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Histoire |
Le cinquième congrès de l'Association des Etudiants Musulmans Nord-Africains (AEMNA), Tlemcen, 6 10 septembre 1935
* La Médersa Tachfiniya s'appelait aussi Médersa du Grand Palais et fut inaugurée en 720 H. (1320 G.) par un cours célèbre de l'Imam savant de l'époque Aby-Moussa Imran Al-Mecheddaly, mort en 745 H. (1344 G.). Cette médersa était un joyau en son genre et fut appelée aussi la «Nouvelle Médersa». * La Médersa de Sidi Belahcène Et-Tenessy fut ouverte en 896 H. (1296 G.) pour les cours d'Abyl-Hacène Et-Tenessy, frère du très célèbre Abou Ishaq Ibrahim Et-Tenessy, le plus consulté durant le 7e siècle hégirien, soit le 13e siècle chrétien. Elle fut transformée en 1846 en grange pour fourrage de l'armée coloniale, puis en musée de sauvegarde de pièces rares de Tlemcen, non transférées ailleurs. * La Médersa des Frères Oulad Al-Imam, première institution d'enseignement supérieur privé au Maghreb Central, dont il ne reste que la mosquée jointe, qui fut ouverte en 707 H. (1310 G.) par les frères Abderrahmane Aby Zeid, Cheikh de l'Ecole Malékite de Tlemcen; et Issa Aby Moussa, le maître d'Al-Abouly. Elle s'appelait la «Médersa ancienne», par rapport à la Tachfiniya, la Médersa Nouvelle. * La Médersa Al-Yaqoubiya d'Abou-Hammou Moussa II, près de la mosquée de Sidi Ibrahim Al-Masmoudy, et la mosquée-école de Sidi Bou-Abdallah. Elle fut inaugurée un 14 novembre 1363 G. pour les cours restés célèbres d'Aby-Abdallah Ech-Chérif et-Tilimsany. * Quand à la Médersa d'Al-Eubbad, où enseigna Abderrahman Ibn-Khaldoun, elle fut inaugurée en 748 H. (1347 G.). Et voilà qu'en ce 6 septembre 1935, des étudiants
maghrébins reprenaient leur place dans une de leurs universités
d'antan. Ils sont venus de la Zeiytouna de Tunis, de la Quaraouiyine
de Fès, d'Alger, de Constantine, de Béjaïa, de
Biskra, même s'ils se sont retrouvés dans des universités
de France ou d'Alger, Rabat ou Tunis. La délégation
tunisienne, présidée par M. Habib Thameur, comprenait
MM. Allal Belahouène, Al-Moundji Slim, les Professeurs En-Nifer
et Othman Al-Ka'ak. Parmi les nombreux participants du territoire algérien, il y avait MM. Abderrahmane Yacine, Mohammed Al-Aïd Al-Khalifa, Moufdi Zakaria et bien d'autres. Les organisateurs du Congrès à Tlemcen se comptaient parmi les animateurs des Cercles musulmans culturels tels Nadi Es-Saada, En-Nadi Al-Islami, Nadi Ech-Chabiba, Nadi Er-Raja, l'Association des Oulémas et quelques notabilités de la ville. Les militants du Mouvement National assuraient la logistique d'hébergement, de restauration et de prise en charge des invités. Après l'ouverture du Congrès par Cheikh Al-Bachir Al-Ibrahimi, la parole fut donnée au Maire de Tlemcen. M. Valleur s'évertua avec éloquence dans sa langue à attirer l'attention des congressistes sur la non- faisabilité d'un Maghreb uni et d'inviter les participants à visiter les ruines de Mansourah pour méditer sur l'unité du Maghreb et sur le rôle de la présence de la France dans les pays d'Afrique du Nord ! M. Allal Belahouène, qui assurait la traduction du français vers l'arabe, prit la parole dans la langue de M. le maire pour décrier les effets de la colonisation française et rappeler ce que fut la civilisation du Maghreb aux XIVe et XVe siècles en sciences, en commerce et en tolérance, alors qu'en France se dressait une potence devant chaque église ! Puis le jeune Boumediène Ech-Chaffai Moulessehoul, étudiant Azhari de Tlemcen, se leva et, en langue arabe, enflamma l'assistance à un point tel que les autorités de la ville décidèrent d'interdire l'utilisation de la salle des fêtes de Tlemcen pour la poursuite de la tenue du 5e Congrès des Etudiants Nord-Africains Musulmans. C'est alors que les militants de Nadi Es-Saada et du Nadi Al-Islami offrirent leurs services pour la poursuite du Congrès dans leurs locaux. - Unité et solidarité maghrébines. - Généralisation et développement de l'enseignement en langue arabe dans les pays maghrébins. - Lutte contre l'ignorance, l'intolérance et les fléaux sociaux. Les recommandations du 5e Congrès des Etudiants Nord- Africains Musulmans Parmi les recommandations du 5e Congrès des Etudiants Nord-Africains Musulmans tenu à Tlemcen du 6 au 10 septembre 1935: 1.La langue arabe est la langue officielle des pays du Maghreb. 2. L'enseignement de la langue arabe est obligatoire dans les écoles primaires et secondaires. 3. Préparer les enseignants de la langue arabe en élevant leur niveau de formation. 4. Enseignement de la littérature arabe en parallèle à la littérature française dans le secondaire. 5. Préparer les programmes d'éducation nationale. 6. Libération de la femme et assurer sa formation. 7. Enseignement de l'Histoire du Maghreb et retour aux traditions et coutumes musulmanes. 8. Amélioration du statut des enseignants. Les recommandations étant rédigées, un des animateurs
pédagogiques du Congrès, Cheikh Al-Hadi Es-Senoussy,
s'est posé à haute voix la question de l'exécution
de ces recommandations, en rappelant que l'Association des Oulémas
avait discuté ces points et proposé ces solutions mais
tous ses travaux sont restés «encre sur papier !!». Tous les jeunes militants du Mouvement National de Tlemcen s'approchèrent
de celui qui avait déjà acquis l'assurance de la Jeunesse
destourienne et s'était engagé dans le Mouvement National
Algérien dans le Parti de l'Etoile Nord- Africaine en adhérant
pleinement à l'approche de son fondateur, Messali Hadj. Il
ne tarissait pas de leur réciter les poèmes les plus
célèbres sur l'Histoire de Tlemcen: Ibn-Khamis, Al-Quiçiy,
Et-Talalissy, Ibn-Khaldoun, Ibn-Merzouk... Il ne savait pas non plus que quarante années après, en juillet 1975, à l'occasion du IXe Séminaire sur la Pensée Islamique, il quittera à jamais son pays à partir de ces lieux, en composant un des plus beaux poèmes jamais scandé sur Tlemcen: «Amdjadouna tatakellem !», avec le refrain: «Maghna Tilimsan Al-Aman Al-Aman fa ayna minni fiki sihroul bayan; Mahma samâ ach-chi'rou wa mahma rtaqâ fa anti fawqa ch-chi'ri yâ Tilimsan». Ce poème est daté du 1 0 juillet 1975. Il l'avait déjà ébauché dans la première version de son «Iliade», mais là, il en fit le début d'une autre Iliade dont Tlemcen était l'épicentre. Ce poème a été mis cette année par la section de Tlemcen de la Fondation Moufdi Zakaria (1) comme thème de plusieurs concours dans les arts plastiques, l'interprétation musicale, la mise en chorale ou en orchestration. Si un jour la ville de Tlemcen devait organiser des poésiades
célébrant l'objet premier de son universalité,
le «poème d'or» reviendrait certainement à
Moufdi Zakaria pour son poème «Amdjadouna tatakellem»
que la Fondation Moufdi Zakaria a édité en pages 288-294
d'une anthologie de ses poèmes sous le même titre (2). L'Association des Etudiants Nord- Africains Musulmans fut créée à Paris en fin 1927, soit une année après la création de L'Etoile Nord-Africaine. Elle n'acceptait pas dans ses rangs les étudiants maghrébins nouvellement naturalisés français qui s'étaient désistés de leur statut personnel musulman. Elle comptait parmi ses membres les étudiants maghrébins inscrits dans les universités françaises puis les étudiants des universités d'Az-Zeytouna et d'As-Sadiqiyya de Tunis, d'Al-Qaraouiyine de Fès, de l'Université d'Alger et des médersas franco-musulmanes d'Alger, de Constantine et de Tlemcen. Le premier Congrès de l'Association des Etudiants Nord- Africains Musulmans fut tenu à Tunis en 1931. Le second Congrès fut tenu en l'été 1932 à Alger. Le troisième Congrès fut tenu à Paris en décembre 1933 en lieu et place du Maroc, où sa tenue fut interdite. La présence de Messali Hadj et de Allal Al-Fassi à ce congrès renforçait le poids de cette jeune association dans l'évo lution du problème de l'unité maghrébine en rapport avec l'Etoile Nord-Africaine. Le quatrième Congrès s'est tenu à Tunis en 1934, où Moufdi Zakaria présenta son programme de l'Unité Nord- Africaine en 10 points. Ce programme reste d'actualité pour les générations à venir. Voilà que nous sommes en ce mois de septembre 1935 à Tlemcen pour le cinquième Congrès de l'Association des Etudiants Nord-Africains Musulmans. Le sixième Congrès, prévu au Maroc en 1936, fut interdit aussi. L'histoire du mouvement étudiant maghrébin contemporain venait de vivre une première séquence. Elle nous a laissé d'abord ces poèmes cités ci-dessus qui peuvent enrichir le patrimoine culturel des enseignants de nos écoles, des animateurs de la jeunesse et des sports et des maisons de la culture à travers le territoir e national. Elle nous a laissé aussi le rêve intact de la construction d'un Maghreb Uni (MU), né avant la vision d'une Europe Unie (EU), qui elle s'est déjà construite. Plusieurs séquences de transition vers la paix et la réconciliation restent à réaliser chez chacun des membres de ce MU pour retrouver le cours normal de la vision étoilée de la première inspiration fondatrice de ce projet. Notes : |
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