10/07/04
- “ ProHijab” lancé à Londres
Deux organisations musulmanes britanniques ont annoncé jeudi 8 juillet
le lancement, le 12 juillet, d'une "assemblée pour la protection
du hijab" et vont organiser à cette occasion une conférence
destinée à défendre "le droit pour toutes les femmes
de (le) porter".
La Société des femmes musulmanes (Muslim women society, MWS) et
l'Association musulmane de Grande-Bretagne (Muslim Association of Britain, MAB) "lancent
une +Assemblée pour la protection du hijab+, intitulée ProHijab,
dans le but de se saisir de cette importante question et d'user de tous les moyens
pacifiques et légaux pour protéger le droit de toutes les femmes
de porter le hijab", a annoncé un communiqué.
La conférence sera officiellement inaugurée par le maire de Londres,
selon ses organisateurs.
Parmi les intervenants, figurent Tariq Ramadan et le Cheikh Youssef AlQardaoui.
Source : AFP, 8 juillet 2004
06/07/04
- L'UOIF
invite les musulmans à ignorer la loi interdisant le port
du voile à l'école
par Luc Bronner, Le Monde, 4 juillet 2004
Bernard Stasi regrette les "erreurs commises".
L'union des organisations islamiques de France (UOIF) prend le
risque de l'épreuve
de force. Dans une "Lettre aux musulmans de France", rendue publique
jeudi 1er juillet, elle conseille aux élèves musulmanes de se
présenter à la rentrée avec "les tenues qu'elles
auront choisi de porter" - y compris donc, de manière implicite,
les voiles islamiques. L'UOIF se place ainsi, de fait, en opposition à la
loi du 15 mars interdisant le port de signes religieux ostensibles. Intervenant
quelques jours après les déclarations d'Abdallah Milcent, membre
du conseil d'administration du Conseil français du culte musulman (CFCM),
qui préconisait la grève en cas d'exclusion d'une élève
portant un bandana (Le Monde du 25 juin), cette prise de position a provoqué une
réaction très critique du principal syndicat de chefs d'établissement
scolaire. Soulignant que l'UOIF cherche à "attiser les conflits",
le SNPDEN (Syndicat national des personnels de direction) a qualifié cette
annonce de "provocation".
L'UOIF, une des principales composantes du CFCM, assure vouloir inciter les
familles à réfléchir "dès à présent
sur la manière dont elles vont s'accommoder de cette loi". Dans
cette logique, l'UOIF choisit de ne pas donner la consigne d'appliquer la loi
- même si elle souligne en préalable "l'importance qu'il
y a pour ces élèves à ne pas renoncer à leurs études
qui sont précieuses pour leur avenir". Elle recommande, au contraire,
aux élèves musulmanes de se vêtir comme elles le souhaitent.
" Si la tenue devait poser problème, ajoute l'UOIF, nous les encourageons à un
dialogue constructif avec la communauté éducative." L'organisation
espère ainsi que des solutions pourront être trouvées qui
respectent "à la fois" les convictions religieuses des élèves
et la loi en vigueur. Formulant l'espoir que la rentrée se déroule "dans
le calme", elle attire l'attention des élèves "contre
des réactions exagérées, des attitudes provocatrices ou
irréfléchies qui risqueraient de menacer leur droit à terme".
L'UOIF met également en garde les "membres de la communauté éducative"qui
auraient une "interprétation abusive"de la loi en défendant
une "interdiction générale et absolue de tout signe et tenue
d'origine religieuse". Dans ce cas, elle se déclare prête à accorder
une assistance juridique et un soutien moral aux élèves concernés.
Elle envisage même de "fournir un soutien scolaire" aux élèves
victimes de ce qu'elle qualifie d'"acharnement illégal".
"Je
ne comprends pas"
Par précaution, l'UOIF appelle enfin à "la plus grande vigilance" à propos
des modifications des règlements intérieurs des collèges
et des lycées. "Ainsi, l'interdiction de tout "couvre-chef" ou
de tout signe ou tenue spécifiquement nommée, le refus de l'inscription
de l'élève pour des motifs religieux, est non conforme à la
loi", assure-t-elle.
Dans le même temps, Bernard Stasi, ancien président de la commission
sur la laïcité, a regretté "les erreurs commises" dans
la préparation de la loi. "La presse et les pouvoirs publics semblent
en effet n'avoir retenu, dans le rapport de la commission sur la laïcité,
que l'interdiction des signes religieux à l'école, alors qu'il
y avait aussi des propositions positives. C'est une erreur que je ne comprends
pas et que je regrette", a-t-il assuré dans un entretien donné à l'AFP. "Si
on avait pris en compte l'ensemble des propositions, le climat aurait été plus
serein à la rentrée", a-t-il souligné en citant les
exemples de l'enseignement du fait religieux, de la formation des imams et
de l'augmentation du nombre d'aumôniers musulmans dans les prisons ou
les hôpitaux. "Aujourd'hui, les intégristes ont beau jeu
de dire que la loi sur la laïcité est une loi contre l'islam",
a-t-il conclu.
1/07/04
- La Cour européenne maintient l'interdiction
du hijab à l'université turque
La Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) de Strasbourg a débouté mardi
29 juin une étudiante turque qui se plaignait d'avoir été exclue
de son université pour avoir porté le foulard islamique et a défendu
le principe de laïcité comme garant des valeurs démocratiques.
La Cour a conclu à la non-violation de l'article 9 de la Convention européenne
des droits de l'Homme portant sur la liberté de pensée, de conscience
et de religion, invoquée par Leyla Sahin.
Elle a estimé que l'interdiction du foulard à l'université pouvait être
considérée comme "nécessaire dans une société démocratique" et
noté qu'elle était fondée "sur deux principes qui se
renforcent et se complètent mutuellement: la laïcité et l'égalité".
En Turquie, le recours de la jeune femme avait été rejeté en
vertu du principe de laïcité prévu à l'article
2 de la Constitution.
L'arrêt de la Cour de Strasbourg est le premier portant sur une telle affaire
et pourrait servir de référence dans le débat sur l'interdiction
du port du foulard à l'école, objet ces derniers mois d'une vive
polémique en France. Selon le greffe de la Cour, 213 autres requêtes
du même type et visant la Turquie ont été introduites.
Leyla Sahin, étudiante en médecine de l'université d'Istanbul
née en 1973, s'était vu refuser en 1998, à la suite d'une
circulaire du rectorat de l'université, l'accès aux cours et aux épreuves écrites
car elle portait le foulard. La CEDH avait examiné cette affaire au
cours d'une audience en novembre 2002.
Dans son arrêt, la Cour a noté que selon la jurisprudence constitutionnelle
turque, la "liberté de manifester sa religion peut être restreinte
afin de préserver" les valeurs démocratiques et les principes
d'inviolabilité de la liberté de religion et de l'égalité des
citoyens devant la loi.
Elle s'est rangée à cette conception et souligné que "la
sauvegarde de ce principe peut être considéré comme nécessaire à la
protection du système démocratique en Turquie".
" Lorsque l'on aborde la question du foulard islamique dans le contexte
turc, on ne saurait faire abstraction de l'impact que peut avoir le port de ce
symbole, présenté ou perçu comme une obligation religieuse
contraignante, sur ceux qui ne l'arborent pas", a ajouté la cour.
Une limitation du port du foulard peut "répondre à un +besoin
social impérieux+" de protection des droits et libertés d'autrui
et du maintien de l'ordre public dans un "pays où la majorité de
la population, manifestant un attachement profond aux droits des femmes et à un
mode de vie laïque, adhère à la religion musulmane",
a-t-elle encore indiqué.
Une telle restriction peut d'autant plus se justifier que ce "symbole religieux
(ndlr: le port du foulard) avait acquis au cours des dernières années
en Turquie une portée politique", a-t-elle précisé.
Il "existe en Turquie des mouvements politiques extrémistes qui s'efforcent
d'imposer à la société toute entière leurs symboles
religieux et leur conception de la société, fondée sur des
règles religieuses", a-t-elle noté.
La question du port du foulard islamique à l'école et à l'université était
redevenue d'actualité en Turquie, après l'arrivée au pouvoir
en 2002 du parti de la Justice et du Développement (AKP), issu de
la mouvance islamique.
Zeynep Tekin, une autre étudiante turque qui avait saisi la Cour pour
les mêmes motifs, a retiré sa plainte en février 2003 sans
explication, a indiqué la Cour.
Source : AFP, 29 juin 2004
17/06/04
- Le
voile interdit dans plusieurs établissements publics et privés
marocains
Des établissements publics et privés marocains interdisent aux
femmes le port du voile, assure le journal islamiste Attajdid. Plusieurs entreprises
marocaines ont expulsé des Marocaines portant le voile après les
attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis et ceux du 16 mai 2003 à Casablanca,
affirme le journal du Parti islamiste justice et développement (PJD).
Les jeunes Marocaines désirant intégrer les académies militaires,
de police, ou devenir hôtesses de l’air « se voient imposer
des règlements qui ne laissent pas la possibilité de porter le
voile », ajoute Attajdid. Le journal cite plusieurs cas de femmes expulsées
de leur travail ou interdites d’intégrer de grandes écoles « pour
la seule cause de port du voile ».
Source : L’Orient-Le Jour, 17 juin 2004
16/06/04
- Le
jilbab divise les élèves et est "dangereux"...
La justice britannique a refusé mardi à une musulmane de 15 ans
le droit de porter à l'école le "jilbab".
Le collège public de Denbigh, à Luton (nord de Londres), fréquenté à 80%
par des élèves musulmans, a fait valoir que toutes sortes de tenues étaient
admises, permettant aux élèves d'être en conformité avec
leur religion.
Mais, selon l'école, le "jilbab" allait causer des divisions
entre les élèves et présentait des dangers, l'écolière
risquant de "trébucher et glisser" dans cette tenue.
L'adolescente, Shabina Begum, a affirmé de son côté que l'école
lui refusait "le droit à l'éducation et le droit de manifester
ses convictions religieuses".
Selon Yvonne Spencer, son avocate, la décision du collège de Denbigh
enfreignait à la fois la loi britannique et la Convention européenne
des droits de l'Homme.
Dans son jugement, le tribunal a cependant estimé que les limites vestimentaires
opposées à la jeune fille "n'étaient pas disproportionnées" et
qu'il serait "irréaliste et artificiel de la part de Shabina de clamer
que son droit à l'éducation a été violé".
Iqbal Javed, avocat du collège de Denbigh, avait précisé devant
le tribunal que plusieurs tenues étaient possibles pour les jeunes filles,
depuis la jupe et le pantalon jusqu'au shalwar kammeez, un ensemble constitué d'un
pantalon large et d'une ample tunique. Cette dernière tenue avait même été validée
par le Conseil local des mosquées.
Shabina Begum, qui portait initialement cet ensemble, avait opté à la
rentrée 2002 pour le jilbab, estimant que le shalwar kammeez ne couvrait
pas suffisamment les jambes et les bras. Refusant de changer de vêtement,
la jeune fille n'est toujours pas revenue à son école d'origine,
ratant ainsi presque totalement deux années scolaires.
Simon Birks, l'un des membres de l'équipe éducative au sein du
collège de Denbigh, avait justifié devant le tribunal le refus
opposé à la jeune fille, estimant que laisser celle-ci porter le
jilbab risquait de créer deux catégories d'élèves.
" Il risquait d'y avoir deux catégories d'élèves, celles
portant le jilbab étant considérées comme de +meilleures
musulmanes+ que celles adoptant le shalwar kammeez", a-t-il expliqué.
Dès le jugement, mardi, le collège de Denbigh a précisé,
via son avocat, qu'il allait travailler désormais à réintégrer "aussi
vite que possible" la jeune fille..
Source : http://www.islamiya.info,
16 juin 2004
14/06/04
- Les contradictions des règlements sur les
photos d’identité au Tadjikistan
Il n’y a pas qu’en France que les photos pour les cartes d’identité sont
interdites avec le hijab. C’est le cas aussi au Tadjikistan, où l’administration
n’a pas peur des contradictions : alors que la photo d’identité avec
hidjab est autorisée pour les passeports internationaux, elle est interdite
pour les “passeports intérieurs”, comme on appelle toujours
les cartes d’identité, en souvenir de l’ère soviétique.
Or, même en Russie, les femmes musulmanes sont autorisées à avoir
des phoitos avec hijab sur leurs documents d’identité, alors que
les Musulmans ne constituent que 20% de la population. Alors qu’au Tadjikistan,
pratiquement 100% des habitants sont musulmans. Résultat de ces règles
absurdes : une grande partie des femmes tadjikes sont dépourvues de papiers
d’identité. Dans certaines régions où les gens sont
très pieux, comme le district d’Isfara, dans le nord du pays, le
nombre de femmes sans papiers est estimé à 90%. Des restrictions
similaires existent en Azerbaïdjan et en Ouzbékistan.
Source : http://www.forum18.org
10/06/04
- Les Nations unies demandent à la France de
ne pas exclure de filles de l'école
Le Comité des droits de l'enfant des Nations unies demande à la
France de faire en sorte que la loi sur l'interdiction des signes religieux à l'école
ne se traduise pas par l'exclusion de jeunes filles du système
scolaire. "Le Comité recommande que l'Etat partie (...) garantisse
que les droits individuels ne seront pas bafoués et que des enfants
ne seront pas exclus ou tenus en marge du système scolaire du
fait d'une telle législation", a indiqué le Comité.
Dans ses recommandations adressées à la France, le Comité,
qui rassemble 18 experts indépendants, s'est dit inquiet du risque
que la loi promulguée le 14 mars dernier "néglige
le principe du meilleur intérêt de l'enfant et du droit
d'accès à l'éducation et ne parvienne pas au résultat
attendu". Il recommande à Paris d'examiner de près
la situation des jeunes filles exclues de l'école du fait de la
loi et fasse en sorte qu'elles continuent à bénéficier
de leur droit à l'éducation.
L'organe de l'Onu, qui examine le respect par les pays signataires
de la Convention sur les droits de l'enfant (CDE) de 1990, renvoie à l'article
14 de ce texte, qui stipule que "les Etats parties respectent le
droit de l'enfant à la liberté de pensée, de conscience
et de religion".
Le Comité "reconnaît l'importance que l'Etat partie
accorde à la laïcité dans les écoles publiques
(...) mais s'inquiète des accusations de montée des discriminations,
y compris de celles fondées sur la religion".
Il se félicite que la France ait prévu d'examiner l'effet
de la loi un an après son entrée en vigueur et appelle
Paris à "utiliser la jouissance des droits de l'enfant comme
critère principal dans cette évaluation". Il suggère
d'utiliser "d'autres moyens, y compris la médiation, pour
garantir la laïcité dans les écoles publiques".
La question de la tenue vestimentaire dans les écoles serait mieux
réglée au sein des écoles elles-mêmes, avec
la participation des élèves, estiment les auteurs
du rapport.
Mercredi, la ministre française de la Famille et de l'Enfance,
Marie-Josée Roig, avait défendu la loi sur les signes religieux,
expliquant devant le Comité que "la laïcité est
indissociable des valeurs d'égalité et de respect de l'autre". "L'école
a pour mission de transmettre les valeurs de la République et
de garantir l'égalité entre les élèves en
protégeant les écoles des revendications communautaires",
avait lancé la ministre. "Nous voulons continuer à garder à notre école
sa neutralité totale".
La loi, qui sera appliquée à la prochaine rentrée,
avait été critiquée par plusieurs membres du comité,
la jugeant intolérante envers les musulmanes qui portent le foulard
islamique. "En quoi le port d'un foulard perturbe-t-il une classe
?" s'était interrogé l'expert néerlandais Jacob
Egbert Doek. Soulignant les "craintes des communautés musulmanes",
l'Egyptienne Moushira Khattab s'était dite inquiète que
la loi "ne soit utilisée par les extrémistes à l'encontre
des minorités".
Source : AFP, 4 juin 2004
La France a été mise en accusation mercredi 2 juin devant
le Comité des droits de l’enfant des Nations Unies, dont
plusieurs experts ont critiqué la nouvelle loi sur les signes
religieux à l’école, jugée intolérante
envers les musulmans.
Le Comité, qui réunit 18 experts indépendants chargés
d’examiner le respect par les pays signataires de la Convention
sur les droits de l’enfant (CDE) de 1990, a interrogé la
ministre française de la Famille et de l’Enfance, Marie-Josée
Roig, au sujet de la loi sur l’interdiction des signes religieux
ostentatoires à l’école qui sera appliquée à la
prochaine rentrée scolaire.
" En quoi le port d’un foulard perturbe-t-il une classe ?" s’est
interrogé l’expert néerlandais Jacob Egbert Doek, qui présidait
les débats, en regrettant l’absence de "tolérance" de
la part de la France dans ce débat.
L’experte paraguayenne Rosa Maria Ortiz a estimé que la
loi votée au printemps par le parlement français contrevenait à la
CDE, dont l’article 14 stipule que "les Etats parties respectent
le droit de l’enfant à la liberté de pensée,
de conscience et de religion".
Soulignant les "craintes des communautés musulmanes",
l’Egyptienne Moushira Khattab s’est dite inquiète
que la loi "ne soit utilisée par les extrémistes à l’encontre
des minorités".
En réponse, Mme Roig a expliqué que "la laïcité est
indissociable des valeurs d’égalité et de respect
de l’autre". "Elle est le fruit d’une longue histoire
et des valeurs communes qui fondent l’unité nationale",
a-t-elle ajouté.
La ministre a estimé que "l’école a pour mission
de transmettre les valeurs de la République et de garantir l’égalité entre
les élèves en protégeant les écoles des revendications
communautaires". "Nous voulons continuer à garder à notre école
sa neutralité totale", a-t-elle lancé.
Le Comité devait émettre vendredi 4 juin ses recommandations à la
France sur l’ensemble de la situation des droits de l’enfant
dans ce pays.
Source : AFP, 2 juin 2004