Couriel : wb.qb@caramail.com

Libérez
Zakaria, otage du
terroriste Bush
depuis 4 ans

La galaxie guantanamo

 

AVEZ-VOUS ENTENDU PARLER DE GUANTANAMO ?
BIEN SÛR, DIREZ-VOUS. MAIS QU'EN SAVEZ-VOUS EXACTEMENT ?

 

Présentation de la Chronique de guantanamo, publiée par le Collectif guantanamo France


« Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé »

Article 9 de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme.

 

La CHRONIQUE DE GUANTANAMO est une "newsletter" électronique publiée par le Collectif guantanamo, lancée en février 2003. Depuis avril 2004, elle paraît 2 fois par mois, le 1er et le 15 du mois. Elle entre aujourd'hui dans sa troisième année. En 23 mois, nous avons constitué la plus importante base de données en langue française sur guantanamo, soit l'équivalent d'une dizaine de livres de 220 pages, accessible à tous ceux qui savent lire sur 2 sites web. Nous entendons continuer, élargir et approfondir ce travail. Mais cela ne sera pas possible sans vous.

Le 10 janvier 2005, cela fera 3 ans que 545 hommes de 40 pays sont détenus illégalement par les USA. 202 autres ont été libérés, dont une partie ont été emprisonnés dans leur pays. Exiger qu'ils soient libérés ou jugés équitablement nous semble naturel. Ce n'est pas l'avis de la Maison blanche et du Pentagone, qui ignorent depuis 6 mois un verdict de la Cour suprême US ordonnant que ces prisonniers aient la possibilité de remettre en cause leur détention devant une juridiction ordinaire.

Le Collectif guantanamo a été créé en France en février 2003. Cette association a pour but d'organiser une campagne mondiale d'information et de solidarité pour défendre les droits de toutes les personnes détenues par les USA comme "combattants ennemis illégaux" à Guantanamo, Bagram et ailleurs.

Son appel fondateur, "guantanamo : premier camp de concentration off shore de l'Empire !", peut être lu en 9 langues [ allemand, anglais, arabe, créole, danois, espagnol, français, russe, suédois ] en allant à : http://www.gwadaoka.org/guantanamo_appel_fr.htm

Son outil principal est le travail d'information. Le Collectif publie des informations sur la "galaxie guantanamo" à un rythme quasi-quotidien sur deux sites internet. Ces informations sont reprises et diffusées tous les 15 jours dans une lettre électronique appelée CHRONIQUE DE GUANTANAMO. Si vous voulez lire, puis vous abonner à cette CHRONIQUE , il suffit de nous envoyer un mail à collectif.guantanamo@gwadaoka.org

Cette Chronique contient donc toutes les informations publiées au jour le jour sur les sites http://quibla.net et http://www.gwadaoka.org/guantanamo.htm

 

POUR RECEVOIR CETTE CHRONIQUE LE 1er et LE 15 DE CHAQUE MOIS, ENVOYEZ UN MAIL INTITULÉ : "OUI, JE M'ABONNE !" À : collectif.guantanamo@gwadaoka.org. Signalez-nous si vous souhaitez apporter une contribution financière. Nous vous indiquerons coment procéder.

Nos v¦ux pour 2005 sont simples, clairs et nets : le Pentagone et la Maison blanche doivent libérer les 545 otages détenus illégalement sur la base yankee de guantanamo depuis le 10 janvier 2002. Ou au moins, ils doivent respecter la sentence émise en juin 2004 par la Cour suprême US, stipulant que les détenus ont le droit de remettre en cause leur détention devant une juridiction ordinaire. Le martyre des hommes enfermés dans le premier camp de concentration off shore de l'Empire, entrera le 10 janvier dans sa quatrième année. C'est une insulte à l'humanité. Pensez à eux !

Merci de votre attention
pour le Collectif guantanamo,
le président
Fausto Giudice
1er janvier 2005 /20 Dhul Qa'dah 1425

 

PS : NOTRE TRAVAIL ÉTANT TOTALEMENT BÉNÉVOLE, TOUTE CONTRIBUTION FINANCIÈRE VOLONTAIRE EST LA BIENVENUE. EN NOUS SIGNALANT VOTRE ABONNEMENT, INDIQUEZ-NOUS ÉVENTUELLEMENT SI VOUS SOUHAITER VERSER UNE CONTRIBUTION. NOUS VOUS INDIQUERONS ALORS COMMENT PROCÉDER. MERCI D'AVANCE.

-> Collectif guantanamo, 5 rue de Douai, F-75009 Paris - Tél. 00 33 (0)6 13 99 28 86,
Courriel : collectif.guantanamo@gwadaoka.org
Sites web : http://quibla.net et http://www.gwadaoka.org/guantanamo.htm

3 petites années de prison pour la chienne d'Abou Ghraïb


Elle risquait en théorie 9 ans de prison, mais la cour martiale texane qui la jugeait a été très clémente : Lynndie England n'a finalement été condamnée qu'à trois ans de prison pour les atrocités commises sur des prisonniers musulmans à Abou Ghraïb. Elle a bien sûr été radiée de l'armée, mais elle n'aura aucune mal à trouver du travail à sa sortie de prison. Elle pourrait par exemple ouvrir un club sado-maso. Son ancien supérieur et amant, père de son enfant, le caporal Charles Graner, avait, pour sa part, été condamné à 10 ans de prison. Lynndie était la dernière des neuf réservistes poursuivis par la justice militaire pour le scandale de la prison d'Abou Ghraïb. Deux d'entre eux ont été reconnus coupables lors de leur procès, et les six autres ont conclu un arrangement avec le procureur. Aucun officier supérieur n'a été inquiété. Tous les soldats et sous-officiers poursuivis ont pourtant déclaré avoir agi sur ordres d'en haut.

 

Campagne en faveur des détenus de guantanamo en grève de la faim

Source :
http://www.algeria-watch.de/fr/article/pol/us/campagne_guatanamo/campagne_guantanamo.htm


Le 12 septembre, l'Islamic Human Rights Commission (IHRC) a appelé tous les Anglais à contacter immédiatement le secrétariat aux affaires étrangères de leur député afin qu'il intervienne auprès des USA au nom de détenus de guantanamo en grève de la faim, entrant à présent dans sa sixième semaine, en protestation contre les conditions barbares de détention qu'ils subissent.
http://www.cageprisoners.com/campaigns.php?id=198
http://www.cageprisoners.com/campaigns.php?id=200
Cette action est principalement axée sur les détenus non-britanniques mais résidents en Grande-Gretagne qui sont au moins 9 : Bishar-al-Rawi, Jamil-al-Banna, Shaker Abdur-Raheem Aamer, Jamal Abdullah, Jamal Kiyemba, Binyam Mohammed, Khalid Hatair et Omar Deghayes.
Il nous faut intervenir à notre tour auprès des ambassades américaines afin de prendre fait et cause pour la totalité de ces hommes, quelles que soient leur nationalité et leur résidence habituelle.
Un modèle de lettre est disponible ci-dessous, ainsi que la liste des coordonnées des Ambassades américaines en France, Algérie, Allemagne, Grande-Bretagne, Belgique et Suisse.
Au cas où vous décideriez d'écrire un courrier personnel, rappelez-vous, s'il vous plait, de demeurer poli et mesuré dans vos propos afin que notre action ne se retourne pas contre les intérêts de ceux que nous tentons de défendre.
Pour toute question concernant le courrier ou pour toute réponse éventuelle des autorités américaines, veuillez contacter collectif.guantanamo@gwadaoka.org
Vous pouvez aussi signer une pétition en ligne :
http://www.gopetition.co.uk/online/7156.html

 

Modèle de lettre


[Votre Nom]
[Votre adresse]
[Date]

American Embassy
[Nom et Adresse de l'ambassadeur
du pays choisi]

Objet : Détenus de Guantanamo en
grève de la faim.

Monsieur l'Ambassadeur [ou Madame l'Ambassadrice],
Je vous écris ce jour à propos de la détention sans fin ni charge aucune des hommes enfermés à Guantanamo Bay.
Tous les détenus, sans aucune exception, qui ont été jusqu'à présent libérés de Guantanamo ont témoigné avoir enduré des coups, des privations de sommeil, des positions contraignantes durant des heures, des ports de cagoule prolongés, des humiliations sexuelles et culturelles, des injections forcées et bien d'autres mauvais traitements physiques et psychologiques.
Amnesty International a récemment décrit cette prison comme « le goulag de notre temps ».
Les avocats commis ont tous rapporté que la santé mentale de ces hommes se détériore rapidement. Deux cents d'entre eux au bas mot entrent actuellement en leur sixième semaine de grève de la faim pour protester contre la façon barbare dont ils sont traités.
Il est choquant et inadmissible que des hommes soient détenus dans des conditions aussi inhumaines, sans mise en accusation formelle par un Etat qui se dit être le chantre de la Liberté et de la Démocratie dans le Monde.
Je vous demande donc de prendre contact avec les autorités du pays que vous représentez afin de leur faire part de nos protestations et inquiétudes.
Je vous demande également de bien vouloir accuser réception de ce courrier afin que nul ne puisse en arriver à affirmer que les représentants des USA à l'étranger se préoccupent peu ou prou des desiderata des citoyens des Etats qui les accueillent.
Dans l'attente de votre réponse,
Veillez agréer, Monsieur l'Ambassadeur [Madame l'Ambassadrice], l'_expression des mes salutations respectueuses.
[Votre signature]
[Votre Nom]

Adresses des ambassades US
En France : http://www.amb-usa.fr/indexfr.htm
American Embassy
Monsieur l'Ambassadeur Craig Roberts Stapleton
2 avenue Gabriel
75382 Paris Cedex 08
France
Fax: +33 1 45 24 74 80

En Algérie : http://algiers.usembassy.gov/announcing_fr.html
American Embassy
Monsieur l'Ambassadeur Richard W. Erdman
04 Chemin Cheikh Bachir Ibrahimi
El-Biar 16030
Alger
Algérie
Fax: 021-693-979
Email: Algiers_webmaster@state.gov

En Allemagne : http://www.usembassy.de/
American Embassy
Mr the Ambassador William R. Timken, Jr.
Neustädtische Kirchstr. 4-5
10117 Berlin
Deutchland

En Grande-Bretagne : http://www.usembassy.org.uk/ukembabt.htm
American Embassy
Mr the Ambassador Robert Holmes Tuttle
24 Grosvenor Square
London, W1A 1AE
United Kingdom

En Belgique : http://brussels.usembassy.gov
American Embassy
Monsieur l'Ambassadeur Tom C. Korologos
Regentlaan
27 Boulevard du Régent
B-1000 Brussels
Belgique
Fax: (32-2) 511-2725

En Suisse : http://bern.usembassy.gov/index.html
American Embassy
Madam the Ambassador Pamela Pitzer Willeford
Jubilaumsstrasse 93
CH-3005 Bern
Switzerland
Fax: 031 357 73 44

En Espagne : http://madrid.usembassy.gov/cons/services.html
American Embassy
Mr the Ambassador Eduardo Aguirre, Jr.
Calle Serrano 75
28006 Madrid
Spain
Tel : (34) 91 587 2240
Fax : (34) 91 587 2243

En Italie : http://www.usembassy.it/
American Embassy
Mr the Ambassador Ronald P. Spogli
via Vittorio Veneto 119/A
00187 Roma
Italy
Telephone: (+39) 06.4674.1 (switchboard)
Fax: (+39) 06.4882.672 or 06.4674.2356


Au Danemark : http://www.usembassy.dk/Contact/default.htm
American Embassy
Mr the Ambassador James P. Cain
Dag Hammarskjölds Allé 24
2100 København Ø.
Denmark
Tlf. (+45) 33 41 71 00
Fax: (+45) 35 43 02 23

Au Pays-Bas : http://netherlands.usembassy.gov/embassy.html
American Embassy
Mr the Ambassador Clifford M. Sobel
Lange Voorhout 102
2514 EJ The Hague.
Dutchland
T: +31 70 310-2209
F: +31 70 361-4688


En Suède : http://stockholm.usembassy.gov/
American Embassy
Monsieur l'Ambassadeur M. Teel Bivins
Dag Hammarskjölds Väg 31,
SE-115 89 Stockholm
Sweden
Tel: (+46) 8 783 5300
StockholmWeb@state.gov


En Bosnie-Herzégovine : http://sarajevo.usembassy.gov/
American Embassy
Mr the Ambassador Douglas L. McElhaney
Alipasina 43,
71000 Sarajevo
Bosnia & Herzegovina
tel: +387 33 445-700
fax: +387 33 659-722
e-mail: bhopa@state.gov


A l'Union Européenne : http://www.useu.be/Contact.htm
United States Mission to the European Union
Mr the Ambassador C. Boyden Gray
Zinnerstraat - 13 - Rue Zinner
B-1000 Brussels
Belgium
Tel : 32-2-508-2222
Fax: 32-2-512-5720
Email: useupa@state.gov

Si vous désirez d'autres adresses d'ambassades US dans le monde, cliquez sur : http://usembassy.state.gov/

 

 

 

Le Journal d'un Britannique en grève de la Faim à guantanamo


Source: The Independent 12/09/2005, http://www.cageprisoners.com/articles.php?id=9471

Mardi 5 Juillet
Khalid Hatair (Koweitien) a été retrouvé inconscient dans sa cellule lorsque la police militaire a voulu lui donner son dîner. Il était malade à cause de la grève de la faim. Il a été emmené à l'hôpital.
15h. Shammrani a été emmené pour interrogatoire et on lui a demandé le motif de la grève de la faim. Il a parlé de l'irrespect de tous les rituels religieux et que c'est la quatrième année en prison sans aucune charge.

Vendredi 8
Beaucoup ont commencé à tomber à cause de la faim dans le Bloc D, dans le nôtre, etc.
18h05. Un docteur et un interprète menacent les hommes et les rasent. Il dit : « Nous forcerons les gens à prendre de la nourriture ». Beaucoup de détenus voudraient en prendre un peu de façon à retrouver quelques forces pour les jours à venir.

Samedi 9
Le matin avant 11h, souvent un docteur vient et pose des questions. Quelques-uns semblent concernés. Ceci est une nouvelle approche jamais vue durant toutes les grèves précédentes.

Mardi 12
Le nombre de grévistes dans notre bloc a considérablement augmenté. Je suis certain que la grève à sûrement touché tous les autres camps. Beaucoup sont à l'hôpital. Qarnain est dans un état sérieux.

Mardi 19
J'ai été très malade [et incapable] d'écrire quoi que ce soit ces derniers jours, souffrant beaucoup et comme mort. Aujourd'hui j'ai entendu qu' [ils étaient] toujours plus nombreux au Camp Delta. Au (Camp 4) 50 ont refusé de retourner dans leur prison en protestation. Ils ont tous été renvoyés au Camp Delta.
On a donné à Atabi quatre tablettes de Motrin* par jour pendant plus de deux semaines. On ne lui a pas donné d'autre [vrai] médicament. Beaucoup de docteurs qui sont venus pour voir la grève lui ont promis des médicaments mais rien n'est venu. Cette drogue est un poison si elle est prise en si grande quantité avec tous ses effets secondaires.

Mercredi 20
Omar Khadr [le jeune Canadien] est très malade dans notre bloc. Il vomit du sang. Ils lui ont donné du sérum lorsqu'ils l'ont trouvé sur le sol de sa cellule. A Galib Fiyhani aussi.
13h43. Atabi s'est effondré pendant que les gardes l'emmenaient à la douche.
16h35. J'ai arrangé ma couverture et j'ai vu combien elle est sale. Plusieurs mois ont passé, sinon un an, depuis que j'ai eu un rechange. Pas d'équipement pour la laver. Ni le soleil ­ après la grève de la faim j'ai commencé à comprendre combien l'odeur et le goût de l'eau étaient mauvais. J'ai tout le temps très soif.

Jeudi 21
Vers 11h un garde a déplacé le Coran de Suhai (Yéménite) au Bloc B. Pour protester, Rida (Tunisien) qui était dans la cour de récréation a refusé de réintégrer. Ils l'ont ramené avec les hooligans du ERF [Emergency Response Force]. Chaos dans le Bloc B, C et A. Qahatani a cassé la caméra dans sa cellule. Le ERF l'a déplacé dans une autre cellule. D'autres ont essayé de briser la petite vitre de la porte. Atmosphère de chaos dans le camp.

Mercredi 27
La grève est arrêtée pour un mois, pour donner au Général le temps qu'il a demandé pour mettre en place toutes les conditions promises. Si les demandes n'étaient pas satisfaites nous reprendrions (Insh' Allah) la grève de la faim. Nous avions des détenus qui entraient en grève à tour de rôle, en groupes. Un groupe après l'autre, après une certaine période de temps. Plus de 250 grévistes parce que leur tour était venu mais il y en a d'autres qui attendaient et n'ont pas encore eu l'opportunité d'y entrer. Le Général a promis un traitement conforme à la Convention de Genève, le respect du Coran et des rituels, des livres religieux et d'autres, une meilleure nourriture, de meilleures conditions et beaucoup d'autres choses, a-t-il dit. Nous verrons.

Jeudi 28
Vers 4h, j'ai reçu très tôt le matin de la nourriture avant le début de l'aube. C'était très bon. Ils l'ont changée. Cela doit coûter le même prix qu'avant. Mais c'était cuisiné pour des hommes cette fois. Hier [****] est revenu d'une entrevue avec son avocat. Il a dit que trois bombes avaient explosé à Londres. Je me demande qui poserait de telles bombes à Londres en ce moment!! Je ne vois pas comment de tels attentats dans Londres pourraient accroître d'une quelconque manière la cause Islamiste. La Grande-Bretagne est le meilleur pays dans le monde en ce qui concerne le traitement des minorités musulmanes et qui procure un refuge à beaucoup d'autres. Je suis sûr que la majorité des Britanniques est contre la guerre ... A cause de cela, j'en déduirais qu'aucun [vrai] groupe islamiste ne voudrait commettre un attentat à Londres.

Vendredi 29
Après la prière de l'aube. Ils m'ont apporté quelques articles disant que j'étais de Niveau Un comme chacun dans le camp. Ils m'ont donné un peigne. J'ai coiffé mes cheveux et ma barbe pour la première fois depuis 2002. Nous sommes en juillet 2005.

Lundi 1er Août
Les choses vont mal. La nourriture, ils sont revenus de nouveau à la nourriture précédente tous ces derniers jours. Ils ont changé la nourriture pendant deux jours et ils ont donné du poivre et de la sauce chili, etc. Après s'être assurés que maintenant chacun a fini la grève alors ils sont revenus aux anciennes habitudes. Qhatani en bas n'a pas eu de vêtements de niveau un. J'ai parlé au SOG qui a dit que le général l'a voulu ainsi. Parce qu'il a poussé la main d'un garde. Il semble très probable que la grève reprenne. Je suis très frustré avec ces officiers adroits, ces hommes sans valeur ni parole.

* NDT : Le Motrin est un anti-inflammatoire qui fait l'objet d'une plainte aux USA. L'un des effets secondaires constatés, outre celui d'augmenter les risques de crise cardiaque, est celui de rendre aveugle. http://www.latribune.fr/Dossiers/pharmacie.nsf/DocsWeb/
IDC1256D2D002F7BA6C1256F7900738111?OpenDocument

 

 

Chronologie et revendications de la grève de la faim


Extrait de : The Guantanamo Prisoner, Hunger Strikes & Protests : February 2002 ­ August 2005, A Special Report By the Center for Constitutional Rights

21 Juin ­ 28 Juillet 2005 (37 jours ; 5 semaines)
Le 21 juillet, le Centre des Droits Constitutionnels (CCR) confirme les déclarations faites le jour précédent à propos de la grève de la faim par Habir Russol et Moheb Ullah Borekzai, deux citoyens Afghans, libérés de Guantanamo deux jours plus tôt.
Cette grève de la faim avait été décidée en juin dans le but de protester contre l'absence de procédure légale et les conditions de vie inhumaines.
Les détenus ont décrit leur démarche ainsi :
- La protestation était : « une grève paisible, non-violente, jusqu'à l'obtention des revendications ».
- La grève s'appelait : « Pour une famine jusqu'à la mort ».
- Les prisonniers avaient décidé de boycotter les douches.
- Ils avaient décidé de boycotter leur temps de récréation.
- Quelques prisonniers avaient décidé de refuser de porter des vêtements de façon à être en conformité avec les conditions de vie des prisonniers des autres camps à qui l'on refuse tout vêtement.
- Les grévistes avaient appelé à : « la non-violence, physique ou verbale, envers quiconque, les gardes inclus. »
Voici ce qu'ils demandaient :
1) Nous avons besoin que l'on respecte notre religion, ce qui inclut la fin de la désacralisation du Coran et de la discrimination religieuse ;
2) Nous avons besoin de procès justes avec une représentation légale adéquate ;
3) Nous avons besoin d'une nourriture appropriée et d'eau propre. Nous ne recevons pas les quantités adéquates de nourriture et celle-ci est souvent périmée et avariée. L'eau est fréquemment sale et semble contaminée ;
4) Nous avons besoin de voir la lumière du soleil et de ne pas être forcés de vivre durant des mois sans la lumière du jour ;
5) Nous avons besoin de savoir pourquoi nous sommes dans le Camp 5 depuis si longtemps, dans certains cas depuis plus d'un an. Qu'ont fait les détenus du Camp 5 pour être traités tellement plus mal que les autres détenus ?
6) Nous avons besoin des droits humains de base comme n'importe qui d'autre dans le monde ­ ce qui inclut de réels et adéquats traitements médicaux ;
7) Nous avons besoin de pouvoir contacter nos familles, de leur écrire et de recevoir des lettres. Certains prisonniers n'ont reçu aucune lettre de leur famille, leur familles n'ont reçu aucune lettre récente des prisonniers et c'est un problème répandu dans le camp ;
8) Nous avons besoin du même « niveau d'organisation » que dans les différents camps, que les niveaux de privilège soient abandonnés et que tous soient traités également ; et
9) Nous avons besoin d'un corps neutre pour observer la situation et pour rendre publiques les conditions à Guantanamo.
Bien que le Département de la Défense (DoD) ait nié toute grève de la faim à Guantanamo, les militaires ont néanmoins confirmé que seulement 56 prisonniers y avaient participé alors qu'il y en avait au moins 200. Et le DoD a dû placer environ 50 hommes sous perfusion.
La grève a pris fin le 28 juillet alors que les autorités américaines promettaient de mettre le centre de détention en conformité avec les Conventions de Genève.

8 Août 2005 ­ 18 Septembre 2005 (déjà 41 jours ; 6 semaines)
La grève a repris lorsqu'il a été évident que le DoD était revenu sur ses promesses de mettre la prison en conformité avec les Conventions de Genève. Dès que le DoD a pensé que l'attention du public avait pris fin, les mauvais traitements ont recommencé.

Effets sur la santé d'une grève de la faim
Effets directs :
- Douleurs d'estomac
- Somnolence
- Etourdissements
- Faiblesse
- Perte de poids (de l'eau en premier lieu)
Effets secondaires :
- Etat de fatigue
- Incapacité à combattre les infections
- Difficultés à se concentrer mentalement
- Difficulté à uriner
- Etat de dépression
- Pertes de conscience
- Détériorations musculaires
- Détérioration des tissus (tels que les poumons, le c¦ur et le foie)
- Mort
Au delà de la quarantaine de jours, risques de séquelles irréversibles.
Mort probable autour de 70 jours (jeûne uniquement à l'eau).

 

La grève de la faim de prisonniers à Guantanamo se durcit


Près d'un mois et demi après avoir commencé leur grève de la faim, les détenus de la prison américaine de Guantanamo, à Cuba, ne semblent pas vouloir renoncer à leur mouvement de protestation, au point d'inquiéter des responsables militaires, selon le quotidien américain The New York Times.
Le Centre pour les droits constitutionnels (CCR), qui défend plusieurs dizaines de détenus de Guantanamo, estime qu'environ 200 prisonniers poursuivent cette grève de la faim qui a démarré le 8 août. La semaine dernière, l'organisation a dénoncé, dans un communiqué, le refus du Pentagone de fournir aux familles "des informations sur l'état de santé des détenus" en grève de la faim. "Les prisonniers protestent contre le fait qu'ils sont détenus indéfiniment depuis près de quatre ans et n'ont pas d'espoir d'un jugement juste. (...) Cette grève de la faim est certainement la protestation la plus dure qui se soit produite à la base", a affirmé Gita Gutierrez, une avocate travaillant pour le CCR. "Je ne pense pas que nous aurons une idée du nombre de prisonniers concernés tant que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ou une autre organisation indépendante ne fera pas une évaluation", estime-t-elle.
Mardi 13 septembre, les militaires de la prison évaluaient le nombre de grévistes à 128, dont dix-huit hospitalisés et nourris de force. Vendredi, un responsable militaire sous le couvert de l'anonymat ramenait ce chiffre à 103, mais avec vingt et un hospitalisés.

 

UN DÉFI POUR LES MILITAIRES AMÉRICAINS
Ce n'est pas la première grève de la faim de prisonniers à Guantanamo. Plusieurs ont eu lieu en 2002, selon le CCR. En juillet, une grève a déjà eu lieu et les militaires avaient reconnu qu'une cinquantaine de détenus avaient cessé de s'alimenter. "Cette grève de la faim s'est terminée parce que le ministère de la défense a dit que la prison se conformerait à la convention de Genève. Ensuite, il est revenu sur ses promesses et c'est pour cela qu'une nouvelle grève a commencé en août", affirme Mme Gutierrez. Elle doute que, cette fois-ci, les grévistes s'arrêtent facilement, d'après les informations qu'elle a pu avoir des prisonniers. "Ils se sont arrêtés à la fin juillet croyant que les militaires américains négocieraient de bonne foi, mais le Pentagone a rompu cette confiance et les prisonniers n'ont pas de raison de le faire à nouveau", dit-elle.
Selon le quotidien américain The New York Times de dimanche, cette grève de la faim désarçonne les responsables militaires américains, et constitue le plus sérieux défi qu'aient eu à affronter jusqu'à maintenant les responsables du centre de détention. Les responsables du camp sont de plus en plus inquiets sur leur capacité à contrôler la situation, affirme le quotidien, en s'appuyant sur le témoignage de deux responsables américains sous le couvert de l'anonymat.
A l'occasion du mouvement de grève de juillet, les autorités de Guantanamo ont autorisé la création d'un comité de six détenus pour représenter les prisonniers. Mais le comité a rapidement été dissous, d'après le journal.
Actuellement, quelque 505 détenus, de trente-six nationalités, sont toujours incarcérés à Guantanamo. Ils ont été capturés, pour la plupart, lors de l'offensive militaire américaine de l'automne 2001 en Afghanistan.
Depuis son ouverture en janvier 2002, Guantanamo n'a cessé de susciter la controverse, tant sur le maintien en détention indéfinie d'individus non inculpés que sur les conditions dans lesquelles ceux-ci sont incarcérés et interrogés. Pour le gouvernement américain, ce sont des "ennemis combattants" auxquels il ne reconnaît pas le statut de prisonnier de guerre. Seuls douze détenus ont été retenus pour être jugés devant un tribunal militaire d'exception, une procédure spéciale mise au point par le Pentagone. Sur ces douze, seuls quatre sont inculpés pour l'instant.
Source : le Monde, avec AFP et Reuters, 20 septembre 2005

 

Quand Guantanamo arrache son bâillon et celui de la presse


par Maxime Vivas, Toulouse, 22 septembre. Courriel : vivas.maxime@wanadoo.fr
D’après l’agence Reuters, un quart des détenus de la base militaire américaine de Guantanamo, à Cuba, ont entamé une grève de la faim pour protester contre le caractère illimité de leur détention. Dix-huit ont dû être hospitalisés dans la prison du Camp Delta. Treize sont alimentés par voie nasale et cinq le sont par intraveineuse.
Selon le Centre pour les droits constitutionnels (CCR) dont les avocats représentent des dizaines de détenus, ce sont 210 prisonniers qui observent la grève de la faim.
Certains ont arrêté de s'alimenter depuis le 8 août et neuf d'entre eux ont été hospitalisés mais sont dans un état stable, a déclaré le colonel Brad Blackner à l'Associated Press.
Les autorités militaires de la base américaine parlent de 76 détenus en grève de la faim, tout en assurant qu'ils sont traités « aussi bien que possible » (Hum !). Dans un communiqué, le CCR dénonce la réticence du Pentagone à autoriser les avocats à rencontrer ces détenus et le silence obstiné du ministère américain de la Défense sur la grève de la faim
Les prisonniers ont pris cette décision parce que ce ministère est revenu sur ses promesses de mettre le camp de détention en conformité avec les normes de la Convention de Genève. Les grévistes de la faim, dont certains sont détenus depuis plus de trois ans et demi, réclament aussi d'être jugés ou libérés. En effet, « Depuis janvier 2002 [date de l'ouverture du centre de détention], le Pentagone a refusé aux prisonniers l'accès aux tribunaux ou aux avocats pour éviter d'avoir à justifier les fondements de leur incarcération », dénonce l'avocat Gitanjali Gutierrez.
Le camp de Guantanamo compte près de 600 détenus de 43 nationalités, capturés pour la plupart lors de la guerre en Afghanistan (quelques-uns étaient alors mineurs). Certains sont détenus depuis l'ouverture de la prison, en janvier 2002. Seuls quatre ont été inculpés. Aucun n'a été jugé.
Des avocats de détenus ont soutenu la semaine dernière devant une cour d'appel qu'ils devraient avoir le droit de prouver qu'ils ont injustement été qualifiés de « combattants ennemis » et que leur détention est illégale. La cour d'appel rendra son jugement l'année prochaine, et celui-ci sera ensuite porté devant la Cour suprême.
Le Pentagone affirme que 246 détenus de Guantanamo ont été renvoyés chez eux depuis l'ouverture de cette prison.
Dans une note datée de 1er août 2005 Amnesty International rendait compte ainsi d’une première grève de la faim : « Le mouvement, qui a débuté aux alentours du 7 juillet et concerne un nombre inconnu de détenus, vise à protester contre les conditions de détention : au secret, sans aide médicale convenable, et avec diverses atteintes à la religion, telles que annonces au haut-parleur pendant l'appel à la prière, sans parler de la profanation présumée du Coran. L'un des détenus aurait expliqué son attitude par ces mots, à l'attention des autorités américaines : « Que l'on nous traite comme des êtres humains, ou que l'on nous laisse mourir en paix ».
La grève de la faim paraît avoir débuté à Camp V où les conditions de détention s'apparentent à celles des prisons américaines de haute sécurité, en cellule individuelle, éclairées en permanence, et ventilées par de grands ventilateurs dont le bruit empêche les détenus de communiquer entre eux. »
Grâce au côté spectaculaire et médiatique de la grève de la faim (surtout aussi massive), tous les organes de presse nous parlent enfin aujourd’hui en première page de l’enfer de cette prison militaire. Le grand public découvre ainsi que des malheureux sont encagés sans procès. Pourtant, dès janvier 2004, un article paru dans Le Monde Diplomatique (« Les droits humains bafoués, Dans le trou noir de Guantanamo ») sous la plume d’Augusta Conchiglia [http://www.monde-diplomatique.fr/2004/01/CONCHIGLIA/10996?var_recherche=conchiglia] décrivait avec beaucoup de précision les conditions de détention, rapportait des cas de suicide et de grève de la faim. Mais à l’époque, le reste de la « grande » (hum !) presse n’avait pas repris les informations. Elle le fait plus de vingt mois après les révélations d’Augusta Conchiglia et presque quatre ans après l’ouverture du camp. Entre temps, des innocents libérés ont raconté leur calvaire (1).
Ici, nous venons d’exposer les faits que chacun tient désormais pour vrais.
Reste donc à poser les questions qui en découlent et dont on s’étonne qu’aucune ne soit venue à nos éditorialistes en vue, parangons de vertus démocratiques et détenteurs du « monopole du cœur » :
1- Si un pays emprisonne sans jugement, soumet à des mauvais traitements hors de toute législation, peut-on le qualifier de « plus grande démocratie du monde » ? Peut-on s’exclamer : « Nous sommes tous Américains ! » comme le fit le Monde au lendemain du 11 septembre 2001 ? Et si non, depuis quand refusons-nous cette naturalisation et pourquoi ?
2- Si, au fil des ans, des détenus (brisés) sont libérés (246, selon le Pentagone) car déclarés innocents, pour quelle raison aucune instance internationale (aucune) ne porte plainte contre leurs ravisseurs et bourreaux ? Qui indemnisera les victimes et selon quels barèmes ?
3- Un pays qui enlève des innocents par centaines, à des milliers de kilomètres de chez lui, qui les maltraite dans une base militaire occupée par la force dans un pays tiers et qui se soustrait ainsi aux Conventions de Genève et à toute espèce de législation, nationale ou internationale est-il un pays terroriste ?
4- Quel organisme serait à même de mener une enquête indépendante sur ce qui se passe à Guantanamo et dans d’autres prisons de l’US Army ? Aucun ? Ne serait-il pas temps alors de constater que l’empire applique impunément la loi du plus fort au mépris de toute morale et que, par conséquent, il importe de passer de l’allégeance frileuse à la résistance ?
5- Parmi les détenus, l’un d’eux au moins aurait dû connaître une grande médiatisation : il est journaliste. Or, on sait que la profession se mobilise avec panache à la moindre prise d’otage. Pourquoi le sort de Sami Al Haj, arrêté et enlevé le 15 décembre 2001 alors qu’il était en reportage en Afghanistan, est-il ignoré du grand public ? Parce qu’il est Soudanais ? Parce qu’il travaillait pour une télévision arabe (Al Jazeera) ? Parce qu’il est l’otage, non pas des arabes mais des Américains ?
Pourquoi, Reporters Sans Frontières qui s’est « indignée » de son arrestation il y a quatre ans a-t-elle fini par l’oublier (il ne figure pas dans son rapport annuel 2005).(2) Pourquoi cette organisation qui dispose d’un budget considérable, de correspondants aux USA, qui s’est dotée d’un service chargé de poursuivre les tortionnaires des journalistes, ne lance-t-elle pas une grande campagne de presse pour la libération de Sami Al Haj avec un dépôt de plainte à la clé ? Pourquoi RSF qui, contrairement aux autres ONG (et en particulier Amnesty International) bénéficie d’un côte d’amour maximale (et peu discrète) aux States n’envoie-t-elle pas son Secrétaire général Robert Ménard à Guantanamo. Il connaît Cuba pour s’y être déjà rendu afin de recruter avec des ruses d’un James Bond un « journaliste indépendant » qui s’avéra être un agent de la sécurité cubaine (Ménard, apprenant bien plus tard la supercherie, comprit alors pourquoi, le bougre, malgré l’octroi de deux fois la paie d’un ministre cubain, refusait obstinément de traiter Fidel Castro d’assassin dans ses articles bidouillés).
Donc, l’idée serait la suivante : Ménard arrive devant Guantanamo, s’enchaîne aux grilles comme il le fit naguère à celles de l’ambassade de Cuba à Paris, dénonce, devant les journalistes accourus du monde entier « le goulag tropical yankee, zone de non droit et de torture » et il refuse de repartir sans Sami Al Haj. Les militaires US ne peuvent pas lui tirer dessus (pas sur lui, voyons, pas sur lui !) et Bush est obligé de promettre l’examen du cas Al Haj. Dès lors, Ménard déclare qu’il est « fou de joie » et il repart en faisant une escale à La Havane pour recruter, la nuit, dans un square, un « journaliste indépendant » qui, moyennant 100 dollars par mois, un ordinateur portable et un passe pour l’accès permanent à la Mission (équivalent d’une Ambassade) des USA accepte de soumettre au Chargé de Mission US (ambassadeur) ses articles, lesquels sont des pamphlets terribles contre Cuba, sa « dictature » et la terreur ambiante. Mais cette action étant secrète, le monde entier retiendra du voyage de Ménard que RSF confesse une évidence : le terrible camp de concentration des Caraïbes, lieu de souffrances sans nom, n’est pas l’île castriste, mais la portion de son territoire qui lui a été volé (on vit mieux et plus longtemps tout autour).
L’avantage de ce scénario grandguignolesque est que Robert Ménard ferait la démonstration tant attendue qu’il n’hésite pas à se dresser contre le pays qui a tué le plus de journalistes ces dernières années, il prouverait son indépendance et, s’il perdait alors pour 2006 les subventions de l’Oncle Sam, il peut espérer que l’Union Européenne qui lui a coupé les crédits en 2005 reconsidèrera sa position.
Ainsi ravalé de la façade, RSF pourrait recommencer à taper de plus belle sur la presse pauvre des pays pauvres à l’exclusion de tout autre, avec une prédilection pour ceux dont Bush veut la peau et avec la complicité active de la presse riche des pays riches(3).
Ce noble dessein obligerait momentanément RSF à renoncer à prioriser Cuba dans ses campagnes idéologiques, le temps de faire oublier son lourdingue acharnement passé. Mais il ne s’agirait là que d’un entracte, pause par laquelle les pitres reconstituent leurs forces au Grand Théâtre des Médias.

Notes :
(1) Sur les enlèvements de suspects dans les pays envahis et dans d’autres (y compris en Europe), sur les conditions de détention à Guantanamo, à Abou Grhraib et dans d’autres prisons « externalisées », sur le sort des prisonniers français et l’inertie de notre classe politique, sur la sous-traitance de la torture dans des zones de non-droit, voir « Les Etats-Unis De mal empire » de Danielle Bleitrach, Viktor Dedaj, Maxime Vivas, aux éditions ADEN, septembre 2005.
(2) Pour la journaliste US Diana Barahona qui a révélé, preuves à l’appui, que RSF est financé par des organisations états-uniennes liées à la CIA « non seulement Al-Haj a physiquement disparu, mais a aussi disparu toute référence à lui sur le site internet de RSF, où il n’est mentionné qu’une seule fois depuis un communiqué sur Al-jazeera du 27 janvier. Par contraste, RSF lance régulièrement de grandes campagnes pour les journalistes européens enlevés par la résistance Irakienne. »
(3) « On trouvait des journalistes pour moins cher qu’une bonne call-girl, pour deux cents dollars par mois. » Un agent de la CIA, sur le recours aux journalistes pour propager des articles de la CIA. Katherine The Great, de Deborah Davis, Sheridan Square Press, 1991.
Cité dans “Les Etats-Unis De mal empire”ouvrage où est également analysée la complicité de notre presse avec les exactions des USA.

 

La chienne d'Abou Ghraïb va passer quelques années en prison


La soldate US Lynndie England, au centre du scandale de la prison iraquienne d'Abou Ghraib en 2003, a été reconnue coupable lundi par la cour martiale de Fort Hood (Texas) de six chefs d'accusations sur sept pour mauvais traitements sur des Iraquiens.
La photo de la jeune femme, 22 ans, souriant devant un prisonnier irakien nu et tenu en laisse, qui a fait le tour du monde, est devenue le symbole du scandale des sévices commis par des soldats américains sur des détenus irakiens dans cette prison près de Bagdad.
Le jury composé de cinq officiers a estimé en revanche qu'elle n'était pas coupable de complot pour sévices dans le cas de ce prisonnier tenu en laisse. Lynndie England, qui est restée silencieuse lors du verdict, encourt une peine allant jusqu'à 10 ans de prison. Aucune date n'a été précisée pour l'annonce de la sentence.
Ses avocats ont souligné que la "personnalité servile" de l'accusée l'avait conduite à suivre les instructions du charismatique Charles Graner, à l'époque son amant et le père de son enfant, qui purge actuellement une peine de dix ans de prison pour les mêmes faits et a entretemps changé de maîtresse. L'accusation a au contraire assuré que la jeune femme s'était amusée en écrasant les doigts de pieds des prisonniers nus, contraints de former une pyramide, et en posant pour les photos en désignant les parties génitales des détenus encagoulés. Elle a aussi soutenu que tous les soldats US sont suffisamment entraînés pour savoir que les abus physiques et mentaux sur les prisonniers étaient interdits par la loi. Lynndie England a été reconnue coupable de quatre chefs d'accusation pour cruauté et mauvais traitements et d'un chef d'accusation pour avoir commis un acte indécent. Le jury militaire l'a également reconnue coupable de complot avec quatre autres soldats pour sévices sur prisonniers, en les déshabillant et en les forçant à former une pyramide humaine.
En mai, le président de la cour martiale avait suspendu son premier procès pour vice de procédure après le témoignage de Charles Graner, qui avait contredit l'aveu de culpabilité de Lynndie England en laissant entendre qu'il avait donné l'ordre à la jeune femme de tenir un détenu en laisse. Lynndie England est le neuvième et dernier soldat inculpé dans le scandale d'Abou Ghraib. Les peines des huits autres soldats étaient allées de la radiation de l'armée à dix ans de prison. Aucun officier n'a été jugé, même si l'ancien commandant de la prison, la générale Janis Karpinski, et le colonel Thomas Pappas ont été sanctionnés dans le cadre de procédures extra-judiciaires.
La décision de la cour martiale de Fort Hood intervient alors que l'armée US a été accusée de nouveau de mauvais traitements en Iraq dans un rapport de Hurman Rights Watch publié samedi et basé sur des témoignages de militaires. Dans ce rapport intitulé "Manquement du commandement: Témoignages directs de torture de détenus iraquiens par la 82ème Division aéroportée", deux sergents et un capitaine racontent les brimades quotidiennes et les coups portés aux prisonniers de la base Mercury, près de Falloujah.
L'armée de terre US a déjà mené des enquêtes sur 400 allégations de sévices contre des prisonniers, qui ont abouti à des mesures prises contre 230 militaires, selon un porte-parole de l'armée de Terre, Paul Boyce.
Source : AFP, 27 septembre 2005

 

Omar Khadr en grève de la faim


Le jeune détenu canadien Omar Khadr, emprisonné à guantanamo à l'âge de 15 ans et aujourd'hui âgé de 18 ans, a mené une grève de la faim en juillet à guantanamo, où, selon ses avocats, il est devenu le leader spirituel de son dortoir. D'après les avocats, le jeune homme des dizaines d'autres détenus ont été transférés à l'infirmerie du camp, par mesure de précaution, après qu'ils avaient déclenché une grève de la faim pour protester contre les conditions de détention. « Ils sont en train de nous détruire lentement », a déclaré Omar à l'un de ses avocats.
Source : The Globe & Mail, 1er septembre 2005

 

À Toronto, Hassan Almrei interrompt sa grève de la faim au 73ème jour


Le réfugié syrien Hassan Almrei, détenu au secret en application d'un "certificat de sécurité" des services de renseignement canadiens, a interrompu le samedi 3 septembre la grève de la faim qu'il menait depuis 73 jours dans la prison Metro West Detention Centre de Toronto. La nouvelle a été annoncée par un ami qui lui avait rendu visite dans la prison à 300 manifestants massés devant l'entrée de l'établissement. Hassan a donné comme raison de son interruption l'espoir qu'a suscité en lui la mobilisation de nombreuses personnes et organisations en sa faveur à travers tout le Canada.
Source : http://www.zerra.net, 3 septembre 2005

 

75 ans de prison pour le Cheikh yéménite Al Mouayed et 45 ans pour son assistant


Le Cheikh yéménite Mohamed Ali Hassan Al Mouayed, 56 ans, a été condamné en juillet par un tribunal fédéral de Brooklyn à 75 ans de prison et à 1,25 million de $ d'amendes. Son assistant Mohammed Mohsen Yahya Zayed, 32 ans, vient d'être condamné par le même tribunal 45 ans de prison et à 750 000 $ d'amende. Les deux hommes ont été condamnés pour conspiration en vue d'aider Al Qaïda et le Hamas.
Ils avaient été piégés par une équipe du FBI se faisant passer pour des convertis à l'Islam désireux d'apporter un soutien financier au Hamas palestinien. L'équipe les avait invités dans un hôtel de Francfort en janvier 2003 et les avait filmés à leur insu, après quoi ils avaient été littéralement kidnappés et emmenés de force aux USA. Les preuves sur lesquels le tribunal s'est appuyé sont les enregistrements vidéo des conversations dans une chambre d'hôtel à Francfort et aussi sur les "informations" fournies par un informateur du FBI, Mohamed Alanssi, qui a tenté de s'immoler par le feu devant la Maison blanche en novembre 2004 pour dénoncer les mauvais traitements auxquels il avait été soumis par le FBI.
L'avocat du Cheikh a comparé toute cette affaire à un mauvais téléfilm.
Source : Reuters, 2 septembre 2005

 

Airat Vakhitov et Rustam Akhmyarov remis en liberté


Arrêtés à Moscou le 27 août et transférés dans une prison du Tatarstan, Airat Vakhitov et Rustam Akhmyarov , deux anciens détenus russes de guantanamo, ont été remis en liberté vendredi 2 septembre, a annoncé l'adjoint du procureur de Kazan Ildar Mukhametzyanov.
Source : Interfax, 2 septembre 2005

 

De nombreux détenus de guantanamo en grève de la faim


Au moins 210 détenus de Guantanamo, selon des avocats, et 76 détenus selon les militaires américains, étaient en grève de la faim jeudi pour protester contre leur détention illimitée, apparemment engagés dans un bras de fer désespéré depuis plus d'un mois.
Le 21 juillet, les militaires de la base navale avaient déjà été forcés de reconnaître qu'une cinquantaine de détenus avaient cessé de s'alimenter, après les révélations du Centre pour les droits constitutionnels (CCR) dont les avocats défendent plusieurs dizaines de détenus.
A cette époque, un Afghan récemment libéré du camp de détention avait affirmé qu'en réalité 105 prisonniers étaient grévistes depuis deux semaines. Les dates et les durées des grèves de la faim sont difficiles à recouper, les autorités militaires affirmant ne pas pouvoir donner d'informations précises à ce sujet. "Le nombre (de grévistes) change tous les jours", assure une porte-parole militaire, qui s'est refusée à indiquer depuis quand la majorité des 76 décomptés jeudi avaient commencé à refuser toute nourriture. "Ils sont traités aussi bien que possible", a-t-elle ajouté, sans autre précision.
En juillet, un autre porte-parole avait précisé que les grévistes étaient traités avec des perfusions et par voie orale afin de s'assurer qu'ils étaient suffisamment hydratés. Le CCR dénonce la réticence du Pentagone à autoriser leurs avocats à rencontrer ces détenus et le silence obstiné du ministère américain de la Défense sur les grèves de la faim, dans un communiqué jeudi. "Depuis janvier 2002 (l'ouverture du centre de détention), le Pentagone a refusé aux prisonniers l'accès aux tribunaux ou aux avocats pour éviter d'avoir à justifier les fondements de leur incarcération", estime l'avocat Gitanjali Gutierrez.
"Cette politique a mené des détenus à faire la grève jusqu'à mourir ou alors se voir reconnaître le droit à une audience équitable et à un traitement humain", ajoute-t-il. Actuellement, quelque 505 détenus, de 36 nationalités, sont toujours incarcérés sur la base. Et le Pentagone ne se cache plus de vouloir transférer un maximum d'entre eux vers leurs pays d'origine pour que ces derniers partagent le "fardeau".
Washington et Kaboul ont ainsi conclu un accord pour un transfert progressif de la bonne centaine de détenus afghans. Les Etats-Unis poursuivent par ailleurs leurs négociations avec une dizaine de pays dont l'Arabie Saoudite (plus de cent détenus) mais aussi le Bahreïn, l'Egypte, le Koweït ou le Maroc. Seuls douze détenus ont été retenus pour être jugés devant un tribunal militaire d'exception, une procédure mise au point par le Pentagone expressément pour les juger et qui est dénoncée comme inique par de nombreux juristes et avocats militaires.
Sur ces douze, seuls quatre sont inculpés à ce jour. Les procès des deux premiers, le Yéménite Salim Ahmed Hamdan, ancien chauffeur d'Oussama ben Laden, et le "taliban australien" David Hicks, pourraient commencer dès fin septembre. Le Pentagone a annoncé mercredi quelques modifications dans le fonctionnement des tribunaux d'exception, que des juristes ont immédiatement dénoncé comme "insignifiants" ou "purement cosmétiques". L'avocat militaire Michael Mori, commis d'office pour défendre M. Hicks, a estimé que ces légers changements démontraient "que les contrôleurs du système peuvent changer et changeront les règles quand bon leur semble, dans leur intérêt, sans se soucier d'établir un système judiciaire équitable".
Source : AFP, 2 septembre 2005

 

Changements cosmétiques pour les commissions militaires

 

Les commissions militaires qui ont examiné le statut de l’ensemble des détenus de guantanamo et décidé du maintien de la plupart d’entre eux en détention ont été très critiquées aux USA et ailleurs. Le Pentagone vient donc d’annoncer des changements qui ne changent rien au fond : l’accès à un jugement équitable est toujours dénié aux détenus. Principaux changements : un officier présidera les commissions et fera office de juge, tandis que les autres membres de la commission feront office de jury. Mais les preuves pourront toujours être gardées secrètes et le détenu “jugé” pourra être tenu à l’écart de l’audience pour des raisons de “sécurité”. Cette nouvelle tentative du Pentagone de contourner la décision de la Cour suprême, selon laquelle les détenus avaient le droit de remettre leur détention en cause devant une juridiction ordinaire, a été critiquée par le Centre pour les droits constitutionnels de New York et l’organisation Human Rights Watch.
Source : BBC News et HRW, 1er septembre 2005

 

Libérez-les tous !
Rendez-leur les droits qui leur reviennent. Immédiatement !


par l’Association des Victimes des Prisons de l’Occupation US, Bagdad 29 août 2005.
Des résistants irakiens, prisonniers à Abou Grahib, se sont constitués en groupe organisé et ont profité de libérations massives pour faire sortir un communiqué de la prison. La représentativité de ce groupe est attestée par les détenus libérés. Nous reproduisons ici l’intégralité de leur lettre qui témoigne de leur vie et de leurs combats.
Les forces d’occupation en Irak ont annoncé il y a deux jours la libération d’un millier de détenus irakiens se trouvant dans leurs geôles. Dans ce contexte, nous tenons à clarifier les points suivants :
1. Plusieurs déclarations de porte-parole gouvernementaux irakiens ont indiqué que le gouvernement irakien lui-même avait demandé aux forces d’occupation de libérer ces détenus, alors que le porte-parole US assurait ne rien savoir à ce sujet et que ces prisonniers étaient libérés parce qu’ils n’étaient pas inculpés.
À ce propos, notre association s’interroge :
Si le gouvernement irakien se démarque des forces d’occupation, comme il l’a prétendu, alors pourquoi avoir attendu pour demander la libération des détenus ? Et pourquoi ne le demander que pour un nombre limité de prisonniers ?
Si les détenus libérés n’étaient pas inculpés, et qu’ils ne seront pas jugés, alors qui répondra de leurs droits quant aux dommages physiques et psychologiques causés par leur détention ?
Certains ont affirmé que les libérations étaient le fruit de négociations pour l’intégration de partis donnés dans le processus politique, ce qui ferait des libérations un vulgaire et inadmissible troc des droits des détenus, une violation scandaleuse des droits humains s’ajoutant aux nombreuses autres commises en Irak.
Concernant les détenus irakiens aux mains des forces de sécurité irakiennes, notre association en a dénombré plus d’un millier dans une période allant de 24 heures à deux jours avant la libération ! N’était-il pas souhaitable pour le gouvernement de libérer des milliers de ses propres prisonniers ? De même n’était-il pas souhaitable d’enquêter sur les graves violations contre les détenus commises par les milices des partis qui endossent l’uniforme de la police et de l’armée, supervisées et soutenues par le gouvernement et les forces d’occupation ?
Les forces de sécurité irakiennes lancent des vagues d’arrestations particulièrement dirigées contre les détenus libérés des prisons de l’occupation états-unienne. Le gouvernement va-t-il garantir la sécurité de ceux qui sont libérés ?
2. Le secrétaire général de l’ONU, M. Kofi Annan, a déclaré que la détention d’Irakiens par les forces US en Irak n’était pas légale. Ainsi, notre association demande la libération immédiate de tous les détenus et prisonniers ainsi que la constitution d’une commission d’enquête pour leur réinsertion et les dédommagements physiques et psychologiques les concernant.
3. Le crédit pour la libération des détenus va à leur comportement héroïque, le rôle national et le comportement digne des pouvoirs nationaux irakiens qui ont refusé l’occupation, ainsi que de la société civile irakienne qui a dévoilé les actes inhumains des occupants et qui poursuit ses action là où les membres des organisations et les pouvoirs nationaux sont poursuivis, détenus et tués par les forces d’occupation et leurs sympathisants.
Il est certain que le rôle joué par les organisations civiles irakiennes de défense des droits humains qui se sont abstenues de servir les occupants et leurs sympathisants a permis de faire entendre les voix des héros prisonniers à tous les peuples du monde, de même toutes les ONG qui ont exercé une pression sur l’occupant, lui faisant libérer mille détenus. Mais ces mille prisonniers ne sont qu’une goutte d’eau dans l’océan d’injustice en Irak. Au même moment et avec l’aval du gouvernement, les forces d’occupation ont commencé à organiser une opération de transfert des détenus depuis leurs prisons jusqu’aux prisons des milices d’Irak qui travaillent avec les occupants et les servent. En effet les camps de détention avaient été placés jusqu’ici sous l’autorité exclusive des États-uniens, ce qui leur a valu beaucoup de scandales et d’embarras.
Ainsi, notre association demande à l’ONU et aux organisations civiles de défendre les droits des personnes qui ont été exhibées sur la chaîne satellite Al-Iraqia pour les blessures et humiliations qu’elles ont subies ainsi que leurs familles.


NOTE IMPORTANTE :
La justice dans les mains du terrorisme ou le terrorisme dans les mains de la justice ?
Qui est le dénommé « Laith Kubba », le porte-parole du gouvernement d’occupation qui a déclaré, tardivement lors d’une conférence de presse qui s’est tenue à Bagdad le 28 août 2005, dans une dernière tentative de gagner la confiance du peuple irakien qui refuse l’occupation et son gouvernement :
« Ce que la chaîne irakienne par satellite montre dans le programme Terrorism in the grip of Justice [2] n’est pas vrai et c’est même presque de la fiction quelque fois. » Il a ajouté : « Les enquêtes auprès des détenus relèvent presque du théâtre, elles ont pris un aspect sectaire ces derniers jours parce que tous les détenus montrés à l’écran sont des sunnites. ».
Nous pensons que ce programme devrait s’appeler « La justice dans les mains du terrorisme ».
Alors nous demandons à M Kubba : « Que vont devenir les trois Irakiens qui ont été condamnés à l’exécution dans le gouvernorat de Wasit après avoir confessé sous la menace sur la chaîne Al-Iraqia des crimes qu’ils n’avaient pas commis ? »

Association des Victimes des Prisons de l’Occupation États-unienne

Fondateur et coordinateur : Haj Ali
Notes :
[1] Les forces d’occupation diffusent à travers la chaîne de télévision qu’ils contrôlent, Al-Iraqia, une émission de jugement en direct des résistants et d’anciens baasistes. Ces procès publics ont pour but d’impressionner la population. NdlR.
[2] Les forces d’occupation diffusent à travers la chaîne de télévision qu’ils contrôlent, Al-Iraqia, une émission de jugement en direct des résistants et d’anciens baasistes. Ces procès publics ont pour but d’impressionner la population. NdlR.
Source : www.voltairenet.org, 31 août 2005

 

Nouvelle grève de la faim à guantanamo


200 détenus de guantanamo avaient mené une grève de la faim pour protester contre les conditions d’incarcération en juillet et y avaient mis un terme le 28 juillet, près avoir obtenu des assurances de la direction du camp sur de meilleures conditions et la promesse qu’ils seraient jugés. 89 d’entre eux ont repris une grève de la faim le 8 août pour protester contre de nouvelles violences à l’égard de détenus et à une nouvelle profanation du Coran par des gardiens. On ignore pour l’instant combien de temps cette nouvelle grève a duré. Ce qui est sûr, c’est que les otages de guantanamo se battent avec acharnement pour obtenir la reconnaissance de leurs droits légitimes.
Source : Boston Globe, 26 août 2005

 

Deux anciens détenus russes de guantanamo détenus au Tatarstan


Airat Vakhitov et Rustam Akhmyarov, deux anciens détenus russes libérés de guantanamo, ont été arrêtés samedi 27 août à Moscou et trasnférés dans la prison de Naberejnye Chelny, au Tatarstan. Selon Geidar Jemal, chef du Comité islamique de Russie, qui a donné cette information, les deux hommes feraient l’objet d’une enquête pour des attentats terroristes non spécifiés. Vakhitov avait été imam d’une mosquée tatare. À Londres, Amnesty International s’est dite inquiète sur le sort des deux hommes.
Source : AP, 30 août 2005

 

Un juge fédéral ordonne au Pentagone de demander aux détenus de guantanamo s’ils veulent être identifiés publiquement


AGissant sur plainte de l’agence Associated Press, un juge fédéral de New York a ordonné au département de la défense de demander à chacun des détenus de guantanamo s’iils souhaitent que leur identité soit rendue publique. AP avait porté plainte en avril dernier, après que le pentagone lui eut transmis les documents des sessions des commissions militaires qui ont examiné le statut de tous les détenus, mais en effaçant leurs identités. Le juge a décidé de formuler le questionnaire que le Pentagone devra soumettre à chaque détenu le 12 septembre et que les résultats du questionnaire devront lui être transmis le 7 octobre. On va donc enfin connaître les identités des détenus de guantanamo, qui sont pour l’instant gardées secrètes dans leur grande majorité.
Source : AP, 30 août 2005


Guantanamo, un camp de concentration made in USA


par Paolo Gilardi, La Brèche, 2 septembre 2005 http://www.labreche.ch/
Ouvert en avril 2002 mais fonctionnant depuis l’automne précédent, le camp Delta, le camp de concentration de Guantanamo ne cesse de susciter les rapports et les dénonciations, notamment aux États-Unis. C’est ainsi que le 25 mai dernier, Amnesty International le qualifiait de « goulag de notre temps » (Chicago Tribune, 26.05.05).
Pourtant, l’administration Bush demeure inflexible, confortée en cela par un arrêté de la Cour suprême du 28 juin 2004 qui accorde un statut légal à Camp Delta : celui, très officiel, de « camp de concentration ».

Nécessité militaire

C’est au nom de la « nécessité militaire » que l’ancien « Camp X-Ray », un camp temporaire de détention, a été transformé, le 29 avril 2002 en centre permanent de détention et d’interrogatoires des dits « combattants illégaux ». Y ont été internés, sans mandat aucun, quelques 660 détenus provenant de plus de 40 pays. Moins d’une centaine ont été libérés depuis janvier 2004.
Les deux notions, celle de « nécessité militaire » et celle de « combattants illégaux » ont leur importance. C’est en effet en vertu d’une prétendue « nécessité militaire » -qu’il est seul autorisé à apprécier - que le gouvernement des États-Unis peut suspendre, voire supprimer, un certain nombre de garanties constitutionnelles. C’est en vertu de cette notion que quelques 120’000 japonais d’origine habitant la côte Ouest des États-Unis furent internés dans des camps de concentration après l’attaque de Pearl Harbor en décembre 1941 (voir ci-contre).
Quant à la définition de « combattants illégaux », une notion juridique inconnue dans le droit international, elle permet de contourner les conventions de la Haie de 1907 définissant la notion de « belligérant » et celles et de Genève de 1947, notamment la troisième qui définit les droits et les protections dont doivent bénéficier les prisonniers de guerre. En clair, cela prive les détenus des protections contre les mauvais traitements et la torture.
Arguant que l’_expression « guerre contre le terrorisme » ne serait qu’une formule rhétorique pour présenter, par l’emprunt au langage militaire, un ensemble d’opérations de sécurité, le 28 juin de l’année passée, la Cour suprême absolvait l’administration du crime de non respect des conventions internationales.
Quant à l’estime dans laquelle cette même administration tient ces conventions, il suffit d’écouter ses principaux porte-parole. En visite à la tristement célèbre prison d’Abou Ghraïb en mai 2004, le secrétaire à la défense, D. Rumsfeld, ne déclarait-il pas aux troupes que « les conventions de Genève ne constituent que des règles de base », avant d’ajouter « ou faut-il que Genève régente aussi ce que vous avez à faire ce matin ? » (NBC Today, 5.5.04).

Taliban ou al-quaediste ?

Dès lors, les détenus peuvent être privés des droits les plus élémentaires tel que celui d’être défendu par un avocat, de connaître les raisons de la détention ou encore d’être jugé, sans parler des conditions élémentaires de la dignité humaine.
Alors que le même Rumsfeld prétend « qu’aucune protection accordée par les Conventions de Genève ne peut leur [aux internés du Camp Delta] être garantie » (id.), le président Bush s’empresse de rappeler que « ces gens détenus à Guantanamo sont des tueurs. Ils ne défendent pas les mêmes valeurs que nous » (20.3.03). De son côté, Dick Cheney, le vice-président, en rajoute : « n’oubliez pas, écrit-il, que ces gens sont vraiment dangereux. Ils ont fait vœu de tuer des millions d’américains » (cité in Amnesty International, rapport 2003) !
Cependant, même sur ce terrain, les choses sont tout sauf claires. D’une part, le commandement affirme que les trois quarts des détenus seraient liés au terrorisme: Talibans ou membres d’al-Quaeda. Le son de cloche est différent dans les milieux du CICR. Nombreux en effet sont ceux qui estiment, sous le couvert de l’anonymat, que « moins d’un détenu sur dix » aurait des liens plus ou moins avérés avec les Talibans ou la mouvance islamiste.
Les témoignages récoltés par Tom Wilner, avocat d’un des koweitiens relâchés, expliquent peut-être ces appréciations divergentes. L’un des prisonniers rencontrés par Wilner raconte : « le soldat américain n’arrêtait pas de me demander « t’es Taliban ou d’al-Quaeda ? t’es Taliban ou d’al-Quaeda ? » tout en continuant à me frapper. A bout de forces j’ai répondu, au hasard : « Taliban » (CBS News, 7.02.05).

Impur devant son dieu

L’inhumanité des conditions de détention est connue : les photos et reportages montrant les cages recouvertes de tôle blanche dans lesquelles sont enfermés les prisonniers sous un soleil de plomb ont fait le tour du monde.
En novembre 2004, le New York Times publiait de larges extraits d’un rapport confidentiel établi par le CICR suite à la visite effectuée par ses inspecteurs à Camp Delta en juin. Malgré les dénis de l’administration Bush, on pouvait notamment y lire en guise de conclusion que, « le fonctionnement [du camp] ne peut être considéré (…) que comme une pratique intentionnelle de traitements cruels et dégradants, d’une forme de torture » (NYT, 30.11.04).
D’après les rapports et les récits des personnes relâchées, les injures, les humiliations, les coups seraient monnaie courante. Il est cependant une forme de torture particulièrement perverse qui vient d’être mise à jour : l’humiliation sexuelle.
Nombreux sont les témoignages de prisonniers relâchés qui affirment avoir été obligés de côtoyer des prostituées. Il n’est en effet pas impossible que l’humiliation de ces hommes se soit faite par ce moyen. Cependant, une autre interprétation semble plus proche de la réalité.
La chaîne CBS a fait état (27.01.05) de multiples cas d’interrogatoires sexuellement humiliants pour des détenus musulmans. Ainsi, un ancien sergent interprète, Erik R. Saar, raconte d’avoir assisté à plusieurs interrogatoires de détenus masculins menés par des femmes portant minijupe et tenues particulièrement sexy.
Dans un cas, raconte-t-il, la femme officier avait interrogé un détenu « au milieu de la nuit » dans un bureau dans lequel « étaient suspendus à des cintres accrochés derrière la porte un soutien-gorge et un string. Lui posant une main sur la braguette … elle avait alors fait des commentaires sur son apparente érection ». Elle s’était par la suite vantée de « l’avoir cassé ».
Une autre fois, un des prisonniers a été barbouillé au visage par une femme soldat avec un liquide poisseux et rougeâtre présenté comme « le sang de ses règles ». En le raccompagnant dans sa cellule, la soldate lui aurait souhaité « de passer une agréable nuit (a fun night) sans une goutte d’eau pour se laver ».
Ce type d’interrogatoire est conceptualisé dans un rapport secret du Pentagone parvenu à l’agence Associated Press, de la manière suivante: « il faut donner au détenu le sentiment qu’il est impur, donc dans l’impossibilité de se présenter devant son dieu » (CBS News, 27.01.05).

 

Bush contre … Lincoln ?

 

La barbarie de ce qui se passe à Guantanamo est évidente. Mais, Camp Delta n’est qu’un des centres de détention de la guerre contre le terrorisme. Au total, « les USA disposent d’une trentaine de centres secrets de détention à travers la planète avec plus de 12'000 prisonniers [gardés] dans des conditions similaires à celles de Guantanamo» (Al-Jazeera.net, 27.06.05).
Dans les faits, la contre-réforme conservatrice menée par l’administration Bush est en train d’imposer, par la force, par le fait accompli, de nouvelles règles internationales non écrites.
Les Conventions de la Haie et de Genève avaient été directement inspirées le code Lieber, qui fut la première tentative de systématisation des lois de la guerre. Édité en avril 1863, en pleine guerre de sécession, et paraphé par Lincoln, sous le titre officiel d’ « Ordre général numéro 100 », le code rejetait la prééminence de la « nécessité militaire » sur la dignité humaine et proscrivait expressément « toute forme de cruauté à l’égard des prisonniers » (America Magazine, 01.08.05).
Ce texte avait fortement inspiré l’élaboration ultérieure du droit. Aujourd’hui, cR