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France
Discours
prononcé par Nicolas Sarkozy, président de l'UMP, à http://quibla.net/protocoles/protocoles88.htm Sarkozy, un vizir au double langage Par Jaafar Abassi, oumma.com, 25 avril 2007 … Le Calife ayant dîné entre
la prière du Maghreb et celle de l’Icha, Shéhérazade reprit son histoire
où elle l’avait laissée : Sire, dit-elle, le voyageur qui avait
accompli le voyage en France n’avait pas fini son histoire, et il vécut
encore de bien étranges expériences. Voici ce qu’il raconta à votre
prédécesseur… … Je me trouvai là lorsqu’il
s’agit pour les Français de se trouver un nouveau Sultan. Je ne voudrais
pas, Commandeur des Croyants, laisser à penser que la forme héréditaire
du gouvernement de Votre Majesté n’est pas la plus parfaite, mais je
dois à la vérité de dire que les propos entendus dans de pareilles circonstances
ne manquent pas de laisser s’interroger sur la rationalité d’un peuple
qui dit avoir tant fait pour L’un des vizirs du Sultan
qui allait être déposé briguait depuis longtemps l’ambition de prendre
la place de son maître. Cette idée le dévorait. Il aurait fait n’importe
quoi pour cela, même se laisser pousser la barbe, s’il n’avait pas dit
un jour qu’il pensait à cette idée « pas seulement en se rasant »…
Il fut donc désormais obligé de continuer à se raser afin de laisser
croire qu’il avait de la constance dans les idées. Car en réalité, la
constance dans les idées n’était pas son trait de caractère dominant,
comme je vais le montrer à Votre Majesté. Je dois vous préciser, Commandeur
des croyants, que ce vizir avait tenté de se forger une réputation d’ami
de l’islam en réunissant d’autorité différentes organisations, qui n’attendaient
qu’une douce violence pour se laisser faire… L’habile vizir sut leur
donner plus : les ors officiels – qui ne lui coûtaient rien et
qui font tellement plaisir à ceux qui n’y sont point habitués… Dans
ce pays rongé par le démon de l’écriture, il faut en outre savoir que
pour asseoir sa réputation d’homme d’Etat, il faut écrire un voire plusieurs
livres… Peu importe que votre gestion
soit catastrophique, vous serez jugé d’autant plus compétent que vous
aurez une bonne plume… Ainsi, l’un des séides du vizir, caïmacan d’une
ville de province des extrémités de l’Empire et dont l’ambition était
de passer pour un homme de culture, n’hésita pas à écrire qu’il existait
« l’émergence d’une identité islamique internationale, cristallisée
un moment par Saddam Hussein… » A ces mots le Calife éclata de
rire, et toute Reprenant le cours de son
récit, il expliqua que le vizir ambitieux avait essayé de se poser en
ami des musulmans en proposant de leur accorder de nouveaux droits.
Cette idée pouvait paraître généreuse ; elle était d’une habileté
diabolique : en l’exprimant, il pouvait effectivement passer pour
l’ami des musulmans ; en réalité, lorsque la loi existante était
bafouée au détriment de ces mêmes musulmans, il se gardait bien d’en
demander l’application, faisant semblant de ne rien voir… Il jouait
ainsi sur tous les tableaux, plaisant à la fois aux musulmans par de
bonnes paroles, et à leurs adversaires par de mauvais actes, persuadé
qu’il était qu’il resterait assez de croyants suffisamment naïfs pour
penser que les paroles valaient les actes… Les adversaires des croyants
semblaient pourtant bien nombreux… Peut-être, se dit le vizir, devrait-on
finalement s’entendre avec eux plus qu’avec ces fidèles si faciles à
berner ? Les circonstances allaient lui en donner l’occasion. Le
Prophète ayant été caricaturé dans la presse de ce pays, deux associations
pourtant présentées comme antagonistes, intentèrent un procès au journal
qui les avait publiées. Elles ne recueillirent que
le mépris des bien pensants : « Voyez ces musulmans intolérants
qui sont incapables d’apprécier la liberté d’opinion » disaient-ils,
tandis que le journal attaqué fut soutenu subitement et fermement par
le vizir ambitieux, se drapant pour cette occasion dans les grands principes
avec d’autant plus d’ardeur et de dignité qu’il les laissait bafouer
en silence par ailleurs. La presse de ce pays, si désireuse
de défendre la liberté d’expression dans l’affaire des caricatures,
n’a pas jugé utile de publier les jugements de Le voyageur se tut un instant.
Tout le monde semblait d’ailleurs perplexe. Se raclant la gorge, il
reprit d’une voix peu assurée : Ô ombre de Dieu sur la terre, je
crains que vous ne me fassiez jeter dehors si je poursuis cette histoire,
tant elle est incroyable… Je t’assure de ma protection, lui répondit
le Calife. Je suis curieux d’entendre la suite de l’histoire de cet
extravagant vizir, mais je discerne mal ce qu’il aurait pu faire de
pire que tu n’aies déjà raconté. Hélas, Sire, comme le dit
un jour le duc de Le Calife approuva d’un signe
de tête. Ce caïmacan, disais-je, poursuivit
le voyageur, dirigeait une grande ville, avec sa complice, la perfide
Fatiah Hanom, ville qui comptait de nombreux fidèles. Certains d’entre
eux avaient eu l’idée de construire une mosquée ; je vous ai déjà
raconté l’histoire (1) mais Votre Majesté ayant de nombreux soucis,
je me permets de la lui rappeler : alors qu’en France construire
est un droit, le caïmacan et sa complice mirent non seulement le dossier
de permis de construire au fond d’un tiroir, sans le faire instruire
par leurs bureaux, mais en plus, ayant trempé leur calame dans une fiole
de vinaigre en folie, ils écrivirent aux fidèles les mots suivants,
leur demandant un islam républicain et français : « … islam
républicain signifie aussi s’inscrire dans la laïcité française, c’est-à-dire
ne pas affiche de signes ostentatoires d’appartenance à une religion
et notamment à respecter la place de la femme dans notre société. Le
port du voile n’étant pas le meilleur signe de respect de la laïcité
et de l’épanouissement de la femme. Enfin, puisque nous en sommes à
faire un bilan, nous conservons très vivant le souvenir de M. B***
[l’ancien recteur de la mosquée] et de ses collaborateurs nous exposant
combien ils s’investissaient dans les quartiers […] votre place [dans
notre ville] et ce projet de nouvelle mosquée, auraient tout de même
du avoir des effets positifs quant à l’influence de vos responsables
sur les populations que vous côtoyez. » Oui, je me souviens de cela,
dit le Calife d’un air songeur en se caressant la barbe ; mais
je ne vois pas le rapport avec l’histoire de ton vizir… J’y viens Sire, répondit le
voyageur : devant de tels errements, divers courriers furent envoyés
au vizir, dont l’un par la beya qui avait dirigé la ville avant le caïmacan,
pour attirer son attention sur les violations à la liberté de religion
que commettaient ses séides. Et quelle fut la réponse du vizir prétendu
ami de l’islam ? Il répondit par écrit que « les collectivités
locales s’administraient librement », confondant de façon étrange
la liberté d’administration et la violation du droit, se proclamant
toujours, néanmoins, ardent défenseur de l’islam et laissant se poursuivre
des injustices à son encontre… Mais tu ne me racontes pas
là l’histoire d’un vizir s’exclama le Calife dans un éclat de rire :
c’est celle d’une chauve souris ! « Je suis oiseau, voyez
mes ailes, je suis souris, voyez mon poil ! » Finalement,
ce vizir est un adepte du double langage que l’on reproche aux musulmans
de tenir dans ce pays, ajouta-t-il… C’est exactement cela Sire, répondit
le voyageur, mais ce n’est pas tout… Tu veux donc nous surprendre jusqu’à
l’aube dit le Calife ? Voyant là une invitation à
continuer, le voyageur poursuivit ainsi : Votre Majesté aura sans
doute de la peine à l’imaginer mais ce vizir, dont la famille était
originaire d’un province des confins de l’Europe, longtemps ottomane,
semblait être si peu assuré de son identité dans sa nouvelle patrie,
qu’il se crut obligé d’annoncer, s’il devenait sultan, la création d’un
vizirat « de l’immigration et de l’identité nationale »,après
avoir resserré les conditions du regroupement familial contre ces mêmes
immigrés, desquels il semblait s’exclure. Mais l’existence d’un tel
vizirat n’aurait-elle pas eu pour effet d’interdire l’entrée de ce pays
au père du vizir demanda le Calife interloqué ? Je l’ignore Sire, mais je
peux le supposer répondit le voyageur. C’est bien là ce qui est le plus
étrange, d’autant qu’en reprochant aux immigrés – Votre Majesté doit
comprendre que l’on ne désigne en réalité par ce mot que ceux qui sont
de religion musulmane - de ne pas être assez bon Français, d’égorger
des moutons dans les baignoires, il déclarait parallèlement lors d’une
visite aux Etats-Unis qu’il se sentait souvent « un étranger dans
son propre pays » et, faisant peu de cas de la solidarité ministérielle
et de la solidarité nationale, il y regrettait que Mais ce vizir, a-t-il réussi
à continuer longtemps à faire croire aux musulmans qu’il était leur
ami ? Et d’ailleurs, est-il finalement devenu sultan ? et
en plus avec leurs voix ? interrogea le Calife… Le jour survenant, Shéhérazade
s’interrompit pour laisser le Calife se reposer quelques instants… |
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