27/01/05
- Les 4 de guantanamo sont libres !
Les 4 derniers détenus britanniques libéés
de guantanamo mardi ont été rendus à leurs
familles mercredi soir à Londres et à birmingham.
Au terme de 24 heures d'interrogatoires, la police britannique,
ne trouvantrien à leur reprocher, leur a enfin rendu
la liberté. Pour Richard Belmar, Martin Mubanga, Feroz
Abbasi et Moazzam Begg s'ouvre maintenant un nouveau chapitre
de leur vie : celui de la reconstruction après trois
ans d'isolement dans le goulag tropical et aussi celui du combat
pour la réparation. ce sera un long combat. L'Australien
Mamdouh habib est le prochain détenu qui devrait être
libéré de guantanamo, où restent détenus
553 citoyens d'une quarantaine de pays.
Les 4 détenus libérés de guantanamo
arrêtés à leur arrivée à Londres
Quatre ressortissants britanniques libérés de
la prison du camp militaire américain de Guantanamo,
à Cuba, sont arrivés mardi après-midi en
Grande-Bretagne. Ils ont été immédiatement
arrêtés par la police.
Les quatre hommes, qui voyageaient à bord d'un appareil
de la Royal Air Force, étaient accompagnés de
membres des forces de police antiterroristes, de deux observateurs
indépendants et d'une équipe médicale.
L'appareil a atterri sur la base de Northolt, à l'ouest
de Londres, peu après 17h.
"La police a arrêté ces hommes dans le cadre
de l'article 41 du Terrorism Act 2000 relative à l'implication
présumée dans la commission, la préparation
ou l'instigation d'actes de terrorisme", a précisé
la police.
Moazzam Begg, Feroz Abbasi, Martin Mubanga et Richard Belmar
faisaient partie des quelque 550 prisonniers originaires de
42 pays détenus sans inculpation à Guantanamo,
dans le cadre de la guerre contre le terrorisme engagée
par les États-Unis.
La libération de ces quatre Britanniques, dont certains
affirment avoir été victimes de tortures, fait
suite à plusieurs mois de négociations entre Washington
et Londres, compliquées par les exigences américaines
en matière de sécurité. Le Département
d'Etat américain a précisé mardi que les
autorités britanniques avaient assuré que "les
détenus ne poseront pas de menace à la sécurité
pour les États-Unis et leurs alliés".
En mars dernier, cinq autres Britanniques avaient été
rapatriés de Guantanamo vers la Grande-Bretagne. Quatre
d'entre eux ont été arrêtés, puis
interrogés, avant d'être libérés
dans les 24 heures.
Source : AP, 26 janvier 2005
26/01/05
- Les Musulmans britanniques se fâchent
Les responsables de la communauté musulmane britannique,
d’ordinaire parfaitement flegmatiques, sont sortis de
leurs gonds lundi, lors de leur rencontre mensuelle avec des
responsables de la police métropolitaine du Grand-Londres,
et ont quitté la réunion. Raisons de leur colère
: l’intention annoncée de la police de procéder
à l’interpellation et à la mise en garde
à vue des quatre détenus rapatriés de guantanamo
ce mardi soir. Allant même plus loin, les responsables
musulmans ont appelé à un rassemblement de protestation
à partir de 17 heures mardi devant le commissariat de
police de haute sécurité de Paddington Green,
sur Edgware Road, où les quatre détenus rapatriés
par un avion C-17 de la Royal Air Force devaient être
amenés après leur débarquement, vers 18
h 30. Le Muslim Safety Forum (Forum musulman de Sécurité)
est une structure de concertation avec la police londonienne
mise en place il y a plus de deux ans. Les 20 membres de ce
forum ont plusieurs raisons de ruer dans les brancards : d’une
part, la situation de 9 détenus musulmans étrangers
détenus sans inculpation et au secret depuis 3 ans, d’autre
part, la situation de Babar Ahmad, détenu actuellement
suite à une demande d’extradition US.
Source: Blink.org.uk, 24 janvier 2005
Les
forces iraquiennes accusées de torture
Selon deux journalistes du Financial Times présents à
Bagdad, c'était "un secret de Polichinelle"
: nombreux étaient les détenus battus voire torturés
par les forces de sécurité iraquiennes. Mais,
même le corps couvert d'ecchymoses, "les détenus
n'admettaient pas avoir été torturés, de
peur que la police ne les renvoie en cellule et ne leur fasse
subir de pires sévices".
Depuis mardi, le secret de Polichinelle est devenu évidence.
Après les forces US, britanniques et danoises, les troupes
iraquiennes se sont trouvées officiellement accusées
de torture et de maltraitance de prisonniers. L'ONG new-yorkaise
Human Rights Watch a publié un rapport d'une centaine
de pages sur la question, rapporte en une le Financial Times.
Un document accablant, qui "suscite l'inquiétude
sur la conduite du gouvernement intérimaire irakien,
moins d'une semaine avant les premières élections
démocratiques dans le pays", commente le quotidien
londonien. Qui poursuit en citant les conclusions du rapport
: "Le gouvernement intérimaire irakien, conduit
par le Premier ministre Iyad Allaoui et présenté
à la communauté internationale comme un symbole
signifiant que les violences et les abus du gouvernement de
Saddam Hussein appartiennent désormais au passé,
apparaît jouer un rôle actif dans ces graves violations
des droits humains fondamentaux, ou à tout le moins en
être complice."
Pour alimenter son rapport, Human Rights Watch a interrogé,
en 2004, 90 prisonniers, détenus pour la plupart dans
le centre de l'Iraq. Soixante-douze ont affirmé avoir
été torturés ou maltraités pendant
leurs interrogatoires : battus avec des câbles, des tuyaux
et des tiges métalliques, ou suspendus par les poignets,
les mains attachées derrière le dos, pendant des
heures. Parmi eux, plusieurs membres de l'Armée du Madhi,
la milice chiite de l'imam Moqtada Al Sadr qui s'était
rebellée en 2004 contre les troupes US à Falloujah
et Kerbala.
Source : Courrier international, 25 janvier 2005
Les
tentatives de suicide : du pur sabotage !
L’armée US a admis, qu’en août 2003,
23 détenus de la prison de guantanamo ont tenté
de mettre fin à leurs jours par pendaison ou en s’étranglant
à l’aide de morceaux de vêtements et d’autres
objets dans leurs cellules, rapporte The Independent. Mais pour
les autorités militaires US, ces tentatives de suicide
de prisonniers, étalées sur une période
allant du 18 au 26 août 2003, visaient à "perturber
les opérations du camp et lancer un défi à
un nouveau groupe de gardes de sécurité".
A cet égard, elles citent la journée du 22 août
2003, quand dix prisonniers ont essayé de se suicider
collectivement. Bref, ces salauds de détenus sont de
vrais pervers : ils sont prêts à tout pour “perturber
les opérations” !
Deux
membres présumés d'Al Qaïda devant un juge
allemand
Deux membres présumés d'Al Qaïda accusés
d'avoir préparé un attentat-suicide en Irak ont
été présentés à un juge fédéral
allemand à Karlsruhe lundi, selon les autorités.
Le magistrat devait décider si les éléments
étaient suffisants pour maintenir les suspects en détention.
Ibrahim Mohamed K., Irakien de 29 ans habitant à Mayence,
et Yasser Abou S., Palestinien de 31 ans résidant à
Bonn, ont été arrêtés dimanche pour
leur appartenance supposée à une organisation
terroriste.
Ibrahim Mohamed K. aurait été formé dans
des camps d'entraînement d'Oussama ben Laden en Afghanistan
et aurait combattu les forces US dans ce pays. Il est accusé
de recruter pour Al Qaïda en Allemagne et de fournir une
aide logistique au réseau terroriste. Il aurait aussi
tenté d'obtenir 48 grammes d'uranium au Luxembourg -mais
sur ce point les autorités affirment ne pas disposer
d'autres informations.
Il aurait été en contact avec Ramzi Binalshibh,
considéré comme le principal contact d'Al Qaïda
pour la cellule de Hambourg, à laquelle appartenaient
trois des pirates de l'air des attentats du 11 septembre 2001
aux USA. Yéménite, Ramzi Binalshibh a été
appréhendé le 11 septembre 2002 au Pakistan et
est détenu par les forces américaines.
Yasser Abou S., né en Libye et détenteur d'un
passeport égyptien, aurait prévu de se faire passer
pour mort afin de toucher l'argent de son assurance puis de
commettre un attentat-suicide en Irak, selon le procureur Kay
Nehm. Il aurait été recruté par Ibrahim
Mohamed K. en septembre alors qu'il étudiait en médecine.
L'Irakien aurait contracté une assurance-vie en son nom
pour plus de 800.000 Euro. La majorité de la somme était
semble-t-il destinée à financer Al Qaïda.
Source : AP, 24 janvier 2005
2
Tunisiens et 1 Marocain acquittés de l’accusation
de terrorisme à Milan
Le tribunal de Milan a acquitté lundi deux Tunisiens
et un Marocain accusés d'avoir recruté des volontaires
pour des attentats-suicide en Iraq, selon l'un des avocats de
la défense. Les deux premiers ont néanmoins été
condamnés à trois ans de prison et le troisième
à 22 mois, pour complicité d'immigration illégale
et falsification de documents.
Les Tunisiens Ali Ben Sassi Toumi et Bouyahia Maher ainsi que
Mohamed Daki avaient été arrêtés
en 2003, a précisé Me Sara Fardella, avocate d'Ali
Ben Sassi Toumi.
Le procès de deux autres hommes, Noureddine Drissi, marocain,
et Kamel Hamraoui, tunisien, a été transféré
à Brescia, dans le nord de l'Italie, car ils sont soupçonnés
d'appartenir à une cellule terroriste installée
dans la ville voisine de Crémone. Ils ont aussi été
appréhendés en 2003.
Selon Me Fardella, l'accusation avait requis jusqu'à
dix ans de prison contre les accusés. Les autorités
judiciaires milanaises n'ont pas fait de commentaires.
Source : AP, 24 janvier 2005
25/01/05
- Nouvelles arrestations en Allemagne
Un haut responsable présumé d'Al Qaïda, soupçonné
de préparer un attentat suicide en Iraq, ainsi que l'un
de ses complices ont été arrêtés
dimanche en Allemagne.
Les services du procureur fédéral les ont identifiés
sous les noms d'Ibrahim Mohammed K, un Iraquien de 29 ans, et
de Yasser Abou S., Palestinien apatride de 31 ans.
La police est intervenue à quatre adresses dans les villes
de Mayence et de Bonn dimanche en début de matinée.
Les deux suspects, arrêtés à Mayence, sont
poursuivis pour appartenance à une organisation terroriste.
Ils étaient sous surveillance depuis octobre.
Selon le procureur fédéral Kay Nehm, l'Iraquien
a recruté le Palestinien en septembre 2004 en vue d'un
attentat suicide en Iraq. Ils s'apprêtaient à essayer
de toucher la prime d'assurance vie de 800.000 euros du second
en le faisant passer pour mort, afin de financer l'opération.
Le premier aurait en outre essayé de se procurer du matériel
radioactif.
Au cours d'une conférence de presse, Nehm a indiqué
que le suspect était en contact avec une organisation
luxembourgeoise en possession de ce type de matériel,
en soulignant toutefois qu'il n'était pas utilisable
en tant qu'explosif.
Le parquet a fait savoir que l'Iraquien s'était rendu
à maintes reprises dans des camps d'entraînement
d'Al Qaïda en Afghanistan avant les attentats du 11 septembre
2001 contre les Etats-Unis et qu'il y était resté
ensuite pendant un an pour y combattre les forces américaines
qui s'y étaient déployées.
Durant cette période, a dit Nehm, l'Iraquien a eu des
contacts avec Oussama ben Laden et d'autres dirigeants d'Al
Qaïda tels que Ramzi bin al Chaibah, aujourd'hui entre
les mains des Américains.
De source proche du parquet, on rapporte que ces dirigeants
ont persuadé le suspect irakien de recruter des kamikazes
en Europe. Avec ses documents allemands, il a pu traverser le
continent et arriver en Allemagne en septembre 2002, ajoute-t-on.
Le nom de l'Iraquien ne figure cependant pas sur les listes
de membres d'Al Qaïda publiées par le FBI ou par
l'Onu.
Les deux hommes devaient comparaître lundi devant un juge
d'instruction à la Haute cour de justice fédérale
de Karlsruhe.
La précédente vague d’arrestations avait
eu lieu le 12 janvier. Dans des raids menés dans six
villes, dont Ulm, Berlin, Francfort et Bonn, 700 policiers avaient
arrêté 22 personnes originaires de 8 pays : Égypte,
Tunisie, Algérie, Libye, Palestine, Maroc, Bulgarie et
Allemagne. Les informations ayant déclenché ces
arrestations émaneraient d’un détenu interrogé
à guantanamo.
En effet, 3 ans après leur enfermement à guantanamo,
une cinquantaine de détenus, enfermés dans le
Camp n°5, continuent d’être interrogés
par les services de renseignement.
Source : Reuters, 23 janvier 2005 et Boston Globe, 24 janvier
2005
Un
goulag mondial, pour cacher les sales secrets de la guerre anti-terroriste
par Jonathan Steele, The Guardian, 14 janvier 2005. Original
:
http://www.guardian.co.uk/comment/story/0,3604,1390096,00.html
Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier
[Bush
réfléchit à la création de prisons
américaines à l’étranger, afin d’y
détenir à vie des « suspects ».]
La promesse de libération imminente de quatre détenus
britanniques enfermés dans la (tristement) célèbre
prison américaine de Guantanamo Bay est, bien entendu,
bienvenue. Mais elle ne représente qu’une minuscule
exception dans la déferlante de mauvaises nouvelles en
provenant de l’équipe de Bush, sur le front des
droits de l’homme. Les toutes premières journées
de la nouvelle année commençante ont en effet
déjà apporté deux informations choquantes.
La première, c’est la révélation
que l’administration américaine voit dans les Etats-Unis
non seulement un flic mondialisé auto-nommé, mais
aussi un maton de la prison globale. Elle est en train de réfléchir
à la construction de prisons dans des pays étrangers,
en particulier des pays présentant des « états
de sévices » déplorables en matière
de droits de l’homme et vers lesquels ils pourraient transférer
dans le plus grand secret des détenus (non reconnus coupables
par un quelconque tribunal) pour le restant de leurs jours –
une sorte de goulag mondialisé, hors du contrôle
du Comité international de la Croix Rouge et de tout
autre observateur ou juriste indépendant.
Quant à l’autre horreur, c’est la lumière
apportée aux conceptions d’un certain Alberto Gonzales,
candidat de la Maison Blanche au poste de responsable suprême
en matière judiciaire : celui d’ « attorney
general » [procureur et ministre de la Justice des Etats-Unis].
Lors de son audition probatoire au Sénat, la semaine
passée, il s’est révélé sous
les traits d’un homme qui non seulement refuse d’écarter
le recours à la torture, quelles que soient les circonstances,
mais aussi qui a assisté, en sa qualité de conseiller
auprès de la Maison Blanche durant ces dernières
années, à plusieurs réunions au cours desquelles
des techniques « spécifiques » d’interrogatoire
ont été examinées. Comme l’a fait
observer Edward Kennedy (non démenti par Gonzales), ces
techniques spécifiques incluaient le fait de menacer
le « patient » de l’enterrer vivant, ou le
« water-boarding », consistant à attacher
le détenu à une planche, à le pousser de
force dans l’eau, enveloppé d’une serviette
éponge, tout en lui faisant croire qu’on le laisserait
volontiers se noyer.
Depuis sa création, après les attentats du 11
septembre, le camp américain de détention d’étrangers
de Guantanamo Bay (sur l’île de Cuba) est devenu
le phare de l’absence de liberté, une sorte de
concurrent maléfique à la Statue de la Liberté,
dans la vitrine des chromos symbolisant l’Amérique.
Le goutte à goutte des libérations de prisonniers
enfermés dans ses fillettes a apporté un témoignage
direct sur les horreurs qui se poursuivent là-bas. Aussi
n’est-il nullement étonnant que l’administration
Bush soit en train d’essayer de trouver des endroits moins
visibles où enfermer ses prisonniers à perpète,
de crainte qu’ils ne racontent ce qu’ils ont subi.
Les prisonniers de Guantanamo sont sous la responsabilité
du ministère de la Défense. Mais, en vertu d’une
nouvelle organisation, la plupart des détenus étrangers
se retrouveront sans doute sous la férule de la CIA,
laquelle est soumise à beaucoup moins de surveillance
de la part du Congrès des Etats-Unis et n’accorde
quasiment jamais à la Croix-Rouge le droit d’accéder
aux détenus. Parmi ces prisonniers à Guantanamo
se trouvent plusieurs centaines de personnes arrêtées,
au cours des dernières semaines, à Falloujah,
ainsi que dans d’autres villes d’Iraq.
D’après le Washington Post, qui a révélé
cette information la semaine passée, une proposition
consiste en ce que les Etats-Unis construisent de nouvelles
prisons en Afghanistan, en Arabie Saoudite et au Yémen.
Des responsables officiels de ces pays gèreraient lesdites
prisons et autoriseraient le Département d’Etat
(= Affaires étrangères = Condy Rice, NdT) à
« y surveiller le respect des droits de l’homme
».
Proposition – ô combien – risible, dès
lors que l’exercice a pour finalité première
de réduire au minimum toute possibilité de contrôle.
Des agents de la CIA auraient le droit d’interroger les
détenus – avec, ou sans – l’aide d’interrogateurs
[lire : bourreaux, NdT] étrangers, comme ils le font
d’ores et déjà dans leurs prisons extraterritoriales
de la base aérienne de Bagram (en Afghanistan) ou encore
sur des bateaux ancrés au large, ou encore en Egypte
et en Jordanie, voire sur la base militaire de Diego Garcia.
La politique états-unienne consistant à confier
des détenus aux geôliers et tortionnaires étrangers
– connue sous le nom d’ « extradition »
ou de « livraison » – a débuté
durant la « guerre aux drogues », où elle
représenta un moyen d’arrêter des parrains
du trafic de drogue latino-américains et de les «
attendrir » avant leur procès aux Etats-Unis. Elle
s’est énormément développée
depuis le début de la « guerre contre la terreur
». Comme l’a déclaré un responsable
de la CIA au Washington Post, « toute cette idée
grandiose se résume à une déformation des
extraditions. Désormais, il ne s’agit plus d’extrader
pour remettre quelqu’un entre les mains de la justice,
mais de kidnappings, purement et simplement. »
Il aurait pu ajouter qu’il s’agit aussi, en l’occurrence,
de kidnapping à vie. La semaine passée, un haut
responsable américain a dit au New York Times que les
trois quarts des 550 prisonniers à Guatanamo ne détiennent
plus aucun renseignement qui présente le moindre intérêt.
Mais ils ne seront pas relâchés, de crainte qu’ils
ne continuent à représenter une menace pour les
Etats-Unis. » « En fait, ce que l’on fait
d’eux consiste, ni plus ni moins, à les tenir loin
du champ de bataille. Mais – manque de bol – dans
la guerre contre le terrorisme, le champ de bataille est absolument
partout ! », a-t-il conclu.
Depuis la destruction de Falloujah, les Etats-Unis détiennent
325 non-Iraquiens en garde à vue, dont beaucoup de Syriens
et de Saoudiens. Interrogé par la Commission judiciaire
du Sénat, Gonzales a déclaré que le ministère
de la Justice pense que les non-Iraquiens arrêtés
en Iraq ne sont pas protégés par les conventions
de Genève, qui interdisent le transfert de prisonniers
à l’extérieur du pays où ils sont
détenus.
L’an dernier, il a été révélé
que Donald Rumsfeld, secrétaire à la Défense,
avait approuvé la mise au secret de « détenus
fantômes » en Iraq. Leurs noms n’avaient pas
été inscrits sur les registres produits lors des
inspections de la Croix Rouge : ils avaient de ce fait même
perdu toute chance de recevoir des visites ou de jouir d’autres
droits juridiquement garantis aux prisonniers. Désormais,
nombre de nouveaux prisonniers seront éligibles à
une catégorie d’invisibilité encore plus
poussée : ils seront envoyés en détention
dans des lieux secrets, à l’étranger.
Bien qu’il ait juré ses grands dieux, au cours
de sa déposition devant le Sénat, qu’il
trouvait la torture « horrifiante », Gonzales n’a
donné aucune claire assurance qu’elle cesserait
d’être pratiquée. En tant que conseiller
auprès de la Maison Blanche, il a approuvé un
moratoire administratif contre la torture, en août 2002,
lequel était tellement restrictif qu’il ne semblait
en réalité ne qualifier de torture qu’un
traitement « susceptible de causer la mort ». Autrement
dit, d’après ce document : si une victime de tortures
survit, c’est qu’elle n’a pas été
véritablement torturée !
Ce mémoire affirmait également qu’il ne
saurait y avoir torture que lorsque l’intention est de
causer de la douleur. Si la douleur est utilisée de manière
non-intentionnelle afin d’acquérir de l’information
ou d’obtenir un aveu, elle n’est pas synonyme de
torture. Grâce à cette définition très
étroite de ce qui est interdit, des responsables américains
continuent à user systématiquement de traitements
inhumains à l’encontre de détenus –
le phénomène est bien plus vaste que les quelques
« pommes pourries » [= brebis galeuses] dénoncées
par les photographies prises dans la prison d’Abou Ghraïb.
Cerise sur le gâteau : on affirme qu’il ne s’agit
pas tout à fait de torture !
Quelques jours avant l’audition de Gonzales au Sénat,
le ministère de la Justice a réécrit hâtivement
ce mémoire afin qu’une plus large catégorie
de techniques soient définies comme « tortures
», et par conséquent interdites. Mais à
l’audience, Gonzales a refusé de donner une réponse
clairement négative à la question de savoir si,
à son avis, des soldats ou des interrogateurs américains
pourraient légalement recourir à la torture «
si besoin était ».
Le clou des auditions fut l’apparition de Douglas Johnson,
directeur du Centre des Victimes de la Torture. Il argua que
le mémo, dans sa nouvelle version, ne donnait pas d’indication
claire sur ce que doivent être les standards admissibles
d’interrogatoire et de détention. Il a également
fait observer que la torture ne permet en aucun cas d’obtenir
de l’information fiable et que, de surcroît, elle
corrompt ceux qui la perpètrent.
Il a expliqué que la torture psychologique a des conséquences
plus graves que la torture physique. D’interviews de victimes,
il ressort que des dépressions et des cauchemars récurrents,
des décennies après, sont bien plus souvent associés
à des réminiscences d’exécutions
simulées (du type « water-boarding ») et
à des scénarios d’humiliation qu’à
des agressions purement physiques.
Mais il ne faut pas compter sur le fait que ces argument aient
impressionné en quoi que ce soit l’homme que Bush
veut voir nommer au sommet de l’appareil judiciaire américain.
De même que personne, à Washington, n’attend
du Sénat qu’il refuse, ou confirme, cet homme à
ce poste.
Joyeuse Nouvelle Guerre au Terrorisme 2005 !
j.steele@guardian.co.uk
24/01/05
- De guantanamo au Parlement de Westminister ?
Il n'y a qu'en Angleterre que l'on peut voir cela : il y a de
fortes chances que deux anciens détenus britanniques
de guantanamo soient élus au parlement de Westminster
en mai prochain. Moazzam Begg et Richard Belmar devraient en
effet être rapatriés mardi de guantanamo, ensemble
avec Feroz Abbasi et Martin Mubanga. Il est fortement question
que Begg et belmar se présentent comme candidats aux
élections législatives sur la liste présentée
par le nouveau Parti pour la paix et le progrès créé
par l'actrice Vanessa Redgrave te son frère Corin. L'année
dernière, ils avaient répondu positivement à
la question, transmise par un avocat, des Redgrave : seriez-vous
prêt à vous présenter aux élections
à partir de votre cage ? D'ores et déjà,
Azmat begg, le banquier de Birmingham qui s'est très
fortement engagée pour son fils, a déclaré
qu'il se présenterait aux élections sir celui-ci
ne souhaitait pas le faire. Begg père ou Begg fils auraient
de bonnes chances d'être élus dans la circonscription
de Hodge Hill, emportée de justesse par les travaillistes
dans une élection partielle l'année dernière,
avec une majorité d'à peine 460 voix. Quant à
Belmar, il pourrait se présenter à Londres.
On saura très bientôt ce que pensent les intéressés
de cette idée.
Source : The Guardian, 22 janvier 2005
Fin
des "tribunaux d'examen du statut de combattant"
Avec l'examen du dernier cas samedi 22 janvier, en l'absence
de l'intéressé, les "tribunaux d'examen du
statut des combattants" ont achevé leur travail.
327 détenus ont été "jugés"
comme "ennemis combattants" et maintenus en détention,
3 détenus ont fait l'objet d'une décision de libération
et 227 détenus attendent une décision.
Source : AP, 22 janvier 2005
Donald
Rumsfeld a peur de se rendre en Allemagne
Le secrétaire US à la défense a annoncé
aux organisateurs de la Conférence sur la sécurité
de Munich, prévue en février, qu'il ne s'y rendra
pas. il risquerait en effet d'être interpellé par
la justice allemande, suite à un dépôt de
plainte pour crimes de guerre par le Centre new-yorkais pour
les droits constutionnels, une organisation US de défense
des droits humains, et quatre anciens détenus iraquiens
victimes de tortures à Abou Ghraïb. la plainte est
actuellement examinée par le Parquet fédéral
à Karlsruhe.
Nouvelle
enquête sur les mauvais traitements de prisonniers
Paul Wolfowitz, secrétaire adjoint à la défense,
a ordonné au vice-amiral Ronald Route de mener une enquête
sur les documents rendus publics par l'American Civil Liberties
Union, et dans lesquels des agents du FBI décrivent et
critiquenet le traitement subi par les détenus de guantanamo.
Le vice-amiral a 30 jours pour remettre son rapport, qui pourrait
conduire à l'ouverture d'une enquête par la justice
militaire.
Source : AP, 21 janvier 2005
Un
soldat US condamné à trois ans de prison pour
homicide involontaire contre une traductrice iraquienne
Une cour martiale US a condamné un soldat de la 1ère
Division de cavalerie à trois ans de prison pour homicide
involontaire après qu'une traductrice iraquienne eut
été tuée dans une base militaire de Bagdad.
Il a également été dégradé
et congédié pour mauvais comportement.
Le soldat Charley L. Hooser a également été
jugé coupable de faux témoignage lorsqu'il a été
interrogé par les enquêteurs sur la mort d'une
traductrice iraquienne le 24 novembre dernier, dans une base
militaire de Bagdad, a déclaré le commandement
US.
Une autre soldat, Rami Dajani, a également accusé
et condamné pour faux témoignage, mais les charges
d'homicide involontaire portées à son encontre
ont été abandonnées.
Source : AP, 23 janvier 2005
22/01/05
- Annemette, femme danoise émancipée, capitaine
de réserve, tortionnaire en Iraq
Cinq Danois - un officier subalterne des services de renseignement
et quatre membres de la police militaire - ont été
inculpés pour des mauvais traitements infligés
à des prisonniers irakiens dans le sud de l'Iraq, rapporte
vendredi l'agence de presse danoise Ritzau.
Annemette Hommel, capitaine de réserve de 37 ans et experte
linguistique en langue russe, et les quatre autres militaires
sont passibles d'une peine allant jusqu'à un an de prison
s'ils sont reconnus coupables d'avoir commis des infractions
aux règles militaires lors d'interrogatoires menés
l'an dernier.
Hommel a été renvoyée au Danemark en juillet,
avant l'échéance de sa mission en Iraq, après
que des collègues de son unité se furent plaints
de ses méthodes d'interrogatoire musclées.
Selon des enquêteurs de l'armée, l'officier a verbalement
humilié des détenus, les a obligés à
se tenir dans des postures douloureuses et a réduit leur
approvisionnement en nourriture et en eau ainsi que leur accès
aux toilettes. Tout cela s'est passé au Camp Eden, près
de Bassorah, où sont stationnés un demi-millier
de militaires danois, entre mars et juin 2004
L'intéressée a démenti les accusations
la visant.
D'après l'agence de presse danoise Ritzau, l'ancien chef
de la police militaire et de la section reseignement danoises
en Iraq, le colonel Henrik Flach, a été innocenté
par l'enquête et ne sera pas inquiété.
Les accusations ont suscité beaucoup d'émotion
au Danemark, où la politique iraquienne du gouvernement
de centre-droit favorable aux USA conserve de nombreux soutiens.
Cette affaire vient s'ajouter à des accusations similaires
visant des militaires américains et britanniques stationnés
en Iraq.
Source : Reuters, 21 janvier 2005 & TV2 Danemark, 4 août
2004
Le
gouvernement cubain prend position sur le traitement des détenus
de guantanamo
Dans une démarche nouvelle - et, à notre connaissance,
pour la première fois depuis 3 ans -, le gouvernement
cubain vient de prendre position sur le traitement des détenus
du camp US de guantanamo. Dans une lettre au gouvernement de
Washington, le ministère des Affaires étrangères
de la République de Cuba dénonce “la torture
horrible, la cruauté et le traitement humiliant et insultant
des prisonniers”, qui font partie des sévices “commis
chaque jour par le gouvernement US”.
Le département d’État a rejeté ces
critiques d’un revers de main, déclarant qu’il
était ironique que ces critiques émanent du “plus
grand - et le plus fermé - violateur des droits humains
de l’hémisphère”.
Peut-être la justice cubaine va-t-elle enfin se décider
a ouvrir une enquête sur ce qui se passe dans le camp
de guantanamo, situé après tout sur le territoire
cubain et relevant, selon les termes du traité cubano-US
de 1903, renouvelé en 1934, de “l’éminente
souveraineté” de Cuba ?
Source : AP, 19 janvier 2005
Le
juge Richard Leon donne raison au Pentagone
Le juge fédéral Richard Leon vient de rendre un
jugement démettant de leur requête les avocats
de sept détenus de guantanamo - un français, un
Algérien et cinq Algéro-Bosniaques - qui demandaient
que leur cas soit examiné par une juridiction ordinaire.
dans les attendus, le juge explique que la justice n’a
pas à connaître du cas d’étrangers
capturés durant un conflit armé et détenus
en dehors du territoire US. On attend maintenant la décision
d’un autre juge fédéral, Joyce Hens Green,
concernant la plainte similaire de 10 autres détenus
de guantanamo.
Source : Reuters, 20 janvier 2005
Abou
Ghraïb : vers l’inculpation d’officiers supérieurs
?
Les témoignages entendus au procès du caporal
Charles Graner, qui vient d’être condamné
à 10 ans de prison, les éléments contenus
dans les divers rapports officiels et les demandes des organisations
de défense des droits humains : tout concourt à
ce qu’on s’achemine finalement vers l’ouverture
d’enquêtes, suivies d’inculpations et de procès
contre des officiers supérieurs, ayant ordonné
les sévices ou les ayant encouragés, ou simplement
couverts. La question est seulement : jusqu’où
la justice militaire osera-t-elle remonter dans la hiérarchie
? Il y a 3 niveaux : celui des officiers supérieurs placés
à des postes de commandement direct à Abou Ghraïb,
comme le Colonel Thomas Pappas, le plus haut gradé des
services de renseignement militaire à Abou Ghraïb,
et le Lieutenant-colonel Steve Jordan, chef du Centre conjoint
d’interrogatoires et de débriefing; ensuite le
niveau du haut commandement : le lieutenant-général
Ricardo Sanchez, ancien commandant en chef des troupes en Iraq,
qui a approuvé les méthodes d’interrogatoire;
et enfin, le niveau politique : le secrétaire à
la Défense Donald Rumsfeld, contre lequel Human Rights
Watch vient d’exiger qu’un procureur spécial
soit nommé pour enquêter sur sa responsabilité
dans les tortures à ABou Ghraïb, guantanamo et ailleurs.
On peut toujours rêver...
Source : www.dawn.com, 17 janvier 2005
Après
leur libération, ils prient |
81
prisonniers afghans libérés de bagram, 400 autres
promesses de libération
À quelques jours de l’Aïd, les autorités
d’occupation US en Afghanistan ont eu un geste “généreux”
et libéré, dimanche 16 janvier, 81 prisonniers,
suspectés d’être des Talibans et jamais jugés,
qui étaient détenus à la base militaire
US de bagram. Selon le chef de la cour suprême afghane
Fazl Hadi Shinwari , les autorités US ont promis de libérer
tous les autres “talibans” détenus à
bagram et à guantanamo, qui seraient au nombre de 400.
Un détenu libéré, Abdul Manan, 35 ans,
a déclaré à Reuters avoir été
torturé pendant les interrogatoires, au début
de la détention, puis avoir été traité
correctement.
Interrogé par téléphone satellitaire, le
porte-parole des talibans Abdullatif Hakimi a déclaré
: « Tous les prisonniers aux mains des Américains,
à l’intérieur ou à l’extérieur
de l’Afghanistan sont des gens innocents, pas des talibans.
Les Américains torturent et portent atteinte à
ces gens innocents dans leurs prisons. Ils doivent tous être
libérés. »
Source : Al Jazira, 17 janvier 2005
Les
Britanniques aussi ont leur scandale Abou Ghraib
Les mauvais traitements infligés par des soldats britanniques
à des détenus civils irakiens font la une de la
presse londonienne, qui n'hésite pas à étaler
en première page les photos témoignant de ces
abus.
"Choquantes et épouvantables", s'indigne The
Independent pour commenter les photos de soldats britanniques
torturant et humiliant sexuellement des civils irakiens. "La
publication de ces documents rappelle la controverse suscitée
par les abus commis par des soldats américains à
l'encontre de prisonniers irakiens à la prison d'Abou
Ghraib", poursuit le quotidien britannique. Trois soldats,
membres du régiment royal des fusiliers, sont impliqués
dans cette affaire. Ils sont accusés d'avoir, en mai
2003, agressé des détenus civils irakiens et de
les avoir forcés à simuler des actes sexuels,
dans un hangar à Bassorah (sud de l'Irak), région
où se trouve l'essentiel des forces britanniques en Irak.
"Au total, ils doivent répondre de neuf chefs d'accusation",
précise le journal.
The Guardian reprend les mêmes termes " choquantes
et épouvantables " pour commenter les photos
qui "ont été montrées hier, mardi
18 janvier, à la cour martiale britannique qui siège
à Osnabrück (nord de l'Allemagne), où le
procès des trois soldats incriminés a lieu".
Le caporal-chef Darren Larkin, 30 ans, a plaidé coupable
pour certaines accusations et a reconnu avoir infligé
de mauvais traitements, mais il a nié avoir eu "une
conduite indécente", poursuit le quotidien. Le deuxième
caporal-chef impliqué, Mark Cooley, 25 ans, et le caporal
Daniel Kenyon, 33 ans, ont quant à eux rejeté
les accusations retenues contre eux.
Lors de cette première audience, vingt-deux photographies
prises par cinq soldats ont été mises à
la disposition des médias, rapporte The Guardian. "Cette
affaire a été révélée quand
un autre membre du régiment royal des fusiliers
et l'un des auteurs des photographies , Gary Bartlam, 20
ans, a déposé sa pellicule dans un magasin situé
dans sa ville d'origine, Tamworth. La police a été
alertée et le soldat arrêté le 28 mai 2003.
Bartlam a été récemment jugé par
une autre cour martiale. Mais le juge Michael Hunter, qui fait
également partie de la cour qui juge actuellement les
trois autres soldats, avait interdit la publication des débats
et du jugement", indique le quotidien.
Les Irakiens maltraités avaient été arrêtés
à la suite de pillages dans un entrepôt de nourriture
de l'aide internationale, connu sous le nom de "Bread Basket"
et situé à l'ouest de Bassorah.
"Epouvantable !", s'exclame également The Daily
Telegraph. Le journal conservateur revient longuement sur l'opération
nommée Ali Baba, menée par les soldats britanniques
le 15 mai 2003, qui a conduit à l'arrestation "de
plus de vingt pillards. Le chef de bataillon Dan Taylor, qui
avait la responsabilité de l'entrepôt Bread Basket,
avait alors donné l'ordre de punir les détenus.
Un ordre considéré par l'accusation comme illégal
au regard de la convention de Genève."
Le Financial Times n'est pas en reste et titre en première
page : "L'armée britannique sur la défensive".
Le quotidien financier rapporte que le général
Mike Jackson, chef de l'armée britannique, a essayé
de défendre l'honneur de ses hommes. S'il a reconnu que
"tous les abus sont absolument condamnables", il a
néanmoins insisté sur le fait que "sur les
65 000 soldats britanniques présents en Irak, seul un
petit nombre était concerné" par l'affaire.
Quant à "la comparaison inévitable"
avec le scandale d'Abou Ghraib qui a éclaboussé
l'armée américaine, "elle comporte des risques
importants pour le gouvernement britannique", relève
le FT. La polémique sur la légitimité de
la guerre menée en Irak et sur le soutien apporté
dans ce conflit par le Premier ministre Tony Blair à
l'administration Bush "menace de resurgir à moins
de quatre mois des élections générales.
Par ailleurs, même si, à la différence de
ce qui s'est passé à la prison d'Abou Ghraib,
les abus commis par les soldats britanniques ne sont pas de
nature systématique, la réputation de l'armée
britannique en Irak pourrait être irrémédiablement
salie par ces photographies."
Source : Courrier international, 19 janvier 2005
Nasser
Al Mutairi libéré de guantanamo
Le premier détenu koweïtien à être
libéré du camp de guantanamo a été
rapatrié au Koweït le 16 janvier à bord d'un
avion affrété par le gouvernement de l'émirat.
Nasser Al Mutairi était l'un des 12 Koweïtiens détenus
à guantanamo depuis janvier 2002.
Source : Reuters, 16 janvier 2005
Un
avocat britannique commis d'office renonce à défendre
des étrangers détenus sans inculpation
Rick Scannel, un des avocats d'office pour défendre les
12 étrangers musulmans détenus sans inculpation
en Grande-Bretagne en application de la loi antiterroriste,
vient d'annoncer qu'il renonçait à sa mission.
Il entend ainsi protester contre le refus du gouvernement de
mettre en application la décision de la Chambre des Lords,
émise en décembre, selon laquelle la détention
de ces étrangers était une violation des droits
humains. Il s'agit du deuxième avocat commis d'office
qui refuse de s'associer à cette mascarade. Avant lui,
Ian Macdonald avait pris la même décision en décembre
2004.
Source : BBC Radio, 17 janvier 2005
Sous-traitance
de la torture dans les prisons iraquiennes
CACI International et Titan sont deux entreprises militaires
privées bénéficiant de contrats de sous-traitance
avec le Pentagone. 3 de leurs employés travaillant à
Abou Ghraïb comme "traducteurs-interrogateurs"
ont été accusés de sévices. Steven
Stefanowicz de CACI International a donné des ordres
"équivalent à des sévices physiques".
John Israel de Titan a menti sous serment. Adel Nakhla de Titan
a violé un jeune détenu iraquien. Les organisations
de défense des droits humains ont réclamé
que le Pentagone ne passe plus de contrats avec ces entreprises.
Nonobstant cela, le Pentagone vient de passer de nouveaux contrats,
avec CACI pour 16 millions de dollars et avec Titan pour 164
millions.
Source : The Observer, 16 janvier 2005
16/01/05
- 10 ans de prison pour Charles Graner, le tortionnaire en chef
d'Abou Ghraïb
La cour martiale siégeant à Fort Hood (Texas)
a condamné samedi 15 janvier le caporal US Charles Graner
à dix ans de prison pour son rôle de meneur dans
les sévices infligés à des détenus
iraquiens à Bagdad en 2003 à la prison d'Abou
Ghraïb.
Garner était passible de 15 ans de prison.
Le verdict a été prononcé un jour après
que le jury de 10 membres eut reconnu Graner coupable de dix
chefs d'accusation concernant des abus infligés à
des détenus d'Abou Ghraïb, dont certains avaient
été empilés et forcés à se
masturber. Graner n'a montré aucune émotion à
la lecture de cette peine. Prié de dire s'il regrettait
ses actes, il a observé un moment de silence avant de
répondre: «Peut-être avez-vous oublié
qu'une guerre est en train d'avoir lieu. Il y a toujours des
choses pas belles qui se passent pendant les guerres».
«Visiblement, j'ai obéi à un ordre illégal».
Auparavant, le militaire avait reconnu qu'il avait pu agir de
façon «criminelle». Mais il a également
affirmé qu'il s'était plusieurs fois plaint à
ses supérieurs des méthodes qu'il avait été
contraint d'appliquer.
L'ancien gardien de prison de Pennsylvanie a été
reconnu coupable de dix chefs d'accusation, dont ceux de complot,
voie de fait et actes indécents. «L'ennemi a besoin
de causes communes», a déclaré le procureur
dans son réquisitoire, au cours duquel il a demandé
la peine maximale de 15 ans d'emprisonnement. «L'accusé
en a fourni beaucoup».
En plus de sa condamnation à une peine d'emprisonnement,
Graner a été renvoyé de l'armée
pour manquement à l'honneur et s'est vu confisquer ses
soldes et sa pension.
Les accusations portées contre Graner ont été
étayées par des photos qui ont fait scandale dans
le monde entier et terni l'image des USA lorsqu'elles ont été
rendues publiques, l'an dernier. Certaines le montrent par exemple
posant tout sourire devant des prisonniers nus, empilés
les uns sur les autres.
«Il y avait beaucoup de choses tellement tordues dans
ce que nous faisions qu'il fallait les voir avec humour pour
les assumer», a-t-il expliqué. «Quand je
savais que quelqu'un prenait une photo, je souriais. Je n'ai
pas d'autre explication.»
Premier soldat US jugé pour cette affaire, il a cité
les noms de plusieurs de ses supérieurs auprès
desquels il dit avoir protesté contre les mauvais traitements
infligés aux détenus.
Un
bouc émissaire, selon ses parents
Charles et Irma Graner, ses parents qui habitent Pittsburgh
(Pennsylvanie), avaient dressé à la barre le portrait
d'un fils modèle et d'un père de famille dévoué
à ses deux enfants.
«Ce n'est pas le monstre pour lequel on a voulu le faire
passer. À mes yeux, il reste un héros»,
a déclaré sa mère. Celle-ci a d'ailleurs
réclamé dimanche, après le prononcé
de la condamnation, que les supérieurs de son fils soient
poursuivis. «Ce sont les supérieurs qui devraient
être devant le tribunal. Ils ont laissé les petits
se faire (punir) pour eux. Mais en fin de compte , la vérité
finira par sortir», a-t-elle dit.
Dans sa plaidoirie, l'avocat de Graner avait déjà
affirmé que celui-ci avait agi sur ordres des responsables
du renseignement militaire dans la prison irakienne. L'accusation
a en revanche affirmé que Graner et les autres militaires
impliqués dans le scandale des sévices d'Abou
Ghraïb n'avaient pas agi sur ordre mais pour leur propre
plaisir. Le procureur Chris Graveline a montré lors du
procès plusieurs clichés ainsi qu'une vidéo
qui n'avait jamais été rendue publique.
La première classe Lynndie England, avec laquelle Graner
a eu un enfant et qui apparaît sur un cliché où
elle tient en laisse un prisonnier irakien, devrait être
jugée prochainement.
Source : AP, 17 janvier 2005
15/01/05
- Les USA ne peuvent détenir infiniment des étrangers
inexpulsables
Une nouvelle décision de la Cour suprême US, prise
par 7 voix contre 2 et rédigée par le juge Antonon
Scalia, établit que les USA ne peuvent maintenir idnéfiniment
en détention des étrangers, même s’ils
sont jugés crimnels, et qui ne peuvent être renvoyés
dans leur pays. Le jugement est intervenu après l’examen
du cas de 2 Cubains, Benitez et Martinez, deux “Marielitos”,
c’est-à-dire qu’ils faisaient partie des
125 000 Cubains mis en 1980 à bord de bateaux, dont le
“Mariel”, et expédiés aux USA par
Fidel Castro. Condamnés pour divers délits à
des peines qu’ils ont fini de purger, les 2 hommes sont
restés en prison, puisque Cuba ne voulait pas les accueillir.
Le nombre d’étrangers condamnés à
l’expulsion et qui ne peuvent être renvoyés
dans leurs pays et sont donc maintenus en détention aux
USA est évalué actuellement à 2000. On
se demande si, cette fois-ci, le département de la Justice
va respecter cette décision de la Cour suprême
ou s’il va l’ignorer, tout comme est ignorée
depuis 7 mois la décision de la Cour suprême que
les détenus de guantanamo ont droit à remettre
leur détention en cause devant une juridiction ordinaire.
Source : Human Rights First, 12 janvier 2005
Comment
la Maison Blanche et le Pentagone légalisent en douce
la torture des “terroristes”
La Maison Blanche a fait pression l'an dernier sur les sénateurs
pour bloquer l'adoption d'un amendement qui aurait empêché
la CIA d'avoir recours à la torture dans le cadre de
la lutte contre le terrorisme, a révélé
jeudi le New York Times.
Cette disposition, qui devait être intégrée
dans la loi sur la réforme du renseignement, aurait interdit
l'usage de la torture ou de traitements inhumains lors des interrogatoires
de prisonniers soupçonnés de terrorisme.
Elle aurait aussi obligé la CIA et le Pentagone à
rendre compte au Congrès des méthodes utilisées
pour interroger les suspects.
Ces points de la réforme étaient sur le point
d'être largement approuvés par le Sénat
lorsque la Maison Blanche est intervenue auprès des leaders
du Congrès. "L'administration a voulu préserver
l'option de l'usage de la torture", a estimé sous
couvert de l'anonymat un élu démocrate cité
par le New York Times.
Parmi les courriers adressés aux sénateurs pour
leur demander de ne pas changer les règles entourant
les interrogatoires, figurent une lettre de Condoleezza Rice
, conseillère pour la sécurité nationale
du président George W. Bush, et une autre du Pentagone
"appelant fermement" les élus à revoir
leur position, ajoute le journal.
Le président Bush a promulgué le 17 décembre
la plus grande réforme du secteur du renseignement depuis
plus d'un demi-siècle, trois ans après les attentats
du 11 septembre 2001.
Source : AFP, 13 janvier 2005
La Maison Blanche défend des méthodes
d'interrogatoire musclées
L'administration
américaine a reconnu, jeudi 13 janvier, avoir demandé
au Congrès d'abandonner un projet de loi visant à
limiter le recours à ces méthodes.
La
Maison Blanche a reconnu, jeudi 13 janvier, que l'administration
du président George W. Bush avait exhorté le Congrès
à abandonner un projet de loi visant à maîtriser
le recours aux méthodes d'interrogatoire musclées
par les services de renseignement américains.
Le porte-parole de la Maison Blanche, Scott McClellan, a néanmoins
précisé que George Bush avait clairement fait
part de son opposition à la torture, quelles que soient
les circonstances.
"Nous disons clairement que nous n'excusons pas la torture.
Le président n'autorisera jamais la torture, et cela
s'applique à tout le monde", a-t-il dit.
Le New York Times rapporte jeudi sur son site Internet que des
membres du Congrès ont renoncé le mois dernier,
à la demande de la Maison Blanche, à une mesure
législative imposant aux services de renseignement de
nouvelles restrictions à l'usage de méthodes d'interrogatoire
extrêmes.
Le Sénat avait pourtant approuvé le texte par
96 voix contre deux dans le cadre d'une réforme de la
législation concernant ces services. M. McClellan a reconnu
que la Maison Blanche avait envoyé une lettre aux parlementaires
en octobre pour expliquer son opposition au projet de loi.
Condoleezza Rice, conseillère de la Maison Blanche pour
la sécurité nationale et prochaine secrétaire
d'Etat, y justifiait cette opposition par le fait que le projet
de loi "accorde aux détenus étrangers une
protection légale à laquelle il n'ont pas droit
en vertu de la législation applicable".
Le projet de loi interdisait surtout aux agents américains
l'usage de la torture ou de traitements inhumains et imposait
à la CIA et au Pentagone de remettre au Congrès
un rapport sur leurs méthodes, selon l'article du NYT.
Quelques responsables démocrates ont affirmé au
journal que l'administration Bush essayait de maintenir une
certaine latitude légale pour permettre à la CIA
d'avoir recours à des pratiques d'interrogatoire "musclé".
Source : Le Monde, avec Reuters, 13 janvier 2005
Al
Jazira s'inquiète de la santé du journaliste Tayssir
Allouni, détenu en Espagne
La chaîne qatariote Al Jazira a indiqué jeudi qu'elle
s'inquiétait de la santé de son journaliste vedette
Tayssir Allouni, inculpé en Espagne d'appartenance au
réseau terroriste Al Qaïda et placé en novembre
2004 en détention préventive.
"L'état de santé d'Allouni est en train de
se détériorer, d'après ce qu'il a dit à
son épouse par téléphone (...), il passe
20 heures par jour dans une petite cellule", a affirmé
la chaîne satellitaire dans un communiqué.
La chaîne de télévision a indiqué
que "l'épouse et l'avocat d'Allouni avaient demandé
à ce qu'il puisse avoir accès à un cardiologue,
en raison de problèmes cardiaques et de douleurs au dos
dont il souffre depuis un certain temps. Ces problèmes
s'aggravent et peuvent entraîner des complications".
Le journaliste fait partie d'un groupe de 41 personnes inculpées
par le juge espagnol Baltasar Garzon de liens avec Al Qaïda
ou d'appartenance à ce réseau terroriste, avec
pour certaines -au nombre desquelles ne figure pas le journaliste-
une implication directe dans la préparation des attentats
du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.
Espagnol d'origine syrienne, M. Allouni avait été
arrêté une première fois en septembre 2003
à son domicile de Grenade (Andalousie, sud) et remis
en liberté un mois plus tard pour raisons de santé.
Il a été arrêté une seconde fois
et placé en détention préventive le 19
novembre.
Le journaliste d'Al Jazira s'était rendu célèbre
par son interview d'Oussama ben Laden après les attentats
du 11 septembre 2001 et sa couverture de la campagne américano-britannique
en Afghanistan à l'automne 2001, à partir de Kaboul.
Rappelons qu’un autre collaborateur d’Al Jazira,
un caméraman soudanais, est détenu à guantanamo
depuis 3 ans.
Source : AFP, 13 janvier 2005
«
Je me sens bien, j'ai toujours le sourire » : Charles
Graner, tortionnaire en chef à Abou Ghraïb
Les responsables des interrogatoires à la prison d'Abou
Ghraib disaient régulièrement aux soldates américaines
de ridiculiser les détenus irakiens nus et demandaient
à la police militaire de les frapper, a affirmé
jeudi l'une d'elles devant une cour martiale américaine.
Cette cour réunie sur la base de Fort Hood au Texas (sud)
a jugé pendant une semaine le soldat Charles Graner,
présenté comme le "meneur" présumé
des sévices commis en 2003 à la prison irakienne
d'Abou Ghraib. Il risque jusqu'à 17 ans et demi de prison.
La cour martiale a chevé ses audiences vendredi. Le jury
composé de dix officiers doit maintenant se réunir
pour décider du sort du soldat poursuivi pour mauvais
traitements sur des prisonniers. Si les deux-tiers des jurés
décident que Graner est coupable, il risque une peine
de 17 ans et demi de prison.
"Ils voulaient que j'aille dans la douche, montrer du doigt
les parties génitales des prisonniers et éclater
de rire", a expliqué Megan Ambuhl, une ex-soldate
renvoyée de l'armée après avoir plaidé
coupable dans le scandale. Cela arrivait "plutôt
souvent" et impliquait d'autres femmes soldates, a-t-elle
ajouté.
Megan Ambuhl témoignait à la demande des avocats
de Graner, 36 ans, qui assurent que leur client suivait à
l'époque des faits, fin 2003, les ordres de ses supérieurs.
Une fois, deux responsables ont encouragé Graner "à
frapper des détenus", a précisé ce
témoin, en reconnaissant qu'âgés d'une vingtaine
d'années, ces responsables étaient de grade peu
élevé.
Elle a toutefois indiqué n'avoir jamais entendu parler
d'ordres pour mettre en pyramide des détenus, les obliger
à se masturber ou les tenir en laisse.
Megan Ambuhl a admis avoir eu une liaison avec Graner. Dans
un courrier électronique d'avril 2004, cité par
l'accusation, elle lui a écrit: "Des études
affirment que faire l'amour souvent augmente le risque de cancer.
On aurait pu mourir la nuit dernière".
Graner a aussi eu une liaison avec la soldate Lynndie England,
autre accusée. Cette dernière a eu récemment
un enfant dont il serait le père.
Graner est accusé de mauvais traitements sur des prisonniers.
Il a décidé de plaider "non coupable"
et de rejeter la responsabilité du scandale sur ses chefs.
La cour martiale doit achever ses travaux vendredi. Les dix
membres du jury se réuniront ensuite pour rendre leur
verdict.
Graner est le premier militaire américain a être
jugé par une cour martiale aux Etats-Unis.
"Je me sens bien, j'ai toujours le sourire", a dit
Graner à des journalistes à l'issue de l'audience.
Ces derniers jours, il a été décrit par
d'anciens prisonniers comme une personne brutale et sadique
prenant plaisir à maltraiter les détenus.
L'Armée américaine a toujours affirmé de
son côté que les mauvais traitements étaient
de la seule initiative des soldats poursuivis par la justice
et qu'ils étaient limités à des éléments
isolés.
Outre Megan Ambuhl, trois autres soldats américains ont
plaidé coupable et ont été condamnés
à des peines allant de huit mois à huit ans de
prison. Deux autres soldats devraient comparaître à
Fort Hood dans les prochains mois tandis que la soldate Lynndie
England attend que les autorités militaires décident
si elle doit comparaître ou non devant une cour martiale.
Le scandale de la prison d'Abou Ghraib a éclaté
au printemps dernier avec la publication dans de nombreux journaux
de photos de prisonniers humiliés par des soldats américains.
Ces photos montrent notamment des prisonniers nus empilés
les uns sur les autres pour former une pyramide humaine ou un
homme, également nu, tenu en laisse par une soldate.
Présentant jeudi son rapport annuel sur l'état
des droits de l'Homme dans le monde, l'organisation internationale
de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW)
a demandé aux autorités américaines de
nommer un procureur spécial chargé d'enquêter
sur les cas d'abus à Abou Ghraib. Selon HRW, les sévices
à Abou Ghraib constituent l'un des plus flagrants exemples
de violation des droits de l'homme en 2004.
Source : AFP, 14 janvier 2005
Les
avions fantômes du Pentagone, et des disparitions sur
ordre
par Christophe Bollyn, American Free Press, www.americanfreepress.net.
Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier
[Les articles publiés par les médias consensuels
évoquant un mystérieux
aéroplane utilisé pour transporter des individus
vers des pays tiers à des
fins de torture et d'interrogatoires ont fait l'impasse sur
les graves
questions juridiques que soulèvent ces « extraditions
extrajudiciaires ».]
On constate depuis quelque temps une floraison d'articles, dans
la presse
américaine, au sujet d'un avion de la flottille exécutive,
utilisé par «
diverses agences de renseignement américaines »
afin de transporter des «
suspects de terrorisme » arrêtés vers des
pays tiers, à des fins d'
interrogatoires pouvant recourir à la torture. Toutefois,
les médias
consensuels omettent dans une grande mesure des détails
fondamentaux sur ces
« extraditions extrajudiciaires », pratique initiée
par l'administration
Clinton, qui ignore les questions juridiques qu'elle soulève.
Le quotidien britannique Sunday Times a évoqué
l'avion mystérieux, du type
Gulfstream 5, le 14 novembre de l'année dernière,
indiquant qu'il avait
obtenu les documents de vol de 300 trajets, montrant «
les mouvements du
Gulfstream 5 autorisés par des agents du département
américain à la Défense
et à la CIA. »
D'après ce journal, les documents de vol montrent que
les Etats-Unis ont
utilisé cet avion afin de transporter des « prisonniers
» vers « des pays
caractérisés par l'état lamentable des
droits de l'homme », où ils ont été
remis aux autorités à des fins de « tortures
par procuration. »
Au cours des deux années écoulées, l'avion,
qui décolle « toujours » de
Washington, D.C., « a pris 49 destinations différentes
en dehors des
Etats-Unis, y inclus le camp de détention de Guantanamo
Bay, à Cuba, et d'
autres bases militaires américaines. » L'Egypte,
la Jordanie, le Maroc, l'
Afghanistan et l'Uzbékistan figurent au palmarès
de destinations étrangères
de l' « avion de torture », enregistré sous
le numéro N379P.
Le Gulfstream s'est posé au moins sept fois en Ouzbékistan,
une dictature
alliée des Etats-Unis dans la « guerre anti-terroriste
», et où, écrit le
Times, « la police secrète est tristement célèbre
pour ses méthodes d'
interrogatoire ; il a même été fait état
de prisonniers que l'on ferait
bouillir. »
« J'ai eu à connaître de nombreux cas de
viol, en présence de membres de la
famille de la victime, aux fins de leur soutirer des informations
», a
récemment déclaré Craig Murray, ancien
ambassadeur britannique en
Ouzbékistan, sur une chaîne de télévision
suédoise. « J'ai des photos d'un
corps », a-t-il poursuivi : « Ces clichés
montrent qu'à l'évidence, la
personne a été bouillie jusqu'à ce que
mort s'ensuive. »
Murray a indiqué que des agents américains ont
envoyé des « suspects de
terrorisme » d'Afghanistan en Ouzbékistan afin
qu'ils y soient interrogés au
moyen de la torture. Murray a été récemment
viré de son poste, après qu'il
eut envoyé un mémo à ministre britannique
des Affaires étrangères Jack
Straw, message dans lequel il indiquait que le chef du poste
CIA à Tashkent
avait « reconnu que la torture est employée afin
d'obtenir du
renseignement. »
Les quotidiens Washington Post, Boston Globe et Chicago Tribune
ont tous
fait état de l'avion de torture, mais ils se sont focalisés
sur les
pavillons de complaisance sous lesquels l'avion est enregistré,
plutôt que
sur les crimes extrêmement graves dans lesquels il a joué
un rôle évident.
La Swedish Connection
Le
plus gros de l'information sur les « vols de torture »
proviennent d'un
journaliste suédois, Fredrik Laurin, qui a produit quatre
émissions
télévisées au sujet du kidnapping et de
la « disparition sur ordonnance » de
deux Egyptiens résidant en Suède, en décembre
2001.
Le premier des quatre épisodes de l'émission «
Kalla Fakta » (La froideur
des faits), au sujet de la « disparition sur ordonnance
» des deux Egyptiens
Ahmed Agiza (39 ans) et Muhammad Al-Zery (33 ans) a été
programmé par la
télévision suédoise le 17 mars 2004, et
on peut le regarder on-line. On ne
trouve toutefois nulle trace des détails les plus importants
de ces
enlèvements dans la presse états-unienne.
Le 18 décembre 2001, dans l'après-midi, Ahmed
Agiza a été arrêté par la
police alors qu'il rentrait chez lui, après son cours
de suédois, dans la
ville de Karlstad (Ouest de la Suède). Son épouse
et ses cinq enfants l'
attendaient chez lui.
Au même moment, à Stockholm, le service suédois
de sécurité, SÄPO,
interpellait Al-Zery sur son lieu de travail.
Après quoi, les deux Egyptiens furent emmenés
à l'aéroport Bromma de
Stockholm.
14/01/05
- Ni excuses ni indemnités pour Mamdouh Habib
Le Premier ministre libéral australien John Howard et
son ministre de la Justice Philip Ruddock ont été
très clairs, dès que la nouvelle de la prochaine
libération de Madouh Habib a été rendue
publique : pas question de présenter des excuses ni de
payer des indemnités à cet homme de 48 ans, cahuffeur
de taxi et père de 4 enfants, qui a passé 2 ans
et demi en détention à guantanamo, après
six mois dans les prisons égyptiennes, où il avait
été déposée par les services US
qui l'avaient kidnappé en Aghanistan. prisons dans lesquelles
il a été torturé. Bien que ces hauts responsables
aient proclamé qu'il n'y aurait pas de poursuites judiciiaires
contre Habib à son retour dans la patrie des kangourous,
ils ont déclaré qu'il ferait l'objet d'une surveillance
étroite. Le pentagone a pour sa part affrmé que
Habib avait entraîné aux arts martiaux certains
des pirates du 11 septembre 2001, mais sans jamais en apporter
la moindre preuve. L'avocat de Habib a cependant déjà
engagé une procédure judiciaire pour demander
des dommages et intérêts, tant aux USA qu'à
l'Australie. La déclaration péremptoire de John
Howard ne préjuge en rien de l'attitude qu'adoptera la
justice australienne, qui est tout de même, du moins en
théorie, indépendante du pouvoir exécutif.
Le combat judiciaire de Mamdouh habib, comme celui des autres
détenus libérés, ne fait que commencer
et sera long.
Source : Big News Network.com, 13 janvier 2004