Dossier “Liberté pour l’histoire”
Claude Lanzmann : solidarité, oui
! Comparaison, non !
Au nom d'une «Liberté pour l'histoire»,
on ne peut pas mêler les événements historiques
Universalité des victimes
par Claude LANZMANN, Libération, 10 janvier
2006
L'auteur, rélisateur du film-fleuve
Shoah, est directeur des «Temps modernes»
Présentation de Libération : Dans son éditorial
de la revue les Temps modernes (édition novembre-décembre
2005/janvier 2006) qui sort cette semaine, le directeur Claude Lanzmann
prend position dans le débat en cours sur la «concurrence
des mémoires» suscitée par l'amendement législatif
concernant les aspects «positifs» de la colonisation mais
aussi par la création d'un Conseil représentatif des
associations noires (Cran). Il prend ses distances, dans un large
extrait de ce texte que nous publions, avec la pétition «Liberté
pour l'histoire», qui à son sens fait l'erreur d'amalgamer
des événements historiques de nature différente
au point de conduire à la remise en cause de la loi Gayssot,
qui est pourtant «une garantie et une protection pour toutes
les victimes». Selon l'auteur, réalisateur du film Shoah,
l'évocation rétrospective de Frantz Fanon, au travers
de plusieurs articles de ce numéro de la revue, doit permettre
de comprendre en quoi l'universalité de la souffrance des victimes
ne signifie pas que tous les événements soient équivalents
au trébuchet de l'histoire. Dans ce même numéro,
le dernier livre d'Alain Badiou qui réfute le «nom»
de Juif fait l'objet de critiques de la part de Jean-Claude Milner
et Eric Marty.
Que la Shoah ait été historicisée par les Juifs
au point où elle l'a été, qu'elle continue de
l'être, cela tient à mille causes, mais d'abord à
ceci qu'elle a été l'événement du XXe
siècle, le plus central peut-être, l'événement
de notre présent, un événement qui n'a pas trouvé
sa fin. Contrairement aux vieilles rumeurs qu'on ressuscite, les Juifs
ne sont pas «malins». Si s'est créé ces
jours-ci un Conseil représentatif des associations noires calqué
sur le modèle du Conseil représentatif des institutions
juives de France (Crif) ou encore si un regroupement d'Africains et
d'Antillais se donne le nom de Devoirs de mémoires, cela ne
fera pas que cet autre crime contre l'humanité, l'esclavage,
malgré toute son horreur et la haine qu'il inspire, doive entrer
en «concurrence» avec la Shoah. La notion de «concurrence
des victimes», reprise comme une antienne par certaines publications,
est abjecte. La traite, en dépit de la souffrance, des humiliations
et des morts sans nombre que le mépris de la vie humaine a
entraînées, par exemple au Congo belge, n'avait pas pour
visée l'extermination : les négriers avaient besoin
de la force de travail des esclaves et de sa reproduction. Une des
erreurs fatales des «conseils juifs» en Europe de l'Est
fut de croire que les nazis épargneraient les Juifs parce qu'ils
ne pourraient se passer de leur travail et de leurs compétences
: ils auront besoin, pensaient-ils, de fourreurs, de bottiers, de
dentistes... A Vilna, tous les dentistes étaient juifs, tous
furent tués dès le premier jour, et les rages de dents
de la soldatesque allemande sont encore dans les esprits lithuaniens.
Avec l'ensemble d'articles consacrés à Frantz Fanon,
il est question aussi de mémoires : celle de l'esclavage précisément,
de la colonisation, de la guerre d'Algérie, de Sartre et des
Juifs encore. C'est à partir des Réflexions sur la question
juive de Sartre que Fanon a pris la conscience la plus aiguë
de sa condition de Noir. Et je conseille la lecture du texte dans
lequel Jean Améry, auteur de Par-delà le crime et le
châtiment, Juif autrichien survivant d'Auschwitz, raconte sa
découverte bouleversée de Peau noire, masques blancs,
le premier livre de Fanon, qu'il comprend de part en part à
partir de sa propre expérience. Il ne s'agissait pas alors
de «concurrence», mais de solidarité et même
d'universalité. Car il y a, c'est ma conviction, une universalité
des victimes comme des bourreaux elles se ressemblent toutes, ils
se ressemblent tous. Cela ne veut nullement dire qu'il faille comparer
les événements de l'histoire. A cet égard, on
ne peut qu'être surpris par la publication d'un manifeste intitulé
«Liberté pour l'histoire», signé par un
aréopage d'historiens de renom, qui ajoute à la confusion
là où on serait en droit d'attendre, de leur part, clarté
et distinction. Le «manifeste» nous assène d'abord
doctement que l'histoire n'est ni une religion, ni une morale, ni
un objet juridique, etc., qu'elle peut et doit être «dérangeante»
et qu'aucun interdit ne peut limiter la libre carrière de l'historien
chercheur. Il demande ensuite l'abrogation de la récente loi
sur les bienfaits de la colonisation requête à laquelle
on souscrit volontiers , mais aussi et de proche en proche de toutes
celles votées préalablement par le Parlement, concernant
l'esclavage, le génocide arménien, et jusqu'à
la première d'entre elles, la loi originaire, la loi Gayssot,
qui sanctionne le négationnisme. Comment ne pas voir que la
loi Gayssot diffère par nature de celle qui exalte la colonisation
et en quoi son abolition serait une régression infiniment grave
? Aujourd'hui l'ouverture et la générosité d'hommes
comme Fanon et Améry qui ont vécu dans leur chair de
colonisé ou de déporté les souffrances dont ils
parlent ont fait place au repli communautariste de leurs petits-enfants
ou arrière-arrière-petits-enfants. La force universalisante
de pareils esprits permettrait pourtant de comprendre que la loi Gayssot,
qui porte sur le désastre le plus paradigmatiquement antihumain
du XXe siècle, est aussi une garantie et une protection pour
toutes les victimes. Cela éviterait la «guerre des mémoires»
et la fameuse «concurrence». La loi Gayssot n'est pas
une limitation de la liberté de l'historien, mais se déduit
au contraire de la rigueur propre à sa discipline : elle n'est
rien d'autre que le rappel de l'obligation de vérité.
Plus encore, je n'hésiterais pas à dire que c'est elle
qui rend indéfendable et inepte la loi sur les bienfaits de
la colonisation : il est absolument contraire à l'universalité
de l'humain que l'ex-colonisateur fasse de son propre chef le bilan
du passé, se décerne des bons points et décrète
avoir fait du bien aux peuples à qui il a peut-être apporté
écoles, chemins de fer, structures administratives, vaccins,
une langue même, mais que par ailleurs il a brimés, humiliés,
méprisés, exploités, torturés. Il s'agit
là d'une disposition à la Orwell, qui réécrit
l'histoire en fonction des intérêts du pouvoir. La loi
Gayssot, c'est tout autre chose, car le négationnisme n'est
pas, comme on veut nous le faire croire, le fait de quelques illuminés
inoffensifs qu'on pourrait facilement museler en déléguant
aux historiens «sérieux», pour reprendre un mot
de madame Chandernagor, le soin de dire le vrai. Le négationnisme
fut le moteur et l'arme du crime nazi, qui effaçait ses propres
traces à l'instant et au coeur même de son accomplissement.
En un sens, le crime parfait a été accompli et ceux
qui disent qu'il n'a pas eu lieu sont les héritiers directs
des tueurs. La loi Gayssot n'opprime personne, n'exerce nulle contrainte,
elle défend des valeurs consubstantielles à la démocratie.
On ne trouve pas, grâce à elle, les ordures négationnistes
aux étals de nos librairies, dans les colonnes de nos journaux
et sur nos écrans de télévision. On se demande
de quel coeur certains des signataires du manifeste accepteraient
pareille situation. Qu'est-ce que cette angélique liberté
des historiens ? Pourquoi cette sacralisation enivrée de leur
discipline ? Ils sont, quel que soit leur talent, des hommes comme
les autres, en proie à la passion, au préjugé,
au mensonge, à l'ignorance. Si nobles que soient les intentions
du manifeste, il n'en cautionne pas moins, de fait, les propos «dérangeants»
de la secrétaire perpétuelle de l'Académie française,
historienne de son état ; il n'en fait pas moins, objectivement,
le jeu de Le Pen et des réviso-négationnistes qui concluent
toutes leurs diatribes par un : «Qu'on laisse les historiens
en débattre.» Le 15 décembre, un grand quotidien
titrait : «Quand le FN enrôle de force les historiens
sous sa bannière». Non, le FN n'a pas eu à user
de la force, ils se sont ingénument livrés eux-mêmes,
pieds et poings liés. On a du mal à croire que certains
des signataires, par ailleurs dignes d'admiration, ne se tiennent
pas pour abusés. Source : http://www.liberation.fr/page.php?Article=350126
Lettre ouverte à Libération
et M. Claude Lanzmann
par « Un "nègre blanc", père
de deux descendants d'esclaves»
Mesdames, Messieurs les journalistes,
Monsieur Lanzmann,
Nous savons toutes et tous que "Libération" est
un quotidien inféodé aux ordres de la dernière
idéologie raciste et véritablement antisémite
dans l'histoire de l'humanité dans le sens "stricto-sensu"
du terme, à savoir les Sémites, qui comprennent, entre
autres peuples, les Palestiniens que les sionistes détruisent
systématiquement dans ce qui sera considéré dans
quelques années comme "LE génocide du 20° et
21° siècle", tout comme Sharon qui aura désormais
loisir de se repentir sur sa chaise roulante de ses crimes contre
les véritables sémites. Que Monsieur Lanzmann qui est
l'auteur d'un film truffé d'âneries plus grosses les
unes que les autres, veuille "récupérer" les
descendants des esclaves au sein d'une organisation "Zio-Esclavagiste"
est une honte.
Que Monsieur Lanzmann écrive que le génocide des 10
millions de Congolais n'en était pas un, est passible des tribunaux
pour négationnisme, au même titre que dire qu'il n'y
pas eu de génocide européen (et pas seulement des Juifs,
car ils furent nombreux à en être vctimes !)
Monsieur Lanzmann, nous ne vous permettront pas continuer à
nier les génocides des Africains, vous êtes la honte
de l'humanité. Peut-être souhaitez-vous encore vous faire
financer un film par vos amis sionistes qui vérrouillent les
décisions du CNC ? Nous vous l'interdiront au nom de NOS impôts
qui alimentent directement les caisses de "l'industrie mémorielle".
Profil bas, M. Lanzmann, vous nous avez assez "gavé"
avec votre film de 6 heures qui sature annuellement nos écrans
: nous n'avons pas besoin de vous pour nous dire qu'il y a eu "60
millions de vrais morts" durant la seconde guerre mondiale et
pas seulement "6 millions de victimes (dont vous nous avez jamais
donné publiquement la définition et qu'il a fallu que
j'aille chercher dans une fondation américaine de la Shoah
car les centres Wiezenthal et Yad Vashem m'ont fait des réponses
de "Normands")", ce qui est déjà la définition
même du négationnisme du génocide européen
que ce parler de ce chiffre qui ramène la souffrance européenne
à celle d'une seule et unique communauté !
En conclusion M. Lanzmann, préparez-vous à faire l'objet
d'une procédure devant les tribunaux pour "négationnisme"
du génocide congolais et, dans l'intervalle, bouclez-là
!
«Un crime, une race, un État
»
Gayssot, l'Histoire, et le Crime : pour un vrai Nuremberg
et pour que les vrais négationnistes soient démasqués
par Mondher Sfar, historien, Paris, 17 janvier 2006. Courriel
: msfar@wanadoo.fr
La critique de la Loi Gayssot* consiste de nos jours à lui
reprocher de légiférer en matière d'histoire.
Nous ne sommes pas sûrs que ce soit là une bonne formulation
de la question.
La Loi Gayssot nous invite en fait à respecter la chose jugée
en l'occurrence les conclusions du Tribunal de Nuremberg.
Cette démarche ne nous déplait pas du tout, pour la
simple raison qu'un crime relève de la justice et non de la
discipline historique. Il n'y a aucun reproche à ce que la
question du génocide relève de la justice et de son
investigation, avant d'aboutir sur la chaire de l'historien.
Or, justement, c'est là où gît toute l'affaire
: Sommes-nous sûrs que le Tribunal de Nuremberg auquel se réfère
la loi Gayssot ait fait sérieusement son travail d'investigation
et de jugement ?
Lisons l'Article 18 du Statut du Tribunal : « Le Tribunal devra
: (a) limiter strictement le procès [des 'Grands criminels
de Guerre'] à un examen rapide des questions soulevées
par les charges. » Ainsi, malgré la gravité des
charges, des accusations et de l'envergure internationale du procès,
voici que l'on décide comme règle de jeu d'escamoter
l'étude des preuves des charges. L'Article 19 enfonce encore
plus le clou : « Le Tribunal ne sera pas lié par les
règles techniques relatives à l'administration des preuves.
Il adoptera et appliquera autant que possible une procédure
rapide et non formaliste et admettra tout moyen qu'il estimera avoir
une valeur probante. »
Encore plus explicite, l'Article 21 stipule : « Le Tribunal
n'exigera pas que soit rapportée la preuve de faits de notoriété
publique, mais les tiendra pour acquis. Il considérera également
comme preuves authentiques les documents et rapports officiels des
Gouvernements des Nations Unies, y compris ceux dressés par
les Commissions établies dans les divers pays alliés
pour les enquêtes sur les crimes de guerre, ainsi que les procès-verbaux
des audiences et les décisions des tribunaux militaires ou
autres tribunaux de l'une quelconque des Nations Unies. »
Ainsi pas moins de trois articles des statuts du Tribunal pour insister
sur cette extraordinaire décision de juger sans examiner les
preuves.
De plus, le Statut a fermé la porte à la mise en question
de la légitimité du Tribunal : Article 3 : « Ni
le Tribunal, ni ses membres, ni leurs suppléants ne pourront
être récusés par le Ministère Public, par
les accusés, ou par leurs défenseurs. »
Autre important déni de justice, l'instauration de la rétroactivité
des lois, juger selon des lois postérieures aux crimes ou délits
commis, comme le crime contre l'humanité.
Les dégâts ne s'arrêtent pas là. Le Statut
a interdit aux accusés de se défendre au cours des débats
: Article 18 : « (b) prendre des mesures strictes pour éviter
toute action qui entraînerait un retard non justifié
[dans le cours du procès], et écarter toutes questions
et déclarations étrangères au procès de
quelque nature qu'elles soient ; (c) agir sommairement en ce qui concerne
les perturbateurs, en leur infligeant une juste sanction, y compris
l'exclusion d'un accusé ou de son défenseur de certaines
phases de la procédure ou de toutes les phases ultérieures,
mais sans que cela empêche de décider sur les charges.
»
Donc, des lois rétroactives et un procès sans preuves,
sans possibilité de récuser le tribunal, sans débat,
mais aussi sans appel : Article 10 : « Dans tous les cas où
le Tribunal aura proclamé le caractère criminel d'un
groupe ou d'une organisation, (..), le caractère criminel du
groupe ou de l'organisation sera considéré comme établi
et ne pourra plus être contesté. » Il en est de
même des décisions finales du Tribunal : Article 26 «
La décision du Tribunal relative à la culpabilité
ou à l'innocence de tout accusé devra être motivée
et sera définitive et non susceptible de révision. »
Autre violation du droit humain : la loi édictée par
ce Tribunal a établi un principe ségrégationnel,
en spécifiant l'origine politique ou nationale des prévenus,
et par conséquent, en excluant tous les autres criminels qui
sont susceptibles de tomber sous le coup de la loi instituée
par le Tribunal. Un criminel qui aurait commis le même crime
de guerre ou contre l'humanité et qui appartiendrait aux Alliés
pourrait dormir tranquille.
Le Tribunal de Nuremberg a battu le record mondial du déni
de justice et des violations des droits humains les plus élémentaires,
et en particulier de ceux établis par la Déclaration
universelle des Droits de l'homme. C'est pourtant ce Tribunal qui
est établi par la loi Gayssot comme source du droit.
En fait, il n'y a pas eu de jugement des criminels, mais il y eut
seulement une parodie de justice. L'objectif inavoué du Tribunal
de Nuremberg a été de légitimer la décision
prise par les puissances alliées d'exécuter les vaincus
en tant que vaincus et non en tant que criminels. La conséquence
la plus paradoxale en a été que les crimes, tous les
crimes, n'ont jamais été jugés, ni même
entièrement identifiés.
Il n'y a jamais eu de jugement du crime de génocide
La Loi Gayssot qui s'en prend à « ceux qui auront contesté,
(..) l'existence d'un ou plusieurs crimes contre l'humanité
» est inopérante, car « l'existence » de
ce crime contre l'humanité n'a pas été jugée
en tant que telle. Il faut rappeler ici que le Tribunal de Nuremberg
a eu pour objet officiel et spécifique le « Procès
des Grands Criminels de Guerre » et il n'a eu à juger
du crime contre l'humanité qu'en termes subsidiaires et incidents
et non principalement.
On peut donc affirmer qu'il n'y a jamais eu de jugement du génocide
juif. Même le jugement du Commandant Hoess d'Auschwitz l'a été
dans le cadre du jugement des 'criminels' et non du jugement
du crime contre l'humanité. Ainsi, les crimes des déportation
n'ont jamais fait l'objet de jugements. Les crimes commis au sein
des camps de concentration n'ont jamais fait l'objet de procès,
y compris le camp d'Auschwitz. Les juifs eux-mêmes, survivants
ou parents des morts dans les camps n'ont pas intenté de procès
pour ce qui leur est arrivé durant la Deuxième Guerre
mondiale. De tels procès auraient été l'occasion
de détailler les crimes et de déterminer les responsabilités.
Dans la réalité, tous ces crimes qui auraient dû
faire l'objet de procès, ont été traités
sous forme de protestations des victimes à travers des 'témoignages'
privés édités dans des périodiques ou
des livres. Les victimes n'ont été écoutées
au cours de tous les procès de Nuremberg qu'en qualité
de témoins, pas en qualité de victimes. Tout s'est passé
comme si les crimes dont les juifs ont été victimes
pour ne parler que d'eux - ne pouvaient faire l'objet de procès.
Même les crimes de guerre n'ont pas été jugés
: ni ceux commis par l'Axe ni ceux commis par les Alliés.
Une des principales raisons en est que le sionisme, de connivence
avec les vainqueurs, a fait main basse sur les 'crimes contre
l'humanité' pour les sortir du cadre classique du droit criminel
national. Le but a été d'en faire des crimes 'spécifiques'
non pas tant pour leur ampleur 'inimaginable' comme le prétend
la propagande sioniste, mais pour leur prétendu genre nouveau
différent des crimes connus des législations existantes.
Ce genre nouveau est le 'génocide' spécifié
par Nuremberg sous le vocable de 'crimes contre l'humanité'.
Pourquoi créer cette nouvelle catégorie de crimes ?
C'est pour donner naissance à une entité juridique nouvelle
qui est la prétendue 'race biologique juive'. C'est celle-là
même qui a été inventée par l'idéologie
raciale nazie. Le sionisme a cherché à perpétuer
le bénéfice de la nouvelle entité raciale juive
instituée par Hitler afin qu'elle soit reconnue par le droit
international. La reconnaissance de la nouvelle catégorie 'raciale
juive' au travers de l'institution de la nouvelle catégorie
de crime qu'est le 'génocide' a été une
des principales raisons d'être du Tribunal de Nuremberg, sous
prétexte de juger des 'Grands Criminels de Guerre'.
Ainsi, le Tribunal de Nuremberg (1) a parodié un procès
contre les criminels de guerre, il a exclu les crimes perpétrés
par les vainqueurs ; (2) le Tribunal a escamoté les crimes
réels commis dans les camps de concentration grâce au
concept nouveau et anti-juridique de 'génocide' et de
'crime contre l'humanité', spoliant les victimes de leurs
droits à la justice de leur pays ; (3) le Tribunal a consacré
grâce au concept de 'génocide' l'idéologie
raciale nazie qui a prétendu que les 'juifs' sont une
race biologique ; (4) la chambre à gaz est devenue un point
de fixation dans l'esprit des sionistes pour ce qui est des crimes
commis dans les camps de concentration, car pour eux la destruction
'chimico-biologique' des juifs est la preuve 'scientifique'
de l'existence d'une prétendue 'race' juive qui ne peut
obéir aux lois habituelles du droit international connu jusque-là.
Cette invention juridique a ouvert en conséquence la voie au
'droit à un État'. L'enchaînement de cette
logique est : un crime unique un crime contre l'humanité
un crime contre une race une race un État.
Voilà donc l'aberration des procès dits des 'Grands
criminels', ou même des petits 'criminels' comme Eichmann.
Les victimes ont été leurrées par ces procès
à sensation qui n'ont pas jugé des faits historiques
mais des faits politiques qui relèvent des affaires d'Etat
et non des affaires des femmes et des hommes victimes de crimes personnels.
Au lieu du concret, on a fabriqué le fantastique et on leur
a dit : vous avez été victimes d'un Holocauste, d'une
Shoah, vous n'avez pas à vous en soucier, c'est nous qui s'en
chargerons.
C'est que les sionistes n'ont eu aucun intérêt à
juger véritablement les crimes de déportation, ou ceux
commis dans les camps de concentration, ou même le régime
nazi. En plus de l'instrumentalisation politique des crimes, les sionistes
ont eu peur que ces procès ne se retournent contre eux, en
révélant la part de leur responsabilité politique
dans ces persécutions qu'ils favorisèrent en sous main,
car ils ont vu qu'elles allaient dans le sens de leurs objectifs politiques
: la création d'un État prétendument juif, dans
une perspective idéologique que les nazis étaient loin
de désavouer.
Toujours est-il que ce stratagème, combiné avec l'idéologie
horrifique de la Shoah, a fini par faire croire aux victimes, comme
aux autres, que toute la vérité a été
dite.
La négation des crimes commis commence ici : par la négation
du droit des victimes individuelles, quelles qu'elles soient, à
un procès juste, authentique, exemplaire et équitable
pour les torts qu'elles avaient subi durant la Deuxième Guerre
mondiale et avant. Cette négation se double par celle des crimes
politiques et militaires commis à la fois par les puissances
alliées et par la puissance sioniste montante.
C'est pourquoi il est urgent :
1 - D'abroger la loi Gayssot qui avalise un crime de déni de
justice qu'incarnent le Tribunal de Nuremberg et ses Statuts.
2 - Que les promoteurs du Tribunal de Nuremberg et leurs exécutants
soient jugés et punis.
3 - Que les victimes de tous les crimes commis durant la Deuxième
Guerre mondiale et avant à l'encontre des populations civiles
- quelle que soit leur nationalité, leur religion, leur appartenance
nationale ou ethnique - poursuivent en justice leurs bourreaux, et
que leurs plaintes soient acceptées.
4 - Que le crime contre la paix soit jugé en toute équité
et que ses commanditaires et leurs exécutants soient poursuivis
devant la justice, quelle que soient la nationalité de leurs
auteurs.
Avant Gayssot, avant l'Historien, exigeons d'abord que justice soit
faite, et que les vrais négationnistes soient démasqués.
* La Loi Gayssot, du nom du député communiste qui l'a
proposée au Parlement français, est de fait l'article
24bis ajouté en juillet 1990 à la loi du 29 juillet
1881. Cet article stipule :
« Art. 24 bis. (L. n. 90-615, 13 juill, 1990, art. 9). - Seront
punis des peines prévues par le sixième alinéa
de l'article 24 ceux qui auront contesté, par un des moyens
énoncés à l'article 23, l'existence d'un ou plusieurs
crimes contre l'humanité tels qu'ils sont définis par
l'article 6 du statut du tribunal militaire international annexé
à l'accord de Londres du 8 août 1945 et qui ont été
commis soit par les membres d'une organisation déclarée
criminelle en application de l'article 9 dudit statut, soit par une
personne reconnue coupable de tels crimes par une juridiction française
ou internationale;[...] »
L'article 6 du statut du tribunal militaire international annexé
à l'accord de Londres du 8 août 1945 définit ainsi
les crimes contre l'humanité
« c) Les crimes contre l'Humanité: c'est-à-dire
l'assassinat, l'extermination, la réduction en esclavage, la
déportation, et tout autre acte inhumain commis contre toutes
populations civiles, avant ou pendant la guerre, ou bien les persécutions
pour des motifs politiques, raciaux ou religieux lorsque ces actes
ou persécutions, qu'ils aient constitué ou non une violation
du droit interne du pays où ils ont été perpétrés,
ont été commis à la suite de tout crime rentrant
dans la compétence du Tribunal, ou en liaison avec ce crime.
»
la Loi Gayssot a permis de poursuivre et de condamner de nombreux
auteurs qualifiés de "révisionnistes" ou de
"négationnistes". le plus connu d'entre eux est le
philosophe Roger Garaudy, condamné pour son livre "Les
mythes findateurs de la politique israélienne", aujourd'hui
interdit en France.
Des historiens à mémoire courte
par Lubin, http://ecolehistoire.canalblog.com/,
14 décembre 2005
Jean-Pierre Vernant, Pierre Vidal-Naquet, on veut bien, leur vie,
leur oeuvre parlent pour eux mais pour les autres, on a des doutes
: une vingtaine d'historiens viennent de signer une pétition
« pour l'abrogation des articles de loi contraignant la recherche
et l'enseignement de l'histoire » (Libération¸13/12/2005).
Dans le colimateur de ces historiens célèbres et à
la mode, la loi sur les effets positifs de la colonisation ; si la
cause est louable, l'argumentation est incomplète et les motivations
douteuses. Contrairement à ce que le débat médiatique
voudrait faire croire, l'article 4 de la loi du 23 février
2005 ne résulte pas, ou pas uniquement, d'une dérive
raciste ou populiste de quelques députés à la
chasse aux voix mais il s'inscrit dans ce qui a toujours constitué
un dogme intouchable de l'enseignement de l'histoire à l'école
: l'édification chez l'enfant d'une conscience nationale à
partir de programmes officiels centrés quasi-exclusivement
sur l'histoire de France. Histoire nationale et histoire coloniale
sont intimement liées (voir sur ce blog, Histoire nationale,
histoire coloniale¸30 octobre 2005), la colonisation , comme
l'esclavage, ne sont pas des accidents de l'histoire de France, ils
en sont la matière même : l'histoire hagiographique nationale,
qui sert aujourd'hui encore de support, de repère à
l'enseignement de l'histoire, est incompatible avec tout ce qui est
susceptible de faire tache sur l'image d'Epinal, comme, justement,
la colonisation et l'esclavage que, pour ces raisons, on préfère
taire. Enseigner les aspects positifs de la colonisation prend parfaitement
sa place dans un récit mythique qui va de Clovis à de
Gaulle, en passant par Charles Martel et Jeanne d'Arc. Et lorsque
Bugeaud fait la conquête de l'Afrique du Nord, il n'est après
tout que le continuateur de Godefroy de Bouillon ou de Saint Louis,
nos grands héros dont on continue de farcir la mémoire
des enfants.
De quoi, alors, se plaint-on ? La main sur le c¦ur, nos historiens
affirment : « L'histoire n'est pas une religion. L'histoire
n'accepte aucun dogme, ne respecte aucun interdit, ne connaît
pas de tabous [...). L'histoire n'est pas la morale. L'historien n'a
pas pour rôle d'exalter ou de condamner [...] ». Certes,
mais pourquoi, alors, la plupart des signataires de cet appel n'ont-ils
jamais remis en cause le « dogme », le « tabou »,
la « religion » que constitue l'histoire nationale, surtout
dans sa transcription scolaire ? On s'étranglerait presque
de voir dans la liste le nom d'Alain Decaux, chantre de l'histoire
nationale devant l'éternel, vous savez bien, ce Decaux qui,
en 1979 dans le Figaro magazine ( !) poussait son cri primal : «
on n'apprend plus l'histoire à vos enfants ! », bientôt
repris par une cohorte large, très large où se faisaient
entendre Michel Debré, Max Gallo, Jean-Marie Le Pen et beaucoup
d'autres. C'est Decaux, avec la collaboration d'une bonne partie de
l'école historique française, qui fut à l'origine
du grand retour de l'histoire de France à l'école au
début des années Mitterrand[1]. Ce sont ces mêmes
historiens que l'histoire scolaire, l'histoire officielle, l'histoire
d'état, n'ont jamais rebutés, qui, aujourd'hui, soutiennent
que « dans un état libre, il n'appartient ni au Parlement
ni à l'autorité judiciaire de définir la vérité
historique ». Nos braves historiens ont décidément
la mémoire courte. Au milieu des clameurs actuelles, on attend
toujours que s'élève une voix pour condamner l'article
26 de la loi du 23 avril 2005, reprenant un amendement voté
dans des conditions tout à fait identiques à celui touchant
au rôle positif de la colonisation : un vendredi soir à
la sauvette, à l'instigation d'un député d'extrême-droite.
On ne se souvient plus ? La loi du 23 avril 2005, c'est la loi Fillon,
l'article 26, c'est celui qui impose l'apprentissage de la Marseillaise
dans les écoles primaires. Que l'exaltation de la nation à
travers son hymne trouve un débouché dans la glorification
de l'¦uvre coloniale de la France, est-ce vraiment surprenant
?
[1] Sur cet épisode, voir, par exemple, Suzanne CITRON, «
Mes lignes de démarcation », p. 315-317.
L'article 4 "doit être réécrit"
demande Jacques Chirac
L'article 4 de la loi du 23 février 2005, qui affirme le "rôle
positif" de la colonisation, "divise les Français.
Il doit donc être réécrit", a déclaré
mercredi Jacques Chirac lors de ses voeux à la presse.
"Après avoir consulté les principales associations,
le président de l'Assemblée nationale" Jean-Louis
Debré "déposera une proposition de loi en ce sens
afin de réécrire ce texte et de parvenir à une
rédaction qui rassemble et qui apaise les esprits", a-t-il
annoncé.
Le chef de l'Etat a également "souhaité que cette
démarche s'inscrive dans le cadre d'une réflexion générale,
car ce n'est pas à la loi d'écrire l'histoire".
Jacques Chirac a par ailleurs annoncé avoir "décidé
d'instaurer en France une journée de la mémoire"
de l'esclavage. "Je l'expliquerai le 30 janvier en recevant le
comité de Maryse Condé".
Source : AP, 4 janvier 2005
La genèse d'une loi scélérate
« Une grosse connerie », c'est ainsi, paraît-il,
que Jacques Chirac aurait qualifié en privé l'adoption
par le Parlement français de la loi du 23 février 2005.
Pourtant, si on reconstitue la genèse de cette loi à
partir de la constitution d'une nouvelle majorité lors des
élections présidentielles et législatives de
mai 2002, on est plutôt porté à croire qu'il s'agit
du résultat d'un enchaînement délibéré.
Une mauvaise pièce dont la Ligue des droits de l'homme de Toulon
a tenté de reconstituer les 6 actes. À lire ici : Genèse
de la loi du 23 février
La loi du 23 février 2005
Voici les principaux articles de la loi n 2005-158 du 23 février
2005 portant "reconnaissance de la Nation et contribution nationale
en faveur des Français rapatriés".
Article 1
La Nation exprime sa reconnaissance aux femmes et aux hommes qui ont
participé à l'oeuvre accomplie par la France dans les
anciens départements français d'Algérie, au Maroc,
en Tunisie et en Indochine ainsi que dans les territoires placés
antérieurement sous la souveraineté française.
Elle reconnaît les souffrances éprouvées et les
sacrifices endurés par les rapatriés, les anciens membres
des formations supplétives et assimilés, les disparus
et les victimes civiles et militaires des événements
liés au processus d'indépendance de ces anciens départements
et territoires et leur rend, ainsi qu'à leurs familles, solennellement
hommage.
Article 2
La Nation associe les rapatriés d'Afrique du Nord, les personnes
disparues et les populations civiles victimes de massacres ou d'exactions
commis durant la guerre d'Algérie et après le 19 mars
1962 en violation des accords d'Evian, ainsi que les victimes civiles
des combats de Tunisie et du Maroc, à l'hommage rendu le 5
décembre aux combattants morts pour la France en Afrique du
Nord.
Article 3
Une fondation pour la mémoire de la guerre d'Algérie,
des combats du Maroc et de Tunisie est créée, avec le
concours de l'Etat.
Les conditions de la création de cette fondation sont fixées
par décret en Conseil d'Etat.
Article 4
Les programmes de recherche universitaire accordent à l'histoire
de la présence française outre-mer, notamment en Afrique
du Nord, la place qu'elle mérite.
Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle
positif de la présence française outre-mer, notamment
en Afrique du Nord, et accordent à l'histoire et aux sacrifices
des combattants de l'armée française issus de ces territoires
la place éminente à laquelle ils ont droit.
La coopération permettant la mise en relation des sources orales
et écrites disponibles en France et à l'étranger
est encouragée.
Article 5
Sont interdites:
- toute injure ou diffamation commise envers une personne ou un groupe
de personnes en raison de leur qualité vraie ou supposée
de harki, d'ancien membre des formations supplétives ou assimilés;
- toute apologie des crimes commis contre les harkis et les membres
des formations supplétives après les accords d'Evian.
L'Etat assure le respect de ce principe dans le cadre des lois en
vigueur.
Défense et approfondissement de la
loi Taubira
par l’association Entre la Plume et l’Enclume,
3 janvier 2006.
Courriel : plumenclume@yahoo.com.
URL : http://www.geocities.com/plumenclume/
En guise de cadeau de Noël, de savants universitaires nous ont
jeté une appétissante pâtée : abolissons,
abolissons ! Abolissons donc les lois qui les empêchent, eux,
de publier, de pérorer à leur guise : voilà ce
que proposent 19 historiens dans Libération le 13 décembre.
Ces lois sont quatre ; la première, la loi Gayssot, s’ils
ne l’ont pas beaucoup aimée, ils ne l’ont, pour
le moins, pas beaucoup cassée. On ne les a pas vus, ces dix-neuf
engoncés, placer des pamphlets dans les journaux et clamer
: « Gayssot, salaud, le peuple aura ta peau ! » ou encore
: « Sharon t’es pas le patron : tes chambragaz elles puent
! » D’autres prenaient le maquis, eux sont héroïquement
restés au chaud. La deuxième, pas de problème
: reconnaître un génocide bien circonscrit, bien terminé,
c’est accrocher sur soi une médaille dorée, c’est
faire plaisir en se faisant plaisir, c’est du clientélisme
bien dealé. Jamais deux sans trois, et voilà Taubira
: encore ces blancos-là, qui viennent réclamer leur
part, ces quémandeurs, ces assistés, qui ne savent rien
faire d’autre, qui n’iront pas au-delà. Mais le
troisième round est aussi celui où les choses basculent.
Les coloniaux les connaissent, eux, leurs nègres, et ils savent
que la loi reconnaissant la traite négrière et l’esclavage
transatlantique comme crimes contre l’humanité n’est
pas qu’une patenôtre, qu’elle les condamne eux,
ceux qui sont issus de ces crimes et n’ont jamais voté
l’abolition de leurs privilèges. C’est alors qu’ils
font voter la quatrième, reconnaissant la colonisation comme
un fait positif. Les députés ont bien senti qu’ils
avaient à choisir, en l’occurrence, entre leurs prébendes
et servir la nation par une réflexion profonde : ils ont choisi
! [1]
Les dix-neuf étourdis se sont peut-être dit : tout le
monde va être content, y en a pour tous les goûts. On
va débattre en commissions, et au final notre projet s’imposera
de lui-même, comme le bon sens qui nous réconcilie :
abolissons, abolissons l’application rétroactive de toute
loi ; rétablissons, rétablissons le bon goût du
droit traditionnel : comment voulez-vous punir des morts depuis presque
deux siècles (les historiques, attestés négriers)
? Pourquoi ne pas être cléments avec une poignée
de vieillards, quelques petits papons qui restent ? Et les Arméniens,
après tout, sont des gens comme les autres ; on ne va pas attiser
éternellement leurs disputes de voisinage. Quant à la
colonisation, l’important c’est de ne pas froisser nos
banlieues ; toute manière, les affaires, nous les faisons sans
eux. La main tendue, c’est l’abc d’un bon vendeur.
[2]
Mais c’est Noël, et le solstice d’hiver. Dans tout
l’Occident, des historiens qui ont fait le sacrifice de tout
au sommet de la pyramide sont capturés et bouclés, spécialement
en Allemagne et en Autriche. L’heure est noire pour eux, alors
que leur lumière transperce enfin les murs : le président
iranien l’a fait savoir dans le monde entier. Et il a fait savoir
au monde entier que ni les Autrichiens, ni les Européens ni
les Américains ne veulent de juifs constitués en État
chez eux, sur le charmant modèle qu’ils ont implanté
en Palestine : bizarre, non ?
Ceux qui aiment la loi Gayssot : il n’y a aucune raison pour
que les choses s’arrangent. En France, le directeur de la rédaction
du magazine L’Arche, Mair Waintrater, expert dans la diffamation,
le terrorisme intellectuel et l’acharnement durable, explique
les mérites de la Loi Gayssot : elle permet aux tribunaux de
condamner des individus sans avoir à examiner la pertinence,
l’honnêteté ou le degré de vérité,
d’un texte historique que certains n’aiment pas ; il suffit
que quelqu’un y perçoive une « incitation à
la haine raciale ». Il affirme, d’ailleurs, en pleine
incohérence, que les lois existantes avant la loi Gayssot permettaient
déjà de condamner le concept éminemment vaporeux
« d’incitation à la haine raciale ». Ce qui
manquait, jadis, c’était l’effet d’intimidation
de ces simples mots : à une époque, avant les profanations
organisées au cimetière de Carpentras, ça faisait
marrer tout le monde, et on passait à autre chose : personne
n’est assez bête pour déblatérer sur les
autres en disant de façon publique: je peux pas les sentir
parce qu’ils puent leur sale race. Erreur, il y en qui le font
: le site Amisrael, qui a été interdit, parce qu’il
était un organe de ceux qui passent à l’action,
et qui tabassent les innocents; ou encore le site rigolo www.marcelisme.com
qui annonce : « nous sommes capables du meilleur comme du pire,
mais dans le pire nous sommes les meilleurs, périodique de
l’église libertaire papyaniste marcelienne mondiale,
cyberpériodique interdit aux nègres, aux arabes, aux
chiens et aux cons » qui incite surtout à l’incrédulité
sur l’existence de la race papyaniste : et il vient d’ailleurs
de disparaître…
Mair Waintrater s’accroche à la loi Gayssot ; il compte
bien, désormais, sur son pouvoir d’intimidation : «
la négation de la Shoah est condamnable dans l'exacte mesure
où elle est le véhicule d'une idéologie visant
à reproduire les conditions qui rendirent possible le génocide
des Juifs. En d'autres termes, les victimes d'hier ont droit à
la considération du législateur si elles-mêmes
ou leurs descendants risquent de nouvelles atteintes, semblables ou
non à celles qu'elles ont subies ». Ainsi il suffit d’être
désigné par un descendant de victime comme un véhicule
d’idéologie pouvant contrarier ses projets, grâce
à la loi Gayssot, pour que tout l’arbitraire du pouvoir
s’exerce férocement, et Mair Waintrater trouve ça
très bien. C’est ce raisonnement simple, relevant de
la simple loi du plus fort, qu’Israël a fait valider par
l’ONU, en décrétant la Shoah tabou absolu : La
résolution onusienne [3] a rejeté "toute négation
de l'holocauste en tant que fait historique de façon partielle
ou totale". Et malgré le fait que cette résolution
toute neuve ne soit pas obligatoire, son esprit a néanmoins
déjà beaucoup servi depuis 1986, date où la première
loi de ce genre a été votée en Israël :
c’est la couverture morale internationale aux lois réprimant
"la négation de l'Holocauste" au sein de l'Union
européenne, et frayant la voie de la généralisation
au niveau international de ces lois contraires aux libertés
d'opinion et de recherche scientifique.
Mais qui diable pourrait prétendre nier la Shoah, ou même
la minimiser ? La plupart des historiens estiment que c’est
à partir de 1967 qu’elle a été utilisée
comme l’argument suprême pour cacher à l’opinion
publique occidentale l’illégalité constitutive
à la création de l’État d’Israël,
issue d’un accord entre impérialistes français,
anglais et étatsuniens pour établir une tête de
pont à la néo-colonisation du Proche Orient tout entier.
Si, auparavant, l’opposition à la création d’Israël
a été faible dans l’opinion publique, c’est
parce que bien des antisémites la soutenaient, pensant que
la victoire du projet sioniste serait la véritable solution
finale aux problèmes de coexistence des juifs avec les populations
d’Europe centrale : ils voyaient là une sorte d’expulsion
consentie, ne prévoyant pas que l’exportation des indésirés
à la périphérie renforcerait leur pression sur
le centre. En un sens, on peut dire que la Shoah a peut-être
commencé avec Hitler, mais qu’elle n’a pas fini
avec lui, au contraire elle l’a dévoré et elle
n’a pas cessé de grossir depuis. Les données collectées
par Norman Finkelstein dans L’industrie de l’Holocauste,
le montant des réparations versées par les Etats allemand
et étatsunien (3 milliards de dollars par an est un chiffre
que reprennent les meilleurs auteurs), et par les banques suisses,
l’industrie cinématographique et muséographique
de la Shoah, non, rien de cela n’a jamais fait l’objet
d’une négation, parce que ce sont des faits indéniables.
Pourtant, Norman Finkelstein est maintenant accusé de révisionnisme,
tandis que des personnalités juives brillantes choisissent
de monter au front, et d’endosser le costume des proscrits,
des justiciables : ainsi Israel Adam Shamir, Gilad Atzmon, Paul Eisen,
qui pourraient prétendre aux privilèges des Israéliens.
Ils choisissent de défendre la liberté de réflexion
et d’_expression, dans la personne des historiens persécutés
sous prétexte de négation de la Shoah : Ernest Zundel,
arrêté en février 2003 sous un prétexte
fabriqué de toutes pièces, extradé au Canada
puis en Allemagne en mars 2005 ; Germar Rudolf, chimiste, extradé
des Etats-Unis où il était réfugié depuis
1995, vers l’Allemagne en octobre 2005 ; en novembre 2005, l’historien
David Irving arrêté en Autriche alors qu’il y était
officiellement invité ; l’écrivain suisse René-Louis
Berclaz, emprisonné depuis plus d’un an ; l’écrivain
belge Siegfried Verbeke, arrêté en Hollande en août
2005.
Certains de ceux qui ont attendu jusqu’aux turbulences provoquées
par la loi sur la colonisation positive pour prendre des poses de
libérateurs attendaient, jusqu’ici, de voir les dissidents
français aussi tous coffrés, ceux que les défaites
et l’âge n’ont pas encore usés. Le président
Bush est réputé pour ses nombreuses gaffes ; la plus
importante est d’avoir dit que ceux qui mettaient en doute l’existence
d’armes de destruction massive en Irak étaient des négateurs
de la Shoah. La filiation des mensonges est donc parfaitement établie,
par le terroriste et menteur en chef. Les grands inquisiteurs, tant
en France qu’aux Etats-Unis, avaient spéculé sur
la couardise des intellectuels salariés, pour étouffer
la réflexion grâce à loi Gayssot, et ils n’ont
pas eu tort. Mais ils ont fait une erreur d’analyse. Ils ignorent
le ressort populaire, ils croient l’avoir brisé. Désormais,
alors que toute l a France est dieudonnisée, comme dit notre
voyant Finkelkraut, les historiens persécutés ne sont
plus seuls.
C’est Noël et pour les Noirs, inventeurs des pyramides
et qui toujours et partout, trouvent les solutions, l’heure
est venue. C’est des conservatoires du système colonial,
les Antilles, que part la résistance, sur des bases saines.
Ce n’est pas la première fois : les Noirs de France et
d’Afrique ont été les premiers résistants
au nazisme. Gaston Monnerville, député de la Guyane,
dénonçait bien avant les autres, les injustices envers
les juifs organisées par Hitler, en soulignant le lien entre
toutes les idéologies et pratiques suprématistes, dans
son discours « Le Drame Juif » du 21 juin 1933 au Trocadéro
: « Souvenez-vous ! Une guerre d’extermination, froidement
voulue, implacablement menée contre les Herreros, dans l’Ouest
africain : 40.000 Herreros massacrés … Toujours quelques
crimes précèdent les grands crimes : Il y avait dans
les massacres africains des promesses qui sont aujourd’hui tenues,
hélas ! Il y avait en eux l’annonce des assassinats hitlériens.
Si bien que l’on peut voir dans le martyre des Africains allemands
une préfiguration parfaite de l’actuel martyre des juifs
allemands…. Il n’y a pas de vertu sans courage ».
Après la guerre, il fut président du Sénat. Son
raisonnement reste le plus juste, parce qu’il plonge dans la
racine : le crime contre l’humanité noire est le premier
crime de l’humanité blanche ; cel ui qui est prêt
à le reconduire, celui-là finira par l’appliquer
sur sa propre race, il est le caïnite, et tant qu’il n’aura
pas renoncé à son envie de crime fratricide, il reste
en deçà de l’humanité.
Une fois de plus, ce sont les Noirs qui rétablissent l’ordre
naturel, parce qu’ils connaissent mieux que tous les autres
la dégradation totale. Ils ont donc la capacité pour
voir l’origine des maux. Ils ont fait voir à tous l’escroquerie
qui préside à la consécration de la Shoah comme
autorité suprême : il ne s’agit nullement de contester
le degré des souffrances injustement endurées par les
juifs. Simplement, les Noirs sont là pour rappeler que la souffrance
n’est pas un privilège, et ne donne aucun droit. Ils
demandent, ni plus ni moins que les autres, réparation pour
les crimes commis contre eux, et pour l’évaluation desquels
on dispose de tous les documents comptables requis. Et ce faisant,
ils protègent chacun des menaces toxiques. La loi Taubira est
une bonne loi, une loi qui nous humanise tous, qui fait reculer l’impunité
: non, l’être humain ne peut être abaissé
au rang de matière première négociable, mi chose
mi bête. C’est un principe universel, à réinstaurer
par la force à chaque génération, et dans chaque
contexte. Seuls les négriers vont s’acharner pour que
le souffle révolutionnaire de cette vérité soit
brisé.
La prochaine manche a déjà commencé, voilà
ce que préparent les sionistes, ceux qui enferment leurs «
nègres » de Canaan dans des bantoustans en Palestine,
et qui tentent d’en faire autant en France en criminalisant
les banlieues ; voilà le nouveau degré d’arbitraire
qu’ils gardent sous le coude, et qui est déjà
utilisé, aux Etats-Unis par exemple : dans le cadre de la prévention
du terrorisme, on invoque « la conspiration (accord illégal
établi entre deux personnes ou plus pour commettre un délit).
Point n’est besoin que le délit soit commis : tout ce
que doit faire l’accusation est de démontrer, sur la
base d’une preuve circonstancielle, qu’un accord ‘doit
avoir existé’. On trouve rarement des preuves réelles
et directes d’un tel accord, sauf dans le cas où l’un
des deux participants les fournit ou passe aux aveux ». C’est
l’avocat de cinq Cubains emprisonnés aux Etats-Unis (pour
avoir défendu leur pays du terrorisme qui se fabrique à
Miami, capitale sioniste) qui l’explique : Leonard Weinglass,
dans Le Monde diplomatique, décembre 2005. Oui, nous conspirons
pour la destruction de l’axe usraélien, et contre la
trouillocratie qui le soutient.
Nos Raminagrobis, toujours prêts à copier l’Amérique,
sont donc en train de fignoler leurs listes de conspirateurs, afin
de les enfermer pour complicité de terrorisme, et ils accusent
de semer la terreur, pour commencer, les Noirs qui se battent pour
dénoncer la malhonnêteté universitaire à
leur endroit. Car ils ont bien l’intention de tester leurs méthodes
sur ceux qui ont fait capoter le plan d’origine, qui ont cassé
la loi Gayssot par la loi Taubira. Les chercheurs africains ont un
site, www.africamat.com , ils travaillent en équipe : c’est
bon, leurs archives ont déjà été cambriolées,
on trouvera bien quelque part de quoi établir l’idée
qu’ils sont une poignée d’extrêmistes qui
conspiraient. Et les lynchages pourront commencer, calculent les Inquisiteurs,
qui spéculent sur l’indifférence des Blancs, Arabes
et Européens, voire leur soulagement s’ils voient la
répression s’abattre plus que sur eux-mêmes sur
leurs voisins Africains . Mais le rapport des forces n’est plus
celui de Willie Lynch, qui pensait pouvoir diviser à l’infini,
et de la sorte garder le système esclavagiste concentrationnaire
en état de marche pour trois cents ans. Le système,
dont l’homme noir comme l’indigène était
le combustible, n’a pas duré trois siècles. Le
système usraélien, dernière _expression du suprématisme
blanc et de quelques traîtres noirs, ne durera pas cent ans.
Car le suprématisme blanc, brisé par les victoires militaires
des non-blancs, est brisé aussi sur le plan spirituel. Platon
considérait les femmes comme mi animaux mi choses : en retranchant
la moitié du genre humain de sa pensée, il la castrait
d’autant ; Aristote rétrécit encore plus l’humanité,
en déclarant que l’esclave n’en faisait pas partie,
et que l’esclavage était naturel, comme la domestication
des animaux ; ces exclusions rejoignirent celles du monde sémitique,
qui, en postulant le caractère abstrait de la divinité,
nia sa présence et sa force dans la nature concrète
; Descartes alla plus loin, déniant l’âme aux animaux
et oubliant de traiter sérieusement du rapport de l’homme
avec la nature ; puis Kant et Hegel précisèrent : il
n’y a de pensée complète que chez les Blancs,
et les Noirs n’ont même pas de beauté propre, ils
relèvent de l’horreur pure. Lorsque le Tiers Monde fit
savoir, à la lumière de Gandhi, qu’il était
le monde Entier, les Blancs les plus tourmentés se tournèrent
vers l’Extrême Orient, et ceux que la folie blanche attristait
retrouvèrent dans le Védanta la place du Tout , la parenté
entre tous les humains, avec les animaux dont nous faisons partie,
entre la vie et la mort qui sont le pouls de la nature, entre le chatoiement
du corporel et le néant de l’abstraction. Mais il manque,
dans ce que les Blancs dépressifs ont trouvé en Extrême
Orient, le sens de l’action, la volonté d’histoire,
la justification de la violence créatrice. Tout cela, c’est
la dissidence de gauche qui l’a porté, au long du XIXème
et du XXème siècle, en se laissant guider par une étoile
: transformer le monde dans le sens de la justice, le rêve de
Don Quichotte et des révolutionnaires. On peut lire la quintessence
de cette énergie dans les textes et la biographie d’une
Française, Simone Weil. Avec bien d’autres, elle a, au
contact des anonymes, brisé les barrières qui lui avaient
été transmises comme héritage, et son esprit
n’a pas fini de nous libérer. Elle interprétait
la légende de la malédiction de Cham à l’envers
: le malheur africain lui semblait le signe d’une bénédiction
particulière ; en ce sens, tous les innocents persécutés
sont noirs, le Jésus crucifié était certainement
plus noir que blanc.
L’esclavagisme a augmenté, il s’est approfondi
et étendu, les uns se voyant dénier toute autonomie
et toute dignité, jusqu’à l’assassinat en
masse par le terrorisme d’Etat, et tous se voyant d’autant
plus robotisés qu’ils sont un rouage de pointe dans la
technocratie et cannibalisés par la consommation. C’est
maintenant la conscience noire qui peut porter la réconciliation
des couleurs : le rouge de l’incandescence créatrice,
le blanc de la fidélité à la tradition et à
l’esprit, qui ne font qu’un. Ce qu’on appelle l’animisme
africain rétablit les concordances, en finit avec les amputations
intellectuelles. Il nous sauve de bon nombre de mensonges typiquement
occidentaux, qui permettent les crimes occidentaux. Voilà pourquoi
nous allons accompagner le combat noir contre le rétablissement
de l’esclavage, qui est leur combat, et qui est celui de nous
tous, piégés par ce que nous avons été
empêtrés dans le mensonge qui mène actuellement
à la destruction du Proche-Orient, et qui nous réduit
à la servitude ignoble.
Ainsi donc, les deux fleuves se sont déjà rejoints.
Les proscrits, les bannis, les diffamés, les maudits ont en
commun le même ennemi : celui qui a décidé de
les écraser, quelle que soit la quantité de mensonge
à répandre dans l’opinion pour ce faire: un monstre
complexe, une hydre aux longs bras, mais dont la face répugnante
est contrainte de se manifester : le sionisme réel, l’empire
usraélien. Dès lors que le mensonge est démasqué
comme la misérable et principale arme de distraction massive,
l’union peut se faire. Certains lecteurs du Monde ou de Libé,
peut-être, seront dupes des demi-mesures, des miroirs aux alouettes,
des simagrées cultureuses, de nouvelles manœuvres frauduleuses.
Mais les Noirs et les Blancs, le peuple et ses penseurs, ensemble,
reprendront la Bastille.
Notes :
[1] Le 13 juillet 1990, fut votée par l’Assemblée
nationale, à l’unanimité l’article 14bis
complétant la loi de 1881 sur la liberté de la presse,
proposé par le parlementaire communiste Jean-Claude Gayssot
constituant en délit la contestation de « l’existence
des crimes contre l’humanité tels qu’ils sont définis
par les Accords de Londres du 8 août 1945 » ; ce sont
les décisions prises par le Tribunal de Nuremberg qui cernent
le concept, créé pour rendre compte des persécutions
nazies contre les Juifs. Le 29 janvier 2001, avec la même unanimité,
une loi stipule que « La France reconnaît publiquement
le génocide arménien de 1915 [commis par les Turcs]
» ; le 21 mai 2001, toujours à l’unanimité,
est votée la loi proposée par Christiane Taubira, députée
de Guyane, « tendant à la reconnaissance de la traite
et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité
», et recommandant une attention renforcée dans les manuels
et les programmes scolaires. Enfin, le 24 février 2005, le
député UMP Christian Vaneste ajoute un amendement à
la loi sur les harkis et rapatriés d’Afrique du Nord,
avec un article 4 qui prévoit que « les programmes scolaires
reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence
française outre-mer ». La loi Gayssot et la loi sur le
génocide arménien ont servi à prononcer de lourdes
condamnations, en particulier celle de Roger Garaudy et de l’ouvrage
de référence paraissant annuellement, le célèbre
Quid ; ces lois ont en outre dissuadé la recherche sur les
sujets concernés.
[2] La liste des 19 signataires est hétéroclite ; cette
pétition a été suivie le par une autre, le 23
décembre, signée de 26 autres personnalités ;
certaines avaient été favorables, au départ,
à la première des lois limitant la liberté d’_expression,
la loi Gayssot. Il semble bien que ce soit la menace de sanction d’un
universitaire, en vertu de la loi Taubira, qui soit en train de provoquer
une effervescence générale. En effet, le premier procès
d’Olivier Pétré-Grenouilleau, banal spécialiste
de la banalisation du crime contre l’humanité noire,
commencera le 19 janvier prochain. Les universitaires blancs sont
bouleversés de découvrir que l’un des leurs pourrait
être condamné par une loi qui consolide l’égalité
en droit des Noirs. Ne voyant pas le moyen d’éviter ce
qu’ils ressentent comme une humiliation collective, ils sont
amenés à ébranler tout un édifice législatif,
qui s’écroulera sur eux. Le président Chirac a
attisé l’incendie en déclarant son refus d’une
histoire officielle: « ce n’est pas à loi d’écrire
l’histoire. L’écriture de l’histoire, c’est
l’affaire des historiens ».
[3] La Résolution de l'Assemblée Générale
de l’ONU, votée le 1er novembre 2005, sur proposition
israélienne, prévoit aussi l'enseignement de l'holocauste
aux peuples du monde entier, et l'instauration du 27 janvier jour
de commémoration de ses victimes. Les délégations
de pays arabes et musulmans: Egypte, Indonésie, Malaisie, -
et le Venezuela- ont exprimé des réserves sur cette
mesure, regrettant que le texte n'évoque pas également
d'autres grandes tragédies humaines de l'Histoire (session
du 27 novembre2005).
Lettre ouverte aux historiens « ouverts
d’esprit » :
Le chiffre des « 6 millions » est-il figé dans
l’histoire ? Pourquoi cette querelle nauséabonde autour
de chiffres macabres ?
par Alain Coutte, http://www.lenouveaumonde.info,
3 janvier 2005
J’ai récemment eu l’occasion de démontrer
- avec provocation, j’en conviens toutefois, mais aussi avec
dérision et humour -, le ridicule auquel vous avez abouti.
Chacun(e) d’entre vous essaie de démontrer qu’il
détient « La vérité », alors qu’il
n’en existe pas de manière globale ou spécifiquement
plusieurs, selon l’angle de vision avec lequel on analyse les
chiffres, si toutefois on est capable de compter les cadavres sur
une étendue de 7,5 millions de km2, ce qui est humainement
et encore aujourd’hui techniquement impossible.
Pour m’être intéressé à des questions
similaires qu’il y a lieu de traiter simultanément, afin
d’acquérir une « sagesse historique », à
savoir dans l’ordre historique :
- L’esclavagisme atlantique ;
- Les faits de la seconde guerre mondiale ;
- Les attentats du 11 septembre 2001,
j’en suis arrivé à une seule conclusion : la prudence
doit dicter notre conduite et nous ne devons pas avancer des chiffres
qui peuvent parfois rester immuables dans l’esprit des peuples
et engendrer des mythes dont nous pourrions être tenus pour
responsables devant l’histoire.
En conséquence, je pense que vous partagerez mon analyse ci-dessous
et qu’il me semble que nul historien, ni quiconque n’est
habilité à pouvoir extraire « un seul chiffre
» et que le sérieux de la recherche doit nous amener,
compte tenu des probabilités d’erreur, à ne citer
que des « fourchettes » basse et haute, afin d’éviter
que nos noms soient un jour salis par l’histoire, car les progrès
technologiques sont aujourd’hui tels qu’il sera (peut-être
?) possible dans quelques années d’y voir encore plus
clair.
En effet, et là je vais volontairement m’écarter
un instant du sujet et rentrer peut-être dans le domaine de
la science-fiction [tout comme Jules Verne auquel personne ne croyait
en son temps…] et émettre l’idée que l’on
puisse un jour retrouver - quelque part dans l’espace -, des
rayons qui seront des « photographies » de notre planète
qui nous permettront alors de définir les populations que nous
avions à telle ou telle période sur terre. Et alors,
quelle ne sera la surprise de vos descendants auxquels on dira - en
rigolant de vous - que votre passage ici bas et vos travaux n’ont
servi à rien, sinon à induire en erreur les peuples,
tout comme on sait aujourd’hui que le mythique Simon Wiesenthal
- le « Ghostbuster de la Shoah » -, n’a en réalité
chassé que des fantômes toute sa vie ?!
Pour revenir au sujet qui me préoccupe, permettez-moi tout
d’abord de vous donner quelques explications :
1- Mes recherches sur l'esclavagisme qui s’est produit il y
a 400 ans m’ont permis de découvrir - en m’appuyant
sur des chiffres aujourd’hui pourtant bien connus et nullement
contestés, mais corrigés avec des coefficients entre
les différentes étapes (capture, marches forcées,
détention, embarquement, débarquement) -, qu’on
arrive aujourd'hui à des chiffres qui dépassent tout
ce que l’humanité a pu connaître dans l’horreur,
et ce, avec cependant un coefficient d'erreur de 1 à 5,5 (cf.
mon article sur le sujet ci-dessous ) ;
2- Lors des attentats du 11 septembre 2001, alors que nous sommes
dans un « siècle technologique », avec des moyens
que nous ne disposions pas après la seconde guerre mondiale,
on arrive, sur une surface pourtant très faible (à peine
quelques km2), à un coefficient de décès compris
entre 1 à 2 (nous sommes passés de 6 000 à 3
000 morts), en l’espace de 3 ans !
3- Je vous serai alors infiniment gré de bien vouloir répondre
à mes 20 questions ci-dessous (j’en ai encore une centaine
d’autres bien plus dévastatrices que je réserve
pour un prochain livre…) qui sont simples et ont le mérite
de la clarté [sans pour autant « nier l’ampleur
du génocide » - qui a fait entre 30 et 60 millions de
victimes et non pas seulement « 6 millions » que je considère
comme du « négationnisme », ni non plus «
nier les chambres à gaz » dont on a au moins les preuves
qu’elles ont servi dans le cadre du programme T4 qui consistait
à éradiquer les malades mentaux allemands du régime
nazi et quelques expériences menées ensuite -, ce qui,
comme vous le savez, est formellement interdit par la Loi «
bolchevique » et ses « versets sataniques »] :
3.1- Comment est-il possible que le Tribunal de Nuremberg parviennent
juste un an après, dans le chaos le plus complet et sur un
espace territorial gigantesque qui s’étendait :
- d’ouest en est, de Brest à Moscou, soit 3.300 kilomètres,
- du sud au nord, de Sofia (Bulgarie) à Helsinki (Finlande),
sur 2.300 kilomètres,
autrement dit, sur un territoire de 7,5 millions de km2,
- où toutes les exactions humaines sont imaginables,
- avec un manque de moyens techniques énormes,
- des informations aussi disparates les unes des autres,
à AFFIRMER un SEUL et UNIQUE chiffre de « 5,7 millions
» ?
3.2- Comment est-il possible que le même Tribunal n'a pas pris
la précaution, pour ne pas dire la sagesse la plus élémentaire,
de citer une « fourchette », avec un coefficient d’erreur,
ce qui me semblerait plus normal compte tenu des éléments
qui précèdent ?
3.3- Comment est-il possible que le tribunal de Nuremberg qui a avalisé
le crime de Katyn et a fait fusiller injustement des soldats allemands
soit aujourd’hui encore crédible, alors que Gorbatchev
a été le premier révisionniste en déclarant
que c’est Staline « soi-même » qui a ordonné
cet infâme meurtre ?
3.4- Si nous sommes d’accord sur au moins cette erreur aujourd’hui
incontestable et que le tribunal de Nuremberg s’est trompé
de la sorte, pourquoi n’y a-t-il pas eu une révision
du procès de Nuremberg, comme le permet pourtant bien le droit,
comme ce fut le cas dans l’affaire Dreyfus ?
3.5- Pourquoi ce qui était valable pour l’affaire Dreyfus
ne le serait-il pas également, en droit, pour le tribunal de
Nuremberg ?
3.6- Y aurait-il deux poids, deux mesures, en droit international,
selon que faites partie de « lobbies qui n’existent pas
» ou que vous êtes dans le camp des vaincus ?
3.7- Pourquoi aucun d’entre vous n’a-t-il/elle eu encore
le courage de demander officiellement la révision du procès
de Nuremberg ?
3.8- Pourquoi le chiffre des victimes d’Auschwitz est-il passé
brutalement de 4 à 1,5 millions - chiffre encore optimiste,
si j’en crois les derniers travaux des chercheurs sur ce sujet
-, alors que le chiffre des « 6 millions » reste figé
comme une momie égyptienne devant l’éternité
?
3.9- Pour celles et ceux d’entre vous qui connaissent la solidarité
exemplaire des Juifs à s‘entraider, pourquoi le célèbre
centre des « victimes » de la « Shoah » n’a-t-il
pu comptabiliser qu’environ 3 millions de « victimes »
dont environ 15% d’entre eux sont portés 2, 3 et même
4 fois dans les statistiques, alors qu’il s’agit des mêmes
personnes, mais avec des témoignages différents ?
3.10- Pourquoi des personnes célèbres telles que Madame
Simone Veil, pourtant bien en vie aujourd’hui - et à
laquelle je profite de l’occasion qui m’est donnée
de lui adresser tous mes vœux de très bonne santé
et surtout de longue vie -, fait-elle partie des victimes du centre
Yad Vashem ?
3.11- Combien y en a-t-il d’autres ?
3.12- Le même centre Yad Vashem a-t-il lui aussi pu se tromper,
tout comme le tribunal de Nuremberg en insérant des noms de
personnes décédées alors qu’elles sont
bien vivantes ?
3.13- Comment est-il possible que le centre Yad Vashem - qualifié
par tous les hommes politiques de l’ensemble des gouvernements
de la planète - comme étant « LA référence
» en matière documentaire sur la « Shoah »
a-t-il pu enregistrer comme « victimes » les noms de Mesdames
Klara Blaier et Hannah Katz, deux sœurs séparées
durant la seconde guerre mondiale, mais qui habitaient en Israël
à 100 km l’une de l’autre et qui se sont retrouvées
le 4 février 2005, après 61 ans de séparation
?
3.14- Combien y en a-t-il d’autres ?
3.15- Comment est-il possible qu’ayant adressé trois
E-mails :
- au centre Yad Vashem de Jérusalem ;
- au centre Simon Wiesenthal aux Etats-Unis ;
- à une autre fondation de la Shoah,
afin de connaître la définition du terme « victimes
», aucun des deux premiers n’a pu me la donner (mais ils
ont eu la courtoisie de me répondre et j’ai bien conservé
précieusement nos échanges), et seul le dernier m’a
répondu en m’écrivant que leur notion de «
victimes » correspondait à « tout Juif - décédé
ou vivant - qui se trouvait en Europe [Ndla : sans toutefois préciser
de quelle Europe il s’agit et jusqu’où elle s’étendait]
pendant au moins une période de la seconde guerre mondiale
» ?!
3.16- Pourquoi les historien(ne)s ont-ils/elles menti en ne dévoilant
pas la vérité que le chiffre des « 6 millions
» correspondait en réalité à la définition
que m’en a donné la fondation ci-dessus, à savoir
que « tout Juif résidant au moins 24 heures sur le territoire
européen [dont il faudrait désormais définir
les frontières pour savoir si l’Union soviétique
était incluse] durant la période du conflit »
était considérée comme « victime »,
donc entrant dans le chiffre des « 6 millions ».
3.17- Si l’on considère que le chiffre des « 6
millions de victimes » ci-dessus inclut également - d’après
la réponse que m’en a fait la même fondation -,
comme étant « tout Juif qui était temporairement
ou définitivement en Europe durant la durée globale
du conflit », pourquoi les historien(ne)s ont-ils/elles menti
en faisant du négationnisme, car il y aurait alors non pas
de 30 à 60 millions de « victimes » européennes,
mais un chiffre Ô combien supérieur ?!
3.18- Pourquoi toutes les familles européennes ne sont-elles
pas considérées comme des « victimes » avec
les mêmes droits et, surtout, les mêmes compensations
que les « victimes » de la Shoah ?
3.19- Y aurait-il deux notions de « victimes » en droit
international ?
3.20- Si l'on considère les marges d'erreur ci-dessous :
- de 1 à 5,5 concernant l’esclavagisme atlantique il
y a 4 siècles ;
- de 1 à 2 au 21° siècle, concernant les attentats
du 11 septembre 2001, sans nier - encore une fois pour les malentendants
et les mal lisant - l’ampleur du génocide, un coefficient
de 1 à 3 ne serait-il pas justifié et considéré
comme raisonnable, concernant la période de la seconde guerre
mondiale ?
N’ayant rien affirmé, ni nié quoi que ce soit,
mais vous ayant simplement posé 20 questions, je vous serai
encore une fois infiniment reconnaissant d’avoir l’amabilité
de bien vouloir me répondre publiquement.
Avec mes meilleurs sentiments soucieux de vérité et
de réconciliation internationale, je vous adresse tous mes
vœux afin que « Coutte que Coutte », la vérité
puisse enfin jaillir pour le bien de l’humanité.
Source : http://www.mercure5s5i.com/lenouveaumonde/article.php?art=716
Le Churchill que vous ne connaissiez pas
Dans la livraison du 28 novembre 2002 du quotidien britannique, The
Guardian, on relève un étonnant choix de citations de
Churchill. Ecoutez Winston Churchill:
"La multiplication contre nature et de plus en plus rapide des
faibles d'esprit et des malades psychiatriques, à laquelle
s'ajoute une diminution constante des êtres supérieurs,
économes et énergiques, constitue un danger pour la
nation et pour la race qu'on ne saurait surestimer... Il me semble
que la source qui alimente ce courant de folie devrait être
coupée et condamnée avant que ne s'écoule une
nouvelle année."
Churchill à Asquith, 1910.
"Je ne comprends pas la pruderie que l'on manifeste envers l'utilisation
du gaz. Je suis profondément favorable à l'utilisation
de gaz-poison à l'encontre de tribus barbares."
Dans un courrier écrit lorsqu'il était président
du Air Council, 1919.
"Je ne prétendrai pas que, si j'avais à choisir
entre le communisme et le nazisme, je choisirais le communisme."
Dans un discours à la Chambre des Communes, automne 1937.
"Je ne suis pas d'accord pour dire (...) qu'on a fait un grand
tort aux Indiens d'Amérique ou au noirs d'Australie (...) du
fait qu'une race plus forte, une race d'un niveau plus élevé
(...) s'y est introduite et s'y est installée."
Churchill s'adressant à la Commission royale de la Palestine,
1937.
"On peut ne pas aimer le système d'Hitler tout en admirant
les résultats qu'il a obtenus pour sa patrie. Si notre pays
devait être vaincu, j'espère que nous trouverions un
homme aussi admirable pour nous redonner courage et nous faire retrouver
notre place au milieu des nations."
Extrait de ses Great Contemporaries, 1937.
Sacré Winston !
Une pétition qui fait jaser
La pétition intitulée “Liberté pour ‘histoire”
lancée le 13 décembre par 19 historiens français
ne manque pas de susciter des réactions multiples. En effet,
ces historiens y demandent ni plus ni moins que l’abrogation
de quatre lois, en premier lieu de la “loi Gayssot”, promulguée
en 1990 et utilisée pour réprimer le “négationnisme”
et le “révisionnisme” en ce qui concerne l’Holocauste
des juifs. Or, au moins deux des signataires de la pétition,
Pierre Vidal-Naquet et Jean-Pierre Azéma, avaient en son temps
appuyé avec enthousiasme cette loi. Les 3 autres lois dont
nos 19 historiens demandent l’abrogation sont celle de janvier
2001 reconnaissant le génocide arménien, celle de mai
2001 “tendant à la reconnaissance, par la France, de
la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité”
(dite loi Taubira) et celle de février 2005 reconnaissant le
caractère positif de la colonisation outre-mer, “notamment
en Afrique du Nord”. Les signataires de la pétition se
déclarent donc en faveur de la liberté de recherche
des historiens et de l’impossibilité de poursuivre en
justice quiconque remettrait en cause les génocides des Juifs,
des Arméniens et des Nors ou la colonisation.
Cette pétition a suscité plusieurs commentaires et réactions,
que l’on trouvera ci-dessous. Celle de Meir Waintrater, directeur
de la rédaction de l'Arche, “le mensuel du judaïsme
français”, auquel répond Mondher Sfar, historien
tunisien. Et enfin, celle de quelques historiens juifs et arméniens
et de certains de leurs amis, qui ont lancé une “contre-pétition”.
Le journal gratuit “20 minutes”, qui a publié cette
“contre-péition”, annonce qu’elle a été
signée par 32 personnes, mais ne publie que quatre noms et
ajoute que quatre autres personnes l’ont signée. Qui
sont les 24 autres? Mystère... On lira enfin dans ce dossier
deux articles de l’historienne Madeleine Rebérioux, ancien
présidente de la Ligue des droits de l’homme, contre
la loi Gayssot. Ils datent de 1990 et 1996. Le débat est donc
lancé. À vos claviers ! Pour toute contribution, écrire
à redactionquibla@yahoo.fr
> « Liberté pour l'histoire
»
> Un appel d'historiens sème la confusion, par Rosa Moussaoui
> Loi Gayssot, un droit à l'histoire, par Mair WAINTRATER,
Libération
> Waintrater se trompe d’époque, par Mondher Sfar
> Du rôle positif ou négatif de la loi face à
l’histoire
> Une “contre-pétition des historiens
> Contre les lois sur l’histoire : René Rémond
«inquiet des lois communautaristes »
> Pour les lois sur l’histoire - Joël Kotek : «
Une réaction de panique des historiens »
> Contre la loi Gayssot , par Madeleine
Rebérioux, Le Monde, 21 mai 1996
> Le Génocide, le juge et l’historien, par Madeleine
Rebérioux, L’Histoire 1990
La pétition
Liberté pour l'histoire
Émus par les interventions politiques de plus en plus fréquentes
dans l'appréciation des événements du passé
et par les procédures judiciaires touchant des historiens et
des penseurs, nous tenons à rappeler les principes suivants
:
L'histoire n'est pas une religion. L'historien n'accepte aucun dogme,
ne respecte aucun interdit, ne connaît pas de tabous. Il peut
être dérangeant.
L'histoire n'est pas la morale. L'historien n'a pas pour rôle
d'exalter ou de condamner, il explique.
L'histoire n'est pas l'esclave de l'actualité. L'historien
ne plaque pas sur le passé des schémas idéologiques
contemporains et n'introduit pas dans les événements
d'autrefois la sensibilité d'aujourd'hui.
L'histoire n'est pas la mémoire. L'historien, dans une démarche
scientifique, recueille les souvenirs des hommes, les compare entre
eux, les confronte aux documents, aux objets, aux traces, et établit
les faits. L'histoire tient compte de la mémoire, elle ne s'y
réduit pas.
L'histoire n'est pas un objet juridique. Dans un Etat libre, il n'appartient
ni au Parlement ni à l'autorité judiciaire de définir
la vérité historique. La politique de l'Etat, même
animée des meilleures intentions, n'est pas la politique de
l'histoire.
C'est en violation de ces principes que des articles de lois successives
- notamment lois du 13 juillet 1990, du 29 janvier 2001, du 21 mai
2001, du 23 février 2005 - ont restreint la liberté
de l'historien, lui ont dit, sous peine de sanctions, ce qu'il doit
chercher et ce qu'il doit trouver, lui ont prescrit des méthodes
et posé des limites.
Nous demandons l'abrogation de ces dispositions législatives
indignes d'un régime démocratique.
Jean-Pierre Azéma, Elisabeth Badinter, Jean-Jacques Becker,
Françoise Chandernagor, Alain Decaux, Marc Ferro, Jacques Julliard,
Jean Leclant, Pierre Milza, Pierre Nora, Mona Ozouf, Jean-Claude Perrot,
Antoine Prost, René Rémond, Maurice Vaïsse, Jean-Pierre
Vernant, Paul Veyne, Pierre Vidal-Naquet et Michel Winock
Source : Libération, 13 décembre 2005
Un appel d'historiens sème la confusion
par Rosa Moussaoui, L’Humanité, 15 décembre 2005
Colonisation . Ils demandent l'abrogation de l'article 4, mais aussi
celle des lois Gayssot, contre le négationnisme et Taubira,
sur l'esclavage.
Dix-neuf historiens se sont associés à un appel intitulé
« Liberté pour l'histoire ». Ce texte demande non
seulement l'abrogation de l'article 4 du 25 juillet 2005, qui souligne
« le rôle positif » de la présence française
en Afrique du Nord, mais également celle d'autres articles
de loi qui concernent « événements du passé
» et sont, selon eux, « indignes d'un régime démocratique
». Parmi les lois incriminées : les lois Gayssot du 13
juillet 1990 (tendant à réprimer tout acte raciste,
antisémite ou xénophobe), du 29 janvier 2001 (relative
à la reconnaissance du génocide arménien de 1915),
et la loi Taubira du 21 mai 2001 (tendant à la reconnaissance
de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité).
Les signataires estiment que ces lois « ont restreint la liberté
de l'historien, lui ont dit, sous peine de sanctions, ce qu'il doit
chercher et ce qu'il doit trouver ». L'appel affirme que «
l'historien n'accepte aucun dogme, ne respecte aucun interdit, ne
connaît pas de tabous ». « L'histoire n'est pas
la mémoire, poursuivent les signataires. L'historien, dans
une démarche scientifique, recueille les souvenirs des hommes,
les compare entre eux, les confronte aux documents, aux objets, aux
traces, et établit les faits (...). L'histoire n'est pas un
objet juridique. Dans un État libre, il n'appartient ni au
Parlement ni à l'autorité judiciaire de définir
la vérité historique. »
Problème : le législateur doit-il s'interdire tout jugement
moral, éthique et politique sur des faits historiquement établis
? Pour Claude Mazauric, s'il « n'appartient pas à l'Assemblée
de statuer sur des faits historiques, la loi peut se prononcer sur
des délits relatifs à des calomnies ».
Ce que fait la loi Gayssot de 1990 « en sanctionnant le négationnisme,
qui est un fait politique contemporain bien réel, comme en
témoignent les récents propos du président iranien
ou ceux de Le Pen ».
Pour l'historien, la polémique ouverte par cette loi dépasse
la seule problématique du rapport entre loi et histoire. «
Les promoteurs de cet article de loi veulent réhabiliter la
domination coloniale, relève-t-il. C'est une opération
politique à usage interne visant à rassembler ceux qui
croient encore à la supériorité de la métropole
sur les colonies, et clairement dirigée contre les enfants
d'immigrés. ». Plus nuancé, Alain Ruscio, historien
de la colonisation, dit comprendre « l'irritation des historiens
face à la condescendance des politiques et leur volonté
de préserver leur liberté de chercheurs ». Mais,
précise-t-il, la loi Taubira, votée à l'unanimité
par la représentation nationale, « ne dicte pas la vérité
historique, elle émet un jugement global sur l'esclavage ».
De même, la loi Gayssot, en se référant à
la norme juridique internationale issue de Nuremberg qui définit
le crime contre l'humanité, « n'est pas directive ».
« C'était une réaction de salubrité publique
contre les manoeuvres du clan négationniste », rappelle
Alain Ruscio, « elle pose une limite, mais ne dicte en aucun
cas aux historiens ce qu'ils doivent dire de la Shoah ou de la Seconde
Guerre mondiale ».
Rappelons que ce rapprochement entre la loi du 23 février et
la loi Taubira fut à l'origine d'un âpre débat
le 29 novembre dernier dans l'hémicycle de l'Assemblée
nationale. « Par l'article 2 de la loi de 2001, le législateur
s'est borné à souligner la nécessité de
dispenser un enseignement sur la période de l'esclavage. Il
n'enjoint en aucune façon aux enseignants de présenter
les choses sous un jour ou sous un autre (...), avait alors répondu
la députée de Guyane, Christiane Taubira, aux députés
UMP se réclamant de la même démarche que la loi
qui porte son nom. À la différence de l'article 4 de
la loi de 2005, il ne tend en aucune façon à contraindre
la communauté éducative à diffuser une appréciation
subjective du fait colonial en la présentant comme une vérité
intangible et unanimement reconnue. »
Loi Gayssot, un droit à l'histoire
La pétition «Liberté pour
l'histoire» remet en cause un texte qui incrimine le déni
de mémoire.
par Mair WAINTRATER, Libération, 16 décembre 2005
L’auteur est directeur de la rédaction de l'Arche, le
mensuel du judaïsme français.
Un certain nombre de personnalités ayant un rapport professionnel
à l'Histoire ont signé une pétition demandant
«l'abrogation des articles de loi contraignant la recherche
et l'enseignement de cette discipline» (1). Parmi les textes
visés figure la loi du 13 juillet 1990, que l'on appelle communément
«loi Gayssot». Il me semble qu'avec les meilleures intentions
du monde les signataires de la pétition se sont fourvoyés.
Ce que j'en dirai ici se rapporte essentiellement au cas de la loi
Gayssot, puisque chacune des quatre lois mentionnées dans la
pétition pose un problème différent. Je tenterai
cependant, en conclusion, de proposer une approche plus large.
La loi Gayssot de 1990 sanctionne, dans le cadre d'un renforcement
général de la lutte contre le racisme et l'antisémitisme,
la contestation publique de crimes contre l'humanité «tels
qu'ils sont définis par l'article 6 du statut du tribunal militaire
international annexé à l'accord de Londres du 8 août
1945», c'est-à-dire concrètement le génocide
commis par les nazis. L'objet de la loi n'est pas de protéger
la sensibilité des Juifs face aux atteintes des négateurs
de la Shoah ; il existait pour cela des instruments juridiques, au
moins au civil, qui ont été utilisés également
contre les négateurs du génocide arménien. La
loi sanctionne le négationnisme en tant qu'il est non pas une
insulte aux victimes mais une incitation à la haine raciale.
Selon les propres termes du ministre de la Justice (Pierre Arpaillange)
qui présentait le texte de la loi aux sénateurs, «la
négation de l'Holocauste (...) n'est, aujourd'hui, qu'une _expression
du racisme et le principal vecteur de l'antisémitisme».
Ce qui est en cause n'est donc pas la mémoire, aussi respectable
soit-elle, mais les usages actuels du déni de la mémoire.
La pétition «Liberté pour l'histoire» reprend
un argument, souvent entendu, selon lequel la loi Gayssot serait critiquable
parce qu'il n'appartient pas au juge de dire la vérité
en matière d'histoire. Or cette loi - de même que les
lois contre le négationnisme adoptées dans plusieurs
pays voisins de la France - fait exactement le contraire. Elle évite
au juge de se prononcer en matière de vérité
historique, car elle définit exactement les thèses dont
la diffusion constitue un délit. Il suffit pour s'en convaincre
d'examiner le cas d'un de nos voisins qui n'a pas l'équivalent
de la loi Gayssot : il s'agit de la Grande-Bretagne.
A la fin des années 90, le tribunal de l'Old Bailey, à
Londres, a dû se prononcer sur un conflit entre le négationniste
anglais David Irving et l'historienne américaine Deborah Lipstadt.
Cette dernière avait mis en cause David Irving dans un livre
sur les négateurs de la Shoah. De ce fait, la réputation
de David Irving aux Etats-Unis avait été durablement
affectée, et il avait rencontré des difficultés
à placer ses ouvrages chez des éditeurs américains.
Estimant avoir subi un préjudice moral et matériel,
David Irving attaqua Deborah Lipstadt et son éditeur britannique,
Penguin Books, devant le tribunal de Londres.
Si la Grande-Bretagne avait eu dans son arsenal juridique l'équivalent
de la loi Gayssot, il aurait suffi au juge de constater que les écrits
de David Irving contenaient bien une négation de la Shoah.
Mais, en l'absence d'une telle loi, le tribunal n'a pas eu d'autre
recours que d