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La galaxie guantanamo

 
 

30/11/04 - Les accusations contre Martin Mubanga
Martin Mubanga, 31 ans, est l'un des quatre citoyens britanniques encore détenus à guantanamo. Né en Zambie, cet ancien coursier de Dollis Hill, au nord-ouest de Londres, s'était converti à l'Islam. Accusé d'avoir rejoint Al Qaïda en 2000, il a été arrêté en Zambie en 2002 et remis à la CIA. Selon le dossier d'accusation fabriqué contre lui, il aurait été arrêté en possession d'une liste de 33 organisations juives, principalement basées à New York, contre lesquelles il était censé préparer des attentats. Devant le tribunal de Washington chargé d'examiner la légalité de la détention de Mubanga et de ses trois compatriotes à guantanamo, les avocats du pentagone ont avancé que Mubanga aurait eu l'intention d'aller de Zambie aux USA en mars 2002 mais aurait été arrêté avant cela. Sauf que rien ne prouve cette allégation. Comparaissant en septembre 2004 devant le "tribunal d'examen" de son "statut" de combattant ennemi", Mubanga avait rétracté ses aveux précédents, obtenus par des interrogatoires d'une "dureté excessive". Selon le frère de Mubanga, celui-ci s'était rendu au Pkaistan dans l'intention de combattre au Cachemire et non en Afghanistan. De plus, le jeune homme a toujours affirmé qu'il s'était rendu en Zambie pour y rendre visite à un oncle malade.
Source : The Sunday Times, 28 novembre 2004

 

Mamoun Darkanzali reste en prison en Allemagne
Le Germano-Syrien Mamoun Darkanzali, soupçonné par la justice espagnole d'être une figure centrale d'Al-Qaïda, restera en prison jusqu'à ce que la Cour constitutionnelle rende une décision sur sa procédure d'extradition, a indiqué lundi un porte-parole du tribunal de Hambourg, qui a rejeté une demande de remise en liberté.
La plus haute autorité judiciaire allemande avait jugé recevable mercredi un recours en référé des avocats de cet homme d'affaires et ordonné la suspension de la procédure d'extradition vers l'Espagne du suspect, recherché par le juge antiterroriste espagnol Baltasar Garzon.
Mamoun Darkazanli est sous écrou extraditionnel depuis la mi-octobre, date de son arrestation à Hambourg dans le cadre d'un mandat d'arrêt européen lancé par le magistrat espagnol, qui enquête sur les attentats du 11 septembre 2001 aux USA.
Selon le juge Garzon, Darkazanli a été "l'interlocuteur permanent et l'assistant d'Oussama ben Laden en Allemagne". Il encourt jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle en Espagne pour appartenance à une organisation terroriste. Il est notamment soupçonné d'avoir "participé à l'achat d'un bateau pour Oussama Ben Laden et de s'être occupé de la gestion du bateau, notamment en transmettant des documents et en payant des factures", d'après la Cour de Hambourg.
Source : AFP, 29 novembre 2004

 

26/11/04 - Mourad Benchellali obtient de rencontrer sa mère
Mourad Benchellali, détenu à Fleury-Mérogis après avoir été détenu deux an et demi à guantanamo, a enfin obtenu de pouvoir rencontrer sa mère, elle aussi détenue dans la section féminine de la même prison. Pour cela, il a du mener une grève de la faim d’une semaine.

 

Le frère d'un détenu de guantanamo interpellé en France
Djamel Khalid, frère d'un Français détenu sur la base américaine de Guantanamo, à Cuba, a été interpellé mardi en région parisienne, avec son épouse, dans l'enquête sur le financement présumé d'un groupe islamiste par de fausses attaques de banques, a-t-on appris de source judiciaire.
Il a été placé en garde à vue avec sa femme à la Direction de la surveillance du territoire (DST), sur commission rogatoire du juge antiterroriste Jean-François Ricard.
Son frère, Ridouane Khalid, fait prisonnier lors de l'intervention américaine en Afghanistan en 2001, est l'un des trois Français toujours détenus sur la base américaine de Cuba, sans statut juridique précis, avec Khaled ben Mustapha et Moustak ali Patel.
La DST a opéré plusieurs autres interpellations dans la même affaire mardi dans l'entourage de la famille Khalid, a-t-on appris de source proche du dossier.
Ce dossier a été ouvert pour "financement de terrorisme" après l'arrestation et la mise en examen samedi d'un ancien employé de la Brink's, Hassan Baouchi, soupçonné d'avoir organisé en mars son faux enlèvement et le faux braquage des distributeurs automatiques de billets de six banques de Seine-Saint-Denis.
Le butin d'un million d'euros pourrait avoir servi au financement du Groupe islamique combattant marocain (GICM), à l'origine des attentats de Casablanca le 16 mai 2003 (45 morts) et de ceux de Madrid, qui ont fait 191 morts en mars dernier.
Coïncidence, Me Isabelle Coutant-Peyre, avocat de Ridouane Khalid, a annoncé mardi avoir écrit au président Jacques Chirac pour lui demander "d'exiger des Etats-Unis sa libération immédiate et sans condition".
Quatre autres ressortissants français capturés en 2001 et 2002 en Afghanistan par l'armée américaine et détenus à Guantanamo ont été extradés le 27 juillet vers la France.
Après leur retour en France, Mourad Benchellali, Nizar Sassi, Brahim Yadel et Imad Kanouni ont été mis en examen pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" et écroués. Ils sont toujours en détention.
Source : Reuters, 23 novembre 2004

 

Le capitaine Youssef Yee honoré à Sacramento
Le capitaine Youssef Yee, ex-aumônier musulman du camp de détention de guantanamo, a reçu samedi 22 novembre, à l’hôtel Hilton de Sacramento (Californie), un “Prix du courage et de l’inspiration”, décerné par le Conseil pour les relations américano-islamiques (CAIR). Plus de 400 personnes ont assisté à la cérémonie : musulmans, chrétiens, Américains d’origine arabe, africaine et asiatique, imams et hommes politiques. Commentant l’odyssée du capitaine Yee, qui a passé 76 jours à l’isolement sous l’accusation, ensuite abandonnée, d’espionnage, Linda Ng, présidente de la branche locale de l’Organisation des Américains chinois a déclaré : « Il faut arrêter de telles choses. c’est pourquoi nous sommes tous réunis ici. » Le caporal d’origine syrienne Ahmad Al Halabi, lui aussi disculpé des accusations d’espionnage à guantanamo, assistait à la soirée. Il a passé dix mois en détention.
Diplômé de West point, le capitaine Yee a informé l’assistance que l’armée avait accepté sa démission et qu’il quitterait l’armée avec les honneurs le 7 janvier prochain.
Youssef Yee a refusé d’accorder des interviews, car il a reçu en avril dernier une lettre de l’armée le menaçant de poursuites s’il faisait des déclarations contraires à “la loyauté, la discipline ou la morale de l’unité”.
Le Comité d’action politique chinois américain, actif dans la zone de Sacramento, fait circuler une pétition demandant à l’armée de présenter des excuses à Youssef Yee.
Lors de son intervention, Yee a exhorté les participants à se procurer le guide “Connaissez vos droits” édité par le CAIR : «Si vous ne l’avez pas, procurez-vous le. Vous pourrez en avoir besoin, au moins durant les quatre prochaines années.
On peut commmander le guide à : pubs@cair-net.org
Source : Sacramento Bee, 22 novembre 2004

 

Le général Miller remplacé à la tête des prisons US en Iraq
Le général Geoffrey Miller, chargé des centres de détention US en Iraq, a été remplacé, a annoncé mercredi l'armée US, sept mois après sa nomination pour régler le scandale des sévices infligés aux détenus de la prison d'Abou Ghraïb.
Il sera remplacé par le général William Brandenburg, actuellement en poste à Hawaï.
La décision de réaffecter le général à un poste non spécifié à Washington fait partie de la rotation de routine des officiers supérieurs et n'est pas une sanction d'une quelconque défaillance de Miller, a déclaré un porte-parole de l'Armée.
Miller était arrivé en Iraq au mois d'avril après la révélation des sévices et humiliations infligés aux prisonniers d'Abou Ghraïb. La prison est située près de Bagdad.
Les enquêteurs ont qualifié de chaotique la situation qui prévalait sous la direction du prédécesseur de Miller, la générale Janis Karpinski, qui a été suspendue de son poste de commandante de la 800e brigade de police militaire.
Un responsable militaire a estimé que Miller avait hérité d'une crise et qu'il avait "réglé" les problèmes à Abou Ghaïb et dans les autres prisons iraquiennes sous gestion US.
Miller avait auparavant dirigé le centre de détention de la base US de guantanamo où sont actuellement détenus 550 prisonniers arrêtés en Afghanistan et ailleurs dans le monde dans le cadre de la guerre lancée par lesUSA contre le terrorisme.
Miller a fait l'objet de critiques d'organisations de défense des droits humains pour sa gestion à guantanamo, qui s'apparentait selon elles à "un trou noir juridique".
D'anciens prisonniers de guantanamo ont dit y avoir été torturés. La Croix Rouge internationale a condamné les détentions d'une durée indéterminée qui prévalent sur la base US.
En août 2003, alors que Miller était encore à guantanamo, le Pentagone l'envoya en Iraq pour évaluer des façons plus efficaces d'extirper des renseignements aux prisonniers dans le but d'aider les forces US à arrêter une insurrection en plein essor.
Selon un rapport d'enquête, Miller a préconisé l'utilisation des opérations de détention pour organiser des interrogatoires. Il avait recommandé que les gardiens soient partie prenante "dans la fixation des conditions d'une exploitation réussie des détenus."
Selon les organisations de défense des droits humains, ces recommandations pourraient avoir contribué aux sévices qui ont par la suite eu lieu à Abou Ghraïb.
Source : Reuters, 25 novembre 2004

 

Sa femme accuse : Tayseer Allouni est détenu “comme à guantanamo” !
Fatima Hamed, la femme du journaliste d’Al Jazeera Tayseer Allouni, détenu en Espagne sous l’accusation d’appartenance à Al Qaïda, a lancé une accusation : son mari est détenu dans des conditions qui rappellent celles de guantanamo. Maintenu à l’isolement ainsi que 85 autres suspects de “terrorisme”, Allouni est contraint de manger seul dans sa cellule et n’a droit qu’à une heure d’exercice, tout seul dans une cour de la prison. Il est en mauvaise santé. Il vient d’être transféré dans une autre prison, où il se plaint notamment d’être dans une cellule sans chauffage, ce que les autorités ont démenti. Allouni, arrêté en septembre 2003 à Grenade et remis en liberté un mois plus tard pour raisons médicales, a de nouveau été arrêté au début du mois de novembre, car on craignait qu’il ne prenne la fuite. Selon son épouse, Allouni, qui aurait du suivre un traitement médical il y a quelques jours, ne bénéficie d’aucun suivi médical en prison.
Source : Reuters, 26 novembre 2004

 

Fouad Lasnami en danger !
Fouad Lasnami est un des Algériens arrêtés en Écosse en décembre 2002 en vertu de la Loi anti-terroriste de 2000. Les charges retenues contre ces hommes ont été abandonnées presque un an plus tard. Mais leur sort n’est pas réglé pour autant, car ils figurent sur une liste de suspects circulant entre les services britanniques et algériens. S’ils sont expulsés vers l’Algérie, ils risquent d’y perdre la vie. Fouad lasnami a donc déposé une demande d’asile politique en Grande-Bretagne. Cette demande a été examinée par le Tribunal d’immigration de Glasgow le 3 novembre dernier. Une décision est attendue dans plusieurs semaines.
Source : Scotland Against Criminalising Communities

 

Le Yémen libère une centaine de “membres d'Al Qaïda”
Les autorités yéménites ont libéré 113 militants soupçonnés d’ appartenanceà Al Qaïda, après qu'ils eurent promis de renoncer à toute activité terroriste ou criminelle, ont annoncé jeudi des responsables de la sécurité.
Parmi les militants libérés se trouvent au moins cinq hommes soupçonnés dans un premier temps, avant d'être blanchis, d'avoir été impliqués dans l'attentat à la bombe contre l'USS Cole dans le port d'Aden. Dix-sept marins US avaient été tués.
Les militants ont été libérés par groupes, au cours des deux dernières semaines, après s'être engagés à ne pas perpétrer d'actes terroristes et à ne pas s'impliquer dans des activités criminelles.
Source : AP, 25 novembre 2004

 

Joseph Terrence Thomas jugé à Melbourne
Un Australien, converti à l'islam, Joseph Terrence Thomas, qui comparaissait mercredi devant la cour de Melbourne (sud de l'Australie) pour soutien à Al-Qaïda, a été en étroite relation avec Oussama ben Laden.
Le procureur Richard Maidment a déclaré lors de la comparution que Thomas, « avait personnellement vu de près les quartiers d'Oussama ben Laden », lors d'un entraînement militaire qu'il avait suivi dans un camp en Afghanistan et où il avait appris le maniement de toute une panoplie d'armes.
L'Australien, qui a pris le nom de « Jjihad », avait été arrêté après une perquisition de la police anti-terroriste à son domicile dans la banlieue de Melbourne, où des documents et du matériel informatique ont également été saisis.
Le procureur a déclaré devant la cour que Thomas, inculpé le 18 novembre dernier, avait passé trois mois dans un camp d'entraînement en 2001 puis s'était rendu au Pakistan entre juillet 2002 et janvier 2003 où il avait séjourné dans différentes caches d'Al-Qaïda.
Thomas, qui avait été expulsé du Pakistan après y avoir été détenu pendant 5 mois en raison de liens présumés avec Al-Qaïda, avait également été inculpé de recel de fonds d'Al-Qaïda à Karachi entre juillet 2002 et janvier 2003.
Source : AFP, 25 novembre 2004

 

25/11/04 - Mourad Benchellali obtient de rencontrer sa mère
Mourad Benchellali, détenu à Fleury-Mérogis après avoir été détenu deux an et demi à guantanamo, a enfin obtenu de pouvoir rencontrer sa mère, elle aussi détenue dans la section féminine de la même prison. Pour cela, il a du mener une grève de la faim d'une semaine.

Le frère d'un détenu de guantanamo interpellé en France
Djamel Khalid, frère d'un Français détenu sur la base américaine de Guantanamo, à Cuba, a été interpellé mardi en région parisienne, avec son épouse, dans l'enquête sur le financement présumé d'un groupe islamiste par de fausses attaques de banques, a-t-on appris de source judiciaire.
Il a été placé en garde à vue avec sa femme à la Direction de la surveillance du territoire (DST), sur commission rogatoire du juge antiterroriste Jean-François Ricard.
Son frère, Ridouane Khalid, fait prisonnier lors de l'intervention américaine en Afghanistan en 2001, est l'un des trois Français toujours détenus sur la base américaine de Cuba, sans statut juridique précis, avec Khaled ben Mustapha et Moustak ali Patel.
La DST a opéré plusieurs autres interpellations dans la même affaire mardi dans l'entourage de la famille Khalid, a-t-on appris de source proche du dossier.
Ce dossier a été ouvert pour "financement de terrorisme" après l'arrestation et la mise en examen samedi d'un ancien employé de la Brink's, Hassan Baouchi, soupçonné d'avoir organisé en mars son faux enlèvement et le faux braquage des distributeurs automatiques de billets de six banques de Seine-Saint-Denis.
Le butin d'un million d'euros pourrait avoir servi au financement du Groupe islamique combattant marocain (GICM), à l'origine des attentats de Casablanca le 16 mai 2003 (45 morts) et de ceux de Madrid, qui ont fait 191 morts en mars dernier.
Coïncidence, Me Isabelle Coutant-Peyre, avocat de Ridouane Khalid, a annoncé mardi avoir écrit au président Jacques Chirac pour lui demander "d'exiger des Etats-Unis sa libération immédiate et sans condition".
Quatre autres ressortissants français capturés en 2001 et 2002 en Afghanistan par l'armée américaine et détenus à Guantanamo ont été extradés le 27 juillet vers la France.
Après leur retour en France, Mourad Benchellali, Nizar Sassi, Brahim Yadel et Imad Kanouni ont été mis en examen pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" et écroués. Ils sont toujours en détention.
Source : Reuters, 23 novembre 2004

 

24/11/04 - Le statut de 398 détenus examiné
À ce jour, les "tribuanxu" spéciaux chargés d'examiner le "statut" des détenus de guantanamo ont examiné 398 cas et il leur en reste encore environ 150 à examiner. 135 détenus ont vu confirmer leur "statut de combattants ennemis" et un seul détenu, pakistanais, a été libéré.
Source : AP, 20 novembre 2004

 

L'imam Fawaz Damra en prison dans l'Ohio
Fawaz Damra, 43 ans, imam du centre islamique de Cleveland (Ohio) résidant à Strongsville, a rejoint lundi 22 novembre la prison fédérale d'Elkton pour y purger une peine de deux mois de prison, qui sera suivie de quatre mois d'assignation à résidence. il a été condamné à cette peine en juin dernier pour avoir caché ses liens avec trois organisations étiquetées comme terroristes par les USA, lors de sa demande de naturalisation en 1994. les 3 organisations sont : le Service des réfugiés afghans, le Comité islamique pour la Palestine et le Jihad islamique palestinien. De lus, Damra est menacé de déportation
Source : AP, 23 novembre 2004

 

Les otages de l'Onu échangés contre 24 détenus afghans
Les trois otages de l'Onu enlevés le 28 octobre à Kaboul ont été libérés mardi en échange d'une libération par les autorités afghanes de 24 détenus proches des talibans, a affirmé le chef présumé des ravisseurs, cité par une agence d'information afghane basé au Pakistan."Nous avons libéré la Kosovare à l'appel d'un musulman du Kosovo et les deux autres otages en échange d'une libération de 24 prisonniers", a affirmé Syed Mohammad Akbar Agha, chef du groupe présumé des ravisseurs, le Jaish-e-Muslamin, à l'agence de presse Afghan Islamic Press (AIP).
"Aux termes de cet accord, nous avons relâché deux employés de l'Onu, d'Irlande et des Philippines et en échange le gouvernement va libérer 24 de nos prisonniers et la musulmane a été libérée à l'appel lancé par un musulman kosovar, M. Behgjet Pacolli", a expliqué le chef des ravisseurs à AIP.
Employés par les Nations unies à l'organisation de l'élection présidentielle du 9 octobre, l'Irlando-Britannique Annetta Flanigan, le Philippin Angelito Nayan et la Kosovare Shqipe Hebibi avaient été enlevés à Kaboul en pleine rue le 28 octobre. Un groupe dissident des talibans, le Jaish-e-Muslamin, avait revendiqué l'opération et entamé quelques jours plus tard des négociations avec les autorités afghanes et l'Onu en réclamant notamment la libération de 26 prisonniers, dont certains aux mains des Américains.
Dans un premier temps, les ravisseurs avaient également exigé le départ de toutes les troupes étrangères d'Afghanistan, mais leurs revendications s'étaient rapidement circonscrites autour de la libération de prisonniers talibans. Certains de ces prisonniers, selon des sources proches de l'enquête, se trouvaient sur la base américaine de Guantanamo, à Cuba, compliquant les négociations avec les ravisseurs.
Les trois otages ont été libérés mardi à l'aube sains et saufs, mais aucun détail des circonstances de leur libération n'a été apporté dans un premier temps par les autorités afghanes. Ils ont rapidement été conduits dans un camp militaire de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf), sous commandement de l'Otan, dont un porte-parole a indiqué qu'ils étaient apparus "en bonne santé" à l'issue de leur contrôle médical.
Une "bavure" a marqué cette affaire : un homme suspecté d'être associé à la prise d'otages, est mort en détention lundi 22 novembre. il s'appelait Kajkoal et était originaire de la vallée de Paghman, près de Kaboul. Arrêté le 30 octobre, il est mort aux mains de la police afghane. Selon ses proches, son corps portait des marques de brûlures et ses mains étaient dépourvues d'ongles, qui avaient été de toute apparence arrachés. le ministre de l'Intérieur du gouvrnement karzaï a nommé une commissiond Œenquête sur cette sombre affaire.
Source : Reuters, 22 novembre et AFP, 23 novembre 2004

 


Le Docteur Sami Al Arian donnant une conférence

Libérez Sami Al Arian, prisonnier politique depuis février 2003 !
Un dossier réalisé par Palestine en Marche à partir du site: www.freesamialarian.com

Depuis 1995, le Dr. Sami Al-Arian est la cible d'une campagne orchestrée pour le réduire au silence à cause de son soutien aux droits des Palestiniens. Après neuf ans d'enquête, il reste encore au gouvernement à prouver ses accusations contre Al Arian et ses co-accusés. L' affaire a été largement portée sur le plan politique par des années de désinformation et de lobbying par des groupes pro-israéliens.
Le 20 Février 2003, le Dr. Al-Arian et trois autres personnes ont été arrêtés chez eux avant l'aube par des agents fédéraux. Ces arrestations étaient un signe supplémentaire que, sous prétexte de lutte contre le terrorisme, l'administration Bush, conduite par le Procureur General John Ashcroft, veut réduire au silence l'_expression politique protégée par la Constitution des Etats-Unis.
Les accusations du gouvernement qui reposent essentiellement sur des insinuations, des interprétations, des fabrications est largement basée sur d'anciennes allégations qui ont été depuis longtemps discréditées.
Le Juge R. Kevin McHugh, qui a examiné ces allégations au cours d'une audience, a statué en ces termes le 27 Octobre 2000: "Bien qu'il existe des allégations qui stipulent que le ICP et Le WISE (associations créees par Al-Arian) servaient de façades pour des movements politiques palestiniens, il n'y a aucune preuve apportée à la Cour qui démontre que ces organisations servaient de façade au Jihad Islamique (PIJ). Au contraire, tout porte à conclure que le WISE était un centre de recherches réputé et que le ICP avait une excellente réputation."
Au vu des déclarations passées du Dr Al Arian, son arrestation et l'utilisation par le gouvernement de dispositions anticonstitutionnelles du Patriot Act, apparaissent clairement comme des tentatives de réduire au silence et d'intimider la communauté musulmane américaine.

Qui est le Dr. Sami Al-Arian?
Le Dr.Sami Al-Arian est le fils de réfugiés palestiniens. Il est venu s'installer aux Etats-Unis en 1975. Il y vit depuis avec sa femme, Nalha et ses 5 enfants, tous nés sous la nationalité américaine.
Le Dr.Al-Arian est professeur à l'Université de Floride du Sud où il enseigne l'informatique depuis 1986. Il a reçu deux récompenses pour son remarquable enseignement. En 1990, il a participé à la création de l'Entreprise d'Etudes du Monde et de l' Islam [World and Islam Studies Enterprise (WISE)], une association de recherche universitaire destinée à promouvoir le dialogue entre le monde musulman et occidental.
Le Dr. Al-Arian intervient souvent comme orateur sur les campus d'université, les églises et dans différentes conférences. Il se consacre au dialogue entre les différentes religions et les droits civiques. Il a fait partie du bureau de l' Association de Hillsborough pour le Progrès et l'Egalité [Hillsborough Organization for Progress and Equality (HOPE)], la plus importante association du comté de Hillsborough en Floride. En 1981, il a participé à la création de l' Académie Islamique de l' Amerique du Nord [ Islamic Society of North America (ISNA)], la plus importante organisation musulmane du pays. Il est le fondateur de l' Académie Islamique de Floride, une des écoles islamiques les plus importantes du pays avec plus de 300 étudiants de la maternelle au lycée. Il est aussi imam de la communauté musulmane de Tampa.
Le Dr. Al-Arian a aidé à accroître le pouvoir de la communauté musulmane grâce à son travail et à ses relations personnelles avec d'autres leaders politiques, religieux et des droits civiques en Floride et dans tout le pays. Il a participé à la création du Comité Islamique pour la Palestine [ Islamic Committee for Palestine (IPC)], un groupe qui a aidé à la prise de conscience de ce que vivaient les Palestiniens. Le magazine Newsweek l'a désigné comme le premier militant pour les droits civiques dans sa lutte pour faire retirer l'utilisation des "preuves secrètes".
Le Dr. Al-Arian a lutté sans relâche pour la liberté et la justice dans son pays et dans le monde. Il est cofondateur de la Coalition de Tampa pour la Justice et la Paix, une organisation locale opposée à l'utilisation anticonstitutionnelle des preuves secrètes et à d'autres violations des droits civiques, ainsi qu'aux attaques des media contre les Arabes et les Musulmans. Il est aussi confondateur de la Coalition Nationale pour la Protection de la Liberté Politique, et en est devenu président en 2000. Le Dr Al ALrian a reçu trois récompenses pour sa lutte pour les droits civiques de la part du Comité Arabe Americain contre la Discrimination [American Arab Anti-Discrimination Committee (ADC)], le Conseil Americain Musulman [ American Muslim Council (AMC)], et l'Alliance Americaine Musulmane [ American Muslim Alliance (AMA)].


Arrestation de Sami Al Arian

L' Affaire Sami Al-Arian: Chronologie
20 Février 2003: Après huit années de harcèlement gouvernemental à cause de son militantisme pour la Palestine et de ses activités politiques en faveur des droits civiques aux Etats-unis, le Dr Al Arian est arrêté par les autorités fédérales sous l'accusation mensongère de "soutien au terrorisme". Trois autres personnes sont arrêtées en même temps que lui et emprisonnées dans une prison locale. Pour protester contre cette incarcération politique, le Dr Al Arian commence une grève de la faim.
27 Février 2003: une semaine seulement après l'inculpation du Dr. Al-Arian le Président de l'Université de Floride Sud, sous la pression du Conseil d' Administration, le démet de ses fonctions de professeur, ce qu'il tente de faire depuis plus d'un an, pour ses activités politiques légales, devenues intolérables dans le climat d'hystérie qui a suivi le 11 Septembre.
20 Mars 2003: L'audience pour la libération sous caution du Dr. Al-Arian et des trois co-accusés dure quatre jours. Plus de 35 témoins sont produits pour leur défense. L'accusation ne produit ni témoins ni preuves, et ne peut démontrer qu'ils présentent un quelconque danger pour la sécurité nationale. Des semaines plus tard, le juge Mark Pizzo refuse la libération sous caution du Dr. Al-Arian et de Sameeh Hammoudeh. Hatim Fariz et Ghassan Ballut, tous deux citoyens américains, sont libérés sous caution.
27 Mars 2003: Les hommes sont transférés de la prison locale de Tampa en Floride à un pénitentier fédéral de haute sécurité à Coleman, Floride, à plus de 100 kms. Ils sont placés en isolement et ont leur refuse les droits elementaires: leur droit de visite est limité, y compris pour leurs avocats, ils sont soumis à des fouilles à nu et à des conditions d'emprisonnement des plus dures. Le Dr. Al-Arian et Mr. Hammoudeh sont les seules personnes en détention provisoire dans un établissement pénitentiaire pour des criminels endurcis.
8 Avril 8,2003: Comme le Dr Al Arian n'a pas suffisamment d'argent pour avoir des avocats privés, des avocats sont commis d'office par le juge Thomas McCoun. Dans les mois qui vont suivre, peu de progrès seront faits grâce à eux.
10 Avril 2003: Dr. Al-Arian et Mr. Hammoudeh voient leur demande de liberation sous caution rejetée, alors que Hatim Fariz et Ghassan Ballut sont libérés du pénitentier fédéral de Coleman. Une nouvelle association pour les droits civiques, le Fonds National pour la Liberté annonce qu'elle va s'ocuper de l'affaire du Dr. Sami Al Alarian et organise un certain nombre de manifestations à travers le pays dans les mois qui suivent.
5 Juin 2003: Le juge Moody annonce que le procès n'aura pas lieu avant Janvier 2005, soit presque deux ans après l'arrestation.
15 Juin 2003: Au cours de son congrès annuel, l' Association Americaine des Professeurs d'Université condamne l'Université de Floride pour avoir violé les droits du Dr.Al Arian.


Sami Al Arian rencontre
George et Laura Bush

18 Juin 2003: Pour avoir téléphoné chez lui et ensuite à son fils qui étudie à l'étranger, le Dr Al Arian est puni pour avoir violé l'interdiction faite au pénitentier de Coleman sur le nombre de coups de téléphone. Il est privé de tout appel téléphonique pendant six mois.
17Juillet 2003: Amnesty International écrit au Bureau Fédéral des Prisons pour condamner les conditions de détention du Dr Al Arian: enfermement pendant 23 heures, fouilles à nu, usage de chaînes et de fers, promenades sévèrement limitées, impossibilité d'assister à un service religieux, refus d'installer une horloge dans une cellule sans fenêtres où la lumière artificielle n'est jamais éteinte.
25 Juillet 2003:Le Dr. Al-Arian est autorisé à renvoyer ses avocats commis d'office au vu du peu de progrès accompli tant dans son affaire que ses conditions de détention. Il décide d'être son propre avocat. Pour pouvoir travailler à préparer sa défense, il met un terme à sa grève de la faim après 140 jours et la perte de 22 kilos.
12 Septembre 2003: Après des mois sans aucune avancée, le juge Moody décide que les 21000 heures de conversation enregistrées classées secrètes par le gouvernement doivent être communiquées aux avocats de la défense, mais il leur est interdit de les communiquer au public ou d'en parler à qui que ce soit d'autre que leurs clients. La communication de ces enregistrements à la défense se fait très lentement.
29 Octobre 2003: Après avoir été son propre avocat pendant trois mois, le Dr Al Arian engage l'avocat de Washington William B. Moffitt et l'avocate locale Linda Moreno pour le représenter.
9 Decembre 2003: Un article du Chicago Tribune révèle que des preuves clés dans l'affaire ont été détruites par les autorités fédérales. Les mandats de perquisition et autres matériaux en lien datant des premières fouilles de la maison et du bureau du Dr Al Arian ont été par erreur broyés par les fonctionnaires du tribunal.
20-22Janvier 2004: Sameeh Hammoudeh voit rejeter sa demande de libération sous caution. Un juge ordonne au gouvernement de communiquer davantage des preuves qu'il détient. Le gouvernement réduit les 21000 heures de conversation enregistrées à 200. Les avocats de la défense tentent de faire rejeter l'inculpation au motif qu'elle criminalise la liberté de parole et les activités protégées par le Premier Amendement.

Accusations contre Faits
( EXTRAITS)
L'aperçu qui suit a été réalisé par les experts juridiques du National Liberty Fund.
-Accusation: The World and Islam Studies Enterprise (WISE) était une entreprise de "collecte de fonds" parce que le Dr Al Arian figurait sur la liste de compte bancaire du WISE avec Ramadan Abdullah Shallah, qui est devenu plusieurs années après leader du Jihad Islamique Palestinien. (PIJ).
- FAITS: Le gouvernement répète cette accusation par association de culpabilité depuis des années mias en vain. En fait, en Octobre 2000, un juge fédéral de l'immigration a statué ainsi: ""Bien qu'il existe des allégations qui stipulent que le ICP et Le WISE (associations créees par Al-Arian) servaient de façades pour des movements politiques palestiniens, il n'y a aucune preuve apportée à la Cour qui démontre que ces organisations servaient de façade au Jihad Islamique (PIJ). Au contraire, tout porte à conclure que le WISE était un centre de recherches réputé et que le ICP avait une excellente réputation."



Meeting de soutien à Sami Al Arian

- ACCUSATION: En Décembre 1988, le Dr. Sami Al-Arian et son co-accusé Bashir Nafi ont assité à une conférence de l'ICP à St-Louis au cours de laquelle des "fonds ont été collectés pour le Jihad Islamique Palestinien et le Dr Al Arian "a tenté de recruter une ou deux personnes pour le PIJ."
- FAITS: Autre accusation rejetée par un juge fédéral en 2000: " La Cour trouve remarquable que sur les 500 bandes video qui ont été saisies, à partir desquelles on a fait une bande de 13 minutes, aucun extrait ne montre l'accusé en train de lever des fonds pour quelque organisation que ce soit...Même si la Cour avait trouvé la preuve que le ICP collectait des fonds pour le Jihad Islamique, il n'était pas illégal de le faire jusqu'en 1997...Toutefois, dans cette affaire, il n'y a aucune preuve que l'accusé ait collecté des fonds pour le Jihad Islamique ou qu'il ait envoyé des fonds au Jihad. En conclusion, la Cour considère qu'il n'y a aucune preuve que l'accusé ait levé des fonds pour le Jihad Islamique au travers de l'association ICP."


- ACCUSATION: EN novembre 2002, le co-accusé Hatim Fariz a eu une conversation téléphonique avec le leader du Jihad Islamique Palestinien Abd Al-Aziz Awda, au cours de laquelle ils "ont parlé de toutes sortes de questions autour de la collecte de fonds et la distribution d'argent."
- FAITS: L'homme au téléphone est identifié seulement comme "Abu Ahmad." Pourtant, le gouvernement substitue artificiellement le nom de Abd Al-Aziz Awda, dont le surnom est "Abu Ahmad" à celui de "Abu Ahmad" qui doit être facilement porté par des milliers d'hommes dans la bande de Gaza. Suivant un témoignage sous serment, le"Abu Ahmad" avec qui Mr. Fariz a parlé est principal d'une école de Gaza et les deux hommes parlaient de soutien financier à cette école.

- ACCUSATION: En Avril 1992, les accusés étaient en possession des dernières volontés de trois "kamikazes" palestiniens, ainsi que du Manifeste du Jihad Islamique Palestinien et d'autres documents d'organisation du Jihad dans les bureaux du WISE.
- FAITS: Il semble peu surprenant qu'un institut de recherches spécialisé dans l'étude du Proche-Orient et s'intéressant en particulier à la question palestinienne soit en possession de documents d'individus et de groupes impliqués directement dans le conflit. La simple possession d'écrits n'induit pas automatiquement l'adhésion et encore moins la participation à des activités. Sinon, la plupart des bibliothèques et des instituts de recherche du pays pourraient de la même façon être impliqués dans une forme de terrorisme ou une autre.


- ACCUSATION: Le Dr Sami Al-Arian est une menace pour la communauté.
- FAITS: Le Dr. Al-Arian est un résident légal permanent depuis 1988 et n'a jamais été inculpé sous quelque motif que ce soit depuis son arrivée en 1975. De très nombreuses personnes dans tout le pays ont témoigné pour lui en des termes qui décrivent un père, un mari, un professeur d'univeristé et un leader de communauté des plus dévoués.Le Dr Al Arian a été un participant actif à la démocratie de notre nation. Et pourtant le gouvernement veut que nous croyons que le Dr Al Arian, qui a été reçu par les Présidents Bush et Clinton, qui a assisté à des rencontres à la Maison Blanche et au Ministère de la Justice, qui est devenu l'ami de nombreux membres du Congrès au fil des ans, est devenu une menace pour la communauté.

- la loi : Les accusés sont "innocents jusqu'à ce que leur culpabilité soit prouvée"
- FAITS: Bien que ni l'un ni l'autre n'ait été déclaré coupable d'un crime, le Dr Al Arian et son co-accusé subissent d'atroces conditions d'emprisonnement, bien pires que certains détenus convaincus de crime. Depuis le 3 Avril 2003, ils sont en isolement 23 heures par jour dans une section spéciale d'un pénitentier fédéral de haute sécurité, à plus de 100 kms de leurs familles et de leurs avocats. Ils n'ont droit qu'à un appel téléphonique par mois au cours duquel leurs mains sont menottées derrière leur dos. Le Dr Al Arian, qui est diabétique et qui a fait une grève de la faim de 140 jours, n'a aucun accès à des soins médicaux. Au cours des rares occasions où le Dr. Al Arian a été autorisé à rencontrer son avocat, on lui a interdit d'apporter du papier et des stylos, ou de recevoir quoi que ce soit, y compris des papiers ayant trait à son affaire.

 

 

20/11/04 - L'Égypte demande à Washington de lui remettre 5 de ses ressortissants détenus à guantanamo
Les autorités du Caire ont demandé aux USA de leur remettre cinq ressortissants égyptiens détenus sur la base navale américaine de Guantanamo à Cuba, a rapporté jeudi l'agence MENA.
L'ambassade d'Egypte à Washington a demandé au Département d'Etat de remettre les cinq hommes présentés comme faisant partie des prisonniers les "moins dangereux", a précisé le ministre des Affaires étrangères Ahmed Aboul Gheit, cité par l'agence.
Aboul Gheit a indiqué que les détenus s'appelaient Sharif El Mashadd, Ayman El Martafi, Ahmed Habib, Fadel Reda El Wakili et Adel Fathi Ali El Gazzar. Habib a aussi la nationalité australienne.
Aboul Gheit a déclaré que la question était toujours examinée par les autorités US. Quant au Département d'Etat, il a souligné qu'il informerait prochainement l'ambassade des procédures concernant la remise de détenus.
Source : Reuters, 18 novembre 2004 et AP, 19 novembre 2004

 

19/11/04 - Marche du ruban jaune le 22 novembre à Londres
Les familles des détenus koweïtiens de guantanamo continuent leur "marche du ruban jaune" démarrée en octobre dernier à Koweit City. Elles réclament la justice pour leurs fils et frères détenus en dehors de tout cadre légal depuis presque trois ans. La marche démarrera le lundi 22 novembre à 10 heures du matin devant le QG de Reuters, au 85 Fleet Street, Londres EC4P 4AJ et finira le Old Bailey, ) Warwick Square, Londres EC4. Les orateurs seront les avocats des 3 Britanniques encore détenus à guantanamo, Louise Christian et Gareth Pierce, ainsi que Khalid et Souad Al Odah, les parents du détenu Fawzi Al Odah, et Mansour Kamel Abdullah Kamel et Laila Al Kandari, frère et soeur du détenu Abdullah Al Kandari.
Contact : Simon Stretch 00 44 20 7269 1430 ou simonstretch@spada.co.uk

 

Entretien avec les femmes bosniaques de deux détenus de guantanamo
par cageprisoners.com, 10 septembre 2004. Traduit de langlais par BB pour le Collectif guantanamo


En janvier 2002, six Algériens résidant en Bosnie ont été acquittés de l’accusation d’avoir conspiré pour attaquer les ambassades US et britannique à Sarajevo. Le matin même où ils s’attendaient à être rendus à leurs familles, les six hommes étaient encapuchonnés et enlevés par des agents US et extradés vers Guantanamo Bay. Pour ceux qui sont restés, chaque jour est un combat et beaucoup de questions restent sans réponse. Cageprisoners.com a parlé avec deux des épouses des détenus de Bosnie...

CAGEPRISONERS.COM : Pourriez-vous vous présenter ainsi que vos maris à nos lecteurs ?
SABIHA DELIC : Mon nom est Sabiha Delic Ait-Idir. Je suis née le 26 septembre 1970 en Bosnie Herzégovine. Le nom de mon mari est Mustafa Ait-Idir. Il est né le 7 septembre en Algérie. En 1996, nous nous sommes mariés à Sarajevo. Nous avons trois fils - Muhamed (1997), Hamza (2000), Abdullah (2002).
EMINA LAHMAR : Mon nom est Emina Lahmar, l'épouse de Saber Lahmar. Je suis née à Sarajevo en1976 et mon mari est né en Algérie 1969. Nous nous sommes mariés le 14 avril 2001, ici à Sarajevo, et nous avons une fille de 2 ans, Sara Lahmar.
CP : Qu'est-ce qui a amené vos maris en Bosnie ?
SD : Mustafa est arrivé d'Algérie à Split en 1993, en tant que membre d’une organisation humanitaire appelée Igasa. Cette organisation s’est installée en Bosnie, et c’est pourquoi Mustafa est venus à Sarajevo. Depuis lors, il a travaillé des organismes humanitaires, dans le département de ' jetim ', qui est le département social.
EL : Après que mon mari avait fini ses études à Médine, il est venu en Bosnie en 1997, en tant que professeur de langue arabe et en tant qu'employé dans une organisation humanitaire saoudienne.
CP : Qu'est-ce qui a conduit à la première arrestation de vos maris en Bosnie en 2001 ?
EL : Les attaques terroristes du 11 septembre aux USA ont créé un climat et un traitement particuliers des Arabes dans notre pays aussi bien que dans le monde entier. Tout Arabe faisait l’objet d’enquêtes spéciales et était suspecté d’être un criminel en puissance. La seule explication donnée, après qu'ils ont été arrêtés était qu'ils constituaient une menace pour les ambassades britannique et US. Jusqu’à ce jour il n'y a aucune preuve de cette affirmation.
CP : Pourriez-vous expliquer les événements qui ont suivi et abouti à leur détention à Guantanamo Bay?
SD : Du 18 octobre 2001 jusqu' au 17 janvier 2002, mon mari a été maintenu en prison, soupçonné de projeter d’attaquer les ambassades britannique et US. Pendant qu'il était gardé en otage en prison, personne ne lui a rendu visite, en dehors de moi-même et de l'avocat que j'ai engagé. Nous vivions dans l'incertitude au quotidien et personne ne répondait à nos questions. Les gens avaient peur, et beaucoup de fonctionnaires répétaient la même chose : "la cour décidera, s'il n’a rien fait, il sera libérée." Alors j'y ai cru. Chaque fois que je lui ai rendu visite, j'ai essayé de l'encourager, je lui répétais tout le temps que, "tout sera éclairci devant le tribunal après que le juge aura vu qu'il n'y a aucune preuve de ce dont ils vous accusent." Nous n'avons pas eu cette chance. La cour l'a libéré, mais mon mari n'a pas vu la liberté depuis lors.
Tandis qu'il était en prison, on a permis à son avocat de lui rendre visite. On m'a permis de lui rendre visite une fois par semaine seulement pendant 10 minutes. Je pouvais lui apporter de la nourriture et des vêtements les autres jours. Il était avec d'autres prisonniers, et n'avait pas le droit d’utiliser le téléphone (comme les autres prisonniers), et il lui avait été interdit de voir d'autres Algériens, incarcérés comme lui. La Cour suprême a décidé de les libérer et la Chambre des droits de l'homme a émis un arrêt dans lequel elle précisait que l’extradition était interdite. Mais rien de tout ceci n'a été respecté.
EL : Après que la Cour suprême a statué qu’ils devaient être libérés en raison du manque de preuves, le 17 janvier 2002, nous sommes allées à la prison avec nos avocats pour attendre leur libération, même si nous avions entendu dire qu’ils pourraient être expulsés de Bosnie. La Chambre bosniaque de droits de l'homme avait établi leur innocence et interdit leur extradition. Quand nous sommes arrivés à la prison, nous avons vu des troupes de la SFOR tout autour et nous nous sommes rendues compte que l’extradition allait se produire contre la décision de la Cour. À ce moment, notre avocat a entendu que Cuba était la destination possible après leur extradition. La TV et la radio l'ont rapporté et des gens sont venus pour nous soutenir et pour protester contre l’extradition.
SD : Cette nuit s'est transformée en cauchemar. Les gens se réunissaient, et demandaient leur libération. Vers 23h, le groupe a été sorti de prison, avec des sacs sur la tête, les mains et les jambes attachées, et on les a mis dans des jeeps. Les gens ont bloqué la circulation et sont restés sur place jusqu'à 17h. La police bosniaque a envoyé du gaz lacrymogène et j'ai vu mon mari pour la dernière fois quand il a été balancé d'une jeep à l'autre, comme un sac de pommes de terre. Je ne sais pas comment j'ai survécu à cette nuit. De 19h30 jusqu'au lendemain matin à 5h30 la température était en dessous de 0° C, il neigeait. Quand je suis rentrée chez moi, mes bottes étaient complètement trempées, et je ne pouvais plus sentir mes jambes. Je suis allée chez ma sœur chez qui j’avais laissé mes deux enfants J'ai juste dit, "C’est fini, ils les ont emmenés". Le cauchemar n’a fait que continuer le jour suivant, quand nous pensions à l’endroit où ils se trouvaient. Un policier s’est présenté à ma porte, et avec peine il m'a dit que mon mari avait été expulsé quelque part, il ne savait pas où.
Alors j'ai commencé à chercher la vérité. Pas un fonctionnaire ne m'a dit où on les avait envoyés.
CP : Comment avez-vous réagi quand vous avez entendu qu'ils étaient à Guantanamo Bay?
SD : Quand je suis allée à la Croix-rouge, on m'a dit que mon mari avait été transféré à Cuba le 24 janvier 2002. Au moins, je me suis sentie un peu mieux, parce que j'avais découvert où mon mari était. Mais j'ai ressenti une douleur et un chagrin énormes - ma maison en était remplie. Il y avait des moments où je ne me rendais pas compte de ce qui se passait, je ne pouvais tout simplement pas croire que des choses aussi horribles pouvaient arriver au 21ème siècle.
EL : J'avais vu quelques images de Guantanamo Bay avant tout ça, j'ai été choquée quand j'ai appris la nouvelle. Notre fille est née 20 jours après son expédition à Guantanamo, et je n’ai même pas pu le lui faire savoir.
CP : Comment répondez-vous aux accusations contre vos maris ?
EL : Ces allégations n’ont aucun sens parce que nous ne connaissions pas le numéro de téléphone à partir duquel a été contacté Bensayah Belkacem [ un des autres Algériens du groupe. Il a été accusé d'être en contact avec un membre d'Al-Qaïda ]. C’était bien le numéro de quelqu’un, mais nous n'avons jamais auparavant entendu parler de ce numéro. Ce n’était pas du tout le numéro de mon mari ! Et la liste des numéros composés depuis le téléphone de mon mari ne comprenait aucun des numéros suspects - mon mari n’a appelé aucune personne suspecte.
SD :Je suis encore perturbée quand je pense au monde dans lequel nous vivons. Imaginez juste la situation - vous vous asseyez dans votre maison, et vous ignorez tout, et alors certaines personnes viennent chez vous et disent, 'vous avez fait ceci et cela 'et voilà. La cause est entendue. Les accusations étaient illogiques, imaginaires. Le groupe de 6 Algériens ne se connaissait même pas avant, c’est cette situation qui les a réunis. Et ceci laissera une blessure profonde dans nos cœurs. J'étais furieuse parce que je pouvais lui rendre visite seulement une fois par semaine. Maintenant je donnerais n'importe quoi juste pour l’avoir au téléphone.
CP : Combien d’échanges avez-vous eus avec lui depuis qu’il est à Guantanamo ?
EL :Au début, la communication se faisait mal et était rare. Puis, après une
période de 3 mois, les lettres sont devenues régulières mais depuis le commencement de la guerre en Iraq il n’y a eu plus aucune communication du tout !
CP : Que dit-il dans ses lettres ?
EL : Au début, il ne savait même pas où il était, les lettres sont toutes du même genre - sur la santé, il demande des nouvelles de nos familles et ainsi de suite. Il était coupé du reste du monde et n’avait aucune idée sur son sort. Il disait, "ma vie a été détruite mais je ne perds pas espoir car que je sais que la vérité est de notre côté."
CP : Sabiha, quand Mustapha a été emmené à Guantanamo aviez-vous étiez à mi-grossesse - pourriez-vous évoquer comment vous avez fait face seule à cette épreuve ainsi qu’au travail et aux premiers jours de maternité ?
SD : En quittant l'hôpital je comptais voir Mustafa, mais il n'était pas là. Ses ennemis ne l'ont pas permis. Je me rappelle clairement son visage heureux quand je partais de l'hôpital après que j'eus donné naissance à mes deux autres fils.
Après qu'ils ont enlevé mon mari jusqu'à ce que j'aie donné naissance à mon troisième fils, j'ai continué à travailler. Après l’accouchement, j'ai fait une coupure de deux mois, et j’ai juste continué à oeuvrer, et à prier avec mes enfants pour la libération de mon mari. J'ai aussi obtenu un diplôme universitaire à cette époque.
CP : Pourriez-vous nous parler un peu de vos enfants et des effets sur eux ?
SD : Muhamed avait quatre ans quand Mustafa a été enlevé. Mais il se rappelle encore chaque moment passé avec lui. Et chaque jour, je continue à lui dire que son père est en voyage d'affaires, et lui reviendra bientôt. Récemment j'ai remarqué qu'il n'était pas très heureux ni intéressé par cette histoire, je pense qu'il ne me croit plus. Hamza va avoir quatre ans cette année, et je pense qu'il souffre beaucoup. Parce que nous n’étions pas là quand il avait le plus besoin de nous. J'étais très prise à m’occuper de tout, et Mustafa ne pouvait pas être présent. Je me sens très mal quand je suis avec un groupe de personnes et que d'autres enfants appellent leurs pères ; mes fils appellent mon frère 'père ', parce qu'ils ne savent rien. Alors quand je leur montre des photos j'essaye de leur expliquer qui est leur père, et qu’il reviendra.
EL : Sara, notre fille est toute petite et elle ne sait pas grand chose de ce qui se passe. Elle a vu son père seulement sur une photo mais elle en parle beaucoup. Elle sent un certain manque dans notre famille. J'espère qu'elle pourra avoir son père auprès d'elle bientôt.
CP : Quel a été l'effet de cette épreuve sur vous ?
Écart-type : Je pense que je suis devenue une personne plus mûre, plus forte, plus avertie de la vie que nous vivons en ce monde. Ma vie a changé franchement, alhamdullillah, j'accepte différemment tout ce qui se passe maintenant ; Je sais qu'Allah est le plus puissant.
Comment les familles de vos maris en Algérie ont-elle s été touchées ?
EL : Elles ont été très choquées d’apprendre qu'il était à Guantanamo.
SD : La famille de mon mari n'avait su rien de ce qui se passait. Quand Mustafa a été enlevé, j'ai appelé son frère et lui ai dit. Ses parents ne savent toujours pas ce qui s’est passé ; Mustafa m'a demandé de ne pas leur dire.
CP : Sabiha, votre beau-frère a essayé d’obtenir l’extradition de votre mari vers l’Algérie - quelle a été la réponse à ces tentatives ?
SD : Le frère de Mustafa n'a pas cessé d’essayer d’obtenir la vérité. Mais il n'a obtenu aucune réponse positive et le gouvernement ne fera rien non plus.
CP : Vous-même avez également mené campagne active pour sa libération - pouvez-vous nous parler de l’action que vous avez entreprise et de son résultat ?
SD : A ce jour j'ai rendu visite à pratiquement tout le monde en Bosnie, Reissul Ulema [ des savants religieux ] aussi. Tous étaient disposés à aider mais personne n'a fait vraiment quelque. Je ne renonce pas. Allah m'aidera à atteindre mon but.
CP : Avez-vous eu des rêves significatifs au sujet de votre mari depuis qu'il a été emprisonné ?
SD : J'ai eu deux rêves, où j'ai vu Mustafa dans notre maison avec nous, et il n'était pas d'humeur à parler. Une fois, je rêvais, et je l'ai vu nous dire qu'il devait s’en aller, mais qu’ il reviendrait bientôt, et il nous demandait de l'attendre.
CP : À quoi ressemblaient vos maris ?
Écart-type : Mustafa travaillait 24 heures sur 24, il n'avait pas d’horaire fixe, et il était là pour tout le monde. Il a eu plaisir à travailler avec des enfants. Il pratiquait le karaté. Il ne pouvait pas vivre sans sport. Il avait l'habitude de dire qu'il se détendait pendant l’entraînement. Tout le monde l'aimait, jeunes ou vieux, il prenait le temps pour tout le monde. En tant que mari, il était très responsable et soigneux et un bon père. Il était modeste et il aimait aider les autres, il n'était pas riche mais aider les autres lui procurait un sentiment de richesse. Mes enfants et moi voyons comment nous nous ennuyons de lui maintenant. Il avait l'habitude de prendre soin de tout ; il ne rechignait jamais à faire n'importe quel genre de travail.
Tout le monde le connaissait dans le petit quartier où nous vivions, les gens de la mairie, la police, et les honnêtes gens. Aujourd'hui quand ils me rencontrent, ils m'interrogent à son sujet. Je suis heureuse d’avoir trouvé un tel appui chez mes amis et ceux de mon mari ainsi que chez d'autres personnes.
EL : Saber était quelqu’un de posé et dans la majeure partie de son temps libre il avait l'habitude de lire. C’était un homme de principes, très doux et très attaché à sa famille.
CP : Comment l'opinion publique de votre pays considère-t-elle vos maris ? Les gens soutiennent-ils votre campagne ?
EL : Au début, on les soupçonnait, mais avec le temps to ut est devenu clair aux yeux de tous, et l'opinion publique a changé et la plupart des gens croient en leur innocence.
SD : Après la décision de la Chambre de droits de l'homme, tout le monde a voulu corriger l’erreur commise. Mais il était trop tard.
CP : Dans quelle mesure pensez-vous que le gouvernement bosniaque est complice dans l’enlèvement et l’extradition de votre mari?
SD : Le jour où ils ont été enlevés, nous sommes entrées en contact avec l'ambassade US à Rome, qui nous a dit que rien ne se passerait, et qu'ils n'avaient adressé aucune demande à notre gouvernement. Ils nous ont indiqué que nos maris rentreraient à la maison avec nous. Malheureusement, c’est le contraire qui s’est produit.
EL : Le gouvernement des USA est derrière le gouvernement bosniaque qui, à cette époque, accordait généreusement son aide aux objectifs politiques des USA.
CP : Quelle a été la réponse de votre gouvernement depuis lors ?
EL : Notre gouvernement a changé depuis lors, et le gouvernement actuel a réalisé l'erreur et a essayé de nous aider. Mais ce n'est pas assez parce que le gouvernement des USA joue le principal rôle dans tout ça.
CP : On vous a promis une indemnité – l’avez-vous reçue ?
EL : La chambre bosniaque des droits de l'homme a décidé que chaque famille devrait recevoir 5000 euros, mais nous avons reçu seulement la moitié de cette somme.
SD : Pour mon mari, j'ai obtenu le paiement de 3 100 Euros. Le reste de l'argent, la Fédération devrait le verser, mais nous n'avons toujours rien.
EL : Ils "n’ont pas assez d'argent".
SD : La seule chose qu'ils ont faite est d’envoyer une demande aux USA pour rendre visite à mon mari et à d'autres kidnappés. Ils n'ont toujours obtenu aucune réponse.
CP : Vos maris sont des ressortissants algériens - quelle a été la réponse du gouvernement algérien ?
EL : Le gouvernement algérien s’est placé très en retrait. Ils disent qu'ils ne sont pas responsables de leur extradition.
CP : Avez-vous trouvé beaucoup d'appui de la communauté musulmane en Bosnie ?
EL : L'appui de la communauté musulmane en Bosnie a toujours été fort parce que tout le monde a vu que tout ça n’était qu’une manoeuvre politique.
CP : Avez-vous été en contact avec un des détenus libérés ? Qu'ont-ils pu vous dire au sujet de votre mari ?
Écart-type : Quoique nous ayons tout fait pour entrer en contact avec les prisonniers libérés de Guantanamo, nous n’avons pu le faire.
CP : Quels messages adressez-vous à nos lecteurs ?
SD : Mon message à vos lecteurs est de ne pas nous oublier dans leurs prières, et si vous pouvez aider quelqu'un, faites le. Allah nous met tous à l’épreuve.
EL : De se souvenir de tous les frères qui sont emprisonnés là-bas parce que n'importe qui pourrai t se trouver dans cette situation un jour.
CP : Que pensez-vous du site Web cageprisoners.com ?
SD : Je ne sais pas quand vous avez commencé votre site Web, mais depuis que je l'ai visité la première fois, je suis vraiment satisfaite et je peux seulement vous offrir mes vœux pour votre travail et j’espère qu'Allah vous aidera à continuer.
EL : Votre site Web est formidable, le meilleur que j'ai trouvé jusqu'à aujourd'hui sur le web !
CP : Merci, Sabiha et Emina, pour nous avoir accordé cet entretien.