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Nicolas Sarkozy à La Réunion, “un modèle pour la France”


Le ministre de l’Intérieur est arrivé hier (jeudi 29 septembre) à La Réunion pour une visite officielle de deux jours. Faisant allusion à la déclaration de François Baroin, ministre de l’Outre-mer, sur une possible réforme du droit du sol, il a déclaré "être Français ce n’est pas un don du sang mais un don de soi. On peut naître Français, mais on peut aussi et surtout le devenir et en le devenant on grandit la France".QUE
"Votre “vivre ensemble” est rare et doit être un modèle pour la République", a souligné à plusieurs reprises Nicolas Sarkozy qui a entamé hier une visite officielle de deux jours à La Réunion. Le ministre de l’Intérieur, de l’aménagement du territoire et des cultes a également estimé "être Français ce n’est pas un don du sang mais un don de soi. On peut naître Français, mais on peut aussi et surtout le devenir et en le devenant on grandit la France".
Le ministre de l’Intérieur, de l’aménagement du territoire et des cultes s’est exprimé ainsi à la mairie de Saint-Denis dirigée par le député-maire UMP, René-Paul Victoria. Sans nommer le ministre de l’Outre-mer, François Baroin, il faisait allusion à la déclaration de ce dernier sur une possible réforme du Code de la nationalité, du Droit du sol notamment, pour lutter contre l’immigration clandestine comorienne à Mayotte. "Un pays qui a peur de ses différences est pays qui se momifie et qui décline", a encore ajouté Nicolas Sarkozy. Interrogé à son arrivée à l’aéroport tôt dans la matinée, sur la prise de position du ministre de l’Outre-mer, il avait déjà noté "je ne pense pas que François Baroin ait voulu remettre en cause le Code de la nationalité. Il s’est interrogé sur la possibilité d’adapter notre législation aux réalités de ce territoire (Mayotte - ndlr). On peut poser des questions, on peut réfléchir, pour le reste, on verra".
À la mairie, il a précisé que pour lui "l’immigration zéro n’a aucun sens, pas plus que l’immigration sans entrave". Il s’est déclaré pour une "immigration choisie destinée à tourner le dos au laxisme des uns et à la xénophobie des autres. C’est parce que la France doit être ouverte et généreuse qu’elle doit être exigeante avec ceux qu’elle accueille en son sein".

Visite de la mosquée
LE ministre de l’Intérieur reviendra sur le thème de l’immigration lors de sa visite à la mosquée dionysienne Noor-E-Islam (la lumière de l’Islam) qui fête son centenaire cette année. Mais cette fois, c’était pour mettre en exergue la diversité du peuple réunionnais. "Lorsque vos ancêtres sont venus de l’Inde lointaine, ils avaient forcément des rêves car on n’immigre pas par hasard. Ils avaient des rêves de vie meilleure. En venant, ils ont apporté une nouvelle couleur à l’arc-en-ciel réunionnais et vous, à votre tour, vous avez su enrichir ce creuset", soulignait Nicolas Sarkozy en s’adressant aux musulmans. À noter aussi la présence à la mosquée du Comité de dialogue interreligieux composé des représentants de toutes les religions pratiquées dans l’île.
Faisant référence au contexte international et national où les musulmans sont souvent montrés du doigt si ce n’est pris à partie, le ministre de l’Intérieur disait "le fait religieux, et en l’occurrence la religion musulmane, n’est nullement un problème pour la République mais une richesse complémentaire, dès lors que les règles qui régissent notre pacte républicain sont respectées de tous". Il ajoutait à l’adresse des musulmans "vous avez fait la démonstration que l’on peut être un vrai républicain tout en étant musulman. Votre apport est capital pour la France toute entière".
Au Conseil général, lors de la clôture des travaux, il a élargi son propos pour souligner : "la laïcité à la réunionnaise est un modèle pour la laïcité à la française". Il a estimé que "les religions ont joué un rôle essentiel dans la construction de cette harmonie réunionnaise". Il a conclu en affirmant "le formidable modèle de “vivre-ensemble” de La Réunion, doit servir de modèle à la République".
Nicolas Sarkozy a terminé la première journée de son séjour en prenant sa casquette de président de l’UMP. C’est en effet en tant que chef de parti qu’il a tenu un meeting à Champ Fleuri. Aujourd’hui le ministre de l’intérieur sera dans l’Est et le Sud.

"La Réunion, un modèle pour la France"


"La laïcité à la réunionnaise est un modèle pour la laïcité à la française". C’est ce qu’a déclaré Nicolas Sarkozy lors de la cérémonie de clôture du forum sur la laïcité.
Nicolas Sarkozy a souligné "le formidable modèle de vivre-ensemble" de La Réunion, sur lequel, la Métropole devrait, selon lui, prendre exemple. Pour le ministre de l’Intérieur, les religions ont joué un rôle essentiel dans la construction de cette harmonie réunionnaise.
Le ministre a évoqué également la place des musulmans en France et salué le fait que La Réunion vit avec ses différentes religions, y compris l’Islam. Il affirme que si ce modèle de “vivre-ensemble” est possible à La Réunion, il doit l’être également dans les banlieues de Paris, Lyon ou de Marseille. "S’il faut pour cela amender quelques articles de la loi de 1905, je ne vois pas pourquoi nous l’interdirions".
La présidente du Conseil général, Nassimah Dindar, a déclaré pour sa part qu’il est nécessaire à La Réunion de "fixer les conditions d’une juste intégration des confessions religieuses dans le jeu de la vie sociale". Monseigneur Gilbert Aubry, évêque de La Réunion, a abordé la question de la modification du calendrier des jours fériés. Nicolas Sarkozy ayant déclaré qu’il ne fermait pas la porte à la proposition, mais que la question restait malgré tout complexe, l’évêque de La Réunion a dit interpréter cette réponse comme "une invitation à la prudence et à la réflexion".

Au fil des discours


o À propos du chômage
"Il faut arrêter de dire que l’on a tout essayé contre le chômage. On a tout essayé sauf ce qui a marché ailleurs".
o À propos de la filière canne
"L’objectif de diminution des prix au profit des consommateurs et des pays en développement ne justifiera jamais la fragilisation d’un savoir-faire agricole et industriel, d’un mode de vie ancestral, et d’une région entière".
o À propos de la position de l’État
"Il est temps que l’État se mette au diapason des peuples et territoires qu’il est censé représenter".
o À propos de la délinquance
Nicolas Sarkozy observe qu’à La Réunion, après deux années de baisse successive de la délinquance (dont un recul de 12% de la délinquance de voie publique) les résultats sont mitigés. Il entend ainsi mobiliser les services, recadrer les objectifs et étoffer les moyens.
Source : Témoignages, 30 septembre 2005. URL : http://www.temoignages.re/article.php3?id_article=11117


Immigration Clandestine: Coup de froid entre Paris et Yaoundé?


par Bertrand Toko, La Nouvelle _Expression, DOUALA, 28 septembre 2005
Le Quai d’Orsay saisi par Nicolas Sarkozy menace de solliciter l’Union européenne dans la lutte contre l’immigration clandestine camerounaise...
Les "révélations“ ne pouvaient mieux tomber. Selon, Le Confidentiel africain du 26 septembre 2005, la direction de l’immigration du ministère français de l’intérieur aurait dressé un rapport musclé sur l’affaire Guy Effeye, du nom de ce lycéen Camerounais dont le rapatriement n’a pas été pos-sible suite aux affrontements entre la police française et les camarades, appuyés par certains députés Ump. Les dits policiers auraient tiré toutes les conclusions concernant les expulsions des ressortissants camerounais, "très organisés pour résister aux rapatriements du territoire français”. Aux grands maux, les grands remèdes, les collaborateurs de Nicolas Sarkozy ont décidé de durcir le ton contre les immigrés clandestins venus du Cameroun, Yaoundé faisant partie de la liste rouge des gouvernements n’aidant pas la France à lutter contre l’immigration illicite.


Durcissement
Dans les faits, les policiers français auraient reçu l’ordre de procéder aux interpellations des clandestins camerounais, en douce et dans la plus stricte confidentialité. Le “Confidentiel Africain” révèle du reste qu’entre juillet et septembre de l’année en cours, pas moins de 150 Camerounais ont été expulsés, sans vacarme, ni préavis. Et que, depuis l’affaire Effeye qui a causé des manifestations anti-raciales dans la capitale française, près de 20 Camerounais ont été rapatriés, manu militari, et dans une confidentialité absolue. Les dernières consignes octroyées au personnel du ministère de l’intérieur consistent à écourter la garde-à-vue des ressortissants camerounais et leur reconduction à Douala ou à Yaoundé, sous escorte des éléments de la Dst (direction de la surveillance du territoire), avec les premiers vols dispo-nibles. Les candidats à l’expulsion sont d’ailleurs fichés par la France et tous les pays de l’Espace Schengen.
Parallèlement à cette mesure drastique pour les clandestins d’Afrique en général et ceux du Cameroun en particulier, la France n’a pas effacé la responsabilité des autorités de Yaoundé, accusés qu’elles sont de connivence avec les clandestins en divagation en France et en Europe. Pour ne pas faire les chose à moitié, et quêter la caution de Bruxelles, la France vient de décider, selon le "Lca”, de saisir l’Union européenne, afin de faire de l’immigration clandestine chez tous les pays membres à l’instar de la France et de l’Allemagne, une priorité des priorités pour l’année 2005. A la délégation de l’union européenne à Yaoundé, on dit n’être pas encore au courant de l’initiative française envers es ressortissants camerounais ou des accusations ?? par Paris contre Yaoundé à Bruxelles. Selon un responsable de l’Ue à Yaoundé, la France a effectivement cité le Cameroun parmi mes pays n’aidant pas à combattre l'immigration clandestine sur son territoire, mais que les mesures spéciales concernant ce pays sont pour le moment ignorés de Bruxelles. Yaoundé a-t-il digéré ces accusations?

Courroux
Le sujet semble tabou au Minrex. "Les relations entre Yaoundé et Paris ne se commentent pas”. Propos d’un diplomate camerounais ayant requis l’anonymat. “Comment peut-on demander à un gouvernement de traquer ses ressortissants sur un territoire, une puissance étrangère ? Comment identifier les immigrés clandestins? Peut-on instaurer une gestapo moderne dans ces pays de liberté?” s’est interrogé le diplomate, en réaction aux accusations du ministère français de l’Intérieur. Le Cameroun s’est-il défendu de ces accusations, comme dans l’autre affaire, celle de la Camair ? Au Minrex, on use de la langue de bois. Certains diplomates avouent leur indignation devant autant d’incidents à la fin suspects entre Paris et Yaoundé pour ce seul mois de septembre 2005.
Depuis la diffusion des images de l’affaire Guy Effeye sur TF1 et le long débat sur la même affaire, le 23 septembre dernier, sur ITV, certains diplomates camerounais auraient émis l'idée d’agir comme le syndicat de la Camair avec l’application de l'effet boomerang des mesures françaises. Le courroux de certains diplomates camerounais tient des désagréments vécus depuis quelques mois par les fonctionnaires du Minrex pour l’obtention des visas à l’ambassade de France. A ce propos, certains diplomates, pourtant nantis de passeports diplomatiques se sont vus ”malmenés et humiliés“ au consulat de France à Yaoundé. “Ce qui choque d’avantage dans les nouvelles mesures d’obtention des visas ordinaires et diplomatiques dans les consulats français, c'est le sort réservé au pilote de la Camair obligés de faire la queue devant des ambassades, sous le soleil et la pluie, pour un visa de deux semaines seulement. Quelle torture! Et sous les diplomates alors comme des singes, on nous demande des photos couleur sur fond blanc et tête nue, et passeport diplomatique dont la validité dépasse de six mois, la date de retour d'un accord verbal du Minrex. C'est scandaleux !“, s’emporte un troisième diplomate, qui avoue: "les relations entre Yaounde et Paris sont au plus mal, et le seront encore si Paris ne se décide de pas à traiter un pays ami, fut-il une ancienne colonie, avec plus d’égard".
Entre temps, devant la détermination supposée de Paris à charger le Cameroun devant l’Union Européenne, et la passivité de Yaoundé qui joue l’abnégation devant un problème grave, des charters des expulsés de France vont grandissant. Le Confidentiel Africain parle de 500 Camerounais clandestins à rapatrier avant fin décembre.


Incendies-expulsions à Paris


Probable expulsion au Gymnase Laumière ce lundi 3 octobre

par les expulsés du 117 Avenue Jean Jaurès, Paris XIXème, 2 octobre 2005

Ce matin dimanche M. Madec, maire du 19ème arrondissement, est passé nous signifier que nous serons bel et bien expulsés demain matin (lundi 3 octobre) du Gymnase Laumière. En effet celui-ci doit être libéré pour les activités sportives et accessoirement pour le compte rendu de mandat de Mr. Delanoë qui aura lieu dans le gymnase mercredi soir. Peu importe si 19 personnes, dont une majorité de vieilles personnes, ne savent pas où aller. Aucune proposition concrète et digne n'a été proposée (sauf la prise en charge par le SAMU social, le dispositif d'urgence du 115, dans des foyers pour des sans abri ou dans des chambres d'hôtel, à quatre par chambre, dans la périphérie de Paris pour un temps non déterminé).

Lundi, une table ronde devrait avoir lieu entre la Préfecture et les services de la mairie du 19ème, sans que nous ayons été, pour l'instant, formellement invités. Aucun engagement sérieux n'a pas été proposé pour nous rassurer. A la place de propositions dignes, des élus exigent de nous, qui sommes dans la rue, de la compréhension pour leurs difficultés dans la gestion du logement social.

Dans ces conditions nous refusons de quitter le Gymnase (pour aller où?) et appelons à une rencontre aujourd'hui, dimanche, à 16h30 dans le Gymnase, et à une présence accrue des personnes solidaires cette nuit, demain matin et les jours à venir.

Rassemblons-nous pour nous opposer à l'ignominie et à l'irresponsabilité qui emmènent des mal-logés dont une majorité de personnes âgées immigrées en France depuis 30-40 ans, à se retrouver dans la rue.

Solidarité avec tous les mal-logés!

Rappel : l’évacuation 117 avenue Jean-Jaurès
La police a pénétré vendredi 30 septembre vers 07h25 dans un squat à Paris, un ancien hôtel-restaurant situé avenue Jean Jaurès (XIXe), pour évacuer ses occupants, une vingtaine d'adultes, qui s'y étaient "symboliquement" barricadés.
Les forces de l'ordre avaient auparavant évacué manu militari une trentaine de personnes, dont le président de Droit au logement (DAL) Jean-Baptiste Eyraud, qui avaient tenté d'empêcher l'évacuation en s'interposant devant la porte du squat, en criant "non aux expulsions" et "des logements, pas des matraques".
Des dizaines de policiers en tenue d'intervention, dont certains équipés d'outils, ont pénétré dans les lieux pour évacuer les squatters sur ordre de la préfecture de police de Paris.
Les occupants ont tenté, "symboliquement" selon leur délégué, Moustapha Salem, d'empêcher l'évacuation en plaçant des barres de fer devant la porte d'entrée, défoncée à coups de bélier par la police.
"On a reçu un avis d'expulsion de la préfecture de police (jeudi). Nous donner 24 heures pour partir, c'est inhumain. On habite là depuis des années, où est-ce qu'on va aller?", a expliqué M. Salem.
Le secteur où se situe le squat, au 117 avenue Jean Jaurès entre la place de la Bataille de Stalingrad et la porte de Pantin, quelque 500 mètres au nord du parc des Buttes-Chaumont, a été bouclé par la police.
L'ancien hôtel-restaurant l'Espérance, constitué de deux bâtiments de deux et trois étages et d'une petite cour, vétuste et infestée de cafards, était occupé depuis plusieurs années par une vingtaine d'adultes, dont plusieurs personnes âgées, originaires d'Afrique du nord pour la plupart.
Avertis de l'éventualité d'une évacuation, les squatters avaient attendu dans l'angoisse l'arrivée des forces de l'ordre, soutenus par des jeunes.
Une dizaine de squats ont été évacués à Paris et en banlieue parisienne depuis l'annonce par le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy de la fermeture des bâtiments insalubres à la suite de deux incendies meurtriers qui avaient fait 24 morts, dont 18 enfants, au mois d'août à Paris
Source : AFP, 30 septembre 2005

Dénoncée dans un bureau de poste, une mère de famille algérienne déboutée du droit d’asile est placée en rétention et risque l’expulsion !


par le réseau Éducation sans frontières, Le 29 septembre 2005
Lundi 26 septembre, Mme Houria KADDAH, une mère de famille algérienne, vient à la poste « Sully » de Livry Gargan pour retirer un envoi recommandé. Elle donne pour prouver son identité une carte de séjour qui n’est pas la sienne. Forcément, elle est sans papier et cette carte est celle qui lui permet, ainsi qu’à son mari de survivre en France et d’élever le plus dignement possible leurs trois enfants.
Mais le préposé, ou son supérieur, (ah, quels bons citoyens !) s’empresse de signaler le fait à la police qui embarque aussitôt Houriah KADDAH pour la mettre en garde à vue. Les bureaux de poste deviendraient-ils des annexes des commissariats ?
Le lendemain tôt, elle est tirée de son lit et traînée chez elle, en pyjama, sans avoir eu le temps de passer son voile, ce qui est infiniment choquant pour cette femme très croyante. La police cherche visiblement le mari, mais ne trouve que la fille aînée, lycéenne, élève de terminale S au lycée Delacroix de Drancy, en situation régulière, qui assiste impuissante à cette intrusion et constate avec indignation comment on traite sa mère, une femme de 49 ans.
Une famille de délinquants ? Non. Tout simplement des réfugiés algériens auxquels la France a refusé le droit d’asile, comme à beaucoup d’autres réfugiés.
En effet des membres de la famille KADDAH ont été victimes d’une embuscade du GIA en 97 ; la fille aînée a été séquestrée pendant six mois, dans le but d’extorquer des fonds au père, petit commerçant, qui, acculé à la faillite et menacé, doit quitter l’Algérie en 1999. Après son départ, c’est sa femme qui sera victime de violences. Elle doit se résigner à quitter l’Algérie à son tour avec ses enfants en janvier 2001.
Malgré ces faits, attestés par des documents (lettre de menaces, certificat médical), l’asile territorial leur est refusé, et plusieurs demandes de régularisation entre 2001 et 2004 se soldent toutes par des refus. Le recours qu’ils ont formé en 2003 devant le tribunal administratif de Cergy n’a toujours pas été jugé, mais n’est de toutes façons pas suspensif.
La France se crispe sur sa législation de plus en plus répressive et la volonté du gouvernement qui prétend régler la question de l’immigration par des reconduites massives au frontières. Elle affirme lutter contre les groupes extrémistes et terroristes, mais elle a refusé d’accueillir ceux qui en étaient les victimes sur le sol algérien. Et aujourd’hui elle veut renvoyer ces mêmes victimes vers un pays où s’organisent, par voie de référendum, l’oubli des forfaits et l’impunité des tortionnaires.
Mme Houria Kaddah passera aujourd’hui jeudi à l’audience de 10 h au TGI de Bobigny devant le juge des libertés qui statuera sur son maintien en détention. Son recours contre l’APRF qui la frappe sera jugé lundi devant le tribunal administratif de Cergy.
Le Réseau Education Sans Frontières appelle d’ores et déjà à la soutenir le plus massivement possible pour qu’elle soit libérée et qu’elle et son mari puissent obtenir le droit de vivre et de travailler en France aux côtés de leurs enfants.
Source : http://www.educationsansfrontieres.org

 

 

Les aveux providentiels du boucher de Trappes


La justice française a affirmé que des projets d'attentats visant le siège du contre-espionnage à Paris, le métro et un aéroport parisiens ont été confirmés. Les islamistes arrêtés lundi auraient avoué leurs projets.
L'interrogatoire des suspects a conforté les soupçons, plusieurs d'entre eux ayant avoué lors de leur garde à vue, a précisé une source judiciaire. Selon une autre source proche du dossier, «au moins une des personnes gardées à vue» a confirmé aux enquêteurs que le groupe envisageait de perpétrer un ou plusieurs attentats à Paris.
Leur projet aurait été «très avancé», a-t-on ajouté, soulignant que l'intervention de la police avait permis d'éviter un passage à l'acte.
Au terme de la période de garde à vue de quatre jours, quatre des neuf personnes interpellées lundi dans la banlieue parisienne et en Haute-Normandie devraient être présentées vendredi à des magistrats instructeurs en vue de leur probable mise en examen.
Un avocat de la défense a déclaré que le dossier avait été exploité politiquement par le gouvernement et qu'il reposait principalement sur les déclarations d'un suspect recueillies en Algérie dans des conditions, selon lui, contestables.
Cet homme, M'Hamed Benyamina, boucher à Trappes, dans les Yvelines, a été interpellé à Oran le 9 septembre sur mandat d'arrêt français. Il a fait des aveux complets aux policiers de ce pays, expliquant qu'un groupe d'activistes dont il faisait partie se préparait à frapper le siège de la DST (Direction de la surveillance du territoire), l'aéroport d'Orly et le métro parisien.
Cette déclaration transmise à la justice française a amené l'interpellation des neuf personnes lundi. Lors des perquisitions, les policiers de la DST, du Raid et des Renseignements généraux n'ont cependant saisi ni armes, ni explosifs, ni composants chimiques à l'appui de la thèse de la préparation d'attentats.
«Cette opération est de la poudre aux yeux, de l'intoxication», a dit Me Salah Dejmaï, avocat de M'Hamed Benyamina. «C'est une opération menée de connivence entre la DST et la sécurité militaire algérienne.
L'avocat estime que son client est innocent et qu'il a été torturé. «Quelqu'un d'équilibré ne fait pas des aveux suicidaires comme ceux-là», a-t-il déclaré.
Source : ATS, 30 septembre 2005

« On n'arrête pas un automobiliste sans ceinture comme un braqueur de banque.

On ne contrôle pas une mère de famille téléphonant au volant comme un dealer de rue » : discours de Sarkozy à 2 000 policiers et gendarmes le 27 septembre Nicolas SARKOZY, Ministre d'Etat, Ministre de l'Intérieur et de l'Aménagement du Territoire, a réuni le mardi 27 septembre 2005 à Paris 2000 policiers et gendarmes sur le thème : « Amplifier notre action pour une meilleure sécurité des Français ». Cette rencontre a associé les préfets des Régions et des Départements. À cette occasion, il a tenu un long discours qui mérite d'être lu. On trouvera le texte intégral à ce lien :
http://www.interieur.gouv.fr/rubriques/c/c1_le_ministre/c13_discours/2005_09_27_2eme_rencontre_police_gendarmerie

Les principales mesures de l'avant-projet de loi antiterroriste

L'avant-projet de loi antiterroriste qui doit être présenté le 19 octobre au conseil des ministres comporte huit chapitres et seize articles. Les mesures les plus "sensibles" font l'objet d'une "clause de rendez-vous" : en 2008, le Parlement les évaluera et décidera s'il les conserve.

VIDÉOSURVEILLANCE - Autorisation pour les personnes morales (lieux de culte, commerces) de filmer les abords de leurs bâtiments. Des enquêteurs habilités pourront visionner ces images. - En cas d'urgence, possibilité accordée aux préfets de faire installer des caméras pour quatre mois, sans passer par la commission présidée par un magistrat. - Possibilité accordée au préfet d'imposer à un organisme de se doter d'un matériel de vidéosurveillance dans des lieux exposés (sites industriels ou nucléaires, gares...).

CONTRÔLE DES DÉPLACEMENTS - Fourniture à l'Etat par les compagnies ferroviaires, aériennes, maritimes de données personnelles (nom, adresse, téléphone, date de naissance, profession). - Surveillance automatique des véhicules (photographies des plaques d'immatriculation et des passagers). Dispositif relié au fichier des voitures volées. - Contrôles d'identité facilités sur les trains transfrontaliers. Cette mesure est soumise à une clause de rendez-vous.

TÉLÉPHONE ET INTERNET - Les cybercafés devront conserver les données de connexion (à l'exclusion des contenus), à l'instar des fournisseurs d'accès. La durée de conservation prévue est d'un an. - Possibilité pour des enquêteurs habilités d'obtenir ces données. Cette mesure est soumise à une clause de rendez-vous.

FICHIERS - Possibilité pour les policiers d'accéder, dans un cadre administratif, à certains fichiers : plaques d'immatriculation, permis de conduire, cartes d'identité, passeports, demandes de visas, titres de séjour, non-admissions sur le territoire. Cette mesure est soumise à une clause de rendez-vous.

RÉPRESSION DU TERRORISME - Peines de trente ans de réclusion (au lieu de vingt) pour les dirigeants d'associations de malfaiteurs terroristes ayant pour objet des crimes d'atteinte aux personnes, et peines de vingt ans (au lieu de dix) pour la participation. - Centralisation à Paris de la gestion des peines.

DÉCHÉANCE DE NATIONALITÉ - Passage de dix à quinze ans du délai durant lequel une déchéance de nationalité est possible pour un condamné après sa naturalisation.

GEL DES AVOIRS - Procédure rapide de gel des avoirs sur décision du ministre de l'économie et pour six mois. Prolongation possible par le président du tribunal de grande instance de Paris. Source : etatpenal@conflits.org avec AFP, 28 septembre 2005

 

Incendies-expulsions à Paris


Nouvelle évacuation d'un squat dans le XIXème arrondissement


La police a pénétré vendredi vers 07h25 dans un squat à Paris, un ancien hôtel-restaurant situé avenue Jean Jaurès (XIXe), pour évacuer ses occupants, une vingtaine d'adultes, qui s'y étaient "symboliquement" barricadés.
Les forces de l'ordre avaient auparavant évacué manu militari une trentaine de personnes, dont le président de Droit au logement (DAL) Jean-Baptiste Eyraud, qui avaient tenté d'empêcher l'évacuation en s'interposant devant la porte du squat, en criant "non aux expulsions" et "des logements, pas des matraques".
Des dizaines de policiers en tenue d'intervention, dont certains équipés d'outils, ont pénétré dans les lieux pour évacuer les squatters sur ordre de la préfecture de police de Paris.
Les occupants ont tenté, "symboliquement" selon leur délégué, Moustapha Salem, d'empêcher l'évacuation en plaçant des barres de fer devant la porte d'entrée, défoncée à coups de bélier par la police.
"On a reçu un avis d'expulsion de la préfecture de police (jeudi). Nous donner 24 heures pour partir, c'est inhumain. On habite là depuis des années, où est-ce qu'on va aller?", a expliqué M. Salem.
Le secteur où se situe le squat, au 117 avenue Jean Jaurès entre la place de la Bataille de Stalingrad et la porte de Pantin, quelque 500 mètres au nord du parc des Buttes-Chaumont, a été bouclé par la police.
L'ancien hôtel-restaurant l'Espérance, constitué de deux bâtiments de deux et trois étages et d'une petite cour, vétuste et infestée de cafards, était occupé depuis plusieurs années par une vingtaine d'adultes, dont plusieurs personnes âgées, originaires d'Afrique du nord pour la plupart.
Avertis de l'éventualité d'une évacuation, les squatters avaient attendu dans l'angoisse l'arrivée des forces de l'ordre, soutenus par des jeunes.
Une dizaine de squats ont été évacués à Paris et en banlieue parisienne depuis l'annonce par le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy de la fermeture des bâtiments insalubres à la suite de deux incendies meurtriers qui avaient fait 24 morts, dont 18 enfants, au mois d'août à Paris
Source : AFP, 30 septembre 2005

 

C'est la rentrée : les gladiateurs sont de retour dans l'arène


Revigorés par des vacances au soleil, les ténors de la classe politique semblent être sortis de leur torpeur estivale et passent à l'offensive tous azimuts. On assiste donc à des duels gauche-droite, où on s'assine à coups de petites phrases et de rodomontades. Au centre des polémiques, SarkoLéon 1er et ses petites phrases qui donent du grain à moudre à l'opposition, qui semblait jusqu'ici tétanisée par le Petit nerveux, telle le lapin devant le serpent.
La gauche -PS, PCF et LCR- a attaqué avec virulence Sarkozy, également président de l'UMP, lui reprochant d'avoir parlé "par anticipation", à la télévision, d'une opération antiterroriste, qu'ont pu filmer des télévisions.
Elle faisait référence à l'émission "Pièces à conviction" diffusée lundi soir par France 3, mais enregistrée le 21 septembre, dans laquelle M. Sarkozy annonçait "à la minute où je parle, des arrestations". Neuf personnes, soupçonnées de constituer un groupe terroriste, ont été arrêtées lundi lors de cette intervention.
Le président du groupe socialiste à l'Assemblée Jean-Marc Ayrault a accusé le ministre d'avoir pris le "risque de faire avorter (l'opération) et de mettre en danger la sécurité des personnels de police".
Selon son entourage, le ministre se référait à une autre opération qui avait eu lieu en Seine-Saint-Denis deux jours avant l'enregistrement de l'émission.
Le PCF a réclamé que M. Sarkozy soit "démis de ses fonctions" pour avoir
"mis en péril la réussite" de l'opération.
Le numéro 3 du PS François Rebsamen a demandé à son tour mardi la démission de Sarkozy si est "avéré" que ce dernier s'est livré à "une manipulation médiatique" d'une opération antiterroriste.
"Dans les affaires de terrorisme, le secret est de mise", a déclaré Rebsamen sur i-télé. "S'il est avéré que le ministre de l'Intérieur a dévoilé ainsi une opération de police visant des terroristes, il y a quelque chose à faire, de préférence demander sa démission". "Si les faits sont avérés, je demande sa démission", a-t-il dit ensuite.
Selon le maire de Dijon, "la lutte contre le terrorisme ne peut pas faire l'objet d'une manipulation médiatique par le ministre de l'Intérieur".
"Je vous assure que nous l'allons pas lâcher le ministre de l'Intérieur sur
ce sujet", a-t-il ajouté.
Et enfin, la LCR dénonce en la personne de Sarkozy, outre un "marchand de peur", un "metteur en scène sans scrupule qui ne mégote pas sur les moyens".
Pour sa part, Pascal Clément, ministre de la Justice encore inconnu du grand public, a annoncé qu'il voulait introduire dans la loi anti-récidive la rétroactivité du port du bracelet électronique pour les délinquants sexuels, malgré un "risque d'inconstitutionnalité", suscitant une vague de protestations. "Le respect de la Constitution est non un risque mais un devoir", a répliqué le président du Conseil constitutionnel Pierre Mazeaud, dans une démarche exceptionnelle, selon son entourage. Mais en vieil alpiniste qu'il est, Mazeaud a appris à ne pas avoir peur du vide. L'ex-garde des Sceaux socialiste Elisabeth Guigou a eu ce commentaire: "En l'espace de 24 heures, nous avons deux ministres importants de ce gouvernement dont il faudrait qu'ils se posent la question de leur démission".
Et enfin, l ministre des Transports Dominique Perben a quant à lui dû faire marche arrière sur la compagnie maritime SNCM, en annonçant que l'Etat en resterait
"actionnaire minoritaire" après avoir envisagé une privatisation complète, sur fond d'insurrection à Marseille et Bastia.
Source : agences de presse, 27 septembre 2005

Sarkozy pleure la disparition de Simon Wiesenthal

Date: Wed, 21 Sep 2005 21:59:08 +0200 (CEST)

Le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, a rendu hommage mardi à Simon Wiesenthal, décédé dans la matinée à l'âge de 96 ans, estimant que son "exemple doit nous inciter à lutter contre toutes les formes de racisme".

"L'exemple de Simon Wiesenthal doit nous inciter à lutter au quotidien contre toutes les formes de racisme et d'intolérance afin de faire vivre nos valeurs républicaines", déclare M. Sarkozy, dans un communiqué.

Exprimant sa "profonde émotion", le ministre de l'Intérieur souligne que "sans l'inlassable combat de M. Wiesenthal, justice n'aurait jamais pu être rendue à tous ceux qui ont été exterminés par la barbarie nazie".

"Sa personnalité et sa détermination exceptionnelles ont marqué son époque", poursuit M. Sarkozy, qui ajoute que "sa vie restera à jamais un exemple pour tous ceux qui croient qu'il peut exister une justice et que les crimes ne doivent pas rester impunis".

Nicolas Sarkozy rappelle "l'émotion et la fierté qu'il avait ressenties lorsqu'il avait reçu en 2003 le prix Simon Wiesenthal pour son action contre le racisme et l'antisémitisme".

A sa demande, une mission de la police nationale française s'était rendue au centre Simon Wiesenthal de Los Angeles "afin de suivre un programme de sensibilisation aux manifestations de l'antisémitisme". Source : AFP, 20 septembre 2005

Le perroquet et le porte-flingue : rififi à l’UMP. Le duel SarkoLéon-Villepin promet !


Le président de l'Assemblée nationale Jean-Louis Debré a accusé jeudi le ministre délégué aux Collectivités locales Brice Hortefeux d'être "le porte-flingue d'autres personnages".

M. Debré répliquait sur France Info à des propos tenus un peu plus tôt par le bras droit de Nicolas Sarkozy. M. Hortefeux avait affirmé sur France 2 que Jean-Louis Debré souffrait de "psittacisme" [= du grec psittakos, perroquet NDLR Quibla], "cette tendance à répétermécaniquement les choses". "Ce que dit Brice Hortefeux m'est complètement égal. Il est le porte-parole, le porte-flingue d'autres personnages", a déclaré le président de l'Assemblée.

M. Debré l'a aussi invité à "s'occuper de son ministère et à s'occuper de soutenir le gouvernement auquel il appartient". "C'est une règle fondamentale de la République", a-t-il dit.

Déplorant le "spectacle" donné par l'UMP, Jean-Louis Debré a exprimé le souhait que "chacun fasse taire ses querelles et ses ambitions". M. Debré, qui la semaine dernière avait souligné "la stature d'homme d'Etat" du Premier ministre Dominique de Villepin, a estimé qu'on juge "un homme politique à sa capacité de rassembler autour de lui les hommes et les femmes et à dépasser les clivages qui (pour lui) sont complètement surannés, les clivages droite-gauche".

Il s'est toutefois défendu de lancer la candidature présidentielle de Dominique de Villepin. "C'est une décision personnelle d'un individu face au peuple", a-t-il dit, alors que le président de l'UMP Nicolas Sarkozy veut faire désigner, par les militants UMP, le candidat pour 2007. Source : AFP, 15 septembre 2005

 

SarkoLéon chez Tonton Lech, le hasbeen de Gdansk et chez l’Oncle Donald, futur président des “anciens esclaves polonais”

Le candidat Sarkozy a repris sa tournée internationale. Première étape de cette rentrée : la Pologne, où il s'est rendu hier, pour une visite éclair mais bien remplie. Le président de l'UMP, qui revendique sa proximité avec Angela Merkel, a dix-neuf mois pour «élargir son cercle de connaissances», selon l'_expression qu'il a utilisée en s'envolant vers Gdansk, où l'attendait Lech Walesa. Il veut en profiter pour se rapprocher en priorité des dirigeants de l'Europe élargie, qu'il considère comme ses futurs interlocuteurs. Une façon de préparer l'après-2007, mais aussi de se distinguer de la «vieille Europe» stigmatisée par Donald Rumsfeld avant le déclenchement de la guerre en Irak et incarnée par le couple Chirac-Schröder.
Et la Pologne lui en offrait l'occasion. A Bercy, l'ex-ministre de l'Economie avait créé le G 5, qu'il jugeait plus apte à dynamiser l'Europe que le moteur franco-allemand. La Pologne, avec ses 40 millions d'habitants, est à ses yeux le partenaire idéal pour construire un G 6 capable de «refonder l'Union européenne».
Autre attrait, non négligeable pour un prétendant à la succession du président de la République : les relations franco-polonaises ne sont pas au beau fixe. Quand la Pologne décida de soutenir l'offensive américaine, Jacques Chirac évoqua son passé communiste en affirmant : «Quand on a été esclave si longtemps, il en reste quelque chose au fond de l'âme». C'est peu dire que les Polonais n'ont pas apprécié. Et les choses ne se sont pas vraiment arrangées depuis lors.
En août dernier, l'absence du président comme du premier ministre français a été remarquée à Gdansk, où vingt-deux chefs d'Etat et de gouvernement s'étaient rendus pour célébrer l'anniversaire des accords du même nom. Une absence que Nicolas Sarkozy a qualifiée de «scandale» et qu'il s'est promis de réparer, fût-ce à titre personnel.
Promesse tenue après sa rencontre, hautement symbolique, avec Lech Walesa, mais surtout à l'issue de son entretien, très politique, avec Donald Tusk, président de la Plate-Forme civique. Ce parti «ami» de l'UMP est donné largement gagnant aux législatives du 25 septembre, ce qui place son leader en position de favori pour la présidentielle, qui aura lieu les 9 et 23 octobre. Autant dire que Nicolas Sarkozy tenait à ce que leur rendez-vous constitue le point fort de sa visite, même s'il avait prévu de rencontrer ensuite le premier ministre polonais à Varsovie.
Opération réussie : Donald Tusk, déjà soutenu par Lech Walesa mais aussi par Angela Merkel, avait mobilisé la presse en l'honneur de son nouveau supporter français. A l'issue de leur entretien, le président de la Plate-Forme civique s'est déclaré «persuadé que la période des malentendus» était «déjà terminée» entre la France et la Pologne, grâce à Nicolas Sarkozy, et s'est réjoui d'avoir un «tel garant de l'amitié franco-polonaise». En contrepartie, son homologue de l'UMP lui a lancé un franc et massif «bonne chance !» pour les prochaines échéances électorales et a salué son «identité complète de vue, sur tous les sujets» avec Donald Tusk.
L'«homme politique le plus populaire de France», pour reprendre la formule employée par une partie de la presse polonaise, est d'autant plus déterminé à poursuivre son tour de l'Europe et du monde que ces voyages lui épargnent l'affrontement direct avec Dominique de Villepin. Les ambitions de «l'héritier» agacent Nicolas Sarkozy, même s'il affecte la sérénité. Revenant dans l'avion sur leur week-end à La Baule, il a expliqué : «Le samedi, j'ai laissé faire. Et qui peut dire que le dimanche je n'ai pas ramassé la mise ?»
La présence du premier ministre à New York lui a inspiré un commentaire de la même eau : «Croyez-vous vraiment que prononcer un discours à l'ONU fasse de vous un présidentiable ?» Le favori des sondages le reste et cela semble, du moins pour le moment, suffire à son bonheur.
Source : Le Figaro, 14 septembre 2005

Document : Sarkoléon dans le texte


Quand Sarkozy donne ses ordres aux préfets de la République


Intervention du Ministre d'Etat, Ministre de l'Intérieur et de l'Aménagement du territoire devant les Préfets, vendredi 9 septembre 2005

Les ennemis : les terroristes, les incendiaires, les teufeurs, les gens du voyage, les immigrés clandestins, "les équipes et les individus qui empoisonnent la vie des quartiers", les "petites terreurs", les "familles à problèmes".
Les moyens de lutte : loi antiterroriste, vidéosurveillance, pistolets électriques, police de l'immigration, visas biométriques, passeports électroniques
- « Il y a trop de monde dans les commissariats et pas assez sur la voie publique»
- Les escadrons de gendarmes de la sécurité routière chargés de "l'immigration illégale"
- Avec les "pistolets à décharge électrique" (TAZER), « nos policiers et gendarmes n'encourront pas le risque, à l'occasion de chaque intervention difficile, d'être mis en examen pour violences illégitimes. »
- Contre l'immigration clandestine, « il vous faut aussi ne pas hésiter à utiliser toutes les marges de man¦uvre autorisées par la loi. Elles sont réelles. Vous devez ainsi faire usage des pouvoirs que vous donne le code de l'entrée et du séjour des étrangers, quelles que soient les sollicitations locales. Je vous demande de savoir résister aux pressions de tels ou tels "collectifs" ou "coordinations", qui ne représentent qu'eux-mêmes. »
- 1800 places en centres de rétention en juin 2006
- Vers la généralisation des visas biométriques
- Passeports électroniques à puce, avec photo numérisée

Mesdames et Messieurs les Préfets,
Je vous retrouve après une saison très chargée, où l'Etat a dû montrer en permanence son engagement sur le terrain, et alors que le contexte international est à nouveau marqué par la menace terroriste.
J'évoquerai pour commencer les fronts ouverts durant l'été.
Celui des feux de forêts, d'abord, avec le bilan dramatique que vous connaissez, marqué par les pertes de six sapeurs-pompiers et de quatre pilotes de la sécurité civile. S'agissant de ces derniers, les causes des accidents ne sont pas encore clairement identifiées et les enquêtes se poursuivent. Sans attendre, j'ai demandé au directeur de la sécurité civile de conduire avec les pilotes une réflexion sur les conditions d'emploi des bombardiers d'eau.
A ce stade de l'année, 17 000 ha ont été détruits, ce qui est légèrement supérieur à la moyenne, mais reste très inférieur à ce que nous avons connu, par exemple, en 2003 (60 000 ha), malgré une sécheresse intense et des vents soutenus. J'y vois une nouvelle fois l'impact de la stratégie d'attaque des feux naissants et la plus-value apportée par les unités d'intervention de la sécurité civile, ainsi que la mobilisation des hommes et des femmes chargés de lutter contre les feux.
Je veux souligner aussi les succès enregistrés dans la lutte et la recherche des incendiaires. Depuis le début de l'année, plus de 80 personnes ont été interpellées pour des feux de forêt et de broussailles. Cela prouve qu'une mobilisation forte et une organisation adaptée permettent de combattre avec efficacité des phénomènes que certains considèrent comme une fatalité.
Plusieurs incendies sont imputables à des propriétaires qui ne remplissent pas leurs obligations de débroussaillement. J'insiste pour que vous usiez à leur égard des moyens dont vous disposez, y compris l'exécution d'office à leurs frais.
Un mot à présent des rassemblements estivaux. Nous avons, en dépit du contexte international, préservé les renforts saisonniers indispensables pour encadrer ces mouvements. Je veux remercier les préfets de l'Ariège et d'Eure-et-Loir, qui ont géré avec beaucoup de professionnalisme deux rassemblements sensibles. J'observe une fois de plus que le préfet, à condition de s'engager personnellement sur le terrain, est le seul à même de désamorcer les conflits, de mettre en relation l'ensemble des acteurs, de coordonner, d'animer et de rassurer. En cela, il incarne la place centrale que l'Etat doit continuer à tenir, quelle que soit l'autonomie des collectivités.

Mais il vous reste beaucoup à accomplir.
Je pense d'abord aux stationnements illicites de gens du voyage. En attendant l'adoption de la mesure législative que j'ai évoquée en juin pour "encadrer" le délai dans lequel le juge doit prononcer une expulsion, je vous demande d'accorder, chaque fois que possible, le concours de la force publique.
Il est parfaitement anormal qu'on s'y refuse au motif qu'il y a trop de caravanes à déplacer. Nos concitoyens en concluent que l'Etat est impuissant à agir, alors que les moyens existent. J'ajoute que cela procure aux fautifs un sentiment d'impunité qui n'est pas acceptable. Vous le savez, un commencement d'exécution suffit très souvent à entraîner le départ de l'ensemble du campement. N'hésitez pas à solliciter les forces de police et de gendarmerie qui doivent engager les moyens nécessaires et qui disposent de techniques éprouvées.
De la même façon, je vous demande d'avoir une approche globale mais ferme à l'égard des campements semi-sédentaires qui s'installent le plus souvent en périphérie des villes. Je ne veux pas que l'Etat reste passif face à des situations que les Français n'acceptent pas.
Je vous rappelle également que j'attends des avancées sur la réalisation des aires d'accueil des gens du voyage. C'est un sujet délicat au plan local mais votre rôle est de convaincre les différents intervenants et de créer des synergies.
Dans le même esprit, je vous ai demandé de procéder, pour le 1er novembre, à un recensement des terrains sur lesquels peuvent se tenir des raves et autres free parties. Je comprends que ce travail de recherche soit difficile et je suis prêt à attendre une ou deux semaines supplémentaires si cela doit vous permettre d'aboutir, mais je refuse de recevoir des états « néants ». Vous connaissez tous les enjeux de cette démarche : il s'agit de ne pas entraver l'organisation de petites manifestations, plus faciles à gérer que les teknivals géants.
J'aborderai à présent trois thèmes majeurs, sur lesquels vous devez avancer très rapidement : la politique de sécurité, la lutte contre l'immigration irrégulière et notre action en faveur de l'aménagement du territoire.
S'agissant de la sécurité, un point d'abord sur le contexte international et la menace terroriste.
Je vous le dis clairement : notre pays n'est pas à l'abri d'évènements comme ceux survenus en Grande-Bretagne. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle nous sommes revenus depuis le 7 juillet au niveau rouge du plan vigipirate.
Dans ce domaine le renseignement est essentiel et je veux que vous fassiez des points très réguliers avec vos interlocuteurs les plus concernés. Je demande notamment aux préfets de région de suivre de près le travail des pôles régionaux de lutte contre l'islamisme radical et de s'assurer de la circulation de l'information vers leurs collègues des départements, qui doivent pouvoir à leur tour sensibiliser les services de police et de gendarmerie.
Durant tout l'été nous avons travaillé sur le projet de loi antiterroriste qui sera présenté en Conseil des ministres début octobre et soumis au Parlement cet automne. Ce texte est évidemment une priorité. Il comporte des dispositions novatrices, notamment en matière de vidéosurveillance et de surveillance des déplacements aériens. Nous devons rattraper notre retard dans ce domaine, en autorisant les personnes morales à surveiller leurs abords immédiats et en obligeant un certain nombre d'acteurs publics et privés à s'équiper. Je vais également améliorer les capacités de ciblage et de traçabilité à l'égard de certains individus à risques et les services spécialisés verront leurs moyens d'investigations accrus.
En matière de lutte contre la criminalité, j'attends de vous tous un nouveau sursaut.
Ne nous y trompons pas : si les sondages semblent indiquer que l'insécurité est un problème moins présent à l'esprit de nos concitoyens, qui constatent les efforts réalisés depuis trois ans, cela ne signifie pas que la bataille soit gagnée sur tous les fronts, ni qu'on puisse considérer que le plus dur est derrière nous.
J'insiste pour qu'on poursuive et qu'on amplifie le travail engagé en profondeur, car il persiste des points durs bien identifiés. J'attends en particulier de chacun de vous une analyse au plus près du terrain et la mise en place de stratégies et de dispositifs pragmatiques qui collent à la réalité, qui soient pilotés et évaluésŠ
Les résultats sont certes globalement en baisse mais ne me satisfont pas, d'abord parce qu'on observe un tassement et ensuite parce que la baisse globale masque des situations très contrastées. Des exemples:
- Les violences aux personnes : ce domaine n'est pas aujourd'hui maîtrisé. Je peux à la rigueur comprendre que les violences au sein de la sphère familiale soient un sujet délicat à appréhender, mais il faut aller plus loin dans les actions de prévention précoce et d'écoute des victimes. J'ai demandé en juin dernier aux directeurs généraux de la police et de la gendarmerie de mettre en place une délégation aux victimes et de spécialiser des enquêteurs. Je considère que ce dispositif doit être opérationnel dès cet automne et je vous incite à regarder de très près comment les choses se mettent en place dans votre département, en liaison bien évidemment avec l'ensemble des intervenants du champ de la prévention.
- Les violences aux personnes sur la voie publique et les violences urbaines : je ne peux pas me satisfaire de la situation actuelle, quelles que soient les raisons invoquées par ailleurs pour justifier qu'elles ne diminuent pas franchement, voire qu'elles augmentent en certains endroits. En fait les choses sont simples. Si la situation ne s'améliore pas radicalement c'est parce qu'on n'a pas encore suffisamment « mis le paquet. » Il faut prendre ces problèmes à bras le corps, cibler les secteurs difficiles, les équipes et les individus qui empoisonnent la vie des quartiers, et leur mettre la pression le temps qu'il faudra en changeant radicalement nos méthodes si elles sont peu adaptées ou peu efficaces.
Cet après-midi, j'entendrai 14 d'entre vous partager leur expérience en matière de lutte contre la délinquance et j'en attends des propositions précises qui vous seront répercutées. C'est d'ailleurs un exercice que je renouvellerai avec d'autres dans les prochaines semaines.
Les Français en ont assez des « petites terreurs » qui leur rendent la vie insupportableŠqui ne vivent que de magouilles et de trafics et qui continuent à afficher leur mépris de l'autorité et de la règle. Ils en ont assez des familles à problèmes que tout le monde connaît mais que personne ne veut voir. Je vous ai donné des moyens, utilisez-les. Dopez vos GIR si c'est nécessaire, impliquez davantage encore les sous-préfets qui doivent créer localement les synergies avec les élus, l'ensemble des partenaires habituels, associations, bailleurs sociaux et services de l'Etat. Les sous préfets à la ville ne servent pas qu'à attribuer des subventions. Leur vocation est d'être des hommes de terrain qui doivent sillonner leurs quartiers. Assurez-vous que les conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance apportent un vrai plus. Elles ne sont pas à ranger au rang des instances qui ronronnent. Ce sont des outils, il faut les utiliser. Il faut leur donner un nouveau dynamisme.
J'ajoute qu'il convient d'inciter les collectivités locales à équiper les lieux les plus vulnérables aux violences urbaines en moyens de vidéosurveillance. La vidéosurveillance permet de déceler immédiatement ce qui fait l'essentiel des violences urbaines, à savoir les incendies de véhicules et de poubelles. De même, en installant des systèmes de lecture de plaques d'immatriculations (LAPI) couplés à l'identification des conducteurs sur les endroits stratégiques du réseau autoroutier et routier, nous serons mieux armés pour lutter contre la criminalité organisée.
Je présenterai également à la fin de l'année un texte sur la prévention de la délinquance. Notre action doit aussi être préventive, car c'est le seul moyen de faire chuter durablement et réellement la délinquance.
Pour vous aider, chaque DDSP et chaque commandant de groupement dispose d'un véritable outil de management : la main courante informatisée pour la police et l'application "commandement du service" pour la gendarmerie. Ces applications offrent une photographie précise de l'emploi des unités et doivent permettre de mieux organiser les services afin de les rendre plus efficients. Je note d'ailleurs, à la lecture des rapports que vous m'adressez, que vous avez des idées très concrètes sur ce sujet.
Chacun d'entre vous doit savoir par exemple à quoi correspond dans la police un "test d'emploi des personnels". (i.e. répartition par volume et pourcentage du temps de travail consacré par les fonctionnaires aux différentes tâches). Vous devez tous vous interroger sur le taux d'occupation de la voie publique dans votre département. Les directeurs départementaux de la sécurité publique et les commandants de groupements doivent vous présenter régulièrement leurs rapprochements entre les données issues de la MCI ou de l'application "commandement de service" et celles tirées des états statistiques.
Vous pourrez ainsi mieux apprécier la répartition des heures fonctionnaires dans le temps et dans l'espace, la comparer aux moments et lieux de commission des infractions et faire procéder, si vous le jugez utile, aux adaptations nécessaires.
Bref, vous avez les moyens de gagner sensiblement en productivité, car désormais vous savez, département par département, ce que fait la police et ce que fait la gendarmerie. Il est clair que la part des tâches de logistique est trop élevée. Il est clair qu'il y a trop de monde dans les commissariats et pas assez sur la voie publique. Il est clair que les conséquences opérationnelles de la réforme des corps et carrières n'ont pas été complètement tirées. J'entends que cela soit fait. Et quand je dis cela, croyez-moi, je suis déterminé. Il y a beaucoup de progrès à faire.
Il vous appartiendra également de veiller à la mise en ¦uvre de la nouvelle doctrine d'emploi des compagnies républicaines de sécurité. Des unités supplémentaires vont être mises à disposition, de façon permanente, sur certains sites. Son succès dépend en très grande partie de votre implication. Il s'agit d'une nouvelle répartition des forces au sein de la police. Elle n'a de sens qu'à travers l'engagement de tous les responsables, qui doivent accepter de sortir parfois de leur logique d'emploi.
En ce qui concerne la gendarmerie, l'effort de sécurisation des espaces consenti depuis trois ans, de jour comme de nuit, avec l'aide des escadrons, et qui a permis d'obtenir des résultats probants, sera maintenu au même niveau. L'équipement en véhicules banalisés des pelotons de surveillance et d'intervention implantés dans les zones périurbaines sera intensifié. La mise en place de motos de petite cylindrée très maniables sera encore développée dans les quartiers sensibles pour accroître l'occupation du terrain et favoriser la réactivité face à des délinquants qui savent parfaitement utiliser l'environnement urbain pour se jouer des actions de surveillance traditionnelles. La constitution également d'un pôle de référents "immigration illégale" au sein de chaque escadron départemental de sécurité routière devra permettre d'intensifier les efforts engagés dans ce domaine.
Pour juguler une violence de plus en plus présente à l'égard des forces de l'ordre, j'ai fait conduire en juin une expérimentation de pistolets à décharge électrique. Dès octobre prochain les premières commandes seront livrées. En 2006, plusieurs centaines de TAZER seront mises en dotation et renforceront les capacités d'action des services. Les policiers et gendarmes bénéficieront ainsi de moyens efficaces et modernes leur permettant de mieux lutter contre la violence.
Les polices étrangères qui sont déjà dotées de ces équipements non létaux ont constaté non seulement une diminution significative des blessures occasionnées aux personnes interpellées mais aussi une baisse très nette du nombre d'agents blessés en service. Vous aurez enfin les moyens de faire respecter l'ordre et de ne pas perdre la face. Nos policiers et gendarmes n'encourront pas, quant à eux le risque, à l'occasion de chaque intervention difficile, d'être mis en examen pour violences illégitimes.
Dans le même temps et parce que je suis également soucieux de la professionnalisation des interventions, un premier programme d'une centaine de caméras embarquées dans des véhicules est en cours d'installation. Ces caméras permettront à la fois de mieux protéger les fonctionnaires contre les accusations mensongères et d'identifier les auteurs d'infractions.

J'avais dit que je donnerai les moyens de travailler, les voilà.
Pas de fatalité, pas de fatalisme, pas de réponse molle. Nous savons tous ici que les résultats obtenus sont d'abord le signe, à tous les niveaux, d'une implication et d'un engagement personnel. C'est dans cet esprit que la situation de chaque département doit être examinée. C'est avec cette priorité en tête que j'envisage, si le sursaut demandé ne venait pas, de relancer l'évaluation mensuelle des départements en difficultés.
Tout doit être très clair entre nous. Pour moi, les mesures mises en place ces dernières années sont aussi des investissements sur le long terme. Elles n'ont pas fini de produire leurs effets. En matière de baisse de la délinquance, nous sommes encore très loin d'un étiage. Je vous invite très clairement à un nouvel élan. Après les progrès déjà enregistrés, il faut que nous entamions une nouvelle phase de recul de la délinquance.
La criminalité s'exprime aussi sur les routes. Là encore, les progrès ont tendance à se tasser et l'on observe même dans certains départements un retournement qui menace les résultats acquis depuis 2003. Je veux que vous réagissiez fermement et sans attendre.
Au-delà du déploiement des radars, j'attends une action en profondeur sur le terrain de la prévention, du contrôle et de la sanction, particulièrement en agglomérations et sur le réseau secondaire. Vous devez aussi développer les contrôles dans les flots de circulation avec des moyens banalisés. Je ne connais qu'un moyen de passer sous la barre des 4000 tués en 2007 : plus d'ambition et moins de routine.

La lutte contre l'immigration irrégulière doit constituer le deuxième axe majeur de votre action.
Lors de notre dernière rencontre, je vous ai fixé des objectifs chiffrés, en vous demandant de procéder, au minimum, à 23 000 éloignements d'étrangers en situation irrégulière cette année. Je constate qu'à la fin du mois d'août, 12 849 étrangers avaient fait l'objet d'une mesure effective d'éloignement : sur huit mois, 56 % des objectifs ont été atteints. Il vous reste donc cinq mois pour accentuer l'effort. J'observe d'ailleurs que, d'une préfecture à l'autre, les résultats sont inégaux.
Or, j'attends de tous une entière mobilisation. Et j'invite les préfets dont les résultats sont inférieurs à la moyenne à se rapprocher du Centre national de l'animation et des ressources (CNAR) pour bénéficier d'un appui opérationnel. Le CNAR d'ailleurs ne sera plus seulement un organisme d'appui aux préfets. Il va devenir un centre d'impulsion, d'animation. Il sera mon relais pour orienter vos objectifs.
Plus encore qu'une obligation de moyens, c'est une obligation de résultats qui vous est fixée. Votre implication personnelle, aux côtés des agents des bureaux des étrangers, des policiers et des gendarmes, est une nécessité. Il est de votre responsabilité de mobiliser vos collaborateurs.
Le décret portant création de la police de l'immigration est en cours de finalisation. Il permettra de mieux coordonner l'action des forces de sécurité et de vous apporter une aide supplémentaire. A partir de 2006, de nouveaux outils statistiques vous garantiront un suivi plus précis des mesures d'éloignement.
Il vous faut aussi ne pas hésiter à utiliser toutes les marges de man¦uvre autorisées par la loi. Elles sont réelles. Vous devez ainsi faire usage des pouvoirs que vous donne le code de l'entrée et du séjour des étrangers, quelles que soient les sollicitations locales. Je vous demande de savoir résister aux pressions de tels ou tels "collectifs" ou "coordinations", qui ne représentent qu'eux-mêmes.
Il vous appartient également de combattre certaines idées reçues. Je rappelle, en particulier, que les ressortissants roumains ou bulgares en situation irrégulière ne bénéficient d'aucune protection juridique particulière contre l'éloignement : le fait que la Roumanie et la Bulgarie soient candidates à l'adhésion à l'Union européenne n'y change rien. Je rappelle, de même, que la Cour européenne des droits de l'homme n'a jamais reconnu un quelconque droit de chacun à mener sa vie familiale où bon lui semble ! La jurisprudence est plus nuancée et en cas de contentieux devant le juge administratif ou le juge des libertés et de la détention, vous devez pouvoir défendre efficacement des dossiers bien préparés, si nécessaire en recourant au service d'avocats.
Les mesures décidées lors du comité interministériel de contrôle de l'immigration, que j'ai présidé le 27 juillet, vont renforcer notre capacité à atteindre nos objectifs.
Je ne sous-estime pas, en particulier, vos préoccupations concernant l'accueil des demandeurs d'asile. Aussi, j'ai décidé que le dispositif d'accueil serait piloté par les préfets de région, qui pourront proposer à tout demandeur un hébergement dans un département autre que celui où il aura déposé sa demande. Il importe de savoir où résident les demandeurs d'asile et le versement des allocations dépendra du respect du lieu de vie désigné. De nouveaux instruments de gestion des centres seront mis à votre disposition et 2 000 places nouvelles seront créées l'an prochain. Le régime de l'allocation d'insertion sera aussi modifié, par la loi, pour vous permettre de refuser son bénéfice aux demandeurs qui auront décliné votre proposition d'hébergement. J'ajoute que, évidemment, les déboutés du droit d'asile n'ont aucun droit à être hébergés dans les centres d'accueil des demandeurs d'asileŠ Leur vocation est de quitter le territoire.
A cet égard, je sais que l'efficacité accrue de l'OFPRA et de la Commission des recours a pour effet d'augmenter le nombre des déboutés du droit d'asile et de leurs familles, qui pourrait atteindre plusieurs dizaines de milliers dans les mois à venir. Là encore, je ne peux que vous inviter à la stricte application de la loi : les déboutés n'ont pas droit au séjour, sauf exception. Les régularisations en dehors des conditions d'attribution de titres de séjour prévues par la loi ne sont possibles qu'à titre exceptionnel, au cas par cas, lorsque des préoccupations humanitaires toutes particulières y invitent et qu'il paraît totalement impossible de réussir, dans des conditions humaines, un éloignement effectif. J'ajoute que la réforme de l'aide au retour volontaire, qui sera mise en oeuvre dès cette année dans 21 départements, est notamment destinée à faciliter le retour de familles déboutées du droit d'asile.
Pour faciliter les éloignements, j'ai également décidé d'accélérer encore le programme de rétention administrative. Dans les prochains mois, des places de rétention supplémentaires seront ouvertes à Plaisir, Palaiseau, Nanterre, Rouen-Oissel, Marseille, Toulouse, Paris-Vincennes, Metz, Rennes, Lille, Coquelles, Garchy. Le nombre total de places, qui était de moins de 1000 en juin 2002, atteindra 1800 en juin 2006. Des crédits importants sont affectés à cet effort.
La mobilisation contre l'immigration irrégulière passe aussi par une coopération active avec le réseau diplomatique, comme l'a montrée la première conférence préfectorale et consulaire que j'ai présidée à Marseille en juillet. La mise en oeuvre des visas biométriques, en cours dans 5 consulats, sera étendue à une trentaine d'autres d'ici la fin de 2006, puis généralisée en 2007. Un contrôle réel sera exercé sur le retour dans leur pays d'origine des bénéficiaires de visas de court séjour, dans dix consulats très sensibles. Des formations communes aux personnels consulaires et de préfectures seront organisées dès le mois d'octobre et un réseau protégé de transmission d'informations sera créé.

Parallèlement et à ma demande, le ministère des affaires étrangères a engagé la procédure permettant de sanctionner les pays non coopératifs en matière de délivrance de laissez-passer, en limitant le nombre de visas de court séjour que la France délivre à leurs ressortissants. Une dizaine de pays que vous avez identifiés sont concernés, parmi lesquels je citerai aujourd'hui la Serbie-Monténégro, la Guinée, le Soudan, le Cameroun, le Pakistan, la Géorgie, la Biélorussie et l'Egypte.
Je vous demande, en outre, de mener dans chacun de vos départements, d'ici la fin de l'année, une opération exemplaire de lutte contre le travail illégal et les filières d'exploitation d'étrangers en situation irrégulière. Vous vous appuierez sur l'office central pour la répression de l'immigration irrégulière et de l'emploi d'étrangers sans titre. Vous me rendrez compte des résultats produits par ces opérations de contrôle.
L'action contre les "marchands de sommeil" relève de la même urgence, comme l'a démontré l'actualité tragique des dernières semaines. Il n'est pas question de rester inactif face à de tels enjeux. Je demande à chacun d'entre vous de recenser les immeubles insalubres et les squats. Vous devez, lorsque la sécurité des personnes l'exige, procéder aux expulsions qui s'imposent, en les accompagnant, dans toute la mesure du possible, par des solutions de relogement que vous négocierez avec les partenaires locaux, en utilisant s'il le faut le contingent préfectoral. Je vous demande aussi d'être attentifs aux situations de séjour irrégulier que les marchands de sommeil protègent.
(...)
En matière de délivrance des titres, et comme je vous l'avais annoncé en juin, j'ai décidé d'engager sans délai la réalisation de passeports électroniques, afin de mettre notre pays en conformité avec les normes internationales. Ces documents comporteront une puce intégrant, entre autre, la photographie numérisée du titulaire.
Les préfectures conserveront les tâches d'instruction des dossiers et de saisie des données, y compris désormais la scannerisation des photos. En revanche, la production matérielle des titres sera confiée à un prestataire extérieur. L'entrée en vigueur interviendra en novembre.
(...)
Je connais la complexité de vos missions et votre sentiment face aux multiples priorités qui vous sont fixées. Je sais aussi les questions que vous vous posez sur l'évolution de votre rôle face à l'évolution de notre société et de nos institutions.
Je veux vous dire ma conviction que l'on ne plus être préfet aujourd'hui, comme on l'était encore il y a dix ou quinze ans. Ce qu'on attend aujourd'hui de vous, ce ne sont plus seulement des qualités d'administrateur, mais bien une capacité à entraîner et à mobiliser des partenaires devenus multiples, à coordonner et à faciliter.
Cela suppose une parfaite connaissance de vos interlocuteurs, mais aussi du terrain sur lequel vous devez agir. Je suis surpris, à cet égard, que certains ne se rendent jamais dans les quartiers et ignorent ce qui s'y dit et ce qui s'y passe. Comment être efficaces dans ces conditions ?
Votre place et celle de vos collaborateurs sont au moins autant à l'extérieur que dans vos bureaux. Vous devez témoigner de la présence de l'Etat partout où les populations sont en difficultés et en situation d'attente. Vous devez regrouper autour de vous l'ensemble des acteurs concernés et traiter de manière pragmatique les problèmes concrets qui se posent.
Il vous faut vous engager personnellement, résolument et de manière durable dans l'action et obtenir des résultats. C'est votre raison d'être et la source de votre légitimité car c'est bien sur cela que vous serez jugés. Notre réussite collective et les conditions de vie des Français sont à ce prix.
Source : www.interieur.gouv.fr, 10 septembre 2005

 

Sarkozy bloque les sans-papiers dans une rue de Lambersart pour ne pas les voir au meeting de Daubresse

par le Comité des Sans Papiers 59, Lille, 5 septembre 2005 Ce lundi à 19h Sarkozy s’est rendu à Lambersart pour soutenir son ami et ex-ministre Daubresse dans une élection partielle. Une centaine de sans papiers du CSP59 tenaient à voir M. Sarkozy pour protester contre ses répétitions sans scrupules des propos de JM Le Pen sur les incendies criminels à répétition de Paris.

Incendies qui ont la particularité de tuer des français noirs, des immigré(e)s avec carte de séjour de 10 ans, de 1 an et quelques sans papiers.

Jean-Marie Le Pen, chef du parti fasciste a dit : "Les premières victimes de l'immigration incontrôlée sont les immigrés eux-mêmes". "Il suffirait de mettre un terme à la béante et criminelle ouverture de nos frontières et d'engager une politique humaine de retour". (Communiqué, mardi 30 août 2005).

SARKOZY a répété : "Il faut fermer tous ces squats et tous ces immeubles pour arrêter ces drames et c'est ce que j'ai demandé au préfet de police parce que ce sont des êtres humains qui sont logés dans des conditions inacceptables". "A force d'accepter des gens malheureusement à qui on ne peut proposer ni travail ni logement on se retrouve dans une situation où on a des drames comme ça". (France Inter, mardi 30 août 2005).

En d’autres termes, ces Messieurs, l’un anti-républicain pure souche et l’autre qui prétend être « républicain et enfant d’immigré » considèrent que les victimes sont à la fois coupables. Le scandale devient là ignominieux. Les sans papiers du CSP59, membres de la CNSP, ont été coincés, encerclés par pas moins de 4 camions de CRS. Sarkozy a pu ainsi participer au Meeting sans l’encombrante présence de ces « indésirables » sans papiers. Une fois n’est pas coutume, rappelons qu’en juin 2002, une délégation du CSP59 se rendant à un autre Meeting électoral du Ministre de l’Intérieur Sarkozy avait été kidnappé durant 3heures au Commissariat de Tourcoing avant d’être relâché une fois tout fini.

Cette fois vers 20h15, le CSP59 demande à pouvoir retourner vers le métro Lomme-Lambersart vu que l’accès au Meeting de Daubresse/Sarkozy lui est interdit par une occupation de la rue par les forces de l’ordre. A 21h moins le quart toujours aucune réponse de la police qui attend les ordres du « chef ».

A ce moment le porte parole du CSP59 prend la parole pour dénoncer avec force « le piège tendu qui consiste à laisser l’animation bruyante des sans papiers jusque vers 22h afin de prétexter le tapage nocturne afin d’embarquer la centaine de sans papiers ». Cette dénonciation déclenche un mouvement qui amène la police « troublée » à libérer le passage aux sans papiers vers le métro. Les sans papiers prennent le chemin du retour.

Mardi ils seront présents au Meeting de Bernard THIBAULT. Rendez vous à 14h30 au métro Mairie de Lille et puis tous ensemble au Zénith. Source : Comité des Sans Papiers 59 (CSP59), 42 rue Bernos, 59800, Lille Fives, tél : 06.80.57.50.61 – fax : 03.20.56.13.37

Pour supprimer la pauvreté, il suffit d'éliminer les pauvres

Éditorial 2 septembre 2005
Nicolas Sarkozy, ministre français de l'Intérieur et candidat à la candidature à l'élection présidentielle de 2007, alias "Petit Nicolas", "Nicolas Ier" ou encore "Sarkoléon", a trouvé la solution aux incendies qui ravagent les immeubles insalubres de la capitale où sont parquées des familles noires. Il suffit d'évacuer les squats. Une fois à la rue, ces familles ne risquent plus de brûler. C'est simple. Il suffisait d'y penser. C'est ainsi que le vendredi 2 septembre à l'aube, la police parisienne a procédé à deux expulsions "au Karcher", rue de Fraternité (!) dans le 19ème arrondissement, puis rue de la Tombe-Issoire dans le 14ème. Plus de 150 personnes, dont de très nombreux enfants se sont ainsi retrouvées à la rue, le jour même de la rentrée scolaire.
À l'autre bout du monde, George Bush a trouvé la solution au drame de la Nouvelle-Orléans : pour mettre un terme aux pillages dans la ville inondée et détruite, il a envoyé plusieurs milliers de Gardes nationaux et plusieurs centaines de soldats de retour d'Iraq, équipés de fusils d'assaut. Les 300 000 personnes abandonnées dans la Nouvelle-Orléans sont des Noirs, des pauvres, qui n'ont pas eu les moyens de quitter la ville à temps.
Sarkozy, comme Bush, en semant le mépris, ne récoltera que la révolte. Paris risque de se couvrir de campements de toile installés sur ses places, comme c'est déjà le cas à Aubervilliers.
Que fera alors Sarkoléon ? Fera-t-il appel à la Légion étrangère ?
La rédaction de Quibla

Deuils et expulsions manu militari


par Gilbert Léonard, Paris, 2 septembre 2005,
Après les incendies les plus meurtriers de Paris et qui ont endeuillé la communauté africaine,,
Après le crash d'avion le plus meurtrier en France et qui a ravagé la population martiniquaise,
Alors Katrina qui met bien évidence la discrimination à l'encontre des Noirs aux États-Unis (les plus pauvres n'ont pas pu partir, ils n'ont nulle part où aller, ni les moyens; ils sont littéralement abandonnés),
Voilà que des familles noires appauvries sont expulsées manu militari des immeubles taudis où elles ont trouvé refuge.
Expulsées en plein deuil, le matin même de la rentrée scolaire.
Expulsées alors que ces familles demandent un logement décent.
Pourtant la longue histoire coloniale de la France lui a permis de connaître l'importance du deuil en Afrique et dans les communautés d'ascendance africaine..
Le deuil est collectif et va au delà des proches parents et chaque deuil est l'occasion d'une grande chaine de solidarité.
Est-ce cette fonction psycho-sociale que veut détruire le Ministre de l'Intérieur ?
Aux dernières élections présidentielles, tous les partis politiques avaient appelé à barrer la route à LE PEN.
Seulement LE PEN n'étaient pas au pouvoir.
Aujourd'hui, les déclarations et actions du Ministre de l'Intérieur font pâlir même LE PEN qui tire son chapeau à SARKOZY.
Le Hic, c'est que SARKOZY n'a PAS été ELU.
Il a été NOMME par ceux là même qui feignaient de craindre l'extrême droite.
Tous les Français qui se sont sincèrement mobilisés contre LE PEN aux dernières présidentielles ne peuvent pas rester passifs.
Ce Ministre doit être démissionné et interdit de mandat électoral.
Ce n'est pas parce que des campagnes publicitaires subliminales sont menées en sa faveur que les Français sont dupes.
Sinon la France est schizophrène !

Il n'est pas inutile de rappeler que ce Monsieur approuve la politique de ceux qui ont promis que la France allait payer son refus d'aller en Irak.

 

Qui sont les criminels, Monsieur Sarkozy ?


Les incendies en série d'immeubles insalubres à Paris "sont des actes criminels qui seront réprimés come tels", a déclaré dimanche soir le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, invité de Claire Chazal au journal de 20 heures.
Il a ajouté que l'on pouvait "avoir des soupçons" sur les incendies d'immeubles vétustes et insalubres ces derniers jours dans la capitale. Sarkozy a dit assumer "pleinement" sa décision de demander au préfet de police de Paris de procéder à l'évacuation des immeubles squattés, qui a créé une polémique avec la gauche et les associations défendant les mal-logés.
"Les occupants sans droit ni titre, avec beaucoup de personnes qui ne sont pas en situation régulière, il n'est pas normal de les laisser dans cette situation. C'est mettre en cause la vie d'êtres humains et notamment d'enfants", a-t-il dit.
"Si j'ai pris la décision de les faires évacuer pour faire reloger ces gens, c'est parce que je ne veux pas que toutes les semaines on se retrouve dans la même situation", a ajouté Nicolas Sarkozy. "Chaque fois qu'il y a un fait divers, parfois cela donne des idées à des gens qui deviennent des criminels".
"Les belles âmes qui me demandaient de ne pas le faire, je leur pose une question: devant la multiplication de ces incendies, qu'est-ce qu'il faut faire? Il faut laisser vivre ces gens dans des situations innommables que personne ne pourrait accepter ou il faut les évacuer?", a demandé M. Sarkozy. "Je prends mes responsabilités: j'ai décidé de l'évacuation et je ne le regrette pas".
Une seule question s'impose : qui sont les criminels, M. Sarkozy ? Ceux qui brûlent et sont asphyxiés, ceux qui mettent le feu, ou ceux retirent les marrons du feu ?