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La galaxie guantanamo

 

Prisons secrètes de la CIA

 

> La Commission européenne va ouvrir une enquête
> Le CICR veut y avoir avoir accès
> L'article du Washington Post en français
> La République tchèque a refusé d'accepter des détenus de Guantanamo

 

La Commission européenne va ouvrir une enquête

 

La Commission européenne a annoncé jeudi qu'elle allait ouvrir une enquête sur les informations selon lesquelles la CIA aurait mis en place des prisons secrètes dans l'est de l'Europe.

Les gouvernements des 25 Etats-membres seront interrogés sur ces accusations, a précisé devant la presse le porte-parole de l'UE, Friso Roscam Abbing. "Nous devons découvrir ce qui s'est exactement passé. Nous avons tous entendu parler de cela, maintenant, nous devons vérifier si c'est confirmé". Il a indiqué que de telles prisons contreviendraient à la législation européenne sur les droits de l'Homme. "En ce qui concerne le traitement des prisonniers (...), il est clair que la totalité des Vingt-Cinq qui ont signé la Convention européenne des droits de l'Homme et la Convention internationale contre la torture sont censés respecter et appliquer les obligations de ces traités", a ajouté Roscam Abbing. Le "Washington Post" a rapporté mercredi que la CIA interrogeait certains des responsables d'Al-Qaïda les plus importants dans une prison secrète datant de l'époque soviétique en Europe de l'est, selon des responsables américains et étrangers proches du dossier. Ce centre de détention fait partie d'un système carcéral clandestin créé par l'Agence centrale américaine de renseignement (CIA), qui a compté à certains moments des sites dans huit pays, dont la Thaïlande, l'Afghanistan, plusieurs Etats d'Europe de l'Est et un petit centre sur la base américaine de Guantanamo, à Cuba, note le quotidien

Ce réseau de détention secret créé il y a près de quatre ans est un élément-clé de la guerre non conventionnelle des services secrets américains contre le terrorisme, souligne le "Washington Post".

Le conseiller à la sécurité nationale Stephen Hadley a refusé mercredi soir de confirmer ou d'infirmer les allégations du quotidien mais a assuré que le président George Bush "avait été très clair sur le fait que les Etats-Unis ne tortureraient pas". "Les Etats-Unis mèneront leurs activités dans le respect de la loi et des obligations internationales", a affirmé ce haut responsable. Source : AP, 3 novembre 2005

 

Le CICR veut avoir accès aux éventuels détenus des prisons secrètes de la CIA

 

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a demandé aux Etats-Unis de confirmer les informations selon lesquelles la CIA aurait mis en place des prisons secrètes dans l'est de l'Europe et d'avoir accès aux éventuels détenus de ce centre. "Nous avons demandé aux autorités américaines de nous informer sur la détention de ces personnes et d'autoriser l'accès aux délégués du CICR aux personnes détenues dans des lieux tenus secrets", a expliqué à l'Associated Press Antonella Notari, la porte-parole de l'organisation. Le "Washington Post" a rapporté mardi que la CIA interrogeait certains des responsables d'Al-Qaïda les plus importants dans une prison secrète datant de l'époque soviétique en Europe de l'est.

La Croix-Rouge internationale "s'inquiète du sort d'un certain nombre de personnes interpellées dans le cadre de ce qu'on appelle la 'lutte mondiale contre le terrorisme' et détenues dans des lieux tenus secrets", a poursuivi Antonella Notari. Selon elle, la CICR n'avait pas été informée d'un centre de détention secret. Source : AP, 3 novembre 2005

 

L'article du Washington Post en français

 

La CIA détient des suspects de terrorisme dans des prisons secrètes, les "sites noirs" Le débat augmente au sein de l'agence sur la légalité et la moralité du système 'hors sols' mis en place après le Onze Septembre.

par Dana Priest, journaliste au Washington Post, mercredi 2 novembre 2005. Traduit de l'anglais pour Quibla par Yves Lecrique

 

La CIA a mis au secret et interrogé certains de ses principaux captifs d'Al Qaïda dans un complexe de l'ère soviétique en Europe de l'Est, selon des officiels américains et étrangers familiers avec cet arrangement. L'installation secrète est une partie du système pénitentiaire clandestin mis en oeuvre par la CIA il y a près de quatre ans, qui à diverses périodes a compris des sites répartis sur huit pays, comprenant la Thaïlande, l'Afghanistan et plusieurs démocraties de l'Europe de l'Est, ainsi qu'un petit centre à la prison de la Baie de Guantanamo à l'Ile de Cuba, selon des officiers du renseignement actifs ou en retraite, et des diplomates de trois continents. Le réseau d'internement clandestin est une pièce centrale de la guerre non-conventionnelle que la CIA mène contre le terrorisme. Il repose sur la coopération de services secrets étrangers, et sur la rétention d'informations fondamentales à l'encontre du public, des officiels étrangers et de pratiquement tous les membres du Congrès américain chargés de superviser les actions secrètes de la CIA.

L'existence et l'emplacement de ces installations -- référés en temps que "black sites" ["sites noirs"] dans des documents confidentiels de la Maison Blanche, de la CIA, du Département de Justice et du Congrès -- ne sont connus que d'une poignée d'officiels aux Etats-Unis et, classiquement, du seul président et de quelques officiers du renseignement de haut rang dans les pays hôtes.

La CIA et la Maison Blanche, citant des considérations de sécurité nationale et la valeur attachée au programme, ont dissuadé le Congrès d'exiger que l'agence réponde à des questions dans une audience publique à propos des conditions d'internement des captifs. Virtuellement rien n'est connu de l'identité des détenus, des méthodes d'interrogatoire employées sur eux, ou de comment sont prises les décisions concernant les incarcérations et leurs durées. Alors que le Ministère de la Défense [Defence Department] a fourni des volumes entiers de rapports publics sur ses pratiques et règles de détentions aux prisons d'Abou Ghraïb en Irak et de Guantanamo Bay, la CIA n'a même pas reconnu l'existence de ses sites cachés. Y acquiescer, d'après des officiels proches du programme, pourrait exposer le gouvernement US à des poursuites judiciaires, en particulier dans des tribunaux à l'étranger, et augmenter les risques d'une sanction politique tant à l'intérieur qu'à l'extérieur.

 

Mais les révélations sur les abus et mauvais traitements largement répandus envers les prisonniers en Afghanistan et Irak par l'armée US - qui opère selon des règles publiques et la supervision transparente du Congrès - ont provoqué de nouvelles inquiétudes parmi les législateurs, gouvernements étrangers et organisations des droits de l'homme à propos du système opaque de la CIA. Ces inquiétudes ont escaladé le mois dernier, quand le vice-président Cheney et le directeur de la CIA Porter J. Goss ont demandé au Congrès d'exempter les employés de la CIA d'une législation déjà soutenue par 90 sénateurs qui interdirait les traitements cruels et dégradants de tout prisonnier sous détention américaine.

Bien que la CIA restera silencieuse sur les détails de son système, des officiers du renseignement défendent l'approche de l'agence, prétextant que la défense victorieuse du pays nécessite les pouvoirs de celle-ci à détenir et interroger des suspects de terrorisme, pour aussi longtemps que nécessaire et sans les restrictions imposées par le système légal US ou même par les tribunaux militaires formés pour les prisonniers détenus à Guantanamo Bay. Le Washington Post ne rend pas public les noms des pays d'Europe de l'Est impliqués dans le programme clandestin, à la demande de haus fonctionnaires US. Leurs arguments étaient qu'une telle révélation pourrait déranger la lutte anti-terroriste dans ces pays, et d'autres, et les exposeraient à d'éventuelles représailles terroristes.

Le système de détention secret fut conçu lors des premiers mois chaotiques et anxieux qui suivirent les attaques du onze septembre 2001, avec pour hypothèse de travail l'imminence d'une seconde frappe. Depuis, le montage a été progressivement débattu au sein de la CIA, où les inquiétudes ont persisté envers la légalité, la moralité, et la possibilité pratique de détenir des terroristes même non repentis dans une telle isolation et un tel secret, peut-être pour la durée de leur vie entière. Des officiers de moyen et haut niveau de la CIA ont commencé il y a deux ans à argumenter que le système n'était pas durable, et qu'il détournait l'agence de son unique mission d'espionnage.

« Nous ne nous sommes jamais assis à une table, d'après ce que je sais, pour mettre au point une stratégie d'ensemble. » s'exprimait un ex-officier supérieur du renseignement, qui connaît bien le programme mais pas la localisation des prisons. « Tout était très épidermique. C'est comme cela qu'on arrive à une situation où vous vous saisissez de gens, les envoyez dans des trous d'enfer et ne vous demandez jamais 'Qu'allons-nous faire d'eux ensuite ?' »

Il est illégal pour le gouvernement de détenir des prisonniers dans un tel isolement dans des prisons secrètes aux Etat-Unis, et c'est pourquoi la CIA les a placés outre-mer, d'après de nombreux fonctionnaires du renseignement actifs ou retraités, et d'autres fonctionnaires du gouvernement. Des experts judiciaires et des fonctionnaires du renseignement ont prétendu que les pratiques d'incarcération de la CIA seraient également illégales selon les lois de nombreux pays hôtes, où les détenus ont droit à un avocat, ou à monter une défense contre les accusations de malversation.

Les pays hôtes ont signé la convention de l'ONU contre la torture et autre punition ou traitement cruel, inhumain ou dégradant [U.N. Convention Against Torture and Other Cruel, Inhuman or Degrading Treatment or Punishment ], de même que les Etats-Unis. Cependant les interrogateurs de la CIA dans les sites d'outre-mer ['hors sol' -NdT] sont autorisés à utiliser les méthodes approuvées par la CIA dites « Techniques d'interrogatoire avancées », dont certaines sont prohibées par la convention de l'ONU et par la loi militaire américaine. Elles comprennent des tactiques comme celle du « waterboarding » ['tourniquet d'eau'] où le prisonnier est convaincu qu'il ou elle est en train de se noyer.

Certains détenus appréhendés par la CIA et transférés à des services de renseignement étrangers ont déclaré suite à leur libération qu'ils avaient été torturés, bien qu'il ne soit pas clair si des personnels de la CIA ont été impliqués dans ces abus allégués. Etant donné la nappe de secrets entourant les détentions de la CIA, de telles accusations ont haussé l'anxiété parmi les gouvernements étrangers et les groupements droit-de-l'hommistes, au regard des pratiques de détention et d'interrogatoire de la CIA.

Les contours du programme de détention de la CIA ont émergé par fragments au cours des deux dernières années. Les parlements du Canada, d'Italie, de France, de Suède et des Pays-Bas ont ouvert des enquêtes sur de prétendues opérations de la CIA qui auraient capturé clandestinement leurs citoyens oudes résidents légaux et les auraient transférés dans les prisons de l'agence.

Plus de 100 suspects de terrorisme ont été envoyé par la CIA dans le système secret, d'après des officiers du renseignement US actifs ou retraités et des sources étrangères. Ce chiffre, estimé grossièrement d'après des informations provenant de sources qui elles-mêmes estimaient leur connaissance des chiffres incomplète, ne comprend pas les prisonniers arrêtés en Irak.

Les détenus se divisent en deux classes, ont dit ces sources. Environ 30 sont considérés comme des suspects de terrorisme majeurs et sont détenus sous les plus hauts niveaux de sécurité dans les 'sites noirs' financés par la CIA, et mis en oeuvre par du personnel de l'agence, ce qui inclut ceux d'Europe orientale et d'ailleurs, d'après des officiers du renseignement actifs ou en retraite et deux autres officiels du gouvernement US. Deux sites de cette catégorie - en Thaïlande et sur les terrains de la prison militaire de Guantanamo Bay - ont été fermés en 2003 et 2004 respectivement.

Un second tiers - que ces sources estiment à plus de 70 détenus - est un groupe considéré comme moins important, d'implication moins directe avec le terrorisme, et de potentiel de renseignement moindre. Ces prisonniers, dont certains furent originalement conduits vers les 'sites noirs', sont livrés aux services de renseignement d'Egypte, de Jordanie, du Maroc, d'Afghanistan et autres pays selon un processus parfois appelé le « transfert » [« rendition »]. Alors que les sites clandestins du premier tiers sont manoeuvrés par des officiers de la CIA, les prisons de ces pays sont mises en oeuvre par les nations hôtes, avec une assistance financière de la CIA, et parfois sous sa direction. Le Maroc, l'Egypte et la Jordanie ont déclaré ne pas torturer leurs prisonniers, bien que les rapports annuels sur la situation des droits de l'homme du State Department [Ministère des affaires étrangères US] les accusent tous les trois depuis plusieurs années d'abus chroniques sur leurs détenus. Les trente plus importants prisonniers d'Al Qaïda vivent en complet isolement du monde extérieur. Gardé dans des cellules sombres, parfois souterraines, ils n'ont aucun droit légal reconnu, et personne en dehors de la CIA n'est autorisé à leur parler ou même les voir, ou tout simplement vérifier leur condition physique, ont déclaré des officiels des gouvernements US et étrangers et du renseignement, actifs ou retraités.

La plupart des installations furent construites et sont maintenues en fonctionnement avec des fonds du Congrès appropriés, mais la Maison Blanche a refusé d'autoriser la CIA à instruire quiconque excepté les présidents et vice-présidents des commissions sur le renseignement de la Chambre et du Congrès, à propos des généralités sur le programme.

Les pays d'Europe de l'Est que la CIA a persuadé d'héberger les captifs d'Al Qaïda sont des démocraties qui ont embrassé l'état de droit et les libertés individuelles après des décennies de domination soviétique. Tous ont essayé de purger leurs services du renseignement d'éléments ayant travaillé pour d'autres - principalement la Russie et le crime organisé.

 

 

Les origines des 'sites noirs'

 

L'idée de détenir des terroristes en dehors du système légal américain n'était pas envisagée avant le Onze Septembre, pas même pour Oussama ben Laden, selon des fonctionnaires du gouvernement en retraite. Le plan était d'amener ben Laden et ses principaux associés devant le système judiciaire américain pour y être jugés, ou de les extrader vers d'autres pays pour qu'ils y soient jugés.

« La question de la détention et de l'interrogatoire des gens n'a jamais, jamais été discutée. » déclara un ancien officier du renseignement de haut rang ayant travaillé avec le Centre anti-terroriste de la CIA [CTC, Counterterrorist Center], pendant cette période. « C'était contre la culture de l'agence et ils pensaient que l'information serait mieux obtenue par d'autres moyens. » Le jour des attaques, la CIA avait déjà une liste de ce qu'elle appelait ses cibles à haute valeur [« High Value Targets »] dans la structure d'Al Qaïda, et à mesure que les complots d'attaques sur le World Trade Center et le Pentagone étaient dénoués, d'autres noms furent ajoutés à la liste. La question de quoi faire de ces gens fit rapidement surface. Le chef des opérations du CTC proposa la création d'équipes de frappe constituées d'officiers spécialistes et de paramilitaires de la CIA qui infiltreraient clandestinement des pays du Moyen-Orient, d'Afrique et même d'Europe pour assassiner les personnes de la liste, une par une.

Mais de nombreux officiers de la CIA croyaient qu'il serait plus valable de garder en vie les chefs d'Al Qaïda pour être les interroger sur leur réseau ou d'autres complots. Quelques officiers s'inquiétèrent de ce que la CIA ne serait pas très adepte des assassinats. « Nous nous tirerions probablement dessus », dit un autre ex-fonctionnaire de haut rang de la CIA. L'agence met en place des prisons sous le couvert de son autorité aux missions clandestines. Selon la loi américaine, seul le président peut autoriser une action clandestine, en signant un document appelé conclusion présidentielle [presidential finding]. Ces conclusions ne peuvent pas enfreindre la loi américaine et sont visées et approuvées par la CIA, le Département à la Justice et les conseillers judiciaires de la Maison Blanche.

Six jours après les attaques du Onze Septembre, le président Bush signa une conclusion radicale qui donnait à la CIA une large autorisation pour disloquer les activités terroristes, comprenant une permission de tuer, capturer ou détenir des membres d'Al Qaïda partout dans le monde. Il n'a pas pu être déterminé si M.Bush a approuvé une conclusion séparée concernant le programme des 'sites noirs', mais le consensus parmi les fonctionnaires actifs et retraités du renseignement, et d'autres fonctionnaires du gouvernement interrogés pour cet article est qu'il n'en avait pas besoin. A l'inverse, ils croient que le bureau du conseil général de la CIA a agit selon les paramètres de cette conclusion du 17 septembre. Le programme des sites clandestins a été approuvé par un petit cercle de fonctionnaires et de magistrats de la Maison Blanche et du Département à la Justice, selon plusieurs fonctionnaire actifs ou retirés du gouvernement et du renseignement US.

 

Des accords avec deux pays

 

Parmi les premières étapes il fallut déterminer où la CIA pourrait secrètement détenir les captifs. Une idée originale fut de les garder sur des navires dans les eaux internationales, mais fut écartée pour des raisons de sécurité et de logistique.

Les officiers de la CIA ont également recherché une situation semblable à celle de l'île d'Alcatraz. Ils envisagèrent d'utiliser les îles virtuellement vierges du Lac Kariba en Zambie, qui sont bordées de falaises abruptes et couvertes de bois. Mais les mauvaises conditions sanitaires pouvaient facilement amener à des maladies mortelles, décidèrent-ils, et, d'autre part, s'interrogèrent-ils, pouvait-on confier un tel secret aux Zambiens ? Toujours sans solution pour le long terme, la CIA a commencé à envoyer les suspects qu'elle capturait dans les premiers mois ou peu après le Onze Septembre à ses vieux partenaires, les services secrets de l'Égypte et de la Jordanie.

Un mois plus tard, la CIA s'est retrouvée avec des centaines de prisonniers qui provenaient des champs de bataille de l'Afghanistan. On improvisa une solution à court terme. L'agence regroupa ses prisonniers de plus haute valeur dans des containers en métal installés dans un coin de la base aérienne de Bagram, qui était entouré d'une triple circonférence de barrières à fils de métal embouti. La plupart des prisonniers furent laissés entre les mains de l'Alliance du Nord, l'opposition armée aux Talibans soutenue par l'Amérique.

« Je me rappelle avoir demandé : Qu'allons-nous faire de ces gens ? » dit un officier de haut rang de la CIA. « Je ne cessais de répéter, où est l'aide ? Nous devons amener de l'aide. Nous ne pouvons pas être des gardiens de prison - notre boulot est de retrouver Oussama. »

Puis vinrent les rapports tendancieux, dans l'hiver 2001, prétendant que des prisonniers gardés par des généraux afghans dans des containers cargos avaient trouvé la mort asphyxiés. La CIA demanda au Congrès, et obtint rapidement, des dizaines de millions de dollars afin d'établir un système plus vaste, de long terme, en Afghanistan, dont certaines parties seraient utilisées pour des prisonniers de la CIA.

La plus grande prison de la CIA en Afghanistan reçut le nom de code 'Salt Pit', le puits de sel. C'était également le centre local de la CIA et il était à l'origine localisé dans une vieille usine de briques au dehors de Kaboul. En novembre 2002, un officier spécialiste inexpérimenté de la CIA fut décrit comme ayant donné l'ordre aux gardes de déshabiller un jeune détenu récalcitrant, l'enchaîner sur le sol en béton et le laisser toute la nuit sans couvertures. Il gela à mort, d'après quatre officiels du gouvernement US. L'officier de la CIA n'a pas été poursuivi pour ce décès. Le 'puits de sel' était protégé par des caméras de surveillance et de rudes gardes afghans, mais la route qui y menait n'était pas sûre et la prison fut déménagée ensuite à l'intérieur de la base aérienne de Bagram. Elle a depuis été relocalisée à l'extérieur de la base.

A la mi-2002, la CIA avait conclu des accords secrets pour des 'sites noirs' avec deux pays, dont la Thaïlande et un pays d'Europe de l'Est, nous ont dit les fonctionnaires actifs ou en retraite. 100 millions de dollars sont estimés avoir été inclus dans l'annexe confidentielle de la première provision supplémentaire votée pour les affaires afghanes. Puis la CIA captura son premier détenu, le 28 mars 2002. Les forces pakistanaises s'emparèrent d'Abou Zubaida, le chef des opérations d'Al Qaïda, l'emprisonnèrent et la CIA le transféra à toute allure dans un nouveau site secret en Thaïlande, qui comprenait des cellules d'interrogatoire souterraines, ont prétendu plusieurs fonctionnaires du renseignement retirés ou actifs. Six mois plus tard, le planificateur du Onze Septembre Ramzi Binalshibh fut aussi capturé au Pakistan et envoyé par avion en Thaïlande. Mais après les premières publications d'articles révélant l'existence du site en juin 2003, les officiels thaïs insistèrent pour que la CIA le ferme, et les deux terroristes furent déplacés ailleurs, d'après des ex-fonctionnaires du gouvernement impliqués dans le dossier. La coopération entre les deux pays sur la lutte anti-terroriste a été depuis lors mitigée. À la fin 2002 ou début 2003, la CIA a passé des accords avec d'autres pays pour établir des prisons clandestines. Un de ces sites - que nos sources ont prétendu croire être la plus vaste installation de la CIA aujourd'hui - prit une importance particulière quand l'agence se rendit compte qu'elle aurait à faire face à un nombre grandissant de prisonniers avec d'autant moins de prisons.

La Thaïlande fut fermée, et durant l'année 2004 la CIA décida qu'il lui fallait abandonner son petit site à Guantanamo Bay. La CIA avait planifié de le convertir en installation modèle, mise en ouvre indépendamment par les militaires. La CIA se retira quand les courts de justice américaines commencèrent à exercer un plus grand contrôle sur les détentions militaires, les officiels de l'agence craignant que le même type de supervision s'étende rapidement sur les leurs.

Rétrospectivement, disent certains fonctionnaires actifs ou en retraite du renseignement, les problèmes de la CIA furent exacerbés par une autre décision prise au sein du centre de contre-terrorisme [Counterterrorist Center], à Langley [ siège la CIA -NdT]. Le champ d'action original du programme de la CIA consistait à cacher et interroger les deux douzaines environ de meneurs d'Al Qaïda tenus pour être directement responsables des attaques du Onze Septembre, ou qui posaient une menace imminente, ou avaient une connaissance plus large du réseau Al Qaïda. Mais alors que le volume des lignes et connexions de l'étranger vers la CTC augmentait, et que la capacité de ses groupes paramilitaires à se saisir de suspects s'améliorait, la CIA commença à appréhender de plus en plus de personnes dont la valeur pour le renseignement et les liens avec le terrorisme étaient moins certains, d'aprèsquatre fonctionnaires en active ou en retraite.

Les standards originaux à satisfaire pour consigner des suspects dans l'univers invisible furent baissés ou ignorés, ajoutèrent-ils. « Ils en ont beaucoup, beaucoup en plus qui n'atteignent pas le moindre seuil » dit un officiel du renseignement.

Plusieurs, anciens ou non, fonctionnaires du renseignement, ainsi que plusieurs fonctionnaires du gouvernement US ayant connaissance du programme, ont exprimé leur frustration devant le fait que la Maison Blanche et les décideurs des cercles du renseignement n'aient pas posé comme une priorité la décision, de savoir si le programme d'incarcération secret devait continuer dans sa forme actuelle ou être remplacé par une approche différente.

Pendant ce temps, le débat sur la sagesse même du programme continue parmi les officiers de la CIA, certains d'entre eux argumentant de plus que le secret entourant le programme n'est pas tenable. « C'est simplement un horrible fardeau » dit un fonctionnaire du renseignement. Le chercheur Julie Tate a contribué à cet article. Source : http://www.washingtonpost.com/

 

 

La République tchèque a refusé d'accepter des détenus de Guantanamo


La République tchèque a récemment rejeté une requête des Etats-Unis lui demandant d'installer sur son territoire un centre de détention pour accueillir des prisonniers de la base de Guantanamo, a indiqué mercredi le ministre de l'Intérieur Frantisek Bublan.
"Des négociations ont eu lieu il y a un mois à peu près. (Les Américains) ont fait des efforts pour installer ici quelque chose de ce genre, mais ils n'ont pas réussi", a déclaré M. Bublan au journal en ligne Aktualne.cz.
La demande américaine ne concernait pas des détenus directement liés à l'organisation terroriste Al-Qaïda, mais les prisonniers en question n'ont pas fait l'objet d'une inculpation, a souligné Aktualne.cz.
"Ils s'agissait de prisonniers concentrés à la base de Guantanamo, chez lesquels une appartenance à l'Al-Qaïda n'a pas été prouvée", a précisé le ministre à l'agence de presse tchèque CTK.
"Nous avons été sollicités pour savoir si nous ne pouvions pas les intégrer ici dans un processus d'asile", a-t-il affirmé avant d'ajouter que les prisonniers en question seraient menacés dans leur pays d'origine.
Selon le site Aktualne.cz, il s'agirait notamment de personnes venues "de l'une des provinces de la Chine".
Le refus de Prague a été motivé par le risques en matière de sécurité, a affirmé le ministre à la CTK.
Selon "une source proche des services de renseignement tchèques" citée par Aktualne.cz, les Etats-Unis ont adressé la même demande à d'autres pays d'Europe de l'Est. "A notre connaissance, ils ont réussi quelque part", a affirmé à Aktualne.cz cette source "hautement crédible".
Source : AFP, 2 novembre 2005

 

Cinq Koweïtiens détenus à Guantanamo rapatriés au Koweït


Cinq Koweïtiens, détenus à la base américaine de Guantanamo (Cuba), rentreront au Koweït jeudi, a affirmé un responsable du ministère des Affaires étrangères, cité mercredi par la presse.
"Les cinq Koweïtiens qui ont été libérés à Guantanamo rentreront au Koweït demain (jeudi)", a déclaré au quotidien Al-Watan le sous-secrétaire au ministère Khaled al-Jarallah.

Citant des sources anonymes, le journal indique qu'un avion spécial koweïtien a quitté l'émirat lundi pour rapatrier les cinq prisonniers qui seront déférés devant un tribunal koweïtien. Les autorités koweïtiennes avaient annoncé leur libération en octobre.
Il reste encore six Koweïtiens détenus à Guantanamo.
Le président de l'Association des familles des détenus koweïtiens à Guantanamo, Khaled Al-Ouda, avait affirmé en octobre que les autorités koweïtiennes et américaines discutaient aussi de la libération des six derniers détenus koweïtiens de Guantanamo.
En janvier, les Etats-Unis avaient remis au Koweït Nasser Najr al-Moutaïri, qui avait passé trois ans à Guantanamo. Il a été condamné mardi à cinq ans de prison par la Cour d'appel qui a infirmé le jugement du tribunal de première instance acquittant Moutaïri, a déclaré à l'AFP son avocat Moubarak al-Choummari.
"Même si le jugement est dur, nous devons respecter les verdicts des tribunaux", a-t-il affirmé, ajoutant qu'il irait en cassation.
Moutaïri a été accusé d'agression contre une nation amie en combattant les forces américaines en Afghanistan en 2001.
Quelque 505 détenus, de 36 nationalités, sont toujours incarcérés à Guantanamo. Ils ont été capturés pour la plupart lors de l'offensive militaire américaine de 2001 en Afghanistan.
Source : AFP, 2 octobre 2005

 

Éditorial du 3 novembre 2005


Oui, c'est bien le nouveau Goulag !


par le Collectif guantanamo, 3 novembre 2005
Les révélations du Washington Post (voir dépêche ci-dessous) sur les prisons secrètes de la CIA ne nous étonnent pas. Cela faisait longtemps que diverses organisations de défense du droit avaient exprimé leurs soupçons sur l'existence de lieux de détention secrets réservés à certains "gros poissons" pris dans les filets de la "croisade contre le terrorisme". Les lieux de détention évoqués étaient la base aérienne US située sur l'île de Diego Garcia, dans l'archipel des Chagos (Océan indien) - dont les 2 000 habitants ont été chassés - l'Afghanistan et la Thaïlande. mais ce qui est nouveau dans les révélations du Post, c'est que plusieurs pays de l'Est européen hébergeraient ces prisons spéciales, échappant à tout contrôle autre que celui de la Maison blanche, du Pentagone et de la CIA. 15 ans après l'effondrement du système soviétique, le Goulag est donc bel et bien de retour. Le Washington Post écrit qu'il n'a pas voulu révéler de quels pays il s'agissait, à la demande de hauts responsables US, car cela pourrait "nuire à la lutte antiterroriste". Mais on peut prendre les paris. Il suffit de voir quels sont les alliés les plus fidèles de Washington à l'Est de l'Europe. La Hongrie tout d'abord, qui servit de base à la préparation de la guerre d'Iraq - notamment pour la formation des 4 000 harkis recrutés parmi les exilés iraquiens aux USA et ailleurs pour servir de guides de brousse -, la Pologne ensuite, dont l'industrie d'armement profite grassement de l'envoi de soldats en Iraq, ou encore la Tchéquie, l'Ukraine et le Kazakhstan. Les dirigeants de tous ces pays, n'ayant ni foi ni loi, sont prêts à se vendre au meilleur offrant. Aux opinions locales de s'interroger et de poser cette question à leurs dirigeants : y a-t-il oui ou non des prisons secrètes de la CIA sur notre territoire ? Quant à la communauté internationale, on se demande ce qu'elle attend pour exprimer publiquement son appui à la condition mise par les rapporteurs spéciaux de l'ONU à leur visite à guantanamo : de pouvoir rencontrer les détenus et s'entretenir avec eux (voir communiqué ci-dessous). Et les rapporteurs eux-mêmes ? Il ne leur reste plus qu'à demander à visiter les prisons secrètes de la CIA. Le rejet par Washington d'une telle requête, parfaitement légitime, ne ferait que mettre encore plus les USA au ban des nations civilisées, parmi les États voyous.

 

Les pays d'Europe de l'Est démentent héberger des prisons secrètes de la CIA : peut-on les croire ?


Plusieurs pays post-communistes d'Europe de l'Est, en particulier la Pologne et la Roumanie, ont démenti jeudi l'existence sur leur territoire de prisons secrètes où, selon le Washington Post, la CIA détiendrait des membres du réseau terroriste Al-Qaïda.
Le quotidien américain a affirmé mercredi que la CIA détenait des terroristes d'Al-Qaïda dans des prisons secrètes, surnommées "sites noirs", dans huit pays, y compris la Thaïlande, l'Afghanistan et "plusieurs pays démocratiques d'Europe de l'Est", dont il n'a pas dévoilé les noms.
L'organisation américaine de défense des droits de l'homme Human Rights Watch a précisé qu'elle soupçonnait la Pologne et la Roumanie d'héberger des prisons clandestines.
La plupart des pays post-communistes d'Europe de l'Est, et en particulier la Pologne, sont de fidèles alliés de George W. Bush depuis le début de la crise irakienne.
Plusieurs responsables polonais se sont empressés d'affirmer jeudi que leur pays n'avait jamais été contacté par les Etats-unis dans cette affaire.
"Je ne sais rien à ce sujet", a déclaré jeudi à la presse le ministre polonais de l'Intérieur Ludwik Dorn.
"Nous ne détenons pas de terroristes et nous ne les interrogeons pas", a également déclaré à la radio privée ZET Jerzy Szmajdzinski, qui a été ministre de la Défense de 2001 jusqu'à ce que le nouveau gouvernement de droite prennent ses fonctions lundi.
"J'ai l'impression que cette affaire ne concerne pas la Pologne", a déclaré, également jeudi, Adam Rotfeld, ministre des Affaires étrangères jusqu'à lundi dernier. Il a, en outre, affirmé de n'avoir jamais entendu parler d'une proposition américaine d'installer des prisons secrètes en Pologne.
A Bucarest, le Premier ministre roumain Calin Tariceanu a de même démenti l'existence de "sites noirs" sur le territoire de son pays.
"Il n'y a pas de bases de la CIA en Roumanie", a assuré M. Tariceanu mercredi soir.
Interrogée par l'AFP, la porte-parole du ministère roumain des Affaires étrangères Corina Vintan a affirmé que la question de l'hébergement de telles prisons en Roumanie ne s'était "jamais posée au niveau du gouvernement".
La Hongrie a officiellement démenti avoir jamais été contactée par les Etats-Unis et la Slovaquie a affirmé n'abriter aucune prison de ce type.
"La Bulgarie n'a jamais eu de bases de la CIA, ni de détenus étrangers liés à Al-Qaïda", a indiqué de son côté le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Dimitar Tsantchev à Sofia.
Seul le ministre tchèque de l'Intérieur, Frantisek Bublan, a reconnu que les Etats-Unis avaient adressé à Prague une requête en vue d'installer en République tchèque un centre de détention pour des prisonniers de la base de Guantanamo (à Cuba), tout en soulignant que son gouvernement l'avait rejetée.
"Des négociations ont eu lieu il y a un mois à peu près. (Les Américains) ont fait des efforts pour installer ici quelque chose de ce genre, mais ils n'ont pas réussi", a déclaré M. Bublan mercredi au journal en ligne Aktualne.cz.
La Commission européenne a souligné jeudi que des prisons secrètes de la CIA dans l'Union européenne ne seraient pas compatibles avec ses valeurs.
"L'existence de prisons secrètes ne me semble pas compatible avec la Charte des droits fondamentaux de l'UE", a déclaré Friso Roscam Abbing, porte-parole du commissaire à la Justice Franco Frattini.
Huit pays post-communistes sont entrés l'an dernier dans l'Union européenne et deux autres, la Roumanie et la Bulgarie, doivent adhérer, en principe en 2007.
Source : AFP, 3 novembre 2005

 

La CIA détient des terroristes présumés dans des prisons secrètes, révèle le "Washington Post"


La CIA interroge certains des responsables d'Al-Qaïda les plus importants dans une prison secrète datant de l'époque soviétique en Europe de l'Est, selon des responsables américains et étrangers proches du dossier, rapporte le "Washington Post".
Ce centre de détention fait partie d'un système carcéral clandestin créé par l'Agence centrale américaine de renseignement (CIA), qui a compté à certains moments des sites dans huit pays, dont la Thaïlande, l'Afghanistan, plusieurs Etats d'Europe de l'Est et un petit centre sur la base américaine de Guantanamo, à Cuba, note le quotidien dans son édition en ligne.
Ce réseau de détention secret créé il y a près de quatre ans est un élément-clé de la guerre non conventionnelle des services secrets américains contre le terrorisme, souligne le "Washington Post".
L'existence et l'emplacement de ces installations, qualifiées de "sites noirs" dans des documents confidentiels de la Maison Blanche, de la CIA ou encore du département de la Justice, ne sont connus que d'une poignée de hauts responsables aux Etats-Unis, et seulement par le président et quelques chefs des services secrets dans chaque pays d'accueil, selon le journal.
On ne sait quasiment rien sur l'identité des détenus dans ces prisons, les méthodes d'interrogatoire employées et sur le processus de décision conduisant à l'incarcération de suspects.
Si le département américain de la Défense a produit des rapports publics sur ses règles de détention après le scandale des sévices à la prison d'Abou Ghraib en Irak et à Guantanamo, la CIA n'a même pas reconnu l'existence des "sites noirs".
Les révélations sur les sévices infligés à des prisonniers en Afghanistan et en Irak par l'armée américaine ont relancé les craintes des défenseurs des droits de l'homme concernant le système carcéral secret de la CIA.
Le "Washington Post" précise qu'il n'a pas dévoilé les pays d'Europe de l'Est impliqués dans ce programme clandestin à la demande de hauts responsables américains. Ceux-ci auraient affirmé qu'une telle révélation était nuisible à la lutte antiterroriste dans ces pays et risquaient de les exposer à des représailles terroristes.
Le système de détention secret a été conçu dans les premiers mois qui ont suivi les attentats du 11 septembre 2001.
Source : AP, 2 novembre 2005

 

Washington reste muet sur les prisons secrètes de la CIA


Le gouvernement américain est resté muet mercredi sur l'existence de prisons secrètes en Europe de l'Est et ailleurs, où, selon le Washington Post, la CIA détiendrait des membres du réseau terroriste Al-Qaïda.
D'après le Washington Post citant des sources américaines et étrangères informées, ces prisons, surnommées "sites noirs", ont été ouvertes dans huit pays, y compris la Thaïlande, l'Afghanistan et "plusieurs pays démocratiques d'Europe de l'Est", dont les noms n'ont pas été dévoilés pour des raisons de sécurité.
La Maison Blanche, le ministère de la Justice et la CIA ont refusé de commenter les informations parues dans le quotidien.
Le porte-parole de la Maison Blanche, Scott McClellan, a affirmé qu'il ne pouvait "discuter des activités du renseignement". "Nous sommes engagés dans une guerre contre le terrorisme et (contre) des militants islamiques qui sont déterminés à attaquer l'Amérique (...). Et nous allons continuer à rechercher les dirigeants terroristes qui cherchent à nous faire du mal", a-t-il ajouté.
Le ministre américain de la Justice, Alberto Gonzales, a également justifié son silence par le fait que le gouvernement ne faisait "pas de commentaire sur les activités de renseignement".
Depuis un an, les organisations de défense des droits de l'Homme dénoncent l'existence de "prisonniers fantômes" détenus dans des lieux inconnus par la CIA. En juin, Amnesty International avait accusé les Etats-Unis d'avoir établi un "archipel" de prisons souvent secrètes à travers le monde.
Ces "prisonniers fantômes", dont l'identité est officiellement inconnue, sont pour la plupart des cadres de haut rang du mouvement terroriste Al-Qaïda, dont Ramzi ben Al-Shaiba, l'un des coordinateurs présumés des attentats de 2001, ou le numéro trois de l'organisation Khaled Cheikh Mohammed.
Selon le Washington Post, la CIA aurait envoyé plus de 100 suspects dans ce réseau secret de prisons, créé après les attentats du 11-Septembre en raison du caractère illégal de ces détentions aux Etats-Unis.
Environ 30 prisonniers, considérés comme des figures importantes du terrorisme, sont dans des centres financés et gérés directement par du personnel de la CIA. Deux sites de ce type, en Thaïlande et à Guantanamo Bay (Cuba), ont été fermés en 2003 et 2004, selon le quotidien.
Plus de 70 autres suspects, jugés moins importants, ont été confiés à d'autres services de renseignement, notamment en Egypte, en Jordanie, au Maroc, et en Afghanistan. Ces "sites noirs" sont sous la responsabilité des pays concernés et sont financés par la CIA.
Ce système de détention n'est connu que d'une poignée de hauts responsables américains, et en général du président George W. Bush.
La Thaïlande a démenti mercredi avoir fourni à la CIA un quelconque centre secret de détention.
En Europe, le ministre tchèque de l'Intérieur, Frantisek Bublan, a affirmé que Prague avait récemment rejeté une demande des Etats-Unis lui demandant d'installer sur son territoire un centre de détention pour accueillir des prisonniers de la base de Guantanamo.
La Hongrie de son côté a démenti avoir jamais été contactée par les Etats-Unis pour héberger "des prisons secrètes" et la Slovaquie a affirmé n'abriter aucune prison de ce type sur son territoire.
Interrogé sur ces informations, l'ancien président américain Jimmy Carter a accusé l'administration du président George W. Bush de saper les références morales sur lesquelles se fonde la politique étrangère des Etats-Unis depuis des décennies.
"Au cours des cinq dernières années, il y a eu un changement profond et radical dans les mesures ou dans les valeurs morales de notre pays", a dénoncé M. Carter.
Source : AFP, 2 novembre 2005

 

Jimmy Carter accuse Bush de saper les références morales américaines


L'ancien président américain Jimmy Carter a accusé l'administration du président George W. Bush de saper les références morales sur lesquelles se fonde la politique étrangère des Etats-Unis depuis des décennies, dans un entretien mercredi à la chaîne américaine NBC.
"Au cours des cinq dernières années, il y a eu un changement profond et radical dans les mesures ou dans les valeurs morales de notre pays", a déclaré l'ancien président démocrate (1977-1981).
Il était interrogé sur les informations parues dans le Washington Post, selon lesquelles la centrale du renseignement américaine (CIA) détient des membres du réseau terroriste Al-Qaïda dans des prisons secrètes en Europe de l'Est et ailleurs.
"C'est juste un signe de ce qui a été fait sous cette administration pour changer les politiques qui ont été menées à travers notre Histoire", a-t-il déclaré.
M. Carter a précisé ne pas détenir de preuve que l'administration Bush ait manipulé le renseignement avant la guerre en Irak, mais il a condamné les allégations selon lesquelles l'Irak avait des liens avec des groupes terroristes.
"Je pense que les déclarations selon lesquelles Saddam était impliqué dans les attentats du 11-Septembre et détenait des armes de destruction massive qui menaceraient notre pays ont été manipulées, au moins pour tromper le peuple américain et déclencher la guerre", a-t-il dit.
Le sénateur Edward Kennedy a quant à lui vu dans les informations du Post "une triste preuve supplémentaire du mépris total de l'administration Bush pour l'état de droit, et un nouveau coup sévère porté au respect que nous porte la communauté internationale".
"De toute évidence la Maison Blanche n'a rien appris (des scandales des mauvais traitements infligés aux prisonniers) d'Abou Ghraïb et de Guantanamo", a-t-il ajouté.
"L'utilisation de centres de détention secrets à travers le monde est une vilaine insulte aux idéaux américains et elle ne peut que rendre la guerre contre le terrorisme plus difficile à gagner", a-t-il ajouté.
Source : AFP, 2 novembre 2005

 

Cinq experts des Nations unies répondent à l'invitation des États-unis autorisant trois d'entre eux à visiter les lieux de détention de guantanamo


Cinq experts indépendants de la Commission des droits de l'homme des Nations Unies, qui ont entrepris une étude conjointe sur la situation des détenus de Guantanamo, ont publié aujourd'hui une déclaration commune suite à l'invitation que le Département de la défense des États-Unis a adressée à trois d'entre eux, les autorisant à venir effectuer une visite des lieux de détention du Département dans la base navale de la baie de Guantanamo, sur l'île de Cuba.
Ces cinq experts sont M. Leandro Despouy, Rapporteur spécial sur l'indépendance des juges et des avocats; M. Paul Hunt, Rapporteur spécial sur le droit de chacun de jouir du meilleur état de santé physique et mentale susceptible d'être atteint; Mme Asma Jahangir, Rapporteuse spéciale sur la liberté de religion ou de conviction; M. Manfred Nowak, Rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants; ainsi que Mme Leila Zerrougui, Présidente-Rapporteuse du Groupe de travail sur la détention arbitraire.
Tout en se félicitant des lettres d'invitation adressées le 27 octobre dernier à trois d'entre eux par le Département de la défense des États-Unis - premier résultat tangible après presque quatre années de dialogue entre les procédures spéciales de la Commission et le Gouvernement des États-Unis -, les cinq experts affirment regretter profondément que des invitations similaires n'aient pas été lancées à deux d'entre eux, à savoir MM. Despouy et Hunt, et que la visite autorisée par le Département de la défense se limite à une seule journée. Ils regrettent en outre profondément que les entrevues ou visites privées auprès des détenus aient été explicitement exclues.
Dans leur déclaration commune, les cinq experts indépendants indiquent avoir soigneusement examiné cette invitation et décidé de l'accepter sur les bases suivantes. «Dans un esprit de coopération, nous acceptons la courte durée de la visite et le fait que seuls trois d'entre nous seront autorisés à visiter les lieux. Toutefois, nous ne pouvons pas accepter l'exclusion des entrevues privées avec des détenus, dans la mesure où non seulement cela serait contraire aux termes du mandat des missions d'établissement des faits des procédures spéciales, mais en plus cela saperait l'objectif même d'une évaluation équitable et objective de la situation des personnes détenues dans la baie de Guantanamo».
Les cinq experts se disent confiants que le Gouvernement des États-Unis, «qui attache une grande importance aux principes d'un établissement des faits indépendant et objectif», comprendra leur position. Ils indiquent avoir décidé que Mmes Jahangir et Zerrougui et M. Nowak effectueront une visite à Guantanamo à condition qu'ils aient librement accès à tous les détenus et qu'ils puissent s'entretenir en privé avec eux. La date envisagée pour la visite est le 6 décembre 2005, précisent les cinq experts.
Ce document, qui n'est pas un document officiel, est le résumé d'un communiqué de presse publié en anglais, qu'on peut trouver à : http://www.unhchr.ch/huricane/huricane.nsf/view01/0CBC243232FBA74DC12570AB0048F349?opendocument
Source : Nations Unies, 31 octobre 2005

 

Libération de 500 détenus d'Abou Ghraïb


Célébrant l'Aïd El Fitr à leur manière, les autorités militaires d'occupation US ont libéré mardi 500 Iraquiens détenus à la prison d'Abou Ghraïb. Les détenus bénéficiant de cette mesure d'une clémence extraordinaire ont été acheminés en bus à la Foire internationale de Bagdad où leurs proches les attendaient. Un millier de détenus avaient déjà été libérés d'Abou Ghraïb au début du mois de Ramadan. Au moins 15 000 Iraquiens restent détenus dans la vingtaine de prisons et de camps administrés directement par les forces d'occupation US dans tout le pays. À guantanamo, en revanche, on ne signale aucune libération parmi les 505 détenus, qui ont vécu leur quatrième Ramadan en cage.

 

Bras de fer entre le Pentagone et les Nations unies à propos de guantanamo


Le secrétaire US à la Défense Donald Rumsfeld a accusé mardi 1er novembre les grévistes de la faim au centre de détention militaire US de guantanamo de vouloir attirer l'attention des médias.
"Je suppose que ce qu'ils essaient de faire est d'attirer l'attention de la presse, évidemment. Et ils ont réussi", a déclaré M. Rumsfeld, interrogé à ce sujet lors d'une conférence de presse.
"Il y a un certain nombre de détenus qui jeûnent. Ils ne mangent pas pendant un certain temps, puis ils abandonnent. Et ils sont remplacés par d'autres. C'est clairement une technique pour essayer d'attirer l'attention", a répété M. Rumsfeld.
Depuis août, un mouvement tournant de grève de la faim est suivi par quelque 200 détenus pour protester contre leurs conditions de détention. D'après le Pentagone, 27 détenus suivent actuellement cette grève de la faim, dont 24 sont nourris de force à l'aide de tubes et d'intraveineuses.
Selon le quotidien Washington Post de mardi, un détenu originaire de Bahreïn, a tenté de se suicider lors d'une visite de son avocat le 15 octobre.
Des experts de l'Onu, chargés des droits de l'Homme, ont accepté lundi une invitation des USA à visiter guantanamo à condition de pouvoir mener des entretiens personnels avec des détenus. Ils envisagent de s'y rendre le 6 décembre.
"Les négociations et les discussions qui ont eu lieu avec les gens de l'ONU ont permis de leur offrir l'opportunité d'aller à guantanamo et de voir par eux-mêmes", a estimé M. Rumsfeld.
"Nous leur avons cependant indiqué qu'ils n'auraient pas exactement les mêmes opportunités que le Comité international de la Croix Rouge. Il doit y avoir une limite sur la manière dont cela se passe. Le CICR fait cela depuis plusieurs années (...) Nous ne sommes pas enclins à accroître le nombre de gens à qui on accordera cet accès étendu", a-t-il ajouté.
Des avocats de prisonniers de guantanamo ont manifesté mardi devant le ministère de la Justice à Washington pour dénoncer les conditions de détention dans la prison militaire.
Selon Tina Foster de l'Initiative pour une justice mondiale à guantanamo, qui fait partie du Centre pour les droits constitutionnels (CCR), il y a eu "d'horribles sévices" à guantanamo. D'après elle, 130 détenus sont actuellement en grève de la faim.
Quelque 500 prisonniers de différentes nationalités sont toujours incarcérés à guantanamo. La plupart ont été capturés au moment de la guerre contre le régime taliban en Afghanistan fin 2001.
Trois rapporteurs spéciaux des Nations unies ont annoncé qu'ils déclineraient une visite pourtant demandée de longue date dans le centre de détention de guantanamo si les autorités US ne les autorisaient pas questionner des prisonniers.
Quatre ans après les premières requêtes en faveur d'une telle visite, Washington a annoncé vendredi que les trois responsables pouvaient visiter guantanamo car les USA n'avaient "rien à cacher".
Mais s'ils auraient le droit d'interroger des responsables du centre, ils ne seraient pas autorisés à parler au demi-millier de prisonniers, a fait savoir le Pentagone.
Leila Zerrougui, une Algérienne spécialisée dans les questions de détention arbitraire, et l'Autrichien Manfred Nowak, responsable des questions de torture auprès de l'Onu, ont proposé la date du 6 décembre pour cette visite en précisant qu'il ne se rendraient dans la prison que si le Pentagone les autorisait à parler aux détenus.
"Nous n'avons jamais accepté une visite organisée ou une visite lors de laquelle nous ne pourrions rencontrer librement les détenus", a dit Zerrougui lors d'une conférence de presse au siège de l'Onu.
La troisième responsable de l'Onu invitée est la Pakistanaise Asma Jahangir, spécialisée dans les questions de libertés de religion.
De nombreuses organisations de défense des droits de l'homme ont critiqué le fait que le demi-millier de prisonniers de guantanamo demeurent détenus sans être inculpés.
Les trois rapporteurs spéciaux sont nommés par la Commission des droits de l'homme de l'Onu, basée à Genève.
Ils ont estimé lundi qu'il leur faudrait davantage que la seule journée proposée par Washington pour effectuer une visite satisfaisante de guantanamo.
Sources : AFP, Reuters, 1er novembre 2005

 

Campagne pour Majid Al Massari


Majid Al Massari, un étudiant à l'école d'infirmiers de Seattle, résidant légalement aux USA, a été arrêté secrètement par les autorités d'immigration US en rentrant de son travail le 16 juillet 2004. Il a été maintenu au secret total pendant plus de onze jours. Il reste détenu à l'isolement dans des conditions très sévères. Des organisations musulmanes mènent campagne pour sa défense et sa libération. Elles ont ainsi organisé une Iftar pour recueillir des fonds à l'École islamique de Seattle le 30 octobre. Elles poursuivent al collecte de fonds.
Chèques à l'ordre de AACC-Majid's Fund à : Arab American Community Coalition, P.O. Box 31642, Seattle, WA 98103, USA. Courriel : info@theaacc.org . Tél. 001 206 634 9001

 

Les rapporteurs spéciaux de l'ONU pourront se rendre à guantanamo, mais pas rencontrer les prisonniers

 


Le Pentagone aura mis presque 4 ans pour répondre à la demande faite par les Nations unies de visiter le camp de guantanamo, puisque la première demande avait été faite le 22 janvier 2002, soit 12 jours après l'arrivée du premier groupe de capitifs d'Afghanistan. Le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack, a annoncé vendredi 28 octobre que le département de la Défense avait décidé de laisser les rapporteurs spéciaux de l'ONU "observer les opérations des installations de Guantanamo et de poser des questions au personnel de commandement et aux responsables US qui les accompagneraient".
Mais les rappiorteurs spéciaux ne pourront pas rencontrer les principaux intéressés, à savoir les prisonniers. Le règlement de la base interdit tout contact entre les otages et des personnes venues de l'extérieur, à l'exception de certains avocats dûment habilités après avoir obtenu leurs "security clearances" (habilitations de sécurité).
Source : AP, 28 octobre

 

Urgent ! Rasul Koudaïev, ex-détenu de Guantanamo, arrêté et torturé en Russie, est agonisant !

 

par Cageprisoners, Londres, 26 octobre 2005.
contact@cageprisoners.com
Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier pour le Collectif guantanamo

 

Rasul Koudaïev, un Russe, ex-détenu à Guantanamo, a été arrêté par la FSB en connexion avec le siège imposé à Nalchik, le 13 octobre. Rasul s'était vu remettre un document officiel indiquant qu'un correspondant anonyme les avait informés qu'il détenait des armes chez lui, et qu'il fournissait des armes aux rebelles qui avaient mené à bien l'attaque. Ces allégations sont absolument dénuées de fondement. Près de vingt policiers armés ont entrepris de fouiller son domicile, mais ils n'ont pu trouver aucune pièce à conviction. Au moment de sa ré-arrestation, la santé de Rasul était en train de se détériorer, et il avait besoin de soins médicaux urgents. Les avocats de Rasul craignaient qu'à moins qu'il ne soit rapidement relâché, il ne pourrait pas supporter les mauvais traitements qui l'attendaient sans doute au cours de sa garde à vue. Hier, une avocate commise d'office par le gouvernement a rendu visite à Rasul, et elle a confirmé que Rasul a été passé à tabac d'une manière tellement violente qu'il n'a pas pu lui parler, ni relever la tête, ni parler à qui que ce soit. Rasul a signé des aveux, à la suite de son passage à tabac. On lui refuse son traitement médical et, ce matin, il a fallu appeler une ambulance. La femme médecin qui a examiné Rasul ce matin a immédiatement contacté sa famille, en leur disant de se préparer au pire : Rasul a été si salement torturé et passé à tabac qu'il est agonisant. Elle n 'arrivait pas à croire ce qu'elle voyait de l'état où avait été réduit Rasul, relevant des lésions sévères à la tête et au cou, et elle a affirmé que ceux qui avaient Rasul sous leur garde s'étaient comportés « comme des animaux ». D'après le frère de Rasul, il a été frappé surtout au cou, ses gardiens hésitant à le blesser à la poitrine ou au niveau du foie, en raison de sa maladie. Un député de Nalchik, détenu lui aussi dimanche, mais relâché, peut confirmer les mauvais traitements que subissent ces prisonniers. Il a été lui-même battu et on l'a contraint à assister au passage à tabac d'autres détenus. L'argent que Cageprisoners et Reprieve avaient l'intention de récolter initialement pour aider Rasul du point de vue médical est nécessaire, désormais, pour payer ses avocats. Nous savons cela, car en raison des conditions dans lesquelles il se trouve, il ne pourra pas supporter plus longtemps cette situation. Voir ci-après, s'il vous plaît, pour prendre connaissance des modalités pour vos dons.

 

Le contexte

 

Rasul Koudaïev a été arrêté par les forces US en Afghanistan. Les Américains ont ouvert le feu sur un camion transportant des prisonniers, tuant beaucoup d'entre eux. Rasul a eu la chance de survivre, mais il a été sérieusement blessé à la hanche. Jusqu'à aujourd'hui, il a encore une balle dans la hanche, qui n'a pu être extraite. Durant toute sa détention, tant à Kandahar qu'ensuite à Guantanamo, on a refusé à Rasul tout traitement médical, en dépit du fait que l'armée US savait parfaitement qu'il avait été blessé. Comme d'innombrables autres détenus, il a été, de plus, torturé. Rasul a été libéré de Guantanamo après trois années passées en détention, en février 2004, mais il a été arrêté, à nouveau, en Russie, et emprisonné quelques mois. Depuis sa libération, sa blessure n'a pas pu être soignée, en Russie. La politique, en la matière, en Russie, c'est qu'un individu doit posséder un passeport russe avant de pouvoir recevoir tout traitement médical. Rasul a tenté, en vain, d'obtenir un passeport, à de multiples reprises, tandis que les autorités russes continuent à l'interroger pour diverses « infractions » alléguées. L'association Reprieve tente de lui obtenir une assistance juridique, en Russie, afin de l'aider à se défendre. Rasul est désormais grabataire, il ne peut se lever sans assistance. Il est très jeune (moins de trente ans) et il devrait assurer le gagne-pain de sa famille. Toutefois, à cause de sa blessure, c'est sa mère, âgée, qui doit aller travailler et faire vivre la famille. Le seul espoir de redonner la santé à Rasul serait une possibilité qu'il soit soigné dans une clinique privée, afin qu'on puisse extraire la balle qu 'il a toujours dans une de ses hanches. Toutefois, le coût de cette intervention est extrêmement élevé, et sa santé se détériore rapidement. Cageprisoners demande aux personnes qui se sentent concernées de faire un don au fonds médical ouvert pour le cas de Rasul.

Nous demandons en particulier aux musulmans de penser à mettre à profit les prochaines semaines du mois de Ramadan pour se gagner la récompense de leur sadaqa (charité) en contribuant généreusement à cette aide à un ancien prisonnier.

Les donateurs désirant envoyer des chèques doivent les libeller à l'ordre de « Reprieve ». Veuillez inscrire la référence « Rasul » au dos de votre chèque. Les chèques seront envoyés à l'adresse suivante : Reprieve, PO Box 52742, London, EC4P 4WS Autre possibilité : vous pouvez transférer votre don directement sur le compte de Hugs, en indiquant la référence « Rasul » : Nom de la banque : HSBC Nom de la succursale : New Malden Adresse : 66 High Street, New Malden, Surrey, KT3 4HD Numéro agence : 40-34-24 Titulaire du compte : Hhugs Compte n° : 31438603 IBAN: GB18MIDL40342431438603 BIC : MIDLGB2146W Cageprisoners.com, soutenu par Reprieve (reprieve.org.uk), Hhugs (hhugs.org.uk)

 

Qui est Rasul Koudaïev ?

 

Rasul Kudaev, 22 ans, est né dans la république russe de Kabardino-Balkarie, en 1982. En 1995, Rasul devient champion de lutte de cette République. Sa mère et son frère disent qu'il est parti de chez lui, pour l'Asie centrale, en 2000. Rasul a dit à sa famille que son entraîneur avait entamé une carrière sportive en Asie centrale, et qu'il avait lui aussi l'intention de poursuivre sa carrière sportive dans cette région du monde. D'après les services russes de renseignement, il aurait été recruté par une organisation islamiste radicale, et envoyé en Afghanistan, où il aurait combattu aux côtés des Talibans. Il a été capturé, et il était prisonnier à Guantanamo quand des représentants du gouvernement russe vinrent lui rendre visite, au début de l'année 2002. Il a été rapatrié en Russie, pour y purger sa condamnation, le 1er mars 2004.

Source : www.cageprisoners.com

 

David Hicks sera prochainement jugé


Le général de brigade Thomas L. Hemingway, conseiller juridique des commissions militaires siégeant à guantanamo, vient de déclarer que l'Australien David Hicks, dont le procès est prévu pour le mois prochain, ne pourra pas escompter voir son temps de détention à guantanamo - presque 4 ans - pris en compte dans sa condamnation. Le major Michael Mori, avocat militaire défenseur de Hicks a fait part de sa surprise à cette annonce : « Ce soi-disant conseiller juridique indépendant a déjà préjugé de la culpabilité de Hicks. » D'autre part, Hemingway a balayé les espoirs des défenseurs de Hicks, qui attendent une réponse à leur demande de passeport britannique pour Hicks dans les six semaines : « La différence entre lui et les détenus britanniques remis en liberté est que Hicks a déjà été inculpé et que la procédure pour le juger a déjà été mise en route. »


Le Pentagone continue donc à bafouer allègrement les droits les plus élémentaires.


Source : Australian Boradcasting Corporation, 20 octobre 2005

 

 

Le Canada demande à la Syrie une enquête sur des cas de torture


Le ministre canadien des Affaires étrangères Pierre Pettigrew a annoncé jeudi avoir convoqué l'ambassadeur de Syrie pour demander une enquête sur des tortures infligées en Syrie à des ressortissants canadiens.
La démarche du chef de la diplomatie canadienne fait suite à la publication d'un rapport concluant que quatre ressortissants canadiens avaient été torturés lors de leur incarcération à Damas.
Une commission d'enquête avait été mise en place en janvier à la demande de Maher Arar, un Canadien d'origine syrienne qui affirmait avoir été soumis à la torture lors de son emprisonnement à Damas.
Soupçonné par Washington de liens avec des cellules islamistes, M. Arar avait été expulsé en 2002 vers Damas alors qu'il était en correspondance à New York entre le Canada et la Tunisie.
"J'ai convoqué l'ambassadeur de Syrie au Canada. Je lui ai demandé de remettre ce rapport entre les mains des autorités syriennes du gouvernement à Damas et je leur ai demandé de faire une enquête approfondie", a déclaré M. Pettigrew à la presse.
"J'insiste pour que le gouvernement syrien prenne toutes les actions nécessaires contre des gens qui auraient eu de tels comportements", a ajouté M. Pettigrew en précisant que le Canada "prend très au sérieux le rapport".
Dans son rapport intermédiaire, l'enquêteur Stephen J. Toope conclut que "Maher Arar a bien été soumis à la torture en Syrie". "Les effets de cette expérience, ainsi que les événements et expériences qui ont suivi au Canada, ont été profondément négatifs pour M. Arar et sa famille", écrit-il.
M. Toope a recoupé les témoignages de Maher Arar à ceux de trois autres Canadiens emprisonnés à Damas pour s'assurer de la véracité de la version défendue par Maher Arar.
"Je conclus que leurs récits sont dignes de foi. Je crois qu'ils ont subi de graves traumatismes physiques et psychologiques pendant leur détention en Syrie", précise l'auteur du rapport.
La commission doit en outre déterminer si les services secrets canadiens ont joué un rôle dans l'expulsion de Maher Arar vers la Syrie.
Source : AFP, 28 octobre 2005

Un tribunal interdit au Pentagone de nourrir de force les grévistes de la faim


Les grévistes de la faim ne peuvent être nourris de force, a jugé un tribunal fédéral de Washington dirigé par la juge Gladys Kessler. Avant de les nourrir de force, les autorités pénitentiaires devront informer leurs avocats.
La grève de la faim dure depuis le 8 août. Les déte nus nourris de force ne sont que 7 selon le Pentagone mais au moins 35 selon le Centre des droits constitutionnels de New York, qui s'était adressé à la justice. La grève de la faim a engagé jusqu'à 210 des 505 détenus de guantanamo.
Source : RFI, 28 octobre 2005

 

Une délégation américaine a séjourné la semaine passée à Alger - Vers le retour d'une trentaine de détenus algériens


par Salima Tlemçani, El Watan Alger, 25 octobre 2005
Une délégation américaine a séjourné la semaine écoulée à Alger où elle a eu à discuter des cas d'une trentaine d'Algériens parmi les 520 détenus d'une quarantaine de nationalités à la base de Guantanamo Bay, a-t-on appris de source sûre.
Ces Algériens ont pour leur majorité été arrêtés en Afghanistan, au Pakistan et dans certains pays européens. Accusés d'avoir participé à une organisation terroriste, ils sont maintenus en détention administrative, coupés du monde extérieur depuis plusieurs mois, pour certains depuis septembre 2001. La délégation américaine a eu un programme de visite très chargé. Elle a été reçue par les ministres de l'Intérieur, de la Justice et des Affaires étrangères et les débats ont tourné autour des conditions du transfert des Algériens arrêtés depuis le lancement de ce que le département d'Etat US a appelé la guerre internationale contre le terrorisme, juste après les attentats du 11 septembre 2001. Parmi les dossiers discutés, se trouvent six ressortissants algériens ayant également la nationalité bosniaque. Ils avaient été arrêtés en Bosnie après avoir été jugés et acquittés par la Cour suprême de ce pays. Cette juridiction leur a également accordé une indemnisation financière (17 000 dollars US) à titre de dommages et intérêts des suites de leur détention injustifiée pendant presque deux ans. Juste après leur mise en liberté, des agents américains les ont enlevés devant le tribunal, après les avoir encagoulés, puis transférés vers la base de Guantanamo Bay. Toutes les actions engagées par leurs épouses bosniaques à travers les écrits adressés aux plus hautes autorités algériennes et la constitution d'un collectif d'avocats (parmi lesquels des Algériens) n'ont abouti à rien. La délégation américaine a expliqué que son pays est « en train d'étudier tous les dossiers des détenus de Guantanamo. La commission de révision administrative a déjà traité de nombreux cas marocains, qataris, yéménites, saoudiens, etc., lesquels ont été d'ailleurs soit libérés soit remis à leurs autorités », a indiqué notre source. Pour nos interlocuteurs, les Américains ne considèrent pas les détenus de Guantanamo comme étant des prisonniers de guerre. « Pour eux, la lutte contre le terrorisme n'est pas une guerre classique ordinaire qui obéit aux règles internationales proprement dites. Ce sont pour eux des personnes hostiles à leurs intérêts. Ils veulent les transférer dans leur pays, mais avec la conviction qu'ils ne présentent plus de danger pour leurs intérêts partout où ils sont. L'objectif recherché est d'assainir la situation dans cette grande prison administrative qu'est Guantanamo et par la même occasion essayer de présenter une meilleure image de l'Amérique... » Pendant trois jours, la mission a longuement discuté et débattu avec les plus hauts responsables de l'Intérieur, de la Défense nationale, de la Justice et des Affaires étrangères, et fini par donner son accord pour un éventuel transfert après la visite d'une mission algérienne à la base de Guantanamo. « La partie algérienne a elle aussi exprimé son souhait de pouvoir rendre visite aux détenus algériens, d'autant que beaucoup ne sont même pas fichés comme étant des activistes islamistes », a ajouté notre source. Sur cette question, la délégation américaine a donné son accord. « Il reste uniquement à programmer la visite le plus tôt possible pour permettre le retour des prisonniers algériens avant la fin de l'année en cours ». C'est la première fois que les Etats-Unis envoient une délégation de trois responsables pour négocier le sort des détenus de la base de Guantanamo. L'Administration US a toujours refusé d'ouvrir le débat sur ce dossier. De nombreux avocats qui ont tenté de rendre visite à leurs mandants internés dans cette base ont essuyé des refus catégoriques.

 

520 prisonniers à Guantanamo


La base de Guantanamo Bay, sortie de l'anonymat depuis qu'elle s'est transformée en un centre d'internement administratif américain, constitue aujourd'hui la cible de toutes les organisations internationales des droits de l'homme du fait des violations dont font l'objet les prisonniers.
Hormis le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) qui a réussi, après plusieurs refus, à y accéder pour s'enquérir de la situation des détenus, aucune autre ONG n'y a eu accès. En 2003, le CICR avait avancé le chiffre de plus de 600 prisonniers, dont certains étaient détenus depuis plus de 18 mois sans jugement. Ils sont totalement coupés du monde extérieur. Leurs familles leur envoient des messages via le CICR, mais qui arrivent souvent très tard ou pas du tout. Le CICR a fait part de nombreuses recommandations au gouvernement américain afin qu'il puisse apporter une amélioration à la situation. En novembre 2004, l'Administration US a créé un Office des affaires des détenus de Guantanamo (Office of Detainee Affairs) au sein du ministère de la Défense pour gérer le dossier et servir d'interlocuteur en matière de traitement. Les vives critiques des ONG et les remarques du CICR ont poussé les Américains à réviser les internements de beaucoup de prisonniers puisque, aujourd'hui, ils sont 520 à séjourner à Guantanamo. La plupart sont des Afghans, des Pakistanais, des Saoudiens et des Yémé