10 ans de prison pour Rachid Ramda
L'islamiste algérien Rachid Ramda a été condamné
mercredi à Paris à dix ans d'emprisonnement, la peine
maximale pour sa participation à la préparation des
attentats de 1995 en France, qui avaient fait huit morts et 200 blessés,
un jugement contre lequel il devrait faire appel.
La 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris a également
prononcé une interdiction définitive du territoire français
à l'encontre de Rachid Ramda, 36 ans, extradé de Grande-Bretagne
le 1er décembre 2005, après y avoir passé dix
ans sous écrou extraditionnel.
Ramda était jugé pour "participation à une
association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste".
Il a été condamné également à verser
un euro de dommage et intérêts à l'association
SOS Attentat, partie civile.
Maintenu en détention, Rachid Ramda fait également
l'objet d'une procédure criminelle. Il doit être jugé
prochainement aux assises pour sa participation effective aux attentats
de 1995 et risque pour cela la réclusion criminelle à
perpétuité.
Le tribunal a suivi l'accusation, qui avait requis le 6 mars la peine
maximale contre un homme présenté comme le "pivot"
de la préparation des attentats de 1995, décideur et
financier des terroristes qui ont posé les bombes.
Le prévenu a également été qualifié
de "responsable de la propagande" du Groupe islamique armé,
le GIA algérien, qui avait revendiqué les attentats.
Pour le procureur, Rachid Ramda était "en lien avec l'ensemble
des protagonistes des attentats de 1995", comme l'attestent des
contacts téléphoniques avec Boualem Bensaïd, condamné
fin 2003 à la réclusion criminelle à perpétuité
pour sa participation aux attentats. Un bordereau de transfert de
fonds destinés à Bensaïd et portant les empreintes
de Rachid Ramda avait également été retrouvé
par les policiers britanniques.
Le procès, prévu sur quatre semaines, avait été
écourté au bout de quatre audiences. Ramda avait dès
le premier jour clamé son innocence, dénoncé
"un procès scandaleux" et demandé à
ses avocats de ne pas le défendre, refusant lui-même
d'être extrait de prison pour assister aux audiences. Le président
l'avait fait venir pour écouter le réquisitoire.
Mercredi, après le jugement, l'avocat de Rachid Ramda, Me
Guillaume Barbe a laissé entendre que son client ferait appel
et irait si nécessaire "jusqu'à la Cour européenne
des droits de l'Homme" car "il n'a pas à être
jugé dans les conditions dans lesquelles il a été
jugé".
"Quatre jours d'audience pour dix ans de prison, cela fait cher",
a commenté le défenseur, déplorant qu'"à
un procès inutile, la justice (ait) répondu par une
condamnation inutile. C'est toujours la répression qui l'emporte
La nouvelle traite de l'« immigration
choisie » par Catherine Teule (vice-présidente de la
Ligue des droits de l'homme) & Nathalie Ferré (présidente
du Groupe d'information et de soutien des immigrés), pour le
collectif Uni-e-s contre l'immigration jetable (UCIJ), Les Inrockuptibles,
28 mars - 3 avril 2006
Dans un bel élan d'honnêteté, Roselyne Bachelot-Narquin,
députée UMP, ancienne ministre de l'écologie
dans le gouvernement Raffarin, écrivait en 1999 : « Il
faut avoir le courage ou le cynisme de dire que nous allons nous livrer
à une démarche néocolonialiste de grande envergure
pour assurer la survie de nos sociétés postindustrielles
vieillissantes. Après avoir pillé le tiers-monde de
ses matières premières, nous nous apprêtons à
le piller de ce qui sera la grande source de richesses du troisième
millénaire : l'intelligence » (le Monde, 22 octobre 1999).
Sept ans plus tard, nous y sommes, à l'initiative, pour une
fois conjointe, de Villepin et de Sarkozy.
Ce retour aux pillages humains sans complexe prend la forme d'un
projet de loi modifiant le Code de l'entrée et du séjour
des étrangers et du droit d'asile (CESEDA). Ce texte, qui sera
examiné début mai par l'Assemblée nationale,
vise à remplacer l'« immigration subie » - celle
des étrangers qui ont besoin de s'exiler - par une «
immigration choisie » - celle des têtes et des bras dont
la France estime avoir besoin pour sa prospérité.
La fin justifiant les moyens, le gouvernement cogne à bras
raccourcis sur les droits liés à la personne. Pour des
raisons évidentes, la communauté internationale reconnaît
à ces droits un caractère tellement fondamental qu'ils
imposent aux Etats l'obligation d'ouvrir leurs frontières aux
migrants qui peuvent s'en prévaloir. S'il s'agit donc d'une
immigration à l'évidence « subie », c'est
aussi une immigration éminemment légale. Au nom de l'intérêt
national, le gouvernement n'en veut plus. Il s'apprête donc
à entraver notamment la réunion des familles étrangères,
les mariages mixtes et même certaines reconnaissances en paternité.
Au passage, le droit d'asile devrait prendre de nouveaux mauvais coups.
Dans ce contexte rétrograde, le gouvernement n'entend pas
mieux traiter l'immigration qu'elle appelle « choisie ».
Ses victimes ne seront désirables qu'à condition d'accepter
un statut d'outils jetables après usage. Inutile d'être
prophète pour affirmer que, dans la panoplie machiavélique
du projet de loi, le nouveau titre de séjour promis au plus
bel avenir sera celui de « travailleur temporaire ». Dès
lors que le contrat de travail serait terminé ou rompu, l'étranger
devrait décamper. Jamais, depuis... 1938, la France ne s'était
à ce point assise sur le respect de la dignité humaine.
Comme pour donner un avant-goût de l'avenir qu'ils nous réservent,
les ministres de l'intérieur et de la justice ont signé
le 21 février 2006 une circulaire de traque systématique,
jusque dans leur domicile ou leur foyer, des « outils humains
» indésirables ou usagés qu'il est également
recommandé de piéger dans les préfectures sur
convocations que les ministres osent appeler « loyales ».
La chasse sera d'autant plus fructueuse que le projet de loi supprime
toute possibilité de régularisation des sans-papiers,
y compris après dix ans ou plus de présence en France.
La bataille qui s'engage contre le projet de loi n'est donc pas seulement
un combat contre une réforme du droit. Elle correspond au rejet
d'une conception archaïque de l'humanité. Quelque 350
organisations associatives, politiques et syndicales se sont rassemblées
dans le collectif Uni-e-s contre une immigration jetable (UCIJ) pour
la mettre en échec. Plus de 15 000 signataires ont déjà
approuvé sa pétition) [1]. L'UCIJ organise, par ailleurs,
le dimanche 2 avril place de la République à Paris un
grand concert qui sera l'occasion pour des dizaines d'artistes [2]
d'exprimer leur dégoût de la nouvelle traite migratoire.
Notes : [1] www.contreimmigrationjetable.org [2] 93 Slam Caravane,
Aklid., Bernard Lavilliers, Cali, Didier Lockwood, Didier Super, Dyonisos,
Fil, La Brigade, La Rue Kétanou, Lady Laistee, Loïc Lantoine,
Lo'jo, Louise Attaque, M.A.P., Mano Solo, Oaïstar, Rodolphe Burger,
Souad Massi, les Têtes raides...
"Immigration et intégration"
- Communiqué du Conseil des ministres du 29 mars 2006 Le ministre
d'État, ministre de l'intérieur et de l'aménagement
du territoire, a présenté un projet de loi relatif à
l'immigration et à l'intégration.
Depuis 2002, la maîtrise de l'immigration est redevenue une
priorité essentielle de l'action conduite par le Gouvernement.
La loi du 26 novembre 2003 a constitué le premier temps de
la réforme de la politique de l'immigration. L'immigration
demeure toutefois aujourd'hui sans rapport avec les capacités
d'accueil de la France et ses besoins économiques. Le projet
de loi, conformément aux orientations fixées par le
Premier ministre lors des comités interministériels
de contrôle de l'immigration réunis le 10 juin et le
29 novembre 2005, crée donc de nouveaux instruments juridiques
pour mieux réguler l'immigration, lutter contre les détournements
de procédure et promouvoir une immigration choisie et une intégration
réussie.
1.- Le titre premier du projet de loi regroupe les dispositions
de promotion de l'immigration choisie.
L'obtention d'un visa de long séjour sera indispensable pour
la délivrance d'une carte de séjour temporaire, sauf
quelques exceptions. Les migrants admis pour la première fois
en France et souhaitant s'y installer durablement devront signer un
contrat d'accueil et d'intégration : l'étranger recevra
une formation civique et linguistique. Avant d'obtenir une carte de
résident de dix ans, l'étranger devra satisfaire à
une condition d'intégration fondée sur trois éléments
: l'engagement personnel de respecter les principes qui régissent
la République française, le respect effectif de ces
principes et une connaissance suffisante de la langue française.
La délivrance et le renouvellement des titres de séjour
des étudiants étrangers seront facilités dès
lors que leur projet d'étude aura été validé
dans leur pays d'origine avant leur départ. Les jeunes diplômés
étrangers obtenant leur master dans notre pays pourront compléter
leur formation par une première expérience professionnelle
en France dans la perspective du retour dans leur pays d'origine.
La règle subordonnant l'entrée d'un travailleur étranger
à l'autorisation de l'administration du travail sera assouplie
dans les métiers et les zones géographiques caractérisés
par des difficultés de recrutement.
La création d'une carte de séjour " compétences
et talents ", d'une durée de trois ans, facilitera l'accueil
dans notre pays d'étrangers dont la personnalité et
le projet constituent des atouts pour le développement et le
rayonnement de la France.
Le projet de loi transpose en outre des directives européennes
qui permettent de simplifier le régime du séjour des
Européens en France et de fixer les conditions de la mobilité
en Europe des étrangers y bénéficiant d'un statut
de résident.
2.- Le titre II est relatif à l'immigration pour des
motifs de vie privée et familiale.
Il définit les conditions de délivrance des cartes
de séjour temporaire portant la mention " vie privée
et familiale ". La disposition permettant à l'étranger
en situation irrégulière depuis dix ans de se voir délivrer
automatiquement une telle carte est supprimée. Les conditions
de délivrance d'un titre de séjour à raison des
liens privés et familiaux seront mieux définies, en
conformité avec les principes garantis par la Convention européenne
de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Afin de lutter contre les mariages de complaisance, la carte de résident
de dix ans ne sera attribuée au conjoint de Français
qu'après trois ans de mariage, au lieu de deux ans, à
condition que le conjoint manifeste son intégration à
la société française et fasse preuve, notamment,
d'une connaissance suffisante de la langue française.
L'étranger ne pourra demander à être rejoint
par sa famille qu'après une durée de séjour régulier
en France de dix huit mois, et non plus d'un an. Ses ressources, d'un
montant au moins égal au SMIC, devront provenir de son travail
et non des revenus d'assistance. Il devra, en outre, démontrer
qu'il se conforme aux principes qui régissent la République
française.
3.- Le titre III fusionne en une seule décision (un refus
de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire
français et de la désignation du pays de renvoi) deux
décisions jusqu'alors distinctes (le refus de séjour
et l'arrêté de reconduite à la frontière).
4.- Le titre IV prévoit, afin de lutter contre les mariages
de complaisance, de porter le délai de communauté de
vie permettant aux conjoints de Français d'acquérir
la nationalité par voie de déclaration de deux à
quatre ans, et à cinq ans en l'absence de résidence
en France pendant trois ans.
5.- Le titre V est relatif à l'asile. La possibilité
de définir une liste nationale de pays d'origine sûrs
est maintenue et le statut des centres d'accueil pour demandeurs d'asile
est mieux défini afin de mieux prévenir leur occupation
par des publics n'ayant plus vocation à y être accueillis.
6.- Le titre VI prévoit en Guadeloupe, en Guyane et à
Mayotte des mesures adaptées à leur situation particulière,
qu'il s'agisse de faciliter les contrôles d'identité,
la destruction des embarcations utilisées par les passeurs
de clandestins ou de lutter contre les reconnaissances frauduleuses
de paternité à Mayotte. Source : www.elysee.fr/elysee/elysee.fr/francais/salle_de_presse/communiques_du_conseil_des_ministres/
2006/mars/communique_du_conseil_des_ministres_du_29_03_2006.45405.html
Projet de loi sur l'immigration et l'intégration
: le gouvernement fait l'impasse sur le droit à la santé
Aujourd'hui, le gouvernement a validé en Conseil des ministres
le projet de loi sur l'immigration et l'intégration. Les associations
membres de l'ODSE connaissent bien ce projet pour avoir suivi de près
son évolution et dénoncé les conséquences
sanitaires qu'il aura pour l'ensemble des étrangers vivant
en France.
Si le gouvernement a finalement abandonné son projet de suppression
du séjour de plein des étrangers gravement malades résidant
en France, il maintient néanmoins des restrictions considérables
aux droits fondamentaux des étrangers, que les malades subiront
comme tant d'autres :
- la remise en cause du droit de vivre en famille, par les restrictions
apportées au regroupement familial (articles 32, 33 et 34)
et au droit au séjour du fait de liens personnels et familiaux
en France (article 26), enfermera ces malades dans un isolement particulièrement
préjudiciable à leur état de santé ;
- la mise en place « d'objectifs quantitatifs » (annoncée
dans l'exposé des motifs) pour chaque catégorie de titre
de séjour se traduira dans les préfectures par de véritables
quotas devant lesquels devront s'effacer les considérations
médicales, et encouragera le non respect des procédures
mais aussi des refus injustifiés que nous constatons déjà
sur le terrain ;
- la réforme de l'éloignement (titre III), en réduisant
considérablement le délai de recours contre les refus
de séjour et en faisant de ces refus des mesures d'éloignement,
augmentera immanquablement les approximations et les erreurs d'appréciation
et par suite, le nombre de malades expulsés au mépris
de la loi et des conséquences sur leur vie.
Plus globalement, les associations de l'ODSE sont particulièrement
inquiètes des conséquences délétères
de ce projet de loi sur la santé de l'ensemble des étrangers
résidant en France.
Sous prétexte de lutter contre une immigration prétendument
' subie ' (titre II), les importantes restrictions, faites à
différents motifs de droit au séjour, auront pour effet
de repousser ou maintenir dans la clandestinité et le non-droit
de nombreux étrangers.
Parallèlement, et sous couvert de favoriser une immigration
dite ' choisie ' (titre Ier, chapitre 3, articles 7 et suiv.), ce
projet de loi consacre des sous-statuts de séjour, tels les
travailleurs temporaires ou saisonniers entièrement conditionnés
à l'existence et à la durée d'un contrat de travail
avec un employeur donné. Ces statuts imposeront aux étrangers
concernés un morcellement de leur droit au séjour, ainsi
qu'une graduation de leur protection sociale.
En conséquence, la mise en place d'une gestion purement utilitariste
de l'immigration renforcera l'exclusion et la précarité
sanitaire, sociale et économique des étrangers, et ira
à l'encontre des enjeux de santé publique et des droits
les plus fondamentaux attachés à la personne humaine.
En raison des conséquences qu'il aura pour les étrangers
malades et sur la santé publique en général,
les associations de l'ODSE demandent le retrait du projet de loi sur
l'immigration et l'intégration.
Signataires : ACT UP Paris, AFVS, AIDES, AIDES Ile-de-France, ARCAT,
CATRED, CIMADE, COMEDE, FASTI, FTCR, GISTI, MRAP, PASTT, SIDA INFO
SERVICE, SOLIDARITE SIDA
Contact presse :
Antonin Sopena, Chargé de mission, ODSE : 06.85.36.40.17
Antoine Math, GISTI : 06.60.02.50.84
Didier Maille, COMEDE : 06.82.17.31.25
Azouz Begag en flagrant délit d'inégalité
des chances - Interpellé à Lyon par un jeune chômeur,
le ministre met en doute son honnêteté
par Olivier BERTRAND, Libération, 30 mars
2006
Lyon de notre correspondant - Sans les images, la scène serait
difficile à croire. Vendredi, alors qu'il participait à
un colloque à la préfecture du Rhône, Azouz Begag,
ministre délégué à la Promotion de l'égalité
des chances, s'est livré à un curieux dérapage
sur un jeune demandeur d'emploi, membre d'une association. Le garçon
l'avait interpellé devant des journalistes. Alors, une fois
les médias repartis, le ministre l'a soumis à la question,
et la caméra de l'association a tout enregistré. Au
départ, le ministre répondait à des journalistes
après une rencontre sur l'égalité des chances.
Il défendait le CPE, disait que «les étudiants
qui investissent la Sorbonne devraient se souvenir des émeutes»
de l'automne dernier (lire aussi pages 2 à 7). Le chômage,
ajoutait-il, «atteint 50, 60 % chez les jeunes des quartiers
qui se sont manifestés violemment». Il promettait de
«défoncer les cloisons, les plafonds de verre de cette
société», lorsqu'un jeune homme l'a interrompu.
«Votre CV». Mansour, 27 ans, chômeur, prépare
p our une association, Camérage, un documentaire sur les «parcours
de vie» d'habitants de barres qui seront détruites. Il
pensait au départ interroger le ministre sur le sujet, mais
les propos d'Azouz Begag le faisant réagir, il le coupe : «J'ai
deux bacs + 5, je m'appelle Mansour Benaouda et je cherche du travail
depuis trois ans. Qu'est-ce que vous avez à me dire ?»
Azouz Begag prend alors les journalistes à témoins.
«J'adore. Filmez-le ! Moi, je ne parle pas dans le vide.»
Comme le ministre répète le nom de famille de Mansour
en le prononçant à l'arabe, le jeune homme lui dit :
«On peut le dire en français.» Puis il détaille
ses diplômes, passés à l'Ecole normale supérieure
et à Lyon-II. Azouz Begag lui explique que le gouvernement
va s'engager dans un plan de retour à l'emploi «pour
6 000 jeunes des quartiers». Mais Mansour rétorque qu'il
n'habite pas un «quartier», et qu'il veut devenir «concepteur-rédacteur
dans la publicité ou la communication». Azouz Begag lui
dit : «Nous sommes là pour vous aider. Donnez-moi votre
CV.» Mansour répond : «Ça s'appelle du piston.»
Alors, le ministre rétorque : «Ça s'appelle réinscrire
sur le marché du travail des jeunes qui ont des compétences.
Pourquoi je vous pistonnerais ? Vous n'êtes pas mon frère.»
La conférence de presse est alors écourtée, et
le ministre rejoint le cocktail dans un salon de la préfecture.
Les journalistes s'en vont, mais Mansour continue de filmer. Soudain,
Azouz Begag l'avise et vient vers lui, suivi de plusieurs personnes.
«Alors, est-ce que vous pouvez nous dire qui vous êtes,
jeune homme, finalement ?» Mansour commence à répondre,
mais le ministre le coupe. «Attendez, nous aussi on va vous
filmer.» Il s'adresse à un homme qui le suit : «Prends
la caméra, filme.» L'homme s'exécute, prend la
caméra des mains de Mansour. «Allez, dites-nous qui vous
êtes. On va essayer de dérouler ce qui se passe»,
reprend le ministre, pendant que Cécile, membre de Camérage,
tente de reprendre la caméra. Begag, autoritaire, s'interpose
: «Non, non. S'il vous plaît ! Vous laissez. C'est lui
qui va filmer.»
Subventionnés. Mansour ne s'énerve pas, répond
aux questions, puis l'homme qui filme lui demande, en le tutoyant
d'emblée : «Et tu travailles ou pas ?» Il répond
qu'il cherche de travail. Alors l'homme lui jette : «T'as une
belle caméra pour quelqu'un qui ne travaille pas.» Et
le ministre Azouz Begag, en souriant, reprend la phrase : «Vous
avez une belle caméra. C'est votre caméra ça
?» Mansour explique que l'appareil appartient à l'association,
qu'ils sont subventionnés. Azouz Begag demande alors à
Mansour le nom de son association, et celui qui filme ajoute : «De
gauche ou de droite ?» Mansour répond : «Mais c'est
ça le piège. Vous faites une division des êtres
humains par des idées de droite et de gauche. Ça ne
ve ut plus rien dire. Monsieur Georges Frêche, par exemple,
a l'étiquette du Parti socialiste. On ne peut pas dire qu'il
soit vraiment de gauche.» Begag le coupe : «Répondez
à la question, c'est tout.»
Un proche du ministre demande ensuite à Mansour s'il joue la
comédie. Alors, le jeune homme répond, effaré
: «Mais vous vous rendez compte ? Vous êtes en train de
prendre une situation réelle, une situation de crise pour moi,
pour une comédie ?» L'homme qui le filme dit : «Moi,
je veux juste te poser une question. Tout à l'heure, tu as
dit que tu cherchais du boulot. En fait, tu t'en fous d'avoir du boulot.
Tu voulais juste tester s'il tient parole, le ministre ?» Mansour
lui répond : «Je ne m'en fous pas d'avoir un boulot.
J'ai envie d'être comme tout le monde.» Quelqu'un lui
lance : «Tu devrais passer un CAP son et lumière.»
Et Azouz Begag conclut, en le tutoyant, cette fois : «T'as pas
l'air très clair, hein ?» La caméra s'abai sse
et l'image s'arrête.
Manipulation. Cinq jours après les faits, le cabinet se montre
embarrassé. Azouz Begag indique qu'il a réagi ainsi
car il pensait à une manipulation. Il affirme qu'il ne connaissait
pas l'homme qui a filmé à sa demande, même s'il
le tutoyait. «Ma première démarche, insiste-t-il,
a été de sortir de la galère le garçon
qui m'interpellait. Je suis sympa, je lui demande de m'envoyer un
CV pour le transmettre aux entreprises, et je le retrouve dix minutes
plus tard en train de me filmer, de me voler des images en douce.
J'ai senti une manipulation profonde. Puis on s'est rendu compte avec
la préfecture que c'était une association financée.»
Vendredi, l'attachée de presse du ministre, un conseiller technique
puis le chef de cabinet ont appelé à tour de rôle
l'association pour expliquer qu'il s'agissait d'une méprise,
et s'excuser. Mais les membres de Camérage ont quand même
décidé de raconter ce qui leur est arrivé. Ma
nsour a même envoyé un CV au ministère, hier matin.
«Ce n'est pas une solution, dit-il, mais je ne voulais pas qu'ils
disent que je me fous du travail.» En attendant d'en trouver,
il a décidé, avec les membres de l'association, de réaliser
un petit documentaire sur leur rencontre avec le ministre.
Source : http://www.liberation.fr/page.php?Article=371002
Expulsions dans un foyer SONACOTRA à
Paris Communiqué de la Coordination des foyers SONACOTRA et
du COPAF (Collectif pour l'Avenir des Foyers), Paris, 28 mars 2006
Mardi 28 mars 2006 dans la matinée, accompagnés de
policiers en tenue et en civil, la Sonacotra et son huissier, munis
d'arrêtés d'expulsion, sont intervenus au foyer «
Riquet » 80 rue d'Aubervilliers à Paris 19ème
et ont fermé 5 chambres au 1er étage. Les occupants
ont été expulsés. Ils ont un délai d'un
mois pour récupérer leurs affaires.
Dans les chambres 101,107 et 113, le titulaire était absent
car il est en Afrique, en général depuis un certain
temps. Mais comme il a travaillé en France et y acquis des
droits, il veut garder ses droits et pour ça, il doit avoir
une domiciliation, donc sa seule solution est de garder la chambre
à son nom. Dans chacune de ces chambres, un remplaçant
occupe le lit, travaille et paye régulièrement sa redevance.
Dans les chambres 108 et 110, les titulaires étaient présents
ce mardi 28 mars, SEULS dans leur chambre ; le premier dormait car
il travaille à la GM dans l'équipe de nuit (mais la
Sonacotra ignore ce genre de détail !), le deuxième,
Mr Camara était également présent, seul.
La Sonacotra et l'huissier ont annoncé d'autres expulsions.
Les résidents et délégués présents
ont protesté contre ces méthodes. L'argumentaire de
la Sonacotra ne nie pas que le phénomène de suroccupation
est massif dans beaucoup de ses foyers tant la crise du logement est
grande en région parisienne, l'argumentaire de la Sonacotra
est de privilégier la thèse de la protection juridique
de son personnel : elle traînerait les résidents en justice
uniquement pour couvrir son personnel face à d'éventuelles
poursuites en cas d'accident grave ou d'incendie dans le foyer !
METTRE A LA RUE 5 RESIDENTS semble être anodin pour la Sonacotra.
Pour elle, ces résidents eux ne courent aucun risque, il n'y
a que les risques EVENTUELS du personnel qui comptent. Les résidents
ne comptent pour rien.
Pourquoi la Sonacotra n'accepte-t-elle pas de négocier pour
1. trouver des solutions pour que les travailleurs repartis en Afrique,
en général des retraités, puissent garder une
domiciliation, donc leurs droits ? 2. titulariser les remplaçants
qui ne demandent que ça ? Négocier la reprise officielle
de la chambre par le remplaçant, ce n'est pourtant pas très
compliqué. La Sonacotra préfère dépenser
énergie et argent dans des procédures juridiques, la
Sonacotra préfère la brimade et la cruauté de
l'expulsion à la négociation. Et comment croire que
l'expulsion de 2 résidents va régler le problème
de la suroccupation ? sinon penser que la Sonacotra considère
les résidents comme des enfants mineurs qu'il faut contraindre
par la peur ? La Sonacotra doit accepter de mettre en place des concertations
avec tous les partenaires pour dégager des solutions à
la suroccupation des foyers dont, il faut le rappeler, les premières
victimes sont les résidents eux-mêmes.
Avec les résidents du foyer Riquet, nous demandons à
la Sonacotra l'arrêt de ces méthodes brutales qui font
passer les résidents pour des délinquants et la réintégration
des 5 résidents en tant que titulaires de leur chambre. Nous
demandons leur soutien à tous les autres partenaires.
Coordination : Oumar N'Diaye 06 60 54 58 89 - Copaf : 01 46 06 09
69 - Courriel : copaf@copaf.ouvaton.org
Clearstream: perquisitions à EADS et
chez le général Philippe Rondot
L'enquête sur le corbeau qui a faussement accusé des
personnalités, dont Nicolas Sarkozy, d'avoir des comptes occultes
à l'étranger, via la société Clearstream,
a connu jeudi un développement spectaculaire avec des perquisitions
à EADS et chez un ex-patron du renseignement français.
Ces perquisitions ont été menées jeudi à
Suresnes (Hauts-de-Seine) au centre de recherche du groupe européen
d'aéronautique et de défense (EADS) et vendredi, au
domicile parisien et dans la résidence secondaire, située
dans la Nièvre, du général Philippe Rondot.
Le général Rondot était jusqu'en décembre
2005 un proche collaborateur de la ministre de la Défense,
Michèle Alliot-Marie, pour les questions du renseignement.
Ancien du contre-espionnage (Sdece, devenu DGSE, Direction générale
de la sécurité extérieure), il a également
collaboré à la Direction de la surveillance du territoire
(DST) et participé à la création de la Direction
du renseignement militaire. On lui doit notamment l'arrestation du
terroriste Carlos au Soudan en 1994.
Les perquisitions ont été réalisées par
les juges financiers Jean-Marie d'Huy et Henri Pons dans le cadre
d'une information judiciaire ouverte à Paris pour "dénonciation
calomnieuse" à la suite des plaintes de deux patrons,
Alain Gomez, ancien patron de Thomson, et Philippe Delmas, du groupe
EADS.
Les deux hommes avaient été mis en cause avec d'autres
grands patrons, responsables policiers et hommes politiques, dont
M. Sarkozy, dans deux lettres anonymes et un cédérom
adressés en 2004 par un mystérieux corbeau au juge Renaud
Van Ruymbeke, en marge de l'affaire des frégates de Taïwan.
Ce correspondant accusait ces personnalités d'avoir dissimulé
des comptes secrets à l'étranger par le biais de la
société financière Clearstream, basée
au Luxembourg, qui passe pour être un des "paradis fiscaux"
de l'UE.
L'un des courriers était accompagné d'un listing bancaire
où figuraient notamment les noms de Stéphane Bocsa et
Paul de Nagy, titulaires d'un compte à la banca popolare di
Sondrio, une petite ville italienne. Une manière de désigner
le ministre de l'Intérieur dont le nom complet est Nicolas
Paul Stéphane Sarkozy de Nagy-Bocsas.
L'enquête du M. van Ruymbeke a finalement démontré
que les accusations du corbeau relevaient de la manipulation, des
noms de personnalités ayant été rajoutés
sur un vrai listing de Clearstream.
Le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, s'est constitué
partie civile, fin janvier, dans ce dossier.
L'affaire avait pris en novembre 2004 un tour politique lorsque le
patron de l'UMP, alors ministre de l'Économie, avait reproché
à la une du Monde à Dominique de Villepin, alors ministre
de l'Intérieur, d'avoir tenu secrètes les conclusions
d'un rapport du contre-espionnage (DST) qui le mettait hors de cause,
ce que ce dernier a contesté.
Le dossier de la DST a finalement été transmis au juge
le 7 avril 2005 par M. de Villepin après avis favorable de
la Commission consultative du secret défense.
Ce rapport a désigné, sans en apporter la preuve, Jean-Louis
Gergorin, vice-président d'EADS, présenté dans
la presse comme proche de M. de Villepin, comme le corbeau.
Il aurait agi avec l'aide d'un informaticien d'EADS capable d'intervenir
sur les fichiers de Clearstream. C'est son bureau que les juges ont
perquisitionné jeudi à Suresnes.
M. Gergorin a démenti dans la presse ces accusations en évoquant
une manipulation destinée à renverser l'actuelle direction
du groupe européen.
Source : AFP, 29 mars 2006
Parquets, sauvez le CNE !
par le Syndicat de la Magistrature, Paris, 23 mars 2006; Courriel
: syndicat.magistrature@wanadoo.fr. Site : www.syndicat-magistrature.org
Le Garde des Sceaux a bien compris l'intérêt de parquets
dépendants du pouvoir politique. Dans une circulaire du 8 mars
2006, les magistrats du ministère public sont sommés
de sauver le dispositif du CNE, mis à mal devant les conseils
de prud'hommes. Fait exceptionnel, il est ainsi demandé aux
parquets de se faire communiquer systématiquement les procédures
prud'homales relatives à des ruptures de CNE et de faire appel,
en cas de "violation des dispositions de l'ordonnance" du
2 août 2005, sous prétexte de veiller à l'ordre
public. Or l'ordonnance créant le CNE, qui déroge aux
règles protectrices des salariés, notamment garanties
au niveau international par la convention n°158 de l'OIT, n'édicte
en aucune manière des règles d'ordre public pouvant
justifier cet appel des parquets. En effet, les dispositions applicables
au CNE, dispensent l'employeur du respect de l'obligation de motiver
le licenciement et de respecter une procédure contradictoire
qui constituent le droit commun en matière de droit du travail
et sont revêtues d'un caractère d'ordre public de protection,
de sorte qu'il est interdit d'y déroger par convention au détriment
du salarié. Le Syndicat de la magistrature invite les magistrats
du parquet à ne pas se plier à cette circulaire illégale
et à exercer leur prérogatives en toute indépendance,
notamment en ce qui concerne l'appréciation de la conformité
du dispositif du CNE au regard des conventions internationales. Il
demande le retrait immédiat de cette circulaire.
Pour lire la circulaire, cliquez sur Circulaire
CNE.pdf
Lire aussi la question d'Arnaud Montebourg à l'Assemblée
nationale et la réponse du ministre de la Justice Clément
> Montebourg-Clément
280306.pdf
« L'esprit de Jaurès est mort»
Une statue de Jean Jaurès a été déboulonnée
lundi à Montpellier par un collectif d'étudiants opposés
au CPE, qui souhaitaient symboliser la disparition de l'esprit porté
par cette figure marquante du socialisme français, a-t-on appris
mardi de source policière.
Tôt lundi, des étudiants, aidés d'un altermondialiste,
ont mis à bas la statue et l'ont couchée sur un matelas,
la tête cagoulée. Ils ont accroché une pancarte
sur son dos avec les inscriptions: "Jeune un jour, esclave toujours"
et "l'esprit de Jaurès est mort", avant d'écrire
sur le sol: "Place des Martyrs".
Notre action est "symbolique. C'est pour montrer que Jaurès
est tombé, que son esprit est mort et qu'il faut réveiller
cette gauche perdue", ont expliqué les étudiants
au quotidien Midi Libre.
L'altermondialiste qui a aidé les étudiants est connu
pour avoir déboulonné en septembre 2003 le clown d'un
restaurant MacDonald's afin de dénoncer "l'approche marketing"
de la chaîne, "pilier de l'obésité"
des enfants, selon lui. Cette initiative a valu à son auteur,
Patrice Oceraies, une condamnation à un mois de prison avec
sursis le 16 mars.
Après l'action sur la statue de Jean Jaurès, Patrice
Oceraies ainsi qu'une autre personne ont été interpellés
à leur domicile et conduits au commissariat pour des auditions,
puis laissés en liberté, a indiqué mardi la police.
La mairie de Montpellier a porté plainte. Source : AFP, 28
mars 2006
Témoignage sur les magouilles des flics-casseurs
en fin de manif parisienne, par une étudiante lyonnnaise
par Émilie Mourgues, étudiante en Anthropologie
à Lyon II, http://rebellyon.info/article1838.html,
24 mars 2006
Je suis allée à Paris hier. La manif s'est bien passée
et il y avait du monde. Nous, gens de Lyon, de Grenoble, de Chambéry,
avons formé un beau cortège "Lyon tient son Paris".
Certains parisiens sont venus nous remercier d'être venus jusque
là et nous étions fiers, même si le gros des lyonnais
était à Lyon, sous les gaz des CRS.
Nous étions vraiment nombreux ! Puis, peu à peu, des
vagues d'une centaine de "casseurs", appelés au son
de cornes de brumes, dévalaient dans la foule, puis occupaient
les lignes de bus ! Certains se sont fait voler ou frapper. À
la fin de la manif, ils étaient des centaines... Environ 3
000 CRS et gendarmes mobiles bloquaient la place !
Les "casseurs" choisissaient une proie, fonçaient
à 20, 30, 50, 100 sur lui (elle) et le (la) défonçaient
et le dépouillaient ! Les forces de l'ordres s'en sont pris
plein la gueule aussi mais les premiers visés étaient
les manifestants. Les manifestants sortaient de la place tant bien
que mal mais certains restaient à l'intérieur. Des voitures
ont commencé à brûler, les vitrines à péter.
Mon groupe a décidé de partir à la gare et je
suis restée avec une amie car des potes à moi étaient
à l'intérieur.
Les flics bloquaient l'accés à la place à tout
le monde. Les passants nous ont accusés d'être les fauteurs
de trouble, de faire repartir le bordel des banlieues ! On a dû
leur expliquer qu'on était dans la rue car on n'en peut plus
de vivre avec 300 euros par mois et d'être pris pour des cons
! Trois casseurs se sont précipités dans la rue, ils
ont été interpellés puis sont passés...
carte de Police à la main ! Là, on a halluciné,
les mecs étaient vraiment chauds ! On s'est faufilé
aprés eux car je voulais absolument rejoindre ma pote ! Un
flic nous a avertis que si on repassait par là, il nous arrêterait.
Il n'y avait plus rien ! Les pompiers éteignaient les voitures
mais les casseurs étaient tous partis. Tout était calme...
J'ai rejoint les quais, il ne restait plus que des manifestants en
état de choc. On a voulu sortir, mais les camions de flics
nous prenaient en sandwich et nous empêchaient de sortir ! Je
me suis avancée vers l'un d'entre eux pour lui expliquer qu'on
n'était pas d'ici, qu'on hallucinait, qu'on voulait se barrer
de cette ville de merde. Il nous a dit d'arrêter de sourire
ou que ça risquait de mal tourner. Nous étions piégés
! Pourtant ils voyaient bien qu'il ne restait plus qu'une centaine
de manifestants apeurés. Les flics ont commencé à
nous filmer et étaient morts de rire face à notre incompréhension
et à notre terreur. Ils ont commencé à charger
sur ma droite et la foule s'est précipitée contre l'autre
cordon de CRS. Une fille, paniquée, leur a demandé des
informations, elle s'est fait gazée, puis le gendarme s'est
excusé ! Mes genoux claquaient. Le cordon de flics s'est dissous,
nous avons couru mais d'autres ont débarqué et ont fait
barrage. En fait, ils nous déplaçaient contre le commissariat...
Les cordons se resserraient contre nous, ça hurlait dans tous
les sens, deux filles voilées pleuraient. J'avais peur que
l'un de nous tombe , que l'on meure étouffés ou piétinés...
Les médias étaient parmi nous et nous canardaient de
flashs, surtout dès qu'on hurlait. Les flics nous compressaient
violemment pour qu'on se révolte et que les médias puissent
prendre des photos ! Morts de trouille face aux assauts des forces
de l'ordre, nous avons levé nos mains au ciel... Là,
ils ont paru bien emmerdés ! Les flash fusaient toujours...
Un flic avec un fort accent de banlieue nous a dit de ne pas paniquer
(très drôle), qu'on allait juste vérifier nos
identités, que l'ordre de se disperser avait été
donné plus d'une demi-heure auparavant et qu'il ne fallait
pas nous étonner. Puis vint l'heure de la mise en scène
médiatique ! 5 ou 6 flics rentraient en trombe parmi nous,
se jetaient sur un mec, le plaquaient violemment au sol. Là,
ils attendaient trente secondes, le temps des photos, puis viraient
le mec. Ca a duré plus de deux heures. Je tiens à préciser
que les arrestations se sont placées dans un ordre bien précis
: ils ont commencé par les noirs, puis par les arabes, suivis
des mecs qui avaient des dreads ou les cheveux longs, la violence
était également graduée. Un gars s'est fait piétiné
sous nos hurlements. C'était vraiment très violent..
Nous étions toujours filmés par les flics morts de rire.
Ils évitaient tout de même de nous regarder dans les
yeux. Par dessus la masse de casques de flics, le drapeau français
flottait ; une drôle d'impression m'a serré le bide....
Une bande de 6 "racailles" est sortie escortée de
la cour du commissariat. Ils se sont retrouvés avec nous, on
a traité les flics de racistes, les gars scandaient artificiellement
qu'ils n'étaient pas dans la manif. Ils se sont glissés
dans un coin, 5 CRS les ont fait sortir discrètement (nous
sommes 3 ou 4 a avoir vu la scène), une fille s'est accrochée
à eux pour sortir, les flics sont allés la chercher
et l'ont remise dans le cercle, les gars sont partis sous l'oeil complice
des flics. Je hurlais sur un photographe, le traitait de collabo,
de traitre. Il m'expliqua qu'il prenait juste des photos, qu'il n'écrivait
pas les textes dessous, que parfois c'était utile, comme pour
le syndicaliste dans la coma par exemple. Je me calmais, je voulais
qu'il m'explique. Il m'a confirmé qu'il leur fallait des photos,
que Sarkozy sait ce qu'il fait quand il ordonne de ne s'en prendre
qu'au manifestants, que tout le monde sait que les RG sont avec les
casseurs, sont dans toutes les manifs, dans toutes les AG. Je lui
répondais que non, que moi, je ne savais pas, en tout cas pas
à ce point !
Nous commencions à comprendre tous ce business, certains flics
sont des "casseurs", des RG infiltrés pour embraser
la foule, certains "casseurs" doivent avoir des arrangement
avec eux pour nous taper sur la gueule dans les manifs (ça
passe toujours mieux au JT plutôt que ce soit les CRS ou GM
qui nous fracassent) et puis il y a les moutons, ceux qui suivent
juste pour se divertir... Ils ont fini par me prendre par le bras
pour m'interpeller, enfin ! Le flic était surpris que je vienne
de Bron, je gardais le silence face à sa voix toute douce,
il m'a souhaité un « passez une bonne soirée mademoiselle
», sourire charmeur à l'appui, comme si tout cela était
tout à fait normal, comme s'il avait l'habitude ! Il était
20 heures, l'heure des infos. Mes deux amies sont sorties juste après
moi, mais nos deux potes, eux, n'étaient pas dans la rue...
On les a appelés, ils étaient dans un fourgon et allait
être dispatchés dans des commissariats, ils ne savaient
ni quand ni pourquoi, mais on les laissait répondre au téléphone.
On a donc loupé notre train qui partait à 20h, on les
a attendus jusquà 22h puis on a pris le dernier TGV pour Lyon.
Un des deux a été relâché vers minuit,
aprés avoir été transporté dans plein
de cellules ; on lui a demandé s'il reconnaissait avoir perturbé
l'ordre public puis on l'a relâché. Il n'avait toujours
pas de nouvelles du dernier. Ils étaient de retour aujourd'hui.
Nicolas Sarközy et le "repérage
précoce des troubles du comportement chez les tout-petits"
Un document d'anthologie à lire absolument !
Troubles précoces
Un Français sur trois se dit «raciste»
Les masques tombent. La Commission nationale consultative des droits
de l'homme (CNCDH) a présenté hier son rapport annuel,
à la veille de la journée internationale contre le racisme.
Si 2005 a été marquée par une baisse des actes
racistes (–38 %), la CNCDH s'inquiète de « l'augmentation
du pourcentage de personnes qui s'avouent racistes ».
Dans le rapport, une personne interrogée sur trois se dit raciste,
soit une hausse de 25 % par rapport à 2004. 40 % des personnes
se défendent, elles, de toute attitude raciste. Globalement,
les actions ou menaces racistes ont baissé de 22 % en un an,
et les violences et menaces antisémites ont reculé de
48 %.
Pour Michel Forst, secrétaire général de la CNCDH,
« le nombre de victimes est resté stable, mais l'état
de l'opinion s'est aggravé ». Il juge la situation «
sacrément inquiétante ». La Commission a déploré
un « essoufflement dans la mobilisation du public » contre
toutes les formes de racisme.
Source : 20 Minutes, 22 mars 2006
Que penser du Contrat de première embauche
CPE ?
par le Dr. Jean Brière, Lyon, 7 février
2006
Le chômage peut avoir des causes multiples, crises cycliques,
conjoncture particulière du marché... On peut cependant
admettre que l’une des cause principales du chômage actuellement
provient de la mise en concurrence, dans le cadre d’une économie
de marchée dérégulée, des salariés
français avec leurs homologues chinois et indiens qui travaillent
70 heures par semaine avec des salaires dix fois inférieurs
.
Que faire face à une telle situation ?
Le protectionnisme à l’échelle de la France seule
ne peut aboutir qu’à une albanisation du territoire,
étant donné l’interdépendance économique,
et l’intégration de la France dans le système
d’échange mondial.
Demander aux consommateurs français d’acheter par patriotisme
des chemises françaises 4 fois plus chères que des chemises
d’importation chinoises relève de la plaisanterie.
Remplacer les emplois productifs perdus par des emplois productifs
dans des secteurs non encore en concurrence, est la solution théorique
la plus satisfaisante mais se heurte à la rapide croissance
des capacités d’innovation technologiques des pays émergents.
Reste l’alignement des salaires français sur les salaires
chinois, ce vers quoi tendent les politiques des marchés financiers,
ce qui aboutirait évidemment à une crise majeure, cette
baisse de pouvoir d’achat entraînant ipso facto un effondrement
de la consommation et des échanges. .
Ce processus de chômage ne touche pas les États-Unis.
Cette exception s’explique par le fait que le dollar est la
monnaie d’échange internationale et que les USA peuvent
vivre à crédit. Les ménages américains
peuvent acheter à crédit des biens produits en Chine
grâce aux investissements chinois et aux prêts chinois
en dollars faits aux USA. Comme l’écrit Stephen Roche,
économiste en chef de la banque Morgan Stanley : « Les
ménages américains ont pendant cinq ans au moins dépensé
très largement au-dessus de leurs moyens ».... «
L’économie mondiale à besoin d’un nouveau
consommateur, car le consommateur américain est fatigué,
usé, il ne peut continuer à porter le monde sur son
dos. » On peut admirer la phraséologie qui se résume
à ce qu’il est impossible que les USA continuent de vivre
à crédit ..
On peut craindre que cette locomotive américaine n’explose,
si les créanciers demandent le règlement de leur dette
aux USA. Ce qui fait que la situation perdure, c’est que les
créanciers ne peuvent brutalement mettre l’ensemble du
système en crise .
Ce qui rend dramatique la situation actuelle, c’est que contrairement
au Japon et à la Corée par exemple, il n’existe
aucune possibilité pour les 2 milliards de Chinois et d’Indiens
d’accéder au niveau de vie occidental .. on ne voit guère
d’issue sinon, une implosion intérieure ou un partage
au fil de l’épée ..
Ceci, dit les milieux financiers ne se posent guère de questions
métaphysiques, la disparition du capitalisme patrimonial, fait
que le patriotisme économique prôné par Villepin
est une plaisanterie bien illustrée par Arcelor
Pour ce qui est du tissu industriel encore implanté sur le
territoire, ceux qui en sont les propriétaires ont tendance
évidemment à aligner les salaires français sur
les salaires les plus bas, Les entraves dues aux acquis salariaux
de la période des trente glorieuses sont dénoncés
comme une entrave à l’emploi. Leur politique consiste
à licencier les plus âgés qui bénéficient
de ces garanties et de faire pression sur ceux qui entrent sur le
marché du travail, les plus vulnérables, pour qu’ils
acceptent des conditions de travail, plus « flexibles »
et moins satisfaisantes que celles de leurs aînés. La
logique : c’est à prendre où à laisser,
sinon on délocalise.
C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre le peu d’efficacité
des mesures successives prises par les gouvernements de droite ou
de gauche pour faire face à la montée du chômage
chez les jeunes :
1984 : Michel Delebarre , travaux d’utilité collective
TUC à temps partiel pour les moins de 25 ans dans les collectivités
locale et les associations , l’État prend en charge les
charges sociales, autrement travaux non productifs, transitoires,
payés par ceux qui travaillent.
1990 : Michel Rocard, Contrat emploi solidarité . Il remplace
les TUC par des contrats emplois solidarité (CES), qui favorisent
les embauches dans les entreprises d’insertion qui bénéficient
d’allégements fiscaux, en 1992 s’ajoute le programme
de préparation active à la qualification et à
l’emploi (Paque) pour les moins qualifiés. Là
il s’agit d’emplois productifs , mais les exonération
de charge fiscale sont là encore payés par la masse
de ceux qui produisent et correspond à un abaissement global
du prix du travail .
1993 Contrat d’insertion professionnel (CIP). Les rémunération
d’embauche étaient limitée à 80 % du SMIC
, quel que soit le niveau de qualification .
Rejet massif d’autant que près de plus de 50 % des jeunes
les plus qualifiés trouvent un travail dans l’année
de la fin de leurs études. Il s’agissait là de
faire payer aux jeunes uniquement le poids de la flexibilité
et de la baisse des salaires.
2002 : François Fillon, contrat soutien à l’emploi
des jeunes en entreprise ( SEJE , hostiles aux emplois aidés
dans le secteur public, la droite met en place les SEJE en faveur
des moins qualifiés en accordant aux entreprises qui les embauchent
des exonération de charges sociales , en 2004 contrats d’insertion
dans la vie sociale (civis) pour des jeunes en grande difficulté.
2006 : Contrat de première embauche pour l’ensemble des
jeunes de moins de 26 ans, quel que soit le niveau de qualification,
avec allongement de la période d’essai à deux
ans période pendant laquelle le salarié peut être
licencié sans que l’employeur ait à justifier
le pourquoi du licenciement .
Ce CPE peut être utile à ceux qui n’ont pas de
qualification, par contre il précarise les diplômés
qui souvent trouvent un emploi stable assez rapidement, ce qui représente
près de 50% des jeunes.
Pour ce qui est de créer des emplois rien n’est moins
certain ....
Les écologistes ont –ils des solutions miracles à
proposer ? la réponse est : non au niveau national. Peut être
une riposte aurait put être envisagée au niveau européen
pour essayer de réguler le marché. Mais ceux qui vont
descendre dans la rue, aujourd’hui (7 février 2006) ont
voté non à l’Europe.
Cet effondrement programmé de larges pans de secteurs industriels
ne peut être compensé par des emplois de service tertiaires
non productifs, donc non producteurs de valeurs, les tenants du libéralisme
à tout crin proposent de créer des emplois dans le marketing,
la banque..
Par ailleurs le problème doit être situé dans
le contexte d’exclusion de larges couches de la population à
l’accès au travail et donc confrontés à
un assistanat. Nous ne pouvons que constater que l’exclusion
et la précarité liée à la non-qualification
et à la discrimination raciale touchent prioritairement les
banlieues qui se sont rappelées à l’existence
lors des derniers événements.
Là encore la seule sortie du marasme pour ces jeunes, c’est
la sortie par le haut, par la prise de conscience politique. Ne doutons
pas que la manière dont on a traité en France le problème
des fameuses caricatures est lourde de menaces. La droite raciste
danoise avait deux objectifs créer la haine raciale pour virer
les bronzés non chrétiens du Danemark et utiliser ces
caricatures comme arme idéologique en faveur de la croisade
judéo-chrétienne de Bush contre le mal, l’islam
terroriste. La pseudo-campagne en faveur de la liberté d’_expression
qui se développe en France revient à enfoncer dans le
crâne de la population : les terroristes se sont bien les fanatiques
musulmans et le terrorisme d’État de Bush c’est
le bien, entraîne la France dans la spirale de l’affrontement
civilisationnel des conservateurs américains.
Avec le climat d’hystérie qui s’est créé,
Les jeunes des banlieue risquent plus que jamais d’être
stigmatisés comme musulmans et de plus en plus exclus de l’accès
à l’_expression politique par la droite et la gauche
, qui les traiterons de pro-terroristes s’ils mettent en cause
la colonisation de peuplement de la Palestine. A chacun ses emblèmes
sacrés : Mahomet pour les musulmans, la Shoah pour l’Occident
judéo-chrétien....On est mal parti..
En tous les cas on peut être sûr, à entendre la
vox populi manipulée, que Le Pen va gagner des voix. A l’exclusion
économique s’ajoutera une exclusion politique et religieuse
aggravée, et les vrais problèmes : crise climatique,
disparition du pétrole...etc. . seront oubliés au profit
de l’aveuglement religieux et idéologique. Les problèmes
économiques ne peuvent être dissociés des problèmes
politiques.
Ne peut-on rien faire ?
La première chose est de dénoncer la mystification laissant
entendre que nos politiques peuvent commander aux grandes puissances
financières, elles-mêmes, sous la protection militaire
de plus grande puissance dite libérale du monde. La droite,
l’extrême-droite, la gauche , l’extrême-gauche
, les Verts trompent le peuple, en affirmant Y A KA .
Cependant on peut agir à la marge, exemple nous devons exiger
que tout l’habitat soit qualité consommation énergie
zéro. On ne peut pas importer des maisons clés en main
de Chine.
Il faut sensibiliser la population à la vulnérabilité
de notre territoire et à notre dépendance énergétique.
Je pense sérieusement que l’on ne doit plus produire
de chaleur sans produire d’énergie électrique.
Nous devons proposer un vaste plan d’autonomisation de la production
électrique totalement décentralisé, grâce
à la cogénération de toute puissances, comment
autrement mettre en cause les centrales nucléaires hautement
vulnérables en cas de conflit ?
Développer au maximum les investissements dans les énergies
renouvelables. Autonomiser sur le plan énergétique nos
campagnes, optimisation de l’utilisation de la biomasse aussi
bien le bois que la méthanisation des déchets, en 1942
on produisait du gaz fumier. Obligation de la récupération
des déchets organiques des villes en vue de la méthanisation,
organiser la récupération des déchets organiques
putrescibles d’une manière sélective en ville
n’est pas une mince affaire.
Pousser les études en faveur de l’utilisation de la voile
dans les transports maritimes, turbine Cousteau, utilisation d’ailes
volantes cela marche ..., réorienter la production automobile
vers sa destination première de moyen de transport le plus
économique possible, non seulement le 4X4 urbain doit disparaître
, mais il faut penser à la disparition de la voiture individuelle,
emblème de réussite sociale plus que moyen de transport
adapté. Il faut des voitures fonctionnant au gaz pour le déplacement
d’une personne, de deux personnes, pour une famille... . À
Lyon, Lyon vélo est une réussite, pourquoi pas Lyon
voiture, vous me direz que la location de bagnoles existe, mais ce
qui n’existe pas c’est un type de bagnole bien adapté
à un service précis. Une réorientation à
contre-courant de la production automobile actuelle, peut créer
une nouvelle niche de production et déstabiliser l’évolution
délirante de la voiture gadget.
Pour ce qui est du rail, je me demande quelle peut être la faisabilité
et le rendement de rames à haute vitesse sous vide, Kadhafi
fait construire des pipe-lines de plus de 2 mètres de diamètre,
de quoi contenir une rame à sustentation magnétique
.. Bon on peut réver ...
L’important c’est de revenir à l’essentiel
en économie : seul le travail crée de la valeur plus
ou moins selon les conditions d’efficacité technologiques
et les conditions matérielles. Exemple : la même quantité
de travail produit plus ou moins de métal selon la teneur du
minerai en métal extractible.
En théorie tout le monde à intérêt que
son voisin travaille comme lui, plutôt que d’être
contraint d’être à sa charge. Ceci dit le système
capitaliste non régulé tel qu’il fonctionne actuellement
conduit incontestablement à l’accumulation des richesses
à un pôle et à la marginalisation et au rejet
hors du circuit productif d’un nombre de plus en plus important
de productifs potentiels. Compte tenu des contraintes écologiques
qui vont inéluctablement diminuer la productivité du
travail, les perspectives ne sont pas roses.
Avons-nous une solution alternative globale à cette situation
sur le plan national ? La réponse est non.
En dehors au retour au communisme qui a fait ses preuves, on constate
l’impasse du mouvement altermondialiste avec Chavez. Ce dernier
, s’il n’est pas assassiné par les hommes de Pat
Robertson, pourra poursuivre sa politique économique de redistribution
de la rente pétrolière au profit des plus pauvres avec
alphabétisation et programme de santé grâce à
des milliers de médecins cubains qu’il peut payer. Mais
ce nouveau socialisme que l’on doit soutenir est entièrement
tributaire du pétrole qu’il doit vendre aux Américains.
En Bolivie la nationalisation du gaz se heurte aux intérêts
de Petrobras société brésilienne du Brésil
de Lula ex-coqueluche des altermondialistes ..
Quant aux solutions dites alternatives en France on ne peut que les
soutenir, mais l’évolution de Primevère à
Lyon et de Silence ne laissent rien augurer de décisif à
ce niveau.
Nous devons à tout prix démystifier, c’est la
seule manière de préparer la populations aux difficultés
qui s’annoncent. Ceci dit pour ce qui est des jeunes, du fait
que nous allons nécessairement vers un renouvellement important
du personnel productif du fait du papy boom, on peut douter que la
seule précarisation soit la bonne solution, il est incontestable
que l’État, à défaut des entreprises, doit
organiser la période de transition vers le travail en assurant
un minimum de stabilité des carrières. Il nous semble
également que nous avons intérêt si l’on
veut amortir le choc concurrentiel à élargir la «
précarisation » si j’ose dire d’une manière
équitable, travailler plus pour dépasser le carcan des
35 heures, en proposant par exemple des heures supplémentaires
exonérées des charges sociales, remettre au travail
les seniors qui sont prêts, dans certaines conditions à
faire profiter la société de leur expériences
...
Un dernier mot si l’on veut voir disparaître la dette
publique, il faut travailler plus et gagner moins, autrement dit é
c o n o m i s e r, la difficulté c’est qu’une fraction
de la population peut échapper légalement à ses
devoirs civiques, comme cela a toujours été le cas.
10 ans après l´occupation de
Saint-Ambroise, les sans-papiers occupent à Saint-Denis
Communiqué du 24 mars 2006
LES SANS-PAPIERS OCCUPENT à Saint-Denis 15, rue Emile Connoy,
au coeur du Saint-Denis piéton, à côté
de la poste de la rue de la République (M°: Saint-Denis
Basilique ; tram : : Saint-Denis Basilique ou Théâtre
Gérard Philippe)
CONTRE : la condamnation des sans-papiers, plus de 50.000 habitants
de Seine-Saint-Denis, nos voisins, parents ou amis, à le rester
sans issue ; la fabrication programmée de milliers de sans-papiers
supplémentaires ; et la déstabilisation des résidents,
que propose le projet de loi Sarkozy 2.
POUR : La régularisation de tous les sans-papiers avec carte
de 10 ans; Le retrait du projet de loi Sarkozy
Pasqua 1 : 1986 ; Pasqua 2 :1993 ; Debré :1997 ; Chevènement
:1998 ; Sarkozy 1 : 2003 ; Sarkozy 2 :2006.
Depuis plus de vingt ans, l'immigration est instrumentalisée
dans un jeu dangereux avec la xénophobie. Les habitants des
quartiers populaires, à commencer par ceux de Seine-Saint-Denis,
subissent de plein fouet cette politique dont le seul résultat
est de fabriquer des sans-papiers, de la précarité et
de l'exclusion dommageable à tous.
Pour vendre sa deuxième loi en trois ans sur ce sujet chers
aux démagogues M. Sarkozy parle d'immigration « subie
» et d'immigration « choisie ».
Les droits fondamentaux de tous, Français et étrangers
sont menacés : droit à la santé (restriction
sur l'aide médicale d'Etat), à l'éducation (expulsion
des jeunes scolarisés), à la vie privée et familiale
(mesures contre le regroupement familial, loi Clément contre
les mariages mixtes) ,droit d'asile (procédures expéditives).
Le projet de M. Sarkozy et du gouvernement choisit de faire subir
aux sans-papiers, des hommes, des femmes et des enfants présents
en France depuis de nombreuses années, une clandestinité
sans issue. Il le choisit car les sans-papiers sont des travailleurs,
dont le bâtiment, la restauration, la confection etc., ont besoin,
mais sans les papiers car ainsi, ils sont moins chers et exploitables.
Ainsi, les sans-papiers justifiant résider depuis dix ans ou
plus en France ne seront plus régularisés. Le projet
condamne la majorité des sans-papiers à le rester perpétuellement.
CPE : Jeunes jetables ; Loi Sarkozy 2 : Jmmigrés jetables.
À qui le tour ?
Alors qu'il programme la fabrication de milliers de sans-papiers supplémentaires
en bafouant le droit à vivre en famille, le droit d'asile,
l'intérêt des enfants, des malades, le gouvernement choisit
d'aller piller des « capacités et talents » dans
le monde. Les immigrés sont traités comme des kleenex,
jetables après usage.
Le projet entérine la quasi-disparition de cet outil d'intégration
qu'était la carte de dix ans.
Le projet de loi Sarkozy 2 est un projet de désintégration,
de division et de discrimination, qui rendra plus difficile le vivre
ensemble. Résidents, sans-papiers, carte d'un an, Français,
nous sommes tous concernés.
L'agression au sortir du stade requalifiée
d'acte raciste
A Lyon, quatre crânes rasés qui ont passé à
tabac deux Arabes restent libres jusqu'au procès.
Par Olivier BERTRAND, Libération, 24 mars 2006
Fin février, deux jeunes hommes d'origine maghrébine
avaient été passés à tabac par une bande
de crânes rasés, dans le stade de Gerland. Le parquet
de Lyon avait renvoyé quatre auteurs présumés
devant le tribunal, pour violences volontaires. Sans retenir de motivation
raciste. Les avocats des victimes s'en étaient émus,
le Mrap et SOS Racisme aussi. Hier, alors que le tribunal correctionnel
devait juger l'affaire, la représentante du parquet s'est rangée
à leurs positions, et le tribunal a donc renvoyé l'affaire
afin qu'une instruction cherche à savoir ce qui est vraiment
arrivé, le 25 février, à Rachid et Mehdi.
Insultes. Les deux frères marchaient derrière les tribunes
du stade de Gerland, un soir de match, lorsque dix à quinze
personnes leur sont tombées dessus. Deux stadiers ont raconté
la scène devant la police, mais n'ont pas entendu les propos
échangés. L'un des deux frères a entendu «T'es
trop blanc», l'autre a compris «T'es pas assez blanc».
Cinq hommes ont été interpellés rapidement, dont
l'un avait en poche un autocollant du FNJ. Quatre autres ont été
renvoyés une première fois le 27 février pour
«violences volontaires».
A l'audience, quelques dizaines de crânes rasés étaient
venus soutenir les auteurs présumés. Ces derniers n'avaient
pu être jugés car les magistrats ignoraient le préjudice
de l'aîné des deux frères, encore hospitalisé.
Le garçon souffrait d'un oedème cérébral.
Il a passé une semaine dans un service de neurologie et dispose
d'un mois d'ITT.
L'auteur principal avait été placé en détention
dans l'attente du procès. Agé de 19 ans, il reconnaissait
avoir donné le premier coup de poing, puis un coup avec la
bouteille de bière qu'il n'avait pas finie. Fils d'un administrateur
de sociétés lyonnais et titulaire d'un CAP dans la restauration,
il comptait s'engager dans l'armée. Ses trois comparses avaient
été placés sous contrôle judiciaire, avec
interdiction de fréquenter les stades.
Contexte. Ce petit monde est revenu, hier, devant la chambre des comparutions
immédiates. Hervé Banbanaste, avocats des victimes,
a demandé, comme lors de la première audience, l'ouverture
d'une information judiciaire. Cette fois, le ministère public
l'a suivi, estimant que «le contexte qui transpire des procès-verbaux»
nécessite de «faire toute la lumière» par
le biais d'une information judiciaire. Pierre-Louis Pivoix, avocat
du principal agresseur présumé, a raillé cette
«volte-face» du parquet, due selon lui à «la
médiatisation» de l'affaire d'Oullins, dans laquelle
la justice n'a pour l'instant pas retenu de circonstances aggravantes
après le meurtre d'un père de famille algérien.
Les juges ont suivi le parquet et renvoyé le dossier vers le
ministère public, qui devait ouvrir rapidement une information
judiciaire.
En attendant, les quatre auteurs présumés se retrouvent
tous libres, et sans contrôle judiciaire. Dans les couloirs
du palais, leurs copains promettaient de fêter cette victoire
provisoire à la bière.
Source : http://www.liberation.fr/page.php?Article=369552
Le débat sur l'autorisation des OGM
au Sénat : à pleurer - Un témoignage par Christian
Vélot, 23 mars 2006
L'auteur, chercheur et enseignant en biologie moléculaire
à l'Université Paris-sud, est venu plusieurs fois en
Mayenne animer des conférences sur les OGM . Il a témoigné
en faveur des faucheurs volontaires dans plusieurs procès.
Je faisais partie hier de la délégation de militants
anti-OGM qui est allée au Sénat écouter les «
débats » sur le projet de loi.
Je crois que je n'aurais pas dû. Alors que j'avais passé
une bonne journée militante qui, comme à chaque fois,
regonfle les batteries et redonne plein d'espoir, à commencer
par un débat à 10H30 le matin sur i-télé
aux côtés de Noël Mamère et face aux VRP
de la transgenèse généralisée que sont
Houdebine et Ledéaut, je suis rentré chez moi complètement
abattu, désabusé, avec un étrange mélange
de sentiment de révolte et d'envie de pleurer.
Aujourd'hui, je ne suis toujours pas remis et je n'ai que le clavier
de mon ordinateur comme remède car j'éprouve un immense
besoin de faire partager le triste spectacle auquel j'ai assisté
hier dans l'Hémicycle de la rue de Vaugirard.
Premier coup derrière les oreilles : le nombre de sièges
vides. Sur 331 sénateurs, seulement 49 étaient présents
en ouverture de séance, et il n'en restait plus que 35 après
une demi-heure ! Je me dis alors qu'il doit au moins y avoir tous
ceux qui sont (ou qui prétendent être) concernés
par le sujet, et notamment qui sont censés défendre
nos positions. On a bien cherché (c'était facile, ils
n'étaient pas nombreux) : pas de Dominique Voynet, qui était
pourtant venue le matin même faire de belles déclarations
lors de la conférence de presse ! Aucune présence non
plus de Jean-Luc Mélenchon, proche de José Bové
depuis la campagne contre le TCE, et pour lequel il est sans doute
moins payant de venir faire son boulot au Sénat que se pavaner
debout sur un banc du trottoir du boulevard Arago pour être
certain de bien être remarqué pendant le passage de la
manif anti-CPE de samedi dernier. Je l'ai d'autant plus amère
qu'aux dernières sénatoriales (2004), j'ai fait partie,
avec mon ami Raymond Leduc de la Confédération Paysanne,
du comité de soutien de Jean-Luc Mélenchon (candidat
en Essonne avec Bernard Véra et Claire-Lise Campion)...
Au delà de cet absentéisme pitoyable, reste le déroulement
des « débats » : a pleurer (ou hurler mais on ne
pouvait pas) ! Un brouhaha incroyable ! Personne ou presque n'écoute
l'intervenant qui fait (ou plutôt qui lit) son discours. Chacun
parle dans son coin avec ses voisins ou y va de ses petites activités
personnelles. J'ai dix fois moins de bruit dans un amphithéâtre
de 200 étudiants d'une moyenne d'âge de 20 ans, et sans
que j'aie besoin d'exercer la moindre autorité. L'intervenant
pourrait s'adresser à la porte de ses chiottes, ça ferait
le même effet.
Du balcon où nous étions situés, nous avions
une vue plongeante sur les pupitres des sénateurs du groupe
UMP. Pas un seul n'avait le projet de loi sous les yeux ! Raffarin
et ses potes ont passé leur temps de présence (environ
30 minutes) à causer entre eux et se marrer, certains tournant
carrément le dos à l'intervenant. D'autres remplissaient
des dossiers, regardaient leur agenda. Deux sénatrices au fond
de l'hémicycle (et donc juste en dessous de nous), aprè
avoir regardé ensemble un album photo, s'échangeaient
leur permis de conduire, leur pièce d'identité, sans
doute pour mieux constater sur leur face de rat les dégâts
provoqués au cours du temps par les crèmes à
l'ADN végétal de chez Dior. Un autre montrait à
son voisin des photos d'une maison imprimées en couleur sur
du papier A4, probablement la résidence secondaire qu'il vient
de s'acheter avec les 120 000 euros annuels qu'il perçoit pour
venir se gratter les couilles au Sénat, une autre encore réorganisait
ses papiers et ses billets de 20 euros dans son portefeuille... Et
le plus drôle (enfin, façon de parler), c'est qu'à
la fin d'une intervention, et uniquement s'il s'agissait bien sûr
d'un intervenant de leur groupe, ils applausissaient comme des automates.
En ce qui concerne les interventions elle-mêmes, les âneries
de ceux qui défendaient le texte étaient à la
hauteur de leur méconnaissance du dossier. Quand à ceux
qui étaient censées intervenir dans notres sens, il
est clair que je ne les choisirais pas comme avocats, à moins
que je ne souhaite être assuré de faire de la prison
à vie : mous du genoux sur le fond, monocordes et sans aucune
conviction sur la forme. Eux non plus n'avaient probablement pas lu
le projet de loi, ...à moins qu'ils n'aient tout simplement
pas vraiment envie de s'y opposer.
Bref, à pleurer vous dis-je ...
Peut-être suis-je trop naïf, ou peut-être ai-je
tendance à prendre les choses trop à coeur ? Je ne sais
pas. Toujours est-il que n'y tenant plus, au bout d'une heure j'ai
décidé de partir, l'âme en peine, avec le profond
sentiment d'avoir été brusquement téléporté
plus de deux siècles en arrière, et de savoir de moins
en moins ce que signifie « démocratie ».
Source : Cercle Bolivarien de Paris http://cbparis.free.fr/index.htm
Arabicide d'Oullins: l'UEJF veut que "la
lumière soit faite"
L'Union des étudiants juifs de France (UEJF) a demandé
mercredi que "toute la lumière soit faite" sur le
meurtre de Chaïb Zehaf, un homme d'origine algérienne
tué le 4 mars à Oullins (Rhône), et condamné
"avec la plus grande vigueur cet acte odieux".
"La thèse du crime raciste se précisant, l'Union
des Etudiants Juifs de France demande que toute la lumière
soit faite dans cette affaire et condamne avec la plus grande vigueur
cet acte odieux", écrit l'union dans un communiqué.
L'UEJF appelle à manifester dimanche aux côtés
de SOS Racisme et du MRAP en mémoire de Chaïb Zehaf, un
cariste de 42 ans abattu à la sortie d'un bar le
4 mars.
Son meurtrier présumé, un autre client de l'établissement,
a immédiatement été interpellé par la
police, mis en examen pour homicide volontaire et écroué,
sans que le parquet ne retienne la thèse raciste. De nombreuses
armes et au moins un insigne nazi ont été retrouvés
chez lui.
Source : AFP, 22 mars 2006
CPE - Place de la Nation: ombres d'une bavure
Récits contradictoires sur la charge de CRS et interrogations
sur la prise en charge médicale du syndicaliste.
par Karl LASKE, Jacky DURAND et Eric FAVEREAU, Libération,
22 mars 2006
De source médicale, l'état de santé de Cyril
Ferez, le manifestant du syndicat SUD plongé dans le coma depuis
dimanche, s'était stabilisé, hier en début de
soirée. Un scanner effectué dans l'après-midi
montrait une «stabilité de l'hématome cérébral».
Cyril semblait réagir légèrement aux stimulations,
mais le pronostic restait «réservé». Des
témoins du tabassage de samedi étaient entendus, hier,
par l'Inspection générale des services (IGS). Retour
sur les faits.
Qui a donné l'ordre de la dispersion de la manifestation ?
C'est désormais la question qui fâche. Nicolas Sarkozy
a été suivi et filmé par une télévision
félicitant les CRS, le soir même, à la caserne
des Célestins. Lors de l'évacuation de la Sorbonne,
samedi 10 mars au matin, le ministre avait supervisé lui-même
l'opération, depuis l'avion le ramenant de la Martinique. Allant
jusqu'à informer les journalistes présents du déclenchement
des opérations. Hier, son cabinet répondait qu'il fallait
«demander au préfet» dans quelles conditions avait
été prise la décision d'évacuer la place
de la Nation. Le plus haut responsable policier présent sur
place s'appelle Pierre Mure, directeur de l'ordre public et de la
circulation (DOPC). Le préfet Pierre Mutz peut suivre, depuis
son bureau, sur huit écrans, différents points de vue
du théâtre des opérations. «Mais ce genre
de manifestation à haut risque est suivi opérationnellement
par le ministre, souligne un fonctionnaire. On ne peut pas prendre
de décision d'évacuation sans en référer.
Surtout si les manifestants continuaient de converger vers la Nation.»
Les témoignages des pompiers contredisent-ils ceux des témoins
?
Non. Un premier incident a eu lieu : des images vidéo montrent
Cyril remis sur pied par des gendarmes mobiles. Il fait jour. C'est
avenue de Bouvines, où ont lieu les premiers affrontements.
Cyril parvient à marcher. «Il a été conduit
en état d'ébriété par les gendarmes aux
sapeurs-pompiers, note un commissaire. Il a refusé d'être
pris en charge, et il est retourné sur la place.» Les
pompiers constatent «une légère bosse au front»
lorsque Cyril, «écarté de la zone d'intervention»,
leur est remis, vers 19 heures. Mais deux blessés arrivent.
Cyril en profite pour s'éclipser. Le tabassage survient une
heure plus tard. La nuit est tombée. A la Nation, CRS et gendarmes
mobiles ont chargé. Mais deux groupes de CRS avancent sur le
terre-plein central. C'est là que plusieurs témoins
- photographes et manifestants - voient Cyril happé par un
peloton de CRS. Tous s'accordent à le décrire piétiné
et frappé. Placés à des endroits différents,
certains l'ont vu assis, d'autres debout. Des témoins évoquent
un second manifestant victime de coups. Sur l'un des clichés,
on voit un CRS lever sa matraque sur Cyril alors que ses collègues
le piétinent dans un mouvement de recul. Il est 19 h 51.
Quel était l'état de santé de Cyril au moment
de son évacuation ?
Une fille a crié : «Vous l'avez tué !» Les
CRS se sont éloignés, laissant Cyril sur le sable. «Deux
étudiantes sont parties chercher les pompiers», témoigne
Sandra Lemarque, de SUD PTT. Cyril reprend connaissance à leur
arrivée, vers 20 h 10. Ils lui posent une minerve avant de
l'emmener sur une chaise roulante. Selon les pompiers, Cyril aurait
été «parfaitement conscient et vif» une
fois dans leur véhicule. «Il a fallu le convaincre de
la gravité de son état», souligne un officier.
Un CRS secouriste, présent lors de l'évacuation, a fait
parvenir un témoignage manuscrit à l'IGS, opportunément
rendu public dès hier. Cyril lui aurait déclaré
«qu'en aucun cas l'agression dont il avait été
victime n'était due aux forces de l'ordre». Mieux : «Il
m'a avoué avoir eu une altercation avec d'autres manifestants,
qui l'auraient agressé.» Le CRS en question n'est pas
témoin des faits. Cyril est conduit à l'hôpital
Saint-Antoine, où il est admis à 21 h 14.
A-t-il bénéficié des soins médicaux adéquats
?
Samedi est certes un soir d'affluence, mais Cyril ne voit un médecin
qu'à minuit. Puis à 3 heures du matin, dimanche. Le
patient est «calme», il reste sous surveillance. C'est
à 4 h 45 qu'il tombe dans le coma et chute de son brancard.
Il est transféré au service de réanimation. Une
heure plus tard, un scanner est fait. Compte tenu des risques d'hémorragie
cérébrale, Cyril est transféré vers 9
heures à l'hôpital Henri-Mondor à Créteil.
De son alcoolémie (2 grammes), relevée au matin, on
déduit qu'elle devait s'élever à 2,7 g au moment
des faits.
Les autorités ont-elles dissimulé la bavure ?
Dimanche, à 12 heures, la préfecture transmet un bilan
des heurts. On dénombre 52 blessés. «Personne
n'a été blessé grièvement ni hospitalisé»,
indique la préfecture, citée par l'AFP. Cyril est pourtant
dans le coma. Sandra cherche des nouvelles auprès des hôpitaux,
sans en obtenir. C'est finalement le syndicat SUD, lundi après-midi,
qui révèle l'information. Dans la soirée, la
préfecture fait savoir qu'elle a été avisée,
la veille, de l'hospitalisation «dans un état sérieux»
d'un «homme blessé lors des échauffourées»
consécutives à la manif anti-CPE. Hier soir, Jean-Claude
Marin, procureur de la République de Paris, a indiqué
qu'«aucune hypothèse n'est privilégiée»
dans l'enquête.
Source : http://www.liberation.fr/page.php?Article=368969
Alors que l'on aille plus me parler de "casseurs"
chez les manifestants, regardez déjà chez les forces
de l'ordre
par David, Forum de http://www.labanlieuesexprime.org,
21 mars 2006
Je voulais faire part de mon indignation, de ma stupéfaction,
de mon horreur, de ma HAINE. Lors de la manif d'aujourd'hui, samedi
18 mars 2006 à Montpellier, des actes policiers inadmissibles
se sont produits : les manfiestants ont decidé de passer par
le Polygone (haut lieu de la consommation, "temple de la consomation"
montpelliérain) afin de rejoindre la Comédie. L'entrée
dans le Polygone se passe sans anicroches, et la poursuite de la marche
parfaitement aussi.
Mais viens le moment où un homme lance une canette sur une
vitrine (une des rares non-baissées). Cet homme se trouvait
à quelques mètres de moi. Un homme a l'allure ordinaire
dans une manif. Au bruit du verre cassé, les vigiles prennent
peur : ils sautent sur un bar proche et attrapent des chaises, des
tables en fer, et les lancent sur les manifestants coincés
dans le Polygone. Les tables volent à 2 mètres de hauteur,
un etudiant en reçoit une en plein visage.... tout le mobilier
semble avoir des ailes, les vigiles lancent sans réfléchir,
le mobilier se fracasse sur les crânes des manifestants et des
personnes présentes dans le Polygone...
Tout le monde court, les femmes et les enfants dans les poussettes
tentent désespérément de rejoindre les sorties
sous une pluie de tables et de chaises..... C'est alors qu'intervient
le mouvement de panique : les BAC présents dans la manif revêtent
leurs brassards de police (et c'est là que je m'apercois que
l'homme a la canette (à l'aparence normale) est un flic !!!!
) et ces salauds gazent à tout va et balancent des grenades
aveuglantes et des lacrymos.......... Femmes enfants viellards sont
toujours là...... et en prennent plein la figure....... On
tente de sortir dans la panique générale. On gagne les
portes alors qu'une fille se fait piétiner (la malheureuse
est tombée dans le mouvement de panique).
On se retrouve sur la place à l'entrée du Polygone,
face a l' hHôel de ville. On soigne immédiatement les
blessés, on met du sérum, le jeune qui s'est pris la
table est mal en point, le crâne ouvert apparemment.... Les
visages sont tuméfiés, les yeux exhorbités.....
On pleure, on vomit, on hurle, les femmes et les gosses ne comprennent
pas....... C'est alors qu'on les aperçoit. Les CRS arrivent
sur la place par l'interieur du Polygone. Ils ouvrent les portes,
et nononon, ils ne se mettent pas en ligne. Ils attaquent direct,
et poussent tout le monde vers la sortie (vraiment ?) de la place.
Certains se retrouvent coincés, comme moi et mon amie, et les
coups de tonfa pleuvent..... on crie de ne pas frapper, qu'on va s'en
aller (un tel mouvement de panique, avec tout le monde qui court,
ne permet pas un quelconque acte de bravoure face aux CRS, comme il
y a eu au Corum jeudi 17. Heureusement on s'en tire sans trop de casse,
seulement des compagnons sont là-bas.... et souffrent sous
les coups de tonfa bien appuyés. On a honte de faire partie
de ce pays dans des moments comme ça. On court le plus rapidement
possible : rassemblement juste devant le Polygone. Alors vous nous
direz, oui, mais que foutiez-vous encore au Polygone ????? Ben c'est
tres simple : les lacrymos dans les yeux et les blessures dues aux
tonfas ne nous permettent pas d'aller bien loin.....
Les CRS bouclent l'entrée du Polygone, le calme semble revenir,
mais des femmes sortent du Polygone (le Polygone est en pleine évacuation)
en hurlant en tenant leurs gamins... on se croirait en temps de guerre......les
gosses pleurent, ils sont rapidement evacués... et les flics
qui sourient... bande de bâtards, sadiques, salauds... je ne
trouve plus mes mots... autour de moi c'est une scène d'horreur
: ya du sang, des vomissements, des blessés un peu partout,
certains ont les yeux exhorbités..... on a l'impression qu'ils
sont à l'agonie.....
Puis vient le bouquet final : un autre mouvement de panique, du à
une intervention musclée de la BAC pour arreter un jeune homme,
pour des motifs inconnus des manifestants mais que les flics ne tarderont
sans doute pas à lui trouver.... Le problème, c'est
que l'arrestation est : 1)ultra-violente, avec des coups portés
sur le jeune homme, et en plus, 2) le second gars de la BAC sort un
flash ball (au milieu de la foule) et tourne sur lui-même, nous
mettant tous en joue... on croit rêver... on hurle tous "tirez
pas, tirez pas !" et cet enfoiré prend plaisir à
nous viser..... l'oeil au viseur.. on s'attend a recevoir une balle
à n'importe quel moment... c'est affreux.... Finalement la
manif se dispersera quelques temps après...... Bilan :
1) la BAC a brisé une vitrine afin de créer un mouvement
de panique dans le Polygone.
2) les BAC et vigiles ont frappé violement, lancé des
tables et des chaises, et gazé dans un lieu public où
etaient présents femmes et enfants en bas âge, sans se
soucier des conséquences.
3) Ils ont matraqué de facon ultra-violente des blessés
a terre et rendus aveugles temporairement par leurs gaz lacrymogenes.
4) Ils ont mis en joue des manifestants pacifistes et on procédés
a une arestation ultra-violente. Alors que l'on aille plus me parler
de "casseurs" chez les manifestants, regardez déjà
chez les forces de l'ordre.
Vers une affaire Eunice Barber
par Eva John , L'Express, 21 mars 2006
La championne d'athlétisme a été placée
en garde à vue samedi pour avoir mordu deux policiers. Relâchée
dimanche, elle s'est plainte de la brutalité de son interpellation.
Une enquête est ouverte
Que s'est-il réellement passé samedi entre Eunice Barber
et des policiers? D'après les forces de l'ordre, la championne
d'athlétisme, au volant de sa voiture, aurait alors refusé
de suivre la déviation qui lui était indiquée
aux abords du Stade de France, où se déroulait le trophée
Andros automobile. L'athlète aurait foncé sur les deux
fonctionnaires. Toujours selon leurs témoignages, l'athléte
les aurait mordu au bras et à la jambe lors de son interpellation.
Eunice Barber a été placée en garde à
vue samedi et relâchée dimanche. Une enquête a
été ouverte.
Dans un communiqué, Me Emmanuel Daoud, l'avocat de la sportive,
mentionne que les gardiens de la paix ont fait preuve "d'une
particulière brutalité" à l'encontre d'Eunice
Barber. "Elle a été frappée alors qu'elle
se trouvait au sol et menottée". La jeune femme, acompagnée
de sa mère et de son neveu âgé d'un an, affirme
également avoir été menacée et avoir subi
des violences "dans le fourgon qui la transportait vers le commissariat
de police". Elle se "réserve le droit de déposer
plainte".
La championne du mon de de l'heptathlon (1999) et du saut en longueur
(2003) "tient cependant à préciser qu'elle conserve
toute sa confiance dans les services de police dont l'action difficile
et nécessaire ne saurait être entachée par le
comportement illégal de certains de ses représentants."
Eunice Barber pourrait être convoquée ultérieurement
pour s'expliquer sur ces violences présumées sur des
agents dépositaires de la force publique.
SANS PAPIERS ET ETUDIANTS : 4ème jour
d'occupation - POUR UNE CONVERGENCE DE LUTTE, CONTRE UN PRECARIAT
GENERALISE
Communiqué du 21 mars 2006
Depuis le samedi 18 mars 2006, 400 sans papiers, étudiants
et soutiens occupent les anciens locaux du Service Sociale d'Aide
aux Etrangers (SSAE) : 14, rue Auguste Perret - Paris 13e -Métro
Tolbiac.
Les sans papiers installés dans l'hémisphère
Nord par contrainte économique ou politique sont les premières
victimes de la globalisation économique, sociale et culturelle.
Provenant de ses ex colonies, une majorité d'entre eux (sur)vivent
en France dans des conditions dégradantes, esclaves hier sur
leur propre terre et aujourd'hui sur le territoire français.
Entre les piliers centraux du CPE et de l'immigration choisie (c'est-à-dire
les quotas) inscrit s dans la loi cyniquement baptisée «
L'égalité des chances » et le projet de loi dite
CESEDA de Sarközy, un objectif commun pour l'actuel gouvernement
: appliquer à la lettre les injonctions du MEDEF et du pouvoir
économique en multipliant les contrats précaires type
CNE et CPE par l'exploitation maximale de l'inépuisable armée
de réserve des sans papiers et des immigrés «
choisis », par une mise en concurrence de celle-ci avec les
salariés "de souche" afin de faire du salariat l'exception
et du précariat la norme.
Dimanche 19 mars, un courrier a été déposé
au cabinet de la présidence de la République par l'ensemble
des collectifs et structures signataires de l'appel afin d'obtenir
une audience avec le Président de la République.
Après 4 jours d'occupation, environ 150 sans-papiers issus
notamment des foyers ont rejoint ce mouvement d'occupation d'un bâtiment
vide depuis 6 mois, le dernier service d'aide social aux étrangers
ayant alors été supprimé par l'Etat. Des activités
de rencontres entre étudiants et sans-papiers, d'ateliers d'écriture
et de réflexion sont en train de se mettre en place pour faire
vivre à nouveau ce lieu, appartenant de fait aux sans-papiers
et à leurs soutiens.
De part notre présence dans ce lieu symbolique, nous exigeons
:
- le retrait de la circulaire du 21 février 2006 ;
- le retrait du projet de loi sur l'immigration CESEDA ;
- l'arrêt des rafles ;
- la régularisation globale des sans-papiers ;
- la mise à disposition des anciens locaux de l'ex SSAE par
le ministère du Travail et de la Cohésion Sociale aux
collectifs de sans-papiers d'Ile-de-France. En effet, ces locaux n'ont
fait aucune affectation ;
- le retrait de la loi sur l'égalité des chances, dont
ses amendements CPE-CNE.
CPE+CNE+SANS PAPIERS+QUOTAS = GLOBALISATION DU PRECARIAT
RASSEMBLEMENT QUOTIDIEN A 18 H 00
Avec le 9° collectif des sans papiers, le collectif de sans papiers
11°, le CSP 12°, le collectif de Montreuil pour les droits
des sans papiers, le CSP 77, le CSP 92, Droits devant !!, MRAP, CGT,
SUD EDUC., Alternatifs, Verts, CEDETIM, Autre Monde, Act UP, les étudiants
de la coordination francilienne, le collectif « Unis contre
une immigration jetable » (350 associations, syndicats, partis
politiques)
Contacts : 06.07.80.99.59, 06.33.11.92.24, 06.89.01.69.29, 06.03.58.39.59
Nicolas Sarközy en Martinique : Garcin
Malsa démonte une manipulation médiatique
Source : http://www.afrikara.com,
22 mars 2006
Garcin Malsa, maire de Sainte Anne en Martinique, indépendantiste
et président du Mouvement des Démocrates et des Écologistes
pour une Martinique Souveraine [MODÉMAS], revient sur la visite
surmédiatisée du président de l'UMP, ministre
d'Etat, de l'Intérieur et candidat favori à l'élection
présidentielle 2007, monsieur Nicolas Paul Stéphane
Sarközy de Nagy Bocsa. Alors que les thuriféraires du
paysage audiovisuel français ont tout fait pour présenter
sous un angle triomphaliste un déplacement avorté il
y a peu pour cause de refus des forces vives martiniquaises, le maire
indépendantiste démonte l'instrumentalisation de l'île
rebelle par une indigne opération de communication dans une
déclaration que la rédaction d'Afrikara.com rend disponible
à ses karanautes. Cette réaction tranche avec les silences
des élus de tous bords, la très suspecte complaisance
des professionnels de l'information comme « tenus » de
quelques façons ou partie intégrante d'une équipe
informelle de campagne qui utilise les appareils publics d'information
collective et citoyenne aux fins d'un individu candidat.
« Au prochain renouveau le peuple fera sa sélection »
Contrairement à ce que les images télévisées
nous ont montré, quant à la venue de Mr Sarközy
en Martinique, ce dernier n'a reçu aucun accueil populaire.
Il a certes été accueilli par les militants de son parti
et les Présidents du Conseil Général et du Conseil
Régional, ainsi que par le Mr le Maire de Fort-de-France, mais
sans tambour ni trompette. Lesquels ont avancés l'argument
du respect des règles républicaines pour justifier leur
geste. Mais, c'est par respect de ces mêmes règles républicaines
qu'en qualité de 1er magistrat de la ville de Sainte-Anne,
j'ai mis le stade et les espaces annexes au service de Mr Le Préfet,
de la délégation ministérielle pour que les hélicoptères
accompagnant Mr Sarközy puisent atterrir sans difficulté,
avant qu'il ne soit conduit au Club Méditerranée.
Ceci fait, j'ai donc estimé que rien, ni personne, qu'aucune
règles ne m'obligeait à recevoir Mr Sarközy. Seul
le devoir d'être cohérent politiquement et idéologiquement
avec l'action que le peuple martiniquais a initiée et internationalisée
le 6 décembre 2005, m'a guidé quand j'ai dit que je
ne recevrai pas Mr Sarközy à Sainte-Anne. Ce n'est pas
un acte de courage de ma part, c'est un geste de bon sens ; et c'est
par respect des Martiniquaises et des Martiniquais et de tous mes
frères et s¦urs des banlieues de France et des pays
autrefois colonisés que j'ai dit non à Mr Sarközy.
Par contre, je l'affirme, ceux qui, hier, étaient dans les
rues à dénoncer la « loi de la honte &