Dossier Quibla
Mémorandum de la Coordination
nationale des sans papiers (Cnsp) remis au Cabinet de M. SARKOZY le
14 septembre lors de l’audience du Ministère de l’Intérieur
Monsieur le Ministre de l’Intérieur, M. SARKOZY s/c de
M. TANDONET, Directeur de Cabinet,
Permettez nous de vous remercier de cette audience. C’est la seconde
depuis 2002. La démarche est conforme à ce que dit votre
circulaire de décembre 2002, à savoir que les Collectifs
de Sans Papiers, la CNSP et nos partenaires, associatifs ou syndicaux
sont des interlocuteurs.
Nous voulons par ce mémorandum signaler des situations dramatiques,
injustes et intolérables au regard des droits humains, que vivent
les Sans Papiers :
Des enfants scolarisés, parce que sans papiers, ont été
arrêtés dans les écoles de la République.
Cela a suscité une telle émotion dans la communauté
scolaire que presque partout ont été mis en place des
réseaux locaux d’éducation sans frontières
qui réunissent enseignants, parents, élèves et
Collectifs de Sans Papiers. Il faut que cesse ce scandale et nous demandons
que la scolarité soit prise en compte comme « élément
d’insertion » en vue de la régularisation de la famille.
C’est d’ailleurs ce que laissait entendre la circulaire
de décembre 2002.
Des parents sont régularisés, mais les enfants ne le sont
pas. Dans un couple, l’un a des papiers, son conjoint pas. Il
y a donc traitement séparé des dossiers d’une même
famille. Or l’article 8 de la Convention Européenne des
Droits de l’Homme interdit la séparation des familles.
N’est-il pas aussi temps que la naissance d’un enfant en
France, lui confère, ainsi qu’à sa famille, le droit
du sol ?
La France pratique sur des Sans Papiers mineurs isolés des expertises
osseuses, afin de déterminer leur âge. Ces pratiques, qui
ont été établies à l’origine, au début
du XXè siècle, à partir des caractères morphologiques
d’une population nord-américaine, sont peu fiables et comporteraient
une marge d’erreur de deux ans. Elles ont été abandonnées
par la quasi totalité des pays de l’espace Schengen, alors
pourquoi continuer à les pratiquer si ce n’est pour expulser
ces enfants en prétextant qu’ils sont majeurs?
Bon nombre des Sans Papiers gravement malades et qui, de ce fait, ont
droit à la régularisation se voient déboutés
sur la seule décision des médecins de la DDASS, alors
que des établissements de la santé publique constatent
et attestent de la gravité de leur pathologie. Dans ce cadre,
la loi exige 2 conditions à la régularisation : une pathologie
grave avérée, l’impossibilité de se faire
soigner dans son pays d’origine. Quel Sans Papier malade, expulsé,
a les moyens financiers de se faire soigner dans son pays d’origine,
si tant est que les structures existent! Le droit à la santé,
n’est-il pas un droit fondamental inscrit dans les textes internationaux
ratifiés par la France?
Le mariage est de plus en plus suspecté d’être frauduleux.
Les mairies saisissent le Procureur de la République, lequel
diligente une « enquête pour établir la situation
de mariage blanc ». C’est « la loi » et «
il y a des abus » dit-on, mais le caractère systématique
d’une telle procédure est totalement contestable. De plus,
n’est-ce pas un détournement de procédure, qu’une
telle « enquête » soit confiée à la
Police de l’Air et des Frontières (PAF) dont la fonction
est d’expulser les Sans Papiers ? Nous vous informons que la CNSP
va saisir votre homologue le garde des sceaux sur ce détournement
de procédure évident, qui attente au principe républicain
de la séparation des pouvoirs.
La séparation des pouvoirs n’est pas non plus respectée
lorsque le tribunal est « décentralisé » dans
les Centres de Rétention comme à Coquelles ou Bobigny
dans l’objectif manifeste de faire des chiffres d’expulsions.
Dans nos collectifs, beaucoup de déboutés ont largement
plus de 10 ans de présence, mais ont tout simplement des difficultés
à fournir un si grand nombre de « preuves continues ».
Des refus, des invitations à quitter le territoire, des arrêtés
préfectoraux de reconduite à la frontière sont
adressés à des Sans Papiers dont la situation administrative
a changé entre le moment du refus et l’exécution
de l’expulsion. C’est notamment vrai pour les déboutés
de l’asile pour lesquels les critères de vie privée
et familiale ou d’insertion peuvent devenir applicables.
Votre discours sur « l’immigration choisie » ne se
traduit nullement par une prise en compte sur le terrain. En effet,
si il y a promesse d’embauche, c’est qu’il y a «
besoin » des patrons qui embauchent. Les promesses d’embauche
ne sont-elles pas les illustrations les plus éloquentes de «
l’immigration choisie » et de « l’insertion
par le travail »? Dans ce cas pourquoi ne pas les considérer
comme une pièce majeure du dossier?
Le droit d’asile. Ce point nous inquiète sérieusement.
D’abord la notion de « réfugiés économiques
» est devenu un a priori pour rejeter quasi-systématiquement
les demandes d’asiles. Ensuite, sur quels critères s’opèrent
l’inquiétante élaboration de la liste des pays dits
« pays sûrs ». Objectivement, n’est-il pas plus
rassurant d’établir une liste de « pays sûrs
» pour lesquels le droit d’asile serait garanti ?
Les incendies criminels récents à Paris ont vu périr
des Sans Papiers Ivoiriens. Comment se fait-il que des ressortissants,
demandeurs d’asile de ce pays que le président Chirac lui
même a qualifié de « fascisant », dans lequel
on parle « d’escadrons de la mort », qui est en état
de guerre permanente, puissent être déboutés de
ce droit international ratifié par la France ? Le rapport OFPRA
2003 nous informe que sur 1329 Ivoiriens demandeurs, seuls 15,7% ont
obtenu le droit d’asile. En d’autres termes, ils sont exactement
317 Ivoiriens admis au séjour et 1012 Ivoiriens déboutés,
dont, semble- t-il, les 7 morts dans l’incendie de Paris 3éme.
En outre, force est de constater que, toujours selon le rapport OFPRA
2003, sur 52.204 premières demandes d’asile politique au
total, seules, en définitive, 16,9% ont été satisfaites.
En d’autres termes 83,1% des demandeurs ont été
déboutés et réduits à l’état
de sans papiers contraints de survivre par le travail clandestin non
déclaré par les patrons.
En 1996 au début de notre lutte pour la régularisation
globale, le Mali a publié les chiffres suivants de la répartition
des 3.761.640 Maliens de l’extérieur, par continent : 102.000
(2,7%) en Europe, 1.705 (0,1%) en Amérique, 26.550 (0,7%) en
Asie et 3.631.385 (96,5%) en Afrique. C’est dire qu’il n’y
a rien de plus faux que l’idée de « l’invasion
» allègrement agitée par le parti d’extrême
droite, le Front National.
Les « doubles peines », pour lesquels vous aviez annoncé
en 2002 la régularisation, attendent jusqu’ici, des mesures
concrètes. Il y va de la crédibilité des engagements
ministériels. La CNSP, les Collectifs et nos partenaires demandent
que les critères précis de régularisation des «
doubles peines » soient définis en toute transparence afin
que des dossiers soient établis pour les sortir de l’absurde
situation de « non régularisés et non expulsés
» ?
Cinq renouvellements du titre d’un an permettent d’obtenir
la carte de résident de 10 ans, nous demandons que ce soit respecté.
En effet, nous constatons souvent qu’il y a trop de cas de demandes
de la carte de 10 ans qui restent sans réponse. L’exception
devrait être la non obtention motivée de la carte de 10
ans, mais c’est le contraire qui se passe.
A quand l’application pour les étudiants de l’article
15 de la loi du 26 novembre 2003 qui dit qu’en « cas de
nécessité liée au déroulement des études,
le représentant de l’Etat peut accorder cette carte de
séjour même en l’absence du visa de long séjour
requis sous réserve de la régularité de son entrée
sur le territoire français… ». La substitution de
la Préfecture aux Professeurs et à l’administration
universitaire pour la validité des études est aussi dé-
ontologiquement problématique.
Nous sommes inquiets des perquisitions chez une journaliste de Radio
France à Auxerre, des procès contre des militants à
Calais, de l’interpellation de Nicole MUSSLE, présidente
du MRAP de Sarreguemines pour « délit de solidarité
».
Enfin, permettez nous de réaffirmer que notre revendication fondamentale
de la régularisation de tous les sans papiers avec la carte de
10 ans est humaine, légitime, justifiée et politiquement
réaliste. Dans le pays du 21 avril 2002, nous avons la fierté
du 5 mai qui a vu plus de 82% des électeurs de ce formidable
peuple dire non au Front National, au racisme et au fascisme. Régulariser
tous les Sans Papiers est une mesure politique de salut public qui honore
la volonté populaire et met fin à la dérive de
« la lepénisation des esprits ». La France, pays
historiquement berceau des Droits de l’Homme ne peut demeurer
la dernière de la classe européenne à envisager
une mesure de régularisation globale. Telle est notre doléance
principale et notre forte conviction fondée sur bientôt
10 ans de combat pour que la devise républicaine « les
humains naissent libres et égaux en droit » puisse être
appliquée aussi aux Sans Papiers.
Confiant dans la capacité au sursaut historique dont a fait souvent
montre le peuple de France, la CNSP poursuivra son combat jusqu’à
ce que l’alternative de la régularisation globale triomphe.
En attendant, la CNSP reste ouverte et saisira toute opportunité
de dialogue pour améliorer le sort des Sans Papiers. C’est
pourquoi nous souhaitons que le Ministère de l’Intérieur
s’engage à prendre en compte les disfonctionnements, incohérences
et inégalités de traitement que nous venons de signaler
pour les résoudre.
Dans l’attente d’une prise en compte de nos doléances,
merci de votre écoute.
Fait à Paris le 14 septembre 2005
Coordination Nationale des Sans-Papiers (CNSP) 25, rue François
Miron, 75004, Paris - tél : 01.44.61.09.59 - 06.60.52.04.20.
– fax : 01.44.61.09.35 – mail : coordnatsanspap@wanadoo.fr
- solidarité financière : compte bancaire N°80187841
Un cordon de police pour empêcher une élève
de sixième d’entrer dans son collège !
L’affaire Makombo a connu hier un nouveau développement
: la police a interdit à Barbe Makombo l’entrée
du Collège Stéphane Mallarmé (Sens –89) où
sa fille (Grace, 10 ans, classe de sixième) était jusqu’alors
scolarisée.
Il s’agit d’un épisode supplémentaire dans
la persécution systématique dont cette famille est l’objet.
Rappel des faits : Barbe Makombo est arrivée en France avec quatre
de ses enfants en 2001 après avoir fui la RDC où son mari
a été emprisonné et torturé et où
il a disparu. Elle-même a été victime de violences
sous les yeux de ses enfants. L’asile lui a été
refusé comme il l’est maintenant presque systématiquement.
Après un APRF (Arrêté préfectoral de reconduite
à la frontière) le 29 juin 2005, elle est assignée
à résidence à Migennes le 11 août : si ses
deux cadettes (Grace 12 ans et Naomie 10 ans) ont bien été
interpellées sur leur lieu de vacances et envoyées à
Migennes, ses deux aînés (Rachel 15 ans et Jonathan 14
ans) se sont enfuis pour échapper à l’expulsion,
bloquant le processus pour toute la famille. Voilà plus d’un
mois qu’ils vivent cachés, sans être scolarisés,
terrorisés à l’idée de retourner vers un
pays où eux-mêmes et leurs parents ont connu l’enfer.
La police les recherche très activement : plus d’une vingtaine
de perquisitions et de visite domiciliaires ont été faites
à Sens, ainsi qu’au domicile de Bleuette Dupin, journaliste
de France-Bleu Auxerre, à l’Eglise Evangéliste de
Joigny et au domicile d’un enseignant du RESF en région
parisienne.
Un collectif de soutien à Barbe Makombo et ses enfants s’est
constitué à Sens. Une pétition circule, elle a
déjà recueilli plusieurs milliers de signatures. Un rassemblement
de plus d’une centaine de personnes a accompagné la délégation
reçue en Sous-Préfecture de Sens le 7 septembre. Des volontaires
ont assuré le transport matin et soir le transport (Migennes-Sens
= 40 km) des fillettes vers leurs écoles respectives (Ecole du
Jeu de Paume pour Naomie, Collège Stéphane Mallarmé
pour Grace). Pour davantage de détails, voir nos communiqués
précédents joints.
Apparemment mécontent de voir la population témoigner
sa solidarité à une famille qu’il harcèle,
le Préfet de l’Yonne a donné l’ordre à
l’Inspecteur d’Académie (__expression de l’IA
lui-même, reprise par son Secrétaire Général)
de radier les enfants Makombo des écoles qu’elles fréquentaient
à Sens et de les inscrire de force à Migennes. L’IA
a reçu Barbe Makombo le 9 septembre pour lui annoncer sa décision.
Concernant Naomie, scolarisée dans le primaire, c’était
un abus de pouvoir, les textes stipulant : « La scolarisation
d'un enfant dans une école d'une commune autre que celle de sa
résidence ne peut être remise en cause par l'une ou l'autre
d'entre elles avant le terme […] de la scolarité primaire
de cet enfant » (Annexe à l'ordonnance n° 2000-549
du 15 juin 2000 NOR : MENX0000033R J.O. Numéro 143 du 22 juin
2000 Article L. 212-8).
Naomie demeurant dans son école à Sens, la cohérence
et l’intérêt des enfants aurait voulu que Grace reste
elle aussi dans la classe où elle avait commencé à
s’intégrer.
Une institutrice de Sens propose de prendre les enfants en pension chez
elle les jours d’école. Un courrier annonçant cette
domiciliation a été présenté. Une délégation
comprenant outre Barbe et Grace Makombo, l’institutrice hébergeante,
le Pasteur de la Paroisse de Barbe, l’instituteur de Naomie et
le responsable départemental de la FSU s’est présentée
au Collège lundi 12 septembre. Grace a été admise
provisoirement dans l’établissement. Quand la délégation
est venue la chercher à midi, l’entrée du collège
lui a été interdite, la Principale-Adjointe (le Principal
ayant dû s’absenter entre-temps) a demandé et obtenu
son évacuation par… la police ! A 14h, l’entrée
de Grace était interdite par un fort cordon de police !
Le Réseau Éducation Sans Frontières appelle toutes
les organisations syndicales d’enseignants, les fédérations
de parents d’élèves, les organisations attachées
aux droits démocratiques les plus élémentaires
maintenant menacés à protester auprès des autorités
concernées, Rectorat de Dijon, Ministère de l’Education
nationale, Ministère de l’Intérieur. Et à
demander qu’un titre de séjour Vie privée et familiale
soit délivré à Barbe Makombo pour qu’elle
puisse élever et scolariser normalement ses enfants et que prennent
fin les dérives inquiétantes auxquelles a donné
lieu cette affaire lamentable.
Source : www.educationsansfrontieres.org
Drôle de rentrée scolaire pour les
sans-papiers
Le Réseau Education Sans Frontières est constitué
de collectifs d'enseignants, de parents d'élèves, de militants
syndicalistes, associatifs et politiques et de soixante-dix organisations
(syndicats, fédération de parents d'élèves,
associations de défense des droits de l'homme). Il agit pour
la régularisation des jeunes sans papiers scolarisés en
France. Il a, depuis début septembre, organisé ou relayé
une série de manifestations contre des atteintes aux droits aux
études de jeunes étrangers frappés de mesures d’expulsion.
Nous avons sélectionné quelques-unes des affaires suivies
par le réseau. Source : http://www.educationsansfrontieres.org
Prise d'otage dans les Pyrénées
orientales : un préfet s'empare d'un lycéen et l'expulse
vers le Maroc !
Mohamed BAZZI, un jeune d'origine marocaine, a été expulsé
vers le Maroc par le préfet des Pyrénées Orientales.
Mohamed était scolarisé en France depuis l'âge de
15 ans au Lycée Professionnel Alfred Sauvy à Villelongue
Dels Monts. Il vient d'obtenir un CAP et était inscrit en BEP
pour l'année scolaire 2005-2006. Il vivait à Perpignan
depuis 2001 avec son père, maçon, titulaire d'une carte
de résident. Son expulsion est intervenue à la veille
de la rentrée scolaire, alors même que le préfet
s'était engagé à réexaminer sa situation
dans quelques jours.
Cette décision brise l'insertion sociale et professionnelle que
ce jeune homme construisait en France auprès de son père.
Elle est d'autant plus injuste qu'elle touche une famille déjà
pénalisée par la faiblesse de ses revenus et ses conditions
de travail et de logement. Dans la société française,
les immigrants se voient trop souvent réduits à des conditions
de vie lamentables et privés du droit légitime de vivre
avec leur famille et d'assurer l'avenir de leurs enfants.
La place des lycéens est au lycée,
pas en rétention : Guy EFFEYE doit être rendu à
son fils et à sa compagne
Guy EFFEYE, jeune élève de terminale au lycée Jacques
Feyder d’Epinay sur Seine (93) en 2004-2005, est toujours en rétention
au Mesnil Amelot. Il a déjà vécu 20 jours d’une
réclusion forcée, loin des siens et sous la menace permanente
d’un embarquement manu militari vers le Cameroun où il
n’a plus de famille.
En France depuis 4 ans, où il avait d’abord été
hébergé par un oncle, mais sans famille au Cameroun, Guy
a fait des études sérieuses, d’abord au collège,
puis au lycée, avant que la grossesse de sa compagne ne l’oblige
à une déscolarisation provisoire en fin d’année
dernière. Dépourvu de soutien familial, le jeune homme
était contraint, comme beaucoup d’autres jeunes, à
faire de petits boulots sur les marchés. C’est dans ce
cadre qu’il a été victime d’un contrôle
d’identité à Metz mercredi 17 août, mis en
garde à vue, puis placé en rétention le 19 août
près de Roissy, sur la base d’un APRF datant du mois d’avril.
Pourtant, à la suite d’une démarche de la communauté
scolaire et de notre collectif local RESF, les services du préfet
s’étaient engagés à abroger l’APRF
qui le frappait et lui avaient délivré une autorisation
provisoire de séjour (APS) de 3 mois, qui ne le protégeait
que jusqu’à la fin du mois de juillet.
Pendant sa rétention, Guy est devenu papa d’un petit garçon,
qui porte son nom, mais qu’il n’a fait qu’entrevoir,
samedi, avant que le juge des libertés ne lui en recolle pour
15 jours, dans une audience à laquelle aucun de ceux venus le
soutenir (sa compagne, des profs et des camarades du lycée) n’ont
eu le droit d’assister. Etrange procédure que celle du
TGI de Meaux qui fonctionne le week-end toutes portes fermées
et juge certaines affaires dans une sorte de huis-clos !
Un appel a été interjeté devant la cour d’appel
de Paris, qui statuera aujourd’hui mardi. Mais déjà
Guy a été présenté hier au consulat du Cameroun,
dont les autorités administratives attendent qu’il délivre
le laissez-passer permettant son expulsion.
Nous n’osons pas penser qu’au nom d’une logique administrative
et d’une politique répressive qui a perdu de vue le sens
de l’humain, un lycéen de Seine Saint-Denis, placé
précocement en position de chef de famille, puisse être
arraché brutalement à ce qui donne un sens nouveau à
son existence, se voit refuser le droit de vivre en famille, avec sa
compagne et son enfant, dans le pays où ils ont commencé
à construire leur vie.
Sa situation a suscité une importante solidarité. Une
pétition en sa faveur a déjà recueilli des centaines
de signatures, dont celles de nombreuses personnalités : des
élus de Seine Saint-Denis, dont Hervé BRAMY, président
du Conseil Général et plusieurs de ses vice-présidents
ou conseillers, des responsables associatifs, comme Mouloud AOUNIT (secrétaire
national du Mrap) et Jean Pierre DUBOIS (président de la LDH),
des vedettes comme la chanteuse de rap BAMS, mais surtout beaucoup de
simples citoyens.
C’est en leur nom qu’une audience d’urgence a été
demandée au préfet de Seine Saint-Denis pour réclamer
une mesure de clémence qui tienne compte d’une situation
humaine particulière : l’abrogation définitive de
l’APRF dont il fait l’objet et la délivrance d’un
titre de séjour lui permettant de continuer ses études
et de contribuer à l’éducation de son enfant.
Une famille congolaise menacée
d'expulsion à Sens (Yonne) : la chasse aux enfants bat son plein
Son mari ayant disparu et victime de persécutions, Barbe Makombo,
ressortissante de République Démocratique du Congo, (âgée
de 47 ans, mère de 4 enfants tous scolarisés à
Sens -Yonne ) a réussi à se réfugier en France
avec ses enfants en 2001.
Sa demande d'asile a été rejetée par l'OFPRA, comme
80% des dossiers actuellement. Barbe Makombo a été placée
en garde à vue le 9 août puis assignée à
résidence au Centre de la Croix-Rouge de Migennes.
Ses deux plus jeunes enfants, Naomie, 10 ans et Grâce 12 ans,
scolarisées au groupe scolaire du Jeu de Paume à Sens,
se trouvaient pour une semaine en centre aéré lors de
l'arrestation de leur mère. Elles y ont été interpellées.
Les deux aînés (élèves du collège
Stéphane Mallarmé), Rachel 15 ans et Jonathan 14 ans se
sont enfuis, terrorisés à l'idée d'être interpellés
et reconduits en RDC.
La police de Sens a procédé à de multiples perquisitions
et visites domiciliaires - une dizaine dans la région de Sens.
Toutes celles et ceux dont les numéros de téléphone
ont été relevés sur le téléphone
portable de Mme Makombo sont visés. C’est ainsi que le
24 août, vers 10h du matin, un détachement de policiers
s’est présenté à Auxerre au domicile d’une
journaliste de Radio France Bleue Bourgogne, Bleuette Dupin, coupable
d’avoir fait un reportage sur cette affaire diffusé aux
journaux de Radio Bleue Auxerre.
Le 26 août, elle perquisitionnait les locaux de l’Eglise
Evangéliste de Joigny et le 30 se présentait au domicile
d’un militant du Réseau Education sans Frontières
en région parisienne.
Cet acharnement est intolérable.
Selon toute vraisemblance, les enfants ont fui, terrorisés à
l’idée d’être expulsés vers la RDC.
Si le Préfet de l’Yonne a réellement à cœur
de retrouver Rachel et Jonathan pour les protéger, la meilleure
décision est de régulariser leur mère.
Cette affaire est emblématique. Elle est la démonstration
éclatante du fait que les persécutions et le déni
des droits de l’homme dont sont victimes les étrangers
sans papiers est un chancre qui, de proche en proche, atteint tout le
monde : la journaliste, le pasteur, l’enseignant et des dizaines
d’anonymes considérés comme des délinquants
pour avoir simplement informé, soutenu ou connu un suspect innocent…
A qui le tour ?
Depuis lors, Naomie et Grace, exilées avec leur mère,
ne sont scolarisées que grâce à des soutiens (parents
d'élèves, enseignants, etc) qui vont les chercher à
Migennes et les raccompagnent. Rachel et Jonathan se cachent et tout
le monde s'inquiète.
Il n'y a qu'une solution pour sortir de l'impasse et arrêter le
gâchis :
- que le préfet de l'Yonne accorde un titre de séjour
à Barbe Makombo comme il en a le droit, afin que la famille s'installe
dans le logement qui lui est proposé,
- que les enfants rejoignent les établissements où ils
sont inscrits
- et que cette mère puisse élever ses enfants dans des
conditions convenables.
Orléans (Loiret) : enfants
en danger
Dans tous les pays, ceux que l'on protège le plus sont les enfants.
Pourtant en France, tout cet été, les décisions
administratives n'ont cessé de mettre des enfants en danger.
En particulier dans le Loiret.
- Comment justifier que la France renvoie dans son pays une jeune fille
promise à l'excision ?
- Comment accepter qu'une mère soit renvoyée dans son
pays au péril de sa vie, avec sa fille, son fils que les policiers
sont venus chercher à son centre aéré début
août ?
- Comment comprendre qu'une famille tchétchène soit renvoyée
en Allemagne sachant qu'on l'en expulsera vers la Russie ?
- Comment accepter que les enfants scolarisés en juin, expulsés
en été, ne rejoignent pas leurs camarades de classe à
la rentrée ?
La Préfecture dans sa logique d'expulsion, est prête à
renvoyer des dizaines d'enfants scolarisés, de femmes malades,
de personnes menacées dans leurs pays, vouées au pire
sinon à une misère certaine.
Le Préfet du Loiret veut être le bon élève
de la classe menée par l'irresponsable ministre de l'intérieur
Sarkozy qui, pour régler « un problème du logement
» jette à la rue le jour de la rentrée scolaire
des dizaines d'enfants, de parents.
Les arrestations arbitraires, la remise en cause du droit d'asile, le
déni de justice pour les sans-papiers, voilà le fonctionnement
quotidien de la Préfecture.
Le but de cette démonstration répressive est la précarisation
des personnes les plus vulnérables.
Voici ce qui attend l'ensemble de la société: précarisation,
dans son emploi, dans son logement, dans ses droits démocratiques.
Soutenir les familles sans papiers c'est aussi défendre la conception
d'une société égalitaire, fraternelle et démocratique.
Sarkozy bloque les sans-papiers dans une rue
de Lambersart pour ne pas les voir au meeting de Daubresse
par le Comité des Sans Papiers 59, Lille, 5 septembre 2005
Ce lundi à 19h Sarkozy s’est rendu à Lambersart
pour soutenir son ami et ex-ministre Daubresse dans une élection
partielle. Une centaine de sans papiers du CSP59 tenaient à voir
M. Sarkozy pour protester contre ses répétitions sans
scrupules des propos de JM Le Pen sur les incendies criminels à
répétition de Paris.
Incendies qui ont la particularité de tuer des français
noirs, des immigré(e)s avec carte de séjour de 10 ans,
de 1 an et quelques sans papiers.
Jean-Marie Le Pen, chef du parti fasciste a dit : "Les premières
victimes de l'immigration incontrôlée sont les immigrés
eux-mêmes". "Il suffirait de mettre un terme à
la béante et criminelle ouverture de nos frontières et
d'engager une politique humaine de retour". (Communiqué,
mardi 30 août 2005).
SARKOZY a répété : "Il faut fermer tous
ces squats et tous ces immeubles pour arrêter ces drames et c'est
ce que j'ai demandé au préfet de police parce que ce sont
des êtres humains qui sont logés dans des conditions inacceptables".
"A force d'accepter des gens malheureusement à qui on ne
peut proposer ni travail ni logement on se retrouve dans une situation
où on a des drames comme ça". (France Inter, mardi
30 août 2005).
En d’autres termes, ces Messieurs, l’un anti-républicain
pure souche et l’autre qui prétend être « républicain
et enfant d’immigré » considèrent que les
victimes sont à la fois coupables. Le scandale devient là
ignominieux. Les sans papiers du CSP59, membres de la CNSP, ont été
coincés, encerclés par pas moins de 4 camions de CRS.
Sarkozy a pu ainsi participer au Meeting sans l’encombrante présence
de ces « indésirables » sans papiers. Une fois n’est
pas coutume, rappelons qu’en juin 2002, une délégation
du CSP59 se rendant à un autre Meeting électoral du Ministre
de l’Intérieur Sarkozy avait été kidnappé
durant 3heures au Commissariat de Tourcoing avant d’être
relâché une fois tout fini.
Cette fois vers 20h15, le CSP59 demande à pouvoir retourner
vers le métro Lomme-Lambersart vu que l’accès au
Meeting de Daubresse/Sarkozy lui est interdit par une occupation de
la rue par les forces de l’ordre. A 21h moins le quart toujours
aucune réponse de la police qui attend les ordres du «
chef ».
A ce moment le porte parole du CSP59 prend la parole pour dénoncer
avec force « le piège tendu qui consiste à laisser
l’animation bruyante des sans papiers jusque vers 22h afin de
prétexter le tapage nocturne afin d’embarquer la centaine
de sans papiers ». Cette dénonciation déclenche
un mouvement qui amène la police « troublée »
à libérer le passage aux sans papiers vers le métro.
Les sans papiers prennent le chemin du retour.
Mardi ils seront présents au Meeting de Bernard THIBAULT. Rendez
vous à 14h30 au métro Mairie de Lille et puis tous ensemble
au Zénith. Source : Comité des Sans Papiers 59 (CSP59),
42 rue Bernos, 59800, Lille Fives, tél : 06.80.57.50.61 –
fax : 03.20.56.13.37
Plus de 60 personnes en grève de la faim
au centre de rétention de Satolas à Lyon
Nous avons été informés que depuis ce lundi 29
août 2005, 16 heures, plus d'une soixantaine de sans papiers retenus
au centre de rétention de Satolas à Lyon, ont déclenché
une grève de la faim illimitée pour dénoncer:
- les conditions inhumaines qu'ils vivent au sein du centre;
- les arrestations arbitraires et au faciès;
- l'insuffisance des moyens juridiques mis à leur disposition;
Ils réclament l'annulation des APRF, leur libération provisoire
en attendant la réouverture de leurs dossiers administratifs.
Dans le centre de rétention, ils sont environ 70 personnes de
différentes nationalités: sénégalaise, algérienne,
marocaine, russe, kosovar, tunisienne, camerounaise.
Parmi les retenus se trouve une famille avec deux enfants en bas ages
(2 à 3 ans)
Source : Coordination nationale des sans papiers, 30 août 2005
La police perquisitionne le domicile d'une journaliste
de Radio France pour traquer des enfants sans papiers
Communiqué de la Coordination nationale des sans papiers [coordnatsanspap@wanadoo.fr],
Paris, 26 août 2005
Nous apprenons par le Réseau Education Sans Frontière
que ce « mercredi 24 août 2005, vers 10h du matin, un détachement
de policiers s'est présenté à Auxerre au domicile
d’une journaliste de Radio France Bleue Bourgogne, Bleuette DUPIN.
La police entendait procéder à une perquisition dans le
cadre d'une enquête sur la disparition des enfants de Madame Barbe
MAKOMBO MBELU, ressortissante congolaise assignée à résidence
avec deux de ses enfants (Grace 10 ans et Naomie 12 ans), interpellées
toutes les deux en centre aéré, en attendant sa reconduite
à la frontière. Ses deux aînés, Rachel, 15
ans et Jonathan 14 ans se sont enfuis, terrorisés à l'idée
d’être expulsés vers la RDC où leur père
a disparu, où leur mère a subi de graves sévices
et est toujours recherchée.
Bleuette Dupin avait fait un reportage sur cette affaire diffusé
aux journaux de Radio Bleue Auxerre le 23 août. Elle avait téléphoné
puis rencontré Barbe MAKOMBO MBELU dans ce cadre. ».
Pour M. Sarkozy , Bleuette Dupin est coupable d'avoir fait son métier
de journaliste en évoquant la situation de ces deux enfants.
Pour M. Sarkozy elle aurait du collaborer avec sa police de l'immigration.
Pour opérer à cette perquisition, la police de Mr Sarkozy
a dû obtenir un mandat de perquisition auprès de la Justice.
Peut-on alors encore parler de Justice où bien celle-ci a-t-elle
été instrumentalisée?
Que fait-elle d'ailleurs cette Justice face à la police de l'immigration
de Mr Sarkozy qui ne cesse de bafouer les droits les plus élémentaires
des sans papiers ?
D'autre part, le Réseau Education Sans Frontière ajoute
: que des « coups de téléphone d'intimidation (ont
été adressés) à ceux qui soutiennent Barbe
MAKOMBO MBELU dont des militants du RESF ».
Ces nouveaux actes viennent confirmer les orientations du gouvernement
De Villepin-Sarkozy en matière de politique de l'immigration,
politique d'immigration qui, dorénavant, ne peut que se nommer
police de l'immigration !!
« Fuite en avant dans le tout répressif, discours relayant
les thèses d'extrême droite et prenant les sans papiers
pour boucs émissaires » écrivions-nous il y a quelque
temps. Mais ne nous cachons par les choses, le gouvernement De Villepin-Sarkozy
renforce sa stratégie de peur et de persécution vis-à-vis
des sans papiers, mais cela ne sert qu'un seul but: attaquer les acquis
sociaux et démocratique et retourner à plus de 50 ans
en arrière sur les libertés, les droits, les acquis sociaux.
La CNSP condamne cette stratégie de peur et de persécution
du gouvernement De Villepin-Sarkozy.
La CNSP appelle toutes les organisations associatives, syndicales et
politiques, toutes les personnes soucieuses du respect de la dignité
humaine, à se joindre et à renforcer la lutte pour organiser
la défense des sans papiers et au-delà celle des droits
et de la Justice.
La CNSP déclare que cette stratégie de peur et de persécution
ne peut que renforcer les sans papiers à sortir de l'ombre, là
où Sarkozy cherche à les renvoyer.
La CNSP appelle toutes les organisations associatives, syndicales et
politiques, toutes les personnes soucieuses du respect de la dignité
humaine, à se joindre aux actions menées et particulièrement
à la manifestation nationale pour le 9ème anniversaire
de l'Églie Saint-Bernard, le 27 août à Paris.
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