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La galaxie guantanamo

AVEZ-VOUS ENTENDU PARLER DE GUANTANAMO ?
BIEN SÛR, DIREZ-VOUS. MAIS QU'EN SAVEZ-VOUS EXACTEMENT ?

 

Présentation de la Chronique de guantanamo, publiée par le Collectif guantanamo France


« Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé »

Article 9 de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme.

 

La CHRONIQUE DE GUANTANAMO est une "newsletter" électronique publiée par le Collectif guantanamo, lancée en février 2003. Depuis avril 2004, elle paraît 2 fois par mois, le 1er et le 15 du mois. Elle entre aujourd'hui dans sa troisième année. En 23 mois, nous avons constitué la plus importante base de données en langue française sur guantanamo, soit l'équivalent d'une dizaine de livres de 220 pages, accessible à tous ceux qui savent lire sur 2 sites web. Nous entendons continuer, élargir et approfondir ce travail. Mais cela ne sera pas possible sans vous.

Le 10 janvier 2005, cela fera 3 ans que 545 hommes de 40 pays sont détenus illégalement par les USA. 202 autres ont été libérés, dont une partie ont été emprisonnés dans leur pays. Exiger qu'ils soient libérés ou jugés équitablement nous semble naturel. Ce n'est pas l'avis de la Maison blanche et du Pentagone, qui ignorent depuis 6 mois un verdict de la Cour suprême US ordonnant que ces prisonniers aient la possibilité de remettre en cause leur détention devant une juridiction ordinaire.

Le Collectif guantanamo a été créé en France en février 2003. Cette association a pour but d'organiser une campagne mondiale d'information et de solidarité pour défendre les droits de toutes les personnes détenues par les USA comme "combattants ennemis illégaux" à Guantanamo, Bagram et ailleurs.

Son appel fondateur, "guantanamo : premier camp de concentration off shore de l'Empire !", peut être lu en 9 langues [ allemand, anglais, arabe, créole, danois, espagnol, français, russe, suédois ] en allant à : http://www.gwadaoka.org/guantanamo_appel_fr.htm

Son outil principal est le travail d'information. Le Collectif publie des informations sur la "galaxie guantanamo" à un rythme quasi-quotidien sur deux sites internet. Ces informations sont reprises et diffusées tous les 15 jours dans une lettre électronique appelée CHRONIQUE DE GUANTANAMO. Si vous voulez lire, puis vous abonner à cette CHRONIQUE , il suffit de nous envoyer un mail à collectif.guantanamo@gwadaoka.org

Cette Chronique contient donc toutes les informations publiées au jour le jour sur les sites http://quibla.net et http://www.gwadaoka.org/guantanamo.htm

 

POUR RECEVOIR CETTE CHRONIQUE LE 1er et LE 15 DE CHAQUE MOIS, ENVOYEZ UN MAIL INTITULÉ : "OUI, JE M'ABONNE !" À : collectif.guantanamo@gwadaoka.org. Signalez-nous si vous souhaitez apporter une contribution financière. Nous vous indiquerons coment procéder.

Nos v¦ux pour 2005 sont simples, clairs et nets : le Pentagone et la Maison blanche doivent libérer les 545 otages détenus illégalement sur la base yankee de guantanamo depuis le 10 janvier 2002. Ou au moins, ils doivent respecter la sentence émise en juin 2004 par la Cour suprême US, stipulant que les détenus ont le droit de remettre en cause leur détention devant une juridiction ordinaire. Le martyre des hommes enfermés dans le premier camp de concentration off shore de l'Empire, entrera le 10 janvier dans sa quatrième année. C'est une insulte à l'humanité. Pensez à eux !

Merci de votre attention
pour le Collectif guantanamo,
le président
Fausto Giudice
1er janvier 2005 /20 Dhul Qa'dah 1425

 

PS : NOTRE TRAVAIL ÉTANT TOTALEMENT BÉNÉVOLE, TOUTE CONTRIBUTION FINANCIÈRE VOLONTAIRE EST LA BIENVENUE. EN NOUS SIGNALANT VOTRE ABONNEMENT, INDIQUEZ-NOUS ÉVENTUELLEMENT SI VOUS SOUHAITER VERSER UNE CONTRIBUTION. NOUS VOUS INDIQUERONS ALORS COMMENT PROCÉDER. MERCI D'AVANCE.

-> Collectif guantanamo, 5 rue de Douai, F-75009 Paris - Tél. 00 33 (0)6 13 99 28 86,
Courriel : collectif.guantanamo@gwadaoka.org
Sites web : http://quibla.net et http://www.gwadaoka.org/guantanamo.htm

 

 

Rumsfeld : Guantanamo pourrait rester ouvert plusieurs années encore

 

Le secrétaire US à la Défense Donald Rumsfeld a laissé entendre le 14 juin que la prison spéciale de guantanamo resterait en service pendant encore plusieurs années, expliquant que les USA ne disposaient pas d'un autre lieu pour emprisonner et interroger des terroristes présumés.
«Je n'ai pas connaissance d'un autre lieu où nous disposons d'infrastructures appropriées pour un groupe de personnes de cette taille», a déclaré Donald Rumsfeld lors d'une conférence de presse au Pentagone.
«Le gouvernement des États-Unis (...) ne souhaite pas être dans la position de détenir des terroristes présumés plus longtemps que ce qui est absolument nécessaire», a-t-il précisé. «Mais tant que nous aurons besoin d'empêcher les terroristes de frapper à renouveau, un lieu sera toujours nécessaire».
Source : AP, 15 juin 2005

 

Halliburton va bâtir un nouveau centre de détention à guantanamo


Une filiale d'Halliburton a été retenue pour construire un nouveau centre de détention et des clôtures de sécurité sur la base US de guantanamo.
Le Pentagone a annoncé le 16 juin que ce contrat se chiffrait à 30 millions de dollars.
Cette annonce intervient la semaine où le vice-président américain Dick Cheney - qui a du reste dirigé Halliburton entre 1995 et son élection en 2000 - et le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld ont défendu l'existence du centre de détention de guantanamo, au moment où de nombreuses critiques lui sont adressées depuis les rang du Sénat.
De nombreux sénateurs ont dénoncé le maintien en détention pour une période indéfinie de suspects qui n'ont pas été inculpés et qui n'ont pas reçu le statut de "prisonnier de guerre". Guantanamo Bay a été qualifié de "goulag de notre temps" par l'organisation Amnesty International.
Une nouvelle prison de deux étages - le centre de détention #6 - dotée de l'air conditionné et pouvant accueillir 220 détenus sera bâtie par Kellogg Brown & Root Services, une filiale d'Halliburton.
Le Pentagone n'a pas précisé si les suspects de la "guerre contre le terrorisme" seraient envoyés dans le nouveau centre.
Le chantier doit être terminé en juillet 2006.
Source : Reuters, 17 juin 2005


Guantanamo cause des soucis à George Bush

 

Guantanamo, nouveau casse-tête pour le président Bush. La détention pour une durée illimitée de terroristes étrangers présumés sur la base américaine à Cuba pose de plus en plus problème aux Etats-Unis, à l'heure où ils voudraient tourner la page de l'Irak et se réconcilier avec les Européens et le monde musulman.
L'affaire pourrait placer George Bush dans une situation délicate au prochain sommet du G8 (les sept pays les plus industrialisés du monde -Japon, Etats-Unis, Canada, Grande-Bretagne, France, Allemagne et Italie- plus la Russie) du 6 au 8 juillet en Ecosse, présidé par son allié le Premier ministre britannique Tony Blair, également soucieux d'aborder des dossiers moins polémiques comme la lutte contre la pauvreté en Afrique.
Car Guantanamo divise, y compris dans les rangs des républicains américains. Si la plupart d'entre eux soutiennent la position du gouvernement, affirmant que ce camp-prison reste nécessaire, que les abus ne sont que des cas isolés et que nombre des prisonniers ont été capturés alors qu'ils tentaient de nuire aux Etats-Unis, le fait de détenir ces individus dans une prison spéciale, hors de toute norme, sans limite de temps, sans inculpation et sans accès à un avocat est bien plus difficilement défendable.
Le sénateur Arlen Specter, président de la Commission judiciaire, a mis les pieds dans le plat mercredi, en reprochant au Congrès son manque de réaction. Depuis que la Cour suprême a autorisé l'an dernier les «combinaisons orange» de Guantanamo à contester leur détention, les actions devant les tribunaux fédéraux ont résolu peu de cas, et avec une absence d'harmonisation qui empêche d'établir une jurisprudence, a-t-il estimé.
Pour le démocrate Patrick Leahy, membre de la commission, »Guantanamo est un embarras international pour (les Etats-Unis) et (leurs) idéaux, et demeure une menace pour (leur) sécurité».
Quelque 520 individus de 40 nationalités différentes restent détenus dans le camp, parfois depuis plus de trois ans. Plus de 230 ont été relâchés depuis l'ouverture du centre de détention après les attentats du 11 septembre 2001, selon le ministère de la Justice. Vingt-trois ont été libérés après l'examen des contestations de 558 captifs, dont 520 ont été déclarés effectivement «combattants ennemis».
Ce statut, créé de toutes pièces par les Américains pour les suspects arrêtés en Afghanistan et transférés à Guantanamo, n'a aucune existence juridique internationale. Il ne garantit pas les droits prévus par les conventions de Genève pour les prisonniers de guerre.
Les critiques d'une partie de la communauté internationale et d'organisations de défense des droits de l'Homme n'ont pas réussi à faire plier Washington, qui dit traiter «humainement» ces terroristes présumés.
»Franchement, je ne pense pas» que ce dossier nuise aux Etats-Unis sur la scène internationale, a estimé le vice-président Dick Cheney, pour qui «les résultats (les informations obtenues à Guantanamo, ndlr) sont globalement très bons». Le président Bush a affirmé qu'il «explorait toutes les alternatives» au camp.
La question du maintien de Guantanamo «est régulièrement réexaminée», a ajouté mercredi le ministre de la Justice, Alberto Gonzales, «mais nous ne pouvons pas relâcher (les détenus) et les laisser retourner combattre l'Amérique». Dans ces conditions, ils seront gardés «pendant la durée des hostilités». «Il y aura bien sûr une fin» au camp, a-t-il assuré.
L'un de ses adjoints, Michael Wiggins, a certes reconnu devant le Congrès que ces incarcérations «ne s'inscrivent pas dans le système pénal» américain... En fait, a expliqué le général Thomas Hemingway, conseiller en droit au Pentagone, «nous avons construit un système judiciaire complet pour juger ces cas». Et dans ce cadre, a déclaré M. Wiggins, «nous pensons que, légalement, ils peuvent être détenus à perpétuité».
Source : AP, 16 juin 2005


Le Conseil de l'Europe pour la libération ou le jugement des détenus

 

Le Comité des ministres du Conseil de l'Europe, qui représente les 46 Etats membres, s'est prononcé pour la libération ou la comparution devant un tribunal des personnes détenues par les Américains sur la base de Guantanamo.
Dans une déclaration publiée à Strasbourg, le comité des ministres «exprime son soutien total à tous les efforts visant à ce que les personnes détenues à Guantanamo Bay soient libérées dans les plus brefs délais ou traduites devant un tribunal indépendant et impartial pour y être équitablement jugées».
Il «invite instamment le gouvernement des Etats-Unis à faire en sorte que les droits de tous les détenus soient garantis et que le principe de la prééminence du droit soit pleinement respecté».
Cette prise de position constitue la réponse du Comité des ministres à une recommandation formulée en des termes similaires par l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe le 26 avril.
Aux Etats Unis, un de ses adjoints, Michael Wiggins, a cependant reconnu mercredi lors d'une audition devant la commission de la Justice du Sénat que les prisonniers de ce centre pouvaient juridiquement demeurer détenus à perpétuité.
«Il y aura naturellement une fin», a dit Gonzalez à la presse. «En fin de compte, ce sera au commandant en chef des forces armées (le président) de décider à quel moment cela arrivera», a-t-il ajouté.
Le vice-président des Etats-Unis, Dick Cheney, et le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, ont défendu cette semaine le maintien de ce camp, sur la base militaire de Guantanamo Bay, à Cuba, dont plusieurs parlementaires ont estimé qu'il nuisait à l'image des Etats-Unis.
Alberto Gonzalez a reconnu à Bruxelles que Guantanamo, où l'administration fédérale détient des ressortissants étrangers soupçonnés de terrorisme, posait problème aux alliés de Washington, mais l'ancien conseiller juridique de la Maison blanche a affirmé que les détenus y étaient traités en accord avec le droit international.
L'Attorney General a indiqué qu'une dizaine d'ex-détenus libérés de Guantanamo avaient repris le combat contre les Etats-Unis. «Nous le savons parce qu'ils ont été soit recapturés, soit tués sur le champ de bataille», a-t-il dit.
Par ailleurs, le président de la commission de la Justice du Sénat, le républicain Arlen Specter, a estimé que le Congrès devait aider les autorités à définir le statut juridique des détenus de Guantanamo, présenté par le chef des démocrates dans cette commission comme une «source d'embarras face à la communauté internationale».
Source : agences de presse, 17 juin 2005


Clinton : guantanamo doit être fermé ou remis en ordre

 

L'ancien président US Bill Clinton affirme que la prison américaine de Guantanamo, à Cuba, devrait être fermée ou remise en ordre.
"Il ne faut plus qu'il y ait d'histoires faisant état d'abus commis contre des gens là-bas", déclare l'ancien président américain dans un entretien publié lundi 20 juin dans le "Financial Times".
L'ancien président US Jimmy Carter, des militants des droits de l'homme et des avocats ont également déjà demandé la fermeture du camp.
Source : AP, 21 juin 2005

 

Le secret médical est intentionnellement violé à guantanamo

 

Les dossiers médicaux des détenus de Guantanamo ont été systématiquement utilisés par les interrogateurs pour exploiter leur vulnérabilité. Les lois de protection du secret médical ont ainsi été violées, affirment un médecin et un juriste américains.
Le rapport des Dr Gregg Roche et Jonathan Marks est paru dans le New England Journal of Medecine daté du 7 juillet et publié mercredi. Ils s'appuient sur des documents militaires internes.
Jusqu'au début 2003 et peut-être après, les interrogateurs eux-mêmes avaient accès aux dossiers médicaux des détenus qu'ils interrogeaient, ont-ils indiqué.
En outre, «depuis fin 2002, des psychiatres et des psychologues sont impliqués dans des stratégies recourant à des situations de stress extrême couplées à un système de récompense de manière à extraire des informations utiles militairement des prisonniers les plus récalcitrants», ont affirmé ces deux experts.
Frustrés en 2002 de la lenteur du flot d'informations tirées des détenus de Guantanamo, les autorités de Washington ont fait pression sur le commandement militaire pour trouver «des tactiques innovantes», explique ce rapport de trois pages.
Cette politique a été confirmée par un mémo militaire interne daté du 24 mai cité par MM. Bloche et Marks et émanant du commandement médical de l'armée de Terre. Dans ce document, l'AMC fait notamment des recommandations au personnel chargé des détenus concernant certaines informations contenues dans leur dossier médical pouvant être utiles dans le processus d'interrogation.
«Plutôt que de partir du principe juridique de respect du secret médical dont bénéficie tout Américain y compris la population carcérale aux Etats-Unis, à Guantanamo les autorités militaires font l'inverse», a dit à l'AFP le Dr Bloche, psychiatre et juriste.
Ces informations militaires internes vont à l'encontre de déclarations faites en mai par le secrétaire à la Défense pour les affaires de santé, William Winkenwerder. Il affirmait que les détenus de Guantanamo bénéficiaient de la même protection du secret médical que les citoyens américains.
Quelque 520 suspects d'une quarantaine de nationalités, capturés dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, sont détenus à Guantanamo, sur une base navale américaine à Cuba.
Source : ATS, 23 juin 2005

 

01/06/05 - Enquête française sur Guantanamo

 

Alors que la France est le seul pays à avoir incarcéré des ex-détenus de Guantanamo après leur libération du camps de concentration américain de Guantanamo, la justice française va enquêter sur les "détentions arbitraires" dans ce même camps.

Selon l'AFP- Pour la première fois depuis le retour des ex-détenus français de Guantanamo en juillet 2004 et mars 2005, des magistrats français vont instruire la plainte de deux d'entre eux pour "arrestation illégale et détention arbitraire".

Les juges Sophie Clément et Nathalie Frydman ont été désignées mercredi par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris pour instruire la plainte des familles de Nizar Sassi et Mourad Benchellali, deux ex-détenus de Guantanamo originaires de Vénissieux (près de Lyon), rapatriés en juillet 2004.

Selon plusieurs sources proches du dossier, aucun des pays qui ont eu des ressortissants à Guantanamo n'a encore entamé de procédure pénale similaire.

Déposée à Lyon en mai 2003, avant même le retour des détenus français, la plainte avec constitution de partie civile contre X, a connu un cheminement difficile: rejetée par un juge d'instruction lyonnais, puis par la cour d'appel de Lyon, elle a été remise dans le circuit judiciaire par la Cour de cassation qui a cassé l'arrêt de Lyon.

C'est finalement la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris qui, après l'arrêt de la Cour de cassation, a dû se prononcer pour l'ouverture d'une instruction à Paris.

La Cour de cassation avait renvoyé l'affaire à Paris, considérant qu'en rendant son arrêt la cour d'appel de Lyon, "par le seul examen abstrait de la plainte", n'avait "pas justifié sa décision".

Mme Clément, qui instruit déjà notamment la procédure française sur Augusto Pinochet et celle sur la disparition à Djibouti du juge Borrel, devra donc ouvrir le dossier avec sa collègue Mme Frydman.

Dans leur démarche, les avocats des plaignants, Mes William Bourdon et Jacques Debray, se fondent notamment sur l'article 9 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques qui stipule que "nul ne peut être privé de sa liberté, si ce n'est pour des motifs et conformément à la procédure prévue par la loi (...) tout individu arrêté sera informé au moment de son arrestation des raisons de cette arrestation".

Or, selon eux, leurs clients n'ont pas été informés des motifs légaux de leur arrestation qui s'est faite dans des "conditions juridiques particulièrement obscures". Par ailleurs, ils assurent que leur détention "n'a pas été autorisée ni ordonnée par un juge, ni par une quelconque autorité judiciaire".

"Guantanamo est une zone de non-droit absolue. Techniquement, les responsabilités pénales, dans la chaîne de commandement civile et militaire qui a mené à cela, peuvent être établies", a indiqué Me Bourdon à l'AFP.

"Les Américains ont sollicité très activement la France dans l'affaire Executive Life pour obtenir la coopération judiciaire, et ils l'ont obtenue. Il n'y a pas de raison que la réciproque ne soit pas vraie", a-t-il ajouté.

 

03/02/05 - Libération surprise de "C" à Londres
L'un des musulmans étrangers suspectés de terrorisme et détenus sans incupation ni accès à un avocat depuis 3 ans, l'Égyptien connu sous l'initiale de "C", a été libéré par surprise lundi soir 31 janvier de la prison de Woodhill, près de Milton keynes, sur ordre du ministre de l'Intérieur Charles Clarke. Le ministre a justifié cette décision par une absence de preuves contre "C", qui avait été condamné par contumace en Égypte à 15 ans de prison pour appartenance au Jihad islamique. Avec la libération de "C", le nombre de musulmans étrangers détenus en Grande-Bretagne en application de la Loi antiterroriste de 2001 se monte à 9 sur les 17 incarcérés à l'origine.
Source : The Guardian, 2 février 2005

 

Des images vidéo de guantanamo montrent des prisonniers maltraités
Des images vidéo filmées dans la base américaine de Guantanamo montrent que les prisonniers considérés comme de fortes têtes semblent couramment maltraités par leurs geôliers, y compris par des femmes.
Selon un rapport secret de l'armée américaine, ainsi que dans les images visionnées par l'agence Associated Press (AP), on peut voir des gardes donner des coups de poing à des détenus, ou les déculotter avant de les enfermer. Un des films montre un homme attaché à un lit à roulettes pendant un interrogatoire. Une des équipes d'interrogateurs est entièrement féminine, alors que l'on connaît le tabou entourant les relations mixtes pour les musulmans intégristes.
Ce rapport de six pages a été rédigé en juin dernier par le Commandement Sud à Miami qui a juridiction sur la base de Guantanamo Bay, enclave américaine à Cuba. Il s'appuie sur une vingtaine d'heures d'enregistrement vidéo concernant les "Forces de réaction immédiate" (IRF). Les auteurs du rapport affirment qu'il n'y a pas de preuve que les mauvais traitements soient systématiques.
Les enquêteurs s'interrogent toutefois sur l'étendue des mauvais traitements et des attitudes inappropriées de la part des geôliers.
Une enquête, ouverte le mois dernier, est actuellement en cours au sujet d'autres cas de mauvais traitements survenus dans le passé à Guantanamo Bay.
La semaine dernière l'agence AP avait révélé que des militaires de sexe féminin avaient eu recours à des tenues osées et à des attitudes provocantes pour faire craquer des prisonniers.
Source : AP, 2 février 2005

 

La Cour suprême US pourrait se prononcer à nouveau sur guantanamo
La Cour suprême des Etats-Unis pourrait devoir se prononcer à nouveau sur les prisonniers détenus sur la base de Guantanamo pour préciser sa décision de l'an dernier qui fait l'objet d'interprétations divergentes.
Le 28 juin 2004, la plus haute juridiction américaine avait infligé un revers à l'administration Bush en reconnaissant la possibilité pour les détenus de Guantanamo (Cuba) de contester leur détention devant des tribunaux civils américains.
Six des neufs juges avaient répondu par l'affirmative à la question de savoir si un tribunal fédéral constituait le cadre juridique à même de "déterminer la légalité d'une détention illimitée, décidée par le pouvoir exécutif, d'individus qui affirment être complètement innocents".
La Cour suprême contestait ainsi à l'administration Bush la possibilité, au nom de la lutte contre le terrorisme, de priver de leurs droits à se défendre les détenus de Guantanamo, remettant en cause les principes élaborés dans l'urgence après les attentats du 11 septembre 2001.
Le gouvernement américain considère ces détenus comme des "combattants ennemis" et non comme des prisonniers de guerre protégés par les conventions de Genève, car ils n'ont pas combattu pour un Etat ayant formellement déclaré la guerre aux Etats-Unis. Cela lui permet de les détenir indéfiniment sans inculpation.
Mais la décision de la Cour Suprême était suffisamment vague pour laisser la place aux interprétations.
Elle a affirmé que les prisonniers de Guantanamo "ont des droits mais n'a pas détaillé ce que sont exactement ces droits", relève Eugene Fidell, expert en droit militaire au National Institute of military Justice, une organisation non gouvernementale à Washington.
"C'est comme cela que notre système fonctionne. Au cas par cas. La pratique aux Etats-Unis est de ne répondre strictement qu'à la question posée. Les juges ne pouvaient pas aller au-delà l'an dernier. Maintenant, ils vont devoir le faire", estime-t-il.
Début juillet, le Pentagone avait réagi en instaurant des tribunaux militaires spéciaux, intitulés "tribunaux d'examen du statut de combattant", chargés d'examiner le statut des détenus.
Selon les experts, l'administration Bush avait trouvé cette parade pour éviter que les juges fédéraux statuent sur les prisonniers de Guantanamo, craignant des décisions qui ne lui conviendraient pas.
Mais une juge fédérale de Washington, Joyce Hens Green, a décidé lundi que ces "tribunaux d'examen du statut de combattant" étaient "inconstitutionnels" et que les détenus de Guantanamo avaient le droit de contester leur détention devant un tribunal fédéral.
Sa décision est en contradiction avec celle d'un autre juge fédéral de Washington, Richard Leon, qui avait déclaré 15 jours plus tôt que les prisonniers de Guantanamo n'avaient pas ce droit.
"Le fait qu'il y ait deux jugements contradictoires montre qu'il est vraiment nécessaire que la Cour suprême se prononce davantage sur le sujet. Elle va devoir dire qui a raison", estime Eugene Fidell.
L'affaire devrait d'abord "aller devant une cour d'appel. Cela va sans doute prendre des mois et je doute qu'il y ait une décision avant l'été, au plus tôt", souligne-t-il.
La partie qui aura perdu devant la cour d'appel pourra ensuite "porter l'affaire devant la Cour suprême qui pourrait ou non accepter de se prononcer sur ce cas", ajoute-t-il. Selon lui, une nouvelle décision de la Cour suprême n'interviendrait alors pas avant le début de l'an prochain.
Source : AFP, 2 février 2005


Nouvelle opération contre des réseaux islamistes européens

par Martine Silber et Jean-Pierre Stroobants, Le Monde, 3 février 2005

Arrestations en Belgique et en Espagne dans le cadre de l'enquête sur les attentats de Madrid.

De nouvelles arrestations ont été opérées, mardi 1er février, dans le cadre des enquêtes sur les attentats commis le 11 mars 2004 à Madrid et qui firent 191 morts. En Espagne, un couple d'origine marocaine et ses deux fils ont été interpellés à Leganes, dans la banlieue proche de la capitale, là où sept terroristes islamistes présumés se sont suicidés, le 3 avril 2004.
Ces quatre personnes sont soupçonnées d'avoir aidé certains des auteurs des attentats à prendre la fuite. Elles seraient liées au Groupe islamiste combattant marocain (GICM), rattaché à Al-Qaida et responsable présumé des attentats de Casablanca, qui firent 45 morts en mai 2003. Elles seraient, d'autre part, en relation avec Youssef Belhadj.
L'arrestation de ce dernier, mardi, a d'ailleurs été maladroitement annoncée en Espagne alors qu'elle n'avait pas encore eu lieu à Bruxelles... Interpellé par la police belge à son domicile bruxellois, cet homme est considéré par la justice espagnole comme l'un des "cerveaux" des attentats du 11 mars 2004. Youssef Belhadj, 28 ans, alias Abou Dujanah ou Abou Dujan Al-Afghani, faisait l'objet d'un mandat d'arrêt international délivré par la justice espagnole. Il pourrait être extradé par la Belgique dans une dizaine de jours.


"BASE LOGISTIQUE"

Madrid pense qu'il est l'homme qui avait, dans une cassette vidéo, revendiqué les attentats contre des trains de banlieue. Youssef Belhadj est aussi présenté par certaines sources comme l'actuel "porte-parole" d'Al-Qaida en Europe. Ce chef présumé du GICM avait été arrêté une première fois en mars 2004, à Maaseik, à la frontière belgo-néerlandaise. Il avait été relâché trois mois plus tard, la justice estimant trop minces les charges retenues contre lui.
Une autre opération conjointe avec l'Espagne et l'Italie avait été menée, au mois de juin, par les enquêteurs belges. Elle avait entraîné une quinzaine d'arrestations dans les trois pays, dont celle de l'Egyptien Rabei Osman Syaed Ahmed, autre responsable présumé des attentats du 11 mars. Les suspects auraient été impliqués dans la préparation d'un attentat. Ni la cible ni le moment ne furent toutefois précisés.
L'opération avait aussi permis l'arrestation, en Belgique, de Lahoussine El-Haski, suspecté de participation aux attentats de Casablanca mais aussi de l'attentat qui fit 35 morts à Riyad, en Arabie saoudite, en mai 2003. Hassan El-Haski, frère de Lahoussine, lui aussi membre présumé du GICM, a pour sa part été arrêté au mois de décembre aux Canaries. Il était, selon les autorités espagnoles, en train de créer une "base logistique" pour le groupe islamiste. Hassan El-Haski a été temporairement hébergé en France après avoir échappé à l'opération menée au mois de mars en Belgique. Des militants du GICM, qui allaient être arrêtés plus tard par la DST, l'avaient accueilli aux Pavillons-sous-Bois.
L'arrestation de Belhadj semble en tout cas confirmer que le GICM a fait de la Belgique l'une de ses bases logistiques européennes. Un procès qui s'est tenu à Bruxelles, au mois de septembre 2004, a notamment impliqué deux militants radicaux qui jouaient un rôle dirigeant dans cette organisation, Driss Elatellah et Abdelkader Hakimi. Le procès a permis de confirmer qu'Elatellah était lié à Abou Dahdah, le chef présumé de la cellule espagnole du GICM qui avait préparé les actions meurtrières de Madrid. L'audience a aussi montré comment certains fondamentalistes basés à Bruxelles tentaient de recruter.
Le GICM, mouvement d'inspiration salafiste auquel était également lié Mohammed Bouyeri, l'assassin du cinéaste néerlandais Theo Van Gogh, a, selon divers spécialistes européens, pris le leadership de l'activisme islamiste en Europe. Le GICM a constitué dans plusieurs Etats européens un réseau dense de cellules, dont toutes n'ont pas été démantelées, pensent les services de renseignement. Les autorités marocaines ont affirmé, il y a quelques mois, qu'elles étaient sans nouvelles de plusieurs dizaines de militants qui avaient souvent transité par les camps d'entraînement afghans. Le chef présumé et fondateur du GICM, Mohammed El-Guerbouzi, alias Abou Issa, est réfugié en Grande-Bretagne.

02/02/05 - La Bosnie va demander la libération de six détenus de guantanamo
Selon Bojan Zec Filipovic, porte-parole du gouvernement bosniaque, celui-ci va demander prochainement au gouvernment US de libérer les six anciens combattants de la guerre de Bosnie, tous d'origine algérienne et dont quatre ont la citoyenneté bosniaque, livrés par la Bosnie aux USA en 2002. Leur arrestation et leur extradition avaient suscité de nombreuses protestations et des débats dans les médias bosniaques.
Source : Reuters, 31 janvier 2005

 

Terroristes ou résistants ?
Grande première en Italie : la juge Clementina Forleo, du tribunal de Milan, s'est déclarée incompétente pour juger deux hommes accusés d'avoir combattu en Iraq et inculpés pour "terrorisme", arguant qu'il s'agissait de résistance contre une armée d'occupation étrangère. Qu'à cela ne tienne : le procès a été délocalisé à Brescia, où le procureur Roberto Spania a inculpé à nouveau pour "terrorisme international" et "assistance à immigration illégale" le Marocain Nuoureddine Drissi et le Tunisien Kamal Hamrui.
Source : Al Jazira, 1er février 2005

 

L'enquête militaire sur les tortures à guantanamo reportée d'un mois
Le commandement Sud des l'armée US, qui supervise la base militaire et le camp de détention de guantanamo, avait chargé deux officiers d'enquêter sur les allégations de tortures contenues dans des documents émanant d'agents du FBI et rendus publics par l'American Civil Liberties Union, qui les avait obtenus en aplication de la Loi sur la liberté de l'information. Ce rapport aurait du être rendu au commandement le 1er février. Mais le Général Bantz Craddock, patron du SouthCom, vient de reporter la date limite de remise du rapport au 28 février. La raison invoquée est que les témoins se trouvent aux quatre coins du monde, "du Maine à la Californie et de l'Iraq à la Corée."
Source : Reuters, 2 février 2005

 

01/02/05 - La juge fédérale Joyce Hens Green déclare inconstitutionnels les "tribunaux militaires" de guantanamo
Les tribunaux militaires chargés d'examiner le statut d'"ennemi combattant" des prisonniers de Guantanamo sont "inconstitutionnels" et ces prisonniers ont des droits protégés par la Constitution américaine, selon une décision rendue lundi par un juge fédéral américain.
"Les CSRT (tribunaux d'examen du statut d'ennemi combattant) sont inconstitutionnels", a affirmé la juge fédérale de Washington, Joyce Hens Green.
Le Pentagone avait décidé l'an dernier de créer ces tribunaux militaires chargés d'examiner le statut de "combattant ennemi" des détenus à Guantanamo après la décision de la Cour suprême d'autoriser ces détenus à contester leur détention.
"Les procédures mises en place par le gouvernement pour confirmer que les requérants sont des +ennemis combattants+ sujets à une détention indéfinie violent les droits des requérants", selon la décision.
"La cour conclut que les requérants ont déposé des plaintes valides selon le 5ème amendement de la Constitution des Etats-Unis", ajoute-t-elle.
La cour avait été saisie par des détenus emprisonnés sur la base militaire.
l'administration fédérale va faire appel de la sentence de la juge Green.
Source : AFP, 31 janvier 2005

 

Révolte de prisonniers à Camp Bucca : 4 morts
Le camp de détention Camp Bucca, situè près du port d'Umm El Qasr, proche de la frontière avec le Koweït, est devenu depuis un an, après le scandale des photos de tortures à Abou Ghraïb, la principale prison Us en Iraq. 5 300 personnes y sont détenues dans dix "compounds" (complexes) constitués en partie de tentes et en partie de baraques préfabriquées. La propagande US le présente comme une "prison modèle" .
Une émeute a éclaté lundi matin dans ce camp modèle lorsque des gardiens du 105ème bataillon de police militaire ont déclenché une opération de perquisition dans un des complexes, pour "rechercher des produits de contrebande". Selon la version oficielle, des détenus se sont alors révoltés et ont commencé à jeter des pierres sur les gardiens. La révolte s'est ensuite étendue à 3 autres complexes. Les policiers militaires, après avoir essayé de calmer les détenus, en sont venus au bout de 45 minutes à la dernière extrémité et ont ouvert le feu, tuant 4 détenus et en blessant 6 autres.
Source : Reuters, 31 janvier 2005

 


Mamdouh Habib à sa descente d'avion vendredi à Sydney

Mamdouh Habib enfin libre !
Mamdouh Habib, Australien anciennement détenu à guantanamo a été laissé en liberté à son arrivée à l'aéroport de Sydney vendredi 28 janvier, a indiqué le procureur général Philip Ruddock.
Habib, qui a été détenu à guantanamo durant près de trois ans pour liens présumés avec des organisations terroristes, s'est vu notifier qu'il était libre à son arrivée à l'aéroport et a pu prendre un autre avion pour rejoindre sa famille, a précisé M. Ruddock. La destination de l'ancien détenu n'a pas été révélée.
"Il n'est pas en état d'arrestation. Il est libre et ce qu'il fait relève de lui et de sa famille", a déclaré le procureur général à une radio privée.
Habib, 48 ans et d'origine égyptienne, était détenu à guantanamo depuis mai 2002. Il était accusé d'avoir travaillé pour Al Qaïda au Pakistan et d'avoir eu une connaissance préalable des attentats aux USA du 11 septembre 2001.
Des responsables de la Défense US avaient récemment annoncé qu'il serait relâché sans être inquiété.
Habib a atterri à Sydney à environ 15H30 locales (04H30 GMT) dans un vol charter Gulfstream. Les autorités de l'immigration ont traité son dossier à bord de l'appareil puis l'ont laissé rejoindre un avion court-courrier grâce auquel "il a rejoint sa famille", a ajouté M. Ruddock, et en particulier sa fille de quatre ans qu'il n'a encore jamais vue.
M. Ruddock avait auparavant indiqué que Washington considérait toujours Habib comme un "ennemi combattant" et qu'il ne serait pas autorisé à quitter l'Australie.
Le ministre australien des Affaires étrangères Alexander Downer a ajouté que l'ancien détenu serait surveillé de près par la police ainsi que les services de renseignements.
"Nous allons nous assurer qu'il ne devienne jamais une menace pour les Australiens", a déclaré à la presse M. Downer. "Toute personne suspectée d'implication avec une organisation comme Al Qaïda, l'organisation terroriste la plus diabolique au monde, est un grand sujet d'inquiétude pour les Australiens", a-t-il ajouté.
Les USA étaient dans leur droit de détenir M. Habib sans procès, a estimé M. Downer. A la question de savoir s'il méritait des compensations pour ces quelque trois ans d'enfermement, le ministre a répondu : "non, absolument pas".
Le gouvernement conservateur du Premier ministre John Howard, fervent allié des USA dans la guerre en Iraq, a été accusé ne pas défendre les droits des deux Australiens détenus à guantanamo, Mamdouh Habib ainsi que David Hicks, homme de 29 ans qualifié de "taliban australien" et toujoursdans le camp US.
Selon la presse australienne, M. Habib assure que, de novembre 2001 à mai 2002, lors d'interrogatoires menés en Egypte par les forces US avant son transfert à Cuba, il a été torturé à l'électricité et à l'eau.
David Hicks dit quant à lui avoir été battu jusqu'à 8 heures d'affilée, avoir reçu des injections de médicaments et avoir été terrorisé par des chiens de combat à guantanamo où il est détenu depuis plus de 3 ans.
L'avocat de M. Habib, Stephen Hopper, a déclaré qu'il continuait à réunir des preuves qui établissent, selon lui, que le gouvernement australien connaissait les mauvais traitements subis par son client, ce que Canberra dément.
Source : AFP, 28 février 2005

 

Les avocats de Zacarias Moussaoui font appel à la Cour suprême pour lui assurer un procès équitable
Zacarias Moussaoui ne pourra pas bénéficier d'un procès équitable si la justice américaine ne l'autorise pas à interroger directement des responsables d'Al Qaïda prisonniers des USA et qui pourraient aider sa défense, affirment ses avocats.
Les défenseurs de Moussaoui ont fait appel le 10 janvier devant la Cour suprême des USA du jugement d'un tribunal autorisant les autorités américaines à requérir la peine de mort contre le Français d'origine marocaine et interdisant à ses avocats d'interroger directement les membres d'Al Qaïda détenus par les forces US à l'étranger.
Cet appel a été rendu public jeudi après la suppression des passages relevant de la sécurité nationale.
Sans cet accès direct aux prisonniers, la défense doit s'appuyer sur les comptes-rendus des interrogatoires rédigés par le gouvernement US.
Pour les avocats de Moussaoui, les pères fondateurs de la nation américaine "n'auraient jamais toléré" qu'un accusé soit privé du droit de faire appel à des témoins dans un procès de cette importance.
"A la place des protections constitutionnelles qui ont été instaurées pour garantir à l'accusé un procès équitable, on demande à Moussaoui de simplement faire confiance (...) aux comptes-rendus rédigés par le gouvernement de ce que les témoins auraient dit", déclarent les avocats de Moussaoui dans ce document de 40 pages.
Moussaoui est la seule personne poursuivie aux USA pour son implication présumée dans les attentats du 11 septembre 2001. Il a reconnu être un membre d'Al Qaïda mais il dément toute participation aux attentats. Il affirme que les responsables d'Al Qaïda qu'il souhaite interroger directement confirmeront ses propos.
Le département de la Justice doit à son tour présenter son point de vue à la Cour suprême, qui se prononcera ensuite sur cet appel.
Source : Reuters, 28 janvier 2005

 

28/01/05 - Londres promet d'assouplir sa législation antiterroriste visant les étrangers
Londres a annoncé hier un profond assouplissement de sa législation antiterroriste visant les étrangers, préfigurant la disparition de ce que Amnesty International avait qualifié de « Guantanamo britannique ». En intervenant devant la Chambre des communes, le ministre de l'Intérieur Charles Clarke a été clair : il ne sera plus possible aux autorités britanniques de détenir de façon illimitée sans jugement ni inculpation les ressortissants étrangers suspectés de terrorisme. M. Clarke accepte de modifier la loi. La solution, disait-il, hier, à la Chambre des Communes, repose sur «une double approche». D'une part, l'expulsion des suspects vers leurs pays d'origine, une fois reçue l'assurance qu'ils n'y seront pas maltraités. Et, d'autre part, un ensemble de mesures contraignantes ­ arrêts domiciliaires assortis de l'interdiction d'utiliser téléphones et communications informatiques, couvre-feu, port de bracelets électroniques, entre autres ­ de manière «à entraver les partisans de la terreur» s'il s'avérait impossible de les proscrire, précise le ministre. La loi qui sera soumise au Parlement «le plus tôt possible», s'appliquera sans distinction de nationalité. Mais ces dispositions, telles qu'énoncées, hier, suscitent la réserve des juristes qui les jugent contraires, entre autres, à la Convention européenne des droits de l'homme.
Mais les 12 étrangers encore détenus à la prison de haute sécurité londonienne, pour certains depuis près de trois ans, ne sont pas encore sortis de leurs cellules. Pas question de les libérer tant que la nouvelle législation ne sera pas adoptée par le Parlement, a insisté le secrétaire au Home Office. Ce qui pourrait prendre des mois. Pas question non plus de les laisser libres de leurs mouvements une fois sortis, a assuré le ministre, selon qui « ils posent toujours une menace à la sécurité nationale ».
Source : L'Orient-Le Jour & Le Figaro, 27 janvier 2005