La galaxie guantánamo
Khaled
El Masri craque
Khaled
El Masri, ce citoyen allemand d’origine libanaise qui avait été kidnappé
en Macédoine en 2003 et enfermé par la
CIA en Afghanistan, fait de nouveau parler de lui :
le jeudi 18 mai, suite à un différend avec une vendeuse, il a mis le
feu à un supermarché Metro à Ulm, en Allemagne, où il réside. Il a été
interné en asile psychairtique. Son avocat a expliqué qu’El Masri n’avait
reçu aucune aide psychologique après son retour en Allemagne, qui lui
aurait permis de surmonter le traumatisme causé par son odyssée aux
mains de la CIA et les tortures subies.
L’Éthiopie
a libéré 3 détenus de Suède
Le
ministère suédois des Affaires étrangères a annoncé que 3 détenus avait
été libérés pr l’Éthiopie et avaient pu regagner la Suède. Il s’agit de deux
ressortissants suédois et d’un résident étranger en Suède, qui avait
été capturés par l’armée kényane en janvier dernier et avaient été transférés
en Somalie puis en Éthiopie, avec plusieurs dizaines d’autres étrangers,
qui restent toujours détenus en Éthiopie.
Un
nouveau commandant pour le Goulag
L’Amiral Mark H. Buzby, 50 ans, vient de remplacer l’Amiral Harry Harris
à la tête de la prison de Guantánamo. Il a une double expérience, militaire
(dans le Golfe arabo-persique et dans les caraïbes) et bureaucratique
(à Washington), ce qui fera de lui un exécuteur zélé des ordres du Pentagone.
David
Hicks : après guantánamo, Yatala
Voici
le nouveau lieu de séjour de David Hicks, le « taliban australien »,
qui vient d’y être transféré : c’est le pénitencier de Yatala,
près d’Adelaïde, en Australie où Hicks devra purger les 7 mois qui lui
restent. Il a pu rencontrer son avocat et sa famille, écouter la radio
et commencer un semblant de vie normale.
Un
avocat militaire condamné à 6 mois de prison pour avoir transmis des
noms de détenus
Un avocat militaire américain actif à Guantanamo a été condamné
vendredi 18 mai à 6 mois de prison. Il a été reconnu coupable d'avoir
envoyé à une association des documents contenant les noms de centaines
de détenus de la base américaine.
La peine, prononcée à l'issue d'une semaine de procès devant une cour
martiale sur la base navale de Norfolk (Virginie, est), stipule aussi
que le capitaine de corvette Matthew Diaz, 41 ans, est renvoyé de la
marine après 20 ans de service. L'accusation avait requis sept ans de
prison.
Le Pentagone s'est longtemps refusé à publier les identités des centaines
d'hommes et adolescents détenus à Guantanamo, officiellement pour protéger
leurs proches et leur vie privée. Les premières listes, partielles,
ne sont parues qu'au printemps 2006, sur injonction de la justice fédérale.
Affecté pendant six mois entre fin 2004 et début 2005 comme conseiller
juridique sur la base navale américaine à Cuba, Matthew Diaz avait été
reconnu coupable jeudi d'avoir imprimé et transmis des informations
relatives à la défense nationale.
Dans les dernières semaines de son séjour à Guantanamo, M. Diaz avait
photocopié une liste de noms et l'avait adressée, pliée dans une carte
de Saint-Valentin, à une avocate du Centre pour les droits constitutionnels,
une association engagée dans la défense des détenus.
Reconnaissant qu'elle n'était pas en droit de posséder ce document,
elle avait elle-même informé l'armée. M. Diaz, qui avait plaidé non
coupable, a témoigné uniquement dans la phase du procès destinée à fixer
sa peine, expliquant qu'il avait agi de manière irrationnelle.
Source : ats, 19 mai 2007
Maroc:
Mohamed Slimani, ancien détenu de Guantanamo, acquitté
Un
ancien détenu marocain de Guantanamo a été acquitté en appel mercredi
par le tribunal antiterroriste de Salé, près de Rabat, alors que la
peine de deux autres a été réduite de trois de prison ferme à un an
de prison avec sursis, a indiqué une source judiciaire.
Mohamed Slimani, acquitté, avait été condamné en première instance en
novembre 2006 à cinq ans de prison pour activités terroristes, a ajouté
la même source citée par l'agence marocaine Map.
Deux autres anciens détenus de Guantanamo, Mohamed Ouâli et Najib Houssaini
ont vu leurs peines de première instance réduites de trois ans de prison
ferme à un an de prison avec sursis, et une amende de 1000 dirhams (100
euros environ) chacun.
La cour a retenu contre eux l'accusation de «falsification de document
administratif» alors qu'en première instance, ils ont été condamnés
notamment pour «constitution de bande criminelle», selon la même source.
Les trois anciens de Guantanamo ont été remis par les États-Unis au
Maroc en février 2005.
Entre 2004 et 2007, les États-Unis ont remis au royaume un total de
dix anciens détenus de Guantanamo. Cinq autres ayant la double nationalité
ont été livrés à la
France, à la Grande-Bretagne,
à la Belgique
et à l'Espagne.
Source : AFP, 16 mai 2007
Mystère: Qui est le tortionnaire
«Marouani» ?
Dans
son ouvrage «Les vols secrets de la
CIA», le journaliste Stephen Grey restitue des extraits
de l’audition de Binyam Mohamed par un avocat de l’ONG Reprieve qui
le défend.
Cet Ethiopien, résident légal
au Royaume-Uni, est accusé d’avoir des liens avec Al Qaïda et d’être
le complice présumé de José Padilla, un Américain accusé d’appartenir
à une cellule terroriste et un temps soupçonné d’avoir voulu préparer
une «bombe radiologique». Binyam Mohamed a été arrêté le 21 juillet
2002 au Pakistan, transféré au Maroc où il a été emprisonné et torturé
jusqu’au 22 janvier 2004, date à laquelle un avion de la
CIA l’a transféré de Rabat à Kaboul. Il a fini par
rejoindre Guantanamo le 20 septembre 2004. Pendant son séjour au Maroc,
Binyam affirme qu’il a été torturé par une équipe de huit hommes et
femmes dont un certain Marouane qu’il décrit en ces termes : «environ
1,85 mètre, 100 kilos, la peau sombre, les yeux marrons, rasé de près.
Binyam le désigne également comme le chef des tortionnaires, celui qui
décidait des sévices, y compris des entailles effectuées sur son sexe
à l’aide d’un couteau (cf. bonnes feuilles du livre «Les vols secrets
de la CIA»).
Binyam ajoute également que ce «Marouane» fumait des cigarettes Marlboro
Light et possédait un téléphone portable Motorola Wing.
Ressemblance frappante. Fait troublant, un autre «restitué», Abou Elkassim
Britel, parle, lui, d’un tortionnaire marocain nommé «Marouani». Britel
est un italo-marocain qui a été capturé au Pakistan et transféré à Rabat
le 24 mai 2002 dans un jet privé de la
CIA. La description physique qu’il fait de son «Marouani»
évoque celle du «Marouane» de Binyam : «Marouani a la trentaine, est
corpulent, de grande taille et fume beaucoup», affirme Britel qui l’a
bien connu. «En effet» reprend-il, «Marouani menait mes interrogatoires
et m’a dit qu’il appartenait à la
DST. Il m’a torturé en me giflant, m’insultant et en
me frappant. Lorsque j’ai été remis en liberté, il m’a donné de l’argent
: 5 000 dirhams en trois mois avec lesquels j’ai vivoté. Il a essayé
de me convaincre de retourner vivre en Italie pour que je serve d’indicateur
à la DST
dans les milieux islamistes et se rendait souvent à mon domicile, à
Kénitra. Il se déplaçait en Fiat Uno de couleur vert olive».
Lire aussi
Source :
lejournal-hebdo.com
Avec "Sicko", Michale Moore s'attaque au système
de santé américain
Le
réalisateur a présenté en avant-première son nouveau documentaire, très
applaudi par la presse à l'issue de la projection.
Michael Moore
a sorti une fois de plus sa caméra assassine pour dénoncer les travers
d'une certaine Amérique et pourfendre avec force le système de santé
des Etats-Unis.
Avec "Sicko",
qui doit sortir le 29 juin dans son pays, Moore tente une brève étude
comparée des systèmes de santé aux Etats-Unis, au Canada, en Grande-Bretagne,
en France et à Cuba.
Le documentaire,
très apprécié et applaudi lors de sa projection de presse, a été présenté
au Festival de Cannes hors compétition, samedi 19 mai dans la matinée.
Le cinéaste-imprécateur
s'attache à démontrer les horreurs d'une médecine entièrement privée
et soumise aux diktats des compagnies d'assurance aux Etats-Unis, face
aux bienfaits d'une médecine publique, gratuite ou presque, dans les
autres pays cités.
Moore, qui
reçut la Palme d'or en 2004 avec son
pamphlet anti-Bush " Farenheit 9/11 ", récidive et "Sicko"
semble poursuivre la croisade ouverte avec le documentaire précédent,
tant Moore insère à quelques reprises la figure présidentielle à des
moments judicieusement choisis.
Témoignages
Pour préparer
ce documentaire, Moore a simplement demandé aux Américains intéressés
de leur adresser par courriel leur témoignage sur leurs démêlés avec
les assureurs-maladie. Il affirme qu'au bout d'une semaine, il avait
reçu plus de 25.000 de ces témoignages.
Comme à son
habitude, le cinéaste de "Roger and Me" et de "Bowling
for Columbine" fait plus dans la dénonciation énergique que dans
l'analyse fine, et la conclusion que l'on pourrait tirer de son documentaire
pourrait se résumer par la formule suivant: c'est l'enfer outre-Atlantique
en matière de santé publique; la situation est, en revanche, idyllique
ailleurs.
C'est une
limitation sans doute inhérente à l'exercice mais là où la méthode Moore
excelle, c'est dans le témoignage individuel, qui paraît difficile à
réfuter et semble bien attester de situations véritablement absurdes,
qui prêteraient à rire, si leurs conséquences n'étaient pas tragiques.
A Guantanamo
Entre des
patients que les hôpitaux renvoient par taxi, sans même qu'ils aient
le temps de se rhabiller ou qu'on leur détache leur perfusion parce
qu'ils ne peuvent plus payer, et des pompiers et bénévoles du 11 septembre
2001 qui n'ont pas davantage les moyens de se soigner, le tableau dépeint
par le documentariste, haut en couleurs et très controversé, est tout
simplement révoltant.
Apprenant
par la télévision que les "combattants ennemis" du pénitencier
de Guantanamo sont excellemment soignés, Moore a l'idée farfelue d'affréter
trois bateaux pour emmener avec lui les différentes personnes lésées
par le système de santé américain qu'il a pu rencontrer dans son documentaire.
Le but est
de les emmener se faire soigner… à Guantanamo. Il est évidemment obligé
de renoncer à ce projet, mais pas à celui d'aller faire examiner sa
petite troupe dans les hôpitaux cubains avec des résultats présentés
comme remarquables.
"Où est passée notre âme ?"
Un moment
émouvant est celui où des "soldats du feu" cubains rendent
hommage à trois de leurs homologues américains, atteints de graves troubles
respiratoires en raison du temps qu'ils ont passé dans les décombres
du World Trade Center, à la recherche de survivants.
"J'essaie
d'explorer des idées et des problèmes de première importance et, dans
ce cas-là, la question qui se pose est celle de savoir où nous allons
en tant que peuple", a expliqué Moore lors d'une conférence de
presse. "Pourquoi nous comportons-nous de la sorte? Que sommes-nous
devenus? Où donc est passée notre âme".
Cela étant,
la croisière inopinée de Moore à Cuba n'a pas été du goût des autorités
américaines, qui ont ouvert une enquête.
"C'est
moi-même qui fait l'objet d'une enquête et qui suis donc passible de
sanctions pécuniaires, voire de la prison, et évidemment je ne prends
pas ça à la légère", dit-il.
Source : nouvelobs.com
avec Reuters
La base est grande, et
Thomas J. Queen est depuis aujourd’hui son prophète
De
Guantanamo à Sigonella.
par Marco Boccitto,
il manifesto, 19 mai 2007
Sigonella :
50 ans de colonie armée US en Sicile. Un plan baptisé très modestement
« Mega », sur lequel ni les institutions, ni la mafia n’ont
trouvé à redire.
Il
se pourrait que l’information, datée du IXème siècle, sur le péril imminent
d’une invasion en Sicile par les armées musulmanes, ne soit arrivée
que maintenant sur le bureau de Georges Bush. Qui, pour ne pas se faire
avoir sur les délais par les contractors normands, a immédiatement envoyé
sur place un expert du secteur. Ladies and gentlemen, voici avec nous,
arrivant directement de Guantanamo, le commandant Thomas J. Queen, le
nouveau boss de la base de Sigonella (Sicile, NDT), qui depuis presque
50 ans est la reine des colonies armées Usa en Méditerranée. L’investissement
le plus massif et rémunérateur dans la région, centre de gravité de
la guerre permanente dans les Balkans, en Afrique et au Moyen-Orient.
C’est à Sigonella que nous ramènent les tracés radar d’un long sillage
de petites et grandes affaires incluant les coups de matraque à Kadhafi,
les deux guerres du Golfe, les raids au Soudan et en Somalie, les bombes
sur Belgrade et les allées venues organisées par les tour operators
de la Cia
pour transférer à Guantanamo des centaines de sujets capturés un peu
partout dans le monde, et suspectés peut-être de vouloir envahir, un
jour, la Sicile. Voilà,
le commandant Queen a servi dans l’Administrative Review of the Detention
of Ennemy Combatants, la commission qui, dans le lager extraterritorial
de Guantanamo joue à pair et impair le destin de ces fantômes hors-la-loi
en combinaison orange qui ont si peu fait battre le cœur des nations
juridiquement évoluées, genre la notre (la notre aussi, NDT). Aujourd’hui,
Sigonella aussi est en impétueuse expansion. D’espaces et de fonctions.
Elle se présente déjà comme un énorme agglomérat de structures, hommes,
armements nucléaires et éco-engins de guerre variés, en regard de quoi
la base Dal Molin de Vicenza est une caserne de carabiniers de village.
Et on en est maintenant à la phase d’achèvement de la quatrième tranche
de travaux de centaines de millions d’euros qui vont servir à améliorer
la capacité opérationnelle de la base et à accueillir des milliers de
nouvelles recrues. Un plan baptisé très modestement « Mega »,
sur lequel ni les institutions, ni la mafia n’ont trouvé à redire.
La
base est grande, et Thomas J. Queen est depuis aujourd’hui son prophète.
Traduit
de l’italien par Marie-Ange Patrizio
Report
du procès en appel de 3 anciens détenus de Guantánamo
Le
procès en appel de trois anciens détenus de Guantánamo, Mohamed Slimani,
Mohamed Ouaâli et Najib Houssaini, condamnés en 1ère instance en novembre
2006 à des peines de 3 à 5 ans de prison pour activités terroristes,
a été reporté au 16 mai.
La Chambre
criminelle du 2ème degré de l'annexe à Salé de la Cour d'appel de Rabat a décidé
de reporter cette audience pour désigner de nouveaux avocats aux trois
prévenus dans le cadre de l'assistance judiciaire.
L'accusé Slimani, condamné à 5 ans de prison a comparu en état d'arrestation,
tandis que ses co-accusés Ouâali et Houssaini, qui avaient écopé d'une
peine de 3 ans de prison chacun, s'étaient présentés à la barre en état
de liberté provisoire.
Les trois personnes avaient été remises en février 2005 par les autorités
américaines à leurs homologues marocaines pour leur implication dans
des activités terroristes.
Elles sont poursuivies pour "constitution de bande criminelle",
"exercice d'activités au sein d'une association non reconnue"
"réunions publiques sans autorisation" et "falsification
de documents administratifs".
Source : http://www.albayane.ma/Detail.asp?article_id=63828
Diversification
dans le Goulag impérial
Les États-Unis vont construire un centre destiné
à accueillir des immigrants sur la base navale américaine de Guantanamo,
à Cuba. Cette annonce du Pentagone survient alors que les spéculations
sur l'état de santé du président cubain Fidel Castro vont toujours bon
train.
La société Islands Mechanical Contractors, basée en Floride, a remporté
l'appel d'offres de 16,5 millions de dollars américains pour concevoir
et construire un centre temporaire pour accueillir des immigrants à
Guantanamo. Il est prévu que la construction de ce centre, qui comprendra
des douches, des installations pour laver le linge et un système de
traitement des eaux usées, soit achevée d'ici mai 2008.
Les États-Unis anticipent une vague d'immigrants cubains en cas de décès
de Fidel Castro. « Il s'agit d'une mesure préparatoire liée à l'histoire
de la région [...] qui a connu des vagues d'immigration illégale vers
les États-Unis », a déclaré laconiquement un porte-parole du commandement
sud de l'armée américaine, Jose Ruiz.
Source : http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2007/05/08/007-guantanamo-centre-immigrants.shtml
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