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Par Fausto Giudice, 7 avril 2007 Bisher Al Rawi est rentré le week-end dernier
en Grande-Bretagne, où il résidait depuis son enfance, après 4 ans dans
le bagne de Guantánamo. C’est une bonne nouvelle, mais pas pour tout
le monde : le MI5 et ses chefs politiques vont devoir rendre des
comptes pour leur forfaiture. Si Bisher Al Rawi s’est retrouvé dans
le goulag off shore de l’Empire, c’est sur dénonciation des services
de renseignement britanniques qui l’ont « donné » à leurs
collègues de Bisher Al Rawi s’est réfugié avec sa famille en 1984 en Angleterre,
fuyant l’Irak où son père avait été emprisonné et torturé par le régime
de Saddam Hussein. Bisher a un ami, Jamil El Banna, plus âgé que lui.
Jamil a obtenu l’asile en Angleterre en 2000, fuyant, lui,
Mais
le 31 octobre, Jamil reçoit la visite de deux hommes du MI5 qui lui
expliquent tout de go qu’ils savent qu’il connaît l’imam Abou Qatada,
qu’ils considèrent comme le « représentant d’Al Qaïda pour
l’Europe occidentale » et ils proposent à Jamil d’espionner le
suspect ainsi que d’autres Musulmans suspectés d’activités illégales.
En échange, les pandores de Sa Majesté proposent au réfugié jordanien
de l’argent, une nouvelle identité et une « nouvelle vie ».
Jamil reste poli et explique à ces messieurs qu’il n’est mêlé à aucune
activité illégale, qu’il est contre toute forme de terrorisme et que
la proposition ne l’intéresse pas. Il profite de l’occasion pur demander
aux agents secrets s’ils pensent qu’il peut se rendre en Gambie pour
affaires et revenir en Grande-Bretagne. « No problem », répondent
les agents, puisqu’il a des papiers en règle. Le 8 novembre, le MI5 envoye un télégramme à Le reste de l’histoire est connu. Mais ce qui ne l’était pas, c’était
que c’était le MI5 qui avait livré les deux réfugiés à Bisher a retrouvé sa famille – ils sont tous Britanniques désormais,
sauf lui – et Jamil reste enfermé à Guantánamo. Il faudra à Bisher –
et à Jamil, quand il sera libéré - beaucoup de patience et d’endurance
pour continuer à vivre dans un pays dont les autorités, qui leur avaient
accordé l’asile, les ont trahis et vendus. Et pour réclamer justice
et réparation. Ils pourront s’inspirer de l’exemple de Maher Arar, ce
citoyen canadien kidnappé par le FBI à New York et remis à la police
syrienne, qui l’a enfermé et « traité » pendant dix mois dans
une de ses geôles. Le gouvernement canadien, reconnaissant sa responsabilité
dans cette affaire, vient de verser 5 millions de dollars (canadiens)
d’indemnités à Maher Arar. De quoi monter une belle usine d’huile d’arachide
en Gambie. Ou plutôt, tiens, un restaurant à…Maracaibo, au Venezuela.
Les lois de l’hospitalité, bafouées dans la perfide Albion, sont mieux
respectées en république bolivarienne. Et le climat y est incomparablement
meilleur.
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