1865 : abolition de l'esclavage aux USA
par Marie-Odile Mergnac
En 1865, la fin de la guerre de Sécession aux États-Unis
marque l'abolition de l'esclavage pour l'ensemble du pays. C'était
il y a 140 ans..
L'esclavage, un système ancien
Pratiqué depuis la nuit des temps, l'esclavage s'exerçait
en général sur les vaincus, les membres d'un autre clan,
groupe ethnique ou pays, ou bien d'une autre religion. Dans l'Antiquité,
les hommes d'un peuple vaincus étaient massacrés, les
femmes et les enfants emmenés en esclavage. Plus près
de nous, en Afrique et au Moyen-Orient, les femmes esclaves avaient
plus de valeur parce qu'elles servaient de concubines et travaillaient
la terre. Les musulmans considéraient qu'ils avaient le droit
de réduire les chrétiens en esclavage. Mais, dans l'Ancien
Monde, l'esclave n'avait pas une couleur de peau nécessairement
différente de celle de son maître. Surtout, il n'était
pas réduit aux seules tâches agricoles ou domestiques.
Certains esclaves étaient soldats, épouses, précepteurs,
tuteurs, régisseurs, fonctionnaires, parfois de très
haut rang, avec un pouvoir tout à fait considérable..
Un Nouveau Monde où la liberté n'est pas une valeur
en soi
Sur le continent américain, l'esclavage a pris de nouvelles
formes. Son développement est intimement lié à
celui du travail agricole à grande échelle, des plantations
commerciales. Dans un premier temps, ce furent des européens
que l'on prit en travail forcé pour travailler la terre : le
besoin des colons propriétaires en bras étaient tels
qu'on institutionnalisa le " travail sous contrat " faisant
venir d'Europe des travailleurs miséreux qui devaient donner
quatre à sept ans de leur vie à la plantation en échange
du paiement de leur voyage jusqu'au Nouveau Monde. Un contrat d'autant
plus apprécié des planteurs et propriétaires
du Sud que l'État leur accordait 80 hectares de terre supplémentaires
par travailleur importé ! Cet ouvrier agricole sous contrat
était totalement soumis à son maître dans des
conditions identiques à l'esclavage : les châtiments
corporels n'étaient pas rares, le mariage interdit, ils pouvaient
être vendus pour la durée restant au contrat, les évasions
ou désobéissance punies par un allongement du contrat
et parfois le fer rouge, etc. Cet univers, où les plus riches
exploitent sans aucun état d'âme les plus pauvres, semblait
alors naturel, inhérent à la condition humaine.
Quand l'esclavage américain prend une forme nouvelle et terrible
C'est en 1619 que les vingt premiers esclaves africains débarquent
en Virginie. Au départ, leur sort était variable : ils
dormaient, mangeaient, travaillaient avec les Européens sous
contrat, se mariaient parfois avec eux, étaient libérés
pour un tiers d'entre eux. Or, à la fin du XVIIème siècle,
les besoins en bras pour travailler la terre dans le Sud triplent
alors que les travailleurs sous contrat en provenance d'Europe se
raréfient à partir des années 1 660. Les planteurs
se tournent alors vers l'Afrique, pour en faire venir, cette fois
pas du tout volontairement et massivement, des travailleurs qui serviraient
à vie et qui pourraient d'autant moins se sauver que leur propre
couleur les dénonçait. L'esclavage prit alors sur ce
continent, dans les régions agricoles, une forme totalement
nouvelle, tant pour le travail fourni que sur l'aspect racial de l'exploitation.
À partir des années 1680, un arsenal de lois sépara
totalement la population blanche de la noire, en augmentation constante.
Le premier code de l'esclavage, établi en Virginie, date de
1680. Celui de la Caroline du Sud de 1690. Tous furent renforcés
par la suite jusqu'au milieu du XVIIIème siècle où
l'esclavagisme fut définitivement érigé en système
dans le Sud. Il devint le fondement même de l'économie
locale dans toutes les régions d'agriculture commerciale intense.
10 à 11 millions d'Africains déportés
On évalue à 10 ou 11 millions le nombre d'Africains
déportés comme esclaves en Amérique. Une minorité
seulement (600 000 à 650 000) était à destination
de l'Amérique du Nord, les autres partant vers le Brésil
et les Caraïbes. Mais comme les conditions de vie et de travail
y étaient extrêmement dures, qu'on n'y utilisait souvent
que des hommes, ils y firent peu souche. C'est la minorité
envoyée en Amérique du Nord qui donna naissance à
la plus importante population d'esclaves des deux Amériques
(puisqu'un enfant d'esclaves était nécessairement esclave).
En 1810 par exemple, selon le spécialiste Peter Kochlin, on
trouvait aux Etats-Unis 1,1 million d'esclaves, soit le double de
tous les Africains " importés " dans cette région
en 200 ans.
Enfin l'abolition !
Lors de la guerre de Sécession, les États du Nord n'étaient
d'accord sur rien (ni sur les droits des ouvriers, des femmes ou sur
les taxes douanières).. sauf sur une chose : ils étaient
tous d'accord pour abolir l'esclavage. Celui-ci fut officiellement
aboli le 1er janvier 1863 par le président Lincoln, mais il
fallut attendre la fin de la guerre et la victoire du Nord pour que
fut voté, en janvier 1865, le treizième amendement à
la Constitution interdisant l'esclavage partout sur le sol des Etats-Unis
d'Amérique. Un changement fondamental, immédiat juridiquement,
mais que le racisme mit du temps à rendre effectif dans les
relations sociales.. Une longue marche commençait.
Le discours de William Lynch
Ce discours publié sur internet par The Freeman Institute
est attribué à William Lynch, un propriétaire
blanc d'esclaves, qui l'aurait prononcé sur les rives de la
rivière James en 1712. D'après les informations recueillies
sur le site un essai publié dans l'ouvrage "Brother Man-The
Odyssey of Black Man in America-An Anthology" décrit William
Lynch comme un Anglais propriétaire d'esclaves aux Antilles
venu aux Etats-Unis pour indiquer aux Américains comment garder
le contrôle sur leurs esclaves. Il semblerait que le terme "lynchage"
soit dérivé de du nom "Lynch". Le mot "Noir"
aurait été substitué à un terme bien plus
dégradant utilisé à l'origine dans le texte.
The Freeman Institute est une compagnie spécialisée,
entre autres, dans le domaine de l'Histoire des Noirs. Une de ses
missions est de favoriser le développement d'une société
plus harmonieuse à travers l'acceptation et la prise de conscience
des différences et notament de la diversité culturelle.
Elle est dirigée par le Docteur Joel A. Freeman, auteur et
conférencier américan de renommée internationale.
Nous ne publions pas ce discours dans le but de renforcer une opinion
préconçue, ni d'offenser la susceptibilité de
quiconque mais dans le but de mettre à disposition du grand
public des matériaux d'études supplémentaires
sur l'histoire des Noirs.
« Messieurs, je vous salue ici sur les rives du fleuve James
en cette année mille sept cent et douze de notre Seigneur.
D'abord, je vous remercie, messieurs de la colonie de la Virginie,
de me faire venir ici. Je suis là pour vous aider à
résoudre certains de vos problèmes avec les esclaves.
Votre invitation m'est parvenue sur ma modeste plantation des Antilles
où j'ai expérimenté certaines des plus nouvelles
et toujours les plus anciennes méthodes de contrôle des
esclaves.
La Rome Antique nous envierait si mon programme était mis en
application. Tandis que notre bateau naviguait vers le Sud sur le
fleuve James, baptisé en honneur de notre illustre roi dont
nous chérissons la version de la Bible, j'en ai suffisamment
vu pour conclure que votre problème n'est pas unique. Tandis
qu'à Rome on crucifiait des corps en quantité le long
des routes, vous employez ici l'arbre et la corde à l'occasion.
J'ai respiré la puanteur du corps d'un esclave mort accroché
à un arbre quelques kilomètres en arrière.
Par ces pendaisons non seulement vous perdez une précieuse
marchandise, mais vous causez également des soulèvements,
vos esclaves s'échappent, vos récoltes sont parfois
laissées dans les champs trop longtemps pour en tirer un maximum
de profit, vous vous exposez aux incendies occasionnels, vos animaux
sont tués. Messieurs, vous connaissez vos problèmes
: je n'ai pas besoin d'élaborer là-dessus. Je ne suis
pas ici pour énumérer vos problèmes, je suis
ici pour vous présenter une méthode pour les résoudre.
Dans mon sac, j'ai une méthode infaillible pour commander vos
esclaves noirs. Je garantis à chacun d'entre vous qui soit
installé correctement qu'elle lui permettra de contrôler
les esclaves pendant au moins 300 années.
Ma méthode est simple. N'importe quel membre de votre famille
ou vos contremaîtres peuvent l'utiliser. J'ai noté un
certain nombre de différences parmi les esclaves : et je prends
ces différences et je les amplifie. J'emploie la crainte, la
méfiance, et l'envie pour contrôler. Ces méthodes
ont fonctionné dans ma modeste plantation aux Antilles et elles
fonctionneront dans tout le Sud. Prenez cette simple petite liste
de différences, et pensez à elles. En première
position sur ma liste l'"âge", mais il est là
seulement parce qu'il commence par "A" ; la seconde est
"la couleur" ou les nuances de teinte, il y aussi l'intelligence,
la taille, le sexe, la dimension des plantations, le statut sur la
plantation, l'attitude des propriétaires, si l'esclave vit
dans la vallée, sur la colline, à l'Est, à l'Ouest,
au Nord, au Sud, s'il a les cheveux fins, les cheveux crépus,
s'il est grand ou petit.
Maintenant que vous avez une liste de différences, je vous
donnerai un plan d'action - mais avant cela je vous assure que la
méfiance est plus forte que la confiance et l'envie est plus
forte que l'adulation, le respect ou l'admiration. L'esclave noir
après réception de cet endoctrinement sera maintenu
et s'auto- réapprovisionnera et s'auto- régénérera
pour des centaines, peut-être des milliers d'années.
N'oubliez pas que vous devez monter le vieux mâle noir contre
le jeune mâle noir, et le jeune mâle noir contre le vieux
mâle noir. Vous devez employer les esclaves foncés de
peau contre les esclaves clairs de peau et les esclaves clairs de
peau contre les esclaves foncés de peau. Vous devez employer
la femelle contre le mâle, et le mâle contre la femelle.
Vous devez également faire en sorte que vos domestiques blancs
et les contremaîtres se méfient de tous les noirs, mais
il est nécessaire que vos esclaves nous fassent confiance et
dépendent de nous. Ils doivent nous aimer, nous respecter et
ne faire confiance qu'à nous.
Messieurs, ces kits sont vos clefs pour le contrôle. Employez-les.
Faites-les employer par vos épouses et vos enfants, ne manquez
jamais une occasion. S'ils sont utilisés intensément
pendant une année, les esclaves, eux-mêmes, resteront
perpétuellement méfiants. Merci, messieurs.»
Orginal : http://www.freemaninstitute.com/. Traduction : Kareen Fleming.
Source : http://www.maximini.com/black-connection/