quibla.net

   

SarkoLéon

 


SarkoLéon annule son voyage aux Antilles !


La (bonne) nouvelle est tombée dans la nuit de mardi à mercredi : Nicolas Sarközy a annulé son voyage en Martinique et Guadeloupe, prévu pour jeudi et vendredi. Lire ci-dessous pour comprendre pourquoi.

Aimé Césaire refuse de recevoir Nicolas Sarközy, dont les discours seront couverts par des concerts de klaxons, jeudi à Fort-de-France
« Je n'accepte pas de recevoir le Ministre de l'Intérieur Nicolas SARKOZY.
Pour deux raisons:
1ère: des raisons personnelles
2ème: parce que , auteur du "Discours sur le Colonialisme", je reste fidèle à ma doctrine et anticolonialiste résolu.
Et ne saurais paraître me rallier à l'esprit et à la lettre de la loi du 23 février 2005*.
Je vois dans toute campagne faite par tel quotidien martiniquais sur une possible rencontre SARKOZY-CESAIRE un piège dans lequel je ne tomberai pas . »
Aimé Césaire, Fort-de-France, 5 décembre 2005
* L'article 4 de cette loi dispose que "les programmes scolaires reconnaissent (...) le rôle positif de la présence française outre mer".
D’autre part, des élus et des syndicats martiniquais réunis dans un collectif d'une trentaine d'organisations ont appelé à une mobilisation contre la venue de Nicolas Sarközy jeudi dans l'île.
Ils dénoncent des déclarations du ministre de l'Intérieur à propos de la situation dans les banlieues, dont beaucoup d'habitants viennent des Antilles françaises - il a notamment parlé de "racaille" et de nettoyage "au karcher".
"Lorsque que le ministre emploie ces mots, nous nous sentons visés, car il parle de nos frères et soeurs qui vivent dans les banlieues", a dit Garcin Malsa, maire indépendantiste de la commune de Saint-Anne, située à l'extrême sud de l'île.
"Un haut responsable de l'Etat ne peut pas avoir de tels propos et fouler le sol d'un pays qui a un lourd passé colonial sans qu'on ne lui fasse savoir", a-t-il ajouté.
Francis Carole, conseiller général et porte-parole du collectif, proteste également contre la loi du 23 février 2005 sur la colonisation, qui reconnaît "le rôle positif de la présence française outre-mer" dans les manuels scolaires.
Plusieurs manifestations sont prévues sur l'île durant la visite de Nicolas Sarközy, dont des concerts de klaxon lors de ses prises de parole.
Les partis de gauche et les indépendantistes ont promis un séjour difficile au président du l'UMP.
Durant son déplacement, le ministre de l'Intérieur a prévu de rencontrer des policiers, des gendarmes, des sapeurs-pompiers et des représentants de l'association des victimes d'un accident d'avion où ont péri de nombreux Martiniquais en août. Vendredi, il se rendra en Guadeloupe.

De loin.

Lettre ouverte au Ministre de l’Intérieur de la République Française, à l’occasion de sa visite en Martinique.


Par Edouard GLISSANT et Patrick CHAMOISEAU, 6 décembre 2005
M. le Ministre de l’Intérieur,
La Martinique est une vieille terre d’esclavage, de colonisation, et de néo-colonisation. Mais cette interminable douleur est un maître précieux : elle nous a enseigné l’échange et le partage. Les situations déshumanisantes ont ceci de précieux qu’elles préservent, au cœur des dominés, la palpitation d’où monte toujours une exigence de dignité. Notre terre en est des plus avides.
Il n’est pas concevable qu’une Nation se renferme aujourd’hui dans des étroitesses identitaires telles que cette Nation en soit amenée à ignorer ce qui fait la communauté actuelle du monde : la volonté sereine de partager les vérités de tout passé commun et la détermination à partager aussi les responsabilités à venir. La grandeur d’une Nation ne tient pas à sa puissance, économique ou militaire (qui ne peut être qu’un des garants de sa liberté), mais à sa capacité d’estimer la marche du monde, de se porter aux points où les idées de générosité et de solidarité sont menacées ou faiblissent, de ménager toujours, à court et à long terme, un avenir vraiment commun à tous les peuples, puissants ou non. Il n’est pas concevable qu’une telle Nation ait proposé par une loi (ou imposé) des orientations d’enseignement dans ses établissements scolaires, comme aurait fait le premier régime autoritaire venu, et que ces orientations visent tout simplement à masquer ses responsabilités dans une entreprise (la colonisation) qui lui a profité en tout, et qui est de toutes manières irrévocablement condamnable.
Les problèmes des immigrations sont mondiaux : les pays pauvres, d’où viennent les immigrants, sont de plus en plus pauvres, et les pays riches, qui accueillaient ces immigrants, qui parfois organisaient leur venue pour les besoins de leurs marchés du travail et, disons-le, en pratiquaient comme une sorte de traite, atteignent peut-être aujourd’hui un seuil de saturation et s’orientent maintenant vers une traite sélective. Mais les richesses créées par ces exploitations ont généré un peu partout d’infinies pauvretés, lesquelles suscitent alors de nouveaux flux humains : le monde est un ensemble où l’abondance et le manque ne peuvent plus s’ignorer, surtout si l’une provient de l’autre. Les solutions proposées ne sont donc pas à la hauteur de la situation. Une politique d’intégration (en France) ou une politique communautariste (en Angleterre), voilà les deux orientations générales qu’adoptent les gouvernements intéressés. Mais dans les deux cas, les communautés d’immigrants, abandonnées sans ressources dans des ghettos invivables, ne disposent d’aucun moyen réel de participer à la vie de leur pays d’accueil, et ne peuvent participer de leurs cultures d’origine que de manière tronquée, méfiante, passive : ces cultures deviennent en certains cas des cultures du retirement. Aucun des choix gouvernementaux ne propose une véritable politique de la Relation : l’acceptation franche des différences, sans que la différence de l’immigrant soit à porter au compte d’un communautarisme quelconque ; la mise en oeuvre de moyens globaux et spécifiques, sociaux et financiers, sans que cela entraîne une partition d’un nouveau genre ; la reconnaissance d’une interpénétration des cultures, sans qu’il y aille d’une dilution ou d’une déperdition des diverses populations ainsi mises en contact : réussir à se situer dans ces points d’équilibre serait vivre réellement l’une des beautés du monde, sans pour autant perdre de vue les paysages de ses horreurs.
Si chaque nation n’est pas habitée de ces principes essentiels, les nominations exemplaires sur la base d’une apparence physique, les discriminations vertueuses, les quotas déculpabilisants, les financements de cultes par une laïcité forcée d’aller plus loin, et toutes les aides versées aux humanités du Sud encore victimes des vieilles dominations, ne font qu’effleurer le monde sans pour autant s’y confronter. Ces mesures laissent d’ailleurs fleurir autour d’elles les charters quotidiens, les centres de rétention, les primes aux raideurs policières, les scores triomphants des expulsions annuelles : autant de réponses théâtrales à des menaces que l’on s’invente ou que l’on agite comme des épouvantails, autant d’échecs d’une démarche restée insensible au réel.
Aucune situation sociale, même la plus dégradée, et même surtout celle-là, ne peut justifier d’un traitement de récurage. Face à une existence, même brouillée par le plus accablant des pedigrees judiciaires, il y a d’abord l’informulable d’une détresse : c’est toujours de l’humain qu’il s’agit, le plus souvent broyé par les logiques économiques. Une République qui offre un titre de séjour, ouvre en fait sa porte à une dignité humaine à laquelle demeure le droit de penser, de commettre des erreurs, de réussir ou d’échouer comme peut le faire tout être vivant, et cette République peut alors punir selon ses lois mais en aucun cas retirer ce qui avait été donné. Le don qui chosifie, l’accueil qui suppose la tête baissée et le silence, sont plus proches de la désintégration que de l’intégration, et sont toujours très loin des humanités.
Le monde nous a ouvert à ses complexités. Chacun est désormais un individu, riche de plusieurs appartenances, sans pouvoir se réduire à l’une d’elles, et aucune République ne pourra s’épanouir sans harmoniser les expressions de ces multi-appartenances. De telles identités-relationnelles ont encore du mal à trouver leur place dans les Républiques archaïques, mais ce qu’elles suscitent comme imprécations sont souvent le désir de participation à une alter-République. Les Républiques " unes et indivisibles " doivent laisser la place aux entités complexes des Républiques unies qui sont à même de pouvoir vivre le monde dans ses diversités. Nous croyons à un pacte républicain, comme à un pacte mondial, où des nations naturelles (des nations encore sans État comme la nôtre) pourront placer leur voix, et exprimer leur souveraineté. Aucune mémoire ne peut endiguer seule les retours de la barbarie : la mémoire de la Shoah a besoin de celle de l’esclavage, comme de toutes les autres, et la pensée qui s’y dérobe insulte la pensée. Le moindre génocide minoré nous regarde fixement et menace d’autant les sociétés multi-trans-culturelles. Les grands héros des histoires nationales doivent maintenant assumer leur juste part de vertu et d’horreur, car les mémoires sont aujourd’hui en face des vérités du monde, et le vivre-ensemble se situe maintenant dans les équilibres des vérités du monde. Les cultures contemporaines sont des cultures de la présence au monde. Les cultures contemporaines ne valent que par leur degré de concentration des chaleurs culturelles du monde. Les identités sont ouvertes, et fluides, et s’épanouissent par leur capacité à se " changer en échangeant " dans l’énergie du monde. Mille immigrations clandestines, mille mariages arrangés, mille regroupements familiaux factices, ne sauraient décourager la juste posture, accueillante et ouverte. Aucune crainte terroriste ne saurait incliner à l’abandon des principes du respect de la vie privée et de la liberté individuelle. Dans une caméra de surveillance, il y a plus d’aveuglement que d’intelligence politique, plus de menace à terme que de générosité sociale ou humaine, plus de régression inévitable que de progrès réel vers la sécurité…
C’est au nom de ces idées, du fait de ces principes seuls, que nous sommes à même de vous souhaiter, de loin, mais sereinement, la bienvenue en Martinique.

 

Pas dupes


par Gilbert Léonard, 6 décembre 2005
En Martinique, la population n'est pas dupe.
Elle a compris que cet homme n'est pas leur ami.

Cet homme qui qualifie des Noirs de "culturellement violents",
(Source: Le Gri-Gri International du 03/12/05, www.lesamisdugrigri.com).
Feint il de confondre violent et "traumatisé par la violence subie durant des siècles" ?

Cet homme qui déclare que les propos de Finkielkraut "font honneur à l'intelligence française".
(Source LEMONDE.FR du 04.12.05, 20h36)
Mais au fait de quelle Intelligence s'agit il ?

Cet homme qui a signifié à Christiane TAUBIRA que Femme ou "DomTomienne" elle devait se taire;
Christiane TAUBIRA est cette Femme Noire dont la loi qui reconnaît l'Esclavage comme Crime Contre l'Humanité porte le nom.
Est-il misogyne, "anti-DomTomiens", anti-Noirs ou les trois à la fois ?

Certains en métropole prétendent défendre la cause des Antillais tout en applaudissant "la démarche républicaine" de Sarközy quand celui-ci fustige les "Noirs d'origine antillaise".
Ils ne font aucune critique de cet homme qui porte avec fierté le costume de Napoléon.
A ceux-là, il faut leur demander "de quelle République s'agit-il ?"
La cause des Antillais ne se résume pas à une campagne électorale ou à la course au pouvoir!

Est-il besoin de rappeler que certains intellectuels ont évoqué "naturellement" sur des plateaux de télévision l'expulsion vers les antilles des "jeunes" d'origine antillaise?
Est-il besoin de rappeler que certains cerveaux ont même posé la question de l'expulsion des Africains Américains vers l'Afrique.
Suivez bien leur regard: tous ces Nègres, ouste, en Afrique;
L'Afrique dont le pillage continue et s'est accentué avec le dernier G8.

Le peuple antillais connait de plus en plus son passé.
Il a compris pourquoi il avait tant détesté la partie essentielle de lui-même.
Cette partie qui a été violée, dans tous les sens du mot violé.
Le peuple a décidé de se "dé-Lyncher" le cerveau.
Lynch, c'est cet esclavagiste qui sévissait à la Barbade et avait organisé une grande conférence aux Etats-Unis sur "l'art et la manière de dresser les esclaves".
Lynch avait expliqué sa méthode "testée et approuvée" pour faire que "ces Nègres se détestent éternellement".

La chaîne de l'esclavage mental se brise,
La chaine de la solidarité se renforce.
Le dé-lynchage est en marche.

"Kolonisasyon pa bon" : manifestation à Fort-de-France contre le "rôle positif" de la colonisation


Près d'un millier de personnes ont manifesté mercredi 7 décembre en fin d'après-midi dans les rues de Fort-de-France (Martinique) pour demander l'abrogation d'une disposition de la loi sur les rapatriés relative au "rôle positif" de la colonisation.
A l'appel du Collectif martiniquais pour l'abrogation de la loi de la honte et d'une trentaine d'organisations, les manifestants ont défilé en lançant des slogans en français et en créole comme "à bas la loi de la honte" ou encore "kolonisasyon pa bon".
Dans le cortège composé d'élus, parmi lesquels les députés de Martinique Alfred Marie-Jeanne et Philippe Edmond-Mariette, le maire de Fort-de-France Serge Letchimy, de syndicalistes, d'enseignants et de lycéens notamment, on pouvait lire sur des banderoles "Colonisation = crime contre l'humanité" ou "non à l'Histoire arrangée", entre autres inscriptions.

Conscience antillaise éveillée
"Il y a longtemps qu'on avait pas eu une telle manifestation à Fort-de-France, a estimé Francis Carole, un des porte parole des manifestants.
Réagissant aux propos de Nicolas Sarközy, mercredi soir, sur France 3 sur la "repentance permanente qui touche aux confins du ridicule", il a estimé qu'il s'agissait d'une "nouvelle provocation".
"Peu importe que nous soyons 100 ou 1000, a déclaré pour sa part le député Philippe Edmond-Mariette, il était important de montrer à nos populations que la conscience antillaise est éveillée et qu'il convient de faire abroger la disposition controversée de la loi du 23 février 2005".
Enfin le maire Fort-de-France a qualifié la mobilisation de "digne et respectueuse".
Source : nouvelobs.com, 8 décembre 2005

LE CARACTERE POSITIF DE LA COLONISATION

Texte d'Alain Michel : militant indépendantiste guyanais.

Rien de nouveau sous les brumes de la France

L’assemblée Nationale française, a, introduit dans la loi, du 04 février 2004 un amendement, imposant aux ouvrages scolaires, la mention du caractère positif de la colonisation. Bien entendu, le vote, ces jours-ci, du libellé de l’article 4 de cette loi, n’a pas laissé indifférents les intellectuels de France qui ont aussitôt protesté. Il y a eu au sein même de la majorité UMP quelques ruades de principe. La Martinique, à sévèrement condamné, cette opération législative, au point que le Ministre de l’Intérieur, déclaré : persona non grata, s’est trouvé, dans l’obligation, d’annuler la visite qu’il avait projeté, de faire, dans cette colonie… En Guyane, c’est: « silence radio »

La loi en question, intervient à un moment, où la France coloniale, se trouve en situation, de guerre sociale ouverte, contre les ressortissants, de ses anciennes et actuelles colonies, installés sur son territoire depuis des décennies et qui vivent, amèrement une mise en quarantaine sociale et une discrimination, avérée, alors que de suaves discours politiciens, leur distillent, une quotidienne rengaine, sur l’égalité et la fraternité, entre tous.

Cette loi arrive, alors que de la voix de M. Nicolas Sarkozy, aux accents imagés de < karcher> et de< racaille> s’adresse aux fils de ces colonisés, casés dans des immeubles de certaines banlieues, où on a pas trouvé mieux que de décréter, ces jours –ci, depuis, près d’un mois, comme au temps de la guerre d’Algérie, en 1954, un couvre feu. Ainsi, ce couvre feu de 1954 qui visait principalement à l’époque les maghrébins, frappe aujourd’hui, comme par hasard, leurs enfants, petits enfants et aussi, les nôtres.

En matière d’histoire coloniale, il n’y a pas de coïncidence. Il y a tout, simplement, des faits, concomitants, des actes et des pratiques persistantes à l’égard des colonisés.

En sommes nous, aujourd’hui, encore, au stade de nous étonner, du vote de cette loi et de sa formulation qui conforte la colonisation. En sommes nous, aujourd’hui, encore, au stade de nous étonner, de la démarche législative, suivie par les députés français pour l’inscrire, dans les manuels scolaires.

Le fond de la loi et la démarche entreprise pour la mener à terme, sont tout à fait en conformité, avec ce qu’est la France et sa philosophie coloniale. Elle sait, mieux que nous-mêmes, qu’elle a encore des colonies, dispersées aux quatre coins du monde et que leurs habitants, affublés, d’un Ministre, chargé de ce ghetto politico – administratif, au sobriquet de DOM-TOM, sont en fait : des colonisés et regardés, comme tels, partout où ils se trouvent, ici : en Guyane et là bas : en France.. La France, sait mieux que personne, qu’elle a tout naturellement mis dans le même sac, les territoires conquis de la Caraïbe de l’Océan Indien du Pacifique et d’Amérique du Sud et que, pour mieux les identifier, elle les a placés en subdivision 97-1, 97-2, 97-3 etc. Des numéros d’écrous, en quelque sorte.

Pouvons nous, reprocher à la France, de légitimement se protéger, de nos éventuels écrits, sur les heures sombres de sa colonisation, chargée de crimes et noyée de mensonges, au moments où les émigrés de Martinique de Guadeloupe de Guyane et de ses autres colonies, vivant sur son territoires, élèvent la voix et s’insurgent contre les mauvais traitements qui leurs sont infligés.

Les actes que produisent la France et ses élus, ne sont pas notre fait. Il sont : eux, ,nous sommes : nous . Ne tombons pas dans une logique de protestations, en vue d’une quelconque abrogation. Les traits de plume, en guise de ratures, n’effacent rien, en fait, dans la conscience des colonialistes Serions nous assez naïfs, de leur laisser penser que nous croyons qu’ils ont fait une erreur et qu’ils la reconnaissent, alors que nous savons, que l’acte accompli, est le résultat et le vrai visage, de ce qu’ils sont, et de ce qu’ils pensent.

Il s’agit alors pour nous, d’utiliser, au mieux, leurs faits et gestes pour interpeller les populations des dernières colonies françaises, dans le seul but, qu’elles prennent résolument, la décision, d’en finir, au nom de la dignité, définitivement, avec cette situation et cette identité, de colonisés.

Alain MICHEL

Militant anticolonialiste

Responsable du Parti National Populaire Guyanais

Sarközy : « Les Ivoiriens et les Congolais sont les plus violents - C'est culturel »


Dans son édition du jeudi 1er décembre, le Gri-Gri international - quinzomadaire satirique françafricain"- révèle des propos prononcés par le ministre de l'Intérieur après trois semaines de violences urbaines en France. Selon le journal, Nicolas Sarközy a affirmé "fin novembre, lors d'un déjeuner" que d'après les rapports de ses services, "ce sont curieusement les Noirs plutôt que les Arabes qui sont violents". Plus particulièrement "les Ivoiriens et les Congolais", a précisé le ministre, toujours selon le Gri-Gri. Le journal ajoute que selon Nicolas Sarközy, la violence serait "culturelle" dans ces pays d'Afrique.
Source : nouvelobs.com, 1er décembre 2005

 

SarkoLéon interdit la parution d'un livre de sa femme Cécilia, dont il est séparé

La parution aux éditions First d'une biographie autorisée de Cécilia Sarkozy a été "reportée sine die", a-t-on appris mercredi auprès de la maison d'édition, confirmant une information du Canard Enchaîné. First a indiqué n'avoir "aucun commentaire" à faire sur les raisons de ce report avancées mercredi matin par l'hebdomadaire.

Signé Valérie Domain, chef des informations du magazine "Gala", ce livre portant notamment sur "l'histoire de Cécilia, avant, pendant et après Nicolas", selon le Canard Enchaîné, devait sortir le 24 novembre. Le titre de l'ouvrage, toujours annoncé mercredi sur le site internet de la Fnac, est "Cécilia Sarkozy, entre le coeur et la raison".

25.000 exemplaires avaient déjà été imprimés et un "plan média" (Gala, RTL, France 3...) était prévu, a écrit l'hebdomadaire. Toujours selon le Canard Enchaîné, Vincent Barbare, responsable de First, a été, le 9 novembre, "convié avec une ferme courtoisie" à un entretien avec Nicolas Sarkozy, place Beauvau, "pour le lendemain". "Le premier flic de France (...) l'a menacé de foudres judiciaires et variées. Une entrevue radicale puisque, en sortant du bureau, l'éditeur prenait cette grande décision: le bouquin sur Cécilia ne sortira pas le 24 novembre", a écrit l'hebdomadaire.

"Depuis, sa parution est reportée sine die", conclut le Canard qui cite les propos d'une collaboratrice de M. Barbare: ce dernier "a jugé qu'il n'était pas très opportun de faire paraître le livre, compte tenu de ce qui se passe actuellement en France". Le ministère de l'Intérieur, interrogé mercredi par l'AFP, s'est refusé pour sa part à tout commentaire. Source : AFP, 16 novembre 2005

 

 

La vie quotidienne en France à l'ère de SarkoLéon :
Notre tour viendra, notre tour est venu !
Le témoignage de Jean-Pierre Bastid, 20 octobre 2005


L'auteur est invalide à 80 %. Cinéaste et écrivain, il a été le co-scénariste du film Dupont-Lajoie réalisé par Yves Boisset avec Jean Carmet, Pierre Tornade en 1975, un classique surl'arabophobie française.
Ce film a pour sujet la recrudescence du racisme en France.
Né à Montreuil le 4 février 1937 et demeurant depuis trois ans à Bagnolet, dans le 93, je me dois de porter à l'attention de mes concitoyens les faits suivants, dont j'ai été témoin et victime.
Le mardi 11 octobre, j'ai été mis au courant par des voisins de l'expulsion de familles ivoiriennes habitant 2, passage du Gazomètre, à Montreuil. Nous nous sommes immédiatement rendus sur les lieux, ma femme et moi, pour leur porter assistance.
Nous avons regroupé leurs affaires éparpillés en pleine rue puis il a été décidé, avec les familles et les personnes solidaires du voisinage, de se réfugier à la maison de quartier Lounès Matoub, 4-6, place de la République, à Montreuil, pour abriter les familles et les enfants ainsi que leurs affaires et ainsi interpeller la mairie de Montreuil sur la nécessité de leur relogement. Un grand mouvement de solidarité a réuni les habitants de la commune et des environs.
Dans l'après-midi, un membre du cabinet du maire est venu à la rencontre des familles, leur proposant 3 jours d'hébergement en hôtel sur le département ou dans d'autres banlieues lointaines, alors que leurs enfants sont scolarisés sur Montreuil.
Les familles ont refusé la proposition estimant que leur situation resterait précaire. Le représentant de la mairie nous a très clairement menacés d'une intervention policière afin de nous évacuer. Dans cette éventualité, les familles et les soutiens ont décidé de se barricader dans la salle d'activités de la maison de quartier.
L'intervention a commencé vers 20 heures quand, à coups de bélier, les CRS ont défoncé la porte. Aussitôt l'éclairage a été coupé. Des enfants se sont mis à hurler.
Alors que nous nous tenions un peu en retrait en scandant des slogans contre les expulsions, les CRS casqués, visières baissées, armés sur le pied de guerre -, boucliers, jambières renforcées, tonfas etc. - nous ont encerclés.
Après avoir renversé et sauvagement jeté en l'air les sacs des familles, les tables et la nourriture qui s'y trouvait, ils ont commencé à nous repousser vers la sortie.
Inquiets pour les femmes et les enfants qui s'étaient réfugiés dans la cuisine, porte fermée, nous avons formé une chaîne afin de les protéger et d'être témoins de leur sort, vu la violence de l'intervention.
En vain.
Pour ma part, j'ai été projeté à terre et piétiné. J'ai eu beaucoup de mal à me relever.
Pour précipiter le mouvement et alors que j'étais déjà estourbi et en proie au vertige, un CRS a levé sa matraque, mais un gradé lui a fait signe de ne pas frapper. " Ça va, monsieur ? ", a-t-il demandé.
Puis me prenant par le bras, il m'a dirigé vers la porte tandis que ma femme et mes compagnons étaient évacués très brutalement vers la cour, les uns après les autres ou par petits groupes.
Me trouvant isolé et un des derniers, j'ai été poussé dans la cour entre deux rangs de CRS.
À mi-distance de la grille qui ferme la cour, j'ai essayé de parler au commissaire que j'avais vu le matin procéder à l'évacuation du passage du Gazomètre pour lui rappeler la présence d'enfants dans le local. Il m'a dit : " C'est ça, c'est ça... Dégage ! "
Je continuais ma route quand deux CRS se sont précipités sur moi. J'ai reçu un violent coup de poing sur le nez puis un troisième policier, en civil, qui s' était joint à eux m'a asséné un très brutal coup de matraque sur le côté gauche de la tête. Tandis que je titubais, ils m'ont poussé brutalement vers la sortie et je suis tombé à la renverse sur des grilles.
On m'a relevé, la tête en sang, alors que j'avais perdu conscience.
Deux personnes m'ont soutenu et emmené m'asseoir au café le plus proche.
On a épongé le sang qui m'aveuglait et appelé les pompiers qui m'ont emmené avec ma femme à l'hôpital de Montreuil.
Premier bilan :
" Traumatisme crânien, traumatisme facial avec plaie, couture paupière supérieure de l'¦il gauche, hématome du nez orbite gauche, hématome du nez avec fracture, fracture de la 7e côte gauche, état de choc psychologique, incapacité totale de travail personnel (ITTP) de quinze jours, sous réserve... "
En conséquence je porte plainte contre X pour ces faits de violences policières que rien ne pouvait justifier, n'ayant à aucun moment menacé quiconque.

A qui le tour ?
Quand ils sont venus chercher les communistes,
Je n'ai rien dit,
Je n'étais pas communiste.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
Je n'ai rien dit,
Je n'ai rien dit, je n'étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus chercher les juifs,
Je n'ai pas protesté,
Je n'étais pas juif.
Quand ils sont venus chercher les catholiques,
Je n'ai pas protesté,
Je n'étais pas catholique.
Puis ils sont venus me chercher
Et il ne restait personne pour protester.
Martin Niemöller (1892-1984) pasteur protestant.

À partir de 1942, la population française fut sous le contrôle de la police de Vichy. C'était compter sans la Résistance, mais, pour la majeure partie du pays, les résistants n'étaient que des agitateurs, des terroristes. Et pourtant ce sont ces trublions qui ont libéré le pays. Par la suite, la déportation, les camps, la Résistance devinrent pour quelques uns le pont aux ânes.
Pendant la guerre d'Algérie, ils en avaient perdu la mémoire alors que la répression policière s'abattait sur la France. Aujourd'hui, certains rigolent de ces " vieilles lunes " sans se rendre compte que la France de M. Sarkozy risque fort de prendre la relève de celle de M. Papon.
Pour notre ministre de l'Intérieur, fils d'émigré hongrois, il n'est pas bon être étranger. Chaque semaine, de nouveaux charters s'envolent à tire d'ailes pour évacuer Africains, Maghrébins, Asiatiques et Européens de l'Est. Pour le maniaque du Karcher, qu'importe si ceux qui restent vivent avec leurs enfants dans la terreur, dans l'angoisse d'une rafle et à la merci d'employeurs indélicats. Nous attendons l'aurore d'une nouvelle Résistance. Quelques-uns se sont déjà levés, ils savent que s'ils ne le font pas, ça pourrait être bientôt leur tour

 

L’interview de SarkoLéon au Monde


« Notre politique d'immigration doit être à la fois ferme et humaine. Je souhaite qu'on expulse ceux qui n'ont pas de papiers, mais aussi qu'on renforce les droits des immigrés en situation légale. A titre personnel, je considère qu'il ne serait pas anormal qu'un étranger en situation régulière, qui travaille, paie des impôts et réside depuis au moins dix ans en France, puisse voter aux élections municipales.»
Propos recueillis par Jean-Michel Dumay, Piotr Smolar et Laetitia Van Eeckhout, Le Monde, 24 octobre 2005
Depuis votre retour au ministère de l'intérieur, vous semblez moins insister sur les statistiques de la délinquance...
On ne peut pas être ministre de l'intérieur en 2005 comme en 2002. A l'époque, il fallait remobiliser les policiers et les gendarmes après cinq années d'explosion de la délinquance. Après avoir fait baisser la délinquance globale de 7 % en trois ans, il faut à présent se concentrer sur les violences urbaines et familiales. Nous ne pouvons pas envoyer la même équipe pour traquer les délinquants chevronnés et intervenir auprès d'une femme battue. Au 1er décembre, je vais sélectionner trois départements dans lesquels des équipes dédiées aux violences familiales, avec juristes et psychologues, seront mises en place. Je veux mettre un terme à cette bizarrerie où la femme battue n'a d'autre solution que de fuir le domicile. Il faut pouvoir intervenir la nuit dans ces appartements.
ans-papiers : la fermeté demandée aux préfets
Comment comptez-vous juguler les violences urbaines, également à la hausse ?
Certains caïds se comportent comme les propriétaires d'un territoire. Depuis le début de l'année, 9 000 voitures de police ont été caillassées. Chaque nuit, il y a entre 20 et 40 véhicules brûlés. Nous devons changer nos méthodes. Les Renseignements généraux se recentreront sur ce domaine et sur le terrorisme. Les policiers doivent travailler à partir des biens manifestement anormaux que possèdent les délinquants. Nous allons aussi installer dans les quartiers les plus difficiles 17 compagnies de CRS et 7 escadrons de gendarmerie, qui interviendront en petits groupes, spécialisés.

La vidéosurveillance, volet important du projet de loi antiterroriste présenté le 26 octobre, semble être devenue la panacée...
Elle est efficace, même si elle ne répond pas à tout. Dans le domaine du terrorisme, nous devons tirer les leçons des attentats de Londres. Il faut qu'il y ait de la vidéosurveillance dans le métro, les aéroports, les gares. Nous allons aussi autoriser les lieux de culte et les grands magasins à la développer sur leurs trottoirs. Les préfets auront la possibilité de l'imposer dans les lieux sensibles. Ensuite, nous ferons en sorte que la totalité des patrouilles de police travaillant la nuit soient équipées de caméras d'ici à début 2007, afin de mieux recueillir la preuve judiciaire. Il s'agit d'une révolution culturelle. Et je ne veux plus que la police et la gendarmerie puissent être accusées de bafouer la déontologie. La vidéo sera un élément de preuve en cas de polémique. La police aux frontières en est épargnée depuis que toutes ses interventions sont filmées. Je n'exclus pas qu'un jour les interrogatoires le soient également.

Quelle est la logique de votre politique d'immigration, au-delà des reconduites massives à la frontière ?
Je souhaite que la France accueille ceux dont nous avons besoin et que nous saurons intégrer en leur donnant un emploi et un logement. Elle ne peut être le seul pays du monde à ne pas choisir ceux qu'elle veut accueillir. Dans un mois sera signé le décret qui fera payer aux entreprises le coût du rapatriement des étrangers en situation illégale qu'elles ont employés en infraction avec la loi. Par ailleurs, je présenterai un projet de loi, début 2006, qui portera sur le renforcement de la lutte contre les détournements de procédure en matière d'asile, la mise en place d'une politique attractive pour les meilleurs étudiants étrangers et d'un système de visa à points pour les travailleurs, l'adaptation du droit spécifique à l'outre-mer, le contrôle des mariages mixtes et la rationalisation du regroupement familial, afin que les conditions de ressources et de logement deviennent un préalable.

Entendez-vous les protestations concernant les expulsions d'élèves en situation irrégulière ?
Oui, car on ne peut être ferme si l'on n'est pas juste. La solution consiste à ne pas reconduire les élèves à la frontière pendant l'année scolaire en cours. Mais ce n'est pas parce que des enfants sont scolarisés que les parents ont droit au séjour au-delà de la période scolaire.

Notre politique d'immigration doit être à la fois ferme et humaine. Je souhaite qu'on expulse ceux qui n'ont pas de papiers, mais aussi qu'on renforce les droits des immigrés en situation légale. A titre personnel, je considère qu'il ne serait pas anormal qu'un étranger en situation régulière, qui travaille, paie des impôts et réside depuis au moins dix ans en France, puisse voter aux élections municipales. Il faut que le débat sur cette question soit réfléchi et serein. Je veux lutter contre l'immigration clandestine de toutes mes forces, car le laxisme fait des ravages. Je veux dans le même temps renforcer la chance de l'intégration pour les étrangers en situation légale. Le droit de vote aux municipales en fait partie. Il va de soi que le vote aux législatives ne peut être le fait que de citoyens français.

Pensez-vous être en minorité dans votre parti sur ce thème ?
Peut-être. Je ne demande pas à mon parti d'être d'accord avec moi sur tout. Et j'ai la liberté de ne pas être d'accord avec lui sur tout. J'ouvre un débat en faveur d'une mesure que je pense juste.

Voulez-vous revenir sur le droit du sol en outre-mer ?
La situation de l'immigration est bonne à la Réunion, mauvaise en Guadeloupe et en Martinique, détestable en Guyane. A Mayotte, elle est catastrophique. Je demande qu'on réfléchisse sans tabou à des adaptations, compte tenu des circonstances géographiques.

Que pensez-vous de la polémique sur la mémoire de la colonisation et de l'esclavage ?
Je ne suis pas tenté par la culpabilisation générale sur notre passé. Quand on se promène à Alger, on s'aperçoit qu'on ne peut réduire la présence de la France à la torture.

Comment allez-vous relancer le débat sur la discrimination positive, qui divise votre propre camp ?
La vraie égalité, ce n'est pas donner la même chose à tous, mais de donner en fonction des mérites et des handicaps de chacun. Ces actions de discrimination positive doivent d'ailleurs être limitées dans le temps et évaluées. Elles ne doivent pas être réservées à nos seuls compatriotes d'origine maghrébine ou africaine. On peut aussi faire de la discrimination positive à la française pour les départements qui souffrent. Il faut aider la Creuse plutôt que les Hauts-de-Seine.
Je suis pour des internats d'excellence en site urbain, qui seraient réservés à des enfants de familles modestes, en général monoparentales, plutôt que de les laisser tenter par la loi de la rue. Je vais créer trois internats d'excellence de ce type en 2006 dans les Hauts-de-Seine. Ces internats occuperont une place centrale dans le plan national de prévention de la délinquance que je présenterai en décembre.

Où en est votre réflexion sur la responsabilité des magistrats ?
Il ne peut y avoir un corps non responsable de ce qu'il décide. En Belgique, la jurisprudence a permis de reconnaître cette responsabilité professionnelle des magistrats, en dehors de leur responsabilité pénale. N'y a-t-il pas toujours une responsabilité quand on arrive à un drame ? Elle existe pour le médecin qui laisse un pansement dans le ventre d'un patient ou pour le maire quand un panneau de basket tombe sur un enfant. Je note que, ces dix dernières années, l'Etat n'a engagé aucune action récursoire à l'égard d'un magistrat dont la faute a conduit à sa condamnation pécuniaire.

Avec la révision de la loi de 1905 sur la laïcité, vous avez trouvé un nouveau motif de querelle avec Dominique de Villepin...
En aucun cas. Je n'ai pas demandé qu'on change la loi de 1905, qui est une bonne et grande loi. J'ai une grande confiance dans ses équilibres, qui peuvent cependant supporter quelques aménagements. Ceux-ci peuvent du reste intervenir sur d'autres textes, comme le code général des collectivités territoriales. C'est pour cela que, reprenant une proposition de la Fédération protestante de France, j'ai proposé qu'un groupe de travail soit constitué, notamment pour réfléchir au plan fiscal à la compatibilité entre les lois de 1901 et de 1905. Je n'oublie pas les traumatismes du 21 avril 2002 et du référendum, auxquels nous n'avons pas complètement répondu.

 

Faire du chiffre


Atteindre 23 000 reconduites à la frontière "effectives" d'étrangers sans papiers contre 15 000 en 2004 : le ministre de l'intérieur n'a de cesse de rappeler ses objectifs, souhaitant que "personne ne doute de -sa- fermeté en la matière". "Plus encore qu'une obligation de moyens, c'est une obligation de résultats qui vous est fixée" , avait insisté Nicolas Sarkozy, le 9 septembre, devant le corps préfectoral réuni place Beauvau, invitant les préfets "à ne pas hésiter à utiliser toutes les marges de manoeuvre de la loi" , à agir " quelles que soient les sollicitations locales" , à "savoir résister aux pressions de tels ou tels collectifs ou coordinations qui ne représentent qu'eux-mêmes" . Il les a appelés à "combattre certaines idées reçues" , affirmant que "la Cour européenne des droits de l'homme n'a jamais reconnu un quelconque droit de chacun à mener sa vie familiale où bon lui semble" , ou encore que "les ressortissants roumains et bulgares en situation irrégulière ne bénéficient d'aucune protection juridique particulière contre l'éloignement" , la candidature de leur pays à l'Union européenne "n'y changeant rien" .

 

Laïcité, vote des étrangers : du ministère de l'intérieur, Nicolas Sarkozy décline son programme présidentiel


par Philippe Ridet, Le Monde, 25 octobre 2005
Prié par ses adversaires de gauche comme de droite d'entonner un autre refrain que celui de son ambition pour 2007 et de se consacrer exclusivement à sa tâche de ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy a obtempéré. Ce d'autant plus volontiers que ses propres amis l'ont mis en garde contre un "risque de surchauffe" et de lassitude des Français.
Depuis quelques semaines, il a ainsi recentré ses activités sur son portefeuille gouvernemental. Mais, tout en rechaussant les godillots cloutés du premier flic de France, le ministre de l'intérieur a aussi remis la main sur des dossiers hautement politiques. Le droit de vote des étrangers aux élections locales est de ceux-là. En se prononçant "à titre personnel" en faveur de cette mesure dans un entretien au Monde du 25 octobre, le numéro deux du gouvernement administre la preuve - tout en s'abritant derrière sa fonction - que les débats politiques restent de sa responsabilité. L'aménagement de la loi de 1905 est un autre exemple. Là encore, c'est le ministre des cultes qui vient de proposer - à la demande de la Fédération protestante de France - une "commission de réflexion".
Ces idées sont largement minoritaires dans son propre camp. Si tant est - hypothèse improbable - que, d'ici à 2007, M. Sarkozy parvienne à convaincre le premier ministre d'inscrire à l'agenda de l'Assemblée le vote des étrangers aux élections locales, il ne convaincra pas ces parlementaires pour qui - à l'exception de certains élus UMP de banlieue - le "vote des immigrés" est un épouvantail.
Mais la proposition de M. Sarkozy ne s'adresse pas, au premier chef, à son camp, sinon pour faire la démonstration qu'on ne peut l'y réduire. Elle vise d'abord l'"électorat beur", au sein duquel l'image de Nicolas Sarkozy reste attachée à ses propos musclés sur le nettoyage "au Kärcher" de la cité de La Courneuve. Elle vise aussi l'électorat de gauche et certains intellectuels. La participation des étrangers aux scrutins locaux avait été envisagée dès 1981 par François Mitterrand.


UN LEURRE
Lors de son premier passage place Beauvau, M. Sarkozy avait déstabilisé la gauche en modifiant le régime de la double peine, une mesure à laquelle Lionel Jospin n'avait pu se résoudre. Il n'est pas interdit de penser que la même stratégie est à l'oeuvre, alors que les sondages soulignent une certaine sympathie de l'électorat socialiste à l'égard de M. de Villepin et un positionnement, au contraire, très à droite de M. Sarkozy.
"En octobre, je serai très ministre de l'intérieur", avait confié, fin septembre, M. Sarkozy au terme d'une séquence politique marquée par sa rivalité de plus en plus vive avec le premier ministre, Dominique de Villepin. Persuadé d'avoir apporté la preuve, à La Baule, lors de l'université d'été de l'UMP, puis à Evian, aux cours des journées parlementaires, qu'il avait pris le meilleur sur le chef du gouvernement - "On n'est pas prêt de nous revoir ensemble à la même tribune", se rengorge-t-il -, M. Sarkozy s'en est donc retourné à son métier de ministre, au grand soulagement du gouvernement, lassé par ses incartades.
Au nom de la "rupture", le candidat à la présidentielle s'est opposé en toutes circonstances au premier ministre, et aux chiraquiens en général. Modèle social, règlement du conflit de la SNCM, baisse du nombre de fonctionnaires, politique fiscale, écologie... : sur tous ces sujets, M. Sarkozy a mis à mal la solidarité gouvernementale. Chaque convention de l'UMP lui a offert l'occasion de précéder - dans le meilleur des cas - la politique du gouvernement ou de la contredire. Lui faisait-on remarquer qu'il excédait ses fonctions, il rétorquait : "Je suis président de l'UMP, et l'UMP doit être à l'avant-garde du gouvernement."
Qu'allait faire le ministre ? Dans un premier temps, il a donné l'impression de se cantonner à l'aspect répressif de sa fonction. Réception de 2 000 policiers et gendarmes, cérémonie à l'occasion des vingt ans du RAID, visites dans les quartiers sensibles, passage éclair en Corse à la demande de Dominique de Villepin : le premier ministre pouvait respirer. M. Sarkozy semblait avoir oublié ses ambitions. Un leurre.

 

La proposition choc de Sarkozy sur le vote des immigrés


par Charles Jaigu, Le Figaro, 25 octobre 2005]
Nicolas Sarkozy s'est prononcé hier, à titre personnel, en faveur du droit de vote pour les étrangers en situation régulière installés de longue date en France.
ENCORE un pavé dans la mare. Nicolas Sarkozy a annoncé, dans un entretien accordé au Monde, qu'il ne jugeait «pas anormal qu'un étranger en situation régulière, qui travaille, paie ses impôts et réside depuis au moins dix ans en France, puisse voter aux élections municipales».
Le ministre de l'Intérieur, qui doit présenter la loi antiterroriste aujourd'hui au Parlement, rouvre donc le débat sur le vote des étrangers aux élections locales. Il vole ainsi la vedette à la gauche, qui en fait, depuis le programme commun de François Mitterrand en 1981, une revendication constante, mais jamais appliquée.
A droite, seul Yves Jego, député de Seine-Maritime, défendait en 2002, dans un rapport remis à Jean-Pierre Raffarin, le vote des étrangers non ressortissants d'un pays de l'Union européenne. Il n'avait été, à l'époque, suivi que par Philippe Douste-Blazy. Yves Jego était d'ailleurs le seul, parmi les proches de Nicolas Sarkozy, à militer pour une telle «révolution de la citoyenneté» à l'intérieur de la droite. Patrick Devedjian, proche de Sarkozy, à l'époque ministre des Libertés locales, prenait position contre un risque de «dilution de l'identité nationale déjà entamée par la mondialisation».

«Attitude irresponsable»
Yves Jego se réjouit aujourd'hui de voir le ministre de l'Intérieur se rapprocher de sa position : «Comment expliquer que l'Estonien ait un droit d'élire le maire de sa commune et que ce ne soit pas le cas du Sénégalais, dont le grand-père est mort au champ d'honneur, en 1914 ?», s'interroge Yves Jego, pour qui «l'Europe a bouleversé la notion de citoyenneté, qu'on accorde à un Roumain mais pas à un immigré sur le sol français depuis dix ans».
Il n'est pas suivi par sa collègue de l'UMP, Jeannette Bougrab. Maître de conférence en droit constitutionnel à la Sorbonne, membre du haut conseil à l'intégration, elle estime qu'«il vaut mieux faciliter l'accès à la nationalité française», refusant de voir dans le droit de vote des membres de l'Union européenne un précédent : «On ne peut pas mettre la citoyenneté européenne sur le même plan. Elle est affirmée dans les traités européens en vertu du principe de réciprocité, qui donne le droit aux Français de voter dans l'un des 25 pays membres.»
Le très sarkozyste Thierry Mariani, député du Vaucluse, avoue son embarras : «Si c'est pour ouvrir le débat, très bien, mais je ne pense pas que notre électorat soit prêt.» En 2002, il avait signé un appel «contre l'obtention du droit de vote extracommunautaire aux élections locales». Il avait également été signé par un autre proche de Nicolas Sarkozy, Christian Estrosi, aujourd'hui ministre délégué à l'Aménagement du territoire.
Président du MPF, Philippe de Villiers a fustigé «l'attitude irresponsable» du patron de l'UMP. «Avec Sarkozy, c'est la préférence étrangère qui s'installe au sommet de l'Etat», a-t-il déclaré, estimant que le ministre de l'Intérieur «se pose ainsi comme l'héritier politique de François Mitterrand» et que «l'UMP se veut comme le nouveau parti de l'étranger».

 

Travail illégal: Sarkozy veut mettre à contribution les patrons


Le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, compte renforcer la lutte contre le travail illégal par l'adoption d'un décret faisant payer aux entreprises qui emploient des clandestins une partie des frais de reconduction à la frontière.

Il répondait à l'Assemblée nationale au député UMP du Nord Christian Decoq qui l'interrogeait sur ses propositions visant à renforcer la loi sur la maîtrise de l'immigration adoptée en 2003, lors de son précédent passage au ministère de l'Intérieur.

"C'est juste de faire payer les entreprises indélicates qui ont fait venir des clandestins. C'est à ces entreprises de financer les billets de retour des clandestins que nous expulserons", a souligné Nicolas Sarkozy.

"Une politique d'immigration se doit d'être ferme et juste. Quand elle est ferme sans être juste, elle est extrémiste et n'a rien à voir avec la République. Quand elle est juste sans être ferme, elle est laxiste et elle fait augmenter le racisme", a-t-il ajouté.

Le décret défendu par le ministre de l'Intérieur, qui devrait être ratifié avant la fin du mois, prévoit une contribution forfaitaire comprise entre 5.000 et 10.000 euros afin de financer les "frais de réacheminement" de chaque étranger vers son pays d'origine.

Au printemps dernier, Nicolas Sarkozy avait estimé que ces reconduites à la frontière coûtaient 100 millions d'euros par an à la France.

Deux autres textes, en préparation au ministère de l'Emploi, visent à renforcer les obligations des entreprises envers leurs sous-traitants et prévoient la suppression des subventions publiques pour toute entreprise ayant enfreint les règles.

Au lendemain d'une réunion avec les élus de la région de Calais sur l'immigration clandestine, Nicolas Sarkozy a confirmé l'expulsion "systématique" de tous les ressortissants afghans, irakiens et somaliens, qui tentent d'entrer en Grande-Bretagne à partir des côtes françaises.

Le nombre de migrants présents dans le département du Pas-de-Calais a augmenté de 14% au cours des neuf premiers mois de l'année par rapport à la même période en 2004, estime-t-il.

Pour Nicolas Sarkozy, ce département "paie encore la décision irresponsable" d'ouvrir le centre de la Croix-Rouge de Sangatte, près de l'entrée du tunnel sous la Manche, qui a représenté un "produit d'appel à travers le monde entier" pour des hommes et des femmes n'ayant "aucun espoir".
Source : Reuters, 25 octobre 2005

 

 

Don Sarko et l'internationale sioniste


par François Costes, 22 octobre 2005
[traduction des articles cités en anglais par Marcel Charbonnier]

Chacun sait que Nicolas Sarkozy veut prendre le pouvoir et devenir président de la République française. Mais avant de le laisser s'installer à l'Elysée, mes compatriotes devraient s'interroger sur les alliances politiques d'un carnivore populiste qui ose déclarer au public américain qu'il se sent "étranger dans son propre pays"...
Les JAZ débarquent !
Don Sarko au pays d'Arnold
Don Sarko au pays d'Arik
Don Sarko au pays de Julia
Don Sarko au pays de Vladimir
Don Sarko au pays de Madelin et de Finkielkraut


Les JAZ débarquent !


En août 2004, un hebdomadaire juif américain publiait un étonnant article sur l'influence croissante du lobby JAZ (Jewish-American-Zionist) sur le territoire français. Parmi les noms de personnalités soutenues par ce lobby ou par ses partenaires dans l'Hexagone figurait celui de Nicolas Sarkozy :

« L'implication croissante d'associations juives américaines dans les efforts déployés par le lobby pro-israélien en France est en train d'alimenter des préoccupations au sujet d'un éventuel retour de manivelle au détriment tant des dirigeants de la communauté juive française que des responsables israéliens. [...] Le plus gros de la controverse est centrée sur un accord, conclu l'an dernier entre le Congrès juif américain et un groupement pro-israélien très fort en gueule, connu sous l'acronyme français UPJF [Union des patrons juifs de France]. Des interrogations se font jour, également, au sujet des activités européennes de l'AIPAC [American Israel Public Affairs Committee], une organisation de lobbying pro-israélien sise à Washington, qui a développé des liens avec des associations juives en France et dans d'autres pays européens, afin d'y encourager la mise en place d'un lobbying à l'américaine. Le Comité juif américain a lui aussi fait franchir un degré à son activisme en Europe, l'année dernière, mais il semble avoir évité le genre de controverse qui entoure les deux autres instances américaines citées. En vertu de l'accord entre le Congrès juif américain et l'UPJF, l'association américaine fournira à sa partenaire un entraînement, des argumentaires et des conseils, ainsi qu'un soutien financier. David Twersky, directeur du Conseil pour la Juiverie mondiale, récemment mis en place par le Congrès juif américain, a confirmé ce financement, mais il a refusé d'en révéler le montant. Hervé Giaoui, président de l'UPJF a observé le même mutisme. [...] Tant le Congrès juif américain que l'UPJF ont mis l' accent sur le fait que l'accord de coopération entre eux écartait toute immixtion dans la vie politique française. Twersky a rejeté catégoriquement toute suggestion que des fonds juifs américains seraient injectés dans la vie politique française, insistant sur le fait que l'accord signé entre le Congrès juif américain et l'UPJF écarte de manière explicite de leurs activités communes toute action politique partisane, et se focalise exclusivement sur des efforts visant à combattre l'antisémitisme et les perceptions anti-israéliennes. M. Giaoui a indiqué que les fonds américains serviraient exclusivement à financer des campagnes de publicité pro-israéliennes et que, par conséquent, il ne se sentait nullement concerné par une quelconque impression que d'aucuns pourraient avoir, d'une immixtion juive américaine dans les affaires intérieures françaises. M. Twersky a également souligné que l'UPJF avait l'intention de donner aux juifs français un certain pouvoir, que des fédérations - parapluies comme le CRIF n'ont jamais pu leur conférer. « L'UPJF a pour seule finalité l'action politique », a-t-il déclaré, ajoutant qu'il conseillait à cette instance de ne pas prendre parti, sur le plan de la politique intérieure française. Un examen des déclaration de l'UPJF semble cependant indiquer un pattern de soutien à des candidats de droite aux postes électifs. [...] Dans une lettre adressée le 24 juin à ses membres, détaillant la position de l'association en matière de soutien aux candidats à des élections politiques, l'UPJF se déclarait « convaincue qu'il est impératif de s'impliquer dans la vie politique de notre pays, que ce soit au niveau local, au niveau national, ou encore au niveau européen. » Cette lettre de l'UPJF entendait expliciter la décision prise par l'association d'apporter son soutien à la candidature de Patrick Gaubert, un dirigeant juif anti-raciste connu, lors de récentes élections législatives européennes, ainsi qu'à celle de Laurent Dominati, candidat à des élections législatives, à Paris. Par ailleurs, l'association a exprimé son soutien appuyé au présidentiable Nicolas Sarkozy. Un de ses membres fondateurs, Mme Nicole Guedj, est un des plus jeunes ministres du gouvernement français actuel. Ces quatre personnalités politiques appartiennent toutes au parti conservateur UMP [Union pour un mouvement populaire] du président Jacques Chirac. [01] »

 

Don Sarko au pays d'Arnold


Au mois d'avril 2004, Sarkozy s'était déjà distingué en se rendant à
Washington à un déjeuner de l'AJC donné en son honneur :

A Washington, vendredi 23 avril, Nicolas Sarkozy était le gouvernement français à lui seul. Toujours ministre de l'intérieur - et des cultes - devant l'American Jewish Committee, principale organisation juive américaine, qui a
offert un déjeuner en son honneur. [...] Au déjeuner de l'American Jewish Committee (AJC), M. Sarkozy a prononcé hardiment un discours en anglais, dans lequel il a révélé que "les journalistes" l'avaient appelé "Sarkozy l'Américain". "J'en suis fier, a-t-il dit. Je n'ai pas peur de dire que je partage beaucoup de valeurs américaines." Il cite un nom, au hasard : Arnold Schwarzenegger. {a} "Comme Sarkozy, c'est difficile à prononcer. Mais cela n'a pas empêché les Californiens de l'élire gouverneur", admire-t-il. [...] Le contact entre M. Sarkozy et l'AJC s'est établi en octobre 2003, quand il a reçu une délégation de cette organisation américaine, venue lui demander ce que le gouvernement français faisait contre l'antisémitisme. [02]

Un commentaire de la CAPJPO nous éclaire mieux sur ce qui se mijote entre le Don et ses copains d'Amérique :

« Avec Nicolas Sarkozy, on change de registre. On est en effet en présence d'un homme qui déclare désormais publiquement servir, en conscience, les intérêts de l'American Jewish Commitee (AJC). Car, qui a "fait croire aux Etats-Unis d'Amérique que la France était un pays antisémite" ? Qui, sinon l'AJC elle-même, un lobby qui n'est ni juif, ni américain, en ce qu'il ne sert ni les intérêts des Juifs en général, ni ceux des Américains, ni ceux des Américains juifs, mais uniquement la politique de l'axe gouvernemental américano-israélien, incarnée aujourd'hui par le couple Bush/Sharon, et dont le peuple palestinien est la principale victime. L'AJC, et une série d'autres officines sharoniennes, ont entrepris depuis plusieurs années de répandre du venin sur "la France", dont ils accusent en bloc les dirigeants et la population d'être antisémites. [...] L'AJC ne connaît rien à l'anti-sémitisme, réel ou potentiel, prévalant en France, au point que les dirigeants du lobby sharonien français, le CRIF notamment, ont bien été obligés de reconnaître que leurs amis d'outre-Atlantique "manquaient peut-être un peu du sens des nuances". Sans vergogne, parce qu'impunie à ce jour, l'AJC ne cesse cependant d'étendre son champ d'intervention, en étant le principal organisateur d'une conférence qui se tient actuellement à Berlin, sur le thème de "L'antisémitisme en Europe". [03]»

Quelques mois plus tard, en octobre 2004, le Don entreprenait un nouveau voyage aux Etats-Unis et y confortait ses alliances :

« Venu aux Etats-Unis pour la réunion d'automne du G7, Nicolas Sarkozy a effectué ce qui ressemblait à une tournée d'adieux. Même le président de la Réserve fédérale, Alan Greenspan, lui a dit qu'il serait regretté, assure l'entourage du ministre. Après avoir été invité à déjeuner, samedi 2 octobre à Washington, par le Hudson Institute, un "think tank" de la mouvance néo-conservatrice {b}, M. Sarkozy a dîné dimanche à New York chez l'ancien ambassadeur et banquier démocrate Félix Rohatyn, en compagnie du maire Michael Bloomberg. [...] A Columbia {c}, [...] la question portait sur ce que ferait M. Sarkozy s'il était élu. "Cela serait dangereux de répondre avec trop de sincérité, a-t-il dit, c'est trop tôt." [...] Nicolas Sarkozy s'est décrit comme "étranger dans son propre pays". "Moi je n'étais pas destiné à avoir les belles places. Il a fallu aller les chercher." [04] »

Don Sarko au pays d'Arik

En décembre 2004, en suivant les traces du sénateur Hillary Clinton, du gouverneur Jim McGreevey et du maire Rudolph Giuliani, Sarkozy se rendait en Israël et salamalequait Ariel Sharon qui le reçut comme un chef d'Etat. (On se souvient qu'Arik le Ventru avait, en mai 2003, refusé de rencontrer Dominique de Villepin, qui était pourtant, à l'époque, le ministre français des Affaires étrangères, mais qui avait eu l'intelligence et le courage de s'opposer à la guerre en Irak. [05]) :

« Ariel Sharon et Nicolas Sarkozy se sont assurés de leurs bons sentiments respectifs, mercredi 15 décembre, au deuxième jour de la visite du président de l'UMP en Israël. Le premier ministre de l'Etat hébreu a qualifié son hôte d'"ami d'Israël". En retour, l'ancien ministre de l'économie français a pris soin, tout au long de son voyage, de manifester sa sympathie pour l'Etat hébreu. "Je suis venu écouter et comprendre une réalité complexe que vous vivez avec votre chair et que nous regardons avec la raison", a-t-il souligné, jeudi 16 décembre, lors de son intervention à Herzliya, devant les principaux acteurs de la vie politique et économique israélienne. "Ceux qui me connaissent savent que la première chose que j'ai faite lorsque je suis devenu ministre de l'intérieur en 2002, ce fut de reconnaître l'ampleur du problème - de l'antisémitisme - qui avait trop longtemps été sous-estimé", a-t-il ajouté. Veillant à ne déclencher aucune polémique, M. Sarkozy a saisi l'occasion de se démarquer des autres dirigeants politiques français : "Je sais que vous avez eu le sentiment qu'en France on restait trop insensible à votre souffrance et qu'à tout le moins vous n'aviez pas ressenti notre compassion." Tout au long de se séjour, M. Sarkozy a ainsi multiplié les signes de son empathie pour les problèmes de la communauté juive, qu'il s'agisse de la résurgence de l'antisémitisme en France et en Europe, ou de la sécurité de l'Etat d'Israël. "Je veux que vous compreniez que je vous ai compris", avait-il ainsi lancé à l'adresse des résidents français en Israël, mardi 14 décembre, dès son arrivée à Tel-Aviv. Dès le début de la matinée de mercredi, avant d'entamer la partie politique de son voyage, le président de l'UMP a déposé une gerbe sur la tombe d'Itzhak Rabin avant de s'arrêter au Mémorial de Yad Vashem, "musée" sur l'Holocauste construit sur les hauteurs de Jérusalem. Puis il a parcouru la partie arabe de la vieille ville, s'est promené dans le souk, serrant des mains, s'arrêtant dans des boutiques, sans déclencher la cohue à laquelle ses déplacements en France l'ont habitué. Il est vrai qu'ici, loin de Paris, dans ce dédale de rues, M. Sarkozy ne bénéficie pas - encore ? - de la popularité de Jacques Chirac. "Who is he ?", demandent la plupart des badauds. Ici, on se souvient surtout de l'altercation entre le chef de l'Etat français et les services de sécurité israéliens lors de sa visite en octobre 1996. "This is not a method, this is a provocation", avait lancé M. Chirac, menaçant de regagner la France. Un marchand de la Vieille Ville, qui n'a pas oublié l'incident, s'interroge : "M. Chirac, il vient ?" Et le chiraquien Eric Raoult, député (UMP) de Seine-Saint-Denis qui accompagnait la délégation, de répondre : "On vous a emmené son fils." Mais ce sont les contacts avec les hommes politiques israéliens qui ont le plus réjoui le président de l'UMP. "J'espère que cette visite contribuera à l'amélioration des relations entre la France et Israël", a commenté Ariel Sharon devant un Nicolas Sarkozy visiblement très satisfait. Les deux hommes, qui ne s'étaient jamais rencontrés, ont discuté pendant près d'une heure et demie, en présence notamment de l'ambassadeur de France en Israël, Gérard Araud. Accueilli en véritable homme d'Etat - "selon un protocole largement au-dessus de celui réservé généralement à un chef de parti", note un diplomate à Jérusalem -, le président de l'UMP a aussi rencontré Moshe Katzav, président de l'Etat israélien. "Nous avons parlé des relations entre nos deux pays, de la situation en Europe et de l'interdiction de la chaîne Al-Manar sur les ondes françaises", a expliqué M. Katzav alors que M. Sarkozy relevait que la France était "le seul Etat à avoir adopté une telle disposition contre une chaîne de télévision antisémite". Mais c'est le commentaire de Shimon Pérès, président du Parti travailliste, rencontré à la Knesset, qui lui sera allé droit au cour : "C'est toujours important de recevoir les responsables politiques étrangers, a déclaré le leader de l'opposition israélienne. Il faut regarder vers le futur." [06] »

Don Sarko au pays de Julia

Quelques semaines plus tard, Sarkozy s'envolait pour l'Ukraine, le pays de la "révolution orange" {d}, où il retrouvait Julia Timochenko :

Au premier jour de sa visite en Ukraine, mercredi 9 février [2005], Nicolas Sarkozy n'avait que des raisons d'être heureux. "C'est extraordinaire ce que l'on voit ici", exultait le président de l'UMP. Extraordinaire la réception au palais de la présidence par Viktor Iouchtchenko, le leader de la "révolution orange", visage verdâtre et grêlé. Extraordinaire aussi la réception par le premier ministre, Julia Timochenko, dont les tresses blondes, nouées en bandeau autour du front, resteront comme le symbole de cette révolution pacifique. [07] {e}

Une autre source, là encore, nous éclaire mieux sur la nature des alliances que le Don compte forger dans cette région si riche en gaz et en pétrole :

« Le nouveau président ukrainien, Victkor Yuschchenko, a nommé ministre des Communications un citoyen « dual », le multimillionnaire Yevgeny Chervonenko. Cet Ukrainien, âgé de quarante-cinq ans et qui possède un passeport israélien, est le vice-président du Congrès juif pan-ukrainien. En tant que ministre des Communications, il exercera un contrôle complet sur le développement de tous les médias ukrainiens. C'est en effet son ministère qui publiera toutes les licences et les fréquences opérationnelles des radios, des chaînes de télévision, des communications internet et satellitaires. Après la vague de privatisations, Chervonenko s'est assuré le contrôle d'une grande variété d'entreprises, notamment deux grandes usines de mise en bouteille de boissons, des chaînes de supermarchés et une firme pharmaceutique. En 2004, dans une interview accordée à l'Agence Télégraphique Juive, il se plaignait de la présence d' « antisémites » au sein de la coalition des partis d'opposition, notant qu'il avait accosté l' un d'entre eux dans les toilettes du Parlement ukrainien, Vassily Chervonenko : « Je lui ai mis la tête dans le lavabo, et je lui ai dit : « Encore un mot de travers à propos d'Israël, et je te butte ! » » [.] Le magnat des médias Pyotr Poroshenko, juif lui aussi, a été nommé secrétaire d 'Etat à la Sécurité et à la Défense Nationales, bien qu'il ait été dépourvu de toute expérience en la matière. Même le parti communiste ukrainien, pourtant très largement juif, n'en croit pas ses yeux ! Après avoir été informé de la nomination de Poroshenko, il a publié la déclaration suivante : « Quand les activités relevant de la sécurité nationale et l'imposition de la loi sont confiées à un homme d'affaires dont les actes ont très souvent contrevenu à la loi, et qui a été pris sur le vif en train de falsifier le budget de l'Etat, on peut difficilement accorder foi aux déclarations préélectorales, selon lesquelles tous les criminels seront arrêtés et mis en prison. » L'oligarque Poroshenko possède Channel 5, la chaîne de télévision qui, durant la « Révolution Orange », de source objective d'informations, est devenue une fontaine à propagande de l'opposition. La milliardaire juive Julia Timoshenko, 44 ans, a été nommé Premier ministre, deuxième poste, en puissance, dans l'appareil d'Etat, en dépit d'un mandat d'arrêt international à son encontre. Timoshenko est mise en examen, en Russie, pour fraude et corruption de responsables gouvernementaux. En 1996 - 1997, Mme Timoshenko a détourné des milliards de dollars de l'économie ukrainienne via la revente de gaz, sous la protection de son patron, un baron des voleurs, l 'ancien Premier ministre ukrainien Pavel Lazarenko. (Pavel Lazarenko purge actuellement une peine de prison, en Californie, après avoir été convaincu d 'extorsion de fonds, de blanchiment d'argent illégal, de conspiration, de fraude et de recel de biens volés. Lazarenko a également été convaincu de blanchiment d'argent en suisse, et il est recherché en Ukraine, pour meurtre. Son avocat américain est un commentateur juridique, très connu, d' une chaîne de télévision, Daniel Horowitz. Au cours de son procès à San Francisco, Horowitz a versé au dossier des enregistrements pris secrètement de l'ancien président ukrainien Leonid Kuchma, à l'insu de celui-ci, comportant des insultes antisémites et des ragots au sujet de Lazarenko. L' idée était de convaincre le tribunal que Lazarenko était la victime d'une vendetta antisémite de Kuchma. Mais ça n'a pas marché.) Le nouveau Premier ministre ukrainien est russophone, l'ukrainien n'est pas sa langue maternelle. Mme Timoshenko reconnaît elle-même n'avoir étudié l'ukrainien qu 'en 1999. Elle a catégoriquement refusé de nous fournir une biographie, et même son nom de jeune fille est un mystère. Toutefois, les juifs locaux ont affirmé à plusieurs reprises la fierté qu'ils ressentaient en raison de ses origines juives. [08] »

Don Sarko au pays de Vladimir

Sarkozy ne visitera pas la Russie de sitôt. Les oligarques de l'internationale sioniste y sont en effet en trop mauvaise posture :

« Comme souvent dans la couverture par Associated Press d'informations relatives à Israël, on constate une omission sérieuse dans sa dépêche consacrée à la Russie-Israël connection, quand bien même elle concerne et le pétrole et les Etats-Unis. Au lendemain du discours (de Bush) sur l'état de l'Union, deux fuyards tentant d'échapper aux foudres d'Interpol assistaient au « Déjeuner national de prière » tenu à Washington DC. La veille, ces malfrats en cavale étaient les hôtes d'honneur d'une réunion d'une heure de durée du Comité des Relations internationales à Capitole Hill, à l' invitation du démocrate éminent Tom Lantos (Californie). On aurait pu penser que cela aurait fait les gros titres, que des hommes recherchés par la police européenne fassent leur apparition inopinée aux Etats-Unis, et en particulier sur la colline du Capitole, à des raouts auxquels assistait le président des Etats-Unis en personne. Et pourtant, il n'y eut nulle information de ce type, dans les dépêches d'Associated Press. Pas une seule chaîne de télévision, pas une seule radio n'ont mentionné ces faits. De fait, les moteurs de recherche Google et LexisNexis, quatre jours après ces faits, ne répertoriaient que trois articles de presse à leur sujet, dans l' ensemble des Etats-Unis. Qui sont ces fuyards, recherchés par Interpol, pour se permettre d'assister à des réunions au plus haut niveau du gouvernement américain ? Et pourquoi n'ont-ils pas livré la vérité, eux-mêmes ? Voici l' histoire. Il s'avère que ces deux hommes ne sont que la partie émergée d'un colossal iceberg. Et ce iceberg n'a pas simplement 90 % de sa masse immergée et cachée sous l'eau ; cet iceberg est, quant à lui, presque totalement immergé. Il s'agit de Mikhail Brudno et de Vladimir Dubov, deux partenaires israélo-russes de la compagnie pétrolière géante russe Yukos. Avec plusieurs de leurs potes, ils sont recherchés par Interpol au motif qu'ils auraient extorqué des milliards de dollars de leurs concitoyens russes.

Afin d'échapper aux poursuites de la justice russe, ces hommes sont allés s' installer en Israël. Comme l'explique le quotidien israélien Ha'aretz : « Ces dernières années, les autorités russes ont commencé à enquêter sur la firme Yukos, ses dirigeants et ses principaux actionnaires, dont beaucoup sont d'origine juive. Les investigations ont amené plusieurs des dirigeants de la firme à s'esquiver en Israël, et elles ont abouti à l'arrestation du PDG de Yukos, Khodorkovski, ainsi qu'une attaque en règle du Kremlin, à l' encontre de Yukos. [.] Pour comprendre cette lutte pour le pouvoir en Russie, et d'en comprendre aussi les implications pour nous, il est nécessaire de comprendre le contexte israélien sous-jacent. [.] Boris Berezovsky est l'un des sept « oligarques », selon l'appellation sous laquelle ces hommes sont connus, tant à l'intérieur de la Russie qu'à l' étranger : ce sont des manipulateurs, immensément riches et puissants, qui, au moyen de la violence, du vol et de la corruption, ont acquis une part léonine des ressources de la Russie (selon les sources, de 70 % à 85 %), depuis son pétrole jusqu'à son industrie automobile, en passant par les médias de masse. En même temps, ce groupe acquérait lentement mais sûrement le contrôle sur l'appareil politique du pays. Utilisant leurs ressources financières extraordinaires et leur travail de sape à l'intérieur, les oligarques désignèrent des Premiers ministres et des responsables gouvernementaux, en prenant rarement la peine de faire ceci en se dissimulant dans les coulisses. En 1997, le fondateur de Yukos, Mikhail Khodorkovsky, un des hommes les plus riches du groupe, et par moment, de Russie (plusieurs des oligarques, en compétition, prennent, puis perdent, puis reprennent la première place.) a déclaré à un journaliste qui l' interviewait, avant son arrestation et son emprisonnement par Poutine, l' année dernière : « Si nous classifiions tous les domaines d'activité humaine en fonction de la profitabilité, la politique serait l'activité la plus lucrative. Quand nous voyons qu'il y a une situation critique, dans le gouvernement, nous tirons au hasard afin de désigner quelqu'un, parmi nous, qui se chargera du pouvoir. » Il se trouve que presque tous ces oligarques ont des liens significatifs avec Israël. De fait, Berezovsky a lui-même la citoyenneté israélienne, ce qui a causé un scandale aux proportions d'un Watergate russe, en 1996, quand il fut dénoncé par un quotidien russe. Les loyautés duplices de Berezovsky ont-elles une quelconque importance ? Oui. Dans le domaine de la domination mondiale, les intérêts d'Israël et ceux de la Russie divergent considérablement entre eux. Il est dans l'intérêt d' Israël d'amener au pouvoir, en Russie, un régime favorable à Israël, plutôt que le régime actuel, sous Poutine, que les dirigeants israéliens considèrent favorable à leurs ennemis. Ainsi, par exemple, il n'y a pas très longtemps, Poutine a rencontré des dirigeants syriens, et ce simple fait a été hautement dérangeant pour Israël. Avoir un citoyen israélien au plus haut niveau du gouvernement russe, c'est l'idéal, du point de vue israélien. En la personne de Berezovsky, ils avaient l'homme qu'il leur fallait. L' article du Jerusalem Post mentionné plus haut est révélateur. Il décrit Berezovsky en tant que « Parrain des Oligarques et Faiseur de Rois de la politique russe » et fait état de la citation de Berezovsky disant que « la Russie poutinienne est dangereuse pour Israël. » [.] Même si les Israéliens ont sans doute été absolument enchantés de la position occupée par Berezovsky en Russie, il n'est nullement étonnant qu'enchantés, les citoyens russes l'aient beaucoup moins été... Découvrir qu'un dirigeant puissant, membre du Conseil russe de la Sécurité, était un citoyen israélien fut pour eux, à dire le moins, déconcertant. Conséquence de la levée de boucliers médiatique au sujet de la citoyenneté israélienne de Berezovsky et d'autres événements, les connections israéliennes des Oligarques sont largement connues, tant en Russie qu'ailleurs dans le monde. En Israël, on en parle souvent dans les médias, très souvent avec adulation. C'est notamment le cas d'une série télévisée diffusée par la télévision israélienne, sous le titre Les Oligarques. Certains épisodes, indique l'écrivain israélien Uri Avnery, « sont tout simplement incroyables. Ou plutôt, seraient incroyables, s'ils ne provenaient pas directement de la bouche même des protagonistes : les héros de cette histoire, qui se vantent allègrement de leurs exploits pendables. Cette série a été produite par des immigrants russes en Israël ». Avnery précise que les oligarques ont eu recours au « vol, à la prévarication et aux assassinats » pour « exploiter la désintégration du système soviétique, afin de piller les trésors de l'Etat et d'amasser un butin de plusieurs centaines de milliards de dollars. Pour assurer la perpétuation de leurs affaires véreuses, ils ont pris le contrôle de l'Etat. Six de ces sept oligarques sont juifs. ». D'après un article du Washington Post, sous la plume de David Hoffman, le sept ont acheté et pris le contrôle des responsables du gouvernement soviétique, au plus haut niveau. Après avoir financé l'élection de Eltsine, en 1996, écrit Hoffman : « Les nababs se sont rencontrés et ont décidé d'insérer l'un d'entre eux dans le gouvernement. Ils débattirent entre eux du choix à opérer, et décidèrent de choisir Vladimir Potanin, qui devint vice-premier ministre. La raison pour laquelle ils choisirent Potanin, c'est qu'il n'était pas juif, et que la plupart des autres l'étaient, et qu'ils craignaient un retour de manivelle contre les banquiers juifs. » En Russie, les oligarques sont profondément honnis. Ils sont considérés comme des malfaiteurs qui ont saigné le pays à blanc ; durant leur règne, beaucoup de citoyens russes ont vu leurs économies de toute une vie disparaître du jour au lendemain. Un nouveau terme a été forgé, pour qualifier leur domination : « semibankirschchina », ce qui signifie : « le règne des sept banquiers », et tout le monde savait qu'ils avaient mis sur pied de petites armées privées, meurtrières. [.] Avant le coup de torchon de Poutine (d'après le Washington Post), les oligarques venaient de réussir à s'emparer des « rênes des médias imprimés et radiodiffusés de Russie, vitaux pour l'évolution de la démocratie chancelante du pays et la croissance de sa société civile naissante. » Le comparse de Berezovksy, Gusinsky, qui est un ami intime de Rupert Murdoch, et qui s'apprêtait à lancer un satellite de télévision, s'est enfui en Israël après qu'il fut devenu évident qu'il allait être arrêté. » [09]

Don Sarko au pays de Madelin et de Finkielkraut

En France, Sarkozy peut aussi compter sur l'appui de la famille pro-israélienne.

Ce soutien lui est garanti par certains membres de l'UMP comme Jean-Claude Gaudin {f}, le vice-président de cette formation politique, Patrick Gaubert {g} ou Alain Madelin {h} :

Mardi 10 août, Alain Madelin, chef de file des cercles libéraux, s'est entretenu avec M. Sarkozy à Arcachon (Gironde). "Pour les libéraux qui se reconnaissent très mal dans la politique de Jacques Chirac et qui ne se sentent pas très bien dans l'UMP, Sarkozy incarne un espoir de réforme forte dont la France a besoin", a déclaré au Monde M. Madelin, à l'issue de cette rencontre. "J'ai évoqué mon souci de voir l'UMP se transformer en une machine à préparer l'avenir", a-t-il ajouté. Dès le mois de juin, le député d'Ille-et-Vilaine avait manifesté son soutien au ministre d'Etat. [10]

Quant à Eric Raoult, vice-président de l'Assemblée nationale, membre de l'UMP et sioniste notoire {i}, il nous chante les vertus du Don sur un air yankee :

Philippe Ridet : Pour quelles raisons soutenez-vous la candidature de Nicolas Sarkozy à la présidence de l'UMP ?

Eric Raoult : Il est, comme disent les Américains, "the right man in the right place at the right moment". [11]

Il serait intéressant de vérifier si les politiciens suivants sont eux aussi au diapason et s'ils soutiennent ce petit Etat raciste, brutal et théocratique qui s'appelle Israël :

Personne ne prononce publiquement le mot, mais en privé plusieurs élus parisiens évoquent la "déchiraquisation" en cours dans la capitale. Alors que le secrétaire départemental de l'UMP à Paris, Patrick Stefanini, jadis principal collaborateur d'Alain Juppé, vient d'annoncer sa démission en raison des poursuites judiciaires dont il est l'objet [...] - l'influence de Nicolas Sarkozy semble se renforcer dans ce qui fut longtemps le fief des chiraquiens. Ainsi, pour assurer sa réélection à la présidence du groupe UMP du Conseil de Paris, Claude Goasguen (UMP) {j} s'est-il rapproché du futur président de l'UMP. [...] La veille, Pierre Charron, ancien collaborateur de Jacques Chirac à l'Hôtel de Ville et aujourd'hui conseiller de M. Sarkozy, était devenu vice-président du conseil général à la faveur d'une primaire dont l'issue atteste l'évolution du rapport de forces. [...] Se définissant comme "le plus fervent sarkozyste de la droite parisienne", M. Charron prenait là une revanche. [...] Autre proche du ministre de l'économie, le sénateur Philippe Goujon, président de l'UMP dans la capitale, indique que "l'arrivée de Nicolas Sarkozy à la tête de l'UMP peut modifier le climat à l'intérieur de la droite parisienne". [12] {k}

Sarkozy est également proche de Roger Cukierman {l}, dont il n'hésite pas à défendre les propos incendiaires :

Nicolas Sarkozy, président de l'UMP, a estimé jeudi sur LCI {m} que Roger Cukierman, président du CRIF qui avait critiqué samedi dernier la politique de la France vis-à-vis d'Israël, était "dans son rôle". "Roger Cukierman est dans son rôle", a affirmé M. Sarkozy. [...] Lors du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France, samedi dernier, dont l'invité d'honneur est toujours le Premier ministre, M. Cukierman avait dénoncé une "incompatibilité entre la politique étrangère de la France et la politique intérieure de lutte contre l'antisémitisme". Ses propos ont été dénoncés par deux ministres. François Fillon (Education nationale) avait jugé "pas normal que le président du Crif se livre chaque année à une attaque globale de la politique étrangère" de la France. Michel Barnier (Affaires étrangères) a qualifié de "presque décourageants" les "propos injustes" tenus par M. Cukierman. [13]

Par ailleurs, Sarkozy s'entoure de certains intellectuels connus comme propagandistes sionistes ou comme défenseurs de la politique belliqueuse des Etats-Unis tels Alexandre Adler {n}, Pascal Bruckner, André Glucksmann {o} et Alain Finkielkraut {p} :

Ce fut un déjeuner parmi tant d'autres. Le 5 avril, le ministre de l'économie et des finances recevait à Bercy "ceux qu'on appelle les intellectuels", selon les termes de son épouse et conseillère Cécilia Sarkozy. Laquelle avait vu grand : étaient conviés, en effet, les écrivains Denis Tilinac, Jorge Semprun, Philippe Sollers, Marc Lambron, François Sureau et Pascal Bruckner, les philosophes André Comte-Sponville, Alain Finkielkraut et André Glucksmann, la psychanalyste Julia Kristeva, les éditorialistes Alexandre Adler {q} et Alain-Gérard Slama, ou encore l'ancien directeur de la revue Esprit, Paul Thibaud. [14]

Et quand vient l'heure de fêter Israël, le Don enfile son costume à paillettes et danse jusqu'à l'aube en compagnie d'Alain, de Bibi et de DSK :

« Vingt-deux ans qu'une telle manifestation n'avait pas eu lieu en France. La dernière en date remontait à 1981. Depuis, la communauté juive de France avait bien connu les Yom Hatorah (journées de la Torah) organisées par le grand rabbin de France, Joseph Sitruk. Mais elle n'avait pas revécu ces "douze heures pour l'amitié France-Israël". Si c'était un pari, il a réussi : 40 000 personnes, selon les organisateurs, ont participé, dimanche 22 juin [2003], à cette manifestation au parc des expositions de la porte de Versailles, à Paris. Les initiateurs étaient le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), le Fonds social juif unifié (FSJU), le Consistoire central et le Consistoire de Paris. Une grande partie de la communauté juive éprouvait le besoin de manifester son attachement à Israël, et de se réconforter après une succession sans précédent d'actes antisémites. [...] Le hall de conférence était envahi par un public passionné, qui applaudissait Enrico Macias et chantait La Marseillaise. Le président du comité d'organisation, Meyer Habib, a exprimé à la tribune son "incompréhension face à la politique de la France, qui ne reconnaît pas le Hamas et le Hezbollah comme des organisations terroristes, qui ne reconnaît pas Jérusalem comme la capitale d'Israël, éternelle et indivisible". Plusieurs hommes politiques sont intervenus, au cours d'une soirée animée par le journaliste Ivan Levaï, en présence de l'ancien premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou. Celui qui a été le plus applaudi, juste derrière Alain Madelin, est sans nul doute Nicolas Sarkozy. "Israël est une grande démocratie, et c'est suffisant pour être salué et respecté", a souligné le ministre de l'intérieur. "C'est la raison pour laquelle je n'ai pas accepté que le drapeau israélien soit bafoué par une croix gammée au cours des manifestations qui ont eu lieu contre la guerre en Irak. Parce que c'est de l'incitation à la haine raciale. Israël a le droit à la sécurité, comme toute démocratie dans le monde, ni plus, ni moins." [...] C'est l'ancien ministre des finances Dominique Strauss-Kahn qui s'est employé le plus vigoureusement à recoller les morceaux avec une communauté juive visiblement fâchée avec la gauche : " Comme juif, j'ai une sympathie naturelle pour Israël. Comme socialiste, j'ai une sympathie politique. La gauche vous a déçu. Il y a eu des notes non autorisées - allusion à un texte rédigé par l'universitaire Pascal Boniface, préconisant un changement de politique du PS à l'égard d'Israël -. Elles étaient misérables..." Et M. Strauss-Kahn de conclure : "Je vous annonce que la gauche est de retour !" [15] {r} »

Souhaitons que le prochain bal masqué de la famille sioniste de France ne se tienne pas à l'Elysée.

Par égard pour les Palestiniens et pour le monde arabe, il faudrait sans doute retirer au Don sa carte de séjour...

Sources :

[01] Marc Perelman "Israeli Envoy Vexed by Role Of U.S. Jews In France" Forward (USA), 27 août 2004

[02] Patrick Jarreau "Nicolas Sarkozy à Washington en ministre d'Etat" Le Monde (France), 24 avril 2004

[03] "Nicolas Sarkozy, un agent sharonien plus irresponsable encore que le CRIF" CAPJPO (France), 28 avril 2004

[04] Corine Lesnes "En visite à New York, M. Sarkozy se dépeint comme 'étranger en son propre pays'" Le Monde (France), 05 octobre 2004

[05] "Ariel Sharon refuse de rencontrer Dominique de Villepin à Jérusalem" Le Monde (France), 24 mai 2003

[06] Yves Bordenave "Reçu en Israël en homme d'Etat, M. Sarkozy s'est posé en héraut de la lutte contre l'antisémitisme" Le Monde (France), 16 décembre 2004

[07] Philippe Ridet "A Kiev, Nicolas Sarkozy invite les Ukrainiens à la patience" Le Monde (France), 10 février 2005

[08] BBC News [source non confirmée] "Yushchenko Reveals Why Israel Backed Him" 05 février 2005 http://www.rense.com

[09] Alison Weir "Do Americans Even Care?" "Russia, Israel and Media Omissions" CounterPunch (USA), 17 février 2005

[10] Yves Bordenave et Pascal Ceaux "UMP : la campagne sans répit de Nicolas Sarkozy"Le Monde (France), 12 août 2004

[11] Philippe Ridet "Entretien avec Eric Raoult, député (UMP) de Seine-Saint-Denis" Le Monde (France), 11 août 2004

[12] Yves Bordenave "L'influence des sarkozystes sur l'UMP à Paris progresse aux dépens des chiraquiens" Le Monde (France), 23 octobre 2004

[13] Dépêche AFP, 17 février 2005

[14] Jean Birnbaum "Comment les idées viennent à Sarkozy" Le Monde (France), 02 septembre 2004

[15] Xavier Ternisien "A Paris, 40.000 personnes ont fêté l'amitié entre la France et Israel" Le Monde (France), 23 juin 2003

Notes :

{a} En juin 2001, Arnold Schwarzenegger signait dans le New York Times, un des grands journaux pro-israéliens américains, le Jerusalem Pledge du Simon Wiesenthal Center. Parmi les noms des cosignataires, on relève, sans surprise, ceux de Hillary Clinton, Rudolph Giuliani, George Pataki, Charles Schumer et James McGreevey.

{b} On note, parmi les noms des membres ou des conférenciers du Hudson Institute, ceux de fameux néocons comme Elliott Abrams, Richard Perle, Robert Kagan, Bill Kristol ou James Woolsey...

{c} L'université de Columbia, qui se situe dans Manhattan et qui fait partie de la prestigieuse Ivy League, est un bastion sioniste. Depuis plusieurs mois, les activistes pro-israéliens y ont lancé une campagne de dénigrement visant des professeurs comme George Saliba, Joseph Massad, Hamid Dabashi ou Rashid Khalidi (cf. Statement to the Ad Hoc Committee, Joseph Massad, 14 mars 2005, www.censoringthought.org <http://www.censoringthought.org> ).

{d} Pour en savoir plus sur les ingérences américaines dans ces processus "révolutionnaires" et sur les agents oranges (Open Society Institute (George Soros), USAID, Freedom House, CIA, colonel Robert Helvy, US State Department, National Democratic Institute, International Republican Institute, Radio Liberty, etc.) ainsi que sur les mouvements d'opposition (Otpor, Kmara, Pora) soutenus par ces agents, on pourra lire :

"Otpor (Serbie), Kmara (Géorgie)...même patron : la CIA" "Besoin d'une révolution ? Appelez Otpor !"Aleksandar Apostolovski Politika (Belgrade), 17 octobre 2004

"US campaign behind the turmoil in Kiev" Ian Traynor The Guardian (UK), 26 novembre 2004

"JINSA Neocon Ledeen Admits Ukraine Election Meddling" Transcription de 'Hardball with Chris Matthews' (MSNBC) 09 février 2005 via > www.itszone.co.uk <http://www.itszone.co.uk>

{e} Sarkozy était accompagné de Jean-Claude Gaudin (UMP).

{f} En janvier 2004, Jean-Claude Gaudin visitait Israël en affichant clairement son appartenance au clan ultra-sioniste :

Jean Claude Gaudin, maire de Marseille, vient d'effectuer un voyage officiel en Israël où il s'est rendu à Tel Aviv, Jérusalem, Haïfa et surtout dans la colonie de Maalé Adoumim, la plus importante de Cisjordanie, au coeur des territoires palestiniens occupés. Là il s'est livré devant la presse israélienne &agr