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La galaxie guantanamo

Condoleezza Rice admet «une erreur» de la CIA


par Pierre Bocev , Le Figaro, 7 décembre 2005]

À Berlin, aux côtés d'Angela Merkel, le secrétaire d'Etat américain a défendu l'agence de renseignements et refusé d'en dire davantage sur les vols secrets.

FIDÈLE A LA PARABOLE de l'Evangile, et poussée un peu par la nouvelle chancelière allemande, Condoleezza Rice a admis l'existence de la paille, mais c'était pour mieux nier celle de la poutre. On attendait le secrétaire d'Etat américain sur les vols clandestins de la CIA et les transferts de prisonniers vers des pays peu regardants sur la torture. Elle a tout éludé, en public à tout le moins. Mais force lui a été d'admettre que dans un cas précis, les Etats-Unis ont été coupables d'une regrettable «erreur» et que cela risquait de se reproduire dans le cadre du combat contre le terrorisme.


Il est vrai qu'Angela Merkel a joué un rôle dans l'affaire, elle qui veut remettre sur les rails les rapports germano-américains mis à mal par son prédécesseur Gerhard Schröder, tout en se voyant confrontée à une volée de critiques sur l'attitude peut-être trop complaisante de son pays, et notamment sur le dossier Khaled el-Masri, un Allemand d'origine libanaise qui a été enlevé par les services américains (lire ci-dessous).

Un seul cas évoqué lors de la rencontre
D'entrée de jeu, Angela Merkel déclare, dans cette conférence de presse commune, qu'elle est «heureuse» de constater que les Etats-Unis, par secrétaire d'Etat interposé, avaient reconnu «avoir fait une erreur à propos de ce cas individuel». Voire que Condoleezza Rice lui a «réitéré que si des erreurs sont commises, elles doivent immédiatement être corrigées». A ses côtés, la patronne du département d'Etat ne pouvait plus que confirmer de bonne grâce. «Toute politique peut parfois mener à des erreurs».


Cela étant admis, Angela Merkel a tout fait pour en rester à ce dossier précis. «Nous n'avons pas évoqué d'autres cas, a-t-elle répondu à une question pressante sur la pratique des «renditions», les transferts secrets de prisonniers. En foi de quoi, «je ne peux pas détecter le moindre schéma» d'ensemble dans ce que fait ou ne fait pas la CIA en Europe.


Sur ce point, Condoleezza Rice a défendu le rôle des services secrets. Leur action est «la clef du succès dans cette guerre» contre la terreur, et les dirigeants politiques ont «l'obligation de défendre nos populations en recourant à tous les moyens légaux de le faire». Comme par le passé, et en refusant une nouvelle fois d'entrer dans «les détails», elle a réaffirmé que Washington se conformait à la législation américaine et à ses «obligations internationales». De plus, les Américains respectent «la souveraineté» de leurs «partenaires», une phrase qui peut sans mal être comprise comme une allusion au fait que ces partenaires ne sont pas aussi ignorants qu'ils veulent bien le faire croire.


Germes d'une crise politique allemande

Pour l'Allemagne, cet aspect porte potentiellement les germes d'une crise politique. L'arrivée à Berlin de Condoleezza Rice a en effet été précédée de révélations du Washington Post selon lesquelles Otto Schily, le ministre de l'Intérieur du gouvernement Schröder, avait été mis au courant des dérapages sur le cas el-Masri et avait accepté de garder le silence à la demande des Américains. Inutile de dire que l'opposition s'apprête à faire ses choux gras de l'affaire, le parti libéral étant en pointe avec ses demandes d'explication.


Le cabinet Merkel n'est certes pas directement visé. Mais un de ses membres pourrait rapidement se trouver dans l'oeil du cyclone : Frank-Walter Steinmeier, le chef de la diplomatie, était ministre à la Chancellerie dans l'équipe précédente et, à ce titre, pouvait difficilement ne pas avoir été au courant. Il a été chargé hier par Angela Merkel de rendre compte devant la commission du Bundestag qui supervise à huis clos l'action des services spéciaux, façon d'assurer la «transparence» nécessaire sans pour autant «tout discuter en public».


Mais rien n'indique que l'affaire s'arrêtera là. Après tout, il peut s'agir de l'enlèvement d'un ressortissant allemand par des agents d'une autre puissance, fût-elle alliée, et ce, avec le silence du gouvernement de Berlin pourtant au courant. Sur le plan intérieur, une crise politique de la coalition tout juste constituée serait délicate à gérer pour Angela Merkel, même si son ministre des Affaires étrangères fait partie de la moitié social-démocrate de son équipe.

Quant à l'affaire des avions de la CIA, on reste sur sa faim. Wolfgang Bosbach, un député de la CDU, a ainsi jugé «tout à fait positives» les assurances de Condi Rice qu'ils ne servaient pas à «transporter des prisonniers pour les faire interroger hors des Etats-Unis en violation des droits de l'Homme». Mais, dit-il, «la question de savoir à quoi ils servaient reste ouverte».

 

Sami Al-Arian partiellement acquitté ! Échec au Patriot Act


Après 13 jours de délibérations au terme d’un procès de 5 mois, le jury du tribunal de Tampa qui le jugeait a acquitté le professeur Sami Al-Arian de 8 des 17 chefs d’inculpation retenus contre lui, tandis qu’il a constaté une impasse sur les autres charges. Deux co-accusés de Sami Al-Arian, Sameeh Hammoudeh et Ghassan Zayed Ballut, ont été entièrement acquittés, tandis que pour Hatem Naji Fariz, le jury l’a reconnu innocent sur 24 chefs d’inculpation et a constaté une impasse sur huit autres charges. La balle est maintenant dans le camp des procureurs : ou bien ils laissent tomber les chefs d’inculpation sur lesquels le jury n’a pu trouver un accord, ou bien ils les maintiennent et dans ce cas, il faudra à nouveau juger Sami Al-Arian et Hatem Naji Fariz.
Professeur d’informatique à l’Université de Floride du Sud, Sami-Al Arian avait été arrêté en 2003 et accusé d’être un membre dirigeant du Jihad islamique palestinien. Son affaire avait été la principale justification à la nouvelle législation antoterroriste, le Patriot Act. Son acquittement est une grave défaite pour le département de la Justice.

 

 

Al-Arian déclaré non coupable pour 8 des chefs d'accusation qui pesaient contre lui

 

Aucune condamnation : l'ex-professeur de l'Université de South Florida et ses co-inculpés soulagés au terme d'une affaire longue et compliquée. L'impasse : les jurés ne parviennent pas à l'unanimité. "Il n'y avait pas l'ombre d'une preuve que ces gars étaient des terroristes."

 

par MEG LAUGHLIN, JENNIFER LIBERTO et JUSTIN GEORGE, St. Petersburg Times (USA), 7 décembre 2005.

 

Original : http://www.sptimes.com/2005/12/07/news_pf/Tampabay/8_times__Al_Arian_hea.sht ml. Traduit de l'anglais pour Quibla par MB.

 

TAMPA - Le juge a énoncé les verdicts un à un, et les yeux de Sami Al-Arian se sont levés vers sa famille puis vers la Cour pour entendre les paroles qu'il attendait depuis des années. Alors que le juge énoçait le dernier "non coupable", Al-Arian a penché la tête en arrière, regardé le plafond et souri. Le visage plein de larmes, il a ôté ses lunettes pour s'essuyer les yeux avec un mouchoir. "Dieu bénisse les USA" a chuchoté Nahla, sa femme, depuis l'assistance. La lourde procédure fédérale engagée contre Al-Arian, 47 ans, et trois autres hommes accusés de financer et promuvoir le terrorisme moyen-oriental s'est effondrée mardi lorsque les jurés ont reconnu Al-Arian non coupable de 8 chefs d'accusation et que le juge a prononcé un non-lieu pour 9 autres. Deux dex co-accusés d'Al-Arian ont été complètement acquittés, et un troisième acquitté de la plupart des chefs d'accusation, les jurés ne s'étant pas prononcés sur les autres charges. En définitive, pas un seul verdict de culpabilité n'a été prononcé au terme des 6 mois d'un procès qui a mobilisé plus de 80 témoins et 400 transcriptions de communications téléphoniques et de télécopies interceptées.

Ces verdicts représentent une défaite sévère pour le gouvernement fédéral, qui avait qualifié la procédure contre Al-Arian comme une affaire majeure de terrorisme, et une victoire pour les avocats d'Al-Arian qui avaient considéré le dossier du gouvernement si vide qu'ils avaient refusé de plaider pour la défense. "Votre cauchemar est fini. Ces 10 années de cauchemar sont terminées" a dit à son client Linda Moreno, une des avocates d'Al-Arian, ex-professeur à l'université de South Florida. Mais le Département US de la Justice, qui a enquêté des années sur Al-Arian avant d'engager une procédure réfléchit actuellement à l'éventualité d'un nouveau procès contre Al-Arian et son co-accusé Hatem Fariz, en se basant sur les charges sur lesquelles le jury ne s'est pas prononcé. Une des accusations restantes, l'organisation d'extorsion de fonds, est passible de la prison à vie. Al-Arian a été réincarcéré après le verdict. Ses avocats pourraient bien obtenir une libération sous caution mais disent qu'alors ce seraient les services de l'immigration qui obtiendraient immédiatement son retour en prison. "Le Département de la Justice a enregistré une longue série de succès dans la poursuite des terroristes et ce ceux qui soutiennent des activités terroristes. Nous restons concentrés sur cette mission importante qui consiste à protéger notre pays par notre extrême fermeté dans les affaires liées au terrorisme," a déclaré Tasia Scolinos, responsable des procédures publiques au Département US de la Justice.

Les procureurs se sont refusés à tout commentaire sur cette affaire. Une porte-parole des services de douanes et de l'immigration a déclaré mardi que ses services travailleraient avec le Département de la Sécurité intérieure en vue d'expulser Al-Arian ,qui n'est pas citoyen US, au terme des procédures judiciaires. William Moffitt, avocat d'Al-Arian, considère cette démarche comme "purement vindicatoire" du moment qu'Al-Arian n'a été condamné pour aucun délit. Malgré tout, mardi a été un jour de soulagement pour Al-Arian, Fariz, 32 ans, et les deux autres accusés, Ghassan Ballut, 43 ans et Sameeh Hammoudeh, 44 ans, qui ont été reconnus non coupables pour toutes les accusations. "Je me sens soulagé comme si on avait ôté une tonne de brique de sur mes épaules, mais au fondamentalement ces 3 dernières semaines ont été un des plus grandes périodes de spiritualité de ma vie" a déclaré mardi soir Al-Arian au St. Petersburg Times depuis la prison de Hillsborough County. Un documentaire TV et des articles dans la Tampa Tribune sur les liens entre le terrorisme et le think-tank qu'il dirigeait à l'université de South Florida ont transformé en une décennie le professeur de sciences informatiques Al-Arian en personnalité internationalement controversée.

Le FBI l'a mis sur écoutes pendant 9 ans. Son domicile et son bureau a été perquisitionné deux fois, des dizaines de cartons de documents et des biens personnels saisis à chaque fois. Il avait été arrêté en février 2003 et licencié par l'université le même mois. Il a passé ces 3 dernières années en cellule, la plupart du temps à l'isolement, a fait l'objet de 17 chefs d'accusation rlatifs à des activités terroristes. Son jugement a débuté le 6 juin 2005 et s'est terminé mardi, exactement 6 mois plus tard. Ses avocats avaient frémi à l'idée d'un procès à Tampa, craignant que des années de publicité rendent impossible la constitution d'un jury impartial. Ils avaient insisté à plusieurs reprises pour un changement de lieu, ce qui avait été refusé. Mais mardi, ils ont fait l'éloge des jurés, déclarant que le système judiciaire avait fonctionné. "Je pense que le dossier du gouvernement était vide" a déclaré Al-Arian après le verdict. "Je le savais mais j'espérais que le jury saurait le constater."

As it turned out, the great majority of jurors wanted to acquit Al-Arian and the three co-defendants on all charges. But, they say, two to three others held out for conviction, which resulted in a hung jury on a combined 17 counts for Fariz and Al-Arian. Ce qui s'est passé, c'est que la grande majorité des jurés voulaient acquitter Al-Arian et les trois co-inculpés de toutes les charges. Mais, disent-ils, deux à trois autres penchaient pour la culpabilité, ce qui a donné un jury sans unanimité sur l'ensemble des 17 chefs d'inculpation contre Fariz et Al-Arian. "En général nous étions 10 pour l'acquittement sur les chefs d'inculpation, parfois 9" indique Ron, un juré de Pasco County qui n'a pas voulu que son patronyme soit cité. En raison du lien avec le terrorisme de l'affaire, le gouvernement a maintenu l'anonymat des jurés. "Bien sûr nous détestons le terrorisme" nous a dit Ron. "Mais il n'y avait pas l'ombre d'une preuve que ces gars étaient des terroristes." Au début certains jurés, six des jurés croyaient à la culpabilité des 4 accusés pour la plupart des chefs d'inculpation. Ils étaient accusés de lever des fonds pour le Jihad islamique Palestinien, qui a revendiqué la mort de centaines de personnes en Israël et dans les Territoires occupés. En plus de cette accusation passible de 20 ans de prison minimum s'ajoutaient des accusations de blanchiment d'argent, d'obstruction à la justice, de commerce interétatique illégal et de séjour irrégulier pour lesquelles Hammoudeh et Ballut ont été acquittés. Fariz et Al-Arian ont été acquittés pour la plupart des accusations mineures. Mais le jury ne s'est pas prononcé sur l'accusation principale, l'organisation d'une activité aux objectifs illégaux : la levée de fonds pour le Jihad Islamique palestinien. "Dix d'entre nous souhaitaient les acquitter complètement, mais deux autres, sans être capables de nous dire sur quelles preuves ils se basaient, étaient contre cet acquittement" explique Ron.

A un moment des délibérations, alors qu'elle regardait les montagnes de transcriptions, une jurée de St Petersburg qui a souhaité garder l'anonymat dit s'être exclamée : "une quantité monstrueuse de bois a servi à fabriqué tout ce papier. Dans quel but, je l'ignore."

Les jurés disent avoir été très influencés par les instructions qui leur ont été données. Ils se sont particulièrement souvenus de ces mots : "Nos lois ne criminalisent pas les croyances, ni même la simple appartenance à une organisation. Une personne en accord avec les buts légitimes d'une organisation mais ne cherche pas à atteindre ces buts par le recours à des activités illégales n'est pas sanctionnable pour son adhésion aux objectifs légaux affichés par cette organisation."

Tout en sachant qu'Al-Arian avait des conversations téléphoniques avec la direction du Jihad islamique Palestinien, les jurés ont persisté à ne pas constater de preuves d'actes illicites, d'autant que ces convesations s'étaient tenues avant que le Jihad Islamique soit déclorée organisation terroriste étrangère, rendant l'appartenance à celle-ci illégale. Les jurés ont beaucoup débattu de ce que l'accusation considérait comme une de ses meilleures preuves : une lettre écrite en 1995 par Al-Arian à un parlementaire Koweiti sollicitant de l'argent afin que des actions similaires aux attentats suicide à Gaza "puissent continuer." La lettre avait été trouvée au domicile d'Al-Arian lors d'une perquisition du FBI, et l'accusation l'a souvent citée comme preuve des intentions criminelles d'Al-Arian. Mais Ron, le juré, a observé que c'est l'original de la lettre qui a été trouvé au domicile d'Al-Arian, ce qui signigie qu'elle n'avait pas été envoyée. Et aucun témoin à charge n'a jamais certifié que cette lettre ait été envoyée.

"Il n'y avait pas de preuve pour rendre un verdict de culpabilité" explique le juré 112, Todd, un routier quadragénaire de Lakeland. "Les gens assument. Ils assument la culpabilité" déclare Todd. "Il faut vraiment bien réfléchir avant de prendre une décision. Il faut d'abord considérer les faits. "Je suis resté assis dans cette pièce pendant six mois Du moment que vous êtes assis dans un endroit comme celui-ci... vous ne pouvez pas vous asseoir dans votre voiture ou chez vous et prononcer tranquillement la culpabilité.".

D'origine palestinienne, né au Koweit, Al-Arian était bien connu ici pour son militantisme. Le soupçon sur ses liens avec des terroristes s'est éveillé en 1994, après qu'il ait été interviewé dans un documentaire TV intitulé Jihad in America et, plus tard dans une série d'articles du Tampa Tribune.

Les soupçons ont augmenté fin 1995 après que ramadan Shallah, qu'Al-Arian avait engagé pour animer un think-tank de Tampa connu sous le nom de World and Islamic Studies Enterprise, ait quitté le pays pour prendre la direction du Djihad Islamique Palestinien. Lorsque le Patriot Act et une décision de justice ont ouvert la voie à de plus grands échandges d'informations entre services de renseignements et forces de l'ordre, Al-Arian a été arrêté sur une accusation féférale globale de conspiration. Au cours du procès, les jurés ont entendu des témoignages allant de celui d'un parlementaire Palestinien à celui du père d'une jeune fille US tuée par le Jihad Islamique en Israël. Au-delà de la question de savoir si Al-Arian et ses co-accusés violaient les lois fédérales, le procès a mis en lumière certaines questions restées non résolues au sujet d'Al-Arian.

Les écoutes de conversations téléphoniques montrent clairement que, alors qu'il se présentait lui-même comme un défenseur indépendant des droits des Palestiniens, il était en fait fortement impliqué dans le Jihad Islamique, proposant des modifications dans sa structure de direction, sa stratégie générale ou sa gestion financière.Ces conversations ne portaient pas sur des actes de violence. De plus, des preuves montrent que des cadres de World and Islamic Studies Enterprise, dont le beau-frère d'Al-Arian, Mazen Al-Najjar, recevaient de l'argent du Djihad Islamique pendant qu'ils travaillaient à Tampa pour le think-tank et l'université.

Après cinq mois de parole aux témoignages de l'accusation, les défenseurs d'Al-Arian ont provoqué l'émoi lorsqu'ils ont restés silencieux et sans plaider. "Il existe un document nommé Constitution US - sauf à vouloir l'abroger - qui protège le droit à l'expression du Dr Al-Arian, et le gouvernement n'a pas prouvé que le Dr Al-Arian ait fait autre chose que parler... Le fait que le Dr Al-Arian soit Palestinien ne le prive d'aucun droits civils" a déclaré Moffitt qui expliquait les verdicts. Les affaires des autres accusés ont été traitées rapidement et les jurés avaient commencé à délibérer dès le 15 novembre. Les jurés - sept hommes et cinq femmes, plus deux suppléants - ont dû faire avec un dossier très compliqué concernant quatre accusés différents, accompagné de 95 pages d'instructions pour les membres du jury. Les débats avaient été paisibles jusqu'à lundi quand ils dirent au juge qu'ils étaient arrivés à des verdicts pour deux accusés mais qu'ils étaient dans l'impasse pour deux autres...

C'est alors que mardi, une jurée a adressé un message au juge pour lui dire qu'elle se sentait l'objet de pressions pour la contraindre à changer sa décision. Le juge a demandé aux jurés s'ils pouvaient parvenir à l'unanimité sans transiger sur leurs convictions. Quand ils ont répondu qu'ils ne le pouvaient pas, le juge a constaté l'impasse pour ces deux affaires.. Les avocats d'Al-Arian ont déclaré que si leur client était lavé de toutes les accusations et autorisé à rester dans le pays, il avait des plans pour l'étape suivante de sa vie : il veut devenir avocat.

 

Condi Rice persiste et signe


Avant et durant sa tournée en Europe, qui l’a menée en Allemagne, en Roumanie, en Ukraine et doit s’achever à Bruxelles, la secrétaire d’État Condoleeza Rice a défendu avec acharnement les pratiques US, en particulier de la CIA, dans la “guerre contre le terrorisme”. Si elle a nié le recours à la torture, elle a reconnu que les USA pratiquaient les “renditions” - les transferts de prisonniers - depuis des décennies, en collaboration avec leurs alliés. Ces “renditions” “permettent de neutraliser des terroristes et de sauver des vies” et, de plus, “elles sont autorisées par le droit international”.
Rice a ajouté que les agences de renseignement de pays alliés des USA avaient travaillé avec Washington sur des interrogatoires de détenus. "Les renseignements qui ont été ainsi récoltés ont permis d'empêcher des attentats et de sauver des vies, en Europe comme aux USA et ailleurs", a-t-elle dit.
Pendant ce temps, la station de télévision ABC a révélé que la CIA avait transféré 11 détenus gardés au secret en Pologne et en Roumanie vers un pays non spécifié d’Afrique du Nord, après les révélations du Washington Post de début novembre sur les prisons secrètes de la CIA.

AVEZ-VOUS ENTENDU PARLER DE GUANTANAMO ?
BIEN SÛR, DIREZ-VOUS. MAIS QU'EN SAVEZ-VOUS EXACTEMENT ?

 

Présentation de la Chronique de guantanamo, publiée par le Collectif guantanamo France


« Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé »

Article 9 de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme.

 

La CHRONIQUE DE GUANTANAMO est une "newsletter" électronique publiée par le Collectif guantanamo, lancée en février 2003. Depuis avril 2004, elle paraît 2 fois par mois, le 1er et le 15 du mois. Elle entre aujourd'hui dans sa troisième année. En 23 mois, nous avons constitué la plus importante base de données en langue française sur guantanamo, soit l'équivalent d'une dizaine de livres de 220 pages, accessible à tous ceux qui savent lire sur 2 sites web. Nous entendons continuer, élargir et approfondir ce travail. Mais cela ne sera pas possible sans vous.

Le 10 janvier 2005, cela fera 3 ans que 545 hommes de 40 pays sont détenus illégalement par les USA. 202 autres ont été libérés, dont une partie ont été emprisonnés dans leur pays. Exiger qu'ils soient libérés ou jugés équitablement nous semble naturel. Ce n'est pas l'avis de la Maison blanche et du Pentagone, qui ignorent depuis 6 mois un verdict de la Cour suprême US ordonnant que ces prisonniers aient la possibilité de remettre en cause leur détention devant une juridiction ordinaire.

Le Collectif guantanamo a été créé en France en février 2003. Cette association a pour but d'organiser une campagne mondiale d'information et de solidarité pour défendre les droits de toutes les personnes détenues par les USA comme "combattants ennemis illégaux" à Guantanamo, Bagram et ailleurs.

Son appel fondateur, "guantanamo : premier camp de concentration off shore de l'Empire !", peut être lu en 9 langues [ allemand, anglais, arabe, créole, danois, espagnol, français, russe, suédois ] en allant à : http://www.gwadaoka.org/guantanamo_appel_fr.htm

Son outil principal est le travail d'information. Le Collectif publie des informations sur la "galaxie guantanamo" à un rythme quasi-quotidien sur deux sites internet. Ces informations sont reprises et diffusées tous les 15 jours dans une lettre électronique appelée CHRONIQUE DE GUANTANAMO. Si vous voulez lire, puis vous abonner à cette CHRONIQUE , il suffit de nous envoyer un mail à collectifguantanamo@yahoo.fr

Cette Chronique contient donc toutes les informations publiées au jour le jour sur les sites http://quibla.net et http://www.gwadaoka.org/guantanamo.htm

 

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Nos v¦ux pour 2005 sont simples, clairs et nets : le Pentagone et la Maison blanche doivent libérer les 545 otages détenus illégalement sur la base yankee de guantanamo depuis le 10 janvier 2002. Ou au moins, ils doivent respecter la sentence émise en juin 2004 par la Cour suprême US, stipulant que les détenus ont le droit de remettre en cause leur détention devant une juridiction ordinaire. Le martyre des hommes enfermés dans le premier camp de concentration off shore de l'Empire, entrera le 10 janvier dans sa quatrième année. C'est une insulte à l'humanité. Pensez à eux !

Merci de votre attention
pour le Collectif guantanamo,
le président
Fausto Giudice
1er janvier 2005 /20 Dhul Qa'dah 1425

 

PS : NOTRE TRAVAIL ÉTANT TOTALEMENT BÉNÉVOLE, TOUTE CONTRIBUTION FINANCIÈRE VOLONTAIRE EST LA BIENVENUE. EN NOUS SIGNALANT VOTRE ABONNEMENT, INDIQUEZ-NOUS ÉVENTUELLEMENT SI VOUS SOUHAITER VERSER UNE CONTRIBUTION. NOUS VOUS INDIQUERONS ALORS COMMENT PROCÉDER. MERCI D'AVANCE.

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