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La galaxie guantanamo

 
 

Nauru : la "solution Pacifique" du gouvernement australien
Ce sont exactement 264 demandeurs d'asile - dont 93 enfants - qui sont enfermés dans un camp d'internement sur l'île de Nauru à la demande du gouvernement australien. Les autres camps d'internement sont situés sur l'île de Manus, en Papouasie-Nouvelle Guinée, à Lombok, en Indonésie et sur l'île Christmas, appartenant à l'Australie et située dans l'Océan Indien. Cette délocalisation dans des îles lointaines a été baptisée par le gouvernement australien : la "Pacific Solution".

 

La Flotille de l’Espoir met le cap sur Nauru
par le Collectif guantanamo, 17 mai 2004



1 - L’itinéraire de la Flotille de l’espoir

2 - L’affiche de la campagne

3 - L’Eureka, un des bateaux de la Flotille

4/5 - Le panneau indiquant les refuges piétonniers (“Refuge island”) détourné par les militants en “Île de réfugiés”

6 - Grève de la faim à Nauru en décembre 2003

Le 15 mai, la Flotille de l’Espoir a quitté Sydney pour une croisière de 4 000 km d’une genre particulier. Cette flotille de bateaux a en effet mis le cap sur l’île de Nauru, au nord-est de l’Australie, théâtre d’un scandale sans équivalent. La Flotille verra le nombre de bateaux participants augmenter au fil des escales sur la côte est de l’Australie : Newcastle 16-17 mai, Coffs Harbour 18-19 mai, Byron Bay 20 mai et Brisbane 23 mai. Depuis plusieurs années, le gouvernement australien a sous-traité aux autorités de cette île la détention de plusieurs centaines de demandeurs d’asile, principalemnt iraquiens et afghans, dans des camps de concentration, pour le loyer desquels l’Australie paye en espèces sonnantes et trébuchantes, ce qui constitue une source de revenus non négligeable pour Nauru.

 

Cette ancienne colonie allemande est passée sous la tutelle de la Grande-Bretagne, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande dans les années 1920. De 1945 à 1968, Nauru était sous mandat britannique et administrée par l’Australie. Après des années d’exploitation intensive des réserves de phosophate de l’île par des sociétés australiennes et britanniques qui ont ravagé l’île et épuisé les ressources, le gouvernement de Nauru s’est déclaré en banqueroute. Juste avant la “déclaration de faillite”, le gouvernement de l’île a accepté d’interner dans des camps les “immigrants sans -papiers” interceptés en mer et livrés par des commandos militaires australiens. Une partie des boat people internés à Nauru ont été recueillis lorsque le cargo norvégien MV Tampa a coulé au large de l’Australie en 2001.

 

La fiction de la souveraineté de Nauru permet au gouvernement australien de se laver les mains du sort des détenus de Nauru et proclamer qu’il n’en est pas responsable. Récemment, le gouvernement australien a promis à Nauru une aide supplémentaire de 22,5 millions de $ (13,115 millions d’€) pour maintenir le camp et a signé un accord le 5 mai pour fournir du personnel administratif et policier australien pour la gestion du camp.


Grève de la faim dure
Les réfugiés “guantanamoïsés” ont craqué en décembre dernier et ont mené pendant un mois une grève de la faim et de la soif très dure, pusque certains d’entre eux s’étaient cousus les lèvres. L’opinion australienne s’est émue, tout comme elle s’est mobilisée pour un autre demandeur d’asile, Aladdin Sisalem , un jeune apatride issu d’une famille palestino-égyptienne du Koweït et qui ne peut plus vivre, ni au Koweït, ni en Égypte et encore moins en Palestine occupée. Lui connaît un sort encore plus ubuesque : il est l’unique détenu du camp de réfugiés de l’île de Manus, en Papouasie Nouvelle-Guinée, un autre micro-État indépendant du Pacifique auquel l’Asutralie avait sous-traité la détention de demandeurs d’asile. Le camp a été depuis évacué et Aladdin y séjourne dans une solitude complète. Son calvaire dure depuis décembre 2002. Et sa détention coûte 13 000 $ australiens (7 500 €) par jour !


 

Tous des boat people !
La sensibilisation des Australiens au problèmes des demandeurs d’asile remonte au 19 octobre 2001, lorsqu’un petit bateau de pêche, le SIEVX, coula au large des côtes australiennes. 353 boat people trouvèrent la mort : 142 femmes, 146 enfants et 65 hommes. Depuis cette tragédie, de nombreuses organisations et personnalités australiennes se sont moblisées sur le thème : “Nous Australiens, sommes tous - sauf les Aborigènes - des descendants de boat people. Nous avons un devoir de solidarité avec les nouveaux venus. “ Une série d’initiatives ont vu le jour : pièces de théâtre, actions d’artistes, manifestations et, maintenant, la Flotille de l’espoir.


 

Une initiative originale
La Flotille de l’espoir, Flotilla of HOPE repose sur un jeu de mot : HOPE, qui signifie espoir en anglais, est l’acronyme de l’organisation appelée Hunter Organization for Peace and Equity, rebaptisée Human organism for Peace and Equity. Ce groupe militant a pour devise : « Le déni de droits à qui que ce soit est un déni d’humanité à tous». L’organisation a mené des actions contre les camps de détention de demandeurs d’asile situés sur le territoire australien, à Woomera et Baxter.
La Flotille de l’espoir doit arriver à Nauru le 20 juin, à l’occasion de la Journée internationale du réfugié. Le gouvernement de Nauru a déjà signifié qu’il ne laisserait pas débarquer les équipages des bateaux, qui sont dépourvus de visas, et que s’ils le faisaient, ils les arrêterait. Le bras de fer est donc engagée entre les militants et les administrations australienne et de Nauru pour faire cesser le scandale de ce “guantanamo du Pacifique”.
Les internautes pourront suivre la progression de cette croisière, lire les journaux de bord des bateaux et envoyer des messages de solidarité en se connectant sur le site ouèbe : http://www.flotilla2004.com/. Nous vous tiendrons au courant de l’évolution de cette action militante originale, qui pourrait en inspirer d’autres sur la planète humaine.






 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


7/8/9 - Abdul Latif, Sayed Naimatullah et Ghulam Hussain, 3 des grévistes de la faim qui se sont cousus les lèvres. 10 - Aladdin Sisalem, seul chez les Papous

 

Archives Quibla sur Nauru

 

10/01/04 - Nauru : suspension de la grève de la faim et de la soif des 45 demandeurs d’asile
Les 45 demandeurs d’asile - principalement afghans - qui avaient entamé une grève radicale de la faim et de la soif le 10 décembre dernier sur l’île de Nauru ont suspendu leur mouvement le 8 janvier après avoir reçu la promesse que leurs demandes d’asile seraient examinées par le gouvernement australien. Celui-ci a installé en 2001 un camp de détention “extraterritorial” pour 284 demandeurs d’asile sur l’île indépendante de Nauru. 4 des grévistes de la faim et de la soif s’étaient cousus les lèvres pour marquer leur détermination à aller jusqu’au bout. Leur grève a attiré l’attention de l’opinion australienne et pourrait peut-être débloquer cette situation scandaleuse.
Source : http://www.meltingpot.org

 

02/01/03 - Une cinquième prison d'immigrés incendiée : Des détenus du centre de Villawood, dans la banlieue de Sydney, ont mis le feu dans la nuit de mardi à mercredi à des bâtiments et tenté de prendre la fuite dans une voiture volée appartenant à un garde. La police a réussi à les empêcher de s'enfuir mais les immigrés ont alors entrepris d'endommager les blocs d'habitations. « Environ 90 personnes étaient détenues dans le centre, dont certaines étaient armées de barre de fer et ont menacé plusieurs gardiens du complexe », a indiqué la police. Selon les services de l'immigration, la révolte a été organisée par une vingtaine de détenus, dont 14 Chinois. Les autres venaient du Vietnam, d'Espagne, de Jordanie, de Turquie et de Grande-Bretagne. Le gouvernement australien a déjà promis d'accélérer la procédure d'expulsion des demandeurs d'asile déboutés à l'origine de la vague de protestations. L'émeute incendiaire de Villawood est la cinquième en quelques jours. Le bilan des dommages est estimé à 4,8 millions €.

 

01/01/03 - Révolte générale de demandeurs d'asile : C'est une véritable révolte générale qui a affecté les centres de détention australiens de demandeurs d'asile. La législation australienne stipule que tout demandeur d'asile soit placé en détention pendant que son dossier est examiné, ce qui peut parfois durer des années. Mardi, à Woomera, les flammes ont brûlé 43 btiments du centre de réfugiés et causé des dégts estimés à 1,9 million d'euros, tandis que des demandeurs d'asile déboutés mettaient le feu à une salle à manger du centre de l'île de Christmas, au large de l'Australie. Un feu a également été allumé lundi dans le centre de Port Hedland, dans l'État d'Australie occidentale. Dimanche, un incendie criminel avait provoqué pour 1,12 million d'euros de dégts dans le centre de Baxter (sud du pays). Commentaire du Premier ministre conservateur John Howard: « Nous n'allons pas laisser cela modifier notre politique»

 

30/12/02 incendie d'un centre de détention de demandeurs d'asile : Le centre de détention pour demandeurs d'asile de Baxter, en Australie du sud, a été ravagé dimanche matin par un incendie criminel qui a détruit une dizaine de chambres. Baxter est le plus récent des sept centres de détentions australiens pour demandeurs d'asile. Construit spécialement pour ce but, il compte 1 200 places mais n'héberge actuellement que 215 détenus. Trois incendies avaient déjà été déclenchés vendredi matin. Ils avaient pu être rapidement contenus et n'avaient endommagé que quatre chambres. Émeutes, incendies volontaires et automutilations des détenus se sont multipliés dans les centres de détention australiens depuis trois ans, et le traitement infligé par l'Australie à ses demandeurs d'asile est de plus en plus critiqué, notamment par les associations de droits humains et par l'ONU. Certains détenus qui se sont vus refuser un visa sans pouvoir rentrer chez eux ont attendu dans ces camps pendant plus de trois ans.

 

09/12/02 Révolte de demandeurs d'asile détenus : Un centre de détention australien pour demandeurs d'asile située dans l'île Christmas, dans l'Océan indien, a été vendredi le théâtre d'une révolte, lorsque 23 des 38 demandeurs d'asile détenus ont appris que leur demande d'asile était rejetée. Les détenus ont mis le feu au centre et l'ont partiellement détruit. '' des détenus sont des Afghans, 26 Sri-Lankais et 1 Bangladeshi.