L’Imam de Lyon Bilal Chouhir expulsé
vers la Tunisie - Le Ministère de l’Intérieur
lui reprochait des propos d’un « islamisme radical anti-occidental
» et d’avoir critiqué le candidat aux présidentielles
Nicolas Sarkozy
Par le Collectif de la Communauté Tunisienne en Europe, 21
décembre 2006
Nous venons d’apprendre avec consternation l’expulsion
de notre compatriote Bilal Chouhir au cours de l’après-midi
de ce jeudi 21 décembre 2006 à bord d’un bateau
en partance vers Tunis.
Bilal, 50 ans, cardiaque (a eu une attaque en juillet 2005), diabétique,
et père de six enfants en bas âge, a fait l’objet
d’un arrêté ministériel d’expulsion
par « nécessité impérieuse pour la sûreté
de l’Etat et la sécurité publique » en date
du 15 novembre.
Transféré au Centre de rétention du Canet, il
a été programmé une première fois pour
être expulsé le 7 décembre (voir notre communiqué
paru sur Tunisnews N 2388 du 05.12.2006), mais il semble que le laisser-passer
ne lui a pas été accordé par le Consulat, ce
qui motivé l’ajournement de l’expulsion.
La famille de Bilal est choquée par cette expulsion qui la
prive d’un mari, d’un père et d’un frère.
En plus de son inquiétude pour leur avenir et pour les sources
de leur subsistance, car le restaurant tenu par M. Chouhir a été
fermé depuis qu’il a été arrêté
le 30 novembre.
Situation dramatique aussi pour ce père de famille, car d’origine
modeste, il n’a personne pour l’héberger et surtout
pour assurer ses soins médicaux en Tunisie.
Quant aux accusations alléguées par le Ministère,
elles sont sans fondement (voir le même communiqué du
5 décembre). Il semble à la lecture du document du Ministère
détaillant les griefs retenus contre lui, que la mesure d’expulsion
est le produit à la fois d’un règlement de comptes
entre les tendances et fractions rivales musulmanes locales, la tendance
salafiste n’ayant pas les faveurs des pouvoirs en place, et
aussi la conséquence de motifs de
politique nationale où le candidat Sarkozy craint fort en l’Imam
Bilal Chouhir une personnalité « charismatique »,
comme il est précisé dans le document ministériel,
qui pourrait lui aliéner les voix des jeunes (et moins jeunes)
musulmans lyonnais lors des prochaines élections présidentielles
de 2007.
Notre Collectif dénonce fermement ces manœuvres politiciennes
indignes qui mettent en danger la vie de d’un homme sage et
pacifique, respecté et aimé de tous ceux qui l’ont
approché, y compris des autorités locales lyonnaises
avec lesquelles il a été en contact professionnellement
avant l’ouverture de son commerce.
Nous demandons instamment aux autorités françaises d’intervenir
auprès des autorités tunisiennes afin qu’elle
épargnent à M. Bilal Chouhir des interrogatoires inutiles
et dangereux pour sa santé, interrogatoires qu’il pourrait
subir suite aux accusations sans fondement proférées
contre lui par le Ministère de l’Intérieur.
Nous tenons solennellement les autorités françaises
pour responsables des conséquences éventuelles directes
et indirectes sur la santé de M. Chouhir que cette expulsion
risquerait de provoquer, et nous exigeons enfin son retour immédiat
et inconditionnel en France pour vivre paisiblement et en sécurité
auprès de sa famille.
Source : CCTE, 1 rue Cassini, 75014 Paris – Tél : 01
43 29 68 98 ; mondher.sfar@club-internet.fr
« Chaque prison a son petit Guantanamo...
»
Par Laurent Mouloud, L’Humanité, 21 décembre
2006
Tribunal de Beauvais . Quatre prisonniers en longue peine ont témoigné
de l’enfer tribunal de Beauvais . Quatre prisonniers en longue
peine ont témoigné de l’enfer carcéral
pour défendre le journal l’Envolée, attaqué
en diffamation par l’administration pénitentiaire.
Ce sont quatre « longues peines ». Des détenus
que l’on n’entend jamais. Pourtant, mardi dernier, ils
ont pu s’exprimer longuement devant le tribunal correctionnel
de Beauvais. Dans la peau des témoins privilégiés
de l’univers carcéral. Tous ont un point commun : ils
ont écrit dans le journal l’Envolée, une parution
confidentielle (500 exemplaires) qui publie des lettres de détenus.
Ce sont ces courriers, accablants pour l’administration pénitentiaire
(AP), qui valent à Denise Ledu, la directrice de la publication,
de se retrouver à la barre pour diffamation. On ne l’entendra
pas beaucoup. Sa défense est simple : laisser les quatre auteurs
des lettres raconter leur enfer quotidien. Histoire de montrer qu’ils
n’ont rien inventé.
Les voilà en rang d’oignons, dans le box. Le premier
d’entre eux est André Allaix, cheveux châtains,
la trentaine sportive. Le 24 novembre 2003, avec un autre détenu,
il avait retenu en otages deux surveillants et un formateur de la
centrale de Moulins-Yzeure pendant plusieurs heures. Leur but ? Protester
contre leurs conditions de détention. Une fois rendu, Allaix
assure avoir passé un sale quart d’heure entre les mains
des équipes régionales d’intervention et de sécurité
(ERIS), des groupes encagoulés créés en 2003
et formés spécialement pour ramener l’ordre dans
les prisons. C’est ce passage à tabac, dénoncé
aussi par la Commission nationale de déontologie de la sécurité
(CNDS), que le détenu a décrit dans un numéro
de l’Envolée. Et que l’AP ne veut pas laisser passer.
Bien énervé, le jeune homme ne retire pas un mot à
son récit. « Ils m’ont fait une haie d’honneur
sur 300 mètres, raconte-t-il. Arrivé au mitard, ils
m’ont jeté au sol. Ils me foutaient des coups de pieds,
m’ordonnaient de fermer les yeux pour pas que je les reconnaisse.
Ils étaient 14 surveillants dans 8 mètres carrés...
» Allaix ne prend aucun gant : « J’affirme que ces
hommes sont des barbares, des tortionnaires et des pervers, lance-t-il
au président ? Jean-Luc Dooms. Quand on vous écrase
les couilles avec la main et qu’on vous met un doigt dans le
cul, vous appelez ça comment ? » Puis, il se tourne vers
le procureur : « Après tout ça, vous osez attaquer
les quelques personnes qui ont le courage de dénoncer ces faits
? »
André Allaix prendra cher pour sa « prise d’otages
» : quarante-cinq jours de mitard et une peine de quatre ans
d’emprisonnement supplémentaires, prononcée vingt-six
jours seulement après les faits. Écoeuré : «
Moi, trois ans après, je n’ai toujours aucune nouvelle
de ma plainte ! » Puis, vient le tour de Laurent Jacqua. Ce
quadragénaire au nez de boxeur a aussi eu affaire aux hommes
des ERIS. Le 5 mai 2003, une fouille surprise dans le quartier d’isolement
de la prison de Bois-d’Arcy a dégénéré
en tabassage. Laurent Jacqua explique s’être retrouvé
nu, palpé, frappé et finalement traîné
à travers la détention devant le personnel féminin.
« J’ai été condamné pour des faits,
lâche-t-il, pas pour me faire torturer... »
Dans le numéro 14 de l’Envolée, Laurent Jacqua
racontera aussi comment lui, le malade du sida, se verra envoyé
par l’administration pénitentiaire en quartier d’isolement,
malgré les certificats médicaux. « Cette réalité-là,
ce sont des braves gens comme madame qui peuvent la raconter »,
dit-il en se tournant vers Denise Ledu. Calme, Xavier Vanlancker est
le dernier à témoigner. Il a rédigé des
articles peu amènes sur la prison de la Santé. Les ERIS
? Il a sa définition : « Des groupuscules répressifs,
formatés pour instaurer un climat coercitif. » En guise
de conclusion, il aura cette belle formule : « Dans chaque prison,
il y a un petit Guantanamo... »
Pas vraiment décidé à se faire le défenseur
d’un milieu carcéral décrié, par ailleurs,
à longueur de rapports parlementaires, le procureur Édouard
Lecat dénonce tout de même « l’exagération
» des auteurs des lettres. « Les agents de la pénitentiaire
sont, par principe, présentés comme des tortionnaires
et les prisons sont comparables à celle d’Abou Gharib
! » Il réclame une peine d’amende, sans fixer
de montant. De son côté, Me Irène Terrel n’en
rajoute pas. « En voulant condamner l’Envolée,
c’est la parole brute des prisonniers que l’on veut faire
taire. » L’avocate dénonce la « schizophrénie
» des pouvoirs publics. « D’un côté,
on s’accorde à dénoncer l’état des
prisons, de l’autre on poursuit des détenus qui s’expriment
avec leur langage ! » Elle réclame des dommages et intérêts
pour procédure abusive.
Jugement le 20 février.
Source : http://www.humanite.presse.fr/journal/2006-12-21/2006-12-21-842614
Un supporter
du Paris Saint-Germain tué par balle par un policier à
Paris
Un supporter du Paris Saint-Germain a été tué
par balle et un autre a été grièvement blessé
par un policier, jeudi soir, près du Parc des Princes après
une rencontre de coupe de l'UEFA contre le club israélien de
l'Hapoel Tel-Aviv.
Le policier, un agent en civil de la police régionale des transports,
d'origine antillaise, a ouvert le feu dans des circonstances encore
floues sur un groupe de supporters du PSG liés au "cop
Boulogne", marqué à l'extrême droite.
L'un d'eux a été tué sur le coup et un second
grièvement blessé, a été transporté
dans la nuit à l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière.
La police a interpellé plusieurs témoins ou protagonistes
de la scène qui étaient interrogés dans la nuit
de jeudi à vendredi. Une enquête a été
confiée à l'Inspection générale des services,
qui a placé l'auteur des coups de feu en garde à vue.
Plusieurs versions des faits ont été présentées
de sources policières. Selon un haut responsable de la préfecture
de police, le drame s'est produit alors que plusieurs dizaines de
supporters du PSG tentaient de s'en prendre à un jeune Français
arborant les couleurs du club israélien qui venait de battre
les Parisiens 4-2.
Ce jeune homme était menacé par les partisans du club
de la capitale qui scandaient "La France aux Français!".
Il se serait réfugié auprès du policier d'origine
antillaise et les supporters d'extrême droite parisiens les
auraient pris à partie. Le policier aurait d'abord fait usage
d'une bombe lacrymogène, puis de son arme de service.
Le jeune supporter français de Tel-Aviv n'avait pas été
retrouvé à 01h00 GMT.
Selon une source syndicale policière, l'auteur des coups de
feu a été pris à partie directement et insulté
par les supporters d'extrême droite alors qu'il se trouvait
dans un restaurant McDonald's, proche du Parc des Princes. Il aurait
alors ouvert le feu dans des circonstances indéterminées.
Le parquet de Paris devrait ouvrir une enquête dès vendredi.
Le PSG a connu de nombreux problèmes de violence dans le passé
avec ses supporters d'extrême droite, qui se réunissent
dans la tribune Boulogne. Ils sont allés jusqu'à provoquer
des affrontements avec d'autres groupes de supporters du club originaires
de la banlieue parisienne.
Source : Reuters, 24 novembre 2006
Première grève ouvrière
pour la régularisation de sans-papiers embauchés : l’exemple
de MODELUXE dans l’Essonne doit faire tache d’huile !
Par la Coordination nationale des sans-papiers en lutte,
6 octobre 2006
Les ouvriers de la société Modéluxe à
Chilly-Mazarin dans l’Essonne ont déclenché une
grève avec occupation de leur entreprise.
Les travailleurs de l'entreprise français, immigrés
en situation régulière et sans-papiers avancent la revendication
de la régularisation des sans papiers embauchés dans
par la société Modéluxe. Les travailleurs sont
au total 150 dans cette société dont 22 sont sans papiers.
Certains sans papiers y travaillent avec fiche de paie depuis plusieurs
années.
Cette grève de tous les ouvriers sur une telle revendication
est une première dans l’histoire sociale exemplaire de
la France. Et la CGT première organisation syndicale du pays
prend entièrement ses responsabilités conformément
à son histoire et à ses valeurs historiques en organisant
le combat
social pour l’égalité de statut entre les travailleurs
sans discrimination sur ethnique, raciale ou sur l’origine.
Avec ou sans papiers nous sommes tous des travailleurs telle est la
devise fondement de l’unité et de la solidarité
ouvrière que la classe ouvrière de Modéluxe traduit
dans la vie.
L’entrée en scène du mouvement ouvrier organisé
dans les entreprises par la grève solidaire est un début,
un commencement, une première, un tournant important et décisif
dans le combat des sans papiers pour la régularisation globale.
Mais nous ne sommes nullement surpris, même si nous savons parfaitement
à la CNSP que ce n’est pas chose aisée et facile.
Nous ne pouvons que rappeler qu’un aspect fondamental de notre
ligne politique stratégique à la CNSP a toujours été
de définir la lutte des sans papiers pour les papiers pour
tous comme entièrement partie prenante du mouvement social
de France.
Comme nous n’avons cessé de l’écrire depuis
10 ans, l’émergence de la lutte des sans papiers le 18
mars 1996 doit beaucoup au mouvement gréviste de novembre/décembre
1995. Peu se rappelle aujourd’hui que lors de cette formidable
lutte sociale gréviste, la classe ouvrière cheminot,
puis les autres secteurs du monde du travail qui se sont remorquer
à la locomotive des ouvriers du rails ont posé lors
des grandes manifestations d’alors dans différentes villes
de France des actes de solidarité en direction des sans papiers.
C’est ainsi que les ouvriers d’EDF actuellement en voie
de privatisation ont d’autorité rétabli le courant
dans des squats où des sans papiers et sdf s’étaient
réfugiés ou encore des manifestations se sont opposées
à l’arrestation et l’expulsion de sans papiers.
De telles actions ont tout simplement donné du courage aux
sans papiers.
C’est de là selon nous après une longue période
de clandestinité forcée les réduisant à
des numéros de dossiers en Préfecture ou à des
faits divers dans les journaux, les sans papiers ont pris le relais
de la lutte le 18 mars 1996 au moment même où les derniers
bastions de lutte du mouvement gréviste de classe de novembre/décembre
1996 s’arrêtaient vers fin janvier et début février
1996.
Ce rappel est important pour bien montrer que le 20 juillet 1996 lors
de l’Assemblée Générale constitutive de
la CNSP cette donne était fortement présente dans l’esprit
des délégués
constituants.
Depuis selon les réalités militantes de chaque collectif
de sans papiers des efforts solidaires en direction des autres travailleurs
en lutte ont marqué la longue marche des sans papiers pour
la régularisation globale.
L’exemplaire grève des Modéluxe vient aussi prolonger
la formidable mobilisation du RESF (Réseau Éducation
sans frontières) contre la chasse à l’enfant sans
papiers et l’action des associations partenaires du réseau
« Uni(e)s contre l’immigration jetable », des parrainages
républicains de sans papiers à travers tout le territoire
hexagonal.
Le Modéluxe prolonge aussi la solidarité exprimée
par les personnalités du sport, de la musique, du cinéma,
des religions, des universitaires avec la résistance digne
et brave des 1000 de Cachan.
L’égalité de statut légal est le fondement
indispensable de l’unité et la solidarité entre
tous les travailleurs. La participation des travailleurs à
statut légal, français ou immigré en situation
régulière, à la lutte des travailleurs à
statut illégal et vice versa brise la division du front des
travailleurs et démasque la stratégie patronale et gouvernementale
de diviser pour mieux régner.
L’unité et la solidarité ouvrière entre
tous les travailleurs à statuts légaux différents,
d’origines différentes, de nationalités différentes
est un rempart absolu contre l’instrumentalisation idéologique
de la prétendue question de l’immigration, des sans papiers
à des fins
électoralistes.
La CNSP adresse ses plus vives félicitations, sa grande gratitude
aux Modéluxe et à l’ensemble du mouvement ouvrier,
syndical.
La CNSP déclare que faire tout pour que l’exemple des
Modéluxe fasse tâche d’huile, c’est frapper
là où ça fait mal aux patrons profiteurs du travail
clandestin et du même coup contraindre les politiciens vassaux
du patronat à régulariser,
voire à abroger les lois racistes. C’est cela construire
un rapport des forces dans l’opposition capital/travail qui
soit bâti sur l’unité et la solidarité entre
travailleurs.
La CNSP appelle tous les travailleurs, tous les syndicats, tous les
citoyens, toutes les associations à envoyer leur lettre de
soutien aux grévistes de Modéluxe et à Sarkozy
pour exiger la régularisation des sans papiers de Modéluxe
et la fin de l’apartheid des statuts au sein du monde du travail.
Dieudonné renonce à la candidature
pour la présidentielle de 2007
Par Ginette Hess Skandrani et Abdelhakim Sefrioui, Paris,
9 octobre 2006
Nous venons d'apprendre que lors d'une réunion au Théâtre
de la Main d'Or le 3 octobre, Dieudonné a annoncé qu'il
se retirait de la campagne. Nous sommes soulagés, car cette
campagne commençait à prendre une mauvaise tournure
et risquait de le brouiller avec beaucoup de monde.
Nous avions quitté le bureau de campagne où nous étions
désignés comme conseillers politiques, dès juin
2006. Nous avions attendu la fin des vacances afin d'en faire part
à Dieudonné lors d'une entrevue au Théâtre
de la Main d'Or.
Nous savions depuis le début que cette campagne serait très
dure à gérer, car Dieudonné étant un candidat
atypique, sans organisation politique et sans mécène
pour le soutenir financièrement, il était évident
que son staff de campagne serait également atypique, venant
de tout horizon politique, social ou culturel.
Cela ne nous dérangeait pas, nous étions prêts
à briser quelques tabous et à travailler avec tous,
mais dans la clarté politique et en ayant établi quelques
règles à ne pas transgresser comme : le respect de la
diversité, la liberté d'expression, l'égalité
du droit pour tous ainsi que la promotion d'une société
muticulturelle.
Mais, nous nous sommes vite rendu compte que les décisions,
les implications politiques, les programmations stratégiques
n'étaient jamais discutées et se prenaient dans une
obscurité totale et sans consultation aucune.
Nous ne pouvions, dans ces conditions, que nous retirer. Ce que nous
avons fait. Beaucoup de représentants d'associations ont fait
pression sur nous afin que nous dénoncions cette campagne.
Nous avons refusé, car Dieudonné, même s'il a
fait confiance à des gens qui ne partagent pas nos valeurs,
est et restera toujours un de ceux qui ont amené énormément
dans le combat antisioniste et pour la liberté de parole dans
ce pays où les mots sont pesés et soupesés. Nous
lui garderons notre estime pour les combats à venir, tout en
espérant qu'il saura mieux choisir ses associés.
Le combat continue.
En exclusivité sur Grosland News International
: une interview de Nicolas Sarkozy
Par
Mariam SERI-SIDIBE, en direct du Fourgon de Police, un peut secouée,
pour Grosland News International, 6 octobre 2006
Malgré nos attaques virulentes contre sa petite personne, Nicolas
SARKOZY a accepté de nous recevoir afin de mettre les points
sur les I, et de l'ordre dans les informations.
C'est donc sous la plus haute escorte que nous avons été
reçu Place BEAUVEAU.
Voici donc, en exclusivité pour vous chers lecteurs, l'interview
le plus musclé de notre rédaction.
Dès notre arrivée nous avons eu un comité d'accueil
spécial tout de bleu vêtu
"Aie, Aie, Pas sur la tête, je vous dis qu'on doit être
reçu par Monsieur SARKOZY".
"Ouais c'est ça t'as raison, moi j'ai rendez-vous avec
le Pape !"
Mariam SERI SIDIBE (M.S.S.). : Bonjour, Monsieur le Ministre !
Nicolas .SARKOZY.(N.S.) : "Bonjour !!!! Je vois que vous avez
fait connaissance avec une partie de mon staff". "Vos Papiers,
noms, prénoms, adresse, et profession !!!!
M.S.S. "Monsieur le Ministre, je viens pour l'interview, donc
les questions c'est moi qui les pose, si vous me le permettez".
N.S. : "Dites-donc, vous, vous m'appelez Monsieur le Ministre
maintenant ? J'ai cru comprendre qu'en d'autres lieux, vous m'appelez
Naboléon !!! c'est exact ? oui ou non ?"
M.S.S. : "Euh, oui, Monsieur le Ministre"
N.S. : "Parlez plus fort, j'ai rien entendu"
M.S.S : "Oui, Monsieur le Ministre, c'est exact !!! Mais pourriez-vous
demander à votre secrétaire qu'il me détache,
les menottes ça m'abime les poignets !!!
N.S. : Bon c'est bon Robert, détache-la, qu'on en finisse avec
cette racaille de gauchiste à la solde de l'étranger
!"
M.S.S : Ah Merci, Monsieur le Ministre, je suis plus à l'aise
maintenant ! Bon euh, comment allez-vous, Monsieur le Ministre".
N.S. : Très bien je vous remercie de vous préoccuper
de ma "petite personne"
M.S.S. : Euh, Monsieur le Ministre, votre très haute majesté,
il semble qu'avec votre ami Dominique, certains point de vue diffèrent,
notamment en ce qui concerne la carte de scolarité".
N.S. : En effet, je trouve qu'il faut absolument revenir sur cette
fameuse carte de scolarité qui enferme les enfants dans un
ghetto. Alors que chaque parents doit pouvoir inscrire son enfant
là ou il veut, même à plusieurs kilomètre
de chez lui afin de lui assurer un meilleur avenir. Je ne vois pas
pourquoi un enfant d'Aubervilliers, n'irait pas en classe à
Bamako si ces parents le souhaitent. Et dans un souci d'équilibre
familial, nous renvoyons également les parents habitez dans
le quartier le plus proche de son école comme ça ils
pourront venir le chercher tous les soir, plutôt que de le laissez
en garderie.
M.S.S. : Oui mais le problème on leur demande pas leur avis,
aux parents !!
N.S. : Ecoutez, on leur demande déjà leurs papiers et
ils sont pas foutus de nous les présentez sur le champs, alors
leur avis on s'en fout ! De plus parlent pas français ceux-là,
même Robert le CRS qui vous a gentiment accompagné jusqu'à
mon bureau, y comprend rien à ce qu'ils disent. Et pourtant
Robert, il fait Mat' Sup' (Maternelle Supérieure NDLR).
M.S.S. : Euh, concernant vos lois sur la prévention de la délinquance,
ne pensez-vous pas que ficher un gamin dès l'âge de trois
ans comme futur délinquant, c'est un peut tôt tout de
même ?
N.S. : Ecoutez, non. D'ailleurs en y réfléchissant bien,
je crois même qu'on va améliorer ce dispositif de prévention
de la délinquance. Je vais carrément demander que le
fichage ait lieu dès la première échographie.
Ainsi, dès le 9ème ou dixième jour, on verra
si cette future petite racaille aura envie de venir emmerder son monde
!!! Surtout si elle a des cheveux crepu, ou des yeux bridés,
ou qu'elle parle pas français quand on lui cause.
Par contre, s'il s'avère que tel n'est pas le cas, je lui proposerait
une adhésion à l'UMP avec en prime une phtoto dédicacée
de Johnny Hallyday et de Doc Gényco.
M.S.S. : Oui, j'suis pas sûre qu'le mome, il aura envie de prendre
le frais, avec ça !!!
N.S. : Vous murmurez quoi là ?
M.S.S. : "Non, rien, je pensais à ma prochaine question"
N.S. :AH BON, J'PREFERE ET FAITES ATTENTION, VOUS, J'AI UN DOSSIER
SUR VOUS ET TOUTE VOTRE FAMILLE DE GAUCHISTES !
N.S. : "Mais j'ai rien fait moi, Monsieur le Ministre".
M.S.S : Non, mais on trouvera bien quelque chose. D'ailleurs je sais
précisément ce que faisait votre père le 19 Mars
1962 à Evian avec quelques amis bazanés.
M.S.S. : Ah oui, et il faisait quoi ?
N.S. : Vous foutez pas de ma gueule !!! Il était en train de
signer des papiers avec ses petits copains du FLN, ah ca vous en bouche
un coin, ca hein ?
M.S.S : Ben en fait, c'est surtout ma mère que ca va rassurer,
elle qui croyait qu'il était en train de s'envoyer la grosse
Bertha entre midi et quatorze heures ...
Bon mais reprenons sur vos idées à vous et pas sur la
vie privée de mes parents.
N.S. Oui, excusez moi, c'est une déformation professionnelle,
je veux tout savoir sur tout le monde.
M.S.S. : Votre slogan à l'UMP, c'est construisons la France
de Demain. Alors moi je vous demande avec qui vous voulez la construire
cette France.
N.S. : Mon frère Guillaume est très bien placé
au MEDEF et a ses entrées chez Bouygues et à TF1. Donc,
cette France de demain, je l'imagine en béton. C'est ainsi
que nous envisageons de construire un mur qui longerait la méditérannée
et l'océean atlantique jusqu'à la mer du Nord. Evidemment
c'est pas nous qui mettrons à la main à la truelle,
mais nous envisageons d'enrôler cette bande de feniasse que
vous appelez chômeurs, syndicalistes et autres pas français
depuis une génération, afin de vous les foute au turbin
le plus vite possible. Et s'il le faut on ressortira le fouet et le
karcher.
Moi c'est cette france là que j'aime, celle du travail, de
la famille, et de la Patrie.
(La Nico, il se lève et lève le bras droit en se prenant
pour Jules Cesar, moi ca me rappelle un autre petit brun qui montait
sur des cagettes en 1923 en Allemagne).
Qu'est qu'il y a, vous avez froid tout d'un coup ?
M.S.S. :Non, Monsieur le Ministre, j'ai juste un peu peur.
N.S. : Mais peur de quoi, vous êtes pas bien ici ?
M.S.S. : Ben non, j'me sens pas à l'aise. !!!
N.S. : Mais si, détendez-vous ? voulez vous que je vous offre
un Scotch ?
M..S.S. : Ah non pas le scotch sur la bouche, je suis alergique aux
adhésifs, ca me fout des boutons partout.
N.S. : Mais, non pas le scotch qu'on vous offre sur Air Sarkozy, mais
un digestif ?
M.S.S. : Euh, non, non merci, ça ira !!! Reprenons, si vous
le voulez bien, notre entretien.
N.S. : Vous me demandiez avec qui je veux construire la France, honnêtement
je ne sais pas, mais ce que je sais c'est qui que je foutrait dehors,
ou empêcherait de rentrer dans ma belle France et croyez moi,
y aura du monde aux portillons.
M.S.S : Monsieur le Ministre, beaucoup ne comprennent pas qu'en tant
que fils d'immigrés, vous soyez aussi répressif avec
ceux qui comme votre père en son temps, demande l'asile politique.
N.S. : Ouai, y a immigrés et immigrés. Moi mon père,
il a su s'intégrer, faut dire qu'il venait du froid, et que
dans son pays, il a pas réussi à y rester parce que
le rouge n'allait pas à la couleur de son teint. Il a pris
ses valoches et il est venu en France. Mais il a fait un effort, lui,
il est devenu encore plus blanc. C'est quand même pas d'ma faute
si ces bronzés spécialistes du djembés et du
croissant, z'arrivent pas à s'intégrer. Ils font aucun
efforts. Comme le dirait mon ami Mikael, c'est quand même pas
difficile pour un ex-noir de se faire accepter dans cette société.
Suffit juste de danser le moonlight et de s'blanchir la peau.
M.S.S. : Oui, sauf que les jeunes que vous voulez karchériser,
même s'ils ont des têtes de Nègre ou de Gnoulbou,
ils sont nés en France, font leur école en France et
choment également en France, bref ils sont comme leurs petits
copains auvergnats, ou bretons.
N.S. : Ouai, mais c'est pas marqué sur la tête de Mouloud
ou de Mamadou qu'il est né en France. On peut pas savoir. Mais
cela me donne une idée. La Carte d'Identité tatouée
sur le front dès la naissance. Qu'est que vous en pensez, vous
?
M.S.S : Pas grand chose. Sauf que moi j'me vois pas avec se genre
de maquillage sur la tronche.
N.S. : J'parlais pas d'vous, mais de ceux que ca s'voit qu'ils sont
pas Francaise. Quoique vous en vous regardant bien ... Zetes pas frenchy
non plus.
M.S.S. : Ben non avec un père guadada et une mère un
peu boche ....
N.S. : Guadada, c'est ou ca, connait pas ! Ca va pas être facile
de vous renvoyer. Non je plaisantais bien sur.
M.S.S : Ah bon, j'ai eu peur. Mais puisque vous me parlez de l'étranger,
comment c'est déroulé votre séjour au Sénégal
?
N.S. : Bien, je vous remercie. Mais y a beaucoup de noirs la bas,
on se croirait dans un gymnase à Cachan. Y'en a même
un qu'est Président de la République. Ah ca j'étais
épaté. En plus, il était plus grand que moi.
Ce qui m'a surpris c'est qu'il dit être avocat et il savait
bien tenir son stylo, il savait bien écrire le français,
alors que moi le wolof, que dalle. Il m'a offert une belle nappe pleine
de trous.
M.S.S. : Sauf tout le respect que je vous doit, cela s'appelle un
boubou, c'est en bazin riche et ca se porte pendant les grandes cérémonie.
N.S. : Ouai n'empêche que Cécilia elle en a fait une
belle nappe.
M.S.S : De quoi avez vous parler avec Monsieur WADE.
N.S. : Ben du nombre de Sénégalais qu'auront le droit
de venir s'entasser en France dans des foyer SONACOTRA. On était
pas d'accord sur les chiffres, mais en fait ca n'a été
qu'une question de temps. On savait pas comment faire pour les compter
et on a eu une idée géniale. On a qu'à mettre
des flic à la sortie des concerts de Youssou NDOUR à
Bercy, comme on aura une vague idée du nombre qu'on peut accueillir
dans un stade.
M.S.S. : Vous êtes un passionné de voyages, on l'a vu
tout dernièrement avec votre récent séjour aux
States. D'ailleurs il semble que vous vous inspirez des méthodes
de Georgie le Cow-Boy, pour régler les problèmes dans
les banlieues en France.
N.S. : Oh, la la, vous me flattez en me comparant au Grand Georges.
Toutefois, nous avons du adapté la méthode aux us et
coutumes de France. En effet, nous n'avons pas les moyens d'envoyer
les GI'S aux Mureaux ou aux Tarterets, donc nous nous contentons des
CRS. Et puis avec quelques potes bien placés à TF1 nous
nous amusons à filmer les scènes que nous nous repassons
ensuite en boucle sur notre magnétoscope. Vous voyez on s'ennuie
pas chez les SARKO.
M.S.S : Non, c'est ce que je vois. Mais j'ai pu constater dans votre
programme pour la France de 2007, que la culture ne tient pas beaucoup
de place. Cela ne fait-il pas partie de vos préoccupations
?
N.S. : Qu'insinuez-vous là, je j'aurai pas de tuture ? Non
mais vous êtes gonflée vous, on voit que vous n'avez
pas le privilège de diner en privé avec Jean RENO, Christian
CLAVIER ou Didier BARBELIVIEN. En plus vous devez êtes jalouse
de mes conversations philosophiques avec Johnny Hallyday et Doc Gynéco,
qui me sont de précieux conseils sur les tendances artistiques,
culturelles et politiques du moment. Si ca c'est pas d'la tuture,
on s'demande c'que c'est.
M.S.S. : Pour une fois, nous nous posons la même question.
N.S. : Ben vous voyez qu'on pourrait s'entendre. Bon il faut que j'aille
rejoindre Cécilia qui passe vraiment trop de temps chez son
imprimeur. Va falloir que j'enquête sur ce zigoto et savoir
ce qu'il a de plus que moi. Ce fut un plaisir de bavarder avec vous.
Robert ramène la p'tite au Fourgon.
J'espère que nous aurons l'occasion de nous revoir.
M.S.S. : Ah Monsieur le Ministre, je crois que ca va pas être
possible, pas du tout, du tout, du tout.
22 ouvriers sans-papiers occupent leur entreprise
pour être régularisés à Chilly-Mazarin
Convoqués en vue de leur licenciement, vingt-deux travailleurs
sans-papiers de la blanchisserie MODELUXE à Chilly-Mazarin,
ont entamé un mouvement de grève depuis le vendredi
29 septembre. Ils occupent les locaux de l’entreprise pour exiger
leur régulation. Les autres salariés les ont rejoints
dans la grève en signe de solidarité.
Ces sans-papiers travaillent depuis plusieurs années dans
cette société avec l’accord implicite de la Préfecture,
officiellement au courant de la situation depuis décembre 2004.
Constamment menacés d’expulsion, ils ont dû se
plier à des conditions de travail inacceptables.
SOLIDARITE AVEC LES SANS-PAPIERS
Alors que la médiatisation du Squat de Cachan a encore une
fois mis en lumière les difficultés de vie auxquelles
les immigrés sont confrontés, l’exemple de MODELUXE
démontre la façon dont le patronat et l’Etat exploitent
les travailleurs immigrés sans-papiers.
Nous, Collectif Nord-Essonne du 29 mai soutenons le combat de ces
sans-papiers et appelons à leur régularisation immédiate.
Dans notre « Charte pour une alternative au libéralisme
», nous exigeons : « Abroger les lois discriminatoires
à l’encontre des migrants et garantir leurs droits, à
commencer par une régularisation des sans-papiers et à
l’octroi d’une carte de résident de dix ans ; réhabiliter
le sens de la fraternité autant que celui de la solidarité.
Abroger toutes les lois liberticides. »
Pour en savoir plus : http://collectifnord91.lautre.net/
02/09/06 - L’ex-imam irakien clame son
innocence
Yashar Ali est assigné à résidence à Pontivy.
Il est soupçonné d’appartenir à une mouvance
radicale de l’islam. Lui se dit pacifiste.
« Je n’ai jamais rien dit, jamais rien fait ». Yashar
Ali, un Kurde irakien de 45 ans, ancien imam de la mosquée
El-Assalam d’Argenteuil, en région parisienne, clame
son innocence. Pourtant, depuis jeudi, il est assigné à
résidence à Pontivy. Il habite une chambre d’hôtel,
avant de trouver un appartement où s’installer. La sous-préfecture
de Pontivy et la préfecture de Vannes sont très discrètes
à son sujet. On sait seulement qu’il est considéré
comme un islamiste radical par la DST et les Renseignements généraux.
Il vient de Mende en Lozère, où il était assigné
à résidence depuis deux ans. Pour quelle raison ?
« Il est depuis 23 ans en France. En 2004, du jour au lendemain,
il a été convoqué par la police », explique
un responsable du comité de soutien créé à
Mende autour de l’ex-imam. « On lui a collé des
accusations sur le dos, qui ne sont pas vraies. C’est un sunnite
très ouvert ». L’intéressé lui-même
affirme : « Je suis pacifiste et suis contre la violence. J’ai
condamné les attentats du 11 septembre. L’islam, ce n’est
pas ça. »
Yashar Ali se réfère au témoignage d’un
chercheur de l’Ecole des hautes études en sciences sociales,
Samir Amghar, spécialiste du salafisme. Il sort un article
du journal Libération du 14 mars, dans lequel l’universitaire
affirme : « Le ministère de l’Intérieur
commet une grossière erreur en associant automatiquement salafisme
et terrorisme. En vérité, le salafisme se divise en
deux courants : l’un, en effet, jihadiste, ultraminoritaire
en France, et l’autre piétiste et complètement
pacifiste. C’est à ce dernier que Yashar Ali appartient
».
Celui-ci a rendez-vous aujourd’hui dans une entreprise agroalimentaire
où il espère pouvoir trouver du travail.
Source : Claude Lemercier, Ouest-France, 1er septembre 2006
02/09/06 - Immigration
en France le grand bluff ? Des chiffres qui gênent
par Afrikara, 1er septembre 2006
Alors que l’institution nationale officielle chargée
de produire les statistiques les plus fiables de la maison France,
l’INSEE, vient de mettre à la connaissance du public
les vrais chiffres de l’immigration, on est frappé par
le peu d’écho suscité par cette grande cause nationale.
Ni commentateurs, ni prolixes politiques désireux de casser
de l’étranger ne bondissent sur l’occasion, malgré
une rentrée politique qui se prête plutôt à
la surenchère par ces temps de préchauffage électoral.
C’est que ledit rapport a passablement déçu, pour
le moins. Pour un peu, il serait politiquement incorrect, même
s’il ne s’agit que des chiffres statistiquement plus robustes
que les estimations et bricolages routiniers du genre "selon
les chiffres de la police" ou encore "d’après
les renseignements généraux".
En fait l’étude réalisée par Catherine
Borell sur l’immigration en 2004-2005 ne donne pas beaucoup
de grain à moudre y compris aux spécialistes de cet
exercice au ministère de l’Intérieur, ordinairement
primesautiers sur la question.
La France, qui craint avec son président une "inondation"
tsunamique de crève-la-faim compte, à la mi 2004, 4,9
millions d’immigrés, soit 8,1% de la population. On a
envie d’en redemander tellement la récurrence des reportages,
la médiatisation des sans-papiers laissent imaginer un scénario
infiniment plus massif. Maigre moisson avouons-le. Ces 8,1% sont à
mettre en perspective avec les 7,4% d’immigrés en 1990,
soit une hausse de moins de un point. Qui ne mérite probablement
pas l’agitation bien-pensante autour des flux migratoires, accréditant
l’idée d’un péril, d’un danger immédiat
venu nécessairement d’ailleurs.
Voilà une population [immigrée] qui ne vieillit pas,
à la différence de l’ensemble de la société
française qu’elle contribue à rajeunir, grâce
aux entrées dans le territoire. Elle est entrain de refaire
son retard de formation avec la population non-immigrée [29%
de diplômés du supérieur], un immigré sur
quatre étant diplômé de l’enseignement supérieur,
soit quatre fois plus qu’en 1982
Population extrêmement dynamique, les immigrés se sont
beaucoup féminisés depuis 1974 avec la pratique du regroupement
familial, les deux sexes étant aujourd’hui représentés
à parité.
La nature des flux d’origine des migrations se modifie nettement,
avec une augmentation de la part des Asiatiques et des Africains dans
la population venue d’ailleurs. Mais les grandes masses demeurent
dans l’ordre quantitatif l’Algérie, le Maroc, le
Portugal, l’Italie, l’Espagne, la Turquie, … Les
premiers pays d’émigration en Afrique noire sont d’abord
le Sénégal puis le Mali. L’immigration reste tout
de même un phénomène européen -en incluant
l’Europe orientale non UE -et nord-africain avec 1,7 millions
de membres de l’Union européenne à 25, contre
1,5 millions pour le Maghreb. Un peu plus de 500 000 pour l’Afrique
noire. La part globale de l’immigration européenne décline
cependant de 49% en 1999 à 40% en 2004-2005.
Ceci pose évidemment le problème de la visibilité
des nouveaux arrivants, proportionnellement plus nombreux à
être d’apparence physique différente des "de
souche" et des flux migratoires traditionnels, Espagne et Italie.
Même si 2 millions d’immigrés sont de nationalité
française, la question des minorités visibles n’en
est pas moins brûlante.
Les DOM enregistrent 6% de population immigrée, principalement
en Guyane en provenance essentiellement des voisins de Haïti,
du Surinam, du Brésil.
De tels chiffres sont décevants pour les antiennes déjà
rôdées de l’invasion, de l’immigration mère
de tous les maux, mais l’objection facile sera ici de tout remettre
sur l’immigration non comptabilisée, l’immigration
clandestine, qui permet toutes les fantaisies politiciennes.
On est tout de même loin des chimères de Michel Rocard,
ancien premier ministre socialiste françafricain proche de
l’UDF, qui faisait date en 1990 affirmant que la France ne pouvait
accueillir toute la misère du monde. Il avait simplement oublié
de préciser que rien n’obligeait cette France par pillages
et influence politique criminelle, à augmenter cette misère
dans le monde, le pré carré notamment.
Lire: Enquête annuelle de recensement 2004 et 2005, N°1098,
Août 2006