Le 5 Jumazi el akhir 1426 - 12 juillet 2005 - Couriel : wb.qb@caramail.com

Libérez
Zakaria, otage du
terroriste Bush
depuis 4 ans

La galaxie guantanamo

 

AVEZ-VOUS ENTENDU PARLER DE GUANTANAMO ?
BIEN SÛR, DIREZ-VOUS. MAIS QU'EN SAVEZ-VOUS EXACTEMENT ?

 

Présentation de la Chronique de guantanamo, publiée par le Collectif guantanamo France


« Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé »

Article 9 de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme.

 

La CHRONIQUE DE GUANTANAMO est une "newsletter" électronique publiée par le Collectif guantanamo, lancée en février 2003. Depuis avril 2004, elle paraît 2 fois par mois, le 1er et le 15 du mois. Elle entre aujourd'hui dans sa troisième année. En 23 mois, nous avons constitué la plus importante base de données en langue française sur guantanamo, soit l'équivalent d'une dizaine de livres de 220 pages, accessible à tous ceux qui savent lire sur 2 sites web. Nous entendons continuer, élargir et approfondir ce travail. Mais cela ne sera pas possible sans vous.

Le 10 janvier 2005, cela fera 3 ans que 545 hommes de 40 pays sont détenus illégalement par les USA. 202 autres ont été libérés, dont une partie ont été emprisonnés dans leur pays. Exiger qu'ils soient libérés ou jugés équitablement nous semble naturel. Ce n'est pas l'avis de la Maison blanche et du Pentagone, qui ignorent depuis 6 mois un verdict de la Cour suprême US ordonnant que ces prisonniers aient la possibilité de remettre en cause leur détention devant une juridiction ordinaire.

Le Collectif guantanamo a été créé en France en février 2003. Cette association a pour but d'organiser une campagne mondiale d'information et de solidarité pour défendre les droits de toutes les personnes détenues par les USA comme "combattants ennemis illégaux" à Guantanamo, Bagram et ailleurs.

Son appel fondateur, "guantanamo : premier camp de concentration off shore de l'Empire !", peut être lu en 9 langues [ allemand, anglais, arabe, créole, danois, espagnol, français, russe, suédois ] en allant à : http://www.gwadaoka.org/guantanamo_appel_fr.htm

Son outil principal est le travail d'information. Le Collectif publie des informations sur la "galaxie guantanamo" à un rythme quasi-quotidien sur deux sites internet. Ces informations sont reprises et diffusées tous les 15 jours dans une lettre électronique appelée CHRONIQUE DE GUANTANAMO. Si vous voulez lire, puis vous abonner à cette CHRONIQUE , il suffit de nous envoyer un mail à collectif.guantanamo@gwadaoka.org

Cette Chronique contient donc toutes les informations publiées au jour le jour sur les sites http://quibla.net et http://www.gwadaoka.org/guantanamo.htm

 

POUR RECEVOIR CETTE CHRONIQUE LE 1er et LE 15 DE CHAQUE MOIS, ENVOYEZ UN MAIL INTITULÉ : "OUI, JE M'ABONNE !" À : collectif.guantanamo@gwadaoka.org. Signalez-nous si vous souhaitez apporter une contribution financière. Nous vous indiquerons coment procéder.

Nos v¦ux pour 2005 sont simples, clairs et nets : le Pentagone et la Maison blanche doivent libérer les 545 otages détenus illégalement sur la base yankee de guantanamo depuis le 10 janvier 2002. Ou au moins, ils doivent respecter la sentence émise en juin 2004 par la Cour suprême US, stipulant que les détenus ont le droit de remettre en cause leur détention devant une juridiction ordinaire. Le martyre des hommes enfermés dans le premier camp de concentration off shore de l'Empire, entrera le 10 janvier dans sa quatrième année. C'est une insulte à l'humanité. Pensez à eux !

Merci de votre attention
pour le Collectif guantanamo,
le président
Fausto Giudice
1er janvier 2005 /20 Dhul Qa'dah 1425

 

PS : NOTRE TRAVAIL ÉTANT TOTALEMENT BÉNÉVOLE, TOUTE CONTRIBUTION FINANCIÈRE VOLONTAIRE EST LA BIENVENUE. EN NOUS SIGNALANT VOTRE ABONNEMENT, INDIQUEZ-NOUS ÉVENTUELLEMENT SI VOUS SOUHAITER VERSER UNE CONTRIBUTION. NOUS VOUS INDIQUERONS ALORS COMMENT PROCÉDER. MERCI D'AVANCE.

-> Collectif guantanamo, 5 rue de Douai, F-75009 Paris - Tél. 00 33 (0)6 13 99 28 86,
Courriel : collectif.guantanamo@gwadaoka.org
Sites web : http://quibla.net et http://www.gwadaoka.org/guantanamo.htm

Deux détenus yéménites ont passé 18 mois dans des prisons secrètes US


Salah Nasser Salim Ali et Muhammad Faraj Ahmed Bashmilah, deux détenus yéménites interviewés dans leur prison du Yémen par Amnesty International fin juin ont raconté leur étrange aventure. Ali, arrêté en Indonésie en août 2003, a été transféré en Jordanie quelques jours plus tard. Bashmilah a été arrêté en Jordanie, où il rendait visite à sa mère, en octobre 2003. Les deux hommes ont déclaré avoir été torturés par des agents des services de renseignement jordaniens pendant 4 jours puis transférés par avion vers une destination inconnue au cours d'un vol durant plus de 4 heures. Ils ont ensuite été enfermés dans une prison souterraine, à l'isolement total, pendant 6 à 8 mois. Ils ont été interrogés chaque jour par des personnels US et soumis à une musique US assourdissante jour et nuit. Ensuite, ils ont été à nouveau transférés, au cours d'un vol qui a duré 3 heures, vers une prison moderne gérée par des personnels US, elle aussi, de toute apparence, souterraine. Les deux hommes ont été remis aux autorités yéménites contre la promesse qu'ils seraient maintenus en détention au Yémen. Aucune poursuite n'a été engagée contre eux. Répondant à ces révélations d'Amnesty International, un porte-parole du Département de la Défense a déclaré que les "manuels de formation d'Al Qaïda mettent l'accent sur la tactique consistant à faire des fausses allégations d'abus".
Source : AP, 4 août 2005

 

Mounir El Motassadeq condamné à 7 ans de prison


Le Marocain Mounir el Motassadeq a été condamné vendredi à 7 ans de prison pour appartenance à une organisation terroriste, a annoncé la Cour d'appel de Hambourg (nord) qui le jugeait pour son implication présumée dans les attentats du 11 septembre 2001.A l'issue de ce procès en révision, la Cour a également prononcé un mandat d'arrêt contre l'accusé qui comparaissait libre.
L'un de ses avocats a immédiatement annoncé que son client allait à nouveau porter l'affaire devant la Cour fédérale de justice pour une éventuelle révision du procès.
Dans ses attendus, la Cour d'appel a estimé qu'il n'y avait pas de preuve de l'implication directe de Motassadeq dans les attentats qui ont fait plus de 3.000 morts aux Etats-Unis.
L'accusé était, selon la Cour, d'un "calibre plus faible que (Mohammed) Atta", l'un des kamikazes du 11 septembre et leader de la "cellule de Hambourg" regroupant plusieurs terroristes présumés.
L'élément décisif est qu'"il n'a pas pris ses distances" avec certains des membres de cette cellule. Il était "plutôt un compagnon de route", selon elle.
Un autre élément important a été son séjour dans un camp d'entraînement d'Al-Qaïda en Afghanistan début 2000. Ces camps "ne sont pas des camps de touristes", a précisé le président de la Cour, jugeant "absurde" que Motassadeq ait prétendu vouloir y apprendre à nager et à tirer.
Cet étudiant en électronique de 31 ans avait été condamné en février 2003 à la peine maximale, soit 15 ans de réclusion criminelle, pour appartenance à une organisation terroriste et complicité de meurtre dans les attentats qui ont été revendiqués par le réseau terroriste Al-Qaïda.
Mais la Cour fédérale de justice avait cassé la décision l'an dernier et ordonné un nouveau procès en révision, en estimant que les droits de la défense n'avaient pas été pleinement respectés.
Vendredi la Cour n'a suivi que partiellement les réquisitions du Parquet qui s'était prononcé pour la peine maximale tandis que la défense avait réclamé un acquittement.
A l'énoncé du verdict, Motassadeq, qui s'est tu durant tout son procès, a réagi avec calme, semblant toutefois afficher une certaine surprise. Il s'est d'ailleurs tourné vers son interprète pour comprendre l'énoncé du jugement.
A plusieurs reprises, il a désapprouvé par un signe de tête certains commentaires du président de la Cour lors de la lecture du jugement, notamment sur la radicalisation de son épouse.
Le président a souligné que "la colère suscitée par les récents attentats de Londres ne devait pas compter" dans la décision du tribunal, de même que l'horreur des attentats du 11 septembre.
Il a en outre dénoncé "le trou noir" parce que les services de sécurité notamment américains "ont refusé de coopérer entièrement" dans cette affaire.
En cassant sa première condamnation, la Cour fédérale de justice avait notamment déploré l'absence de témoignages du cerveau présumé des attentats Ramzi bin Al-Shaiba, connu aussi sous le nom de Binalshibh, et du numéro trois présumé d'Al-Qaïda, Khaled Cheikh Mohammed, détenus au secret par les Etats-Unis.
Au cours du nouveau procès, Washington s'est finalement résolu à transmettre des résumés de leurs interrogatoires, dans lesquels ils affirment que l'accusé n'avait pas été membre de la cellule de Hambourg. Jugés peu fiables par le Parquet fédéral, ces témoignages de terroristes présumés, dont on ignore dans quelles conditions ils ont été obtenus, avaient au contraire été avancés par la défense comme un élément à décharge.
Le nouveau procès de Motassadeq avait débuté il y a plus d'un an, le 10 août 2004. 112 témoins ont été entendus durant les 65 jours d'audience.
A Berlin, le ministre de l'Intérieur, Otto Schily, a salué l'arrêt de la Cour. "Ce jugement est un signal clair de la fermeté de l'Etat de droit dans le combat contre le terrorisme", a-t-il dit dans un communiqué.
Source : AFP, 19 août 2005

 

Les derniers chiffres officiels sur guantanamo


Selon Pierre-Richard Prosper, ambassadeur itinérant US pour les crimes de guerre (sic) et Matthew Waxman, assistant adjoint pour les affaires de détenus du secrétaire d'État à la Défense, 510 hommes restent détenus à guantanamo, dont 100 Saoudiens et autant d'Afghans. Les autres détenus sont de 1 à 10 originaires de 36 pays. 242 détenus ont été transférés de guantanamo, dont 174 ont été remis en liberté et 68 incarcérés dans leur pays.
Source : Daily Times, 26 juillet 2005

 

Le "déshonneur" des psys américains


Le Docteur Michael Wilks, un éminent déontologue britannique, a dénoncé dans un article paru début août dans le journal médical The Lancet le rôle des psychologues et psychiatres américains qui servent de conseillers pour les interrogatoires de détenus à guantanamo. le fait que l'Association américaine des psychologues ne sanctionne pas de tels manquements à l'éthique médicale est un "déshonneur", estime le Dr Wilks.
Source : Chicago Sun Tribune, 5 août 2005

 

Pour une commission d'enquête indépendante sur guantanamo et Abou Ghraïb


Le sénateur démocrate du Michigan Carl Levin vient de déposer une proposition de loi, qui sera débattue en septembre, visant à établir une commission indépendante d'enquête sur les allégations de torture à Abou Ghraïb et guantanamo. de son côté, le sénateur républicain de Caroline du Sud Lindsey Graham a rejoint les signataires de l'appel bipartisan en faveur d'une telle commission.
La demande d'une commission d'enquête indépendante, lancée il y a plus d'un an par l'ONG Human Rights First, continue à faire des vagues. Ainsi, le commentateur Bill O'Reilly de Fox Television s'en est fait l'écho, tandis que Jon Stewart, de l'émission The Daily Show, s'en est pris au débat sur guantanamo du Comité judiciaire du Sénat, qui, a-t-il dit, ne fait que "patauger".
Source : Human Rights First

 

Une ex-engagée US parle de torture de prisonniers d'Iraq


Dans un ouvrage à paraître le 5 septembre, une ancienne engagée de la 101e division aéroportée de l'US Army affirme que la torture des prisonniers irakiens est loin de se limiter aux cas très médiatisés de la prison d'Abou Ghraïb.
Kayla Williams, 28 ans, raconte notamment comment des soldats de sa section ont brutalisé un Irakien nu qu'ils interrogeaient. Ils ont ensuite demandé à la soldate, arabophone, de mettre en doute les performances sexuelles de l'Irakien et de railler la taille de ses parties génitales.
"C'est une chose de se moquer de quelqu'un et de tenter de l'humilier. Avec des mots. Mais jeter des cigarettes allumées sur quelqu'un - comme pour le brûler -, c'est illégal", écrit Williams dans "J'aime mon fusil plus que toi: Jeune et femme dans l'armée américaine".
Williams, en poste à Mossoul fin 2003, explique qu'elle a choisi de ne plus participer aux interrogatoires mais que d'autres soldats lui ont expliqué que "les règles traditionnelles ne s'appliquaient plus parce qu'il s'agissait d'un monde différent, (...) d'un nouveau type de guerre".
Lors d'une interview, l'ancienne soldate a déclaré qu'elle ne savait pas si ces abus avaient été commis sur ordre des supérieurs des soldats, mais a estimé que l'état-major ne pouvait ignorer comment se déroulaient les interrogatoires.
Interrogée sur le scandale suscité par les photos de prisonniers d'Abou Ghraïb nus et humiliés, Williams a répondu: "Je n'ai pas été étonnée du tout de découvrir que c'était répandu. J'ai seulement été surprise de voir qu'ils avaient été assez stupides pour prendre des photos".
La jeune femme a quitté l'armée en juin dernier pour se fiancer à un soldat américain qu'elle a rencontré en Irak.
Le lieutenant-colonel Jeremy Martin, porte-parole de l'armée américaine sur la question des prisonniers, a refusé de commenter l'ouvrage de Kayla Williams mais a affirmé que "toutes les allégations crédibles de mauvais traitements faisaient l'objet d'une enquête approfondie".
Source : Reuters, 17 août 2005

 

Un ancien détenu russe de guantanamo enlevé en Kabardo-Balkarie


Rassoul Koudaïev, un ancien détenu de guantanamo, a été enlevé à son domicile de Nalchik, en Kabardo-Balkarie, le 16 août 2005. Geidar Jemal, président du Comité islamique russe, qui a donné cette information à la radio Échos de Moscou, a précisé que le commando des kidnappeurs était composé d'hommes masqués portant des tenues militaires de camouflage, selon la mère et la soeur de Koudaïev, présentes lors de l'enlèvement. « C'est un exemple d'enlèvements à la mode latino-américaine. Ils sont commis sans aucune sanction, ni mandat ni base légale, mais ils sont commis à l'instigation de structures officielles de sécurité. » Il y a quelques semaines, Natacha Khumadova a été enlevée de la même manière à Urus-Martan, en Tchétchénie. Natacha est la soeur de Doku Umarov, un des principaux commandants de la résistance tchétchène.
Source : MosNews, 16 août 2005

Les revendications des grévistes de la faim du Camp 5


Le Centre pour les droits consitutionnels de new York a pu obtenir des informations plus précises sur les revendications des 52 à 105 détenus du camp n° 5 de guantanamo, par le biais d’avocats qui ont pu rencontrer récemment des détenus. Ceux-ci leur ont donné la liste des 9 revendications qu’ils entendaient présenter à la direction du camp. Parmi ces revendications, les principales sont :
- respect pour l’islam, notamment fin des profanations de Corans et des discriminations religieuses;
- des procès équitables avec une véritable défense pour les accusés;
- une nourriture correcte et de l’eau propre;
- la possibilité de voir la lumière du jour (ils passent des mois sans voir le jour).
Source : BBC, 23 juillet 2005

 

Tout va bien à guantanamo


Faisant son rapport devant la Commission des forces armées du Congrès US, le général de brigade Jay Hood, qui dirige le camp de guantanamo a déclaré le 29 juin 2005 que les services de renseignement ont effectué 28 000 interrogatoires durant les 41 mois écoulés d’ouverture du camp de détention, ce qui donne une moyenne quotidienne de 21 interrogatoires pour les 1290 jours de détention. Hood comparaissait lors d’un hearing faisant suite à une visite du camp par 16 membres de la Commission les 25-26 juin. Selon Duncan Hunter, président républicain de californie de la Commission, tout va bien à guantanamo : les détenus sont bien nourris, bien soignés, vaccinés contre le tétanos et la grippe, dépistés pour le SIDA, la tuberculose, la malaria et l’hépatite, ils ont un Coran, ils ont des avocats (?), ils ne tentent plus de se suicider. Bref , « ce que nous avons vu, ce n’était pas ‘le goulag de notre époque’ », puisque la Croix-Rouge a le droit de visiter les détenus et que le camp a reçu la visite de plus de mille journalistes et de plus de 100 membres du congrès. De quoi se plaignent-ils donc, ces barbus ? Hunter : « Guantanamo restera en fonction...»
Source : The Independent, Bangladesh, 21 juillet 2005

 

Grève de la faim à guantanamo


Cinquante-deux détenus de guantanamo sont en grève de la faim pour protester contre leurs conditions d'incarcération, a-t-on appris, jeudi 21 juillet, de sources militaires US. Selon un Afghan récemment libéré de ce camp de détention, 105 prisonniers au total observeraient une grève de la faim depuis deux semaines.
Source : AFP, 22 juillet 2005

 

Le Pentagone pressé de juger une poignée de détenus


Le Pentagone va juger au plus vite une poignée de détenus de Guantanamo devant des tribunaux militaires d'exception, malgré les virulentes critiques de nombreux juristes qui continuent à dénoncer une parodie de justice.
Une cour d'appel fédérale a donné le feu vert au gouvernement américain le 15 juillet, en estimant que ces tribunaux étaient en mesure de juger des "ennemis combattants" auxquels le gouvernement ne reconnaît pas le statut de prisonnier de guerre.
Cette décision fera sans doute l'objet d'un appel devant la Cour Suprême, ont indiqué les avocats à l'AFP, mais le ministère US de la Défense n'a pas l'intention d'attendre la fin de ce feuilleton judiciaire.
Le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld a annoncé la tenue de procès "dès que possible", tandis que le Pentagone prévenait les médias de se tenir prêts à envoyer leurs journalistes à Guantanamo peut-être dès la fin de l'été.
En revanche, aucun des avocats de détenus n'a été prévenu de la reprise des procédures. "J'ai intérêt à lire la presse pour m'informer", regrette Neal Katyal, qui représente le chauffeur d'Oussama ben Laden, le Yéménite Salim Ahmed Hamdan.
"Ils ne nous ont rien dit, on attend", dit Michael Mori, l'avocat militaire commis d'office pour défendre le "taliban" australien David Hicks.
Sur la totalité des 510 détenus sur la base militaire de Guantanamo à Cuba, pour la plupart capturés lors de l'intervention américaine en Afghanistan fin 2001, une douzaine ont été désignés pour comparaître devant ces tribunaux baptisés "commissions militaires".
Des audiences préliminaires aux procès de quatre détenus, dont Hamdan et Hicks, s'étaient tenues en août 2004. La procédure avait été interrompue en novembre, quand un juge fédéral avait jugé "inconstitutionnels" les tribunaux d'exception. C'est cette décision que la cour d'appel a renversée mi-juillet.
Les avocats des détenus s'inquiètent de la hâte du Pentagone, qui pourrait leur laisser bien peu de temps pour préparer la défense de leurs clients. Et continuent à dénoncer, de concert avec des organisations comme Amnesty International, les faiblesses de la procédure.
"Ces procès sont de la politique spectacle", s'insurge le commandant Mori, dans un entretien avec l'AFP. "Il ne s'agit pas d'un système judiciaire autonome qui applique une loi à tous ceux qui l'enfreignent. C'est le geôlier qui définit les règles et dirige les procès. Cela n'offre même pas l'apparence de l'équité".
Les "commissions militaires" se composent d'un panel de trois militaires, un juriste et deux officiers sans formation juridique "à qui il faut expliquer les concepts légaux les plus basiques", soupire l'avocat.
Par ailleurs, "il n'existe aucune règle pour les dépositions. Ici, par exemple, un militaire peut très bien venir à la barre pour dire j'ai interrogé untel et il m'a dit ceci sur l'accusé', sans qu'aucune règle n'oblige à convoquer Untel pour pouvoir mettre à l'épreuve ce témoignage", explique-t-il.
"Dans un tribunal normal, civil ou militaire, l'interrogateur ne serait pas autorisé à faire un tel témoignage. On considèrerait qu'il s'agit d'une déposition sur la foi d'autrui, ce ne serait pas admissible", ajoute-t-il.
De la même façon, c'est la même autorité qui inculpe l'accusé, nomme le juge, contrôle l'ensemble de la structure et tranche les requêtes déposées par la défense.
"La présomption d'innocence dans ce contexte n'existe pas", assène l'avocat militaire. "Nous sommes en train de commencer à sacrifier les valeurs les plus fondamentales des Etats-Unis, à savoir l'égalité et la justice pour tous", s'inquiète-t-il.
Source : AFP, 23 juillet 2005

 

Huit détenus transférés à l'étranger


Lahcen Ikassrien, alias Cheikh Hassan

Huit personnes détenues à guantanamo ont été transférées, jeudi 21 juillet, par le Pentagone dans plusieurs pays. Un détenu a été renvoyé au Soudan, deux en Afghanistan, trois en Arabie saoudite, un en Jordanie et le huitième a été envoyé en Espagne, après une demande d'extradition.rève de la faim à Guantanamo
Le Pentagone avait recommandé la libération de six d'entre eux, qui ne sont pas qualifiés d'"ennemis combattants". "Dans le cadre de la guerre contre le terrorisme, le ministère prévoit d'autres transferts ou libérations de détenus", a aussi indiqué un communiqué du Pentagone.


ENCORE 510 DÉTENUS À GUANTANAMO

Ces transferts ramènent à 510 le nombre de suspects de terrorisme détenus à guantanamo depuis la chute du régime taliban en Afghanistan, fin 2001. Le Pentagone avait annoncé, en début de semaine, son projet de reprendre les procès de quatre détenus devant des tribunaux militaires d'exception baptisés"commissions militaires", et d'en inculper huit autres. Les autres sont détenus sans aucune inculpation.
L'Arabie saoudite a annoncé pour sa part, mercredi, que trois Saoudiens détenus à guantanamo sont arrivés dans le royaume. Des sources aéroportuaires ont aussi indiqué dès lundi soir qu'un Marocain, Lahcen Ikassrien, alias Cheikh Hassan, réclamé par le juge espagnol Garzon pour appartenance présumée à Al-Qaida, était arrivé à Madrid. Enfin, le porte-parole du président afghan a également confirmé, mardi, le retour de deux Afghans, après plus de trois ans de détention. Ils ont dénoncé "l'inhumanité" de leur détention.


"DU BON TRAVAIL" À GUANTANAMO

La Chambre des représentants US a toutefois formellement exprimé, mercredi, son soutien à la détention de terroristes présumés sur la base de guantanamo. Un amendement au projet de budget des affaires étrangères, adopté par 304 voix contre 124 et deux abstentions, souligne notamment que "la détention et les interrogatoires légaux et humains de détenus à Guantanamo par [les autorités] américaines sont essentiels à la défense des Etats-Unis et des partenaires de la coalition" rassemblés dans la "guerre contre le terrorisme".
"Il est toujours bénéfique de retirer des criminels de nos rues", a fait valoir le républicain Dana Rohrabacher à l'appui de son amendement, en estimant que le camp de prisonniers de Guantanamo "fait du bon travail". Le camp d'internement de Guantanamo, qualifié de "goulag de notre époque" par Amnesty International, compte de nombreux supporters enthousiastes dans la majorité de la Chambre.
Source : le Monde, 22 juillet 2005

 

Abus de guantanamo: des enquêteurs ont demandé des sanctions contre le général Geoffrey Miller

 

Lors d'interrogatoires menés à Guantanamo, un terroriste présumé a été contraint de porter un soutien-gorge, de danser avec un autre homme et de faire le chien, ont rapporté mercredi des enquêteurs militaires. Une série d'abus qui justifient selon eux le blâme exigé à l'encontre du général Geoffrey Miller, ancien commandant du camp militaire.
Le général Bantz Craddock, du commandement sud, dont dépend la base de Guantanamo, a cependant refusé d'appliquer cette sanction et a transmis le dossier à l'inspecteur général de l'Armée.
Le général Craddock a conclu que le général Miller n'avait violé aucune loi américaine ni règlement de l'armée, selon des sources qui ont eu connaissance du rapport.
Les enquêteurs ont présenté leurs conclusions mercredi devant la Commission des services armés du Sénat, après avoir cherché à vérifier les dires d'agents du FBI qui affirmaient avoir assisté à des abus lors des interrogatoires menés à la prison pour terroristes présumés de Guantanamo.
L'enquêteur en chef, Randall Schmidt, a décrit les abus qui ont marqué l'interrogatoire de Mohamed al-Qahtani, un Saoudien capturé en décembre 2001 à la frontière afghano-pakistanaise.
Pour le faire parler, les interrogateurs ont notamment traité sa mère et ses soeurs de prostituées, l'ont forcé à enfiler un soutien-gorge puis à mettre un string sur sa tête et l'ont traité d'homosexuel, a-t-il détaillé.
Il a également dû danser avec un homme, se déshabiller devant une femme et faire le chien, selon l'enquêteur.
Néanmoins, "aucune torture n'a été pratiquée", a-t-il ajouté, mais ces techniques d'interrogatoires sont dégradantes et abusives.
Les agents du FBI s'étaient inquiétés de ces techniques auprès du général Miller mais celui n'a apparemment rien fait en réaction, a expliqué Randall Schmidt.
Le général Bantz Craddock et les enquêteurs ont été entendus mercredi par la commission des services du sénat sur le rapport d'enquête qui conclut que la convention de Genève sur le traitement des prisonniers et les règles de l'armée à trois reprises.
En cas de blâme, le général Miller serait le plus haut gradé américain sanctionné pour des sévices infligés à des prisonniers. Il avait pris le commandement du camp de Guantanamo fin 2002 afin d'être envoyé en Irak.
Source : AP, 14 juillet 2005

 

 

Un nouveau commandant pour la base de guantanamo


C¹est le capitaine de Marine Lawrence Cotton qui a été désigné pour assurer l¹intérim du commandement de la base navalae de guantanamo. Il remplace le capitaine Leslie McCoy, qui a été relevé de ses fonctions par l¹amiral Annette Brown, chef de la région sud-est de la Marine, suite à une enquête sur des ³allégations de pratiques de gestion inappropriée du personnel et de l¹administration². L¹amiral aurait perdu toute confiance dans les capacités de McCoy à diriger effectivement la base, a déclaré un porte-parole de la Marine.
Source : Australian Broadcasting Corporation, 13 juillet 2005

 

Imad Kanouni remis en liberté sous contrôle judiciaire


Le juge d'instruction Jean-Louis Bruguière a remis en liberté sous contrôle judiciaire, jeudi 7 juillet, Imad Achhab Kanouni, l'un des sept anciens prisonniers français de la base américaine de Guantanamo (Cuba). Cette décision fait suite à une demande déposée, le 30 juin, par Me Félix de Belloy, conseil du prévenu. L'avocat y estimait que le maintien en détention de son client n'était plus nécessaire à la poursuite de l'information judiciaire. Il faisait aussi état d'une promesse d'embauche et soulignait la stabilité de la cellule familiale, prête à contribuer à sa réinsertion.
Agé de 28 ans, Imad Achhab Kanouni avait été incarcéré à son retour en France, en juillet 2004, avec trois autres détenus de Guantanamo, Mourad Benchellali, Nizar Sassi et Brahim Yadel. Il a été mis en examen pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste". Dans sa demande de mise en liberté, l'avocat a insisté sur l'incapacité des enquêteurs à le rattacher à un groupe terroriste, malgré les suspicions policières éveillées par les quatre années passées au contact d'extrémistes islamistes, entre 1997 et 2001.


AUCUN LIEN ÉTABLI

Ces suspicions ont d'abord porté sur un éventuel recrutement dans les rangs d'Al-Qaida, en Afghanistan. Imad Achhab Kanouni a passé deux ans à Kaboul, sous le régime taliban, avant d'être capturé et livré aux forces américaines. Il y a suivi les cours d'Abou Walid, référent religieux fondamentaliste, et fréquenté la Maison des Algériens, par laquelle sont passés de nombreux djihadistes venus de France. Pourtant, il n'a suivi aucune formation dans un camp d'entraînement, affirme son avocat.
Deuxième période, antérieure, étudiée à la loupe : les deux années passées en Allemagne, essentiellement à Francfort, pendant lesquelles il se serait radicalisé. En mars 1999, il a notamment participé à un périple vers l'Albanie afin de se battre au Kosovo, aux côtés de l'UCK. Or l'organisateur du voyage a été, semble-t-il, l'un des chefs de la cellule dite "de Francfort", démantelée par les services français et allemands. Toutefois, aucun lien n'a été établi entre Achhab Kanouni et ce groupe.
Enfin, les policiers se sont penchés sur un lien éventuel avec le Groupe islamique combattant marocain (GICM). L'ancien prisonnier de Guantanamo a côtoyé, à Kaboul, deux Marocains importants dans l'organigramme du GICM. "S'ils pouvaient être intéressés à l'i dée de recruter des activistes formés militairement , écrit Me de Belloy, ils n'avaient aucun intérêt à intégrer un garçon qui ne suivait pas une formation religieuse." Que reste-t-il au final ? Un engagement fondamentaliste évident, puisque le jeune homme a voulu vivre dans un pays régi par la charia, la loi islamique ; de mauvaises fréquentations, reconnues sur procès-verbal ; mais pas de projet terroriste identifié.
Cinq Français anciennement détenus à Guantanamo demeurent incarcérés à ce jour. Seul Mustaq Ali Patel avait été libéré, le 7 mars, sans même être mis en examen. Le 11 mars, un juge des libertés et de la détention avait élargi Redouane Khalid. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris était revenue sur cette décision. "Le dossier se fragilise de plus en plus, s ouligne toutefois Me de Belloy. On sent un assouplissement de la justice."
Une instruction a d'ailleurs été ouverte début juin, suite à la plainte de deux des sept Français pour "détention arbitraire" .
Source : Le Monde, 10 juillet 2005

 

Le commandant de la base navale relevé de ses fonctions


Le capitaine Leslie McCoy, commandant opérationnel de la base navale de guantanamo depuis mars 2003, vient dŒêtre relevé de ses fonctions et réassigné au QG régional de la Marine de Jacksonville en Floride. Selon la Marine, cette mesure n'a rien à voir avec la gestion du centre de détention situé sur la base, dont la direction continue d'être assurée par le général de brigade Jay Hood depuis avril 2004.

4 libérations à guantanamo
Le Pentagone a décidé de libérer 4 nouveaux détenus du camp de guantanamo, considérant qu'ils ne constituaient plus un danger. On ignore l'identité des quatre chanceux. Il reste environ 520 détenus à guantanamo. 234 autres ont été soit libérés soit remis aux autorités de leurs pays d'origine.

 

Mangez comme un détenu de Guantanamo !


par Angélique Cléret, www.marianne-en-ligne.fr, 12 juillet 2005
Comble du cynisme, des conservateurs américains sortent un livre de recettes pour manger comme à Guantanamo. Marianne-en-ligne, qui ne mange pas de ce pain là, s'est penché sur l'ouvrage.
« Si vous êtes fatigués de toutes les allégations de torture, d'entendre les médias impliquer que toucher au Coran sans gants est l'équivalent moral d'une décapitation humaine, et de toute l'hystérie au sujet des combattants ennemis, vous allez aimer The Gitmo Cookbook» .
Non, ça n'a rien d'une blague. Voulant démontrer « comment les soldats américains travaillent tous les jours pour traiter humainement les prisonniers » du camp de Guantanamo (surnommé Gitmo), sur l'île de Cuba, un groupe de militants conservateurs américains, les Dummocrats, a réuni dans un livre une centaine de recettes préparées pour les 540 suspectsdétenus.
Poulet tandoori, riz pilaf, ¦ufs au curry, champignons cuits à la vapeurŠ Autant de plats que l'on trouve dans The Gitmo Cookbook. Et les auteurs du livre d'assurer : « Nous les avons goûtés. Ils sont peu chers, faciles à réaliser et délicieux » !
Récemment, Amnesty International qualifiait la base de Guantanamo Bay de « goulag de notre époque ». Faut-il rappeler que les prisonniers y vivent hors du droit international, séquestrés, dans le plus grand secret, derrière des barbelés ? Qu'ils y subissent chaque jourdes tortures, au nom de la « lutte américaine contre le terrorisme mondial », attendant des années avant d'être entendus par la justice ?
C'est sur ces points que l'on voudrait des explications, et la seule recette qui préoccupe est celle du mépris américain de la convention de Genève.

 

Évasion à Bagram


Quatre prisonniers arabes jugés dangereux par l'armée américaine se sont évadés d'un centre de détention situé sur la principale base militaire américaine en Afghanistan, a rapporté un porte-parole de l'armée.
Le lieutenant colonel Jerry O'Hara a qualifié les fugitifs, présumés appartenir à Al Qaïda, de "dangereux combattants ennemis" mais il s'est refusé à donner leur identité.
Kabir Ahmad, le chef du district de Bagram, a affirmé qu'il s'agissait d'un Syrien, nommé Abdoullah Hachimi, d'un Koweïtien, Mahmoud Ahmad Mohamed, d'un Saoudien, Mahmoud Alfatahni et d'un Libyen, Mohamed Hassan.
Les évadés ont quitté la base aérienne de Bagram, au nord de Kaboul, à environ 5 heures du matin (03h00 GMT), a dit O'Hara à Reuters.
C'est la première évasion connue de ce centre de détention extrêmement surveillé, au coeur même de l'immense base de Bagram.
O'Hara a affirmé qu'il n'y avait eu aucun blessé américain durant l'évasion et qu'aucune disparition ne lui avait été signalée.

 

"UN DANGER POUR LE MONDE"
"Je ne peux pas donner les détails de leur évasion", a-t-il déclaré. "Les circonstances de l'évasion sont actuellement en cours d'investigation."
"Nous prenons cette affaire très au sérieux", a-t-il ajouté. "Ces gens ne représentent pas seulement un danger pour l'Afghanistan, mais aussi pour le monde".
Il a précisé que les évadés, qui portent en théorie une tenue orange, étaient peut-être toujours sur la base de Bagram, qui faisait l'objet d'une fouille minutieuse.
Ahmad a quant à lui affirmé avoir entendu que les prisonniers s'étaient échappés en voiture. "S'ils sont dans la zone, nous avons de grandes chances de les arrêter".
Les autorités américaines ont diffusé des photos des quatre fugitifs, qui sont tous barbus et qui ont tous le crâne rasé. Leur âge va de 20 à 40 ans.
Le centre de détention de la base de Bagram a vu passer des centaines d'islamistes présumés depuis le renversement du régime des taliban par l'armée américaine à la fin de l'année 2001.
Des dirigeants présumés d'Al Qaïda, parfois arrêtés au Pakistan voisin, y ont également séjourné.
Un porte-parole de l'armée américaine a déclaré ce week-end que 450 activistes présumés étaient détenus à Bagram.
Source : AP, 11 juillet 2005