Tariq
Ramadan a trouvé un modèle : le Maroc !
Dans sa quête éperdue de reconnaissance par le système dominant
en Europe, en particulier en France, le Frère Tariq Ramadan est très
sincèrement désolé de faire l’objet d’attaques
aussi virulentes alors qu’il prône le dialogue et le consensus laïco-islamique.
Notre penseur genevois et futur universitaire US répond aux dernières
critiques contre lui dans un article paru sur le site oumma.com. Article instructif,
où l’on découvre que Ramadan a enfin trouvé un modèle
: le Maroc ! Citation :
« Les musulmans, dans leur très grande majorité, n'accepteront
les réformes religieuses que s'ils sentent qu'elles restent fidèles
au message islamique. Faire évoluer les mentalités exige donc d'accepter
ce défi de la lecture contextualisée, de la pédagogie patiente
et de la tension permanente entre l'esprit d'un texte et les particularités
des contextes sociaux et culturels. Comme pour al-mudâwana au Maroc, il
faudra passer par ce lent travail de concertation concernant l'application des
peines légales. Je visite régulièrement le monde musulman
et j'appelle avec force à un « moratoire absolu » sur tous
les châtiments corporels, la lapidation (qui ne concerne pas que les femmes
dans les sources scripturaires) et la peine de mort. Nous savons tous qu'aujourd'hui,
sur la base de lectures strictement littéralistes et tronquées
des textes, des États musulmans riches comme pauvres, appliquent ces peines
qui s'abattent inconditionnellement sur les plus démunis et les femmes.
Les gouvernants savent que des pans entiers de leur population réagissent
favorablement, et presque émotionnellement, à l'utilisation des
références islamiques et ils en jouent pour légitimer leur
régime autocratique et leur pouvoir répressif. Comment faire évoluer
les mentalités ? Condamner les sources scripturaires et ne plus être
entendu par le monde musulman ? Imposer une opinion dite « moderne » en étant
dans les faits perçu comme un « occidentalisé » ou,
pire, un agent dévoyé à la cause de « l'ennemi » ? Être
entendu de l'Occident en ayant perdu l'écoute du monde islamique ? »
Pour lire l’article « A propos des femmes, du « moratoire » et
de notre avenir », aller à :
http://www.oumma.com/article.php3?id_article=1074
27/04/04
- Une footballeuse chez les kangourous
Afifa Saad est l'un des meileurs footballeuses féminines australiennes.
Cette jeune femme de Melbourne a 21 ans et elle joue généralement
comme buteuse ou comme gardienne de but. Depuis des années qu'elle joue
au foot, elle a toujours porté un hijab et cela ne posait pas de problèmes.
Jusqu'à ces derniers jours où un arbitre lui a ordonné de
retirer son hijab avant un match. Afifa a refusé. le match a été annulé.
La Fédération de football de l'État de Victoria a ouvert
une enquête pour déterminer si l'arbitre avait enfreint la législation
contre les discriminations. En tout cas, les règlements d ela Fédération
ne stipulent aucune interdiction concernant des hijabs ou autres coiffures.
Source : Reuters, 26 avril 2004
Voile
: Retombées étrangères
par Boris Thiolay, L'Express,19 avril 2004
Depuis le vote de la loi française, le débat est lancé chez
nos voisins.
Il trouve même un écho surprenant en... Turquie
La loi française interdisant le port ostensible de signes religieux à l'école,
adoptée le 3 mars, continue de susciter des réactions
en chaîne à travers le monde. Aux Etats-Unis, où le mot laïcité n'a
pas
d'équivalent, le ministère de la Justice a apporté son soutien à une élève
musulmane de 11 ans, exclue à deux reprises de son école pour avoir
persisté à porter le voile, malgré l'interdiction de tout
couvre-chef à l'intérieur de l'établissement. «Aucun élève
ne devrait être forcé de choisir entre sa foi et les bénéfices
de l'éducation
publique», a estimé l'adjoint de l'attorney général
[ministre de la Justice], invoquant le 14e amendement de la Constitution qui
garantit « une protection égale» pour tous les citoyens. Tandis
que la ville-Etat de Berlin s'apprête à proscrire «les symboles
religieux dans la fonction publique», le Land de Bade-Wurtemberg a
décidé d'interdire aux enseignantes - mais pas aux élèves
- le port du
foulard dans les écoles publiques. Les signes religieux chrétiens
ou
juifs, eux, seront toujours tolérés. Deux poids, deux mesures,
donc. «Le voile islamique est un symbole [...] de l'histoire de l'oppression
de la
femme», a déclaré la ministre régionale de l'Education.
Alors que la Belgique a mis en place en janvier un comité des sages
chargé de dresser un constat sur l'état de la laïcité -
calquée sur la
commission Stasi en France - la Suisse alémanique se déchire depuis
un
mois sur la question du voile. Certains maires envisagent de le bannir
des écoles communales, mais le président de la conférence
des directeurs
cantonaux de l'Instruction publique refuse de légiférer. Un seul
pays, candidat à l'entrée dans l'Union européenne,
songe à imiter la loi française: la Turquie. Dans cet Etat où la
laïcité est
consubstantielle à la République proclamée en 1923, où le
port du
foulard est considéré par les gardiens de l'héritage kemaliste
comme un
symbole de soutien à l'islam politique, la démarche n'a rien de
surprenant a priori. Si ce n'est qu'elle émane du Premier ministre, Recep
Tayyip Erdogan, issu de la puissante mouvance islamiste. L'alignement de la Turquie
sur la loi française permettrait non pas
d'interdire le voile dans les écoles primaires et secondaires - ce qui
est déjà le cas - mais de l'autoriser à nouveau dans les
universités.
Une imitation en forme de trompe-l'oeil.
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