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7 ème année - 23 Octobre 2007 - Courriel : redactionquibla@yahoo.fr
Françalgérie
Attentats de 1995: la piste des généraux algériens
Par David Servenay, Rue89,
22/10/2007 Une journaliste, témoin au procès de Rachid
Ramda, relance la thèse d'une manipulation des poseurs de bombes par
Alger.
Les juges vont en effet entendre un témoignage
inédit: Nicole Chevillard, journaliste spécialiste du Maghreb, affirme
que plusieurs hauts responsables des services français connaissaient
l'implication des militaires algériens, dès 1995! La preuve? Ils lui
ont commandé une étude pour mener une opération de représailles contre
les durs du régime... Deux rendez-vous avec le patron de L'histoire commence le 9 octobre 1995,
trois jours après un attentat à la station de métro Maison-Blanche,
qui a fait 18 blessés. Depuis trois mois, Journaliste à la lettre confidentielle
Nord-Sud Export, Nicole Chevillard est convoquée par le patron de Les deux hommes s'intéressent à l'étude
que cette spécialiste des risques-pays au Maghreb a réalisée fin 1994
et début 1995 sur les structures de l'armée algérienne. Qui fait quoi?
Quels sont les réseaux structurants du coeur du pouvoir? Lors de ce
premier rendez-vous qu'elle décrit comme une "prise de contact",
les deux hommes évoquent les généraux algériens. Puis lors d'un deuxième rendez-vous, le
préfet Parant lui dit qu'il a été tout à fait éclairé par son analyse
du pacte de San Egidio. Fin 1994, la communauté catholique de San Egidio a abrité à Rome des
pourparlers entre les acteurs de la scène politique algérienne, pour
aboutir à une plate-forme permettant de revenir à la démocratie. L'idée
est de revenir au processus électoral interrompu par le coup d'Etat
des généraux, en janvier 1992. Ces derniers subissent un coup dur lorsqu'un
accord est finalement trouvé, début 1995. L'initiative San Egidio est saluée par
Bill Clinton, Jacques Chirac et Alain Juppé. Edouard Balladur et Charles
Pasqua sont plus réservés. En mai 1995, Jacques Chirac gagne la présidentielle,
Alain Juppé s'installe à Matignon. Ce deuxième rendez-vous avec le directeur
de La journaliste accepte de réaliser cette
étude, dont l'objectif est clairement d'identifier des leviers de pression
sur les durs d'Alger, pour les forcer à accepter une normalisation du
jeu politique. Avoirs à l'étranger, soins réguliers à Paris, visas accordés
aux intéressés: tous les moyens sont méthodiquement recensés. Après un repas arrosé, des généraux se
vantent d'utiliser les terroristes Nicole Chevillard se met au travail, lorsque
se pose la question du paiement de cette étude. C'est l'occasion pour la journaliste d'avoir
une longue et étonnante discussion avec le préfet Pautrat en janvier
1996. Où il lui révèle qu'au cours d'une soirée arrosée, les principaux
responsables des services algériens se "sont vantés d'avoir retourné
Djamel Zitouni", l'émir des Groupes islamiques armés (GIA). Or, Rémy Pautrat n'est pas n'importe quel
préfet. Ancien patron de Un ancien sous-officier du DRS accuse
aussi les généraux de manipulations Au premier rang de ces témoins, l'adjudant-chef
Abdelkader Tigha. Ce sous-officier du Département du renseignement et de la sécurité algérien (DRS)
a fui son pays, écoeuré par les manipulations des hommes de l'ombre.
Dans une longue interview réalisée en
octobre 2003 à Amman, en Jordanie, dans le cadre de la préparation d'un
livre, Françalgérie, il a expliqué au journaliste Jean-Baptiste
Rivoire pourquoi et comment les généraux ont manipulé les GIA. Pour Abdelkader Tigha, il est évident
que le DRS est derrière les attentats de 1995. Son objectif? Encourager
Evidemment, cette thèse des services algériens
commanditaires des attentats commis en France n'exclut pas la participation
de groupuscules, croyant oeuvrer pour une cause radicale. Dans les premiers
jours du procès de Rachid Ramda, Jean-François Clair, de
A 38 ans, Rachid Ramda a peu de chance
de recouvrer la liberté. Le financier présumé des réseaux terroristes
algériens de Que dire des vrais commanditaires des
bombes posées à Paris? Echapperont-ils encore longtemps à la justice
internationale? Le général Smaïl Lamari, ancien chef de Source : http://www.rue89.com/2007/10/22/attentats-de-1995-la-piste-des-generaux-algeriens
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