lanzmann, préparez-vous à faire l'objet d'une procédure devant les tribunaux pour "négationnisme" du génocide congolais et, dans l'intervalle, bouclez-là !

«Un crime, une race, un État »


Gayssot, l'Histoire, et le Crime : pour un vrai Nuremberg et pour que les vrais négationnistes soient démasqués
par Mondher Sfar
, historien, Paris, 17 janvier 2006. Courriel : msfar@wanadoo.fr

 

La critique de la Loi Gayssot* consiste de nos jours à lui reprocher de légiférer en matière d'histoire. Nous ne sommes pas sûrs que ce soit là une bonne formulation de la question.
La Loi Gayssot nous invite en fait à respecter la chose jugée en l'occurrence les conclusions du Tribunal de Nuremberg.
Cette démarche ne nous déplait pas du tout, pour la simple raison qu'un crime relève de la justice et non de la discipline historique. Il n'y a aucun reproche à ce que la question du génocide relève de la justice et de son investigation, avant d'aboutir sur la chaire de l'historien.
Or, justement, c'est là où gît toute l'affaire : Sommes-nous sûrs que le Tribunal de Nuremberg auquel se réfère la loi Gayssot ait fait sérieusement son travail d'investigation et de jugement ?
Lisons l'Article 18 du Statut du Tribunal : « Le Tribunal devra : (a) limiter strictement le procès [des 'Grands criminels de Guerre'] à un examen rapide des questions soulevées par les charges. » Ainsi, malgré la gravité des charges, des accusations et de l'envergure internationale du procès, voici que l'on décide comme règle de jeu d'escamoter l'étude des preuves des charges. L'Article 19 enfonce encore plus le clou : « Le Tribunal ne sera pas lié par les règles techniques relatives à l'administration des preuves. Il adoptera et appliquera autant que possible une procédure rapide et non formaliste et admettra tout moyen qu'il estimera avoir une valeur probante. »
Encore plus explicite, l'Article 21 stipule : « Le Tribunal n'exigera pas que soit rapportée la preuve de faits de notoriété publique, mais les tiendra pour acquis. Il considérera également comme preuves authentiques les documents et rapports officiels des Gouvernements des Nations Unies, y compris ceux dressés par les Commissions établies dans les divers pays alliés pour les enquêtes sur les crimes de guerre, ainsi que les procès-verbaux des audiences et les décisions des tribunaux militaires ou autres tribunaux de l'une quelconque des Nations Unies. »
Ainsi pas moins de trois articles des statuts du Tribunal pour insister sur cette extraordinaire décision de juger sans examiner les preuves.
De plus, le Statut a fermé la porte à la mise en question de la légitimité du Tribunal : Article 3 : « Ni le Tribunal, ni ses membres, ni leurs suppléants ne pourront être récusés par le Ministère Public, par les accusés, ou par leurs défenseurs. »
Autre important déni de justice, l'instauration de la rétroactivité des lois, juger selon des lois postérieures aux crimes ou délits commis, comme le crime contre l'humanité.
Les dégâts ne s'arrêtent pas là. Le Statut a interdit aux accusés de se défendre au cours des débats : Article 18 : « (b) prendre des mesures strictes pour éviter toute action qui entraînerait un retard non justifié [dans le cours du procès], et écarter toutes questions et déclarations étrangères au procès de quelque nature qu'elles soient ; (c) agir sommairement en ce qui concerne les perturbateurs, en leur infligeant une juste sanction, y compris l'exclusion d'un accusé ou de son défenseur de certaines phases de la procédure ou de toutes les phases ultérieures, mais sans que cela empêche de décider sur les charges. »
Donc, des lois rétroactives et un procès sans preuves, sans possibilité de récuser le tribunal, sans débat, mais aussi sans appel : Article 10 : « Dans tous les cas où le Tribunal aura proclamé le caractère criminel d'un groupe ou d'une organisation, (..), le caractère criminel du groupe ou de l'organisation sera considéré comme établi et ne pourra plus être contesté. » Il en est de même des décisions finales du Tribunal : Article 26 « La décision du Tribunal relative à la culpabilité ou à l'innocence de tout accusé devra être motivée et sera définitive et non susceptible de révision. »
Autre violation du droit humain : la loi édictée par ce Tribunal a établi un principe ségrégationnel, en spécifiant l'origine politique ou nationale des prévenus, et par conséquent, en excluant tous les autres criminels qui sont susceptibles de tomber sous le coup de la loi instituée par le Tribunal. Un criminel qui aurait commis le même crime de guerre ou contre l'humanité et qui appartiendrait aux Alliés pourrait dormir tranquille.
Le Tribunal de Nuremberg a battu le record mondial du déni de justice et des violations des droits humains les plus élémentaires, et en particulier de ceux établis par la Déclaration universelle des Droits de l'homme. C'est pourtant ce Tribunal qui est établi par la loi Gayssot comme source du droit.
En fait, il n'y a pas eu de jugement des criminels, mais il y eut seulement une parodie de justice. L'objectif inavoué du Tribunal de Nuremberg a été de légitimer la décision prise par les puissances alliées d'exécuter les vaincus en tant que vaincus et non en tant que criminels. La conséquence la plus paradoxale en a été que les crimes, tous les crimes, n'ont jamais été jugés, ni même entièrement identifiés.

 


Il n'y a jamais eu de jugement du crime de génocide

 

La Loi Gayssot qui s'en prend à « ceux qui auront contesté, (..) l'existence d'un ou plusieurs crimes contre l'humanité » est inopérante, car « l'existence » de ce crime contre l'humanité n'a pas été jugée en tant que telle. Il faut rappeler ici que le Tribunal de Nuremberg a eu pour objet officiel et spécifique le « Procès des Grands Criminels de Guerre » et il n'a eu à juger du crime contre l'humanité qu'en termes subsidiaires et incidents et non principalement.
On peut donc affirmer qu'il n'y a jamais eu de jugement du génocide juif. Même le jugement du Commandant Hoess d'Auschwitz l'a été dans le cadre du jugement des 'criminels' et non du jugement du crime contre l'humanité. Ainsi, les crimes des déportation n'ont jamais fait l'objet de jugements. Les crimes commis au sein des camps de concentration n'ont jamais fait l'objet de procès, y compris le camp d'Auschwitz. Les juifs eux-mêmes, survivants ou parents des morts dans les camps n'ont pas intenté de procès pour ce qui leur est arrivé durant la Deuxième Guerre mondiale. De tels procès auraient été l'occasion de détailler les crimes et de déterminer les responsabilités. Dans la réalité, tous ces crimes qui auraient dû faire l'objet de procès, ont été traités sous forme de protestations des victimes à travers des 'témoignages' privés édités dans des périodiques ou des livres. Les victimes n'ont été écoutées au cours de tous les procès de Nuremberg qu'en qualité de témoins, pas en qualité de victimes. Tout s'est passé comme si les crimes dont les juifs ont été victimes ­ pour ne parler que d'eux - ne pouvaient faire l'objet de procès. Même les crimes de guerre n'ont pas été jugés : ni ceux commis par l'Axe ni ceux commis par les Alliés.
Une des principales raisons en est que le sionisme, de connivence avec les vainqueurs, a fait main basse sur les 'crimes contre l'humanité' pour les sortir du cadre classique du droit criminel national. Le but a été d'en faire des crimes 'spécifiques' non pas tant pour leur ampleur 'inimaginable' comme le prétend la propagande sioniste, mais pour leur prétendu genre nouveau différent des crimes connus des législations existantes. Ce genre nouveau est le 'génocide' spécifié par Nuremberg sous le vocable de 'crimes contre l'humanité'. Pourquoi créer cette nouvelle catégorie de crimes ? C'est pour donner naissance à une entité juridique nouvelle qui est la prétendue 'race biologique juive'. C'est celle-là même qui a été inventée par l'idéologie raciale nazie. Le sionisme a cherché à perpétuer le bénéfice de la nouvelle entité raciale juive instituée par Hitler afin qu'elle soit reconnue par le droit international. La reconnaissance de la nouvelle catégorie 'raciale juive' au travers de l'institution de la nouvelle catégorie de crime qu'est le 'génocide' a été une des principales raisons d'être du Tribunal de Nuremberg, sous prétexte de juger des 'Grands Criminels de Guerre'.
Ainsi, le Tribunal de Nuremberg (1) a parodié un procès contre les criminels de guerre, il a exclu les crimes perpétrés par les vainqueurs ; (2) le Tribunal a escamoté les crimes réels commis dans les camps de concentration grâce au concept nouveau et anti-juridique de 'génocide' et de 'crime contre l'humanité', spoliant les victimes de leurs droits à la justice de leur pays ; (3) le Tribunal a consacré grâce au concept de 'génocide' l'idéologie raciale nazie qui a prétendu que les 'juifs' sont une race biologique ; (4) la chambre à gaz est devenue un point de fixation dans l'esprit des sionistes pour ce qui est des crimes commis dans les camps de concentration, car pour eux la destruction 'chimico-biologique' des juifs est la preuve 'scientifique' de l'existence d'une prétendue 'race' juive qui ne peut obéir aux lois habituelles du droit international connu jusque-là. Cette invention juridique a ouvert en conséquence la voie au 'droit à un État'. L'enchaînement de cette logique est : un crime unique ­ un crime contre l'humanité ­ un crime contre une race ­ une race ­ un État.
Voilà donc l'aberration des procès dits des 'Grands criminels', ou même des petits 'criminels' comme Eichmann. Les victimes ont été leurrées par ces procès à sensation qui n'ont pas jugé des faits historiques mais des faits politiques qui relèvent des affaires d'Etat et non des affaires des femmes et des hommes victimes de crimes personnels. Au lieu du concret, on a fabriqué le fantastique et on leur a dit : vous avez été victimes d'un Holocauste, d'une Shoah, vous n'avez pas à vous en soucier, c'est nous qui s'en chargerons.
C'est que les sionistes n'ont eu aucun intérêt à juger véritablement les crimes de déportation, ou ceux commis dans les camps de concentration, ou même le régime nazi. En plus de l'instrumentalisation politique des crimes, les sionistes ont eu peur que ces procès ne se retournent contre eux, en révélant la part de leur responsabilité politique dans ces persécutions qu'ils favorisèrent en sous main, car ils ont vu qu'elles allaient dans le sens de leurs objectifs politiques : la création d'un État prétendument juif, dans une perspective idéologique que les nazis étaient loin de désavouer.
Toujours est-il que ce stratagème, combiné avec l'idéologie horrifique de la Shoah, a fini par faire croire aux victimes, comme aux autres, que toute la vérité a été dite.
La négation des crimes commis commence ici : par la négation du droit des victimes individuelles, quelles qu'elles soient, à un procès juste, authentique, exemplaire et équitable pour les torts qu'elles avaient subi durant la Deuxième Guerre mondiale et avant. Cette négation se double par celle des crimes politiques et militaires commis à la fois par les puissances alliées et par la puissance sioniste montante.
C'est pourquoi il est urgent :
1 - D'abroger la loi Gayssot qui avalise un crime de déni de justice qu'incarnent le Tribunal de Nuremberg et ses Statuts.
2 - Que les promoteurs du Tribunal de Nuremberg et leurs exécutants soient jugés et punis.
3 - Que les victimes de tous les crimes commis durant la Deuxième Guerre mondiale et avant à l'encontre des populations civiles - quelle que soit leur nationalité, leur religion, leur appartenance nationale ou ethnique - poursuivent en justice leurs bourreaux, et que leurs plaintes soient acceptées.

4 - Que le crime contre la paix soit jugé en toute équité et que ses commanditaires et leurs exécutants soient poursuivis devant la justice, quelle que soient la nationalité de leurs auteurs.
Avant Gayssot, avant l'Historien, exigeons d'abord que justice soit faite, et que les vrais négationnistes soient démasqués.

* La Loi Gayssot, du nom du député communiste qui l'a proposée au Parlement français, est de fait l'article 24bis ajouté en juillet 1990 à la loi du 29 juillet 1881. Cet article stipule :
« Art. 24 bis. (L. n. 90-615, 13 juill, 1990, art. 9). - Seront punis des peines prévues par le sixième alinéa de l'article 24 ceux qui auront contesté, par un des moyens énoncés à l'article 23, l'existence d'un ou plusieurs crimes contre l'humanité tels qu'ils sont définis par l'article 6 du statut du tribunal militaire international annexé à l'accord de Londres du 8 août 1945 et qui ont été commis soit par les membres d'une organisation déclarée criminelle en application de l'article 9 dudit statut, soit par une personne reconnue coupable de tels crimes par une juridiction française ou internationale;[...] »
L'article 6 du statut du tribunal militaire international annexé à l'accord de Londres du 8 août 1945 définit ainsi les crimes contre l'humanité
« c) Les crimes contre l'Humanité: c'est-à-dire l'assassinat, l'extermination, la réduction en esclavage, la déportation, et tout autre acte inhumain commis contre toutes populations civiles, avant ou pendant la guerre, ou bien les persécutions pour des motifs politiques, raciaux ou religieux lorsque ces actes ou persécutions, qu'ils aient constitué ou non une violation du droit interne du pays où ils ont été perpétrés, ont été commis à la suite de tout crime rentrant dans la compétence du Tribunal, ou en liaison avec ce crime. »
la Loi Gayssot a permis de poursuivre et de condamner de nombreux auteurs qualifiés de "révisionnistes" ou de "négationnistes". le plus connu d'entre eux est le philosophe Roger Garaudy, condamné pour son livre "Les mythes findateurs de la politique israélienne", aujourd'hui interdit en France.

 

Des historiens à mémoire courte


par Lubin, http://ecolehistoire.canalblog.com/, 14 décembre 2005


Jean-Pierre Vernant, Pierre Vidal-Naquet, on veut bien, leur vie, leur oeuvre parlent pour eux mais pour les autres, on a des doutes : une vingtaine d'historiens viennent de signer une pétition « pour l'abrogation des articles de loi contraignant la recherche et l'enseignement de l'histoire » (Libération¸13/12/2005). Dans le colimateur de ces historiens célèbres et à la mode, la loi sur les effets positifs de la colonisation ; si la cause est louable, l'argumentation est incomplète et les motivations douteuses. Contrairement à ce que le débat médiatique voudrait faire croire, l'article 4 de la loi du 23 février 2005 ne résulte pas, ou pas uniquement, d'une dérive raciste ou populiste de quelques députés à la chasse aux voix mais il s'inscrit dans ce qui a toujours constitué un dogme intouchable de l'enseignement de l'histoire à l'école : l'édification chez l'enfant d'une conscience nationale à partir de programmes officiels centrés quasi-exclusivement sur l'histoire de France. Histoire nationale et histoire coloniale sont intimement liées (voir sur ce blog, Histoire nationale, histoire coloniale¸30 octobre 2005), la colonisation , comme l'esclavage, ne sont pas des accidents de l'histoire de France, ils en sont la matière même : l'histoire hagiographique nationale, qui sert aujourd'hui encore de support, de repère à l'enseignement de l'histoire, est incompatible avec tout ce qui est susceptible de faire tache sur l'image d'Epinal, comme, justement, la colonisation et l'esclavage que, pour ces raisons, on préfère taire. Enseigner les aspects positifs de la colonisation prend parfaitement sa place dans un récit mythique qui va de Clovis à de Gaulle, en passant par Charles Martel et Jeanne d'Arc. Et lorsque Bugeaud fait la conquête de l'Afrique du Nord, il n'est après tout que le continuateur de Godefroy de Bouillon ou de Saint Louis, nos grands héros dont on continue de farcir la mémoire des enfants.
De quoi, alors, se plaint-on ? La main sur le c¦ur, nos historiens affirment : « L'histoire n'est pas une religion. L'histoire n'accepte aucun dogme, ne respecte aucun interdit, ne connaît pas de tabous [...). L'histoire n'est pas la morale. L'historien n'a pas pour rôle d'exalter ou de condamner [...] ». Certes, mais pourquoi, alors, la plupart des signataires de cet appel n'ont-ils jamais remis en cause le « dogme », le « tabou », la « religion » que constitue l'histoire nationale, surtout dans sa transcription scolaire ? On s'étranglerait presque de voir dans la liste le nom d'Alain Decaux, chantre de l'histoire nationale devant l'éternel, vous savez bien, ce Decaux qui, en 1979 dans le Figaro magazine ( !) poussait son cri primal : « on n'apprend plus l'histoire à vos enfants ! », bientôt repris par une cohorte large, très large où se faisaient entendre Michel Debré, Max Gallo, Jean-Marie Le Pen et beaucoup d'autres. C'est Decaux, avec la collaboration d'une bonne partie de l'école historique française, qui fut à l'origine du grand retour de l'histoire de France à l'école au début des années Mitterrand[1]. Ce sont ces mêmes historiens que l'histoire scolaire, l'histoire officielle, l'histoire d'état, n'ont jamais rebutés, qui, aujourd'hui, soutiennent que « dans un état libre, il n'appartient ni au Parlement ni à l'autorité judiciaire de définir la vérité historique ». Nos braves historiens ont décidément la mémoire courte. Au milieu des clameurs actuelles, on attend toujours que s'élève une voix pour condamner l'article 26 de la loi du 23 avril 2005, reprenant un amendement voté dans des conditions tout à fait identiques à celui touchant au rôle positif de la colonisation : un vendredi soir à la sauvette, à l'instigation d'un député d'extrême-droite. On ne se souvient plus ? La loi du 23 avril 2005, c'est la loi Fillon, l'article 26, c'est celui qui impose l'apprentissage de la Marseillaise dans les écoles primaires. Que l'exaltation de la nation à travers son hymne trouve un débouché dans la glorification de l'¦uvre coloniale de la France, est-ce vraiment surprenant ?

[1] Sur cet épisode, voir, par exemple, Suzanne CITRON, « Mes lignes de démarcation », p. 315-317.

 

L'article 4 "doit être réécrit" demande Jacques Chirac


L'article 4 de la loi du 23 février 2005, qui affirme le "rôle positif" de la colonisation, "divise les Français. Il doit donc être réécrit", a déclaré mercredi Jacques Chirac lors de ses voeux à la presse.
"Après avoir consulté les principales associations, le président de l'Assemblée nationale" Jean-Louis Debré "déposera une proposition de loi en ce sens afin de réécrire ce texte et de parvenir à une rédaction qui rassemble et qui apaise les esprits", a-t-il annoncé.
Le chef de l'Etat a également "souhaité que cette démarche s'inscrive dans le cadre d'une réflexion générale, car ce n'est pas à la loi d'écrire l'histoire".
Jacques Chirac a par ailleurs annoncé avoir "décidé d'instaurer en France une journée de la mémoire" de l'esclavage. "Je l'expliquerai le 30 janvier en recevant le comité de Maryse Condé".
Source : AP, 4 janvier 2005

 

 

La genèse d'une loi scélérate


« Une grosse connerie », c'est ainsi, paraît-il, que Jacques Chirac aurait qualifié en privé l'adoption par le Parlement français de la loi du 23 février 2005. Pourtant, si on reconstitue la genèse de cette loi à partir de la constitution d'une nouvelle majorité lors des élections présidentielles et législatives de mai 2002, on est plutôt porté à croire qu'il s'agit du résultat d'un enchaînement délibéré. Une mauvaise pièce dont la Ligue des droits de l'homme de Toulon a tenté de reconstituer les 6 actes. À lire ici : Genèse de la loi du 23 février

La loi du 23 février 2005

Voici les principaux articles de la loi n 2005-158 du 23 février 2005 portant "reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés".


Article 1
La Nation exprime sa reconnaissance aux femmes et aux hommes qui ont participé à l'oeuvre accomplie par la France dans les anciens départements français d'Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Indochine ainsi que dans les territoires placés antérieurement sous la souveraineté française.
Elle reconnaît les souffrances éprouvées et les sacrifices endurés par les rapatriés, les anciens membres des formations supplétives et assimilés, les disparus et les victimes civiles et militaires des événements liés au processus d'indépendance de ces anciens départements et territoires et leur rend, ainsi qu'à leurs familles, solennellement hommage.

Article 2

La Nation associe les rapatriés d'Afrique du Nord, les personnes disparues et les populations civiles victimes de massacres ou d'exactions commis durant la guerre d'Algérie et après le 19 mars 1962 en violation des accords d'Evian, ainsi que les victimes civiles des combats de Tunisie et du Maroc, à l'hommage rendu le 5 décembre aux combattants morts pour la France en Afrique du Nord.
Article 3
Une fondation pour la mémoire de la guerre d'Algérie, des combats du Maroc et de Tunisie est créée, avec le concours de l'Etat.
Les conditions de la création de cette fondation sont fixées par décret en Conseil d'Etat.
Article 4
Les programmes de recherche universitaire accordent à l'histoire de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, la place qu'elle mérite.
Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, et accordent à l'histoire et aux sacrifices des combattants de l'armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit.
La coopération permettant la mise en relation des sources orales et écrites disponibles en France et à l'étranger est encouragée.
Article 5
Sont interdites:
- toute injure ou diffamation commise envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur qualité vraie ou supposée de harki, d'ancien membre des formations supplétives ou assimilés;
- toute apologie des crimes commis contre les harkis et les membres des formations supplétives après les accords d'Evian.
L'Etat assure le respect de ce principe dans le cadre des lois en vigueur.

Défense et approfondissement de la loi Taubira


par l’association Entre la Plume et l’Enclume, 3 janvier 2006.
Courriel : plumenclume@yahoo.com.
URL : http://www.geocities.com/plumenclume/


En guise de cadeau de Noël, de savants universitaires nous ont jeté une appétissante pâtée : abolissons, abolissons ! Abolissons donc les lois qui les empêchent, eux, de publier, de pérorer à leur guise : voilà ce que proposent 19 historiens dans Libération le 13 décembre. Ces lois sont quatre ; la première, la loi Gayssot, s’ils ne l’ont pas beaucoup aimée, ils ne l’ont, pour le moins, pas beaucoup cassée. On ne les a pas vus, ces dix-neuf engoncés, placer des pamphlets dans les journaux et clamer : « Gayssot, salaud, le peuple aura ta peau ! » ou encore : « Sharon t’es pas le patron : tes chambragaz elles puent ! » D’autres prenaient le maquis, eux sont héroïquement restés au chaud. La deuxième, pas de problème : reconnaître un génocide bien circonscrit, bien terminé, c’est accrocher sur soi une médaille dorée, c’est faire plaisir en se faisant plaisir, c’est du clientélisme bien dealé. Jamais deux sans trois, et voilà Taubira : encore ces blancos-là, qui viennent réclamer leur part, ces quémandeurs, ces assistés, qui ne savent rien faire d’autre, qui n’iront pas au-delà. Mais le troisième round est aussi celui où les choses basculent. Les coloniaux les connaissent, eux, leurs nègres, et ils savent que la loi reconnaissant la traite négrière et l’esclavage transatlantique comme crimes contre l’humanité n’est pas qu’une patenôtre, qu’elle les condamne eux, ceux qui sont issus de ces crimes et n’ont jamais voté l’abolition de leurs privilèges. C’est alors qu’ils font voter la quatrième, reconnaissant la colonisation comme un fait positif. Les députés ont bien senti qu’ils avaient à choisir, en l’occurrence, entre leurs prébendes et servir la nation par une réflexion profonde : ils ont choisi ! [1]

Les dix-neuf étourdis se sont peut-être dit : tout le monde va être content, y en a pour tous les goûts. On va débattre en commissions, et au final notre projet s’imposera de lui-même, comme le bon sens qui nous réconcilie : abolissons, abolissons l’application rétroactive de toute loi ; rétablissons, rétablissons le bon goût du droit traditionnel : comment voulez-vous punir des morts depuis presque deux siècles (les historiques, attestés négriers) ? Pourquoi ne pas être cléments avec une poignée de vieillards, quelques petits papons qui restent ? Et les Arméniens, après tout, sont des gens comme les autres ; on ne va pas attiser éternellement leurs disputes de voisinage. Quant à la colonisation, l’important c’est de ne pas froisser nos banlieues ; toute manière, les affaires, nous les faisons sans eux. La main tendue, c’est l’abc d’un bon vendeur. [2]

Mais c’est Noël, et le solstice d’hiver. Dans tout l’Occident, des historiens qui ont fait le sacrifice de tout au sommet de la pyramide sont capturés et bouclés, spécialement en Allemagne et en Autriche. L’heure est noire pour eux, alors que leur lumière transperce enfin les murs : le président iranien l’a fait savoir dans le monde entier. Et il a fait savoir au monde entier que ni les Autrichiens, ni les Européens ni les Américains ne veulent de juifs constitués en État chez eux, sur le charmant modèle qu’ils ont implanté en Palestine : bizarre, non ?

Ceux qui aiment la loi Gayssot : il n’y a aucune raison pour que les choses s’arrangent. En France, le directeur de la rédaction du magazine L’Arche, Mair Waintrater, expert dans la diffamation, le terrorisme intellectuel et l’acharnement durable, explique les mérites de la Loi Gayssot : elle permet aux tribunaux de condamner des individus sans avoir à examiner la pertinence, l’honnêteté ou le degré de vérité, d’un texte historique que certains n’aiment pas ; il suffit que quelqu’un y perçoive une « incitation à la haine raciale ». Il affirme, d’ailleurs, en pleine incohérence, que les lois existantes avant la loi Gayssot permettaient déjà de condamner le concept éminemment vaporeux « d’incitation à la haine raciale ». Ce qui manquait, jadis, c’était l’effet d’intimidation de ces simples mots : à une époque, avant les profanations organisées au cimetière de Carpentras, ça faisait marrer tout le monde, et on passait à autre chose : personne n’est assez bête pour déblatérer sur les autres en disant de façon publique: je peux pas les sentir parce qu’ils puent leur sale race. Erreur, il y en qui le font : le site Amisrael, qui a été interdit, parce qu’il était un organe de ceux qui passent à l’action, et qui tabassent les innocents; ou encore le site rigolo www.marcelisme.com qui annonce : « nous sommes capables du meilleur comme du pire, mais dans le pire nous sommes les meilleurs, périodique de l’église libertaire papyaniste marcelienne mondiale, cyberpériodique interdit aux nègres, aux arabes, aux chiens et aux cons » qui incite surtout à l’incrédulité sur l’existence de la race papyaniste : et il vient d’ailleurs de disparaître…

Mair Waintrater s’accroche à la loi Gayssot ; il compte bien, désormais, sur son pouvoir d’intimidation : « la négation de la Shoah est condamnable dans l'exacte mesure où elle est le véhicule d'une idéologie visant à reproduire les conditions qui rendirent possible le génocide des Juifs. En d'autres termes, les victimes d'hier ont droit à la considération du législateur si elles-mêmes ou leurs descendants risquent de nouvelles atteintes, semblables ou non à celles qu'elles ont subies ». Ainsi il suffit d’être désigné par un descendant de victime comme un véhicule d’idéologie pouvant contrarier ses projets, grâce à la loi Gayssot, pour que tout l’arbitraire du pouvoir s’exerce férocement, et Mair Waintrater trouve ça très bien. C’est ce raisonnement simple, relevant de la simple loi du plus fort, qu’Israël a fait valider par l’ONU, en décrétant la Shoah tabou absolu : La résolution onusienne [3] a rejeté "toute négation de l'holocauste en tant que fait historique de façon partielle ou totale". Et malgré le fait que cette résolution toute neuve ne soit pas obligatoire, son esprit a néanmoins déjà beaucoup servi depuis 1986, date où la première loi de ce genre a été votée en Israël : c’est la couverture morale internationale aux lois réprimant "la négation de l'Holocauste" au sein de l'Union européenne, et frayant la voie de la généralisation au niveau international de ces lois contraires aux libertés d'opinion et de recherche scientifique.

Mais qui diable pourrait prétendre nier la Shoah, ou même la minimiser ? La plupart des historiens estiment que c’est à partir de 1967 qu’elle a été utilisée comme l’argument suprême pour cacher à l’opinion publique occidentale l’illégalité constitutive à la création de l’État d’Israël, issue d’un accord entre impérialistes français, anglais et étatsuniens pour établir une tête de pont à la néo-colonisation du Proche Orient tout entier. Si, auparavant, l’opposition à la création d’Israël a été faible dans l’opinion publique, c’est parce que bien des antisémites la soutenaient, pensant que la victoire du projet sioniste serait la véritable solution finale aux problèmes de coexistence des juifs avec les populations d’Europe centrale : ils voyaient là une sorte d’expulsion consentie, ne prévoyant pas que l’exportation des indésirés à la périphérie renforcerait leur pression sur le centre. En un sens, on peut dire que la Shoah a peut-être commencé avec Hitler, mais qu’elle n’a pas fini avec lui, au contraire elle l’a dévoré et elle n’a pas cessé de grossir depuis. Les données collectées par Norman Finkelstein dans L’industrie de l’Holocauste, le montant des réparations versées par les Etats allemand et étatsunien (3 milliards de dollars par an est un chiffre que reprennent les meilleurs auteurs), et par les banques suisses, l’industrie cinématographique et muséographique de la Shoah, non, rien de cela n’a jamais fait l’objet d’une négation, parce que ce sont des faits indéniables.

Pourtant, Norman Finkelstein est maintenant accusé de révisionnisme, tandis que des personnalités juives brillantes choisissent de monter au front, et d’endosser le costume des proscrits, des justiciables : ainsi Israel Adam Shamir, Gilad Atzmon, Paul Eisen, qui pourraient prétendre aux privilèges des Israéliens. Ils choisissent de défendre la liberté de réflexion et d’_expression, dans la personne des historiens persécutés sous prétexte de négation de la Shoah : Ernest Zundel, arrêté en février 2003 sous un prétexte fabriqué de toutes pièces, extradé au Canada puis en Allemagne en mars 2005 ; Germar Rudolf, chimiste, extradé des Etats-Unis où il était réfugié depuis 1995, vers l’Allemagne en octobre 2005 ; en novembre 2005, l’historien David Irving arrêté en Autriche alors qu’il y était officiellement invité ; l’écrivain suisse René-Louis Berclaz, emprisonné depuis plus d’un an ; l’écrivain belge Siegfried Verbeke, arrêté en Hollande en août 2005.

Certains de ceux qui ont attendu jusqu’aux turbulences provoquées par la loi sur la colonisation positive pour prendre des poses de libérateurs attendaient, jusqu’ici, de voir les dissidents français aussi tous coffrés, ceux que les défaites et l’âge n’ont pas encore usés. Le président Bush est réputé pour ses nombreuses gaffes ; la plus importante est d’avoir dit que ceux qui mettaient en doute l’existence d’armes de destruction massive en Irak étaient des négateurs de la Shoah. La filiation des mensonges est donc parfaitement établie, par le terroriste et menteur en chef. Les grands inquisiteurs, tant en France qu’aux Etats-Unis, avaient spéculé sur la couardise des intellectuels salariés, pour étouffer la réflexion grâce à loi Gayssot, et ils n’ont pas eu tort. Mais ils ont fait une erreur d’analyse. Ils ignorent le ressort populaire, ils croient l’avoir brisé. Désormais, alors que toute l a France est dieudonnisée, comme dit notre voyant Finkelkraut, les historiens persécutés ne sont plus seuls.

C’est Noël et pour les Noirs, inventeurs des pyramides et qui toujours et partout, trouvent les solutions, l’heure est venue. C’est des conservatoires du système colonial, les Antilles, que part la résistance, sur des bases saines. Ce n’est pas la première fois : les Noirs de France et d’Afrique ont été les premiers résistants au nazisme. Gaston Monnerville, député de la Guyane, dénonçait bien avant les autres, les injustices envers les juifs organisées par Hitler, en soulignant le lien entre toutes les idéologies et pratiques suprématistes, dans son discours « Le Drame Juif » du 21 juin 1933 au Trocadéro : « Souvenez-vous ! Une guerre d’extermination, froidement voulue, implacablement menée contre les Herreros, dans l’Ouest africain : 40.000 Herreros massacrés … Toujours quelques crimes précèdent les grands crimes : Il y avait dans les massacres africains des promesses qui sont aujourd’hui tenues, hélas ! Il y avait en eux l’annonce des assassinats hitlériens. Si bien que l’on peut voir dans le martyre des Africains allemands une préfiguration parfaite de l’actuel martyre des juifs allemands…. Il n’y a pas de vertu sans courage ». Après la guerre, il fut président du Sénat. Son raisonnement reste le plus juste, parce qu’il plonge dans la racine : le crime contre l’humanité noire est le premier crime de l’humanité blanche ; cel ui qui est prêt à le reconduire, celui-là finira par l’appliquer sur sa propre race, il est le caïnite, et tant qu’il n’aura pas renoncé à son envie de crime fratricide, il reste en deçà de l’humanité.

Une fois de plus, ce sont les Noirs qui rétablissent l’ordre naturel, parce qu’ils connaissent mieux que tous les autres la dégradation totale. Ils ont donc la capacité pour voir l’origine des maux. Ils ont fait voir à tous l’escroquerie qui préside à la consécration de la Shoah comme autorité suprême : il ne s’agit nullement de contester le degré des souffrances injustement endurées par les juifs. Simplement, les Noirs sont là pour rappeler que la souffrance n’est pas un privilège, et ne donne aucun droit. Ils demandent, ni plus ni moins que les autres, réparation pour les crimes commis contre eux, et pour l’évaluation desquels on dispose de tous les documents comptables requis. Et ce faisant, ils protègent chacun des menaces toxiques. La loi Taubira est une bonne loi, une loi qui nous humanise tous, qui fait reculer l’impunité : non, l’être humain ne peut être abaissé au rang de matière première négociable, mi chose mi bête. C’est un principe universel, à réinstaurer par la force à chaque génération, et dans chaque contexte. Seuls les négriers vont s’acharner pour que le souffle révolutionnaire de cette vérité soit brisé.

La prochaine manche a déjà commencé, voilà ce que préparent les sionistes, ceux qui enferment leurs « nègres » de Canaan dans des bantoustans en Palestine, et qui tentent d’en faire autant en France en criminalisant les banlieues ; voilà le nouveau degré d’arbitraire qu’ils gardent sous le coude, et qui est déjà utilisé, aux Etats-Unis par exemple : dans le cadre de la prévention du terrorisme, on invoque « la conspiration (accord illégal établi entre deux personnes ou plus pour commettre un délit). Point n’est besoin que le délit soit commis : tout ce que doit faire l’accusation est de démontrer, sur la base d’une preuve circonstancielle, qu’un accord ‘doit avoir existé’. On trouve rarement des preuves réelles et directes d’un tel accord, sauf dans le cas où l’un des deux participants les fournit ou passe aux aveux ». C’est l’avocat de cinq Cubains emprisonnés aux Etats-Unis (pour avoir défendu leur pays du terrorisme qui se fabrique à Miami, capitale sioniste) qui l’explique : Leonard Weinglass, dans Le Monde diplomatique, décembre 2005. Oui, nous conspirons pour la destruction de l’axe usraélien, et contre la trouillocratie qui le soutient.

Nos Raminagrobis, toujours prêts à copier l’Amérique, sont donc en train de fignoler leurs listes de conspirateurs, afin de les enfermer pour complicité de terrorisme, et ils accusent de semer la terreur, pour commencer, les Noirs qui se battent pour dénoncer la malhonnêteté universitaire à leur endroit. Car ils ont bien l’intention de tester leurs méthodes sur ceux qui ont fait capoter le plan d’origine, qui ont cassé la loi Gayssot par la loi Taubira. Les chercheurs africains ont un site, www.africamat.com , ils travaillent en équipe : c’est bon, leurs archives ont déjà été cambriolées, on trouvera bien quelque part de quoi établir l’idée qu’ils sont une poignée d’extrêmistes qui conspiraient. Et les lynchages pourront commencer, calculent les Inquisiteurs, qui spéculent sur l’indifférence des Blancs, Arabes et Européens, voire leur soulagement s’ils voient la répression s’abattre plus que sur eux-mêmes sur leurs voisins Africains . Mais le rapport des forces n’est plus celui de Willie Lynch, qui pensait pouvoir diviser à l’infini, et de la sorte garder le système esclavagiste concentrationnaire en état de marche pour trois cents ans. Le système, dont l’homme noir comme l’indigène était le combustible, n’a pas duré trois siècles. Le système usraélien, dernière _expression du suprématisme blanc et de quelques traîtres noirs, ne durera pas cent ans.

Car le suprématisme blanc, brisé par les victoires militaires des non-blancs, est brisé aussi sur le plan spirituel. Platon considérait les femmes comme mi animaux mi choses : en retranchant la moitié du genre humain de sa pensée, il la castrait d’autant ; Aristote rétrécit encore plus l’humanité, en déclarant que l’esclave n’en faisait pas partie, et que l’esclavage était naturel, comme la domestication des animaux ; ces exclusions rejoignirent celles du monde sémitique, qui, en postulant le caractère abstrait de la divinité, nia sa présence et sa force dans la nature concrète ; Descartes alla plus loin, déniant l’âme aux animaux et oubliant de traiter sérieusement du rapport de l’homme avec la nature ; puis Kant et Hegel précisèrent : il n’y a de pensée complète que chez les Blancs, et les Noirs n’ont même pas de beauté propre, ils relèvent de l’horreur pure. Lorsque le Tiers Monde fit savoir, à la lumière de Gandhi, qu’il était le monde Entier, les Blancs les plus tourmentés se tournèrent vers l’Extrême Orient, et ceux que la folie blanche attristait retrouvèrent dans le Védanta la place du Tout , la parenté entre tous les humains, avec les animaux dont nous faisons partie, entre la vie et la mort qui sont le pouls de la nature, entre le chatoiement du corporel et le néant de l’abstraction. Mais il manque, dans ce que les Blancs dépressifs ont trouvé en Extrême Orient, le sens de l’action, la volonté d’histoire, la justification de la violence créatrice. Tout cela, c’est la dissidence de gauche qui l’a porté, au long du XIXème et du XXème siècle, en se laissant guider par une étoile : transformer le monde dans le sens de la justice, le rêve de Don Quichotte et des révolutionnaires. On peut lire la quintessence de cette énergie dans les textes et la biographie d’une Française, Simone Weil. Avec bien d’autres, elle a, au contact des anonymes, brisé les barrières qui lui avaient été transmises comme héritage, et son esprit n’a pas fini de nous libérer. Elle interprétait la légende de la malédiction de Cham à l’envers : le malheur africain lui semblait le signe d’une bénédiction particulière ; en ce sens, tous les innocents persécutés sont noirs, le Jésus crucifié était certainement plus noir que blanc.

L’esclavagisme a augmenté, il s’est approfondi et étendu, les uns se voyant dénier toute autonomie et toute dignité, jusqu’à l’assassinat en masse par le terrorisme d’Etat, et tous se voyant d’autant plus robotisés qu’ils sont un rouage de pointe dans la technocratie et cannibalisés par la consommation. C’est maintenant la conscience noire qui peut porter la réconciliation des couleurs : le rouge de l’incandescence créatrice, le blanc de la fidélité à la tradition et à l’esprit, qui ne font qu’un. Ce qu’on appelle l’animisme africain rétablit les concordances, en finit avec les amputations intellectuelles. Il nous sauve de bon nombre de mensonges typiquement occidentaux, qui permettent les crimes occidentaux. Voilà pourquoi nous allons accompagner le combat noir contre le rétablissement de l’esclavage, qui est leur combat, et qui est celui de nous tous, piégés par ce que nous avons été empêtrés dans le mensonge qui mène actuellement à la destruction du Proche-Orient, et qui nous réduit à la servitude ignoble.

Ainsi donc, les deux fleuves se sont déjà rejoints. Les proscrits, les bannis, les diffamés, les maudits ont en commun le même ennemi : celui qui a décidé de les écraser, quelle que soit la quantité de mensonge à répandre dans l’opinion pour ce faire: un monstre complexe, une hydre aux longs bras, mais dont la face répugnante est contrainte de se manifester : le sionisme réel, l’empire usraélien. Dès lors que le mensonge est démasqué comme la misérable et principale arme de distraction massive, l’union peut se faire. Certains lecteurs du Monde ou de Libé, peut-être, seront dupes des demi-mesures, des miroirs aux alouettes, des simagrées cultureuses, de nouvelles manœuvres frauduleuses. Mais les Noirs et les Blancs, le peuple et ses penseurs, ensemble, reprendront la Bastille.

Notes :

[1] Le 13 juillet 1990, fut votée par l’Assemblée nationale, à l’unanimité l’article 14bis complétant la loi de 1881 sur la liberté de la presse, proposé par le parlementaire communiste Jean-Claude Gayssot constituant en délit la contestation de « l’existence des crimes contre l’humanité tels qu’ils sont définis par les Accords de Londres du 8 août 1945 » ; ce sont les décisions prises par le Tribunal de Nuremberg qui cernent le concept, créé pour rendre compte des persécutions nazies contre les Juifs. Le 29 janvier 2001, avec la même unanimité, une loi stipule que « La France reconnaît publiquement le génocide arménien de 1915 [commis par les Turcs] » ; le 21 mai 2001, toujours à l’unanimité, est votée la loi proposée par Christiane Taubira, députée de Guyane, « tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité », et recommandant une attention renforcée dans les manuels et les programmes scolaires. Enfin, le 24 février 2005, le député UMP Christian Vaneste ajoute un amendement à la loi sur les harkis et rapatriés d’Afrique du Nord, avec un article 4 qui prévoit que « les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer ». La loi Gayssot et la loi sur le génocide arménien ont servi à prononcer de lourdes condamnations, en particulier celle de Roger Garaudy et de l’ouvrage de référence paraissant annuellement, le célèbre Quid ; ces lois ont en outre dissuadé la recherche sur les sujets concernés.

[2] La liste des 19 signataires est hétéroclite ; cette pétition a été suivie le par une autre, le 23 décembre, signée de 26 autres personnalités ; certaines avaient été favorables, au départ, à la première des lois limitant la liberté d’_expression, la loi Gayssot. Il semble bien que ce soit la menace de sanction d’un universitaire, en vertu de la loi Taubira, qui soit en train de provoquer une effervescence générale. En effet, le premier procès d’Olivier Pétré-Grenouilleau, banal spécialiste de la banalisation du crime contre l’humanité noire, commencera le 19 janvier prochain. Les universitaires blancs sont bouleversés de découvrir que l’un des leurs pourrait être condamné par une loi qui consolide l’égalité en droit des Noirs. Ne voyant pas le moyen d’éviter ce qu’ils ressentent comme une humiliation collective, ils sont amenés à ébranler tout un édifice législatif, qui s’écroulera sur eux. Le président Chirac a attisé l’incendie en déclarant son refus d’une histoire officielle: « ce n’est pas à loi d’écrire l’histoire. L’écriture de l’histoire, c’est l’affaire des historiens ».

[3] La Résolution de l'Assemblée Générale de l’ONU, votée le 1er novembre 2005, sur proposition israélienne, prévoit aussi l'enseignement de l'holocauste aux peuples du monde entier, et l'instauration du 27 janvier jour de commémoration de ses victimes. Les délégations de pays arabes et musulmans: Egypte, Indonésie, Malaisie, - et le Venezuela- ont exprimé des réserves sur cette mesure, regrettant que le texte n'évoque pas également d'autres grandes tragédies humaines de l'Histoire (session du 27 novembre2005).

 

Lettre ouverte aux historiens « ouverts d’esprit » :
Le chiffre des « 6 millions » est-il figé dans l’histoire ? Pourquoi cette querelle nauséabonde autour de chiffres macabres ?


par Alain Coutte, http://www.lenouveaumonde.info, 3 janvier 2005


J’ai récemment eu l’occasion de démontrer - avec provocation, j’en conviens toutefois, mais aussi avec dérision et humour -, le ridicule auquel vous avez abouti. Chacun(e) d’entre vous essaie de démontrer qu’il détient « La vérité », alors qu’il n’en existe pas de manière globale ou spécifiquement plusieurs, selon l’angle de vision avec lequel on analyse les chiffres, si toutefois on est capable de compter les cadavres sur une étendue de 7,5 millions de km2, ce qui est humainement et encore aujourd’hui techniquement impossible.

Pour m’être intéressé à des questions similaires qu’il y a lieu de traiter simultanément, afin d’acquérir une « sagesse historique », à savoir dans l’ordre historique :
- L’esclavagisme atlantique ;
- Les faits de la seconde guerre mondiale ;
- Les attentats du 11 septembre 2001,
j’en suis arrivé à une seule conclusion : la prudence doit dicter notre conduite et nous ne devons pas avancer des chiffres qui peuvent parfois rester immuables dans l’esprit des peuples et engendrer des mythes dont nous pourrions être tenus pour responsables devant l’histoire.


En conséquence, je pense que vous partagerez mon analyse ci-dessous et qu’il me semble que nul historien, ni quiconque n’est habilité à pouvoir extraire « un seul chiffre » et que le sérieux de la recherche doit nous amener, compte tenu des probabilités d’erreur, à ne citer que des « fourchettes » basse et haute, afin d’éviter que nos noms soient un jour salis par l’histoire, car les progrès technologiques sont aujourd’hui tels qu’il sera (peut-être ?) possible dans quelques années d’y voir encore plus clair.

En effet, et là je vais volontairement m’écarter un instant du sujet et rentrer peut-être dans le domaine de la science-fiction [tout comme Jules Verne auquel personne ne croyait en son temps…] et émettre l’idée que l’on puisse un jour retrouver - quelque part dans l’espace -, des rayons qui seront des « photographies » de notre planète qui nous permettront alors de définir les populations que nous avions à telle ou telle période sur terre. Et alors, quelle ne sera la surprise de vos descendants auxquels on dira - en rigolant de vous - que votre passage ici bas et vos travaux n’ont servi à rien, sinon à induire en erreur les peuples, tout comme on sait aujourd’hui que le mythique Simon Wiesenthal - le « Ghostbuster de la Shoah » -, n’a en réalité chassé que des fantômes toute sa vie ?!

Pour revenir au sujet qui me préoccupe, permettez-moi tout d’abord de vous donner quelques explications :

1- Mes recherches sur l'esclavagisme qui s’est produit il y a 400 ans m’ont permis de découvrir - en m’appuyant sur des chiffres aujourd’hui pourtant bien connus et nullement contestés, mais corrigés avec des coefficients entre les différentes étapes (capture, marches forcées, détention, embarquement, débarquement) -, qu’on arrive aujourd'hui à des chiffres qui dépassent tout ce que l’humanité a pu connaître dans l’horreur, et ce, avec cependant un coefficient d'erreur de 1 à 5,5 (cf. mon article sur le sujet ci-dessous ) ;

2- Lors des attentats du 11 septembre 2001, alors que nous sommes dans un « siècle technologique », avec des moyens que nous ne disposions pas après la seconde guerre mondiale, on arrive, sur une surface pourtant très faible (à peine quelques km2), à un coefficient de décès compris entre 1 à 2 (nous sommes passés de 6 000 à 3 000 morts), en l’espace de 3 ans !

3- Je vous serai alors infiniment gré de bien vouloir répondre à mes 20 questions ci-dessous (j’en ai encore une centaine d’autres bien plus dévastatrices que je réserve pour un prochain livre…) qui sont simples et ont le mérite de la clarté [sans pour autant « nier l’ampleur du génocide » - qui a fait entre 30 et 60 millions de victimes et non pas seulement « 6 millions » que je considère comme du « négationnisme », ni non plus « nier les chambres à gaz » dont on a au moins les preuves qu’elles ont servi dans le cadre du programme T4 qui consistait à éradiquer les malades mentaux allemands du régime nazi et quelques expériences menées ensuite -, ce qui, comme vous le savez, est formellement interdit par la Loi « bolchevique » et ses « versets sataniques »] :

3.1- Comment est-il possible que le Tribunal de Nuremberg parviennent juste un an après, dans le chaos le plus complet et sur un espace territorial gigantesque qui s’étendait :
- d’ouest en est, de Brest à Moscou, soit 3.300 kilomètres,
- du sud au nord, de Sofia (Bulgarie) à Helsinki (Finlande), sur 2.300 kilomètres,
autrement dit, sur un territoire de 7,5 millions de km2,
- où toutes les exactions humaines sont imaginables,
- avec un manque de moyens techniques énormes,
- des informations aussi disparates les unes des autres,

à AFFIRMER un SEUL et UNIQUE chiffre de « 5,7 millions » ?


3.2- Comment est-il possible que le même Tribunal n'a pas pris la précaution, pour ne pas dire la sagesse la plus élémentaire, de citer une « fourchette », avec un coefficient d’erreur, ce qui me semblerait plus normal compte tenu des éléments qui précèdent ?

3.3- Comment est-il possible que le tribunal de Nuremberg qui a avalisé le crime de Katyn et a fait fusiller injustement des soldats allemands soit aujourd’hui encore crédible, alors que Gorbatchev a été le premier révisionniste en déclarant que c’est Staline « soi-même » qui a ordonné cet infâme meurtre ?

3.4- Si nous sommes d’accord sur au moins cette erreur aujourd’hui incontestable et que le tribunal de Nuremberg s’est trompé de la sorte, pourquoi n’y a-t-il pas eu une révision du procès de Nuremberg, comme le permet pourtant bien le droit, comme ce fut le cas dans l’affaire Dreyfus ?

3.5- Pourquoi ce qui était valable pour l’affaire Dreyfus ne le serait-il pas également, en droit, pour le tribunal de Nuremberg ?

3.6- Y aurait-il deux poids, deux mesures, en droit international, selon que faites partie de « lobbies qui n’existent pas » ou que vous êtes dans le camp des vaincus ?

3.7- Pourquoi aucun d’entre vous n’a-t-il/elle eu encore le courage de demander officiellement la révision du procès de Nuremberg ?

3.8- Pourquoi le chiffre des victimes d’Auschwitz est-il passé brutalement de 4 à 1,5 millions - chiffre encore optimiste, si j’en crois les derniers travaux des chercheurs sur ce sujet -, alors que le chiffre des « 6 millions » reste figé comme une momie égyptienne devant l’éternité ?

3.9- Pour celles et ceux d’entre vous qui connaissent la solidarité exemplaire des Juifs à s‘entraider, pourquoi le célèbre centre des « victimes » de la « Shoah » n’a-t-il pu comptabiliser qu’environ 3 millions de « victimes » dont environ 15% d’entre eux sont portés 2, 3 et même 4 fois dans les statistiques, alors qu’il s’agit des mêmes personnes, mais avec des témoignages différents ?

3.10- Pourquoi des personnes célèbres telles que Madame Simone Veil, pourtant bien en vie aujourd’hui - et à laquelle je profite de l’occasion qui m’est donnée de lui adresser tous mes vœux de très bonne santé et surtout de longue vie -, fait-elle partie des victimes du centre Yad Vashem ?

3.11- Combien y en a-t-il d’autres ?

3.12- Le même centre Yad Vashem a-t-il lui aussi pu se tromper, tout comme le tribunal de Nuremberg en insérant des noms de personnes décédées alors qu’elles sont bien vivantes ?

3.13- Comment est-il possible que le centre Yad Vashem - qualifié par tous les hommes politiques de l’ensemble des gouvernements de la planète - comme étant « LA référence » en matière documentaire sur la « Shoah » a-t-il pu enregistrer comme « victimes » les noms de Mesdames Klara Blaier et Hannah Katz, deux sœurs séparées durant la seconde guerre mondiale, mais qui habitaient en Israël à 100 km l’une de l’autre et qui se sont retrouvées le 4 février 2005, après 61 ans de séparation ?

3.14- Combien y en a-t-il d’autres ?

3.15- Comment est-il possible qu’ayant adressé trois E-mails :
- au centre Yad Vashem de Jérusalem ;
- au centre Simon Wiesenthal aux Etats-Unis ;
- à une autre fondation de la Shoah,
afin de connaître la définition du terme « victimes », aucun des deux premiers n’a pu me la donner (mais ils ont eu la courtoisie de me répondre et j’ai bien conservé précieusement nos échanges), et seul le dernier m’a répondu en m’écrivant que leur notion de « victimes » correspondait à « tout Juif - décédé ou vivant - qui se trouvait en Europe [Ndla : sans toutefois préciser de quelle Europe il s’agit et jusqu’où elle s’étendait] pendant au moins une période de la seconde guerre mondiale » ?!

3.16- Pourquoi les historien(ne)s ont-ils/elles menti en ne dévoilant pas la vérité que le chiffre des « 6 millions » correspondait en réalité à la définition que m’en a donné la fondation ci-dessus, à savoir que « tout Juif résidant au moins 24 heures sur le territoire européen [dont il faudrait désormais définir les frontières pour savoir si l’Union soviétique était incluse] durant la période du conflit » était considérée comme « victime », donc entrant dans le chiffre des « 6 millions ».

3.17- Si l’on considère que le chiffre des « 6 millions de victimes » ci-dessus inclut également - d’après la réponse que m’en a fait la même fondation -, comme étant « tout Juif qui était temporairement ou définitivement en Europe durant la durée globale du conflit », pourquoi les historien(ne)s ont-ils/elles menti en faisant du négationnisme, car il y aurait alors non pas de 30 à 60 millions de « victimes » européennes, mais un chiffre Ô combien supérieur ?!

3.18- Pourquoi toutes les familles européennes ne sont-elles pas considérées comme des « victimes » avec les mêmes droits et, surtout, les mêmes compensations que les « victimes » de la Shoah ?

3.19- Y aurait-il deux notions de « victimes » en droit international ?

3.20- Si l'on considère les marges d'erreur ci-dessous :
- de 1 à 5,5 concernant l’esclavagisme atlantique il y a 4 siècles ;
- de 1 à 2 au 21° siècle, concernant les attentats du 11 septembre 2001, sans nier - encore une fois pour les malentendants et les mal lisant - l’ampleur du génocide, un coefficient de 1 à 3 ne serait-il pas justifié et considéré comme raisonnable, concernant la période de la seconde guerre mondiale ?
N’ayant rien affirmé, ni nié quoi que ce soit, mais vous ayant simplement posé 20 questions, je vous serai encore une fois infiniment reconnaissant d’avoir l’amabilité de bien vouloir me répondre publiquement.
Avec mes meilleurs sentiments soucieux de vérité et de réconciliation internationale, je vous adresse tous mes vœux afin que « Coutte que Coutte », la vérité puisse enfin jaillir pour le bien de l’humanité.
Source : http://www.mercure5s5i.com/lenouveaumonde/article.php?art=716

 

Le Churchill que vous ne connaissiez pas


Dans la livraison du 28 novembre 2002 du quotidien britannique, The Guardian, on relève un étonnant choix de citations de Churchill. Ecoutez Winston Churchill:
"La multiplication contre nature et de plus en plus rapide des faibles d'esprit et des malades psychiatriques, à laquelle s'ajoute une diminution constante des êtres supérieurs, économes et énergiques, constitue un danger pour la nation et pour la race qu'on ne saurait surestimer... Il me semble que la source qui alimente ce courant de folie devrait être coupée et condamnée avant que ne s'écoule une nouvelle année."
Churchill à Asquith, 1910.
"Je ne comprends pas la pruderie que l'on manifeste envers l'utilisation du gaz. Je suis profondément favorable à l'utilisation de gaz-poison à l'encontre de tribus barbares."
Dans un courrier écrit lorsqu'il était président du Air Council, 1919.
"Je ne prétendrai pas que, si j'avais à choisir entre le communisme et le nazisme, je choisirais le communisme."
Dans un discours à la Chambre des Communes, automne 1937.
"Je ne suis pas d'accord pour dire (...) qu'on a fait un grand tort aux Indiens d'Amérique ou au noirs d'Australie (...) du fait qu'une race plus forte, une race d'un niveau plus élevé (...) s'y est introduite et s'y est installée."
Churchill s'adressant à la Commission royale de la Palestine, 1937.
"On peut ne pas aimer le système d'Hitler tout en admirant les résultats qu'il a obtenus pour sa patrie. Si notre pays devait être vaincu, j'espère que nous trouverions un homme aussi admirable pour nous redonner courage et nous faire retrouver notre place au milieu des nations."
Extrait de ses Great Contemporaries, 1937.
Sacré Winston !


Une pétition qui fait jaser


La pétition intitulée “Liberté pour ‘histoire” lancée le 13 décembre par 19 historiens français ne manque pas de susciter des réactions multiples. En effet, ces historiens y demandent ni plus ni moins que l’abrogation de quatre lois, en premier lieu de la “loi Gayssot”, promulguée en 1990 et utilisée pour réprimer le “négationnisme” et le “révisionnisme” en ce qui concerne l’Holocauste des juifs. Or, au moins deux des signataires de la pétition, Pierre Vidal-Naquet et Jean-Pierre Azéma, avaient en son temps appuyé avec enthousiasme cette loi. Les 3 autres lois dont nos 19 historiens demandent l’abrogation sont celle de janvier 2001 reconnaissant le génocide arménien, celle de mai 2001 “tendant à la reconnaissance, par la France, de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité” (dite loi Taubira) et celle de février 2005 reconnaissant le caractère positif de la colonisation outre-mer, “notamment en Afrique du Nord”. Les signataires de la pétition se déclarent donc en faveur de la liberté de recherche des historiens et de l’impossibilité de poursuivre en justice quiconque remettrait en cause les génocides des Juifs, des Arméniens et des Nors ou la colonisation.
Cette pétition a suscité plusieurs commentaires et réactions, que l’on trouvera ci-dessous. Celle de Meir Waintrater, directeur de la rédaction de l'Arche, “le mensuel du judaïsme français”, auquel répond Mondher Sfar, historien tunisien. Et enfin, celle de quelques historiens juifs et arméniens et de certains de leurs amis, qui ont lancé une “contre-pétition”. Le journal gratuit “20 minutes”, qui a publié cette “contre-péition”, annonce qu’elle a été signée par 32 personnes, mais ne publie que quatre noms et ajoute que quatre autres personnes l’ont signée. Qui sont les 24 autres? Mystère... On lira enfin dans ce dossier deux articles de l’historienne Madeleine Rebérioux, ancien présidente de la Ligue des droits de l’homme, contre la loi Gayssot. Ils datent de 1990 et 1996. Le débat est donc lancé. À vos claviers ! Pour toute contribution, écrire à redactionquibla@yahoo.fr


> « Liberté pour l'histoire »
> Un appel d'historiens sème la confusion, par Rosa Moussaoui
> Loi Gayssot, un droit à l'histoire, par Mair WAINTRATER, Libération
> Waintrater se trompe d’époque, par Mondher Sfar
> Du rôle positif ou négatif de la loi face à l’histoire
> Une “contre-pétition des historiens
> Contre les lois sur l’histoire : René Rémond «inquiet des lois communautaristes »
> Pour les lois sur l’histoire - Joël Kotek : « Une réaction de panique des historiens »

> Contre la loi Gayssot , par Madeleine Rebérioux, Le Monde, 21 mai 1996
> Le Génocide, le juge et l’historien, par Madeleine Rebérioux, L’Histoire 1990

 

La pétition


Liberté pour l'histoire
Émus par les interventions politiques de plus en plus fréquentes dans l'appréciation des événements du passé et par les procédures judiciaires touchant des historiens et des penseurs, nous tenons à rappeler les principes suivants :
L'histoire n'est pas une religion. L'historien n'accepte aucun dogme, ne respecte aucun interdit, ne connaît pas de tabous. Il peut être dérangeant.
L'histoire n'est pas la morale. L'historien n'a pas pour rôle d'exalter ou de condamner, il explique.
L'histoire n'est pas l'esclave de l'actualité. L'historien ne plaque pas sur le passé des schémas idéologiques contemporains et n'introduit pas dans les événements d'autrefois la sensibilité d'aujourd'hui.
L'histoire n'est pas la mémoire. L'historien, dans une démarche scientifique, recueille les souvenirs des hommes, les compare entre eux, les confronte aux documents, aux objets, aux traces, et établit les faits. L'histoire tient compte de la mémoire, elle ne s'y réduit pas.
L'histoire n'est pas un objet juridique. Dans un Etat libre, il n'appartient ni au Parlement ni à l'autorité judiciaire de définir la vérité historique. La politique de l'Etat, même animée des meilleures intentions, n'est pas la politique de l'histoire.
C'est en violation de ces principes que des articles de lois successives - notamment lois du 13 juillet 1990, du 29 janvier 2001, du 21 mai 2001, du 23 février 2005 - ont restreint la liberté de l'historien, lui ont dit, sous peine de sanctions, ce qu'il doit chercher et ce qu'il doit trouver, lui ont prescrit des méthodes et posé des limites.
Nous demandons l'abrogation de ces dispositions législatives indignes d'un régime démocratique.
Jean-Pierre Azéma, Elisabeth Badinter, Jean-Jacques Becker, Françoise Chandernagor, Alain Decaux, Marc Ferro, Jacques Julliard, Jean Leclant, Pierre Milza, Pierre Nora, Mona Ozouf, Jean-Claude Perrot, Antoine Prost, René Rémond, Maurice Vaïsse, Jean-Pierre Vernant, Paul Veyne, Pierre Vidal-Naquet et Michel Winock
Source : Libération, 13 décembre 2005

 

Un appel d'historiens sème la confusion


par Rosa Moussaoui, L’Humanité, 15 décembre 2005
Colonisation . Ils demandent l'abrogation de l'article 4, mais aussi celle des lois Gayssot, contre le négationnisme et Taubira, sur l'esclavage.
Dix-neuf historiens se sont associés à un appel intitulé « Liberté pour l'histoire ». Ce texte demande non seulement l'abrogation de l'article 4 du 25 juillet 2005, qui souligne « le rôle positif » de la présence française en Afrique du Nord, mais également celle d'autres articles de loi qui concernent « événements du passé » et sont, selon eux, « indignes d'un régime démocratique ». Parmi les lois incriminées : les lois Gayssot du 13 juillet 1990 (tendant à réprimer tout acte raciste, antisémite ou xénophobe), du 29 janvier 2001 (relative à la reconnaissance du génocide arménien de 1915), et la loi Taubira du 21 mai 2001 (tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité).
Les signataires estiment que ces lois « ont restreint la liberté de l'historien, lui ont dit, sous peine de sanctions, ce qu'il doit chercher et ce qu'il doit trouver ». L'appel affirme que « l'historien n'accepte aucun dogme, ne respecte aucun interdit, ne connaît pas de tabous ». « L'histoire n'est pas la mémoire, poursuivent les signataires. L'historien, dans une démarche scientifique, recueille les souvenirs des hommes, les compare entre eux, les confronte aux documents, aux objets, aux traces, et établit les faits (...). L'histoire n'est pas un objet juridique. Dans un État libre, il n'appartient ni au Parlement ni à l'autorité judiciaire de définir la vérité historique. »
Problème : le législateur doit-il s'interdire tout jugement moral, éthique et politique sur des faits historiquement établis ? Pour Claude Mazauric, s'il « n'appartient pas à l'Assemblée de statuer sur des faits historiques, la loi peut se prononcer sur des délits relatifs à des calomnies ».
Ce que fait la loi Gayssot de 1990 « en sanctionnant le négationnisme, qui est un fait politique contemporain bien réel, comme en témoignent les récents propos du président iranien ou ceux de Le Pen ».
Pour l'historien, la polémique ouverte par cette loi dépasse la seule problématique du rapport entre loi et histoire. « Les promoteurs de cet article de loi veulent réhabiliter la domination coloniale, relève-t-il. C'est une opération politique à usage interne visant à rassembler ceux qui croient encore à la supériorité de la métropole sur les colonies, et clairement dirigée contre les enfants d'immigrés. ». Plus nuancé, Alain Ruscio, historien de la colonisation, dit comprendre « l'irritation des historiens face à la condescendance des politiques et leur volonté de préserver leur liberté de chercheurs ». Mais, précise-t-il, la loi Taubira, votée à l'unanimité par la représentation nationale, « ne dicte pas la vérité historique, elle émet un jugement global sur l'esclavage ». De même, la loi Gayssot, en se référant à la norme juridique internationale issue de Nuremberg qui définit le crime contre l'humanité, « n'est pas directive ». « C'était une réaction de salubrité publique contre les manoeuvres du clan négationniste », rappelle Alain Ruscio, « elle pose une limite, mais ne dicte en aucun cas aux historiens ce qu'ils doivent dire de la Shoah ou de la Seconde Guerre mondiale ».
Rappelons que ce rapprochement entre la loi du 23 février et la loi Taubira fut à l'origine d'un âpre débat le 29 novembre dernier dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. « Par l'article 2 de la loi de 2001, le législateur s'est borné à souligner la nécessité de dispenser un enseignement sur la période de l'esclavage. Il n'enjoint en aucune façon aux enseignants de présenter les choses sous un jour ou sous un autre (...), avait alors répondu la députée de Guyane, Christiane Taubira, aux députés UMP se réclamant de la même démarche que la loi qui porte son nom. À la différence de l'article 4 de la loi de 2005, il ne tend en aucune façon à contraindre la communauté éducative à diffuser une appréciation subjective du fait colonial en la présentant comme une vérité intangible et unanimement reconnue. »


Loi Gayssot, un droit à l'histoire

La pétition «Liberté pour l'histoire» remet en cause un texte qui incrimine le déni de mémoire.

 

par Mair WAINTRATER, Libération, 16 décembre 2005
L’auteur est directeur de la rédaction de l'Arche, le mensuel du judaïsme français.
Un certain nombre de personnalités ayant un rapport professionnel à l'Histoire ont signé une pétition demandant «l'abrogation des articles de loi contraignant la recherche et l'enseignement de cette discipline» (1). Parmi les textes visés figure la loi du 13 juillet 1990, que l'on appelle communément «loi Gayssot». Il me semble qu'avec les meilleures intentions du monde les signataires de la pétition se sont fourvoyés. Ce que j'en dirai ici se rapporte essentiellement au cas de la loi Gayssot, puisque chacune des quatre lois mentionnées dans la pétition pose un problème différent. Je tenterai cependant, en conclusion, de proposer une approche plus large.
La loi Gayssot de 1990 sanctionne, dans le cadre d'un renforcement général de la lutte contre le racisme et l'antisémitisme, la contestation publique de crimes contre l'humanité «tels qu'ils sont définis par l'article 6 du statut du tribunal militaire international annexé à l'accord de Londres du 8 août 1945», c'est-à-dire concrètement le génocide commis par les nazis. L'objet de la loi n'est pas de protéger la sensibilité des Juifs face aux atteintes des négateurs de la Shoah ; il existait pour cela des instruments juridiques, au moins au civil, qui ont été utilisés également contre les négateurs du génocide arménien. La loi sanctionne le négationnisme en tant qu'il est non pas une insulte aux victimes mais une incitation à la haine raciale. Selon les propres termes du ministre de la Justice (Pierre Arpaillange) qui présentait le texte de la loi aux sénateurs, «la négation de l'Holocauste (...) n'est, aujourd'hui, qu'une _expression du racisme et le principal vecteur de l'antisémitisme». Ce qui est en cause n'est donc pas la mémoire, aussi respectable soit-elle, mais les usages actuels du déni de la mémoire.
La pétition «Liberté pour l'histoire» reprend un argument, souvent entendu, selon lequel la loi Gayssot serait critiquable parce qu'il n'appartient pas au juge de dire la vérité en matière d'histoire. Or cette loi - de même que les lois contre le négationnisme adoptées dans plusieurs pays voisins de la France - fait exactement le contraire. Elle évite au juge de se prononcer en matière de vérité historique, car elle définit exactement les thèses dont la diffusion constitue un délit. Il suffit pour s'en convaincre d'examiner le cas d'un de nos voisins qui n'a pas l'équivalent de la loi Gayssot : il s'agit de la Grande-Bretagne.
A la fin des années 90, le tribunal de l'Old Bailey, à Londres, a dû se prononcer sur un conflit entre le négationniste anglais David Irving et l'historienne américaine Deborah Lipstadt. Cette dernière avait mis en cause David Irving dans un livre sur les négateurs de la Shoah. De ce fait, la réputation de David Irving aux Etats-Unis avait été durablement affectée, et il avait rencontré des difficultés à placer ses ouvrages chez des éditeurs américains. Estimant avoir subi un préjudice moral et matériel, David Irving attaqua Deborah Lipstadt et son éditeur britannique, Penguin Books, devant le tribunal de Londres.
Si la Grande-Bretagne avait eu dans son arsenal juridique l'équivalent de la loi Gayssot, il aurait suffi au juge de constater que les écrits de David Irving contenaient bien une négation de la Shoah. Mais, en l'absence d'une telle loi, le tribunal n'a pas eu d'autre recours que d