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Histoire |
L'Algérie exhorte la France à reconnaître les massacres de 1945
Abdelaziz Bouteflika a appelé ce week-end la France à reconnaître sa responsabilité dans les massacres de dizaines de milliers d'Algériens descendus dans les rues, le 8 mai 1945, pour réclamer leur indépendance au moment où l'Europe célébrait la victoire sur l'Allemagne nazie. "Le peuple algérien attend de la France un geste qui libérerait la conscience française", a déclaré le président algérien dans un discours prononcé samedi soir à Sétif et publié dimanche. "Le paradoxe des massacres du 8 mai 1945 est qu'au moment où les armées de combattants héroïques algériens revenaient des fronts d'Europe, d'Afrique et d'autres où elles défendaient l'honneur de la France et ses intérêts (...), l'administration française tirait sur des manifestants pacifiques", a-t-il ajouté. Les troupes coloniales françaises lancèrent le 8 mai 1945 une vaste offensive aérienne et terrestre contre plusieurs villes de l'est de l'Algérie, en particulier Sétif et Guelma, après des manifestations antifrançaises qui avaient causé la mort d'une centaine d'Européens. La répression dura plusieurs jours, faisant, selon les autorités algériennes, 45.000 morts. Des historiens européens estiment pour leur part qu'il y eut entre 15.000 et 20.000 tués. Cet épisode reste l'un des chapitres les plus sombres des relations entre la France et l'Algérie, qui obtint finalement son indépendance en 1962 au prix d'une guerre sanglante. De nombreuses cérémonies de commémoration ont eu lieu ce week-end à travers l'Algérie. A Sétif, plus de 20.000 personnes dont plusieurs ministres ont pris part à une marche en empruntant le même itinéraire que les manifestants de 1945. Employant les termes les plus explicites jamais prononcés par un représentant français, l'ambassadeur de France en Algérie avait reconnu en février que les massacres de Sétif étaient "une tragédie inexcusable". Mais l'Algérie souhaite aujourd'hui que Paris aille plus loin en reconnaissant officiellement sa responsabilité. "Le peuple en entier attend encore de la France, qui a mis des décennies à reconnaître la guerre d'Algérie (...), que les déclarations de l'ambassadeur de France soient suivies d'un geste plus probant", a poursuivi le président Bouteflika. "Le peuple algérien n'a eu de cesse d'attendre de la France une reconnaissance de tous les actes commis durant la période de colonisation, y compris la guerre de Libération, pour voir s'ouvrir de larges et nouvelles perspectives d'amitié et de coopération entre les deux peuples." A Paris, Bertrand Delanoë, a rappelé dimanche que le 8 mai marquait "l'anniversaire d'une autre barbarie, celle de Sétif", et souhaité lui aussi que l'Etat français reconnaisse sa responsabilité. "Les sociétés du XXe siècle (...) doivent avoir le courage de la vérité (...) On s'honore en disant la vérité, parfois en demandant pardon", a dit le maire de la capitale française au micro de Radio J. De son côté, le ministre français des Affaires étrangères, Michel Barnier, espère dans un entretien publié dimanche par le quotidien El Watan que les deux pays parviendront "à examiner ensemble le passé afin d'en surmonter les pages les plus douloureuses pour (les) deux peuples". "Cela suppose d'encourager la recherche des historiens, de part et d'autre, qui doivent pouvoir travailler ensemble, sereinement, sur ce passé mutuel, a-t-il ajouté. Ce travail de mémoire est un objectif qui doit se retrouver dans le traité d'amitié en préparation." Alger et Paris doivent signer un important traité d'amitié cette année, semblable au traité de réconciliation signé en 1963 par la France et l'Allemagne. "Est-ce que ça peut suffire du point de vue de l'opinion publique algérienne, je ne pense pas parce qu'il y aura toujours des revendications", estime Benjamin Stora, spécialiste de l'histoire de l'Algérie. "Mais il faut constater tout de même que c'est un pas en avant (...) dans la diplomatie française", a-t-il ajouté sur les ondes de la radio nationale algérienne. De nombreux hommes politiques et historiens algériens, qui considèrent les massacres comme un génocide, exigent des excuses mais aussi des réparations. "Soixante ans après, la France ne reconnaît pas ses crimes contre l'humanité et parle même des vertus du colonialisme pour refuser tout acte de repentance et demander pardon aux victimes", affirme en une le quotidien algérien La Tribune. ALGER (Reuters) Les services secrets israéliens étaient à ConstantineLe Quotidien d'Oran, 26 mars 2005 Le Mossad a été réellement impliqué durant la guerre d’indépendance, contre le FLN. C’est ce que révèle le quotidien israélien «Maariv», à l’occasion du rassemblement mondial des juifs originaires de Constantine qui se tiendra à Jérusalem, cette semaine. A 78 ans, l’agent Avraham Barzilai a décidé de parler de son passé d’agent du Mossad, en Algérie. Précisément à Constantine ou, à 29 ans, il avait été envoyé par les services secrets israéliens, en compagnie de sa femme, afin de monter des cellules opérationnelles pour faire la guerre à l’ALN, sous la couverture d’un modeste enseignant d’hébreu. L’histoire est rapportée par le quotidien «Maariv», reprise par le site «Proche-Orient Infos» et a été publiée à l’occasion du plus grand rassemblement, jamais organisé en Israël, des juifs sépharades de Constantine, emmené par le chanteur Enrico Macias. Ce que racontent l’agent Barzilai et son responsable direct, Shlomo Havilio, en poste en 1956 à Paris, sont les détails d’une opération des services du Mossad qui ont entraîné et armé des cellules composées de jeunes juifs de Constantine pour faire la guerre à l’ALN. Les deux agents, qui avaient déjà servi dans l’unité 131 des services de renseignements de l’armée israélienne en Egypte, avaient déjà monté des cellules similaires pour déstabiliser le gouvernement de Nasser en armant des juifs égyptiens, lors d’une opération ratée, connue sous le nom de code de «la sale affaire». Ces agents, plus connus dans le jargon du Mossad comme étant des «Metsada» (chargé des opérations spéciales), faisaient partie, comme les agents israéliens actuels de «la division de la Recherche», responsable de l’interprétation des renseignements. Selon le découpage du Mossad en 15 zones géographiques, le Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie), occupe une place prédominante surtout depuis qu’Israël s’est mis dans l’idée de relancer la normalisation avec Rabat et Tunis. Ainsi, le journal «Maariv» rapporte le récit de cet agent en revenant sur un épisode qui s’est déroulé le 12 mai 1956: «Barzilaï a le pressentiment que le FLN va commettre un attentat. Il donne donc l’ordre aux membres de sa cellule de s’armer de pistolets et de patrouiller, rue de France, l’artère principale du quartier juif de Constantine. À midi, une très forte explosion secoue la rue: un Arabe a jeté une grenade à l’intérieur d’un café. Les jeunes de la cellule de Barzilaï arrivent sur place très rapidement. Des femmes juives crient. L’une d’elle désigne du doigt la ruelle vers laquelle le terroriste s’est enfui». «Les jeunes juifs de ma cellule l’ont rattrapé et l’ont abattu». Les aveux de cet agent du Mossad se poursuivent, intacts et cyniques: «Nous craignions que les Arabes ne viennent se venger contre le quartier juif. Nous avons alors déployé quatre autres cellules sur des points stratégiques, à l’entrée du quartier juif. Certains juifs portaient des armes, avec l’autorisation des autorités françaises. Très rapidement les coups de feu ont commencé à fuser de toutes parts. Et les juifs armés, furieux après l’attentat, ont commencé à se diriger vers le quartier musulman. J’ai donné l’ordre à nos hommes de prendre le contrôle de la situation et d’éviter tout débordement aux conséquences dramatiques», raconte Barzilai. Pour ces espions, la traque des militants du FLN était permanente. Elle se substituait dans les quartiers juifs à celle de l’armée française. Cet agent du Mossad confie d’ailleurs que des soldats français étaient «dirigés» par ces cellules du Mossad. Il écrira, après cette affaire dans un message codé envoyé au quartier général du Mossad en Europe: «Nos hommes ont pénétré dans des cafés arabes voisins et leur ont causé des pertes sérieuses». Le reste de ce récit sera divulgué lors de cette semaine à l’occasion du rassemblement de Jérusalem auquel prendra part Enrico Macias qui doit donner un concert de Malouf et la ministre du gouvernement Raffarin, Mme Nicole Guedj, secrétaire d’Etat aux droits des victimes, originaire également de Constantine. Durant ce séminaire, plusieurs personnalités juives algériennes interviendront dont le professeur Benjamin Stora qui animera une conférence sur «la résistance et l’exode des juifs» de Constantine ou le professeur Marc Zerbib, connu pour être un des organisateurs des réseaux des juifs algériens établis en Israël et estimé à 50.000 membres par différentes sources. Ce rassemblement auquel les juifs de Constantine accordent une importance particulière, avec avion spécial depuis Paris et même la présence du Président israélien, Moshe Katzav aux travaux, permettra, certainement, de faire la part des choses sur le traitement accordé aux juifs constantinois par les Algériens surtout sous le règne vichyste. Reste à savoir si les aveux lourds de sens des agents du Mossad sont le premier mea culpa à l’adresse des Algériens. Mounir B. Sétif, l’Empire français, et les enjeux mondiaux d’un massacre
par Mondher Sfar, historien tunisien.
En attendant
on me permettra d’avancer une piste qui pourrait donner un éclairage
politique sur cette tragédie.
Nous allons
suivre ces changements décisifs dans les intentions des grands
durant la guerre et au moment de les concrétiser. Le cas de la
France est remarquable à cet égard. Nous allons évoquer
un document officiel français qui résume bien ces évolutions
et leurs enjeux. Il s’agit d’un texte intitulé «
Le travail de la France à la Conférence », édité
par le service de presse de la délégation française
à la Conférence de San Francisco daté de San Francisco,
le 18 mai 1945 , - soit dix jours après le déclenchement
du soulèvement de Sétif et quatre jours avant la fin des
opérations de ‘pacification’. Dans le préambule
de cette déclaration, la France affirme sa volonté de
sacrifier les principes de la justice au profit de la solidarité
entre grandes puissances : « Dans le mémorandum qu’il
avait publié au début du mois de mars [1945] au sujet
de la future conférence de San Francisco, le gouvernement français
avait précisé qu’il serait prêt pour sa part
à s’engager plus avant dans le projet de Dumberton Oakes
dans la voie de l’établissement d’une justice et
d’une autorité internationales supérieures à
celles des divers Etats mais qu’il admettait qu’au cours
de la période qui s’ouvrait, le maintien de la paix dépendrait
surtout de l’accord des grandes puissances et qu’il se garderait
donc de rien proposer qui puisse, le cas échéant, compromettre
un tel accord. »
Paris, le
18 mars 2005 3) Harold
Stassen, homme politique,désigné par Franklin Roosevelt
comme membre de la délégation des Etats-Unis à
la Conférence de San Francisco, et, à ce titre, signataire
de la Charte de l’ONU.
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