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La galaxie guantanamo

AVEZ-VOUS ENTENDU PARLER DE GUANTANAMO ?
BIEN SÛR, DIREZ-VOUS. MAIS QU'EN SAVEZ-VOUS EXACTEMENT ?

 

Présentation de la Chronique de guantanamo, publiée par le Collectif guantanamo France


« Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé »

Article 9 de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme.

 

La CHRONIQUE DE GUANTANAMO est une "newsletter" électronique publiée par le Collectif guantanamo, lancée en février 2003. Depuis avril 2004, elle paraît 2 fois par mois, le 1er et le 15 du mois. Elle entre aujourd'hui dans sa troisième année. En 23 mois, nous avons constitué la plus importante base de données en langue française sur guantanamo, soit l'équivalent d'une dizaine de livres de 220 pages, accessible à tous ceux qui savent lire sur 2 sites web. Nous entendons continuer, élargir et approfondir ce travail. Mais cela ne sera pas possible sans vous.

Le 10 janvier 2005, cela fera 3 ans que 545 hommes de 40 pays sont détenus illégalement par les USA. 202 autres ont été libérés, dont une partie ont été emprisonnés dans leur pays. Exiger qu'ils soient libérés ou jugés équitablement nous semble naturel. Ce n'est pas l'avis de la Maison blanche et du Pentagone, qui ignorent depuis 6 mois un verdict de la Cour suprême US ordonnant que ces prisonniers aient la possibilité de remettre en cause leur détention devant une juridiction ordinaire.

Le Collectif guantanamo a été créé en France en février 2003. Cette association a pour but d'organiser une campagne mondiale d'information et de solidarité pour défendre les droits de toutes les personnes détenues par les USA comme "combattants ennemis illégaux" à Guantanamo, Bagram et ailleurs.

Son appel fondateur, "guantanamo : premier camp de concentration off shore de l'Empire !", peut être lu en 9 langues [ allemand, anglais, arabe, créole, danois, espagnol, français, russe, suédois ] en allant à : http://www.gwadaoka.org/guantanamo_appel_fr.htm

Son outil principal est le travail d'information. Le Collectif publie des informations sur la "galaxie guantanamo" à un rythme quasi-quotidien sur deux sites internet. Ces informations sont reprises et diffusées tous les 15 jours dans une lettre électronique appelée CHRONIQUE DE GUANTANAMO. Si vous voulez lire, puis vous abonner à cette CHRONIQUE , il suffit de nous envoyer un mail à collectif.guantanamo@gwadaoka.org

Cette Chronique contient donc toutes les informations publiées au jour le jour sur les sites http://quibla.net et http://www.gwadaoka.org/guantanamo.htm

 

POUR RECEVOIR CETTE CHRONIQUE LE 1er et LE 15 DE CHAQUE MOIS, ENVOYEZ UN MAIL INTITULÉ : "OUI, JE M'ABONNE !" À : collectif.guantanamo@gwadaoka.org. Signalez-nous si vous souhaitez apporter une contribution financière. Nous vous indiquerons coment procéder.

Nos v¦ux pour 2005 sont simples, clairs et nets : le Pentagone et la Maison blanche doivent libérer les 545 otages détenus illégalement sur la base yankee de guantanamo depuis le 10 janvier 2002. Ou au moins, ils doivent respecter la sentence émise en juin 2004 par la Cour suprême US, stipulant que les détenus ont le droit de remettre en cause leur détention devant une juridiction ordinaire. Le martyre des hommes enfermés dans le premier camp de concentration off shore de l'Empire, entrera le 10 janvier dans sa quatrième année. C'est une insulte à l'humanité. Pensez à eux !

Merci de votre attention
pour le Collectif guantanamo,
le président
Fausto Giudice
1er janvier 2005 /20 Dhul Qa'dah 1425

 

PS : NOTRE TRAVAIL ÉTANT TOTALEMENT BÉNÉVOLE, TOUTE CONTRIBUTION FINANCIÈRE VOLONTAIRE EST LA BIENVENUE. EN NOUS SIGNALANT VOTRE ABONNEMENT, INDIQUEZ-NOUS ÉVENTUELLEMENT SI VOUS SOUHAITER VERSER UNE CONTRIBUTION. NOUS VOUS INDIQUERONS ALORS COMMENT PROCÉDER. MERCI D'AVANCE.

-> Collectif guantanamo, 5 rue de Douai, F-75009 Paris - Tél. 00 33 (0)6 13 99 28 86,
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Prise d'otages à Cuba : 545 personnes toujours retenues

La plus longue et plus grande prise d'otages du XXIème siècle entre dans sa quatrième année : guantanamo, une atteinte au droit et à la souveraineté

par le Collectif guantanamo France, 10 janvier 2005

Ce 10 janvier 2005, la détention par les USA de 545 citoyens d’une quarantaine de pays dans le camp de concentration de guantanamo, situé sur sur le territoire de la République de Cuba, entre dans sa quatrième année. Au fil du temps, 202 autres détenus ont été rapatriés du camp.

Ce terme de "camp de concentration” n’a été inventé ni pas les nazis ni par les dirigeants soviétiques, mais par les autorités royales espagnoles sur ce même territoire de Cuba il y a 120 ans, lorsqu’elles ont enfermé des paysans et des guérilleros en lutte contre l’occupation coloniale. L’expression espagnole a été traduite en allemand par les autorités coloniales allemandes dans le Sud-Ouest africain, puis par les autorités coloniales britanniques en Afrique du Sud. Guantanamo s’inscrit dans cette tradition sinistre, à laquelle l’Empire du Bien apporte des innovations terrifiantes, notamment l’usage de la torture dite "légère” ("light”).

 

A-t-on le droit qualifier la détention des "combattants ennemis illégaux” à guantanamo de prise d’otages ? Oui, pour plusieurs raisons :

 

- Les hommes déportés à guantanamo ont été pour une part littéralement kidnappés sur le territoire afghan par des miliciens du général ouzbek Rachid Dostom, un criminel de guerre avéré, et remis contre paiement à l’armée US; pour une autre part, ils ont été enlevés par les services de sécurité pakistanais sur le territoire souverain du Pakistan et remis à l’armée US sans aucun respect pour les procédures légales d’extradition en vigueur dans ce pays.
- Aucune des clauses des Conventions de Genève sur le traitement des prisonniers de guerre n’a été respectée par les autorités US.
- Les autorités US refusent de se plier à l’injonction de la plus haute instance judiciaire US, la Cour suprême, qui, par une sentence émise le 28 juin 2004, a ordonné que les détenus aient la possibilité de remettre en cause leur détention devant une juridiction ordinaire US. Pour masquer ce mépris du droit, elles ont créé un organe sans aucune assise légale, le "tribunal d’examen du statut de combattant”, qui a "jugé” la plupart des détenus et a décidé de leur maintien en détention. Un seul détenu a été "jugé” libérable.
Ces derniers jours, le pouvoir exécutif US a franchi une nouvelle frontière, en désignant comme Attorney General - ministre fédéral de la Justice - Alberto Gonzales, auteur de mémorandums adressés à la Maison blanche et recommandant l’usage de la torture sur les "terroristes” capturés en Iraq et ailleurs. Les faits graves de torture sur les prisonniers d’Abou Ghraïb en Iraq, révélés par des photos "scandaleuses”, sont étroitement liés au camp de concentration de guantanamo. En effet, les policiers militaires inculpés pour Abou Ghraïb n’ont fait qu’obéir aux ordres des services de reneignement chargés des interrogatoires des captifs. Cette collaboration entre gardiens et interrogateurs a été instaurée tout d’abord à guantanamo avant d’être appliquée sur ordre du général Geoffrey Miller, devenu responsable des prisons US en Iraq après avoir été responsable du camp de guantanamo.

 

Les détenus de guantanamo ont été torturés, selon des témoignages de plusieurs détenus - les détenus britanniques aujourd’hui libres ainsi que l’Australien David Hicks et le Britannique Moazzam Begg, toujours détenus -, mais la pire torture à leur encontre est la totale incertitude quand à leur sort dans laquelle ils sont maintenus. Tout concourt à penser que les autorités US ont bien l’intention de garder ces otages à vie, pendant au moins les 30 années à venir.

 

Cette détention de masse est une violation de l’ensemble du droit international réglementant non seulement les droits humains et le droit humanitaire, mais même les rapports entre États souverains. Quels sont les recours possibles contre ce scandale, qualifié par les experts de "trou noir juridique” ? Il y en a peu. Le recours à la Cour pénale internationale, à la Cour internationale de justice ou à la Cour interaméricaine des droits de l’homme semble à peu près exclu pour des défauts de compétence, à moins que les États membres des Nations Unies demandent un avis consultatif à la Cour internationale de justice de La Haye. C’est en connaissance de cause que les USA ont choisi le camp de guantanamo, le sachant à l’abri des instances judiciaires universelles.


N’étant pas experts du droit international, il nous semble cependant que le seul recours non encore exploité par les défenseurs des détenus est la justice cubaine.

En effet, le traité d’accord instaurant la base militaire navale de guantanamo en 1903 reconnaît expressément la "souveraineté éminente” de la République de Cuba sur le territoire de la base. Le Parquet général de la république de Cuba devrait donc ouvrir une enquête pour "séquestration illégale” contre les USA. Même si cela n’aurait aucune conséquence pratique immédiate, cela donnerait un poids supplémentaire au combat judiciaire et politique universel contre le scandale de guantanamo.

Étant basé en France, le Collectif guantanamo veut enfin attirer l’attention sur le sort des 7 détenus français de guantanamo : 4 d’entre eux ont été "libérés” l’été dernier de guantanamo pour être aussitôt incarcérés en France. Le dossier des charges retenues contre eux nous semble pour le moins léger. Une fois de plus, la France s’est distinguée : elle est en effet le seul pays européen ayant accepté les conditions imposées par Washington pour "libérer” ses ressortissants, à savoir de les emprisonner dans leur propre pays. Tous les autres pays ont remis en liberté leurs ressortissants : la Grande-Bretagne, le Danemark, la Suède, l’Espagne et même la Russie. Le Maroc a lui aussi décidé de poursuivre sur son sol 5 détenus rapatriés de guantanamo, mais leur procès traîne de report en report à Casablanca, où la justice semble aussi écartelée entre le respect des injonctions de Washington, par le biais du Palais royal, et le constat d’une carence de preuves et d’indices sérieux d’une quelconque culpabilité des inculpés.

Quant aux trois détenus français encore enfermés à guantanamo, le moins qu’on puisse dire, c’est que le gouvernement français ne semble pas pressé d’obtenir leur rapatriement, sans doute par ce qu’il sait très bien qu’il n’y aurait pas lieu de les poursuivre, une fois rapatriés et qu’il serait donc obligé de les remettre purement et simplement en liberté, ce qui déplairait à Washington.


Pour conclure, le Collectif guantanamo ne peut que lancer un appel général à l’opinion, aux sociétés civiles organisées, aux États soucieux du droit, à prendre fait et cause pour le droit en agissant pour que cesse le scandale de guantanamo.

Nous en appelons donc, notamment, au sens du droit et à la conscience des responsables cubains et français.


Nous restons à diposition de tout un chacun pour contribuer à toute initiative de nature à éclairer ce trou noir.


Le Collectif guantanamo France, 10 janvier 2005


-> Collectif guantanamo, 5 rue de Douai, F-75009 Paris. tél. 00 33 6 13 99 28 86
-> Courriel : collectif.guantanamo@gwadaoka.org
-> Sites web : http://quibla.net et http://www.gwadaoka.org/guantanamo.htm
-> Pour recevoir la Chronique de guantanamo, paraissant le 1er et le 15 de chaque mois, écrire au Collectif à l’adresse indiquée.

 

English version

 

Press release from the Collectif guantanamo France
Monday 10th January 2005


The longest and biggest hostage taking of the 21st century enters its 4th year: guantanamo, a violation of right and sovereignty


On this Monday, January 10th, the detention by the USA of 545 citizens from 42 countries at the concentration camp of Guantanamo, located on the territory of the Republic of Cuba, enters its 4th year. 202 other detainees have so far been released or repatriated.

The _expression Œconcentration camp' has not been invented by the Nazis or by the Soviet rulers, but by the Spanish Royal authorities on the same Cuban territory some 120 years ago, when they locked up farmers and guerilleros fighting against the colonial occupation. That Spanish word was translated into German by the German colonial authorities in South-West Africa, then by the British colonial authorities in South Africa. Guantanamo adds to this sinister tradition, to which the Empire of Good provided terrifying innovations, namely the use of torture called Œtorture lite'.


Do we have the right to characterize the detention of Œenemy combatants' or Œunlawful combatants' as hostage taking? Yes, and this for several reasons:


1. Some of the men deported to guantanamo have literally been kidnapped on Afghan territory by the Uzbek General Rachid Dostum's militia men, a proven war criminal, and rendered against payment to the US army. Others were kidnapped by Pakistani security forces on sovereign Pakistani territory and were also rendered to the US army with no respect for the country's ruling legal procedures on extradition.

2. None of the clauses of the Geneva Conventions on the treatment of prisoners of war has been respected by the US army.

3. The US Government refuses to comply with the judicial order of the highest
judicial authority in the country, the US Supreme Court, that in its sentence pronounced on June 28th, 2004, ruled that the detainees have the possibility to challenge their detention in front of ordinary tribunals in the United States. In order to hide this disregard of law, they created a body without any legal asset, the socalled "status reveiw panels" , which "reviewed" 539 detainees. Only two detainees has been "judged" as able to be freed so far.

These last days, the US executive power crossed a new frontier by designating as Attorney General Alberto Gonzales, author of memorandums addressed to the White House and recommending the use of torture on Œterrorists' captured in Iraq and elsewhere. The serious acts of torture of prisoners at Abu Ghraib in Iraq, revealed by the scandalous photos are tightly linked to the concentration camp of Guantanamo. In fact, the military police charged for abuses at Abu Ghraib only obeyed orders given by the intelligence services in charge of interrogating detainees. That collaboration between guards and interrogators was first established at Guantanamo before being applied under the commandment of General Geoffrey Miller, in charge of US prisons in Iraq after having been in charge at Guantanamo.


According to testimony given by several released detainees ­ the British detainees who were freed and by the Australian David Hicks and the Briton Moazzam Begg, who are still in detention ­ the prisoners at Guantanamo are tortured, but the worst of torture is the total uncertainty about their fate. Everything seems to point to the fact that the US authorities have the intention to keep the hostages in captivity for life, for at least the 30 years to come.

This mass detention is a violation of law of all international agreements, not only of human rights and of humanitarian law, but also of relations between sovereign states. What is the possible recourse against this scandal, labeled as a Œlegal black hole' by experts? There is not much. The recourse to the International Court of Justice or to the Interamerican Court of Human rights seems to be excluded for reasons of absence of competence, unless member countries of the United Nations ask their advice to the International Court of Justice in de Hague. The USA knowingly chose Guantanamo, as it is shielded form the universal judicial authorities.

Not being experts on international law, it nevertheless seems to us that the only recourse not yet considered by the defenders of the detainees is the Cuban justice. In fact, the treaty establishing the military naval base of Guantanamo in 1903 explicitly recognizes the "eminent sovereignty" of the Republic of Cuba on the territory of the naval base. The judicial body of the Republic of Cuba should open an inquiry on illegal detention against the USA. Even if this has no immediate practical consequences, it would add some additional weight to the legal and political universal fight against the guantanamo scandal.

Based in France, the Collectif guantanamo would like to attract some attention to the fate of 7 French Guantanamo detainees: 4 have been freed last summer from guantanamo to be then jailed in France. The case held against them seems rather thin to us. Once again France has distinguished itself: it is in fact the only European country having accepted the conditions imposed by Washington to "free' its nationals, i.e. to imprison them in their own country. All the other countries have freed their nationals: Great Britain, Denmark, Sweden, Spain and even Russia. Morocco has also decided to prosecute on its territory 5 repatriated Guantanamo detainees, but their trial drags on from one adjournment to the next in Casablanca, where the justice seems to be torn between the consideration of the injunctions from Washington - by means of the Royal Palace - and the determination of a lack of proof and serious evidence hinting at the guilt of the accused.

As for the 3 French prisoners still detained at Guantanamo, the least we can say is that the French Government does not seem to be in a hurry to obtain their repatriation, surely because it knows quite well there would be no reason to prosecute them, and once repatriated, it would thus be forced to purely and simply set them free, much to the dislike of Washington.

In conclusion, the Collectif Guantanamo can only launch an appeal to the public opinion, to the organized grassroots movements, to states concerned by law, to act so that the Guantanamo scandal should stop.

So we appeal to the sense of righteousness and to the conscience of the Cuban and French policy makers.

We remain at the disposal of everyone wishing to contribute to any initiative aimed at throwing light into this dark hole.


The Collectif guantanamo France, 10 janvier 2005


-> Collectif guantanamo, 5 rue de Douai, F-75009 Paris. tél. 00 33 6 13 99 28 86
-> Email : collectif.guantanamo@gwadaoka.org
-> Websites http://quibla.net and http://www.gwadaoka.org/guantanamo.htm
-> In order to receive the Chronique de guantanamo, published in French the 1st and the 15th of every month, please write to us !

 

 

 

Versione italiana

 

Comunicato del Collettivo guantanamo Francia in occasione del 3° anniversario del campo di concentrazione

Lunedì 10 gennaio 2005


La più lunga e più grande presa di ostaggi del XXI° secolo entra nel suo quarto anno : guantanamo, un offesa al diritto ed alla sovranità


Questo 10 gennaio 2005, la detenzione da parte degli USA di 545 cittadini di una quarantina di paese nel campo di concentrazione di guantanamo, situato su sul territorio della repubblica di Cuba, entra nel suo quarto anno. Nel tempo, 202 altri prigionieri sono stati rimpatriati dal campo.

Questo termine "di campo di concentrazione" non è stato inventato né dai nazisti né dai dirigenti sovietici, ma dalle autorità reali spagnole su questo stesso territorio di Cuba 120 anni fa, quando hanno rinchiuso contadini e guerriglieri in lotta contro l'occupazione coloniale. L'espressione spagnola è stata tradotta in tedesco dalle autorità coloniali tedesche nel Sud-ovest africano, quindi dalle autorità coloniali britanniche in Sudafrica. Guantanamo si iscrive in questa tradizione sinistra, alla quale l'Impero del Bene porta innovazioni terrificanti, in particolare l'impiego della tortura detta "leggera" ("light").

SI HA il diritto qualificare la detenzione "dei combattenti nemici-alieni-illegali" a guantanamo di presa di ostaggi ? Sì, per molte ragioni:

1° - gli uomini deportati a guantanamo sono stati per una parte letteralmente rapiti sul territorio afgano da miliziani del generale ouzbeco Rachid Dostom, un criminale di guerra avverato, e rimessi contro pagamento all'esercito US; per un'altra parte, sono stati rapiti dai servizi di sicurezza pakistani sul territorio sovrano del Pakistan e rimessi all'esercito US senza alcuno rispetto per le procedure legali d'estradizione in vigore in questo paese.

2° - nessuna delle clausole delle Convenzioni di Ginevra sul trattamento dei prigionieri di guerra è stata rispettata dalle autorità US.

3° - le autorità US rifiutano di piegarsi all'ingiunzione della più alta istanza giudiziaria US, la Corte suprema, che, con una sentenza emessa il 28 giugno 2004, ha ordinato che i prigionieri abbiano la possibilità di rimettere in discussione la loro detenzione dinanzi ad una giurisdizione ordinaria US. Per mascherare questo dispetto del diritto, hanno creato un organo senza alcuna base legale, "il tribunale d'esame dello statuto di combattente", che ha "giudicato" la maggior parte dei prigionieri ed ha deciso il loro mantenimento in detenzione. Due soli prigionieri sono stato "giudicato" liberabili.

Questi ultimi giorni, il potere esecutivo US ha varcato una nuova frontiera, designando come Attorney General - ministro federale di Giustizia - Alberto Gonzales, autore di memorandum indirizzati alla Casa bianca e che raccomandavano l'impiego della tortura sui "terroristi" catturati in Iraq ed altrove. I fatti gravi di tortura sui prigionieri di Abu Ghraïb in Iraq, rivelati da fotografie "scandalose", sono strettamente legati al campo di concentrazione di guantanamo. In effetti, i poliziotti militari accusati per Abu Ghraïb non hanno fatto che obbedire agli ordini dei servizi informazioni incaricati degli interrogatori dei prigionieri. Questa collaborazione tra custodi ed "investigatori" è stata instaurata innanzitutto a guantanamo prima di essere applicata su ordine del generale Geoffrey Miller, diventato responsabile delle prigioni US in Iraq dopo essere stato responsabile del campo di guantanamo.

I prigionieri di guantanamo sono stati torturati, secondo prove di molti prigionieri - i prigionieri britannici oggi liberi e l'Australiano David Hicks ed il Britannico Moazzam Begg, sempre prigionieri -, ma la tortura peggiore al loro incontro è l'incertezza totale quando alla loro sorte nella quale sono mantenuti. Tutto contribuisce a pensare che le autorità US abbiano l'intenzione di conservare questi ostaggi a vita, durante almeno i 30 prossimi anni.

Questa detenzione di massa è una violazione dell'insieme del diritto internazionale che regolamenta non soltanto i diritti umani ed il diritto umanitario, ma anche le relazioni tra stati sovrani. Quali sono i ricorsi possibili contro questo scandalo, qualificato dagli esperti di "buco nero giuridico"? Ce ne sono pochi. Il ricorso alla Corte penale internazionale, alla Corte internazionale di giustizia o alla Corte interamericana dei diritti umani sembra quasi escluso per difetti di competenza, a meno che gli Stati membri delle Nazioni Unite chiedano un parere consultivo alla Corte internazionale di giustizia dell''Aia. È con cognizione di causa che gli USA hanno scelto il campo di guantanamo, sapendolo al riparo dalle istanze giudiziarie universali.

Non essendo specializzati del diritto internazionale, ci sembra tuttavia che il solo ricorso non ancora sfruttato dai difensori dei prigionieri è la giustizia cubana. In effetti, il trattato d'accordo che instaura la base militare navale di guantanamo nel 1903 riconosce espressamente la "sovranità eminente" della repubblica di Cuba sul territorio della base. La giustizia della repubblica di Cuba dovrebbe dunque aprire un'indagine per "sequestro illegale" contro gli USA. Anche se ciò non avrebbe alcuna conseguenza pratica immediata, ciò darebbe un peso supplementare alla lotta giudiziaria e politica universale contro lo scandalo di guantanamo.

Essendo basato in Francia, il Collettivo guantanamo vuole infine richiamare l'attenzione sulla sorte dei 7 prigionieri francesi di guantanamo: 4 di loro sono stati "liberati" l'estate scorsa da guantanamo per essere immediatamente imprigionati in Francia. La cartella delle imputazioni contro di loro ci sembra per lo meno leggera. Ancora una volta, la Francia si è distinta: è in effetti il solo paese europeo che ha accettato le condizioni imposte da Washington per "liberare" i suoi cittadini, cioè di imprigionarli nel loro paese. Tutti gli altri paesi hanno rimesso in libertà i loro cittadini: la Gran Bretagna, la Danimarca, la Svezia, la Spagna e persino la Russia. Il Marocco anche lui ha deciso di proseguire sul suo suolo 5 prigionieri rimpatriati da guantanamo, ma il loro processo si trascina di riporto in riporto a Casablanca, dove la giustizia sembra così divisa tra il rispetto delle ingiunzioni di Washington, tramite il palazzo reale, e la constatazione di una carenza di prove e di indici seri di una colpevolezza qualsiasi degli imputati.
Quanto ai tre prigionieri francesi ancora rinchiusi a guantanamo, il meno che si possa dire, è che il governo francese non sembra aver fretta di ottenere il loro rimpatrio, certamente con ciò che sa molto bene che non ci sarebbe luogo di proseguirli, una volta rimpatriati e che sarebbe dunque costretto a rimetterli puramente e semplicemente in libertà, cosa che dispiacerebbe a Washington.

Per concludere, il Collettivo guantanamo può soltanto lanciare un appello generale all'opinione, alle società civili organizzate, agli stati interessati del diritto, di prendere fatto e causa per il diritto agendo perché cessi lo scandalo di guantanamo.

Chiamiamo dunque, in particolare, al senso del diritto ed alla coscienza dei responsabili cubani e francesi.

Restiamo a disposizione di ogni gruppo o individuo disposto a contribuire a qualsiasi iniziativa tale da mettere luce in questo buco nero.

 

Il Collettivo guantanamo Francia, 10 gennaio 2005

Collettivo guantanamo, 5 rue de Douai, F-75009 Paris. tel. 00 33 6 13 99 28 86
Courriel: collectif.guantanamo@gwadaoka.org

Siti web: http://quibla.net e http://www.gwadaoka.org/guantanamo.htm

Per ricevere la cronaca di guantanamo, pubblicata ogni 1° ed i 15° di ogni mese, scrivere al Collettivo all'indirizzo indicato.

 

 

deutsche fassung


Mitteilung des Kollektiv Guantanamo Frankreich

Montag, den 10. Januar 2005
Zur sofortigen Veröffentlichung und Verbreitung
Im Falle einer Veröffentlichung bitten wir Sie darum, uns über die email Adresse collectif.guantanamo@gwadaoka.org zu informieren. Wir bedanken uns im Voraus.


Die längste und grösste Geiselnahme des 21. Jahrhunderts geht in ihr 4. Jahr über :
Guantanamo, ein Gesetzesbruch und eine Verletzung der Souveränität


An diesem 10. Januar 2005 beginnt das vierte Jahr der Gefangenschaft von 545 Bürgern aus etwa 40 Staaten, die im Konzentrationslager von Guantanamo, das sich auf dem Gebiet der Republik Kuba befindet, von den USA festgehalten werden. Im Laufe der Zeit durften 202 Gefangene das Lager verlassen und in ihre jeweilige Heimat zurückkehren.
Die Bezeichnung "Konzentrationslager" ist nicht etwa eine Erfindung der Nazis oder der sowjetischen Anführer, sondern eine Erfindung der königlich-spanischen Befehlshaber auf eben diesem kubanischen Territorium, als sie vor etwa 120 Jahren Bauern und Guerillakämpfer einsperrten, die sich gegen die Kolonialherrschaft auflehnten. Der spanische Begriff wurde von den deutschen Kolonialmächten in Süd-West-Afrika ins deutsche übersetzt und dann von den britischen Kolonialmächten in Südafrika übernommen. Guantanamo ist eine weitere Etappe auf dieser finsteren Liste, doch das Reich des Guten hat erschreckende Neuerungen eingeführt, zum Beispiel den Gebrauch der sogenannten leichten ("light") Folter.

Haben wir das Recht, die Gefangenschaft von "illegalen feindlichen Kämpfern" in Guantanamo als Geiselnahme zu bezeichnen? Ja, und das aus mehreren Gründen:

1. Ein Teil der nach Guantanamo verschleppten Menschen wurden buchstäblich auf dem afghanischen Territorium gekidnappt von den Milizen des uzbekischen Generals Rachid Dostom, bewiesenermassen ein Kriegsverbrecher, und gegen Bezahlung der amerikanischen Armee ausgehändigt; ein anderer Teil wurde von den pakistanischen Sicherheitsbehörden auf dem souveränen Staatsgebiet Pakistans gekidnappt und der amerikanischen Armee übergeben, ohne Beachtung der juristischen Auslieferungsbestimmungen, die in diesem Land gelten.
2. Keine der Klauseln der Genfer Konvention über die Behandlung von Kriegsgefangenen wurde von den amerikanischen Behörden respektiert.
3. Die amerikanische Obrigkeit weigert sich, den Befehlen der höchsten gerichtlichen Instanz der USA, dem Obersten Gerichtshof, Folge zu leisten, die in einem Urteil vom 28. Juni 2004 bestimmt hat, dass die Gefangenen gegen ihre Haft vor einem gewöhnlichen amerikanischen Gericht Einspruch einlegen könnten. Um diese Missachtung des Rechts zu vertuschen, haben sie ein Organ geschaffen, ohne jegliche rechtliche Wirksamkeit, das "Tribunal zur Überprüfung des Kämpferstatus", das die meisten Gefangenen "verurteilt" hat und darüber entschied, sie müssten weiterhin in Gefangenschaft verweilen. Nur zwei Gefangenen wurden als freizulassen "beurteilt".
In den letzten Tagen hat die amerikanische Exekutive mit ihrer Nominierung von Alberto Gonzales zum Attorney General ( Bundesjustizminister) eine weitere Grenze überschritten. Dieser ist der Verfasser mehrerer Memoranden an das Weisse Haus, in denen er den Gebrauch der Folter an gefangenen "Terroristen" in Afghansitan, auf Guantanamo und im Irak und anderswo empfiehlt. Die schwerwiegenden Folterungen an den Gefangenen von Abu Ghraïb im Irak, die anhand von skandalösen Fotos ans Tageslicht kamen, sind eng mit dem Konzentrationslager von Guantanamo verbunden. Tatsächlich haben die für die Vorfälle in Abou Ghraïb verurteilten Militärpolizisten nur den Befehlen der Geheimdienstmitarbeiter gehorcht, die mit den Befragungen der Gefangenen betraut waren. Diese Zusammenarbeit zwischen Aufsichts-und Befragungspersonal wurde zuallererst in Guantanamo eingeführt, bevor sie auf Befehl von General Geoffrey Miller, ehemaliger Verantwortlicher des Lagers in Guantanamo und neuer Verantwortlicher der amerikanischen Gefängnisse im Irak, auch in seinem neuen Wirkungsbereicht angewendet wurde.
Die Gefangenen von Guantanmo wurden gefoltert, nach Aussagen mehrerer Gefangener ­ sowohl die der heute befreiten britischen Gefangenen als auch die der immer noch gefangenen, des Australiers David Hicks und des Briten Moazzam Begg ­ doch die schlimmste Folter, die man ihnen antun kann ist die völlige Unsicherheit über ihr Schicksal, in der sie gehalten werden. Alles lässt darauf schliessen, dass die amerikanischen Behörden wohl die Absicht haben, diese Geisel auf Lebenszeit festzuhalten, zumindest aber für die nächsten dreissig Jahre.
Diese Massengefangenenhaltung ist eine Verletzung des gesamten internationalen Rechts, das nicht nur die Menschenrechte und die humanitären Rechte regelt, sondern auch die Beziehungen zwischen souveränen Staaten. Welche Massnahmen kann man gegen diesen Skandal ergreifen, der von den Experten als "juristisches schwarzes Loch" bezeichnet wird? Es gibt nur wenige Möglichkeiten. An den Internationalen Strafgerichtshof, den Internationalen Gerichtshof oder an den Interamerikanischen Gerichtshof für Menschenrechte zu appellieren scheint wegen mangelnder Zuständigkeit ausgeschlossen, ausser die Mitgliedsstaaten der Vereinten Nationen verlangen eine Einschätzung vom Internationalen Gerichtshof in Den Haag. Das Lager von Guantanamo war also von den USA wissentlich gewählt, da sie dieser Standort vor den universellen gerichtlichen Instanzen schützt.
Wir sind zwar keine Experten des internationalen Rechts, doch es scheint uns, als wäre die einzig mögliche Verteidigung der Gefangenen, auf die bisher noch nicht zurückgegriffen wurde, die kubanische Justiz.
In der Tat erkennt die Vereinbarung bei der Schaffung des Marinestützpunkts Guantanamo von 1903 ausdrücklich "die eminente Souveränität" der Republik Kuba auf dem Gebiet der Basis an. Die Generalstaatsanwaltschaft der Republik Kuba müsste also ein Verfahren gegen die USA wegen "illegaler Freiheitsberaubung" eröffnen. Auch wenn dies keine sofortigen praktischen Konsequenzen hätte, würde dies doch bei einem universellen gerichtlichen und politischen Kampf gegen den Guantanamoskandal ins Gewicht fallen.
Da das Kollektiv Guantanamo in Frankreich tätig ist, möchten wir schliesslich auf das Schicksal der sieben französischen Inhaftierten von Guantanamo aufmerksam machen: vier von ihnen wurden letzten Sommer in Guantanamo "freigelassen", nur um sofort in Frankreich inhaftiert zu werden. Die Anklagen, die gegen sie erhoben werden, erscheinen uns recht dünn. Wieder einmal nimmt Frankreich eine besondere Stellung ein: Frankreich ist in der Tat das einzige europäische Land, das die von Washington auferlegten Bedingungen zur "Befreiung" seiner Staatsbürger akzeptiert hat, nämlich sie in ihrem eigenen Land einzusperren. Alle anderen Länder haben ihre Staatsbürger in die Freiheit entlassen: Grossbritannien, Dänemark, Schweden, Spanien und sogar Russland. Marokko hat sich ebenfalls dazu entschieden, seine heimgekehrten Gefangenen aus Guantanamo gerichtlich zu verfolgen, doch die Prozesse werden in Casablanca immer wieder verschoben und die Justiz scheint hin und hergerissen zwischen dem königlichen Hof einerseits, der die von Washington auferlegten Bedingungen beachten möchte, und zwischen mangelnden Beweisen und Indizien einer wie auch immer gearteten Schuld der Angeklagten andererseits.
Was die drei restlichen französischen Gefangenen von Guantanamo betrifft, kann man nur sagen, dass die französische Regierung es scheinbar nicht eilig hat, ihre Rückkehr voranzutreiben, wahrscheinlich weil sie ganz genau weiss, dass es keinen Grund gäbe, sie nach ihrer Rückkehr gerichtlich zu verfolgen und dass sie sie ganz einfach freilassen müsste, was wiederum Washington missfallen würde.
Das Kollektiv Guantanamo kann nur einen allgemeinen Appel aussenden an die öffentliche Meinung, an die organisierten zivilen Gesellschaften, an die Staaten, die um Recht und Ordnung besorgt sind, sich dafür einzusetzen, das der Skandal Guantanamo endlich ein Ende findet.
Wir appellieren also an den Gerechtigkeitssinn und an das Gewissen der kubanischen und französischen Verantwortlichen.

Kollektiv Guantanamo Frankreich, 10. Januar 2005
Kollektiv Guantanamo, 5 rue de Douai, F-75009 Paris
Tel.: 00 33 6 13 99 28 86
Email : collectif.guantanamo@gwadaoka.org


Webseiten :
http://quibla.net und http://www.gwadaoka.org/guantanamo.htm

 

Version española

 

Comunicado del Colectivo guantanamo Francia
10 de enero 2005
El secuestro más amplio y más largo del siglo XXI ya va para cuatro años : Guantánamo, un atentado contra el derecho y a la soberanía de todos.

Hoy, día 10 de enero del 2005, se cumplen tres años de los secuestros realizados por las autoridades estadounidenses en el campo de concentración de guantánamo (situado en territorio cubano), y siguen detenidos 545 ciudadanos procedentes de unos cuarenta países; otros 202 ya han sido devueltos y repatriados.
El término « campo de concentración » no es un invento de los nazis ni de los dirigentes soviéticos, sino de las autoridades reales españolas en el mismo territorio cubano, hace 120 anos, cuando apresaron a campesinos y guerrilleros sublevados contra la ocupación colonial, y los tuvieron ³reconcentrados² en condiciones infrahumanas durante más de un año. El término español fue traducido al alemán por las autoridades coloniales alemanas en el suroeste africano, y más adelante por las autoridades coloniales británicas en Africa del Sur. El presidio de Guantánamo se inscribe pues en esta tradición siniestra, a la cual el ³imperio del bien² agrega innovaciones espantosas, especialmente en cuanto al uso de la tortura supuestamente liviana (« light »).


¿Se puede calificar la detención de los combatientes enemigos ilegales de guantánamo como secuestro? Sí, por varios motivos:

1. Los deportados en guantánamo fueron en su mayoría secuestrados en territorio afgano por milicianos a las órdenes del general uzbek Rachid Dostom, un criminal de guerra convicto, y fueron entregados a cambio de pago al ejército yanki; otros fueron apresados por los servicios de seguridad pakistaníes en el territorio soberano de Pakistán, y entregados al ejército yanki sin el menor respeto por los procedimientos legales de extradición vigentes en ese país.
2. Ninguno de los puntos señalados por las Convenciones de Ginebra sobre el trato a los prisioneros ha sido respetado por las autoridades estadounidenses.
3. Las autoridades estadounidenses se niegan a acatar la sentencia de la Corte Suprema (la instancia judicial más elevada en EE UU): ésta, con fecha 28 de junio de 2004, estipuló que los detenidos tenían la posibilidad de apelar de su detención ante una corte común de Estados Unidos. Para ocultar esta violación de su propio derecho, crearon un órgano sin ningún tipo de base legal, llamado ³Tribunal de análisis del estatuto de combatiente² que es el que ³enjuició² a la mayor parte de los detenidos y decidió mantenerles presos. Un solo detenido fue declarado liberable. En estos días, el poder ejecutivo se ha extralimitado una vez más, al designar como General Attorney (ministro federal de justicia) a Alberto González, autor de memorandums dirigidos a la Casa Blanca , que recomiendan el uso de la tortura sobre los ³terroristas² capturados en Irak y en otras tierras. Los datos graves sobre torturas a los presos de Abu Graib en Irak, revelados por fotos ³escandalosas², están íntimamente relacionados con el campo de reconcentración de Guantánamo. Los policías militares inculpados por lo de Abu Graib no han hecho sino obedecer ordenes de los servicios de inteligencia encargados de los interrogatorios a cautivos. Esta colaboración entre guardianes e interrogadores se ha instaurado primero en Guantánamo antes de aplicarse, por orden del general Geoffrey Miller, nombrado responsable de las cárceles yankis en Irak después de ser el responsable del campo de Guantánamo.
Los detenidos de Guantánamo fueron torturados, según el testimonio de varios detenidos: los detenidos británicos hoy libres así como el australiano David Hicks y el británico Moazzam Begg, que siguen detenidos ; pero la peor tortura para ellos es no tener la menor información sobre cuál va a ser su destino. Todo parece indicar que las autoridades yankis tienen el proyecto de mantenerlos en cautiverio vitalicio, por lo menos durante los treinta próximos años.
Esta detención masiva es una violación del conjunto del derecho internacional que reglamenta no sólo los derechos humanos y el derecho humanitario, sino también las relaciones entre Estados soberanos. Cuáles son los recursos posibles contra este escándalo, calificado por los expertos como « agujero negro » jurídico ? Son pocos. Acudir a la Corte penal internacional, a la Corte internacional de justicia o a la Corte interamericana de los derechos humanos es poco menos que imposible, por falta de competencia, a no ser que los Estados miembros de las Naciones Unidas pidan una opinión consultativa a la Corte internacional de justicia de La Haya. A sabiendas de esto es cómo los EE UU escogieron establecer el campo de reconcentración en Guantánamo, porque sabían que estaba fuera del alcance de las instancias judiciales universales.

No somos expertos en derecho internacional, pero nos parece que el único recurso que todavía no han explotado los defensores de los detenidos es el sistema judicial cubano.
El tratado de acuerdo mutuo que instaura la base militar naval de Guantánamo en 1903 reconoce expresamente la ³soberanía eminente² de la República de Cuba sobre el territorio de la base. El ministerio fiscal de la Répbública de Cuba debería por lo tanto abrir una encuesta por ³secuestro ilegal² contra los Estados Unidos. Aunque esto no tuviese ninguna consecuencia práctica inmediata, esto le daría un peso adicional al combate judicial y político universal contra el escándalo de Guantánamo.
El colectivo Guantánamo está basado en Francia y por ello quiere llamar la atención sobre el destino de los siete detenidos franceses en Guantánamo : de estos cuatro han sido « liberados » el año pasado, y fueron inmediatamente encerrados de nuevo en Francia. Los cargos que siguen esgrimidos contra ellos son discutibles. Una vez más, Francia se ha distinguido por ser el único país europeo que aceptó las condiciones impuestas por Washington para ³liberar² a sus nacionales, es decir reapresarlos en su propio país. Todos los demás países han puesto en libertad a sus nacionales : Gran Bretaña, Dinamarca, Suecia, España e incluso Rusia. Marruecos también ha decidido perseguir en su propio territorio a cinco detenidos repatriados de Guantánamo, pero el juicio se está retrasando una y otra vez en Casablanca, donde la justicia parece estar dudando entre acatar las sugerencias de Washington , que han transitado por el Palacio Real, y el hecho incontrovertible de que no hay pruebas ni indicios serios en cuanto a ningún tipo de culpabilidad por parte de los inculpados.
En cuanto a los tres detenidos franceses aún presos en Guantánamo, parece que el gobierno francés no tiene prisa en conseguir la repatriación, sin duda porque sabe perfectamente que no se les podría perseguir aquí, una vez repatriados; de modo que habría que devolverles la libertad sin más, lo cual desagradaría a Washington, obviamente.

En conclusión, al Colectivo guantánamo le corresponde hacer un llamado general a la opinión, a las sociedades civiles organizadas, a los Estados que se preocupan por el derecho, para que se comprometan con el derecho y actúen de manera a dar fin al escándalo de Guantánamo.
Nos dirigimos al sentido del derecho y a la conciencia de los responsables cubanos y franceses.
Quedando a disposición de todo el que desee participar a cualquier iniciativa capaz de esclarecer este ³agujero negro²,

El Colectivo guantánamo Francia, a 10 de enero de 2005.

-> Collectif guantanamo, 5 rue de Douai, F-75009 Paris. tél. 00 33 6 13 99 28 86
-> Courriel : collectif.guantanamo@gwadaoka.org
-> Sites web : http://quibla.net et http://www.gwadaoka.org/guantanamo.htm
-> Para recibir la Chronique de guantanamo, que sale el 1 y el 15 de cada mes, escribir a la dirección indicada.

 


La douzième enquête du Pentagone
Comme disait le grand Clémenceau, alias "le Père la Victoire”, "quand on veut enterrer un problème, on crée une commission”. La bureaucratie US s’est fait le recordman mondial des enquêtes qui ne mènent nulle part. Devant l’amoncellement de critiques, aux USA mêmes, le Pentagone vient d’annocncer qu’il va lancer une nouvelle enquête sur les "allégations d’abus sur les prisonniers” à guantanamo. Cette enquête interne vient d’être ordonnée par le Commandement Sud de l’armée, basé à Tampa, en Floride. Les 8 enquêtes précédentes sur guantanamo, les prisons en Iraq et en Afghanistan n’ont satisfait personne. Trois autres enquêtes sont en cours. Est-ce que la douzième sera la bonne ? Va-t-elle confirmer ou infirmer les documents par lesquels des agents du FBI peu suspects de sympathies pour les prisonniers, dénonçaient les tortures dont ils avaient été les témoins directs à guantanamo, pratiquées, selon eux, sur ordre, en application de mémos venus de Washington ?
Source : Big News Network.com

 

Bilan intermédiaire des "tribunaux d’examen du statut de combattant”
Avec deux nouveaux cas examinés samedi 8 décembre, le "tribunal d’examen du statut de combattant”, un organe sans assise légale qui siège à guantanamo, a jusqu’à ce jour examiné 539 cas. Sur 234 décisions, deux seulement ont conclu que le détenu était libérable. Plus de la moitié des détenus ont refusé de comparaître devant ces "panels”, uniquement composés de miliatires US et devant lesquels les détenus n’ont pas le droit à un avocat ni de faire appel. Des deux détenus devant comparaître samedi, seul l’un a accepté : il s’agit d’un homme de 58 ans accusé d’avoir été un "agent de renseignement” du régime des talibans, qui a présenté au "tribunal” la déclaration écrite d’un co-détenu. L’autre détenu, qui a refusé de comparaître, est un homme de 44 ans accusé de s’être rendu en Afghanistan en 2001 pour y suivre une formation militaire. L’identité et le contenu des audiences de ce curieux tribunal sont classés "top secret” et les médias, dont la présence permanente à guantanamo n’est pas autorisée, n’y ont pas accès. L’agence Associated Press a déposé il y a un mois une requête pour pouvoir obtenir les transcriptions des témoignages, en application de la Loi sur la liberté de l’information (Freedom of Information Act). Elle attend une réponse.
Source : AP, 8 janvier 2005

 

« Le soleil brille toujours, le ciel est bleu et nous sommes en Amérique » (Joseph Darby au procès de Charles Graner)
Le spécialiste Joseph Darby était d’un calme olympien, assis dans l’assistance de la cour martiale qui siège depuis vendredi à Fort Hood au texas, pour juger le spécialiste Charles Graner, accusé de sévices sur des prisonniers iraquiens à Abou Ghraïb et qui a plaidé non coupable pour toutes les charges retenues contre lui, qui pourraient lui valoir un maximum de 17 ans et demi de prison. Joseph Darby est l’homme par qui le scandale est arrivé. C’est lui qui a rendu publiques les photos atroces qui ont fait le tour du monde, et sur lesquelles on voyait notamment Charles Graner et sa petite copine Lynndie England s’y livrer à des sévices pornographiques. Pour cet acte de "trahison” envers ses camarades tortionnaires, Darby et sa petite famille ont du être cachés loin de leur domicile par les services de la sécurité militaire, vu qu’ils recevaient énormément de menaces. Cette semaine, il va témoigner publiquement.
Vendredi, la cour a sélectionné les membres du jury : 2 colonels, 2 lieutenants-colonels et six engagés, tous vétérans de guerre. Une liste de 36 témoins a été lue. Les plus importants sont trois anciens détenus iraquiens dont la cour écoutera les témoignages vidéo-enregistrés et quatre collègues de Graner, condamnés l’année dernière à Bagdad à des peines allant de la simple dégradation à 8 ans de détention. Graner, conre lequel 5 chefs d’inculpation sont retenus, est accusé notamment d’avoir forcé les prisonniers à se mastruber mutuellement et à simuler des fellations pendant qu’il les photographiait. Il est aussi accusé d’avoir tabassé les détenus et d’avoir pris en photo Lynndie England tenant un prisonnier nu en laisse. Elle a récemment donné naissance à un enfant dont "on pense” que Graner est le père. En effet, la filiation est difficile à établir, vu que Abou Ghraïb avait été transformé par les membres de la police militaire non seulement en centre de tortures mais aussi en joyeux lupanar. On ne peut que recommander à l’heureuse maman de procéder à un test ADN. Peut-être le père du rejeton, après tout, est l’un des chiens bergers allemands utilisés - entre autres - pour terroriser les prisonniers...
The News (Pakistan), 9 janvier 2005

 

Les "renseignements” sur les 12 "terroriste étrangers” détenus au secret à Belmarsh : du bidon
Les renseignements sur lesquels s’est appuyée l’incarcération, sans inculpation, sans avocat et sans droit de visite, de douze étrangers, tous musulmans, à la prison de Belmarsh, le "guantanamo anglais”, étaient pour l’essentiel bidouillés, vient de révéler le quotidien The Independent, qui a pu avoir accès à des documents du tribunal.
Exemples :
- un groupe de suspects s’était rendu en week-end à la campagne dans le Dorset. "C’était pour élire le chef de leur groupe terroriste”, avait rapporté le MI5. Faux : les hommes, de braves pères de famille un peu harrassés, avaient voulu simplement se mettre au vert deux jours, loin de leurs femmes et enfants, ce qui n’est pas (encore) un crime.
- deux détenus le sont en raison de leur association présumée avec Moazzam Begg, détenu à guantanamo. L’un d’eux, un Algérien, aurait fréquenté la librairie gérée par Begg à Birmingham en 2000. Le MI5 a prétendu y avoir trouvé des armes, ce qui est une pure invention.
- les fonds collectés par le détenu Abou Rideh "pour financer des activités terroristes” étaient en fait destinés à un orphelinat afghan géré par un prêtre canadien
- le témoignage contre deux détenus était une déclaration sous serment extorquée à un prévenu en échange d’une promesse de réduction de peine.
- des articles de presse du Guardian et de La Stampa ont été utilisés comme "preuves” par le ministre de l’Intérieur contre au moins deux détenus.
- deux détenus ont reçu des compensations pour avoir été arrêtés par erreur avant d’être réincarcérés en vertu de la loi spéciale antiterroriste.
Bref, du bidon, du bidon, du bidon. Rien que de très habituel de la part d’une police britannique spécialisée en coups tordus. Qu’on se souvienne simplement des Irlandais de Birmingham, incarcérés pendant 16 ans avant que leur innocence éclate au grand jour : ils n’avaient jamais posé la bombe meurtrière dans un pub de la ville...
Après la décision de la Chambre de Lords du mois dernier, stipulant que la détention au secret et sans inculpation ni avocat des 12 de Belmarsh est contraire aux droits humains, la machine judiciaire continue à moudre lentement son grain. Encore une affaire qui n’en finit pas de finir.
Source : Belfast Telegraph, 6 janvier 2005

 

06/01/05 - Procès des cinq Marocains de guantanamo : report au 17 janvier de l'examen de la requête du parquet

par M.bd, Libération, Casablanca, 5 Janvier 2005
La Chambre criminelle près la Cour d'Appel de Rabat a de nouveau, lundi, rejeté la requête de la défense de deux des cinq "Marocains de Guantanamo" (Brahim Benchekroun et Mohamed Mazouz) pour la remise en liberté provisoire de ces derniers.
La Cour, présidée par le juge Benchekroune, a également décidé de reporter, encore une fois, le procès au 17 janvier prochain. C'est cette date qui est fixée pour examiner le fond de l'affaire et surtout la requête du parquet formulée selon l'article 439 du code pénal et demandant l'ouverture d'un complément d'enquête. Il s'agit, entre autres, de tenir une confrontation entre les cinq prévenus et le dénommé Noureddine N'Fiaâ pour vérifier d'éventuels liens entre les "Marocains de Guantanamo" et le "Groupe islamique combattant marocain" (GICM), l'une des "tentacules" de la nébuleuse intégriste.
Lors de l'audience de lundi dernier, les avocats de la défense avaient déjà émis leurs réserves quant à la requête du parquet estimant notamment qu'il ne revenait pas à ce dernier de formuler une telle demande qui est du ressort exclusif de la Chambre criminelle.
Les avocats des cinq prévenus avaient également fait valoir que l'article 439 était à prendre en entier, une allusion à la "nécessaire" remise en liberté provisoire des deux prévenus encore en détention vu qu'ils sont poursuivis en vertu des mêmes chefs d'accusation et impliqués dans un même dossier. Le 21 décembre dernier, et à la surprise générale, la même cour ordonnait la remise en liberté provisoire de trois des cinq ex-détenus marocains sur la base cubaine: Abdellah Tabarak, Mohamed Ouzar et Redouane Chekkouri.
Le premier, principal suspect et ex-receveur de la défunte RATC, est donné comme étant l'un des gardes du corps de Ben Laden. Il aurait même facilité la fuite de ce dernier lors des raids américains sur la région montagneuse de Tora Bora en Afghanistan. Pour la défense des deux prévenus encore en détention, la justice aurait dû aller au bout de sa "courageuse" décision en remettant tout le monde en liberté provisoire notamment du fait que tous les prévenus présentaient les mêmes garanties et surtout celle de leur comparution devant la cour.
"Tabarak et Co." sont poursuivis, entre autres, pour association de malfaiteurs, non dénonciation d'un crime contre la sécurité de l'Etat, soutien à un groupe criminel et participation à la falsification d'un passeport.

 

05/01/05 - L'avocate de Ridouane Khalid écrit à Chirac pour demander qu'il fasse cesser sa séquestration
Isabelle Coutant-Peyre, avocate de Ridouane Khalid, a écrit le 23 novembre, la lettre ci-dessous à Jacques Chirac. Ridouane Khalid est l'un des 3 Français détenus à guantanamo. Les 4 autres ont été remis en juin dernier aux autorités françaises, qui les maintiennent en détention. Deux frères de Ridouane sont détenus en France : Zine-Eddine, incarcéré en juin 2004, et Djamel, incarcéré fin novembre 2004.
Paris, le 23 novembre 2004

Affaire : Ridouane Khalid

 

Monsieur le Président,
Depuis trois mois, deux Français, Messieurs Chesnot et Malbrunot, sont supposés être séquestrés quelque part en Irak occupé, provoquant une intense activité diplomatique et médiatique de la France afin d'obtenir leur libération.
Depuis trois ans, des Français sont séquestrés par l'armée américaine à Guantanamo, après avoir été enlevés par les forces américaines en Afghanistan, Etat souverain, sans que même l'assistance consulaire ne leur ait été donnée, sauf la visite de policiers de la DST.
Parmi ceux-ci, Monsieur Ridouane Khalid, dont sa famille n'a plus la moindre nouvelle depuis un an, la Croix Rouge ayant semble-t-il cessé toute assistance à ces prisonniers qu'il faut qualifier d'otages.
Ses parents, Monsieur et Madame Abdelkader Khalid, m'ont chargée d'obtenir que cesse cette séquestration, qui, comme vous le savez, s'accompagne en outre de tortures physiques et mentales.
En votre qualité de Président de la République, vous avez notamment mission de veiller au respect de la constitution à l'égard des citoyens français, de par son article 5.
Il vous appartient donc personnellement de faire appliquer l'article 66 de cette même constitution, qui impose : « Nul ne peut être arbitrairement détenu » et l'article 55 sur la force exécutoire des traités.
Puis-je vous rappeler également l'article 36 de la Convention de Vienne du 24 avril 1963 sur les relations consulaires, obligation d'assistance pour le moins antinomique des visites de la DST à ces Français séquestrés dans un camps militaire américain, ainsi que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques qui a pour objet essentiel d'interdire les actes arbitraires, deux traités ratifiés aussi bien par la France que par les Etats-Unis.
Je vous demande donc publiquement, de par vos obligations personnelles résultant de la constitution, d'exiger des Etats-Unis la libération immédiate et sans condition, de Monsieur Ridouane Khalid, citoyen français arbitrairement séquestré dans le camps de Guantanamo.
Si vous n'agissiez pas, je ne pourrais qu'en déduire votre mépris de la constitution de la République française, outre une dépendance de fait à l'égard des Etats-Unis.
Je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, l'_expression de ma considération distinguée.

 

 

La plainte de Nizar Sassi et Mourad Benchellali contre les USA va être réexaminée par la justice française, qui les maintient simultanément en détention...
La Cour de cassation a cassé mardi un arrêt de la cour d'appel de Lyon qui avait refusé d'étudier la plainte pour "arrestation illégale et détention arbitraire" de deux des quatre ex-détenus français de guantanamo et a confié à la cour d'appel de Paris le soin de la réexaminer.
Les avocats de Mourad Benchellali et de Nizar Sassi, tous deux originaires de Vénissieux (banlieue de Lyon), avaient déposé une plainte le 14 novembre 2002 alors que les deux hommes étaient déjà détenus depuis plusieurs mois sur la base de guantanamo.
Ils avaient été arrêtés aux confins de l'Afghanistan et du Pakistan lors de l'intervention US qui a suivi les attentats terroristes du 11 septembre 2001.
Un juge d'instruction de Lyon avait rendu une ordonnance de "refus d'informer" que la cour d'appel de Lyon avait confirmée le 20 mai 2003.
Elle expliquait notamment qu'"aucune convention internationale ne donne compétence aux juridictions françaises pour connaître de la situation dont les parties civiles se plaignent, laquelle est le résultat, sous l'égide des Nations Unies, de riposte à des actes terroristes et qui ne saurait dès lors être régie par le seul droit français".
La chambre criminelle de la Cour de cassation a cassé cet arrêt car la juridiction lyonnaise, "par le seul examen abstrait de la plainte", n'a "pas justifié sa décision".
Elle aurait dû prendre en compte deux textes de droit international, la convention de Genève de 1949 et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966, pour vérifier si les faits dénoncés n'étaient pas du ressort du code pénal français et de ses dispositions concernant l'enlèvement et la séquestration, a fait valoir la plus haute juridiction française.
"C'est une décision de principe très importante parce que la Cour de cassation refuse l'idée que s'agissant de la lutte contre le terrorisme, la fin justifie les moyens et que le droit international humanitaire et le droit français s'effacent devant les résolutions de l'ONU", s'est félicité l'un des avocats de Sassi et Benchellali, Me William Bourdon. "Cela ouvre la voie à des poursuites pénales", a-t-il ajouté.
Il appartient désormais à la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris, désignée par la Cour de cassation, de décider si cette plainte doit être instruite ou non.
Sassi et Benchellali ainsi que deux autres détenus, Imad Achab Kanouni et Brahim Yadel, ont été libérés de Guantanamo en juillet 2004.
Tous quatre sont actuellement incarcérés en France et mis en examen pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" et, pour les deux premiers, de "détention et usage de faux documents".
Trois Français restent aujourd'hui détenus sur la base américaine: Khaled Ben Mustafa et Ridouane Khalid, originaires de la région parisienne, ainsi que Mustaq Ali Patel, né en Inde et marié à une Française dont il a pris la nationalité.
Source : AFP, 5 janvier 2005

 

Cours d'histoire au procès pour terrorisme de Djamel Beghal à Paris
par Stéphane Durand-Souffland, le Gigaro, 5 janvier 2005

Le procès de Djamel Beghal et de cinq autres islamistes présumés se poursuit devant la 10e chambre correctionnelle de Paris. Le tribunal découvre, depuis lundi, les personnalités et les parcours des prévenus.

Le président Philippe Vandingenen prise un peu trop les réponses claires, courtes, factuelles. Il n'est donc pas à la fête avec les prévenus du «procès Beghal» qui pratiquent la langue de guimauve, la dilution conceptuelle, le «spirituel».
Ainsi de Kamel Daoudi, grand gaillard à la barbe courte, aux lèvres charnues, à l'_expression châtiée ­ il a obtenu un bac scientifique à 16 ans ­ et à l'air quelque peu suffisant. Pour expliquer sa foi, il juge utile de remonter à la chute de l'Empire ottoman, alors qu'il n'est âgé que de 30 ans. Le président lui coupe la parole. S'ensuit un échange qui résume le climat de l'audience.
Me Frédéric Bellanger, avocat de M. Daoudi : «Mon client est prêt à s'expliquer, à condition que le tribunal lui en laisse la possibilité.»
Le président : «Le tribunal accepte de l'écouter, à condition de percevoir un début de réponse aux questions qui lui sont posées.
­ Qui se dérobe ? Le tribunal ou mon client ?»
Brève suspension pour marquer l'incident, rappel à l'ordre, reprise des débats, et c'est reparti pour le petit jeu des questions-défausses. Me Bellanger, comme par enchantement, obtient davantage du box que M. Vandingenen. Tandis que les prévenus rechignent à se laisser cataloguer dans telle ou telle mouvance islamiste au prétexte que la justice ne leur en fournit pas une définition exacte, il demande à son client : «Avez-vous le sentiment d'avoir reçu la formation d'un «djihadiste» ?
­ Ce terme est un néologisme formé sur un mot arabe qui veut dire «effort». Si vous le traduisez par «terroriste», je ne le suis pas. Mon parcours est avant tout spirituel. Pourquoi l'Occident serait-il l'ennemi ? La France a fait partie d'un califat islamique.»
Et de chanter les liens entre François Ier et Soliman le Magnifique. Me Bellanger enchaîne sur le voyage accompli en Afghanistan, en 2001, par un Kamel Daoudi muni de faux papiers qui, sans demander la latitude et la longitude de ce pays connu naguère pour ses bases d'entraînement d'al-Qaida, développe : «C'était un voyage spirituel. Je voulais savoir qui étaient vraiment les talibans. Je ne connaissais pas la complexité tribale et ethnique que j'ai découverte sur place.» Le prévenu prétend même qu'il n'avait pas entendu parler, à l'époque, «du conflit avec l'ex-URSS». Ce n'est, certes, pas un délit que de mieux connaître la diplomatie de Soliman le Magnifique que celle de Leonid Brejnev.
Quant à ses liens avec Djamel Beghal, que l'accusation considère comme le chef du réseau, M. Daoudi est formel : «Il est mon aîné de dix ans. Je le respecte, mais il n'a pas eu d'influence sur moi.» Interrogé par Me Bellanger, M. Beghal confirme «d'une façon claire et précise». Le procureur, lui, ne pose aucune question à ces deux beaux parleurs.

 

Guantanamo L'enclave à tortures
par Cathy Ceïbe, L'Humanité, 4 janvier 2005

Des détenus britanniques accusent l'armée américaine d'atteintes aux droits de l'homme, dans la prison du réduit cubain occupé par les états-Unis.

Après Abou Ghraïb, le scandale de la pratique de la torture dans le bagne états-unien de Guantanamo se confirme. Dimanche, l'hebdomadaire The Observer a fait état du rapport rédigé par l'avocat Clive Stafford Smith dans lequel il décrit les tortures subies par des détenus britanniques sur la base américaine de Cuba, Moazzam Begg et Richard Belmar. Dans une lettre adressée au premier ministre, Tony Blair, cet avocat britannique précise que « des éléments crédibles et consistants prouvent que les deux hommes ont été sauvagement torturés lorsqu'ils étaient détenus par les autorités américaines ».
Arrêté au Pakistan en 2002, Moazzam Begg affirme avoir été torturé selon la « technique » dite de « strappado », consistant à suspendre les victimes par des menottes à une barre jusqu'à leur entailler les poignets. Moazzam Begg explique qu'il aurait subi ces sévices pour avoir récité le Coran alors qu'il était interdit de paroles. Le détenu déclare avoir été victime, à plusieurs reprises, d'humiliations et « de violences sexuelles ».
Quatre Britanniques, relâchés en mars dernier, ont porté plainte pour torture présumée contre de hauts responsables américains parmi lesquels figure le secrétaire d'État américain à la Défense Ronald Rumsfeld.
Malgré les accusations, l'administration Bush persiste à violer sciemment les lois internationales. À peine a-t-elle repatiné la définition sur la torture établie par l'ex-conseiller juridique de la Maison-Blanche Alberto Gonzales, qui stipulait que seules « la défaillance d'un organe, l'altération d'une fonction corporelle ou même la mort » constituaient le résultat d'une torture sanctionnée par la loi. Ainsi jeudi dernier, le département de la Justice a rendu compte d'un nouveau texte officiel sur la question, lequel indique que la torture peut être constituée d'actes qui ne causent pas une douleur insoutenable. Non seulement l'administration Bush institutionnalise le déni de droits humains que constitue la torture mais, le comble, elle explique comment être en conformité avec la loi américaine pour ne pas tomber sous le coup de poursuites judiciaires.
Dans la même veine, Washington envisagerait de créer un statut d'exception pour les prisonniers soupçonnés de terrorisme, selon l'édition dominicale du Washington Post. À cet effet, le Pentagone envisagerait de construire une prison de 200 lits pour les détenus privés de procès faute de preuves. Le Pentagone, conjointement avec la CIA, recommanderait à la Maison-Blanche de mettre au point une doctrine politique applicable aux prisonniers de Guantanamo et aux personnes placées sous surveillance de l'armée ou de la CIA contre lesquelles le gouvernement ne dispose pas de preuves suffisantes pour les poursuivre en justice.
L'éventuelle mise en oeuvre de ce statut d'exception entérinerait, une fois de plus, les négations des droits humains auxquelles se livrent les États-Unis au nom du prétexte fallacieux de lutte contre le terrorisme. Le concept de guerre sans limite se doterait de facto d'une « justice », elle aussi, sans limite, au mépris du droit international.

 

Guantanamo : vers un statut d'exception
Les prisonniers soupçonnés de terrorisme pourraient rester enfermés à vie sans procès en Amérique ou dans leur pays d'origine
par Philippe Gélie, le Figaro, 4 janvier 2005
Alberto Gonzales, 49 ans, le conseiller juridique de la Maison-Blanche promu attorney general (ministre de la Justice), sera le premier membre du nouveau gouvernement Bush à affronter le Sénat, jeudi, lors d'auditions de confirmation. Il sera aussi l'un des plus «cuisinés» par les élus du Congrès, à cause de son rôle dans le traitement des prisonniers suspects de terrorisme, de Guantanamo à Abou Ghraïb en Irak.
Après les attentats du 11 septembre 2001, Gonzales fut le principal architecte d'un système juridique consistant à priver les détenus capturés en Afghanistan de la protection des conventions de Genève. Dans une note du 25 janvier 2002, il soutenait que la guerre contre le terrorisme rendait «obsolète» l'interdiction des méthodes d'interrogatoire coercitives. Cette opinion, relayée auprès de la hiérarchie militaire par le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, a débouché sur une série d'abus dans la prison d'Abou Ghraïb, près de Bagdad. Elle a aussi permis l'utilisation de méthodes «équivalentes à la torture», selon un rapport de la Croix-Rouge, dans la prison militaire de Guantanamo. Gonzales avait plaidé en faveur de son installation sur l'enclave de Cuba pour la soustraire au contrôle de la justice américaine.
La Cour suprême des États-Unis l'a contredit sur ce point en juin dernier. Le 31 décembre, c'est lui-même qui est revenu sur ses précédentes analyses, publiant un nouveau mémorandum sur ce que les autorités civiles et militaires devraient considérer comme de la torture ­ et donc bannir de leur arsenal. Sa précédente note sur le sujet, datée d'août 2002, réservait le terme aux violences infligées avec «une intention spécifique» et provoquant «une douleur sévère, équivalente en intensité à celle qui accompagne une blessure grave, l'arrêt de fonctionnement d'un organe, une infirmité ou même la mort». La nouvelle définition est moins restrictive, mais toujours assez floue pour que des dérives soient possibles. Or on sait aujourd'hui que les mauvais traitements ont été quasi systématiques dans les centres de détention américains.
Le New York Times a publié le 1er janvier de nouveaux témoignages, émanant d'interrogateurs et de membres du renseignement militaire, sur les méthodes utilisées contre les quelque 550 détenus de Guantanamo. Elles incluent le menottage prolongé dans des positions douloureuses, les privations de sommeil, l'exposition à des musiques assourdissantes, à des hurlements de bébés ou à des miaulements de chats, parfois jusqu'à laisser les détenus s'arracher les cheveux ou se souiller de leurs excréments. Dans certains cas, des prisonniers ont été emmenés les yeux bandés dans des avions qui se sont reposés à leur insu à Guantanamo : il s'agissait de leur faire croire qu'ils étaient remis aux interrogateurs de pays peu regardants sur les droits de l'homme. Environ un détenu sur six aurait subi ce traitement.
Ces révélations jettent la lumière sur les mensonges proférés par les responsables militaires du camp, qui sont allés ces derniers mois jusqu'à mettre en scène pour la presse des interrogatoires «amicaux», observés derrière un miroir sans tain, durant lesquels geôliers et détenus partageaient des hamburgers provenant du McDonald's voisin. «Ce sera un spectacle sans précédent, notait hier le Wall Street Journal, de voir un candidat ministre contraint de donner son opinion sur la légalité de techniques telles que les simulacres d'exécution ou de noyade.» Il y va aussi de l'avenir, Washington n'ayant toujours pas réglé la question du statut de ces prisonniers soustraits au droit commun. Le Pentagone et la CIA viennent de demander à la Maison-Blanche de trouver une solution à long terme, notamment pour les «gros poissons» aux mains de la centrale d'espionnage : leur nombre est estimé à une quarantaine, dont les leaders d'al-Qaida Khaled Cheikh Mohammed, Abou Zoubeïda ou Ramzi Binalshib, gardés dans des prisons secrètes à Bagram en Afghanistan ou sur la base de Diego Garcia dans l'océan Indien.
Parmi les solutions préconisées, leur «remise» aux autorités d'autres pays juridiquement moins tatillons serait envisagée. Un sixième camp pourrait également être construit à Guantanamo. L'objectif de l'état-major semble être «d'emprisonner indéfiniment» même ceux «qu'on ne peut juger faute de preuves», explique le Washington Post, qui a révélé ces projets dimanche. «Pas une bonne idée», ont déjà réagi des sénateurs des deux camps.

 

 

 

 

03/01/05 - Strapado
« Lorsqu’il lit le Coran, on l’accroche à une barre d’acier au plafond par ses menottes. Ça s’appelle le "strapado”. » C’est ce qu’a raconté le détenu pakistanais de Grande-Bretagne Moazzam Begg à l’avocat britannique qui a pu lui rendre visite. Selon le témoignage du prisonnier, kidnappé au Pakistan après avoir fait du travail humanitaire en Afghanistan, des sévices sexuels auraient aussi été commis sur des prisonniers. Bref, malgré l’occultation et l’absence de photos, la réalité véritable de guantanamo perce progressivement. Et c’est aussi horrible que Abou Ghraïb et les autres prisons de l’Empire, de l’Afghanistan à la Caraïbe, en passant par l’Océan indien. À propos, quel effet le tsunami a-t-il eu sur l’île de Diego Garcia, où la base militaire US sert de prison secrète de "gros poissons” caoturés au Pakistan et ailleurs ? Silence radio...
Source : RFI, 3 janvier 2005