27 décembre 2005 - Venant s’ajouter aux
affaires de Ramil Akzamov (père de deux enfants scolarisés,
libéré de rétention le 24 décembre, jour
où il devait être expulsé, voir communiqué
RESF du 25 décembre) et de Yusuf Aksoy (père de 3 enfants
scolarisés, sauvé in extremis alors qu’il était
déjà dans l’avion, voir communiqués RESF
des 2 et 8 décembre 2005), trois nouveaux cas qui illustrent
la volonté du ministère de l’Intérieur
de restreindre autant que faire se peut l’application de sa
circulaire du 31 octobre qui prétendait suspendre jusqu’à
la fin de l’année scolaire en cours la reconduite aux
frontières des jeunes majeurs scolarisés ou les parents
sans papiers de jeunes scolarisés.
M. SARKEZY A PASSE NOËL EN RETENTION
D’emblée, une précision. Romica Sarkezy, lycéen
estimable et immigré roumain n’a rien à voir avec
Nicolas Sarkozy, immigré hongrois de la seconde génération
et ministre chargé de l’exécution des mesures
inhumaines. Sinon que Romica a passé le réveillon et
le jour de Noël, emprisonné au centre de rétention
de Vincennes sur décision du cabinet de Sarkozy.
En effet, ce lycéen qui a tout juste 18 ans a été
interpellé lors d’un contrôle de police dans le
métro le 20 décembre : garde à vue, puis rétention
à Vincennes.
Normalement, il aurait dû être libéré en
quelques heures en application de la circulaire du 31 octobre qui
suspend l’expulsion des sans papiers scolarisés jusqu’à
la fin de l’année scolaire. Il n’en a rien été.
Il est resté enfermé jusqu’au 26 décembre.
Informés de son interpellation, sa famille et le RESF 94 qui
le suit depuis plusieurs semaines ont immédiatement faxé
un certificat de scolarité et signalé qu’un dossier
de régularisation est en cours d’examen à la préfecture
de Créteil. Insuffisant aux yeux du ministère et de
la préfecture de police de Paris (où Romica a été
contrôlé et qui a pris l’arrêté de
reconduite à la frontière). Coups de téléphone
à la préfecture de Créteil, à la préfecture
de police, au Cabinet du ministre, rien n’y fait : alors qu’aucun
texte ne le prévoit, ils exigent un certificat de scolarité
de l’année 2004-2005… Vendredi 23 décembre,
l’établissement est évidemment fermé et
la préfecture de Créteil (qui a cet élément
dans son dossier) est incapable de le communiquer à celle de
Paris. Dans l’après-midi, un mail émanant de la
préfecture de Créteil et prouvant l’existence
du dossier est faxé à Paris. Rien ne bouge. A 17 heures,
un nouvel exemplaire du certificat de scolarité 2004-2005 récupéré
avec bien des difficultés est faxé à la préfecture
de police… trop tard ! Les téléphones sonnent
dans le vide, les responsables du service « Eloignement »
sont partis préparer leur réveillon du lendemain…
Romica Sarkezy, 18 ans, a passé Noël en rétention.
Merci, M. Sarkozy.
Il est finalement libéré le lendemain de Noël par
le Tribunal administratif (où se sont déplacés
sa famille, des membres du RESF 94 et son professeur principal) qui
casse l’arrêté de reconduite à la frontière.
Samuel KHATCHATRIAN, père d’une élève d’un
Lycée professionnel de Dole menacé d’expulsion
imminente.
Samuel KHATCHATRIAN, ressortissant arménien, est actuellement
détenu au centre de rétention du Mesnil Amelot (Seine
et Marne) en vue de l’exécution d’un arrêté
préfectoral de reconduite à la frontière prononcé
à son encontre le 15 avril 2005 par le préfet du Jura.
Or, il est père de deux enfants dont l’une, Mariam KHATCHATRIAN,
est actuellement en classe de CIPPA au Lycée Professionnel
Jacques Prévert à Dole. Son frère aîné,
Hovhannes KHATCHATRIAN né en 1983 a dû abandonner sa
scolarité en raison de problèmes de santé.
Sa rétention et la menace d’expulsion qui pèse
sur lui contreviennent totalement aux dispositions de la circulaire
ministérielles du 31 octobre 2005 qui prévoit la suspension
jusqu’à la fin juin 2006 des reconduites à la
frontière des parents de jeunes scolarisés. Cela a été
signalé par téléphone et par fax aussi bien à
la préfecture du Jura qu’au Cabinet du ministre Sarkozy.
Malgré cela, Samuel KHATCHATRIAN reste en rétention
: selon le ministère, il aurait troublé l’ordre
en étant surpris en état d’ébriété
sur la voie publique, pas question donc de lui appliquer la circulaire
Sarkozy, Samuel KHATCHATRIAN sera expulsé !
Même si elle est bien dans le style sarkozien qui consiste à
colporter des rumeurs infondées sur un ton assuré (par
exemple, à entendre M. Sarkozy, la majorité des jeunes
interpellés lors des émeutes en banlieue était
connus des services de police ce que la justice a démenti)
la mesure qui frappe Samuel KHATCHATRIAN est totalement scandaleuse.
Soit il a commis un délit et il est poursuivi et éventuellement
condamné. Soit il n’est pas poursuivi et il est totalement
contraire au droit et aux usages de lui infliger une sanction disproportionnée
sans le moindre jugement.
Monsieur Sarkozy se vantait d’avoir aboli la double peine. C’était,
semble-t-il, pour lui substituer une peine unique : le bannissement
sans jugement sur la foi de rapports de police. A quand la lettre
de cachet ? Ajoutons que s’il fallait expulser tous ceux à
qui il arrive d’avoir un peu trop bu sur la voie publique, certains
services de l’Etat pourraient bien se trouver rapidement privés
d’une bonne part de leurs effectifs …
RENNES : M. YILMAZ, PERE D’UN
ELEVE DE 18 ANS, EXPULSE
Le père de Verdat YILMAZ (Kurde de nationalité turque)
a été interpellé le 8 décembre. Le lendemain,
trois policiers de la PAF se présentaient à 9h30 a l’EREA
où est scolarisé Verdat afin de l’interpeller
à son tour et, selon toute probabilité de le faire rejoindre
son père en rétention. Par chance, il n’y était
pas.
Les protestations du lycée de Vedat, du RESF35 et du collectif
de soutien aux personnes sans papiers, qui ont multiplié les
actions la semaine dernière n’ont pas suffi. Après
avoir refusé une première fois de monter dans l'avion,
M. Yilmaz a fini par accepter le deuxième vol. Il a été
expulsé jeudi 22 décembre à 13h30.
Outre la violation flagrante des engagements de M. Sarkozy de ne pas
expulser les parents d’enfants scolarisés, ces événements
témoignent du peu de cas que fait la police de ses recommandations
de ne pas intervenir dans les établissements scolaires ou à
leurs abords pour procéder à l’interpellation
de scolaires sans papiers.
Parole de ministre…
Réseau national des militants, collectifs d’établissements,
syndicats et associations pour l’information et le soutien aux
jeunes scolarisés étrangers sans papiers
Adresse postale : C/o EDMP 8 Impasse Crozatier 75012 Paris
- educsansfrontieres@free.fr / www.educationsansfrontieres.org
Resf@rezo.net - http://listes.rezo.net/mailman/listinfo/resf
Ramil Akzamov expulsé le 24 décembre,
version sarközyenne du « Père Noël est une
ordure »
Pas de trève des confiseurs pour les expulsions... Ce 24 décembre,
Ramil Akzamov, père kirghize de trois enfants (dont deux scolarisés)
sera monté de force dans l'avion à destination de son
pays où les plus graves persécutions l'attendent. Un
sénateur Vert et une conseillère générale
PCF accompagneront les militants du Réseau Éducation
sans frontières qui se rendront à Roissy (Terminal 2D)
à 11 h (le vol est prévu à 12h50). Joyeux Noël
! Tous ceux qui le peuvent sont invités à se joindre
à eux pour dire leur indignation et leur dégout. Un
rassemblement devant l'école des enfants est prévu à
la même heure à Angers. Voici le communiqué de
RESF sur cette affaire.
Ramil Akzamov, Kirghize de 28 ans, père de trois enfants dont
deux scolarisés à Angers sera placé de force
dans l'avion pour Bishkek (Kirghizstan) le 24 décembre à
12h50.
Venu en France pour fuir les persécutions dont est l'objet
la minorité russophone à laquelle il appartient, il
a été débouté de l'asile comme 85% des
demandeurs en France aujourd'hui. Il a depuis lors fait appel, un
journal kirghize ayant publié un avis de recherche le concernant.
Les risques qu'il encourt sont donc très réels.
Sans laisser le temps à la Commission de recours d'examiner
les éléments nouveaux qu'il présente, le préfet
du Maine et Loire maintient sa décision d'expulsion avec la
caution du ministre de l'Intérieur, au mépris le plus
complet de la circulaire du 31 octobre. En effet, reprenant les déclarations
largement médiatisées de M. Sarkozy, cette circulaire
demandait aux préfets de suspendre « pour des raisons
humanitaires » jusqu'à la fin de l'année scolaire
la reconduite des parents d'enfants scolarisés. Or, Ramil Akzamov
est père de trois enfants, tous nés en France, les deux
aînés sont scolarisés à l'école
Victor Hugo à Angers.
Survenant après la vingtaine de cas de jeunes majeurs scolarisés
et de parents d'enfants scolarisés placés en rétention
puis libérés (parfois après des semaines de rétention
ou sauvés in extremis comme Yussuf Aksoy conduit jusque dans
l'avion pour Istanbul) sur décision des tribunaux ou suite
à l'intervention du RESF auprès du ministère,
la tentative d'expulsion de Ramil Akzamov sera l'illustration du double
langage du ministre : patelin côté jardin et télévisions,
impitoyablement féroce côté arrière-cour.
C'est à se demander si le choix de la date du 24 décembre
pour procéder à l'expulsion de ce père de famille
relève de l'inconscience stupide ou du cynisme administratif
borné.
Ce serait faire injure aux habitants de ce pays que de penser que
de tels événements peuvent se produire sans qu'ils bronchent.
Demain, 24 décembre à 11 heures, un sénateur
Vert de Paris, Jean Desessard et une conseillère générale
du 93 (PCF), Nelly Rolland-Iribarri accompagneront les enseignants
et les parents d'élèves du Réseau éducation
sans frontières qui se rendront à l'aérogare
(2D) pour marquer leur dégoût et leur indignation devant
des faits qui constituent un véritable sabotage des valeurs
de solidarité, de liberté et de générosité
qu'ils efforcent d'inculquer à leurs élèves et
à leurs enfants.
Dans le même temps à Angers, parents d'élèves
et enseignants se rassembleront à 11 heures devant l'école
Victor Hugo (26 rue Victor Hugo à Angers) pour soutenir Ramil,
Kseniya, Raphaël, Raoul et Limar Akzamov plongés dans
le malheur par la volonté de politiciens prêts à
tout pour ramasser les voix du Front National.
Source : educsansfrontieres@free.fr / www.educationsansfrontieres.org