| L'Assemblée
national votera la loi le mardi 10 février
Les députés ont achevé jeudi soir l'examen en première
lecture du projet de loi "encadrant, en application du principe de laïcité,
le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles,
collèges et lycées publics".
L'Assemblée se prononcera mardi prochain sur l'ensemble de ce texte que
le Sénat examinera à son tour les 2 et 3 mars. L'immense majorité du
groupe UMP votera le texte. Deux ou trois de ses membres, comme Alain Madelin,
voteront contre, et quelques-uns s'abstiendront.
Le groupe socialiste, qui arrêtera sa position mardi matin, devrait voter
en faveur du texte, le gouvernement et l'UMP ayant finalement accepté plusieurs
de ses amendements. La majorité du groupe UDF devrait voter contre ou
s'abstenir, tout comme le groupe communiste et républicain (PCR).
Le débat, qui a bénéficié d'une organisation exceptionnelle
avec quelque 120 orateurs inscrits pour une discussion générale
d'une durée de 21h30, a été marqué par les interventions
du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui a ouvert la discussion. Sont également
intervenus le ministre de l'Education nationale Luc Ferry, des présidents
de groupe ou de dirigeants politiques comme Marie-George Buffet, secrétaire
nationale du PCF, François Bayrou, président de l'UDF, Alain Juppé,
président de l'UMP, ou bien encore Laurent Fabius (PS).
Noël Mamère (Verts), qui a participé à une manifestation
mercredi aux abords du Palais-Bourbon qui n'a rassemblé qu'environ 200
personnes, a dénoncé une loi "de circonstance dangereuse,
qui vise à stigmatiser la deuxième religion de France".
Le texte sur lequel les députés vont se prononcer mardi a été légèrement
modifié par la commission des Lois, qui a adopté plusieurs amendements
dont un de synthèse présenté par son président, Pascal
Clément (UMP) et qui reprend celui déposé par René Dosière
(PS) et l'autre par Gérard Léonard (UMP).
Le texte est composé des trois articles du projet initial auxquels il
en a été ajouté un autre adopté sous forme d'amendement.
Le premier dispose que "dans les écoles, les collèges et les
lycées publics, le port de signes ou tenues par lesquels les élèves
manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit".
L'amendement de Pascal Clément, entériné en séance
et qui complète l'article premier, dispose que "le règlement
intérieur rappelle que la mise en oeuvre d'une procédure disciplinaire
est précédée d'un dialogue avec l'élève".
L'article 2 précise que la loi s'appliquera dans les îles Wallis
et Futuna, à Mayotte et en Nouvelle-Calédonie dans les établissements
publics d'enseignement du second degré relevant de la compétence
de l'Etat.
L'article 3 précise que les dispositions de la loi "entrent en vigueur à compter
de la rentrée de l'année scolaire qui suit sa publication".
L'article 4, introduit sous forme d'amendement, dispose que les dispositions
de la loi feront "l'objet d'une évaluation un an après son
entrée en vigueur". Ceci afin, "le cas échéant,
de modifier le dispositif et d'intégrer dans la loi le terme plus clair
de 'visible'", explique l'exposé des motifs de l'amendement du
groupe PS.
Un autre amendement socialiste entériné modifie le titre du texte,
ainsi rebaptisé : projet de loi "encadrant, en application du principe
de laïcité, le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance
religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics" et
non plus projet de loi "relatif à l'application du principe de laïcité dans
les écoles, collèges et lycées publics".
Source : Reuters, 5 février 2004
Envoyez
un e-mail aux députés !
Pour faciliter l'envoi de votre protestation contre la loi sur
l'interdiction des « signes religieux ostensibles », le Collectif Contre l'Islamophobie
en France met à votre disposition un formulaire simple de saisie et
d'envoi d'emails à tous les députés de l'Assemblée
Nationale : http://islamophobie.net/dpml/
Vous pouvez donc soit reprendre le courrier modèle proposé sur
le site, soit écrire directement le vôtre et l'expédier.
Collectif Contre l'Islamophobie en France. Mail : contact@islamophobie.net
. Site : http://www.islamophobie.net/.
Tél. : 06.21.29.68.80
Grève
de la faim contre le projet de loi antihijab
Estimant que la Démocratie est l'art de régler les désaccords
entre les citoyens et l'Etat d'une façon civilisée et non pas
de façon sécularisée, nous, Hajar Ajimi et Sofia Rahem,
décidons d'entamer une Grève de la Faim à dater du mercredi
4 février 2004 ; et ce en qualité de citoyennes françaises
de confession musulmane, témoins directs de cette affaire, ressentant
un goût amer d'un dialogue inachevé et d'une victoire de l'intolérance
: Tant il est vrai que la commission Stasi à été en charge
de mener à bien le débat autour du port du Voile, nous estimons,
nous, citoyennes de la République Française, que nos droits les
plus fondamentaux d'_expression et de conscience ont été bafoués
et qu'il faudrait donc rétablir un discours plus juste et dépassionné.
- Parce que les Droits de l'Homme n'appartiennent à aucun gouvernement
et ne se limitent à aucun continent car ils sont inhérents à l'humanité même
!
- Parce que l'Ecole de la République doit offrir la Liberté à chacun
de choisir ses références pour se construire.
- Et parce que 65 Millions de Femmes dans le monde n'ont pas accès au
savoir (Unicef)
Nous invitons les citoyens et les citoyennes du monde entier soutenant notre
cause à signer cette pétition
Site : www.Gfaim2savoir.com. Courriel : info@Gfaim2Savoir.com . Tél.
06.13.98.67.70
A
propos de notre misère ici
par Gilbert Léonard, 6 février 2004
Nous ne perdrons pas notre énergie,
à nous battre contre ceux qui exploitent notre misère;
car même après les avoir vaincu,
notre misère sera encore présente.
Nous réservons notre énergie,
pour travailler avec ceux qui veulent éliminer notre misère;
car quand notre misère disparaitra,
ceux qui l'exploitent seront vaincus.
Arrêtez de nous parler de ceux qui veulent nous récupérer,
C'est de la diversion.
Arrêtez de nous parler du voile,
Vous vous voilez la face.
Arrêtez d'accuser les Musulmans,
Beaucoup d'entre nous ne sont pas Musulmans.
Arrêtez d'accuser les Arabes,
Beaucoup d'entre nous ne sont pas Arabes.
Arrêtez d'accuser les Noirs,
Beaucoup d'entre nous ne sont pas Noirs.
Arrêtez d'accuser les issus de l'immigration,
Beaucoup d'entre nous sont tout simplement Français.
Notre misère ici,
Ce n'est pas le voile.
Ce n'est pas la religion.
Ce n'est pas la pluri-culturalité.
Ce n'est pas la couleur de notre peau.
Notre misère ici,
C'est quand l'école nous rejette.
C'est quand on nous refuse un travail juste parce que ...
C'est quand on nous refuse un logement sous des prétextes fallacieux.
C'est quand quel que soit notre âge, Madame protège ostensiblement
son sac à main quand nous approchons.
C'est quand nous constatons que notre grande soeur avec un diplôme de 3eme
cycle est femme de ménage.
C'est quand nous constatons que notre grand frère avec un diplôme
de 3eme cycle est gardien de nuit.
C'est quand on nous accuse de tous les maux.
La vérité,
C'est que la société nous humilie tous les jours,
Elle humilie nos parents, nos aînés.
Elle élimine tous nos repères.
La société nous refuse.
Le
voile fait aussi désordre à l'extrême gauche
par Caroline Monnot, Le Monde, 7 février 2004
La question du foulard sème la zizanie dans la liste d'extrême
gauche aux élections régionales en Provence-Alpes-Côte
d'Azur (PACA). Non pas entre la Ligue communiste révolutionnaire (LCR)
et Lutte ouvrière (LO), dont les positions sur ce sujet sont éloignées
: la première défend l'option "ni loi ni voile", quand
la seconde est favorable à l'interdiction.
Le différend court au sein de la LCR elle-même. Trois de ses militants
d'Aix-en Provence ont annoncé leur retrait de la liste commune, et l'un
de ses animateurs historiques localement, Rémi Jean, s'est mis en congé de
ses responsabilités.
Au c¦ur de la polémique, la décision de la LCR des Bouches-du-Rhône
de ne pas présenter, sur son quota de candidats, une personnalité dite
d'ouverture : Benoît Hubert, avocat à Aix-en-Provence et cofondateur
d'une association - Aix Solidarité - de lutte contre les discriminations.
Très engagé contre le projet de loi interdisant les signes religieux à l'école,
M. Hubert a participé le 17 janvier au défilé organisé contre
le texte par le collectif des musulmans de Marseille. Une manifestation qui,
dit-il, "n'avait rien à voir avec celles de Paris ou de Strasbourg,
organisées par le Parti des musulmans de France de Mohamed Latrèche".
Tout en reconnaissant que les défilés n'étaient pas comparables,
les militants marseillais de la LCR ont tiqué et réclamé un
nouveau vote sur la candidature de M. Hubert, soutenue par les Aixois. Cette
fois, elle fut mise en minorité.
Depuis, à la Ligue, Aixois et Marseillais se regardent en chiens de
faïence. Et la température est montée d'un cran avec la
mise en circulation d'une lettre ouverte signée de l'universitaire Vincent
Geisser. Prenant fait et cause pour M. Hubert, il y dénonce "le
nouveau front antivoile d'Arlette Laguiller à Jean-Marie Le Pen en passant
par la LCR, le PS et l'UMP". "Tout cela prend une ampleur déraisonnable,
explique Samuel Johsua, tête de liste LCR en PACA.L'élément
central, c'est que la liste LCR-LO souhaite rester cadrée sur les questions
sociales. Or la présence de M. Hubert aurait polarisé la campagne
sur la question du voile". "Qu'il y ait débat entre nous sur
la question du foulard, c'est normal. Ce qui ne l'est pas, c'est qu'on récuse
un candidat d'ouverture pour ce motif", rétorque Rémi Jean,
le chef de file des protestataires.
Un tribunal administratif allemand autorise la délivrance d'un passeport à une
femme portant le hijab
Le tribunal administratif de Kassel a émis une sentence au terme de
laquelle la ville de Kassel est obligée de délivrer un passeport
allemand à une citoyenne d'origine turque ayant fourni une photo d'identité avec
un hijab. La ville avait refusé de délivrer le passeport, en
arguant que l'obligation de porter un hijab sur une photo d'identité devait être
attestée par une autorité religieuse. Le tribunal a jugé que
ce n'était pas nécessaire et qu'il était suffisant que
l'intéressée considère que c'était une obligation
d'être photographiée avec un foulard. La ville peut maintenant
faire appel de la décision.
Source : Die Tageszeitung, 5 février 2004
Les
Länder allemands contre le hijab pour les enseignantes
Le Parlement régional du Bade-Wurtemberg, à Stuttgart, examine
une projet de loi déposé par la majorité chrétienne-démocrate,
qui interdit le port du hijab aux enseignantes, au nom de l'interdiction de "manifestations
extérieures mettant en danger ou troublant la neutralité du Land
ou la paix scolaire", mais aussi parce que le port du foulard "enfreint
les droits constitutionnels fondamentaux", en l'occurrence l'égalité entre
l'homme et la femme. Cet angle d'attaque est partagé par le juriste
Ulrich Battis, sollicité pour donner un avis d'expert par les sociaux-démocrates
qui gouvernent le Land de Rhénanie du Nord-Westphalie, à Dusseldorf.
Le projet de loi du Bade-Wurtemberg doit encore être soumis à l'avis
de la Cour fédérale constitutionnelle, aux yeux de laquelle il
a peu de chances de trouver grâce, dans la mesure où il introduit
une discrimination religieuse, interdite par la Constitution allemande. C'est
la Cour, qui, dans un jugement rendu le 24 septembre dernier, avait jugé que
les Länder devaient édicter une législation sur le port
du hijab, mais en respectant l'obligation de traiter sur un pied d'égalité toutes
les religions. Un vrai casse-tête pour les législateurs régionaux.
Source : Die Tageszeitung, 5 février 2004
En
Norvège, l'étoile de David, « symbole politique »,
interdite à un enseignant
La direction d'un centre de formation norvégien pour adultes a interdit à l'un
de ses professeurs de porter, pendant ses cours, une étoile de David,
considérée comme un « symbole politique », a rapporté hier
la radio publique NRK. « L'étoile de David dans la situation actuelle
est un symbole pour l'une des deux parties dans le conflit probablement le
plus enflammé du moment », a expliqué Kjell Gislefoss,
recteur du centre de formation pour adultes de Kristiansand, ville du sud de
la Norvège. N'étant pas juif lui-même, Inge Telhaug, l'enseignant
concerné par l'interdiction, a défendu son droit à porter
l'étoile de David au nom de la liberté d'_expression. Pays où le
luthérianisme est religion d'État, la Norvège autorise
le port des symboles religieux dans les lieux publics.
Source : L'Orient-Le Jour, 6 février 2004
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