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Résistances - Un voile, une voix !

 

 
 

21/02/04 - Je ne veux pas quitter ce pays dans lequel je suis née
par Fatima,
doctorante en Sciences Politiques, Lyon, 20 février 2004


C'est un réel sentiment d'amertume que j'éprouve en ce moment : comment ne pas être amer lorsque l'on constate avec quelle hypocrisie les médias français ont boycotté la manifestation nationale du 14 février dernier, une manifestation organisée par un ensemble d'associations, musulmanes et non-musulmanes, des laïques, des féministes : il est vrai que ces manifestations se sont déroulées dans le calme, elles ont rassemblé des jeunes et des moins jeunes, des pères, des mères, soucieux de l'avenir de leurs enfants, des citoyennes française voilées ou non voilées, rassemblés tous autour d'un même combat: le refus de l'exclusion, du racisme, de l'islamophobie, pour une égalité des chances pour toutes et tous, pour la liberté, pour l'égalité.... Apparemment, ce genre de manifestations n'interesse plus nos médias, nos chers journalistes ont d'autres chats à fouetter, il ne faut surtout pas montrer à l'opinion publique qu'une frange de la population française doit, de nos jours encore en France, militer pour être traitée sur un même pied d'égalité que leurs concitoyens, revendiquer des droits que l'on croyait acquis dans ce pays!
Que dire aussi du boycott par la presse, par les médias français, de la grève de la faim entamée au début du mois par deux jeunes étudiantes voilées, elles qui croyaient que la grève de la faim restait leur seul moyen pour se faire entendre, puisqu'on n'a pas voulu les entendre au cours de cette fameuse commission Stasi ??
Je suis amère, très amère, mais pas désespérée, malgré le climat d'insécurité que je ressens, ainsi que d'autres coreligionnaires, dans notre vie quotidienne.
J'ai preque envie de crier : "Chirac m'a tué"! Pour moi, sans exagération aucune de ma part, en plus du 11 septembre, il y a un avant le 17 décembre et un après le 17 décembre. Avec cette loi qui va exclure des écoles publiques de nombreuses jeunes filles, Chirac a réveillé les (vieux?) démons : on refuse de plus en plus la femmes voilée dans l'espace public tout court. La loi en principe s'attaque au voile dans la sphère scolaire, mais en pratique, la femme française musulmane portant un voile est discriminée, voire agressée dès qu'elle met les pieds hors de chez elle : voilà, M. Chirac, une des conséquences de votre volonté de "renforcer" la laïcité!! Etait-elle si en danger, notre chère laïcité, qu'il fallait la doter d'une législation contraire à son esprit?? Non, je ne pense pas que ces femmes souhaitant vivre leur religion dans le respect du cadre républicain soient un danger ni pour la laïcité, ni pour la démocratie, ni pour la République.
Cette loi contre les signes religieux à l'école stigmatise uniquement la musulmane et derrière elle toute sa communauté : ce n'est pas pour un problème de croix ou de kippa que nos piltiques et intellectuels ont planché. Ce n'est pas un enfant de confession catholique, protestante, juive et même sikh qui va être exclu de l'école et donc interdit d'accéder à un droit élémentaire et essentiel: le droit à l'éducation.
J'espère seulement que l'application de cette loi liberticide à la prochaine rentrée scolaire se fera autour du compromis et non de l'exclusion sans appel. Affaire à suivre.
Personnellement, il m'arrive, devant mon écran d'ordinateur en rédigeant ma thèse, d'être découragée, parfois de me poser la question: à quoi donc terminer cette thèse alors que les perspectives de travailler en France avec mon voile son minimes, voire quasi nulles? N'oublions pas que la loi contre les signes religieux à l'école a donné des idées à ceux qui estiment qu'il n'est pas compatible d'être Française et musulmane, que l'on peut être musulmane pratiquante et citoyenne à part entière, c'est à dire participer par ses compétences, son savoir-faire, ses qualités à la force de cette nation qui s'enorgueillit d'être la mère de la civilisation, d'être une terre de tolérance, de liberté et d'égalité. Par moment, l'idée de migrer dans un pays voisin plus tolérant me vient à l'esprit. Et puis je me dis qu'il est ridicule de devoir "fuir" pour être acceptée telle que l'on est : je ne veux pas quitter ce pays dans lequel je suis née parce qu'on refuse de me respecter ma place, alors cette place, je me battrai intelligemment pour la faire.
Intégration, assimilation...: je dirais désintégration. Je ne suis pas un voile, je suis une femme qui milite pour le respect des droits de la Femme, pour les droits de l'Homme. Je suis la même personne, que je sois chez moi sans mon voile, ou dehors avec mon voile!
La France a un visage q'elle ne veut toujours pas reconnaître, elle se voile la face en croyant résoudre ses problèmes par cette loi.
Fatima, une citoyenne française musulmane à part entière.

 

20/02/04 - Interdiction du hijab seulement pour les enseignantes ou pour toutes les fonctionnaires ?
C'est le point principal qui est désormais en débat entre les deux grands partis allemands, les chrétiens-démocrates de la CDU et les sociaux-démocrates de la SPD. En Sarre, les deux partis ont adopté un compromis et ont déposé un projet de loi interdisant le port du hijab uniquement aux enseignantes et seulement aux enseignantes musulmanes. L'argument est que le hijab n'est pas un symbole religieux, mais un symbole "politique" et que donc, il trouble la paix scolaire. En revanche, en Hesse, la CDU a déposé un projet de loi au parlement régional de Wiesbaden interdisant le port du hijab à toutes les fonctionnaires. Reste à savoir ce qu'en pensera la Cour constitutionnelle fédérale, qui a djéà jugé en septembre dernier que les symboles de toutes les religions devaient être traités de manière égale.
Source : Die Tageszeitung, 19 février 2004

 

19/02/04 - Les enseignants d'un collège de Thannn menacent de faire grève contre un hijab
Le personnel du collège Rémy-Faesch de Thann (Haut-Rhin) où est scolarisée Hilal, une élève voilée exclue en novembre d'un autre collège de la ville, menacent de faire grève si la jeune fille ne respecte pas son engagement de porter simplement un bandana en classe.
Les enseignants ont déposé un préavis de grève pour le mardi 9 mars, au lendemain de la rentrée scolaire, en invoquant un "règlement intérieur bafoué" et un "non-respect du compromis" trouvé avec la famille d'Hilal, a-t-on appris auprès de l'établissement et des syndicats.
Exclue du collège Charles-Walch de Thann le 27 novembre, Hilal, 11 ans, a été admise la semaine dernière au collège Rémy-Faesch. Ses parents, d'origine turque, se sont engagés à ce qu'elle ne porte qu'un simple bandana en classe.
" Or, depuis le premier jour, ce compromis n'est pas respecté. Seul l'ovale du visage est visible: un foulard, et non un bandana, est maintenu par des pressions au col roulé d'un pull", s'émeut le personnel dans une lettre adressée à l'inspecteur d'académie.
" Cette situation a engendré des troubles parmi les élèves et tout le personnel de l'établissement, qui s'interrogent sur l'utilité et la validité du règlement intérieur", ajoute-t-il. "Certains élèves s'arrogent le droit d'arriver en cours avec un couvre-chef."
Le personnel rappelle que l'inspecteur lui-même avait assuré que les parents d'Hilal avaient accepté que la collégienne "ôte son voile en entrant en classe, découvrant son front, cheveux et oreilles étant alors recouverts d'un bandana noué derrière la tête".
Source : Reuters, 18 février 2004

 

Alabama !
L'Alabama, haut lieu de la lutte pour les droits civiques des Afro-Américains dans les années 60, suit l'exemple français. Une décision prise sans passer par les législateurs de l'État, vient d'entrer en vigueur : les photos d'identité pour les permis de conduire ne pourront plus montrer des turbans sikhs ou des hijabs musulmans. Une quinzaine de personnes se sont déjà vues refuser la délivrance des permis de conduire. Une première manifestation de protestation de Sikhs et de Musulmans a eu lieu à Montgomery, la capitale de l'État. Du côté du gouverneur républicain, on marmonne que la raison de cette mesure n'a rien à voir avec la religion mais simplement avec les nécessités d'identification et on laisse entendre que l'affaire pourrait s'arranger. On verra bien.
Source : Hindustan Times, 17 février 2004

 

 

16/02/04 - " La laïcité n'est qu'un faux prétexte"
La présidente de la première session de la Cour d'assises de Saint-Louis, au Sénégal, a condamné vendredi 13 février l'attitude du gouvernement français visant à interdire le port du voile. Selon Mme Aïssata Raby Wane qui clôturait les travaux de cette session, le droit aux cultes est une liberté fondamentale et que sous aucun prétexte, un Etat ne peut interdire le port du voile islamique. «L'exercice de la religion comporte un minimum de signe extérieur, un minimum d'extériorisation. La laïcité n'est qu'un faux prétexte brandi par les Français pour interdire le port du voile», a martelé Mme Wane. Elle a ainsi saisi cette occasion pour faire un plaidoyer pour la liberté d'_expression et d'opinion. A en croire la présidente de la Cour d'assises, «la liberté d'_expression est fondamentale dans un pays comme le nôtre», rappelant que celle-ci est garantie par la Constitution et que les décisions de justice peuvent être commentées par la presse, mais sans cependant outrager autrui.
Source : Wal Fadjri, Dakar, 16 février 2004

 

13/02/04 - Villepin parle du turban sikh à New Delhi


Lors de sa visite officielle à New Delhi le vendredi 13 février, Dominique de Villepin doit rencontrer son homologue indien Navtej Sarna, avec lequel il s'entretiendra aussi de la question du turban sikh, qui normalement devrait tomber sous le coup de la loi contre les signes "ostentatoires" à l'école. Les autorités indiennes devraient tenter une médiation, en expliquant aux Français que l'obligation de porter le turban pour les hommes sikhs est absolue, tout comme celle de porter la barbe. C'est ainsi que les policiers, juges, chauffeurs de bus et de trams sikhs en Grande-Bretagne ou dans d'autres pays comme la Norvège ont obtenu que le turban soit intégré dans leur tenue de travail.

 

100 000 signatures pour le droit au turban


L'interdiction des signes ostensibles à l'école a suscité une véritable tempête en Inde, chez les Sikhs comme chez les Musulmans. Dominique de Villepin a maladroitement tenté de calmer cette tempête.
La France va "trouver une solution satisfaisante" pour la communauté sikh tout en tenant compte des "contraintes" de la nouvelle loi sur la laïcité, a déclaré vendredi à New Delhi le ministre français des Affaires étrangères Dominique de Villepin.M. de Villepin a fait cette déclaration alors que de nombreuses organisations de sikhs se sont mobilisées en Inde et que l'ambassade de France à New Delhi a reçu cette semaine une pétition de 100.000 signatures demandant à Paris de revenir sur son projet d'interdiction des signes religieux à l'école publique, dont le turban sikh."Nous allons chercher la meilleure réponse à cette question et nous allons montrer le nécessaire respect que nous avons pour cette communauté, tout en tenant compte de nos contraintes en France", a déclaré M. de Villepin lors d'une conférence de presse aux côtés de son homologue indien, Yashwant Sinha."Et je suis convaincu que nous allons trouver une solution qui sera satisfaisante pour la communauté sikh en France", a-t-il ajouté. Une petite manifestation rassemblant des sikhs et des musulmans portant des drapeaux noirs s'est déroulée au même moment dans le centre de la capitale indienne.Le ministre français a déclaré que "la communauté sikh est en France très connue et très respectée". "Il y a environ 5.000 sikhs en France et, bien entendu, la loi (sur la laïcité) ne vise aucune sorte de religion"."Elle vise tout signe religieux dans les écoles publiques qui pourrait créer un climat de méfiance et porter atteinte à l'esprit de tolérance", a expliqué le chef de la diplomatie française."C'est pourquoi nous avons décidé d'interdire tout signe ostensible dans nos écoles publiques", a-t-il dit, ajoutant que cela concernait "seulement les écoles publiques, un secteur très important mais très délimité".M. de Villepin a déclaré que la France avait "entamé un dialogue avec la communauté sikh pendant ces derniers mois". "Notre ministère de l'Education a reçu à deux reprises une délégation (de cette communauté). Le ministre de l'Education Luc Ferry m'a dit, avant de me rendre ici, qu'il allait rencontrer de nouveau cette délégation dans les jours qui viennent et je vais rencontrer moi-même dans deux heures le président (de la commission nationale) des minorités (Tarlochan Singh) et nous allons discuter de cette question".M. de Villepin a confirmé que cette question avait été abordée avec son homologue indien avec lequel il venait de s'entretenir.La religion sikh, fondée au XVe siècle, interdit à ses fidèles de couper leurs cheveux et exige que les hommes portent un turban.Le mois dernier, le premier parti politique sikh en Inde, le Shriromani Akali Dal, avait demandé au gouvernement français d'abandonner son projet, é galement critiqué dans le monde musulman.Mardi, le Times of India a cité un responsable du ministère indien des Affaires étrangères affirmant que le turban sikh ne pouvait être comparé à d'autres symboles religieux comme le voile islamique ou la croix chrétienne.Dans un éditorial publié vendredi, le quotidien The Asian Age, sous le titre "Bataille perdue", a estimé que la France avait "un problème", à savoir qu'elle "refuse de reconnaître et d'accepter la nature changeante de la société française qui comprend un bon mélange de religions et de races désireuses de s'affirmer". Source : AFP, 13 février 2004

 

Fadlallah juge « discriminatoire » la loi sur le voile, mais appelle au calme


L'uléma chiite Mohammed Hussein Fadlallah a qualifié hier de « discriminatoire » le projet de loi adopté la veille en France interdisant le voile islamique dans les écoles publiques, soulignant toutefois qu'il ne fallait pas s'y opposer par la violence.
« Il s'agit d'un acte de discrimination religieuse envers une partie des élèves », a affirmé à l'AFP sayyed Fadlallah. « Nous estimons que cette loi cause du tort au principe de laïcité en France et bafoue les droits de l'homme », a-t-il ajouté.
« Il ne faut toutefois pas que la riposte des musulmans se traduise par des actes de violence », a poursuivi sayyed Fadlallah.
« Nous appelons au maintien du dialogue avec la France et avec l'Occident en général car les musulmans sont des citoyens à part entière dans plusieurs pays occidentaux et les gouvernants se doivent de respecter leurs opinions », a-t-il souligné.
« Je crains pour l'image de la France alors que ce pays, étant beaucoup plus proche des thèses arabes que les États-Unis, jouit d'un capital de sympathie », a-t-il dit.
« Cette loi va nuire à la France et aux musulmans qui représentent le cinquième de la population mondiale », a ajouté sayyed Fadlallah qui a salué « les positions d'une partie des Américains » sur ce sujet.
Le projet de loi interdisant le voile islamique et autres signes religieux « ostensibles » dans les écoles publiques françaises a été adopté en première lecture mardi par 494 voix contre 36 et 31 abstentions à l'Assemblée nationale.
Il sera ensuite voté par le Sénat (chambre haute) et entrera en vigueur à la prochaine rentrée scolaire, en septembre 2004.
Ce texte, jugé « islamophobe » par ses détracteurs en France et à l'étranger, a provoqué de vives protestations dans le monde musulman et au sein de la communauté islamique française.
Source : L'Orient-Le Jour, 12 février 2004

 

Manifestations estudiantines au Caire contre la loi française sur le port du voile


Plusieurs centaines d'étudiants ont manifesté jeudi dans les universités du Caire pour protester contre l'adoption, la veille par les députés français, d'un projet de loi interdisant le voile islamique dans les écoles publiques françaises. « Le voile, c'est la vie », « la démocratie française est un mensonge », « Le voile est une obligation de l'islam », proclamaient les banderoles brandies par quelque 400 étudiants, dont une grande proportion de jeunes filles voilées, à l'Université du Caire.
Source : L'Orient-Le Jour, 12 février 2004

 

L'interdiction du hijab aux fonctionnaires en Allemagne


Les parlements régionaux allemands sont en train d'examiner des projets de loi sur l'interdiction aux enseignantes de porter le hijab en cours. Le Parlement de Hesse à Wiesbaden examine un projet de loi présenté par la majorité démocrate-chrétienne qui veut interdire le port du foulard à toutes les fonctionnaires, et pas seulement aux enseignantes. En Rhénanie du Nord-Westphalie, la CDU a proposé une loi similaire, ce qui a provoqué une opposition des sociaux-démocrates et des Verts. les sociaux-démocrates sont partisans d'interdire le port du hijab aux seules enseignantes et puéricultrices, sauf si elles peuvent faire la démonstration qu'elles répondent à une obligation religieuse. Mais pour la CDU, "le foulard islamique est une démonstration politique, un symbole de l'oppression et du manque de liberté" et son interdiction n'a donc rien à voir avec la liberté religieuse.
Source : Die Tageszeitung, 11 et 12 février 2004

 

La France n'est pas aussi laïque (sécular) qu'elle le prétend - par CATHERINE FIELD Herald correspondent

The New-Zealand herald, 11 février 2004

http://www.nzherald.co.nz/storydisplay.cfm?storyID=3548489&thesection=news&thesubsection=world&thesecondsubsection=

11.02.2004

PARIS - Maisons-Laffitte est une banlieue chic de Paris au bord de la Seine.

Son imposant château du 17ème siècle couleur crème attire les jeunes mariés qui l'utilisent comme décor pour les photos de leur grand jour.

La rue principale se targue de ses magasins élégants montrant de belles marchandises comme des pâtisseries artisanales, des fromages fermiers et des colliers incrustés de diamants.

La ville évoque avec éloquence la bourgeoisie française, une tribu habituellement décrite comme conservatrice, Catholique et riche et souvent raillée comme fermée ou suffisante.

Aussi le fait que l'ouverture d'un lycée dans cette banlieue ait suscité des accusations d'hypocrisie montre les difficultés pour réconcilier un Etat laïc avec sa majorité catholique et son importante minorité musulmane.

En novembre dernier, la nouvelle à Maisons-Laffitte était qu'un nouveau lycée serait construit.

Avec une population de juste 21,000 habitants, le secteur est sous le seuil démographique qui permet de faire construire un lycée par le Ministère de l'Education nationale. Le nouveau lycée, qui ouvrira en 2005, sera construit et géré par l'Église catholique, avec l'aide de subventions d'Etat.

Ce type d'arrangement existe en France depuis plus de 150 ans.

En échange du financement par l'Etat d’environ 80 pour cent des dépenses, les écoles confessionnelles doivent respecter les programme d'enseignement nationaux et ne peuvent pas refuser des élèves au motif de leur foi. L'instruction religieuse doit être minimale. Il y a près de 900 écoles de ce genre à travers le pays.

L'homme derrière l'opération pour implanter un lycée à Maisons-Laffitte est son maire, Jacques Myard, qui est aussi le DÉPUTÉ du secteur.

Il est un défenseur féroce de la séparation de l'église et de l'Etat et soutient la loi proposée pour interdire le port de foulards Musulmans et d'autres symboles religieux dans les écoles d'Etat.

Les sondages d'opinion montrent qu'environ 70 pour cent des Français soutiennent la loi sur laquelle le Parlement devait voter hier.

Myard exige aussi que le Ministre de l'Education nationale enquête sur les activités du seul lycée Musulman qui fonctionne à plein temps dans le pays et qui s'est ouvert dans une ville du nord, à Lille en septembre dernier.

"Quand vous avez une école privée vous devez vous soumettre au programme pour les cours. J'ai demandé au Ministre de l'Education nationale de vérifier si cette école Musulmane à Lille le fait," dit Myard. "Ma crainte est qu'un jour ils puissent enseigner des choses contraires à l'ordre public français."

Les militants d'une séparation claire et stricte de l'église et de l'Etat sont indignés.

"Ce qui nous dérange le plus c’est que de l’argent public, autrement dit nos impôts, est employé pour financer la gestion d'une école religieuse. Ce n'est pas le rôle de l'Etat de s’impliquer dans des questions religieuses," dit Sam Ayache, de la Fédération des Libres Penseurs , un groupe qui défend la tradition laïque de la France.

"M. Myard s'offusque quand un lycée Musulman a été créé dans le nord de la France, mais il est satisfait quand il s’agit d’installer un lycée Catholique dans sa propre circonscription."

Ce débat tourbillonnant autour de l'école de Maisons-Laffitte est un exemple de la façon de penser à travers la France. Une majorité du public est à l'aise avec le financement public d'écoles Catholiques du moment que s’exerce le contrôle adéquat.

Mais il reflète aussi une tradition de soupçon envers l'Islam.

La querelle illustre les contradictions d’un état laïc dans sa protection des droits de la grande majorité Catholique et l’intégration de la minorité Musulmane forte de cinq millions de personnes.

La France respecte les jours sacrés Chrétiens, mais garde aussi la séparation de l’église et de l'Etat. Encore qu’il existe un lien tacite entre l'Etat et la religion ,et la religion avec qui l'Etat a des relations est le catholicisme.