France

L’Imam de Lyon Bilal Chouhir expulsé vers la Tunisie - Le Ministère de l’Intérieur lui reprochait des propos d’un « islamisme radical anti-occidental » et d’avoir critiqué le candidat aux présidentielles Nicolas Sarkozy


Par le Collectif de la Communauté Tunisienne en Europe, 21 décembre 2006


Nous venons d’apprendre avec consternation l’expulsion de notre compatriote Bilal Chouhir au cours de l’après-midi de ce jeudi 21 décembre 2006 à bord d’un bateau en partance vers Tunis.
Bilal, 50 ans, cardiaque (a eu une attaque en juillet 2005), diabétique, et père de six enfants en bas âge, a fait l’objet d’un arrêté ministériel d’expulsion par « nécessité impérieuse pour la sûreté de l’Etat et la sécurité publique » en date du 15 novembre.
Transféré au Centre de rétention du Canet, il a été programmé une première fois pour être expulsé le 7 décembre (voir notre communiqué paru sur Tunisnews N 2388 du 05.12.2006), mais il semble que le laisser-passer ne lui a pas été accordé par le Consulat, ce qui motivé l’ajournement de l’expulsion.
La famille de Bilal est choquée par cette expulsion qui la prive d’un mari, d’un père et d’un frère. En plus de son inquiétude pour leur avenir et pour les sources de leur subsistance, car le restaurant tenu par M. Chouhir a été fermé depuis qu’il a été arrêté le 30 novembre.
Situation dramatique aussi pour ce père de famille, car d’origine modeste, il n’a personne pour l’héberger et surtout pour assurer ses soins médicaux en Tunisie.
Quant aux accusations alléguées par le Ministère, elles sont sans fondement (voir le même communiqué du 5 décembre). Il semble à la lecture du document du Ministère détaillant les griefs retenus contre lui, que la mesure d’expulsion est le produit à la fois d’un règlement de comptes entre les tendances et fractions rivales musulmanes locales, la tendance salafiste n’ayant pas les faveurs des pouvoirs en place, et aussi la conséquence de motifs de
politique nationale où le candidat Sarkozy craint fort en l’Imam Bilal Chouhir une personnalité « charismatique », comme il est précisé dans le document ministériel, qui pourrait lui aliéner les voix des jeunes (et moins jeunes) musulmans lyonnais lors des prochaines élections présidentielles de 2007.
Notre Collectif dénonce fermement ces manœuvres politiciennes indignes qui mettent en danger la vie de d’un homme sage et pacifique, respecté et aimé de tous ceux qui l’ont approché, y compris des autorités locales lyonnaises avec lesquelles il a été en contact professionnellement avant l’ouverture de son commerce.
Nous demandons instamment aux autorités françaises d’intervenir auprès des autorités tunisiennes afin qu’elle épargnent à M. Bilal Chouhir des interrogatoires inutiles et dangereux pour sa santé, interrogatoires qu’il pourrait subir suite aux accusations sans fondement proférées contre lui par le Ministère de l’Intérieur.
Nous tenons solennellement les autorités françaises pour responsables des conséquences éventuelles directes et indirectes sur la santé de M. Chouhir que cette expulsion risquerait de provoquer, et nous exigeons enfin son retour immédiat et inconditionnel en France pour vivre paisiblement et en sécurité auprès de sa famille.
Source : CCTE, 1 rue Cassini, 75014 Paris – Tél : 01 43 29 68 98 ; mondher.sfar@club-internet.fr

 

« Chaque prison a son petit Guantanamo... »


Par Laurent Mouloud, L’Humanité, 21 décembre 2006


Tribunal de Beauvais . Quatre prisonniers en longue peine ont témoigné de l’enfer tribunal de Beauvais . Quatre prisonniers en longue peine ont témoigné de l’enfer carcéral pour défendre le journal l’Envolée, attaqué en diffamation par l’administration pénitentiaire.
Ce sont quatre « longues peines ». Des détenus que l’on n’entend jamais. Pourtant, mardi dernier, ils ont pu s’exprimer longuement devant le tribunal correctionnel de Beauvais. Dans la peau des témoins privilégiés de l’univers carcéral. Tous ont un point commun : ils ont écrit dans le journal l’Envolée, une parution confidentielle (500 exemplaires) qui publie des lettres de détenus. Ce sont ces courriers, accablants pour l’administration pénitentiaire (AP), qui valent à Denise Ledu, la directrice de la publication, de se retrouver à la barre pour diffamation. On ne l’entendra pas beaucoup. Sa défense est simple : laisser les quatre auteurs des lettres raconter leur enfer quotidien. Histoire de montrer qu’ils n’ont rien inventé.
Les voilà en rang d’oignons, dans le box. Le premier d’entre eux est André Allaix, cheveux châtains, la trentaine sportive. Le 24 novembre 2003, avec un autre détenu, il avait retenu en otages deux surveillants et un formateur de la centrale de Moulins-Yzeure pendant plusieurs heures. Leur but ? Protester contre leurs conditions de détention. Une fois rendu, Allaix assure avoir passé un sale quart d’heure entre les mains des équipes régionales d’intervention et de sécurité (ERIS), des groupes encagoulés créés en 2003 et formés spécialement pour ramener l’ordre dans les prisons. C’est ce passage à tabac, dénoncé aussi par la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), que le détenu a décrit dans un numéro de l’Envolée. Et que l’AP ne veut pas laisser passer.
Bien énervé, le jeune homme ne retire pas un mot à son récit. « Ils m’ont fait une haie d’honneur sur 300 mètres, raconte-t-il. Arrivé au mitard, ils m’ont jeté au sol. Ils me foutaient des coups de pieds, m’ordonnaient de fermer les yeux pour pas que je les reconnaisse. Ils étaient 14 surveillants dans 8 mètres carrés... » Allaix ne prend aucun gant : « J’affirme que ces hommes sont des barbares, des tortionnaires et des pervers, lance-t-il au président ? Jean-Luc Dooms. Quand on vous écrase les couilles avec la main et qu’on vous met un doigt dans le cul, vous appelez ça comment ? » Puis, il se tourne vers le procureur : « Après tout ça, vous osez attaquer les quelques personnes qui ont le courage de dénoncer ces faits ? »
André Allaix prendra cher pour sa « prise d’otages » : quarante-cinq jours de mitard et une peine de quatre ans d’emprisonnement supplémentaires, prononcée vingt-six jours seulement après les faits. Écoeuré : « Moi, trois ans après, je n’ai toujours aucune nouvelle de ma plainte ! » Puis, vient le tour de Laurent Jacqua. Ce quadragénaire au nez de boxeur a aussi eu affaire aux hommes des ERIS. Le 5 mai 2003, une fouille surprise dans le quartier d’isolement de la prison de Bois-d’Arcy a dégénéré en tabassage. Laurent Jacqua explique s’être retrouvé nu, palpé, frappé et finalement traîné à travers la détention devant le personnel féminin. « J’ai été condamné pour des faits, lâche-t-il, pas pour me faire torturer... »
Dans le numéro 14 de l’Envolée, Laurent Jacqua racontera aussi comment lui, le malade du sida, se verra envoyé par l’administration pénitentiaire en quartier d’isolement, malgré les certificats médicaux. « Cette réalité-là, ce sont des braves gens comme madame qui peuvent la raconter », dit-il en se tournant vers Denise Ledu. Calme, Xavier Vanlancker est le dernier à témoigner. Il a rédigé des articles peu amènes sur la prison de la Santé. Les ERIS ? Il a sa définition : « Des groupuscules répressifs, formatés pour instaurer un climat coercitif. » En guise de conclusion, il aura cette belle formule : « Dans chaque prison, il y a un petit Guantanamo... »
Pas vraiment décidé à se faire le défenseur d’un milieu carcéral décrié, par ailleurs, à longueur de rapports parlementaires, le procureur Édouard Lecat dénonce tout de même « l’exagération » des auteurs des lettres. « Les agents de la pénitentiaire sont, par principe, présentés comme des tortionnaires et les prisons sont comparables à celle d’Abou Gharib ! » Il réclame une peine d’amende, sans fixer
de montant. De son côté, Me Irène Terrel n’en rajoute pas. « En voulant condamner l’Envolée, c’est la parole brute des prisonniers que l’on veut faire taire. » L’avocate dénonce la « schizophrénie » des pouvoirs publics. « D’un côté, on s’accorde à dénoncer l’état des prisons, de l’autre on poursuit des détenus qui s’expriment avec leur langage ! » Elle réclame des dommages et intérêts pour procédure abusive.
Jugement le 20 février.
Source : http://www.humanite.presse.fr/journal/2006-12-21/2006-12-21-842614

 

Un supporter du Paris Saint-Germain tué par balle par un policier à Paris

Un supporter du Paris Saint-Germain a été tué par balle et un autre a été grièvement blessé par un policier, jeudi soir, près du Parc des Princes après une rencontre de coupe de l'UEFA contre le club israélien de l'Hapoel Tel-Aviv.
Le policier, un agent en civil de la police régionale des transports, d'origine antillaise, a ouvert le feu dans des circonstances encore floues sur un groupe de supporters du PSG liés au "cop Boulogne", marqué à l'extrême droite.
L'un d'eux a été tué sur le coup et un second grièvement blessé, a été transporté dans la nuit à l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière.
La police a interpellé plusieurs témoins ou protagonistes de la scène qui étaient interrogés dans la nuit de jeudi à vendredi. Une enquête a été confiée à l'Inspection générale des services, qui a placé l'auteur des coups de feu en garde à vue.
Plusieurs versions des faits ont été présentées de sources policières. Selon un haut responsable de la préfecture de police, le drame s'est produit alors que plusieurs dizaines de supporters du PSG tentaient de s'en prendre à un jeune Français arborant les couleurs du club israélien qui venait de battre les Parisiens 4-2.
Ce jeune homme était menacé par les partisans du club de la capitale qui scandaient "La France aux Français!".
Il se serait réfugié auprès du policier d'origine antillaise et les supporters d'extrême droite parisiens les auraient pris à partie. Le policier aurait d'abord fait usage d'une bombe lacrymogène, puis de son arme de service.
Le jeune supporter français de Tel-Aviv n'avait pas été retrouvé à 01h00 GMT.
Selon une source syndicale policière, l'auteur des coups de feu a été pris à partie directement et insulté par les supporters d'extrême droite alors qu'il se trouvait dans un restaurant McDonald's, proche du Parc des Princes. Il aurait alors ouvert le feu dans des circonstances indéterminées.
Le parquet de Paris devrait ouvrir une enquête dès vendredi.
Le PSG a connu de nombreux problèmes de violence dans le passé avec ses supporters d'extrême droite, qui se réunissent dans la tribune Boulogne. Ils sont allés jusqu'à provoquer des affrontements avec d'autres groupes de supporters du club originaires de la banlieue parisienne.
Source : Reuters, 24 novembre 2006

Première grève ouvrière pour la régularisation de sans-papiers embauchés : l’exemple de MODELUXE dans l’Essonne doit faire tache d’huile !


Par la Coordination nationale des sans-papiers en lutte, 6 octobre 2006


Les ouvriers de la société Modéluxe à Chilly-Mazarin dans l’Essonne ont déclenché une grève avec occupation de leur entreprise.
Les travailleurs de l'entreprise français, immigrés en situation régulière et sans-papiers avancent la revendication de la régularisation des sans papiers embauchés dans par la société Modéluxe. Les travailleurs sont au total 150 dans cette société dont 22 sont sans papiers. Certains sans papiers y travaillent avec fiche de paie depuis plusieurs années.
Cette grève de tous les ouvriers sur une telle revendication est une première dans l’histoire sociale exemplaire de la France. Et la CGT première organisation syndicale du pays prend entièrement ses responsabilités conformément à son histoire et à ses valeurs historiques en organisant le combat
social pour l’égalité de statut entre les travailleurs sans discrimination sur ethnique, raciale ou sur l’origine.
Avec ou sans papiers nous sommes tous des travailleurs telle est la devise fondement de l’unité et de la solidarité ouvrière que la classe ouvrière de Modéluxe traduit dans la vie.
L’entrée en scène du mouvement ouvrier organisé dans les entreprises par la grève solidaire est un début, un commencement, une première, un tournant important et décisif dans le combat des sans papiers pour la régularisation globale. Mais nous ne sommes nullement surpris, même si nous savons parfaitement à la CNSP que ce n’est pas chose aisée et facile. Nous ne pouvons que rappeler qu’un aspect fondamental de notre ligne politique stratégique à la CNSP a toujours été de définir la lutte des sans papiers pour les papiers pour tous comme entièrement partie prenante du mouvement social de France.
Comme nous n’avons cessé de l’écrire depuis 10 ans, l’émergence de la lutte des sans papiers le 18 mars 1996 doit beaucoup au mouvement gréviste de novembre/décembre 1995. Peu se rappelle aujourd’hui que lors de cette formidable lutte sociale gréviste, la classe ouvrière cheminot, puis les autres secteurs du monde du travail qui se sont remorquer à la locomotive des ouvriers du rails ont posé lors des grandes manifestations d’alors dans différentes villes de France des actes de solidarité en direction des sans papiers. C’est ainsi que les ouvriers d’EDF actuellement en voie de privatisation ont d’autorité rétabli le courant dans des squats où des sans papiers et sdf s’étaient réfugiés ou encore des manifestations se sont opposées à l’arrestation et l’expulsion de sans papiers. De telles actions ont tout simplement donné du courage aux sans papiers.
C’est de là selon nous après une longue période de clandestinité forcée les réduisant à des numéros de dossiers en Préfecture ou à des faits divers dans les journaux, les sans papiers ont pris le relais de la lutte le 18 mars 1996 au moment même où les derniers bastions de lutte du mouvement gréviste de classe de novembre/décembre 1996 s’arrêtaient vers fin janvier et début février 1996.
Ce rappel est important pour bien montrer que le 20 juillet 1996 lors de l’Assemblée Générale constitutive de la CNSP cette donne était fortement présente dans l’esprit des délégués
constituants.
Depuis selon les réalités militantes de chaque collectif de sans papiers des efforts solidaires en direction des autres travailleurs en lutte ont marqué la longue marche des sans papiers pour la régularisation globale.
L’exemplaire grève des Modéluxe vient aussi prolonger la formidable mobilisation du RESF (Réseau Éducation sans frontières) contre la chasse à l’enfant sans papiers et l’action des associations partenaires du réseau « Uni(e)s contre l’immigration jetable », des parrainages républicains de sans papiers à travers tout le territoire hexagonal.
Le Modéluxe prolonge aussi la solidarité exprimée par les personnalités du sport, de la musique, du cinéma, des religions, des universitaires avec la résistance digne et brave des 1000 de Cachan.
L’égalité de statut légal est le fondement indispensable de l’unité et la solidarité entre tous les travailleurs. La participation des travailleurs à statut légal, français ou immigré en situation régulière, à la lutte des travailleurs à statut illégal et vice versa brise la division du front des travailleurs et démasque la stratégie patronale et gouvernementale de diviser pour mieux régner.
L’unité et la solidarité ouvrière entre tous les travailleurs à statuts légaux différents, d’origines différentes, de nationalités différentes est un rempart absolu contre l’instrumentalisation idéologique de la prétendue question de l’immigration, des sans papiers à des fins
électoralistes.
La CNSP adresse ses plus vives félicitations, sa grande gratitude aux Modéluxe et à l’ensemble du mouvement ouvrier, syndical.
La CNSP déclare que faire tout pour que l’exemple des Modéluxe fasse tâche d’huile, c’est frapper là où ça fait mal aux patrons profiteurs du travail clandestin et du même coup contraindre les politiciens vassaux du patronat à régulariser,
voire à abroger les lois racistes. C’est cela construire un rapport des forces dans l’opposition capital/travail qui soit bâti sur l’unité et la solidarité entre travailleurs.
La CNSP appelle tous les travailleurs, tous les syndicats, tous les citoyens, toutes les associations à envoyer leur lettre de soutien aux grévistes de Modéluxe et à Sarkozy pour exiger la régularisation des sans papiers de Modéluxe et la fin de l’apartheid des statuts au sein du monde du travail.

 

Dieudonné renonce à la candidature pour la présidentielle de 2007

Par Ginette Hess Skandrani et Abdelhakim Sefrioui, Paris, 9 octobre 2006

Nous venons d'apprendre que lors d'une réunion au Théâtre de la Main d'Or le 3 octobre, Dieudonné a annoncé qu'il se retirait de la campagne. Nous sommes soulagés, car cette campagne commençait à prendre une mauvaise tournure et risquait de le brouiller avec beaucoup de monde.

Nous avions quitté le bureau de campagne où nous étions désignés comme conseillers politiques, dès juin 2006. Nous avions attendu la fin des vacances afin d'en faire part à Dieudonné lors d'une entrevue au Théâtre de la Main d'Or.

Nous savions depuis le début que cette campagne serait très dure à gérer, car Dieudonné étant un candidat atypique, sans organisation politique et sans mécène pour le soutenir financièrement, il était évident que son staff de campagne serait également atypique, venant de tout horizon politique, social ou culturel.

Cela ne nous dérangeait pas, nous étions prêts à briser quelques tabous et à travailler avec tous, mais dans la clarté politique et en ayant établi quelques règles à ne pas transgresser comme : le respect de la diversité, la liberté d'expression, l'égalité du droit pour tous ainsi que la promotion d'une société muticulturelle.

Mais, nous nous sommes vite rendu compte que les décisions, les implications politiques, les programmations stratégiques n'étaient jamais discutées et se prenaient dans une obscurité totale et sans consultation aucune.

Nous ne pouvions, dans ces conditions, que nous retirer. Ce que nous avons fait. Beaucoup de représentants d'associations ont fait pression sur nous afin que nous dénoncions cette campagne. Nous avons refusé, car Dieudonné, même s'il a fait confiance à des gens qui ne partagent pas nos valeurs, est et restera toujours un de ceux qui ont amené énormément dans le combat antisioniste et pour la liberté de parole dans ce pays où les mots sont pesés et soupesés. Nous lui garderons notre estime pour les combats à venir, tout en espérant qu'il saura mieux choisir ses associés.

Le combat continue.

 

En exclusivité sur Grosland News International : une interview de Nicolas Sarkozy


Par Mariam SERI-SIDIBE, en direct du Fourgon de Police, un peut secouée, pour Grosland News International, 6 octobre 2006
Malgré nos attaques virulentes contre sa petite personne, Nicolas SARKOZY a accepté de nous recevoir afin de mettre les points sur les I, et de l'ordre dans les informations.
C'est donc sous la plus haute escorte que nous avons été reçu Place BEAUVEAU.
Voici donc, en exclusivité pour vous chers lecteurs, l'interview le plus musclé de notre rédaction.
Dès notre arrivée nous avons eu un comité d'accueil spécial tout de bleu vêtu
"Aie, Aie, Pas sur la tête, je vous dis qu'on doit être reçu par Monsieur SARKOZY".
"Ouais c'est ça t'as raison, moi j'ai rendez-vous avec le Pape !"


Mariam SERI SIDIBE (M.S.S.). : Bonjour, Monsieur le Ministre !

Nicolas .SARKOZY.(N.S.) : "Bonjour !!!! Je vois que vous avez fait connaissance avec une partie de mon staff". "Vos Papiers, noms, prénoms, adresse, et profession !!!!

M.S.S. "Monsieur le Ministre, je viens pour l'interview, donc les questions c'est moi qui les pose, si vous me le permettez".

N.S. : "Dites-donc, vous, vous m'appelez Monsieur le Ministre maintenant ? J'ai cru comprendre qu'en d'autres lieux, vous m'appelez Naboléon !!! c'est exact ? oui ou non ?"

M.S.S. : "Euh, oui, Monsieur le Ministre"

N.S. : "Parlez plus fort, j'ai rien entendu"

M.S.S : "Oui, Monsieur le Ministre, c'est exact !!! Mais pourriez-vous demander à votre secrétaire qu'il me détache, les menottes ça m'abime les poignets !!!

N.S. : Bon c'est bon Robert, détache-la, qu'on en finisse avec cette racaille de gauchiste à la solde de l'étranger !"

M.S.S : Ah Merci, Monsieur le Ministre, je suis plus à l'aise maintenant ! Bon euh, comment allez-vous, Monsieur le Ministre".

N.S. : Très bien je vous remercie de vous préoccuper de ma "petite personne"

M.S.S. : Euh, Monsieur le Ministre, votre très haute majesté, il semble qu'avec votre ami Dominique, certains point de vue diffèrent, notamment en ce qui concerne la carte de scolarité".

N.S. : En effet, je trouve qu'il faut absolument revenir sur cette fameuse carte de scolarité qui enferme les enfants dans un ghetto. Alors que chaque parents doit pouvoir inscrire son enfant là ou il veut, même à plusieurs kilomètre de chez lui afin de lui assurer un meilleur avenir. Je ne vois pas pourquoi un enfant d'Aubervilliers, n'irait pas en classe à Bamako si ces parents le souhaitent. Et dans un souci d'équilibre familial, nous renvoyons également les parents habitez dans le quartier le plus proche de son école comme ça ils pourront venir le chercher tous les soir, plutôt que de le laissez en garderie.

M.S.S. : Oui mais le problème on leur demande pas leur avis, aux parents !!

N.S. : Ecoutez, on leur demande déjà leurs papiers et ils sont pas foutus de nous les présentez sur le champs, alors leur avis on s'en fout ! De plus parlent pas français ceux-là, même Robert le CRS qui vous a gentiment accompagné jusqu'à mon bureau, y comprend rien à ce qu'ils disent. Et pourtant Robert, il fait Mat' Sup' (Maternelle Supérieure NDLR).

M.S.S. : Euh, concernant vos lois sur la prévention de la délinquance, ne pensez-vous pas que ficher un gamin dès l'âge de trois ans comme futur délinquant, c'est un peut tôt tout de même ?

N.S. : Ecoutez, non. D'ailleurs en y réfléchissant bien, je crois même qu'on va améliorer ce dispositif de prévention de la délinquance. Je vais carrément demander que le fichage ait lieu dès la première échographie. Ainsi, dès le 9ème ou dixième jour, on verra si cette future petite racaille aura envie de venir emmerder son monde !!! Surtout si elle a des cheveux crepu, ou des yeux bridés, ou qu'elle parle pas français quand on lui cause.

Par contre, s'il s'avère que tel n'est pas le cas, je lui proposerait une adhésion à l'UMP avec en prime une phtoto dédicacée de Johnny Hallyday et de Doc Gényco.

M.S.S. : Oui, j'suis pas sûre qu'le mome, il aura envie de prendre le frais, avec ça !!!

N.S. : Vous murmurez quoi là ?

M.S.S. : "Non, rien, je pensais à ma prochaine question"

N.S. :AH BON, J'PREFERE ET FAITES ATTENTION, VOUS, J'AI UN DOSSIER SUR VOUS ET TOUTE VOTRE FAMILLE DE GAUCHISTES !

N.S. : "Mais j'ai rien fait moi, Monsieur le Ministre".

M.S.S : Non, mais on trouvera bien quelque chose. D'ailleurs je sais précisément ce que faisait votre père le 19 Mars 1962 à Evian avec quelques amis bazanés.

M.S.S. : Ah oui, et il faisait quoi ?

N.S. : Vous foutez pas de ma gueule !!! Il était en train de signer des papiers avec ses petits copains du FLN, ah ca vous en bouche un coin, ca hein ?

M.S.S : Ben en fait, c'est surtout ma mère que ca va rassurer, elle qui croyait qu'il était en train de s'envoyer la grosse Bertha entre midi et quatorze heures ...
Bon mais reprenons sur vos idées à vous et pas sur la vie privée de mes parents.

N.S. Oui, excusez moi, c'est une déformation professionnelle, je veux tout savoir sur tout le monde.

M.S.S. : Votre slogan à l'UMP, c'est construisons la France de Demain. Alors moi je vous demande avec qui vous voulez la construire cette France.

N.S. : Mon frère Guillaume est très bien placé au MEDEF et a ses entrées chez Bouygues et à TF1. Donc, cette France de demain, je l'imagine en béton. C'est ainsi que nous envisageons de construire un mur qui longerait la méditérannée et l'océean atlantique jusqu'à la mer du Nord. Evidemment c'est pas nous qui mettrons à la main à la truelle, mais nous envisageons d'enrôler cette bande de feniasse que vous appelez chômeurs, syndicalistes et autres pas français depuis une génération, afin de vous les foute au turbin le plus vite possible. Et s'il le faut on ressortira le fouet et le karcher.

Moi c'est cette france là que j'aime, celle du travail, de la famille, et de la Patrie.

(La Nico, il se lève et lève le bras droit en se prenant pour Jules Cesar, moi ca me rappelle un autre petit brun qui montait sur des cagettes en 1923 en Allemagne).

Qu'est qu'il y a, vous avez froid tout d'un coup ?

M.S.S. :Non, Monsieur le Ministre, j'ai juste un peu peur.

N.S. : Mais peur de quoi, vous êtes pas bien ici ?

M.S.S. : Ben non, j'me sens pas à l'aise. !!!

N.S. : Mais si, détendez-vous ? voulez vous que je vous offre un Scotch ?

M..S.S. : Ah non pas le scotch sur la bouche, je suis alergique aux adhésifs, ca me fout des boutons partout.

N.S. : Mais, non pas le scotch qu'on vous offre sur Air Sarkozy, mais un digestif ?

M.S.S. : Euh, non, non merci, ça ira !!! Reprenons, si vous le voulez bien, notre entretien.

N.S. : Vous me demandiez avec qui je veux construire la France, honnêtement je ne sais pas, mais ce que je sais c'est qui que je foutrait dehors, ou empêcherait de rentrer dans ma belle France et croyez moi, y aura du monde aux portillons.

M.S.S : Monsieur le Ministre, beaucoup ne comprennent pas qu'en tant que fils d'immigrés, vous soyez aussi répressif avec ceux qui comme votre père en son temps, demande l'asile politique.

N.S. : Ouai, y a immigrés et immigrés. Moi mon père, il a su s'intégrer, faut dire qu'il venait du froid, et que dans son pays, il a pas réussi à y rester parce que le rouge n'allait pas à la couleur de son teint. Il a pris ses valoches et il est venu en France. Mais il a fait un effort, lui, il est devenu encore plus blanc. C'est quand même pas d'ma faute si ces bronzés spécialistes du djembés et du croissant, z'arrivent pas à s'intégrer. Ils font aucun efforts. Comme le dirait mon ami Mikael, c'est quand même pas difficile pour un ex-noir de se faire accepter dans cette société. Suffit juste de danser le moonlight et de s'blanchir la peau.

M.S.S. : Oui, sauf que les jeunes que vous voulez karchériser, même s'ils ont des têtes de Nègre ou de Gnoulbou, ils sont nés en France, font leur école en France et choment également en France, bref ils sont comme leurs petits copains auvergnats, ou bretons.

N.S. : Ouai, mais c'est pas marqué sur la tête de Mouloud ou de Mamadou qu'il est né en France. On peut pas savoir. Mais cela me donne une idée. La Carte d'Identité tatouée sur le front dès la naissance. Qu'est que vous en pensez, vous ?

M.S.S : Pas grand chose. Sauf que moi j'me vois pas avec se genre de maquillage sur la tronche.

N.S. : J'parlais pas d'vous, mais de ceux que ca s'voit qu'ils sont pas Francaise. Quoique vous en vous regardant bien ... Zetes pas frenchy non plus.

M.S.S. : Ben non avec un père guadada et une mère un peu boche ....

N.S. : Guadada, c'est ou ca, connait pas ! Ca va pas être facile de vous renvoyer. Non je plaisantais bien sur.

M.S.S : Ah bon, j'ai eu peur. Mais puisque vous me parlez de l'étranger, comment c'est déroulé votre séjour au Sénégal ?

N.S. : Bien, je vous remercie. Mais y a beaucoup de noirs la bas, on se croirait dans un gymnase à Cachan. Y'en a même un qu'est Président de la République. Ah ca j'étais épaté. En plus, il était plus grand que moi. Ce qui m'a surpris c'est qu'il dit être avocat et il savait bien tenir son stylo, il savait bien écrire le français, alors que moi le wolof, que dalle. Il m'a offert une belle nappe pleine de trous.

M.S.S. : Sauf tout le respect que je vous doit, cela s'appelle un boubou, c'est en bazin riche et ca se porte pendant les grandes cérémonie.

N.S. : Ouai n'empêche que Cécilia elle en a fait une belle nappe.

M.S.S : De quoi avez vous parler avec Monsieur WADE.

N.S. : Ben du nombre de Sénégalais qu'auront le droit de venir s'entasser en France dans des foyer SONACOTRA. On était pas d'accord sur les chiffres, mais en fait ca n'a été qu'une question de temps. On savait pas comment faire pour les compter et on a eu une idée géniale. On a qu'à mettre des flic à la sortie des concerts de Youssou NDOUR à Bercy, comme on aura une vague idée du nombre qu'on peut accueillir dans un stade.

M.S.S. : Vous êtes un passionné de voyages, on l'a vu tout dernièrement avec votre récent séjour aux States. D'ailleurs il semble que vous vous inspirez des méthodes de Georgie le Cow-Boy, pour régler les problèmes dans les banlieues en France.

N.S. : Oh, la la, vous me flattez en me comparant au Grand Georges. Toutefois, nous avons du adapté la méthode aux us et coutumes de France. En effet, nous n'avons pas les moyens d'envoyer les GI'S aux Mureaux ou aux Tarterets, donc nous nous contentons des CRS. Et puis avec quelques potes bien placés à TF1 nous nous amusons à filmer les scènes que nous nous repassons ensuite en boucle sur notre magnétoscope. Vous voyez on s'ennuie pas chez les SARKO.

M.S.S : Non, c'est ce que je vois. Mais j'ai pu constater dans votre programme pour la France de 2007, que la culture ne tient pas beaucoup de place. Cela ne fait-il pas partie de vos préoccupations ?

N.S. : Qu'insinuez-vous là, je j'aurai pas de tuture ? Non mais vous êtes gonflée vous, on voit que vous n'avez pas le privilège de diner en privé avec Jean RENO, Christian CLAVIER ou Didier BARBELIVIEN. En plus vous devez êtes jalouse de mes conversations philosophiques avec Johnny Hallyday et Doc Gynéco, qui me sont de précieux conseils sur les tendances artistiques, culturelles et politiques du moment. Si ca c'est pas d'la tuture, on s'demande c'que c'est.

M.S.S. : Pour une fois, nous nous posons la même question.

N.S. : Ben vous voyez qu'on pourrait s'entendre. Bon il faut que j'aille rejoindre Cécilia qui passe vraiment trop de temps chez son imprimeur. Va falloir que j'enquête sur ce zigoto et savoir ce qu'il a de plus que moi. Ce fut un plaisir de bavarder avec vous. Robert ramène la p'tite au Fourgon.
J'espère que nous aurons l'occasion de nous revoir.

M.S.S. : Ah Monsieur le Ministre, je crois que ca va pas être possible, pas du tout, du tout, du tout.

22 ouvriers sans-papiers occupent leur entreprise pour être régularisés à Chilly-Mazarin

Convoqués en vue de leur licenciement, vingt-deux travailleurs sans-papiers de la blanchisserie MODELUXE à Chilly-Mazarin, ont entamé un mouvement de grève depuis le vendredi 29 septembre. Ils occupent les locaux de l’entreprise pour exiger leur régulation. Les autres salariés les ont rejoints dans la grève en signe de solidarité.

Ces sans-papiers travaillent depuis plusieurs années dans cette société avec l’accord implicite de la Préfecture, officiellement au courant de la situation depuis décembre 2004. Constamment menacés d’expulsion, ils ont dû se plier à des conditions de travail inacceptables.

SOLIDARITE AVEC LES SANS-PAPIERS

Alors que la médiatisation du Squat de Cachan a encore une fois mis en lumière les difficultés de vie auxquelles les immigrés sont confrontés, l’exemple de MODELUXE démontre la façon dont le patronat et l’Etat exploitent les travailleurs immigrés sans-papiers.

Nous, Collectif Nord-Essonne du 29 mai soutenons le combat de ces sans-papiers et appelons à leur régularisation immédiate. Dans notre « Charte pour une alternative au libéralisme », nous exigeons : « Abroger les lois discriminatoires à l’encontre des migrants et garantir leurs droits, à commencer par une régularisation des sans-papiers et à l’octroi d’une carte de résident de dix ans ; réhabiliter le sens de la fraternité autant que celui de la solidarité. Abroger toutes les lois liberticides. »

Pour en savoir plus : http://collectifnord91.lautre.net/

02/09/06 - L’ex-imam irakien clame son innocence


Yashar Ali est assigné à résidence à Pontivy. Il est soupçonné d’appartenir à une mouvance radicale de l’islam. Lui se dit pacifiste.
« Je n’ai jamais rien dit, jamais rien fait ». Yashar Ali, un Kurde irakien de 45 ans, ancien imam de la mosquée El-Assalam d’Argenteuil, en région parisienne, clame son innocence. Pourtant, depuis jeudi, il est assigné à résidence à Pontivy. Il habite une chambre d’hôtel, avant de trouver un appartement où s’installer. La sous-préfecture de Pontivy et la préfecture de Vannes sont très discrètes à son sujet. On sait seulement qu’il est considéré comme un islamiste radical par la DST et les Renseignements généraux. Il vient de Mende en Lozère, où il était assigné à résidence depuis deux ans. Pour quelle raison ?
« Il est depuis 23 ans en France. En 2004, du jour au lendemain, il a été convoqué par la police », explique un responsable du comité de soutien créé à Mende autour de l’ex-imam. « On lui a collé des accusations sur le dos, qui ne sont pas vraies. C’est un sunnite très ouvert ». L’intéressé lui-même affirme : « Je suis pacifiste et suis contre la violence. J’ai condamné les attentats du 11 septembre. L’islam, ce n’est pas ça. »
Yashar Ali se réfère au témoignage d’un chercheur de l’Ecole des hautes études en sciences sociales, Samir Amghar, spécialiste du salafisme. Il sort un article du journal Libération du 14 mars, dans lequel l’universitaire affirme : « Le ministère de l’Intérieur commet une grossière erreur en associant automatiquement salafisme et terrorisme. En vérité, le salafisme se divise en deux courants : l’un, en effet, jihadiste, ultraminoritaire en France, et l’autre piétiste et complètement pacifiste. C’est à ce dernier que Yashar Ali appartient ».
Celui-ci a rendez-vous aujourd’hui dans une entreprise agroalimentaire où il espère pouvoir trouver du travail.
Source : Claude Lemercier, Ouest-France, 1er septembre 2006

02/09/06 - Immigration en France le grand bluff ? Des chiffres qui gênent


par Afrikara, 1er septembre 2006
Alors que l’institution nationale officielle chargée de produire les statistiques les plus fiables de la maison France, l’INSEE, vient de mettre à la connaissance du public les vrais chiffres de l’immigration, on est frappé par le peu d’écho suscité par cette grande cause nationale. Ni commentateurs, ni prolixes politiques désireux de casser de l’étranger ne bondissent sur l’occasion, malgré une rentrée politique qui se prête plutôt à la surenchère par ces temps de préchauffage électoral.

C’est que ledit rapport a passablement déçu, pour le moins. Pour un peu, il serait politiquement incorrect, même s’il ne s’agit que des chiffres statistiquement plus robustes que les estimations et bricolages routiniers du genre "selon les chiffres de la police" ou encore "d’après les renseignements généraux".

En fait l’étude réalisée par Catherine Borell sur l’immigration en 2004-2005 ne donne pas beaucoup de grain à moudre y compris aux spécialistes de cet exercice au ministère de l’Intérieur, ordinairement primesautiers sur la question.
La France, qui craint avec son président une "inondation" tsunamique de crève-la-faim compte, à la mi 2004, 4,9 millions d’immigrés, soit 8,1% de la population. On a envie d’en redemander tellement la récurrence des reportages, la médiatisation des sans-papiers laissent imaginer un scénario infiniment plus massif. Maigre moisson avouons-le. Ces 8,1% sont à mettre en perspective avec les 7,4% d’immigrés en 1990, soit une hausse de moins de un point. Qui ne mérite probablement pas l’agitation bien-pensante autour des flux migratoires, accréditant l’idée d’un péril, d’un danger immédiat venu nécessairement d’ailleurs.

Voilà une population [immigrée] qui ne vieillit pas, à la différence de l’ensemble de la société française qu’elle contribue à rajeunir, grâce aux entrées dans le territoire. Elle est entrain de refaire son retard de formation avec la population non-immigrée [29% de diplômés du supérieur], un immigré sur quatre étant diplômé de l’enseignement supérieur, soit quatre fois plus qu’en 1982
Population extrêmement dynamique, les immigrés se sont beaucoup féminisés depuis 1974 avec la pratique du regroupement familial, les deux sexes étant aujourd’hui représentés à parité.
La nature des flux d’origine des migrations se modifie nettement, avec une augmentation de la part des Asiatiques et des Africains dans la population venue d’ailleurs. Mais les grandes masses demeurent dans l’ordre quantitatif l’Algérie, le Maroc, le Portugal, l’Italie, l’Espagne, la Turquie, … Les premiers pays d’émigration en Afrique noire sont d’abord le Sénégal puis le Mali. L’immigration reste tout de même un phénomène européen -en incluant l’Europe orientale non UE -et nord-africain avec 1,7 millions de membres de l’Union européenne à 25, contre 1,5 millions pour le Maghreb. Un peu plus de 500 000 pour l’Afrique noire. La part globale de l’immigration européenne décline cependant de 49% en 1999 à 40% en 2004-2005.
Ceci pose évidemment le problème de la visibilité des nouveaux arrivants, proportionnellement plus nombreux à être d’apparence physique différente des "de souche" et des flux migratoires traditionnels, Espagne et Italie. Même si 2 millions d’immigrés sont de nationalité française, la question des minorités visibles n’en est pas moins brûlante.
Les DOM enregistrent 6% de population immigrée, principalement en Guyane en provenance essentiellement des voisins de Haïti, du Surinam, du Brésil.
De tels chiffres sont décevants pour les antiennes déjà rôdées de l’invasion, de l’immigration mère de tous les maux, mais l’objection facile sera ici de tout remettre sur l’immigration non comptabilisée, l’immigration clandestine, qui permet toutes les fantaisies politiciennes.

On est tout de même loin des chimères de Michel Rocard, ancien premier ministre socialiste françafricain proche de l’UDF, qui faisait date en 1990 affirmant que la France ne pouvait accueillir toute la misère du monde. Il avait simplement oublié de préciser que rien n’obligeait cette France par pillages et influence politique criminelle, à augmenter cette misère dans le monde, le pré carré notamment.
Lire: Enquête annuelle de recensement 2004 et 2005, N°1098, Août 2006