Couriel : wb.qb@caramail.com

Libérez
Zakaria, otage du
terroriste Bush
depuis 4 ans

La galaxie guantanamo

 

AVEZ-VOUS ENTENDU PARLER DE GUANTANAMO ?
BIEN SÛR, DIREZ-VOUS. MAIS QU'EN SAVEZ-VOUS EXACTEMENT ?

 

Présentation de la Chronique de guantanamo, publiée par le Collectif guantanamo France


« Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé »

Article 9 de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme.

 

La CHRONIQUE DE GUANTANAMO est une "newsletter" électronique publiée par le Collectif guantanamo, lancée en février 2003. Depuis avril 2004, elle paraît 2 fois par mois, le 1er et le 15 du mois. Elle entre aujourd'hui dans sa troisième année. En 23 mois, nous avons constitué la plus importante base de données en langue française sur guantanamo, soit l'équivalent d'une dizaine de livres de 220 pages, accessible à tous ceux qui savent lire sur 2 sites web. Nous entendons continuer, élargir et approfondir ce travail. Mais cela ne sera pas possible sans vous.

Le 10 janvier 2005, cela fera 3 ans que 545 hommes de 40 pays sont détenus illégalement par les USA. 202 autres ont été libérés, dont une partie ont été emprisonnés dans leur pays. Exiger qu'ils soient libérés ou jugés équitablement nous semble naturel. Ce n'est pas l'avis de la Maison blanche et du Pentagone, qui ignorent depuis 6 mois un verdict de la Cour suprême US ordonnant que ces prisonniers aient la possibilité de remettre en cause leur détention devant une juridiction ordinaire.

Le Collectif guantanamo a été créé en France en février 2003. Cette association a pour but d'organiser une campagne mondiale d'information et de solidarité pour défendre les droits de toutes les personnes détenues par les USA comme "combattants ennemis illégaux" à Guantanamo, Bagram et ailleurs.

Son appel fondateur, "guantanamo : premier camp de concentration off shore de l'Empire !", peut être lu en 9 langues [ allemand, anglais, arabe, créole, danois, espagnol, français, russe, suédois ] en allant à : http://www.gwadaoka.org/guantanamo_appel_fr.htm

Son outil principal est le travail d'information. Le Collectif publie des informations sur la "galaxie guantanamo" à un rythme quasi-quotidien sur deux sites internet. Ces informations sont reprises et diffusées tous les 15 jours dans une lettre électronique appelée CHRONIQUE DE GUANTANAMO. Si vous voulez lire, puis vous abonner à cette CHRONIQUE , il suffit de nous envoyer un mail à collectif.guantanamo@gwadaoka.org

Cette Chronique contient donc toutes les informations publiées au jour le jour sur les sites http://quibla.net et http://www.gwadaoka.org/guantanamo.htm

 

POUR RECEVOIR CETTE CHRONIQUE LE 1er et LE 15 DE CHAQUE MOIS, ENVOYEZ UN MAIL INTITULÉ : "OUI, JE M'ABONNE !" À : collectif.guantanamo@gwadaoka.org. Signalez-nous si vous souhaitez apporter une contribution financière. Nous vous indiquerons coment procéder.

Nos v¦ux pour 2005 sont simples, clairs et nets : le Pentagone et la Maison blanche doivent libérer les 545 otages détenus illégalement sur la base yankee de guantanamo depuis le 10 janvier 2002. Ou au moins, ils doivent respecter la sentence émise en juin 2004 par la Cour suprême US, stipulant que les détenus ont le droit de remettre en cause leur détention devant une juridiction ordinaire. Le martyre des hommes enfermés dans le premier camp de concentration off shore de l'Empire, entrera le 10 janvier dans sa quatrième année. C'est une insulte à l'humanité. Pensez à eux !

Merci de votre attention
pour le Collectif guantanamo,
le président
Fausto Giudice
1er janvier 2005 /20 Dhul Qa'dah 1425

 

PS : NOTRE TRAVAIL ÉTANT TOTALEMENT BÉNÉVOLE, TOUTE CONTRIBUTION FINANCIÈRE VOLONTAIRE EST LA BIENVENUE. EN NOUS SIGNALANT VOTRE ABONNEMENT, INDIQUEZ-NOUS ÉVENTUELLEMENT SI VOUS SOUHAITER VERSER UNE CONTRIBUTION. NOUS VOUS INDIQUERONS ALORS COMMENT PROCÉDER. MERCI D'AVANCE.

-> Collectif guantanamo, 5 rue de Douai, F-75009 Paris - Tél. 00 33 (0)6 13 99 28 86,
Courriel : collectif.guantanamo@gwadaoka.org
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Présomption de culpabilité et procès d'intention


par Karyn Agostini-Lippi, Marseille, 15 octobre 2005
L'auteure est doctorante en droit public à l'Université Paul-Cézanne (Aix-Marseille) sur « Les prisonniers de guerre en main française, 1939-1940;1942-1948. Statut hypothétique, gestion casuelle, conséquences aléatoires »

Guantanamo, base militaire américaine en terre cubaine. Ouvert en janvier 2002, le centre de détention pour « ennemis combattants », tel que défini par les autorités étasuniennes, s'y abrite afin d'échapper à toute loi nationale ou internationale. Malgré, entre autres, l'avis du Conseil économique et social de l'ONU1, la résolution de Parlement européen2 et les déclarations de diverses ONG, le statut de non-droit qui régit la vie de ces centaines d'hommes n'a toujours pas évolué, le gouvernement américain n'ayant condescendu qu'à « libérer » ou « transférer » ceux qui, selon lui, « n'étaient plus considérés comme ennemis combattants ».
Mais qu'en est-il des détenus originaires de l'Europe de l'Ouest remis à leur État d'appartenance contre la promesse qu'ils y seraient jugés?
Si le Royaume-Uni, le Danemark et la Suède ont immédiatement libéré, sans retenir de charge contre eux, les leurs de retour sur le territoire national, tel n'a pas été le cas pour l'Espagne, la Belgique et la France qui se sont empressées de les mettre en examen, la première pour « lien avec Al Qaïda », la seconde pour « participation à une organisation criminelle » et la dernière pour « association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste ».

Depuis, l'incompréhension et le doute sont le quotidien de toutes les familles de ces Français dont les avocats se démènent en vain, et sans pouvoir communiquer sur les dossiers, pour obtenir leur libération. Car, tandis que Madrid connaît son premier attentat non imputable à l'ETA, Paris se pose en martyr et donneur de leçons ; après tout, cette capitale européenne n'a-t-elle pas été la première, en 1995, à être atteinte par des attentats de la part des « Islamistes » ? « Al Qaïda » n'existait pas alors, mais qu'importe, les profils sont les mêmes nous affirme-t-on sans sourciller. Et puis, « si on essaie d'expliquer l'inexplicable, c'est qu'on s'apprête à excuser l'inexcusable », nous assène un Nicolas Sarkozy ultra-médiatisé tandis que Jean-Louis Bruguière, outrepassant ses fonctions de magistrat, enchaîne interview sur interview pour annoncer au bon peuple effrayé que « la menace terroriste est des plus élevées » alors que les spécialistes de l'IRIS3, eux, n'ont quasiment aucune audience.
Alors, la machine s'emballe sous la pression de la pré-campagne présidentielle de 2007. C'est à celui qui surenchérira le plus pour son camp politique, son maître à « penser ». Peu importent les Lois de la République, les Principes Généraux du Droit, les Droits de l'homme. En réalité, tout est bon pour cacher, faute de réflexion et de vision à long terme, son incompétence sous des effets d'annonce populistes et électoralistes.
Et qui, en premier lieu, en paye les frais ? Ceux qui ont vécu un quotidien d'humiliations, de tortures et d'interrogatoires à Guantanamo.

D'une cellule à une autre

Le 13 février 2004, Hamed Abderrahmane Hamed, citoyen espagnol de Ceuta, est extradé de Guantanamo vers Madrid, après deux années de détention sur la base américaine, pour être écroué à la prison d'Alcala-Marco jusqu'au mois de juillet suivant. Ainsi, le juge d'instruction espagnol, Baltasar Garzon, s'il reconnaît que le jeune homme a été privé de tous ses droits au regard du droit espagnol et international, maintient son accusation d'appartenance à une organisation terroriste. Cependant, Hamed sera remis en liberté contre 3.000 Euro et sous conditions : communication de son domicile, comparution quotidienne au commissariat le plus proche et interdiction de sortie du territoire.

Le 24 juillet de la même année, Mourad Benchellali, Imad Kanouni, Nizar Sassi et Brahim Yadel sont expulsés vers la France, après trente mois passés dans les geôles américaines de Cuba. A leur arrivée, ils sont immédiatement placés en garde à vue, puis en détention provisoire.
Puis, le 7 mars 2005, vient le tour de Ridouane Khalid, Khaled Ben Mustapha et Mustaq Ali Patel. Ce dernier sera libéré au bout de deux jours sans aucune charge retenue à son encontre. Quant aux deux autres, seul Khaled Ben Mustapha sera placé en détention provisoire tandis que Ridouane Khalid connaîtra deux semaines de liberté sous contrôle judiciaire avant que l'appel des juges d'instruction le rattrape et qu'il soit immédiatement placé en détention provisoire.
Depuis, seul Imad Kanouni sera, le 7 juillet 2005, finalement remis en liberté sous contrôle judiciaire au motif que son maintien en détention n'était plus nécessaire à la poursuite des investigations.

 

Une porte s'ouvre..

Mis en examen pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » et maintenus en détention pour « risques de troubles à l'ordre public et de concertation frauduleuse », ces hommes ont tout de même obtenu, le 1er juin 2005, que la Chambre de l'Instruction de la Cour d'Appel de Paris, désignée par la Cour de cassation, se prononce pour l'ouverture d'une instruction, à Paris, de la plainte contre X pour « arrestation illégale et détention arbitraire » initiée par leurs familles tout d'abord déboutées par le TGI de Lyon et la Cour d'Appel de Lyon.
Ainsi, la justice française fait de son pays le premier au monde à prendre en compte l'illégalité et l'arbitraire instaurés en principe par l'administration Bush. En outre, il y a d'autant plus de chances que cette instruction aboutisse que, grâce au déclassement « secret-défense » des documents officiels américains qui autorisent, depuis l'ouverture de ce que beaucoup ont baptisé « le goulag de notre temps », des procédures d'interrogatoires qui ne sont rien de moins que de la torture physique et psychologique, nos juges n'auront pas à se baser sur les seuls témoignages des prisonniers libérés, contestés par les porte-parole du Pentagone et de la Maison Blanche et donc forcément juridiquement sujets à caution.

A cette date, tous les espoirs étaient donc permis : les avocats français, arguant de cette action, pouvaient enfin matériellement contester la validité de la procédure en cours concernant l'« association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » qui se base essentiellement sur des « aveux » extorqués à Guantanamo par les forces américaines ainsi que par la DST et les RG qui « accompagnaient » les délégations consulaires françaises.

 

.. Deux autres se referment

Le 4 octobre 2005, la Cour d'Appel de Paris, confirme, dans un arrêt qui à ce jour n'est toujours pas disponible4, la procédure en cours s'appuyant sur le fait que les hommes concernés font l'objet d'une enquête antérieure à leur détention à Guantanamo, l'avocat général allant même, selon certains avocats, jusqu'à reconnaître des « auditions vraisemblables » menées à Guantanamo par la DST5.
Ces deux arguments, s'ils se révèlent exacts, posent tout d'abord le problème de la reconnaissance réelle par les autorités françaises de l'illégalité de leur détention arbitraire en zone de non-droit américaine mais plus encore celui de la bonne foi de notre propre justice qui se réfère à ce qui ne peut être que des notes blanches des RG pour valider la procédure, puisque les juges Bruguière et Ricard n'ont ouvert instruction du dossier qu'au 6 novembre 2002, date à laquelle les 7 français se trouvaient déjà en main américaine depuis plusieurs mois.

Enfin, en ce qui concerne le statut légal qui sera réservé à la période de détention sur la base américaine de Guantanamo, la décision de la justice espagnole, en date du 5 octobre, laisse peut d'espoir quant au déroulement d'une justice équitable. En effet, quelle que soit notre opinion quant à la condamnation à 6 ans d'emprisonnement prise par l'Audience Nationale, plus haute juridiction pénale du pays, à l'encontre de Hamed Abderrahmane Hamed, il est plus qu'inquiétant et décevant de constater que le temps de détention à Guantanamo n'a pas été défalqué de la peine qui lui est infligée en Espagne. Agissant de la sorte, la justice espagnole évite par une pirouette juridique de se prononcer officiellement quant au statut de Guantanamo et, niant ainsi l'existence de ce bagne moderne, elle refuse d'accorder à l'un de ses citoyens la reconnaissance des mauvais traitements subis, argument qu'elle avait pourtant mis en avant pour sa mise en liberté conditionnelle en juillet 2004.

Si nous rapprochons ce premier déni espagnol d'illégalité et d'arbitraire de la décision française de validation de la procédure en cours, force nous est de penser que nos autorités s'engouffreront avec enthousiasme dans cette brèche politico-juridique.
S'il advenait que la Cour de Cassation ne casse pas l'arrêt de la Cour d'Appel de Paris et que le procès de nos 6 concitoyens ait alors lieu devant le Tribunal de Grande Instance de Paris, il est plus que probable que ces hommes écoperaient d'une peine au moins égale à leur temps de détention provisoire (ce qui empêcherait toute action ultérieure en compensation) et si la peine devait être supérieure à ce temps, les années Guantanamo ne seraient sans doute pas prises en compte.

Si c'était le cas, les cours parisiennes consacrées en matière de « terrorisme » ne seraient plus gage de neutralité mais bien de soumission à une législation d'exception faisant fi des grands principes de notre République ; pour n'en citer que quelques uns : la condamnation de la torture, la protection des citoyens, la liberté d'aller et venir, la liberté de culte, la liberté d'_expression, la présomption d'innocence, la liberté provisoire, le droit à un procès juste et équitable.

Pire encore, étant donné l'instruction en cours quant à la plainte contre X pour « arrestation illégale et détention arbitraire » qui, contrairement à l'Espagne, ne permet plus de nier l'existence de Guantanamo, une question essentielle se pose : la justice française irait-elle jusqu'à se commettre en refusant de défalquer les années passées en détention américaine tout en prenant en compte les « aveux » qui y ont été transcrits, au risque de perdre toute légitimité en refusant de remettre en cause les orientations politico-juridiques prises par des gouvernants qui, ayant renié toute notion d'équité dans leur course éperdue au pouvoir, s'attellent à satisfaire les peurs les plus viles de leurs électeurs.
Car il ne s'agit plus, en matière de soi-disant « terrorisme », de présomption d'innocence mais bien de présomption de culpabilité, la seule conviction des services secrets et de sécurité intérieure se suffisant à elles-mêmes, sans plus de besoin d'élément matériel quelconque de volonté de commission d'infraction. Le procès devient ainsi procès d'intention (X serait allé à tel endroit où il aurait pu rencontrer Y qui aurait fait ou dit ceci ou cela).
Car, enfin, la volonté gouvernementale d'augmenter les peines encourues en matière de « terrorisme » avec concentration de tous les pouvoirs et de l'incarcération en région parisienne ne fait que nous conforter dans notre conviction de la réalité d'une « chasse aux sorcières » et d'une stigmatisation de l'Islam indignes de notre République.

Notes
1 - 23 novembre 2003
2 - P6_TA(2004)0050
3 - Institut des Relations Internationales et Stratégiques
4 - A cette date, la mise à jour du site officiel Légifrance, en ce qui concerne tous les arrêts en matière judiciaire, se limite au 21 septembre dernier. http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/RechercheSimpleCass.jsp
5 - http://lemonde.fr/web/depeches/texte/0,14-0,39-25806023,0.html

 

 

À guantanamo, les grévistes de la faim sont nourris de force, même durant le Ramadan


par Corinne Lesnes, Le Monde, 16 octobre 2005
Pendant le ramadan, les détenus qui sont en grève de la faim à la prison de Guantanamo continuent à être nourris de force, mais avant le lever du jour ou après le coucher du soleil. Selon les avocats et organisations de défense des droits de l'homme qui ont pu obtenir des éléments d'information sur la situation à la base américaine ouverte en janvier 2002 sur l'île de Cuba, le mouvement de protestation observé en alternance depuis des mois par les détenus ne concerne plus qu'une vingtaine de prisonniers, mais ils forment un noyau déterminé.
Vendredi 14 octobre, une juge fédérale a examiné à Washington la plainte d'un groupe d'avocats du Centre pour les droits constitutionnels (CCR), l'organisme qui est à l'origine de la plupart des contestations de la détention sans jugement des "ennemis combattants" arrêtés par les forces américaines au Pakistan ou en Afghanistan. Les avocats se plaignent de l'absence d'informations concernant leurs clients. Ils veulent pouvoir obtenir des détails sur leur état de santé et la manière dont sont effectués les "plans d'alimentation" des autorités militaires.

ACTIONS BÉNÉVOLES
L'avocat du gouvernement, Terry Henry, a affirmé que sept grévistes étaient nourris de force à l'hôpital et que dix-sept autres étaient aussi en grève de la faim, dont certains nourris à l'aide de tubes, mais sans être hospitalisés. Le Pentagone refuse d'indiquer quels sont les détenus concernés. "Les familles ne savent pas si leurs proches font la grève de la faim ni dans quel état ils sont", déplore l'avocate Gitanjali Gutierrez, coauteur d'un rapport du CCR sur les grèves de la faim publié le 8 septembre.
Après en avoir compté jusqu'à 600, Guantanamo abrite désormais 505 détenus. Depuis un arrêt de la Cour suprême de juin 2004, ils ont obtenu le droit de contester leur détention devant la justice mais aucune audience n'a jamais eu lieu. Plus d'un tiers des détenus ont des avocats, dont certains issus de grands cabinets américains, qui travaillent bénévolement. A chaque visite, les avocats doivent remettre leurs notes à la censure militaire. Ils n'ont pas le droit de parler aux familles ou à la presse tant que leurs notes ne leur sont pas rendues, ce qui peut prendre des semaines. Mais leur présence a produit un net changement. Des bribes d'informations circulent, même si c'est avec retard. Dans une note déclassifiée, rédigée par un membre du cabinet Shearman and Sterling, on apprenait en juillet que certains prisonniers revendiquent de pouvoir "voir la lumière du soleil" et non pas à "rester des mois sans voir la lumière du jour".
Selon le collectif, le mouvement de grèves de la faim a été récurrent depuis 2002. Au départ, les détenus réclamaient surtout une amélioration de leurs conditions de détention et, notablement, de l'eau en bouteille, élément distribué en fonction du degré de "coopération" des détenus. Plus récemment, ils ont réclamé de pouvoir contester leur détention en justice.
Selon le Pentagone, qui qualifie de grève de la faim tout refus de neuf repas consécutifs, les grévistes ont été 52, fin juillet, puis 131 en août. Conformément à la pratique en vigueur dans les prisons américaines, indique l'armée, les détenus sont alimentés par perfusion et voie orale. Certaines sources indiquent que les grévistes sont attachés à leur lit. D'autres que les gardiens leur laissent au moins une main libre. L'armée préfère parler de détenus "nourris involontairement" et non pas "nourris de force".
"Ils sont affaiblis. Ils ne peuvent pas s'asseoir, affirme Me Gutierrez. A long terme, il y a des conséquences physiques à une alimentation par simple perfusion." Selon le Pentagone, les inquiétudes des avocats sont "exagérées", les détenus faisant la grève par roulement. "Ils ont une manière de communiquer les uns avec les autres et de comprendre comment attirer l'attention du public au-delà de leur incarcération", indiquait le 6 octobre le porte-parole du Pentagone, Lawrence Di Rita. Les détenus sont suivis par les médecins. Comme l'a souligné vendredi l'avocat du gouvernement, "personne n'est mort jusqu'à présent".

 

 

Louise Arbour et Richard Goldstone dénoncent les atteintes aux droits de la personne


Face au terrorisme, certains pays démocratiques ont des réactions exagérées, qui compromettent les droits de la personne, a prévenu lundi une experte canadienne des droits humains, qui a reçu, avec un collègue, un prix récompensant son travail.
Louise Arbour, haute commissaire des Nations unies pour les droits de la personne, et Richard Goldstone, un ancien procureur sud-africain au Tribunal pénal international, se partageront les 75 000 $ US du prix Thomas J. Dodd pour la justice internationale et les droits de la personne.
En entrevue, tous deux se sont dits préoccupés par les nouvelles lois antiterrorisme adoptées ou envisagées à travers le monde.
En Angleterre, par exemple, on envisage d'autoriser la détention d'individus soupçonnés de terrorisme pendant 90 jours en l'absence de toute accusation. L'Afrique du Sud a songé à restaurer la détention sans procès, mais elle y a finalement renoncé. Et les Etats-Unis continuent de détenir ce qu'elle décrit comme des combattants ennemis à Guantanamo, à Cuba. Seuls quelques-uns de ces détenus ont fait l'objet d'accusations en bonne et due forme.
Tant Mme Arbour que M. Goldstone disent croire que les gouvernements pourraient se servir de la menace terroriste comme prétexte pour s'ingérer dans le travail des tribunaux et pour restreindre les droits de leurs minorités respectives.
Les deux avocats ont indiqué que certains pays invoquent maintenant les pratiques des Etats-Unis comme excuse pour restreindre les droits humains. M. Goldstone a cité l'Indonésie, dont les dirigeants ont mentionné la possibilité de se doter de leur propre prison extra-côtière, sur le modèle de Guantanamo.
M. Goldstone, qui a été juge à la Cour constitutionnelle d'Afrique du Sud, et Mme Arbour ont tous deux travaillé comme procureurs du Tribunal pénal international sur l'ex-Yougoslavie. M. Goldstone a été procureur en chef du Tribunal international pour le Rwanda, tout comme Mme Arbour, dont le travail a permis de faire reconnaître, pour la première fois, le viol comme un crime contre l'humanité en droit international.
Source : AP, 17 octobre 2005

 

La justice britannique débat sur les informations obtenues sous la torture


Plusieurs organisation de défense des droits de l'Homme se sont pourvues lundi devant les Law Lords, la plus haute instance judiciaire de Grande-Bretagne, réclamant que soient jugées irrecevables au Royaume-Uni les informations obtenues sous la torture dans d'autres pays.
Le cas concerne dix étrangers soupçonnés d'implication dans des activités terroristes et qui ont été arrêtés, pour la plupart en 2001. Le ministère de l'Intérieur avait estimé qu'ils représentaient un danger pour la sécurité du Royaume-Uni, en s'appuyant sur des informations recueillies dans des camps de détention comme celui de Guantanamo, à Cuba, avec des méthodes pouvant être assimilées à de la torture.
Sept magistrats de la House of Lords vont examiner une décision rendue en août dernier par une cour d'appel qui avait donné raison au gouvernement et donné le feu vert à l'utilisation de telles informations à condition qu'elles ne soient pas recueillies avec le concours d'agents britanniques.
Quatorze organisations de défense des droits de l'Homme, dont Amnesty International, Human Right Watch et Liberty, demandent à la Chambre des Lords de casser ce jugement.
"C'est une question cruciale qui va être tranchée par la plus haute cour britannique. Le recours à la torture est odieux. Si ce jugement n'est pas cassé, nous craignons que les tortionnaires n'y voient un feu vert", a déclaré Kevin Martin, président de l'une des organisations ayant fait appel, la Law Society, qui représente les avocats.
La Grande-Bretagne a signé la convention des Nations Unies contre la torture, qui affirme que des éléments obtenus sous la torture ne sont pas recevables devant les tribunaux, mais la convention n'a pas été incorporée dans le droit britannique.
Lord (Alexander) Carlile, un libéral-démocrate chargé par le gouvernement de revoir la législation antiterroriste, a de son côté estimé qu'il n'était "pas possible et pas raisonnable" de refuser en toutes circonstances l'utilisation de ces informations.
"Supposant que le 6 juillet, une agence de renseignement étrangères ait informé les services secrets britanniques que quatre hommes allaient arriver à Luton pour commettre des attentats-suicide à Londres, et que les autorités britanniques n'aient pas agi sur la base de ces informations, cela aurait été totalement inacceptable", a-t-il expliqué.
"De fait, cela provoquerait probablement la chute du gouvernement", a-t-il ajouté lundi sur la BBC.
"D'un autre côté, si des informations que l'on sait obtenues par la torture sont utilisées à un niveau bien moins important, cela serait inacceptable", a-t-il observé.
Le ministère de l'Intérieur n'a pas voulu commenter sur le cas en cours. "Nous examinerons le jugement une fois qu'il sera prononcé", a indiqué une porte-parole.
Ce jugement, attendu d'ici la fin de l'année, "aura probablement de profondes implications pour l'interdiction mondiale de la torture", a commenté avant le début des débats Human Right Watch, l'une des 14 organisations impliquées.
L'an dernier, les Law Lords avaient dénoncé la possibilité pour le gouvernement de détenir, sans inculpation et sans procès, des étrangers suspects de terrorisme.
Le gouvernement avait dû relâcher les suspects concernés et avait fait adopter au Parlement une nouvelle loi permettant l'assignation à résidence de ces suspects.
Source : AFP, 17 octobre 2005

 

 

À guantanamo, un officier américain, chinois et musulman, c'est forcément suspect


À Gguantanamo, il suffit d'être musulman pour être jugé suspect. Le capitaine Yusuf alias James Yee, détenu pour espionnage avant d'être totalement blanchi, a fait les frais de cette paranoïa post 11-Septembre qu'il expose dans son livre "Pour Dieu et mon pays".
Arrivé sur la base militaire en 2002 comme aumônier pour les détenus comme pour le personnel, notamment les interprètes, ce diplômé de West Point, la plus prestigieuse académie militaire américaine, espérait dissiper les malentendus culturels comme les préjugés des militaires au sujet de l'islam. Dix mois plus tard, il repartait menotté, avant de passer 76 jours au secret.
Cet Américain d'origine chinoise, 37 ans, dont les deux frères et le père ont également servi dans l'armée, a depuis quitté l'uniforme. Il exige, dans son ouvrage de 240 pages, des excuses du Pentagone pour le "flagrant déni de justice" dont il dit avoir été victime.
"Je crains parfois que mon épreuve provienne simplement du fait que j'étais l'un d'entre eux, un musulman. J'étais un soldat, un citoyen et un patriote. Mais dans le regard d'une minorité suspicieuse et mal avisée, qui a perdu de vue la vocation d'intégration de l'Amérique, j'étais avant tout un musulman", écrit-il.
Les soupçons ont émergé rapidement. Un officier, écoutant un topo sur les grandes lignes de l'islam que le capitaine Yee avait préparé pour les nouveaux arrivants, glisse immédiatement aux autres: "Il est avec nous ou avec l'ennemi?".
Ensuite, le fait qu'il maîtrise l'arabe, qu'il fasse ses prières comme les prisonniers, qu'il les salue d'un "Salam Aleikum", qu'il dénonce le maniement irrespectueux du Coran par certains gardes: tout cela a renforcé ce sentiment.
"Certains soldats nous trouvaient trop sensibles aux conditions des détenus ou trop critiques de leur traitement", écrit le capitaine Yee, au sujet du personnel musulman, "ce qui a mené à cette idée que nous prenions leur parti".
Une fois lancées, "les accusations ont été répétées et exagérées lors des chaudes soirées cubaines, alimentées par l'ennui de jeunes soldats et la vodka à bas prix", ajoute-t-il.
Certains surnommaient son groupe "la clique musulmane" ou encore "le Hamas".
M. Yee cite aussi la dénonciation d'un traducteur, ayant assisté à un bout de conversation entre M. Yee et un détenu hospitalisé. "Il a rapporté que je m'étais moqué d'une affiche d'opérations psychologiques (...) L'affiche disait: 'Le temps est venu de coopérer', ce qui est difficile à traduire en arabe. Nous discutions de cela lorsque le linguiste nous a entendus et pensé que la conversation était subversive".
Lors de chacune de ses visites en cellules, les gardes criaient "Aumônier dans le bâtiment" à plusieurs reprises avant de le laisser entrer. "J'ai eu le sentiment que cela servait d'avertissement pour toute personne engagée dans un comportement dont on ne voudrait pas que je sois témoin", écrit-il.
M. Yee décrit également des scènes d'une violence inouïe, notamment la neutralisation d'un prisonnier par huit gardes surexcités et armés d'équipement anti-émeutes. Après l'opération, ils se félicitaient "en se frappant les mains ou torse contre torse, comme les joueurs professionnels de basket. C'était une étrange célébration de victoire pour huit hommes contre un", commente sobrement l'officier Yee.
Inculpé d'espionnage et risquant la peine de mort, M. Yee a été libéré en novembre 2003 sans explications, puis entièrement blanchi en avril 2004. Il avait écrit au président Bush pour se plaindre d'avoir été "traité comme un combattant ennemi et non comme un officier" de l'armée américaine.
Source : AFP, 13 octobre 2005

 

 

Le témoignage de Sami Al Leithy : un Égyptien raconte Guantanamo, ses tortures et ses humiliations


par Lamia RADI, AFP, 11 octobre 2005

Grand et mince, enveloppé dans une djellabah beige, cloué dans un fauteuil roulant, Sami Al Leithy, 49 ans, qui vient de passer quatre ans dans la prison militaire US de guantanamo, affirme que les gardiens US « prenaient plaisir à torturer » les détenus.
« Ils me soulevaient au bout de leurs bras et me laissaient m'écraser sur le dos contre le sol », a raconté Al Leithy dans un témoignage diffusé par la télévision publique égyptienne. M. Leithy, libéré et remis à l'Égypte début octobre, a affirmé avoir eu une lésion de la colonne vertébrale du fait de ces mauvais traitements. « Avant ma détention, j'étais en bonne santé et je jouais au football », ajoute-t-il, en présentant des certificats médicaux afin d'appuyer ses dires. « Pendant les interrogatoires, ils (les gardiens) dirigeaient une lumière crue sur nos yeux et frappaient ceux qui essayaient de les fermer pour se protéger. Ils diffusaient aussi des sons stridents dans le local », affirme-t-il.
« Les enquêteurs nous demandaient notre avis sur la politique US. Ils frappaient violemment ceux qui se prononçaient contre. Ils allaient même jusqu'à écraser la tête des prisonniers sur le sol pour les punir de leur opposition » à Washington, précise l'ancien détenu. Il affirme cependant n'avoir jamais été témoin d'un acte de profanation du Coran, car, a-t-il dit, il « sortait rarement de sa cellule ».
Les cellules de détention sont classées en quatre catégories de « A » à « D » et attribuées selon le niveau de « coopération » et de « soumission aux humiliations » des détenus, les meilleures cellules allant « aux plus soumis », indique-t-il. Dans les cellules « A », le détenu profitait de trois repas complets, deux couvertures, une brosse à dents, du dentifrice et du savon. « Ces avantages diminuaient progressivement jusqu'à disparaître totalement dans les cellules "D", les pires », ajoute-t-il.
Sami Al Leithy a raconté son périple en arabe littéraire, avec un accent non arabe, n'utilisant aucune _expression propre au dialecte égyptien. Il raconte avoir « quitté Le Caire il y a 19 ans » pour poursuivre des études au Pakistan où son beau-frère, professeur de l'Université islamique égyptienne d'Al Azhar, avait été dépêché en mission. Après avoir obtenu un magistère en 1986 de l'Université d'Islamabad, il travaille dix ans au Pakistan. Devant le refus de l'ambassade d'Égypte à Islamabad de lui renouveler son passeport, il se dirige vers Kaboul (Afghanistan) où l'ambassade lui en remet un nouveau.
Il travaille alors pendant six ans comme professeur à l'Université de Kaboul, où il est blessé lors des bombardements US de la ville en 2001. Face à la pénurie de médicaments dans les hôpitaux de la capitale afghane, il est transféré avec un groupe de blessés vers la ville frontalière de Khosht. C'est en tentant de fuir les bombardements de cette ville vers les montagnes qu'il est arrêté par l'armée pakistanaise et remis aux US, qui le transfèrent à guantanamo.
« En 2004, j'ai finalement comparu devant un tribunal militaire US composé de quatre juges officiers, d'un traducteur, d'un procureur et d'un officier » de liaison avec l'accusé, précise-t-il. « Pendant l'audience, ils ont refusé d'ôter les chaînes qui me serraient les poings et les pieds », souligne-t-il. « Ils m'ont dit que j'avais été arrêté avec quinze autres Arabes et accusé d'avoir envisagé de lutter contre l'armée US. »
Sans information depuis cette audience, il aurait été avisé seulement en mai ­ plusieurs mois après l'audience ­ qu'il avait été reconnu innocent. « Malgré cela, j'ai été maintenu en détention pendant six autres mois durant lesquels ils m'ont fait subir des supplices moraux jusqu'à ma libération », ajoute M. Leithy.
Son frère a affirmé que « la famille ignorait où il se trouvait durant les quatre dernières années ». Selon le ministre égyptien des Affaires étrangères Ahmed Aboul Gheit, quatre Égyptiens sont encore détenus à guantanamo.

 

Le CICR inquiet d'une grève de la faim à guantanamo


Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) confirme que des prisonniers observent une grève de la faim dans la base américaine de Guantanamo, à Cuba, et que la situation est grave.
Antonella Notari, porte-parole du CICR, a refusé cependant de réagir aux déclarations d'un avocat des détenus, selon lequel 200 des 500 prisonniers sont en grève de la faim et 21 nourris de force.
Le CICR, dont des représentants se sont rendus pour la dernière fois fin septembre à Guantanamo, est en contact avec les autorités américaines sur la situation des détenus, précise Notari. "Il y a une grève de la faim, la situation est sérieuse et nous suivons son évolution avec préoccupation", a-t-elle dit à Reuters.
Des représentants d'Amnesty International et l'avocat des droits de l'homme Clive Stafford Smith, qui représente une quarantaine de détenus, ont déclaré jeudi lors d'une conférence de presse à Londres que les autorités américaines nourrissaient de force 21 détenus.
"Les prisonniers sont attachés à leurs lits 24 heures sur 24 pour les empêcher d'ôter les tubes" qui les nourrissent, a dit l'avocat.
"Il s'agit de leur 56e jour de jeûne", a ajouté Stafford Smith avant de comparer leur situation avec celle de militants de l'Armée républicaine irlandaise en 1981. Dix d'entre eux avaient alors jeûné jusqu'à la mort pour protester contre la politique britannique en Irlande du Nord.
Source : Reuters, 7 octobre 2005

 

Les USA vont libérer prochainement 5 Koweïtiens de guantanamo


Les USA vont libérer "prochainement" 5 des 11 Koweïtiens détenus à la base US de guantanamo, a annoncé l'ambassadeur du Koweït à Washington, cité dimanche par l'agence Kuna.
"L'Administration US va remettre prochainement au gouvernement koweïtien cinq des Koweïtiens détenus au camp de guantanamo", a déclaré cheikh Salem Abdallah al-Jaber al-Sabah, sans préciser de date.
Il a indiqué que les deux pays discutaient "le mécanisme" du retour des prisonniers.
Après leur rapatriement, ils seront jugés devant des tribunaux koweïtiens, a encore dit l'ambassadeur.
Le président de l'Association des familles des détenus koweïtiens à guantanamo, Khaled Al-Ouda, interrogé dimanche par l'AFP, a indiqué s'attendre au rapatriement des cinq Koweïtiens avant la fin du mois d'octobre.
"Tout est prêt, y compris l'avion et l'équipe de sécurité qui devraient les ramener au pays. Nous avons encore besoin d'arrangements avec deux aéroports où l'avion devrait se poser durant le voyage", a dit M. Ouda.
Les autorités koweïtiennes et US discutent aussi de la libération des six autres détenus koweïtiens de guantanamo.
En janvier, les USA avaient remis au Koweït Nasser Najr al-Moutaïri, qui avait passé trois ans à guantanamo. Il a été ensuite acquitté par un tribunal koweïtien des accusations d'intelligence et d'agression envers un pays étranger.
Quelque 505 détenus, de 36 nationalités, sont toujours incarcérés à guantanamo. Ils ont été capturés pour la plupart lors de l'offensive militaire US de 2001 en Afghanistan.
M. Ouda a indiqué que six prisonniers koweïtiens à guantanamo s'étaient joints à une grève de la faim, déclenchée par quelque 200 détenus pour protester contre leurs conditions d'internement et leur détention indéfinie sans procès.
Selon un avocat US défendant les détenus koweïtiens, Thomas Wilmer, la plupart des prisonniers koweïtiens à guantanamo "ont été capturés par des chasseurs de primes en 2001 près de la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan, avant d'être revendus aux USA".
Source : AFP, 9 octobre 2005

 

 

Les avocats de David Hicks demandent un passeport britannique pour leur client

 

Les avocats de l'Australien David Hicks, détenu à guantanamo, ont demandé un passeport britannique pour leur client, auqel il a automatiquement droit puisque sa mère est britannique. Ils viennent de donner sept jours au Home Office (ministère de l'Intérieur) pour satisfaire à leur démande légitime, faute de quoi ils engageront uen action en justice. Le but de cette démarche est d'obtenir la libération de David Hicks, menacé d'un procès en cour martiale US, comme tous les citoyens britannqiues qui étaient détenus à guantanamo. Le Home Office a refusé de commenter cette information. les libéraux-démocrates et le parlementaire conservateur Edward Garnier interrogeront le ministre britannique de l'Intérieur à ce sujet aux Communes cette semaine. Source : www.abc.net.au, 6 octobre 2005

 

 

Le prisonnier égyptien Sami Al Laithi livré à l'Égypte


Détenu à guantanamo depuis plus de 3 ans, l'Égyptien Sami Al Laithi a été transféré en Égypte durant le premier week-end du mois d'octobre, sans que son avocat en soit informé. Il y a quatre mois, il avait été blanchi de l'accusation d'être un "combattant ennemi". Son avocat avait fait valoir à deux reprises qu'un transfert en Égypte comportait des risques graves de torture, mais il n'a pas été entendu. Le Pentagone a déclaré sans rire qu'il avait reçu des "assurances appropriées" de l'Égypte, selon lesquelles Al Laithi "continuerait à être traité humainement", en Égypte comme à guantanamo. Donc : circulez, il n'y a rien à redire.

 

Malgré l'opposition de la Maison Blanche, le Sénat US interdit les sévices contre les prisonniers

Contre l'avis de la Maison Blanche et sans le soutien de la Chambre des représentants, les sénateurs, sous l'influence du républicain John McCain, ancien prisonnier de guerre au Vietnam, ont adopté par 90 voix contre 9 un amendement sur la "prohibition de traitements cruels, inhumains, ou dégradants" envers des prisonniers, une semaine après la condamnation de la soldate Lynndie England, symbole du scandale des sévices infligés dans la prison irakienne d'Abou Ghraib.

Cet amendement a divisé le camp républicain. L'administration Bush a menacé de mettre son veto au budget de la défense si les sénateurs votaient cette mesure tandis que l'ancien secrétaire d'Etat Colin Powell, ancien chef d'état-major interarmées, a soutenu la démarche du sénateur John McCain. Ce dernier a également reçu le soutien de l'organisation de défense des libertés individuelles ACLU.


L'amendement stipule qu'"aucun individu sous la garde ou le contrôle physique du gouvernement des Etats-Unis, quels que soient sa nationalité et son lieu de détention, ne doit être soumis à des traitements ou punitions cruels, inhumains ou dégradants". Il fixe également une norme uniforme concernant les pratiques autorisées lors des interrogatoires de prisonniers. L'amendement précise qu'elles devront respecter les limites posées dans le règlement de l'armée de terre.
"CELA LIMITERAIT LA CAPACITÉ DU PRÉSIDENT"

"Cela limiterait la capacité du président, en tant que commandant en chef [des forces armées], à mener efficacement la guerre contre le terrorisme", a rétorqué le porte-parole de la Maison Blanche, Scott McClellan, qui compte sur la navette parlementaire avec la Chambre des représentants, traditionnellement plus loyale envers M. Bush que les sénateurs, pour torpiller l'amendement.


De son côté, John McCain a indiqué que le vote du Sénat ne serait qu'"une première étape". Il a souligné que son amendement visait avant tout à protéger les militaires américains, plutôt que les prisonniers, et estime en outre que "les valeurs américaines devraient l'emporter contre toutes les autres dans toute guerre des idées, et nous ne pouvons pas laisser les sévices contre les prisonniers ternir notre image".


Les militaires sont interdits de procéder à des tortures et sévices sur des prisonniers. L'amendement stipule que "les hommes et les femmes menant les interrogatoires auront le confort de savoir qu'ils ont des instructions précises sur ce qu'ils peuvent faire et ne pas faire". M. McCain a cité le cas du capitaine Ian Fishback, à l'origine de révélations sur des abus dénoncés récemment par Human Rights Watch. "Pendant dix-sept mois, il s'était battu pour obtenir des réponses de ses supérieurs à une question de base : quelles normes s'appliquent au traitement des prisonniers ennemis ?", a expliqué M. McCain.

Neuf militaires ont été jugés et condamnés à la suite des premiers sévices révélés à la prison d'Abou Ghraib au printemps 2004. Lynndie England, devenue le symbole de ces abus à la suite d'une photo la montrant souriante devant un prisonnier irakien nu et tenu en laisse, a été condamnée à trois ans de prison.
Source : Le Monde, avec AFP, 6 octobre 2005

 

 

L'ancien détenu de guantanamo Hamed Abderrahmane Ahmed condamné à six ans de prison en Espagne

 

Hamed Abderrahmane Ahmed, baptisé par certains médias le "Taliban espagnol", a été condamné mercredi 5 octobre à 6 ans de prison pour appartenance à Al Qaïda par la justice espagnole. Il avait été libéré en février 2004 de la base US de guantanamo après deux ans de détention.
Les juges ont estimé qu'Abderrahmane avait rejoint les rangs d'Al Qaïda "en pleine connaissance du profil terroriste du groupe". La durée de sa détention provisoire en Espagne, de février à juillet 2004, sera décomptée de la peine, mais pas son séjour à guantanamo, de février 2003 à février 2004. Cette peine est inférieure à celle requise par le procureur de l'Audience nationale, qui réclamait neuf ans de prison.

 

"Vie détruite"
Abderrahmane avait affirmé que son séjour à Guantanamo avait "détruit (sa) vie, psychologiquement et physiquement". "Le seul espoir qui me reste repose dans la justice espagnole", avait-il ajouté. Il avait toujours nié tout lien avec Al-Qaïda et s'était défini comme "un martyr".
Selon les psychiatres qui l'ont examiné, "le taliban espagnol" comme l'a surnommé la presse, souffrait de stress post-traumatique, déclaré après son arrestation au Pakistan et aggravé par son passage par guantanamo.
L'avocat de l'accusé demandait la relaxe de son client.
Musulman originaire de Ceuta, Abderrahmane avait été arrêté en octobre 2001 au Pakistan, alors qu'il tentait de fuir le pays après les attentats aux USA.
Livré aux militaires US en décembre 2001, il avait été emprisonné à Kandahar (Afghanistan) puis transféré sur la base US de guantanamo, à Cuba, en février 2002. Il y était resté emprisonné jusqu'en février 2004, date de son retour en Espagne.
Emprisonné dans un premier temps à Madrid, il avait été libéré sous contrôle judiciaire en juillet 2004.
Source : NOUVELOBS.COM , 5 octobre 2005

 

Six des sept anciens détenus français de g!uantanamo seront jugés pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste"


La cour d'appel de Paris a validé mardi l'enquête sur les Français de Guantanamo dans laquelle six hommes sont mis en examen pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste", a-t-on appris mardi de source judiciaire.
Sept Français ont été arrêtés par les Américains ou les Pakistanais après l'intervention américaine à l'automne 2001 en Afghanistan puis détenus sur la base américaine de Guantanamo à Cuba.
Les juges d'instruction Jean-Louis Bruguière et Jean-François Ricard sont saisis depuis novembre 2002 d'une information judiciaire ouverte par le parquet après la découverte de Français parmi les prisonniers de Guantanamo.
La défense contestait notamment la légalité des auditions par la police française de ces six Français, détenus arbitrairement à Guantanamo. L'arrêt de la chambre de l'instruction n'était pas disponible mardi.
Nizar Sassi, Mourad Benchellali, Brahim Yadel et Imad Kanouni ont été remis aux autorités françaises en juillet 2004. Le Franco-Indien Mustaq Ali Patel, rapatrié début mars 2005 avec Ridouane Khalid et Khaled ben Mustafa, a été remis en liberté sans mise en examen.
Les six autres sont notamment poursuivis pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste". Imad Kanouni a été remis en liberté en juillet.
Source : AP , 4 octobre 2005