
SarkoLéon annule son voyage aux Antilles
!
La (bonne) nouvelle est tombée dans la nuit de mardi à
mercredi : Nicolas Sarközy a annulé son voyage en Martinique
et Guadeloupe, prévu pour jeudi et vendredi. Lire ci-dessous
pour comprendre pourquoi.
Aimé Césaire refuse de recevoir Nicolas Sarközy,
dont les discours seront couverts par des concerts de klaxons, jeudi
à Fort-de-France
« Je n'accepte pas de recevoir le Ministre de l'Intérieur
Nicolas SARKOZY.
Pour deux raisons:
1ère: des raisons personnelles
2ème: parce que , auteur du "Discours sur le Colonialisme",
je reste fidèle à ma doctrine et anticolonialiste résolu.
Et ne saurais paraître me rallier à l'esprit et à
la lettre de la loi du 23 février 2005*.
Je vois dans toute campagne faite par tel quotidien martiniquais sur
une possible rencontre SARKOZY-CESAIRE un piège dans lequel
je ne tomberai pas . »
Aimé Césaire, Fort-de-France, 5 décembre 2005
* L'article 4 de cette loi dispose que "les programmes scolaires
reconnaissent (...) le rôle positif de la présence française
outre mer".
D’autre part, des élus et des syndicats martiniquais
réunis dans un collectif d'une trentaine d'organisations ont
appelé à une mobilisation contre la venue de Nicolas
Sarközy jeudi dans l'île.
Ils dénoncent des déclarations du ministre de l'Intérieur
à propos de la situation dans les banlieues, dont beaucoup
d'habitants viennent des Antilles françaises - il a notamment
parlé de "racaille" et de nettoyage "au karcher".
"Lorsque que le ministre emploie ces mots, nous nous sentons
visés, car il parle de nos frères et soeurs qui vivent
dans les banlieues", a dit Garcin Malsa, maire indépendantiste
de la commune de Saint-Anne, située à l'extrême
sud de l'île.
"Un haut responsable de l'Etat ne peut pas avoir de tels propos
et fouler le sol d'un pays qui a un lourd passé colonial sans
qu'on ne lui fasse savoir", a-t-il ajouté.
Francis Carole, conseiller général et porte-parole du
collectif, proteste également contre la loi du 23 février
2005 sur la colonisation, qui reconnaît "le rôle
positif de la présence française outre-mer" dans
les manuels scolaires.
Plusieurs manifestations sont prévues sur l'île durant
la visite de Nicolas Sarközy, dont des concerts de klaxon lors
de ses prises de parole.
Les partis de gauche et les indépendantistes ont promis un
séjour difficile au président du l'UMP.
Durant son déplacement, le ministre de l'Intérieur a
prévu de rencontrer des policiers, des gendarmes, des sapeurs-pompiers
et des représentants de l'association des victimes d'un accident
d'avion où ont péri de nombreux Martiniquais en août.
Vendredi, il se rendra en Guadeloupe.
De loin.
Lettre ouverte au Ministre de l’Intérieur
de la République Française, à l’occasion
de sa visite en Martinique.
Par Edouard GLISSANT et Patrick CHAMOISEAU, 6 décembre 2005
M. le Ministre de l’Intérieur,
La Martinique est une vieille terre d’esclavage, de colonisation,
et de néo-colonisation. Mais cette interminable douleur est
un maître précieux : elle nous a enseigné l’échange
et le partage. Les situations déshumanisantes ont ceci de précieux
qu’elles préservent, au cœur des dominés,
la palpitation d’où monte toujours une exigence de dignité.
Notre terre en est des plus avides.
Il n’est pas concevable qu’une Nation se renferme aujourd’hui
dans des étroitesses identitaires telles que cette Nation en
soit amenée à ignorer ce qui fait la communauté
actuelle du monde : la volonté sereine de partager les vérités
de tout passé commun et la détermination à partager
aussi les responsabilités à venir. La grandeur d’une
Nation ne tient pas à sa puissance, économique ou militaire
(qui ne peut être qu’un des garants de sa liberté),
mais à sa capacité d’estimer la marche du monde,
de se porter aux points où les idées de générosité
et de solidarité sont menacées ou faiblissent, de ménager
toujours, à court et à long terme, un avenir vraiment
commun à tous les peuples, puissants ou non. Il n’est
pas concevable qu’une telle Nation ait proposé par une
loi (ou imposé) des orientations d’enseignement dans
ses établissements scolaires, comme aurait fait le premier
régime autoritaire venu, et que ces orientations visent tout
simplement à masquer ses responsabilités dans une entreprise
(la colonisation) qui lui a profité en tout, et qui est de
toutes manières irrévocablement condamnable.
Les problèmes des immigrations sont mondiaux : les pays pauvres,
d’où viennent les immigrants, sont de plus en plus pauvres,
et les pays riches, qui accueillaient ces immigrants, qui parfois
organisaient leur venue pour les besoins de leurs marchés du
travail et, disons-le, en pratiquaient comme une sorte de traite,
atteignent peut-être aujourd’hui un seuil de saturation
et s’orientent maintenant vers une traite sélective.
Mais les richesses créées par ces exploitations ont
généré un peu partout d’infinies pauvretés,
lesquelles suscitent alors de nouveaux flux humains : le monde est
un ensemble où l’abondance et le manque ne peuvent plus
s’ignorer, surtout si l’une provient de l’autre.
Les solutions proposées ne sont donc pas à la hauteur
de la situation. Une politique d’intégration (en France)
ou une politique communautariste (en Angleterre), voilà les
deux orientations générales qu’adoptent les gouvernements
intéressés. Mais dans les deux cas, les communautés
d’immigrants, abandonnées sans ressources dans des ghettos
invivables, ne disposent d’aucun moyen réel de participer
à la vie de leur pays d’accueil, et ne peuvent participer
de leurs cultures d’origine que de manière tronquée,
méfiante, passive : ces cultures deviennent en certains cas
des cultures du retirement. Aucun des choix gouvernementaux ne propose
une véritable politique de la Relation : l’acceptation
franche des différences, sans que la différence de l’immigrant
soit à porter au compte d’un communautarisme quelconque
; la mise en oeuvre de moyens globaux et spécifiques, sociaux
et financiers, sans que cela entraîne une partition d’un
nouveau genre ; la reconnaissance d’une interpénétration
des cultures, sans qu’il y aille d’une dilution ou d’une
déperdition des diverses populations ainsi mises en contact
: réussir à se situer dans ces points d’équilibre
serait vivre réellement l’une des beautés du monde,
sans pour autant perdre de vue les paysages de ses horreurs.
Si chaque nation n’est pas habitée de ces principes essentiels,
les nominations exemplaires sur la base d’une apparence physique,
les discriminations vertueuses, les quotas déculpabilisants,
les financements de cultes par une laïcité forcée
d’aller plus loin, et toutes les aides versées aux humanités
du Sud encore victimes des vieilles dominations, ne font qu’effleurer
le monde sans pour autant s’y confronter. Ces mesures laissent
d’ailleurs fleurir autour d’elles les charters quotidiens,
les centres de rétention, les primes aux raideurs policières,
les scores triomphants des expulsions annuelles : autant de réponses
théâtrales à des menaces que l’on s’invente
ou que l’on agite comme des épouvantails, autant d’échecs
d’une démarche restée insensible au réel.
Aucune situation sociale, même la plus dégradée,
et même surtout celle-là, ne peut justifier d’un
traitement de récurage. Face à une existence, même
brouillée par le plus accablant des pedigrees judiciaires,
il y a d’abord l’informulable d’une détresse
: c’est toujours de l’humain qu’il s’agit,
le plus souvent broyé par les logiques économiques.
Une République qui offre un titre de séjour, ouvre en
fait sa porte à une dignité humaine à laquelle
demeure le droit de penser, de commettre des erreurs, de réussir
ou d’échouer comme peut le faire tout être vivant,
et cette République peut alors punir selon ses lois mais en
aucun cas retirer ce qui avait été donné. Le
don qui chosifie, l’accueil qui suppose la tête baissée
et le silence, sont plus proches de la désintégration
que de l’intégration, et sont toujours très loin
des humanités.
Le monde nous a ouvert à ses complexités. Chacun est
désormais un individu, riche de plusieurs appartenances, sans
pouvoir se réduire à l’une d’elles, et aucune
République ne pourra s’épanouir sans harmoniser
les expressions de ces multi-appartenances. De telles identités-relationnelles
ont encore du mal à trouver leur place dans les Républiques
archaïques, mais ce qu’elles suscitent comme imprécations
sont souvent le désir de participation à une alter-République.
Les Républiques " unes et indivisibles " doivent
laisser la place aux entités complexes des Républiques
unies qui sont à même de pouvoir vivre le monde dans
ses diversités. Nous croyons à un pacte républicain,
comme à un pacte mondial, où des nations naturelles
(des nations encore sans État comme la nôtre) pourront
placer leur voix, et exprimer leur souveraineté. Aucune mémoire
ne peut endiguer seule les retours de la barbarie : la mémoire
de la Shoah a besoin de celle de l’esclavage, comme de toutes
les autres, et la pensée qui s’y dérobe insulte
la pensée. Le moindre génocide minoré nous regarde
fixement et menace d’autant les sociétés multi-trans-culturelles.
Les grands héros des histoires nationales doivent maintenant
assumer leur juste part de vertu et d’horreur, car les mémoires
sont aujourd’hui en face des vérités du monde,
et le vivre-ensemble se situe maintenant dans les équilibres
des vérités du monde. Les cultures contemporaines sont
des cultures de la présence au monde. Les cultures contemporaines
ne valent que par leur degré de concentration des chaleurs
culturelles du monde. Les identités sont ouvertes, et fluides,
et s’épanouissent par leur capacité à se
" changer en échangeant " dans l’énergie
du monde. Mille immigrations clandestines, mille mariages arrangés,
mille regroupements familiaux factices, ne sauraient décourager
la juste posture, accueillante et ouverte. Aucune crainte terroriste
ne saurait incliner à l’abandon des principes du respect
de la vie privée et de la liberté individuelle. Dans
une caméra de surveillance, il y a plus d’aveuglement
que d’intelligence politique, plus de menace à terme
que de générosité sociale ou humaine, plus de
régression inévitable que de progrès réel
vers la sécurité…
C’est au nom de ces idées, du fait de ces principes seuls,
que nous sommes à même de vous souhaiter, de loin, mais
sereinement, la bienvenue en Martinique.
Pas dupes
par Gilbert Léonard, 6 décembre 2005
En Martinique, la population n'est pas dupe.
Elle a compris que cet homme n'est pas leur ami.
Cet homme qui qualifie des Noirs de "culturellement violents",
(Source: Le Gri-Gri International du 03/12/05, www.lesamisdugrigri.com).
Feint il de confondre violent et "traumatisé par la violence
subie durant des siècles" ?
Cet homme qui déclare que les propos de Finkielkraut "font
honneur à l'intelligence française".
(Source LEMONDE.FR du 04.12.05, 20h36)
Mais au fait de quelle Intelligence s'agit il ?
Cet homme qui a signifié à Christiane TAUBIRA que Femme
ou "DomTomienne" elle devait se taire;
Christiane TAUBIRA est cette Femme Noire dont la loi qui reconnaît
l'Esclavage comme Crime Contre l'Humanité porte le nom.
Est-il misogyne, "anti-DomTomiens", anti-Noirs ou les trois
à la fois ?
Certains en métropole prétendent défendre la
cause des Antillais tout en applaudissant "la démarche
républicaine" de Sarközy quand celui-ci fustige les
"Noirs d'origine antillaise".
Ils ne font aucune critique de cet homme qui porte avec fierté
le costume de Napoléon.
A ceux-là, il faut leur demander "de quelle République
s'agit-il ?"
La cause des Antillais ne se résume pas à une campagne
électorale ou à la course au pouvoir!
Est-il besoin de rappeler que certains intellectuels ont évoqué
"naturellement" sur des plateaux de télévision
l'expulsion vers les antilles des "jeunes" d'origine antillaise?
Est-il besoin de rappeler que certains cerveaux ont même posé
la question de l'expulsion des Africains Américains vers l'Afrique.
Suivez bien leur regard: tous ces Nègres, ouste, en Afrique;
L'Afrique dont le pillage continue et s'est accentué avec le
dernier G8.
Le peuple antillais connait de plus en plus son passé.
Il a compris pourquoi il avait tant détesté la partie
essentielle de lui-même.
Cette partie qui a été violée, dans tous les
sens du mot violé.
Le peuple a décidé de se "dé-Lyncher"
le cerveau.
Lynch, c'est cet esclavagiste qui sévissait à la Barbade
et avait organisé une grande conférence aux Etats-Unis
sur "l'art et la manière de dresser les esclaves".
Lynch avait expliqué sa méthode "testée
et approuvée" pour faire que "ces Nègres se
détestent éternellement".
La chaîne de l'esclavage mental se brise,
La chaine de la solidarité se renforce.
Le dé-lynchage est en marche.
"Kolonisasyon pa bon" : manifestation
à Fort-de-France contre le "rôle positif" de
la colonisation
Près d'un millier de personnes ont manifesté mercredi
7 décembre en fin d'après-midi dans les rues de Fort-de-France
(Martinique) pour demander l'abrogation d'une disposition de la loi
sur les rapatriés relative au "rôle positif"
de la colonisation.
A l'appel du Collectif martiniquais pour l'abrogation de la loi de
la honte et d'une trentaine d'organisations, les manifestants ont
défilé en lançant des slogans en français
et en créole comme "à bas la loi de la honte"
ou encore "kolonisasyon pa bon".
Dans le cortège composé d'élus, parmi lesquels
les députés de Martinique Alfred Marie-Jeanne et Philippe
Edmond-Mariette, le maire de Fort-de-France Serge Letchimy, de syndicalistes,
d'enseignants et de lycéens notamment, on pouvait lire sur
des banderoles "Colonisation = crime contre l'humanité"
ou "non à l'Histoire arrangée", entre autres
inscriptions.
Conscience antillaise éveillée
"Il y a longtemps qu'on avait pas eu une telle manifestation
à Fort-de-France, a estimé Francis Carole, un des porte
parole des manifestants.
Réagissant aux propos de Nicolas Sarközy, mercredi soir,
sur France 3 sur la "repentance permanente qui touche aux confins
du ridicule", il a estimé qu'il s'agissait d'une "nouvelle
provocation".
"Peu importe que nous soyons 100 ou 1000, a déclaré
pour sa part le député Philippe Edmond-Mariette, il
était important de montrer à nos populations que la
conscience antillaise est éveillée et qu'il convient
de faire abroger la disposition controversée de la loi du 23
février 2005".
Enfin le maire Fort-de-France a qualifié la mobilisation de
"digne et respectueuse".
Source : nouvelobs.com, 8 décembre 2005
LE CARACTERE POSITIF DE LA COLONISATION
Texte d'Alain Michel : militant indépendantiste guyanais.
Rien de nouveau sous les brumes de la France
L’assemblée Nationale française, a, introduit
dans la loi, du 04 février 2004 un amendement, imposant aux
ouvrages scolaires, la mention du caractère positif de la colonisation.
Bien entendu, le vote, ces jours-ci, du libellé de l’article
4 de cette loi, n’a pas laissé indifférents les
intellectuels de France qui ont aussitôt protesté. Il
y a eu au sein même de la majorité UMP quelques ruades
de principe. La Martinique, à sévèrement condamné,
cette opération législative, au point que le Ministre
de l’Intérieur, déclaré : persona non grata,
s’est trouvé, dans l’obligation, d’annuler
la visite qu’il avait projeté, de faire, dans cette colonie…
En Guyane, c’est: « silence radio »
La loi en question, intervient à un moment, où la France
coloniale, se trouve en situation, de guerre sociale ouverte, contre
les ressortissants, de ses anciennes et actuelles colonies, installés
sur son territoire depuis des décennies et qui vivent, amèrement
une mise en quarantaine sociale et une discrimination, avérée,
alors que de suaves discours politiciens, leur distillent, une quotidienne
rengaine, sur l’égalité et la fraternité,
entre tous.
Cette loi arrive, alors que de la voix de M. Nicolas Sarkozy, aux
accents imagés de < karcher> et de< racaille> s’adresse
aux fils de ces colonisés, casés dans des immeubles
de certaines banlieues, où on a pas trouvé mieux que
de décréter, ces jours –ci, depuis, près
d’un mois, comme au temps de la guerre d’Algérie,
en 1954, un couvre feu. Ainsi, ce couvre feu de 1954 qui visait principalement
à l’époque les maghrébins, frappe aujourd’hui,
comme par hasard, leurs enfants, petits enfants et aussi, les nôtres.
En matière d’histoire coloniale, il n’y a pas
de coïncidence. Il y a tout, simplement, des faits, concomitants,
des actes et des pratiques persistantes à l’égard
des colonisés.
En sommes nous, aujourd’hui, encore, au stade de nous étonner,
du vote de cette loi et de sa formulation qui conforte la colonisation.
En sommes nous, aujourd’hui, encore, au stade de nous étonner,
de la démarche législative, suivie par les députés
français pour l’inscrire, dans les manuels scolaires.
Le fond de la loi et la démarche entreprise pour la mener
à terme, sont tout à fait en conformité, avec
ce qu’est la France et sa philosophie coloniale. Elle sait,
mieux que nous-mêmes, qu’elle a encore des colonies, dispersées
aux quatre coins du monde et que leurs habitants, affublés,
d’un Ministre, chargé de ce ghetto politico – administratif,
au sobriquet de DOM-TOM, sont en fait : des colonisés et regardés,
comme tels, partout où ils se trouvent, ici : en Guyane et
là bas : en France.. La France, sait mieux que personne, qu’elle
a tout naturellement mis dans le même sac, les territoires conquis
de la Caraïbe de l’Océan Indien du Pacifique et
d’Amérique du Sud et que, pour mieux les identifier,
elle les a placés en subdivision 97-1, 97-2, 97-3 etc. Des
numéros d’écrous, en quelque sorte.
Pouvons nous, reprocher à la France, de légitimement
se protéger, de nos éventuels écrits, sur les
heures sombres de sa colonisation, chargée de crimes et noyée
de mensonges, au moments où les émigrés de Martinique
de Guadeloupe de Guyane et de ses autres colonies, vivant sur son
territoires, élèvent la voix et s’insurgent contre
les mauvais traitements qui leurs sont infligés.
Les actes que produisent la France et ses élus, ne sont pas
notre fait. Il sont : eux, ,nous sommes : nous . Ne tombons pas dans
une logique de protestations, en vue d’une quelconque abrogation.
Les traits de plume, en guise de ratures, n’effacent rien, en
fait, dans la conscience des colonialistes Serions nous assez naïfs,
de leur laisser penser que nous croyons qu’ils ont fait une
erreur et qu’ils la reconnaissent, alors que nous savons, que
l’acte accompli, est le résultat et le vrai visage, de
ce qu’ils sont, et de ce qu’ils pensent.
Il s’agit alors pour nous, d’utiliser, au mieux, leurs
faits et gestes pour interpeller les populations des dernières
colonies françaises, dans le seul but, qu’elles prennent
résolument, la décision, d’en finir, au nom de
la dignité, définitivement, avec cette situation et
cette identité, de colonisés.
Alain MICHEL
Militant anticolonialiste
Responsable du Parti National Populaire Guyanais
Sarközy : « Les Ivoiriens et les
Congolais sont les plus violents - C'est culturel »
Dans son édition du jeudi 1er décembre, le Gri-Gri international
- quinzomadaire satirique françafricain"- révèle
des propos prononcés par le ministre de l'Intérieur
après trois semaines de violences urbaines en France. Selon
le journal, Nicolas Sarközy a affirmé "fin novembre,
lors d'un déjeuner" que d'après les rapports de
ses services, "ce sont curieusement les Noirs plutôt que
les Arabes qui sont violents". Plus particulièrement "les
Ivoiriens et les Congolais", a précisé le ministre,
toujours selon le Gri-Gri. Le journal ajoute que selon Nicolas Sarközy,
la violence serait "culturelle" dans ces pays d'Afrique.
Source : nouvelobs.com, 1er décembre 2005
SarkoLéon interdit la parution d'un livre
de sa femme Cécilia, dont il est séparé
La parution aux éditions First d'une biographie autorisée
de Cécilia Sarkozy a été "reportée
sine die", a-t-on appris mercredi auprès de la maison d'édition,
confirmant une information du Canard Enchaîné. First a
indiqué n'avoir "aucun commentaire" à faire
sur les raisons de ce report avancées mercredi matin par l'hebdomadaire.
Signé Valérie Domain, chef des informations du magazine
"Gala", ce livre portant notamment sur "l'histoire de
Cécilia, avant, pendant et après Nicolas", selon
le Canard Enchaîné, devait sortir le 24 novembre. Le titre
de l'ouvrage, toujours annoncé mercredi sur le site internet
de la Fnac, est "Cécilia Sarkozy, entre le coeur et la raison".
25.000 exemplaires avaient déjà été imprimés
et un "plan média" (Gala, RTL, France 3...) était
prévu, a écrit l'hebdomadaire. Toujours selon le Canard
Enchaîné, Vincent Barbare, responsable de First, a été,
le 9 novembre, "convié avec une ferme courtoisie" à
un entretien avec Nicolas Sarkozy, place Beauvau, "pour le lendemain".
"Le premier flic de France (...) l'a menacé de foudres judiciaires
et variées. Une entrevue radicale puisque, en sortant du bureau,
l'éditeur prenait cette grande décision: le bouquin sur
Cécilia ne sortira pas le 24 novembre", a écrit l'hebdomadaire.
"Depuis, sa parution est reportée sine die", conclut
le Canard qui cite les propos d'une collaboratrice de M. Barbare: ce
dernier "a jugé qu'il n'était pas très opportun
de faire paraître le livre, compte tenu de ce qui se passe actuellement
en France". Le ministère de l'Intérieur, interrogé
mercredi par l'AFP, s'est refusé pour sa part à tout commentaire.
Source : AFP, 16 novembre 2005
La vie quotidienne en France
à l'ère de SarkoLéon :
Notre tour viendra, notre tour est venu !
Le témoignage de Jean-Pierre Bastid, 20 octobre 2005
L'auteur est invalide à 80 %. Cinéaste et écrivain,
il a été le co-scénariste du film Dupont-Lajoie
réalisé par Yves Boisset avec Jean Carmet, Pierre Tornade
en 1975, un classique surl'arabophobie française.
Ce film a pour sujet la recrudescence du racisme en France.
Né à Montreuil le 4 février 1937 et demeurant depuis
trois ans à Bagnolet, dans le 93, je me dois de porter à
l'attention de mes concitoyens les faits suivants, dont j'ai été
témoin et victime.
Le mardi 11 octobre, j'ai été mis au courant par des voisins
de l'expulsion de familles ivoiriennes habitant 2, passage du Gazomètre,
à Montreuil. Nous nous sommes immédiatement rendus sur
les lieux, ma femme et moi, pour leur porter assistance.
Nous avons regroupé leurs affaires éparpillés en
pleine rue puis il a été décidé, avec les
familles et les personnes solidaires du voisinage, de se réfugier
à la maison de quartier Lounès Matoub, 4-6, place de la
République, à Montreuil, pour abriter les familles et
les enfants ainsi que leurs affaires et ainsi interpeller la mairie
de Montreuil sur la nécessité de leur relogement. Un grand
mouvement de solidarité a réuni les habitants de la commune
et des environs.
Dans l'après-midi, un membre du cabinet du maire est venu à
la rencontre des familles, leur proposant 3 jours d'hébergement
en hôtel sur le département ou dans d'autres banlieues
lointaines, alors que leurs enfants sont scolarisés sur Montreuil.
Les familles ont refusé la proposition estimant que leur situation
resterait précaire. Le représentant de la mairie nous
a très clairement menacés d'une intervention policière
afin de nous évacuer. Dans cette éventualité, les
familles et les soutiens ont décidé de se barricader dans
la salle d'activités de la maison de quartier.
L'intervention a commencé vers 20 heures quand, à coups
de bélier, les CRS ont défoncé la porte. Aussitôt
l'éclairage a été coupé. Des enfants se
sont mis à hurler.
Alors que nous nous tenions un peu en retrait en scandant des slogans
contre les expulsions, les CRS casqués, visières baissées,
armés sur le pied de guerre -, boucliers, jambières renforcées,
tonfas etc. - nous ont encerclés.
Après avoir renversé et sauvagement jeté en l'air
les sacs des familles, les tables et la nourriture qui s'y trouvait,
ils ont commencé à nous repousser vers la sortie.
Inquiets pour les femmes et les enfants qui s'étaient réfugiés
dans la cuisine, porte fermée, nous avons formé une chaîne
afin de les protéger et d'être témoins de leur sort,
vu la violence de l'intervention.
En vain.
Pour ma part, j'ai été projeté à terre et
piétiné. J'ai eu beaucoup de mal à me relever.
Pour précipiter le mouvement et alors que j'étais déjà
estourbi et en proie au vertige, un CRS a levé sa matraque, mais
un gradé lui a fait signe de ne pas frapper. " Ça va,
monsieur ? ", a-t-il demandé.
Puis me prenant par le bras, il m'a dirigé vers la porte tandis
que ma femme et mes compagnons étaient évacués
très brutalement vers la cour, les uns après les autres
ou par petits groupes.
Me trouvant isolé et un des derniers, j'ai été
poussé dans la cour entre deux rangs de CRS.
À mi-distance de la grille qui ferme la cour, j'ai essayé
de parler au commissaire que j'avais vu le matin procéder à
l'évacuation du passage du Gazomètre pour lui rappeler
la présence d'enfants dans le local. Il m'a dit : " C'est ça,
c'est ça... Dégage ! "
Je continuais ma route quand deux CRS se sont précipités
sur moi. J'ai reçu un violent coup de poing sur le nez puis un
troisième policier, en civil, qui s' était joint à
eux m'a asséné un très brutal coup de matraque
sur le côté gauche de la tête. Tandis que je titubais,
ils m'ont poussé brutalement vers la sortie et je suis tombé
à la renverse sur des grilles.
On m'a relevé, la tête en sang, alors que j'avais perdu
conscience.
Deux personnes m'ont soutenu et emmené m'asseoir au café
le plus proche.
On a épongé le sang qui m'aveuglait et appelé les
pompiers qui m'ont emmené avec ma femme à l'hôpital
de Montreuil.
Premier bilan :
" Traumatisme crânien, traumatisme facial avec plaie, couture
paupière supérieure de l'¦il gauche, hématome
du nez orbite gauche, hématome du nez avec fracture, fracture
de la 7e côte gauche, état de choc psychologique, incapacité
totale de travail personnel (ITTP) de quinze jours, sous réserve...
"
En conséquence je porte plainte contre X pour ces faits de violences
policières que rien ne pouvait justifier, n'ayant à aucun
moment menacé quiconque.
A qui le tour ?
Quand ils sont venus chercher les communistes,
Je n'ai rien dit,
Je n'étais pas communiste.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
Je n'ai rien dit,
Je n'ai rien dit, je n'étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus chercher les juifs,
Je n'ai pas protesté,
Je n'étais pas juif.
Quand ils sont venus chercher les catholiques,
Je n'ai pas protesté,
Je n'étais pas catholique.
Puis ils sont venus me chercher
Et il ne restait personne pour protester.
Martin Niemöller (1892-1984) pasteur protestant.
À partir de 1942, la population française
fut sous le contrôle de la police de Vichy. C'était compter
sans la Résistance, mais, pour la majeure partie du pays, les
résistants n'étaient que des agitateurs, des terroristes.
Et pourtant ce sont ces trublions qui ont libéré le pays.
Par la suite, la déportation, les camps, la Résistance
devinrent pour quelques uns le pont aux ânes.
Pendant la guerre d'Algérie, ils en avaient perdu la mémoire
alors que la répression policière s'abattait sur la France.
Aujourd'hui, certains rigolent de ces " vieilles lunes " sans se rendre
compte que la France de M. Sarkozy risque fort de prendre la relève
de celle de M. Papon.
Pour notre ministre de l'Intérieur, fils d'émigré
hongrois, il n'est pas bon être étranger. Chaque semaine,
de nouveaux charters s'envolent à tire d'ailes pour évacuer
Africains, Maghrébins, Asiatiques et Européens de l'Est.
Pour le maniaque du Karcher, qu'importe si ceux qui restent vivent avec
leurs enfants dans la terreur, dans l'angoisse d'une rafle et à
la merci d'employeurs indélicats. Nous attendons l'aurore d'une
nouvelle Résistance. Quelques-uns se sont déjà
levés, ils savent que s'ils ne le font pas, ça pourrait
être bientôt leur tour
L’interview de SarkoLéon
au Monde
« Notre politique d'immigration doit être à la fois
ferme et humaine. Je souhaite qu'on expulse ceux qui n'ont pas de papiers,
mais aussi qu'on renforce les droits des immigrés en situation
légale. A titre personnel, je considère qu'il ne serait
pas anormal qu'un étranger en situation régulière,
qui travaille, paie des impôts et réside depuis au moins
dix ans en France, puisse voter aux élections municipales.»
Propos recueillis par Jean-Michel Dumay, Piotr Smolar et Laetitia Van
Eeckhout, Le Monde, 24 octobre 2005
Depuis votre retour au ministère de l'intérieur, vous
semblez moins insister sur les statistiques de la délinquance...
On ne peut pas être ministre de l'intérieur en 2005 comme
en 2002. A l'époque, il fallait remobiliser les policiers et
les gendarmes après cinq années d'explosion de la délinquance.
Après avoir fait baisser la délinquance globale de 7 %
en trois ans, il faut à présent se concentrer sur les
violences urbaines et familiales. Nous ne pouvons pas envoyer la même
équipe pour traquer les délinquants chevronnés
et intervenir auprès d'une femme battue. Au 1er décembre,
je vais sélectionner trois départements dans lesquels
des équipes dédiées aux violences familiales, avec
juristes et psychologues, seront mises en place. Je veux mettre un terme
à cette bizarrerie où la femme battue n'a d'autre solution
que de fuir le domicile. Il faut pouvoir intervenir la nuit dans ces
appartements.
ans-papiers : la fermeté demandée aux préfets
Comment comptez-vous juguler les violences urbaines, également
à la hausse ?
Certains caïds se comportent comme les propriétaires d'un
territoire. Depuis le début de l'année, 9 000 voitures
de police ont été caillassées. Chaque nuit, il
y a entre 20 et 40 véhicules brûlés. Nous devons
changer nos méthodes. Les Renseignements généraux
se recentreront sur ce domaine et sur le terrorisme. Les policiers doivent
travailler à partir des biens manifestement anormaux que possèdent
les délinquants. Nous allons aussi installer dans les quartiers
les plus difficiles 17 compagnies de CRS et 7 escadrons de gendarmerie,
qui interviendront en petits groupes, spécialisés.
La vidéosurveillance, volet important du projet
de loi antiterroriste présenté le 26 octobre, semble être
devenue la panacée...
Elle est efficace, même si elle ne répond pas à
tout. Dans le domaine du terrorisme, nous devons tirer les leçons
des attentats de Londres. Il faut qu'il y ait de la vidéosurveillance
dans le métro, les aéroports, les gares. Nous allons aussi
autoriser les lieux de culte et les grands magasins à la développer
sur leurs trottoirs. Les préfets auront la possibilité
de l'imposer dans les lieux sensibles. Ensuite, nous ferons en sorte
que la totalité des patrouilles de police travaillant la nuit
soient équipées de caméras d'ici à début
2007, afin de mieux recueillir la preuve judiciaire. Il s'agit d'une
révolution culturelle. Et je ne veux plus que la police et la
gendarmerie puissent être accusées de bafouer la déontologie.
La vidéo sera un élément de preuve en cas de polémique.
La police aux frontières en est épargnée depuis
que toutes ses interventions sont filmées. Je n'exclus pas qu'un
jour les interrogatoires le soient également.
Quelle est la logique de votre politique d'immigration,
au-delà des reconduites massives à la frontière
?
Je souhaite que la France accueille ceux dont nous avons besoin et que
nous saurons intégrer en leur donnant un emploi et un logement.
Elle ne peut être le seul pays du monde à ne pas choisir
ceux qu'elle veut accueillir. Dans un mois sera signé le décret
qui fera payer aux entreprises le coût du rapatriement des étrangers
en situation illégale qu'elles ont employés en infraction
avec la loi. Par ailleurs, je présenterai un projet de loi, début
2006, qui portera sur le renforcement de la lutte contre les détournements
de procédure en matière d'asile, la mise en place d'une
politique attractive pour les meilleurs étudiants étrangers
et d'un système de visa à points pour les travailleurs,
l'adaptation du droit spécifique à l'outre-mer, le contrôle
des mariages mixtes et la rationalisation du regroupement familial,
afin que les conditions de ressources et de logement deviennent un préalable.
Entendez-vous les protestations concernant les expulsions
d'élèves en situation irrégulière ?
Oui, car on ne peut être ferme si l'on n'est pas juste. La solution
consiste à ne pas reconduire les élèves à
la frontière pendant l'année scolaire en cours. Mais ce
n'est pas parce que des enfants sont scolarisés que les parents
ont droit au séjour au-delà de la période scolaire.
Notre politique d'immigration doit être à
la fois ferme et humaine. Je souhaite qu'on expulse ceux qui n'ont pas
de papiers, mais aussi qu'on renforce les droits des immigrés
en situation légale. A titre personnel, je considère qu'il
ne serait pas anormal qu'un étranger en situation régulière,
qui travaille, paie des impôts et réside depuis au moins
dix ans en France, puisse voter aux élections municipales. Il
faut que le débat sur cette question soit réfléchi
et serein. Je veux lutter contre l'immigration clandestine de toutes
mes forces, car le laxisme fait des ravages. Je veux dans le même
temps renforcer la chance de l'intégration pour les étrangers
en situation légale. Le droit de vote aux municipales en fait
partie. Il va de soi que le vote aux législatives ne peut être
le fait que de citoyens français.
Pensez-vous être en minorité dans votre
parti sur ce thème ?
Peut-être. Je ne demande pas à mon parti d'être d'accord
avec moi sur tout. Et j'ai la liberté de ne pas être d'accord
avec lui sur tout. J'ouvre un débat en faveur d'une mesure que
je pense juste.
Voulez-vous revenir sur le droit du sol en outre-mer
?
La situation de l'immigration est bonne à la Réunion,
mauvaise en Guadeloupe et en Martinique, détestable en Guyane.
A Mayotte, elle est catastrophique. Je demande qu'on réfléchisse
sans tabou à des adaptations, compte tenu des circonstances géographiques.
Que pensez-vous de la polémique sur la mémoire
de la colonisation et de l'esclavage ?
Je ne suis pas tenté par la culpabilisation générale
sur notre passé. Quand on se promène à Alger, on
s'aperçoit qu'on ne peut réduire la présence de
la France à la torture.
Comment allez-vous relancer le débat sur la
discrimination positive, qui divise votre propre camp ?
La vraie égalité, ce n'est pas donner la même chose
à tous, mais de donner en fonction des mérites et des
handicaps de chacun. Ces actions de discrimination positive doivent
d'ailleurs être limitées dans le temps et évaluées.
Elles ne doivent pas être réservées à nos
seuls compatriotes d'origine maghrébine ou africaine. On peut
aussi faire de la discrimination positive à la française
pour les départements qui souffrent. Il faut aider la Creuse
plutôt que les Hauts-de-Seine.
Je suis pour des internats d'excellence en site urbain, qui seraient
réservés à des enfants de familles modestes, en
général monoparentales, plutôt que de les laisser
tenter par la loi de la rue. Je vais créer trois internats d'excellence
de ce type en 2006 dans les Hauts-de-Seine. Ces internats occuperont
une place centrale dans le plan national de prévention de la
délinquance que je présenterai en décembre.
Où en est votre réflexion sur la responsabilité
des magistrats ?
Il ne peut y avoir un corps non responsable de ce qu'il décide.
En Belgique, la jurisprudence a permis de reconnaître cette responsabilité
professionnelle des magistrats, en dehors de leur responsabilité
pénale. N'y a-t-il pas toujours une responsabilité quand
on arrive à un drame ? Elle existe pour le médecin qui
laisse un pansement dans le ventre d'un patient ou pour le maire quand
un panneau de basket tombe sur un enfant. Je note que, ces dix dernières
années, l'Etat n'a engagé aucune action récursoire
à l'égard d'un magistrat dont la faute a conduit à
sa condamnation pécuniaire.
Avec la révision de la loi de 1905 sur la laïcité,
vous avez trouvé un nouveau motif de querelle avec Dominique
de Villepin...
En aucun cas. Je n'ai pas demandé qu'on change la loi de 1905,
qui est une bonne et grande loi. J'ai une grande confiance dans ses
équilibres, qui peuvent cependant supporter quelques aménagements.
Ceux-ci peuvent du reste intervenir sur d'autres textes, comme le code
général des collectivités territoriales. C'est
pour cela que, reprenant une proposition de la Fédération
protestante de France, j'ai proposé qu'un groupe de travail soit
constitué, notamment pour réfléchir au plan fiscal
à la compatibilité entre les lois de 1901 et de 1905.
Je n'oublie pas les traumatismes du 21 avril 2002 et du référendum,
auxquels nous n'avons pas complètement répondu.
Faire du chiffre
Atteindre 23 000 reconduites à la frontière "effectives"
d'étrangers sans papiers contre 15 000 en 2004 : le ministre
de l'intérieur n'a de cesse de rappeler ses objectifs, souhaitant
que "personne ne doute de -sa- fermeté en la matière".
"Plus encore qu'une obligation de moyens, c'est une obligation
de résultats qui vous est fixée" , avait insisté
Nicolas Sarkozy, le 9 septembre, devant le corps préfectoral
réuni place Beauvau, invitant les préfets "à
ne pas hésiter à utiliser toutes les marges de manoeuvre
de la loi" , à agir " quelles que soient les sollicitations
locales" , à "savoir résister aux pressions
de tels ou tels collectifs ou coordinations qui ne représentent
qu'eux-mêmes" . Il les a appelés à "combattre
certaines idées reçues" , affirmant que "la
Cour européenne des droits de l'homme n'a jamais reconnu un quelconque
droit de chacun à mener sa vie familiale où bon lui semble"
, ou encore que "les ressortissants roumains et bulgares en situation
irrégulière ne bénéficient d'aucune protection
juridique particulière contre l'éloignement" , la
candidature de leur pays à l'Union européenne "n'y
changeant rien" .
Laïcité, vote des
étrangers : du ministère de l'intérieur, Nicolas
Sarkozy décline son programme présidentiel
par Philippe Ridet, Le Monde, 25 octobre 2005
Prié par ses adversaires de gauche comme de droite d'entonner
un autre refrain que celui de son ambition pour 2007 et de se consacrer
exclusivement à sa tâche de ministre de l'intérieur,
Nicolas Sarkozy a obtempéré. Ce d'autant plus volontiers
que ses propres amis l'ont mis en garde contre un "risque de surchauffe"
et de lassitude des Français.
Depuis quelques semaines, il a ainsi recentré ses activités
sur son portefeuille gouvernemental. Mais, tout en rechaussant les godillots
cloutés du premier flic de France, le ministre de l'intérieur
a aussi remis la main sur des dossiers hautement politiques. Le droit
de vote des étrangers aux élections locales est de ceux-là.
En se prononçant "à titre personnel" en faveur
de cette mesure dans un entretien au Monde du 25 octobre, le numéro
deux du gouvernement administre la preuve - tout en s'abritant derrière
sa fonction - que les débats politiques restent de sa responsabilité.
L'aménagement de la loi de 1905 est un autre exemple. Là
encore, c'est le ministre des cultes qui vient de proposer - à
la demande de la Fédération protestante de France - une
"commission de réflexion".
Ces idées sont largement minoritaires dans son propre camp. Si
tant est - hypothèse improbable - que, d'ici à 2007, M.
Sarkozy parvienne à convaincre le premier ministre d'inscrire
à l'agenda de l'Assemblée le vote des étrangers
aux élections locales, il ne convaincra pas ces parlementaires
pour qui - à l'exception de certains élus UMP de banlieue
- le "vote des immigrés" est un épouvantail.
Mais la proposition de M. Sarkozy ne s'adresse pas, au premier chef,
à son camp, sinon pour faire la démonstration qu'on ne
peut l'y réduire. Elle vise d'abord l'"électorat
beur", au sein duquel l'image de Nicolas Sarkozy reste attachée
à ses propos musclés sur le nettoyage "au Kärcher"
de la cité de La Courneuve. Elle vise aussi l'électorat
de gauche et certains intellectuels. La participation des étrangers
aux scrutins locaux avait été envisagée dès
1981 par François Mitterrand.
UN LEURRE
Lors de son premier passage place Beauvau, M. Sarkozy avait déstabilisé
la gauche en modifiant le régime de la double peine, une mesure
à laquelle Lionel Jospin n'avait pu se résoudre. Il n'est
pas interdit de penser que la même stratégie est à
l'oeuvre, alors que les sondages soulignent une certaine sympathie de
l'électorat socialiste à l'égard de M. de Villepin
et un positionnement, au contraire, très à droite de M.
Sarkozy.
"En octobre, je serai très ministre de l'intérieur",
avait confié, fin septembre, M. Sarkozy au terme d'une séquence
politique marquée par sa rivalité de plus en plus vive
avec le premier ministre, Dominique de Villepin. Persuadé d'avoir
apporté la preuve, à La Baule, lors de l'université
d'été de l'UMP, puis à Evian, aux cours des journées
parlementaires, qu'il avait pris le meilleur sur le chef du gouvernement
- "On n'est pas prêt de nous revoir ensemble à la
même tribune", se rengorge-t-il -, M. Sarkozy s'en est donc
retourné à son métier de ministre, au grand soulagement
du gouvernement, lassé par ses incartades.
Au nom de la "rupture", le candidat à la présidentielle
s'est opposé en toutes circonstances au premier ministre, et
aux chiraquiens en général. Modèle social, règlement
du conflit de la SNCM, baisse du nombre de fonctionnaires, politique
fiscale, écologie... : sur tous ces sujets, M. Sarkozy a mis
à mal la solidarité gouvernementale. Chaque convention
de l'UMP lui a offert l'occasion de précéder - dans le
meilleur des cas - la politique du gouvernement ou de la contredire.
Lui faisait-on remarquer qu'il excédait ses fonctions, il rétorquait
: "Je suis président de l'UMP, et l'UMP doit être
à l'avant-garde du gouvernement."
Qu'allait faire le ministre ? Dans un premier temps, il a donné
l'impression de se cantonner à l'aspect répressif de sa
fonction. Réception de 2 000 policiers et gendarmes, cérémonie
à l'occasion des vingt ans du RAID, visites dans les quartiers
sensibles, passage éclair en Corse à la demande de Dominique
de Villepin : le premier ministre pouvait respirer. M. Sarkozy semblait
avoir oublié ses ambitions. Un leurre.
La proposition choc de Sarkozy
sur le vote des immigrés
par Charles Jaigu, Le Figaro, 25 octobre 2005]
Nicolas Sarkozy s'est prononcé hier, à titre personnel,
en faveur du droit de vote pour les étrangers en situation régulière
installés de longue date en France.
ENCORE un pavé dans la mare. Nicolas Sarkozy a annoncé,
dans un entretien accordé au Monde, qu'il ne jugeait «pas
anormal qu'un étranger en situation régulière,
qui travaille, paie ses impôts et réside depuis au moins
dix ans en France, puisse voter aux élections municipales».
Le ministre de l'Intérieur, qui doit présenter la loi
antiterroriste aujourd'hui au Parlement, rouvre donc le débat
sur le vote des étrangers aux élections locales. Il vole
ainsi la vedette à la gauche, qui en fait, depuis le programme
commun de François Mitterrand en 1981, une revendication constante,
mais jamais appliquée.
A droite, seul Yves Jego, député de Seine-Maritime, défendait
en 2002, dans un rapport remis à Jean-Pierre Raffarin, le vote
des étrangers non ressortissants d'un pays de l'Union européenne.
Il n'avait été, à l'époque, suivi que par
Philippe Douste-Blazy. Yves Jego était d'ailleurs le seul, parmi
les proches de Nicolas Sarkozy, à militer pour une telle «révolution
de la citoyenneté» à l'intérieur de la droite.
Patrick Devedjian, proche de Sarkozy, à l'époque ministre
des Libertés locales, prenait position contre un risque de «dilution
de l'identité nationale déjà entamée par
la mondialisation».
«Attitude irresponsable»
Yves Jego se réjouit aujourd'hui de voir le ministre de l'Intérieur
se rapprocher de sa position : «Comment expliquer que l'Estonien
ait un droit d'élire le maire de sa commune et que ce ne soit
pas le cas du Sénégalais, dont le grand-père est
mort au champ d'honneur, en 1914 ?», s'interroge Yves Jego, pour
qui «l'Europe a bouleversé la notion de citoyenneté,
qu'on accorde à un Roumain mais pas à un immigré
sur le sol français depuis dix ans».
Il n'est pas suivi par sa collègue de l'UMP, Jeannette Bougrab.
Maître de conférence en droit constitutionnel à
la Sorbonne, membre du haut conseil à l'intégration, elle
estime qu'«il vaut mieux faciliter l'accès à la
nationalité française», refusant de voir dans le
droit de vote des membres de l'Union européenne un précédent
: «On ne peut pas mettre la citoyenneté européenne
sur le même plan. Elle est affirmée dans les traités
européens en vertu du principe de réciprocité,
qui donne le droit aux Français de voter dans l'un des 25 pays
membres.»
Le très sarkozyste Thierry Mariani, député du Vaucluse,
avoue son embarras : «Si c'est pour ouvrir le débat, très
bien, mais je ne pense pas que notre électorat soit prêt.»
En 2002, il avait signé un appel «contre l'obtention du
droit de vote extracommunautaire aux élections locales».
Il avait également été signé par un autre
proche de Nicolas Sarkozy, Christian Estrosi, aujourd'hui ministre délégué
à l'Aménagement du territoire.
Président du MPF, Philippe de Villiers a fustigé «l'attitude
irresponsable» du patron de l'UMP. «Avec Sarkozy, c'est
la préférence étrangère qui s'installe au
sommet de l'Etat», a-t-il déclaré, estimant que
le ministre de l'Intérieur «se pose ainsi comme l'héritier
politique de François Mitterrand» et que «l'UMP se
veut comme le nouveau parti de l'étranger».
Travail illégal: Sarkozy
veut mettre à contribution les patrons
Le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, compte renforcer
la lutte contre le travail illégal par l'adoption d'un décret
faisant payer aux entreprises qui emploient des clandestins une partie
des frais de reconduction à la frontière.
Il répondait à l'Assemblée nationale
au député UMP du Nord Christian Decoq qui l'interrogeait
sur ses propositions visant à renforcer la loi sur la maîtrise
de l'immigration adoptée en 2003, lors de son précédent
passage au ministère de l'Intérieur.
"C'est juste de faire payer les entreprises indélicates
qui ont fait venir des clandestins. C'est à ces entreprises de
financer les billets de retour des clandestins que nous expulserons",
a souligné Nicolas Sarkozy.
"Une politique d'immigration se doit d'être
ferme et juste. Quand elle est ferme sans être juste, elle est
extrémiste et n'a rien à voir avec la République.
Quand elle est juste sans être ferme, elle est laxiste et elle
fait augmenter le racisme", a-t-il ajouté.
Le décret défendu par le ministre de
l'Intérieur, qui devrait être ratifié avant la fin
du mois, prévoit une contribution forfaitaire comprise entre
5.000 et 10.000 euros afin de financer les "frais de réacheminement"
de chaque étranger vers son pays d'origine.
Au printemps dernier, Nicolas Sarkozy avait estimé
que ces reconduites à la frontière coûtaient 100
millions d'euros par an à la France.
Deux autres textes, en préparation au ministère
de l'Emploi, visent à renforcer les obligations des entreprises
envers leurs sous-traitants et prévoient la suppression des subventions
publiques pour toute entreprise ayant enfreint les règles.
Au lendemain d'une réunion avec les élus
de la région de Calais sur l'immigration clandestine, Nicolas
Sarkozy a confirmé l'expulsion "systématique"
de tous les ressortissants afghans, irakiens et somaliens, qui tentent
d'entrer en Grande-Bretagne à partir des côtes françaises.
Le nombre de migrants présents dans le département
du Pas-de-Calais a augmenté de 14% au cours des neuf premiers
mois de l'année par rapport à la même période
en 2004, estime-t-il.
Pour Nicolas Sarkozy, ce département "paie
encore la décision irresponsable" d'ouvrir le centre de
la Croix-Rouge de Sangatte, près de l'entrée du tunnel
sous la Manche, qui a représenté un "produit d'appel
à travers le monde entier" pour des hommes et des femmes
n'ayant "aucun espoir".
Source : Reuters, 25 octobre 2005
Don Sarko et l'internationale
sioniste
par François Costes, 22 octobre 2005
[traduction des articles cités en anglais par Marcel Charbonnier]
Chacun sait que Nicolas Sarkozy veut prendre le pouvoir
et devenir président de la République française.
Mais avant de le laisser s'installer à l'Elysée, mes compatriotes
devraient s'interroger sur les alliances politiques d'un carnivore populiste
qui ose déclarer au public américain qu'il se sent "étranger
dans son propre pays"...
Les JAZ débarquent !
Don Sarko au pays d'Arnold
Don Sarko au pays d'Arik
Don Sarko au pays de Julia
Don Sarko au pays de Vladimir
Don Sarko au pays de Madelin et de Finkielkraut
Les JAZ débarquent !
En août 2004, un hebdomadaire juif américain publiait un
étonnant article sur l'influence croissante du lobby JAZ (Jewish-American-Zionist)
sur le territoire français. Parmi les noms de personnalités
soutenues par ce lobby ou par ses partenaires dans l'Hexagone figurait
celui de Nicolas Sarkozy :
« L'implication croissante d'associations juives
américaines dans les efforts déployés par le lobby
pro-israélien en France est en train d'alimenter des préoccupations
au sujet d'un éventuel retour de manivelle au détriment
tant des dirigeants de la communauté juive française que
des responsables israéliens. [...] Le plus gros de la controverse
est centrée sur un accord, conclu l'an dernier entre le Congrès
juif américain et un groupement pro-israélien très
fort en gueule, connu sous l'acronyme français UPJF [Union des
patrons juifs de France]. Des interrogations se font jour, également,
au sujet des activités européennes de l'AIPAC [American
Israel Public Affairs Committee], une organisation de lobbying pro-israélien
sise à Washington, qui a développé des liens avec
des associations juives en France et dans d'autres pays européens,
afin d'y encourager la mise en place d'un lobbying à l'américaine.
Le Comité juif américain a lui aussi fait franchir un
degré à son activisme en Europe, l'année dernière,
mais il semble avoir évité le genre de controverse qui
entoure les deux autres instances américaines citées.
En vertu de l'accord entre le Congrès juif américain et
l'UPJF, l'association américaine fournira à sa partenaire
un entraînement, des argumentaires et des conseils, ainsi qu'un
soutien financier. David Twersky, directeur du Conseil pour la Juiverie
mondiale, récemment mis en place par le Congrès juif américain,
a confirmé ce financement, mais il a refusé d'en révéler
le montant. Hervé Giaoui, président de l'UPJF a observé
le même mutisme. [...] Tant le Congrès juif américain
que l'UPJF ont mis l' accent sur le fait que l'accord de coopération
entre eux écartait toute immixtion dans la vie politique française.
Twersky a rejeté catégoriquement toute suggestion que
des fonds juifs américains seraient injectés dans la vie
politique française, insistant sur le fait que l'accord signé
entre le Congrès juif américain et l'UPJF écarte
de manière explicite de leurs activités communes toute
action politique partisane, et se focalise exclusivement sur des efforts
visant à combattre l'antisémitisme et les perceptions
anti-israéliennes. M. Giaoui a indiqué que les fonds américains
serviraient exclusivement à financer des campagnes de publicité
pro-israéliennes et que, par conséquent, il ne se sentait
nullement concerné par une quelconque impression que d'aucuns
pourraient avoir, d'une immixtion juive américaine dans les affaires
intérieures françaises. M. Twersky a également
souligné que l'UPJF avait l'intention de donner aux juifs français
un certain pouvoir, que des fédérations - parapluies comme
le CRIF n'ont jamais pu leur conférer. « L'UPJF a pour
seule finalité l'action politique », a-t-il déclaré,
ajoutant qu'il conseillait à cette instance de ne pas prendre
parti, sur le plan de la politique intérieure française.
Un examen des déclaration de l'UPJF semble cependant indiquer
un pattern de soutien à des candidats de droite aux postes électifs.
[...] Dans une lettre adressée le 24 juin à ses membres,
détaillant la position de l'association en matière de
soutien aux candidats à des élections politiques, l'UPJF
se déclarait « convaincue qu'il est impératif de
s'impliquer dans la vie politique de notre pays, que ce soit au niveau
local, au niveau national, ou encore au niveau européen. »
Cette lettre de l'UPJF entendait expliciter la décision prise
par l'association d'apporter son soutien à la candidature de
Patrick Gaubert, un dirigeant juif anti-raciste connu, lors de récentes
élections législatives européennes, ainsi qu'à
celle de Laurent Dominati, candidat à des élections législatives,
à Paris. Par ailleurs, l'association a exprimé son soutien
appuyé au présidentiable Nicolas Sarkozy. Un de ses membres
fondateurs, Mme Nicole Guedj, est un des plus jeunes ministres du gouvernement
français actuel. Ces quatre personnalités politiques appartiennent
toutes au parti conservateur UMP [Union pour un mouvement populaire]
du président Jacques Chirac. [01] »
Don Sarko au pays d'Arnold
Au mois d'avril 2004, Sarkozy s'était déjà distingué
en se rendant à
Washington à un déjeuner de l'AJC donné en son
honneur :
A Washington, vendredi 23 avril, Nicolas Sarkozy était
le gouvernement français à lui seul. Toujours ministre
de l'intérieur - et des cultes - devant l'American Jewish Committee,
principale organisation juive américaine, qui a
offert un déjeuner en son honneur. [...] Au déjeuner de
l'American Jewish Committee (AJC), M. Sarkozy a prononcé hardiment
un discours en anglais, dans lequel il a révélé
que "les journalistes" l'avaient appelé "Sarkozy
l'Américain". "J'en suis fier, a-t-il dit. Je n'ai
pas peur de dire que je partage beaucoup de valeurs américaines."
Il cite un nom, au hasard : Arnold Schwarzenegger. {a} "Comme Sarkozy,
c'est difficile à prononcer. Mais cela n'a pas empêché
les Californiens de l'élire gouverneur", admire-t-il. [...]
Le contact entre M. Sarkozy et l'AJC s'est établi en octobre
2003, quand il a reçu une délégation de cette organisation
américaine, venue lui demander ce que le gouvernement français
faisait contre l'antisémitisme. [02]
Un commentaire de la CAPJPO nous éclaire mieux
sur ce qui se mijote entre le Don et ses copains d'Amérique :
« Avec Nicolas Sarkozy, on change de registre.
On est en effet en présence d'un homme qui déclare désormais
publiquement servir, en conscience, les intérêts de l'American
Jewish Commitee (AJC). Car, qui a "fait croire aux Etats-Unis d'Amérique
que la France était un pays antisémite" ? Qui, sinon
l'AJC elle-même, un lobby qui n'est ni juif, ni américain,
en ce qu'il ne sert ni les intérêts des Juifs en général,
ni ceux des Américains, ni ceux des Américains juifs,
mais uniquement la politique de l'axe gouvernemental américano-israélien,
incarnée aujourd'hui par le couple Bush/Sharon, et dont le peuple
palestinien est la principale victime. L'AJC, et une série d'autres
officines sharoniennes, ont entrepris depuis plusieurs années
de répandre du venin sur "la France", dont ils accusent
en bloc les dirigeants et la population d'être antisémites.
[...] L'AJC ne connaît rien à l'anti-sémitisme,
réel ou potentiel, prévalant en France, au point que les
dirigeants du lobby sharonien français, le CRIF notamment, ont
bien été obligés de reconnaître que leurs
amis d'outre-Atlantique "manquaient peut-être un peu du sens
des nuances". Sans vergogne, parce qu'impunie à ce jour,
l'AJC ne cesse cependant d'étendre son champ d'intervention,
en étant le principal organisateur d'une conférence qui
se tient actuellement à Berlin, sur le thème de "L'antisémitisme
en Europe". [03]»
Quelques mois plus tard, en octobre 2004, le Don entreprenait
un nouveau voyage aux Etats-Unis et y confortait ses alliances :
« Venu aux Etats-Unis pour la réunion
d'automne du G7, Nicolas Sarkozy a effectué ce qui ressemblait
à une tournée d'adieux. Même le président
de la Réserve fédérale, Alan Greenspan, lui a dit
qu'il serait regretté, assure l'entourage du ministre. Après
avoir été invité à déjeuner, samedi
2 octobre à Washington, par le Hudson Institute, un "think
tank" de la mouvance néo-conservatrice {b}, M. Sarkozy a
dîné dimanche à New York chez l'ancien ambassadeur
et banquier démocrate Félix Rohatyn, en compagnie du maire
Michael Bloomberg. [...] A Columbia {c}, [...] la question portait sur
ce que ferait M. Sarkozy s'il était élu. "Cela serait
dangereux de répondre avec trop de sincérité, a-t-il
dit, c'est trop tôt." [...] Nicolas Sarkozy s'est décrit
comme "étranger dans son propre pays". "Moi je
n'étais pas destiné à avoir les belles places.
Il a fallu aller les chercher." [04] »
Don Sarko au pays d'Arik
En décembre 2004, en suivant les traces du sénateur
Hillary Clinton, du gouverneur Jim McGreevey et du maire Rudolph Giuliani,
Sarkozy se rendait en Israël et salamalequait Ariel Sharon qui
le reçut comme un chef d'Etat. (On se souvient qu'Arik le Ventru
avait, en mai 2003, refusé de rencontrer Dominique de Villepin,
qui était pourtant, à l'époque, le ministre français
des Affaires étrangères, mais qui avait eu l'intelligence
et le courage de s'opposer à la guerre en Irak. [05]) :
« Ariel Sharon et Nicolas Sarkozy se sont assurés
de leurs bons sentiments respectifs, mercredi 15 décembre, au
deuxième jour de la visite du président de l'UMP en Israël.
Le premier ministre de l'Etat hébreu a qualifié son hôte
d'"ami d'Israël". En retour, l'ancien ministre de l'économie
français a pris soin, tout au long de son voyage, de manifester
sa sympathie pour l'Etat hébreu. "Je suis venu écouter
et comprendre une réalité complexe que vous vivez avec
votre chair et que nous regardons avec la raison", a-t-il souligné,
jeudi 16 décembre, lors de son intervention à Herzliya,
devant les principaux acteurs de la vie politique et économique
israélienne. "Ceux qui me connaissent savent que la première
chose que j'ai faite lorsque je suis devenu ministre de l'intérieur
en 2002, ce fut de reconnaître l'ampleur du problème -
de l'antisémitisme - qui avait trop longtemps été
sous-estimé", a-t-il ajouté. Veillant à ne
déclencher aucune polémique, M. Sarkozy a saisi l'occasion
de se démarquer des autres dirigeants politiques français
: "Je sais que vous avez eu le sentiment qu'en France on restait
trop insensible à votre souffrance et qu'à tout le moins
vous n'aviez pas ressenti notre compassion." Tout au long de se
séjour, M. Sarkozy a ainsi multiplié les signes de son
empathie pour les problèmes de la communauté juive, qu'il
s'agisse de la résurgence de l'antisémitisme en France
et en Europe, ou de la sécurité de l'Etat d'Israël.
"Je veux que vous compreniez que je vous ai compris", avait-il
ainsi lancé à l'adresse des résidents français
en Israël, mardi 14 décembre, dès son arrivée
à Tel-Aviv. Dès le début de la matinée de
mercredi, avant d'entamer la partie politique de son voyage, le président
de l'UMP a déposé une gerbe sur la tombe d'Itzhak Rabin
avant de s'arrêter au Mémorial de Yad Vashem, "musée"
sur l'Holocauste construit sur les hauteurs de Jérusalem. Puis
il a parcouru la partie arabe de la vieille ville, s'est promené
dans le souk, serrant des mains, s'arrêtant dans des boutiques,
sans déclencher la cohue à laquelle ses déplacements
en France l'ont habitué. Il est vrai qu'ici, loin de Paris, dans
ce dédale de rues, M. Sarkozy ne bénéficie pas
- encore ? - de la popularité de Jacques Chirac. "Who is
he ?", demandent la plupart des badauds. Ici, on se souvient surtout
de l'altercation entre le chef de l'Etat français et les services
de sécurité israéliens lors de sa visite en octobre
1996. "This is not a method, this is a provocation", avait
lancé M. Chirac, menaçant de regagner la France. Un marchand
de la Vieille Ville, qui n'a pas oublié l'incident, s'interroge
: "M. Chirac, il vient ?" Et le chiraquien Eric Raoult, député
(UMP) de Seine-Saint-Denis qui accompagnait la délégation,
de répondre : "On vous a emmené son fils." Mais
ce sont les contacts avec les hommes politiques israéliens qui
ont le plus réjoui le président de l'UMP. "J'espère
que cette visite contribuera à l'amélioration des relations
entre la France et Israël", a commenté Ariel Sharon
devant un Nicolas Sarkozy visiblement très satisfait. Les deux
hommes, qui ne s'étaient jamais rencontrés, ont discuté
pendant près d'une heure et demie, en présence notamment
de l'ambassadeur de France en Israël, Gérard Araud. Accueilli
en véritable homme d'Etat - "selon un protocole largement
au-dessus de celui réservé généralement
à un chef de parti", note un diplomate à Jérusalem
-, le président de l'UMP a aussi rencontré Moshe Katzav,
président de l'Etat israélien. "Nous avons parlé
des relations entre nos deux pays, de la situation en Europe et de l'interdiction
de la chaîne Al-Manar sur les ondes françaises", a
expliqué M. Katzav alors que M. Sarkozy relevait que la France
était "le seul Etat à avoir adopté une telle
disposition contre une chaîne de télévision antisémite".
Mais c'est le commentaire de Shimon Pérès, président
du Parti travailliste, rencontré à la Knesset, qui lui
sera allé droit au cour : "C'est toujours important de recevoir
les responsables politiques étrangers, a déclaré
le leader de l'opposition israélienne. Il faut regarder vers
le futur." [06] »
Don Sarko au pays de Julia
Quelques semaines plus tard, Sarkozy s'envolait pour
l'Ukraine, le pays de la "révolution orange" {d}, où
il retrouvait Julia Timochenko :
Au premier jour de sa visite en Ukraine, mercredi 9
février [2005], Nicolas Sarkozy n'avait que des raisons d'être
heureux. "C'est extraordinaire ce que l'on voit ici", exultait
le président de l'UMP. Extraordinaire la réception au
palais de la présidence par Viktor Iouchtchenko, le leader de
la "révolution orange", visage verdâtre et grêlé.
Extraordinaire aussi la réception par le premier ministre, Julia
Timochenko, dont les tresses blondes, nouées en bandeau autour
du front, resteront comme le symbole de cette révolution pacifique.
[07] {e}
Une autre source, là encore, nous éclaire
mieux sur la nature des alliances que le Don compte forger dans cette
région si riche en gaz et en pétrole :
« Le nouveau président ukrainien, Victkor
Yuschchenko, a nommé ministre des Communications un citoyen «
dual », le multimillionnaire Yevgeny Chervonenko. Cet Ukrainien,
âgé de quarante-cinq ans et qui possède un passeport
israélien, est le vice-président du Congrès juif
pan-ukrainien. En tant que ministre des Communications, il exercera
un contrôle complet sur le développement de tous les médias
ukrainiens. C'est en effet son ministère qui publiera toutes
les licences et les fréquences opérationnelles des radios,
des chaînes de télévision, des communications internet
et satellitaires. Après la vague de privatisations, Chervonenko
s'est assuré le contrôle d'une grande variété
d'entreprises, notamment deux grandes usines de mise en bouteille de
boissons, des chaînes de supermarchés et une firme pharmaceutique.
En 2004, dans une interview accordée à l'Agence Télégraphique
Juive, il se plaignait de la présence d' « antisémites
» au sein de la coalition des partis d'opposition, notant qu'il
avait accosté l' un d'entre eux dans les toilettes du Parlement
ukrainien, Vassily Chervonenko : « Je lui ai mis la tête
dans le lavabo, et je lui ai dit : « Encore un mot de travers
à propos d'Israël, et je te butte ! » » [.]
Le magnat des médias Pyotr Poroshenko, juif lui aussi, a été
nommé secrétaire d 'Etat à la Sécurité
et à la Défense Nationales, bien qu'il ait été
dépourvu de toute expérience en la matière. Même
le parti communiste ukrainien, pourtant très largement juif,
n'en croit pas ses yeux ! Après avoir été informé
de la nomination de Poroshenko, il a publié la déclaration
suivante : « Quand les activités relevant de la sécurité
nationale et l'imposition de la loi sont confiées à un
homme d'affaires dont les actes ont très souvent contrevenu à
la loi, et qui a été pris sur le vif en train de falsifier
le budget de l'Etat, on peut difficilement accorder foi aux déclarations
préélectorales, selon lesquelles tous les criminels seront
arrêtés et mis en prison. » L'oligarque Poroshenko
possède Channel 5, la chaîne de télévision
qui, durant la « Révolution Orange », de source objective
d'informations, est devenue une fontaine à propagande de l'opposition.
La milliardaire juive Julia Timoshenko, 44 ans, a été
nommé Premier ministre, deuxième poste, en puissance,
dans l'appareil d'Etat, en dépit d'un mandat d'arrêt international
à son encontre. Timoshenko est mise en examen, en Russie, pour
fraude et corruption de responsables gouvernementaux. En 1996 - 1997,
Mme Timoshenko a détourné des milliards de dollars de
l'économie ukrainienne via la revente de gaz, sous la protection
de son patron, un baron des voleurs, l 'ancien Premier ministre ukrainien
Pavel Lazarenko. (Pavel Lazarenko purge actuellement une peine de prison,
en Californie, après avoir été convaincu d 'extorsion
de fonds, de blanchiment d'argent illégal, de conspiration, de
fraude et de recel de biens volés. Lazarenko a également
été convaincu de blanchiment d'argent en suisse, et il
est recherché en Ukraine, pour meurtre. Son avocat américain
est un commentateur juridique, très connu, d' une chaîne
de télévision, Daniel Horowitz. Au cours de son procès
à San Francisco, Horowitz a versé au dossier des enregistrements
pris secrètement de l'ancien président ukrainien Leonid
Kuchma, à l'insu de celui-ci, comportant des insultes antisémites
et des ragots au sujet de Lazarenko. L' idée était de
convaincre le tribunal que Lazarenko était la victime d'une vendetta
antisémite de Kuchma. Mais ça n'a pas marché.)
Le nouveau Premier ministre ukrainien est russophone, l'ukrainien n'est
pas sa langue maternelle. Mme Timoshenko reconnaît elle-même
n'avoir étudié l'ukrainien qu 'en 1999. Elle a catégoriquement
refusé de nous fournir une biographie, et même son nom
de jeune fille est un mystère. Toutefois, les juifs locaux ont
affirmé à plusieurs reprises la fierté qu'ils ressentaient
en raison de ses origines juives. [08] »
Don Sarko au pays de Vladimir
Sarkozy ne visitera pas la Russie de sitôt. Les
oligarques de l'internationale sioniste y sont en effet en trop mauvaise
posture :
« Comme souvent dans la couverture par Associated
Press d'informations relatives à Israël, on constate une
omission sérieuse dans sa dépêche consacrée
à la Russie-Israël connection, quand bien même elle
concerne et le pétrole et les Etats-Unis. Au lendemain du discours
(de Bush) sur l'état de l'Union, deux fuyards tentant d'échapper
aux foudres d'Interpol assistaient au « Déjeuner national
de prière » tenu à Washington DC. La veille, ces
malfrats en cavale étaient les hôtes d'honneur d'une réunion
d'une heure de durée du Comité des Relations internationales
à Capitole Hill, à l' invitation du démocrate éminent
Tom Lantos (Californie). On aurait pu penser que cela aurait fait les
gros titres, que des hommes recherchés par la police européenne
fassent leur apparition inopinée aux Etats-Unis, et en particulier
sur la colline du Capitole, à des raouts auxquels assistait le
président des Etats-Unis en personne. Et pourtant, il n'y eut
nulle information de ce type, dans les dépêches d'Associated
Press. Pas une seule chaîne de télévision, pas une
seule radio n'ont mentionné ces faits. De fait, les moteurs de
recherche Google et LexisNexis, quatre jours après ces faits,
ne répertoriaient que trois articles de presse à leur
sujet, dans l' ensemble des Etats-Unis. Qui sont ces fuyards, recherchés
par Interpol, pour se permettre d'assister à des réunions
au plus haut niveau du gouvernement américain ? Et pourquoi n'ont-ils
pas livré la vérité, eux-mêmes ? Voici l'
histoire. Il s'avère que ces deux hommes ne sont que la partie
émergée d'un colossal iceberg. Et ce iceberg n'a pas simplement
90 % de sa masse immergée et cachée sous l'eau ; cet iceberg
est, quant à lui, presque totalement immergé. Il s'agit
de Mikhail Brudno et de Vladimir Dubov, deux partenaires israélo-russes
de la compagnie pétrolière géante russe Yukos.
Avec plusieurs de leurs potes, ils sont recherchés par Interpol
au motif qu'ils auraient extorqué des milliards de dollars de
leurs concitoyens russes.
Afin d'échapper aux poursuites de la justice
russe, ces hommes sont allés s' installer en Israël. Comme
l'explique le quotidien israélien Ha'aretz : « Ces dernières
années, les autorités russes ont commencé à
enquêter sur la firme Yukos, ses dirigeants et ses principaux
actionnaires, dont beaucoup sont d'origine juive. Les investigations
ont amené plusieurs des dirigeants de la firme à s'esquiver
en Israël, et elles ont abouti à l'arrestation du PDG de
Yukos, Khodorkovski, ainsi qu'une attaque en règle du Kremlin,
à l' encontre de Yukos. [.] Pour comprendre cette lutte pour
le pouvoir en Russie, et d'en comprendre aussi les implications pour
nous, il est nécessaire de comprendre le contexte israélien
sous-jacent. [.] Boris Berezovsky est l'un des sept « oligarques
», selon l'appellation sous laquelle ces hommes sont connus, tant
à l'intérieur de la Russie qu'à l' étranger
: ce sont des manipulateurs, immensément riches et puissants,
qui, au moyen de la violence, du vol et de la corruption, ont acquis
une part léonine des ressources de la Russie (selon les sources,
de 70 % à 85 %), depuis son pétrole jusqu'à son
industrie automobile, en passant par les médias de masse. En
même temps, ce groupe acquérait lentement mais sûrement
le contrôle sur l'appareil politique du pays. Utilisant leurs
ressources financières extraordinaires et leur travail de sape
à l'intérieur, les oligarques désignèrent
des Premiers ministres et des responsables gouvernementaux, en prenant
rarement la peine de faire ceci en se dissimulant dans les coulisses.
En 1997, le fondateur de Yukos, Mikhail Khodorkovsky, un des hommes
les plus riches du groupe, et par moment, de Russie (plusieurs des oligarques,
en compétition, prennent, puis perdent, puis reprennent la première
place.) a déclaré à un journaliste qui l' interviewait,
avant son arrestation et son emprisonnement par Poutine, l' année
dernière : « Si nous classifiions tous les domaines d'activité
humaine en fonction de la profitabilité, la politique serait
l'activité la plus lucrative. Quand nous voyons qu'il y a une
situation critique, dans le gouvernement, nous tirons au hasard afin
de désigner quelqu'un, parmi nous, qui se chargera du pouvoir.
» Il se trouve que presque tous ces oligarques ont des liens significatifs
avec Israël. De fait, Berezovsky a lui-même la citoyenneté
israélienne, ce qui a causé un scandale aux proportions
d'un Watergate russe, en 1996, quand il fut dénoncé par
un quotidien russe. Les loyautés duplices de Berezovsky ont-elles
une quelconque importance ? Oui. Dans le domaine de la domination mondiale,
les intérêts d'Israël et ceux de la Russie divergent
considérablement entre eux. Il est dans l'intérêt
d' Israël d'amener au pouvoir, en Russie, un régime favorable
à Israël, plutôt que le régime actuel, sous
Poutine, que les dirigeants israéliens considèrent favorable
à leurs ennemis. Ainsi, par exemple, il n'y a pas très
longtemps, Poutine a rencontré des dirigeants syriens, et ce
simple fait a été hautement dérangeant pour Israël.
Avoir un citoyen israélien au plus haut niveau du gouvernement
russe, c'est l'idéal, du point de vue israélien. En la
personne de Berezovsky, ils avaient l'homme qu'il leur fallait. L' article
du Jerusalem Post mentionné plus haut est révélateur.
Il décrit Berezovsky en tant que « Parrain des Oligarques
et Faiseur de Rois de la politique russe » et fait état
de la citation de Berezovsky disant que « la Russie poutinienne
est dangereuse pour Israël. » [.] Même si les Israéliens
ont sans doute été absolument enchantés de la position
occupée par Berezovsky en Russie, il n'est nullement étonnant
qu'enchantés, les citoyens russes l'aient beaucoup moins été...
Découvrir qu'un dirigeant puissant, membre du Conseil russe de
la Sécurité, était un citoyen israélien
fut pour eux, à dire le moins, déconcertant. Conséquence
de la levée de boucliers médiatique au sujet de la citoyenneté
israélienne de Berezovsky et d'autres événements,
les connections israéliennes des Oligarques sont largement connues,
tant en Russie qu'ailleurs dans le monde. En Israël, on en parle
souvent dans les médias, très souvent avec adulation.
C'est notamment le cas d'une série télévisée
diffusée par la télévision israélienne,
sous le titre Les Oligarques. Certains épisodes, indique l'écrivain
israélien Uri Avnery, « sont tout simplement incroyables.
Ou plutôt, seraient incroyables, s'ils ne provenaient pas directement
de la bouche même des protagonistes : les héros de cette
histoire, qui se vantent allègrement de leurs exploits pendables.
Cette série a été produite par des immigrants russes
en Israël ». Avnery précise que les oligarques ont
eu recours au « vol, à la prévarication et aux assassinats
» pour « exploiter la désintégration du système
soviétique, afin de piller les trésors de l'Etat et d'amasser
un butin de plusieurs centaines de milliards de dollars. Pour assurer
la perpétuation de leurs affaires véreuses, ils ont pris
le contrôle de l'Etat. Six de ces sept oligarques sont juifs.
». D'après un article du Washington Post, sous la plume
de David Hoffman, le sept ont acheté et pris le contrôle
des responsables du gouvernement soviétique, au plus haut niveau.
Après avoir financé l'élection de Eltsine, en 1996,
écrit Hoffman : « Les nababs se sont rencontrés
et ont décidé d'insérer l'un d'entre eux dans le
gouvernement. Ils débattirent entre eux du choix à opérer,
et décidèrent de choisir Vladimir Potanin, qui devint
vice-premier ministre. La raison pour laquelle ils choisirent Potanin,
c'est qu'il n'était pas juif, et que la plupart des autres l'étaient,
et qu'ils craignaient un retour de manivelle contre les banquiers juifs.
» En Russie, les oligarques sont profondément honnis. Ils
sont considérés comme des malfaiteurs qui ont saigné
le pays à blanc ; durant leur règne, beaucoup de citoyens
russes ont vu leurs économies de toute une vie disparaître
du jour au lendemain. Un nouveau terme a été forgé,
pour qualifier leur domination : « semibankirschchina »,
ce qui signifie : « le règne des sept banquiers »,
et tout le monde savait qu'ils avaient mis sur pied de petites armées
privées, meurtrières. [.] Avant le coup de torchon de
Poutine (d'après le Washington Post), les oligarques venaient
de réussir à s'emparer des « rênes des médias
imprimés et radiodiffusés de Russie, vitaux pour l'évolution
de la démocratie chancelante du pays et la croissance de sa société
civile naissante. » Le comparse de Berezovksy, Gusinsky, qui est
un ami intime de Rupert Murdoch, et qui s'apprêtait à lancer
un satellite de télévision, s'est enfui en Israël
après qu'il fut devenu évident qu'il allait être
arrêté. » [09]
Don Sarko au pays de Madelin et de Finkielkraut
En France, Sarkozy peut aussi compter sur l'appui de
la famille pro-israélienne.
Ce soutien lui est garanti par certains membres de
l'UMP comme Jean-Claude Gaudin {f}, le vice-président de cette
formation politique, Patrick Gaubert {g} ou Alain Madelin {h} :
Mardi 10 août, Alain Madelin, chef de file des
cercles libéraux, s'est entretenu avec M. Sarkozy à Arcachon
(Gironde). "Pour les libéraux qui se reconnaissent très
mal dans la politique de Jacques Chirac et qui ne se sentent pas très
bien dans l'UMP, Sarkozy incarne un espoir de réforme forte dont
la France a besoin", a déclaré au Monde M. Madelin,
à l'issue de cette rencontre. "J'ai évoqué
mon souci de voir l'UMP se transformer en une machine à préparer
l'avenir", a-t-il ajouté. Dès le mois de juin, le
député d'Ille-et-Vilaine avait manifesté son soutien
au ministre d'Etat. [10]
Quant à Eric Raoult, vice-président de
l'Assemblée nationale, membre de l'UMP et sioniste notoire {i},
il nous chante les vertus du Don sur un air yankee :
Philippe Ridet : Pour quelles raisons soutenez-vous
la candidature de Nicolas Sarkozy à la présidence de l'UMP
?
Eric Raoult : Il est, comme disent les Américains,
"the right man in the right place at the right moment". [11]
Il serait intéressant de vérifier si
les politiciens suivants sont eux aussi au diapason et s'ils soutiennent
ce petit Etat raciste, brutal et théocratique qui s'appelle Israël
:
Personne ne prononce publiquement le mot, mais en privé
plusieurs élus parisiens évoquent la "déchiraquisation"
en cours dans la capitale. Alors que le secrétaire départemental
de l'UMP à Paris, Patrick Stefanini, jadis principal collaborateur
d'Alain Juppé, vient d'annoncer sa démission en raison
des poursuites judiciaires dont il est l'objet [...] - l'influence de
Nicolas Sarkozy semble se renforcer dans ce qui fut longtemps le fief
des chiraquiens. Ainsi, pour assurer sa réélection à
la présidence du groupe UMP du Conseil de Paris, Claude Goasguen
(UMP) {j} s'est-il rapproché du futur président de l'UMP.
[...] La veille, Pierre Charron, ancien collaborateur de Jacques Chirac
à l'Hôtel de Ville et aujourd'hui conseiller de M. Sarkozy,
était devenu vice-président du conseil général
à la faveur d'une primaire dont l'issue atteste l'évolution
du rapport de forces. [...] Se définissant comme "le plus
fervent sarkozyste de la droite parisienne", M. Charron prenait
là une revanche. [...] Autre proche du ministre de l'économie,
le sénateur Philippe Goujon, président de l'UMP dans la
capitale, indique que "l'arrivée de Nicolas Sarkozy à
la tête de l'UMP peut modifier le climat à l'intérieur
de la droite parisienne". [12] {k}
Sarkozy est également proche de Roger Cukierman
{l}, dont il n'hésite pas à défendre les propos
incendiaires :
Nicolas Sarkozy, président de l'UMP, a estimé
jeudi sur LCI {m} que Roger Cukierman, président du CRIF qui
avait critiqué samedi dernier la politique de la France vis-à-vis
d'Israël, était "dans son rôle". "Roger
Cukierman est dans son rôle", a affirmé M. Sarkozy.
[...] Lors du dîner annuel du Conseil représentatif des
institutions juives de France, samedi dernier, dont l'invité
d'honneur est toujours le Premier ministre, M. Cukierman avait dénoncé
une "incompatibilité entre la politique étrangère
de la France et la politique intérieure de lutte contre l'antisémitisme".
Ses propos ont été dénoncés par deux ministres.
François Fillon (Education nationale) avait jugé "pas
normal que le président du Crif se livre chaque année
à une attaque globale de la politique étrangère"
de la France. Michel Barnier (Affaires étrangères) a qualifié
de "presque décourageants" les "propos injustes"
tenus par M. Cukierman. [13]
Par ailleurs, Sarkozy s'entoure de certains intellectuels
connus comme propagandistes sionistes ou comme défenseurs de
la politique belliqueuse des Etats-Unis tels Alexandre Adler {n}, Pascal
Bruckner, André Glucksmann {o} et Alain Finkielkraut {p} :
Ce fut un déjeuner parmi tant d'autres. Le 5
avril, le ministre de l'économie et des finances recevait à
Bercy "ceux qu'on appelle les intellectuels", selon les termes
de son épouse et conseillère Cécilia Sarkozy. Laquelle
avait vu grand : étaient conviés, en effet, les écrivains
Denis Tilinac, Jorge Semprun, Philippe Sollers, Marc Lambron, François
Sureau et Pascal Bruckner, les philosophes André Comte-Sponville,
Alain Finkielkraut et André Glucksmann, la psychanalyste Julia
Kristeva, les éditorialistes Alexandre Adler {q} et Alain-Gérard
Slama, ou encore l'ancien directeur de la revue Esprit, Paul Thibaud.
[14]
Et quand vient l'heure de fêter Israël,
le Don enfile son costume à paillettes et danse jusqu'à
l'aube en compagnie d'Alain, de Bibi et de DSK :
« Vingt-deux ans qu'une telle manifestation n'avait
pas eu lieu en France. La dernière en date remontait à
1981. Depuis, la communauté juive de France avait bien connu
les Yom Hatorah (journées de la Torah) organisées par
le grand rabbin de France, Joseph Sitruk. Mais elle n'avait pas revécu
ces "douze heures pour l'amitié France-Israël".
Si c'était un pari, il a réussi : 40 000 personnes, selon
les organisateurs, ont participé, dimanche 22 juin [2003], à
cette manifestation au parc des expositions de la porte de Versailles,
à Paris. Les initiateurs étaient le Conseil représentatif
des institutions juives de France (CRIF), le Fonds social juif unifié
(FSJU), le Consistoire central et le Consistoire de Paris. Une grande
partie de la communauté juive éprouvait le besoin de manifester
son attachement à Israël, et de se réconforter après
une succession sans précédent d'actes antisémites.
[...] Le hall de conférence était envahi par un public
passionné, qui applaudissait Enrico Macias et chantait La Marseillaise.
Le président du comité d'organisation, Meyer Habib, a
exprimé à la tribune son "incompréhension
face à la politique de la France, qui ne reconnaît pas
le Hamas et le Hezbollah comme des organisations terroristes, qui ne
reconnaît pas Jérusalem comme la capitale d'Israël,
éternelle et indivisible". Plusieurs hommes politiques sont
intervenus, au cours d'une soirée animée par le journaliste
Ivan Levaï, en présence de l'ancien premier ministre israélien
Benyamin Nétanyahou. Celui qui a été le plus applaudi,
juste derrière Alain Madelin, est sans nul doute Nicolas Sarkozy.
"Israël est une grande démocratie, et c'est suffisant
pour être salué et respecté", a souligné
le ministre de l'intérieur. "C'est la raison pour laquelle
je n'ai pas accepté que le drapeau israélien soit bafoué
par une croix gammée au cours des manifestations qui ont eu lieu
contre la guerre en Irak. Parce que c'est de l'incitation à la
haine raciale. Israël a le droit à la sécurité,
comme toute démocratie dans le monde, ni plus, ni moins."
[...] C'est l'ancien ministre des finances Dominique Strauss-Kahn qui
s'est employé le plus vigoureusement à recoller les morceaux
avec une communauté juive visiblement fâchée avec
la gauche : " Comme juif, j'ai une sympathie naturelle pour Israël.
Comme socialiste, j'ai une sympathie politique. La gauche vous a déçu.
Il y a eu des notes non autorisées - allusion à un texte
rédigé par l'universitaire Pascal Boniface, préconisant
un changement de politique du PS à l'égard d'Israël
-. Elles étaient misérables..." Et M. Strauss-Kahn
de conclure : "Je vous annonce que la gauche est de retour !"
[15] {r} »
Souhaitons que le prochain bal masqué de la
famille sioniste de France ne se tienne pas à l'Elysée.
Par égard pour les Palestiniens et pour le monde
arabe, il faudrait sans doute retirer au Don sa carte de séjour...
Sources :
[01] Marc Perelman "Israeli Envoy Vexed by Role
Of U.S. Jews In France" Forward (USA), 27 août 2004
[02] Patrick Jarreau "Nicolas Sarkozy à
Washington en ministre d'Etat" Le Monde (France), 24 avril 2004
[03] "Nicolas Sarkozy, un agent sharonien plus
irresponsable encore que le CRIF" CAPJPO (France), 28 avril 2004
[04] Corine Lesnes "En visite à New York,
M. Sarkozy se dépeint comme 'étranger en son propre pays'"
Le Monde (France), 05 octobre 2004
[05] "Ariel Sharon refuse de rencontrer Dominique
de Villepin à Jérusalem" Le Monde (France), 24 mai
2003
[06] Yves Bordenave "Reçu en Israël
en homme d'Etat, M. Sarkozy s'est posé en héraut de la
lutte contre l'antisémitisme" Le Monde (France), 16 décembre
2004
[07] Philippe Ridet "A Kiev, Nicolas Sarkozy invite
les Ukrainiens à la patience" Le Monde (France), 10 février
2005
[08] BBC News [source non confirmée] "Yushchenko
Reveals Why Israel Backed Him" 05 février 2005 http://www.rense.com
[09] Alison Weir "Do Americans Even Care?"
"Russia, Israel and Media Omissions" CounterPunch (USA), 17
février 2005
[10] Yves Bordenave et Pascal Ceaux "UMP : la
campagne sans répit de Nicolas Sarkozy"Le Monde (France),
12 août 2004
[11] Philippe Ridet "Entretien avec Eric Raoult,
député (UMP) de Seine-Saint-Denis" Le Monde (France),
11 août 2004
[12] Yves Bordenave "L'influence des sarkozystes
sur l'UMP à Paris progresse aux dépens des chiraquiens"
Le Monde (France), 23 octobre 2004
[13] Dépêche AFP, 17 février 2005
[14] Jean Birnbaum "Comment les idées viennent
à Sarkozy" Le Monde (France), 02 septembre 2004
[15] Xavier Ternisien "A Paris, 40.000 personnes
ont fêté l'amitié entre la France et Israel"
Le Monde (France), 23 juin 2003
Notes :
{a} En juin 2001, Arnold Schwarzenegger signait dans
le New York Times, un des grands journaux pro-israéliens américains,
le Jerusalem Pledge du Simon Wiesenthal Center. Parmi les noms des cosignataires,
on relève, sans surprise, ceux de Hillary Clinton, Rudolph Giuliani,
George Pataki, Charles Schumer et James McGreevey.
{b} On note, parmi les noms des membres ou des conférenciers
du Hudson Institute, ceux de fameux néocons comme Elliott Abrams,
Richard Perle, Robert Kagan, Bill Kristol ou James Woolsey...
{c} L'université de Columbia, qui se situe dans
Manhattan et qui fait partie de la prestigieuse Ivy League, est un bastion
sioniste. Depuis plusieurs mois, les activistes pro-israéliens
y ont lancé une campagne de dénigrement visant des professeurs
comme George Saliba, Joseph Massad, Hamid Dabashi ou Rashid Khalidi
(cf. Statement to the Ad Hoc Committee, Joseph Massad, 14 mars 2005,
www.censoringthought.org <http://www.censoringthought.org> ).
{d} Pour en savoir plus sur les ingérences américaines
dans ces processus "révolutionnaires" et sur les agents
oranges (Open Society Institute (George Soros), USAID, Freedom House,
CIA, colonel Robert Helvy, US State Department, National Democratic
Institute, International Republican Institute, Radio Liberty, etc.)
ainsi que sur les mouvements d'opposition (Otpor, Kmara, Pora) soutenus
par ces agents, on pourra lire :
"Otpor (Serbie), Kmara (Géorgie)...même
patron : la CIA" "Besoin d'une révolution ? Appelez
Otpor !"Aleksandar Apostolovski Politika (Belgrade), 17 octobre
2004
"US campaign behind the turmoil in Kiev"
Ian Traynor The Guardian (UK), 26 novembre 2004
"JINSA Neocon Ledeen Admits Ukraine Election Meddling"
Transcription de 'Hardball with Chris Matthews' (MSNBC) 09 février
2005 via > www.itszone.co.uk <http://www.itszone.co.uk>
{e} Sarkozy était accompagné de Jean-Claude
Gaudin (UMP).
{f} En janvier 2004, Jean-Claude Gaudin visitait Israël
en affichant clairement son appartenance au clan ultra-sioniste :
Jean Claude Gaudin, maire de Marseille, vient d'effectuer
un voyage officiel en Israël où il s'est rendu à
Tel Aviv, Jérusalem, Haïfa et surtout dans la colonie de
Maalé Adoumim, la plus importante de Cisjordanie, au coeur des
territoires palestiniens occupés. Là il s'est livré
devant la presse israélienne &agr |