98,1% pour Starkosy
Non,
ce n’est pas le résultat d’une élection en
Tunisie, en Égypte, au Togo ou en Corée du Nord, mais
celui de l’élection de Starkozy comme candidat de l’UMP
(qui ne veut pas dire dans ce cas Urgences médicales de Paris)
à l’élection présidentielle du 22 avril.
le résultat de ce vote massif n’est pas une surprise :
Starkozy était …l’unique candidat. Belle leçon
de pluralisme démocratique que nous donne le parti…au fait
comment le qualifier ? Gaulliste ? Non. Chiraquien ? Oh que non ! Alors,
sarkozyste ? mais c’est quoi, le sakozysme ? Bien malin qui saura
répondre à la question.
Mais qu’on se rassure : le 22 avril, Starkozy ne sera, pour son
malheur, pas l’unique candidat et ce serait bien le diable s’il
arrivait (péniblement) à dépasser les 20% des voix.
Comme le répète Le Pen, « les électeurs préfèrent
l’original à la copie ».
Lisez
la chronique d’Ayman El Kayman et écoutez la chanson «
Petit Nicolas, arrête ton cinéma » sur http://sarkostique.over-blog.com/article-5225481.html
« Sarko, Sarko tolérance zéro
Il se prend pour Zorro, mais c’est un zéro »
La
France de Starkozy
«
Il n'est pas rare que les immigrés d'origine européenne
qui obtiennent la nationalité française developpent face
à la xénophobie ambiante d'importants complexes et regrettent
parfois d'avoir émigré. Leurs rejetons, par opposition,
revendiquent avec force leur appartenance au peuple français
et n' hésitent pas à vénérer des personnages
historiques et à les copier sans aucun esprit critique. »
"Plus royaliste que le Roi" ou "plus franchouillard que
le français" : le petit Nicolas Starkozy n'a pas échapé
à ce syndrome. Dans son discours d'investiture à la candidature
pour l'élection présidentielle de 2007, Starkozy nous
a livré ses drôles de références historiques
: "C'est la France de Saint-Louis et celle de Carnot, celle des
croisades et de Valmy...". Ça promet s'il est élu
!
Saint Louis :
(wikipedia complété par quibla) Louis IX de France, plus
connu sous le nom de Saint-Louis, est né le 25 avril 1214 ou
1215 à Poissy Yvelines (un banlieusard, donc), et meurt le 25
août 1270 de la peste à Tunis. Il fut roi de France de
1226 à 1270 (..) Pour conduire ses sujets au salut, Saint Louis
interdit les jeux, la prostitution et punit cruellement le blasphème.
Pour constituer un royaume essentiellement chrétien, il prend
des mesures discriminatoires contre les Juifs :
* en 1242, il fait brûler des exemplaires du Talmud à Paris.
* en 1254, il bannit de France les Juifs qui refusent de se convertir
au catholicisme. Décret qui sera annulé quelques années
plus tard en échange d'un versement d'argent au trésor
royal.
* en 1269, en application d'une recommandation du IVe concile du Latran
de 1215, il impose aux Juifs de porter des signes vestimentaires distinctifs.
Pour les hommes, un rond d'étoffe jaune, la rouelle, sur la poitrine
et un bonnet spécial pour les femmes. Ces signes permettent de
les différencier du reste de la population et d'empêcher
ainsi les mariages mixtes.
Cependant, Saint Louis protège les Juifs dans leur personne et
garde, en son for intérieur, l'espoir de les convertir.
Bref, voilà le modèle de Starkozy, qu’il
entend appliquer aux Musulmans. Un rond vert et un hijab/Bonnet
phrygien, peut-être ?
Sadi Carnot :
( wikipedia) Il a été l'élève du lycée
Condorcet puis de l'École Polytechnique (Promotion 1857) et enfin
de l'École des Ponts et Chaussées dont il sort major en
1863.(..) Sadi Carnot fut élu président de la République
le 3 décembre 1887. Le début de son mandat est marqué
par l'agitation boulangiste et le scandale de l'affaire de Panama (1892).
(..) Dans un contexte d'agitation syndicale et anarchiste (les lois
relatives à la liberté individuelle et aux délits
de presse visant à réprimer cette agitation, qualifiées
de lois scélérates par l'opposition socialiste, venaient
d'être votées), Sadi Carnot est assassiné d'un coup
de poignard par l'anarchiste italien Geronimo Caserio le 24 juin 1894,
lors de l'Exposition de Lyon.
Croisades :
( wikipedia) Les croisades du Moyen Âge étaient des pèlerinages
armés prêchés par le pape, financés et exécutés
par la noblesse d'Occident. Elles s'inscrivaient dans la guerre sainte
chrétienne du XIe au XIIIe siècle. Ces expéditions
militaires chrétiennes ont été prêchées
au nom de la libération de Jérusalem, conquise aux Arabes
Abbassides par les Turcs en 1078.
Valmy : (
wikipedia) Après que la France eut déclaré la guerre
à l'Autriche le 20 avril 1792, les forces contre-révolutionnaires
envahirent la France le 18 août 1792. Une troupe combinée
de la Prusse, de l'Autriche, de Hessois et d'émigrés sous
le commandement du duc de Brunswick, représentant du roi Frédéric
Guillaume II de Prusse. (..)
L'intention de Jean-Marie Le Pen d'utiliser la mémoire du site
pour y lancer sa campagne présidentielle le 20 septembre 2006
a suscité une polémique.
Le président de la Communauté de communes de Sainte-Ménehould,
Bertrand Courot, gestionnaire du site, refuse de mettre les lieux à
disposition du Front national et de son président et d'y permettre
une "récupération". La protestation est aussi
menée par l'association "les Fils de Valmy"; pour son
président Jean Relinger "On peut suspecter que sa venue
n'est pas guidée par les idéaux progressistes de Valmy
mais pour des raisons d'opportunisme électoraliste qui bafouent
les valeurs républicaines". "Je ne peux pas l'empêcher
de venir. C'est un lieu public", rétorque Patrick Brouillard,
le maire de Valmy, 290 habitants. "Et la sécurité
en cas de manifestation, c'est du domaine du préfet".
Finalement, le Pen s’est rendu à Valmy et y a prononcé
un discours « historique », écrit en partie par l’écrivain
Alain Soral.
Bref, Starkozy réclame des droits de propriété
sur Valmy, qu’il ne possède pas plus que Le Pen. Valmy
est à tout le monde, Messieurs !
L'étrange Monsieur Sarkozy : homme providentiel ou mauvais génie
de la France ?
par
René Naba, 14 Janvier 2007
Le syndrome du sujet médiatique unique :
4200 passages télévisés en 10 ans
La France est périodiquement secouée
d'un phénomène cyclique: le syndrome du sujet médiatique unique (SMU)(1).
Une seule personne occupe le devant de la scène médiatique dans sa totalité
pour une longue période, reléguant dans l'ombre toute autre personne,
même la plus respectable, tout autre sujet, même le plus digne, paré
de toutes les qualités, sans le moindre défaut, suscitant l'admiration
éperdue de la presse et des foules jusqu'à l'infini. …….Jusqu'à sa chute,
qui déclenche alors une curée d'une férocité à la mesure de la complaisance
antérieure.
Dans les années
1980, la France
a eu droit au phénomène Bernard Tapie, du nom de cet industriel charmeur
qui ensorcela journalistes et politiques au point de devenir ministre
de la République française,
jusqu'à ce que ses déboires judiciaires le rejettent dans l'opprobre
généralisée.
Dans les années
1990, ce fut au tour du phénomène Jean-Marie Messier. Le génie de la
finance internationale déchaîna des élans d'admiration jusqu'au collapsus
final, qui déclencha une risée universelle en même temps que le démantèlement
du deuxième groupe mondial de communications «Vivendi-Universal» et
l'exil vers les États-Unis de cet ancien jeune prodige de l'élite intellectuelle
française.
Nous voilà
dans les années 2000 devant le phénomène Nicolas Sarkozy, seul homme
sans doute à devoir restaurer la sécurité de la
France, à redresser ses finances publiques en état
de faillite, le principal barrage à l'extrême-droite française, le tombeur
de la gauche et le redresseur de la
France, le champion de la lutte contre l’antisémitisme
et de la discrimination positive.
En somme le
nouvel homme providentiel de la décennie, le sauveur suprême. Du moins
à en juger par ses déclarations et les commentaires savants de la presse
française, souvent révérencieuse, rarement impertinente, à l'égard des
puissants. À croire que la
France souffre d'une pénurie d'hommes et de femmes
de valeur et de talent ou plus simplement d'hommes et de femmes de bonne
volonté.
Le
ministre de l'Intérieur et ancien ministre des Finances, le vibrionnaire
candidat à la succession de Jacques Chirac à la magistrature suprême,
est aujourd'hui au faîte de sa gloire. Une critique dans ce contexte,
c'est-à-dire hors du concert des louanges, sans que ne pointe à l'horizon
la moindre perspective de trébuchement, est un exercice périlleux.
Assumons-en
le risque tant il est vrai que des débordements de comportement jamais
dénoncés, une falsification des faits de gestion jamais relevée, s'ils
venaient à persister, pourraient desservir à terme tout autant la démocratie
que le renom de la France
dans le monde.
Boulimique,
hyperactif, l’homme détient un double record difficilement égalable,
celui des passages télévisés (4200 en dix ans) et des lois répressives
(11 depuis son arrivée au ministère de l’Intérieur en 2002).
En dix ans,
(1996-2006), Nicolas Sarkozy est en effet passé à la télévision 4 200
fois, soit plus d’une fois par jour (2), chiffre qui prend compte de
ses périodes d’éclipse politique ou de ses vacances familiales, mais
exclut la campagne présidentielle de 2007.
Au ministère de l'Intérieur, malgré tous ses déplacements musclés et
médiatisés sur le terrain, malgré tous les bulletins de victoire relayés
par une presse compréhensive, malgré une baisse des «faits constatés»,
malgré l’hyperactivité qu’il a déployée sur le plan sécuritaire (onze
textes de loi en cinq ans, record mondial absolu (3), la criminalité
ordinaire a augmenté en France où la violence faite aux personnes a
augmenté de 9 pour cent depuis 2002
Rien que pour
son premier passage place Beauvau (2002-2004), la criminalité a augmenté
de 10,1 pour cent au premier trimestre 2004 par rapport à la
période correspondante de 2003, elle-même en augmentation déjà de 7,3
pour cent par rapport à 2002, alors que les bavures policières à l'encontre
des civils ont triplé en trois ans.
Les violences
commises par les policiers dans l'accomplissement de leur fonction sont
ainsi passées de 20 actes en 2001 à 70 bavures en 2003, entraînant la
mort de deux personnes en 2003 dans des opérations d'expulsion d'immigrés,
au cours d'embarquement forcés à bord des «charters de la honte», selon
l'Observatoire de la déontologie de la sécurité publique.
Au
ministère des Finances, son entrée en fonction en fanfare dans un contexte
de luxe tapageur a obéré, d'emblée, la crédibilité d'un discours volontariste.
La réquisition de trois des cinq logements officiels du ministère pour
en faire des appartements de fonction pour la famille et le personnel
affecté à son service, ainsi que la mobilisation d'une escouade de 24
policiers pour la protection rapprochée et d'une flotte automobile de
sept voitures augure mal d'une politique de rigueur que la
France se doit de s'imposer pour sortir de ses difficultés
financières.
Il est, en
effet, inconvenant d'exiger des autres ministères des compressions de
dépenses, et de faire, dans le même temps, étalage de luxe. Indécent
de se déplacer avec un tel déploiement de forces, sans susciter des
interrogations sur cette forme puérile d'autoritarisme, la marque d'une
immaturité politique.
Le déploiement
d'un dispositif de sécurité et de confort proportionnellement plus important
que celui affecté à la protection du Général Ricardo Sanchez, le chef
du corps expéditionnaire américain en Irak, autrement plus exposé que
M. Sarkozy, retentit comme une manifestation précoce de prépotence.
Un tel comportement
frappe de caducité une démarche d'exemplarité dans la gestion des affaires
publiques.
L'ami du patronat
français a privilégié, sur le plan économique, le faste sur la sobriété,
et sur le plan interne, dans la pure tradition coloniale française,
la répression sur la prévention.
Donnant une
dimension policière à sa politique de sécurité avec des résultats aléatoires,
il a aggravé les problèmes lancinants de la société française.
Rétablissant
la délation, il a renvoyé ses concitoyens à une pratique hideuse, aux
pages sombres de l'histoire nationale qui avaient fait de la France l'antichambre des camps
de la mort, à l'époque de la collaboration nazie.
Il est sain
pour un homme politique de situer son action dans une perspective historique
et de ne jamais banaliser l'infâme.
Plus préoccupante
est la projection internationale de sa politique sécuritaire :
En prenant à deux reprises le contre-pied de Jacques Chirac dans des
manifestations internationales, l'héritier autodésigné a largement contribué
à accréditer l'idée d'une duplicité de la diplomatie française.
Ainsi, le 5
mars 2003, alors que le président français serrait la main à Alger de
Yacef Saadi, l'ancien adversaire algérien du général Jacques Massu dans
la bataille d'Alger durant la guerre d'indépendance nationale (1954-1962),
Nicolas Sarkozy refaisait décoller, le jour même, avec une heure de
décalage, le premier «charter de la honte» à destination de l'Afrique,
occultant ainsi l'éclat de cette réconciliation nécessaire entre l'ancien
colonisateur et son ancienne possession.
À moins d'impérieuses nécessités d'intérêt
national, ces retrouvailles se devaient d'être exemptes de toute pollution.
M. Sarkozy pouvait y surseoir et «les charters de la honte» attendre
au sol la fin de la visite présidentielle en Algérie.
Cela n'a pas
été le cas. La visite algérienne de Jacques Chirac en a été entachée,
de même que la réputation de la
France qui dispose, en la matière, du monopole de cette
pratique. Se restreindre devant un désir de parasitage est une marque
des hommes d'expérience.
Il en a été
de même pour l'affaire du «voile islamique», déclenchée, contre toute
attente, dans la foulée de l'installation du Conseil Français du Culte
musulman, en octobre 2003. S'agissait-il alors de donner des gages à
la droite radicale française en contrepartie de la mise en place d'un
organisme représentatif de l'Islam en France ? De faire preuve
d'habileté tactique ?
La réactivation
de cette querelle en plein congrès des associations musulmanes de France,
alors que l'affaire était en phase d'accalmie depuis une demie-dizaine
d'années, que le port ostentatoire du voile ne concernait que trois
cents élèves et que l'opinion mondiale était polarisée par l'intervention
américaine en Irak, a suscité une tollé dans le monde arabe et musulman.
Tranchant avec
l'attitude de la France
dans la nouvelle guerre d'Irak, l'affaire du voile a relancé le procès
de la duplicité de la diplomatie française et l'occasion pour l'administration
Bush de donner, à bon compte, des leçons de liberté religieuse à ses
contestataires français, sans pour autant que le problème ne gagne en
clarté. Était-ce le but recherché ?
Se réserver pour les batailles décisives est également la marque
des grands hommes.
Le ministre
des Finances d'un État en cessation de paiement se doit au premier chef
de redresser la barre et de tenir les engagements internationaux de
son pays.
Le
voyage de Nicolas Sarkozy à Washington fin avril 2004, alors que l'administration
Bush se débattait dans le scandale des tortures des prisonniers irakiens,
de même que celui qu’il a effectué deux ans plus tard en septembre 2006, apparaîtront rétrospectivement comme un point
noir de la juvénile carrière diplomatique du ministre d'État, ministre
de l’Intérieur, ancien ministre des Finances, de l'Économie et de l'Industrie
de la France.
Un voyage à
Canossa, par similitude avec le voyage effectué dans ce petit village
d'Italie par l'Empereur Henri IV en vue d'implorer le pardon du pape
Grégoire VII en janvier 1077 après Jésus-Christ, passé à la postérité
comme une démarche d'humiliation devant l'adversaire.
Se faire adouber
par les associations juives américaines, un des principaux instruments
de la stratégie d'influence de l'axe israélo-américain, un des principaux
partisans du boycottage des produits français durant la guerre d'Irak,
en pleine déconfiture diplomatique du tandem Bush-Sharon, et, dans le
même temps, prendre à partie l'opposition socialiste pour sa frilosité
dans la lutte contre l’antisémitisme constitue tout à la fois un contresens
diplomatique, une contrevérité politique et une fanfaronnade démagogique.
Plutôt que
la surenchère électoraliste, la sagesse commande, sur un sujet aussi
passionnel, un discours de vérité : l'antisémitisme, résiduel en
France, a existé bien avant l'arrivée des Arabes et des Musulmans dans
ce pays et ses épisodes, douloureux, sont connus de tous.
L'histoire
en est témoin, de l'affaire Dreyfus, au XIXème siècle, (du nom de cet
officier français de confession juive, condamné pour haute trahison,
à l'indignité et au bannissement en raison de sa religion), à la collaboration
du régime de Vichy avec l'Allemagne nazie.
La pédagogie
politique et le sens civique commandaient de rappeler à cette occasion
le rôle du Sultan du Maroc, le futur Mohamed V, dans son opposition
à l'application sur son territoire des lois de Vichy sur les Juifs et
sa contribution à la lutte contre l’antisémitisme. L'occasion en a été
manquée. Si la stigmatisation est une arme du combat politique, elle
ne doit jamais se faire au détriment de la vérité.
Dans le même
ordre d'idées, l'instrumentalisation de l'appartenance communautaire
dans la vie politique en France a préexisté à la prise de conscience
politique de la communauté arabo-musulmane.
Les vociférations
des organisations telles le «Renouveau juif» et le mouvement «Siona»,
dans les années 1980, appelant à des votes sanction contre Valéry Giscard
d'Estaing ou même contre François Mitterrand, pourtant briseur de l'embargo
anti-israélien et premier président de la République Française
à avoir effectué une visite officielle en Israël, sont là pour le rappeler.
Les faits sont vérifiables dans leur chronologie.
Fausse bonne
idée que ce voyage à Canossa-Washington, intervenu au pire moment alors
que George Bush de même que Tony Blair, son compère anglais, faisaient
face à une levée de boucliers de leurs propres diplomates contre leur
gestion du conflit irakien, assurée à coups de mensonges sur les armes
de destruction massive, de tortures dégradantes et d'aveuglement pro-israélien.

Nicolas Sarkozy recevant des responsables
du Congrès juif européen
|
Mauvaise querelle,
à tous égards, que celle faite par M. Sarkozy à ses adversaires quand
on songe au zèle pro-israélien manifesté constamment par les socialistes,
de Suez, en 1956, lors de l'expédition anglo-franco-israélienne contre
l'Égypte, à Bir Zeit (Palestine), en l'an 2000, quarante plus tard,
qui a donné lieu au plus célèbre caillassage de l'histoire moderne avec
la lapidation du Premier ministre socialiste Lionel Jospin pour avoir
qualifié de "terroriste" le Hezbollah libanais, enfin à la
carbonisation politique d'un intellectuel socialiste, Pascal Boniface
coupable du crime absolu de lèse-majesté, la critique de la politique
israélienne.
Il est malsain
de souffler sur la braise pour le plaisir de la gesticulation médiatique.
Une lecture hémiplégique de l'Histoire entrave toute cohésion nationale
future.
L'UMP (anciennement
Union pour la
Majorité présidentielle, actuellement Union pour un mouvement populaire) sera son
Zénith et son Nadir.
Sur les décombres
du RPR moribond et les déboires de son chef naturel Alain Juppé, victime
sacrificielle de l'affairisme d'État de son mentor, Jacques Chirac,
Nicolas Sarkozy a été sacré chef de la majorité présidentielle avec
les encouragements juvénilement médiatiques de son benjamin, Louis.
"Bonne
chance mon papa" retentira toutefois rétrospectivement comme un
camouflet suprême d'une amère ironie. L'apothéose du régicide tournera
en effet au vaudeville avec la fugue de sa dulcinée - équivalant à un
abandon du domicile conjugal- avec le "maître des cérémonies",
le propre ordonnateur du sacre, cauchemardesque scénario jamais imaginé
même par le cinéaste le plus facétieux d'Hollywood.
Parangon de
l'ultralibéralisme, l'homme réagira selon sa pente naturelle. Avec un
autoritarisme d'une brutalité extrême: Le directeur de la publication
coupable du dévoilement de ses déboires conjugaux sera décapité professionnellement
et un éditeur, téméraire, sommé de renoncer sur le champ à son projet
de roman.
La loi d’airain
de la morphologie politique: complexe d’infériorité ? Désir forcené
d’ascension sociale ? Lors de ses entretiens avec les grands hommes
de la planète, Nicolas Sarkozy se dresse, littéralement, sur la pointe
de ses pieds, pour se hisser à l’égal de ses interlocuteurs, du moins
dans les clichés officiels, dans une volonté de dépassement des lois
de la morphologie politique édictées, sous forme de sentence prémonitoire, par
son modèle absolu, L’Empereur Napoléon Bonaparte, à savoir: «les
hommes politiques qui ne mesurent pas 1m60, le destin leur passe par
dessus la tête». «Que penser de ce compensé? Sa talonnette d’Achille?
Ce n’est pas une question d’attaque physique, mais d’étiquette éthique.
Si le ministre veut nous leurrer sur sa taille, que serait-ce sur ces
mesures s’il est un jour président ?», décrètera, un jour, à la
suite d’une nouvelle jonglerie talonnière, un des oracles de la presse
quotidienne parisienne (4).
L'outrage habite
cet homme qui a fait de l'invective son outil de communication privilégié.
Son passage au ministère de l'Intérieur, s'il n'a pas réduit la délinquance,
a en revanche enrichi le vocabulaire politique de deux de ses plus beaux
fleurons de la stigmatisation française: Racaille et Kärcher. Bon nombre
d'observateurs lui imputeront l’exacerbation de la flambée périurbaine
de l’automne 2005 par ses outrances verbales et ses rodomontades.

Nicolas Sarkozy et Roger Cukierman, président
du CRIF, au dîner du CRIF de janvier 2001
|
Candeur juvénile
ou machiavélisme éhonté, Nicolas Sarkozy se choisira comme conseiller
exclusif pour la neutralisation des troubles des banlieues françaises,
M. Avi Dichter, ministre israélien de la Sécurité publique, celui-là même qui est en
charge de la répression de l'Intifada palestinienne dans les territoires
sous occupation israélienne, transposant dans l’ordre symbolique, volontairement
ou non, le conflit israélo-palestinien sur le territoire national.
Dans une démarche
à portée démagogique, à connotation électoraliste, il s'assurera, en
récidiviste, la collaboration d'un ancien réserviste de l'armée israélienne,
l’omniscient Arno Klarsfeld, tant sur la définition du "rôle positif"
de la colonisation que pour la régularisation des sans-papiers ou encore
pour le droit à l’hébergement.
Curieuse façon
de promouvoir la laïcité, un des principes cardinaux de la République française,
en assurant la promotion d'un homme ayant réclamé une nationalité étrangère,
en l'occurrence israélienne, par conviction ethnico-eligieuse. Non moins
curieuse façon d’assurer la visibilité et la crédibilité de la diplomatie
française en s’assurant les services d’un réserviste d’Israël, un pays
en guerre contre des pays amis de la France, le Liban et la Palestine.
Nicolas Sarkozy
est un être "mal latéralisé" (5), qui ne distingue pas sa
gauche de sa droite et qui confond la droite et l'extrême-droite. Jacques
Chirac est son point fixe, son repère absolu. Son parcours est à l'identique,
y compris dans ses grandes trahisons, Chirac en s'alliant à Giscard
d'Estaing contre le gaulliste Jacques Chaban-Delmas, Sarkozy en optant
pour Balladur contre Chirac, durant la campagne présidentielle de 1995.
Leur horizon
indépassable à tous deux est l'échéance présidentielle de 2007, une
date qui coïncide avec la relégation de la
France dans la hiérarchie des Nations, dans son classement
en tant que puissance économique, diplomatique que culturelle, passant
de la 4ème à la 9ème
place à l'horizon de l'an 2010, supplantée économiquement par le Japon,
l'Inde et la Chine, nouveaux géants de la
scène internationale, et, sur le plan culturel, par l'Hispanidad, l'agrégation
de locuteurs de la langue espagnole dans le monde, près de 450 millions
de personnes en Amérique latine, en Espagne ainsi qu'au coeur même des
États-Unis (près de 50 millions de personnes), qui feront de l'Espagne
un centre d'influence dans le monde, plus important que la francophonie
avec ses 120 millions de locuteurs.
Que les intellectuels
de cour, ces êtres qui gravitent autour de notre Sujet Médiatique Unique
du début du XXIème siècle, qui ont troqué leur statut d'intellectuels
pour celui de courtisan, lui rappellent à l'occasion ces quelques vérités
d'évidence: à savoir que le principal gisement de la francophonie du
XXIème siècle se situe en Algérie, au Maghreb ainsi
que sur le continent noir, c'est à dire les destinations actuelles des
«charters de la honte».

Nicolas Sarkozy et le rabbin US Martin Hier,
qui lui a remis en 2003 le « Prix de la Tolérance »
du Centre Simon Wiesenthal qu’il préside
|
Au-delà des
similitudes entre MM. Chirac et Sarkozy, existe cependant une différence
de taille: l'aîné, en vieux routier de la politique, à l'inverse de
son cadet, n'a jamais joué contre son camp dans les forums internationaux.
La marque d'un certain sens de l'État.
À Washington,
le «petit Nicolas» s'est livré à une prestation politicienne, quand
se dégageait du discours du «grand Dominique» une prestance morale,
en harmonie avec la haute idée que la
France veut donner d'elle-même.
A tous égards,
le voyage à Washington de M. Sarkozy a représenté le négatif du voyage
à New York de M. De Villepin, l'ancien ministre des Afffaires étrangères,
en plein débat du Conseil de sécurité de l'ONU sur le conflit irakien.
Une mauvaise manière faite à la
France, qui a gommé dans l'opinion l'impact du plaidoyer
français.
L'homme de
la rupture n’a renoncé à rien de l'héritage du gaullisme électoral,
s'emparant sans le moindre inventaire de la totalité du legs: parti,
cadres, militants, électeurs et financement.
L’homme de
la rupture n’a renoncé en rien aux combines électoralistes de l’ancien
parti gaulliste comme tendrait à le prouver le maelström magmatique
du feuilleton Clearstream où il apparaît à la fois victime et bourreau,
manipulateur et manipulé.
Mais que l'on
ne s'y trompe pas: l'homme que l'UMP s'est choisi comme candidat présidentiel
pour les élections de 2007 n'est toutefois pas l'héritier du gaullisme
mais le chef de file du courant atlantiste, un des points d'articulation
de l'axe israélo-américain dans la sphère euro-méditerranéenne.
Les humoristes
anglais désignent Tony Blair comme le caniche britannique de George
Bush. Les Français se sont surpris, un jour, à se découvrir, à leur
insu, «tous américains», de par la volonté du directeur du Monde, Jean-Marie
Colombani. A n'y prendre garde, un tel schéma pourrait se reproduire.
Que les hommes
de bonne volonté se liguent donc pour que la France ne dispose jamais d'un
caniche français du président américain.
Car s'il suffit d'un décret pour faire un ministre d'État, il
en faut davantage pour faire un homme d'État.
Notes
1-Sujet médiatique
Unique (SMU) l’expression est de Daniel Schneiderman, animateur de la
rubrique «médiatiques» au journal Libération et de l’émission «Arrêt
sur image» sur France 5.
2- Le Canard
Enchaîné N°4491 du 22 novembre 2006, se référant à l’hebdomadaire VSD
du 15 novembre 2006. Ses statistiques excluent donc ses apparitions
dans le cadre de la campagne présidentiel de 2007
3-Voici la
liste des principaux textes sur la sécurité votés lors du passage de
M. Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur
-septembre
2002: Loi sur l’orientation et la programmation pour la sécurité intérieure
-février 2003:
Loi aggravant les peines pour les infractions racistes
-mars 2003:
Loi sur la sécurité intérieure
-mars 2004:
Adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité
-novembre 2003:
Maîtrise de l’immigration et répression des séjours irréguliers
-janvier 2005:
Lutte contre le terrorisme
-avril 2006:
Répression des violences contre les mineurs
-juillet 2006:
Répression des violences dans les manifestations sportives
-novembre 2006
prévention de la délinquance………..qui entraîne la modification d’une
traite - un chiffre record – de 80 articles du code pénal.
4-«Sarkozy,
c’est le pied», par Gérard Lefort, Pages Rebonds, le journal Libération,
samedi 4 Novembre 2006.
5-«mal latéralisé»,
déficience relevée surtout chez les enfants et qui consiste à ne pas
distinguer sa droite de sa gauche.
René
Naba, ancien responsable du monde arabo-musulman au service diplomatique
de l’Agence France Presse, ancien
conseiller du Directeur Général de RMC/Moyen orient, chargé de l’information,
est l’auteur notamment des ouvrages
suivants:
- Aux
origines de la tragédie arabe, Editions Bachari 2006.
- Du
bougnoule au sauvageon, voyage dans l'imaginaire français, Harmattan
2002
- Rafic
Hariri, un homme d’affaires, premier ministre, Harmattan 2000.
- Guerre des ondes, guerre de religion,
la bataille hertzienne dans le ciel méditerranéen, L’Harmattan 1998
Le congrès
UMP est une insulte aux non privilégiés, selon Mamère
Reuters 14.01.07 |
10h16
PARIS (Reuters) - Le député Vert Noël Mamère
considère que les dépenses consacrées au congrès
de l'UMP dimanche pour introniser Nicolas Sarkozy candidat à
l'élection présidentielle sont une insulte envers ceux
qui vivent mal.
Le candidat des Verts à la présidentielle
de 2002 a déclaré à France Info que les dépenses
"pour organiser la célébration d'un homme" à
l'occasion d'un congrès qui pourrait rassembler 60.000 personnes
"pourraient être consacrées à des politiques
qui permettent de loger, par exemple, tous les Français".
"Ces dépenses énormes et cette organisation à
l'américaine, ça a un côté indécent"
et c'est "une forme d'insulte à tous ceux qui dans ce pays
vivent très mal", a ajouté Noël Mamère.
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