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France Cesare Battisti broyé par les mensonges Par
Maxime Vivas, 19 mars 2007
Et son homonyme Cesare
Battisti, patriote italien exécuté par les Autrichiens le 12 juillet
1916 Arrêté
dimanche au Brésil, mon ami l’écrivain Cesare Battisti est devenu, à
son corps défendant, un élément de la campagne électorale de Sarkozy. Cesare
Battisti, militant en1977 d’un éphémère mouvement Prolétaires Armés
pour le Communisme » (PAC) a d’abord été arrêté en Italie en 1979.
Il s’est évadé en La
presse menteuse (et/ou paresseuse) affirme que François Mitterrand accorda
l’asile aux seuls exilés « qui
n’ont pas commis de crimes de sang». C’est
faux. Sa déclaration solennelle devant le 65eme congrès de
Puis,
en février 2004, Un
revirement s’est manifesté ensuite, l’opinion étant troublée par une
avalanche d’informations fausses, tronquées, à sens unique. Ainsi, Le Monde qui soutint Battisti s’est mis
(avec Le Figaro, Marianne, etc.) à ouvrir généreusement ses colonnes
à ceux qui le traitaient d’impitoyable assassin. Le quotidien vespéral
s’est même excusé d’avoir subi « l’influence
des intellectuels parisiens. » Au plus haut niveau de l’État,
on faisait savoir la volonté d’extrader. La
formidable campagne d’intox puisait dans les informations de politiciens
italiens soucieux de se refaire une virginité légaliste (à « droiche
et à gaute »), des mouvements fascistes, des juges investis dans
la répression (et cléments envers les factieux qui se livrèrent à de
sanglants attentats). Un
des partisans de l’extradition le plus médiatisé en Italie, celui qui
clame le plus fort qu’elle est justifiée, celui dont nos journaux reprennent
les informations, se nomme Armando
Spataro. On oublia de nous dire qu’il était le substitut du procureur
représentant l’accusation contre Battisti. C’est
dans ce contexte d’hallali que, profitant d’une libération provisoire,
Battisti a choisi la clandestinité et un nouvel exil. Quelques
exemples de désinformation : Battisti est l'ex-dirigeant du mouvement
des « Prolétaires Armés pour le Communisme » (PAC). Faux !
Il fut un de ses plus jeunes militants de base, avant de le quitter
pour désaccord sur les méthodes violentes, ce qui l’opposa à un des
dirigeants qui fut ensuite le principal témoin à charge contre lui. Lors d’une action armée, Battisti
a tiré sur un enfant de 13 ans, depuis paraplégique (les télés italiennes
et françaises l’exhibent, les journaux le disent « tétraplégique »).
Faux !
Le jour du drame, il est prouvé que Battisti n’était pas là. Il est
également prouvé que la balle a été accidentellement tirée par le père
de la victime. La justice italienne ne le conteste pas. Les témoins oculaires abondent contre
Battisti ? Faux.
Pas un seul n’a pu être produit parmi les dizaines qui ont assisté à
des actes de violence impliquant le PAC. Battisti présente pourtant
une particularité physique qui aurait dû le faire immanquablement remarquer :
sa très petite taille. Il a eu droit à un procès équitable
dans le respect de Faux.
Il a été condamné à la prison à vie en son absence et à son insu, sans
possibilité d’être rejugé (ce qu’il réclame), non pas sur preuves, ni
sur témoignages directs, mais sur les dires d’un « repenti »
(quiconque dénonce quelqu’un bénéficie de clémence). Il est prouvé qu’il a tué ? Faux !
Il a toujours nié. Les seules charges sont les aveux d’un repenti (libre
aujourd'hui) qui a chargé un ex-camarade dont il pensait qu'il ne risquait
rien du fait de son exil au Mexique. La parole des repentis est fiable. Faux !
Et pas seulement pour les raisons déjà évoquées. Dans un livre publié chez Viviane Hamy (La vérité sur Cesare Battisti),
Fred Vargas, qui anime son Comité
de Soutien national, raconte sur des pages entières les tortures dont
furent victimes les « repentis » pour les aider à charger
leurs camarades. Amnesty International
s’est exprimé maintes fois contre la violation des droits humains dans
ces circonstances. Battisti a fui la justice. Faux.
C’est Faux !
Les activistes de droite, et notamment ceux qui ont déposé une bombe
dans la gare de Bologne (80 morts), sont libres en Italie alors qu’ils
ont avoué leur crime. Notons qu'il en est de même en France pour les
activistes de l'OAS, en vertu du principe selon lequel, un tiers de
siècle après des périodes de "guerre civile larvée", il ne
faut pas rouvrir les plaies. Battisti, est un terroriste. Faux !
Attiré en France par la promesse de ne pas être livré à l'Italie ("Doctrine
Mitterrand") il a abandonné toute action politique, fondé une famille,
s'est reconverti dans l'écriture de romans. Dans ses débats et conférences,
dans ses rencontres avec les jeunes, il prônait la non violence ;
il exhortait son auditoire à choisir d’autres voies d’action politique
que celle qui s’était imposée à des milliers de jeunes italiens généreux
devant un fascisme ambiant qui gangrenait leur pays. Cesare
Battisti faisait plus pour la paix civile en France que le boutefeu
au Karcher qui se sert aujourd’hui de lui pour se faire élire. Chroniques de la vie quotidienne dans
Récemment, la
police a retrouvé non seulement le sccoter Piaggo volé à un des fils
de Nicolas Sarkozy, mais, fait très rare, les auteurs de ce vol. Et
cela grâce au « fichier ADN ». Un fichier qui gagne à être
connu. Vous êtes interpellé
dans une manifestation et emmené à la police ou à la gendarmerie. Lors
de votre garde à vue, l’Officier de police judicaire veut prélever votre
salive pour effectuer le relevé de votre empreinte génétique. Vous refusez.
Vous serez alors convoqué au tribunal et vous risquerez d’être condamné
à un an de prison et à 15 000 Euro d’amende. Vous vous en sortirez
avec 500 Euro d’amende, comme cela a été le cas de Benjamin, paysan
cévenol confédéré et faucheur volontaire de champs d’OGM. Vous êtes interpellée
au volant de votre voiture par la gendarmerie, qui découvre à son bord
un narguilé, une pipe à eau. Malgré l’absence de toute trace de cannabis,
vous êtes suspectée de consommation de stupéfiants et le gendarme veut
donc prélever votre salive. Vous refusez. Vous êtes convoquée au tribunal.
C’est le cas de Camille B., qui comparaîtra devant le tribunal de Mâcon le 21 mars 2007, à 14 heures. Vous participez
à une manifestation devant la prison de haute sécurité de Lannemezan,
pour soutenir les prisonniers politiques qui y sont détenus. Ayant eu
la bonne idée de remplacer un drapeau tricolore par un drapeau bicolore
(noir et rouge), vous êtes interpellé. Vous refusez qu’on prélève votre
salive. C’est le cas de Laurent. Il sera jugé à Tarbes
le 5 juin à 13 h 30. Je pourrais
continuer à égrener la liste déjà longue des personnes jugées pour refus
de prélèvement de leur salive. Étudiants anti-CPE, faucheurs volontaires,
manifestants divers, tagueurs, fumeurs de hasch, clients de discothèques,
en un mot n’importe qui et tout le monde court le risque, aujourd’hui,
en France, de voir son ADN inscrite au Fichier automatisé des empreintes
génétiques (FNAEG), et, en cas de refus, d’être condamné. Mais voici l’histoire
la plus incroyable Pour avoir refusé de se plier au fichage
génétique, Yvan s’est vu bloquer son passeport qui était en cours de
réalisation. Comme il devait impérativement se rendre à l’étranger,
il a fini par donner son ADN mais à pourtant été poursuivi pour refus
et condamné à 300 € d’amende. Il a fait appel. L’appel sera examiné
le 10 mai à Grenoble. Aujourd’hui en France, 400 000 personnes
sont déjà fichées génétiquement. Le FNAEG contient les empreintes génétiques
de : 35 000 personnes condamnées pour
crimes et délits 165 000 personnes condamnées pour
atteintes aux biens ou aux personnes ou pour consommation ou trafic
de stupéfiants 200 000 personnes mises en cause,
c’est-à-dire n’ayant commis aucun délit mais ayant été suspectées. D’ici la fin de l’année, le nombre des
personnes fichées pourrait s’élever à 600 000. Objectif fixé par
le gouvernement : 1 million. On est encore loin des 3 millions
de fiches stockées en Grande-Bretagne, championne du monde du fichage
ADN, ou des 50 millions prévus par John Ashcroft, l’ancien ministre
de Petit
historique du FNAEG En 1996, Alain Marsaud, député RPR et
ancien chef du service central de Lutte antiterroriste du Parquet de
Paris, propose de créer un fichier centralisé d’empreintes génétiques. Un
marché juteux, un processus d’industrialisation Nous nous trouvons donc devant une situation
de fait accompli : désormais, la « preuve par l’ADN »
prime sur d’autres aspects plus traditionnels d’une enquête judiciaire
et, de plus en plus, juges et procureurs ne jurent que par elle. Pourtant,
cette « preuve » n’est pas infaillible et la chronique des
dernières années relève une série d’erreurs judiciaires ayant pour origine
des cafouillages dans le traitement d’empreintes génétiques, aux USA,
en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas. Alec Jeffreys, le Britannique qui a inventé
le fichage génétique en 1985, propose pur sa part une drôle de solution
miracle pour éviter les erreurs : ficher tout le monde… Que
faire, que dire ? Cette extension progressive du fichage
génétique (des criminels sexuels à tous els criminels, des criminels
aux délinquants et des délinquants aux suspects) est plus que préoccupante.
Elle fait partie du faisceau de mesures adoptées par la plupart des
pays occidentaux, à commencer par les USA et En 1998, le Parlement canadien a adopté
On le voit, les Canadiens, malgré leur
proximité avec les USA, auxquels ils sont largement inféodés, ont su
garder la tête froide et limiter le fichage génétique aux criminels
condamnés. En France, la résistance au fichage génétique
a commencé à s’organiser. À l’initiative de Benjamin Deceuninck, paysan cévenol dont je parlais plus haut, un Collectif pour le Refus de Prélèvement ADN
est né. Le collectif est composé de personnes qui refusent de se
soumettre au prélèvement. On peut les rejoindre ou s’informer auprès
d’eux. Adresse de leur site web : http://refusadn.free.fr/.
Pour recevoir leur informations,
écrire à refusadn-request@ml.free.fr
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