L’Amérique
m'a kidnappé
La politique US de “transferts extraordinaires”
a un visage humain, et c'est le mien
par Khaled El-Masri, Los Angeles Times, 19 décembre
2005.
Traduit de l’anglais pour Quibla par MB.
KHALED EL-MASRI, citoyen allemand, né au Liban, était
vendeur de voitures avant son enlèvement en décembre
2003.
Je ne suis pas encore remis d'une expérience complètement
hors des limites du tolérable, hors des limites de
n'importe quel cadre légal, inadmissible dans n'importe
quelle société civilisée. J'ai foi
dans le système de justice US, c'est pourquoi j'ai
déposé une plainte la semaine dernière
contre George Tenet, l'ex-directeur de la CIA. Ce qui m'est
arrivé ne doit plus jamais se produire.
Je suis né au Koweit et j'ai grandi au Liban. En
1985, alors que le Liban était déchiré
par la guerre civile, j'ai fui vers l'Allemagne en quête
d'une vie meilleure. Je suis devenu un citoyen de ce pays
où j'ai fondé ma famille. J'ai cinq enfants.
Le 31 décembre 2003, j'ai voyagé par bus d'Allemagne
pour la Macédoine. A notre arrivée, mon cauchemar
a commencé. Des agents aacédoniens ont confiqué
mon passeport et m'ont gardé en détention
pendant 23 jours. Tout contact m'était interdit,
même avec mon épouse.
Ensuite on m'a forcé à enregistrer une vidéo
où je déclarais avoir été bien
traité. Puis on m'a menotté, bandé
les yeux et emmené dans un bâtiment où
j'ai été durement frappé. Mes vêtements
ont été découpés à l'aide
d'une lame ou de ciseaux et mes sous-vêtements arrachés.
On m'a jeté à terre, les mains maintenues
en arrière et une botte faisant pression sur mon
dos. J'étais humilié.
Parfois ils ôtaient mon bandeau, et je pouvais voir
des hommes habillés en noir et portant des lunettes
de ski noires. J'ignorais leur nationalité. Ils m'ont
placé sur un matelas, enchaîné les poignets
et les chevilles, mis un cache-oreilles, un bandeau aux
yeux et une cagoule. On m'a jeté dans un avion, mains
et jambes écartées et solidement arrimées
au sol. J'ai senti qu'on me faisait deux injections puis
j'ai pratiquement perdu conscience. J'ai senti l'avion décoller,
atterrir puis décoller à nouveau. J'ai appris
plus tard qu'on m'avait emmené en Afghanistan.
Dans ce pays on m'a encore frappé et placé
dans une petite cellule froide en béton. J'avais
très soif, mais il n'y avait qu'une bouteille d'eau
croupie dans la cellule. L'eau fraîche m'était
refusée.
Cette première nuit on m'a emmené dans la
salle d'interrogatoire où j'ai vu un homme portant
les mêmes vêtements noirs et les mêmes
lunettes de ski que précédemment. Ils m'ont
déshabillé et photographié, prélevé
des échantillons de sang et d'urine. On m'a replacé
dans la cellule où je suis resté à
l'isolement pendant plus de quatre mois.
La nuit suivante, les interrogatoires ont commencé.
Ils m'ont demandé si je savais pourquoi on m'avait
arrêté. J'ai répondu que non. Ils m'ont
dit que j'étais à présent dans un pays
sans lois et demandé si je comprenais ce que cela
signifiait.
Ils m'ont souvent demandé si je connaissais les hommes
qui étaient responsables des attentats du 11 septembre,
si j'avais séjourné dans des camps d'entraînement
en Afghanistan, quels étaient mes liens avec certaines
personnes à Ulm, la ville où je vis en Allemagne.
J'ai dit la vérité : que je n'avais aucune
relation avec aucun terroriste, que je n'étais jamais
venu en Afghanistan et que je n'avais jamais été
impliqué dans aucune forme d'extrémisme. J'ai
demandé maintes fois à rencontrer un représentant
des autorités allemandes, ou un avocat, ou encore
d'être traduit en justice. À chaque fois mes
demandes étaient ignorées.
Au désespoir, j'ai entamé une grève
de la faim. Après 27 jours sans nourriture, on m'a
emmené pour rencontrer deux Américains - le
directeur de la prison et un autre homme qu'ils appelaient
"le Boss". Je les ai suppliés de me relâcher
ou de me traduire en justice, mais le directeur de la prison
m'a répondu qu'il ne pouvait me libérer sans
l'autorisation de Washington. Il a également dit
qu'il pensait que je n'aurais pas dû me retrouver
en prison.
Après 37 jours sans nourriture, on m'a traîné
jusqu'à la salle d'interrogatoire où on m'a
intubé de force pour me nourrir. J'ai été
très très mal, endurant les pires souffrances
de ma vie.
Trois mois plus tard, on m'a emmené voir un Américain
qui disait revenir de Washington et m'a promis que je serais
rapidement libéré. J'ai aussi reçu
la visite de quelqu'un qui parlait allemand et m'a expliqué
que je serai autorisé à rentrer chez moi mais
m'a averti que je ne devrais jamais parler de ce qui s'était
passé car les Américains tenaient à
garder cette affaire secrète.
Le 28 mai 2004, près de cinq mois après mon
enlèvement, on m'a bandé les yeux, menotté
et enchaîné à un siège d'avion.
On m'a dit que j'atterrirai dans un pays autre que l'Allemagne
parce que les USA ne voulaient pas laisser de trace de leur
implication, mais que je pourrais en fin de compte rentrer
en Allemagne.
Après l'atterrissage on m'a emmené en voiture
dans des montagnes, les yeux toujours bandés. Mes
ravisseurs ont ôté mes menottes et mon bandeau
puis ordonné d'avancer sur un sentier sombre et désert
sans regarder derrière moi. J'avais peur qu'on me
tire dans le dos.
A un tournant j'ai rencontré trois hommes qui m'ont
demandé le pourquoi de ma présence illégale
en Albanie. Ils m'ont conduit à l'aéroport
où j'ai acheté un billet pour l'Allemagne
(mon portefeuille m'avait été restitué).
C'est seulement après le décollage que j'ai
vraiment cru à mon retour à la maison. J 'avais
les cheveux longs, ma barbe avait poussé et j'avais
perdu 30 kilos. Ma femme et les enfants étaient partis
au Liban, ils croyaient que je les avais abandonnés.
Heureusement, nous sommes désormais tous ensemble
en Allemagne.
J'ignore toujours ce qui m'est arrivé. On m'a dit
que la Secrétaire d'Etat US, Condoleeza Rice, avait
confirmé lors d'une rencontre avec la Chancelière
allemande que mon affaire était une "erreur"
- mais aussi que des officiels US ont démenti plus
tard qu'elle ait tenu ces propos. Je n'étais pas
présent à cette rencontre. Aucun membre du
gouvernement US ne m'a jamais contacté pour me donner
une explication ou s'excuser des souffrances qu'ils m'ont
infligées.
Mme Rice a déclaré publiquement, au cours
d'une discussion sur mon affaire, que "n'importe quelle
politique peut déboucher parfois sur des erreurs."
Mais c'est précisément pourquoi le “transfert
extraordinaire” ("Extraordinary Rendition")
est si dangereux. Si ceux qui m'interrogeaient m'ont dit
clairement qu'on m'avait emmené dans un pays sans
lois, c'est que le but premier du transfert extraordinaire
est de soustraire les personnes à la protection de
la loi.
J'ai supplié maintes fois mes ravisseurs de me déférer
devant un tribunal, où je pourrais expliquer à
un juge qu'une erreur avait été commise. A
chaque fois ils ont refusé. Ainsi, une "erreur"
qui aurait pu être rapidement corrigée a conduit
à plusieurs mois d'un traitement cruel et de souffrances
dépourvues de sens, pour ma famille et moi-même.
Mes ravisseurs ne voulaient pas me traduire en justice,
alors, la semaine dernière c'est moi qui les ai traduits
en justice. Avec l'aide de l' American Civil Liberties Union,
j'ai déposé une plainte contre le gouvernement
US parce que j'ai la certitude que ce qui m'est arrivé
était illégal et ne devrait pas arriver à
d'autres. Et je suis certain que le peuple US, quand il
connaîtra mon histoire, sera d'accord avec moi.
Deutsche
Fassung
Khaled El-Masri : Amerika hat mich
gekidnappt
Die amerikanische Politik der „ausserordentlichen
Überstellungen“ hat eine menschliche Form und
zwar meine
Von Khaled El-Masri, Los Angeles Times, 19. Dezember 2005.
Übersetzt vom Englischen ins Deutsche von Eva, einem
Mitglied von Tlaxcala, dem Übersetzernetzwerk für
sprachliche Vielfalt (transtlaxcala@yahoo.com). Diese Übersetzung
unterliegt dem Copyleft.
Khaled El-Masri, ein im Libanon geborener deutscher Staatsbürger,
war vor seiner Entführung im Dezember 2003 Autoverkäufer.
Ich habe mich noch nicht von dem erholt was mir widerfahren
ist. Ein Erlebnis, das die Grenzen des Erträglichen
überschreitet und sich ausserhalb jedes gesetzlichen
Rahmens befindet, etwas das in einer zivilisierten Gesellschaft
völlig unzulässig ist. Ich glaube an das amerikanische
Rechtssystem und daher habe ich letzte Woche eine Klage
gegen George Tenet eingereicht, den ehemaligen Chef der
CIA. Was mit mir geschehen ist darf sich einfach nicht wiederholen.
Ich bin in Kuweit geboren und im Libanon aufgewachsen. Im
Jahre 1985, als der Libanon vom Bürgerkrieg zerrüttet
war, flüchtete ich nach Deutschland auf der Suche nach
einem besseren Leben. Ich wurde Staatsbürger dieses
Landes in dem ich meine Familie gegründet habe. Ich
habe fünf Kinder.
Am 31. Dezember 2003 reiste ich per Autobus von Deutschland
nach Mazedonien. Bei meiner Ankunft begann der Alptraum.
Mazedonische Agenten haben meinen Pass beschlagnahmt und
mich 23 Tage lang inhaftiert. Jeglicher Kontakt war mir
verboten, sogar mit meiner Frau.
Danach zwang man mich zu einer Videoaufnahme bei der ich
erklären musste, dass ich gut behandelt würde.
Dann hat man mir Handschellen angelegt, mir die Augen verbunden
und mich in ein Gebäude geführt in dem ich schwer
zusammengeschlagen wurde. Man zerschnitt meine Kleidung
mit Hilfe einer Klinge oder einer Schere und riss mir meine
Unterwäsche vom Leib. Man warf mich zu Boden mit den
Armen hinter dem Körper und drückte meinen Rücken
mit einem Stiefel nieder. Ich war erniedrigt.
Manchmal nahmen sie mir die Augenbinde ab und dann konnte
ich schwarz gekleidete Männer mit schwarzen Skibrillen
sehen. Ich kannte ihre Staatszugehörigkeit nicht. Sie
legten mich auf eine Matratze, fesselten mich an den Handgelenken
und an den Knöcheln, setzten mir Ohrenschützer
auf, verbanden mir die Augen und zogen mir eine Kapuze über.
Man warf mich in ein Flugzeug, Arme und Beine gespreizt
und am Boden festgezurrt. Ich fühlte, dass man mir
zwei Spritzen gab, dann verlor ich fast völlig das
Bewusstsein. Ich fühlte wie das Flugzeug abhob, landete
und dann wieder abhob. Ich erfuhr später, dass man
mich nach Afghanistan gebracht hatte.
Dort hat man mich wieder geschlagen und mich in eine kleine
kalte Betonzelle gesteckt. Ich war sehr durstig doch in
der Zelle gab es nur eine Flasche mit moderigem Wasser.
Frisches Wasser wurde mir verweigert.
In dieser ersten Nacht brachte man mich in einen Befragungsraum
wo ich einen Mann in ebenfalls schwarzer Kleidung und mit
derselben Art von Skibrille sah wie zuvor. Sie zogen mich
aus, fotografierten mich und entnahmen mir Blut-und Urinproben.
Sie brachten mich in die Zelle zurück, in der ich mehr
als vier Monate lang in Isolationshaft blieb.
In der folgenden Nacht begannen die Befragungen. Sie fragten
mich, ob ich wisse, warum man mich verhaftet habe. Ich antwortete
mit nein. Sie sagten mir, dass ich nun in einem Land ohne
Gesetze sei und fragten mich, ob ich verstünde, was
das bedeutete.
Sie fragten mich oft, ob ich die Personen kenne, die für
die Attentate am 11. September verantwortlich sind, ob ich
in den Trainingslagern in Afghanistan gewesen sei, was für
Verbindungen ich zu gewissen Personen in Ulm, meinem Wohnort
in Deutschland, hätte. Ich sagte die Wahrheit: dass
ich keine Verbindung zu irgendeinem Terroristen habe, dass
ich niemals in Afghanistan war und dass ich noch nie in
irgendeiner Form mit Extremismus zu tun hatte. Ich verlangte
unzählige Male einen Vertreter der deutschen Behörden
zu treffen, oder einen Anwalt, oder einem Gericht vorgeführt
zu werden. Jedes Mal wurden meine Bitten ignoriert.
Aus Verzweiflung trat ich in einen Hungerstreik. Nach 27
Tagen ohne Nahrung durfte ich zwei Amerikaner treffen, den
Gefängnisdirektor und einen anderen Mann, den sie den
„Boss“ nannten. Ich flehte sie an mich freizulassen
oder mich vor Gericht zu bringen, doch der Gefängnisdirektor
antwortete mir, dass er mich nicht ohne eine Erlaubnis aus
Washington freilassen dürfe. Er sagte auch, dass er
der Meinung sei, ich gehöre nicht ins Gefängnis.
Nach 37 Tagen ohne Nahrung schleppte man mich ins Befragungszimmer
um mich dort mit Hilfe eines Schlauches unter Zwang zu ernähren.
Es ging mir sehr schlecht und ich ertrug die schlimmsten
Leiden meines Lebens.
Drei Monate später brachte man mich zu einem Amerikaner,
der sagte, er käme aus Washington und er versprach
mir, dass ich rasch freigelassen würde. Ich bekam auch
Besuch von jemandem, der deutsch sprach und der mir erklärte,
dass ich nach Hause dürfte, aber er warnte mich, dass
ich niemals von dem was geschehen sei sprechen dürfe,
da die Amerikaner diese Affäre geheimhalten wollten.
Am 28. Mai 2004, ungefähr 5 Monate nach meiner Entführung,
verband man mir die Augen, legte man mir Handschellen an
und kettete mich an einen Flugzeugsitz. Man sagte mir, ich
würde nicht in Deutschland ankommen, da die USA keine
Spuren ihrer Verwicklung in diese Angelegenheit hinterlassen
wollten, doch ich könne endlich nach Deutschland zurückkehren.
Nach der Landung brachte man mich per Auto, immer noch mit
verbundenen Augen, in die Berge. Meine Entführer nahmen
mir die Handschellen und die Augenbinde ab und befahlen
mir, auf einem dunklen, verlassenen Weg weiterzugehen, ohne
mich umzudrehen. Ich hatte Angst, dass man mir in den Rücken
schiessen würde.
Als der Weg eine Biegung machte traf ich auf drei Männer,
die mich fragten, warum ich mich illegal in Albanien aufhielte.
Sie brachten mich zum Flughafen, wo ich ein Ticket nach
Deutschland kaufte (man hatte mir meine Geldbörse zurückerstattet).
Erst nachdem das Flugzeug abgehoben hatte, glaubte ich wirklich
an meine Heimkehr. Ich hatte lange Haare und einen langen
Bart und ich wog 30 Kilo weniger. Meine Frau und meine Kinder
waren in den Libanon gegangen, weil sie glaubten, ich hätte
sie verlassen. Glücklicherweise sind wir alle jetzt
wieder in Deutschland vereint.
Ich weiss immer noch nicht, was eigentlich passiert ist.
Man hat mir erzählt, dass die amerikanische Staatssekretärin
Condoleeza Rice bei einem Treffen mit der deutschen Kanzlerin
bestätigt hat, dass es sich in meinem Fall um einen
„Irrtum“ handle. Man sagte mir jedoch auch,
dass amerikanische Beamte später dementiert haben,
dass sie dies gesagt hatte. Ich selbst war bei diesem Treffen
nicht anwesend. Kein Mitglied der amerikanischen Regierung
hat mich jemals kontaktiert, um mir eine Erklärung
zu geben oder sich für das mir angetane Leid zu entschuldigen.
Frau Rice hat im Laufe einer Diskussion über meinen
Fall öffentlich erklärt, dass „jede Politik
manchmal einem Irrtum erliegen kann“. Aber gerade
deswegen sind diese „ausserordentlichen Überstellungen“
(„Extraordinary Renditions“) so gefährlich.
Diejenigen, die mich befragt haben, sagten mir klar und
deutlich, dass man mich in ein Land ohne Gesetze gebracht
habe und das beweist, dass es das hauptsächliche Ziel
dieser ausserordentlichen Überstellungen ist, Personen
den gesetzlichen Schutz zu entziehen.
Ich flehte unzählige Male meine Entführer an mich
vor ein Gericht zu bringen, wo ich einem Richter erklären
könnte, dass es sich um einen Irrtum handelt. Jedes
Mal weigerten sie sich. So führte ein „Irrtum“,
der sich schnell aufgeklärt hätte, zu einer mehrmonatigen
grausamen Behandlung und sinnlosem Leid für mich und
meine Familie.
Meine Entführer wollten mich nicht der Justiz aushändigen
und so habe ich nun letzte Woche meinen Fall selbst in die
Hände der Justiz gelegt. Mit Hilfe der American Civil
Liberties Union habe ich eine Klage gegen die amerikanische
Regierung eingereicht, da ich mir sicher bin dass das, was
mir widerfahren ist, illegal ist und sich niemals wiederholen
darf. Und ich bin überzeugt, dass das amerikanische
Volk, sobald es meine Geschichte kennt, derselben Meinung
sein wird.
Une plainte déposée
en France sur les vols secrets de la CIA
La Fédération internationale des ligues des
droits de l'Homme (FIDH) et la Ligue des droits de l'Homme
(LDH) ont déposé mercredi pour la première
fois une plainte visant le transit présumé
par la France d'avions de la CIA transportant des détenus
soupçonnés de terrorisme.
"La plainte a été déposée
dans l'après-midi" auprès du procureur
de la République de Bobigny, une première
en France, a indiqué Patrick Baudouin, avocat de
la FIDH, soulignant qu'il appartenait à celui-ci
d'ouvrir une information judiciaire. Le parquet de Bobigny
indiquait mercredi en fin de journée ne pas avoir
encore eu connaissance de cette plainte.
"A deux reprises au moins, des avions se seraient posés
sur des aéroports français (Brest-Guipavas
et Paris-Le Bourget), dans des circonstances suspectes,
sans que les destinations n'aient été clairement
explicitées. Les plus grandes craintes peuvent être
formulées quant au transport de prisonniers de la
CIA à l'occasion de ces vols", selon un communiqué
des deux associations.
"La FIDH et la LDH ont déposé leur plainte
près le procureur du tribunal de grande instance
de Bobigny, dans le ressort duquel se trouve l'aéroport
de Paris-Le Bourget. Elles entendent souligner la responsabilité
première des autorités françaises,
d'enquêter sur ces faits et de poursuivre leurs auteurs",
expliquent-elles.
Selon le libellé de la plainte, dont l'AFP a obtenu
copie, "le 31 mars 2002, un avion Learjet N221SG s'est
posé à l'aéroport de Brest-Guipavas,
en provenance de Saint Jean de Terre Neuve, Canada, et Keflavik,
Islande et à destination de la Turquie".
En outre, "le 20 juillet 2005, un avion Gulfstream
III, immatriculé N50BH, venant d'Oslo-Gardemoen,
Norvège, s'est posé à l'aéroport
de Paris-Le Bourget (...) Cet avion s'est posé, par
ailleurs, dix fois au Canada et six fois à Guantanamo".
"Selon toute vraisemblance, ces avions ont eu, à
leur bord, des +détenus+ dont on ne sait à
ce jour s'ils ont été extraits ou acheminés
de la base de Guantanamo, ou s'il s'agit de personnes purement
et simplement enlevées et séquestrées
sur le territoire européen ou ailleurs et acheminées
vers des centres de détention tenus secrets sur le
territoire européen ou ailleurs", selon le texte.
Début décembre, Le Figaro avait fait état
de ces deux vols affrétés par la CIA, susceptibles
d'avoir convoyé des prisonniers islamistes.
La ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie,
avait affirmé le 7 décembre que les aéroports
français n'avaient "vraisemblablement pas"
été utilisés par la CIA pour le transit
de détenus.
Le lendemain, le ministre des Affaires étrangères,
Philippe Douste-Blazy, confirmait que deux "plans de
vols civils" correspondant à ces avions avaient
été déposés, tout en assurant
que les autorités françaises ne disposaient
d'"aucune information" sur la nature de ces vols.
"Ces avions auraient pu être utilisés
comme des centre +d'interrogatoires poussés+",
selon la formule employée par Washington, soulignent
les auteurs de la plainte, estimant "improbable que
l'ambassade des Etats-Unis en France, les ministères
de l'Intérieur et des Affaires étrangères
français n'aient pas été avertis de
ces déplacements, ce qui nécessitera que les
personnes compétentes au sein de ces entités
soient entendues par l'autorité judiciaire".
Des enquêtes judiciaires sur ces vols suspects ont
déjà été ouvertes en Espagne
et en Suisse.
Source : AFP, 21 décembre 2005
Colin Powell : “Les Européens
étaient au courant des transferts de la CIA”
L'ancien secrétaire d'Etat Colin Powell a affirmé
à la BBC, dimanche 18 décembre, que les Européens
étaient au courant du transfert de prisonniers de
la CIA via des aéroports européens. "Le
fait que nous avons, depuis des années, mis en place
des procédures concernant les personnes responsables
de terrorisme ou soupçonnées d'activités
terroristes, ce n'est pas quelque chose de nouveau ou d'inconnu
de nos amis européens", et ceux-ci "ne
peuvent pas être choqués que ce genre de chose
ait lieu", a-t-il déclaré.
A Varsovie, l'ancien président polonais Aleksander
Kwasniewski a implicitement confirmé ces propos,
indiquant que la lutte contre le terrorisme demandait une
coopération des services spéciaux. "Il
y a probablement eu des vols" de la CIA, a-t-il dit,
tout en assurant qu'il n'y a "ni prisons ni prisonniers"
de la CIA en Pologne. — Source : AFP, 19 décembre
2005
Alors que six autres prisonniers
réclament leur libération de Guantanamo, un
Algérien sera jugé par un tribunal d’exception
par Zouaoui Mouloud, le Jeune Indépendant, Alger,
21 décembre 2005
Incarcéré depuis plus de trois ans dans le
centre de détention de Guantanamo bay à Cuba,
un ressortissant algérien va être jugé
par des commissions militaires nommées par le Pentagone.
C’est ce qu’a annoncé, avant-hier, le
secrétariat américain à la défense
qui a fait savoir que l’Algérien Sofiane Barhoum
sera jugé aux côtés d’un ressortissant
saoudien, Jabran Saïd ben Al-Qahtani.
Aucune date n’a cependant encore été
fixée pour le procès de ces détenus
par le Pentagone qui s’est contenté d’indiquer
dans un communiqué que «les cas d’Al-Qahtani
et Barhoum ont été soumis à un panel
composé de six membres et de deux suppléants».
Le texte précise que les deux hommes «ne risquent
pas la peine de mort» même si le tribunal les
juge coupable. Les commissions militaires chargées
de les juger seront toutes les deux présidées
par le capitaine de la Marine Daniel O’Toole, qui
a 21 ans d’expérience comme juge militaire,
a ajouté le Pentagone.
Sur les quelque 550 détenus qui croupissent dans
la sinistre prison américaine, neuf seulement ont
été inculpés pour «activités
terroristes» depuis décembre 2001 et seront
déférés devant ces tribunaux d’exception.
Barhoum a été inculpé en novembre dernier
pour terrorisme.
Selon le dossier d’accusation soumis par le Pentagone,
il lui est reproché d’avoir fomenté
«un complot visant des civils, des cibles civiles
et la destruction de biens». Il est aussi accusé
d’avoir «reçu une formation en électronique
et en maniement d’explosifs dans un camp d’entraînement
en Afghanistan».
Bahrhoum a été arrêté le 28 mars
2002 à Faisalabad, au Pakistan, après avoir
quitté l’Afghanistan en compagnie de deux ressortissants
saoudiens, Bhassam Abdullah al Sharbi et Jabran Saïd
ben al Qahtani, auxquels il a été signifié
les mêmes accusations.
Six autres Algériens, Bensayah Belkacem, Hadj Boudellaâ,
Saber Lahmar, Mustapha Aït Idir, Boumediène
Lakhdar et Mohamed Nechal sont détenus à Guantanamo
sans inculpation depuis janvier 2002. Les six Algériens
avaient été kidnappés par des agents
de la CIA de Sarajevo le 20 janvier 2002 après avoir
été blanchis par la cour suprême bosniaque
de l’accusation de terrorisme.
Leurs avocats, et leurs familles ainsi que des associations
de défense des droits de l’homme réclament
depuis, leur libération.
Sami Al Arian veut que les accusations
contre lui soient levées
par MEG LAUGHLIN, St. Petersburg Times (USA) 20 décembre
2005.
Original : http://www.sptimes.com/2005/12/20/news_pf/Tampabay/Al_Arian_wants_charge.shtml
Traduit de l’anglais pour Quibla par MB.
Selon les avocats d'Al Arian, Il est inutile que les procureurs
fédéraux le rejugent pour des accusations
au sujet desquelles le jury n'a pu trancher
TAMPA - Tandis que Sami Al Arian est en prison dans l'attente
de la prochaine décision du gouvernement, ses avocats
ont déposé une requête lundi pour demander
aux autoruités d'abandonner les neuf chefs d'accusation
qui restent contre leur client.
Les derniers six mois du procès portant sur 17 inculpations
fédérales ont vu l'ex-professeur de l'université
de South Florida acquitté de huit d'entre elles,
le jury ne s'étant pas prononcé sur les 9
autres, faute de preuves suffisantes.
Les procureurs fédéraux doivent décider
d'un nouveau procès, mais les avocats de la défense
avancent que ça n'aurait guère de sens.
"Le Dr Al Arian a été acquitté
du chef de conspiration en vue d'assassinats et d'agressions
hors des USA" a déclaré son avocate,
Linda Moreno. "Dans cette affaire, c'est cette accusation
principale de conspiration qui sous-tendait toutes les autres
qui, de ce fait tombent d'elles-mêmes."
Après près de trois ans de détention,
Al Arian a été jugé du 6 juin au 6
décembre, inculpé de conspiration pour lever
des fonds utilisés pour les actes de violence du
Jihad Islamique Palestinien en Israël et dans les Territoires
Occupés.
Quoi qu'il en soit, il risque l'expulsion des USA
A côté des charges de conspiration, le jury
s'est penché sur une accusation d'entrée frauduleuse
dans le territoire, accusation basée sur l'affirmation
du procureur fédéral selon laquelle Al Arian
aurait évité d'indiquer, sur les formulaires
des services d'immigration, ses liens avec le Jihad islamique
palestinien et d'autres organisations.
Les responsables fédéraux de l'Immigration
expliquent que même si toutes les accusations contre
Al Arian sont levées, même celle relative à
l'immigration, il sera de toutes façons expulsé
après une audience auprès des services de
l'Immigration.
"Pour prendre ce genre de décisions, nous avons
plus de latitude en matière de charge de la preuve
que les tribunaux. Notre recherche de la culpabilité
en vue de l'expulsion n'ira pas au-delà des présomptions
raisonnables" explique Pam McCullough, porte parole
des services de l'immigration et des Douanes.
Al Arian reste dans la prison d'Orient Road, Comté
d'Hillsborough.
Entre temps, Sammeh Hammoudeh, un universitaire palestinien
jugé en même temps qu'Al Arian et acquitté
de toutes les charges criminelles a été transféré
de cette pris n vers un centre de rétention de l'immigration
à Bradenton dans l'attente de son expulsion.
Hammoudeh, âgé de 44 ans, et son épouse,
Nadia Ibrahim Hammoudeh avaient été placés
en juin en liberté surveillée pour emprunt
frauduleux, fraude à l'immigration et fraude fiscale.
En conséquence, ils seront expulsés vers Ramallah
en Palestine maintenant que le procès distinct pour
terrorisme est terminé.
Les fonctionnaires de l'Immigration n'expliquent pas pourquoi
Hammoudeh reste en détention mais pas sa femme, sauf
pour dire que la détention dans les affaires d'immigration
se décide "au cas par cas."
Le défenseur d'Hammoudeh, Stephen Bernstein, tente
d'obtenir une audience afin de plaider sa libération.
"Nous sommes coincés. J'ai rempli les formulaires
et parlé avec cinq responsables, mais personne à
l'Immigration et aux Douanes ne veut dire ce qui se trame"
déclare Bernstein.
Les fonctionnaire de l'Immigration ont rejeté la
semaine dernière une demande écrite du St.
Petersburg Times d'interview d'Hammoudeh. Barbara Gonzalez,
porte-parole de l'Immigration à Miami, a indiqué
qu'elle ne pouvait pas fournir de détails sur le
motif de la détention d'Hammoudeh et de son interdiction
d'accès aux médias, se bornant à déclarer
que c'était "pour des problèmes de sécurité."
Depuis son acquittement la famille d'Hammoudeh n'a pas été
autorisée à lui rendre visite. Mais ses proches
espèrent le voir en fin de semaine.
"Nous ne savons rien - seulement qu'on fait tourner
mon père en bourrique" a déclaré
Weeam Hammoudeh, 19 ans.
Abdullah, aîné d'une
famille djihadiste du Canada
Deux semaines après son retour du Pakistan, où
il a passé plus d'un an en prison sans faire face
à aucune accusation, Abdullah Khadr a été
arrêté, samedi 17 décembre à
Toronto, par la police canadienne. Les Etats-Unis demandent
l'extradition de celui que les Américains soupçonnent
d'avoir fourni des armes au réseau terroriste Al-Qaida
en 2003 en Afghanistan.
Selon le mandat d'extradition, Abdullah Khadr, aujourd'hui
âgé de 24 ans, aurait admis les faits lors
d'un interrogatoire du FBI, mais il aurait déclaré
avoir agi sur les ordres de son père, lequel est
soupçonné de liens avec Oussama Ben Laden,
le chef d'Al-Qaida.
Son arrestation est le plus récent épisode
d'une saga familiale. Ahmed Said Khadr, le père d'Abdullah,
est mort en octobre 2003 durant une attaque à la
frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan. Présent
à ses côtés, son fils cadet, Abdul Karim,
est blessé. Paralysé, il a attendu jusqu'en
2004 son transfert d'un hôpital pakistanais vers le
Canada, où il vit désormais avec sa mère,
ses soeurs et un autre frère, Abdurhaman. Ce dernier
a passé près de quinze mois en prison à
Kaboul entre 2001 et 2003, avant d'être envoyé
par les Américains à Guantanamo, puis libéré
et renvoyé à Kaboul, d'où il a rejoint
le Canada, il y a un an. Son frère Omar est, lui,
toujours détenu à Guantanamo, où il
attend d'être jugé pour le meurtre d'un soldat
américain en Afghanistan.
Le père avait quitté l'Egypte dans les années
1970 pour émigrer au Canada. Installé en Ontario
avec sa femme et ses six enfants, il a fait pendant vingt
ans la navette entre le Canada, le Pakistan et l'Afghanistan.
Officiellement, il gère des camps de réfugiés
et des orphelinats au nom d'une ONG musulmane, Human Concern
International. De retour chaque hiver au Canada, il y recueille
des fonds qu'on le soupçonnera plus tard d'avoir
détournés au profit d'Al-Qaida. Surnommé
le "Canadien" en Afghanistan, il serait devenu
l'un des hommes de confiance d'Oussama Ben Laden. Après
le Pakistan, où le père a des démêlées
avec la police, la famille se replie sur Kaboul en 1996
avant l'arrivée des talibans. A cette époque,
l'aîné des enfants, Abdullah, aurait rejoint
un camp d'entraînement au djihad, encouragé
par son père. Il aurait même dirigé
l'un de ces camps. De Toronto, aujourd'hui, il clame son
innocence. Il nie avoir eu un lien avec Al-Qaida et réclame
le droit à une "vie normale".
Source : Le Monde, 21 décembre 2005
USA: la loi anti-torture adoptée
à la Chambre des Représentants US
La Chambre américaine des Représentants a
adopté lundi une loi interdisant de torturer des
détenus. Elle a aussi voté une avance de 50
milliards de dollars (= 32,2 milliards d’€) au
Pentagone pour les guerres en Irak et en Afghanistan.
Concession à la Maison blanche, les projets de loi
limitent la possibilité pour les détenus de
la prison militaire américaine de Guantanamo de contester
leur détention devant un tribunal fédéral.
Ils permettent aussi d'utiliser contre des détenus
de Guantanamo des informations extorquées par la
contrainte.
Le projet de loi de financement prévoit 453,3 milliards
de dollars (= 383 milliards d’€) pour la défense,
dont 50 milliards de dollars pour les guerres en Afghanistan
et en Irak, selon des membres de la Chambre. Le Congrès
se prononcera ensuite au début de l'an prochain,
sur un projet de loi supplémentaire de financement
de la guerre de 80 à 100 milliards de dollars.
La Chambre a en outre voté deux projets de loi relatifs
à la Défense, l'un sur le financement et l'autre
sur la politique de défense, qui contiennent tous
deux des dispositions imposant un traitement humain des
détenus aux mains des Etats-Unis. Le président
George W. Bush s'était initialement opposé
à ces dispositions.
Un différend sur une mesure sans aucun rapport, attachée
au projet de loi sur le budget de la défense, pourrait
retarder jusqu'à la fin de la semaine l'adoption
par le Sénat. Cette mesure ouvrirait aux forages
pétroliers et gaziers une zone naturelle protégée
de l'Alaska.
Source : ATS, 19 décembre 2005
Une “prison de l’ombre”
à Kaboul
Des Américains auraient géré une prison
secrète où des prisonniers étaient
torturés entre 2002 et 2004, selon le groupe de défense
des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW). Celui-ci
cite les témoignages d'avocats d'anciens prisonniers.
Huit terroristes présumés, actuellement détenus
sur la base américaine de Guantanamo (Cuba), ont
décrit à leurs avocats leur conditions de
détention dans cette prison proche de Kaboul qu'ils
nomment la "prison de l'ombre", indique HRW dans
un communiqué publié lundi.
Les prisonniers, qui y ont été détenus
pour des périodes de six semaines entre 2002 et 2004,
ont raconté avoir été enchaînés
à des anneaux dans le mur dans des positions qui
empêchaient certains de s'allonger et de dormir, avoir
été privés de nourriture et de boisson
pendant des jours, maintenus dans une totale obscurité
avec une musique ou des bruits assourdissants, et abreuvés
d'eau sale.
Ils étaient giflés et battus durant les interrogatoires,
voire menacés de viol. Les gardes américains
et afghans, et les Américains menant les interrogatoires
ne portaient pas d'uniforme, ce qui pourrait laisser penser
que ce centre était géré par des agents
de la CIA, selon HRW.
"Le gouvernement américain doit faire la lumière
sur cette 'prison de l'ombre' de Kaboul", a déclaré
John Sifton, un expert du terrorisme à HRW. "Personne,
quel que soit le crime dont il est accusé, en doit
être détenu dans des prisons secrètes
ou soumis à la torture"
HRW précise tenir ses informations non des détenus
directement, mais de leurs avocats, les organisations de
défense des droits de l'Homme n'ayant pas été
autorisées à se rendre à Guantanamo
ni dans d'autres sites à l'étranger.
Source : ATS, 19 décembre 2005
Abdullah Khadr arrêté
au Canada suite à une demande d’extradition
US
Abdullah Khadr, un Canadien de 23 ans dont la famille est
considérée comme proche d'Al-Qaïda, a
été arrêté à Toronto à
la suite d'une demande des autorités américaines,
a indiqué dimanche son avocat.
L'arrestation d'Abdullah Khadr est intervenue samedi soir,
une semaine après son retour au Canada du Pakistan,
où il a été détenu pendant un
an.
"Il est accusé de possession et d'usage d'un
engin explosif et de conspiration dans le but de tuer des
citoyens américains à l'étranger",
a expliqué à l'AFP son avocat Dennis Edney,
précisant que ces accusations sont portées
par le gouvernement américain.
Abdullah Khadr est le fils aîné d'Ahmed Khadr,
un Canadien né en Egypte qui a été
tué au Pakistan en 2003 par les forces de sécurité
de ce pays.
Un de ses frères, Omar, aujourd'hui âgé
de 19 ans, est emprisonné à Guantanamo. Il
est accusé d'avoir tué un soldat américain
en Afghanistan alors qu'il avait 15 ans.
Les Khadr ont vécu plusieurs années en Afghanistan
où ils ont habité le même bâtiment
qu'Oussama Ben Laden.
"Il va y avoir une procédure de demande d'extradition"
a indiqué l'avocat de la famille, précisant
qu'aucune date n'avait encore été fixée.
Lors de son retour au Canada, Abdhullah Khadr avait nié
tout lien avec le réseau terroriste Al-Qaïda.
Les deux autres fils d'Ahmed Khadr ont aussi été
reliés aux activités terroristes de leur père.
Abdul Khadr, 15 ans, a été blessé lors
de l'affrontement armé qui a coûté la
vie à son père et vit maintenant dans la région
de Toronto.
Paraplégique, il avait réussi à revenir
au Canada, accompagné de sa mère Maha Elsamnah,
grâce à un passeport provisoire délivré
par les autorités.
Quant à Abdurahman Khadr, 22 ans, il a été
emprisonné en Afghanistan et à Guantanamo
où il dit avoir travaillé comme informateur
pour la CIA.
Il vit aussi dans la région de Toronto et le gouvernement
canadien lui a retiré son passeport, une mesure qu'il
conteste devant les tribunaux.
Ahmed Khadr est arrivé au Canada en 1975, pays dont
il a ensuite obtenu la nationalité.
Dans les années 90, il a déménagé
en Afghanistan avec son épouse, ses 4 fils et deux
filles, dans le cadre d'activités humanitaires qui,
selon les autorités, n'étaient qu'un paravent
pour camoufler des opérations liées au terrorisme
d'Al Qaïda.
Source : AFP, 18 déembre 2005