France

10 ans de prison pour Rachid Ramda


L'islamiste algérien Rachid Ramda a été condamné mercredi à Paris à dix ans d'emprisonnement, la peine maximale pour sa participation à la préparation des attentats de 1995 en France, qui avaient fait huit morts et 200 blessés, un jugement contre lequel il devrait faire appel.
La 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris a également prononcé une interdiction définitive du territoire français à l'encontre de Rachid Ramda, 36 ans, extradé de Grande-Bretagne le 1er décembre 2005, après y avoir passé dix ans sous écrou extraditionnel.


Ramda était jugé pour "participation à une association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste". Il a été condamné également à verser un euro de dommage et intérêts à l'association SOS Attentat, partie civile.

Maintenu en détention, Rachid Ramda fait également l'objet d'une procédure criminelle. Il doit être jugé prochainement aux assises pour sa participation effective aux attentats de 1995 et risque pour cela la réclusion criminelle à perpétuité.

Le tribunal a suivi l'accusation, qui avait requis le 6 mars la peine maximale contre un homme présenté comme le "pivot" de la préparation des attentats de 1995, décideur et financier des terroristes qui ont posé les bombes.

Le prévenu a également été qualifié de "responsable de la propagande" du Groupe islamique armé, le GIA algérien, qui avait revendiqué les attentats.

Pour le procureur, Rachid Ramda était "en lien avec l'ensemble des protagonistes des attentats de 1995", comme l'attestent des contacts téléphoniques avec Boualem Bensaïd, condamné fin 2003 à la réclusion criminelle à perpétuité pour sa participation aux attentats. Un bordereau de transfert de fonds destinés à Bensaïd et portant les empreintes de Rachid Ramda avait également été retrouvé par les policiers britanniques.

Le procès, prévu sur quatre semaines, avait été écourté au bout de quatre audiences. Ramda avait dès le premier jour clamé son innocence, dénoncé "un procès scandaleux" et demandé à ses avocats de ne pas le défendre, refusant lui-même d'être extrait de prison pour assister aux audiences. Le président l'avait fait venir pour écouter le réquisitoire.

Mercredi, après le jugement, l'avocat de Rachid Ramda, Me Guillaume Barbe a laissé entendre que son client ferait appel et irait si nécessaire "jusqu'à la Cour européenne des droits de l'Homme" car "il n'a pas à être jugé dans les conditions dans lesquelles il a été jugé".

"Quatre jours d'audience pour dix ans de prison, cela fait cher", a commenté le défenseur, déplorant qu'"à un procès inutile, la justice (ait) répondu par une condamnation inutile. C'est toujours la répression qui l'emporte

 

La nouvelle traite de l'« immigration choisie » par Catherine Teule (vice-présidente de la Ligue des droits de l'homme) & Nathalie Ferré (présidente du Groupe d'information et de soutien des immigrés), pour le collectif Uni-e-s contre l'immigration jetable (UCIJ), Les Inrockuptibles, 28 mars - 3 avril 2006

Dans un bel élan d'honnêteté, Roselyne Bachelot-Narquin, députée UMP, ancienne ministre de l'écologie dans le gouvernement Raffarin, écrivait en 1999 : « Il faut avoir le courage ou le cynisme de dire que nous allons nous livrer à une démarche néocolonialiste de grande envergure pour assurer la survie de nos sociétés postindustrielles vieillissantes. Après avoir pillé le tiers-monde de ses matières premières, nous nous apprêtons à le piller de ce qui sera la grande source de richesses du troisième millénaire : l'intelligence » (le Monde, 22 octobre 1999). Sept ans plus tard, nous y sommes, à l'initiative, pour une fois conjointe, de Villepin et de Sarkozy.

Ce retour aux pillages humains sans complexe prend la forme d'un projet de loi modifiant le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA). Ce texte, qui sera examiné début mai par l'Assemblée nationale, vise à remplacer l'« immigration subie » - celle des étrangers qui ont besoin de s'exiler - par une « immigration choisie » - celle des têtes et des bras dont la France estime avoir besoin pour sa prospérité.

La fin justifiant les moyens, le gouvernement cogne à bras raccourcis sur les droits liés à la personne. Pour des raisons évidentes, la communauté internationale reconnaît à ces droits un caractère tellement fondamental qu'ils imposent aux Etats l'obligation d'ouvrir leurs frontières aux migrants qui peuvent s'en prévaloir. S'il s'agit donc d'une immigration à l'évidence « subie », c'est aussi une immigration éminemment légale. Au nom de l'intérêt national, le gouvernement n'en veut plus. Il s'apprête donc à entraver notamment la réunion des familles étrangères, les mariages mixtes et même certaines reconnaissances en paternité. Au passage, le droit d'asile devrait prendre de nouveaux mauvais coups.

Dans ce contexte rétrograde, le gouvernement n'entend pas mieux traiter l'immigration qu'elle appelle « choisie ». Ses victimes ne seront désirables qu'à condition d'accepter un statut d'outils jetables après usage. Inutile d'être prophète pour affirmer que, dans la panoplie machiavélique du projet de loi, le nouveau titre de séjour promis au plus bel avenir sera celui de « travailleur temporaire ». Dès lors que le contrat de travail serait terminé ou rompu, l'étranger devrait décamper. Jamais, depuis... 1938, la France ne s'était à ce point assise sur le respect de la dignité humaine.

Comme pour donner un avant-goût de l'avenir qu'ils nous réservent, les ministres de l'intérieur et de la justice ont signé le 21 février 2006 une circulaire de traque systématique, jusque dans leur domicile ou leur foyer, des « outils humains » indésirables ou usagés qu'il est également recommandé de piéger dans les préfectures sur convocations que les ministres osent appeler « loyales ». La chasse sera d'autant plus fructueuse que le projet de loi supprime toute possibilité de régularisation des sans-papiers, y compris après dix ans ou plus de présence en France.

La bataille qui s'engage contre le projet de loi n'est donc pas seulement un combat contre une réforme du droit. Elle correspond au rejet d'une conception archaïque de l'humanité. Quelque 350 organisations associatives, politiques et syndicales se sont rassemblées dans le collectif Uni-e-s contre une immigration jetable (UCIJ) pour la mettre en échec. Plus de 15 000 signataires ont déjà approuvé sa pétition) [1]. L'UCIJ organise, par ailleurs, le dimanche 2 avril place de la République à Paris un grand concert qui sera l'occasion pour des dizaines d'artistes [2] d'exprimer leur dégoût de la nouvelle traite migratoire.

Notes : [1] www.contreimmigrationjetable.org [2] 93 Slam Caravane, Aklid., Bernard Lavilliers, Cali, Didier Lockwood, Didier Super, Dyonisos, Fil, La Brigade, La Rue Kétanou, Lady Laistee, Loïc Lantoine, Lo'jo, Louise Attaque, M.A.P., Mano Solo, Oaïstar, Rodolphe Burger, Souad Massi, les Têtes raides...

 

"Immigration et intégration" - Communiqué du Conseil des ministres du 29 mars 2006 Le ministre d'État, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire, a présenté un projet de loi relatif à l'immigration et à l'intégration.

Depuis 2002, la maîtrise de l'immigration est redevenue une priorité essentielle de l'action conduite par le Gouvernement. La loi du 26 novembre 2003 a constitué le premier temps de la réforme de la politique de l'immigration. L'immigration demeure toutefois aujourd'hui sans rapport avec les capacités d'accueil de la France et ses besoins économiques. Le projet de loi, conformément aux orientations fixées par le Premier ministre lors des comités interministériels de contrôle de l'immigration réunis le 10 juin et le 29 novembre 2005, crée donc de nouveaux instruments juridiques pour mieux réguler l'immigration, lutter contre les détournements de procédure et promouvoir une immigration choisie et une intégration réussie.

1.- Le titre premier du projet de loi regroupe les dispositions de promotion de l'immigration choisie.

L'obtention d'un visa de long séjour sera indispensable pour la délivrance d'une carte de séjour temporaire, sauf quelques exceptions. Les migrants admis pour la première fois en France et souhaitant s'y installer durablement devront signer un contrat d'accueil et d'intégration : l'étranger recevra une formation civique et linguistique. Avant d'obtenir une carte de résident de dix ans, l'étranger devra satisfaire à une condition d'intégration fondée sur trois éléments : l'engagement personnel de respecter les principes qui régissent la République française, le respect effectif de ces principes et une connaissance suffisante de la langue française.

La délivrance et le renouvellement des titres de séjour des étudiants étrangers seront facilités dès lors que leur projet d'étude aura été validé dans leur pays d'origine avant leur départ. Les jeunes diplômés étrangers obtenant leur master dans notre pays pourront compléter leur formation par une première expérience professionnelle en France dans la perspective du retour dans leur pays d'origine.

La règle subordonnant l'entrée d'un travailleur étranger à l'autorisation de l'administration du travail sera assouplie dans les métiers et les zones géographiques caractérisés par des difficultés de recrutement.

La création d'une carte de séjour " compétences et talents ", d'une durée de trois ans, facilitera l'accueil dans notre pays d'étrangers dont la personnalité et le projet constituent des atouts pour le développement et le rayonnement de la France.

Le projet de loi transpose en outre des directives européennes qui permettent de simplifier le régime du séjour des Européens en France et de fixer les conditions de la mobilité en Europe des étrangers y bénéficiant d'un statut de résident.

2.- Le titre II est relatif à l'immigration pour des motifs de vie privée et familiale.

Il définit les conditions de délivrance des cartes de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ". La disposition permettant à l'étranger en situation irrégulière depuis dix ans de se voir délivrer automatiquement une telle carte est supprimée. Les conditions de délivrance d'un titre de séjour à raison des liens privés et familiaux seront mieux définies, en conformité avec les principes garantis par la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Afin de lutter contre les mariages de complaisance, la carte de résident de dix ans ne sera attribuée au conjoint de Français qu'après trois ans de mariage, au lieu de deux ans, à condition que le conjoint manifeste son intégration à la société française et fasse preuve, notamment, d'une connaissance suffisante de la langue française.

L'étranger ne pourra demander à être rejoint par sa famille qu'après une durée de séjour régulier en France de dix huit mois, et non plus d'un an. Ses ressources, d'un montant au moins égal au SMIC, devront provenir de son travail et non des revenus d'assistance. Il devra, en outre, démontrer qu'il se conforme aux principes qui régissent la République française.

3.- Le titre III fusionne en une seule décision (un refus de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français et de la désignation du pays de renvoi) deux décisions jusqu'alors distinctes (le refus de séjour et l'arrêté de reconduite à la frontière).

4.- Le titre IV prévoit, afin de lutter contre les mariages de complaisance, de porter le délai de communauté de vie permettant aux conjoints de Français d'acquérir la nationalité par voie de déclaration de deux à quatre ans, et à cinq ans en l'absence de résidence en France pendant trois ans.

5.- Le titre V est relatif à l'asile. La possibilité de définir une liste nationale de pays d'origine sûrs est maintenue et le statut des centres d'accueil pour demandeurs d'asile est mieux défini afin de mieux prévenir leur occupation par des publics n'ayant plus vocation à y être accueillis.

6.- Le titre VI prévoit en Guadeloupe, en Guyane et à Mayotte des mesures adaptées à leur situation particulière, qu'il s'agisse de faciliter les contrôles d'identité, la destruction des embarcations utilisées par les passeurs de clandestins ou de lutter contre les reconnaissances frauduleuses de paternité à Mayotte. Source : www.elysee.fr/elysee/elysee.fr/francais/salle_de_presse/communiques_du_conseil_des_ministres/
2006/mars/communique_du_conseil_des_ministres_du_29_03_2006.45405.html

Projet de loi sur l'immigration et l'intégration : le gouvernement fait l'impasse sur le droit à la santé

Aujourd'hui, le gouvernement a validé en Conseil des ministres le projet de loi sur l'immigration et l'intégration. Les associations membres de l'ODSE connaissent bien ce projet pour avoir suivi de près son évolution et dénoncé les conséquences sanitaires qu'il aura pour l'ensemble des étrangers vivant en France.

Si le gouvernement a finalement abandonné son projet de suppression du séjour de plein des étrangers gravement malades résidant en France, il maintient néanmoins des restrictions considérables aux droits fondamentaux des étrangers, que les malades subiront comme tant d'autres :
- la remise en cause du droit de vivre en famille, par les restrictions apportées au regroupement familial (articles 32, 33 et 34) et au droit au séjour du fait de liens personnels et familiaux en France (article 26), enfermera ces malades dans un isolement particulièrement préjudiciable à leur état de santé ;
- la mise en place « d'objectifs quantitatifs » (annoncée dans l'exposé des motifs) pour chaque catégorie de titre de séjour se traduira dans les préfectures par de véritables quotas devant lesquels devront s'effacer les considérations médicales, et encouragera le non respect des procédures mais aussi des refus injustifiés que nous constatons déjà sur le terrain ;
- la réforme de l'éloignement (titre III), en réduisant considérablement le délai de recours contre les refus de séjour et en faisant de ces refus des mesures d'éloignement, augmentera immanquablement les approximations et les erreurs d'appréciation et par suite, le nombre de malades expulsés au mépris de la loi et des conséquences sur leur vie.

Plus globalement, les associations de l'ODSE sont particulièrement inquiètes des conséquences délétères de ce projet de loi sur la santé de l'ensemble des étrangers résidant en France.
Sous prétexte de lutter contre une immigration prétendument ' subie ' (titre II), les importantes restrictions, faites à différents motifs de droit au séjour, auront pour effet de repousser ou maintenir dans la clandestinité et le non-droit de nombreux étrangers.
Parallèlement, et sous couvert de favoriser une immigration dite ' choisie ' (titre Ier, chapitre 3, articles 7 et suiv.), ce projet de loi consacre des sous-statuts de séjour, tels les travailleurs temporaires ou saisonniers entièrement conditionnés à l'existence et à la durée d'un contrat de travail avec un employeur donné. Ces statuts imposeront aux étrangers concernés un morcellement de leur droit au séjour, ainsi qu'une graduation de leur protection sociale.
En conséquence, la mise en place d'une gestion purement utilitariste de l'immigration renforcera l'exclusion et la précarité sanitaire, sociale et économique des étrangers, et ira à l'encontre des enjeux de santé publique et des droits les plus fondamentaux attachés à la personne humaine.

En raison des conséquences qu'il aura pour les étrangers malades et sur la santé publique en général, les associations de l'ODSE demandent le retrait du projet de loi sur l'immigration et l'intégration.

Signataires : ACT UP Paris, AFVS, AIDES, AIDES Ile-de-France, ARCAT, CATRED, CIMADE, COMEDE, FASTI, FTCR, GISTI, MRAP, PASTT, SIDA INFO SERVICE, SOLIDARITE SIDA


Contact presse :
Antonin Sopena, Chargé de mission, ODSE : 06.85.36.40.17
Antoine Math, GISTI : 06.60.02.50.84
Didier Maille, COMEDE : 06.82.17.31.25

 

Azouz Begag en flagrant délit d'inégalité des chances - Interpellé à Lyon par un jeune chômeur, le ministre met en doute son honnêteté


par Olivier BERTRAND, Libération, 30 mars 2006
Lyon de notre correspondant - Sans les images, la scène serait difficile à croire. Vendredi, alors qu'il participait à un colloque à la préfecture du Rhône, Azouz Begag, ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances, s'est livré à un curieux dérapage sur un jeune demandeur d'emploi, membre d'une association. Le garçon l'avait interpellé devant des journalistes. Alors, une fois les médias repartis, le ministre l'a soumis à la question, et la caméra de l'association a tout enregistré. Au départ, le ministre répondait à des journalistes après une rencontre sur l'égalité des chances. Il défendait le CPE, disait que «les étudiants qui investissent la Sorbonne devraient se souvenir des émeutes» de l'automne dernier (lire aussi pages 2 à 7). Le chômage, ajoutait-il, «atteint 50, 60 % chez les jeunes des quartiers qui se sont manifestés violemment». Il promettait de «défoncer les cloisons, les plafonds de verre de cette société», lorsqu'un jeune homme l'a interrompu.

«Votre CV». Mansour, 27 ans, chômeur, prépare p our une association, Camérage, un documentaire sur les «parcours de vie» d'habitants de barres qui seront détruites. Il pensait au départ interroger le ministre sur le sujet, mais les propos d'Azouz Begag le faisant réagir, il le coupe : «J'ai deux bacs + 5, je m'appelle Mansour Benaouda et je cherche du travail depuis trois ans. Qu'est-ce que vous avez à me dire ?» Azouz Begag prend alors les journalistes à témoins. «J'adore. Filmez-le ! Moi, je ne parle pas dans le vide.» Comme le ministre répète le nom de famille de Mansour en le prononçant à l'arabe, le jeune homme lui dit : «On peut le dire en français.» Puis il détaille ses diplômes, passés à l'Ecole normale supérieure et à Lyon-II. Azouz Begag lui explique que le gouvernement va s'engager dans un plan de retour à l'emploi «pour 6 000 jeunes des quartiers». Mais Mansour rétorque qu'il n'habite pas un «quartier», et qu'il veut devenir «concepteur-rédacteur dans la publicité ou la communication». Azouz Begag lui dit : «Nous sommes là pour vous aider. Donnez-moi votre CV.» Mansour répond : «Ça s'appelle du piston.» Alors, le ministre rétorque : «Ça s'appelle réinscrire sur le marché du travail des jeunes qui ont des compétences. Pourquoi je vous pistonnerais ? Vous n'êtes pas mon frère.» La conférence de presse est alors écourtée, et le ministre rejoint le cocktail dans un salon de la préfecture.

Les journalistes s'en vont, mais Mansour continue de filmer. Soudain, Azouz Begag l'avise et vient vers lui, suivi de plusieurs personnes. «Alors, est-ce que vous pouvez nous dire qui vous êtes, jeune homme, finalement ?» Mansour commence à répondre, mais le ministre le coupe. «Attendez, nous aussi on va vous filmer.» Il s'adresse à un homme qui le suit : «Prends la caméra, filme.» L'homme s'exécute, prend la caméra des mains de Mansour. «Allez, dites-nous qui vous êtes. On va essayer de dérouler ce qui se passe», reprend le ministre, pendant que Cécile, membre de Camérage, tente de reprendre la caméra. Begag, autoritaire, s'interpose : «Non, non. S'il vous plaît ! Vous laissez. C'est lui qui va filmer.»

Subventionnés. Mansour ne s'énerve pas, répond aux questions, puis l'homme qui filme lui demande, en le tutoyant d'emblée : «Et tu travailles ou pas ?» Il répond qu'il cherche de travail. Alors l'homme lui jette : «T'as une belle caméra pour quelqu'un qui ne travaille pas.» Et le ministre Azouz Begag, en souriant, reprend la phrase : «Vous avez une belle caméra. C'est votre caméra ça ?» Mansour explique que l'appareil appartient à l'association, qu'ils sont subventionnés. Azouz Begag demande alors à Mansour le nom de son association, et celui qui filme ajoute : «De gauche ou de droite ?» Mansour répond : «Mais c'est ça le piège. Vous faites une division des êtres humains par des idées de droite et de gauche. Ça ne ve ut plus rien dire. Monsieur Georges Frêche, par exemple, a l'étiquette du Parti socialiste. On ne peut pas dire qu'il soit vraiment de gauche.» Begag le coupe : «Répondez à la question, c'est tout.»

Un proche du ministre demande ensuite à Mansour s'il joue la comédie. Alors, le jeune homme répond, effaré : «Mais vous vous rendez compte ? Vous êtes en train de prendre une situation réelle, une situation de crise pour moi, pour une comédie ?» L'homme qui le filme dit : «Moi, je veux juste te poser une question. Tout à l'heure, tu as dit que tu cherchais du boulot. En fait, tu t'en fous d'avoir du boulot. Tu voulais juste tester s'il tient parole, le ministre ?» Mansour lui répond : «Je ne m'en fous pas d'avoir un boulot. J'ai envie d'être comme tout le monde.» Quelqu'un lui lance : «Tu devrais passer un CAP son et lumière.» Et Azouz Begag conclut, en le tutoyant, cette fois : «T'as pas l'air très clair, hein ?» La caméra s'abai sse et l'image s'arrête.

Manipulation. Cinq jours après les faits, le cabinet se montre embarrassé. Azouz Begag indique qu'il a réagi ainsi car il pensait à une manipulation. Il affirme qu'il ne connaissait pas l'homme qui a filmé à sa demande, même s'il le tutoyait. «Ma première démarche, insiste-t-il, a été de sortir de la galère le garçon qui m'interpellait. Je suis sympa, je lui demande de m'envoyer un CV pour le transmettre aux entreprises, et je le retrouve dix minutes plus tard en train de me filmer, de me voler des images en douce. J'ai senti une manipulation profonde. Puis on s'est rendu compte avec la préfecture que c'était une association financée.»

Vendredi, l'attachée de presse du ministre, un conseiller technique puis le chef de cabinet ont appelé à tour de rôle l'association pour expliquer qu'il s'agissait d'une méprise, et s'excuser. Mais les membres de Camérage ont quand même décidé de raconter ce qui leur est arrivé. Ma nsour a même envoyé un CV au ministère, hier matin. «Ce n'est pas une solution, dit-il, mais je ne voulais pas qu'ils disent que je me fous du travail.» En attendant d'en trouver, il a décidé, avec les membres de l'association, de réaliser un petit documentaire sur leur rencontre avec le ministre.
Source : http://www.liberation.fr/page.php?Article=371002

 

Expulsions dans un foyer SONACOTRA à Paris Communiqué de la Coordination des foyers SONACOTRA et du COPAF (Collectif pour l'Avenir des Foyers), Paris, 28 mars 2006

Mardi 28 mars 2006 dans la matinée, accompagnés de policiers en tenue et en civil, la Sonacotra et son huissier, munis d'arrêtés d'expulsion, sont intervenus au foyer « Riquet » 80 rue d'Aubervilliers à Paris 19ème et ont fermé 5 chambres au 1er étage. Les occupants ont été expulsés. Ils ont un délai d'un mois pour récupérer leurs affaires.

Dans les chambres 101,107 et 113, le titulaire était absent car il est en Afrique, en général depuis un certain temps. Mais comme il a travaillé en France et y acquis des droits, il veut garder ses droits et pour ça, il doit avoir une domiciliation, donc sa seule solution est de garder la chambre à son nom. Dans chacune de ces chambres, un remplaçant occupe le lit, travaille et paye régulièrement sa redevance. Dans les chambres 108 et 110, les titulaires étaient présents ce mardi 28 mars, SEULS dans leur chambre ; le premier dormait car il travaille à la GM dans l'équipe de nuit (mais la Sonacotra ignore ce genre de détail !), le deuxième, Mr Camara était également présent, seul.

La Sonacotra et l'huissier ont annoncé d'autres expulsions. Les résidents et délégués présents ont protesté contre ces méthodes. L'argumentaire de la Sonacotra ne nie pas que le phénomène de suroccupation est massif dans beaucoup de ses foyers tant la crise du logement est grande en région parisienne, l'argumentaire de la Sonacotra est de privilégier la thèse de la protection juridique de son personnel : elle traînerait les résidents en justice uniquement pour couvrir son personnel face à d'éventuelles poursuites en cas d'accident grave ou d'incendie dans le foyer !

METTRE A LA RUE 5 RESIDENTS semble être anodin pour la Sonacotra. Pour elle, ces résidents eux ne courent aucun risque, il n'y a que les risques EVENTUELS du personnel qui comptent. Les résidents ne comptent pour rien.

Pourquoi la Sonacotra n'accepte-t-elle pas de négocier pour 1. trouver des solutions pour que les travailleurs repartis en Afrique, en général des retraités, puissent garder une domiciliation, donc leurs droits ? 2. titulariser les remplaçants qui ne demandent que ça ? Négocier la reprise officielle de la chambre par le remplaçant, ce n'est pourtant pas très compliqué. La Sonacotra préfère dépenser énergie et argent dans des procédures juridiques, la Sonacotra préfère la brimade et la cruauté de l'expulsion à la négociation. Et comment croire que l'expulsion de 2 résidents va régler le problème de la suroccupation ? sinon penser que la Sonacotra considère les résidents comme des enfants mineurs qu'il faut contraindre par la peur ? La Sonacotra doit accepter de mettre en place des concertations avec tous les partenaires pour dégager des solutions à la suroccupation des foyers dont, il faut le rappeler, les premières victimes sont les résidents eux-mêmes.

Avec les résidents du foyer Riquet, nous demandons à la Sonacotra l'arrêt de ces méthodes brutales qui font passer les résidents pour des délinquants et la réintégration des 5 résidents en tant que titulaires de leur chambre. Nous demandons leur soutien à tous les autres partenaires.

Coordination : Oumar N'Diaye 06 60 54 58 89 - Copaf : 01 46 06 09 69 - Courriel : copaf@copaf.ouvaton.org


Clearstream: perquisitions à EADS et chez le général Philippe Rondot


L'enquête sur le corbeau qui a faussement accusé des personnalités, dont Nicolas Sarkozy, d'avoir des comptes occultes à l'étranger, via la société Clearstream, a connu jeudi un développement spectaculaire avec des perquisitions à EADS et chez un ex-patron du renseignement français.
Ces perquisitions ont été menées jeudi à Suresnes (Hauts-de-Seine) au centre de recherche du groupe européen d'aéronautique et de défense (EADS) et vendredi, au domicile parisien et dans la résidence secondaire, située dans la Nièvre, du général Philippe Rondot.


Le général Rondot était jusqu'en décembre 2005 un proche collaborateur de la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, pour les questions du renseignement.

Ancien du contre-espionnage (Sdece, devenu DGSE, Direction générale de la sécurité extérieure), il a également collaboré à la Direction de la surveillance du territoire (DST) et participé à la création de la Direction du renseignement militaire. On lui doit notamment l'arrestation du terroriste Carlos au Soudan en 1994.

Les perquisitions ont été réalisées par les juges financiers Jean-Marie d'Huy et Henri Pons dans le cadre d'une information judiciaire ouverte à Paris pour "dénonciation calomnieuse" à la suite des plaintes de deux patrons, Alain Gomez, ancien patron de Thomson, et Philippe Delmas, du groupe EADS.


Les deux hommes avaient été mis en cause avec d'autres grands patrons, responsables policiers et hommes politiques, dont M. Sarkozy, dans deux lettres anonymes et un cédérom adressés en 2004 par un mystérieux corbeau au juge Renaud Van Ruymbeke, en marge de l'affaire des frégates de Taïwan.

Ce correspondant accusait ces personnalités d'avoir dissimulé des comptes secrets à l'étranger par le biais de la société financière Clearstream, basée au Luxembourg, qui passe pour être un des "paradis fiscaux" de l'UE.

L'un des courriers était accompagné d'un listing bancaire où figuraient notamment les noms de Stéphane Bocsa et Paul de Nagy, titulaires d'un compte à la banca popolare di Sondrio, une petite ville italienne. Une manière de désigner le ministre de l'Intérieur dont le nom complet est Nicolas Paul Stéphane Sarkozy de Nagy-Bocsas.

L'enquête du M. van Ruymbeke a finalement démontré que les accusations du corbeau relevaient de la manipulation, des noms de personnalités ayant été rajoutés sur un vrai listing de Clearstream.

Le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, s'est constitué partie civile, fin janvier, dans ce dossier.


L'affaire avait pris en novembre 2004 un tour politique lorsque le patron de l'UMP, alors ministre de l'Économie, avait reproché à la une du Monde à Dominique de Villepin, alors ministre de l'Intérieur, d'avoir tenu secrètes les conclusions d'un rapport du contre-espionnage (DST) qui le mettait hors de cause, ce que ce dernier a contesté.


Le dossier de la DST a finalement été transmis au juge le 7 avril 2005 par M. de Villepin après avis favorable de la Commission consultative du secret défense.

Ce rapport a désigné, sans en apporter la preuve, Jean-Louis Gergorin, vice-président d'EADS, présenté dans la presse comme proche de M. de Villepin, comme le corbeau.

Il aurait agi avec l'aide d'un informaticien d'EADS capable d'intervenir sur les fichiers de Clearstream. C'est son bureau que les juges ont perquisitionné jeudi à Suresnes.

M. Gergorin a démenti dans la presse ces accusations en évoquant une manipulation destinée à renverser l'actuelle direction du groupe européen.
Source : AFP, 29 mars 2006

 

Parquets, sauvez le CNE !


par le Syndicat de la Magistrature, Paris, 23 mars 2006; Courriel : syndicat.magistrature@wanadoo.fr. Site : www.syndicat-magistrature.org
Le Garde des Sceaux a bien compris l'intérêt de parquets dépendants du pouvoir politique. Dans une circulaire du 8 mars 2006, les magistrats du ministère public sont sommés de sauver le dispositif du CNE, mis à mal devant les conseils de prud'hommes. Fait exceptionnel, il est ainsi demandé aux parquets de se faire communiquer systématiquement les procédures prud'homales relatives à des ruptures de CNE et de faire appel, en cas de "violation des dispositions de l'ordonnance" du 2 août 2005, sous prétexte de veiller à l'ordre public. Or l'ordonnance créant le CNE, qui déroge aux règles protectrices des salariés, notamment garanties au niveau international par la convention n°158 de l'OIT, n'édicte en aucune manière des règles d'ordre public pouvant justifier cet appel des parquets. En effet, les dispositions applicables au CNE, dispensent l'employeur du respect de l'obligation de motiver le licenciement et de respecter une procédure contradictoire qui constituent le droit commun en matière de droit du travail et sont revêtues d'un caractère d'ordre public de protection, de sorte qu'il est interdit d'y déroger par convention au détriment du salarié. Le Syndicat de la magistrature invite les magistrats du parquet à ne pas se plier à cette circulaire illégale et à exercer leur prérogatives en toute indépendance, notamment en ce qui concerne l'appréciation de la conformité du dispositif du CNE au regard des conventions internationales. Il demande le retrait immédiat de cette circulaire.
Pour lire la circulaire, cliquez sur Circulaire CNE.pdf
Lire aussi la question d'Arnaud Montebourg à l'Assemblée nationale et la réponse du ministre de la Justice Clément > Montebourg-Clément 280306.pdf

 

« L'esprit de Jaurès est mort»

Une statue de Jean Jaurès a été déboulonnée lundi à Montpellier par un collectif d'étudiants opposés au CPE, qui souhaitaient symboliser la disparition de l'esprit porté par cette figure marquante du socialisme français, a-t-on appris mardi de source policière.

Tôt lundi, des étudiants, aidés d'un altermondialiste, ont mis à bas la statue et l'ont couchée sur un matelas, la tête cagoulée. Ils ont accroché une pancarte sur son dos avec les inscriptions: "Jeune un jour, esclave toujours" et "l'esprit de Jaurès est mort", avant d'écrire sur le sol: "Place des Martyrs".

Notre action est "symbolique. C'est pour montrer que Jaurès est tombé, que son esprit est mort et qu'il faut réveiller cette gauche perdue", ont expliqué les étudiants au quotidien Midi Libre.

L'altermondialiste qui a aidé les étudiants est connu pour avoir déboulonné en septembre 2003 le clown d'un restaurant MacDonald's afin de dénoncer "l'approche marketing" de la chaîne, "pilier de l'obésité" des enfants, selon lui. Cette initiative a valu à son auteur, Patrice Oceraies, une condamnation à un mois de prison avec sursis le 16 mars.

Après l'action sur la statue de Jean Jaurès, Patrice Oceraies ainsi qu'une autre personne ont été interpellés à leur domicile et conduits au commissariat pour des auditions, puis laissés en liberté, a indiqué mardi la police. La mairie de Montpellier a porté plainte. Source : AFP, 28 mars 2006

 

 

Témoignage sur les magouilles des flics-casseurs en fin de manif parisienne, par une étudiante lyonnnaise


par Émilie Mourgues, étudiante en Anthropologie à Lyon II, http://rebellyon.info/article1838.html, 24 mars 2006

Je suis allée à Paris hier. La manif s'est bien passée et il y avait du monde. Nous, gens de Lyon, de Grenoble, de Chambéry, avons formé un beau cortège "Lyon tient son Paris". Certains parisiens sont venus nous remercier d'être venus jusque là et nous étions fiers, même si le gros des lyonnais était à Lyon, sous les gaz des CRS.

Nous étions vraiment nombreux ! Puis, peu à peu, des vagues d'une centaine de "casseurs", appelés au son de cornes de brumes, dévalaient dans la foule, puis occupaient les lignes de bus ! Certains se sont fait voler ou frapper. À la fin de la manif, ils étaient des centaines... Environ 3 000 CRS et gendarmes mobiles bloquaient la place !

Les "casseurs" choisissaient une proie, fonçaient à 20, 30, 50, 100 sur lui (elle) et le (la) défonçaient et le dépouillaient ! Les forces de l'ordres s'en sont pris plein la gueule aussi mais les premiers visés étaient les manifestants. Les manifestants sortaient de la place tant bien que mal mais certains restaient à l'intérieur. Des voitures ont commencé à brûler, les vitrines à péter. Mon groupe a décidé de partir à la gare et je suis restée avec une amie car des potes à moi étaient à l'intérieur.

Les flics bloquaient l'accés à la place à tout le monde. Les passants nous ont accusés d'être les fauteurs de trouble, de faire repartir le bordel des banlieues ! On a dû leur expliquer qu'on était dans la rue car on n'en peut plus de vivre avec 300 euros par mois et d'être pris pour des cons ! Trois casseurs se sont précipités dans la rue, ils ont été interpellés puis sont passés... carte de Police à la main ! Là, on a halluciné, les mecs étaient vraiment chauds ! On s'est faufilé aprés eux car je voulais absolument rejoindre ma pote ! Un flic nous a avertis que si on repassait par là, il nous arrêterait. Il n'y avait plus rien ! Les pompiers éteignaient les voitures mais les casseurs étaient tous partis. Tout était calme...

J'ai rejoint les quais, il ne restait plus que des manifestants en état de choc. On a voulu sortir, mais les camions de flics nous prenaient en sandwich et nous empêchaient de sortir ! Je me suis avancée vers l'un d'entre eux pour lui expliquer qu'on n'était pas d'ici, qu'on hallucinait, qu'on voulait se barrer de cette ville de merde. Il nous a dit d'arrêter de sourire ou que ça risquait de mal tourner. Nous étions piégés ! Pourtant ils voyaient bien qu'il ne restait plus qu'une centaine de manifestants apeurés. Les flics ont commencé à nous filmer et étaient morts de rire face à notre incompréhension et à notre terreur. Ils ont commencé à charger sur ma droite et la foule s'est précipitée contre l'autre cordon de CRS. Une fille, paniquée, leur a demandé des informations, elle s'est fait gazée, puis le gendarme s'est excusé ! Mes genoux claquaient. Le cordon de flics s'est dissous, nous avons couru mais d'autres ont débarqué et ont fait barrage. En fait, ils nous déplaçaient contre le commissariat...

Les cordons se resserraient contre nous, ça hurlait dans tous les sens, deux filles voilées pleuraient. J'avais peur que l'un de nous tombe , que l'on meure étouffés ou piétinés... Les médias étaient parmi nous et nous canardaient de flashs, surtout dès qu'on hurlait. Les flics nous compressaient violemment pour qu'on se révolte et que les médias puissent prendre des photos ! Morts de trouille face aux assauts des forces de l'ordre, nous avons levé nos mains au ciel... Là, ils ont paru bien emmerdés ! Les flash fusaient toujours...

Un flic avec un fort accent de banlieue nous a dit de ne pas paniquer (très drôle), qu'on allait juste vérifier nos identités, que l'ordre de se disperser avait été donné plus d'une demi-heure auparavant et qu'il ne fallait pas nous étonner. Puis vint l'heure de la mise en scène médiatique ! 5 ou 6 flics rentraient en trombe parmi nous, se jetaient sur un mec, le plaquaient violemment au sol. Là, ils attendaient trente secondes, le temps des photos, puis viraient le mec. Ca a duré plus de deux heures. Je tiens à préciser que les arrestations se sont placées dans un ordre bien précis : ils ont commencé par les noirs, puis par les arabes, suivis des mecs qui avaient des dreads ou les cheveux longs, la violence était également graduée. Un gars s'est fait piétiné sous nos hurlements. C'était vraiment très violent..

Nous étions toujours filmés par les flics morts de rire. Ils évitaient tout de même de nous regarder dans les yeux. Par dessus la masse de casques de flics, le drapeau français flottait ; une drôle d'impression m'a serré le bide.... Une bande de 6 "racailles" est sortie escortée de la cour du commissariat. Ils se sont retrouvés avec nous, on a traité les flics de racistes, les gars scandaient artificiellement qu'ils n'étaient pas dans la manif. Ils se sont glissés dans un coin, 5 CRS les ont fait sortir discrètement (nous sommes 3 ou 4 a avoir vu la scène), une fille s'est accrochée à eux pour sortir, les flics sont allés la chercher et l'ont remise dans le cercle, les gars sont partis sous l'oeil complice des flics. Je hurlais sur un photographe, le traitait de collabo, de traitre. Il m'expliqua qu'il prenait juste des photos, qu'il n'écrivait pas les textes dessous, que parfois c'était utile, comme pour le syndicaliste dans la coma par exemple. Je me calmais, je voulais qu'il m'explique. Il m'a confirmé qu'il leur fallait des photos, que Sarkozy sait ce qu'il fait quand il ordonne de ne s'en prendre qu'au manifestants, que tout le monde sait que les RG sont avec les casseurs, sont dans toutes les manifs, dans toutes les AG. Je lui répondais que non, que moi, je ne savais pas, en tout cas pas à ce point !

Nous commencions à comprendre tous ce business, certains flics sont des "casseurs", des RG infiltrés pour embraser la foule, certains "casseurs" doivent avoir des arrangement avec eux pour nous taper sur la gueule dans les manifs (ça passe toujours mieux au JT plutôt que ce soit les CRS ou GM qui nous fracassent) et puis il y a les moutons, ceux qui suivent juste pour se divertir... Ils ont fini par me prendre par le bras pour m'interpeller, enfin ! Le flic était surpris que je vienne de Bron, je gardais le silence face à sa voix toute douce, il m'a souhaité un « passez une bonne soirée mademoiselle », sourire charmeur à l'appui, comme si tout cela était tout à fait normal, comme s'il avait l'habitude ! Il était 20 heures, l'heure des infos. Mes deux amies sont sorties juste après moi, mais nos deux potes, eux, n'étaient pas dans la rue...

On les a appelés, ils étaient dans un fourgon et allait être dispatchés dans des commissariats, ils ne savaient ni quand ni pourquoi, mais on les laissait répondre au téléphone. On a donc loupé notre train qui partait à 20h, on les a attendus jusquà 22h puis on a pris le dernier TGV pour Lyon. Un des deux a été relâché vers minuit, aprés avoir été transporté dans plein de cellules ; on lui a demandé s'il reconnaissait avoir perturbé l'ordre public puis on l'a relâché. Il n'avait toujours pas de nouvelles du dernier. Ils étaient de retour aujourd'hui.


Nicolas Sarközy et le "repérage précoce des troubles du comportement chez les tout-petits"


Un document d'anthologie à lire absolument ! Troubles précoces

 

Un Français sur trois se dit «raciste»


Les masques tombent. La Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) a présenté hier son rapport annuel, à la veille de la journée internationale contre le racisme. Si 2005 a été marquée par une baisse des actes racistes (–38 %), la CNCDH s'inquiète de « l'augmentation du pourcentage de personnes qui s'avouent racistes ».
Dans le rapport, une personne interrogée sur trois se dit raciste, soit une hausse de 25 % par rapport à 2004. 40 % des personnes se défendent, elles, de toute attitude raciste. Globalement, les actions ou menaces racistes ont baissé de 22 % en un an, et les violences et menaces antisémites ont reculé de 48 %.
Pour Michel Forst, secrétaire général de la CNCDH, « le nombre de victimes est resté stable, mais l'état de l'opinion s'est aggravé ». Il juge la situation « sacrément inquiétante ». La Commission a déploré un « essoufflement dans la mobilisation du public » contre toutes les formes de racisme.
Source : 20 Minutes, 22 mars 2006

 

Que penser du Contrat de première embauche CPE ?


par le Dr. Jean Brière, Lyon, 7 février 2006

Le chômage peut avoir des causes multiples, crises cycliques, conjoncture particulière du marché... On peut cependant admettre que l’une des cause principales du chômage actuellement provient de la mise en concurrence, dans le cadre d’une économie de marchée dérégulée, des salariés français avec leurs homologues chinois et indiens qui travaillent 70 heures par semaine avec des salaires dix fois inférieurs .

Que faire face à une telle situation ?

Le protectionnisme à l’échelle de la France seule ne peut aboutir qu’à une albanisation du territoire, étant donné l’interdépendance économique, et l’intégration de la France dans le système d’échange mondial.
Demander aux consommateurs français d’acheter par patriotisme des chemises françaises 4 fois plus chères que des chemises d’importation chinoises relève de la plaisanterie.
Remplacer les emplois productifs perdus par des emplois productifs dans des secteurs non encore en concurrence, est la solution théorique la plus satisfaisante mais se heurte à la rapide croissance des capacités d’innovation technologiques des pays émergents.
Reste l’alignement des salaires français sur les salaires chinois, ce vers quoi tendent les politiques des marchés financiers, ce qui aboutirait évidemment à une crise majeure, cette baisse de pouvoir d’achat entraînant ipso facto un effondrement de la consommation et des échanges. .
Ce processus de chômage ne touche pas les États-Unis.
Cette exception s’explique par le fait que le dollar est la monnaie d’échange internationale et que les USA peuvent vivre à crédit. Les ménages américains peuvent acheter à crédit des biens produits en Chine grâce aux investissements chinois et aux prêts chinois en dollars faits aux USA. Comme l’écrit Stephen Roche, économiste en chef de la banque Morgan Stanley : « Les ménages américains ont pendant cinq ans au moins dépensé très largement au-dessus de leurs moyens ».... « L’économie mondiale à besoin d’un nouveau consommateur, car le consommateur américain est fatigué, usé, il ne peut continuer à porter le monde sur son dos. » On peut admirer la phraséologie qui se résume à ce qu’il est impossible que les USA continuent de vivre à crédit ..
On peut craindre que cette locomotive américaine n’explose, si les créanciers demandent le règlement de leur dette aux USA. Ce qui fait que la situation perdure, c’est que les créanciers ne peuvent brutalement mettre l’ensemble du système en crise .
Ce qui rend dramatique la situation actuelle, c’est que contrairement au Japon et à la Corée par exemple, il n’existe aucune possibilité pour les 2 milliards de Chinois et d’Indiens d’accéder au niveau de vie occidental .. on ne voit guère d’issue sinon, une implosion intérieure ou un partage au fil de l’épée ..
Ceci, dit les milieux financiers ne se posent guère de questions métaphysiques, la disparition du capitalisme patrimonial, fait que le patriotisme économique prôné par Villepin est une plaisanterie bien illustrée par Arcelor
Pour ce qui est du tissu industriel encore implanté sur le territoire, ceux qui en sont les propriétaires ont tendance évidemment à aligner les salaires français sur les salaires les plus bas, Les entraves dues aux acquis salariaux de la période des trente glorieuses sont dénoncés comme une entrave à l’emploi. Leur politique consiste à licencier les plus âgés qui bénéficient de ces garanties et de faire pression sur ceux qui entrent sur le marché du travail, les plus vulnérables, pour qu’ils acceptent des conditions de travail, plus « flexibles » et moins satisfaisantes que celles de leurs aînés. La logique : c’est à prendre où à laisser, sinon on délocalise.
C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre le peu d’efficacité des mesures successives prises par les gouvernements de droite ou de gauche pour faire face à la montée du chômage chez les jeunes :
1984 : Michel Delebarre , travaux d’utilité collective TUC à temps partiel pour les moins de 25 ans dans les collectivités locale et les associations , l’État prend en charge les charges sociales, autrement travaux non productifs, transitoires, payés par ceux qui travaillent.
1990 : Michel Rocard, Contrat emploi solidarité . Il remplace les TUC par des contrats emplois solidarité (CES), qui favorisent les embauches dans les entreprises d’insertion qui bénéficient d’allégements fiscaux, en 1992 s’ajoute le programme de préparation active à la qualification et à l’emploi (Paque) pour les moins qualifiés. Là il s’agit d’emplois productifs , mais les exonération de charge fiscale sont là encore payés par la masse de ceux qui produisent et correspond à un abaissement global du prix du travail .
1993 Contrat d’insertion professionnel (CIP). Les rémunération d’embauche étaient limitée à 80 % du SMIC , quel que soit le niveau de qualification .
Rejet massif d’autant que près de plus de 50 % des jeunes les plus qualifiés trouvent un travail dans l’année de la fin de leurs études. Il s’agissait là de faire payer aux jeunes uniquement le poids de la flexibilité et de la baisse des salaires.
2002 : François Fillon, contrat soutien à l’emploi des jeunes en entreprise ( SEJE , hostiles aux emplois aidés dans le secteur public, la droite met en place les SEJE en faveur des moins qualifiés en accordant aux entreprises qui les embauchent des exonération de charges sociales , en 2004 contrats d’insertion dans la vie sociale (civis) pour des jeunes en grande difficulté.
2006 : Contrat de première embauche pour l’ensemble des jeunes de moins de 26 ans, quel que soit le niveau de qualification, avec allongement de la période d’essai à deux ans période pendant laquelle le salarié peut être licencié sans que l’employeur ait à justifier le pourquoi du licenciement .
Ce CPE peut être utile à ceux qui n’ont pas de qualification, par contre il précarise les diplômés qui souvent trouvent un emploi stable assez rapidement, ce qui représente près de 50% des jeunes.
Pour ce qui est de créer des emplois rien n’est moins certain ....
Les écologistes ont –ils des solutions miracles à proposer ? la réponse est : non au niveau national. Peut être une riposte aurait put être envisagée au niveau européen pour essayer de réguler le marché. Mais ceux qui vont descendre dans la rue, aujourd’hui (7 février 2006) ont voté non à l’Europe.
Cet effondrement programmé de larges pans de secteurs industriels ne peut être compensé par des emplois de service tertiaires non productifs, donc non producteurs de valeurs, les tenants du libéralisme à tout crin proposent de créer des emplois dans le marketing, la banque..
Par ailleurs le problème doit être situé dans le contexte d’exclusion de larges couches de la population à l’accès au travail et donc confrontés à un assistanat. Nous ne pouvons que constater que l’exclusion et la précarité liée à la non-qualification et à la discrimination raciale touchent prioritairement les banlieues qui se sont rappelées à l’existence lors des derniers événements.
Là encore la seule sortie du marasme pour ces jeunes, c’est la sortie par le haut, par la prise de conscience politique. Ne doutons pas que la manière dont on a traité en France le problème des fameuses caricatures est lourde de menaces. La droite raciste danoise avait deux objectifs créer la haine raciale pour virer les bronzés non chrétiens du Danemark et utiliser ces caricatures comme arme idéologique en faveur de la croisade judéo-chrétienne de Bush contre le mal, l’islam terroriste. La pseudo-campagne en faveur de la liberté d’_expression qui se développe en France revient à enfoncer dans le crâne de la population : les terroristes se sont bien les fanatiques musulmans et le terrorisme d’État de Bush c’est le bien, entraîne la France dans la spirale de l’affrontement civilisationnel des conservateurs américains.
Avec le climat d’hystérie qui s’est créé, Les jeunes des banlieue risquent plus que jamais d’être stigmatisés comme musulmans et de plus en plus exclus de l’accès à l’_expression politique par la droite et la gauche , qui les traiterons de pro-terroristes s’ils mettent en cause la colonisation de peuplement de la Palestine. A chacun ses emblèmes sacrés : Mahomet pour les musulmans, la Shoah pour l’Occident judéo-chrétien....On est mal parti..
En tous les cas on peut être sûr, à entendre la vox populi manipulée, que Le Pen va gagner des voix. A l’exclusion économique s’ajoutera une exclusion politique et religieuse aggravée, et les vrais problèmes : crise climatique, disparition du pétrole...etc. . seront oubliés au profit de l’aveuglement religieux et idéologique. Les problèmes économiques ne peuvent être dissociés des problèmes politiques.


Ne peut-on rien faire ?
La première chose est de dénoncer la mystification laissant entendre que nos politiques peuvent commander aux grandes puissances financières, elles-mêmes, sous la protection militaire de plus grande puissance dite libérale du monde. La droite, l’extrême-droite, la gauche , l’extrême-gauche , les Verts trompent le peuple, en affirmant Y A KA .
Cependant on peut agir à la marge, exemple nous devons exiger que tout l’habitat soit qualité consommation énergie zéro. On ne peut pas importer des maisons clés en main de Chine.
Il faut sensibiliser la population à la vulnérabilité de notre territoire et à notre dépendance énergétique. Je pense sérieusement que l’on ne doit plus produire de chaleur sans produire d’énergie électrique. Nous devons proposer un vaste plan d’autonomisation de la production électrique totalement décentralisé, grâce à la cogénération de toute puissances, comment autrement mettre en cause les centrales nucléaires hautement vulnérables en cas de conflit ?
Développer au maximum les investissements dans les énergies renouvelables. Autonomiser sur le plan énergétique nos campagnes, optimisation de l’utilisation de la biomasse aussi bien le bois que la méthanisation des déchets, en 1942 on produisait du gaz fumier. Obligation de la récupération des déchets organiques des villes en vue de la méthanisation, organiser la récupération des déchets organiques putrescibles d’une manière sélective en ville n’est pas une mince affaire.
Pousser les études en faveur de l’utilisation de la voile dans les transports maritimes, turbine Cousteau, utilisation d’ailes volantes cela marche ..., réorienter la production automobile vers sa destination première de moyen de transport le plus économique possible, non seulement le 4X4 urbain doit disparaître , mais il faut penser à la disparition de la voiture individuelle, emblème de réussite sociale plus que moyen de transport adapté. Il faut des voitures fonctionnant au gaz pour le déplacement d’une personne, de deux personnes, pour une famille... . À Lyon, Lyon vélo est une réussite, pourquoi pas Lyon voiture, vous me direz que la location de bagnoles existe, mais ce qui n’existe pas c’est un type de bagnole bien adapté à un service précis. Une réorientation à contre-courant de la production automobile actuelle, peut créer une nouvelle niche de production et déstabiliser l’évolution délirante de la voiture gadget.
Pour ce qui est du rail, je me demande quelle peut être la faisabilité et le rendement de rames à haute vitesse sous vide, Kadhafi fait construire des pipe-lines de plus de 2 mètres de diamètre, de quoi contenir une rame à sustentation magnétique .. Bon on peut réver ...
L’important c’est de revenir à l’essentiel en économie : seul le travail crée de la valeur plus ou moins selon les conditions d’efficacité technologiques et les conditions matérielles. Exemple : la même quantité de travail produit plus ou moins de métal selon la teneur du minerai en métal extractible.
En théorie tout le monde à intérêt que son voisin travaille comme lui, plutôt que d’être contraint d’être à sa charge. Ceci dit le système capitaliste non régulé tel qu’il fonctionne actuellement conduit incontestablement à l’accumulation des richesses à un pôle et à la marginalisation et au rejet hors du circuit productif d’un nombre de plus en plus important de productifs potentiels. Compte tenu des contraintes écologiques qui vont inéluctablement diminuer la productivité du travail, les perspectives ne sont pas roses.
Avons-nous une solution alternative globale à cette situation sur le plan national ? La réponse est non.
En dehors au retour au communisme qui a fait ses preuves, on constate l’impasse du mouvement altermondialiste avec Chavez. Ce dernier , s’il n’est pas assassiné par les hommes de Pat Robertson, pourra poursuivre sa politique économique de redistribution de la rente pétrolière au profit des plus pauvres avec alphabétisation et programme de santé grâce à des milliers de médecins cubains qu’il peut payer. Mais ce nouveau socialisme que l’on doit soutenir est entièrement tributaire du pétrole qu’il doit vendre aux Américains. En Bolivie la nationalisation du gaz se heurte aux intérêts de Petrobras société brésilienne du Brésil de Lula ex-coqueluche des altermondialistes ..
Quant aux solutions dites alternatives en France on ne peut que les soutenir, mais l’évolution de Primevère à Lyon et de Silence ne laissent rien augurer de décisif à ce niveau.
Nous devons à tout prix démystifier, c’est la seule manière de préparer la populations aux difficultés qui s’annoncent. Ceci dit pour ce qui est des jeunes, du fait que nous allons nécessairement vers un renouvellement important du personnel productif du fait du papy boom, on peut douter que la seule précarisation soit la bonne solution, il est incontestable que l’État, à défaut des entreprises, doit organiser la période de transition vers le travail en assurant un minimum de stabilité des carrières. Il nous semble également que nous avons intérêt si l’on veut amortir le choc concurrentiel à élargir la « précarisation » si j’ose dire d’une manière équitable, travailler plus pour dépasser le carcan des 35 heures, en proposant par exemple des heures supplémentaires exonérées des charges sociales, remettre au travail les seniors qui sont prêts, dans certaines conditions à faire profiter la société de leur expériences ...
Un dernier mot si l’on veut voir disparaître la dette publique, il faut travailler plus et gagner moins, autrement dit é c o n o m i s e r, la difficulté c’est qu’une fraction de la population peut échapper légalement à ses devoirs civiques, comme cela a toujours été le cas.

 

10 ans après l´occupation de Saint-Ambroise, les sans-papiers occupent à Saint-Denis


Communiqué du 24 mars 2006
LES SANS-PAPIERS OCCUPENT à Saint-Denis 15, rue Emile Connoy, au coeur du Saint-Denis piéton, à côté de la poste de la rue de la République (M°: Saint-Denis Basilique ; tram : : Saint-Denis Basilique ou Théâtre Gérard Philippe)
CONTRE : la condamnation des sans-papiers, plus de 50.000 habitants de Seine-Saint-Denis, nos voisins, parents ou amis, à le rester sans issue ; la fabrication programmée de milliers de sans-papiers supplémentaires ; et la déstabilisation des résidents, que propose le projet de loi Sarkozy 2.
POUR : La régularisation de tous les sans-papiers avec carte de 10 ans; Le retrait du projet de loi Sarkozy
Pasqua 1 : 1986 ; Pasqua 2 :1993 ; Debré :1997 ; Chevènement :1998 ; Sarkozy 1 : 2003 ; Sarkozy 2 :2006.
Depuis plus de vingt ans, l'immigration est instrumentalisée dans un jeu dangereux avec la xénophobie. Les habitants des quartiers populaires, à commencer par ceux de Seine-Saint-Denis, subissent de plein fouet cette politique dont le seul résultat est de fabriquer des sans-papiers, de la précarité et de l'exclusion dommageable à tous.
Pour vendre sa deuxième loi en trois ans sur ce sujet chers aux démagogues M. Sarkozy parle d'immigration « subie » et d'immigration « choisie ».
Les droits fondamentaux de tous, Français et étrangers sont menacés : droit à la santé (restriction sur l'aide médicale d'Etat), à l'éducation (expulsion des jeunes scolarisés), à la vie privée et familiale (mesures contre le regroupement familial, loi Clément contre les mariages mixtes) ,droit d'asile (procédures expéditives).
Le projet de M. Sarkozy et du gouvernement choisit de faire subir aux sans-papiers, des hommes, des femmes et des enfants présents en France depuis de nombreuses années, une clandestinité sans issue. Il le choisit car les sans-papiers sont des travailleurs, dont le bâtiment, la restauration, la confection etc., ont besoin, mais sans les papiers car ainsi, ils sont moins chers et exploitables. Ainsi, les sans-papiers justifiant résider depuis dix ans ou plus en France ne seront plus régularisés. Le projet condamne la majorité des sans-papiers à le rester perpétuellement.

CPE : Jeunes jetables ; Loi Sarkozy 2 : Jmmigrés jetables. À qui le tour ?
Alors qu'il programme la fabrication de milliers de sans-papiers supplémentaires en bafouant le droit à vivre en famille, le droit d'asile, l'intérêt des enfants, des malades, le gouvernement choisit d'aller piller des « capacités et talents » dans le monde. Les immigrés sont traités comme des kleenex, jetables après usage.
Le projet entérine la quasi-disparition de cet outil d'intégration qu'était la carte de dix ans.
Le projet de loi Sarkozy 2 est un projet de désintégration, de division et de discrimination, qui rendra plus difficile le vivre ensemble. Résidents, sans-papiers, carte d'un an, Français, nous sommes tous concernés.

 

L'agression au sortir du stade requalifiée d'acte raciste


A Lyon, quatre crânes rasés qui ont passé à tabac deux Arabes restent libres jusqu'au procès.
Par Olivier BERTRAND, Libération, 24 mars 2006
Fin février, deux jeunes hommes d'origine maghrébine avaient été passés à tabac par une bande de crânes rasés, dans le stade de Gerland. Le parquet de Lyon avait renvoyé quatre auteurs présumés devant le tribunal, pour violences volontaires. Sans retenir de motivation raciste. Les avocats des victimes s'en étaient émus, le Mrap et SOS Racisme aussi. Hier, alors que le tribunal correctionnel devait juger l'affaire, la représentante du parquet s'est rangée à leurs positions, et le tribunal a donc renvoyé l'affaire afin qu'une instruction cherche à savoir ce qui est vraiment arrivé, le 25 février, à Rachid et Mehdi.
Insultes. Les deux frères marchaient derrière les tribunes du stade de Gerland, un soir de match, lorsque dix à quinze personnes leur sont tombées dessus. Deux stadiers ont raconté la scène devant la police, mais n'ont pas entendu les propos échangés. L'un des deux frères a entendu «T'es trop blanc», l'autre a compris «T'es pas assez blanc». Cinq hommes ont été interpellés rapidement, dont l'un avait en poche un autocollant du FNJ. Quatre autres ont été renvoyés une première fois le 27 février pour «violences volontaires».
A l'audience, quelques dizaines de crânes rasés étaient venus soutenir les auteurs présumés. Ces derniers n'avaient pu être jugés car les magistrats ignoraient le préjudice de l'aîné des deux frères, encore hospitalisé. Le garçon souffrait d'un oedème cérébral. Il a passé une semaine dans un service de neurologie et dispose d'un mois d'ITT.
L'auteur principal avait été placé en détention dans l'attente du procès. Agé de 19 ans, il reconnaissait avoir donné le premier coup de poing, puis un coup avec la bouteille de bière qu'il n'avait pas finie. Fils d'un administrateur de sociétés lyonnais et titulaire d'un CAP dans la restauration, il comptait s'engager dans l'armée. Ses trois comparses avaient été placés sous contrôle judiciaire, avec interdiction de fréquenter les stades.
Contexte. Ce petit monde est revenu, hier, devant la chambre des comparutions immédiates. Hervé Banbanaste, avocats des victimes, a demandé, comme lors de la première audience, l'ouverture d'une information judiciaire. Cette fois, le ministère public l'a suivi, estimant que «le contexte qui transpire des procès-verbaux» nécessite de «faire toute la lumière» par le biais d'une information judiciaire. Pierre-Louis Pivoix, avocat du principal agresseur présumé, a raillé cette «volte-face» du parquet, due selon lui à «la médiatisation» de l'affaire d'Oullins, dans laquelle la justice n'a pour l'instant pas retenu de circonstances aggravantes après le meurtre d'un père de famille algérien. Les juges ont suivi le parquet et renvoyé le dossier vers le ministère public, qui devait ouvrir rapidement une information judiciaire.
En attendant, les quatre auteurs présumés se retrouvent tous libres, et sans contrôle judiciaire. Dans les couloirs du palais, leurs copains promettaient de fêter cette victoire provisoire à la bière.
Source : http://www.liberation.fr/page.php?Article=369552

 

Le débat sur l'autorisation des OGM au Sénat : à pleurer - Un témoignage par Christian Vélot, 23 mars 2006

L'auteur, chercheur et enseignant en biologie moléculaire à l'Université Paris-sud, est venu plusieurs fois en Mayenne animer des conférences sur les OGM . Il a témoigné en faveur des faucheurs volontaires dans plusieurs procès.

Je faisais partie hier de la délégation de militants anti-OGM qui est allée au Sénat écouter les « débats » sur le projet de loi.

Je crois que je n'aurais pas dû. Alors que j'avais passé une bonne journée militante qui, comme à chaque fois, regonfle les batteries et redonne plein d'espoir, à commencer par un débat à 10H30 le matin sur i-télé aux côtés de Noël Mamère et face aux VRP de la transgenèse généralisée que sont Houdebine et Ledéaut, je suis rentré chez moi complètement abattu, désabusé, avec un étrange mélange de sentiment de révolte et d'envie de pleurer.

Aujourd'hui, je ne suis toujours pas remis et je n'ai que le clavier de mon ordinateur comme remède car j'éprouve un immense besoin de faire partager le triste spectacle auquel j'ai assisté hier dans l'Hémicycle de la rue de Vaugirard.

Premier coup derrière les oreilles : le nombre de sièges vides. Sur 331 sénateurs, seulement 49 étaient présents en ouverture de séance, et il n'en restait plus que 35 après une demi-heure ! Je me dis alors qu'il doit au moins y avoir tous ceux qui sont (ou qui prétendent être) concernés par le sujet, et notamment qui sont censés défendre nos positions. On a bien cherché (c'était facile, ils n'étaient pas nombreux) : pas de Dominique Voynet, qui était pourtant venue le matin même faire de belles déclarations lors de la conférence de presse ! Aucune présence non plus de Jean-Luc Mélenchon, proche de José Bové depuis la campagne contre le TCE, et pour lequel il est sans doute moins payant de venir faire son boulot au Sénat que se pavaner debout sur un banc du trottoir du boulevard Arago pour être certain de bien être remarqué pendant le passage de la manif anti-CPE de samedi dernier. Je l'ai d'autant plus amère qu'aux dernières sénatoriales (2004), j'ai fait partie, avec mon ami Raymond Leduc de la Confédération Paysanne, du comité de soutien de Jean-Luc Mélenchon (candidat en Essonne avec Bernard Véra et Claire-Lise Campion)...

Au delà de cet absentéisme pitoyable, reste le déroulement des « débats » : a pleurer (ou hurler mais on ne pouvait pas) ! Un brouhaha incroyable ! Personne ou presque n'écoute l'intervenant qui fait (ou plutôt qui lit) son discours. Chacun parle dans son coin avec ses voisins ou y va de ses petites activités personnelles. J'ai dix fois moins de bruit dans un amphithéâtre de 200 étudiants d'une moyenne d'âge de 20 ans, et sans que j'aie besoin d'exercer la moindre autorité. L'intervenant pourrait s'adresser à la porte de ses chiottes, ça ferait le même effet.

Du balcon où nous étions situés, nous avions une vue plongeante sur les pupitres des sénateurs du groupe UMP. Pas un seul n'avait le projet de loi sous les yeux ! Raffarin et ses potes ont passé leur temps de présence (environ 30 minutes) à causer entre eux et se marrer, certains tournant carrément le dos à l'intervenant. D'autres remplissaient des dossiers, regardaient leur agenda. Deux sénatrices au fond de l'hémicycle (et donc juste en dessous de nous), aprè avoir regardé ensemble un album photo, s'échangeaient leur permis de conduire, leur pièce d'identité, sans doute pour mieux constater sur leur face de rat les dégâts provoqués au cours du temps par les crèmes à l'ADN végétal de chez Dior. Un autre montrait à son voisin des photos d'une maison imprimées en couleur sur du papier A4, probablement la résidence secondaire qu'il vient de s'acheter avec les 120 000 euros annuels qu'il perçoit pour venir se gratter les couilles au Sénat, une autre encore réorganisait ses papiers et ses billets de 20 euros dans son portefeuille... Et le plus drôle (enfin, façon de parler), c'est qu'à la fin d'une intervention, et uniquement s'il s'agissait bien sûr d'un intervenant de leur groupe, ils applausissaient comme des automates.

En ce qui concerne les interventions elle-mêmes, les âneries de ceux qui défendaient le texte étaient à la hauteur de leur méconnaissance du dossier. Quand à ceux qui étaient censées intervenir dans notres sens, il est clair que je ne les choisirais pas comme avocats, à moins que je ne souhaite être assuré de faire de la prison à vie : mous du genoux sur le fond, monocordes et sans aucune conviction sur la forme. Eux non plus n'avaient probablement pas lu le projet de loi, ...à moins qu'ils n'aient tout simplement pas vraiment envie de s'y opposer.

Bref, à pleurer vous dis-je ...

Peut-être suis-je trop naïf, ou peut-être ai-je tendance à prendre les choses trop à coeur ? Je ne sais pas. Toujours est-il que n'y tenant plus, au bout d'une heure j'ai décidé de partir, l'âme en peine, avec le profond sentiment d'avoir été brusquement téléporté plus de deux siècles en arrière, et de savoir de moins en moins ce que signifie « démocratie ».

Source : Cercle Bolivarien de Paris http://cbparis.free.fr/index.htm

 

 

Arabicide d'Oullins: l'UEJF veut que "la lumière soit faite"


L'Union des étudiants juifs de France (UEJF) a demandé mercredi que "toute la lumière soit faite" sur le meurtre de Chaïb Zehaf, un homme d'origine algérienne tué le 4 mars à Oullins (Rhône), et condamné "avec la plus grande vigueur cet acte odieux".
"La thèse du crime raciste se précisant, l'Union des Etudiants Juifs de France demande que toute la lumière soit faite dans cette affaire et condamne avec la plus grande vigueur cet acte odieux", écrit l'union dans un communiqué.
L'UEJF appelle à manifester dimanche aux côtés de SOS Racisme et du MRAP en mémoire de Chaïb Zehaf, un cariste de 42 ans abattu à la sortie d'un bar le
4 mars.
Son meurtrier présumé, un autre client de l'établissement, a immédiatement été interpellé par la police, mis en examen pour homicide volontaire et écroué, sans que le parquet ne retienne la thèse raciste. De nombreuses armes et au moins un insigne nazi ont été retrouvés chez lui.
Source : AFP, 22 mars 2006

 

CPE - Place de la Nation: ombres d'une bavure


Récits contradictoires sur la charge de CRS et interrogations sur la prise en charge médicale du syndicaliste.
par Karl LASKE, Jacky DURAND et Eric FAVEREAU, Libération, 22 mars 2006
De source médicale, l'état de santé de Cyril Ferez, le manifestant du syndicat SUD plongé dans le coma depuis dimanche, s'était stabilisé, hier en début de soirée. Un scanner effectué dans l'après-midi montrait une «stabilité de l'hématome cérébral». Cyril semblait réagir légèrement aux stimulations, mais le pronostic restait «réservé». Des témoins du tabassage de samedi étaient entendus, hier, par l'Inspection générale des services (IGS). Retour sur les faits.



Qui a donné l'ordre de la dispersion de la manifestation ?

C'est désormais la question qui fâche. Nicolas Sarkozy a été suivi et filmé par une télévision félicitant les CRS, le soir même, à la caserne des Célestins. Lors de l'évacuation de la Sorbonne, samedi 10 mars au matin, le ministre avait supervisé lui-même l'opération, depuis l'avion le ramenant de la Martinique. Allant jusqu'à informer les journalistes présents du déclenchement des opérations. Hier, son cabinet répondait qu'il fallait «demander au préfet» dans quelles conditions avait été prise la décision d'évacuer la place de la Nation. Le plus haut responsable policier présent sur place s'appelle Pierre Mure, directeur de l'ordre public et de la circulation (DOPC). Le préfet Pierre Mutz peut suivre, depuis son bureau, sur huit écrans, différents points de vue du théâtre des opérations. «Mais ce genre de manifestation à haut risque est suivi opérationnellement par le ministre, souligne un fonctionnaire. On ne peut pas prendre de décision d'évacuation sans en référer. Surtout si les manifestants continuaient de converger vers la Nation.»

Les témoignages des pompiers contredisent-ils ceux des témoins ?

Non. Un premier incident a eu lieu : des images vidéo montrent Cyril remis sur pied par des gendarmes mobiles. Il fait jour. C'est avenue de Bouvines, où ont lieu les premiers affrontements. Cyril parvient à marcher. «Il a été conduit en état d'ébriété par les gendarmes aux sapeurs-pompiers, note un commissaire. Il a refusé d'être pris en charge, et il est retourné sur la place.» Les pompiers constatent «une légère bosse au front» lorsque Cyril, «écarté de la zone d'intervention», leur est remis, vers 19 heures. Mais deux blessés arrivent. Cyril en profite pour s'éclipser. Le tabassage survient une heure plus tard. La nuit est tombée. A la Nation, CRS et gendarmes mobiles ont chargé. Mais deux groupes de CRS avancent sur le terre-plein central. C'est là que plusieurs témoins - photographes et manifestants - voient Cyril happé par un peloton de CRS. Tous s'accordent à le décrire piétiné et frappé. Placés à des endroits différents, certains l'ont vu assis, d'autres debout. Des témoins évoquent un second manifestant victime de coups. Sur l'un des clichés, on voit un CRS lever sa matraque sur Cyril alors que ses collègues le piétinent dans un mouvement de recul. Il est 19 h 51.

Quel était l'état de santé de Cyril au moment de son évacuation ?

Une fille a crié : «Vous l'avez tué !» Les CRS se sont éloignés, laissant Cyril sur le sable. «Deux étudiantes sont parties chercher les pompiers», témoigne Sandra Lemarque, de SUD PTT. Cyril reprend connaissance à leur arrivée, vers 20 h 10. Ils lui posent une minerve avant de l'emmener sur une chaise roulante. Selon les pompiers, Cyril aurait été «parfaitement conscient et vif» une fois dans leur véhicule. «Il a fallu le convaincre de la gravité de son état», souligne un officier. Un CRS secouriste, présent lors de l'évacuation, a fait parvenir un témoignage manuscrit à l'IGS, opportunément rendu public dès hier. Cyril lui aurait déclaré «qu'en aucun cas l'agression dont il avait été victime n'était due aux forces de l'ordre». Mieux : «Il m'a avoué avoir eu une altercation avec d'autres manifestants, qui l'auraient agressé.» Le CRS en question n'est pas témoin des faits. Cyril est conduit à l'hôpital Saint-Antoine, où il est admis à 21 h 14.

A-t-il bénéficié des soins médicaux adéquats ?

Samedi est certes un soir d'affluence, mais Cyril ne voit un médecin qu'à minuit. Puis à 3 heures du matin, dimanche. Le patient est «calme», il reste sous surveillance. C'est à 4 h 45 qu'il tombe dans le coma et chute de son brancard. Il est transféré au service de réanimation. Une heure plus tard, un scanner est fait. Compte tenu des risques d'hémorragie cérébrale, Cyril est transféré vers 9 heures à l'hôpital Henri-Mondor à Créteil. De son alcoolémie (2 grammes), relevée au matin, on déduit qu'elle devait s'élever à 2,7 g au moment des faits.

Les autorités ont-elles dissimulé la bavure ?

Dimanche, à 12 heures, la préfecture transmet un bilan des heurts. On dénombre 52 blessés. «Personne n'a été blessé grièvement ni hospitalisé», indique la préfecture, citée par l'AFP. Cyril est pourtant dans le coma. Sandra cherche des nouvelles auprès des hôpitaux, sans en obtenir. C'est finalement le syndicat SUD, lundi après-midi, qui révèle l'information. Dans la soirée, la préfecture fait savoir qu'elle a été avisée, la veille, de l'hospitalisation «dans un état sérieux» d'un «homme blessé lors des échauffourées» consécutives à la manif anti-CPE. Hier soir, Jean-Claude Marin, procureur de la République de Paris, a indiqué qu'«aucune hypothèse n'est privilégiée» dans l'enquête.

Source : http://www.liberation.fr/page.php?Article=368969

 

 

Alors que l'on aille plus me parler de "casseurs" chez les manifestants, regardez déjà chez les forces de l'ordre


par David, Forum de http://www.labanlieuesexprime.org, 21 mars 2006

Je voulais faire part de mon indignation, de ma stupéfaction, de mon horreur, de ma HAINE. Lors de la manif d'aujourd'hui, samedi 18 mars 2006 à Montpellier, des actes policiers inadmissibles se sont produits : les manfiestants ont decidé de passer par le Polygone (haut lieu de la consommation, "temple de la consomation" montpelliérain) afin de rejoindre la Comédie. L'entrée dans le Polygone se passe sans anicroches, et la poursuite de la marche parfaitement aussi.
Mais viens le moment où un homme lance une canette sur une vitrine (une des rares non-baissées). Cet homme se trouvait à quelques mètres de moi. Un homme a l'allure ordinaire dans une manif. Au bruit du verre cassé, les vigiles prennent peur : ils sautent sur un bar proche et attrapent des chaises, des tables en fer, et les lancent sur les manifestants coincés dans le Polygone. Les tables volent à 2 mètres de hauteur, un etudiant en reçoit une en plein visage.... tout le mobilier semble avoir des ailes, les vigiles lancent sans réfléchir, le mobilier se fracasse sur les crânes des manifestants et des personnes présentes dans le Polygone...
Tout le monde court, les femmes et les enfants dans les poussettes tentent désespérément de rejoindre les sorties sous une pluie de tables et de chaises..... C'est alors qu'intervient le mouvement de panique : les BAC présents dans la manif revêtent leurs brassards de police (et c'est là que je m'apercois que l'homme a la canette (à l'aparence normale) est un flic !!!! ) et ces salauds gazent à tout va et balancent des grenades aveuglantes et des lacrymos.......... Femmes enfants viellards sont toujours là...... et en prennent plein la figure....... On tente de sortir dans la panique générale. On gagne les portes alors qu'une fille se fait piétiner (la malheureuse est tombée dans le mouvement de panique).
On se retrouve sur la place à l'entrée du Polygone, face a l' hHôel de ville. On soigne immédiatement les blessés, on met du sérum, le jeune qui s'est pris la table est mal en point, le crâne ouvert apparemment.... Les visages sont tuméfiés, les yeux exhorbités..... On pleure, on vomit, on hurle, les femmes et les gosses ne comprennent pas....... C'est alors qu'on les aperçoit. Les CRS arrivent sur la place par l'interieur du Polygone. Ils ouvrent les portes, et nononon, ils ne se mettent pas en ligne. Ils attaquent direct, et poussent tout le monde vers la sortie (vraiment ?) de la place.
Certains se retrouvent coincés, comme moi et mon amie, et les coups de tonfa pleuvent..... on crie de ne pas frapper, qu'on va s'en aller (un tel mouvement de panique, avec tout le monde qui court, ne permet pas un quelconque acte de bravoure face aux CRS, comme il y a eu au Corum jeudi 17. Heureusement on s'en tire sans trop de casse, seulement des compagnons sont là-bas.... et souffrent sous les coups de tonfa bien appuyés. On a honte de faire partie de ce pays dans des moments comme ça. On court le plus rapidement possible : rassemblement juste devant le Polygone. Alors vous nous direz, oui, mais que foutiez-vous encore au Polygone ????? Ben c'est tres simple : les lacrymos dans les yeux et les blessures dues aux tonfas ne nous permettent pas d'aller bien loin.....
Les CRS bouclent l'entrée du Polygone, le calme semble revenir, mais des femmes sortent du Polygone (le Polygone est en pleine évacuation) en hurlant en tenant leurs gamins... on se croirait en temps de guerre......les gosses pleurent, ils sont rapidement evacués... et les flics qui sourient... bande de bâtards, sadiques, salauds... je ne trouve plus mes mots... autour de moi c'est une scène d'horreur : ya du sang, des vomissements, des blessés un peu partout, certains ont les yeux exhorbités..... on a l'impression qu'ils sont à l'agonie.....
Puis vient le bouquet final : un autre mouvement de panique, du à une intervention musclée de la BAC pour arreter un jeune homme, pour des motifs inconnus des manifestants mais que les flics ne tarderont sans doute pas à lui trouver.... Le problème, c'est que l'arrestation est : 1)ultra-violente, avec des coups portés sur le jeune homme, et en plus, 2) le second gars de la BAC sort un flash ball (au milieu de la foule) et tourne sur lui-même, nous mettant tous en joue... on croit rêver... on hurle tous "tirez pas, tirez pas !" et cet enfoiré prend plaisir à nous viser..... l'oeil au viseur.. on s'attend a recevoir une balle à n'importe quel moment... c'est affreux.... Finalement la manif se dispersera quelques temps après...... Bilan :
1) la BAC a brisé une vitrine afin de créer un mouvement de panique dans le Polygone.
2) les BAC et vigiles ont frappé violement, lancé des tables et des chaises, et gazé dans un lieu public où etaient présents femmes et enfants en bas âge, sans se soucier des conséquences.
3) Ils ont matraqué de facon ultra-violente des blessés a terre et rendus aveugles temporairement par leurs gaz lacrymogenes.
4) Ils ont mis en joue des manifestants pacifistes et on procédés a une arestation ultra-violente. Alors que l'on aille plus me parler de "casseurs" chez les manifestants, regardez déjà chez les forces de l'ordre.

 

Vers une affaire Eunice Barber


par Eva John , L'Express, 21 mars 2006
La championne d'athlétisme a été placée en garde à vue samedi pour avoir mordu deux policiers. Relâchée dimanche, elle s'est plainte de la brutalité de son interpellation. Une enquête est ouverte
Que s'est-il réellement passé samedi entre Eunice Barber et des policiers? D'après les forces de l'ordre, la championne d'athlétisme, au volant de sa voiture, aurait alors refusé de suivre la déviation qui lui était indiquée aux abords du Stade de France, où se déroulait le trophée Andros automobile. L'athlète aurait foncé sur les deux fonctionnaires. Toujours selon leurs témoignages, l'athléte les aurait mordu au bras et à la jambe lors de son interpellation. Eunice Barber a été placée en garde à vue samedi et relâchée dimanche. Une enquête a été ouverte.
Dans un communiqué, Me Emmanuel Daoud, l'avocat de la sportive, mentionne que les gardiens de la paix ont fait preuve "d'une particulière brutalité" à l'encontre d'Eunice Barber. "Elle a été frappée alors qu'elle se trouvait au sol et menottée". La jeune femme, acompagnée de sa mère et de son neveu âgé d'un an, affirme également avoir été menacée et avoir subi des violences "dans le fourgon qui la transportait vers le commissariat de police". Elle se "réserve le droit de déposer plainte".
La championne du mon de de l'heptathlon (1999) et du saut en longueur (2003) "tient cependant à préciser qu'elle conserve toute sa confiance dans les services de police dont l'action difficile et nécessaire ne saurait être entachée par le comportement illégal de certains de ses représentants."
Eunice Barber pourrait être convoquée ultérieurement pour s'expliquer sur ces violences présumées sur des agents dépositaires de la force publique.

 

SANS PAPIERS ET ETUDIANTS : 4ème jour d'occupation - POUR UNE CONVERGENCE DE LUTTE, CONTRE UN PRECARIAT GENERALISE


Communiqué du 21 mars 2006
Depuis le samedi 18 mars 2006, 400 sans papiers, étudiants et soutiens occupent les anciens locaux du Service Sociale d'Aide aux Etrangers (SSAE) : 14, rue Auguste Perret - Paris 13e -Métro Tolbiac.
Les sans papiers installés dans l'hémisphère Nord par contrainte économique ou politique sont les premières victimes de la globalisation économique, sociale et culturelle. Provenant de ses ex colonies, une majorité d'entre eux (sur)vivent en France dans des conditions dégradantes, esclaves hier sur leur propre terre et aujourd'hui sur le territoire français. Entre les piliers centraux du CPE et de l'immigration choisie (c'est-à-dire les quotas) inscrit s dans la loi cyniquement baptisée « L'égalité des chances » et le projet de loi dite CESEDA de Sarközy, un objectif commun pour l'actuel gouvernement : appliquer à la lettre les injonctions du MEDEF et du pouvoir économique en multipliant les contrats précaires type CNE et CPE par l'exploitation maximale de l'inépuisable armée de réserve des sans papiers et des immigrés « choisis », par une mise en concurrence de celle-ci avec les salariés "de souche" afin de faire du salariat l'exception et du précariat la norme.
Dimanche 19 mars, un courrier a été déposé au cabinet de la présidence de la République par l'ensemble des collectifs et structures signataires de l'appel afin d'obtenir une audience avec le Président de la République.
Après 4 jours d'occupation, environ 150 sans-papiers issus notamment des foyers ont rejoint ce mouvement d'occupation d'un bâtiment vide depuis 6 mois, le dernier service d'aide social aux étrangers ayant alors été supprimé par l'Etat. Des activités de rencontres entre étudiants et sans-papiers, d'ateliers d'écriture et de réflexion sont en train de se mettre en place pour faire vivre à nouveau ce lieu, appartenant de fait aux sans-papiers et à leurs soutiens.
De part notre présence dans ce lieu symbolique, nous exigeons :
- le retrait de la circulaire du 21 février 2006 ;
- le retrait du projet de loi sur l'immigration CESEDA ;
- l'arrêt des rafles ;
- la régularisation globale des sans-papiers ;
- la mise à disposition des anciens locaux de l'ex SSAE par le ministère du Travail et de la Cohésion Sociale aux collectifs de sans-papiers d'Ile-de-France. En effet, ces locaux n'ont fait aucune affectation ;
- le retrait de la loi sur l'égalité des chances, dont ses amendements CPE-CNE.
CPE+CNE+SANS PAPIERS+QUOTAS = GLOBALISATION DU PRECARIAT
RASSEMBLEMENT QUOTIDIEN A 18 H 00
Avec le 9° collectif des sans papiers, le collectif de sans papiers 11°, le CSP 12°, le collectif de Montreuil pour les droits des sans papiers, le CSP 77, le CSP 92, Droits devant !!, MRAP, CGT, SUD EDUC., Alternatifs, Verts, CEDETIM, Autre Monde, Act UP, les étudiants de la coordination francilienne, le collectif « Unis contre une immigration jetable » (350 associations, syndicats, partis politiques)
Contacts : 06.07.80.99.59, 06.33.11.92.24, 06.89.01.69.29, 06.03.58.39.59


Nicolas Sarközy en Martinique : Garcin Malsa démonte une manipulation médiatique


Source : http://www.afrikara.com, 22 mars 2006
Garcin Malsa, maire de Sainte Anne en Martinique, indépendantiste et président du Mouvement des Démocrates et des Écologistes pour une Martinique Souveraine [MODÉMAS], revient sur la visite surmédiatisée du président de l'UMP, ministre d'Etat, de l'Intérieur et candidat favori à l'élection présidentielle 2007, monsieur Nicolas Paul Stéphane Sarközy de Nagy Bocsa. Alors que les thuriféraires du paysage audiovisuel français ont tout fait pour présenter sous un angle triomphaliste un déplacement avorté il y a peu pour cause de refus des forces vives martiniquaises, le maire indépendantiste démonte l'instrumentalisation de l'île rebelle par une indigne opération de communication dans une déclaration que la rédaction d'Afrikara.com rend disponible à ses karanautes. Cette réaction tranche avec les silences des élus de tous bords, la très suspecte complaisance des professionnels de l'information comme « tenus » de quelques façons ou partie intégrante d'une équipe informelle de campagne qui utilise les appareils publics d'information collective et citoyenne aux fins d'un individu candidat.


« Au prochain renouveau le peuple fera sa sélection »

Contrairement à ce que les images télévisées nous ont montré, quant à la venue de Mr Sarközy en Martinique, ce dernier n'a reçu aucun accueil populaire. Il a certes été accueilli par les militants de son parti et les Présidents du Conseil Général et du Conseil Régional, ainsi que par le Mr le Maire de Fort-de-France, mais sans tambour ni trompette. Lesquels ont avancés l'argument du respect des règles républicaines pour justifier leur geste. Mais, c'est par respect de ces mêmes règles républicaines qu'en qualité de 1er magistrat de la ville de Sainte-Anne, j'ai mis le stade et les espaces annexes au service de Mr Le Préfet, de la délégation ministérielle pour que les hélicoptères accompagnant Mr Sarközy puisent atterrir sans difficulté, avant qu'il ne soit conduit au Club Méditerranée.

Ceci fait, j'ai donc estimé que rien, ni personne, qu'aucune règles ne m'obligeait à recevoir Mr Sarközy. Seul le devoir d'être cohérent politiquement et idéologiquement avec l'action que le peuple martiniquais a initiée et internationalisée le 6 décembre 2005, m'a guidé quand j'ai dit que je ne recevrai pas Mr Sarközy à Sainte-Anne. Ce n'est pas un acte de courage de ma part, c'est un geste de bon sens ; et c'est par respect des Martiniquaises et des Martiniquais et de tous mes frères et s¦urs des banlieues de France et des pays autrefois colonisés que j'ai dit non à Mr Sarközy.

Par contre, je l'affirme, ceux qui, hier, étaient dans les rues à dénoncer la « loi de la honte &