AVEZ-VOUS
ENTENDU PARLER DE GUANTANAMO ?
BIEN SÛR, DIREZ-VOUS. MAIS QU'EN SAVEZ-VOUS
EXACTEMENT ?
Présentation
de la Chronique de guantanamo, publiée par
le Collectif guantanamo France
« Nul ne peut être arbitrairement arrêté,
détenu ou exilé »
Article
9 de la Déclaration universelle des Droits
de l'Homme.
La CHRONIQUE
DE GUANTANAMO est une "newsletter" électronique
publiée par le Collectif guantanamo, lancée
en février 2003. Depuis avril 2004, elle
paraît 2 fois par mois, le 1er et le 15 du
mois. Elle entre aujourd'hui dans sa troisième
année. En 23 mois, nous avons constitué
la plus importante base de données en langue
française sur guantanamo, soit l'équivalent
d'une dizaine de livres de 220 pages, accessible
à tous ceux qui savent lire sur 2 sites web.
Nous entendons continuer, élargir et approfondir
ce travail. Mais cela ne sera pas possible sans
vous.
Le 10
janvier 2005, cela fera 3 ans que 545 hommes de
40 pays sont détenus illégalement
par les USA. 202 autres ont été libérés,
dont une partie ont été emprisonnés
dans leur pays. Exiger qu'ils soient libérés
ou jugés équitablement nous semble
naturel. Ce n'est pas l'avis de la Maison blanche
et du Pentagone, qui ignorent depuis 6 mois un verdict
de la Cour suprême US ordonnant que ces prisonniers
aient la possibilité de remettre en cause
leur détention devant une juridiction ordinaire.
Le Collectif
guantanamo a été créé
en France en février 2003. Cette association
a pour but d'organiser une campagne mondiale d'information
et de solidarité pour défendre les
droits de toutes les personnes détenues par
les USA comme "combattants ennemis illégaux"
à Guantanamo, Bagram et ailleurs.
Son
appel fondateur, "guantanamo : premier camp
de concentration off shore de l'Empire !",
peut être lu en 9 langues [ allemand, anglais,
arabe, créole, danois, espagnol, français,
russe, suédois ] en allant à : http://www.gwadaoka.org/guantanamo_appel_fr.htm
Son
outil principal est le travail d'information. Le
Collectif publie des informations sur la "galaxie
guantanamo" à un rythme quasi-quotidien
sur deux sites internet. Ces informations sont reprises
et diffusées tous les 15 jours dans une lettre
électronique appelée CHRONIQUE DE
GUANTANAMO. Si vous voulez lire, puis vous abonner
à cette CHRONIQUE , il suffit de nous envoyer
un mail à collectif.guantanamo@gwadaoka.org
Cette
Chronique contient donc toutes les informations
publiées au jour le jour sur les sites http://quibla.net
et http://www.gwadaoka.org/guantanamo.htm
POUR
RECEVOIR CETTE CHRONIQUE LE 1er et LE 15 DE CHAQUE
MOIS, ENVOYEZ UN MAIL INTITULÉ : "OUI,
JE M'ABONNE !" À : collectif.guantanamo@gwadaoka.org.
Signalez-nous si vous souhaitez apporter une contribution
financière. Nous vous indiquerons coment
procéder.
Nos
v¦ux pour 2005 sont simples, clairs et nets
: le Pentagone et la Maison blanche doivent libérer
les 545 otages détenus illégalement
sur la base yankee de guantanamo depuis le 10 janvier
2002. Ou au moins, ils doivent respecter la sentence
émise en juin 2004 par la Cour suprême
US, stipulant que les détenus ont le droit
de remettre en cause leur détention devant
une juridiction ordinaire. Le martyre des hommes
enfermés dans le premier camp de concentration
off shore de l'Empire, entrera le 10 janvier dans
sa quatrième année. C'est une insulte
à l'humanité. Pensez à eux
!
Merci
de votre attention
pour le Collectif guantanamo,
le président
Fausto Giudice
1er janvier 2005 /20 Dhul Qa'dah 1425
PS :
NOTRE TRAVAIL ÉTANT TOTALEMENT BÉNÉVOLE,
TOUTE CONTRIBUTION FINANCIÈRE VOLONTAIRE
EST LA BIENVENUE. EN NOUS SIGNALANT VOTRE ABONNEMENT,
INDIQUEZ-NOUS ÉVENTUELLEMENT SI VOUS SOUHAITER
VERSER UNE CONTRIBUTION. NOUS VOUS INDIQUERONS ALORS
COMMENT PROCÉDER. MERCI D'AVANCE.
->
Collectif guantanamo, 5 rue de Douai, F-75009 Paris
- Tél. 00 33 (0)6 13 99 28 86,
Courriel : collectif.guantanamo@gwadaoka.org
Sites web : http://quibla.net
et http://www.gwadaoka.org/guantanamo.htm |
3 petites années de prison
pour la chienne d'Abou Ghraïb
Elle risquait en théorie 9 ans de prison, mais
la cour martiale texane qui la jugeait a été
très clémente : Lynndie England n'a finalement
été condamnée qu'à trois ans
de prison pour les atrocités commises sur des prisonniers
musulmans à Abou Ghraïb. Elle a bien sûr
été radiée de l'armée, mais
elle n'aura aucune mal à trouver du travail à
sa sortie de prison. Elle pourrait par exemple ouvrir
un club sado-maso. Son ancien supérieur et amant,
père de son enfant, le caporal Charles Graner,
avait, pour sa part, été condamné
à 10 ans de prison. Lynndie était la dernière
des neuf réservistes poursuivis par la justice
militaire pour le scandale de la prison d'Abou Ghraïb.
Deux d'entre eux ont été reconnus coupables
lors de leur procès, et les six autres ont conclu
un arrangement avec le procureur. Aucun officier supérieur
n'a été inquiété. Tous les
soldats et sous-officiers poursuivis ont pourtant déclaré
avoir agi sur ordres d'en haut.
Campagne en faveur des détenus
de guantanamo en grève de la faim
Source :
http://www.algeria-watch.de/fr/article/pol/us/campagne_guatanamo/campagne_guantanamo.htm
Le 12 septembre, l'Islamic Human Rights Commission (IHRC)
a appelé tous les Anglais à contacter immédiatement
le secrétariat aux affaires étrangères
de leur député afin qu'il intervienne auprès
des USA au nom de détenus de guantanamo en grève
de la faim, entrant à présent dans sa sixième
semaine, en protestation contre les conditions barbares
de détention qu'ils subissent.
http://www.cageprisoners.com/campaigns.php?id=198
http://www.cageprisoners.com/campaigns.php?id=200
Cette action est principalement axée sur les détenus
non-britanniques mais résidents en Grande-Gretagne
qui sont au moins 9 : Bishar-al-Rawi, Jamil-al-Banna,
Shaker Abdur-Raheem Aamer, Jamal Abdullah, Jamal Kiyemba,
Binyam Mohammed, Khalid Hatair et Omar Deghayes.
Il nous faut intervenir à notre tour auprès
des ambassades américaines afin de prendre fait
et cause pour la totalité de ces hommes, quelles
que soient leur nationalité et leur résidence
habituelle.
Un modèle de lettre est disponible ci-dessous,
ainsi que la liste des coordonnées des Ambassades
américaines en France, Algérie, Allemagne,
Grande-Bretagne, Belgique et Suisse.
Au cas où vous décideriez d'écrire
un courrier personnel, rappelez-vous, s'il vous plait,
de demeurer poli et mesuré dans vos propos afin
que notre action ne se retourne pas contre les intérêts
de ceux que nous tentons de défendre.
Pour toute question concernant le courrier ou pour toute
réponse éventuelle des autorités
américaines, veuillez contacter collectif.guantanamo@gwadaoka.org
Vous pouvez aussi signer une pétition en ligne
:
http://www.gopetition.co.uk/online/7156.html
Modèle de lettre
[Votre Nom]
[Votre adresse]
[Date]
American Embassy
[Nom et Adresse de l'ambassadeur
du pays choisi]
Objet : Détenus de Guantanamo en
grève de la faim.
Monsieur l'Ambassadeur [ou Madame l'Ambassadrice],
Je vous écris ce jour à propos de la détention
sans fin ni charge aucune des hommes enfermés à
Guantanamo Bay.
Tous les détenus, sans aucune exception, qui ont
été jusqu'à présent libérés
de Guantanamo ont témoigné avoir enduré
des coups, des privations de sommeil, des positions contraignantes
durant des heures, des ports de cagoule prolongés,
des humiliations sexuelles et culturelles, des injections
forcées et bien d'autres mauvais traitements physiques
et psychologiques.
Amnesty International a récemment décrit
cette prison comme « le goulag de notre temps ».
Les avocats commis ont tous rapporté que la santé
mentale de ces hommes se détériore rapidement.
Deux cents d'entre eux au bas mot entrent actuellement
en leur sixième semaine de grève de la faim
pour protester contre la façon barbare dont ils
sont traités.
Il est choquant et inadmissible que des hommes soient
détenus dans des conditions aussi inhumaines, sans
mise en accusation formelle par un Etat qui se dit être
le chantre de la Liberté et de la Démocratie
dans le Monde.
Je vous demande donc de prendre contact avec les autorités
du pays que vous représentez afin de leur faire
part de nos protestations et inquiétudes.
Je vous demande également de bien vouloir accuser
réception de ce courrier afin que nul ne puisse
en arriver à affirmer que les représentants
des USA à l'étranger se préoccupent
peu ou prou des desiderata des citoyens des Etats qui
les accueillent.
Dans l'attente de votre réponse,
Veillez agréer, Monsieur l'Ambassadeur [Madame
l'Ambassadrice], l'_expression des mes salutations respectueuses.
[Votre signature]
[Votre Nom]
Adresses des ambassades US
En France : http://www.amb-usa.fr/indexfr.htm
American Embassy
Monsieur l'Ambassadeur Craig Roberts Stapleton
2 avenue Gabriel
75382 Paris Cedex 08
France
Fax: +33 1 45 24 74 80
En Algérie : http://algiers.usembassy.gov/announcing_fr.html
American Embassy
Monsieur l'Ambassadeur Richard W. Erdman
04 Chemin Cheikh Bachir Ibrahimi
El-Biar 16030
Alger
Algérie
Fax: 021-693-979
Email: Algiers_webmaster@state.gov
En Allemagne : http://www.usembassy.de/
American Embassy
Mr the Ambassador William R. Timken, Jr.
Neustädtische Kirchstr. 4-5
10117 Berlin
Deutchland
En Grande-Bretagne : http://www.usembassy.org.uk/ukembabt.htm
American Embassy
Mr the Ambassador Robert Holmes Tuttle
24 Grosvenor Square
London, W1A 1AE
United Kingdom
En Belgique : http://brussels.usembassy.gov
American Embassy
Monsieur l'Ambassadeur Tom C. Korologos
Regentlaan
27 Boulevard du Régent
B-1000 Brussels
Belgique
Fax: (32-2) 511-2725
En Suisse : http://bern.usembassy.gov/index.html
American Embassy
Madam the Ambassador Pamela Pitzer Willeford
Jubilaumsstrasse 93
CH-3005 Bern
Switzerland
Fax: 031 357 73 44
En Espagne : http://madrid.usembassy.gov/cons/services.html
American Embassy
Mr the Ambassador Eduardo Aguirre, Jr.
Calle Serrano 75
28006 Madrid
Spain
Tel : (34) 91 587 2240
Fax : (34) 91 587 2243
En Italie : http://www.usembassy.it/
American Embassy
Mr the Ambassador Ronald P. Spogli
via Vittorio Veneto 119/A
00187 Roma
Italy
Telephone: (+39) 06.4674.1 (switchboard)
Fax: (+39) 06.4882.672 or 06.4674.2356
Au Danemark : http://www.usembassy.dk/Contact/default.htm
American Embassy
Mr the Ambassador James P. Cain
Dag Hammarskjölds Allé 24
2100 København Ø.
Denmark
Tlf. (+45) 33 41 71 00
Fax: (+45) 35 43 02 23
Au Pays-Bas : http://netherlands.usembassy.gov/embassy.html
American Embassy
Mr the Ambassador Clifford M. Sobel
Lange Voorhout 102
2514 EJ The Hague.
Dutchland
T: +31 70 310-2209
F: +31 70 361-4688
En Suède : http://stockholm.usembassy.gov/
American Embassy
Monsieur l'Ambassadeur M. Teel Bivins
Dag Hammarskjölds Väg 31,
SE-115 89 Stockholm
Sweden
Tel: (+46) 8 783 5300
StockholmWeb@state.gov
En Bosnie-Herzégovine : http://sarajevo.usembassy.gov/
American Embassy
Mr the Ambassador Douglas L. McElhaney
Alipasina 43,
71000 Sarajevo
Bosnia & Herzegovina
tel: +387 33 445-700
fax: +387 33 659-722
e-mail: bhopa@state.gov
A l'Union Européenne : http://www.useu.be/Contact.htm
United States Mission to the European Union
Mr the Ambassador C. Boyden Gray
Zinnerstraat - 13 - Rue Zinner
B-1000 Brussels
Belgium
Tel : 32-2-508-2222
Fax: 32-2-512-5720
Email: useupa@state.gov
Si vous désirez d'autres adresses d'ambassades
US dans le monde, cliquez sur : http://usembassy.state.gov/
Le Journal d'un Britannique en
grève de la Faim à guantanamo
Source: The Independent 12/09/2005, http://www.cageprisoners.com/articles.php?id=9471
Mardi 5 Juillet
Khalid Hatair (Koweitien) a été retrouvé
inconscient dans sa cellule lorsque la police militaire
a voulu lui donner son dîner. Il était malade
à cause de la grève de la faim. Il a été
emmené à l'hôpital.
15h. Shammrani a été emmené pour
interrogatoire et on lui a demandé le motif de
la grève de la faim. Il a parlé de l'irrespect
de tous les rituels religieux et que c'est la quatrième
année en prison sans aucune charge.
Vendredi 8
Beaucoup ont commencé à tomber à
cause de la faim dans le Bloc D, dans le nôtre,
etc.
18h05. Un docteur et un interprète menacent les
hommes et les rasent. Il dit : « Nous forcerons
les gens à prendre de la nourriture ». Beaucoup
de détenus voudraient en prendre un peu de façon
à retrouver quelques forces pour les jours à
venir.
Samedi 9
Le matin avant 11h, souvent un docteur vient et pose des
questions. Quelques-uns semblent concernés. Ceci
est une nouvelle approche jamais vue durant toutes les
grèves précédentes.
Mardi 12
Le nombre de grévistes dans notre bloc a considérablement
augmenté. Je suis certain que la grève à
sûrement touché tous les autres camps. Beaucoup
sont à l'hôpital. Qarnain est dans un état
sérieux.
Mardi 19
J'ai été très malade [et incapable]
d'écrire quoi que ce soit ces derniers jours, souffrant
beaucoup et comme mort. Aujourd'hui j'ai entendu qu' [ils
étaient] toujours plus nombreux au Camp Delta.
Au (Camp 4) 50 ont refusé de retourner dans leur
prison en protestation. Ils ont tous été
renvoyés au Camp Delta.
On a donné à Atabi quatre tablettes de Motrin*
par jour pendant plus de deux semaines. On ne lui a pas
donné d'autre [vrai] médicament. Beaucoup
de docteurs qui sont venus pour voir la grève lui
ont promis des médicaments mais rien n'est venu.
Cette drogue est un poison si elle est prise en si grande
quantité avec tous ses effets secondaires.
Mercredi 20
Omar Khadr [le jeune Canadien] est très malade
dans notre bloc. Il vomit du sang. Ils lui ont donné
du sérum lorsqu'ils l'ont trouvé sur le
sol de sa cellule. A Galib Fiyhani aussi.
13h43. Atabi s'est effondré pendant que les gardes
l'emmenaient à la douche.
16h35. J'ai arrangé ma couverture et j'ai vu combien
elle est sale. Plusieurs mois ont passé, sinon
un an, depuis que j'ai eu un rechange. Pas d'équipement
pour la laver. Ni le soleil après la grève
de la faim j'ai commencé à comprendre combien
l'odeur et le goût de l'eau étaient mauvais.
J'ai tout le temps très soif.
Jeudi 21
Vers 11h un garde a déplacé le Coran de
Suhai (Yéménite) au Bloc B. Pour protester,
Rida (Tunisien) qui était dans la cour de récréation
a refusé de réintégrer. Ils l'ont
ramené avec les hooligans du ERF [Emergency Response
Force]. Chaos dans le Bloc B, C et A. Qahatani a cassé
la caméra dans sa cellule. Le ERF l'a déplacé
dans une autre cellule. D'autres ont essayé de
briser la petite vitre de la porte. Atmosphère
de chaos dans le camp.
Mercredi 27
La grève est arrêtée pour un mois,
pour donner au Général le temps qu'il a
demandé pour mettre en place toutes les conditions
promises. Si les demandes n'étaient pas satisfaites
nous reprendrions (Insh' Allah) la grève de la
faim. Nous avions des détenus qui entraient en
grève à tour de rôle, en groupes.
Un groupe après l'autre, après une certaine
période de temps. Plus de 250 grévistes
parce que leur tour était venu mais il y en a d'autres
qui attendaient et n'ont pas encore eu l'opportunité
d'y entrer. Le Général a promis un traitement
conforme à la Convention de Genève, le respect
du Coran et des rituels, des livres religieux et d'autres,
une meilleure nourriture, de meilleures conditions et
beaucoup d'autres choses, a-t-il dit. Nous verrons.
Jeudi 28
Vers 4h, j'ai reçu très tôt le matin
de la nourriture avant le début de l'aube. C'était
très bon. Ils l'ont changée. Cela doit coûter
le même prix qu'avant. Mais c'était cuisiné
pour des hommes cette fois. Hier [****] est revenu d'une
entrevue avec son avocat. Il a dit que trois bombes avaient
explosé à Londres. Je me demande qui poserait
de telles bombes à Londres en ce moment!! Je ne
vois pas comment de tels attentats dans Londres pourraient
accroître d'une quelconque manière la cause
Islamiste. La Grande-Bretagne est le meilleur pays dans
le monde en ce qui concerne le traitement des minorités
musulmanes et qui procure un refuge à beaucoup
d'autres. Je suis sûr que la majorité des
Britanniques est contre la guerre ... A cause de cela,
j'en déduirais qu'aucun [vrai] groupe islamiste
ne voudrait commettre un attentat à Londres.
Vendredi 29
Après la prière de l'aube. Ils m'ont apporté
quelques articles disant que j'étais de Niveau
Un comme chacun dans le camp. Ils m'ont donné un
peigne. J'ai coiffé mes cheveux et ma barbe pour
la première fois depuis 2002. Nous sommes en juillet
2005.
Lundi 1er Août
Les choses vont mal. La nourriture, ils sont revenus de
nouveau à la nourriture précédente
tous ces derniers jours. Ils ont changé la nourriture
pendant deux jours et ils ont donné du poivre et
de la sauce chili, etc. Après s'être assurés
que maintenant chacun a fini la grève alors ils
sont revenus aux anciennes habitudes. Qhatani en bas n'a
pas eu de vêtements de niveau un. J'ai parlé
au SOG qui a dit que le général l'a voulu
ainsi. Parce qu'il a poussé la main d'un garde.
Il semble très probable que la grève reprenne.
Je suis très frustré avec ces officiers
adroits, ces hommes sans valeur ni parole.
* NDT : Le Motrin est un anti-inflammatoire qui fait
l'objet d'une plainte aux USA. L'un des effets secondaires
constatés, outre celui d'augmenter les risques
de crise cardiaque, est celui de rendre aveugle. http://www.latribune.fr/Dossiers/pharmacie.nsf/DocsWeb/
IDC1256D2D002F7BA6C1256F7900738111?OpenDocument
Chronologie et revendications
de la grève de la faim
Extrait de : The Guantanamo Prisoner, Hunger Strikes &
Protests : February 2002 August 2005, A Special
Report By the Center for Constitutional Rights
21 Juin 28 Juillet 2005 (37 jours ; 5 semaines)
Le 21 juillet, le Centre des Droits Constitutionnels (CCR)
confirme les déclarations faites le jour précédent
à propos de la grève de la faim par Habir
Russol et Moheb Ullah Borekzai, deux citoyens Afghans,
libérés de Guantanamo deux jours plus tôt.
Cette grève de la faim avait été
décidée en juin dans le but de protester
contre l'absence de procédure légale et
les conditions de vie inhumaines.
Les détenus ont décrit leur démarche
ainsi :
- La protestation était : « une grève
paisible, non-violente, jusqu'à l'obtention des
revendications ».
- La grève s'appelait : « Pour une famine
jusqu'à la mort ».
- Les prisonniers avaient décidé de boycotter
les douches.
- Ils avaient décidé de boycotter leur temps
de récréation.
- Quelques prisonniers avaient décidé de
refuser de porter des vêtements de façon
à être en conformité avec les conditions
de vie des prisonniers des autres camps à qui l'on
refuse tout vêtement.
- Les grévistes avaient appelé à
: « la non-violence, physique ou verbale, envers
quiconque, les gardes inclus. »
Voici ce qu'ils demandaient :
1) Nous avons besoin que l'on respecte notre religion,
ce qui inclut la fin de la désacralisation du Coran
et de la discrimination religieuse ;
2) Nous avons besoin de procès justes avec une
représentation légale adéquate ;
3) Nous avons besoin d'une nourriture appropriée
et d'eau propre. Nous ne recevons pas les quantités
adéquates de nourriture et celle-ci est souvent
périmée et avariée. L'eau est fréquemment
sale et semble contaminée ;
4) Nous avons besoin de voir la lumière du soleil
et de ne pas être forcés de vivre durant
des mois sans la lumière du jour ;
5) Nous avons besoin de savoir pourquoi nous sommes dans
le Camp 5 depuis si longtemps, dans certains cas depuis
plus d'un an. Qu'ont fait les détenus du Camp 5
pour être traités tellement plus mal que
les autres détenus ?
6) Nous avons besoin des droits humains de base comme
n'importe qui d'autre dans le monde ce qui inclut
de réels et adéquats traitements médicaux
;
7) Nous avons besoin de pouvoir contacter nos familles,
de leur écrire et de recevoir des lettres. Certains
prisonniers n'ont reçu aucune lettre de leur famille,
leur familles n'ont reçu aucune lettre récente
des prisonniers et c'est un problème répandu
dans le camp ;
8) Nous avons besoin du même « niveau d'organisation
» que dans les différents camps, que les
niveaux de privilège soient abandonnés et
que tous soient traités également ; et
9) Nous avons besoin d'un corps neutre pour observer la
situation et pour rendre publiques les conditions à
Guantanamo.
Bien que le Département de la Défense (DoD)
ait nié toute grève de la faim à
Guantanamo, les militaires ont néanmoins confirmé
que seulement 56 prisonniers y avaient participé
alors qu'il y en avait au moins 200. Et le DoD a dû
placer environ 50 hommes sous perfusion.
La grève a pris fin le 28 juillet alors que les
autorités américaines promettaient de mettre
le centre de détention en conformité avec
les Conventions de Genève.
8 Août 2005 18 Septembre 2005 (déjà
41 jours ; 6 semaines)
La grève a repris lorsqu'il a été
évident que le DoD était revenu sur ses
promesses de mettre la prison en conformité avec
les Conventions de Genève. Dès que le DoD
a pensé que l'attention du public avait pris fin,
les mauvais traitements ont recommencé.
Effets sur la santé d'une grève de la faim
Effets directs :
- Douleurs d'estomac
- Somnolence
- Etourdissements
- Faiblesse
- Perte de poids (de l'eau en premier lieu)
Effets secondaires :
- Etat de fatigue
- Incapacité à combattre les infections
- Difficultés à se concentrer mentalement
- Difficulté à uriner
- Etat de dépression
- Pertes de conscience
- Détériorations musculaires
- Détérioration des tissus (tels que les
poumons, le c¦ur et le foie)
- Mort
Au delà de la quarantaine de jours, risques de
séquelles irréversibles.
Mort probable autour de 70 jours (jeûne uniquement
à l'eau).
La grève de la faim de
prisonniers à Guantanamo se durcit
Près d'un mois et demi après avoir commencé
leur grève de la faim, les détenus de la
prison américaine de Guantanamo, à Cuba,
ne semblent pas vouloir renoncer à leur mouvement
de protestation, au point d'inquiéter des responsables
militaires, selon le quotidien américain The New
York Times.
Le Centre pour les droits constitutionnels (CCR), qui
défend plusieurs dizaines de détenus de
Guantanamo, estime qu'environ 200 prisonniers poursuivent
cette grève de la faim qui a démarré
le 8 août. La semaine dernière, l'organisation
a dénoncé, dans un communiqué, le
refus du Pentagone de fournir aux familles "des informations
sur l'état de santé des détenus"
en grève de la faim. "Les prisonniers protestent
contre le fait qu'ils sont détenus indéfiniment
depuis près de quatre ans et n'ont pas d'espoir
d'un jugement juste. (...) Cette grève de la faim
est certainement la protestation la plus dure qui se soit
produite à la base", a affirmé Gita
Gutierrez, une avocate travaillant pour le CCR. "Je
ne pense pas que nous aurons une idée du nombre
de prisonniers concernés tant que le Comité
international de la Croix-Rouge (CICR) ou une autre organisation
indépendante ne fera pas une évaluation",
estime-t-elle.
Mardi 13 septembre, les militaires de la prison évaluaient
le nombre de grévistes à 128, dont dix-huit
hospitalisés et nourris de force. Vendredi, un
responsable militaire sous le couvert de l'anonymat ramenait
ce chiffre à 103, mais avec vingt et un hospitalisés.
UN DÉFI POUR LES MILITAIRES AMÉRICAINS
Ce n'est pas la première grève de la faim
de prisonniers à Guantanamo. Plusieurs ont eu lieu
en 2002, selon le CCR. En juillet, une grève a
déjà eu lieu et les militaires avaient reconnu
qu'une cinquantaine de détenus avaient cessé
de s'alimenter. "Cette grève de la faim s'est
terminée parce que le ministère de la défense
a dit que la prison se conformerait à la convention
de Genève. Ensuite, il est revenu sur ses promesses
et c'est pour cela qu'une nouvelle grève a commencé
en août", affirme Mme Gutierrez. Elle doute
que, cette fois-ci, les grévistes s'arrêtent
facilement, d'après les informations qu'elle a
pu avoir des prisonniers. "Ils se sont arrêtés
à la fin juillet croyant que les militaires américains
négocieraient de bonne foi, mais le Pentagone a
rompu cette confiance et les prisonniers n'ont pas de
raison de le faire à nouveau", dit-elle.
Selon le quotidien américain The New York Times
de dimanche, cette grève de la faim désarçonne
les responsables militaires américains, et constitue
le plus sérieux défi qu'aient eu à
affronter jusqu'à maintenant les responsables du
centre de détention. Les responsables du camp sont
de plus en plus inquiets sur leur capacité à
contrôler la situation, affirme le quotidien, en
s'appuyant sur le témoignage de deux responsables
américains sous le couvert de l'anonymat.
A l'occasion du mouvement de grève de juillet,
les autorités de Guantanamo ont autorisé
la création d'un comité de six détenus
pour représenter les prisonniers. Mais le comité
a rapidement été dissous, d'après
le journal.
Actuellement, quelque 505 détenus, de trente-six
nationalités, sont toujours incarcérés
à Guantanamo. Ils ont été capturés,
pour la plupart, lors de l'offensive militaire américaine
de l'automne 2001 en Afghanistan.
Depuis son ouverture en janvier 2002, Guantanamo n'a cessé
de susciter la controverse, tant sur le maintien en détention
indéfinie d'individus non inculpés que sur
les conditions dans lesquelles ceux-ci sont incarcérés
et interrogés. Pour le gouvernement américain,
ce sont des "ennemis combattants" auxquels il
ne reconnaît pas le statut de prisonnier de guerre.
Seuls douze détenus ont été retenus
pour être jugés devant un tribunal militaire
d'exception, une procédure spéciale mise
au point par le Pentagone. Sur ces douze, seuls quatre
sont inculpés pour l'instant.
Source : le Monde, avec AFP et Reuters, 20 septembre 2005
Quand Guantanamo arrache son bâillon
et celui de la presse
par Maxime Vivas, Toulouse, 22 septembre. Courriel : vivas.maxime@wanadoo.fr
D’après l’agence Reuters, un quart
des détenus de la base militaire américaine
de Guantanamo, à Cuba, ont entamé une grève
de la faim pour protester contre le caractère illimité
de leur détention. Dix-huit ont dû être
hospitalisés dans la prison du Camp Delta. Treize
sont alimentés par voie nasale et cinq le sont
par intraveineuse.
Selon le Centre pour les droits constitutionnels (CCR)
dont les avocats représentent des dizaines de détenus,
ce sont 210 prisonniers qui observent la grève
de la faim.
Certains ont arrêté de s'alimenter depuis
le 8 août et neuf d'entre eux ont été
hospitalisés mais sont dans un état stable,
a déclaré le colonel Brad Blackner à
l'Associated Press.
Les autorités militaires de la base américaine
parlent de 76 détenus en grève de la faim,
tout en assurant qu'ils sont traités « aussi
bien que possible » (Hum !). Dans un communiqué,
le CCR dénonce la réticence du Pentagone
à autoriser les avocats à rencontrer ces
détenus et le silence obstiné du ministère
américain de la Défense sur la grève
de la faim
Les prisonniers ont pris cette décision parce que
ce ministère est revenu sur ses promesses de mettre
le camp de détention en conformité avec
les normes de la Convention de Genève. Les grévistes
de la faim, dont certains sont détenus depuis plus
de trois ans et demi, réclament aussi d'être
jugés ou libérés. En effet, «
Depuis janvier 2002 [date de l'ouverture du centre de
détention], le Pentagone a refusé aux prisonniers
l'accès aux tribunaux ou aux avocats pour éviter
d'avoir à justifier les fondements de leur incarcération
», dénonce l'avocat Gitanjali Gutierrez.
Le camp de Guantanamo compte près de 600 détenus
de 43 nationalités, capturés pour la plupart
lors de la guerre en Afghanistan (quelques-uns étaient
alors mineurs). Certains sont détenus depuis l'ouverture
de la prison, en janvier 2002. Seuls quatre ont été
inculpés. Aucun n'a été jugé.
Des avocats de détenus ont soutenu la semaine dernière
devant une cour d'appel qu'ils devraient avoir le droit
de prouver qu'ils ont injustement été qualifiés
de « combattants ennemis » et que leur détention
est illégale. La cour d'appel rendra son jugement
l'année prochaine, et celui-ci sera ensuite porté
devant la Cour suprême.
Le Pentagone affirme que 246 détenus de Guantanamo
ont été renvoyés chez eux depuis
l'ouverture de cette prison.
Dans une note datée de 1er août 2005 Amnesty
International rendait compte ainsi d’une première
grève de la faim : « Le mouvement, qui a
débuté aux alentours du 7 juillet et concerne
un nombre inconnu de détenus, vise à protester
contre les conditions de détention : au secret,
sans aide médicale convenable, et avec diverses
atteintes à la religion, telles que annonces au
haut-parleur pendant l'appel à la prière,
sans parler de la profanation présumée du
Coran. L'un des détenus aurait expliqué
son attitude par ces mots, à l'attention des autorités
américaines : « Que l'on nous traite comme
des êtres humains, ou que l'on nous laisse mourir
en paix ».
La grève de la faim paraît avoir débuté
à Camp V où les conditions de détention
s'apparentent à celles des prisons américaines
de haute sécurité, en cellule individuelle,
éclairées en permanence, et ventilées
par de grands ventilateurs dont le bruit empêche
les détenus de communiquer entre eux. »
Grâce au côté spectaculaire et médiatique
de la grève de la faim (surtout aussi massive),
tous les organes de presse nous parlent enfin aujourd’hui
en première page de l’enfer de cette prison
militaire. Le grand public découvre ainsi que des
malheureux sont encagés sans procès. Pourtant,
dès janvier 2004, un article paru dans Le Monde
Diplomatique (« Les droits humains bafoués,
Dans le trou noir de Guantanamo ») sous la plume
d’Augusta Conchiglia [http://www.monde-diplomatique.fr/2004/01/CONCHIGLIA/10996?var_recherche=conchiglia]
décrivait avec beaucoup de précision les
conditions de détention, rapportait des cas de
suicide et de grève de la faim. Mais à l’époque,
le reste de la « grande » (hum !) presse n’avait
pas repris les informations. Elle le fait plus de vingt
mois après les révélations d’Augusta
Conchiglia et presque quatre ans après l’ouverture
du camp. Entre temps, des innocents libérés
ont raconté leur calvaire (1).
Ici, nous venons d’exposer les faits que chacun
tient désormais pour vrais.
Reste donc à poser les questions qui en découlent
et dont on s’étonne qu’aucune ne soit
venue à nos éditorialistes en vue, parangons
de vertus démocratiques et détenteurs du
« monopole du cœur » :
1- Si un pays emprisonne sans jugement, soumet à
des mauvais traitements hors de toute législation,
peut-on le qualifier de « plus grande démocratie
du monde » ? Peut-on s’exclamer : «
Nous sommes tous Américains ! » comme le
fit le Monde au lendemain du 11 septembre 2001 ? Et si
non, depuis quand refusons-nous cette naturalisation et
pourquoi ?
2- Si, au fil des ans, des détenus (brisés)
sont libérés (246, selon le Pentagone) car
déclarés innocents, pour quelle raison aucune
instance internationale (aucune) ne porte plainte contre
leurs ravisseurs et bourreaux ? Qui indemnisera les victimes
et selon quels barèmes ?
3- Un pays qui enlève des innocents par centaines,
à des milliers de kilomètres de chez lui,
qui les maltraite dans une base militaire occupée
par la force dans un pays tiers et qui se soustrait ainsi
aux Conventions de Genève et à toute espèce
de législation, nationale ou internationale est-il
un pays terroriste ?
4- Quel organisme serait à même de mener
une enquête indépendante sur ce qui se passe
à Guantanamo et dans d’autres prisons de
l’US Army ? Aucun ? Ne serait-il pas temps alors
de constater que l’empire applique impunément
la loi du plus fort au mépris de toute morale et
que, par conséquent, il importe de passer de l’allégeance
frileuse à la résistance ?
5- Parmi les détenus, l’un d’eux au
moins aurait dû connaître une grande médiatisation
: il est journaliste. Or, on sait que la profession se
mobilise avec panache à la moindre prise d’otage.
Pourquoi le sort de Sami Al Haj, arrêté et
enlevé le 15 décembre 2001 alors qu’il
était en reportage en Afghanistan, est-il ignoré
du grand public ? Parce qu’il est Soudanais ? Parce
qu’il travaillait pour une télévision
arabe (Al Jazeera) ? Parce qu’il est l’otage,
non pas des arabes mais des Américains ?
Pourquoi, Reporters Sans Frontières qui s’est
« indignée » de son arrestation il
y a quatre ans a-t-elle fini par l’oublier (il ne
figure pas dans son rapport annuel 2005).(2) Pourquoi
cette organisation qui dispose d’un budget considérable,
de correspondants aux USA, qui s’est dotée
d’un service chargé de poursuivre les tortionnaires
des journalistes, ne lance-t-elle pas une grande campagne
de presse pour la libération de Sami Al Haj avec
un dépôt de plainte à la clé
? Pourquoi RSF qui, contrairement aux autres ONG (et en
particulier Amnesty International) bénéficie
d’un côte d’amour maximale (et peu discrète)
aux States n’envoie-t-elle pas son Secrétaire
général Robert Ménard à Guantanamo.
Il connaît Cuba pour s’y être déjà
rendu afin de recruter avec des ruses d’un James
Bond un « journaliste indépendant »
qui s’avéra être un agent de la sécurité
cubaine (Ménard, apprenant bien plus tard la supercherie,
comprit alors pourquoi, le bougre, malgré l’octroi
de deux fois la paie d’un ministre cubain, refusait
obstinément de traiter Fidel Castro d’assassin
dans ses articles bidouillés).
Donc, l’idée serait la suivante : Ménard
arrive devant Guantanamo, s’enchaîne aux grilles
comme il le fit naguère à celles de l’ambassade
de Cuba à Paris, dénonce, devant les journalistes
accourus du monde entier « le goulag tropical yankee,
zone de non droit et de torture » et il refuse de
repartir sans Sami Al Haj. Les militaires US ne peuvent
pas lui tirer dessus (pas sur lui, voyons, pas sur lui
!) et Bush est obligé de promettre l’examen
du cas Al Haj. Dès lors, Ménard déclare
qu’il est « fou de joie » et il repart
en faisant une escale à La Havane pour recruter,
la nuit, dans un square, un « journaliste indépendant
» qui, moyennant 100 dollars par mois, un ordinateur
portable et un passe pour l’accès permanent
à la Mission (équivalent d’une Ambassade)
des USA accepte de soumettre au Chargé de Mission
US (ambassadeur) ses articles, lesquels sont des pamphlets
terribles contre Cuba, sa « dictature » et
la terreur ambiante. Mais cette action étant secrète,
le monde entier retiendra du voyage de Ménard que
RSF confesse une évidence : le terrible camp de
concentration des Caraïbes, lieu de souffrances sans
nom, n’est pas l’île castriste, mais
la portion de son territoire qui lui a été
volé (on vit mieux et plus longtemps tout autour).
L’avantage de ce scénario grandguignolesque
est que Robert Ménard ferait la démonstration
tant attendue qu’il n’hésite pas à
se dresser contre le pays qui a tué le plus de
journalistes ces dernières années, il prouverait
son indépendance et, s’il perdait alors pour
2006 les subventions de l’Oncle Sam, il peut espérer
que l’Union Européenne qui lui a coupé
les crédits en 2005 reconsidèrera sa position.
Ainsi ravalé de la façade, RSF pourrait
recommencer à taper de plus belle sur la presse
pauvre des pays pauvres à l’exclusion de
tout autre, avec une prédilection pour ceux dont
Bush veut la peau et avec la complicité active
de la presse riche des pays riches(3).
Ce noble dessein obligerait momentanément RSF à
renoncer à prioriser Cuba dans ses campagnes idéologiques,
le temps de faire oublier son lourdingue acharnement passé.
Mais il ne s’agirait là que d’un entracte,
pause par laquelle les pitres reconstituent leurs forces
au Grand Théâtre des Médias.
Notes :
(1) Sur les enlèvements de suspects dans les pays
envahis et dans d’autres (y compris en Europe),
sur les conditions de détention à Guantanamo,
à Abou Grhraib et dans d’autres prisons «
externalisées », sur le sort des prisonniers
français et l’inertie de notre classe politique,
sur la sous-traitance de la torture dans des zones de
non-droit, voir « Les Etats-Unis De mal empire »
de Danielle Bleitrach, Viktor Dedaj, Maxime Vivas, aux
éditions ADEN, septembre 2005.
(2) Pour la journaliste US Diana Barahona qui a révélé,
preuves à l’appui, que RSF est financé
par des organisations états-uniennes liées
à la CIA « non seulement Al-Haj a physiquement
disparu, mais a aussi disparu toute référence
à lui sur le site internet de RSF, où il
n’est mentionné qu’une seule fois depuis
un communiqué sur Al-jazeera du 27 janvier. Par
contraste, RSF lance régulièrement de grandes
campagnes pour les journalistes européens enlevés
par la résistance Irakienne. »
(3) « On trouvait des journalistes pour moins cher
qu’une bonne call-girl, pour deux cents dollars
par mois. » Un agent de la CIA, sur le recours aux
journalistes pour propager des articles de la CIA. Katherine
The Great, de Deborah Davis, Sheridan Square Press, 1991.
Cité dans “Les Etats-Unis De mal empire”ouvrage
où est également analysée la complicité
de notre presse avec les exactions des USA.
La chienne d'Abou Ghraïb
va passer quelques années en prison
La soldate US Lynndie England, au centre du scandale de
la prison iraquienne d'Abou Ghraib en 2003, a été
reconnue coupable lundi par la cour martiale de Fort Hood
(Texas) de six chefs d'accusations sur sept pour mauvais
traitements sur des Iraquiens.
La photo de la jeune femme, 22 ans, souriant devant un
prisonnier irakien nu et tenu en laisse, qui a fait le
tour du monde, est devenue le symbole du scandale des
sévices commis par des soldats américains
sur des détenus irakiens dans cette prison près
de Bagdad.
Le jury composé de cinq officiers a estimé
en revanche qu'elle n'était pas coupable de complot
pour sévices dans le cas de ce prisonnier tenu
en laisse. Lynndie England, qui est restée silencieuse
lors du verdict, encourt une peine allant jusqu'à
10 ans de prison. Aucune date n'a été précisée
pour l'annonce de la sentence.
Ses avocats ont souligné que la "personnalité
servile" de l'accusée l'avait conduite à
suivre les instructions du charismatique Charles Graner,
à l'époque son amant et le père de
son enfant, qui purge actuellement une peine de dix ans
de prison pour les mêmes faits et a entretemps changé
de maîtresse. L'accusation a au contraire assuré
que la jeune femme s'était amusée en écrasant
les doigts de pieds des prisonniers nus, contraints de
former une pyramide, et en posant pour les photos en désignant
les parties génitales des détenus encagoulés.
Elle a aussi soutenu que tous les soldats US sont suffisamment
entraînés pour savoir que les abus physiques
et mentaux sur les prisonniers étaient interdits
par la loi. Lynndie England a été reconnue
coupable de quatre chefs d'accusation pour cruauté
et mauvais traitements et d'un chef d'accusation pour
avoir commis un acte indécent. Le jury militaire
l'a également reconnue coupable de complot avec
quatre autres soldats pour sévices sur prisonniers,
en les déshabillant et en les forçant à
former une pyramide humaine.
En mai, le président de la cour martiale avait
suspendu son premier procès pour vice de procédure
après le témoignage de Charles Graner, qui
avait contredit l'aveu de culpabilité de Lynndie
England en laissant entendre qu'il avait donné
l'ordre à la jeune femme de tenir un détenu
en laisse. Lynndie England est le neuvième et dernier
soldat inculpé dans le scandale d'Abou Ghraib.
Les peines des huits autres soldats étaient allées
de la radiation de l'armée à dix ans de
prison. Aucun officier n'a été jugé,
même si l'ancien commandant de la prison, la générale
Janis Karpinski, et le colonel Thomas Pappas ont été
sanctionnés dans le cadre de procédures
extra-judiciaires.
La décision de la cour martiale de Fort Hood intervient
alors que l'armée US a été accusée
de nouveau de mauvais traitements en Iraq dans un rapport
de Hurman Rights Watch publié samedi et basé
sur des témoignages de militaires. Dans ce rapport
intitulé "Manquement du commandement: Témoignages
directs de torture de détenus iraquiens par la
82ème Division aéroportée",
deux sergents et un capitaine racontent les brimades quotidiennes
et les coups portés aux prisonniers de la base
Mercury, près de Falloujah.
L'armée de terre US a déjà mené
des enquêtes sur 400 allégations de sévices
contre des prisonniers, qui ont abouti à des mesures
prises contre 230 militaires, selon un porte-parole de
l'armée de Terre, Paul Boyce.
Source : AFP, 27 septembre 2005
Omar Khadr en grève de
la faim
Le jeune détenu canadien Omar Khadr, emprisonné
à guantanamo à l'âge de 15 ans et
aujourd'hui âgé de 18 ans, a mené
une grève de la faim en juillet à guantanamo,
où, selon ses avocats, il est devenu le leader
spirituel de son dortoir. D'après les avocats,
le jeune homme des dizaines d'autres détenus ont
été transférés à l'infirmerie
du camp, par mesure de précaution, après
qu'ils avaient déclenché une grève
de la faim pour protester contre les conditions de détention.
« Ils sont en train de nous détruire lentement
», a déclaré Omar à l'un de
ses avocats.
Source : The Globe & Mail, 1er septembre 2005
À Toronto, Hassan Almrei
interrompt sa grève de la faim au 73ème
jour
Le réfugié syrien Hassan Almrei, détenu
au secret en application d'un "certificat de sécurité"
des services de renseignement canadiens, a interrompu
le samedi 3 septembre la grève de la faim qu'il
menait depuis 73 jours dans la prison Metro West Detention
Centre de Toronto. La nouvelle a été annoncée
par un ami qui lui avait rendu visite dans la prison à
300 manifestants massés devant l'entrée
de l'établissement. Hassan a donné comme
raison de son interruption l'espoir qu'a suscité
en lui la mobilisation de nombreuses personnes et organisations
en sa faveur à travers tout le Canada.
Source : http://www.zerra.net, 3 septembre 2005
75 ans de prison pour le Cheikh
yéménite Al Mouayed et 45 ans pour son assistant
Le Cheikh yéménite Mohamed Ali Hassan Al
Mouayed, 56 ans, a été condamné en
juillet par un tribunal fédéral de Brooklyn
à 75 ans de prison et à 1,25 million de
$ d'amendes. Son assistant Mohammed Mohsen Yahya Zayed,
32 ans, vient d'être condamné par le même
tribunal 45 ans de prison et à 750 000 $ d'amende.
Les deux hommes ont été condamnés
pour conspiration en vue d'aider Al Qaïda et le Hamas.
Ils avaient été piégés par
une équipe du FBI se faisant passer pour des convertis
à l'Islam désireux d'apporter un soutien
financier au Hamas palestinien. L'équipe les avait
invités dans un hôtel de Francfort en janvier
2003 et les avait filmés à leur insu, après
quoi ils avaient été littéralement
kidnappés et emmenés de force aux USA. Les
preuves sur lesquels le tribunal s'est appuyé sont
les enregistrements vidéo des conversations dans
une chambre d'hôtel à Francfort et aussi
sur les "informations" fournies par un informateur
du FBI, Mohamed Alanssi, qui a tenté de s'immoler
par le feu devant la Maison blanche en novembre 2004 pour
dénoncer les mauvais traitements auxquels il avait
été soumis par le FBI.
L'avocat du Cheikh a comparé toute cette affaire
à un mauvais téléfilm.
Source : Reuters, 2 septembre 2005
Airat Vakhitov et
Rustam Akhmyarov remis en liberté
Arrêtés à Moscou le 27 août et
transférés dans une prison du Tatarstan, Airat
Vakhitov et Rustam Akhmyarov , deux anciens détenus
russes de guantanamo, ont été remis en liberté
vendredi 2 septembre, a annoncé l'adjoint du procureur
de Kazan Ildar Mukhametzyanov.
Source : Interfax, 2 septembre 2005
De nombreux détenus de guantanamo
en grève de la faim
Au moins 210 détenus de Guantanamo, selon des avocats,
et 76 détenus selon les militaires américains,
étaient en grève de la faim jeudi pour protester
contre leur détention illimitée, apparemment
engagés dans un bras de fer désespéré
depuis plus d'un mois.
Le 21 juillet, les militaires de la base navale avaient
déjà été forcés de reconnaître
qu'une cinquantaine de détenus avaient cessé
de s'alimenter, après les révélations
du Centre pour les droits constitutionnels (CCR) dont les
avocats défendent plusieurs dizaines de détenus.
A cette époque, un Afghan récemment libéré
du camp de détention avait affirmé qu'en réalité
105 prisonniers étaient grévistes depuis deux
semaines. Les dates et les durées des grèves
de la faim sont difficiles à recouper, les autorités
militaires affirmant ne pas pouvoir donner d'informations
précises à ce sujet. "Le nombre (de grévistes)
change tous les jours", assure une porte-parole militaire,
qui s'est refusée à indiquer depuis quand
la majorité des 76 décomptés jeudi
avaient commencé à refuser toute nourriture.
"Ils sont traités aussi bien que possible",
a-t-elle ajouté, sans autre précision.
En juillet, un autre porte-parole avait précisé
que les grévistes étaient traités avec
des perfusions et par voie orale afin de s'assurer qu'ils
étaient suffisamment hydratés. Le CCR dénonce
la réticence du Pentagone à autoriser leurs
avocats à rencontrer ces détenus et le silence
obstiné du ministère américain de la
Défense sur les grèves de la faim, dans un
communiqué jeudi. "Depuis janvier 2002 (l'ouverture
du centre de détention), le Pentagone a refusé
aux prisonniers l'accès aux tribunaux ou aux avocats
pour éviter d'avoir à justifier les fondements
de leur incarcération", estime l'avocat Gitanjali
Gutierrez.
"Cette politique a mené des détenus à
faire la grève jusqu'à mourir ou alors se
voir reconnaître le droit à une audience équitable
et à un traitement humain", ajoute-t-il. Actuellement,
quelque 505 détenus, de 36 nationalités, sont
toujours incarcérés sur la base. Et le Pentagone
ne se cache plus de vouloir transférer un maximum
d'entre eux vers leurs pays d'origine pour que ces derniers
partagent le "fardeau".
Washington et Kaboul ont ainsi conclu un accord pour un
transfert progressif de la bonne centaine de détenus
afghans. Les Etats-Unis poursuivent par ailleurs leurs négociations
avec une dizaine de pays dont l'Arabie Saoudite (plus de
cent détenus) mais aussi le Bahreïn, l'Egypte,
le Koweït ou le Maroc. Seuls douze détenus ont
été retenus pour être jugés devant
un tribunal militaire d'exception, une procédure
mise au point par le Pentagone expressément pour
les juger et qui est dénoncée comme inique
par de nombreux juristes et avocats militaires.
Sur ces douze, seuls quatre sont inculpés à
ce jour. Les procès des deux premiers, le Yéménite
Salim Ahmed Hamdan, ancien chauffeur d'Oussama ben Laden,
et le "taliban australien" David Hicks, pourraient
commencer dès fin septembre. Le Pentagone a annoncé
mercredi quelques modifications dans le fonctionnement des
tribunaux d'exception, que des juristes ont immédiatement
dénoncé comme "insignifiants" ou
"purement cosmétiques". L'avocat militaire
Michael Mori, commis d'office pour défendre M. Hicks,
a estimé que ces légers changements démontraient
"que les contrôleurs du système peuvent
changer et changeront les règles quand bon leur semble,
dans leur intérêt, sans se soucier d'établir
un système judiciaire équitable".
Source : AFP, 2 septembre 2005
Changements
cosmétiques pour les commissions militaires
Les commissions
militaires qui ont examiné le statut de l’ensemble
des détenus de guantanamo et décidé
du maintien de la plupart d’entre eux en détention
ont été très critiquées aux
USA et ailleurs. Le Pentagone vient donc d’annoncer
des changements qui ne changent rien au fond : l’accès
à un jugement équitable est toujours dénié
aux détenus. Principaux changements : un officier
présidera les commissions et fera office de juge,
tandis que les autres membres de la commission feront office
de jury. Mais les preuves pourront toujours être gardées
secrètes et le détenu “jugé”
pourra être tenu à l’écart de
l’audience pour des raisons de “sécurité”.
Cette nouvelle tentative du Pentagone de contourner la décision
de la Cour suprême, selon laquelle les détenus
avaient le droit de remettre leur détention en cause
devant une juridiction ordinaire, a été critiquée
par le Centre pour les droits constitutionnels de New York
et l’organisation Human Rights Watch.
Source : BBC News et HRW, 1er septembre 2005
Libérez-les tous !
Rendez-leur les droits qui leur reviennent. Immédiatement
!
par l’Association des Victimes des Prisons de l’Occupation
US, Bagdad 29 août 2005.
Des résistants irakiens, prisonniers à Abou
Grahib, se sont constitués en groupe organisé
et ont profité de libérations massives pour
faire sortir un communiqué de la prison. La représentativité
de ce groupe est attestée par les détenus
libérés. Nous reproduisons ici l’intégralité
de leur lettre qui témoigne de leur vie et de leurs
combats.
Les forces d’occupation en Irak ont annoncé
il y a deux jours la libération d’un millier
de détenus irakiens se trouvant dans leurs geôles.
Dans ce contexte, nous tenons à clarifier les points
suivants :
1. Plusieurs déclarations de porte-parole gouvernementaux
irakiens ont indiqué que le gouvernement irakien
lui-même avait demandé aux forces d’occupation
de libérer ces détenus, alors que le porte-parole
US assurait ne rien savoir à ce sujet et que ces
prisonniers étaient libérés parce qu’ils
n’étaient pas inculpés.
À ce propos, notre association s’interroge
:
Si le gouvernement irakien se démarque des forces
d’occupation, comme il l’a prétendu,
alors pourquoi avoir attendu pour demander la libération
des détenus ? Et pourquoi ne le demander que pour
un nombre limité de prisonniers ?
Si les détenus libérés n’étaient
pas inculpés, et qu’ils ne seront pas jugés,
alors qui répondra de leurs droits quant aux dommages
physiques et psychologiques causés par leur détention
?
Certains ont affirmé que les libérations étaient
le fruit de négociations pour l’intégration
de partis donnés dans le processus politique, ce
qui ferait des libérations un vulgaire et inadmissible
troc des droits des détenus, une violation scandaleuse
des droits humains s’ajoutant aux nombreuses autres
commises en Irak.
Concernant les détenus irakiens aux mains des forces
de sécurité irakiennes, notre association
en a dénombré plus d’un millier dans
une période allant de 24 heures à deux jours
avant la libération ! N’était-il pas
souhaitable pour le gouvernement de libérer des milliers
de ses propres prisonniers ? De même n’était-il
pas souhaitable d’enquêter sur les graves violations
contre les détenus commises par les milices des partis
qui endossent l’uniforme de la police et de l’armée,
supervisées et soutenues par le gouvernement et les
forces d’occupation ?
Les forces de sécurité irakiennes lancent
des vagues d’arrestations particulièrement
dirigées contre les détenus libérés
des prisons de l’occupation états-unienne.
Le gouvernement va-t-il garantir la sécurité
de ceux qui sont libérés ?
2. Le secrétaire général de l’ONU,
M. Kofi Annan, a déclaré que la détention
d’Irakiens par les forces US en Irak n’était
pas légale. Ainsi, notre association demande la libération
immédiate de tous les détenus et prisonniers
ainsi que la constitution d’une commission d’enquête
pour leur réinsertion et les dédommagements
physiques et psychologiques les concernant.
3. Le crédit pour la libération des détenus
va à leur comportement héroïque, le rôle
national et le comportement digne des pouvoirs nationaux
irakiens qui ont refusé l’occupation, ainsi
que de la société civile irakienne qui a dévoilé
les actes inhumains des occupants et qui poursuit ses action
là où les membres des organisations et les
pouvoirs nationaux sont poursuivis, détenus et tués
par les forces d’occupation et leurs sympathisants.
Il est certain que le rôle joué par les organisations
civiles irakiennes de défense des droits humains
qui se sont abstenues de servir les occupants et leurs sympathisants
a permis de faire entendre les voix des héros prisonniers
à tous les peuples du monde, de même toutes
les ONG qui ont exercé une pression sur l’occupant,
lui faisant libérer mille détenus. Mais ces
mille prisonniers ne sont qu’une goutte d’eau
dans l’océan d’injustice en Irak. Au
même moment et avec l’aval du gouvernement,
les forces d’occupation ont commencé à
organiser une opération de transfert des détenus
depuis leurs prisons jusqu’aux prisons des milices
d’Irak qui travaillent avec les occupants et les servent.
En effet les camps de détention avaient été
placés jusqu’ici sous l’autorité
exclusive des États-uniens, ce qui leur a valu beaucoup
de scandales et d’embarras.
Ainsi, notre association demande à l’ONU et
aux organisations civiles de défendre les droits
des personnes qui ont été exhibées
sur la chaîne satellite Al-Iraqia pour les blessures
et humiliations qu’elles ont subies ainsi que leurs
familles.
NOTE IMPORTANTE :
La justice dans les mains du terrorisme ou le terrorisme
dans les mains de la justice ?
Qui est le dénommé « Laith Kubba »,
le porte-parole du gouvernement d’occupation qui a
déclaré, tardivement lors d’une conférence
de presse qui s’est tenue à Bagdad le 28 août
2005, dans une dernière tentative de gagner la confiance
du peuple irakien qui refuse l’occupation et son gouvernement
:
« Ce que la chaîne irakienne par satellite montre
dans le programme Terrorism in the grip of Justice [2] n’est
pas vrai et c’est même presque de la fiction
quelque fois. » Il a ajouté : « Les enquêtes
auprès des détenus relèvent presque
du théâtre, elles ont pris un aspect sectaire
ces derniers jours parce que tous les détenus montrés
à l’écran sont des sunnites. ».
Nous pensons que ce programme devrait s’appeler «
La justice dans les mains du terrorisme ».
Alors nous demandons à M Kubba : « Que vont
devenir les trois Irakiens qui ont été condamnés
à l’exécution dans le gouvernorat de
Wasit après avoir confessé sous la menace
sur la chaîne Al-Iraqia des crimes qu’ils n’avaient
pas commis ? »
Association des Victimes des Prisons de l’Occupation
États-unienne
Fondateur et coordinateur : Haj Ali
Notes :
[1] Les forces d’occupation diffusent à travers
la chaîne de télévision qu’ils
contrôlent, Al-Iraqia, une émission de jugement
en direct des résistants et d’anciens baasistes.
Ces procès publics ont pour but d’impressionner
la population. NdlR.
[2] Les forces d’occupation diffusent à travers
la chaîne de télévision qu’ils
contrôlent, Al-Iraqia, une émission de jugement
en direct des résistants et d’anciens baasistes.
Ces procès publics ont pour but d’impressionner
la population. NdlR.
Source : www.voltairenet.org, 31 août 2005
Nouvelle grève de la faim
à guantanamo
200 détenus de guantanamo avaient mené une
grève de la faim pour protester contre les conditions
d’incarcération en juillet et y avaient mis
un terme le 28 juillet, près avoir obtenu des assurances
de la direction du camp sur de meilleures conditions et
la promesse qu’ils seraient jugés. 89 d’entre
eux ont repris une grève de la faim le 8 août
pour protester contre de nouvelles violences à l’égard
de détenus et à une nouvelle profanation du
Coran par des gardiens. On ignore pour l’instant combien
de temps cette nouvelle grève a duré. Ce qui
est sûr, c’est que les otages de guantanamo
se battent avec acharnement pour obtenir la reconnaissance
de leurs droits légitimes.
Source : Boston Globe, 26 août 2005
Deux anciens détenus russes
de guantanamo détenus au Tatarstan
Airat Vakhitov et Rustam Akhmyarov, deux anciens détenus
russes libérés de guantanamo, ont été
arrêtés samedi 27 août à Moscou
et trasnférés dans la prison de Naberejnye
Chelny, au Tatarstan. Selon Geidar Jemal, chef du Comité
islamique de Russie, qui a donné cette information,
les deux hommes feraient l’objet d’une enquête
pour des attentats terroristes non spécifiés.
Vakhitov avait été imam d’une mosquée
tatare. À Londres, Amnesty International s’est
dite inquiète sur le sort des deux hommes.
Source : AP, 30 août 2005
Un juge fédéral ordonne
au Pentagone de demander aux détenus de guantanamo
s’ils veulent être identifiés publiquement
AGissant sur plainte de l’agence Associated Press,
un juge fédéral de New York a ordonné
au département de la défense de demander à
chacun des détenus de guantanamo s’iils souhaitent
que leur identité soit rendue publique. AP avait
porté plainte en avril dernier, après que
le pentagone lui eut transmis les documents des sessions
des commissions militaires qui ont examiné le statut
de tous les détenus, mais en effaçant leurs
identités. Le juge a décidé de formuler
le questionnaire que le Pentagone devra soumettre à
chaque détenu le 12 septembre et que les résultats
du questionnaire devront lui être transmis le 7 octobre.
On va donc enfin connaître les identités des
détenus de guantanamo, qui sont pour l’instant
gardées secrètes dans leur grande majorité.
Source : AP, 30 août 2005
Guantanamo, un camp de concentration
made in USA
par Paolo Gilardi, La Brèche, 2 septembre 2005 http://www.labreche.ch/
Ouvert en avril 2002 mais fonctionnant depuis l’automne
précédent, le camp Delta, le camp de concentration
de Guantanamo ne cesse de susciter les rapports et les dénonciations,
notamment aux États-Unis. C’est ainsi que le
25 mai dernier, Amnesty International le qualifiait de «
goulag de notre temps » (Chicago Tribune, 26.05.05).
Pourtant, l’administration Bush demeure inflexible,
confortée en cela par un arrêté de la
Cour suprême du 28 juin 2004 qui accorde un statut
légal à Camp Delta : celui, très officiel,
de « camp de concentration ».
Nécessité militaire
C’est au nom de la « nécessité
militaire » que l’ancien « Camp X-Ray
», un camp temporaire de détention, a été
transformé, le 29 avril 2002 en centre permanent
de détention et d’interrogatoires des dits
« combattants illégaux ». Y ont été
internés, sans mandat aucun, quelques 660 détenus
provenant de plus de 40 pays. Moins d’une centaine
ont été libérés depuis janvier
2004.
Les deux notions, celle de « nécessité
militaire » et celle de « combattants illégaux
» ont leur importance. C’est en effet en vertu
d’une prétendue « nécessité
militaire » -qu’il est seul autorisé
à apprécier - que le gouvernement des États-Unis
peut suspendre, voire supprimer, un certain nombre de garanties
constitutionnelles. C’est en vertu de cette notion
que quelques 120’000 japonais d’origine habitant
la côte Ouest des États-Unis furent internés
dans des camps de concentration après l’attaque
de Pearl Harbor en décembre 1941 (voir ci-contre).
Quant à la définition de « combattants
illégaux », une notion juridique inconnue dans
le droit international, elle permet de contourner les conventions
de la Haie de 1907 définissant la notion de «
belligérant » et celles et de Genève
de 1947, notamment la troisième qui définit
les droits et les protections dont doivent bénéficier
les prisonniers de guerre. En clair, cela prive les détenus
des protections contre les mauvais traitements et la torture.
Arguant que l’_expression « guerre contre le
terrorisme » ne serait qu’une formule rhétorique
pour présenter, par l’emprunt au langage militaire,
un ensemble d’opérations de sécurité,
le 28 juin de l’année passée, la Cour
suprême absolvait l’administration du crime
de non respect des conventions internationales.
Quant à l’estime dans laquelle cette même
administration tient ces conventions, il suffit d’écouter
ses principaux porte-parole. En visite à la tristement
célèbre prison d’Abou Ghraïb en
mai 2004, le secrétaire à la défense,
D. Rumsfeld, ne déclarait-il pas aux troupes que
« les conventions de Genève ne constituent
que des règles de base », avant d’ajouter
« ou faut-il que Genève régente aussi
ce que vous avez à faire ce matin ? » (NBC
Today, 5.5.04).
Taliban ou al-quaediste ?
Dès lors, les détenus peuvent être
privés des droits les plus élémentaires
tel que celui d’être défendu par un avocat,
de connaître les raisons de la détention ou
encore d’être jugé, sans parler des conditions
élémentaires de la dignité humaine.
Alors que le même Rumsfeld prétend «
qu’aucune protection accordée par les Conventions
de Genève ne peut leur [aux internés du Camp
Delta] être garantie » (id.), le président
Bush s’empresse de rappeler que « ces gens détenus
à Guantanamo sont des tueurs. Ils ne défendent
pas les mêmes valeurs que nous » (20.3.03).
De son côté, Dick Cheney, le vice-président,
en rajoute : « n’oubliez pas, écrit-il,
que ces gens sont vraiment dangereux. Ils ont fait vœu
de tuer des millions d’américains » (cité
in Amnesty International, rapport 2003) !
Cependant, même sur ce terrain, les choses sont tout
sauf claires. D’une part, le commandement affirme
que les trois quarts des détenus seraient liés
au terrorisme: Talibans ou membres d’al-Quaeda. Le
son de cloche est différent dans les milieux du CICR.
Nombreux en effet sont ceux qui estiment, sous le couvert
de l’anonymat, que « moins d’un détenu
sur dix » aurait des liens plus ou moins avérés
avec les Talibans ou la mouvance islamiste.
Les témoignages récoltés par Tom Wilner,
avocat d’un des koweitiens relâchés,
expliquent peut-être ces appréciations divergentes.
L’un des prisonniers rencontrés par Wilner
raconte : « le soldat américain n’arrêtait
pas de me demander « t’es Taliban ou d’al-Quaeda
? t’es Taliban ou d’al-Quaeda ? » tout
en continuant à me frapper. A bout de forces j’ai
répondu, au hasard : « Taliban » (CBS
News, 7.02.05).
Impur devant son dieu
L’inhumanité des conditions de détention
est connue : les photos et reportages montrant les cages
recouvertes de tôle blanche dans lesquelles sont enfermés
les prisonniers sous un soleil de plomb ont fait le tour
du monde.
En novembre 2004, le New York Times publiait de larges extraits
d’un rapport confidentiel établi par le CICR
suite à la visite effectuée par ses inspecteurs
à Camp Delta en juin. Malgré les dénis
de l’administration Bush, on pouvait notamment y lire
en guise de conclusion que, « le fonctionnement [du
camp] ne peut être considéré (…)
que comme une pratique intentionnelle de traitements cruels
et dégradants, d’une forme de torture »
(NYT, 30.11.04).
D’après les rapports et les récits des
personnes relâchées, les injures, les humiliations,
les coups seraient monnaie courante. Il est cependant une
forme de torture particulièrement perverse qui vient
d’être mise à jour : l’humiliation
sexuelle.
Nombreux sont les témoignages de prisonniers relâchés
qui affirment avoir été obligés de
côtoyer des prostituées. Il n’est en
effet pas impossible que l’humiliation de ces hommes
se soit faite par ce moyen. Cependant, une autre interprétation
semble plus proche de la réalité.
La chaîne CBS a fait état (27.01.05) de multiples
cas d’interrogatoires sexuellement humiliants pour
des détenus musulmans. Ainsi, un ancien sergent interprète,
Erik R. Saar, raconte d’avoir assisté à
plusieurs interrogatoires de détenus masculins menés
par des femmes portant minijupe et tenues particulièrement
sexy.
Dans un cas, raconte-t-il, la femme officier avait interrogé
un détenu « au milieu de la nuit » dans
un bureau dans lequel « étaient suspendus à
des cintres accrochés derrière la porte un
soutien-gorge et un string. Lui posant une main sur la braguette
… elle avait alors fait des commentaires sur son apparente
érection ». Elle s’était par la
suite vantée de « l’avoir cassé
».
Une autre fois, un des prisonniers a été barbouillé
au visage par une femme soldat avec un liquide poisseux
et rougeâtre présenté comme «
le sang de ses règles ». En le raccompagnant
dans sa cellule, la soldate lui aurait souhaité «
de passer une agréable nuit (a fun night) sans une
goutte d’eau pour se laver ».
Ce type d’interrogatoire est conceptualisé
dans un rapport secret du Pentagone parvenu à l’agence
Associated Press, de la manière suivante: «
il faut donner au détenu le sentiment qu’il
est impur, donc dans l’impossibilité de se
présenter devant son dieu » (CBS News, 27.01.05).
Bush contre … Lincoln ?
La barbarie de ce qui se passe à Guantanamo est
évidente. Mais, Camp Delta n’est qu’un
des centres de détention de la guerre contre le terrorisme.
Au total, « les USA disposent d’une trentaine
de centres secrets de détention à travers
la planète avec plus de 12'000 prisonniers [gardés]
dans des conditions similaires à celles de Guantanamo»
(Al-Jazeera.net, 27.06.05).
Dans les faits, la contre-réforme conservatrice menée
par l’administration Bush est en train d’imposer,
par la force, par le fait accompli, de nouvelles règles
internationales non écrites.
Les Conventions de la Haie et de Genève avaient été
directement inspirées le code Lieber, qui fut la
première tentative de systématisation des
lois de la guerre. Édité en avril 1863, en
pleine guerre de sécession, et paraphé par
Lincoln, sous le titre officiel d’ « Ordre général
numéro 100 », le code rejetait la prééminence
de la « nécessité militaire »
sur la dignité humaine et proscrivait expressément
« toute forme de cruauté à l’égard
des prisonniers » (America Magazine, 01.08.05).
Ce texte avait fortement inspiré l’élaboration
ultérieure du droit. Aujourd’hui, cR |