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Raffarin
: "Certains signes religieux prennent un sens politique"
Jean-Pierre Raffarin a lancé mardi une nouvelle mise en garde aux extrémistes
tentés de transformer la religion en "projet politique" et
a tendu la main aux Français issus de l'immigration, auxquels il a promis
de remédier aux "échecs de l'intégration".
Le Premier ministre avait tenu à ouvrir lui-même à l'Assemblée
nationale le débat parlementaire sur le projet de loi, voulu par Jacques
Chirac mais très controversé, interdisant le port ostensible
de signes religieux à l'école.
Ce projet de loi "n'est pas dirigé contre une population ou contre
une religion (...) La neutralité n'est pas la négation",
pas plus que la laïcité n'est "le refus de la religion",
a-t-il dit.
Il ne s'en est pas moins adressé plus particulièrement aux
cinq millions de musulmans de France.
" Pour (la religion) la plus récemment arrivée, je veux parler
de l'islam, la laïcité est une chance, la chance d'être une
religion de France", a-t-il lancé.
Le texte vise à "faire partager à ceux qui nous ont rejoints
plus récemment" les valeurs de la République mais aussi à défendre "sans
faiblesse" ces valeurs, en marquant "la frontière entre ce
qui est acceptable et ce qui ne l'est pas".
" L'intégration est un processus qui suppose une volonté réciproque
(...), c'est le choix d'un mode de vie, c'est une adhésion à une
certaine façon de voir le monde, propre à la France", a souligné le
Premier ministre. Une vision du monde "où la religion et la politique
sont indépendantes, où l'Etat est neutre, où toutes les
religions sont respectées."
C'est pourquoi l'Etat "protecteur de la liberté de conscience se
doit d'intervenir quand le prosélytisme, le repli communautaire, le
refus d'égalité entre les sexes menacent cette liberté fondamentale",
a-t-il poursuivi.
" L'ambition de ce texte est de répondre à ceux qui voudraient
mettre leur appartenance communautaire au-dessus des lois de la République",
a ajouté Jean-Pierre Raffarin. "Dans la République française,
la religion ne peut pas, ne doit pas être un projet politique."
L'avertissement visait de toute évidence les intégristes islamistes,
pour qui religion et projet politique ne font qu'un.
Jean-Pierre Raffarin a d'ailleurs enfoncé le clou en estimant que "certains
signes religieux", comme le "voile islamique", prenaient "de
fait un sens politique" et ne pouvaient plus être seulement considérés "comme
des signes personnels d'appartenance religieuse".
" Certains voulaient savoir jusqu'où ils pouvaient aller. Nous leur
donnons aujourd'hui une réponse. Il était temps pour la République
de rappeler ses grands principes et de rappeler et de fixer des limites claires,
pratiques et opérationnelles", a-t-il ajouté.
Jean-Pierre Raffarin a cependant admis que l'idée d'égalité des
citoyens, "au coeur du projet républicain", était "parfois
malmenée, au détriment souvent de ceux qui se sentent rejetés
par notre pays, alors même qu'ils sont des Français à part
entière, des Français comme les autres".
" Nos valeurs leurs paraissent pourtant parfois inaccessibles. Notre devoir
est de créer les conditions du partage de ces valeurs", a ajouté le
Premier ministre qui a promis que ce projet de loi serait un "point de départ".
" Nous devons traiter les causes des problèmes et pas seulement leurs
conséquences. C'est ainsi que nous combattrons le plus efficacement et
le plus profondément les communautarismes qui nous menacent. A nous maintenant
de faire en sorte que la République tienne sa promesse, qu'elle réponde
aux échecs de l'intégration."
Il a appelé de nouveau de ses voeux une "mobilisation positive
pour l'égalité des chances", notamment en matière
d'emploi et de formation.
Il a souhaité que le respect des grandes fêtes religieuses autres
que les fêtes chrétiennes "ne pénalise aucun élève" et
que se développe l'enseignement du fait religieux et de l'histoire
des immigrations.
Jean-Pierre Raffarin s'est également voulu rassurant pour ceux que le
projet de loi sur la laïcité inquiète.
" N'ayons pas peur des réactions que pourrait provoquer ce texte",
a-t-il déclaré. "Les modérés, ceux dont on craint
l'incompréhension, savent très bien que ce n'est pas à eux
que profiterait la faiblesse de la République."
Il a enfin demandé "solennellement" à tous les députés,
de toutes convictions, à se "rassembler autour de ce texte".
Il avait auparavant annoncé que le gouvernement acceptait l'introduction
d'un amendement déposé par l'UMP et les députés
socialistes, qui prévoit que toute sanction contre un élève
en infraction devra être précédée d'une tentative
de régler le problème par le dialogue.
Source : Reuters, 3 février 2004
84%
des enseignants favorables à l'exclusion des élèves
portant le hijab
Une grande majorité d'enseignants (84%) se déclare favorable à l'exclusion
d'une élève voilée si aucun compromis ne peut être
trouvé, révèle mercredi 4 février un sondage CSA
pour le Monde et la Vie.
Selon cette enquête réalisée du 22 au 24 janvier auprès
de 504 enseignants de collèges et de lycées publics, 65% des
sondés sont favorables à la recherche d'un compromis suivi, en
cas d'échec, de l'exclusion de l'élève, 19% exigent le
retrait du voile sous peine d'exclusion. Seuls 15% refusent d'exclure un élève,
même sans compromis.
Le sondage révèle également que la laïcité n'est
pas le soucis principal des enseignants. Elle n'arrive qu'en onzième
position dans la liste de leurs préoccupations, loin derrière
l'échec scolaire, la défense du service public ou les relations
parents-professeurs.
Source : Reuters, 4 février 2004
Solidarité de
femmes sénégalaises avec leurs "soeurs martyrisées" en
France
Les femmes militantes du Mouvement de la Réforme pour le Développement
Social (MRDS, opposition) ont dénoncé Œ'avec vigueur l'attitude
irresponsable des autorités françaises devant l'affaire du Œmorceau
d'étoffe''', allusion faite à la prochaine promulgation d'un
texte de loi interdisant le port de voile dans les établissements scolaires
en France. Les femmes du MRDS, interpellent, dans un communiqué reçu
mardi à l'APS, "tous les défenseurs des droits de l'homme
et de la femme, au Sénégal et ailleurs, pour la condamnation
de cette discrimination''.
Elles en appellent également à la solidarité des femmes
sénégalaises envers Œ'nos soeurs actuellement martyrisées
par le gouvernement Chirac-Raffarin''. Avec cette attitude, "le clan de
Chirac vient de reléguer l'hexagone au rang des pays les plus arriérés
au plan démocratique et humanitaire'', note le texte se demandant : "dans
quel pays au monde a-t-on idée d'interdire aux femmes de s'habiller
de manière décente ?''.
" C'est la honteuse prouesse que viennent de réussir Jacques Chirac
et son gouvernement : interdire aux jeunes filles le choix délibéré d'un
habillement décent et correct au moment ou le nudisme est célébré dans
la rue, dans la presse et dans les établissements scolaires'', soulignent
les femmes du MRDS qui se demandent : "quelle place est donc réservée à la
liberté de choix dans cette affaire ?''
" Vouloir interdire le port du voile, obligation religieuse, dans les établissement
scolaires publics, c'est simplement cantonner les filles musulmanes chez elles,
car c'est l'endroit où il leur est permis, en l'absence d'hommes étrangers,
de ne pas porter le voile'', estime le texte qui souligne : "Où est
la Liberté sans liberté de culte et de choix ? Où est l'Egalité lorsqu'une
frange importante de la société est privée d'accès
au savoir ? Qu'adviendra-t-il de la Fraternité dans une société où l'intolérance
prend le dessus sur le raisonnement ? La France politique, précisément
celle qui est aux affaires, vient de piétiner sa devise'', note le texte.
Source : Agence de presse sénégalaise, 3 février 2004
04/02/04
- Quand le "maccarthysme anti-voile" gagne l'extrême
gauche : Exclu de la liste LO-LCR pour participation à une "manifestation
musulmane"
Le 17 janvier 2004, la Coordination des musulmans de Marseille
(COMUM) organisait une manifestation contre le projet de loi
interdisant les signes religieux l'école.
Cette coordination regroupe des associations musulmanes de l'agglomération
marseillaise et certains de ses animateurs siègent au Conseil régional
du culte musulman (CRCM). Les organisateurs de la manifestation marseillaise
avait clairement pris leurs distances avec la manifestation parisienne, organisée
le même jour, par le Parti des musulmans de France (PMF) de Mohamed Latréche,
rejetant toute exploitation communautariste de la mobilisation contre le projet
de loi. La manifestation marseillaise se voulait être un "contre-feu
républicain" aux positions radicales du PMF. Pour ces raisons, des
personnalités de la société civile aixo-marseillaise, connues
pour leur engagement dans les combats des droits de l'homme, avaient décidé de
s'associer à titre individuel l'initiative de la COMUM. Parmi elles, l'avocat
Benoît Hubert, membre fondateur de l'association "Aix-Solidarité",
adhérent de la Ligue des droits de l'homme, et ancien président
du Comité pour la libération du franco-tunisien Mehdi Zougah. Benoît
Hubert est une personnalit publique respectée, appréciée
pour ses nombreux engagements en faveur de la défense des libertés.
C'est d'ailleurs à ce titre ("personnalité de la sociét
civile"), qu'il figurait jusqu'à récemment sur la liste LO-LCR
pour les élections régionales 2004.
Aperçu dans la manifestation dite "musulmane", l'avocat Benoît
Hubert fut immédiatement dénoncé : les instances locales
de la LCR décidèrent deux jours plus tard de l'exclure définitivement
de la liste LO-LCR pour le motif suivant : participation à "manifestation
islamiste".
On appréciera au passage l'extrême tolérance et ouverture
de notre extrême gauche marseillaise qui "surfe", elle-aussi,
sur la nouvelle "vague maccarthyste anti-musulmane", rejoignant en
cela les partisans d'un "national laïcisme" qui, sous couvert
de la défense des droits de la femme, viennent renforcer un repli sur
une "francité sécuritaire". A ce titre, ceux qui s'illusionnaient
sur la prétendue "fibre révolutionnaire" de nos chers
camarades de LO et de la LCR seront probablement dçus. La lutte des classes
a ses limites que la raison républicaine ignore ! Le nouveau front anti-voile
d'Arlette Laguiller à Jean-Marie Le Pen, en passant par la LCR, le PS
et l'UMP, est bien une réalité : la lutte contre la prétendue "menace
d'islamisation de la France" est devenue la nouvelle cause nationale de
nos hommes et de nos femmes politiques en panne d'imaginaire républicain
!
Une
majorité d'Allemands
pour l'interdiction du hijab
Plus de la moitié des Allemands âgés de plus de 16 ans considèrent
le hijab comme une déclaration politique réprimant les femmes et
estiment qu'il est en conflit avec la culture occidentale, selon un sondage publié lundi
2 février.
Le débat sur le hijab chez les enseignants est ouvert en Allemagne depuis
que la plus haute juridiction allemande a statué en septembre que les
foulards pouvaient être autorisées, à moins que la législation
du land ne l'interdise spécifiquement.
Le mois dernier, le président Johannes Rau s'est exprimé sur le
port du hijab par les enseignantes musulmanes, déclarant que s'il devait être
interdit, alors les symboles religieux chrétiens et juifs devaient l'être
aussi.
Mais selon un sondage de l'institut Allensbacher, 53% des Allemands âgés
de plus de 16 ans ne sont pas d'accord avec M. Rau, et estiment que le voile "représente
la répression de la femme et n'est donc pas en adéquation avec
notre culture".
Seuls 28% des 1.065 Allemands interrogés entre le 10 et le 20 janvier
derniers ont exprimé leur accord avec le président allemand, tandis
que 19% des personnes interrogées se sont déclarés indécises
sur le sujet.
Le chancelier Schröder, a déclaré fin décembre qu'il
ne souhaitait pas que les enseignantes musulmanes soient autorisées à porter
le voile dans les écoles publiques. Le chancelier a souligné que
le hijab n'a "pas sa place" chez les fonctionnaires.
Jusqu'à présent, trois Länder, la Bavière, le Bade-Wurtemberg
et la Basse-Saxe, ont proposé une loi interdisant aux enseignantes le
port du foulard, et plusieurs autres Länder allemands l'envisagent.
Source : AP, 3 février 2004
31/01/04 - Manifestation européenne des Sikhs à Paris
Un millier de membres de la communauté sikh venu de toutes
l'Europe ont manifesté samedi 31 janvier à Paris contre
le projet de loi sur la laïcité à l'école.
Les manifestants dénonçaient un texte qui empêchera
les Sikhs de porter le turban.
Sur les banderolles et pancartes, écrites en anglais, on pouvait
notamment lire: "Les turbans font partie de notre corps, pas de
notre garde-robe" ou "la
liberté religieuse est un droit de l'Homme fondamental".
source AP
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